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Cours Analyse

Le document est un cours d'analyse mathématique qui couvre des sujets tels que les nombres réels, les suites numériques, les fonctions numériques, les intégrales et les équations différentielles. Chaque section présente des définitions, des propriétés, des théorèmes et des exemples pour illustrer les concepts mathématiques. Il s'agit d'un guide structuré pour l'étude des bases de l'analyse mathématique.

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Cours Analyse Mathématique I

Kais Smaoui

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Table des matières

1 Nombres réels 3
1.1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Borne inférieure et borne supérieure : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Parties entière d'un nombre réel : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Remarques : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2 Suites Numériques 7
2.1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Convergence d'une suite réelle : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.3 Suite particulières : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4 Comparaison des suites : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.5 Suites extraites : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.6 Suites adjacentes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3 Fonctions Numériques à une seule variable réelle 22
3.1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2 Limites : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3 Comparaison de fonctions : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.4 Continuité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.5 Les fonctions arcsin, arccos et arctan : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.6 Dérivabilité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.7 Fonctions convexes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.8 Théorème de Rolle : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.9 Théorème de Taylor-Lagrange : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4 Développements limités 56
4.1 Dénitions et propriétés : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.2 Opérations sur le développement limité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63

1
TABLE DES MATIÈRES K. Smaoui
4.3 Développement limité en un point a où a peut être 6= 0 : . . . . . . . . . . . 66
5 Intégrales 67
5.1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
5.2 Intégration et dérivation : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.3 Intégration d'une fraction rationnelle : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
5.4 Exemples d'intégration de quelques fractions usuelles : . . . . . . . . . . . . 79
6 Equations diérentielles 86
6.1 Introduction : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
6.2 Equations diérebtielles linéaires de premier ordre : . . . . . . . . . . . . . . 86
6.3 Equations diérentielles linéaires du second ordre à coecients constants et
dont le second membre du type P (x)e où P (x) est un polynôme et m ∈ C 92
mx

7 Fonction Numérique à deux variables réelles 98


7.1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.2 Limite et continuité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
7.3 Dérivées partielles premières et secondes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
7.4 Extremums : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
8 Intégrales Doubles 113
8.1 Intégrale double d'une fonction continue sur un compact élémentaire : . . . . 113
8.2 Calcul de l'intégrale double en utilisant les coordonnés polaires : . . . . . . . 116
8.3 Calcul de primitives : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

2
Chapitre I

Nombres réels
1.1 Généralités :
Dénition :
Soit
 x ∈ R, on appelle valeur absolue de x le réel noté |x| et dénit par :
 x si x ≥ 0
|x| =
 −x si x ≤ 0

Propriétés :
1. ∀x ∈ R, | − x| = x.
2. |x| = 0 ssi x = 0.
3. ∀x, y ∈ R, |x.y| = |x|.|y|.
4. ∀x ∈ R, y ∈ R , |x/y| = |x|/|y|.

5. ∀x, y ∈ R, on a |x + y| ≤ |x| + |y| (l'inégalité triangulaire).


6. ∀a ≥ 0, on a |x| ≤ a ssi −a ≤ x ≤ a.
7. ∀x, y ∈ R on a : ||x| − |y|| ≤ |x − y|.

1.2 Borne inférieure et borne supérieure :


Dénitions :
Etant donné une partie A non vide de R :
(i) On dit que :
1. Un réel a est un minorant de A ssi ∀x ∈ A, a ≤ x.
2. L'ensemble A est minoré ssi A admet au moins un minorant (donc une innité de
minorant).
3. Un réel b est un majorant de A ssi ∀x ∈ A, b ≥ x.
3
Nombres réels K. Smaoui
4. L'ensemble A est majoré ssi A admet au moins un majorant.
5. A est bornée ssi elle est minorée et majorée.
6. Un réel quelconque a est le plus petit élément (s'il existe) de la partie A ssi a ∈ A
et ∀x ∈ A, a ≤ x.
Dans ce cas a est noté min(A).
7. Un réel b est le plus grand élément de A (s'il existe) ssi b ∈ A et ∀x ∈ A, b ≥ x.
Dans ce cas b est noté max(A).
(ii) On appelle borne inférieure de A (si elle existe), le plus grand élément de l'ensemble
des minorants de A.
Ce réel est noté inf(A).
(iii) On appelle borne supérieure de A (si elle existe), le plus petit élément de l'ensemble
des majorants de A.
Ce réel est noté sup(A).
Exemples :
Soient α, β ∈ R tels que α < β
1. Si A = [α, β] alors  sup(A) = β = max(A).
 inf(A) = α = min(A)

2. Si A =]α, β] alors
 inf(A) = α
 sup(A) = β = max(A).
Montrons que n'existe pas.
min(A)
Supposons par l'absurde que A admet un plus petit élément.
On pose que a = min(A)
D'où : α < a ≤ β et ∀x ∈ A, α < x ≤ β
a ≤ x (∗)
Soit c = , on a
α+a
2
c ∈ A, α < c ≤ βet ce qui contredit la proprité (∗).
c<a

3. Si A =]α, β[ alors, sup(A)


inf(A) = α
= β
et min(A) et max(A) n'existent pas.
4. Si A =]α, +∞[ alors inf(A) = α, sup(A) n'existe pas, ainsi que min(A) et max(A).
Théorème :(l'axionne de la borne supérieure de R)
Toute partie non vide de R et majorée admet une borne supérieure.

4
Nombres réels K. Smaoui
Remarques :
Du théorème précédent découlent les résultats suivants :
1. Toute partie non vide de R et minorée admet une borne inférieure.
2. Toute partie non vide de N (respectivement de Z) et majorée admet un plus grand
élément.
3. Toute partie non vide de N admet un plus petit élément.
Exercice :
Soient A et B deux parties non vides de R telles que ∀(x, y) ∈ (A × B) on a x ≤ y.
Montrer que sup(A) et inf(B) existent et que sup(A) ≤ inf(B).
Réponse :
(i) Soient x ∈ A et y ∈ B on a x ≤ y,
d'où y est un majorant de A
⇒ A est majorée.
Or A 6= ∅, donc A admet une borne supérieure.
On pose α = sup(A).
On a ∀z ∈ B, x ≤ z.
⇒ x est un minorant de B .
⇒ B est minorée.
Or B 6= ∅ d'où B admet une borne inférieure.
On pose β = inf(B).
(ii) On a ∀x ∈ A, x est un minorant de B.
⇒ x ≤ inf(B).
D'où ∀x ∈ A, x ≤ β. Alors,
β est un majorant de A et donc sup(A) ≤ β .
Alors : sup(A) ≤ inf(B).

1.3 Parties entière d'un nombre réel :


Proposition :(propriété d'Archimède)
∀ > 0, ∀α > 0, il existe n ∈ N tel que n. > α.

5
Nombres réels K. Smaoui
Proposition et dénition :(Partie entière d'un réel)
Pour tout réel x, il existe un seul entier relatif Z noté E(x) ou [x] tel que : E(x) ≤ x ≤
E(x) + 1.
L'entier E(x) est appelé la partie entière de x.
Exemples :
1. ∀p ∈ Z, E(p) = p.
2. E( ) = 0.
1
2

3. E(− ) = −1.
1
2

1.4 Remarques :
1. ∀a, b ∈ R avec a < b, il existe α ∈ Q tel que a < α < b (on dit que l'ensemble Q est
dense dans R).
2. ∀a, b ∈ R avec a < b, il existe β ∈ R\Q tel que : a < β < b
(on dit que l'ensemble R\Q est dense dans R).

6
Chapitre II

Suites Numériques

2.1 Généralités :
Dénition :
Une suite réelle U est une application d'une partie I non vide de N vers R
∀n ∈ I , on note U (n) = U . n

U: I → R
n 7→ U (n) = Un
La suite est notée
(Un )n∈I et le réel U est appelé le terme général de la suite (U ) .
n n n∈I

Exemples :
(1) U : N → R
n 7→ Un = U (n) = en .
U0 = U (0) = e0 = 1 .

(2) U : N → R
n 7→ Un = n1 .
,
U1 = 1 U2 = 1
2
.

(3) U : N \{1, 2} → R
n 7→ Un = log(n − 2).

Dénitions :
Soit (U ) une suite réelle. On dit que (U ) est :
n n∈I n

1. Croissante ssi ∀n ∈ I , ∀m ∈ I , si n ≤ m alors U ≤ U . n m

2. Strictement croissante ssi ∀n, m ∈ I , si n < m alors U < U . n m

3. Décroissante ssi ∀n, m ∈ I , si n ≤ m alors U ≥ U . n m

4. Strictement décroissante ssi ∀n, m ∈ I , si n < m alors U > U . n m

5. Monotone ssi elle est croissante ou décroissante.

7
Suites Numériques K. Smaoui
6. Strictement monotone ssi elle est strictement croissante ou strictement décroissante.
7. Constante ssi ∀n, m ∈ I, U = U . n m

8. Stationnaire ssi ∃n ∈ I tel que ∀n ≥ n et n ∈ I on a U = U .


0 0 n n0

9. Suite majorée ssi ∃k ∈ R tel que ∀n ∈ I, U ≤ k (k est un réel indépendant de n).


n

10. Suite minorée ssi ∃M ∈ R tel que ∀n ∈ I, U ≥ M . n

11. Suite bornée ssi elle est majorée et minorée.

2.2 Convergence d'une suite réelle :


Dénition :
Soit (U ) une suite réelle, on dit que :
n n∈I

(i) (U ) converge vers le réel l ssi ∀ > 0, ∃n ∈ I tel que ∀n ≥ n et n ∈ I : |U − l| < .


n 0 0 n

Dans ce cas on note : lim U = l (ou bien Un →


n7→+∞
n
7→ +∞
l
). n

(ii) Divergente ssi elle n'est pas convergente.


(iii) (U ) tend vers (+∞) ssi ∀A > 0, ∃N ∈ I tel que ∀n ≥ N et n ∈ I on a U ≥ A.
n 1 1 n

(4i) (U ) tend vers (−∞) ssi ∀B < 0, ∃N ∈ I tel que ∀n ≥ N et n ∈ I on a U ≤ B.


n 2 2 n

Proposition :
Soient (x ) et (y ) deux suites réelles convergentes respectivement vers l et l .
n n∈I n n∈I
0

Alors on a :
1. la suite (x + y ) converge vers (l + l ),
n n
0

2. la suite (x · y ) converge vers (l · l ),


n n
0

3. la suite (λx ) converge vers (λl),


n

4. s'il existe un indice n ∈ N, tel que ∀n ≥ n et n ∈ I , on a x ≤ y alors l ≤ l ,


0 0 n n
0

5. si l 6= 0 et s'il existe n ∈ N tel que ∀n ≥ n et n ∈ I , on a x 6= 0 alors la suite ( x1 )


1 1 n
n

converge vers 1l ,
6. la suite (|x |) converge vers |l|.
n

Théorème :
Soient (x ) , (y ) et (z ) trois suites réelles vériant : il existe n
n n∈I n n∈I n n∈I 0 ∈I tel que
∀n ≥ n et n ∈ I on a : x ≤ z ≤ y .
0 n n n

8
Suites Numériques K. Smaoui
Si les deux suites extrémitées (x ) et (y ) convergent vers l alors la suite (z ) converge aussi
n n n

vers l.
(Si lim x = l et lim y = l alors lim z = l).
n7→+∞
n
n7→+∞
n
n7→+∞
n

Exemple :
1. U = n1 cos(2n), n ∈ N .
n

On sait que : ∀x ∈ R, −1 ≤ cos x ≤ 1


⇒ ∀n ∈ N, −1 ≤ cos(2n) ≤ 1
1 1
⇒ ∀n ∈ N∗ , − ≤ cos(2n) ≤
n n
1
n
. Donc
1
− ≤ (Un ) ≤
n
1
n
.
Or on a lim − = lim
1
, d'où
1
=0 .
lim Un = 0
( converge et converge vers )
n7→+∞ n n7 →+∞ n n7→+∞
Un Un 0

2. .
n
(−1)
Un = , n ∈ N∗
On sait que .
n2
∀n ∈ N, −1 ≤ (−1)n ≤ 1
1
⇒ ∀n ∈ N∗ , − 2 ≤ Un ≤ 2, 1

donc est convergente vers .


n n
Un 0

Proposition :
Soit (x ) une suite réelle. Alors,
n n∈I

la suite (x ) converge vers 0 ssi la suite (|x |) converge vers 0.


n n

P reuve :

1. Sens direct (voir la proposition (1.2.2),6).


2. Sens inverse :
HYP : |(x )| → 0n

n → +∞
BUT : (xn ) → 0
n → +∞
On sait que ∀x ∈ R, −|x| ≤ x ≤ |x|
d'où ∀n ∈ I, −|x | ≤ x
n n ≤ |xn | . Par suite,
(xn ) → 0
n → +∞

9
Suites Numériques K. Smaoui
Proposition :
Si (U ) est une suite convergente vers 0 et si (V ) est une suite bornée, alors la suite
n n

(U · V ) converge vers 0.
n n

P reuve :
On a (V ) est bornée ⇔ il existe M ∈ R tel que |V | ≤ M .
n

+ n

On a (|U |) converge vers 0.


n

D'où ∀n ∈ I, 0 ≤ |U · V | ≤ M · |U |. Par suite, la suite |U V | est convergente vers 0.


n n n n n

Ainsi, la suite (U V ) est convergente vers 0.


n n

Exemple 2.2.1. :

Soit Un = e−n cos(en ), n ∈ N.


On pose ∀n ∈ N, (xn ) = e−n et (yn ) = cos(en ).
On a : lim xn = lim e−n = 0.
n→+∞ n→+∞
On a la suite (yn ) est bornée ((yn ) ∈ [−1, 1]).
Donc lim Un = 0 (Un convergente et Un converge vers 0).
n→+∞

Proposition :
1. Toute suite convergente est bornée (la réciproque n'est pas toujours vraie).
2. Toute suite croissante et majorée est convergente (la réciproque n'est pas toujours
vraie).
3. Toute suite décroissante et minorée est convergente (la réciproque n'est pas toujours
vraie).
4. Toute suite croissante et qui n'est pas majorée tend vers (+∞).
5. Toute suite décroissane et qui n'est pas minorée tend vers (−∞).
Dénition :(Les suites de Cauchy)
Soit (U ) une suite réelle. On dit que la suite (U ) est de Cauchy si la suite (U ) vérie
n n n

la proposition suivante :
∀ > 0, il existe N ∈ N tel que ∀n ≥ N et ∀p ≥ N on a |U − U | < . n p

Proposition :
Soit (U ) une suite réelle, alors on a :
n n∈N

la suite (U ) est de Cauchy ssi elle est convergente.


n

10
Suites Numériques K. Smaoui
Exercice :
Soit (U ) la suite dénie sur N par U = k = 1 + 21 + 13 + . . . + n1 .
n

X 1
n n

∀n ∈ N , on pose V = U − U .
k=1

n 2n n

1. a) Montrer que la suite (V ) est croissante. n

b) Vérier que ∀n ∈ N , V ≥ . ∗
n
1
2

2. a) Montrer que la suite U n'est pas de Cauchy. n

b) En déduire que lim U = +∞. n→+∞


n

Réponse :
1. a) On a :
Vn+1 − Vn = (U2n+2 − Un+1 ) − (U2n − Un )
= (U2n+2 − U2n ) − (Un+1 − Un )
2n+2 2n
! n+1 n
!
X1 X 1 X 1 X1
= − − −
k=1
k k=1
k k=1
k k
k=1 !
2n 2n n n
!
X 1 1 1 X 1 X 1 1 X 1
= + + − − + −
k=1
k 2n + 1 2n + 2 k=1
k k=1
k n + 1 k=1
k
1 1 1
= + −
2n + 1 2n + 2 n + 1
1 1
= −
2n + 1 2(n + 1)
2n + 2 − (2n + 1) 1
= = .
b) On a .
2(n + 1)(2n + 1) (2n + 1)(2n + 2)
Vn = U2n − Un
Donc V = U − U = 1 + − 1 = .
1 2 1
1 1

On sait que (V ) croissante ⇒ ∀n ∈ N , V ≥ V .


2 2

n n 1

Donc ∀n ∈ N , V ≥ . ∗
n
1
2

2. a) Supposons que (U ) est une suite de Cauchy ⇔ ∀ > 0, ∃N ∈ N/∀n ≥ N et


n

∀p ≥ N on a |U − U | < . n p

Pour  = , ∃N ∈ N/∀n ≥ N et ∀p ≥ N on a |U − U | < .


1
n p
1

⇒ ∀n ≥ N on a |U − U | < , (p = 2n ≥ N ) ⇒
4 4
1
n 2n 4

∀n ≥ N, |U2n − Un | < 14 .

(on a est croissante).


n+1 n+1
X 1 X1 1
Un+1 − Un = − = > 0 ⇒ (Un )
k k=1 k n+1
D'où ∀n ≥ N, U − U < ce qui contredit le fait que ∀n ≥ 1, U − U ≥ .
k=1
1 1
2n n 2n n

b) On a (U ) croissante et n'est pas majorée (car elle n'est pas convergente).


4 2

D'où lim U = +∞.


n→+∞
n

11
Suites Numériques K. Smaoui
Remarque :
Soit (U ) une suite réelle et E = {U , n ∈ I} . Alors on a :
n n∈I n

1. Si (U ) est croissante et majorée alors (U ) converge vers un réel l vériant l =


n n

sup(E).
2. Si (U ) est décroissante et minorée alors (U ) converge vers un réel l vériant l =
n n

inf(E).

2.3 Suite particulières :


Suite arithmétiques :
1) Dénition :
Soient n ∈ N et I = {n ∈ N/n ≥ n }.
0 0

Une suite (U ) dénie sur I est dite arithmétique ssi il existe un réel r tel que
n

∀n ∈ I, U = U + r (r est indépendant de n).


n+1 n

Le réel r est appelé la raison de la suite (U ). n

2) Propriétés :
Soit (U ) une suite arithmétique de raison r.
n n≥n0

Alors on a :
1. ∀n, m ≥ n on a : U = U + (n − m)r.
0 n m

En particulier on a : ∀n ≥ n , U = U + (n − n )r.
0 n n0 0

2. Si r = 0 alors ∀n ≥ n , U = U . 0 n n0

⇒ (U ) est constante et lim U = U .


n n n0
n→+∞

3.
 +∞ si r > 0
lim Un =
n→+∞  −∞ si r < 0
4. Soit n ∈ N et posons S = U + U + . . . + U .

n n0 n0 +1 n0 +n−1

(S est la somme partielle de n premiers termes de la suite (U ))


n n

Alors, S = (U + U ) .
n n0
n
n0 +n−1 2

Suites Géométriques :
a) Dénition :
Soient n ∈ N et I = {n ∈ N/n ≥ n }.
0 0

Une suite (U ) dénie sur I est dite géométrique ssi il existe un réel q tel que
n

∀n ∈ I, U = q · U (q est indépendante de n).


n+1 n

12
Suites Numériques K. Smaoui
Le réel q s'appelle la raison de la suite (U ). n

b) Propriétés :
1. Soit (U ) une suite géométrique de raison q telle que U 6= 0 et q 6= 0. Alors on
n n≥n0 n0

a : ∀n, m ≥ n , U = U q .
0 n m
n−m

En particulier, ∀n ≥ n , U = U q . 0 n n0
n−n0

2. Si q = 1 alors ∀n ≥ n , U = U ⇒ U est constante et lim U = U .


0 n n0 n n n0

3. Si q > 1 alors lim q = +∞, d'où :


n→+∞
n
n→+∞
 +∞ si U > 0
n0
lim Un =
n→+∞  −∞ si Un < 0.
4. Si −1 < q < 1 alors lim q = 0, d'où lim U = 0.
0

n
n

5. Si q ≤ −1 alors la suite (q ) n'admet pas de limite ni nie ni innie de même pour


n→+∞ n→+∞
n

la suite (U ).n

6. Soit n ∈ N et posons S = U + U + . . . + U . Alors on a :



n n0 n0 +1 n0 +n−1

? si q = 1 alors S = nU .
n n0

? si q 6= 1 alors S = U .
n
1−q
n n0
1−q

Les suites récurrentes :


Soit (U ) une suite dénie par la relation de récurrence U
n n+1 = f (Un ) , où f est une
fonction donnée.
1) Théorème :
Soient D un intervalle ouvert de R, l ∈ D et f une fonction dénie sur D qui est continue
en l.
Si (U ) est une suite réelle à valeurs dans D est convergente vers l alors la suite (f (U ))
n n∈N n n∈N

converge vers f (l).


2) Corollaire :
Soient D un intervalle ouvert de R, l ∈ D, f une fonction dénie sur D qui est continue
en l et vériant f (D) ⊆ D et (U ) une suite à valeurs dans D et vériant la relation de
n n∈N

récurrence suivante : ∀n ∈ N, U = f (U ), U ∈ D et f (U ) ∈ D.
n+1 n n n

Si la suite (U ) converge vers l alors le réel l vérie l'égalité f (l) = l.


n

Exercice :
Soit (U ) la suite dénie par U
n n∈N 0 =0 et
 U =0
0
∀n ∈ N∗ ,
 Un+1 = √Un + 2, ∀n ∈ N.
1. a) Montrer que U est croissante.
n

13
Suites Numériques K. Smaoui
b) Montrer que ∀n ∈ N, 0 ≤ U ≤ 2. n

c) En déduire que la suite (U ) est convergente vers un réel l tel que l ∈ [0, 2].
n

2. Déterminer l.
Rponse :

1. a) Montrons par récurrence que ∀n ∈ N, U ≥U . n+1 n

pour n = 0, U = 0, U = 2, d'où la propriété est vériée.


0

1

Supposons que U ≥ U , où n ∈ N et montrons que U ≥ U .


n+1 n n+2 n+1

On a : (U + 2) − (U + 2) n+1 n
p p
Un+2 − Un+1 = Un + 2 − Un + 2 =√ √
Un+1 + 2 + Un + 2
Un+1 − Un
=√ √ .
b) On a U = 0 et est croissante U ≥ U = 0, U ≥ 0.
Un+1 + 2 + Un + 2
0 (Un ) ⇒ ∀n ∈ N, n 0 n

Montrons par récurrence U ≤ 2, ∀n ∈ N. n

Pour n = 0, U = 0 ≤ 2, d'où la propriété est vériée.


0

Supposons que U ≤ 2, ∀n ∈ N montrons que U ≤ 2.


n n+1

On a 0 ≤ U ≤ 2. n

Donc 0 ≤ U + 2 ≤ 4 car (U ≥ 0) et 0 ≤ √U + 2 ≤ √4,


n n n

d'où U ≤ 2. Ainsi ∀n ∈ N, U ≤ 2.
n+1 n

c) On a (U ) est croissante et majorée ⇒ (U ) converge vers l.


n n

On a ∀n ∈ N, 0 ≤ U ≤ 2 alors 0 ≤ l ≤ 2.n

2. ∀n ∈ N, U = √U + 2 = f (U ), où f (x) = √x + 2 avec x ∈ [−2, +∞[


n+1 n n

(on peut réduit l'étude de cette fonction sur [0, 2]). On a :


> 0.
0 1
∀x ∈] − 2, +∞[, f (x) = √
D'où : f ([0, 2]) = [ 2, 2] ⊆ [0, 2].
√ 2 x + 2

• f est continue sur [0, 2]en particulier enl








 • f ([0, 2]) ⊆ [0, 2]

On a :


• ∀n ∈ N, Un ∈ [0, 2]
converge versl


• (Un )






 •
∀n ∈ N, Un+1 = f (Un )

⇒ f (l) = l ⇒ l+2=l
l + 2 = l2
l2 − l − 2 = 0
l = −1 (à rejeter) ou l=2 , donc
l=2 .

14
Suites Numériques K. Smaoui
2.4 Comparaison des suites :
Dénitions :
Soient (U ) et (V ) deus suites réelles. On dit qu'au voisinage de (+∞) :
n n

1. (U ) est dominée par (V ) s'il existe une suite bornée (α ) telle que à partir d'un
n n n

certain rang on a : U = α · V . n n n

Dans ce cas, on note U = O(V ) et on dit que (U ) est un grand ”O” de (V ).


n n n n

2. (U ) est négligeable devant (V ) s'il existe une suite (Σ ) convergente vers 0 telle que
n n n

à partir d'un certain rang on a : U = Σ · V . n n n

Dans ce cas on note U = o(V ) et on dit que (U ) est un petit ”o” de V .


n n n n

3. (U ) est équivalente à (V ) s'il existe une suite (β ) convergente vers 1 telle que à
n n n

partir d'un certain rang on a : U = β · V . n n n

Dans ce cas on note U ∼ V et on lit (U ) est équivalente à V .


n n n n

Remarques :
1. Si U = o(V ) alors (U + V ) ∼ V .
n n n n n

2. Si à partir d'un certain rang on a : V 6= 0 alors on a : n

(a) U = O(V ) ⇔ la suite ( UV ) est bornée.


n n
n

(b) U = o(V ) ⇔ lim ( UV ) = 0.


n n
n→+∞
n

(c) U ∼ V ⇔ lim UV = 1.
n n
n→+∞ n
n

Propriétés :
(i) (1) ∀(U ); U ∼ U (réexive).
n n n

(2) Si U ∼ V alors V ∼ U (symétrique).


n n n n

(3) Si U ∼ V et V ∼ W alors U ∼ W (transitive).


n n n n n n

(1), (2), (3) ⇒ la relation ∼ est une relation d'équivalence dans l'ensemble des suites.
(ii) Si U ∼ V alors |U | ∼ |V |.
n n n n

(iii) Si U ∼ V alors ∀p ∈ R (p indépendant de n) on a (U ) ∼ (V ) .


n n n
p
n
p

De plus on a : si U > 0 et V > 0 alors ∀α ∈ R, (U ) ∼ (V ) .


n n n
α
n
α

(Rappel : ∀a > 0 et ∀α ∈ R, a = e ). α α log(a)

(4) Si U = o(V ) et si V = o(W ) alors U = o(W ).


n n n n n n

15
Suites Numériques K. Smaoui
Exemples :
1. Si (U ) est bornée et si lim V = +∞ (ou −∞) alors U = o(V ).
n
n→+∞
n n n

2. Si lim U = 0 et si lim V = l 6= 0 ou bien +∞ (ou bien −∞) alors U = o(V ).


n→+∞
n
n→+∞
n n n

3. Si lim U = l 6= 0 alors U ∼ l.
n→+∞
n n

4. ∀α, β ∈ R on a : si α < β alors n = o(n ). α β

5. ∀a, b ∈ R, si |a| < |b| alors a = o(b ). n n

6. log(n) = o(n) et plus généralement, ∀α > 0 et ∀β ∈ R on a (log(n)) = o(n ). β α

7. ∀a > 1, ∀α, β ∈ R on a n = o(a ) et (log(n)) = o(a ). α n β n

8. ∀a ∈ R on a a = o(n!) et ∀α ∈ R, on a n = o(n!).
n α

9. Si lim U = 0 alors on a :
n→+∞
n

a) sin(U ) ∼ U (car lim sinx x = 1).


n n
x→0

b) (1 − cos(U )) ∼ (U ) (lim 1 −xcos x = 12 ).


n
1
2
2
n
x→0 2

c) tan(U ) ∼ U (car lim tanx x = 1).


n n
x→0

d) log(1 + U ) ∼ U (car lim log(1x+ x) = 1).


n n
x→0

e) e − 1 ∼ U (car lim e x− 1 = 1).


x
Un
n
x→0

Proposition :
Soient (U ) et (V ) deux suites équivalentes. Alors on a :
n n

1. (U ) et (V ) sont de même nature (de convergence).


n n

2. lim U = l ssi lim V = l (avec l ∈ R).


n→+∞
n
n→+∞
n

Proposition :
Soient (U ), (V ), (x ) et (y ) des suites réelles telles que U ∼ V et x ∼ y ,
n n n n n n n n

alors on a :
• U ·x ∼V ·y .
n n n n

• Si à partir d'un certain rang, x 6= 0 et y 6= 0 alors .


U V n n
∼ n n

Remarque : Si U ∼ V et x ∼ y alors on n'a pas forcément U + x ∼ V + y .


x y n n
n n n n n n n n

En eet par exemple U = n + 1 et V = n et x = y = −n .


n
2
n
2
n n
2

On a lim n n+ n = 1 alors (n + n) ∼ n
2
2 2

on a (−n ) ∼ (−n ) mais on n'a pas n ∼ 0.


+∞ 2
2 2

Exercice : Chercher la lim (1 + ) .


1 n
n n→+∞

16
Suites Numériques K. Smaoui

On a : , on pose .
1)
log(1+ n
1 n 1

∀n ∈ N Un = (1 + n1 )n = en log(1+ n ) =e n

On a : log(1 + n1 ) ∼ n1 ⇒ n log(1 + n1 ) ∼ 1 .

1
lim n log(1 + ) = 1
n→+∞ n
, d'où
lim Un = e1 = e
n→+∞
.

2.5 Suites extraites :


Dénitions :
Soit (U ) une suite réelle quelconque. On dit qu'une suite (a ) est une suite extraite
n n∈I n n∈J

de la suite (U ) s'il existe une application ϕ strictement croissante ϕ : J → N telle que


n

ϕ(J) ⊆ I et ∀n ∈ J, a = U . n ϕ(n)

Exemples :
Soit (U ) une suite réelle.
n

1. ∀n ∈ N on pose V = U n 2n = Uf (n) , avec


f: N → N
n 7→ f (n) = 2n
(f est strictement croissante) ( si n < m alors f (n) < f (m))
V0 = U0 , V1 = U2 , V2 = U4 , V3 = U6 , V4 = U8 , . . .

2. ∀n ∈ N, on pose W n = U2n+1 = Ug(n) , où


g: N → N
n 7→ g(n) = 2n + 1
W0 = U1 , W2 = U3 , W3 = U5 , W4 = U7 , . . .

3. ∀n ∈ N, on pose x n = U3n = Uϕ(n) , avec


ϕ: N → N
n 7→ 3n
⇒ϕ est strictement croissante
x0 = U0 , x1 = U3 , x2 = U6 , x3 = U9 , x4 = U12 , . . .

4. ∀n ∈ N, on pose y n = U2n = Uh(n) , où


h: N → N
n 7→ h(n) = 2n
(h est strictement croissante)
y0 = U1 , y1 = U2 , y2 = U4 , y3 = U8 , y4 = U16 , . . .

17
Suites Numériques K. Smaoui
Théorème :
Soient (U ) une suite réelle et L ∈ R (avec R = R ∪ {+∞, −∞}).
n n∈I

Si lim U = L alors pour toute suite (x ) extraite de (U ) on a lim x


n→+∞
n n n
n→+∞
n =L .
Exemple :
Etudier la convergence de la suite (U ) = sin(n n
π
), n ∈N .
∀n ∈ N on pose V = U et W = U .
2

n 2n n 2n+1

?) ∀n ∈ N, V = sin(nπ) = 0 (suite constante)


n

V = cst donc V est convergente et lim V = 0.


n n n
n→+∞

? ∀n ∈ N, Wn = sin((2n + 1) π2 )
= sin(nπ + π2 ) = cos(nπ) = (−1)n .
• Verication pour n=0
cos(0) = 1 = (−1)0 = 1d'où la propriété est vériée
• Supposons que cos(nπ) = (−1) , où n ∈ N et montrons que cos((n + 1)π)) = (−1)
n n+1

On a :
cos((n + 1)π) = cos(nπ + π) = − cos(nπ) = −(−1)n
= (−1)(−1)n = (−1)n+1 .
D'où , donc
∀n ∈ N, cos((n + 1)π) = (−1)n+1 Wn = (−1)n , ∀n ∈ N .
∀n ∈ N, on pose x = W et y = W n . On a : 2n n 2n+1

• ∀n ∈ N, x = (−1) = 1 = cst, converge et lim x = 1.


n
2n
n

= −1 = cst, converge et lim y = −1.


n→+∞
2n+1
• ∀n ∈ N, y = (−1) n n

D'où (W ) est divergente. Par suite, (U ) est divergente.


n→+∞
n n

Remarques : Soient (U ) une suite réelle : n

1. Si une sous-suite extraite de (U ) est divergente alors (U ) est divergente.


n n

2. Si deux sous-suites extraites de (U ) convergent vers deux limites diérentes alors


n

(U ) n'admet pas de limite.


n

Théorème : Soient (U ) une suite réelle et L ∈ R alors


n

lim U = L ssi lim U = lim U


n = L. 2n 2n+1
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Exercice :
Soient (U ) une suite réelle telle que les trois sous-suites (U ) et (U
n 2n 2n+1 ) et (U ) sont
3n

convergentes. Montrer que (U ) est convergente. n

Rq : ∀n ∈ N, on pose x = U , y = U et z = U . On pose aussi


n 2n n 2n+1 n 3n

l = lim x , l = lim y et l = lim z .


n
0
n
00
n

Problème : Montrons que l = l .


n→+∞ n→+∞ n→+∞
0

18
Suites Numériques K. Smaoui
)
? ∀n ∈ N, on pose α = U = U = z = U = x .
n 6n 3(2n) 2n 2(3n) 3n

On a α = z ⇒ (α ) est une sous-suite extraite de (z ) ⇒


n 2n n n lim αn = lim zn = l00 .
On a α = x ⇒ (α ) est une sous-suite extraite de (x ) ⇒ = l.
n→+∞ n→+∞
n 3n n n lim αn = lim xn
n→+∞ n→+∞

Doncl = l 00
(i)

)
? ∀n ∈ N, on pose β = U = U = z = U n 6n+3 =y 3(2n+1) 2n+1 2(3n+1)+1 3n+1

On a β = z ⇒ (β ) est une suite extraite de (z ) ⇒ lim β = lim z = l .


n 2n+1 n n n n
00

⇒ (β ) est une sous-suite extraite de (y ) ⇒ lim β = lim y = l .


n→+∞ n→+∞
0
β =y
n 3n+1 n n n n
n→+∞ n→+∞

Doncl = l
0 00
(ii)

Par suite, (i) et (ii) donnent que l = l . 0

D'où (U ) et (U ) sont convergentes vers la même limite, ainsi (U ) est convergente.


2n 2n+1 n

2.6 Suites adjacentes :


Dénition :
Deux suites (U ) et (V ) sont dites adjacentes ssi l'une est croissante, l'autre est décrois-
n n

sante et lim (U − V ) = 0.
n→+∞
n n

Remarques :
Pour montrer que (U ) et (V ) sont adjacentes, on peut montrer que l'une est croissante et
n n

l'autre est décroissante qu'elles sont toutes les deux convergentes et en plus elles convergent
vers la même limite.
Théorème :
Soient (U ) et (V ) deux suites adjacentes telles que (U ) est la suite croissante
n n≥n0 n n≥n0 n

((V ) est décroissante) alors on a :


n

(a) ∀n ≥ n , U ≤ V . 0 n n

(b) (U ) et (V ) sont convergentes et convergent vers la même limite l vériant :


n n

(i) ∀n ≥ n , U ≤ U ≤ U .
0 n0 n n+1

(ii) ∀n ≥ n , U ≤ U ≤ U ≤ l ≤ V ≤ V ≤ V .
0 n0 n n+1 n+1 n 0

19
Suites Numériques K. Smaoui
Preuve :
(a) ∀n ≥ n , on pose W = V − U .
0 n n n

Montrer que W est décroissante :n

Wn+1 = Vn+1 − Un+1


Wn+1 − Wn = (Vn+1 − Un+1 ) − (Vn − Un )
= (Vn+1 − Vn ) + (Un − Un+1 ).
On a (V ) est décroissante
n .
⇒ Vn+1 ≤ Vn ⇒ Vn+1 − Vn ≤ 0
On a (U ) est croissante ⇒ U ≤ U ⇒ U − U ≤ 0.
n n n+1 n n+1

D'où W − W ≤ 0 ⇒ (W ) est décroissante.


n+1 n n

on a :  (W
 (W ) → 0
n

)est décroissante,
Donc ∀n ≥ n , W ≥ 0 ⇒ ∀n ≥ n , V ≥ U .
n

0 n 0 n n

(b) ∀n ≥ n on a : U ≤ U ≤ U ≤ V ≤ V .
0 n0 n n+1 n+1 n0

On a (U ) est croissante et majorée par V , d'où (U ) est convergente, on pose


n n0 n

l = lim U . n

On a (V ) est décroissante et minorée par U , d'où (V ) est convergente,


n→+∞
n n0 n

on pose l = lim V . Or :
0
n

lim V − U = 0 (adjacentes). De plus,


n→+∞
n n

lim V − U = lim V − lim U = l − l, donc l = l .


n→+∞
0 0
n n n n

Conclusion : ∀n ≥ n , U ≤ . . . ≤ U ≤ U ≤ . . . ≤ l ≤ . . . ≤ V ≤ . . . ≤ V .
n→+∞ n→+∞ n→+∞
0 n0 n n+1 n+1 n0

Exercice :
Soit (a ) une suite décroissante et convergente vers 0.
n n∈N

∀n ∈ N, on pose U = .
X n
k
(−1) · a = a + (−1)a + a − a
n k 0 1 2 3 + a4 + . . . + (−1)n an

On pose V = U et W = U .
n 2n
k=0
n 2n+1

1. Montrer que V et W sont adjacentes.


n n

2. En déduire que (U ) est convergente. n

Réponse :
1. On a (a) : Vn+1 − Vn = U2n+2 − U2n
2n+2
X 2n
X
k
= (−1) ak − (−1)k ak
k=0 k=0
2n
X 2n
X
k 2n+1 2n+1
= (−1) ak + (−1) a2n+1 + (−1) a2n+1 − (−1)k ak
k=0 k=0
= −a2n+1 + a2n+2
= a2n+2 − a2n+1 .
Or (a ) est décroissante, on a
n 2n + 1 ≤ 2n + 2 ,
d'où a ≥ a ,
2n+1 2n+2

20
Suites Numériques K. Smaoui
et par suite V − Vn ≤ 0 ⇒ la suite est décroissante.
Vn
On a (b) : W
n+1

n+1 − Wn = U2(n+1)+1 − U2n+1

= U2n+3 − U2n+1
2n+3
! 2n+1
!
X X
= (−1)k ak − (−1)k ak
k=0 ! k=0
2n+1
X 2n+1
X
k
= (−1) ak + (−1) 2n+2
a2n+2 + (−1)2n+3
a2n+3 − (−1)k ak
k=0 k=0
= a2n+2 − a2n+3 .
Or (a ) est décroissante,
n implique que a ≥ a
2n + 2 ≤ 2n + 3 2n+2 2n+3 donc a 2n+2 − a2n+3 ≥0 ,
par suite W − W ≥ 0. D'où (W ) est une suite croissante.
On a (c) : V − W = U − U
n+1 n n

n n 2n 2n+1
2n
X 2n+1
X
k
= (−1) ak − (−1)k ak
k=0 k=0 !
2n
X X2n
= (−1)k ak − (−1)k ak + (−1)2n+1 a2n+1 = a2n+1 .

Or (a ) est convergente vers 0, d'où (a ) converge vers 0 (sous-suite extraite).


n
k=0
2n+1
k=0

(a), (b) et (c) donnent que (V ) et (W ) sont deux suites adjacentes. On a (U ) et (U )


n n 2n 2n+1

sont adjacentes alors elles sont convergentes et convergent vers la même limite, ainsi (U ) n

est convergente.

21
Chapitre III

Fonctions Numériques à une seule


variable réelle
3.1 Généralités :
Dénitions :
Soient I un intervalle de R (I non vide ∅ =]a, a[ et non réduit à un point, {a} = [a, a])
et f : I → R une fonction quelconque, on dit que f est :
- Croissante ssi ∀x, y ∈ I , si x ≤ y alors f (x) ≤ f (y).
- Strictement croissante ssi ∀x, y ∈ I , si x < y alors f (x) < f (y).
- Décroissante ssi ∀x, y ∈ I , si x ≤ y alors f (x) ≥ f (y).
- Strictement décroissante ssi ∀x, y ∈ I , si x < y alors f (x) > f (y).
- Monotone si elle est croissante ou bien décroissante.
- Strictement monotone si elle est strictement croissante ou bien strictement décrois-
sante.
- Constante ssi ∀x, y ∈ I , f (x) = f (y).
- Majorée ssi ∃k ∈ R tel que ∀x ∈ I , f (x) ≤ k (k est indépendant de x).
- Minorée ssi ∃M ∈ R tel que ∀x ∈ I , M ≤ f (x) (M est indépendant de x).
- Bornée ssi f est majorée et minorée à la fois.
- Lipchitizienne ssi il existe k ≥ 0 tel que ∀x, y ∈ I on a : |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y| (k
est indépendant de x et y).
Dans ce cas, f est dite k-lipschitizienne; k ≥ 0.
- Périodique si il existe un réel T > 0 tel que ∀x ∈ I, x + T ∈ I et f (x + T ) = f (x).
Dans ce cas f est dite T -périodique.
La période principale de f est la plus petit période en valeur absolue de toutes les
périodes de f .
- Paire ssi ∀x ∈ I, (−x) ∈ I , f (−x) = f (x).
- Impaire ssi ∀x ∈ I, (−x) ∈ I , f (−x) = −f (x).

22
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Remarques :
Soit f : I → R une application
1. Si f est majorée (respect. minorée) alors la partie f (I) de R admet une borne supé-
rieure (respect. une borne inférieure) dans R appelée la borne supérieure de f (respect
la borne inférieure de f ) est notée : Sup (f (x)), Inf (f (x)).
x∈I x∈I

2. Si f est minorée ssi (−f ) est majorée et dans ce cas on a : Inf (−f (x)) =
x∈I

−Sup (f (x)).
x∈I

3. (a) Si f est majorée et sa borne supérieure est atteinte en un élément de I (c'est


à dire, l'ensemble f (I) admet un plus grand élément) alors cette borne est notée :
maxf (x).
(b) Si f est minorée et sa borne inférieure est atteinte en un élément de I (c'est à dire,
x∈I

l'ensemble f (I) admet un plus petit élément) alors cette borne est notée : minf (x).
x∈I

Dénitions :
(1) Pour tout intervalle I non vide de R, on note I l'intervalle fermé de R de même
extrémités que I et on note I l'intervalle ouvert de R de même extrémités que I (I est

appelé l'adhérence de I et I est appelé l'intérieur de I ).


Par exemple :
• I = [a, b] alors I = I et I =]a, b[.

• I = [a, b[ alors I = [a, b] et I =]a, b[.


• I =]a, b[ alors I = [a, b] et I =]a, b[= I .


• I = [a, +∞[ alors I = I et I =]a, +∞[.


• I =] − ∞, a[ alors I =] − ∞, a] et I = I =] − ∞, a[.

• Si I = R alors R = R = R.

(R ce n'est pas R = R ∪ {+∞, −∞} : la droite linéaire achevée)

3.2 Limites :
Dénitions :
Rappelons les dénitions suivantes :
1. On appelle voisinage d'un réel a et on note v(a) toute partie de R contenant un
intervalle ouvert qui contient a.

23
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
2. On appelle voisinage ouvert de (+∞) et on note v(+∞) tout intervalle de R de la
forme ]α, +∞[ où α ∈ R.
3. On appelle voisinage ouvert de (−∞) et on note v(−∞) tout intervalle de R de la
forme ] − ∞, α[ où α ∈ R.
1.2 Limites :
1.2.1 Dénitions :
Soient I un intervalle de R et f : I → R une application, on dit que :
1. lim f (x) = l ssi ∀ > 0, ∃α > 0 tel que si |x − x | < α alors |f (x) − l| <  (avec
0

x, x ∈ R).
x→x0
0

2. lim f (x) = l ssi ∀ > 0, ∃α > 0 tel que si 0 < (x − x ) < α alors |f (x) − l| < .
x→x+
0

3. lim f (x) = l ssi ∀ > 0, ∃α > 0 tel que si −α < (x − x ) < 0 alors |f (x) − l| < .
0

0
x→x−
4. lim f (x) = +∞ ssi ∀A > 0, ∃α > 0 tel que si |x − x | < α alors f (x) > A.
0

5. lim f (x) = −∞ ssi ∀A < 0, ∃α > 0 tel que si |x − x | < α alors f (x) < A.
x→x0

6. lim f (x) = l ssi ∀ > 0, ∃λ > 0 tel que si x > λ alors |f (x) − l| < .
x→x0

7. lim f (x) = l ssi ∀ > 0, ∃λ < 0 tel que si x < λ alors |f (x) − l| < .
x→+∞

8. lim f (x) = +∞ ssi ∀A > 0, ∃B > 0 tel que si x > B alors f (x) > A.
x→−∞

9. lim f (x) = −∞ ssi ∀A < 0, ∃B > 0 tel que si x > B alors f (x) < A.
x→+∞

10. lim f (x) = +∞ ssi ∀A > 0, ∃B < 0 tel que si x < B alors f (x) > A.
x→+∞

11. lim f (x) = −∞ ssi ∀A < 0, ∃B < 0 tel que si x < B alors f (x) < A.
x→−∞

x→−∞

Propriétés :
1. lim f (x) = l ssi lim f (x) = lim f (x) = l.
x→x0 x→x+ x→x−
2. Si lim f (x) = l alors lim λf (x) = λl (λ ∈ R).
0 0

3. Si lim f (x) = l et si lim g(x) = l alors on a :


x→x0 x→x0
0

? lim (f (x) + g(x)) = l + l .


x→x0 x→x0
0

? lim (f (x) · g(x)) = l · l .


x→x0
0
x→x0

? Si l 6= 0 et g(x) 6= 0 au v(x ) alors lim = .


0 f (x) l
0 0
g(x) l
x→x0

(FI : (+∞) + (−∞)/ 0 × ∞/ 0 / ∞ )


0 ∞

Proposition :(limite de fonction composées)


Dans cette proposition, on désigne par a (respect. b) un réel ou (+∞) ou bien (−∞),
alors on a : si lim f (x) = b et si limg(x) = c alors : lim g(f (x)) = c.
x→a x→b x→a

24
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Proposition :
Dans cette proposition, on désigne par a un réel ou (+∞) ou bien (−∞) (a ∈ R),
alors on a :
1. Si f et g deux fonctions dénies au voisinage de a telle que
∀x ∈ v(a), f (x) ≤ g(x), alors on a :
(a) Si lim f (x) = l et si lim g(x) = l alors l ≤ l .
0 0

(b) Si lim f (x) = +∞ alors lim g(x) = +∞.


x→a x→a

(c) Si lim g(x) = −∞ alors lim f (x) = −∞.


x→a x→a

x→a x→a

2. Si lim f (x) = +∞ (resp. lim g(x) = −∞) et si g est une fonction minorée au v(a)
(resp. g est une fonction majorée au v(a)) alors lim (f (x) + g(x)) = +∞ (resp
x→a x→a

lim (f (x) + g(x)) = −∞).


x→a

x→a

3. Si lim f (x) = +∞ et si g est une fonction minorée par réel strictement positif au v(a)
(resp. g est une fonction majorée par un réel strictement négatif au v(a)) alors
x→a

lim (f (x) · g(x)) = +∞ (resp. lim (g(x) · f (x)) = +∞).


x→a x→a

4. Si lim f (x) = −∞ et si g est une fonction majorée par un réel strictement négatif au
v(a) alors : lim f (x)g(x) = +∞.
x→a

x→a

5. Si lim f (x) = l avec l > m (resp. l < m) alors il existe un voisinage v(a) de a tel que
∀x ∈ v(a), f (x) > m (respect. f (x) < M ).
x→a

En particulier : si lim f (x) = l > 0 (respect. lim f (x) = l < 0, alors il existe un
voisinage v(a), f (x) > 0 (respect. f (x) < 0).
x→a x→a

Théorème de l'encadrement
On désigne par a un réel ou (+∞) ou bien (−∞) et par v(a) un voisinage de a.
Si ∀x ∈ v(a), g(x) ≤ f (x) ≤ h(x) et si lim g(x) = lim h(x) = l alors lim f (x) = l.
x→a x→a x→a

Proposition :
On désigne par a un réel, (+∞) ou (−∞) alors :
1. Si lim f (x) = l alors lim |f (x)| = |l|.
x→a x→a

2. Si lim f (x) = 0 alors lim |f (x)| = 0.


x→a x→a

3. Si lim f (x) = 0 et si g est une fonction bornée au voisinage v(a) de a


alors lim f (x)g(x) = 0.
x→a

x→a

25
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Théorème : critère des suites
Soient a, b ∈ R et on considère une fonction f dénie dans un voisinage v(a) de a.
Alors lim f (x) = b ssi pour toute suites (U ) à valeurs dans v(a) telle que lim U = a
n n∈N n

on a lim f (U ) = b.
x→a n→+∞
n
n→+∞

Exercice d'application :
Montrer que la fonction cos R → [−1, 1] n'admet pas de limite ni nie ni innie en (+∞)
et en (−∞). Notons cette fonction par f .
Limite en (+∞) :
On sait que f est paire. Montrons que lim cos x ni nie ni innie.
On pose U = 2nπ et V = 2nπ + , ∀n ∈ N.
x→+∞
π
n n

On a lim U = +∞ et lim V = +∞.


2

n n

On a f (U ) = cos(2nπ) = cos 0 = 1 ⇒ lim f (U ) = 1.


n→+∞ n→+∞
n n

f (V ) = cos(2nπ + ) = cos( ) = 0 ⇒ lim f (V ) = 0.


n7→+∞
π π
n n

D'où f n'admet pas de limite


2 2 n7→+∞

3.3 Comparaison de fonctions :


Dénitions :
On désigne par a un réel ou bien (+∞) ou bien (−∞) et soient f et g deux fonctions
dénies dans un voisinage de a (sauf peut être en a). On dit que :
1. f est dominée par g au voisinage v(a) de a ssi il existe une fonction α dénie sur v(a)
telle
 que :
 αest bornée surv(a)
 et∀x ∈ v(a), f (x) = α(x)g(x).
Dans ce cas, on note f = O(g) au v(a) et on lit : f est un grand o de g au voisinage
de a.
2. f est négligeable devant g au v(a) ssi : il existe une fonction ε dénie par v(a) telle
que
 :
 lim ε(x) = 0
x→0
 ∀x ∈ v(a), f (x) = ε(x)g(x).
Dans ce cas, on note f = o(g) au v(a) et on lit : f est un petit o de g au voisinage
de a.

26
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
3. f est équivalente à g au voisinage de a ssi : il existe une fonction β dénie par v(a)
telle
 que :
 lim β(x) = 1
x→0
 ∀x ∈ v(a), f (x) = β(x)g(x).
Dans ce cas, on note f ∼a g au
v(a) et on lit : f est équivalente à g au voisinage de
a.

Remarques :
Si la fonction g ne s'annule pas sur v(a) (sauf peut être en a ou en peut avoir f (a) =
g(a) = 0) alors on obtient :

1. f = O(g) au v(a) ⇔ la fonction fg est bornée sur v(a).


2. f = o(g) au v(a) ⇔ lim fg = 0.
x→a

3. f ∼ g sur v(a) ⇔ lim fg = 1.


a
x→a

Propriétés :

1. au v(a).
 f = o(g) au v(a)
⇒ f = o(h)
 g = o(h) au v(a)

2. au v(a).
 f = o(h) au v(a)
⇒ (f + g) = o(h)
 g = o(h) au v(a)

3. au v(a).
 f = o(h) au v(a)
⇒ f g = o(hk)
 g = o(k) au v(a)

4.  limh(x) = a au v(a).
 f = o(g) au v(a)
⇒ (f ◦ h) = o(g ◦ h)
x→b

5. alors au

 f = o(g) v(a)
 (f + g) ∼a g

6. au v(a).
 f∼ g
a

au
 g = o(h) v(a)
⇒ f = o(h)

7. Si f ∼ g alors |f | ∼ |g|.


a a

8.  flim∼h(x)g = a ⇒ (f ◦ h) ∼ (g ◦ h).
 a
b
x→b

27
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
9. (a) ∀f, f ∼ f . a

(b) Si f ∼ g alors g ∼ f .
a a

(c)Si f ∼ g et g ∼ h alors f ∼ h.
a a a

10. Si  h ∼ k ⇒ (f · h) ∼ (g · k).
 f∼ g
a
a
a

11. Si f ∼ g et h ∼ k et si h ne s'annule pas au v(a) (sauf peut être en a)


a a

⇒ alors ∼ .
f g
a
h k
12. Si f ∼ g alors ∀n ∈ N , f ∼ g .
a
∗ n
a
n

13. Si f ∼ g et f est strictement positive au v(a) (sauf peut être en a) alors :


a

∀α ∈ R , f ∼ g avec f désigne la fonction x 7→ f (x) = (f (x)) = e


∗ α
a
α α
. α α α log(f (x))

14. Si  flim∼g(x)g = l ⇒ alors lim f (x) = l, avec l désigne un réel ou (+∞) ou bien
 a
x→a

(−∞).
x→a

Remarques : Si f ∼ g et si h ∼ k, alors on n'a pas forcément (f + h) ∼ (g + k).


a a a

1. En eet
par exemple on a (x + x) ∼ x 2
0

on a : −x ∼ −x, mais x n'est pas équivalent à 0.


0
2

2. Tout polynôme est équivalent à son terme de plus haut degré au voisinage de (+∞)
et (−∞).
3. Tout polynôme est équivalent à son terme de plus bas degré au voisinage de 0.
Exemples :
1. (a) ∀α, β ∈ R, si α < β alors x = o(x ) au v(+∞). α β

(b) ∀α > 0, ∀β ∈ R, on a x = o(e ) au v(+∞). β αx

(c) ∀α > 0, ∀β ∈ R on a (log(x)) = o(x ) au v(+∞). β α

2. (a) ∀α, β ∈ R, si α > β, alors x = o(x ) au v(0 ). α β +

(b) ∀α > 0, ∀β ∈ R, on a | log(x)| = o( ) au v(0 ). β 1



+

3. (a) sin(x) ∼ x. 0

(b) 1 − cos(x) ∼ x . 1 2
0 2

(c) tan x ∼ x. 0

(d) log(1 + x) ∼ x. 0

(e) (e − 1) ∼ x.
x
0

(f) ((1 + x) − 1) ∼ αx, ∀α ∈ R (où α est indépendant de x).


α
0

28
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Exercice :
Calculer limf (x), où f (x) = (√sin(x .
2
)(1 − cos(x))

Réponse : On a
x→0 1 + x − 1)(e − 1) 2 x2

sin(x ) ∼ x et
2
0
2

1 − cos(2x) ∼ (2x) = 2x . 1
0 2
2 2

Donc si N = sin(x )(1 − cos 2x),


x
2

N ∼ x · 2x = 2x , on a aussi
x
2 2 4

1 + x − 1 = (1 + x ) − 1 ∼ x et
√ 2 1 1 2
2 2
0 2

e − 1 ∼ x . Soit D = ( 1 + x − 1)(e − 1),


x2 2
√ x2
2
0 x

donc D ∼ x · x
x
1 2
0 2
2

D ∼ x,
x
1 4
0 2

d'où f (x) ∼ Nx
0 Dx

= 4, donc lim f (x) = 4


4
2x
f (x) ∼ 0 1 4
x x→0
Remarque :
2

ou ou

 f ∼a g (a ∈ R (+∞) (−∞).
Si et sauf peut être ena /f (a) = g(a) = 1).



f (x) > 0 g(x) > 0, ∀x ∈ v(a)(
avec


 lim f (x) = λ
 λ ∈ R \{1} ou λ = +∞. +

Alors log(f ) ∼ log(g) au v(a).


x→a

3.4 Continuité :
Dénitions :(Rappels)
Soit a un réel on dit que :
 Une fonction f est continue à droite en a ssi f est dénie à droite de a et lim f (x) =
f (a).
x→a+

 Une fonction f est continue à gauche en a ssi f est dénie à gauche de a et lim f (x) =
f (a).
x→a−

 f est continue en a ssi f est dénie à droite et à gauche en a (càd f est dénie au
voisinage de a et lim f (x) = f (a) = lim f (x) = lim f (x)).
x→a x→a+ x→a−

Propriétés :
1. Si f est continue en a alors ∀λ ∈ R, alors la fonction λf est continue en a.
2. Si f est continue en a alors (∀λ ∈ R) la fonction |f | est continue en a.
3. Si f et g sont deux fonctions continues en a alors :
29
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
(a) La fonction f + g est continue en a.
(b) La fonction f · g est continue en a.
(c) Si g(a) 6= 0 (il existe un v(a) tel que ∀x ∈ v(a), g(x) 6= 0) alors la fonction fg est
continue.
Proposition :
Soient f une fonction dénie sur un intervalle ouvert I contenant un réel a et g une
fonction dénie sur f (I).
Si f est continue en a et si g est continue en f (a), alors la fonction g ◦ f est continue en a
Remarque :
Soit f une fonction dénie sur un voisinage v(a) d'un réel a alors f est continue en a
ssi pour toute suite (U ) à valeurs dans v(a) et qui converge vers a, la suite f (U ) converge
n n

vers f (a).
Dénition :
Soit une fonction dénie sur un voisinage v(a) sauf peut être en a.
On dit que f est prolongeable par continuité ena ssi f admet une limite nie en a notée l.
Dans ce cas, la fonction g dénie sur v(a) par : g(a)
 g(x) = f (x) si x ∈ v(a)\{a}
= l = lim f (x).
g est appelée prolongement par continuité de f en a.
x→a

Rq : lim g(x) = lim f (x) = l = g(a), d'où g est continue en a.


x→a x→a

Exemples :
(1) On considère les deux fonctions f et ϕ dénies sur R par f (x) = sin(x)

et ϕ(x) = x sin( ).
x
1

Montrer que chacune des deux fonctions f et ϕ admet un prolongement par continuité en 0
x

que l'on précisera.


? f (x) =
sin(x)
x
. On a :
= 1, donc f admet un prolongement par continuité en 0 noté g dénie sur
sin(x)
lim
x→0 x
R∗ ∪ {0}
 =R

par :  g(0) = limf (x) = 1


 g(x) = f (x) si x 6= 0

x→0

30
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
? ϕ(x) = x sin( x1 ) . On a :
1
, car la fonction sin( ) est bornée et limx = 0 (nie).
lim ϕ(x) = lim x sin( ) = 0 1

Donc la fonction admet un prolongement par continuité en 0 notée ψ dénie sur R ∪{0} =
x
x→0 x→0 x x→0

ϕ
R 

par :  ψ(0) = limϕ(x) = 0


 ψ(x) = ϕ(x) si x 6= 0

x→0

Proposition :
1. L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
2. L'image d'un intervalle fermé borné [a, b] par une fonction continue est un intervalle
fermé borné de la forme [m, M ] (c'est à dire, il existe α, β ∈ [a, b] tels que f (α) = m
et f (β) = M et f ([a, b]) = [f (α), f (β)].
En particulier, si f est croissante alors f ([a, b]) = [f (a), f (b)] et si f est décroissante
alors f ([a, b]) = [f (b), f (a)].
Théorème des valeurs intermédiaires :
Soit f une fonction continue sur un intervalle fermé borné [a, b]. Alors, pour tout réel z
compris entre f (a) et f (b), il existe au moins un réel t de [a, b] tel que f (t) = z.
Preuve : On pose f ([a, b]) = [m, M ], d'où : m ≤ f (x) ≤ M ,
→ m ≤ f (a) ≤ M et m ≤ f (b) ≤ M .
Soit f (a) ≤ z ≤ f (b) alors z ∈ [m, M ], donc z ∈ f ([a, b]). Ainsi, il existe au moins un réel
t ∈ [a, b] tel que : f (t) = z .
Corollaire :
Soit f une fonction continue sur un intervalle fermé borné [a, b], alors on a :
(i) Si f (a) · f (b) ≤ 0 alors il existe au moins un réel x ∈ [a, b] tel quef (x ) = 0.
0 0

(ii) Si f (a) · f (b) < 0 alors il existe au moins un réel x ∈]a, b[ tel quef (x ) = 0.
0 0

Exercice : Montrer qu'il existe un réel α ∈] − , π[ tel que sin(α) = α.


π 1

Réponse : On considère la fonction f dénie sur [ , π] par f (α) = sin(α) − α.


2 2
π 1

On a f est continue sur [ , π],


2 2
π

f ( ) = sin( ) − > 0,
2
π π π

et f (π) = sin(π) − = − < 0.


2 2 4
π π

Donc il existe au moins un réel α ∈] , π[ tel quef (α) = 0 càd, sin(α) = α.


2 2
π 1
2 2

31
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Théorème :
Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I . Alors la fonc-
tion f réalise une bijection de I vers un intervalle J = f (I) et sa fonction réciproque f −1

est continue et strictement monotone sur J (avec le même sens de monotonie que f ).
De plus, les courbes représentatives de f et de f dans un repère orthonormé sont symé-
−1

triques par rapport à la première bissectrice ∆ : y = x.

3.5 Les fonctions arcsin, arccos et arctan :


La fonction arcsin :
Dénition : On sait que la fonction sinus est dénie sur R et elle n'est pas bijective
(car elle n'est pas injective, elle est périodique de période T = 2π). On a :
sin : R → [−1, 1]. Soit f = sin | : la restriction de la fonction sinus sur [−
[− π2 , π2 ]
π π
, ]
2 2
.
f : [− π2 , π2 ] → [−1, 1]
x 7→ sin x.
On remarque que la fonction f est continue et strictement croissante sur [− , ]. π π

Donc f ([− , ]) = [f (− ), f ( )] = [−1, 1].


2 2
π π π π

Donc la fonction f est bijective et sa fonction réciproque f est continue et strictement


2 2 2 2
−1

croissante (f est notée arcsin) sur [−1, 1].


−1

avec sin(z) = t.
π π
arcsin : [−1, 1] → [− , ] 2 2

t 7→ arcsin(t) = z

 t ∈ [−1, 1]
Donc : z = arcsin(t) ssi  z ∈ [−


π π
, ]
2 2

sin(z) = t
Par exemple :

arcsin(0) = 0, arcsin(1) = , arcsin(−1) = − , arcsin( ) = , arcsin(− ) = − ,


π π 1 π 1 π

arcsin( ) = , arcsin( ) = .
2 2 2 6 2 6
√ √
2 π 3 π
2 4 2 3

Propriétés :
1. ∀t ∈ [−1, 1], sin(arcsin(t)) = t.
2. ∀x ∈ R, on a : arcsin(sin(x)) = x ssi x ∈ [− , ]. π π
2 2

3. ∀t ∈ [−1, 1], arcsin(−t) = − arcsin(t) (c'est à dire la fonction arcsin est impaire).
4. arcsin(t) ∼ t. 0

Preuve :

32
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
1. On pose f = sin | = restriction de la fonction sinus sur [− , ].
[− π2 , π2 ]
π π

⇒ f = arcsin.
2 2
−1

Soit t ∈ [−1, 1] alors arcsin(t) ∈ [− , ], π π

d'où sin(arcsin(t)) = f (arcsin(t)) = f (f (t)) = t


2 2
−1

2. ⇒ "sens direct" :
Soit x ∈ R tel que arcsin(sin(x)) = x.
On sait que ∀t ∈ [−1, 1], arcsin(t) ∈ [− , ], π π

d'où arcsin(sin x) = x ∈ [− , ].
2 2
π π

⇐ "sens inverse" :
2 2

Soit x ∈ [− , ], d'où sin(x) = f (x) donc arcsin(sin(x)) = f (f (x)) = x.


π π
2 2
−1

3. Soit t ∈ [−1, 1], on pose X = arcsin(t) et on a :


 X ∈ [− π , π ]
2 2
 sin(X) = t.
On a arcsin(−t) = arcsin(− sin(X)) = arcsin(sin(−X)) = −X (car −X ∈ [− π π
, ] ),
alors arcsin(−t) = −X = − arcsin(t).
2 2

4. Montrer que lim arcsin(t)


t
t→0
= 1.

On pose X = arcsin(t) ⇔  sin(X) = t.


 X ∈ [− , ] π π
2 2

De plus, t → 0 ⇔ ssi X → 0,
donc lim arcsin(t) = lim
X
= 1 car lim
sin(X)
= 1,
d'où : arcsin(t) ∼ t.
t→0 t sin(X) X→0 X X→0
0

La fonction arccos :
a) Dénition : On sait que la fonction cosinus est dénie sur R et elle n'est pas bijective.
cos : R → [−1, 1] .
Soit g = cos | [0,π] : la restriction de la fonction cosinus sur [0, π].
g : [0, π] → [−1, 1]
x 7→ g(x) = cos(x).
On remarque que la fonction est continue et strictement décroissante sur [0, π].
g
D'où g([0, π]) = [g(π), g(0)] = [−1, 1].
Ainsi, g est bijective et sa fonction réciproque g notée arccos est continue et strictement
−1

décroissante sur [−1, 1].


arccos : [−1, 1] → [0, π]
t 7→ arccos(t) = z.
avec cos(z) = t.

33
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui

 t ∈ [−1, 1]
Donc z = arccos(t) ssi  z ∈ [0, π]

cos(z) = t

Exemples : arccos(0) = π2 , arccos(1) = 0, arccos(−1) = π, arccos(− , arccos( ) =



2 3π 1
) =
, arccos(− ) = .
2 4 2
π 1 2π
3 2 3

b) Propriétés :
1. ∀t ∈ [−1, 1], cos(arccos(t)) = t.
2. ∀x ∈ R, on a arccos(cos(x)) = x ssi x ∈ [0, π].
3. ∀t ∈ [−1, 1], arccos(−t) = π−arccos(t) (càd le point A(0, ) est un centre de symétrie
π

pour le graphe de arccos).


2

Preuve : On note g = cos | càd g = arccos


[0,π]
−1

1. Soit t ∈ [−1, 1], d'où arccos(t) ∈ [0, π].


⇒ cos(arccos(t)) = g(arccos(t)) = g(g (t)) = t.
−1

2. ⇒ "sens direct"
Soit x ∈ R tel que arccos(cos(x)) = x.
On sait que ∀t ∈ [−1, 1], arccos(t) ∈ [0, π],
donc x = arccos(cos x) ∈ [0, π].
⇐ "sens inverse"
Soit x ∈ [0, π], d'où cos(x) = g(x).
Donc arccos(cos x) = arccos(g(x)) = g (g(x)) = x.
−1

3. Soit t ∈ [−1, 1], on pose X = arccos(t).


Donc  cos(X)
 X ∈ [0, π]

= t.
On a : arccos(−t) = arccos(− cos(X)) = arccos(cos(π−X)) (car cos(π−a) = − cos a),
or 0 ≤ X ≤ π
⇔ −π ≤ −X ≤ 0
⇔ 0 ≤ π − X ≤ π,
d'où
arccos(cos(π − X)) = π − X = π − arccos(t) .
Donc : arccos(−t) = π − X = π − arccos(t).
Propositions :
Pour tout t ∈ [−1, 1] on a :
1. arccos(x) + arcsin(x) = . π
2

2. cos(arcsin(x)) = sin(arccos(x)) = √1 − x . 2

34
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Preuve :
1. ∀x ∈ [−1, 1], on pose X = arccos(x) et Y = − arcsin(x). π

Il s'agit de montrer que X = Y .


2

On pose g = cos | , d'où g = arccos.


[0,π]
−1

On a : cos(X) = cos(arccos(x)) = x
et on a : cos(Y ) = cos( − arcsin(x)) = sin(arcsin(x)) = x
π

(car cos( − α) = sin(α) ∀α ∈ R).


2
π

D'où : cos(X) = cos(Y ).


2

Or − ≤ arcsin(x) ≤
π
2
π
2
π π
⇔ −2 ≤ − arcsin(x) ≤ 2

⇔ 0 ≤ π − arcsin(x) ≤ π.
 2

On a  X, Y ∈ [0, π]
 cos(X) = cos(Y )
⇒ g(X) = g(Y )

⇒X =Y.
2. Soit x ∈ R.
(i) On a cos(arccos(x)) = cos( − arccos(x)) = sin(arccos(x)) (d'après 1)
π

(car cos( − α) = sin(α), ∀α ∈ R).


2
π

(ii) Onpsait que ∀αp∈ R, cos (α) + sin (α) = 1 p


2
2 2

⇒ sin (α) = 1 − cos (α) ⇒ | sin(α)| = 1 − cos (α).


2 2 2

⇒ | sin(arccos(x))| = 1 − cos (arccos(x)).


p
2

Or cos(arccos(x)) = x ⇒√cos (arccos(x)) = x . 2 2

D'où | sin(arccos(x))| = 1 − x . 2

D'autre part, arccos(x) ∈ [0, π] ⇒ sin(arccos(x)) ≥ 0.


⇒ | sin(arccos(x))| = sin(arccos(x)).
Ainsi, sin(arccos(x)) = √1 − x , 2

(i) et (ii) ⇒ cos(arccos(x)) = sin(arccos(x)) = √1 − x . 2

La fonction arctan :
1) Dénition : On sait que la fonction tan est dénie sur D = R\{ π2 + kπ, k ∈ Z}, de
plus elle n'est pas bijective car elle est périodique de période π.
tan : R\{ π2 + kπ, k ∈ Z} → R
sin(x)
x 7→ tan(x) = .
Soit h = tan | : la restriction de la fonction sur ] − .
cos(x)
π π
]− π2 , π2 [ tan , [
2 2

h : ] − π2 , π2 [ → R
x 7→ h(x) = tan(x).

35
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
On remarque que la fonction h est continue et strictement croissante sur ] − , [ donc π π

l'image h(] − , [) =] lim h(x), lim h(x)[=] − ∞, +∞[= R,


2 2
π π
2 2
x→ π2 + x→ π2 −
ainsi h est bijective et sa fonction réciproque h notée arctan est continue et strictement
−1

croissante sur R. 
 t quelconque
Donc z = arctan ⇔  z ∈] − , [


π π
2 2

tan(z) = t

Par exemple : arctan(0) = 0 arctan(1) = , π


, arctan(−1) = − , arctan(√3) = ,
π π

, .
4 4 3
√ √
3
arctan(− 3) = − π3 arctan( 3
) = π
6

Propriétés :
1. ∀t ∈ R, tan(arctan(t)) = t.
2. Soit x ∈ D = R\{ + kπ, k ∈ Z}, alors on a arctan(tan(x)) = x ssi x ∈] − , [.
π
2
π π
2 2

3. ∀t ∈ R, arctan(−t) = − arctan(t), càd la fonction arctan est une fonction impaire.


4. La fonction arctan(t) ∼ t. 0

Preuve :
Soit h = tan | , d'où h = arctan
]− π2 , π2 [
−1

(Rq : tan(x) = h(x) ssi x ∈] − , [). π π


2 2

1. Soit t ∈ R, d'où arctan(t) ∈] − , [, donc π π

.
2 2

tan(arctan(x)) = h(arctan(x)) = h(h−1 (x)) = x


2. ⇒ "sens direct" : Soit x ∈ D tel que arctan(tan(x)) = x.
On sait que ∀t ∈ R, arctan(t) ∈] − , [, π π

d'où x = arctan(tan(x)) ∈] − , [.
2 2
π π

⇐ "sens inverse" : Soit x ∈] − , [, donc


2 2
π π

.
2 2

tan(x) = h(x) ⇒ arctan(tan(x)) = arctan(h(x)) = h−1 (h(x)) = x


3. Soit , on pose
 X ∈] − π , π [
2 2
t∈R X = arctan(t) ⇔
 tan(X) = t.

D'où arctan(−t) = arctan(− tan(X))


= arctan(tan(−X)),
car ∀α ∈ D, tan(−α) = − tan(α).
On a − < X < et − < −X < ,
π π π π

d'où arctan(tan(−X)) = −X . Ainsi, − arctan(−t) = −X = − arctan(t).


2 2 2 2

4. Montrer que lim arctan(t)


t
= 1.
t→0

On pose X = arctan(t) ⇔  tan(X)


 X ∈] − , [ π π
2 2
π π
∈] − , [. 2 2

36
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
On remarque que t → 0 ssi X → 0,
donc lim arctan(t)
t
t→0
= lim
X
tan(X)
= 1.
X→0
Exercice :
2) a) Montrer que A = arcsin(sin( )) = . 3π π

On sait que sin(α) = sin(π − α),


4 4

on a sin( ) = sin(π − ) = sin( ),


3π π π

d'où arcsin(sin( )) = arcsin(sin( )) = (car ∈] − , [).


4 4 4
3π π π π π π

b) Montrer que arccos(cos( )) = .


4 4 4 4 2 2
7π 5π

On a cos( ) = cos(π + ) et cos( ) = cos( ).


6 6
7π π 5π 7π

Donc arccos(cos( )) = arccos(cos( )) = (car ∈ [0, π])


6 6 6 6
7π 5π 5π 5π

c) Montrer que arctan(tan( )) = − .


6 6 6 6
3π π

On a arctan(tan( )) = arctan(tan(2π + )).


8 3
8π 2π

Or = 3π − , donc
3 3
8π π

tan( = tan(3π − ) = tan(− ) et


3 3
8π π π

arctan(tg( )) = arctan(tg(− )) = − (car (− ) ∈] − , [)


3 3 3
8π π π π π π

d) Montrer que arcsin(cos( )) = .


3 3 3 3 2 2
11π π

On a = arcsin(cos( )) = arcsin(sin( − ))
6 3
11π π 11π
6 2 6

= arcsin(sin(− 8π
6
))
= arcsin(sin(2π + π3 ))
= arcsin(sin( π3 )) = π

(car ).
3
π
3
∈ [− π2 , π2 ]

3.6 Dérivabilité :
Dénition :
1. On dit qu'une fonction f est dérivable en x ssi f est dénie sur in intervalle ouvert 0

I contenant x et lim est un nombre réel ni.


f (x) − f (x ) 0
0
x−x x7→x0 0

Dans ces cas, on note lim f (x)x −− fx(x ) = f (x )x7→x0 0


0 0
0

( lim f (x)x −− fx(x ) = lim f (x + h)h − f (x ) , avec h = x − x ).


0 0 0
0

2. On dit qu'une fonction f est dérivable à droite en x ssi f est dénie à droite de x
x7→x0 0 h7→0

0 0

et lim f (x)x −− fx(x ) = nombre réel nie et on note dans ce cas :


x7→x+ 0
0

f (x) − f (x0 )
lim+ = fd0 (x0 )
x7→x0 x − x0
.
37
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
3. On dit que f est dérivable à gauche en x ssi f est dénie à gauche de x et
0 0

= nombre réel nie et on note dans ce cas :


f (x) − f (x ) 0
lim
x7→x−
0
x−x 0

f (x) − f (x0 )
lim− = fg0 (x0 )
x7→x0 x − x0
.
Remarques :
1. f est dérivable en x ssi f est dérivable à droite et à gauche en x et f (x ) = f (x ).
0 0
0
d 0
0
g 0

2. Si f est dérivable en x , alors la courbe représentative de f dans un repère orthonormé


0

admet une tangente T d'équation : T : y = f (x )(x − x ) + f (x ). 0


0 0 0

3. Si f est une fonction constante sur I , alors f est dérivable sur I et en plus
∀x ∈ I, f (x) = 0.
0

Proposition :
Soit f une fonction dénie sur un intervalle ouvert I contenant x , alors on a : 0

f est dérivable en x ssi il existe un réel λ tel que ∀x ∈ v(x ), f (x) = f (x ) + λ(x − x ) +
0 0 0 0

o(x − x ).
0

Preuve :
⇒ "sens direct" : Si f est dérivable en x alors lim f (x)x −− xf (x ) = λ ∈ R.
0
x7→x0 0
0

On pose λ = f (x ) = lim f (x)x −− fx(x ) ,


0
0
x7→x0 0
0

d'où lim f (x)x −− xf (x ) − λ = 0


x7→x0 0
0

f (x) − f (x0 ) − λ(x − x0 )


⇔ lim =0
x7→x0 x − x0
⇔ f (x) − f (x0 ) − λ(x − x0 ) = o(x − x0 )
⇔ f (x) = f (x0 ) + λ(x − x0 ) + o(x − x0 ) .
⇐ "sens inverse" :
On a : si ∀x ∈ v(x ), f (x) = f (x ) + λ(x − x ) + o(x − x ), avec λ ∈ R (λ indépendant
0 0 0 de x)
0

alors, lim f (x)x −− xf (x ) = lim λ(x − xx)−+xo(x − x ) = lim λ + o(xx −−xx )



0 0 0 0
x7→x0 0 x7→x0 0 x7→x0 0

(car lim o(xx −−xx ) = 0), d'où f est dérivable en x et f (x ) = λ.


x7→x0
0

0
0
0
0

Remarque :
De la proposition précédente on obtient :
Si f est dérivable en x alors f est forcément continue en x , la réciproque n'est pas toujours
0 0

38
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
vraie.
Exp : f (x) = |x|, ∀x ∈ R.
f est continue en 0 mais elle n'est pas dérivable en 0 car f (0) = 1 et f (0) = −1 0
d
0
g

⇒ f (0) 6= f (0).
0
d
0
g

Proposition :
1. Si f est dérivable en x alors ∀λ ∈ R, la fonction λf est dérivable en x et son nombre
0 0

dérivé : (λf ) (x ) = λf (x ).
0
0
0
0

2. Si f et g sont dérivables en x alors : 0

? f + g est dérivable en x et (f + g) (x ) = f (x ) + g (x ).0


0
0
0
0
0
0

? f · g est dérivable en x et (f · g) (x ) = f (x )· g(x


 ) + f (x ) · g (x ).
0
0
0
0
0 0 0
0
0

? Si g (x ) 6= 0 alors, est dérivable en x et on a .


0 0 0
0 f f f (x )g(x ) − f (x )g (x ) 0 0 0 0
0 (x ) = 0 0 2
g g (g(x )) 0

Proposition :
Soit f une fonction dénie sur un intervalle ouvert I contenant x et g une fonction 0

dénie sur f (I). Si f est dérivable en x et si g est dérivable en y = f (x ), alors la fonction


0 0 0

g ◦ f est dérivable en x et on a : (g ◦ f ) (x ) = g (f (x )) · f (x ).
0
0
0
0
0
0
0

Exemples :
1. (e ) (a) = f (a)e .
f 0 0 f (a)

2. (log |f |) (a) = ff (a) .


0
0 (a)

3. (sin(f )) (a) = f (a) cos(f (a)).


0 0

4. (cos(f )) (a) = −f (a) sin(f (a)).


0 0

5. (f ) (a) = αf (a)f (a), α ∈ R.


α 0 0 α−1

(f (a) = e
α
si f (a) > 0).
α log0 (f (a))

Dénitions :
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I . On considère la fonction
0
f I → R
f (x − h) − f (x)
x →
7 f 0 (x) = lim .
La fonction est appelé la fonction dérivée première de f sur I (ou bien la fonction dérivée
f0
h7→0 h

de f d'ordre 1 sur I ). f est notée aussi f . 0 (1)

39
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
? Si la fonction f est continue sur I , alors on dit que f est de classe C sur I (ou bien f
0 1

est continuement dérivable sur I ).


? Si la fonction f est dérivable sur I alors sa fonction dérivée (f ) est notée f (ou bien
0 0 0 00

f ) et est appelée la fonction dérivée d'ordre 2 de f sur I (ou bien la dérivée seconde de f
(2)

sur I ).
f 00 I → R
f 0 (x + h) − f 0 (x)
x 7→ f 00 (x) = (f 0 (x))0 = lim .
? Si la fonction f est continue sur un intervalle alors on dit que f est de classe C sur I
00
h7→0 h
I 2

(ou bien f est 2−fois continuement dérivable sur I ).


Par récurrence sur n ≥ 1 : on dénit la fonction dérivée d'ordre n de f sur I (si elle existe)
par : f = (f ) (avec la concension f = f )
(n) (n−1) 0 (0)

f (n) I → R
(n) (n−1) 0 f (n−1) (x + h) − f (n−1) (x)
x 7→ f (x) = (f ) (x) = lim .
Si la fonction f est continue sur , alors on dit que est de classe sur I (f est n−fois
h7→0 h
(n)
? I f Cn
continuement dérivable sur I ). On dit que f est de classe C sur I ssi f est continue sur I .0

On dit que f est de classe C sur I ssi f est de classe C sur I , ∀n ∈ N.


∞ n

Exercice :
1. Vérier que la fonction sin est de classe C sur R et que ∀n ∈ N et ∀x ∈ R on a :

sin (x) = sin(x + n ).


(n) π
2

2. Vérier que la fonction cos est de classe C sur R et que ∀n ∈ N et ∀x ∈ R on a :


cos (x) = cos(x + n ).


(n) π
2

3. Vérier la fonction f (x) = e , ∀x ∈ R, (λ réel xe) est de classe C sur R et on a


λx ∞

∀n ∈ N, ∀x ∈ R, f = λ e .
(n) n λx

Réponse :
1. Montrer ∀n ∈ N, ∀x ∈ R, sin(x + n ) = sin (x). π (n)

• Vérication pour n = 0
2

sin (x) = sin(x) et sin(x) = sin(x + 0 ),


(0) π

d'où la propriétée est vériée.


2

• Supposons que sin (x) = sin(x + n ) : la fonction sinus est dérivable jusqu'a
(n) π

l'ordre n (où n ∈ N, xe) avec sin (x) = sin(x + n ).


2
(n) π

Montrons que sin (x) = sin(x + (n + 1) ). Montrons que la fonction sinus est
2
(n+1) π

dérivable à l'ordre (n + 1).


2

On a : sin (x) = sin(x + n ), ∀x ∈ R,


(n) π

d'où la fonction sin(x) est dérivable sur R (car elle se présente sous la forme de
2

40
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
composée de deux fonctions dérivables x 7→ sin(x), x 7→ x + n et on a (sin π (n)
(x))0 =
(sin(x + n )) .
2
π 0

On a : (g ◦ f ) (x) = g [f (x)] · f (x)


2
0 0 0

⇒ (sin(n) (x))0 = cos(x + n π2 )


⇒ sin(n+1) (x) = cos(x + n π2 ) ,
or cos(a) = sin(a + ), ∀a ∈ R d'où π
2
sin(n+1) (x) = sin(x + n π2 + π2 )
= sin(x + (n + 1) π2 )
2. • Vérication pour n = 0
cos (x) = cos(x) et cos(x) = cos(x + 0 ),
0 π

d'où la propriété est vériée.


2

• Supposons que cos (x) = cos(x + n ) et supposons que la fonction cosinus est
(n) π

dérivable jusqu'a l'ordre n (n ∈ N). Montrons que la fonction cosinus est dérivable à
2

l'ordre (n + 1) et cos (x) = cos(x + (n + 1) ).


(n+1) π

On a : cos (x) = cos(x + n ), ∀x ∈ R,


2
(n) π

d'où la fonction cos(x) est dérivable sur R comme étant composée de deux fonctions
2

dérivables x 7→ cos(x) et x 7→ x + n et on a (cos (x)) = (cos(x + n )) = π (n) 0 π 0

− sin(x + n ).
2 2
π

Donc cos (x) = − sin(x + n ),


2
(n+1) π

or − sin(a) = cos(a + ), ∀a ∈ R.
2
π

D'où : cos (x) = cos(x + n + )


2
(n+1) π π
2 2

= cos(x + (n + 1) π2 ).
Par suite, ∀n ∈ N, ∀x ∈ R, cos(n) (x) = cos(x + n π2 ) .
3. f (x) = e , λ ∈ R, f est de classe C .
λx ∞

Montrons que ∀n ∈ N, f (x) = λ · e , ∀x ∈ R (par récurrence sur n)


(n) n λx

• Vérication pour n = 0.
f = f (x) et λ · e = f (x),
(0) 0 λx

d'où la propriété est vériée.


• Supposons que f = λ · e où n ∈ N et montrons que f
(n) n λx
=λ (n+1) n+1
· eλx .
On a f = λ · e ⇒ f = λ · (λe ) = λ · λ · e = λ · e ,
(n) n λx (n+1) n λx 0 n λx n+1 λx

d'où f est de classe C . ∞

Par suite, ∀x ∈ R, ∀n ∈ N, f = λ e . (n) n λx

41
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Propriétés :
Soit f et g deux fonctions n−fois dérivables sur I , alors on a :
(a) La fonction (f + g) est n−fois dérivable sur I et on a (f + g) (n)
= f (n) + g (n) .
(b) La fonction (f × g) est n−fois dérivable sur I et on a (f × g) X n
(n)
= f (p) · g (n−p)

(la formule de Leibniz).


p=0

(c) La fonction fg est n−fois dérivable sur I , si ∀x ∈ R, g(x) 6= 0.


Théorème :
Soient I un intervalle ouvert de R, f est une fonction continue et strictement monotone
sur I (f réalise une bijection de I vers f (I) et sa fonction réciproque notée f : f (I) → I ). −1

Soient x ∈ I et y = f (x ) tels que f est dérivable en x . Alors on a : f est dérivable en


0 0 0 0
−1

f (x ) = y ssi f (x ) 6= 0 et dans ce cas on a : (f ) (y ) =


0 1 1
−1 0 0 −1
0 0 0 = f [f (y )])
0 0

Exercice : (à retenu)
f (x ) ( 0
0

1. Vérier que la fonction arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[ et que ∀x ∈] − 1, 1[,


1
arcsin0 (x) = √ .
1 − x2

2. Vérier que la fonction arccos est dérivable sur ] − 1, 1[ et que ∀x ∈] − 1, 1[,


−1
arccos0 (x) = √ .
1 − x2

3. Vérier que la fonction arctan est dérivable sur R et que ∀x ∈ R,


1
arctan0 (x) = .
1 + x2

Réponse :
1. Soit f = sin | [− π2 , π2 ] ,
f : [− π2 , π2 ] → [−1, 1]
x 7→ f (x) = sin x.
On a −1
.
f (x) = arcsin(x) : [−1, 1] → [− π2 , π2 ]
On a f est dérivable sur [− , ] et ∀x ∈ [− , ], f (x) = cos(x).
π π π π 0

∀x ∈] − , [, f (x) 6= 0 donc f est dérivable sur f (] − , [) =] − 1, 1[


2 2 2 2
π π 0 −1 π π

et ∀x ∈] − 1, 1[, (f ) (x) = f (f 1 (x)) .


2 2 2 2
−1 0
0 −1

⇒ ∀x ∈] − 1, 1[, arcsin (x) =


1 0
cos(arcsin(x))
=√
1
1−x
. 2

42
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
2. Soit g = cos | ,
[0,π]

g : [0, π] → [−1, 1]
x 7→ g(x) = cos x.
On a −1
g (x) = arccos(x) : [−1, 1] → [0, π] .
On a g est dérivable sur [0, π] et ∀x ∈ [0, π], g (x) = − sin(x). 0

∀x ∈]0, π[, g (x) 6= 0 ⇒ x 6= {0, π},


0

d'où ∀x ∈]0, π[, g (x) 6= 0.


0

Donc la fonction g est dérivable sur g(]0, π[) =] − 1, 1[


−1

et on a ∀x ∈] − 1, 1[, (g ) (x) = g (g 1 (x)) .


−1 0
0 −1

⇒ ∀x ∈] − 1, 1[, arccos (x) = 0 1


− sin(arccos(x))
= −√
1
1−x
. 2

3. Soit h = tan | ,
]− π2 , π2 [

h : ] − π2 , π2 [ → R
x 7→ h(x) = tan(x).
On a −1
.
h (x) = arctan(x) : R →] − π2 , π2 [
Alors la fonction h est dérivable sur ] − , [ et ∀x ∈] − , [, h (x) = 1 + tan (x) 6= 0.
π π π π 0 2

Donc h (x) = arctan(x) est dérivable sur h(] − , [) = R,


2 2 2 2
−1 π π

et on a ∀x ∈ R, (h ) (x) = h (h 1 (x)) .
2 2
−1 0
0 −1
1 1
∀x ∈ R, arctan0 (x) = = .
Or ,
2
1 + tan (arctan(x)) 1 + x2
∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x
donc ∀x ∈ R, arctan0 (x) =
1
1 + x2
.
Exercice :
Chercher le domainesde dénition D , puis le domaine de dérivabilité D de la fonction f
0 1

dénie par : f (x) = 11 −+ arcsin(x)


arcsin(x)
.
Réponse :
On pose g(x) = .
q
1−x
?
Domaine de dénition D de g : D =] − 1, 1].
1+x

g g

On remarque que f (x) = g(arcsin(x)), donc


D = {x ∈ [−1, 1]/ arcsin(x) ∈] − 1, 1]}.
0

arcsin : [−1, 1] → [− , ] est une fonction strictement croissante,


π π

cherchons x tel que : − < −1 < arcsin(x) ≤ 1 < .


2 2
π π

La fonction sin est strictement croissante sur [−1, 1] ⊂ [− , ].


2 2
π π

Donc, on obtient :
2 2

sin(−1) < sin(arcsin(x)) ≤ sin(1).


⇒ − sin(1) < x ≤ sin(1).

43
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
D'où D =] − sin(1), sin(1)].
0

? Cherchons D . 1

On remarque que le domaine de dérivabilité de la fonction g est D =] − 1, 1[ et on sait que


0
g

le domaine de dérivabilité de la fonction arcsin est l'ouvert ] − 1, 1[.


D1 = {x ∈] − 1, 1[ / arcsin(x) ∈] − 1, 1[}
= {x ∈] − 1, 1[ / − 1 < arcsin(x) < 1}
=] − sin(1), sin(1)[.

3.7 Fonctions convexes :


Dénitions :
? Une fonction f : I → R est dite convexe ssi ∀x, y ∈ I et ∀λ ∈ [0, 1] on a :
f (λx + (1 − λ)y) ≤ λf (x) + (1 − λ)f (y).

De façon équivalente, ∀x, y ∈ I et α, β ∈ [0, 1] avec α + β = 1 on a : f (αx + βy) ≤


αf (x) + βf (y).
? f est dite concave ssi (−f ) est convexe.

Notation :
Soit f : I → R et C sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
f

Soit E = {(x, y) ∈ I × R /y ≥ f (x)}. E est appelé épigraphe de f et est représenté


f f

graphiquement par la partie du plan situé au dessus de C . f

Dénition :
Une partie E du plan est dite convexe ssi pour tout point A et B de E le segment
[AB] ⊂ E .

Proposition :
Soit f : I → R une fonction, alors
f est une fonction convexe ssi son épigraphe E est une partie convexe du plan.
f

Exemples :
1. La fonction sin : R → [−1, 1] n'est pas convexe.
2. La fonction f = sin | est convexe.
[π,2π]

44
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
3. f : R →
x 7→ f (x) = x
R
est convexe.
4. f : R → R+
x 7→ f (x) = ex
est convexe.
5. f : R → R
x 7→ f (x) = |x|
est convexe.
Remarque :
aveca < b ona C ∈[a, b] ssi ∃α, β ∈ [0, 1] avec α+β = 1 tel que C = αa+βb.
? ∀a, b ∈R

? Soit A =   ∈ P.
x A x B
,B = 
y A y B
     

M =
xM
yM
 ∈ [AB] ssi ∃α, β ∈ [0, 1] où α + β = 1 tels que :  xy M
 = α
xA
yA
+
M
 

β
xB
yB
.

Proposition :(Inégalité de Jensen)


Soient f : I → R est une fonction convexe, n ∈ N et α , α , . . . , α des éléments de
1 2 n

l'intervalle [0, 1] tels que α + α + . . . + α = 1. Alors,


1 2 n

f (α1 x1 + α2 x2 + . . . + αn xn ) ≤ α1 f (x1 ) + α2 f (x2 ) + . . . + αn f (xn )

(càd : f ).
n
! n
X X
α i xi ≤ αi f (xi )
i=1 i=1

Proposition :
Soit f : I → R une fonction dérivable sur I , f est convexe sur I ssi sa fonction dérivé f 0

est croissante sur I .


Corollaire :
Soit f : I → R une fonction deux fois dérivable, alors f est convexe ssi f 00
.
≥0

45
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Exemple :
1. f : R → R+
x 7→ ex
est convexe (car f (x) > 0, e
00 x
>0 ).
2. f : R → R
x 7→ x 2
, (f (x) = 2) est convexe.
00

3. f : R∗+ →
x 7→ − log(x)
, f (x) = − , f (x) =
R+ 0 1
x
00 1
x2
>0 f . est convexe.

3.8 Théorème de Rolle :


Dénition :
Soient f une fonction dénie sur un intervalle I et x ∈ I . On dit que : 0

? f admet un maximum (respect. un minimum) relatif en x ssi il existe un intervalle J 0

contenant x tel que : ∀x ∈ I ∩ J on a : f (x) ≤ f (x ) (respect. f (x) ≥ f (x )).


0 0 0

? f admet un maximum (respect. un minimum) absolue en x ssi ∀x ∈ I on a : f (x) ≤ f (x ) 0 0

(respect f (x) ≥ f (x )). 0

Proposition :
Soient une fonction dénie sur et
 f I x0 ∈ I . Alors on a :

 x0 ∈ I
Si


f admet un extrmum relatif en x0


f est drivable en x0 ,

alors f 0 (x0 ) = 0 .

Remarque :
Si f est dérivable en x avec f (x ) = 0, alors f n'admet pas forcément un extrémum
0
0
0

relatif en x . En eet, prenons par exemple la fonction f dénie sur R par : f (x) = x .
0
3

f est dérivable sur R avec f (x) = 3x , ∀x ∈ R. 0 2

En particulier, f (0) = 0, mais 0 n'est pas un extrémum relatif pour f car si x ≥ 0 alors
0

f (x) ≥ 0 = f (0) et si x ≤ 0 alors f (x) ≤ 0 = f (0).

46
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Théorème de Rolle :
Soit f une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ telle que f (a) = f (b) alors il
existe au moins un réel c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
0

Exercice :
En utilusant le théorème des valeurs intermédiaires et le théorème de Rolle montrer que
l'équation x + x − 1 = 0 admet dans R une seule solution λ ∈]0, 1[
3

Réponse :
∀x ∈ R , on pose f (x) = x + x − 1.
3

On a f est continue sur R, en particulier sur [0, 1].


On a f (0) = −1 < 0 et f (1) = 1 > 0 donc f (0)f (1) < 0.
D'après le théorème des valeurs intermédiaires il existe au moins un réel λ ∈]0, 1[ tel que
f (λ) = 0.
Supposons qu'il existe un réel γ 6= λ tel que f (γ) = 0.
On a f est continue sur R en particulier sur [λ, γ] (ou bien [γ, λ]), f est dérivable sur ]γ, λ[
(ou ]λ, γ[) et f (λ) = f (γ).
D'après le théorème de Rolle il existe au moins un réel c ∈]λ, γ[ ou ]γ, λ[ tel que f (c) = 0
0

ce qui est absurde car ∀x ∈ R, f (x) = 3x + 1 6= 0.


0 2

Donc l'équation x + x − 1 = 0 admet une seule solution λ de ]0, 1[.


3

Théorème des accroissements nis :


Soit f une fonction continue sur un intervalle I et dérivable sur I . Alors,

∀a 6= b ∈ I , il existe au moins un seul c ∈]a, b[ (ou bien ]b, a[) tel que

f (b) − f (a)
= f 0 (c).
b−a

Preuve :
∀x ∈ I , on pose g(x) = (f (x) − f (a)) − λ(x − a), où λ = f (b)b −− fa (a) .
On a g est continue sur I , en particulier g est continue sur [a, b] (ou bien [b, a]).
On a g(a) = 0 et g(b) = 0 d'où g(a) = g(b).
Théorème de Rolle implique qu'il existe au moins un réel c ∈]a, b[ (ou bien c ∈]b, a[) tel que
g (c) = 0.
0

Or ∀x ∈ I , g (x) = f (x) − λ, d'où g (c) = f (c) − λ = 0 ⇒ f (c) = λ.


◦ 0 0 0 0 0

47
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Exercice :
En utilisant le théorème des accroissement nie (TAF), montrer que :
< log(1 + x) − log(x) < .
1 1
? ∀x > 0,
? ∀x ∈ R, e ≥ x + 1.
1+x x
x

Réponse :
? ∀t ∈]0, +∞[ on pose f (t) = log(t).
Soit x > 0, on sait que f est continue et dérivable sur ]0, +∞[, en particulier elle est continue
sur [x, x + 1] et dérivable sur ]x, x + 1[.
Alors d'après TAF on obtient : il existe au moins c ∈]x, x + 1[ tel que
f (x + 1) − f (x) = f (c)(x + 1 − x) = f (c).
0 0

Or ∀t ∈]0, +∞[, f (t) = 1t , donc f (c) = 1c .


0 0

Or x < c < x + 1, donc x +1 1 < 1c < x1 ,


donc x +1 1 < log(1 + x) − log(x) < x1 .
? Montrer ∀x ∈ R, e ≥ x + 1. x

• si x = 0, e = 1 ≥ 1 + 0, d'où l'inégalité est vraie.


0

• si x 6= 0, on pose f (x) = e − x − 1 et f (0) = 0. x

f est continue et dérivable sur R.


Appliquons le théorème des accroissements nis à la fonction f sur R.
On obtient, ∀x ∈ R , il existe au moins un réel c ∈]0, x[ (ou bien c ∈]x, 0[) tel que

f (x) − f (0) = (x − 0)f (c). 0

⇒ ∀x ∈ R , il existe c ∈]0, x[ ou bien c ∈]x, 0[ tel que f (x) = xf (c).


∗ 0

Or ∀x ∈ R, f (t) = e − 1 ⇒ f (c) = e − 1, d'où f (x) = x(e − 1).


0 t 0 c c

Montrons que f (x) ≥ 0.


? Si x > 0, ⇒ c ∈]0, x[, donc
1 < ec < ex ⇒ ec − 1 > 0
⇒ x(ec − 1) = f (x) > 0 .
? Si x < 0, ⇒ c ∈]x, 0[ ⇒ e x
< ec < 1
et e − 1 < 0 ⇒ x(e − 1) = f (x) > 0.
c c

Proposition :
Soit f une fonction continue sur un intervalle I et dérivable sur I telle que il existe

k ∈ R vériant : ∀x ∈ I , |f (x)| ≤ k alors : ∀x, y ∈ I, |f (x) − f (y)| < k|x − y|.



+
◦ 0

Exemple : Vérier que ∀x, y ∈ R on a :

48
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
a) | sin(x) − sin(y)| ≤ |x − y|.
b) | arctan(x) − arctan(y)| ≤ |x − y|.
Réponse :
a) ∀x ∈ R, on pose f (x) = sin(x).
f (x) = cos(x) ⇒ ∀x ∈ R, |f (x)| = | cos(x)| ≤ 1,
0 0

donc ∀x, y ∈ R, |f (x) − f (y)| = | sin(x) − sin(y)| ≤ 1 · |x − y|.


b) ∀x ∈ R, g(x) = arctan(x) est dérivable sur R et ∀x ∈ R, g (x) = 1 +1 x 0
2
≤1 .
Or ∀x ∈ R, |g (x)| = g (x) = 1 +1 x ≤ 1.
0 0

Ainsi : ∀x, y ∈ R, | arctan(x) − arctan(y)| ≤ 1 · |x − y|.


2

Proposition :
Soit f une fonction continue sur un intervalle I et déruvable sur I . Alors on a : ◦

1. f est constante sur I ssi ∀x ∈ I , f (x) = 0. ◦ 0

2. f est croissante sur I (respect. décroissante sur I ) ssi ∀x ∈ I , f (x) ≥ 0 ◦ 0

(respect. ∀x ∈ I , f (x) ≤ 0).


◦ 0

3. f est strictement croissante (respect. strictement décroissante) ssi ∀x ∈ I , f (x) ≥ 0 ◦ 0

(respect. ∀x ∈ I , f (x) ≤ 0). De plus, il n'existe aucun intervalle J ⊂ I tel que


◦ 0 ◦

∀x ∈ J , f (x) = 0.
◦ 0

Théorème des accroissements nies généralisé :


Soient f et g deux fonctions continues sur un intervalle I et dérivables sur I telles que ◦

∀x ∈ I , g (x) 6= 0. Alors, ∀a 6= b ∈ I , il existe au moins un réel c ∈]a, b[ (ou bien c ∈]b, a[)
◦ 0

tel que : fg(b) .


0
(b) − f (a) f (c)
=
Preuve : Soient a 6= b ∈ I .
− g(a) g (c) 0

On considère la fonction h dénie sur I par h(x) = (g(b) − g(a))f (x) − (f (b) − f (a))g(x).
On a h est continue sur I et dérivable sur I . On a : ◦

h(a) = (g(b) − g(a))f (a) − (f (b) − f (a))g(a)


= g(b)f (a) − g(a)f (b) et
h(b) = (g(b) − g(a))f (b) − (f (b) − f (a))g(b)
= f (a)g(b) − g(a)f (b) = h(a).
On a h(a) = h(b) , donc d'après le théorème de Rolle il existe au moins un réel c ∈]a, b[ (ou
bien c ∈]b, a[) tel que h (c) = 0. 0

Or ∀x ∈ I , h (x) = (g(b) − g(a))f (x) − (f (b) − f (a))g (x), d'où h (x) = 0.


◦ 0 0 0 0

⇒ (g(b) − g(a)) · f 0 (c) − (f (b) − f (a)) · g 0 (c) = 0

49
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
.
⇒ (g(b) − g(a)) · f 0 (c) = (f (b) − f (a)) · g 0 (c)
D'autre part, g(b) 6= g(a) (si non, d'après le théorème de Rolle il existe α ∈]a, b[ ou bien
α ∈]b, a[ tel que g (α) = 0 ce qui contredit le fait que ∀x ∈ I , g (x) 6= 0).
0 ◦ 0

Ainsi, fg(b) .
0
(b) − f (a) f (c)
= 0
− g(a) g (c)

Proposition :
Soient f et g deux fonctions continues sur un intervalle I et dérivable sur I tel que ◦

∀x ∈ I , g (x) 6= 0. De plus, ∀x ∈ I , |f (x)| ≤ |g (x)|, alors


◦ 0 ◦ 0 0

∀a 6= b ∈ I, |f (b) − f (a)| ≤ |g(b) − g(a)|.

Proposition (Régle de l'Hospital) :


Soient I un intervalle, a ∈ I et deux fonctions f et g continues sur I et dérivable sur
I\{a} tel que g (x) = 0. 0

Si lim fg (x) = L alors lim = L avec L ∈ R ou bien L = +∞ ou bien L = −∞.


0
(x) f (x) − f (a)

Preuve : Conséquence immédiate du théorème des accroissements généralisé.


x7→a 0 g(x) − g(a) x7→a

Exercice :
Calculer limh(x) avec h(x) = sin(x)x − x .
Réponse : ∀x ∈ R, on pose f (x) = sin(x) − x et g(x) = x avec f (0) = 0 et g(0) = 0. On a
x7→0 3
3

lim h(x) = lim


f (x) − f (0)
g(x) − g(0)
.
f et g sont continues sur R et dérivables. De plus ∀x ∈ R, g (x) = 3x 6= 0, x ∈ R .
x7→0 x7→0
0 2 ∗

Donc lim fg (x) = − (1 − cos(x) ∼ x ). Par suite, les deux fonctions f


0
(x) cos(x) − 1 1 1 2 0
= lim 2
x7→0 0 3x x7→0 6 2

et g sont dérivables et continues sur R et g (x) = 6x 6= 0, ∀x ∈ R . De plus, lim fg (x)


00
0 00 (x) ∗
=
x7→0 00

= − . Donc f et g sont continues sur R et dérivables sur R avec ∀x ∈


− sin(x) 1 00 00 ∗
lim
R, g (x) = 6 6= 0, ∀x ∈ R .
x7→0 6x 6
(3) ∗

On obtient, lim fg (x) =− .


(3)
(x) − cos(x) 1
= lim
x7→0 (3) 6x 6x7→0

RH ⇒ lim g (x) = − 6 .
00
f (x) 1
x7→0 00

RH ⇒ lim fg (x) =− .
0
(x) 1
x7→0 0 6
RH ⇒ limh(x) = − 6 . 1

(RH : régle de l'Hopital).


x7→0

50
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Proposition :
Soient I un intervalle de R, a ∈ I et f une fonction continue sur I et dérivable sur I\{a}.
Alors on a :
1. Si lim f (x) = l ∈ R, alors f est dérivable en a et f (a) = l (en particulier, la fonction
0 0

f sera une fonction continue en a).


x7→a

2. Si lim f (x) = +∞ ou bien −∞, alors f n'est pas dérivable en a et en plus sa courbe
0

représentative admet une tangente verticale en a.


x7→a

Preuve : Il sut d'appliquer la régle de l'Hospital avec g(x) = x.

Remarque :
Il se peut qu'une fonction soit dérivable en un point a sans que sa fonction dérivée
possède une limite en a.
Exemple :
On considère la fonction f dénie sur R par :
si x 6= 0
 f (x) = x2 sin( 1 )

x
 f (0) = 0.

1. Montrer que f est dérivable sur R.


2. a) Montrer que la fonction dérivée f de f n'admet pas de limite en 0.
0

b) En déduire que f n'est pas de classe C sur R. 1

Réponse :
1. f est dérivable sur R comme étant produit et composée de fonctions dérivables sur

R et on a : ∀x ∈ R , f (x) = 2x sin( ) + x − cos( )


∗ ∗ 1 0 1 1 2
x x x 2

f (x) = 2x sin( ) − cos( ).


0 1 1

Dérivabilité en 0 x sin( )
x x

= lim x sin( ) = 0,
2 1
f (x) − f (0) 1 x
lim = lim
donc f est dérivable en 0 et f (0) = 0.
x7→0 x−0 x x7→0 x x7→0
0

Ainsi, f est dérivable sur R.


2. limf (x) = lim2x sin( x1 ) − cos( x1 ), or lim cos( x1 ) n'existe pas.
0

D'où limf (x) n'existe pas.


x7→0 x7→0 x7→0
0

b) La fonction f n'admet pas de limite en 0, donc elle n'est pas continue en 0.


x7→0
0

Ainsi, f n'est pas continue sur tout R, donc f n'est pas de classe C sur R.
0 1

51
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
3.9 Théorème de Taylor-Lagrange :
Théorème : (Formule de Taylor-Lagrange) :
Soient I un intervalle de R, f une fonction dénie sur I et n ∈ N.
Si f est de classe C sur I et (n + 1) fois dérivable sur I , alors ∀a 6= b ∈ I , il existe au
n ◦

moins un réel c ∈]a, b[ (ou bien c ∈]b, a[) tel que :


f 0 (a) f (n) (a) f (n+1) (c)
 
0 2 n
f (b) = f (a) + f (a)(b − a) + (b − a) + . . . + (b − a) + (b − a)(n+1)
2! n! (n + 1)!
" n #
X f p (a) f (n+1) (c)
p
= (b − a) + (b − a)(n+1) .
p=0
p! (n + 1)!

Le terme p! (b − a) (respect. le terme ) s'appelle la partie


n
X f p (a) p f (n+1)(c)
Rn = (b − a)(n+1)
(n + 1)!
régulière (respect. le reste) de la formule de Taylor-Lagrange à l'ordre n relativement au
p=0

point a.
Cas particulier : si n = 0 alors la formule de Taylor-Lagrange est réduite à la formule des
accroissement nies.
Exercice :
En utilisant la formule de Taylor-Lagrange, trouver le polynôme P (x) de degré 3 tel que
P (1) = 2 et P (1) = 3 et P (1) = 0 et P (1) = 1.
0 00 (3)

On sait que tout polynôme est de classe C sur R, en particilier pour le polynôme P (x).
n

⇒ P (x) est de classe C sur R.4

Appliquons la formule de Taylor-Lagrange sur la fonction f (x) = P (x) sur R à l'ordre 3.


On obtient (on va prendre a = 1 et b = x ∈ R\{1}) : il existe au moins un réel c ∈]1, x[ (ou
bien c ∈]x, 1[) tel que :
(x − 1) .
00 (3) (4)
0 P (1) P (1) P (c) 2 3 4
f (x) = P (x) = [P (1) + P (1)(x − 1) + (x − 1) + (x − 1) ] +
On a : deg(P ) = 3 ⇒ P (x) = αx + βx + γx + λ (α 6= 0). De plus,
2 3! 24
3 2

P 0 (x) = 3αx2 + 2βx + γ


P 00 (x) = 6αx + 2β
P (3) (x) = 6α
P (4) (x) = P (4) = 0, ∀x ∈ R
⇒ P (4) (c) = 0 ,
donc P (x) = 2 + 3(x − 1) + 1
6
(x − 1)3 .

52
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
Remarque (formule de Mac-Laurin) :
En écrivant la formule de Taylor-Lagrange à l'ordre n, dans le cas ou a = 0, on obtient
la formule suivante dite de Mac-Laurin.
Si f est une fonction de classe C sur I (où 0 ∈ I ) et (n + 1) fois dérivable sur I alors
n ◦

∀x ∈ I et x 6= 0, il existe au moins un réel c ∈]0, x[ (ou bien c ∈]x, 0[) tel que :
f 00 (0) 2 f (n) (0) n f (n+1) (c) n+1
 
0
f (x) = f (0) + f (0)x + x + ... + x + x .
2! n! (n + 1)!

Exercice :
En utilisant la formule de Mac-Laurin, montrer que ∀x ∈ R , e ∗ x
>1+x+ x2
2
+ x3
6
.
Réponse :
On considère la fonction dénie sur R par f (x) = e . x

On a f est de classe C sur R. ∞

Appliquons la formule de Mac-Laurin à la fonction f sur R à l'ordre 3.


∀x ∈ R, ∃ au moins un réel c ∈]0, x[ (ou bien c ∈]x, 0[) tel que :
1 2 f (3) (0) 3 f (4) (c) 4
 
0 00
f (x) = f (0) + f (0)x + f (0) x + x + x.
2 6 24

On sait que ∀p ∈ N et ∀t ∈ R, f (p)


(t) = et .
⇒ f (0) = f 0 (0) = f 00 (0) = f (3) (0) = e0 = 1.
Ainsi, ex
=1+x+ x2
+ x3
+ e c x4

, d'où e .
2 6 24
x2 x3 ec x4 x2 x3
⇒ ex − (1 + x + 2
+ 6
) = 24
> 0 x
>1+x+ 2
+ 6

Théorème de Taylor-Young :
Soient I un intervalle de R, a ∈ I et f une fonction dénie sur I . Alors on a :
Si f est de classe C sur I alors ∀x ∈ I , on a :
n

f 00 (a) f (n) (a)


 
0 2
f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a) + . . . + (x − a) + o(x − a)n
n
2 n!
càd :
00 f (n) (a)
f (x) − [f (a) + f 0 (a)(x − a) + f 2(a) (x − a)2 + . . . + n!
(x − a)n ]
lim = 0.
x7→a (x − a)n

Exercice :
Utiliser la formule de Taylor-Young pour montrer que : lim sin(x)x − x = − 16 . x7→0 3
Réponse :

53
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
∀x ∈ v(0), on pose f (x) = sin(x).
On a f est de classe C sur v(0), en particulier f est de classe C . Alors, d'après la formule
∞ 3

de Taylor-Young on obtient :
f 00 (0) 2 f (3) (0) 3
∀x ∈ v(0), f (x) = [f (0) + f (0)x + x + x ] + o(x3 )
2 6
(o(x ) = (x) · x avec lim(x) = 0).
3 3

On rappelle que ∀n ∈ N, sin (x) = sin(x + ).


x7→0
(n) nπ

Donc sin(0) = 0, sin (0) = 1, sin (0) = sin( ) = 0, sin (0) = sin( .
2
0 00 2π 000 3π
) = −1
D'où sin(x) = (x − ) + o(x ) = (x − ) + (x)x ; lim(x) = 0.
2 2
x3 3 x3 3
6 6 x7→0

= − + (x),
x3 3
sin(x) − x + (x)x 1 6
⇒ 3
=− 3
x x 6
d'où lim x = − 6 .
sin(x) − x
x7→0
1
3

Exercice :
Montrer que ∀x > 0, on a x − x2 < log(1 + x) < x (utiliser la formule de Mac-Laurin).
2

Réponse : On considère la fonction f dénit sur R par f (x) = log(1 + x). +

f est de classe C sur R ∞


+

Montrons que ∀x > 0, log(1 + x) < x.


Appliquons la formule de Mac-Laurin à f sur R à l'ordre 1 : +

∀x ∈ R (x > 0) il existe au moins un réel c ∈]0, x[ tel que :



+

x . On a
00
f (c)
0 2
f (x) = [f (0) + f (0)x] +
2
1
∀x ≥ 0, f 0 (x) =
et
1+x
⇒ f 0 (0) = 1
∀x ≥ 0, f 00 (x) =
−1
(1 + x)2
.
−1
⇒ f 00 (c) =
(1 + c)2
donc log(1 + x) = 0 + x −
x2
2(1 + c)2
x2
⇒ f (x) = log(1 + x) = x −
2(1 + c)2
,
2
x
⇒ log(1 + x) − x = − <0
d'où .
(1 + c)2
log(1 + x) < x
Montrons que ∀x > 0, log(1 + x) > x − x2 .
2

Appliquons la formule de Mac-Laurin à f sur R à l'ordre 2, on obtient : ∀x > 0, il existe +

au moins un réel c ∈]0, x[ tel que : f (x) = [f (0) + f (0)x + f 2(0) x ] + f 6(c) x
00 (3)
0 2 3

∀x ≥ 0, f (x) =
2(1 + x)
(3)
(1 + x)
=
2
(1 + x)
, f (0) = −1. Donc
4 3
00

54
Fonctions Numériques à une seule variable réelle K. Smaoui
x2 2x3
log(1 + x) = x − +
2 (1 + c)3
x2
⇒ log(1 + x) = −(x − ) =
2
2x3
(1 + c)3
>0 .

55
Chapitre IV

Développements limités
4.1 Dénitions et propriétés :
Dénition :
Soient I un intervalle de R contenant 0, f est une fonction dénie sur I (sauf peut être en
0) et n ∈ N. On dit que f admet un développement limité (D.L) au v(0) d'ordre n (DL (0)) n

s'il existe un polynôme P de degré deg r ≤ n et une fonction ε dénie sur I\{0} tel que
lim ε(x) = 0 vériant :
∀x ∈ I\{0}, f (x) = P (x) + ε(x)x .
x→0
n

C'est à dire : lim f (x) x− P (x) = 0,


donc f (x) − P (x) = o(x ) au v(0).
x→0 n
n

⇒ f (x) = P (x) + o(x ) au v(0).


n

→ Le polynôme P (x) (respect. le terme ε(x) · x ) est appelé la partie régulière (respect. le
n

reste) du D.L d'ordre n de f au v(0).


Exemple :
On considère la fonction f (x) = 1 −1 x , ∀x 6= 1.
Soit n ∈ N , on sait que ∀x 6= 1

1 − xn+1
1 + x + x2 + . . . + xn−1 + xn =
1−x
1 xn+1
= − .
1−x 1−x
Donc ∀x 6= 1, f (x) = 1 + x + x2 + . . . + xn +
xn+1
1−x
.
On pose 2
P (x) = 1 + x + x + . . . + x n
, donc on obtient f (x) = P (x) + x ( 1 −x x ). On pose
n

ε(x) =
x
, on a
lim
x
=0 .
. Par suite,
1−x x→0 1−x
⇒ lim ε(x) = 0
avec limε(x) = 0.
x→0
∀x ∈ v(0), f (x) = P (x) + ε(x) · xn
Ainsi, f admet un D.L au v(0) à l'ordre n de partie régulière P .
x→0

56
Développements limités K. Smaoui
À retenir :
1
1−x
= (1 + x + x2 + . . . + xn ) + o(xn ), ∀x ∈ v(0) .
Proposition (l'unicité) :
Si f admet un D.L au v(0) d'ordre n de partie régulière P . Alors, ce developpement est
unique (càd si f (x) = P (x) + o(x ) et f (x) = Q(x) + o(x ) alors P (x) = Q(x)).
n n

Proposition (parité) :
Soit f une fonction admettant un développement limité au v(0) d'ordre n de partie
régulière P . Alors, on a :
1. Si f est une fonction paire alors P aussi.
2. Si f est une fonction impaire alors P est impaire aussi.
Proposition :
Si f admet un développement limité au v(0) d'ordre n de partie régulière P (x),
P (x) = a + a x + a x + . . . + a x . Alors, ∀0 ≤ p ≤ n
0 0 2
2
n
n

f admet un développement limité au v(0) d'ordre p de partie régulière Q(x).


Q(x) = a + a x + a x + . . . + a x .
0 0 2
2
p
p

En eet : On a f (x) = P (x) + ε(x) · x , où lim ε(x) = 0.


n
x→0

∀x ∈ v(0), f (x) = a0 + a1 x + a2 x + . . . + an xn + ε(x)xn


2

= a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + ap xp + α(x)xp
= (a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + ap xp ) + ap+1 xp+1 + . . . + an xn + ε(x)xn
= (a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + ap xp ) + xp (ap+1 x + . . . + an xn−p + ε(x)xn−p ).
On pose α(x) = x (a x + . . . + a x + ε(x)x ).
p
p+1 n
n−p n−p

On remarque que limα(x) = 0.


Alors on a : f (x) = Q(x) + x α(x).
x→0
p

⇒ f admet un développement limité au v(0) d'ordre p de partie régulière


Q(x) = a + a x + a x + . . . + a x .
0 0 2
2
p
p

Remarque :
Soient I un intervalle de R contenant 0, f est une fonction dénie sur I (sauf peut être
en 0) et n ∈ N.
Si f admet un développement limité au v(0) d'ordre n de partie régulière P (x) = a + a x +
0 0

a x + . . . + a x càd ∀x ∈ v(0), f (x) = P (x) + ε(x) · x , avec lim ε(x) = 0.


2
2
n
n n
x→0

57
Développements limités K. Smaoui
Alors, limf (x) = a et par suite f admet un prolongement par continuité en 0 noté
0

gdénie par :
x→0

 g(x) = f (x) si x 6= 0
 g(0) = lim f (x) = a0 .
De plus, f et g ont le même développement limité au v(0),
x→0

càd g(x) = P (x) + o(x ). n

Exemples :
(a) On a lim log(x) = −∞ donc la fonction log(x) n'admet pas de développement
limité au v(0).
x→0+

(b) On a lim x1 = +∞ donc la fonction x 7→ n'admet pas de développement limité


1

au v(0).
x→0+ x

Proposition :
Soit f une fonction dénie sur un intervalle I contenant 0. Alors, on a f est dérivable
en 0 ssi f est continue en 0 et admet un développement limité au v(0) d'ordre 1.
Preuve : "⇒" sens direct
HYP : f dérivable en 0.
BUT : f continue et admet un développement limité au v(0) d'ordre 1.
Comme f est dérivable, lim f (x)x −− f0 (0) = l = f (0).
x→0
0

Donc lim f (x) −x f (0) − l = 0 ⇒ lim f (x) − fx(0) − lx = 0


x→0 x→0

= 0.
0
f (x) − f (0) − f (0)x
⇒ lim
D'où ∀x ∈ v(0), (f (x) − f (0) − f (0)x) = o(x). Par suite,
x→0 x
0

∀x ∈ v(0), f (x) = [f (0) + f (0)x] + o(x). 0

lim f (x) = f (0) ⇒ f continue en 0, de plus f admet un développement limité au v(0) d'ordre
1 de partie régulière P (x) = f (0) + f (0)x.
x→0
0

"⇐" sens inverse


HYP : f continue en 0 et f admet un développement limité d'ordre 1 au v(0).
On a : ∀x ∈ v(0), f (x) = P (x) + o(x), avec deg P ≤ 1.
On pose P (x) = a + a x, d'où f (x) = a + a x + o(x).
0 1 0 1

On a  lim f (x) = a 0

lim f (x) = f (0) (car f est continue en 0).


x→0

Donc : ∀x ∈ v(0), f (x) = f (0) + a x + o(x).


x→0
1


f (x) − f (0)
x
=
a x + o(x)
x
1
=a +
o(x)
x
. 1

58
Développements limités K. Smaoui
Alors, lim f (x) −x f (0) = lima + o(x)
x→0 x→0 x
= a + 0 (car lim
1
o(x)
x
= 0).
1
x→0

On a o(x) = ε(x) · x, avec limε(x) = 0 ⇒ o(x) = ε(x) → 0.


Par suite, f est dérivable en 0 et f (0) = a , càd f (x) = f (0) + f (0)x + o(x), .
x→0 x
0 0
1 ∀x ∈ v(0)

Remarque :
Si une fonction f admet un développement limité au v(0) d'ordre 2, alors f n'est pas
forcément 2−fois dérivable en 0.
Exemple :
 f (x) = x3 sin( 1 ) si x 6= 0

On considère la fonction f dénie sur R par  f (0) = 0.


x

1. Vérier que f admet un développement limité au v(0) d'ordre 2 (de partie régulière
nulle).
2. a) Montrer que f est dérivable sur R.
b) Montrer que f n'est pas deux-fois dérivable en 0.
Réponse :
1. On a ∀x ∈ v(0)\{0}, f (x) = x sin( x1 ) = x (x sin( x1 )).
3 2

On pose ε(x) = x sin( x1 ) si x 6= 0 et ε(0) = 0


on a limε(x) = 0 (sinus est une fonction bornée).
Donc ∀x ∈ v(0), f (x) = x · ε(x) = 0 + x · ε(x).
x→0
2 2

Ainsi, f admet un développement limité au v(0) d'ordre n de partie régulière nulle.


2. a) (?) On remarque que f est dérivable sur R comme étant un produit et composée

de fonctions dérivables sur R . De plus, ∗

∀x ∈ R , f (x) = 3x sin( ) + x (cos( ) · (− )).


∗ 0 1
2 1 31

Donc f (x) = 3x sin( ) − x cos( ).


x x x 2
0 2 1 1

(?) Dérivabilité en 0 :
x x

= lim x sin( ) = 0 ∈ R (nie),


f (x) − f (0) f (x) 1 2
lim = lim
donc f est dérivable en 0 avec f (0) = 0.
x→0 x x
x→0 x x→0
0

Ainsi, f est dérivable sur R. 1


 f (x) = 3x sin( ) − x cos( 1 ), si x 6= 0
b) On a : 
0 2
x x
f 0 (0) = 0.

De plus, lim
x→0
f 0 (x) − f 0 (0)
x
= lim
f 0 (x)
x→0 x x→0
1
x
1
= lim 3x sin( ) − cos( )
x
.

59
Développements limités K. Smaoui
On a lim3x sin( x1 ) = 0, donc lim f (x) −x f (0) n'existe pas, d'où f n'est pas dérivable
0 0

en 0 et donc f n'est pas 2−fois dérivable en 0.


x→0 x→0

Remarque :
Soit P (x) = a 0 un polynôme non nul.
+ a0 x + a2 x 2 + . . . + an x n
deg(P ) = sup{p ∈ N/a 6= 0} (d'où deg(P ) = n si a 6= 0).
p n

On pose val(P ) = inf{p ∈ N/a 6= 0} : la valuation de P . p

Donc val(P ) = 0 si a 6= 0. 0

Proposition :
Si une fonction f admet un développement limité au v(0) d'ordre n de partie régulière
P (x) avec val(P ) = k ∈ {0, 1, 2, . . . , n}
(càd f (x) = (a x + a x + . . . + a x ) + o(x ), avec a 6= 0).
k
k
k+1
k+1
n
n n
k

Alors : f (x) ∼ a x .
0 k
k

Preuve :
on a ∀x ∈ v(0), f (x) = (a x + a x + . . . + a x ) + o(x )x varepsilon(x),
k
k
k+1
k+1
n
n n n

avec limε(x) = 0 eta 6= 0.


x→0
k

Donc, f (x) = a x 1 + a x + a x + . . . + a x + a x ε(x) .



a k a a
k+1 1 k+2 2 n n−k n−k
k
k k k k

On pose σ(x) = 1 + aa x + aa x + . . . + aa x + a1 x ε(x).


k+1 k+2 2 n n−k n−k

On remarque que : limσ(x) = 1, on a : k k k k

∀x ∈ v(0), f (x) = σ(x)(a x ).


x→0
k
k

Ainsi : f (x) ∼ a x .
0 k
k

Remarque : (Application du théorème de Taylor-Young)


Soit f une fonction dénie sur un intervalle I contenant 0.
Si f est de classe C sur I (n ∈ N), alors d'après le théorème de Taylor-Young,
n
on a :
∀x ∈ v(0), on a f (x) = f (0) + f (0)x + x + o(x ).
00 (n)

f (0) f (x) 0 2 n n
x + ... +
Ainsi, f admet un développement limité au v(0) d'ordre n de partie régulière
2 n!

x.
00 (n) n (p)
0 f (0) f (x) X f (0)
2 n p
P (x) = f (0) + f (0)x + x + ... + x =
2 n! p!
Donc, si f est de classe C sur v(0) (càd ∀n ∈ N, f est de classe C sur v(0)),
p=0
∞ n

alors, f admet un développement limité au v(0) d'ordre n, ∀n ∈ N.

60
Développements limités K. Smaoui
Développement limité de quelques fonctions usuelles :
(a) On sait que la fonction f : x 7→ e est de classe C sur R, x ∞

donc f admet un développement limité au v(0) à n'importe  quel ordre n.


x + o(x ).
00 (n)
x f (0)
0 f (0) 2 n n
f (x) = e = f (0) + f (0)x + x + ... +
2 n!
Or ∀p ∈ N et ∀x ∈ R, f (x) = f (x) = e . (p) x

⇒ ∀p ∈ N, f (0) = e = 1.
(p) 0

D'où ∀x ∈ v(0), e = (1 + x + x2 + x6 + . . . + xn! ) + o(x ).


2 3 n
x n

Par exemple à l'ordre 6,


) + o(x ).
2 3 4 5 6
x x x x x x 6
∀x ∈ v(0), e = (1 + x + + + + +
(b) On sait que la fonction g : x 7→ sin x est de classe C sur R.
2 6 24 120 720

Donc f admet un développement  limité au v(0) à n'importe quel ordre net on a :


∀n ∈ N, ∀x ∈ v(0), f (x) = f (0) + f (0)x + x + o(x ).
00 (n)
f (0) f (0)
0 2 n n
x + ... +
2 n!
Or ∀p ∈ N, ∀x ∈ R, f (x) = sin (x) = sin(x + p ),
(p) (p) π

d'où ∀p ∈ N, f (0) = sin(p ).


2
(p) π

? Si p est pair p = 2k , alors


2

f (0) = f (0) = sin(2k · ) = sin(kπ) = 0, ∀k ∈ N.


(p) (2k) π

? Si p est impaire p = 2k + 1 alors


2

(p)
f (0) = f (0) = sin((2k + 1) · ) = sin(kπ + π) = cos(kπ) = (−1) .
(2k+1) π k

D'où à l'ordre n = 2k +!1 (impaire),


2

). D'où à l'ordre n = 2k + 1,
n
! 2k+1
X f (0) (p) X f (0) (p)
p n p 2k+1
sin(x) = x + o(x ) = x + o(x
p! p!
on a ∀n ∈ v(0),
p=0 p=0

).
k
!
X (−1) t
2t+1 2k+1
sin(x) = x + o(x
t=0
(2t + 1)!

De plus, on a : à l'ordre on a .
k
!
X (−1)t 2t+1
n = 2k + 2 sin(x) = x + o(x2k+1 )
t=0
(2t + 1)!

Par exemple : si n=7 on a ∀x ∈ v(0), sin(x) = x −


x3
+
x5

x7
+ o(x7 ) .
c) On vérie que : (même raisonnement que (b)) à l'ordre
6 120 5040
n = 2k

on a ,
k
!
X (−1)t
∀x ∈ v(0), cos(x) = x2t + o(x2k )
t=0
(2t)!

càd cos(x) = (1 −
x2 x4
+ −
x6
+ ... +
x2t
.
(−1)k ) + o(x2k )
De plus, si alors,
2 24 720 (2t)!
n = 2k + 1
x2 x4 x6
.
2k
t x
cos(x) = (1 − + − + . . . + (−1) ) + o(x2k+1 )
Par exemple : à l'ordre :
2 24 720 (2k)!
6
∀x ∈ v(0), cos(x) = (1 −
x2 x4
2
+ −
24 720
x6
.
) + o(x6 )

61
Développements limités K. Smaoui
Si n = 7, ∀x ∈ v(0), cos(x) = (1 − x2 + 24x − 720 ) + o(x ).
2 4 6
x 7

Si n = 5, ∀x ∈ v(0), cos(x) = (1 − x2 + 24x ) + o(x ).


2 4
5

Si n = 4, ∀x ∈ v(0), cos(x) = (1 − x2 + 24x ) + o(x ).


2 4
4

d) Pour la fonction x 7→ log(1 + x),


on vérie que ∀n ∈ N, ∀x ∈ v(0).
⇒ log(1 + x) = (x −
x2 x3 x4
+ − + ... +
(−1)n−1 n
x ) + o(x) .
e) Pour la fonction où , on vérie que on a :
2 3 4 n
x 7→ (1 + x)α α∈R ∀n ∈ N, ∀x ∈ v(0)
α(α − 1) α(α − 1)(α − 2)
(1 + x)α = 1 + αx + x2 + x3
2! 3!
+... +
α(α − 1)(α − 2)(α − n + 1) n
x + o(xn ) .
En particulier : si , à l'ordre on a :
n!
α = 21 n=4 ∀x ∈ v(0)
.
1 2
√ 1 1 − x 1 5 4
1 + x = (1 + x) 2 = (1 + x + 4 + x3 − x ) + o(x4 )
2 2 16 128

Proposition :(Intégration du D.L)


Soit f une fonction de classe C sur un intervalle I contenant 0. Si la fonction dérivée
1

f de f admet un développement limité au voisinage de 0 à l'ordre n de la forme :


0

∀x ∈ v(0), f (x) = (a + a x + a x + . . . + a x ) + o(x ),


0
0 1 2
2
n
n n

alors la fonction f admet au v(0) un développement limité d'ordre (n + 1) de la forme :


,
∀x ∈ v(0)
+ o(x ).

a a 1 2 a2 3 n n+1 n+1
f (x) = f (0) + a x + x + x + . . . +
0 x
2 3 n+1

Remarque : (Dérivation de D.L)


Soit f une fonction de classe C sur I (avec 0 ∈ I ) admettant un développement limité
1

au v(0) à l'ordre n ≥ 1 de partie régulière P (x) (càd ∀x ∈ v(0), f (x) = P (x) + o(x )). n

Alors la fonction dérivé f de f admet un développement limité au v(0) à l'ordre (n − 1) de


0

partie régulière P (x) (càd ∀x ∈ v(0), f (x) = P (x) + o(x )).


0 0 0 n−1

Exemples :
Donner le développement limité de f (x) = log(1 + x) à l'ordre 4 au v(0).
Réponse : On a f de classe C sur ] − 1, +∞[, et ∀x ∈ v(0), f (x) =
∞ 1 0

⇒ f est de classe C sur v(0), en particulière f est de classe C sur v(0). Donc le théorème
1+x
0 ∞ 0 3

de Taylor-Young implique que f admet un développement limité au v(0) à l'ordre 3.


0

On a ∀x ∈ v(0), f (x) = 1 +1 x = 1 − 1(−x) .


0

62
Développements limités K. Smaoui
On pose u = −x, on a u → 0 lorsque x → 0.
On sait que : 1 −1 u = (1 + u + u + u ) + o(u ), ∀u ∈ v(0),
2 3 3

donc 1 +1 x = 1 − 1(−x) = (1 + (−x) + (−x) + (−x) ) + o(x ).


2 3 3

Ainsi, ∀x ∈ v(0), 1 +1 x = f (x) = (1 − x + x − x ) + o(x ).


0 2 3 3

D'où ∀x ∈ v(0), f (x) = (f (0) + x − x2 + x3 − x4 ) + o(x ),


2 3 4
4

donc ∀x ∈ v(0), log(1 + x) = (x − x2 + x3 − x4 ) + o(x ).


2 3 4
4

4.2 Opérations sur le développement limité :


Proposition (Somme) :
Si f et g deux fonctions qui admettent au v(0) des développements limités à l'ordre n
de parties régulières respectivement A(x) et B(x) (càd ∀x ∈ v(0), f (x) = A(x) + o(x ) et n

g(x) = B(x) + o(x )). Alors, la fonction f + g admet un développement limité à l'ordre n
n

de partie régulière (A(x) + B(x)).


Exemple :
Donner le développement limité de la fonction f (x) = e + sin x au v(0) (à l'ordre 3).
x

Réponse : On sait que que ∀x ∈ v(0), à l'ordre 3


+ ) + o(x ) et sin x = (x − ) + o(x ),
2 3 3
x x x 3 x 3
e = (1 + x +
donc ∀x ∈ v(0)
2 6 6

x2 x3 x3
f (x) = ((1 + x + + ) + (x − )) + o(x3 )
2 6 6
= (1 + 2x +
x2
2
) + o(x3 ) .
Proposition (Produit) :
Si f et g sont deux fonctions qui admettent au v(0) des développements limités d'ordre
n de parties régulières respectivement A(x) et B(x).
Alors, la fonction f g admet un développement limité au v(0) à l'ordre n de partie régulière
C(x) = A(x)B(x) formée par les termes de degré ≤ n.

63
Développements limités K. Smaoui
Exemple :
Donner le développement limité de la fonction f (x) = 1 e− x au v(0) à l'ordre 3.
x

Réponse : On a f (x) = e · .
x1
1−x
On sait que ∀x ∈ v(0), e = (1 + x + x2 + x6 ) + o(x )
2 3
x 3

et 1 −1 x = (1 + x + x + x ) + o(x ).
2 3 3

Donc f (x) = (1 + x + x2 + x6 )(1 + x + x + x ) + o(x )


2 3
2 3 3

x 2 x3 x3
= 1 + x + x2 + x3 + x + x2 + x3 + + + + o(x3 )
2 2 6
5 8
= 1 + 2x + x2 + x3 + o(x3 )
2 3
.
Proposition (Quotient) :
Si f et g deux fonctions qui admettent au v(0) des développement limité d'ordre n de
parties régulières respectivement A(x) et B(x), avec g(0) = B(0) 6= 0.
Alors, la fonction fg admet un développement limité au v(0) à l'ordre n de partie régulière


Q(x), avec Q(x) est le quotient de la division euclidienne suivant les puissances croissantes
à l'ordre n du polynôme A(x) par le polynôme B(x).
Exemple :
Donner le développement limité de la fonction f (x) = 1 e− x au v(0) à l'ordre 3.
x

Réponse :On sait que e = (1+x+ + )+o(x ), ∀x ∈ v(0) et 1−x = (1−x)+o(x ), ∀x ∈


2 3
x x x 3 3

v(0).
2 6

La division :
1 + x + 21 x2 + 61 x3 1−x
1−x 1 + 2x + 25 x2 + 38 x3
2x + 12 x2 + 61 x3
2x − 2x2
5 2
2
x + 61 x3
5 2
2
x − 25 x3
8 3
3
x
8 3 8 4
3
x − 3
x
8 4
3
x

donc ∀x ∈ v(0), f (x) =


ex
1−x
5 8
= (1 + 2x + x2 + x3 ) + o(x3 )
2 3
.

64
Développements limités K. Smaoui
Exemple :
Donner le développement limité de tan(x) au v(0) à l'ordre 3.
Réponse : On a ∀x ∈ v(0), tan(x) = .
sin(x)
cos(x)
On sait que sin(x) = x − + o(x ), et ∀x ∈ v(0) et cos(x) = 1 −
x3
6
3 x2
2
.
+ o(x3 ), ∀x ∈ v(0)

x3 x2
x− 1+ 2
6
x3
2
x− x + 31 x3
1 3
3
x
1 3 5
3
x − x6
x5 2
6
= x3 · x6

∀x ∈ v(0), tan(x) = x + x3
3
+ o(x3 ) .
Proposition (Développement limité d'une fonction composée) :
Soient I et J deux intervalles de R contenant 0 et f : I → J une fonction telle que
lim f (x) = 0. Soit g : J → R une fonction.
Si f admet un développement limité au v(0) à l'ordre n de partie régulière P et si g admet
x7→0

un développement limité au v(0) à l'ordre n de partie régulière Q, alors la fonction g ◦ f


admet un développement limité au v(0) à l'ordre n de partie régulière K(x) = Q(P (x)) :
partie du polynôme Q(P (x)) formé par les termes de degré ≤ n.
Exemple :
Donner le développement limité au v(0) de la fonction h(x) = log(cos(x)) à l'ordre 4.
Réponse : On sait que ∀x ∈ v(0), cos(x) = (1 − + ) + o(x ).
2 4
x x 4
2 24
+ o(x )).
2 4
x x 4
⇒ ∀x ∈ v(0), h(x) = log(1 − +
2 24
Donc h(x) = log[1 + (− x2 + 24x + o(x ))]. On pose u = − x2 + 24x + o(x ).
2 4 2 4
4 4

On remarque u → 0 lorsque x → 0 et on sait que :


− ) + o(u ). Par suite, ∀x ∈ v(0)
2 3 4
u u u 4
log(1 + u) = (u − +
2 3 4
x2 x4 1 x2 x4 2 1 x2 x 4 3 1 x2 x4 4
h(x) = [− + − (− + ) + (− + ) − (− + ) ] + o(x4 )
22 24 2 2 24 3 2 24 4 2 24
x x4 1 x4 4
=− + − + o(x )
2 2 244 2 4
x x
= (− − ) + o(x4 ).
2 12

65
Développements limités K. Smaoui
4.3 Développement limité en un point a où a peut être
6= 0 :

Dénition :
Soit f une fonction dénie sur un intervalle I de R contenant a ∈ R.
∀x ∈ v(a), on pose t = x − a, d'où t ∈ v(0).
On considère la fonction g dénie au v(0) par g(t) = f (t + a) (càd ∀x ∈ v(a), f (x) =
g(x − a))
On suppose que la fonction g admet un développement limité au v(0) à l'ordre n.
Dans ce cas, on obtient :
∀t ∈ v(0), g(t) = (a + a t + a t + . . . + a t ) + o(t ),
0 1 2
2
n
n n

alors ∀t ∈ v(0), f (x) = (a + a (x − a) + a (x − a) + . . . + a (x − a) ) + o((x − a) )


0 1 2
2
n
n n

(o((x − a) ) = (x − a) · ε(x) avec lim ε(x) = 0).


n n
x→a

Exercice :
Donner le développement limité de la fonction f (x) = log(x) au v(1) à l'ordre 3.
Réponse : On pose h = x − 1, x → 1 ssi h → 0.
On a f (x) = f (h + 1) = log(h + 1)
h2 h3
=h− + + o(h3 )
2 3
(x − 1)2 (x − 1)3
= (x − 1) + + + o((x − 1)3 ).
2 3

66
Chapitre V

Intégrales
5.1 Généralités :
Dénitions :
Soit [a, b] un intervalle de R (a < b).
? On appelle subdivision (ou bien partage) du segment [a, b] toute famille nie s = (a ) i 1≤i≤n

telle que a = a ≤ a . . . ≤ a = b avec n ∈ N, n ≥ 1.


0 1 n

On appelle pas de s, le réel noté p(s) et dénie par :


p(s) = sup{(a − a ), 0 ≤ i ≤ n − 1}.
i+1 i

? Une application σ : [a, b] → R est dite en escalier ssi il existe une subdivision s =
(a )
i 0≤i≤n−1 de [a, b] et il existe λ , λ , . . . , λ , n réels tels que :
0 1 n−1

∀0 ≤ i ≤ n − 1 et ∀x ∈]a , a [, σ(x) = λ (σ est constante par intervalle).


i i+1 i

? L'ensemble des fonctions en escalier sur [a, b] et noté par E(a, b).
? Etant donné une subdivision s = (a ) de [a, b] et σ ∈ E(a, b),
i 0≤i≤n

on dit que s est adaptée à σ ssi tout 0 ≤ i ≤ n − 1 la restriction de σ sur ]a , a [ est une
i i+1

fonction constante.
Proposition et Dénition :
Soient [a, b] un intervalle de R, σ une fonction en escalier dénit sur [a, b] et s une sub-
division dénie par s = (a ) de [a, b] adaptée à σ.
i 0≤i≤n

Pour tout 0 ≤ i ≤ n, on note λ la valeur de σ sur ]a , a [. Alors le réel Xλ ne dépend


n−1

i i i+1 i

pas de la subdivision choisie adaptée à σ. Le réel est appelé l'intégrale de la fonction σ sur
i=0

[a, b] et est noté σ ou bien σ(x)dx.


Z b Z b

Dans un plan Euclidien orienté


a
rapporté à un repère orthonormé direct, on interpréte géo-
a

métriquement l'intégrale σ comme une somme d'aires algébrique des rectangles.


Z b

67
Intégrales K. Smaoui
Dénition :
Soit f : [a, b] → R une application quelconque.
On dit que f est une application continue par morceaux sur [a, b] ssi il existe une subdivision
s = (a ) de [a, b] telle que ∀0 ≤ i ≤ n − 1, la restriction de f sur l'ouvert ]a , a [ est
i 1≤i≤n i i+1

continue et admet une limite nie à droite de a et une limite nie à gauche de a .
i i+1

On note l'ensemble des fonctions continues par morceaux sur [a, b] par C (a, b)
n

Théorème :
Soit f : [a, b] → R une application continue par morceaux sur [a, b] alors pour toute
 > 0, ils existent deux applications en escaliers ϕ et ψ : [a, b] → R telles que ∀x ∈ [a, b] on
a:
? ϕ(x) ≤ f (x) ≤ ψ(x),
? ψ(x) − ϕ(x) < .

Proposition :
Soit
Z f : [a, b] → R une application continue par morceaux sur l'intervalle [a, b]. On pose
ϕ telle queϕest une fonction en escalierϕ ∈ E(a, b) etϕ ≤ f
b 
A=
a

et B = ψ telle queψ ∈ E(a, b) etψ ≥ f .


Z b 

Alors les deux parties A et B admettent respectivement une borne supérieure sup(A) et une
a

borne inférieure inf(B) avec sup(A) = inf(B).


Le réel sup(A)Z = inf(B) est appelé l'intégrale de la fonction f sur [a, b] et est noté par :
f ou bien f (x)dx.
Z b b

a a

Dans le plan rapporté à un repère orthonormé, l'intégrale f représente l'aire algébrique


Z b

de la partie du plan limité par l'axe des abscisses, la courbe représentative C de f et les
a
f

deux axes d'équations x = a et x = b.


Proposition :
L'application Cn (a, b) → R
Z b
f 7→ f
est linéaire c'est àZdire ∀α,Zβ ∈ R et ∀f, g ∈ C (a, b) on a :
a
n

(αf + βg) = α f + β g .
Z b b b

a a a

68
Intégrales K. Smaoui
Proposition :
, si f ≥ 0 alors .
Z b
? ∀f ∈ Cn (a, b) f ≥0
a

? ∀f, g ∈ C (a, b), si f < g alors .


Z b Z b
n f< g
a a

? ∀f ∈ C (a, b), |f |.
Z Z b b
n f ≤
a a

Proposition :
? Soit f ∈ C (a, b) telle que f ≥ [Link]'il existe un x ∈ [a, b] tel que f est continue en x
n 0 0

et f (x ) est strictement positif, alors f > 0.


b
0

? Soit f : [a, b] → R une fonction continue et positive sur [a, b].


a

Si f = 0 alors f est la fonction nulle sur [a, b].


Z b

Proposition : Inégalité de Cauchy-Schwarz


Soient f et g ∈ C (a, b) alors, n

Z b 2 Z b  Z b 
2
f ·g ≤ f · g2 .
a a a

Dénition :
Soit f une fonction continue par morceau. On pose et .
Z a Z b Z a
f =− f f =0
b a a

Proposition : Relation de Charles


Soient a, b et c trois réels et f une fonction numérique continue par morceaux sur un
segment contenant a, b et c. Alors on a :
Z b Z c Z b
f= f+ f.
a a c

Proposition : Somme de Rieman


Soit f : [a, b] → R une fonction continue.
Considérons une subdivision s = (a ) régulière c'est à dire i 1≤i≤n

∀0 ≤ i ≤ n − 1, a − a = .
b−a
i+1 i
n
∀n ∈ N on pose : U = f (a ).
X n−1
Xb − a n−1

(a − a )f (a ) =
n i+1 i i i
i=0
n i=0

69
Intégrales K. Smaoui

On a .
n−1 n−1  
b − aX b − aX b−a
Un = f (ai ) = f a + i( )
n i=0 n i=0 n
Soit n−1
X
ϕn = (ai+1 − ai )f (ai+1 )
i=0
n−1 n−1 n−1  
X b−a b − aX b − aX b−a
= f (ai+1 ) = f (ai+1 ) = f a + (i + 1)( )
i=0
n n n n
n   i=0 i=0
b − aX b−a
= f a+j .
n j=1 n

Alors les deux suites (U ) et (ϕ ) sont convergentes et convergent vers la même limite .
Z b
n n f
a

Exemple :
Montrer que dans chacun des exemples suivantes, la suite (U ) dénie sur N est conver-
n

gente et donner sa limite.


a) U = n X k1
2n−1

n 2
k=n

b) U
n
X k
n =
k=0
k2 + n2
Réponse :
a) U = n k1 .
2n−1
X
n 2

On pose i = k − n ⇒ k = n + i,
k=n

si k = n alors i = 0,
si k = 2n − 1 ⇒ i = n − 1.
D'où U = nX (n +1 i) = nX [n(1 +1
n−1 n−1

n 2 i 2
i=0 i=0 n
)]

,
n−1 n−1 n−1
X 1 1 1X 1 b − aX b−a
=n i
2 (1 + )2
= i 2
= f (a + i )
i=0
n n
n i=0
(1 + n
) n i=0
n
avec et et
a = 0 b = 1 f (x) = . 1

D'où d'après Rieman la suite est convergente et converge vers :


(1 + x)2
Un
.
Z 1 Z 1 1
1 1 1 1
f (x)dx = 2
dx = − =1− =
0 0 (1 + x) (1 + x) 0 2 2
Deuxième méthode : pour a = α et b = α + 1 et f (x) = (1 − α1 + x) . 2

On a lim U = (1 − α1 + x) dx
Z α+1
n 2
n→+∞
α α+1
1 1 1
= − =− +1= .
(1 − α + x) α 2 2

b)
n n n
X k X k X k
Un = 2 2
=0+ 2 2
=
k=0
k +n k=1
n +k k=1
n + k2
2

70
Intégrales K. Smaoui
n n k n k
X k X 1 n 1X n
= = =
k=1
n2 (1 + ( nk )2 ) k=1 n 1 + ( nk )2 n k=1 1 + ( nk )2

avec , et ,
n
b−a X b−a x
=( ) f (a + k · ) a = 0 b = 1 f (x) =
n k=0 n 1 + x2

car pour .
( nk )
 
b−a k
f (a + k )=f = x = nk
n n 1 + ( nk )2
Donc la suite (U )
Z 1n
est convergente et converge vers
. Donc
Z b
1 1 2x
Z
x
f (x)dx = dx = dx
a 1 + x2 2 0 1 + x2
Z 10
.
 1
1 1
lim Un = f (x)dx = log(1 + x2 ) = log(2)
n→+∞ 0 2 0 2

Soient et .
n n−1
b − aX b−a b − aX b−a
Remarque : αn = f (a + i ) βn = f (a + i )
n i=0 n n i=1 n
On a : n
!
b−a X b−a
? αn = f (a) + f (a + i )
n i=1
n

.
n
b−a b − aX b−a b−a
= f (a) + f (a + i )= f (a) + vn
n n i=1 n n

Donc
Z b
lim αn = f (x)dx
n→+∞ a

On a : .
n−1
!
b−a X b−a
? βn = f (a) + f (a + i )
n i=2
n

On a ,
 X n−1  
b−a b−a b−a
Un = f a+i = f (a) + βn
n i=0
n n

donc . D'où .
Z b
b−a
βn = Un − f (a) lim βn = f (x)dx
n n→+∞ a

5.2 Intégration et dérivation :


Théorème fondamental de l'intégration :
Soient I un intervalle de R et f : I → R une fonction continue sur I . On considère la
fonction
F : I → R
Z x
x 7→ F (x) = f (t)dt, a ∈ I.
Alors on a : a

(i) F est de classe C sur I et ∀x ∈ I, F (x) = f (x).


1 0

(ii) F est l'unique primitive de f Zsur I qui s'annule en a.


(iii) Pour tout α, β ∈ I , on a : f (t)dt = G(β) − G(α), avec G est une primitive
β

quelconque de la fonction f sur I . α

71
Intégrales K. Smaoui
Remarque :
Si f : I → R de classe C sur I , alors ∀a, b ∈ I , .
Z b
1
f 0 (t)dt = f (b) − f (a)
a

Proposition :
Soit f une fonction deZ classe C sur I (où p ∈ N ∪ {+∞}), alors ∀a ∈ I , la fonction
p

F : I → R ; x 7→ F (x) = f (t)dt est de classe C sur I . De plus, ∀x ∈ I, F (x) = f (x).


x
p+1 0
a

Proposition :
Soient I et J deux intervalles de R, ϕ et ψ deux fonctions de I → R de classe C sur I 1

telles que : ϕ(I) ⊆ J et ψ(I) ⊆ J .


On considère f : J → R une fonction continue sur J , alors la fonction g : I → R ; x 7→
f (t)dt est de classe C sur I . De plus,
Z ψ(x)
1
g(x) =
∀x ∈ I, g (x) = f (ϕ(x)) · ψ (x) − f (ψ(x)) · ϕ (x).
ϕ(x)
0 0 0

Preuve :
Soit F une primitive de f sur I (d'où ∀a, b ∈ J et ∀x ∈ J ,
f (x) = F (x) et f (t)dt = F (b) − F (a)).
Z b
0
a

D'où g(x) = f (t)dt = F (ψ(x)) − F (ϕ(x)).


Z ψ(x)

On a F, ϕ et ψ sont de classe C donc g est de classe C aussi.


ϕ(x)
1 1

De plus, ∀x ∈ I
g 0 (x) = F (ψ(x))0 − F (ϕ(x))0
= ψ 0 (x)F 0 (ψ(x)) − F 0 (ϕ(x))ϕ0 (x)
= f (ψ(x))ψ 0 (x) − f (ϕ(x))ϕ0 (x).

Notation :
Soit f une fonction continue sur un intervalle I , on sait que f admet au moins une
primitive sur I (d'après le théorème fondamental de l'intégration). Donc elle admet une
innité deZ primitive sur I (car deux primitives quelconques de f diérent d'une constante).
On note f (x)dx une quelconque primitive de f sur I , et nous conservons cette notation
dans un cas plus général où l'ensemble de départ/dénition de f est une réunion nie ou
innie d'intervalles.

72
Intégrales K. Smaoui
Exemples :
cte si α 6= −1
 α+1
 x
1. ∀α ∈ R, on a +
Z
α
x dx = α+1

log |x| + cte si α = −1.
2. ∀α ∈ R , cte
Z
1 αx

eαx dx = e +
α
1
cte si

3. ∀α ∈ R, on a u(x)α+1 + α 6= −1
Z 
0 α
α + 1
cte si
u (x)(u(x)) dx =
 log |u(x)| + α = −1.

4. u (x)e dx = e + cte.
Z
0 u(x) u(x)

5. u (x) cos(u(x))dx = sin(u(x)) + cte.


Z
0

6. u (x) sin(u(x))dx = − cos(u(x)) + cte.


Z
0

7. 1 +1 x dx = arctan(x) + cte.
Z
2

8. √1 1− x dx = arcsin(x) + cte.
Z
2

9. √1−1− x dx = arccos(x) + cte.


Z
2

Proposition :(Intégration par partie)


Soient u et v deux fonctions deZclasse C sur un intervalle I de R. Alors, ∀a, b ∈ I , on
1

a : u(x) v(x)dx = [u(x)v(x)] − u(x)v (x)dx,


Z b b
0 b 0
a
a a

et on a la formule : u (x)v(x)tdx = u(x)v(x) − u(x)v (x)dx.


Z Z
0 0

De même : u(x)v (x)dx = u(x)v(x) − u (x)v(x)dx.


Z Z
0 0

Preuve :
on a
Z
u(x)v(x) = (u(x)v(x))0 dx
Z
= [u0 (x)v(x) + u(x)v 0 (x)]dx
Z Z
= u (x)v(x)dx + u(x)v 0 (x)dx.
0

Exemples :
Calculer Zchacune des intégrales suivantes :
(a) A = xe dx (l'intégrale).
1
x
0

(b) B = log(x)dx (la primitive).


Z

Réponse :

73
Intégrales K. Smaoui

(a) A = xe dx, on pose u(x) = x → u (x) = 1 et v (x) = e → v(x) = e .


Z 1
x 0 0 x x
0

D'où A = [xe ] − 1 · e dx = e − [e ] = 1.
Z 1
x 1 x x 1
0 0
0

(b) B = log(x)dxZ, on pose u (x) = 1 → u(x) = x et v(x) = log(x) → v (x) = . Donc


Z
0 0 1
x

B = [x log(x)] − 1 · dx = x log(x) − x + cte.

Théorème : (la formule de Taylor-Lagrange à l'ordre n avec reste


intégrale)
Soient I un intervalle de R, f : I → R une fonction de classe C sur I et a ∈ I . n+1

Alors on a : ∀x ∈ I ,
.
x
f 00 (a) f (n) (a)
 Z
1
0
f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a)2 + . . . + (x − a)n + (x−t)n ·f (n+1)(t) dt
La partie régulière est
2 n! n! a

.
n
f 00 (a) f (n) (a) X f (p) (a)
f (a) + f 0 (a)(x − a) + (x − a)2 + . . . + (x − a)n = (x − a)p
2 n! p!
Z p=0
Le reste intégrale de la formule de Taylor à l'ordre est n
1 x
n! a
(x − t)n f (n+1) (t)dt .
Remarque : (Intégralité de Taylor-Lagrange)
Soient f : [a, b] → R une fonction de classe C sur [a, b] et M = sup |f n+1 (n+1)
(t)| .
Alors, ∀x ∈ [a, b] on a :
t∈[a,b]

n
X f (p) (a) M (x − a)n+1
f (x) − (x − a)p ≤ .
p=0
p! (n + 1)!

Preuve : D'après la formule de Taylor-Lagrange avec reste intégrale on a :


, .
n
!
x
f (p) (a)
Z
X
p 1
∀x ∈ [a, b] f (x) = (x − a) + (x − t)n f (n+1) (t)dt
p=0
p! n! a

Donc
n Z x
X f (p) (a) 1 p
f (x) − (x − a) = (x − t)n f (n+1) (t)dt
p=0
p! n! a

.
Z x Z x
1 1
≤ (x − t)n f (n+1) (t)dt ≤ (x − t)n M dt
n! a Z n!
Z a
Or 1 x
n! a
n
(x − t) M dt =
M x
n! a
(x − t)n dt
x
M n+1 1
= (x − t)
n! n+1 a
M
= (x − a)n+1 .
(n + 1)!
Pour tout , on pose .
n
(−1)p−1
Exercice :
X

n∈N Un =
p=1
p

74
Intégrales K. Smaoui
En appliquant la formule de Taylor-Largrange avec reste intégrale à l'ordre n à la fonction
f (t) = log(1 + t), montrer que lim U = log(2). n

Réponse : f est de classe C sur ] − 1, +∞[ et on a ∀t ∈] − 1, +∞[ et ∀p ∈ N,


n→+∞

f (t) = (−1) (p − 1)!(1 + t) . D'où


(p) p−1 −p

f (0) = (−1) (p − 1)!, ∀p ∈ N.


(p) p−1

D'aprèsX la formule de Taylor-XLagrange avecZreste intégrale on a


(t)dt.
n (p) n (p) 1
f (0) f (0) 1 p n (n+1)
f (1) = (1 − 0) = + (1 − t) f
p!
p=0
p! n! p=0 0

Or f p!(0) = (−1) p!(p − 1)! = (−1)p ,


(p) p−1 p−1

d'où log(2) =
! n
Xf Z (p−1) 1
(0) 1 n n n−1
+ (1 − t) (−1) n!(1 + t) dt
p n!
p=0 0
1
(1 − t)n
Z
n
= Un + (−1) n+1
dt
0 (1 + t) Z

.
1 Z 1
n (1 − t)n (1 − t)n
| log(2) − Un | = |(−1) | n+1
dt = n+1
dt
0 (1 + t) 0 (1 + t)

On a (1 + t) ≥ 1 ⇒ (1 + t)n ≥ 1 ⇒
(1 +
1
t) n+1
≤ 1 ⇒
(1 − t)n
(1 + t) n+1
≤ (1 − t)n . Par suite,
Z 1 Z 1
(1 − t)n
∀0 ≤ t ≤ 1 n+1
dt ≤ (1 − t)n dt
0 (1 + t) 0
1
.
h i1
1 n+1
= (−1) (n+1) (1 − t) =
0 n+1
D'où 0 ≤ | log(2) − Un | ≤
1
.
Donc .
n+1
lim Un − log(2) = 0 ⇒ lim Un = log(2)
n→+∞ n→+∞

Théorème : (changement de variable)


Soient f une fonction continue sur un intervalle I et ϕ une fonction de classe C sur un 1

intervalle [α, β] tellesZque ϕ([α, β]) ⊆ I . Alors on a


f (x)dx et on a
Z β ϕ(β)
0
f (ϕ(t))ϕ (t)dt =
α ϕ(α)

f (ϕ(t))ϕ (t)dt = f (x)dx.


Z Z
0

Remarques :
1. Pour calculer l'intégrale f (x)dx le changement de variable x = ϕ(t) consiste à
Z b

trouver deux réels α et β tels que a = ϕ(α), b = ϕ(β) et remplacer x par ϕ(t) et dx
a

par ϕ (t)dt. 0

2. Pour calculer une intégrale de ce forme f (ϕ(t))dt, le changement de variable


Z β

consiste à remplacer : α

75
Intégrales K. Smaoui
? ϕ(t) par x,
? ϕ (t)dt par x,
0

? α par ϕ(α),
? β par ϕ(β).

Exercice :
CalculerZchacune des intégrales suivantes :
1. A = √1 − x dx,
1
2
0

2. B = cos(x) sin (x)dx (on pose u = sin(x)),


Z π
6
2
0

3. C = x dx+ a où a ∈ R (on pose u = ).


Z
∗ x
2 2 a

Réponse :
1. A = 1 − x · dx.
Z 1√
2

On pose x = sin(t) (ϕ(t) = sin(t)) et sin(0) = 0 et sin(


0
π
) =1 .
On a sin([0,
2
π
]) = [0, 1] ⊆ [0, 1]
2

Donc
Z √ π
1 Z q
2
2 2 0
1 − x dx = 1 − sin (t)(sin (t)dt)
0 Z0 π q
2
= 1 − sin2 (t) cos(t)dt.
On sait queZ cos (t) + sin (t) = 1, 2 2
0

d'où A = cos (t)dt


π
2
2

Z π
0 Z π
1 + cos(2t)
2 1 2
= dt = (1 + cos(2t))dt
0 2 2 0
π 1 π
= 12 t + 12 sin(2t) 02 = ( ) =

2 2
π
4
.
2. .
Z π
6
B= cos(x) sin2 (x)dx
On pose u = sin(x), on a :
0

si x = 0 alors u = 0, et si x = alors u = Z. π
6
1
2

On a u = sin(x) ⇒ du = cos(x), d'où B = u du = u3 .


1 1
3
 
2
2
2
1
=
0 0 24

3. C = x dx+ a où a ∈ R .
Z

2 2

On pose u Z= xa ⇒ x = uaZ⇒ dx = (ua) du =Z adu. 0

D'où C = a uadu+ a = a (uadu+ 1) = a1 1 +1 u du


2 2 2 2 2 2

= arctan(u) + cte.
1
a
Ainsi, C = a1 arctan( xa ) + cte.

76
Intégrales K. Smaoui
Exercice : Soit f : R → R∗ une fonction continue et périodique de période T .
Montrer que ∀a, b ∈ R et ∀n ∈ Z, on a
Z b+nT Z b
f (x)dx = f (x)dx.
a+nT a

Réponse : On pose A = .
Z b+nT
f (x)dx
On pose u = x − nT a+nT

Si x = a + nT ⇒ u = a et si x Z= b + nT ⇒ uZ = b.
On a aussi dx = du, donc A = f (u)du = f (x)dx.
b b

a a

5.3 Intégration d'une fraction rationnelle :


Rappel :
On rappelle que toute fraction rationnelle F (x) se décompose en somme d'éléments de
la forme suivante :
Un polynôme (appelé partie entière de F (x))+ des termes de la forme (x −a α) (appelés n

éléments simples du première espèce) + des termes de la forme (x αx +β


avec ∆ = 2 2

p − 4q < 0 (applé éléments simple du deuxième espèce).


+ px + q)
2

Z
Calcul de F (x)dx :
cte si

Z
1  log(|x − α|) + n=1
?
(x − α)n
dx =

1
·
1 − n (x − α)n−1
cte si
1
+ n 6= 1.

, avec .
Z
αx + β
?I= dx ∆ = p2 − 4q < 0
(x + px + q)n
2

On fait apparaître au numérateur la dérivée de x2 + px + q 2x + p qui est ,


donc
Z α αp
2
(2x + p) + β − 2
I= 2 + px + q)n
dx
(x
.
Z Z
α 2x + p αp 1
= 2 dx + (β − ) dx
(x2 + px + q)n 2 (x 2 + px + q)n

cte si

On a
Z
2x + p  log(x2 + px + q) + n=1
dx =
cte si
2 −n+1
(x2 + px + q)n  (x + px + q) + n 6= 1.
1−n
.
Z
dx
?B=
(x + px + q)n
2

On a p
x2 + px + q = (x + )2 + q −
2
p2
4
1
= (x + p)2 + (
2
4q − p2
4
)>0 .
On pose λ=
4q − p2
4
>0 ,

77
Intégrales K. Smaoui
donc B = .
Z Z Z
dx dx dx 1
p 2 = x+ p2 2 n
= n 2x+p
[(x + 2 ) + λ]n [1 + (
[λ(1 + ( √λ ) )] λ
)] √ 2 n

On fait le changement de variable√


2 λ

t = √ , donc dt = √ dx = λdt. Par suite,


2x + p dx
2 Zλ √ √ λZ
B=
λ
1
n
λ · dt
(1 + t )Z
=
2 n
λ
λ dt
n
(1 + t )
. 2 n

Le calcul de I = (1 +dtt ) s'obtient à partir d'une relation de récurrence liant I et I


n n n−1

(voir TD).
2 n

Exemple :
Soit f (x) = x 1− 1 = (x − 1)(x1 + x + 1) .
3 2

1. Calculer les réels a, α, β tels que f (x) = x −a 1 + x αx+ +x +β 1 . 2

2. Calculer une primitive de f .


Réponse :
1. On pose f (x) = (x − 1)f
1
1
(x),

d'où : 
 f (x) =

1 2
x +x+1
(x − 1)(αx + β)
f1 (x) = a + .
x2 + x + 1
On a f (x) =
1
+ 2
αx + β
3(x − 1) x + x + 1
,
donc f (0) = −1 orf (0) = −1 + β = −1 ⇒ β = −2 . De plus,
et
3 3
x
xf (x) = 3 ⇒ lim xf (x) = 0
x −1 x→+∞

αf (x) =
x
+ 2
αx2 + βx
3(x − 1) x + x + 1
⇒ lim xf (x) = + α
1
. Donc
. Par suite,
x→+∞ 3
1 −1
+ α = 0 ⇒ α =
.
3 3
1 x+2
f (x) = −
3(x − 1) 3(x2 + x + 1)

2.
Z Z Z
1 1dx 1 x+2
I = f (x)dx = − 2
dx
3Z x − 1 3 x + x + 1
1
(2x + 1) + 23
= 31 log |x − 1| − 31 2 2 dx
Zx + x + 1 Z
1 1 1 2x + 1 1 dx
= 3 log |x − 1| − 3 · 2 dx −
,
2
x +x+1 2
2 x +x+1
= 13 log |x Z− 1| − 61 log(x2 + x + 1) − 12 A
avec A=
1
x2 + x + 1
dx . On a :
x2 + x + 1 = (x + 12 )2 + 34
= 43 [1 + 43 (x + 12 )2 ]
= 43 [1 + [ √23 (x + 12 )]2 ],

78
Intégrales K. Smaoui
donc A = .
Z Z
1 4 1
3 2 1 dx = dx
[1 + [ √3 (x + 2 )]2 ] 3 1 + [ √23 (x + 12 )]2
On pose t = (xZ + ) →√dt = .
4 √
√2
3
1
2
√2 dx
3
⇒ dx = 23 dt

Par suite,Z A = 1 +1 t 23 dt
4
3 2

A= √2
3
1
2
2
dt = √ arctan(t) + cte.
D'où cte. Par suite,
1+t 3
A = √23 arctan( √23 (x + 12 )) +
I = 31 log |x − 1| − 16 log(x2 + x + 1) − √1
3
arctan( √23 (x + 12 )) + cte.

5.4 Exemples d'intégration de quelques fractions usuelles :


Z
Exemples de f (x)dx avec f (x) polynômes en sinus et cosinus :

Exercice : Calculer I = .
Z
sin2 (x) cos3 (x)dx
Réponse :
On pose
Z t = sin(x), dt = cos(x)dxZ Z Z
2 2 2 2 2 2
I= sin (x) cos (x) cos(x)dx = sin (x)(1 − sin (x)) cos(x)dx = t (1 − t )dt = (t2 −
t4 )dt
donc I = 1 3
3
t − 15 t5 + cte = 1
3
sin3 (x) − 15 sin5 (x) + cte.
Z
Exemples de f (x)dx avec f (x) fraction rationnelle en sinus et cosi-
nus :
On pose t = tan( ) ⇒ dt = (1 + tan ( ))dx ⇒ dt =
x
2
1
2
2 x
2
1
2
(1 + t2 )dx et dx = 12+· dtt .
2

On rappelle que : sin(x) = 12+· tan(


x
) 2t 2
= 2 x 2
tan ( ) 1+t 2
1 − tan2 ( x2 ) 1−t 2
cos(x) = =
1 + tan2 ( x2 ) 1 + t2
tan(x) =
2 tan( x2 )
1 − tan2 ( x2 )
=
2t
1Z− t2
.
Exercice : Calculer .
1
I= dx
sin(x)
Réponse :
On pose t = tan( x
⇒ dt = 21 (1 + tan2 ( x2 ))dx
2
)
⇒ dt = 12 (1 + t2 )dx → dx =
2dt
1 + t2
.
On a .
x
2 · tan( 2 ) 2t
sin(x) = 2 x
=
1 + tan ( 2 ) 1 + t2
D'où
Z 2
1+t 2
I= dt
2t 1 + t2

79
Intégrales K. Smaoui
cte, donc I = log | tan( cte.
Z
1 x
I= dt = log |t| + 2
)| +
t
Remarque : (Les règles de Bïoche)
1. Si le terme diérentiel f (x)dx est invariant quand on remplace x par (−x), alors on
peut faire le changement de variable t = cos(x).
2. Si le terme diérentiel f (x)dx est invariant quand on remplace x par π − x, alors on
peut faire le changement de variable t = sin(x).
3. Si le terme diérentiel f (x)dx est invariant quand on remplace x par π + x, alors on
peut faire le changement de variable t = tan(x).
Exercice : Calculer I = dx.
Z
1

Réponse : (changement de variable)


cos(x)

x → π − x, dx → −dx
cos(x) → cos(π − x) = − cos(x), on a
(−dx).
1 1
dx =
On pose t =Z sin(x) → dt =Z cos(x)dx. Z
cos(x) − cos(x)

D'où : I = cos (x) = 1 − sin (x) = 1 − t dt = (1 − t)(1 dt.


Z
cos(x)dx cos(x)dx 1 1
2 2 2
+ t)
On a (1 − t)(1 + t) = (1 − t) + (1 + t) = 1 − t + 1 + t = 2 1 − t + 1 + t
 1  1
1 a b 1 12 1 2

Donc I = 1 − t dt + 1 + t dt
Z Z 
1 1 1
2

|] + cte
1 1 1 1+t
= log |1 − t| + log(|1 + t|) = [log |
2 2 2 1−t
| + cte = log | | + cte.
1 1+t 1 1 + sin(x)
= log |
2 1−t 2 1 − sin(x)

Z
Exemples de f (x)dx avec f (x) est une fraction rationnelle en x et
r
ax + b
:
cx + d
Exercice : Calculer I = .
Z r
1 x
dx
1−x 1−x
Réponse : r
On pose t = 1 −x x ⇒ t = 1 −x x ⇒ t − t x = x,
2 2 2

donc t = x + t x ⇒ t = x(1 + t ) ⇒ x = 1 +t t .
2
2 2 2 2
2

D'où dx = 2t(1 +(1t+)t−) t · 2t dt ⇒ dx = (1 +2tt ) dt


2 2

2 2 2 2


1
1−x
=
1− =
1
t2
=1+t
, 1 2
1+t2 1+t2 −t2
1+t2

80
Intégrales K. Smaoui
d'où on obtient :
Z
2t
I = (1 + t2 )t dt
(1+ t2 )2
2t2 t2 + 1
Z Z  Z   Z Z
1 1 1
= dt = 2 2 − dt = 2 1 − dt = 2dt − 2 dt
cte.
1+t 2 t +1 1+t 2 1+t 2 1 + t2
= 2t − 2 arctan(t)
r+
Par suite, cte.
r 
x x
I=2 − 2 arctan +
1−x 1−x
Z
Exemples de avec
f (x)dx f (x) est une fraction rationnelle en x et

ax2 + bx + c où a 6= 0 :
Si a = 0 on se trouve dans le cas 1.4.3.
Exercice : Calculer I = p dx.
Z
x
(x − 1)(3 − x)
Réponse :
On va calculer I sur l'intervalle J =]1, 3[.
Première méthode :
On a (x − 1)(3 − x) = 3x − x − 3 + x = −x
2 2
+ 4x − 3
= −(x − 4x + 3) = −((x − 2) − 1).
2 2

On pose t =Z x − 2 ⇒ x = t + 2 ⇒ dx = dt,
d'où : I = √t1+−2t dt 2
Z Z
t 1
= √ dt + 2 √ dt
2
Z 1−t Z 1 − t2
−1 1
= t(1 − t2 ) 2 dt + 2 √ dt
1 − t2
cte
Z
−1
= −1
2
(−2t)(1 − t2 ) 2 dt + 2 arcsin(t) +

cte
 
−1 1 2 −1 +1
= ( 2 ) −1 +1 (1 − t ) 2 + 2 arcsin(t) +
√ 2
= − 1 − t2 + 2 arcsin(t) + . cte
Ainsi : p
I = − 1 − (x − 2)2 + 2 arcsin(x − 2) + cte
p
= − (x − 1)(3 − x) + 2 arcsin(x − 2) + cte.
Deuxièmepméthode :
Onppose (x −p1)(3 − x) =p(x − 1)t
⇒ (x − 1) · (3 − x) = (x − 1) · t
√ √
2
(car
(x − 1) > 0 ). Donc
3 − xr= x−1·t
3−x 3−x
⇒t= ⇒ t2 = ⇒ t2 x − t2 = 3 − x
x−1 x−1
⇒ t2 x + x = 3 + t2
⇒x=
3 + t2
1 + t2
, alors
dx =
2t(t2 + 1) − 2t(3 + t2 )
(t2 + 1)2
dt

81
Intégrales K. Smaoui
⇒ dx =
2t3 + 2t − 6t − 2t3
2
(t + 1) 2
dt = 2 .
−4t
(t + 1)2
dt

On a : p
(x − 1)(3 − x) = t(
3 + t2
1+t 2
− 1) = t
3 + t2 − 1 − t2
1+t 2
= . 2t
1 + t2
Ainsi,
Z 2 2
3 + t 1 + t (−4t)
I= 2+1 2 )2
dt
t 2t (1 + t
−2(3 + t2 ) 1 + t2 + 2
Z Z Z Z
1 1
= 2 2
dt = −2 2 2
dt = −2 2
dt − 4 dt
(1 + t ) (1 + t )r 1+t (1 + t2 )2
3−x
, où ,
Z
1
= −2 arctan(t) − 4A = −2 arctan( ) − 4A A= dt
cherchons .
x−3 (1 + t2 )2
A
Pour calculer , on considère l'intégrale .
Z
1
A B= dt
On va faire une intégration par partie sur (on va trouver une ralation entre et ).
1 + t2
B A B
, on pose ;
Z
1
B= dt u0 (t) = 1 u(t) = t
1 + t2
v(t) = ;
1
1 + t2
v 0
(t) = . −2t
2 2
Z (1 + t2 )
Donc 1 + t2 − 1
Z
t t t
B= + 2 dt = + 2 dt
1 Z+ t2 (1 +Zt2 )2 1 + t2 (1 + t2 )2
t 1 1
= 2
+2 2
dt − 2 dt
1+t 1+t (1 + t2 )2
or , donc .
 
t t 1 t
= +2B −2A → 2A = B + B = arctan(t) A= + arctan(t)
1 + t2 1 + t2 2 1 + t2
Ainsi, I = −2 arctan(t) −
2t
− 2 arctan(t) +cte
cte
1 + t2
2t
= −4 arctan(t) − 1+t 2 +
q
2 3−x
cte
r !
3−x x−1
= −4 arctan − +
x−1 1 + 3−x
x−1
s
cte
r
3−x 3−x x−1
= −4 arctan −2 +
x−1 x−1x−1+3−x
3−x √ √
cte
r
= −4 arctan − 3−x x−1+
x−r 1

cte .
!
3−x p
⇒ I = −4 arctan − (3 − x)(x − 1) + = G(x)
x−1
Remarque : Dés deux méthodes précédentes; on déduit que ,
∀x ∈]1, 3[
F (x) = G(x) + cte, avec F (x)
p
! = − (x − 1)(3 − x) + 2 arcsin(x − 2) + cte et
cte. Donc ,
r
3−x p
G(x) = −4 arctan − (3 − x)(x − 1) + ∀x ∈]1, 3[
x−1

, avec .
r !
3−x
2 arcsin(x − 2) = −4 arctan +k k∈R
x−1
Pour x = 2 ⇒ 0 = −4 arctan(1) + k
k = 4 arctan(1) = 4 π4 = π , donc k = π, ∀x ∈]1, 3[r.
On obtient alors, 2 arcsin(x − 2) = −4 arctan .
!
3−x
] +π
x−1

82
Intégrales K. Smaoui
Exercice : Calculer l'intégrale
3x − 2
.
Z
I= √ dx
2x2 − 6x + 4
Réponse :
On aZ 2x (4x
− 6x + 4 = 0 ⇒ x = 1 ou x = 2 et
3
2
− 6) + 5
4 2
I= √ dx
2x2 − 6x + 4
(avec A = )
Z Z
3 1 5 1
= (4x − 6)(2x2 − 6x + 4)− 2 dx + A √ dx
√4 2 2
2x − 6x + 4
.
= 32 2x2 − 6x + 4 + 25 A
Calculons A par deux méthodes.
Méthode 1:
On a 2x − 6x + 4 = √2√x − 3x + 2.

2 2

On a aussi x − 3x + 2 = (x − ) − =
2 3 2 1 1
[4(x − 32 )2 − 1]
= (x Z− ) − = ((2x − 3) − 1)Z. Donc
2 4 4
3 2 1 1 2
2 4 4

A= √ q1
dx √
= 2 p
dx
(2x − 3)2 − 1
.
2 4 (2x − 3)2 − 1
On pose t = 2x − 3, ∀x ∈]2, +∞[ t = −2x + 3 (on pose , si x ∈] − ∞, 1[)
dt = −2xdx ⇒ 1
Z dx = − 2 dt .
D'où √
A = 22 √
dt
, on a t > 1, on pose t = ch(u) où u > 0,
, donc dt = sh(u)du (sh(u) = (e − e )).
t2 − 1
1 u −u 1 u −u
t = 2 (e + e ) = ch(u)
On a ch (x) − sh (x) = 1 ⇒ ch √(x) − 1 = shp (x). Par suite,
2
2 2 2 2

t − 1 = ch (u) − 1 = sh (u)√et t − 1 = √ sh (u) = |sh(u)| = sh(u).


2 2 2 2 2

D'où : A = √
u + cte. Or
Z Z
sh(u)du 2 2 2
2
= 1 · du =
sh(u) 2 2
t = ch(u) ⇔ u = argch(t) = log(t + t − 1).

2

Rappelons que : t = ch(u) = (e + e ) avec u > 0 et t > 1. On a 1 u −u

2t = e + e ⇒ e − 2t + e = 0.
2
u −u u −u

Donc e − 2te + 1 = 0 on pose x = e > 1, on obtient


u2 u u

x − 2tx + 1 = 0, donc ∆ = t − 1 > 0.


2 0 2

On a deux solutions x = t − √t − 1 et x = t + √t − 1. Or
0 2 00 2

x > 1 on a x · x = 1 → x =
00 0
< 1,00 0 1
x00

donc x est à√rejeter, ainsi x = x = e = t = √pt − 1. Donc


0 00 u 2

u = log(t + t − 1) et A = log((2x − 3) + (2x − 3) − 1).



2 2 2

D'où I = 2x − 6x + 4 + log 2x − 3 + p(2x − 3) − 1 + cte.


2
√ 3
  √
5 2
2 2

Méthode 2:
2 4


I = 32Z 2x2 − 6x + 4 + 25 A
A= √
dx
2x2 − 6x + 4
, on pose t = √2x 2 − 6x + 4 −

2x .

83
Intégrales K. Smaoui
On a (t√+ √2x) 2
= 2x2 − 6x + 4 ⇒
t2 + 2 ·

2tx + 2x2 = 2x2 − 6x + 4 ⇒ x(2 2 · t + 6) = 4 − t2 .
Donc x= √
4 − t2
2√ 2t + 6 √
−2t(2 2t + 6) − 2 2(4 − t2 )
dx = √ dt
√ 2 (2 2t√ + 6)2 √
−4 2t − 12t − 8 2 + 2 2t2
= √ dt
2
√ 2 (2 2t + 6) √
=
−2 2t − 12t − 8 2

(2 2t + 6)2
dt .
On a √ √
2x2 − 6x + 4 = t + 2 · x = t + 2( √
√ 4 − t2
)
√ 2 2t +√6
t(2 2t + 6) + 2(4 − t2 )
= √
√ 2 2 2t √ +6
2t + 6t + 4 2
= √
√ 2 √ √2 2t + 6
D'où (−2 2t − 12t − 8 2)
Z
(2 2t + 6)
A= √ · √ √ dt
(2 2t + 6) 2 ( 2t2 + 6t + 4 2)
Z Z
1 dt
= (−2) √ dt = − √
(2 2t + 6) √2t + 3
Z √ Z
2dt 1 2
= − √12 √ = −√ √ dt
cte.
2t
√ +3 2 21 + 3
= − √12 log(| 2t + 3|) +
Ainsi, √ √ √
A = − √12 log(| 2( 2x2 − 6x + 4 − 2x) + 3|) + cte.
Z
Exemples de l'intégrale f (x)dx avec f (x) est une fraction ration-
nelle en x et eλx où λ 6= 0 :
On utilise généralement le changement de variable t = e . λx

Calculons I = e + e + 1 .
Z
dx
2x x
Réponse :
, on pose .
Z
dx
I= t = ex ⇒ dt = ex dx
(ex )2
+ e x+1

On a ex dx
(l'intégration de fraction rationnelle).
Z Z
dt
I= x 3 x 2 x
=
(e ) + (e ) + e t + t2 + t
3

On pose f (t) = 3
1
=
1
=
a
+
αt + β
.
On a , d'autre part
t + t2 + t t(t2 + t + 1) t t2 + t + 1
a = limtf (t) = 1
t→0

 lim tf (t) = 0 = a,
t→+∞
 lim tf (t) = a + α.

Donc a = −α = 1 ⇒ α = −1 et f (1) = = a + .
t→+∞
1 α+β

D'où 1 − + = ⇒ β = −1. Par suite,


3 3
α β 1
3 3 3

84
Intégrales K. Smaoui
f (t) =
1
+ 2
−t + β
t t + t +Z1
1
= − 2
t t +
t+1
Z t+1 Z
.
On a alors I = f (t)dt =
1
t
dt − 2
t+1
dt
Z 1t + t + 1 1
(2t + 1) + 2
= log |t| − 2 2 dt
Z t +t+1
2t + 1 1
= log(t) − 12 2
dt − A,
t +t+1 2
avec . D'où
Z
dt
A=
.
t2 + t + 1
I = log(t) − 21 log(t2 + t + 1) − 21 A = x − 12 log(e2x + ex + 1) − 21 A
Reste à calculer A. On a
t2 + t + 1 = (t + 21 )2 + 34 = 34 [1 + 43 (t + 12 )2 ] = 34 [1 + ( √23 t + √1 )2 ]
3
. Donc
. On pose
Z Z
dt 4 dt
A= 3 2 1 =
2
[1 + ( √3 t + √3 ) ] 2
3 1 + ( √3 t + √13 )2
, du = .
4 √
u= √2 t
3
+ √1
3
⇒ dt = 23 du
√2 dt
3

Donc
3
du
Z Z
4 2 2 1
A= 3 2
=√ du
3 1 + u2
cte
1+u
= √23 arctan(u) +
= √2 arctan( √23 t + √1 ) + cte
cte.
3 3
= √2 arctan[ √23 ex + √13 ] +
Ainsi, cte.
3
I = x − 21 log(22x + ex + 1) − √2
3
arctan[ √23 ex + √1 ]
3
+

85
Chapitre Six

Equations différentielles

6.1 Introduction :
Une équation diérentielle est une relation entre une variable x, une fonction f qui
dépend de x et certaines dérivées successives de f . Cette relation se présente sous la
forme (E) : F (x, f (x), f (x), . . . , f (x)) = 0, avec F est une fonction à (n + 2) va-
0 (n)

riables. L'équation (E) précédente s'appelle une équation diérentielle d'ordre n (avec n
est l'ordre de la dérivée d'ordre le plus élevé qui gure dans (E)). On a l'habitude de
désigner f (x), f (x), . . . , f (x) respectivement par y, y , y , . . . , y . Ainsi, l'équation (E)
0 (n) 0 00 (n)

s'écrit : F (x, y, y , y , . . . , y ) = 0.
0 00 (n)

On appelle solution de (E) toute fonction y de classe C dénie sur un intervalle ouvert J
n

(le plus grand possible) tel que


∀x ∈ J, F (x, y(x), y (x), . . . , y ) = 0.
0 (n)

Résoudre (E) (ou bien intégrer (E)) c'est trouver l'ensemble des solutions de (E).
Exemple :
1. (E) : xy + e y = x + 1 : équation diérentielle de premier ordre.
0 x 2

2. (E) : y + xy + y = cos(x) : équation diérentielle de second ordre.


00 0

3. (E) : xy − y = log(x) : équation diérentielle de troisième ordre.


(3)

On va traité dans ce chapitre, quelques types simples équations diérentielles.

6.2 Equations diérebtielles linéaires de premier ordre :


Dénition :
On appelle équation diérentielle linéaire de premier ordre une équation de la forme
(E) : a(x)y (x) + b(x)y(x) = c(x), avec a(x), b(x) et c(x) sont des fonctions données et
0

continues sur un intervalle I de R.

86
Equations diérentielles K. Smaoui
On appelle équation sans second membre ou bien homogène associée à l'équation diéren-
tielle (E), notée (E ), l'équation (E ) : a(x)y (x) + b(x)y(x) = 0.
0 0
0

Remarque :
Considérons l'équation précédente (E) : a(x)y (x) + b(x)y(x) = c(x). 0

Cas 1 : Si ∀x ∈ I, a(x) 6= 0 alors l'équation (E) est équivalent à


b(x) c(x)
y0 + y= .
a(x) a(x)

Cas 2 : S'il existe x ∈ I tel que a(x ) = 0, alors on commence par chercher les solutions
0 0

de (E) sur un intervalle J ⊂ I avec x 6∈ J et ∀x ∈ J, a(x) 6= 0 (J = v(x )), puis on regarde


0 0

si on peut "raccorder" les solutions en x pour obtenir une solution de (E) dénie sur un
0

intervalle K contenant x (x ∈ K ). 0 0

Une fonction y est une solution de (E) sur un intervalle K contenant x ssi : 0

(?) La restriction y de y sur un intervalle J ⊂ v(x ) est une solution de (E) sur J .
1 1

0 1

(?) La restriction y de y sur un intervalle J ⊂ v(x ) est une solution de (E) sur J .
2 2
+
0 2

(?) lim y (x) = lim y (x) = l ∈ R.


1 2

(?) lim y (x) = lim y (x) = L ∈ R.


x→x−
0 x→x+
0
0 0
1 2

(?) Il faut que : a(x )L + b(x )l = c(x ).


x→x−
0 x→x+
0

0 0 0

Résolution de l'équation sans second membre de l'équation diéren-


tielle (E) :
Soit (E ) : a(x)y + b(x)y = 0.
0
0

[Link] Proposition :
Soient (E ) : a(x)y + b(x)y = 0 et I un intervalle de R sur lequel la fonction a(x)
0
0 b(x)
est
continue. Notons par S l'ensemble des solutions de l'équation (E ) sur I . Alors, S est la
0 0 0

droite vectorielle (càd espace vectoriel de dimension 1) engendré par la fonction ϕ :


ϕ: I → R
x 7→ ϕ(x) = e−F (x) ,

avec F est une primitive quelconque sur I de la fonction x 7→ a(x)b(x)


c'est à dire y est une 0

solution de (E ) sur I ssi il existeZ λ ∈ R tel que y = λϕ (y(x) = λϕ(x)).


0
b(x)
On obtient ∀x ∈ I, y(x) = λe a(x) .
dx −

Preuve :
(?) S 0 6= ∅ , car la fonction nulle est une solution de (E ). 0

87
Equations diérentielles K. Smaoui
(?) Soient α, β ∈ R et y , y ∈ S . Montrons que (αy
1 2 0 1 + βy2 ) ∈ S0 , donc montrons que
z = αy + βy est une solution de (E ).
1 2 0
0
a(x)z + b(x)z = a(x)(αy10 + βy20 ) + b(x)(αy1 + βy2 )
= α(a(x)y10 + b(x)y1 ) + β(a(x)y20 + b(x)y2 )
= α0 + β0 = 0,
car y et y sont deux solutions de (E ).
1 2 0

Donc S est un sous espace vectoriel de l'espace vectoriel des fonctions numériques à
0

variable réelle.
(?) On a la fonction a(x)
b(x)
est une fonction continue sur I donc elle admet au moins une
primitive. Soit F une primitive quelconque de a(x)
b(x)
sur I .
Considérons une fonction y ∈ S , d'où a(x)y + b(x)y = 0 0
0

b(x)
⇔ ∀x ∈ I, (y 0 (x) + y(x))eF (x) = 0
a(x)
⇔ ∀x ∈ I, (y 0 (x) + F 0 (x)y(x))eF (x) = 0
⇔ ∀x ∈ I, y 0 (x)eF (x) + F 0 (x)eF (x) y(x) = 0
⇔ ∀x ∈ I, donc il existe un réel λ ∈ R tel que
(y(x)eF (x) )0 = 0
∀x ∈ I, y(x)e = λ (fonction constante)
F (x)

∀x ∈ I, y(x) = λe . −F (x)

[Link] Exercice :
Résoudre l'équation diérentielle suivante (E ) : x y + (2 + x)y = 0. 0
3 0

Réponse :
(E0 )est de la forme : a(x)y + b(x)y = 0 avec a(x) = x et b(x) = 2 + x.
0 3

a(x) = 0 ⇒ x = 0 ⇒ x = 0.
3

On va résoudre (E ) sur I , avec I =] − ∞, 0[∪]0, +∞[. Z


0
b(x)
La solution est deZ la forme générale suivante : y(x) = λe a(x) .
dx −

On pose A(x) = a(x) b(x)


dx
Z Z Z
2+x 1
A(x) = 3
dx = 2 3
dx + x−2 dx
x Z x Z
= 2 x dx + x−2 dx
−3

1 1
=− 2
− .
Donc y (x) = λe , avec 1
x x
+ x1
0 x2 λ∈R
(λ est déterminée à partir des conditions initiales).

88
Equations diérentielles K. Smaoui
Résolution de l'équation (E) avec second membre :
(E) : a(x)y 0 + b(x)y = c(x) .
[Link] Proposition :
Soit (E) : a(x)y + b(x)y = c(x), avec a(x)
0 b(x)
et a(x)
c(x)
sont continues sur un même intervalle
J . Alors, la solution générale de (E) sur I est la somme d'une solution particulière de (E)
et la solution générale de l'équation sans second membre (E ) associé à (E). 0

Si f (x) est une solution


Z particulière de (E), alors la solution générale de (E) sur I est
b(x)
a(x) , λ ∈ R.
dx −
y(x) = f (x) + λe
Preuve : On pose F (x) = dx, donc F (x) = .
Z
b(x) b(x) 0

Soit f (x) une solution particulière de (E).


a(x) a(x)

Première étape : Montrer que (f (x) + y (x)) est une solution de (E).
0

Soit y (x) = λe la solution générale de l'équation (E ).


0
−F (x)
0

Montrer que y(x) = f (x) + y (x) est une solution de (E). On a


0
0 0
y (x) = f (x) + y00 (x)
= f (x) − λe−F (x) F 0 (x)
0

= f 0 (x) − λ
b(x) −F (x)
a(x)
e . D'où
h i
b(x) −F (x)
a(x) f 0 (x) − λ a(x) e + b(x)(f (x) + y0 (x))
= a(x)f 0 (x) − λb(x)e−F (x) + b(x)f (x) + λb(x)e−F (x)
,
= a(x)f 0 (x) + b(x)f (x) = c(x)
car f est une solution de (E). Par suite, y est une solution de (E).
Deuxième étape : Soit y une solution de (E) et f (x) une solution particulère de (E). Mon-
trons que y(x) = f (x) + y (x), avec y (x) est une solution générale de (E). On pose
0 0

z(x) = y(x) − f (x), montrons que z est une solution de (E ). 0

On a z (x) = y (x) − f (x). Donc


0 0 0

a(x)(z 0 (x) + b(x)z(x) = a(x)(y 0 (x) − f 0 (x)) + b(x)(y(x) − f (x))


= a(x)y 0 (x) − a(x)f 0 (x) + b(x)y(x) − b(x)f (x)
= a(x)y 0 (x) + b(x)y(x) − (a(x)f 0 (x) + b(x)f (x))
= c(x) − c(x) = 0,
donc z est une solution de (E0 ) .
[Link] Exercice :
Résoudre l'équation diérentielle (E) : xy − y = x . 0 2

Réponse :
? Résolution de l'équation (E ) : xy − y = 0. 0
0

(a(x)y + b(x)y = 0, avec a(x) = x et b(x) = −1).


0

On va résoudre (E) sur I , avec I =] − ∞, 0[ ou bien I =]0, +∞[. On a

89
Equations diérentielles K. Smaoui
Z Z
1 1
y0 (x) = λe
− − dx dx
,
x = λe x = λelog |x| = λ|x|
donc y (x) = λ|x| est la solution générale de (E ), où λ ∈ R.
0 0

y (x) = λx est la solution générale de (E ) ; où λ ∈ R (car si x > 0, y (x) = λx et si


0 0 0

x < 0, y (x) = (−λ)x).


0

? Solution particulière : On remarque que f (x) = x est une solution particulière de (E) car
2

xf (x) − f (x) = 2x − x = x .
0 2 2 2

Ainsi la solution générale de l'équation (E) est y(x) = x + λx, avec λ ∈ R. 2

[Link] Recherche d'une solution particulière de (E) avec la méthode de la va-


riation de la constante :
Pour résoudre l'équation diérentielle (E) : a(x)y + b(x)y = c(x), on détermine d'abord la
0

solution générale de l'équation sans secondZ membre (E ) associée à (E) 0


b(x)
((E ) : a(x)y + b(x)y = 0 et y (x) = λe a(x) est la solution générale Zde (E )). Puis,
dx −
0
0 0 0
b(x)
on détermine une solution particulière de (E) de la forme f (x) = λ(x)e a(x) , avec
dx −

λ(x) est une fonction qui se calcule par intégration. Cherchons λ(x) :
On pose F (x) = a(x) dx, d'où y (x) = λe , λ ∈ R, est la solution générale de (E ).
Z
b(x) −F (x)
0 0

Cherchons une fonction λ(x) de façon que la fonction f (x) dénie par f (x) = λ(x)e , −F (x)

soit une solution de (E). On a :


f 0 (x) = λ0 (x)e−F (x) + λ(x)(−F 0 (x)e−F (x) )
b(x) −F (x)
= λ0 (x)e−F (x) − λ(x) e .
On a ,
a(x)
a(x)f 0 (x) + b(x)f (x) = c(x)
d'où a(x)λ (x)e 0 −F (x)
− λ(x)b(x)e−F (x) + b(x)λ(x)e−F (x) = c(x) , donc
c(x) F (x)
a(x)λ0 (x)e−F (x) = c(x) ⇒ λ0 (x) = a(x) e .
.
Z
c(x) F (x)
⇒ λ(x) = e dx
Za(x)
est une solution particulière de (E).

c(x) F (x)
⇒ f (x) = e dx e−F (x)
Ainsi, la solution générale de est
a(x)
Z (E) Z
b(x) b(x)
 

; avec λ ∈ R.
Z
c(x) dx − dx
y(x) =  e a(x) dx + λe a(x)
 
a(x)
[Link] Exercice :
Résoudre l'équation diérentielle suivante :
(E) : xy 0 − 2y = x4 .

90
Equations diérentielles K. Smaoui

On va résoudre (E) sur I , avec I =] − ∞, 0[ ou bien ]0, +∞[.


? On considère (E ) : xy − 2y = 0 de la forme a(x)y + b(x)y = 0, avec a(x) = x et
0
0 0

b(x) = −2. Z
b(x)
DoncZla solution générale de (E ) est y (x) = λe a(x)
dx −
0 0
2
= λx , avec λ ∈ R.
dx
= λe x = λe 2 log |x| 2

? Recherche d'une solution particulière de (E) :


- On remarque que f (x) = x est une solution de (E).
1 4

- Variation de la constante :
2

Considérons une solution de (E) de la forme f (x) = λ(x)x . On a 2

f (x) = λ x + 2xλ(x), d'où x(λ (x)x + 2xλ(x)) − 2λ(x)x = x


0 0 2 0 2 2 4

⇒ λ0 (x)x3 + 2x2 λ(x) − 2λ(x)x2 = x4


⇒ λ0 (x)x3 = x4 ⇒ λ0 (x) = x4
x3
.
= x ⇒ λ(x) = 12 x2
Donc f (x) = 1 4
x est une solution particulière de l'équation (E). La solution générale de
(E) est
2

y(x) = y0 (x) + f (x) = λx2 + 12 x4 , avec λ ∈ R.


[Link] Proposition :
Soit (E) : a(x)y (x) + b(x)y(x) = c(x), avec a(x)
0 b(x)
et a(x)
c(x)
sont continue sur un intervalle I .
Alors, ∀α ∈ I, ∀β ∈ R, il existe une seule solution de (E) vériant y(α) = β.
[Link] Exemple :
Chercher la solution de (E) sur ]0, +∞[ vériant y(1) = 2 et (E) : xy − 2y = x . 0 4

On sait que y(x) = λx + x , avec λ ∈ R (voir l'exercice [Link]).


2 1 4
2

On a  y(1) =2
⇒λ+ =2 ⇒λ= .

1 3
1 2 2
y(1) = λ +
Donc la solution de (E) vériant y(1) = 2 et y(x) = x + x , ∀x ∈]0, +∞[.
2
3 2 1 4
2 2

91
Equations diérentielles K. Smaoui
6.3 Equations diérentielles linéaires du second ordre à
coecients constants et dont le second membre du
type P (x)emx où P (x) est un polynôme et m ∈ C
Dénition :
On appelle équation diérentielle linéaire du second ordre à coecients constants, une
équation de la forme : (E) : ay + by + cy = h(x), avec a, b, c ∈ R sont des constantes
00 0

réelles, a 6= 0 et h(x) est une fonction continue sur un intervalle I à valeurs réelles ou bien
complexes.
On appelle équation sans second membre associé à (E) (on dit assi équation homogène
associé à (E)), l'équation notée (E ), avec (E ) : ay + by + cy = 0.
0 0
00 0

Résolution de (E0) : ay00 + by0 + cy = 0 :


[Link] Remarque : L'ensemble S0 des solutions de l'équation (E ) est un R−espace
0

vectoriel de dimension 2.
En eet : (Preuve)
On a la fonction nulle vérie (E ) donc elle appartient à S et S 6=.
0 0 0

Soit α, β ∈ R et f et g deux éléments de S . 0

Montreons que (αf + βg) ∈ S . On a 0

a(αf + βg)00 + b(αf + βg)0 + c(αf + βg)


= a(αf 00 + βg 00 ) + b(αf 0 + βg 0 ) + c(αf + βg)
,
= α(af 00 (x) + bf 0 (x) + cf (x)) + β(ag 00 (x) + bg 0 (x) + cg(x)) = α0 + β0 = 0
car f et g vérient l'équation (E ). D'où S est un sous espace vectoriel de l'espace vectoriel
0 0

des fonctions de classe C sur R.


2

[Link] Dénition :
On appelle équation caractéristique de l'équation (E ) : ay + by + cy = 0, l'équation du
0
00 0

second degré suivante : (E ) : ar + br + c = 0, où r ∈ R, on note ∆ = b − 4ac.


c
2 2

[Link] Théorème : (La solution générale réelle de (E0 ))


Considérons l'équation diérentielle (E ) : ay + by + cy = 0, avec (a, b, c) ∈ R × R . On
0
00 0 ∗ 2

distingue les 3 cas suivants :


Premier cas : Si ∆ = b − 4ac > 0, alors l'équation caractéristique (E ) admet deux racines
2
c

réelles (constantes) distinctes r et r et la solution, dans ce cas, générale est :


1 2

y(x) = λe + µe , λ, µ ∈ R.
r1 x r2 x

92
Equations diérentielles K. Smaoui
Deusième cas : Si ∆ = b − 4ac = 0, alors l'équation caractéristique (E ) admet une seule
2
c

racine double r . Dans ce cas, la solution générale de (E ) est :


0 0

y (x) = (λx + µ)e = λxe + µe , avec λ, µ ∈ R.


0
r0 x r0 x r0 x

Troisième cas : Si ∆ = b − 4ac < 0, alors l'équation (E ) admet deux racines complexes
2
c

distinctes conjuguées notées


r = α + iβ et r = α − iβ , avec α, β ∈ R et β 6= 0.
1 2

Dans ce cas, la solution générale de (E ) est : 0

avec λ, µ ∈ R.
αx
y (x) = e (λ cos(βx) + µ sin(βx))
0
αx αx
= λe cos(βx) + µe sin(βx)
Dans les 3 cas précédents, l'espace vectoriel (S ) est de dimension 2. 0

Remarque : Dans le troisième cas, on montre d'abord que


y (x) = γe
0
(α+iβ)x
+ σe , avec γ et σ ∈ C (car y (x) = γe + σe ).
(α−iβ)x
0
r1 x r2 x

On veut y (x) ∈ R ⇔ y (x) = y (x). Donc


0 0 0

y (x) = γe
0
(α+iβ)x
+ σe = γe + σe .
(α−iβ)x (α−iβ)x (α+iβ)x

Par identication : γ = σ et σ = γ,
donc y (x) = γe + γe
0
(α+iβ)x (α−iβ)x

= eαx (γeiβx + γe−iβx )


= eαx (γ(cos(βx) + i sin(βx)) + γ(cos(βx) − i sin(βx)))
= eαx [cos(βx)(γ + γ) + i(γ − γ) sin(βx)] .
[Link] Exercice :
Résoudre chacune des trois équations diérentielles suivantes sur R.
1. (E) : y − y − 2y = 0.00 0

2. (E) : y − 4y + 4y = 0.
00 0

3. (E) : y − 4y + 13y = 0.
00 0

Réponse :
1. (E) : y 00
− y 0 − 2y = 0 . On a
(Ec ) : r2 − r − 2 = 0 ⇒ a − b + c = 0 ⇒ r = −1ou r = 2.
Donc la solution générale sur R de l'équation (E ) est y (x) = λe 0 0
−x
+ µe2x , avec
λ, µ ∈ R

2. (E) : y 00
− 4y 0 + 4y = 0
(Ec ) : r2 − 4r + 4 = 0 ⇒ (r − 2)2 = 0 ∆ = 16
(∆ = 0) ⇒ r = 2.
D'où la solution générale de (E ) est y (x) = (λx + µ)e avec λ, µ ∈ R.
0 0
2x

3. (E) : y 00
− 4y 0 + 13y = 0
(Ec ) : r2 − 4r + 13 = 0 ⇒ ∆0 = 4 − 13 = −9 = (3i)2 .
93
Equations diérentielles K. Smaoui
D'où r = 2 − 3i ou bien r = 2 + 3i.
Donc la solution générale de (E ) est : y (x) = e 0 0
2x
(λ cos(3x)+µ sin(3x)) , où µ, λ ∈ R.
Résolution de l'équation (E) : ay00 + by0 + cy = h(x),
où ∀j ∈ [1, k], h(x) = XP (x)e , m ∈ C, P (x) ∈ C[x], (a 6= 0) et a, b, c ∈ R.
k
mj x
j j j

Remarque : Considérons (E) : ay + by + cy = h(x), alors la solution de (E) est la somme


j=1
00 0

d'une solution particulière de (E) et la solution générale de l'équation (E ), 0

avec (E ) : ay + by + cy = 0.
0
00 0

En eet, soient f une solution particulière de (E) et y la solution générale de (E ). On 0 0

pose y = f + y , montrons tout d'abord que y est une solution de (E).


On a ay + by + cy = a(f + y ) + b(y + f ) + c(f + y )
0
00 0 00 00 0 0
0 0 0

= [af 00 (x) + bf 0 (x) + cf (x)] + ay000 (x) + by00 (x) + cy0 (x)
= h(x) + 0 = h(x),
d'où y est une solution de . (E)
Réciproquement, soient y et z deux solutions de (E). Montrons que la fonction t = y − z
est une solution de (E ). On a 0

at (x) + bt (x) + ct(x) = a(y 00 − z 00 )(x) + b(y 0 (x) − z 0 (x)) + c(y(x) − z(x))
00 0

= ay 00 (x) + by 0 (x) + cy(x) − (az 00 (x) + bz 0 (x) + cz(x))


= h(x) − h(x) = 0,
d'où la fonction est une solution de . Donc y = z(x) + t(x).
t=y−z (E0 )
Remarques : (Principe de superposition des solutions)
Considérons l'équation diérentielle (E) dénie par
h (x) = (h (x) + h (x) + . . . + h (x).
X k
00 0
(E) : y + by + cy = h(x) = j 1 2 k

∀1 ≤ j ≤ k , on considère l'équation (E ) : ay + by + cy = h (x).


j=1
00 0
j j

f (x) = f (x) + f (x) + . . . + f (x) est une solution particulière de (E), où les f sont des
1 2 k j

solutions particulière de (E ). j

En eet : On a X X X k k k
00 0
af (x) + bf (x) + cf (x) = a fj00 (x) +b fj0 (x) +c f (x)
j=1 j=1 j=1
k
X k
X k
X
= afj00 (x) + bfj0 (x) + cfj (x)
j=1 j=1 j=1
k
X
= (afj00 (x) + bfj0 (x) + cfj (x))
j=1
Xk
= hj (x) = h(x).
j=1

94
Equations diérentielles K. Smaoui
[Link] Proposition :
On considère ay + by + cy = P (x)e , où a ∈ R , b, c ∈ R, m ∈ C et P (x) ∈ C[x]. Alors il
00 0 mx ∗

existe une solution particulière de (E) de la forme f (x) = e Q(x), avec Q(x) ∈ C[x] et le mx

degré dépend des cas suivants :


• deg(Q) = deg(P ), lorsque m n'est pas racine de l'équation caractéristique (E ) associé c

à (E).
• deg(Q) = deg(P ) + 1, si m est une racine simple.
• deg(Q) = deg(P ) + 2, si m est une racine double.
Exercice : Résoudre sur R les équations suivantes :
1. (E) : y − 3y + 2y = x + x + 1 + xe .
00 0 2 x

2. (E) : y − 4y + 4y = cos(x).
00 0

3. (E) : y − 2y + 2y = e sin x.
00 0 x

Réponse :
1. (E) : y 00
− 3y 0 + 2y = x2 + x + 1 + xex . On a
? (E0 ) : y 00 − 3y 0 + 2y = 0 , donc
(Ec ) : r2 − 3r + 2 = 0
⇒r=1 ou bien r = 2.
Donc la solution générale de (E ) sur R est y (x) = λe + µe , avec λ, µ ∈ R.
0 0
x 2x

? Recherche d'une solution particulière :


(i) Soit (E ) : y − 3y + 2y = x + x + 1,
1
00 0 2

donc x + x + 1 = P (x)e ou m = 0 et degré(P ) = 2. On a m = 0 n'est pas une


2 mx

racine de (E ). D'où f (x) = Q(x)e = Q(x) est une solution particulière de (E ),


c 1
0x
c

avec deg(Q) = deg(P ) = 2.


On pose Q(x) = ax + bx + c = f (x). On a 2
1

f (x) = 2ax + b ; f (x) = 2a. Donc


0
1
00
1

f100 (x) − 3f10 (x) + 2f1 (x) = x2 + x + 1 ⇔ 2a − 3(2ax + b) + 2(ax2 + bx) = x2 + x + 1


⇔ 2ax2 + (2b − 6a)x + 2a − 3b + 2c = x2 + x + 1 .
Par
 identication on obtient
:
1
 2a = 1  a= 2

 

2b − 6a = 1 ⇒ b=2

 

2a − 3b + 2c = 1 c = 12 (1 − 2a + 3b) = 3.
 
D'où f1 (x) = Q(x) = 12 x2 + 2x + 3 est une solution particulière de (E ). 1

(ii) Soit (E ) : y − 3y + 2y = xe .
2
00 0 x

On a xe = P (x)e avec deg(P ) = 1 et m = 1 est une racine simple de (E ), d'où


x mx
c

f (x) = Q(x)e est une solution de (E ), avec deg(Q) = deg(P ) + 1 = 2. On pose


2
x
2

95
Equations diérentielles K. Smaoui
Q(x) = ax2 + bx + c . On a
f2 (x) = (ax2 + bx + c)e , x

f20 (x) = (2ax + b)ex + Q(x)ex


= (2ax + b + Q(x))ex
et f200 (x) = (2a + 2ax + b)ex + (2ax + b + Q(x))ex . Or
f200 (x) − 3f20 (x) + 2f2 (x) = xex , donc
(2a + 4ax + 2b + Q(x))ex − 3(2ax + b + Q(x))ex + 2Q(x)ex = xex
⇒ −2ax + 2a − b = x.
Par
 identication on
obtient :
 −2a = 1  a = −1
2

 2a − b = 0  b = −1,
avec c un réel quelconque, on peut prendre c = 0 (car nous cherchons une solution
particulière de (E )). Par suite, 2

f (x) = (− x − x)e est une solution particulière de (E ).


2
1 2 x
2

Ainsi, f (x) = f (x) + f (x) = x + 2x + 3 − ( x + x)e est une solution particulière


2
1 2 1 2 x
1 2

de (E). Donc la solution générale de (E) est


2 2

y(x) = λe + µe + x + 2x + 3 − ( x + x)e avec λ, µ ∈ R.


x 2x 1 2
2
1 2
2
x

2. (E) : y − 4y + 4y = cos(x).
00 0

? (E1 ) : y 00 − 4y 0 + 4y = 0
(Ec ) : r2 − 4r + 4 = 0 ⇔ (r − 2)2 = 0 ⇔ r = 2 (racine double).
? Recherche d'une solution particulière de (E).
On a e = cos(x) + i sin(x) ⇒ cos(x) = Re(e ). Soit
ix ix

(F ) : y − 4y + 4y = e ,
00 0 ix

cherchons une solution particulière complexe de (F ) de la forme :


f (x) = Q(x)e , où m = i (car e = P (x)e où deg(P ) = 0 et m = i).
mx ix mx

On a m = i n'est pas une racine de (E ), d'où deg(Q) = deg(P ) = 0.


c

⇒ Q(x) = a ∈ C, d'où f (x) = ae ⇒ f (x) = aie ix 0 ix

⇒ f (x) = −ae .
00 ix

On a f (x) − 4f (x) + 4f (x) = e ⇒ −ae + 4aie + 4ae = e . Donc


00 0 ix ix ix ix ix

3a + 4ai = 1 ⇒ a(3 + 4i) = 1.


+ i,
1 3 + 4i 3 4
⇒a= = =
3 + 4i 25 25 25
d'où f (x) = ( 25 + 25 i)e .
3 4 ix

Ainsi, g(x) = Re(f (x)) est une solution particulière de (E).


On a f (x) = ( + i)(cos(x) + i sin(x)),
3 4

d'où g(x) = cos(x) − sin(x).


25 25
3 4
25 25

96
Equations diérentielles K. Smaoui
? La solution générale réelle de (E) est y(x) = (λx + µ)e 2x
+ 3
25
cos(x) − 4
25
.
sin(x)

3. (E) : y − 2y + 2y = e sin(x). On a :
00 0 x

(E ) : y − 2y + 2y = 0,
0
00 0

(Ec ) : r2 − 2r + 2 = 0
∆0 = 1 − 2 = −1 = (i)2 , alors
r = 1 − i et r = 1 + i,
1 2

donc la solution générale de (E ) est y (x) = e (λ cos(x) + µ sin(x)) avec λ, µ ∈ R.


0 0
x

? Solution particulière de (E) :


On a : e = cos(x) + i sin(x) ⇒ sin(x) = Im(e )
ix ix

x ix x x
⇒ e e = e cos(x) + ie sin(x) ⇒ e sin(x) = Im(e e ) = Im(e x
). Soit x ix (1+i)x

00
(F ) : y − 2y + 2y = e 0
. (1+i)x

On a : e = P (x)e , avec deg(P ) = 0 et m = 1 + i


(1+i)x mx

est une racine simple de (E ). D'où c


mx (1+i)x
f1 (x) = Q(x)e = Q(x)e
est une solution complexe particulière de (F ), avec Q(x) ∈ C[x]
et deg(Q) = deg(P ) + 1 = 1.
On pose Q(x) = ax + b, avec a, b ∈ C. On a :
f (x) = (ax + b)e(1+i)x ⇒ f 0 (x) = ae(1+i)x + (1 + i)(ax + b)e(1+i)x .
f 00 (x) = (1 + i)ae(1+i)x + (1 + i)[a + (1 + i)(ax + b)]e(1+i)x
= [2a(1 + i) + (1 + i)2 (ax + b)]e(1+i)x . Or
f 00 − 2f 0 + 2f = e(1+i)x , donc
(2a(1 + i) + 2i(ax + b))e(1+i)x − 2(a + (1 + i)(ax + b))e(1+i)x + 2(ax + b)e(1+i)x = e(1+i)x .
⇒ (2ai − 2(1 + i)a + 2a)x + 2a(1 + i) + 2ib − 2a − 2b(1 + i) + 2b = 1
⇒ 2ai = 1 ⇒ a = ( 1
= − 21 i ∀b ∈ C ). Puisque on cherche une solution particulière ,
on peut prendre b = 0. Donc,
2i

f (x) = (− 12 ix)e(1+i)x = − 21 ixex eix


= − 21 ix [cos((1 + i)x) + i sin((1 + i)x)]
= − 12 xex i(cos(x) + i sin(x))
= 12 xex sin(x) + i(− 12 xex cos(x)),
d'où est une solution particulière réelle de l'équa-
g(x) = Im(f (x)) = − 12 xex cos(x)
tion (E). Donc la solution réelle de l'équation (E) est
y(x) = e (λ cos(x) + µ sin(x)) − xe cos(x), avec λ, µ ∈ R.
x 1
2
x

97
Chapitre Sept

Fonction Numérique à deux


variables réelles
7.1 Généralités :
Dénition :
Une fonction numérique f à deux variables réelles est une fonction dont le domaine de
dénition D est une partie non vide de R = R × R et l'ensemble d'arrivé I est une partie
2

non vide de R. On écrit : f : D → R; (x, y) 7→ f (x, y).


Exemples :
1. f : R2 → R
x+y
(x, y) 7→ f (x, y) =
.
; ,
x−y
Df = {(x, y) ∈ R2 / x − y 6= 0} x − y = 0 ⇔ y = x
donc D = P \ ∆, où ∆ : y = x et P = {(x, y)/
f .
x, y ∈ R}
2. g : R2 → R
(x, y) 7→ g(x, y) = x2 + y.
Dg = R2 .
3. h : R2 → R
(x, y) 7→ h(x, y) = log(x)exy .
Dh = {(x, y) ∈ R2 / x > 0} ,
d'où D h =]0, +∞[×R = R∗+ × R .
2
4. k : R → R
exy
(x, y) 7→ f (x, y) = .
et .
xy
Dk = {(xyt) ∈ R2 / x 6= 0 y 6= 0} = R∗ × R∗
Si exy
l(x, y) = √
xy

98
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
→ Dl = {(x, y) ∈ R2 / xy > 0}
= {(x, y) ∈ R2 / x>0 et y>0 ou x<0 et y < 0}
= {(x, y) ∈ R2 / x>0 et y > 0} ∪ {(x, y) ∈ R2 / x<0 et y < 0}
= (R∗+ × R∗+ ) ∪ (R∗− × R∗− ).

Dénition :
Rappelons que dans un R−espace vectoriel E, on appelle norme toute application N de
E dans R vériant les quatre points suivants :

1. ∀x ∈ E, N (x) ≥ 0.
2. ∀x ∈ E, N (x) = 0 ssi x = 0.
3. ∀x ∈ E, ∀λ ∈ R, N (λx) = |λ|N (x).
4. ∀(x, y) ∈ E , N (x + y) ≤ N (x) + N (y).
2

Exemples :
1. Sur R, la valeur absolue est une norme
|.| : R → R

 x si x ≥ 0,
x →
7 |x| =
 −x si x ≤ 0.

2. Sur R , on a : l'exemple de la norme Euclidienne, notée k.k , est dénie par :


2
2
2
k.k2 : R → R
p
X = (x, y) 7→ kXk2 = x2 + y 2 .
On a aussi un autre exemple de norme sur noté k.k et dénie par :
R2 ∞
2
k.k∞ : R → R
X = (x, y) 7→ kXk∞ = sup(|x|, |y|).
On vérie que ∀x ∈ R , on a : kXk ≤ kXk ≤ p2kXk
2
∞ 2

On dit que les normes k.k et k.k sont équivalentes. Dans la suite de ce chapitre,

2 ∞

on note k.k par k.k.


2

Dénitions :
1. Pour ω = (a, b) ∈ R et Rp> 0 on dénit :
2

? D(ω,R) = {(x, y) ∈ R2 / (x − a)2 + (y − b)2 < R} : disque ouvert de centre ω et de


rayon R. p
? D(ω,R) = {(x, y) ∈ R2 / (x − a)2 + (y − b)2 ≤ R} : disque fermé de centre ω et de

99
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
rayon R.
? C(ω,R) = {(x, y) ∈ R2 /(x − a)2 + (y − b)2 = R2 }cercle de centre ω et de rayon R.
2. Soit A une partie non vide de R , on dit que A est une partie ouverte de R (ou bien
2 2

A est un ouvert de R ) ssi pour tout u ∈ A, il existe un disque D


2
ouvert de centre
(u,)

u et de rayon un réel  > 0 tel que D ⊂ A. (u,)

Par exemple le disque ouvert de D est un ouvert de R mais le disque fermé


(ω,R)
2

D n'est pas ouvert de R .


(ω,R)
2

7.2 Limite et continuité :


Dénitions :
Soient D ⊆ R2 , f : D → R
(x, y) 7→ f (x, y),
A = (a, b) ∈ D et l ∈ R.
On dit que f admet une limite l pau point A(a, b), lorsque X = (x, y) tend vers A = (a, b)
si ∀ > 0, ∃α > 0, tel que : si (x − a) + (y − b) < α, alors |f (x, y) − l| < ,_ càd :
2 2

kX − Ak < α ⇒ |f (X) − l| < .


On écrit dans ce cas : lim f (x, y) = l.
(x,y)→(a,b)

Exercice :
Soit f : R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y) = x2 + y 2 .
1) Montrer que lim f (x, y) = 0
(x,y)→(0,0)
Réponse :
Montrons que ∀ > 0, ∃α >√ 0 tel que : si p
x + y < α alors |f (x, y) − 0| = |f (x, y)| < .
2 2

Soit  > 0, prenons α = . Si x + y < √ alors x + y <  ⇒ |x + y | < 


p
2 2 2 2 2 2

⇒ |f (x, y)| <  ⇒ |f (x, y) − 0| <  ⇒ lim f (x, y) = 0.


(x,y)→(0,0)

Remarque :
Si lim
(x,y)→(a,b)
f (x, y) = l ∈ R , alors l est unique.
Proposition :
Soient f, g et h trois fonctions numériques à deux variables réelles dénie sur D ⊆ R 2

telles que : ∀(x, y) ∈ D , on a : g(x, y) ≤ f (x, y) ≤ h(x, y).


2

100
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
Soient A = (a, b) ∈ D et l ∈ R.
Si lim g(x, y) = lim h(x, y) = l, alors
(x,y)→(a,b) (x,y)→(a,b)
lim
(x,y)→(a,b)
f (x, y) = l .
Propriétés :
1. Si lim f (x, y) = l ∈ R et si lim g(x, y) = l ∈ R, alors 0

(a) lim f (x, y) + g(x, y) = l + l .


(x,y)→(a,b) (x,y)→(a,b)
0

(b) lim f (x, y)g(x, y) = ll .


(x,y)→(a,b)
0
(x,y)→(a,b)

(c) Si l 6= 0, alors lim fg(x,


0 (x, y)
y)
= .
l
l 0

2. Si lim f (x, y) = l, alors lim |f (x, y)| = |l|.


(x,y)→(a,b)

3. lim f (x, y) = 0 ⇔ lim |f (x, y)| = 0.


(x,y)→(a,b) (x,y)→(a,b)

4. Si lim f (x, y) = 0 et si g est une fonction bornée au voisinage de (a, b), alors
(x,y)→(a,b) (x,y)→(a,b)

lim f (x, y) · g(x, y) = 0.


(x,y)→(a,b)

(x,y)→(a,b)

Dénition :
Soient f : D ⊆ R2 → R
et A = (a, b) ∈ D.
(x, y) 7→ f (x, y)
Soit ϕ une fonction à une seule variable dénie et continue sur un voisinage de a avec
ϕ(a) = b.
On dit que la fonction f admet une limite l en A(a, b) suivant la direction y = ϕ(x) ssi

 lim f (x, y) = l
(x,y)→(a,b)
 et y = ϕ(x).

Proposition :

Si , alors pour toute direction y = ϕ(x) on a  lim f (x, y) = l



(x,y)→(a,b)

et y = ϕ(x).
lim f (x, y) = l
(x,y)→(a,b)

Exercice :
Soit f : R2 → R
xy
(x, y) 7→ f (x, y) = 2 .
x + y2
 

1. a) Chercher  lim f (x, y)


puis  lim f (x, y)
 
(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0)

et y = x, et y = 2x.
b) En déduire que lim (x,y)→(0,0)
f (x, y) n'existe pas.

101
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui

2. a) Chercher  lim f (x, y)



(x,y)→(0,0)

et y = λx.
b) Montrer que lim f (x, y) n'existe pas.
(x,y)→(0,0)

Réponse :
1. On a x2 1
lim f (x, y) = lim f (x, x) = lim =


(x,y)→(0,0) x→0 x→0 2x 2 2



et y = x
2x2 2
lim f (x, y) = lim f (x, 2x) = lim =


(x,y)→(0,0) x→0 x→0 5x 2 5

 et y =2x. 

b) On a  lim f (x, y) lim f (x, y)


 
(x,y)→(0,0)
6= (x,y)→(0,0)

et y = x  et y = 2x,
d'où lim f (x, y) n'existe pas.
(x,y)→(0,0)

λx2 λ
2. a)  lim f (x, y) = lim f (x, λx) = lim =


(x,y)→(0,0) x→0 2 2
x→0 x (1 + λ ) 1 + λ2
et y= λx.
λ
b) On a  lim f (x, y) =
elle dépend de λ ∈ R.

(x,y)→(0,0) λ +1 2

et y = λx
Donc la limite n'existe pas (car si λ change, la limite change).
Dénition : (Continuité)
Soit f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y)
(?) On dit que est continue en ssi lim f (x, y) = f (a, b).
f (a, b)
(?) On dit que f est continue sur D ssi f est continue en tout point de D.
(x,y)→(a,b)

Remarque :
On a des propriétés de continuité analogue aux fonctions à une seule variable (somme,produit,
composé,..).

102
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
Exercice :
Soit f : R2 → R

si

2
 x ·y

(x, y) 6= (0, 0)
(x, y) →
7 f (x, y) = x2 + y 2
si
 0 (x, y) = (0, 0).

1) Montrer que est continue sur .


f R2
Réponse : On remarque que la fonction f est continue sur R \{(0, 0)}. 2

? Continuité en (0, 0) : Montrons que lim f (x, y) = f (0, 0) = 0.


Soit (x, y) 6= (0, 0), on a
(x,y)→(0,0)

x ≤ x + y , donc
2 2 2

≤ |y| ⇒ |f (x, y)| ≤ |y|,


2 2
x x |y|
≤1⇔
d'où ∀(x, y) ∈ R \{(0, 0)}, 0 ≤ |f (x, y)| ≤ |y|.
2
x +y 2 x +y 2 2
2

⇒ lim |f (x, y)| = 0 et lim f (x, y) = f (0, 0).


Donc f est continue en (0, 0) ⇒ f est continue sur R .
(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0)
2

Remarque : (Coordonnées polaires dans le plan)


Soit P un plan Euclidien orienté muni d'un repère orthonormé direct (O, → i , j ).
− → −

A tout réel θ on considère le vecteur →


−u (θ) déni par → u (θ) = cos(θ) i + sin(θ) j et la droite
− →
− →

D passant par l'origine et de vecteur directeur →


θ
−u (θ).
Soit M un point quelconque du plan P alors M peut être repéré par le réel ρ vériant
u (θ) c'est à dire M ∈ D et ρ = OM , mesure algébrique de M sur la droite
−−→
OM = ρ · → −
θ

D (θ, →
θ u (θ)). De plus,

(?) si ρ = 0 alors M = θ,
(?) si ρ > 0 alors ρ = k−OM
−→
k = OM et θ ≡ ( i 

−\
, OM )[2π],
−−→

(?) si ρ < 0 alors l = −kOM k = −OM et θ ≡ ( i , OM ) + π [2π].



−−→ →
−\ −−→

Le couple (ρ, θ) est appelé système de coordonnées polaire au point M .


On a −OM−→
=ρ·→ −u (θ) = ρ cos(θ) i + ρ sin(θ) j .

− →

Donc à partir d'un système de coordonnées polaires (ρ, θ) d'un point M , on retrouve les
coordonnées cartésiens de M par :

 x = ρ cos(θ)
 y = ρ sin(θ).

Dans ce chapitre, on va prendre ρ = OM = k−OM


−→
k et θ = ( i , OM ), avec θ ∈ [0, 2π] ou

−\ −−→

bien θ ∈ [−π, π].


Remarque :

103
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
Soit f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y),
alors lim f (x, y) = lim f (ρ cos(θ), ρ sin(θ))
(x,y)→(0,0) ρ→0
.
Exercice :
En utilisant les coordonnées polaires, étudier la continuité en (0, 0) de chacune des deux
fonctions f et g suivantes :
1) f : R2 → R

si

x2 y
(x, y) 6= (0, 0)


(x, y) →
7 f (x, y) = x2 + y 2
si
 0 (x, y) = (0, 0).

2) g : R2 → R
xy
 si (x, y) 6= (0, 0)
(x, y) →
7 g(x, y) = + y2 x2
 0 si (x, y) = (0, 0).
Réponse : 
1) On pose avec ρ = px .
 x = ρ cos θ
2 + y2
 y = ρ sin θ,
ρ2 cos2 θρ sin θ
lim f (x, y) = lim f (ρ cos θ, ρ sin θ) = lim
ρ2
( est bornée).
(x,y)→(0,0) ρ→0 ρ→0
2
= lim ρ cos θ sin θ = 0 = f (0, 0) cos2 θ sin θ
D'où f est continue en (0, 0).
ρ→0

2) lim g(x, y) = limg(ρ cos θ, ρ sin θ) = lim ρ cosρθ sin θ .


2

(x,y)→(0,0) ρ→0 ρ→0 2


= lim cos θ sin θ = cos θ sin θ
Pour θ = ,
ρ→0
π
? 4 √
π π
lim g(x, y) = cos( ) sin( ) = (
2 2 1
) = .
Pour ,
(x,y)→(0,0) 4 4 2 2
? θ = − π4
π π
lim g(x, y) = cos(− ) sin(− ) = −
1
.
Donc n'existe pas.
(x,y)→(0,0) 4 4 2
lim g(x, y)
(x,y)→(0,0)

7.3 Dérivées partielles premières et secondes :


Dérivées partielles premières en un point :
[Link] Dénition :
Soit f : D ⊂ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y)
(?) On dit que admet une dérivée partielle première par rapport à la première variable
f

104
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
(qui est x) au point (a, b) ssi lim f (a + t, b)t − f (a, b) est nie.
t→0

Dans ce cas, cette limite est notée par ∂f (a, b).


(?) On dit que f admet une dérivée partielle première par rapport à la deuxième variable
∂x

(qui est y) au point (a, b) ssi lim f (a, b + t)t − f (a, b) est nie.
t→0

Dans ce cas, cette limite est notée par ∂f ∂y


(a, b).

(?) Si les deux dérivées partielles premières de f au point (a, b) ∂x (a, b) et ∂y (a, b)
 
∂f ∂f

existent alors on appelle gradient de f au point (a, b) le vesteur


−−→ ∂f ∂f
grad(f )(a, b) = ( (a, b); (a, b)).
∂x ∂y

On dit que (a, b) est un point critique pour f si −grad(f


−→
)(a, b) = (0, 0).
[Link] Exemple :
1. f : R → R; (x, y) 7→ f (x, y) = x y
2 2 3

Soit (a, b) ∈ R ,2

(a, b) = ?; Soit ϕ(x) = f (x, b) = x b , alors ϕ (x) = 2xb


∂f 2 3 0 3
?
∂x
⇒ ϕ (a) = 2ab . Or (a, b) = ϕ (a). Donc
0 3 ∂f 0
∂x
∂f
(a, b) = 2ab3
∂x
?
∂f
(a, b) = ?; Soit ψ(y) = f (a, y) = a2 y 3 ⇒ ψ(y) = 3a2 y 2
. Donc
∂y
⇒ ψ 0 (b) = 3a2 b2
∂f
∂y
(a, b) = ψ 0 (b) = 3a2 b2.
Ainsi −−→
grad(f )(a, b) = (2ab3 , 3a2 b2 )
2. soit g : R2 → R
(x, y) 7→ g(x, y) = x + exy .
On a ∂g
∂x
(x, y) = 1 + yexy et
∂g
∂y
(x, y) = xexy .
Fonctions dérivées partielles premières :
[Link] Dénition :
Soit f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y)
(?) Si f admet en tout point de D une dérivée partielle première par rapport à la première
variable (qui est x), alors la fonction
∂f
: D → R
∂x
∂f f (x + t, y) − f (x, y)
(x, y) 7→ (x, y) = lim
∂x t→0 t

105
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
est appelée la fonction dérivée partielle première de f sur D par rapport à la première
variable.
(?) Si f admet en tout point de D une dérivée partielle première par rapport à la deuxième
variable (qui est y), alors la fonction
∂f
: D → R
∂y
∂f f (x, y + t) − f (x, y)
(x, y) 7→ (x, y) = lim
∂y t→0 t
est appelée la fonction dérivée partielle première de f sur D par rapport à la deuxième
variable.
[Link] Exemple :
Soit f : R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y) = x sin(xy). Alors,
∂f
: R2 → R
∂x
(x, y) 7→
∂f
∂x
(x, y) = sin(x, y) + xy cos(xy). Et
∂f
: R2 → R
∂y
∂f
(x, y) 7→ (x, y) = x2 cos(xy).
∂y
[Link] Dénition :
Soit f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y).
On dit que est de classe sur ssi les deux fonctions dérivées partielles premières de f
f C1 D
(x, y) et existent et continues sur D.
∂f ∂f
(x, y)
∂x ∂y
[Link] Exercice :
Montrer que la fonction suivante est de classe C sur R .
1 2

 f (x, y) = x log(x + y ) si (x, y) 6= (0, 0)


2 2 2

 f (0, 0) = 0 si non
f (x, y) =

Réponse :
Première étape : Montrons que la fonction ϕ = ∂f existe et continue sur R . 2

(?) Soit (x, y) 6= (0, 0). On a


∂x

∂f 2x 2x3
= 2x log(x2 + y 2 ) + x2 2 = 2x log(x 2
+ y 2
) +
∂x x + y2 x2 + y 2
()
? f (0, 0) =
∂f
∂x
(0, 0)?
On a lim
t→0
f (0 + t, 0) − f (0, 0)
t
= lim
t→0
f (t, 0)
t
= lim
t→0
t2 log(t2 )
t
= limt log(t2 )
t→0

= limt log(|t|2 ) = lim2t log |t|


t→0 t→0
. Donc lim
t→0+
f (t,
t
0)
= lim+ 2|t| log |t| = 0
t→0

et lim
t→0−
f (t, 0)
t
= lim− − 2|t| log |t| = 0
t→0
(car
t = −|t| ),

106
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
d'où limf (t,t 0) = 0 et ∂f
t→0 ∂x
(0, 0) = 0 (existe).
∂f 2x3
si (x, y) 6= (0, 0)
Ainsi,
 ϕ(x, y) =
 (x, y) = 2x log(x2 + y 2 ) + 2
∂x x + y2
 ϕ(0, 0) = ∂f
(0, 0) = 0.

∂x
Montrons que la fonction ϕ=
∂f
∂x
est continue sur . R2

(?) On remarque que la fonction ϕ=


∂f
est continue sur R \{(0, 0)} (car elle se présente
2

sous la forme d'une somme, composée et produit de fonctions continues sur R \{(0, 0)})
∂x
2

(?) Continuité
 de ϕ en (0, 0) (en coordonnés polaire) :
On pose  xy == ρρ sin(θ)
cos(θ)
; ρ = px + y > 0. On a :

2 2

2ρ3 cos3 θ
lim ϕ(x, y) = lim ϕ(ρ cos(θ), ρ sin(θ)) = lim 2ρ cos θ log(ρ2 ) +
ρ2
,
(x,y)→(0,0) ρ→0 ρ→0
3
= lim 4ρ log(ρ) cos θ + 2ρ cos θ = 0
ρ→0

d'où ϕ = ∂f ∂x
est continue en (0, 0). Ainsi ϕ est continue sur R . 2

Deuxième étape : Montrons que ψ = ∂f existe et continue sur R . 2

(?) Existance : Soit (x, y) ∈ R \{(0, 0)} alors :


∂y
2

= ψ(x, y).
2
∂f 2 2y 2x y
(x, y) = x ( 2
)= 2 2 2
∂y x +y x +y
(?) Continuité de ∂f ∂y
en (0, 0). On a
= lim = 0,
f (0, 0 + t) − f (0, 0) f (0, t) 0
lim = lim
(x,y)→(0,0) t tt→0 t t→0

d'où ∂y (0, 0) = 0 = ψ(0, 0). Donc


∂f

∂f 2x2 y


 (x, y) = 2 si (x, y) 6= (0, 0)
∂y x + y2
 ∂f (0, 0) = 0.

∂y
Montrons que la fonction ψ = ∂fest continue sur R . 2

On remarque que ψ est continue sur R \{(0, 0)} (rapport de deux fonctions continues avec
∂y
2

le dénominateurs ne s'annule jamais sur R ). 2

Continuité de ψ en (0, 0) :
On pose  y = ρ sin θ ; ρ = px + y . On a :
 x = ρ cos θ
2 2

2ρ3 cos2 θ sin θ


lim ψ(x, y) = lim ψ(ρ cos θ, ρ sin θ) = lim
ρ2
.
(x,y)→(0,0) ρ→0 ρ→0
2
lim 2ρ cos θ sin θ = 0 = ψ(0, 0)
Ainsi ψ est continue en (0, 0), donc ψ est continue sur R . Par suite,
ρ→0
2

f est de classe C sur R .


1 2

107
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
Dérivées partielles secondes en un point (a, b) :
[Link] Dénition :
Soit f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y)
une fonction numérique à deux variables telle que ses deux fonctions dérivées partielles
premières ∂f∂x
et ∂f
∂y
existent sur D.
Si chacune des deux fonctions ∂f et ∂f
admet en un point (a, b) ∈ D une dérivée partielle
première par rapport à x et à y, alors on obtient les 4 dérivées partielles secondes de f au
∂x ∂y

point (a, b) suivantes :  


1. ∂∂xf (a, b) = ∂x∂ ∂f (a, b),
2

2 ∂x

2. ∂y∂x (a, b) = ∂y ∂x (a, b),


2
 
∂ f ∂ ∂f

3. ∂x∂y (a, b) = ∂x ∂y (a, b),


2
 
∂ f ∂ ∂f

4. ∂ y (a, b) = ∂y ∂y (a, b).


2
 
∂ f ∂f ∂f
2

[Link] Exemple :
Soit f : R → R ; (x, y) 7→ f (x, y) = x
2 3
+ exy .
Soit (x, y) ∈ R , on a 2

(x, y) = 3x + ye .
∂f 2 xy

∂x
(x, y) = xe .
∂f xy

∂y
∂ 2f
.
 
∂ ∂f
• (x, y) = (x, y) = 6x + y 2 exy
∂x2 ∂x ∂x 

∂ 2f
∂y∂x
(x, y) =
∂ ∂f
(x, y) = exy + yxexy .
 ∂y  ∂x

∂ 2f
∂x∂y
=
∂ ∂f
∂x ∂y 
(x, y) = exy + xyexy .

∂ 2f
∂y 2
(x, y) =
∂ ∂f
∂y ∂y
(x, y) = xxexy = x2 exy .
[Link] Dénition :
Soit f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y)
(?) Si les 4 dérivées partielles secondes de f existent en tout point de D alors on obtient les
4 fonctions dérivées partielles secondes de f suivantes :
∂ 2f
∗ : D → R
∂x2
∂ 2f
 
∂ ∂f
(x, y) 7→ (x, y) = (x, y).
∂x2 ∂x ∂x

108
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
∂ 2f
∗ : D → R
∂y∂x
∂ 2f
 
∂ ∂f
(x, y) 7→ (x, y) = (x, y).
∂y∂x ∂y ∂x
∂ 2f
∗ : D → R
∂x∂y
∂ 2f
 
∂ ∂f
(x, y) 7→ (x, y) = (x, y).
∂x∂y ∂x ∂y
∂ 2f
∗ : D → R
∂y 2
∂ 2f
 
∂ ∂f
(x, y) →
7 2
(x, y) = (x, y).
On dit que est de classe sur ssi ses 4 fonctions dérivées partielles secondes existent
∂y ∂y ∂y
f C2 D
et continues sur D.
[Link] Proposition (Schwarz) :
Soit f : D ⊂ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y).
Si les 4 dérivées partielles secondes de f existent sur D et sont continues en un point
(a, b) ∈ D, alors .
2 2
∂ f ∂ f
=
∂x∂y ∂y∂x
Notons que si f est de classe C sur D, alors ∂x∂y .
2 2
2 ∂ f ∂ f
=
∂y∂x

7.4 Extremums :
Dénition :
Soient f : D ⊆ R → R ; (x, y) 7→ f (x, y) et (a, b) ∈ R . On dit que
2 2

f admet un maximum relatif (local) (respect. minimum ralatif) au point (a, b) s'il existe un
voisinage w de (a, b) tel que : ∀(x, y) ∈ w ∩ D, f (x, y) ≤ f (a, b) (respect. f (x, y) ≥ f (a, b)).
f admet un extremum relatif au point (a, b) si f admet au point (a, b) un maximum relatif
ou un minimum relatif.
Proposition :
Soient f : D ⊆ R2 → R
(x, y) 7→ f (x, y)
(D est un ouvert de ) et R2 .
(a, b) ∈ R2
Si f admet un extremum relatif en (a, b) et si ∂f
∂x
(a, b) et
∂f
∂y
(a, b) existent alors (a, b) est

un point critique pour f (càd ∂f


∂x
(a, b) =
∂f
∂y
(a, b) = 0).

109
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
Théorème :
Soient D un ouvert de R et2

f: D → R
(x, y) 7→ f (x, y)
une fonction de classe sur . Soit
C2 D un point critique pour . On pose :
(a, b) f
et .
2 2 2 2
∂ f ∂ f ∂ f ∂ f
r= (a, b), s = (a, b) = (a, b) t = (a, b)
Considérons la matrice Hessienne de en , notée , dénie par :
∂x 2 ∂y∂x ∂x∂y ∂y 2
 2 f (a, b)  Hess(f )(a, b)
∂ f ∂ 2f
 ∂x2 (a, b) ∂y∂x (a, b) 
H = Hess(f )(a, b) =   ∂ 2f

∂ 2f 
(a, b) (a, b)
  ∂x∂y ∂y 2

càdH=
r s
s t
. On a :
Sidet(H) = rt − s2 > 0 , alors est un extremum relatif. De plus,
(a, b)
(i) Si
r=
∂ 2f
∂x2
(a, b) > 0, alors est un minimum relatif.
(a, b)

(ii) Si
r=
∂ 2f
(a, b) < 0, alors est un maximum relatif.
(a, b)
(iii) Si , alors n'est pas un extremum.
∂x2
det(H) < 0 (a, b)
(4i) Si det(H) = 0, on ne peut rien dire.
Exercice :
Chercher les éventuels extremums de la fonction suivant f dénie sur R par : 2

f (x, y) = x + 3xy − 15x − 12y .


3 2

Réponse :
Première étape : Recherche des points critiques
Soit (x, y) ∈ R . On a :
2

∂f
(x, y) = 3x2 + 3y 2 − 15
∂x
∂f
(x, y) = 6xy − 12.
Donc les dérivées partielles existent.
∂y
 
 3x2 + 3y 2 − 15 = 0  x2 + y 2 = 5(1) (1)

 6xy − 12 = 0  xy = 2 (2).

On a Eq. (2) ⇒y=


2
, et Eq. (1) 4
⇒ x2 + 2 = 5 ⇒
x4 + 4
= 5 ⇒ x4 − 5x2 + 4 = 0 .
On pose ou bien . Donc
x x x2
X = x2 ⇒ X 2 − 5X + 4 = 0 ⇒ X = 1 X=4
x = 1 ou x = 4 ⇒ x = 1 ou x = −1 ou bien x = 2 ou bien x = −2.
2 2

(?) si x = 1, alors y = 2, soit A (1, 2).


1

(?) si x = −1, alors y = −2, soit A (−1, −2).


2

110
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
(?) si x = 2, alors y = 1, soit A (2, 1). 3

(?) si x = −2, alors y = −1, soit A (−2, −1). 4

On a A , A , A et A sont des points critiques.


1 2 3 4

Deuxième étape : Recherche des matrices Hessienne, soit (x, y) ∈ R 2

(x, y) = 6x ; (x, y) = 6y ; (x, y) = 6x,


2 2 2
∂ f ∂ f ∂ f
∂x 2 ∂y∂x ∂y 2
 

d'où Hess(f )(x, y) =  6x


6y
6y
6x
 .
 

• Soit H 1 = Hess(f )(1, 2) = 


12 6
6 12

det(H1 ) = 36 − 144 < 0 , donc n'est pas un extremum


A1  pour f .
• Soit H 2 = Hess(f )(−1, −2) = 
−6
−12
−12
−6

det(H2 ) = 12 − 144 < 0 , doncA n'est pas


2  un extremum pour f .

• Soit H 3 = Hess(f )(2, 1) = 


12
6
6
12

det(H3 ) = 144 − 36 > 0


et on a ∂ 2f
∂x2
(2, 1) = 12 > 0 , donc A est un minimum
3

relatif pour f .
• Soit H
−12 −6
4 = Hess(f )(−2, −1) =  
−6 −12
det(H4 ) = 144 − 36 > 0
et on a ∂ 2f
∂x2
(−2, −1) = −12 < 0 , donc A (−2, −1) est un maximum relatif pour f .
4

Remarque :(exercice)
Chercher les éventuels extremums de la fonctions suivante
f (x, y) = x + y . 4 4

Réponse :
Les points critiques :
Soit(x, y) ∈ R , ∂f (x, y) = 4x et
∂x 
2 ∂f
∂y
(x, y) = 4y .
3 3

.
 4x3 = 0  x=0
⇒ ⇒ ⇒ (x, y) = (0, 0)
 4y 3 = 0  y=0
Donc l'origine (0, 0) est le seul point critique de f .
D'où, si f admet un extremum alors cet extremum doit être l'origine (0, 0).
Soit (x, y) ∈ R ; ∂∂xf (x, y) = 12x ; ∂y∂x (x, y) et (x, y) = 12y .
2 2 2 2
2 ∂ f 2 ∂ f ∂ f 2
2
(x, y) = 0 = 2
∂x∂y ∂y

111
Fonction Numérique à deux variables réelles K. Smaoui
 

Donc Hess(f )(x, y) =  12x2


0
0
12y 2
 .
 

⇒ H = Hess(f )(0, 0) = 
0 0
0 0
 ⇒ det(H) = 0 (on ne peut rien dire).
On a f (0, 0) = 0 + 0 = 0, on remarque ∀(x, y) ∈ R , f (x, y) ≥ 0,
2

d'où ∀(x, y) ∈ R , f (x, y) ≥ f (0, 0). Par suite,


2

l'origine (0, 0) est un minimum absolu pour f .

112
Chapitre Huit

Intégrales Doubles
8.1 Intégrale double d'une fonction continue sur un com-
pact élémentaire :
Dénition :
On appelle compact élémentaire toute partie D de R dénie sous l'une de deux formes
2

suivantes :
Forme 1 : D = D = {(x, y) ∈ R /a ≤ x ≤ b et ϕ (x) ≤ y ≤ ϕ (x)}, avec a et b sont
1
2
1 2

deux réels xes et ϕ et ϕ sont deux fonctions à une seule variable x continues sur [a, b] et
1 2

vériant ϕ (x) ≤ ϕ (x), ∀x ∈ [a, b].


1 2

Forme 2 : D = D = {(x, y) ∈ R /ψ (y) ≤ x ≤ ψ (y) et α ≤ y ≤ β}, avec α et β sont


2
2
1 2

deux réels xes, ψ et ψ sont deux fonctions à une seule variable y continues sur [α, β] et
1 2

vériant ψ (y) ≤ ψ (y), ∀y ∈ [α, β].


1 2

Exemple :
1. Tout rectangle R = [a, b] × [c, d] est un compact élémentaire qui s'écrit sous les deux
formes.
En eet, R = [a, b] × [c, d] = {(x, y) ∈ R /a ≤ x ≤ b et c ≤ y ≤ d}.
2

De plus, R = [a, b] × [c, d] = {(x, y) ∈ R /c ≤ y ≤ d et a ≤ x ≤ b}.


2

2. Soit D = {(x, y) ∈ R /0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y + x ≤ 1}
2

= {(x, y) ∈ R /0 ≤ x ≤ 1 et − x ≤ y ≤ −x + 1}.
2

Tracer D dans un repère orthonormé direct.


3. Soit H = {(x, y) ∈ R /0 ≤ x ≤ et x ≤ y ≤ 1 − x}.
2 1

Tracer H dans un repère orthonormé direct.


2

113
Intégrales Doubles K. Smaoui
Dénitions :
Soient D un compact élémentaire deZRZ et f une fonction continue sur D. On appelle
2

intégrale double de f sur D le réel noté f (x, y)dxdy est dénie de la façon suivante :
a) Si D s'écrit sous la première forme càd : D

D = D = {(x, y) ∈ R / a ≤ x ≤ b et ϕ
1
2
! (x) ≤ y ≤ ϕ (x)}. Alors, 1 2

f (x, y)dy dx.


Z Z Z Z b ϕ2 (x)
f (x, y) · dx · dy =

b) Si D s'écrit sous le deuxième forme càd :


D a ϕ1 (x)

D = D = {(x, y) ∈ R /α ≤ y ≤ β et ψ (y)!≤ x ≤ ψ (y)}. Alors,


2
2
1 2

f (x, y)dx dy .
Z Z Z Z β ψ2 (x)
f (x, y)dxdy =

c) Si D s'écrit sous les deux formes 1 et 2 càd :


D α ψ1 (x)

D = D = {(x, y) ∈ R /a ≤ x ≤ b et ϕ (x) ≤ y ≤ ϕ (x)},


1
2
1 2

D = D = {(x, y) ∈ R /α ≤ y ≤ β et ψ (y)
2
2
! ≤ x ≤Z ψ (y)}. Alors, ! 1 2

f (x, y)dx dy .
Z Z Z Z b ϕ2 (x)
Z β ψ2 (x)
f (x, y)dxdy = f (x, y)dy dx =

(la dernière égalité est démontrer par Fubini)


D a ϕ1 (x) α ψ1 (x)

Exemple (exercice) :
Calculer
Z Zles intégrales doubles suivantes :
(?) A = f (x, y)dxdy, avec
D = [0, 1]Z ×Z[1, 2] et f (x, y) = xy .
D
2

(?) B = f (x, y)dxdy, avec


D = {(x, y) ∈ R /0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ −2x + 2} et f (xy) = xy .
D
2

Réponse :

(?) A = .
Z 1 Z 2  Z 1  2
2 1
xy dy dx = dx x y3
0 1 0 1 3

On pose I(x) = . Donc


Z 2 Z 2  3 2
2 y 7
f (x, y)dy = x y dy = x = x
1 3 1 3
 12 1
.
Z 1 Z 1
7 7 x 7
A= I(x)dx = xdx = =
0 3 3 2 0 6
Z 1 Z −2x+20
.

?B= f (x, y)dy dx
0 0

On pose
Z −2x+2 Z −2x+2
∀x ∈ [0, 1], J(x) = f (x, y)dy = xydy
h 2 i−2x+2 0 0

= x y2 = x2 (−2x + 2)2
0
J(x) = 2x(x2 + 1 − 2x)

114
Intégrales Doubles K. Smaoui
= 2x3Z − 4x2 + 2x Z
1 1
B= J(x)dx = (2x3 − 4x2 + 2x)dx
h0 4 0i
2x 4 3
B = 4 − 3x + x 2
1
= 12 − 43 + 1 = 16
0
.
Remarque :
Soit D un compact élémentaire, alors 1dxdy =aire de D.
Z Z

En eet, si par exemple, D = D = {(x, y) ∈ R /a ≤ x ≤ b et ϕ (x) ≤ y ≤ ϕ (x)} alors :


1
D
2
1 2
!
Z Z Z b Z ϕ2 (x)
dxdy = dy dy.
D a ϕ1 (x)

Or . D'où
Z ϕ2 (x)
ϕ (x)
dy = [y]ϕ21 (x) = ϕ2 (x) − ϕ1 (x)
Z Z ϕ1 (x)
l'aire de la partie du plan limité par les deux droites
Z b
dxdy = (ϕ2 (x) − ϕ1 (x))dx =
x = a et x = b et les deux courbes des deux fontions ϕ et ϕ . Donc
D a
1 2

dxdy = aire de D
Z Z

.
Propriétés :
Soient D un compact élémentaire et f, g deux fonctions continues sur DZ . ZAlors on a :
1. ∀α, β ∈ R, on a [αf (x, y)+βg(x, y)]dxdy = α f (x, y)dxdy+β g(x, y)dxdy.
Z Z Z Z

D D D

2. Si ∀(x, y) ∈ D, f (x, y) ≥ 0, alors f (x, y)dxdy ≥ 0.


Z Z

3. Si ∀(x, y) ∈ D, si f (x, y) ≤ g(x, y), alors f (x, y)dxdy ≤ g(x, y)dxdy.


Z Z Z Z

D D

4. ∀(x, y) ∈ D, on a |f (x, y)|dxdy .


Z Z Z Z
f (x, y)dxdy ≤
D D

Remarque :
Soient D et D deux compacts élémentaires de R tels que D ∩ D = ∅ (disjoint) ou
0 2 0

bien D ∩ D est un nombre ni de points ou bien D ∩ D est une courbe. Alors, pour toute
0 0

fonction
Z Z f continue sur ZD Z
∪ D on a : Z Z
0

f (x, y)dxdy = f (x, y)dxdy + f (x, y)dxdy


D∪D0 D D0

(dans ce cas on a : ).
Z Z
f (x, y)dxdy = 0
D∩D0

115
Intégrales Doubles K. Smaoui
8.2 Calcul de l'intégrale double en utilisant les coordon-
nés polaires :
Dénition :
Soit D un compact élémentaire dénie dans un plan rapporté à un repère cartésien ortho-
normé (O, →i , j ). Pour tout M (x, y), on pose avec
− → −  x = r cos θ p
r = OM = x + y 2 2
 y = r sin θ

et θ = (→i , OM ).
−\ −−→

On appelle domaine associé à D le domaine noté ∆ dénie par :


∆ = {(r, θ) ∈ R /(r cos θ, r sin θ) ∈ D}.
2

Généralement, ∆ s'écrit de la façon suivante :


∆ = {(r, θ) ∈ R /θ ≤ θ ≤ θ et r (θ) ≤ r ≤ r (θ)},
2
1 2 1 2

avec θ , θ sont deux angles xes et r (θ), r (θ) sont deux fonctions de θ.
1 2 1 2

Exemple :
1. Soit D = {(x, y) ∈ R / x + y
2 2 2
≤ 1} disque fermé de centre O(0, 0) et de rayon
R = 1.
Cherchons le domaine ∆ : On a
∆ = {(r, θ) ∈ R2 /0 ≤ θ ≤ 2π et 0 ≤ r ≤ 1} .
2. Soit D = {(x, y) ∈ R /0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ x}.
2

Cherchons le domaine ∆ :
on remarque 0 ≤ θ ≤ . On a π

0 ≤ y ≤ x, donc
4

0 ≤ r sin θ ≤ r cos θ, par suite,


π
0 ≤ tan(θ) ≤ 1 ⇒ 0 ≤ θ ≤
(car sin θ > 0 et cos θ > 0). On a aussi
4

0 ≤ x ≤ 1 ⇒ 0 ≤ r cos θ ≤ 1,
donc 0 ≤ r ≤ cos(θ)
1

et ∆ = {(r, θ) ∈ R /0 ≤ θ ≤ et 0 ≤ r ≤ cos1 θ }.
2 π
2

116
Intégrales Doubles K. Smaoui
Théorème :
Soient D un compact élémentaire et ∆ sont domaine associé en coordonnés polaire et f
uneZ fonction à deux Zvariables continue sur D. Alors,
f (r cos θ, r sin θ)rdrdθ.
Z Z
f (x, y)dxdy =
D ∆

Exercice :
EnZ Zutilisant les coordonnées polaires, calculer :
I= f (x, y)dxdy , avec f (x, y) = x + y 2 2

et D = {(x, y) ∈ R /x ≥ 0 et x + y − 2y ≤ 0}.
D
2 2 2

Rappel :
(?) {(x, y) ∈ R /(x − a) + (y − b) = R }, avec R > 0
2 2 2 2

(cercle de centre (a, b) et de rayon R).


(?) {(x, y) ∈ R / (x − a) + (y − b) ≤ R avec R > 0}, avec R > 0
2 2 2 2

(disque fermé de centre (a, b) et de rayon R).


(?) {(x, y) ∈ R /(x − a) + (y − b) ≥ R } : la partie du plan situé à l'extérieur du disque
2 2 2 2

ouvert.

8.3 Calcul de primitives :


1) Dans le tableau qui suit, F désigne une des primitives de la fonction f sur l'intervalle I .
f I F
x 7→ α (α ∈ R) R x 7→ αx
xn+1
x 7→ xn , n ∈ N∗ R x 7→
ou ]0, +∞[
n+1
xn+1
x 7→ xn , n ∈ Z\{−1} ] − ∞, 0[ x 7→ n+1
√ √
x 7→ x R+ x 7→ 23 x x

x 7→ √1 ]0, +∞[ x 7→ 2 x
x

x 7→ cos x R x 7→ sin x
x 7→ sin x R x 7→ − cos x
1
x 7→ cos(ax + b), a 6= 0 R x 7→ a
sin(ax + b)
x 7→ sin(ax + b), a 6= 0 R x 7→ − a1 cos(ax + b)
x 7→
1
cos2 x
]− π
2
+ kπ, π2 + kπ[ k ∈ Z , x 7→ tan x

x 7→ − 2
1
sin x
]kπ, (k + 1)π[ k ∈ Z , x 7→ cotan x

117
Intégrales Doubles K. Smaoui

2) Dans le tableau qui suit, u et v désignent deux fonctions dérivables sur un intervalle
I.

Fonction f Une primitive de f


u0 + v 0 u+v
(
λu0 λ ∈ R ) λu
u0 v + uv 0 uv
( pour tout x de I )
0
u 1
u(x) 6= 0 −
u2 0 u
( pour tout x de I )
0
u v − uv u
v(x) 6= 0
v2 v
u u, n∈N
n 0 ∗ un+1
n+1
u u , n ∈ Z\{−1} (u(x) 6= 0 pour tout x de I )
n 0 un+1
n+1
√ (u(x) > 0 pour tout x de I )
0 √
u
u
2 u
u u (u(x) ≥ 0 pour tout x de I )
√ 0 2 √
u u
3

118

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