DS n◦6
mercredi 21 janvier 2015 (durée 4 heures)
Sujet normal
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et la concision
de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le
signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives
qu’i a été amené à prendre.
Les calculatrices sont autorisées
I. EXERCICE I
Soit les suites réelles (un ), (vn ) et (wn ) définies par :
un+1 = un + 3vn
∀n ∈ N vn+1 = 3un + vn + 4wn et (u0 , v0 , w0 ) = (1, 0, 1)
wn+1 = 4vn + wn
I.1.
1 3 0
I.1.a Justifier sans calcul que la matrice A = 3 1 4 ∈ M3 (R) est diagonalisable.
0 4 1
I.1.b Diagonaliser la matrice A ∈ M3 (R).
I.1.c Déterminer la matrice An pour tout n ∈ N. On pourra utiliser la calculatrice.
I.2. Expliciter les termes un , vn , wn en fonction de n.
II. EXERCICE II
Soit n un entier supérieur à 2 et E un espace vectoriel sur R de dimension n. On appelle projecteur
de E, tout endomorphisme p de E vérifiant p ◦ p = p.
II.1. Soit p un projecteur de E.
II.1.a Démontrer que les sous-espaces vectoriels ker(p) et Im(p) sont supplémentaires dans E.
II.1.b En déduire que la trace de p (notée Tr(p)) est égale au rang de p (noté rg (p) ).
II.1.c Un endomorphisme u de E vérifiant Tr(u) = rg (u) est il nécessairement un projecteur de
E?
II.2. Donner un exemple de deux matrices A et B de M3 (R) de rang 1 telles que A soit diago-
nalisable et B ne soit pas diagonalisable. Justifier la réponse.
II.3. Soit u un endomorphisme de E de rang 1.
1
II.3.a Démontrer qu’il existe une base β = (e1 , · · · , en ) de E telle que la matrice Matβ (u) de u
dans β soit de la forme :
0 ··· 0 a1
0 ··· 0 a2
Matβ (u) = .. .. .. ∈ Mn (R)
. ··· . .
0 ··· 0 an
où a1 , · · · , an sont n nombres réels.
II.3.b Démontrer que u est diagonalisable si, et seulement si, la trace de u est non nulle.
II.3.c On suppose que Tr(u) =rg (u) = 1. Démontrer
que u est un projecteur.
1 1 −1
II.3.d Soit la matrice : A = 1 1 −1 ∈ M3 (R). Démontrer que A est la matrice d’un
1 1 −1
3
projecteur de R dont on déterminera l’image et le noyau.
III. PROBLÈME
Notations et rappels
Soit n un entier supérieur ou égal à 1. On désigne par diag(α1 , · · · , αn ) la matrice diagonale de
Mn (R) dont les coefficients diagonaux sont les réels α1 , · · · , αn dans cet ordre. Si M ∈ Mn (R),
on note t M sa transposée.
On munit l’espace vectoriel E = Rn du produit scalaire canonique noté h | i et de la norme eucli-
dienne k.k associée. on note S(E) le sous-espace des endomorphismes symétriques de E, c’est-à-dire
l’ensemble des endomorphismes s de E vérifiant : ∀(x, y) ∈ E 2 , hs(x)|yi = hx|s(y)i.
Un endomorphisme symétrique s de E est dit symétrique positif (respectivement symétrique défini
positif) si : ∀x ∈ E, hs(x)|xi ≥ 0 (respectivement ∀x ∈ E\{0}, hs(x)|xi > 0).
Une matrice symétrique S de Mn (R) est dite symétrique positive (resp. symétrique définie positive)
si : ∀X ∈ Mn,1 (R), t XSX ≥ 0 (respectivement ∀X ∈ Mn,1 (R)\{0}, t XSX > 0 ).
On note Sn+ (R) (respectivement Sn++ (R)) l’ensemble des matrices symétriques positives (respecti-
vement symétriques définies positives ) de Mn (R).
On rappelle qu’un endomorphisme s de E est symétrique (respectivement symétrique positif, sy-
métrique défini positif) si, et seulement si, sa matrice dans toute base orthonormée de E est
symétrique (respectivement symétrique positive, symétrique définie positive).
On admet que, pour tous réels positifs a1 , · · · , an ,
n
! n1 n
Y 1X
ai ≤ ai (inégalité arithmético-géométrique).
i=1
n i=1
Objectif du problème
On se donne une matrice S de Sn+ (R) ( ou Sn++ (R) ) et on étudie le maximum (ou minimum) de
la forme linéaire A 7→ Tr(AS) sur des ensembles de matrices.)
2
Questions préliminaires
III.1.
III.1.a Enoncer(sans démonstration) le théorème de réduction des endomorphismes symétriques
de l’espace euclidien E et sa version relatives aux matrices symétriques réelles.
III.1.b Toute matrice symétrique à coefficients à coefficients complexes est-elle nécessairement
diagonalisable ? On pourra par exemple considerer la matrice de M2 (C) :
i 1
S=
1 −i
III.2. Soit s ∈ S(E), de valeurs propres (réelles) λ1 , · · · , λn rangées dans l’ordre croissant :
λ1 ≤ λ2 ≤ · · · ≤ λn .
Soit β = (ε1 , · · · , εn ) une base orthonormée de E telle que, pour tout ∈ {1, · · · , n}, εi est un
vecteur propre associée à la valeur propres αi . Pour tout vecteur x ∈ E, on pose :
Rs (x) = hs(x)|xi.
III.2.a Exprimer Rs (x) à l’aide des λi et des coordonnées de x dans la base β.
III.2.b En déduire l’inclusion : Rs (S(0, 1)) ⊂ [λ1 , λn ] où S(0, 1) désigne la sphère unité de E.
III.3.
III.3.a On suppose dans cette question que s est symétrique positif (respectivement symétrique
défini positif). Démontrer que les valeurs propres de s sont toutes positives (respectivement stric-
tement positives).
III.3.b Soit S = (si,j ) ∈ Sn+ (R), de valeurs propres λ1 , · · · , λn rangées dans l’ordre croissant :
0 ≤ λ1 ≤ λ2 · · · ... ≤ λn .
On note s l’endomorphisme de E représenté par S dans la base canonique B = (e1 , · · · , en ).
Exprimer le terme général si,j de S comme un produit scalaire et démontrer que :
∀i ∈ {1, · · · , n} λ1 ≤ si,i ≤ λn .
Un maximum sur On (R)
On note In la matrice unité de Mn (R) et On (R) le groupe des matrices orthogonales de Mn (R).
III.4. Démontrer que l’application M 7→t M M − In est continue dans Mn (R).
III.5. Justifier que, si A = (ai,j ) est une matrice orthogonale, alors :
∀(i, j) ∈ {1, · · · , n}2 |ai,j | ≤ 1.
III.6. En déduire que le groupe orthogonal On (R) est une partie compacte de Mn (R).
III.7. Soit S ∈ Sn+ (R), de valeurs propres (positives) λ1 , · · · , λn . On pose ∆ = diag(λ1 , · · · , λn ).
Si A est une matrice orthogonale, on note T (A) le nombre réel T (A) = Tr(AS).
III.7.a Soit A ∈ On (R). Démontrer qu’il existe une matrice orthogonale B telle que :
T (A) = Tr(B∆).
3
III.7.b Démontrer que l’application T de On (R) dans R admet un maximum sur On (R) , que l’on
notera t.
III.7.c Démontrer que, pour toute matrice orthogonale A de On (R), T (A) ≤ Tr(S), puis détermi-
ner le réel t.
Inégalité d’Hadamard
Soit S = (si,j ) ∈ Sn+ (R), de valeurs propres (réelles positives) λ1 , · · · , λn rangées dans l’ordre
croissant :
0 ≤ λ1 ≤ λ2 ≤ · · · ≤ λn .
III.8. Démontrer l’inégalité valable pour tout S ∈ Sn+ (R) :
n
1
det(S) ≤ Tr(S) (∗).
n
III.9. Soit α = (α1 , · · · , αn ) ∈ Rn , D = diag(α1 , · · · , αn ) et Sα =t DSD. Démontrer que
Sα ∈ Sn+ (R) et calculer Tr(Sα ).
III.10. Dans cette question, on suppose que les coefficients diagonaux si,i de S sont strictement
positifs et, pour 1 ≤ i ≤ n, on pose αi = √s1i,i . En utilisant (∗), démontrer que :
n
Y
det(S) ≤ si,i .
i=1
n
Y
III.11. Pour tout réel ε > 0, on pose Sε = S + εIn . Démontrer que det(Sε ) ≤ (Si,i + ε), puis
i=1
conclure que :
n
Y n
Y
λi ≤ si,i (inégalité d’Hadamard)
i=1 i=1
Application de l’inégalité d’Hadamard : détermination d’un minimum
Soit S ∈ Sn++ (R), de valeurs propres 0 < λ1 ≤ · · · ≤ λn , et ∆ = diag(λ1 , · · · , λn ). Soit Ω ∈ On (R)
tel que S = Ω∆t Ω. On désigne par U l’ensemble des matrices de Sn++ (R) de déterminant égal à 1.
III.12. Démontrer que, pour tout A ∈ U, la matrice B =t ΩAΩ est une matrice de U vérifiant :
Tr(AS) = Tr(B∆)
III.13. Démontrer que {Tr(AS)/A ∈ U} = {Tr(B∆)/B ∈ U}, puis que ces ensembles admettent
une borne inférieur que l’on notera m.
1 1
III.14. Démontrer que, si B = (bi,j ) ∈ U : Tr(B∆) ≥ n(λ1 · · · λn ) n (b1,1 · · · bn,n ) n .
1
III.15. En déduire que, pour B = (bi,j ) ∈ U, Tr(B∆) ≥ n(det(S)) n .
1
III.16. Pour tout entier k tel que 1 ≤ k ≤ n, on pose µk = λ1k (det(S)) n et D = diag(µ1 , · · · , µn ).
Déterminer le réel m.