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Paradis fiscaux : enjeux et perspectives

Le document de travail de maturité d'Antoine Gamba traite des paradis fiscaux, explorant leur définition, leur histoire, les tentatives de réglementation et les perspectives d'avenir. Il met en lumière les enjeux liés à l'évasion fiscale, les inégalités qu'elle engendre et les défis auxquels les États sont confrontés face à ces pratiques. En analysant les mécanismes des paradis fiscaux, le travail vise à offrir une compréhension nuancée de ce phénomène complexe.

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Paradis fiscaux : enjeux et perspectives

Le document de travail de maturité d'Antoine Gamba traite des paradis fiscaux, explorant leur définition, leur histoire, les tentatives de réglementation et les perspectives d'avenir. Il met en lumière les enjeux liés à l'évasion fiscale, les inégalités qu'elle engendre et les défis auxquels les États sont confrontés face à ces pratiques. En analysant les mécanismes des paradis fiscaux, le travail vise à offrir une compréhension nuancée de ce phénomène complexe.

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LES PARADIS

FISCAUX

Travail de maturité réalisé par :

Antoine Gamba

Supervisé par le professeur accompagnant :

Danny Defago

Sion, le XX XX 2024

DROIT 24 1 DF 2
AVANTS-PROPOS
Ce document a été réalisé dans le cadre du travail de maturité. Il a été
réalisé entre la fin du mois de janvier 2024 et le début du mois d’août de la même
année. Il traite des paradis fiscaux dans le monde, leur histoire, le rapport avec
les autres États et le futur qui nous attend vis-à-vis de ces pays. Les explications
qu’impliquent ces thèmes forcent à traverser les âges, analyser tout ce qu’englobe
ces procédés. Tout cela est essentiel pour correctement comprendre les
conclusions que tire ce travail. Celles-ci apportent une vision différente et plus
nuancée que de dire simplement que les paradis fiscaux, c’est mal.
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

TABLE DES MATIÈRES

PARTIE I ............................................................................................ 1
INTRODUCTION.......................................................................1
A. Définition .............................................................................................................. 1
B. Problèmes et enjeux............................................................................................ 4

PARTIE II ........................................................................................... 5
CONTEXTE HISTORIQUE ......................................................... 5
A. Origines ................................................................................................................ 5
B. Évolution ............................................................................................................... 5
C. Facteurs de développement .............................................................................. 7

PARTIE III.......................................................................................... 8
TENTATIVES DE RÉGLEMENTATIONS .....................................8
A. Réglementation des organisations internationales ........................................ 8
B. Listes noires et grises.......................................................................................... 8
C. Lacunes du système actuel ................................................................................ 9
D. Le cas de la Suisse ............................................................................................ 11
PARTIE IV........................................................................................ 12
Perspectives d’avenir .............................................................. 12
A. Durcissement des lois....................................................................................... 12
B. Défis futurs ......................................................................................................... 13
C. Cryptomonnaies et anonymat ......................................................................... 13
PARTIE V ......................................................................................... 14
ANALYSE PERSONNELLE ....................................................... 14
PARTIE VI........................................................................................ 14
CONCLUSION ......................................................................... 14
PARTIE VII ...................................................................................... 17
BIBLIOGRAPHIE ..................................................................... 17

1
PARTIE I

INTRODUCTION
Le mardi 15 mai 2018, le marteau du juge de la cour d’appel de Paris frappe
et condamne un accusé à deux ans de prison ferme et le même temps de sursis. Il
s’agit là du verdict du procès de Jérôme Cahuzac, dans une affaire qui le suit
depuis cinq ans. M. Cahuzac était le ministre du budget entre 2012 et 2013, sous
le mandat de François Hollande. Quels méfaits cet homme à hautes
responsabilités a-t-il bien pu commettre ? L’enquête l’a reconnu coupable de
fraude fiscal et de blanchiment de fraude fiscal.
Lui qui affirmait fièrement en 2012 : « Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de
compte à l’étranger, ni maintenant, ni avant ! ». Cette affirmation a été faite devant
l’Assemblée nationale, à la suite d’une divulgation par le journal Mediapart
d’éléments louches sur sa fortune. Or, c’est un mensonge. En effet, la Justice a
prouvé que le ministre possédait un compte bancaire en Suisse et un à Singapour,
les deux n’étant pas déclarés.
Cette affaire a fait grand bruit, car Cahuzac a utilisé des paradis fiscaux afin
de cacher sa fortune. Lui qui voulait, également en 2012, monter un « projet de
réforme pour lutter contre la fraude fiscale » et « identifier les particuliers qui
pratiquent l'évasion fiscale », joue le jeu de ceux qu’il veut dénoncer et faire
traduire en justice. Le point clé de cette histoire est le concept de paradis fiscal.

Il est important de préciser que le recours à un paradis fiscal, l’évasion


fiscale, a pour principal but d’éviter le taux d’imposition que propose un État qui
n’en est pas un. Il convient donc de rappeler qu’une personne physique ou morale
n’est imposée que par l’autorité fiscale du territoire où elle est contrôlée. Dans
l’exemple cité ci-haut, Jérôme Cahuzac a choisi de déplacer son argent vers
l’étranger afin de contourner l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune). Ces deux
pays ont été choisi précisément pour leur secret bancaire. En somme, le ministre
possédait une fortune faible, voire nulle, et payait donc une somme très faible, ou
ne payait rien du tout. Cette affaire semble dissimuler quelque chose de plus grand
qu’une simple tentative d’échapper au FISC.

Quel vérité se cache derrière le contournement de la fiscalité ? Se poser


cette question, c’est en réalité se plonger dans un système profond et complexe.
Cependant, l’on peut légitimement se demander ce qu’est un paradis fiscal. Pour
le savoir il faut, premièrement, définir le concept.

A. Définition

Apporter une définition précise aux paradis fiscaux est plutôt compliqué
tant le sujet est large, en plus du fait qu’aucune définition dans le droit international

1
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

n’est donnée2. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement


économiques, organisme intergouvernemental d’étude économique3), dont les
pays Membres sont : les pays Membres de l’Union Européenne — exceptés de la
Bulgarie, de Chypre, de la Croatie, de Malte et de la Roumanie — ajoutés à
l’Australie, au Canada, au Chili, à la Colombie, au Costa-Rica, à la Corée du Sud,
aux États-Unis, à l’Islande, à Israël, au Japon, au Mexique, à la Nouvelle-Zélande,
à la Norvège, au Royaume-Uni, à la Suisse et à la Turquie, a publié, en 1998, un
rapport nommé « Concurrence fiscale dommageable : un problème mondiale ». Ce
document donne des critères qui permettent d’identifier les caractéristiques
« dommageables » d’une fiscalité ou d’une juridiction. Le rapport a retenu quatre
critères importants5 :

- L’absence ou l’insignifiance de l’impôt (1)

- L’absence d’échange effectif de renseignements (2)

- Le manque de transparence (3)

- L’absence d’activités substantielles (4)

1. Le premier critère — l’absence ou l’insignifiance de l’impôt — constitue la


clé de voûte de l’identification d’un paradis fiscal, en ce qu’il est celui qui pousse
à l’étude des trois autres critères lorsqu’il est avéré. Comme le nom du critère
l’indique, il s’agit de la situation d’un État ou d’un territoire qui offre une imposition
avantageuse pour ses résidents. Dans le premier cas, le taux est simplement nul.
Concernant l’insignifiance, l’OCDE ne donne pas de seuil en-dessous duquel
l’entité serait classée comme paradis fiscal.

2. Le besoin d’échanges d’informations est une conséquence de l’économie


mondialisée car cette dernière permet aux personnes physiques et morales plus
possibilités d’évasion fiscale. Plus les activités économiques s’opèrent en dehors
d’un pays, plus celui-ci peut rencontrer des difficultés à vérifier l’application de sa
législation fiscale. C’est pourquoi l’OCDE ainsi que d’autres organisations, comme
l’ONU, ont mis en place des conventions d’échanges de renseignements entre les
États. Ces échanges sont un moyen utile de dissuader du non-respect des
législations fiscales, particulièrement lors d’opérations transfrontalières.

3. Le troisième critère — le manque de transparence — implique une


difficulté, voire une impossibilité, pour les autorités fiscales d’appliquer leur
législation de manière équitable pour toute personne physique ou morale. La
« transparence » a donc pour but de s’assurer que la fiscalité soit appliquée
équitablement dans des situations similaires et qu’il y ait en place les
renseignements nécessaires pour savoir quelle est la situation. Comme exemples,
les taux d’imposition négociés ou les décisions secrètes — en somme, les
pratiques ne respectant pas la loi en place — sont cités par l’OCDE.

2
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

4. Le quatrième critère — l’absence d’activités substantielles — est un indice


qu’une juridiction est mise en place afin d’attirer des investissements et des
activités dont la motivation est purement fiscale. Pour être considérée comme
substantielle, l’activité exercée sur un territoire donné doit représenter au moins
25% du chiffre d’affaires global d’une entreprise6. En bref, lorsqu’une entreprise
n’est domiciliée sur un territoire que pour les avantages fiscaux qu’il propose et
non pour ses ressources ou sa main d’œuvre.

Grâce à ces quatre points choisis par l’OCDE, il est plus facile d’identifier
et de lister les paradis fiscaux sur la base de l’imposition. Or, il en existe d’autres
qui sont tout aussi symptomatiques d’un paradis fiscal. En voici d’autres qui sont
importants :

5. Les résidences fictives7, qui permettent à une entreprise d’être domiciliée


quelque part sans devoir apporter la preuve d’une quelconque activité réelle. Son
PDG (Président Directeur Général) n’a pas non plus l’obligation d’apporter une
quelconque preuve de son implication dans l’entreprise et est, très souvent, un
homme de paille, un salarié du cabinet d’avocat qui a déclaré l’ouverture de
l’entreprise. Ce sont les fameuses sociétés écrans, qui ont fait couler tant d’encre
lors du scandale des « Panama Papers » en 2016.

6. Le secret bancaire7 est une législation qui punit pénalement un employé


d’une banque dans le cas où il fournit le nom d’un client de la banque où il travaille
à un État, étranger ou non. Il permet de garantir l’anonymat des clients et de leur
éviter des problèmes dans leur pays d’origine s’ils décident de s’exiler fiscalement.

7. Les zones franches8,9 sont des périmètres qui garantissent l’exonération de


l’impôt à l’importation. Les « zones franches commerciales » sont le type le plus
répandu. Il concerne les ports, les aéroports et les axes de communications et
commerciaux. Quasiment tous les pays en ont au moins une afin de permettre le
commerce international plus facilement.

8. Le pavillon de complaisance10 est le nom d’un concept qui concerne


principalement le commerce maritime. Pour un navire qui transporte des
marchandises (80% du commerce mondial se fait par des voies maritimes11), il
applique le droit relatif à ce commerce selon la législation du pays dont il arbore
le drapeau. La « complaisance » consiste dans le fait de permettre, sans aucune
condition, d’arborer le pavillon de ce pays et d’y appliquer le Code du commerce
maritime.

Il existe encore beaucoup d’autres caractéristiques qui permettent


l’évasion fiscale. C’est pourquoi de nombreux pays sont un choix de prédilection
pour des montages financiers complexes qui servent, en toute légalité, à
contourner l’impôt d’un territoire donné.

En outre, un paradis fiscal est un territoire avec une fiscalité très allégée et
une législation peu regardante sur les activités financières opérées sur ses terres.

3
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

Par exemple, il est possible, pour une entreprise domiciliée dans un


paradis fiscal, de monter une filiale dans un État qui ne propose pas de régime
fiscal avantageux, mais où le marché l’est, pour faire du chiffre d’affaires. Cette
filiale doit donc payer tous les impôts relatifs au régime fiscal d’où les bénéfices
sont tirés. Pour éviter cela, elle doit donc renvoyer cet argent vers la société mère
qui, elle, ne paiera aucun ou très peu d’impôts sur ce chiffre. Pour ce faire, elle
peut utiliser deux méthodes simples. La première consiste en une vente de
matériel, informatique par exemple, par la société mère à la filiale. Cette vente se
fait afin de vider artificiellement les comptes de la filiale et qu’elle se trouve à un
bénéfice nul, voire à une perte. La deuxième méthode est le paiement de droit
d’exploitation du nom de l’entreprise. La société mère ordonne chaque fin d’année
à sa filiale de payer une taxe pour l’utilisation de son nom, de son identité visuelle,
etc… également pour vider artificiellement ses comptes.
Pour un particulier, il est possible de faire un montage financier similaire
avec une société écran domiciliée dans un paradis fiscal. Cette société reçoit tous
les flux d’argent du particulier et le garde sur un compte bancaire étranger, sans
payer d’impôt. En plus de cela, dû à la législation peu contraignante, il est possible
d’utiliser le compte de l’entreprise et de dépenser cet argent sans devoir justifier
des frais de société à l’État. De surcroît, le PDG de cet société écran n’a souvent
aucun lien direct avec le propriétaire de l’entreprise afin de le couvrir et lui éviter
la foudre de l’opinion publique dans son pays d’origine.

B. Problèmes et enjeux

À première vue, il semble que les États qui proposent ce genre de régime
« arnaquent » les autres. En effet, le manque à gagner de l’ensemble de ces
pratiques en Europe est d’environ 1’000 milliards d’euros par an2. Au niveau
mondial, il est estimé que 50% des transactions entre plusieurs pays passent par
un système offshore. Selon le TJN (Tax Justice Network), ce sont entre 21’000 et
32’000 milliards de dollars américains qui sont déposés dans des paradis fiscaux,
somme qui échappe donc aux États qui appliquent une imposition.

Un aspect très important est le fait de rester dans la légalité dans la mesure
ou la législation des pays concernés est respectée. Le choix de s’expatrier
fiscalement n’enfreint aucunement la loi du pays choisi, ni du pays de départ. Il
devient donc compliqué de réprimander quiconque faisant ce choix. Il est donc
très important de ne pas confondre fraude et optimisation. La fraude se caractérise
par l’aspect illégal de son procédé. En outre, si le transfert n’est pas justifié
légalement. Cette nuance est donc importante.

Les problèmes qui découlent de ce système sont nombreux.


Premièrement, l’injustice pour les personnes physiques et morales qui n’ont pas
les moyens de s’expatrier (à comprendre que seuls les plus riches le peuvent) et
qui doivent donc payer ce manque à gagner. D’autre part, la fuite des capitaux
vers l’étranger pousse les États à diminuer le taux d’imposition afin de garder au
maximum leur contribuable. Enfin, comme conséquence des deux points

4
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

précédents, au niveau des dépenses publiques que les États peuvent se permettre
de faire : forcément, elles seront diminuées et les citoyens risquent d’en subir les
conséquences.

Il semble donc que les États rentiers de la finance offshore, souvent de


petits pays, profitent pleinement de la difficulté qu’ont les grandes puissances à
contrôler
Or, comme vu précédemment, beaucoup de pays s’arrangent avec leur
propre législation, en adoptant des régimes particuliers, en mettant en place des
zones franches ou des accords et régimes particuliers. Pourquoi les paradis fiscaux
ne sont pas combattus autant que les problèmes qu’ils posent semble l’imposer ?
Pour le comprendre, il est important de revoir l’histoire du contournement de la
fiscalité.

PARTIE II

CONTEXTE HISTORIQUE

A. Origines

Avant tout, il est important de rappeler brièvement l’histoire de l’impôt. Vu


son importance dans toutes les sociétés de différents âges, la fiscalité semble une
condition quasiment obligatoire à l’émergence, l’autonomie et la prospérité d’une
société. Les impôts et taxes se sont ainsi développés dans toutes les sociétés
depuis l’antiquité afin de
Les stratagèmes visant à éviter l’impôt ne sont pas récents. En effet, on
retrouve des traces de marchands en Grèce antique qui contournaient les ports
d’Athènes, afin d’éviter son taux d’imposition sur les marchandises destinées au
commerce. Également, durant tout le Moyen Âge, Londres affranchissait de
l’impôt tout négociant implanté sur la ville. Ces pratiques ne sont pas nouvelles et
semblent faire partie du système économique depuis les balbutiements de
l’émergence du commerce.

B. Évolution

Ce que l’on peut appeler « évolution » de l’évasion fiscale est le chemin


qu’elle a pris depuis les transformations économiques du XVIIIe siècle, autrement
dit de l’apparition du capitalisme. C’est lors de cet âge que de nombreuses
techniques, dont certaines sont encore utilisées aujourd’hui, apparaissent.
Le capitalisme est régulièrement défini comme un système garantissant
deux concepts : la propriété des moyens de production et la liberté du marché.
Or, cette définition est incomplète, car la propriété des moyens de production,
c’est-à-dire des esclaves, et le commerce libre existaient déjà dans la Grèce

5
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

antique (les esclaves pouvant être comparés aux usines et machines de cette
époque). Le « capitalisme » au sens moderne du terme doit donc être complété
par une spécificité. Karl Marx (1867) donne ce complément : « Si, au lieu d’être
dépensée la plus-value est avancée et employée comme capital, un nouveau
capital se forme et va se joindre à l’ancien. On accumule donc en capitalisant la
plus-value. » (p.228)
Plus simplement, la transformation de marchandises en plus-value, le
bénéfice, la transformation du bénéfice en capital qui permet d’investir dans un
grand nombre de marchandises, la transformation des marchandises en une plus
grande plus-value, etc…. Donc, selon Marx, le capitalisme fonctionne par cycles,
qui permettent de faire grossir un capital de départ.
Il est donc évident que l’impôt entrave ces cycles du capitalisme, en ce
qu’il ralentit la croissance du bénéfice et donc de toute la chaîne qui en suit. Les
entreprises ont donc commencé à établir des montages financiers cohérents avec
leur temps. Le développement des paradis fiscaux va donc de pair avec cette
période. Mais quelle est cette époque ?

Il est important de comprendre la dynamique qui s’est établi durant cette


période. Au cours du XVIIIe et du XIXe siècle, se développe, par le biais
d’intellectuels, des doctrines économiques qui aboutissent à une synthèse : le
libéralisme économique. Celui-ci se base sur trois grands principes : de l’ordre, de
l’autonomie et de la régulation par marché.

L’ordre, premièrement, découle directement d’une doctrine de respect de


l’ordre naturel des choses. Ce respect se base sur trois grands concepts : la liberté,
la propriété et l’autorité.
La liberté est le concept le plus important. En effet, celui-ci garantit tout
être humain des droits et devoirs. Par extension, liberté atteint d’autres secteurs
que simplement l’être humain, en arrivant sur les échanges commerciaux ou les
marchés, dans le cas de l’économie.
La propriété est une conséquence directe de la liberté. Si l’on admet que
la liberté de l’humain lui confère des droits, le droit de posséder des choses devient
donc une évidence. Ce droit de propriété est essentiel dans l’économie, car il
permet de différencier le patron du travailleur, le droit du patron étant de posséder
une entreprise.
L’autorité dans cette doctrine, est une tâche conférée à l’État. Mais, il ne
s’agit pas de faire respecter les idées que portent les dirigeants. Il s’agit de
l’assurance du respect de l’ordre naturel des choses, qui permet donc, finalement,
de garantir le principe d’ordre au complet.

L’autonomie, deuxièmement, vise à développer une société dans laquelle


les êtres humains et les entreprises prennent des décisions de manière autonome,
en prenant en compte les responsabilités qui incombent à ces choix. Il s’agit là
d’une idée qui vise à émanciper la société d’un État trop fort, qui dirigerait trop
fortement l’économie.

6
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

La régulation par le marché, enfin, arrive en synthèse des deux points


précédents. Si l’on peut apercevoir une contradiction entre l’ordre et l’autonomie
par le fait que les choix autonomes peuvent conduire à bouleverser l’ordre, les
théoriciens libéraux développent l’idée que le marché est une entité, qui se régule
selon l’ordre par les choix des acteurs économiques. En bref, le marché n’est plus
seulement la rencontre entre l’offre et la demande, mais une entité presque
vivante, qui parvient à servir la société. Ce concept est le plus important dans le
libéralisme économique, et souvent le critère qui permet déterminer si une
économie est libérale ou non.

Le libéralisme économique arrive donc à point lorsque l’État n’intervient


plus du tout dans l’économie. Or, en 1929, le fameux krach boursier se produit et
mène à une crise qui déséquilibre tous les marchés, tant financiers que ceux du
travail. Les conséquences sont mondiales et la théorie libérale ne tient plus. En
effet, si le marché s’auto-régulait, il aurait surmonté la crise. Or, le chômage a
explosé, C’est à cette période que se développe une nouvelle pensée économique
qui fait intervenir l’État dans l’économie, afin, justement, de réguler le marché et
en aider les acteurs. L’État passe de passif à actif, ce qui implique donc de
restreindre les entreprises. Le nom donné à cette pratique est État-Providence. Or,
dans les 1970 à 1980, cette forme de l’État ne tient plus et le secteur privé
redevient dominant. L’ère du libéralisme ne reviendra pas pour autant. Le système
économique et politique parvient à trouver un compromis entre ces deux phases.
Il s’agit de l’apparition du néolibéralisme. Cette doctrine s’oppose à l’idée d’un
marché indépendant et détermine qu’il est une construction politique. Et cette
construction se fait par l’intermédiaire des États, en signant des traités ou en
ouvrant des marchés qui seront pris en main par des entreprises privées.

Il s’agit de notre monde actuel dans les pays développés. Il convient donc
de conclure avec quelque chose d’important à propos des paradis fiscaux : les
États favorisent le secteur privé en intervenant pas, mais ont tous les pouvoirs de
le faire.

C. Facteurs de développement

À ce jour, le contournement de la fiscalité n’est pas le fait d’éviter les ports


d’une ville qui taxe les importations. Aujourd’hui, il s’agit de s’implémenter ou
d’utiliser les outils d’un autre pays afin d’éviter celui d’un autre. Comment cela est-
il possible ?

Tout d’abord, le développement de la mondialisation est le facteur clé de


la possibilité de changer de résidence fiscale. Lorsque les pays ne formaient pas
une communauté internationale, il était difficile, voire impossible, pour les
entreprises et les particuliers de partir pour éviter la fiscalité. Or, depuis l’époque
de la colonisation, chaque pays colonisateur se devait de collaborer avec les autres
afin de déterminer les limites des territoires coloniaux. Dans ce contexte, l’on peut
placer l’année de 1602, qui voit la création de la Compagnie de Indes orientales

7
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

hollandaises, comme le début de la globalisation avec cette entreprise, considérée


comme l’une des premières multinationales. Il s’agit là du début de la
mondialisation. Mais le concept se développe réellement

D’autre part, l’essor d’Internet a permis une expatriation fiscale beaucoup


plus simple. Par exemple, dans le documentaire "Panama Papers" Paradis fiscaux :
le casse du siècle de Cash Investigation, produit par France Télévisions et qui traite
du scandale de la fuite de documents de sociétés enregistrées au Panama et dans
d’autres paradis fiscaux, l’on voit une scène où un journaliste utilise une plateforme
en ligne pour mettre de l’argent dans un paradis fiscal. En résumé, l’agence se
charge de créer une société écran avec un dirigeant résident du pays concerné.
Elle se charge également de l’ouverture d’un compte bancaire lié à l’entreprise.
Cela permet, grâce à la juridiction peu regardante sur l’utilisation de l’argent d’une
société, de dépenser les fonds injectés dans le compte bancaire (qui doivent
normalement servir à la société) en tant que dépenses personnelles. Les sommes
qui sont envoyées dans le pays étranger ne sont finalement pas imposées (ou très
peu, selon le taux en place dans le pays) même si elles sont générées dans un État
qui pratique l’impôt sur la fortune

PARTIE III

TENTATIVES DE RÉGLEMENTATIONS

A. Réglementation des organisations internationales

Face

B. Listes noires et grises

Plusieurs organismes internationaux établissent des listes, noires ou grises,


qui classent les nations qui ne collaborent pas et qui ont des pratiques
problématiques vis-à-vis de l’impôt et de la législation. Deux principaux
organismes les font : l’OCDE et l’Union européenne. Dans le cas de l’OCDE, la
liste grise classe les pays soumis à une surveillance et la liste noire

L’Union européenne, ECOFIN, le FMI, et l’OCDE établissent et publient


des listes, qui portent des noms différents selon l’organisme, qui ont pour but
classer

8
Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

C. Lacunes du système actuel

Le système de « répression » et de classement actuel comporte de grands


problèmes, notamment au niveau des listes. Un exemple parlant est celui de la
Principauté de Monaco. Le pays est très connu pour sa sympathie fiscale,
fortement auprès des grosses fortunes françaises voulant fuir le taux élevé dans
l’Hexagone. En effet, cet État indépendant possède un taux d’imposition direct sur
les personnes physiques de 0%. Or, depuis 2009XX, il ne figure plus sur liste noire
ou grise des organisations internationales. Comment est-ce possible ?
Pour sortir de l’une de ces listes, il suffit de signer des traités d’échanges
d’informations avec plusieurs pays. Monaco a donc engagé les procédures en
question et a signé les derniers accords pour sortir de la liste noire. Ces pays sont :
Andorre, l’Autriche, les Bahamas, la Belgique, les États-Unis, la France, le
Liechtenstein, le Luxembourg, le Qatar, les Samoa, Saint-Marin et Saint-
Christophe-et-Niévès99. L’on voit tout de suite le problème : sur ces douze pays,
beaucoup cochent une ou plusieurs cases d’un paradis fiscal.

Andorre est considéré comme le pays ayant la fiscalité la plus avantageuse


d’Europe99 (taux d’imposition de 10% au maximum sur les personnes physiques et
morales, TVA de 4,5% à l’heure où la moyenne européenne est à plus de 20 %,
imposition sur l’héritage de 4%).

L’Autriche applique toujours le secret bancaire et est donc le dernier pays


européen à le faire.

Les Bahamas n’appliquent aucune imposition sur le revenu, sur la fortune


et sur les successions et, de plus, appliquent le secret bancaire99.

La Belgique a été longtemps le pays d’accueil de Bernard Arnault99, PDG


milliardaire de LVMH et homme le plus riche du monde99, où il avait une fiscalité
intéressante99.

Les États-Unis possèdent une fiscalité différente selon les États. Le


Delaware présente un régime fiscal comparable à une caricature de paradis fiscal
des Caraïbes99 (aucune taxe sur les revenus provenant d’autres États, aucune TVA,
confidentialité pour les dirigeants de sociétés, etc…).

La France, pays réputé comme ayant le plus de prélèvements obligatoire99,


a effectivement signé un accord avec Monaco. Or, celui-ci date de 196399. Le pays
étant sorti en 2009, l’on peut légitimement se demander de sa valeur à ce moment-
là.

Le Liechtenstein permet l’ouverture d’une Anstalt (établissement en


Allemand). Il s’agit d’une holding (société qui détient des actions d’autres
sociétés), qui permet de s’affranchir de l’impôt sur les sociétés de 12% et d’une
protection des actifs, utile en cas de succession99.

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

Le Luxembourg n’applique pas d’impôt sur la fortune ni d’impôt sur la


fortune immobilière99. De plus, les entreprises profitent d’un impôt de 15% à 17%,
à l’heure où la moyenne européenne est d’environ 21.4%99.

Le Qatar n’applique aucun impôt sur le revenu, aucune TVA ni d’impôt


foncier99. Le pays est d’ailleurs exonéré de toute liste en raison des liens qu’il
entretient avec certains pays européens, comme la France99. Il n’en reste pas
moins un paradis fiscal.

Les Samoa offrent des réductions d’impôt pour les nouvelles entreprises
qui s’implémentent sur le territoire et des suppressions de taxes douanières sur
les importations99.

Saint-Marin figurait jusqu’en 2009 sur liste noire de l’OCDE99, année de la


signature du traité99.

Saint-Christophe-et-Niévès propose certains arrangements pour les


personnes physiques et morales dans certaines conditions : suppression de l’impôt
pour les sociétés offshores et suppression de l’impôt sur le revenu dans certaines
branches de l’économie.

En bref, sur les douze pays ayant signé des traités d’échanges
d’informations fiscales, onze ont des pratiques « dommageables » selon l’OCDE et
plusieurs d’entre eux ont déjà fait partie de la liste noire. De surcroît, le traité
d’échange avec la France (seul pays n’ayant pas ce genre de pratiques) est vieux
de plus de quarante-six ans à la date de la sortie de la liste. L’on comprend donc
bien le problème : sortir de la liste est très facile, à tel point que Monaco n’est donc
pas officiellement un paradis fiscal.

Le deuxième problème que posent les listes se comprend lorsqu’on les lit.
Par exemple, la liste noire de l’Union européenne publiée en date du 20 février
2024 donne les territoires suivants : Anguilla, Antigua-et-Barbuda, les Fidji, Guam,
Palaos, Panama, la Russie, les Samoa, les Samoa américaines, Trinité-et-Tobago,
les Îles Vierges américaines et le Vanuatu. Seulement, parmi ces territoires, tous
ne sont pas des pays indépendants. Anguilla est un territoire d’outre-mer
britannique et Guam est un territoire non incorporé américain, comme les Samoa
américaines (à ne pas confondre avec les Samoa) et les Îles Vierges américaines.
Ces territoires dépendent de nations qui font elles-mêmes partie de l’OCDE et
sont donc censées lutter contre les pratiques des paradis fiscaux. Ne serait-il pas
facile pour elles de changer les régimes fiscaux en place sur ces territoires ? De
plus, l’inclusion de la Russie est hors-propos, étant donné que le pays a coupé tout
lien avec l’Union européenne depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022.

En quelques mots, le concept de listes semble peu utile, dans la mesure où


en sortir n’est pas compliqué, de surcroît dans la mesure où les échanges
d’informations peuvent être signés avec des pays qui sont eux-mêmes des paradis

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

fiscaux ou qui ont des pratiques de cet acabit, certains paradis fiscaux reconnus
n’y sont pas inscrits pour des raisons d’alliances politiques et que des territoires
de pays importants de l’OCDE ou de l’Union européenne sont inclus dans ces
listes.

Ensuite, il y a gros problème au niveau des sanctions que devraient


appliquer les pays membres des organisations qui publient des listes. Or, ces
sanctions semblent inexistantes. Cela pour une raison facilement compréhensible :
les nations sont souveraines et ne peuvent pas, en principe, être sanctionnées par
d’autres en raison de leur législation.

Enfin, « Les oublis et non-dits » (Rocchi & Terray, 2011) à propos des
paradis fiscaux. Nous avons que la France se place comme l’antithèse des paradis
fiscaux, en ayant le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé du monde. Mais,
qu’en est-il réellement ? Pour être rigoureux, cette affirmation est vraie, si l’on
exclut (comme souvent) tous les départements, collectivités et territoires d’outre-
mer français. En effet, de la même manière que le Royaume-Uni et les États-Unis,
des législations locales différentes sont en place dans un bon nombre d’entre eux.
Par exemple, en Polynésie française, l’impôt sur le revenu, sur les successions et
sur la fortune n’existent pas. Selon les critères de l’OCDE, il s’agit d’un paradis
fiscal (cf. P.I, A. Définition — absence ou l’insignifiance de l’impôt). Wallis-et-Futuna
est un refuge pour les sociétés écran et est également une niche à pavillons de
complaisance. Lutter contre le secret bancaire suisse, la fiscalité avantageuse
d’Andorre ou encore la flotte commerciale panaméenne relève donc d’une
hypocrisie. Il faut balayer devant sa porte avant celle du voisin, en des termes plus
populaires.

Le système actuel est rempli de failles, qui laissent entrevoir un récit


différent sur la vision courantes des paradis fiscaux. Une vision qui pousse à
penser autre chose que « paradis fiscal » est égal à « parasite de l’économie ».

D. Le cas de la Suisse

Historiquement, la Suisse est un pays reconnu comme idéal pour fuir


l’impôt. Mais son plus gros atout est l’application strict et durant de nombreuses
années du secret bancaire.

Une pratique de discrétion était appliquée depuis plus d’un siècle et, en
1934, le pays adopte la Loi sur les Banques et les Caisses d’épargne, qui prévoit
des poursuites juridiques si l’identité d’un client est dévoilée. Les peines encourues
sont lourdes : trois ans de prison au minimum en plus d’une amende dans le cas
d’une transgression du secret bancaire. Même si l’acte est involontaire, la loi
prévoit jusqu’à 250'000 CHF d’amende dans le cas de négligence. On le
comprend, le secret bancaire est quelque chose d’important et de sérieux dans

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

l’histoire de la Suisse. Ce statut a valu au pays d’être placé dans la liste grise de
l’OCDE de 2009.
Qu’en est-il aujourd’hui ? La crise des subprimes de 2007-2008 fragilise les
banques suisses. Durant ce chaos économique, un ancien employé au siège d’UBS
de Genève ayant des conflits internes avec la banque, décide de dénoncer les
pratiques d’UBS aux autorités de son pays. Il dévoile que bon nombre de riches
Américains ont utilisé des comptes secrets en Suisse afin d’échapper au FISC des
États-Unis. Face à la toute puissance américaine, la Confédération a dû faire des
concessions qui lui ont coûté, pour ainsi dire, la levée du secret. En réalité, la loi
est toujours en vigueur. Le changement vient des échanges de renseignements.
Auparavant, la Suisse coopérait s’il y avait suspicion d’activités illégales, comme
le terrorisme, le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. Or, depuis le 18 février
2009, la fraude et l’évasion fiscale ne sont plus distinctes dans les échanges de
renseignements.
Il s’agit donc de la fin du secret bancaire en Suisse en ce qui concerne les
fortunes venant de l’étranger. En effet, s’il y a suspicion d’évasion fiscale, il y a
suspicion de fraude fiscale et le pays est donc obligé, par les traités, de fournir les
informations nécessaires à qui le demande.

En réalité, les pressions américaines n’étaient pas contre le fait que la


Suisse soit, en soi, un paradis fiscal, mais qu’elle fait concurrence au système de
paradis fiscal interne au pays. Depuis 2009, le pays n’a cessé de grimper dans les
classements d’indice d’opacité financière. TJN classe le pays premier en 2022 sur
sa liste. Que cela signifie-t-il ? Premièrement, que les États-Unis sont le premier
pays, terme d’importance, à servir de dissimulation de capitaux. Deuxièmement,
cette lutte contre la Suisse était dans l’intérêt de descendre un concurrent.

En bref, la Suisse a longtemps eu la réputation de paradis fiscal à cause de


sa législation bancaire. Or, depuis sa levée, cet avantage n’a plus de sens. Le pays
reste, tout-de-même, un refuge pour les grosses fortune européennes, grâce à sa
fiscalité plus intéressante, en moyenne. Malgré la fin du secret bancaire, la Suisse
reste donc une niche fiscal importante, sans pour autant être un paradis fiscal.

PARTIE IV

Perspectives d’avenir

A. Durcissement des lois

À l’heure actuelle, s’expatrier dans un paradis fiscal est exempt de toute


répression, dans la mesure où elle est justifiée. Le déménagement d’une société

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

aux Bahamas, par exemple, avec tous les avantages fiscaux liés, ne peut pas être
réprimandé si une justification valide est apportée. Il appartient donc aux États qui
souhaitent éviter la fuite vers l’étranger de mettre en place de lois qui dissuadent
les citoyens de partir.

Tout d’abord, cette idée n’est pas nouvelle.

B. Défis futurs

C. Cryptomonnaies et anonymat

L’essor des cryptomonnaies depuis la crise du COVID-19 pose des


questions sur le contrôle de ces flux. On estime à 12,7 milliards de dollars la taille
de ce marché et qu’il devrait atteindre 40 milliards d’ici à 2025. Il s’agit donc d’un
gros marché financier, qui fonctionne grâce à un système particulier.

Tout d’abord, il est important de rappeler l’origine des cryptomonnaies.


Ce sont les crypto-anarchistes des années 1980 qui ont émis l’idée d’une monnaie
anonyme et intraçable qui permettrait donc de s’affranchir du contrôle des entités
étatiques, en somme, d’avoir une liberté totale sur l’utilisation de l’argent de
chacun. Satoshi Nakamoto, pseudo d’un anonyme ou d’un groupe de
développeurs, publie le 31 octobre 2008 un document intitulé Bitcoin — A Peer to
peer Electronic Cash System, qui explique le fonctionnement de la première
cryptomonnaie, Le Bitcoin, avec le réseau blockchain. Comprendre son
fonctionnement n’est pas important ici. Il faut retenir que les transactions dans
cette monnaie sont inscrites sur la blockchain et ne fait donc recours à aucun autre
système, y compris donc des systèmes financiers des États.

Aujourd’hui, il existe un très grand nombre d’autres monnaies utilisant la


blockchain (Ethereum, Monero et bien d’autres) et dont les transactions
échappent donc aux institutions de contrôle des nations.

Il s’agit donc là d’une nouvelle solution d’échapper à l’impôt, dans la


mesure où le capital reste sur des portemonnaies crypto car la plus-value — c’est-
à-dire le bénéfice réalisé dans une monnaie comme l’Euro ou le Dollar, par
exemple — est imposé dans la plupart des pays européens. Or, pour utiliser son
patrimoine crypto, aujourd’hui, il est quasiment obligatoire, en premier lieu, de
vendre ses Bitcoin ou autres — en somme, convertir la monnaie virtuelle en
monnaie réelle — et de transférer les sommes générées par un virement sur un
compte bancaire classique. Cela explique la quantité énorme de traders
indépendants s’étant établit à Dubaï, où la fiscalité est très avantageuse (aucun
impôt sur le revenu).

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

2024 n’est donc pas encore l’année où les transferts d’argent se font
totalement avec ces monnaies virtuelles — les services proposant le paiement par
ce biais sont encore rares — et donc, n’est pas l’année de l’évasion fiscale par les
cryptomonnaies. Malgré les énormes flux transitant par ce système, le fait que son
utilisation commune dans la société soit limitée, empêche la libération totale des
institutions financières de contrôle. Mais, l’on peut facilement spéculer au sujet
d’un futur proche avec une démocratisation énorme de ces monnaies et donc un
développement du contournement fiscal par ce moyen et non plus par
l’expatriation dans un autre pays. Seul l’avenir peut nous le dire.

PARTIE V

ANALYSE PERSONNELLE

"Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y


aurait une révolution avant demain matin." (Henry Ford)

De la même manière que le dit Henry Ford, le système financier et


économique mondial est si complexe et caché qu’il échappe à la majorité et n’est
accessible qu’à une infime minorité. Le fait de dénoncer les paradis fiscaux sert à
retenir ceux qui ont peur. Mais en réalité, ceux qui sont les plus influents de la
sphère économique et qui donc connaissent les rouages profonds du système
savent et ne bougent pas. De plus, ils sont souvent accompagnés d’une armée
d’avocats, qui sauront, au minimum, minimiser les sanctions encourues.

Il peut sembler que ce point de vue est complotiste. En réalité, le complot


n’est plus un complot lorsqu’il est prouvé. Dans le cas des paradis fiscaux, de
nombreux éléments convergent vers une pensée bien plus nuancée que l’avis du
premier abord. Les plus importants acteurs de l’économie ont

PARTIE VI

CONCLUSION
Il devient plutôt évident, après une analyse approfondie du sujet, que le
phénomène « paradis fiscal » ou du monde de la finance offshore n’est pas une
anomalie ou une dérive du système actuel, mais plutôt un outil, très utile par

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

ailleurs. Le recours à l’absence de fiscalité est utilisé partout, tout le temps, dans
tous les secteurs de l’économie. Trois derniers exemples le prouvent très bien :
McKinsey, Qatar et le Shadow Banking.

Premièrement, le cabinet de conseil McKinsey & Company est un allié de


l’Élysée depuis l’investiture d’Emmanuel Macron, en 2017. Le président français y
prend conseil par l’intermédiaire de sa filiale française. Or, les opérations de cette
filiale sont pilotées depuis la société mère qui se trouve au Delaware, paradis fiscal
des États-Unis. L’agence de consulting a organisé un montage financier afin de ne
payer aucun impôt, ni en France ni aux États-Unis. L’entreprise n’a versé aucun
impôt entre 2011 et 2020. Cette histoire a conduit à une polémique en France en
2021. L’on comprend donc que les personnes à la tête de l’État français n'ont pas
de problème à dépenser des millions d’euros en conseils, sans que les finances
publiques puissent en profiter.

Ensuite, la France est un paradis fiscal qatari. Étonnant ? C’est pourtant


l’exacte vérité. En effet, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 2008, la France
a signé avec le pays du Golfe un traité qui exonère tout ressortissant qatari de
l’impôt sur la fortune. De plus, s’ils sont propriétaires de biens immobiliers, ils ne
paient pas d’impôt sur le revenu si les biens sont mis en location. Ces mesures ont
été mises en place dans un but d’entraide : en échange, le Qatar doit investir 10
milliards d’euros en France. Le pays européen a donc choisi d’éventuellement se
passer de potentielles énormes sommes afin d’offrir des débouchés économiques
à son partenaire de Moyen-Orient.

Enfin, le shadow banking est un concept qui concerne la finance qui


intervient hors des cadres traditionnels bancaires. Ce sont donc les opérations
financières qui sont faites en dehors de tout contrôle, avec des systèmes d’opacité
qui permettent d’échapper aux juridictions du système bancaire. Ce phénomène
a une importance énorme pour l’économie mondiale car il pèse, selon une
estimation du FSB (Financial Stability Board) en 2017, 92'000 milliards de dollars,
plus de 10'000 milliards de plus que le PIB mondial cette année. Il devient clair
que ce système parallèle a une telle importance que son recours est fortement
généralisé et commun.

En conclusion, le paradis fiscal est un outil utile au maintien du capitalisme.


« Un obstacle supplémentaire tient à ce que la finance offshore ne repose pas
seulement sur l’addition de territoires identifiés comme paradis fiscaux, mais
qu’elle est devenue l’une des colonnes vertébrales de l’économie mondiale en
développant une pratique particulière du principe de souveraineté politique. »
(Chavagneux & Palan, Les paradis fiscaux, 2012). Cette citation montre que
l’économie actuelle tient, en grosse partie, grâce
« Une économie qui réussit est fondée sur la prolifération des riches. Pour
aider les pauvres et les classes moyennes, il faut diminuer le taux d’imposition des

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

riches. » Ce sont les mots de Gilder dans Richesses et pauvreté (Weatlh and Poverty),
publié en 1980. L’auteur critique ici le fait que les plus riches qui paient pour les
plus pauvres, poussent ces classes dans un cercle vicieux, qui les rend toujours
plus pauvres. Selon lui, la clé d’une économie efficace — évidemment dans un
circuit capitaliste, le communisme ayant montré ses limites — est de laisser
pleinement les grands patrons profiter de leur argent, sans entraver leurs gains.
Comme nous l’avons vu, tous les pays s’arrangent avec leur fiscalité et
prennent des mesures que, eux-mêmes, peuvent dénoncer à travers les
organisations dans lesquels ils sont membres. L’économie devient la plus prospère
lorsque qu’elle repose sur des États permissifs qui permettent aux plus riches de
s’affranchir des prélèvements qui les freinent dans la construction de leur richesse.

Le manque à gagner étant énorme, les États-Unis pourraient facilement


renverser un gouvernement et instaurer des taux plus élevés, ou alors d’y mettre
des embargos et des sanctions économiques. Le pays ne s’en est jamais privé
lorsqu’il y trouvait un intérêt économique (Cuba, Venezuela, Iraq, etc…). Or, ici,
rien. Il va même jusqu’à protéger le Panama, en ne faisant quasiment rien contre
les Américains propriétaires de navires immatriculés dans le pays d’Amérique
Centrale. Les États-Unis, pays le plus capitaliste qu’il puisse exister, figure de
proue de la Guerre Froide, a lutté contre la Suisse car celle-ci posait une
concurrence au système fiscal avantageux américain, et non pas dans le but de
couper un bras lourdement armé de la finance offshore. Il s’agit d’un exemple à
propos des États-Unis mais cela vaut pour beaucoup de pays, notamment les
membres de l’Union européenne, qui ont d’ailleurs, pour beaucoup, rejoint les
Américains dans ce genre d’opérations à intérêts économiques.

En somme, il semble que les gouvernements et les organisations


mondiales ont trouvé leur intérêt dans l’optimisation fiscale, et continue de lutter
contre la fraude. Les membres de l’OCDE continuent de mettre des mesures en
place afin de limiter la fuite des capitaux, mais semblent avoir compris que l’arrêt
total de ce système semble, premièrement, impossible et, deuxièmement, contre-
productif.

Une dernière citation de Karl Marx peut confirmer cette logique de


maintien du capitalisme :

“Il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des
impôts et toujours plus d’impôts.”

Sur un autre plan, dans le cas où une industrie peut s’économiser sur les
sommes qu’elle doit à l’État, elle pourrait investir plus dans la qualité, la sécurité,
etc… L’on peut faire un parallèle avec l’idée de vendre l’énergie nucléaire à des

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Gamba Antoine Les paradis fiscaux 2024

entreprises privées : cette délégation d’une entreprise purement régalienne à la


base est souvent critiquée pour les risques énormes que cela pose si elle décide
d’investir moins dans la sécurité du site. Ne serait-il pas mieux que l’industrie
pétrochimique, de l’aviation puissent assurer la sécurité des sites et des clients ou
encore que les banques qui assurent les emprunts des citoyens puissent continuer
à le faire en économisant plusieurs millions par an en contournant la fiscalité de
leur pays d’implémentation originel ? Les États semblent avoir déjà fait le choix.

PARTIE VII

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