0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
55 vues4 pages

Sans Nom 1

La rage de l'expression est un recueil de Francis Ponge publié en 1952, qui révèle le processus créatif du poète à travers des notes préparatoires et des réflexions sur la langue. Ponge y explore la nature, l'objet et l'expression, tout en soulignant l'importance d'une approche respectueuse et attentive à l'environnement. Ce recueil, qui se veut un atelier poétique, témoigne également d'un engagement politique face aux enjeux de son époque.

Transféré par

yemochris9
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
55 vues4 pages

Sans Nom 1

La rage de l'expression est un recueil de Francis Ponge publié en 1952, qui révèle le processus créatif du poète à travers des notes préparatoires et des réflexions sur la langue. Ponge y explore la nature, l'objet et l'expression, tout en soulignant l'importance d'une approche respectueuse et attentive à l'environnement. Ce recueil, qui se veut un atelier poétique, témoigne également d'un engagement politique face aux enjeux de son époque.

Transféré par

yemochris9
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

La rage de l'expression, Francis Ponge

• 1952
• Francis Ponge
Genres
• Poésie
Contexte

Cette fiche de lecture fait partie du programme pour le bac de


français 2024.

Cours sur La rage de l’expression en 1ere

La rage de l’expression est un recueil publié en 1952, donc


relativement peu de temps après la Seconde Guerre mondiale. À ce
moment-là, Francis Ponge est déjà un poète reconnu des milieux
littéraires et du public grâce au Parti des choses en 1942 et à
Proêmes en 1948. Il entre dans une nouvelle phase de son écriture,
puisqu’il est décidé à montrer les coulisses de la création. La rage
de l’expression se présente donc comme l’atelier du poète. Il s’agit
d’un recueil de notes préparatoires, d’anecdotes, de brouillons, de
correspondances ou de recherches étymologiques qui mettent en
évidence la façon dont Ponge a travaillé pour écrire sept textes
publiés entre 1938 et 1944. En parallèle, il devient professeur à
l’Alliance française, et donne une série de conférences en Europe
dans lesquelles il présente quelle est sa conception de la poésie.
Ponge déploie donc des efforts inédits pour montrer au public que
l’écriture poétique est davantage un travail acharné sur la langue
qu’une question d’inspiration.

Personnages

Le poète : Ponge essaie de montrer comment il travaille. Il choisit


donc une parole descriptive qui dit les hésitations et les reprises qui
conduisent à l’élaboration du texte et à la découverte du mot juste.
Une parole en mouvement perpétuel, jamais définitive. Mais c’est
bien sa méthode personnelle que propose Ponge, et celle de
personne d’autre. Il ne prétend pas imposer sa façon de faire. Il
tient plutôt un journal poétique qui rend compte de son exigence,
de ses doutes, et de tout ce qui compte pour lui.
Les oiseaux : En divaguant sur le mot « oileau » ou « oiveau » qui,
à ses yeux, correspondrait davantage pour désigner les oiseaux,
Ponge indique à quel point ces animaux sont importants pour lui. La
« guêpe » ou les très nombreuses « bêtes à plumes » dont il fait la
liste dans « Notes prises pour un oiseau » sont des ressources
inépuisables de rêveries et de travaux exploratoires sur le langage.
Mais ce n’est pas tant ce à quoi il ressemble que leurs noms
scientifiques qui attirent l’attention du poète.
La végétation : La faune et la flore sont les sujets principaux de la
poésie de Ponge, mais dans La rage de l’expression c’est surtout la
végétation qui est représentée. La première section décrit les bords
de la Loire, la deuxième l’œillet, puis viennent le mimosa et le bois
de pins.

Thèmes

La nature : Le projet poétique de Ponge est ambitieux : il veut


donner la parole au monde muet. La nature tient une place
privilégiée dans ce projet. L’enjeu est de montrer que le monde qui
nous entoure n’est pas simplement un décor dans lequel nous
évoluons ou un pourvoyeur de ressources. Il a son autonomie, ses
facultés d’expression. Humblement, le poète doit tenter de rendre
compte de ces propriétés, sans les juger, sans les prendre de haut,
mais simplement en les observant et en les décrivant. Lire La rage
de l’expression revient à découvrir des espèces rares, peut-être
inconnues du lecteur comme « le choucas », ou à s’attarder
longuement sur des détails de certaines espèces auxquels on ne

2
prête pas attention (la constitution de l’œillet par exemple).
L’objet : Préférant le néologisme « objeu » au mot « objet », Ponge
marque ainsi son rapport ludique à la langue. Pour lui, décrire un
objet dans ses moindres détails, l’épuiser, est un véritable bonheur.
Cela revient à découvrir qu’un objet particulier, le mot, a des
ressources infinies pour décrire tous les autres objets que nous
pouvons rencontrer. Ponge se met donc au service de l’objet et ne
le soumet pas à son imagination. Quand il cherche à « épuiser » le
bois de pins, ce n’est pas pour en donner une représentation
abstraite, mais pour trouver un moyen de dire toute sa vérité.
L’expression : Comme le titre l’indique, La rage de l’expression est
une réflexion profonde sur les pouvoirs de l’expression. Ponge
cherche une coïncidence entre le mot et la chose à travers une
multitude de procédés qu’il teste sous les yeux du lecteur. Si
besoin, il n’hésite pas à inventer de nouveaux termes pour montrer
comment l’agencement inédit de syllabes peut mieux rendre
compte du réel. En creux se lit le pouvoir du langage sur les
esprits : celui qui manipule bien la langue peut très vite influencer
les esprits. Contre la langue de la propagande qui s’est répandue
dans l’Europe en guerre, Ponge en appelle à un langage plus exact
pour ne plus tromper ceux qui lisent ou entendent des discours.
L’atelier : Ponge est un ami des peintres. Qu’ils aient pour noms
Picasso, Dubuffet ou Braque, il a toujours aimé s’entourer des
artistes les plus talentueux de son époque. Il conçoit son travail
comme le travail d’un peintre, et ce n’est pas pour rien qu’il
emploie souvent le terme « atelier » pour décrire ses recueils. Ses
notes (« Notes prises pour un oiseau ») ressemblent à des carnets
de croquis tenus par un dessinateur. Quand l’un « dissocie la
couleur, les lumières », l’autre « dissocie les qualités de l’objet ».
Ainsi, Ponge dévalorise les mots « poète » et « poésie » auxquels il
préfère les mots « peintre » et « peinture ».

3
L’engagement : Une lecture hâtive du recueil ne permet pas de
percevoir la portée résolument politique de l’œuvre. Au sortir de la
guerre, Ponge l’ancien communiste et résistant ne se désintéresse
pourtant pas de la société dans laquelle il vit. De fait, La rage de
l’expression n’est pas qu’un ensemble de notes sur la faune et la
flore, c’est aussi un exemple de la façon dont l’homme peut se
situer par rapport au monde. En effet, plus l’homme fera attention à
son environnement, mieux il le respectera. Ponge considère que la
relation poétique au monde, qui passe par sa connaissance intime,
implique un grand respect de celui-ci. Plutôt que des discours creux
sur la politique, Ponge propose un discours très concret sur les
mots, les animaux et les plantes, qui nous ancre un peu mieux avec
le réel et nous oblige à trouver des solutions pour le défendre.

Vous aimerez peut-être aussi