1.
Rappel des faits juridiques
Mme Delporte, cliente d'une boutique, a choisi de réaliser sa première commande en ligne. Elle a
créé un compte sur le site internet de l'entreprise (nom d'utilisateur : edelporte et email :
ELISABETH@delporte85). Ensuite, elle a sélectionné ses produits (des berlingots nantais et de la pâte
à tartiner) dans un panier virtuel, validé sa sélection, vérifié ses coordonnées postales et accepté les
conditions générales de vente. Enfin, elle a procédé au paiement par carte bancaire et a reçu un
courriel confirmant la commande et le règlement.
2. La question juridique
Le contrat électronique conclu par Mme Delporte respecte-t-il les conditions de validité prévues par
la loi pour être juridiquement valable ? Si ce n’est pas le cas, quelles modifications doivent être
envisagées ?
3. Règles juridiques applicables
Selon le Code civil et le Code de la consommation, un contrat électronique doit respecter plusieurs
conditions de validité.
Premièrement, le consentement des parties doit être libre et éclairé, conformément aux articles
1128 et suivants du Code civil. Cela signifie que le consentement ne doit pas être vicié (par erreur,
dol ou violence). En matière de contrat électronique, l’acceptation doit être claire et explicite,
souvent matérialisée par le fait de cocher une case confirmant l'acceptation des conditions générales
de vente (CGV).
De plus, les parties au contrat doivent avoir la capacité juridique de contracter (article 1146 du Code
civil). Cela implique que les personnes concernées doivent être majeures et ne pas être sous tutelle
ou curatelle.
Mais aussi, avant la conclusion du contrat, l’entreprise doit fournir des informations claires et
obligatoires au consommateur, comme le précise l’article L221-5 du Code de la consommation. Ces
informations incluent la description des produits ou services, le prix total (taxes et frais compris), les
modalités de paiement et de livraison, ainsi que les droits du consommateur, notamment le droit de
rétractation (14 jours pour un achat en ligne).
Il faut aussi savoir que la validation du contrat doit respecter le principe du double-clic ou un
processus équivalent (article 1127-2 du Code civil). Cela garantit que le consommateur a la possibilité
de vérifier et de corriger sa commande avant de la confirmer définitivement. Par ailleurs, une fois le
contrat conclu, l’entreprise doit envoyer un accusé de réception électronique confirmant l’achat.
Enfin, l’entreprise a une obligation de conservation et d’archivage. Le contrat doit être accessible au
consommateur, et ce dernier doit pouvoir le consulter ultérieurement, notamment via son espace
personnel sur le site.
4. Application au cas présent et solution proposée
Application au cas de Mme Delporte :
Mme Delporte a manifesté son consentement de manière explicite. En effet, elle a sélectionné ses
produits, vérifié ses coordonnées postales, et accepté les CGV avant de procéder au paiement. Cela
semble conforme au principe du consentement libre et éclairé prévu par le Code civil.
Concernant sa capacité juridique, rien dans l'énoncé ne laisse supposer que Mme Delporte n’aurait
pas la capacité légale de contracter. Elle est donc présumée en mesure de conclure ce contrat
électronique.
En ce qui concerne les informations précontractuelles, on peut supposer que la boutique en ligne a
respecté ses obligations, notamment en affichant la description des produits, le prix total et les
modalités de livraison. Cependant, une vérification sur le site serait nécessaire pour s’assurer que le
droit de rétractation, les frais éventuels, et les conditions générales de vente sont bien clairement
indiqués avant la finalisation de la commande.
Le processus de validation semble conforme au principe du double-clic : Mme Delporte a confirmé sa
commande via un panier virtuel, puis a reçu un courriel attestant la finalisation de l’achat. Cela
prouve également le respect de l’obligation d’envoyer un accusé de réception.
Solution proposée :
Si des éléments obligatoires manquent, tels que des mentions explicites sur le droit de rétractation
ou la possibilité d’accès au contrat après l’achat, l’entreprise devra corriger ces lacunes. Elle devrait
notamment s’assurer que les CGV sont accessibles facilement et que le courriel de confirmation
inclut toutes les informations nécessaires, telles que les droits de Mme Delporte en cas d’annulation
ou de réclamation.
De plus, pour renforcer la transparence, l’entreprise pourrait permettre à Mme Delporte d’accéder à
un récapitulatif détaillé de sa commande et de ses droits via son espace client. Cela garantirait une
conformité totale avec les exigences légales.