LA DISSERTATION SUR L’ŒUVRE ET LE PARCOURS. METHODE.
1. Qu’est-ce que c’est ?
La dissertation sur l’œuvre (et le parcours associé) est un exercice d’écriture entièrement rédigé, qui consiste à conduire
une réflexion personnelle organisée et argumentée sur une question littéraire portant avant tout sur une des œuvres au
programme et aussi, si c’est possible, sur les œuvres étudiées dans le parcours associé (lecture linéaire n°4 et lecture cursive
+ différentes lectures de l’image).
Pour développer son argumentation, le candidat s’appuie sur sa connaissance de l’œuvre lue et étudiée, afin de
montrer qu’il la connait et qu’il a bien compris ses enjeux et intérêts.
2. Voici les principaux critères de notation :
● Mobilisation permanente de l’œuvre et d’une culture littéraire :
⮚ Des citations exactes tirées de l’œuvre.
⮚ Des résumés justes de passages (chapitres, scènes, actes, épisodes précis) qu’on raconte en lien avec son argument.
⮚ Des références au contexte de l’œuvre (mouvement littéraire), à la biographie de l’auteur, à des personnages étudiés, à la
composition et structure, bref aux cours sur les œuvres.
●
Aptitude à formuler une réponse adaptée, pertinente et argumentée à la question posée dans le sujet et surtout
à la problématique dégagée dans l’intro.
⮚ Arguments nettement distincts, clairs et pertinents.
⮚ Réflexion organisée, progressant de manière visible et respectant les étapes attendues (intro, développement et conclusion)
● Une expression écrite adaptée, claire et correcte, dans sa syntaxe et son orthographe.
3. Trois formes différentes de sujets possibles.
● Une question sur l’œuvre, ou le genre ou le mouvement littéraire.
EX : Qui incarne le héros tragique dans Britannicus ? Vous répondrez à cette question dans un développement structuré. Votre
travail prendra appui sur la pièce de Racine, sur les textes et documents que vous avez étudiés en classe dans le cadre du parcours
associé à cette œuvre, et sur votre culture personnelle.
OU : Le Rouge et le Noir est-il selon vous un roman de la désillusion ? Vous répondrez à cette question dans un développement
organisé en vous appuyant sur le roman de Stendhal, sur les textes et documents que vous avez étudiés dans le cadre du parcours
associé et sur votre culture personnelle.
● Une citation d’auteur ou de critique littéraire posant une réflexion sur l’œuvre.
EX : Dans la préface de sa pièce Phèdre, Racine écrit : « Mon personnage de Phèdre n’est ni tout à fait coupable ni tout à fait
innocent ». En quoi cette citation éclaire-t-elle votre lecture du personnage passionné de Phèdre.
OU : Marguerite Yourcenar a elle-même déclaré que Mémoires d’Hadrien « n’est pas un roman proprement dit ». Qu’en pensez-
vous ?
● Une affirmation qui amène un débat ou qu’il faut prouver.
EX : Montrez en quoi les Essais de Montaigne sont bien une œuvre emblématique du mouvement humaniste.
4. La démarche.
A. Analyser le sujet. (Réflexion à mener au brouillon avant de rédiger quoi que ce soit)
● Lecture minutieuse du sujet et analyse approfondie. Etape indispensable pour éviter le hors-sujet et point de départ pour
l’analyse et la mobilisation des idées. Souligner les mots-clés, les définir précisément s’il le faut (avec le cours ou avec
ses mots à soi) en tenant compte de la polysémie, bien prendre en compte si besoin tous les mots du sujet (les adverbes
« seulement, essentiellement »), identifier les implicites…
● Poser la PROBLEMATIQUE, reformuler le sujet. (Le sujet n’est pas vraiment la problématique) : c’est la question
essentielle, générale, induite par le sujet et autour de laquelle va s’organiser tout le devoir. La question fondamentale de la
problématique peut-être accompagnée de sous-questions.
Cette problématique (et le cas échéant toutes les sous-questions qui y sont liées) sera annoncée dans l’introduction.
Attention, le développement devra bien y répondre !!! Réutilisez les mots ou la formulation de la problématique dans votre
manière de rédiger, lors de l’annonce des thèses notamment.
Reformuler la problématique en conservant le même type de question :
-si c’est une question fermée
Si mon sujet est " est-ce que cette affirmation vous semble vraie ?
Je vais reformuler :
Le lecteur se reconnait-il forcément dans le roman qu'il apprécie?
le lecteur doit-il se reconnaître dans le roman qu'il lit pour l’apprécier ?
la lecture est-elle obligatoire un acte de reconnaissance dans l'oeuvre par le lecteur ?
Lire un roman, est-ce s'identifier au personnage et à son histoire ?
La lecture est-elle un acte d'assimilation du lecteur à sa lecture ?
-si c’est une question ouverte
Si mon sujet est " dans quelle mesure cette affirmation vous semble vraie ?"
Je vais reformuler :
Dans quelle mesure le lecteur se reconnaît-il forcément dans le roman qu'il apprécie ?
De quelle manière le lecteur se reconnaît-il forcément dans le roman qu'il apprécie ?
Dans quelle mesure le lecteur doit-il se reconnaître dans un roman pour l'apprécier ?
Comment le lecteur se reconnaît-il dans le roman qu'il lit ?
Par quels mécanismes de lecture le lecteur s'assimile-t-il au roman qu'il lit ?
B. Elaborer le plan.
● En fonction du sujet, réfléchir au type de plan que l’on va adopter pour trouver les thèses (axes) et les directions
que va prendre mon raisonnement.
Voici les grands types de sujets et donc de plans qui en découlent :
⮚ Le plan dialectique : Thèse /Antithèse /Synthèse (Certes, néanmoins, cependant)
Lorsque la question posée prend la forme d’une interrogation totale, on attend au minimum le développement de deux
réponses possibles à la question (thèse/antithèse), le sujet est délibératif. La première partie tend à valider le jugement soumis à
réflexion, c'est-à-dire à développer la thèse soutenue dans le sujet. Dans la deuxième partie, on montre plutôt les limites de ce
jugement, on le nuance en présentant les arguments qui pourraient le contester). Dans le troisième, on dépasse la confrontation
initiale en proposant un moyen de voir le problème autrement, on déplace le problème à un autre niveau.
Dans le sujet dialectique, il faut éviter d’opposer radicalement les arguments des 2 parties, de rendre le devoir entièrement
contradictoire dans ses arguments. On évite le « plan schizophrénique » (oui/non/ni-oui-ni-non).
Le plan thèse/antithèse est acceptable au bac ; mais il est préférable de proposer une 3° partie (synthèse) : c’est une partie
qui doit être créative, non une sorte de moyenne entre les 2 premières. Il s’agit de proposer une troisième voie pour dépasser l’aporie
initiale plutôt qu’une voie moyenne. Si vous avez du mal, gardez vos quelques idées de synthèse pour la conclusion.
Ex. de question conduisant à un plan dialectique : Pensez-vous que les Fables soient destinées aux enfants ?
⮚ Le sujet qui propose une alternative.
On traite une alternative après l’autre et on peut terminer sur une troisième partie qui, comme dans le plan dialectique,
dépasse l’alternative initiale.
Ex. de question : Dans les Fables de La Fontaine le désir de plaire l’emporte-t-il sur le désir d’instruire ?
⮚ le plan thématique
Ce plan consiste à présenter les différentes facettes d’un sujet, comme on le ferait dans un exposé. Il demande une bonne
connaissance des enjeux d’un objet d’étude. Il ne demande pas de discuter ou de réfuter mais d’illustrer. On ne conteste pas le sujet,
on démontre comment, pourquoi, sous quelles formes…ce que dit le sujet est vrai.
Ex. de question conduisant à un plan thématique : Quelle vision de l’homme se dégage les Fables ?
● Le remue-méninges : recherche des idées et des exemples. On s’appuie sur les cours et notions, sur sa propre réflexion,
et on mobilise ses connaissances sur l’œuvre pour faire émerger arguments et exemples.
● On élabore le plan et on écrit bien le « squelette » de la dissertation. Doivent apparaître clairement (en notes) la thèse
(l’idée directrice, le « titre » de la partie), puis l’argument, puis les explications de l’argument s’il le faut, puis des exemples
précis et commentés (ceux –ci non développés au brouillon).
Exemple de structure à suivre :
Thèse 1 = ………………………………………………. Thèse 2 = ...............................................................
Connecteur Logique 1→ .............................. Connecteur Logique 1→ .........................
ARG 1→ ......................................................... ARG 1→ .....................................................
EXPLE 1→ ........................................................ EXPLE 1→ ........................................................
C. L. 2 →.............................. C. L. 2 →..............
ARG 2 → .......................................................... ARG 2 → ..........................................................
EXPLE 2 → ....................................................... EXPLE 2 → ........................................................
C. L.3 →.............................. C. L. 3 →...............
ARG 3 → .......................................................... ARG 3 → ..........................................................
EXPLE 3 → ...................................................... EXPLE 3 → .......................................................
C. La rédaction de la dissertation.
● Principes.
L’organisation « visuelle » est la même que pour un commentaire. L’organisation logique est renforcée : on utilise les
connecteurs. On s’efforcera de toujours rappeler les termes clés du sujet dans l’intro, mais aussi dans les thèses pour montrer au
correcteur qu’on colle au sujet. L’exemple occupe une place primordiale dans la dissertation : il doit être précis, développé, juste.
Les citations d’auteurs sont recommandées.
On met bien en valeur l’organisation et la progression du devoir : on utilise les connecteurs, on affirme bien l’argument au
début du paragraphe et on récapitule à la fin, on soigne les transitions, on répond très clairement à la problématique dans la
conclusion…
● Etapes.
⮚ Introduction :
On amène le sujet (entrée en matière) en le situant dans un contexte plus vaste (contexte littéraire, historique, objet
d’étude)- en se gardant de tomber dans des banalités du type « De tout temps… »- ou en partant d'un passage de l’œuvre rapidement
mentionné qui va amener le sujet ou en citant l’œuvre.
Puis on présente le sujet en débutant par les tournures « C’est pourquoi nous pouvons nous demander » ou c’est
ainsi qu’(un tel) a pu affirmer que... Quand le sujet consiste en une citation, on doit recopier cette citation avec ses références
précises. Si la citation est trop longue pour être citée en entier, il faut adopter un mode de présentation mixte: on en recopie les
fragments les plus significatifs et on résume le reste. Dans le cas où le sujet ne prend pas appui sur une citation, il faut présenter la
question proposée. Dans tous les cas la présentation doit s’accompagner d’ une analyse de la citation ou de la question posée:
après avoir recopié la citation, on doit l'expliquer et reformuler la thèse de l'auteur. => En dégager l’intérêt, les enjeux.
Ensuite on énonce la problématique à laquelle le développement va répondre.
Enfin, on annonce le plan, sans développer le contenu des grandes parties annoncées.
⮚ Développement :
Le paragraphe argumentatif est toujours constitué de la formulation de l’argument, l’explicitation de l’argument (l’apport de
précisions qui le complètent et clarifient son sens), sa justification par des appuis différents sur l’œuvre (voir plus haut), ce point
étant le plus long du paragraphe. On finit par une phrase qui synthétise l’argument.
Les transitions. A la fin d’une partie, elles sont obligatoires. On écrit, dans un paragraphe bien mis en valeur par la présentation,
une phrase de bilan de la 1ere idée directrice (ou thèse), puis une autre pour annoncer l’étape suivante. Ne négligez pas l’emploi de
connecteurs pour mettre en évidence les liens entre les parties.
⮚ Conclusion :
Récapituler les grandes parties en répondant directement à la problématique annoncée, puis élargir (c’est là qu’on peut faire un lien
avec les textes du parcours associé). L’ouverture permet de situer le sujet dans une perspective plus vaste. Il faut essayer de prolonger
de manière subtile, de montrer pare exemple qu’il reste des problèmes non résolus.
La méthode en vidéo : [Link]