SOMMAIRE
SOMMAIRE....................................................................................................................................1
INTRODUCTION...........................................................................................................................2
I. LES EFFETS DU CONTRAT ENTRE LES PARTIES : LA FORCE OBLIGATOIRE DU
CONTRAT...................................................................................................................................3
A. – Le principe de l’effet obligatoire du contrat.................................................................3
B. – L’effet obligatoire du contrat et le juge.........................................................................3
II. LES EFFETS DU CONTRAT A L’EGARD DES TIERS : L’EFFET RELATIF DU
CONTRAT...................................................................................................................................6
A. – Le principe de l’effet relatif..........................................................................................6
B. – L’opposabilité du contrat..............................................................................................6
C. – La portée de la relativité du contrat..............................................................................8
CONCLUSION..............................................................................................................................11
BIBLIOGRAPHIE.........................................................................................................................12
WEBOGRAPHIE..........................................................................................................................13
TABLE DES MATIERES..............................................................................................................14
1
INTRODUCTION
2
I. LES EFFETS DU CONTRAT ENTRE LES PARTIES : LA FORCE
OBLIGATOIRE DU CONTRAT
Le contrat, une fois formé, lie les parties de manière juridiquement contraignante, leur
imposant le respect des obligations qu'elles ont librement consenties.
A. – Le principe de l’effet obligatoire du contrat
Le principe de la force obligatoire du contrat repose sur l'idée que les parties doivent honorer
leurs engagements, sous peine de sanction, en vertu du respect de la volonté contractuelle.
B. – L’effet obligatoire du contrat et le juge
L'intervention du juge dans le cadre contractuel vise à garantir l'application de la force
obligatoire tout en veillant au respect de l'équilibre contractuel.
1- L’interprétation du contrat
L'interprétation d'un contrat vise à en déterminer le sens et la portée. Cela implique de
rechercher la véritable volonté des parties, ce qui confère aux tribunaux un rôle essentiel.
L’interprétation devient nécessaire lorsque les termes d’un contrat sont ambigus ou imprécis. Les
articles 1156 et suivants du Code civil fournissent des règles générales pour guider cette
recherche, reposant sur des principes de bon sens.
1° Selon l’art. 1156 du Code civil, l’interprétation doit rechercher la volonté commune des
parties contractantes plutôt que de s’attacher au sens strictement littéral des termes. Ce principe
met l’accent sur l’esprit du contrat plutôt que sur sa lettre.
2° Selon l’art. 1157 du Code civil, lorsqu’une clause peut être comprise de deux manières,
elle doit être interprétée de façon à lui donner un effet juridique, plutôt que de la rendre
inapplicable.
3° Selon l’art. 1158 du Code civil, les termes ambigus doivent être compris dans le sens qui
correspond le mieux à l’objet du contrat.
4° Selon l’art. 1161 du Code civil, les différentes clauses d’un contrat s’interprètent de
manière cohérente, en tenant compte de l’ensemble de l’acte pour en dégager le sens global.
3
5° Selon l’art. 1162 du Code civil, en cas de doute, le contrat s’interprète au détriment de
celui qui l’a rédigé (le créancier) et en faveur de celui qui a pris l’engagement (le débiteur), afin
de limiter les atteintes à sa liberté.
6° Selon l’art. 1160 du Code civil, les usages locaux peuvent être pris en compte pour
éclaircir des ambiguïtés ou interpréter des points non expressément prévus par le contrat.
7° Selon l’art. 1135 du Code civil, les contrats obligent non seulement à ce qui est
explicitement stipulé, mais aussi à toutes les conséquences que l’équité, les usages ou la loi
attribuent à l’obligation en fonction de sa nature (par exemple, une obligation de sécurité dans le
transport de voyageurs ou une obligation d’information pour un professionnel).
2- La révision du contrat
La révision de contrat est un concept juridique qui permet, dans certaines conditions bien
précises, de modifier les termes d'un contrat déjà conclu.
C’est une procédure qui vise à rééquilibrer les obligations des parties à un contrat lorsque des
événements imprévus et extraordinaires viennent bouleverser l'équilibre initial établi lors de la
signature du contrat. En d'autres termes, si les circonstances ont tellement changé qu’il devient
injuste ou impossible pour une partie de s'exécuter dans les conditions prévues initialement, elle
peut demander une adaptation du contrat.
a) Le principe de la révision judiciaire
Conformément à l'article 1134 du Code civil, le droit ivoirien a toujours écarté la possibilité
de réviser un contrat en raison d'une exécution devenue onéreuse pour l'une des parties. Cette
position s'explique par la volonté de préserver la force obligatoire du contrat et d'assurer ainsi la
sécurité juridique des relations contractuelles. Aussi si l'évolution du temps peut sembler justifier
une adaptation des contrats, le droit positif privilégie la sécurité juridique en interdisant aux
juges d'intervenir de manière discrétionnaire dans les relations contractuelles. On pourrait penser
qu'une dépréciation monétaire, en modifiant profondément l'équilibre économique d'un contrat,
justifie une révision de celui-ci. Cependant, la jurisprudence a toujours refusé d'admettre cette
théorie, préférant privilégier la sécurité juridique et la stabilité des relations contractuelles.
4
b) Les exceptions
En droit civil, certains aménagements permettent de limiter le rejet de la théorie de
l’imprévision. Un contrat peut être modifié en cours d’exécution en raison d’un changement de
circonstances, soit parce que les parties ont prévu cette possibilité dans leurs clauses
contractuelles, soit en vertu d’une obligation légale imposant une révision.
- la clause de révision contractuelle : elles ont inclus dans leur contrat une clause qui
prévoit les conditions dans lesquelles le contrat pourra être modifié. La clause
d'indexation est la plus courante (clause d’échelle mobile). Elle permet d'ajuster
automatiquement le montant des prestations en fonction de l'évolution d'un indice
(comme l'indice des prix à la consommation) ;
- la révision légale : la Loi impose la révision certaines lois prévoient la possibilité de
réviser certains types de contrats, même si les parties n'en ont pas discuté. Exemple des
baux : La loi permet de réviser les loyers des baux d'habitation ou commerciaux, en
fonction de critères économiques et sociaux.
c) La procédure de révision judiciaire
La procédure de révision est stricte et complexe. Elle implique généralement :
- Saisie de la juridiction compétente : la demande de révision est généralement
introduite devant la Cour de cassation ;
- Examen de la demande : la Cour examine la demande et décide s'il y a lieu d'ouvrir
une instruction ;
- Instruction : si l'instruction est ouverte, la Cour procède à la collecte de nouveaux
éléments de preuve ;
- Décision : après l'instruction, la Cour rend une décision. Si elle estime que les
conditions de la révision sont réunies, elle renvoie l'affaire devant la juridiction
compétente pour un nouveau jugement.
5
II. LES EFFETS DU CONTRAT A L’EGARD DES TIERS : L’EFFET
RELATIF DU CONTRAT
Le contrat a un effet obligatoire pour les parties d’après l’art. 1134 du Code civil. La force
obligatoire du contrat signifie, qu’une fois conclu, il est intangible. Pourtant, l’intangibilité du
contrat souffre de très nombreuses atténuations.
A. – Le principe de l’effet relatif
Le principe de l’effet obligatoire du contrat signifie que, lorsqu’un contrat est signé, les parties
doivent respecter ce qu’elles ont promis, car il a la même force qu’une loi pour elles. Cependant,
ce principe a des limites :
- respect de l’ordre public et des bonnes mœurs : les obligations créées par le contrat ne
peuvent pas être contraires à la loi ou aux valeurs fondamentales. Par exemple, un contrat
illégal n’est pas valable ;
- pouvoir du juge : si certaines clauses du contrat sont injustes ou abusives, un juge peut
les modifier ou les annuler. Par exemple, une clause pénalisant trop sévèrement une partie
en cas de retard peut être modifiée ;
- exécution de bonne foi : les parties doivent respecter leurs engagements de manière
honnête et loyale.
En conclusion, le contrat lie les parties comme une loi, mais il doit respecter l’ordre public, être
équitable et exécuté de bonne foi. Si nécessaire, un juge peut intervenir pour corriger des clauses
abusives ou injustes
B. – L’opposabilité du contrat
Dire que le contrat produit un effet relatif signifie que ses obligations ne concernent que les
parties qui l’ont conclu. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il n’a aucun impact sur les tiers. En
effet, un contrat est opposable à tous (opposabilité erga omnes), ce qui signifie que son existence
doit être respectée par les tiers. Autrement dit, les tiers ne peuvent pas ignorer un contrat ou agir
de manière à le violer ou à en empêcher l’exécution.
L’opposabilité du contrat aux tiers peut être envisagée sous deux angles : l’opposabilité du
contrat aux tiers et l’opposabilité du contrat par les tiers.
6
1- L'opposabilité du contrat aux tiers
Un contractant peut se plaindre qu’un tiers a, d’une manière ou d’une autre, empêché ou
entravé l’exécution normale du contrat. Dans ce cas, le tiers peut être tenu responsable s’il a
causé un préjudice au contractant par son comportement.
Ainsi lorsqu’un salarié quitte son employeur pour rejoindre un concurrent, en violation d’une
clause de non-concurrence, le nouvel employeur (tiers au contrat initial) peut être poursuivi pour
avoir favorisé la violation de cette clause. De plus, si une personne vend un bien à un tiers alors
qu’elle avait déjà signé un pacte de préférence avec une autre personne, l’acquéreur (le tiers)
peut être tenu responsable, sous réserve qu’il connaissait l’existence de ce pacte.
Dans ces cas, la responsabilité du tiers repose sur le droit délictuel (et non contractuel), car ce
tiers n’était pas lié par le contrat initial.
Pour que le tiers soit tenu responsable, trois éléments doivent être établis :
- une faute : le tiers doit avoir commis une faute, par exemple en aidant ou en incitant
l'une des parties à violer le contrat ;
- un dommage : le contractant lésé doit démontrer qu’il a subi un préjudice direct et réel ;
- un lien de causalité : Il doit exister un lien de causalité entre la faute du tiers et le
dommage subi par la partie au contrat.
Par ailleurs, la responsabilité du tiers est fondée sur la responsabilité civile délictuelle. Cela
signifie que le tiers n’est pas poursuivi pour avoir violé un contrat auquel il n’est pas parti, mais
pour avoir commis une faute qui a causé un dommage.
2- L'opposabilité du contrat par les tiers
À l’inverse, il arrive que des tiers cherchent à invoquer un contrat auquel ils ne sont pas partis,
notamment lorsqu’ils subissent un dommage lié à une inexécution contractuelle.
Dès lors une question se pose : un tiers peut-il engager une action en responsabilité délictuelle
en se fondant sur une faute contractuelle si cette faute lui a causé un préjudice ? Pour répondre à
cette interrogation nous avons recourt à l’arrêt de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation
du 6 octobre 2006, où il a été jugé qu’un tiers peut se prévaloir d’un manquement contractuel,
7
sur le fondement de la responsabilité délictuelle, si ce manquement lui a causé un dommage
direct.
Dans cette affaire, un propriétaire avait loué un local commercial à une société, qui avait
ensuite confié la gestion de son fonds de commerce à une autre société. Cette dernière, subissant
un préjudice dû à un défaut d’entretien du local, a assigné le propriétaire pour obtenir réparation.
La Cour de cassation a confirmé que cette société, bien qu’étant tiers au contrat de bail, pouvait
invoquer l’inexécution de ce contrat puisqu’elle en subissait directement les conséquences.
Grâce à cette jurisprudence, un tiers peut demander réparation pour un dommage causé par
l’inexécution d’un contrat, même s’il n’est pas parti à ce contrat, à condition de démontrer : Un
manquement contractuel, un dommage causé par ce manquement et un lien de causalité entre le
manquement et le dommage
C. – La portée de la relativité du contrat
Un contrat peut parfois avoir des conséquences pour des personnes qui ne l'ont pas signé, si la
loi ou un juge décide de l'étendre. Cela rend la séparation entre les personnes concernées par le
contrat et les autres moins évidente, surtout dans des cas particuliers comme lorsque le contrat
prévoit un avantage pour une personne extérieure (stipulation pour autrui).
1- La qualité de tiers
Un tiers est une personne qui n’a pas consenti au contrat. Cependant, il existe une catégorie
intermédiaire appelée les ayants cause, qui héritent des droits ou obligations d’une des parties au
contrat (leur auteur). On distingue deux types d’ayants cause, ceux à titre universel et ceux à titre
particuliers.
- les ayants cause à titre universel : ce sont des héritiers reprenant tous les droits et dettes
d’une personne décédée.
- les ayants cause à titre particulier : toute personnes recevant un bien ou un droit
spécifique, avec les obligations qui y sont liées.
Enfin, selon l’article 1165 du Code civil, les tiers au sens strict sont des personnes complètement
étrangères au contrat.
8
2- Les exceptions au principe de l’effet relatif du contrat : la stipulation
pour autrui
La stipulation pour autrui est une exception importante au principe de l'effet relatif des
contrats. En règle générale, un contrat n'engage que les parties qui l'ont conclu et ne peut ni
conférer de droits ni imposer d'obligations à des tiers. Cependant, la stipulation pour autrui
déroge à ce principe en permettant qu’un contrat confère des droits à une personne extérieure,
appelée le tiers bénéficiaire. Ainsi, le stipulant, partie au contrat, obtient du promettant
l'engagement d’exécuter une obligation en faveur du tiers bénéficiaire, sans que ce dernier soit
partie prenante au contrat.
Ce mécanisme repose sur une structure triangulaire. Le stipulant est celui qui conclut le
contrat avec le promettant. Ce dernier s’engage à exécuter une prestation au bénéfice d’un tiers,
le bénéficiaire, qui peut ainsi faire valoir directement ses droits contre le promettant. Par
exemple, dans un contrat d’assurance-vie, l’assuré (stipulant) conclut un accord avec l’assureur
(promettant) pour qu’au décès de l’assuré, une somme soit versée à un tiers bénéficiaire désigné.
Cette opération juridique est donc bilatérale dans sa formation mais triangulaire dans ses effets.
Trois types de rapports se dégagent de la stipulation pour autrui :
- entre-le stipulant et le promettant : Il existe un contrat qui les lie, chacun devant
exécuter ses obligations respectives. Par exemple, dans un contrat d’assurance-vie, le
stipulant doit payer les primes pour que le promettant s’engage à verser une somme au
tiers bénéficiaire ;
- entre le promettant et le tiers bénéficiaire : Le tiers bénéficie d’un droit direct contre le
promettant, qu’il peut faire valoir en justice pour exiger l’exécution de l’obligation.
Cependant, le promettant peut opposer à ce tiers les mêmes exceptions qu’il aurait pu
invoquer contre le stipulant, comme la nullité du contrat ou le non-paiement des primes ;
9
- entre le stipulant et le tiers bénéficiaire : La stipulation peut parfois servir de
mécanisme pour libérer une dette que le stipulant a envers le tiers bénéficiaire ou être
considérée comme une libéralité si elle a pour but de transmettre un avantage gratuit.
Le contrat d’assurance-vie illustre parfaitement la stipulation pour autrui. Dans ce type de
contrat, une personne (le stipulant) verse des primes à un assureur (le promettant), qui s’engage à
verser un capital ou une rente à un tiers bénéficiaire désigné au décès du stipulant. Le tiers, bien
qu’étranger au contrat initial, est protégé par ce mécanisme. En cas de défaillance de l’assureur,
le tiers peut faire valoir directement ses droits contre lui. Ce système permet d’intégrer
pleinement le tiers bénéficiaire dans le cadre contractuel tout en garantissant une certaine
sécurité juridique.
10
CONCLUSION
11
BIBLIOGRAPHIE
Ouvrages
Alain BERNABENT (2016), Droit des obligations, 15e éd., LGDJ, Paris, 736 pages.
Marie YAO (2024), Cours de droit civil, 87 pages.
Législation
Code civil Napoléonien de 1804 transposé en droit ivoirien, Les biens et Les obligations.
12
WEBOGRAPHIE
- Justice Ivoirienne, (page consultée le 24 novembre 2024 à 18h10) [en ligne]
[Link]
13
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE
INTRODUCTION
I. LES EFFETS DU CONTRAT ENTRE LES PARTIES : LA FORCE OBLIGATOIRE DU
CONTRAT
A. – Le principe de l’effet obligatoire du contrat
B. – L’effet obligatoire du contrat et le juge
1- L’interprétation du contrat
2- La révision du contrat
a) Le principe de la révision judiciaire
b) Les exceptions
c) La procédure de révision judiciaire
II. LES EFFETS DU CONTRAT A L’EGARD DES TIERS : L’EFFET RELATIF DU
CONTRAT
A. – Le principe de l’effet relatif
B. – L’opposabilité du contrat
1- L'opposabilité du contrat aux tiers
2- L'opposabilité du contrat par les tiers
C. – La portée de la relativité du contrat
1- La qualité de tiers
2- Les exceptions au principe de l’effet relatif du contrat : la stipulation pour autrui
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
WEBOGRAPHIE
TABLE DES MATIERES
14