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Le document traite des sources de la législation islamique, en mettant l'accent sur le Coran et la Sounnah comme les principales références. Il aborde également les sources secondaires telles que l'Idjma' et le Qiyas, ainsi que la nécessité de se conformer à ces sources pour éviter les divergences d'opinion. Enfin, il souligne l'importance de la compréhension correcte des textes religieux selon les interprétations des pieux prédécesseurs.

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‫مصادر التشريع في اإلسالم‬

: ‫إعداد‬
‫أبي إبراھيم ميغا عبد الكريم‬

LES SOURCES DE LA LEGISLATION ISLAMIQUE

Compilé par :

Abou Ibrahim MAIGA Abdoul Karim

Revu et corrigé par


Dr Mouhammad Kindo
Et
Dr Ahmad Sawadogo

Avec la préface de
Dr Mouhammad Kindo

Page 1 sur 34
PREFACE 3
INTRODUCTION 4
I- DEFINITION DE DALIL 5
II- LES SOURCES PRINCIPALES : LE CORAN ET LA SOUNNAH 7
A - Le Coran 7
1. De l’obligation de s’attacher au Coran et à ses règles 7
2- les différentes règles contenues dans le coran 9
2.1- Les règles du dogme (Ahkam I’tiqâdiyah) 9
2.2- les règles de comportement (Ahkam khoulouqiyah) 9
2.3- Les règles applicables aux œuvres (Ahkam ‘amaliyah) 10
2.3.1 Les règles applicables aux adorations (Ahkam ibâdât) 10
2.3.2 Les règles applicables aux affaires sociales. (Ahkam mou’amalât) 10
B- La Sounnah 11
1. Définition 11
1.1. Définition linguistique 11
1.2. Définition chez les jurisconsultes (savant du fiqh) 12
1.3. Définition chez les savants des fondements des règles (Oussoul) 12
1.4. Définition chez les savants du hadith 12
2. Les preuves du Coran 12
3. Les preuves tirées de la tradition du Messager 13
4. Les paroles des sahabas(compagnons), des tâbi’înes(suivants) et des savants 14
5. La fonction de la Sounnah vis-à-vis du Coran 16
5.1. La sounnah insistant sur une loi existante dans le coran 16
5.2. La sounnah instituant une loi non mentionné dans le coran 17
5.3. La sounnah éclaircit le moudjmal (le sommaire) 17
5.4. La sounnah précise le ‘amm (le générale) 17
5.5. La sounnah limite le moutlaq (l’absolue) 18
III- LES SOURCES SECONDAIRES : LE IDJMA’ ET LE QIYAS 21
A- Al-Idjma’ (Le consensus) 21
1- Définition 21
2- Ses piliers 21
3- Les différentes types de ‘idjmâ 22
3.1 – Al-Idjma’ çorih 22
3.2 - Al-Idjma’ soukoûti 22
B- Al-Qiyas (Le raisonnement par analogie) 22
1. Définition 22
2. Exemple 22
3. Les piliers du Qiyas 23
4. Les conditions de validité du Qiyas 23
5. Les qualités du faqih 24
6. Les différentes catégories de qiyas 25
6.1 - Le « Qiyâs » appliqué au tawhid 25
6.2 - Le « Qiyâs » appliqué aux lois islamiques 25
IV- LA CONFORMITE AUX SOURCES 26
4.1. Le taqlid 26
4.1.1. Définition 26
4.1.2. Les variétés du taqlid 26
1. Le taqlid d’un savant moudjtahid (celui qui a la science pour faire l’ijtihad) 26
2. Le taqlid d’un savant moudjtahid et qui suit un autre moudjtahid que lui 26
3. Le taqlid de celui qui n’est pas moudjtahid envers un moudjtahid 27
4. Le taqlid envers celui qui est en contradiction avec la charia 27
4.2. La nécessité de délaisser l’opinion des savants quand elle contredit la sounnah 28
1. L’imam Abu Hanifa (Qu’allah lui fasse miséricorde) : 28
2. L’imam Malik Ibn Anas (Qu’Allah lui fasse miséricorde) : 30
3. L’imam Shafi’i (Qu’Allah lui fasse miséricorde) : 30
4. L’imam Ahmad Ibn Hanbal (Qu’Allah lui fasse miséricorde) : 32
CONCLUSION 34

Page 2 sur 34
PREFACE

Louange à Allah qui nous a guidés à l’Islam et a fait de nous la communauté du juste milieu, la
meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes.
Que le salut et la paix d’Allah soient sur notre prophète Mouhammad, Messager d’Allah et le
sceaux des prophètes envoyé à tous les hommes avec la guidée et la Religion de Vérité, pour la
placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l'aversion des mécréants.

Ensuite, Le noble frère Abou Ibrahim MAIGA Abdoul-Karim m’a montré le livre qu’il a compilé
en langue française pour l’éclaircissement des sources de la législation islamique, j’ai jeté un regard
dessus et je l’ai trouvé profitable car le frère a fourni des efforts méritoires pour la compilation des
éléments de cet exposé et leur organisation afin de faciliter à l’apprenant la compréhension des
sources de la législation islamique.

Et certes cette législation repose sur des règles confirmées et correctes d’après la révélation et la
raison. C’est pourquoi c’est une législation préservée en tout temps et en tout lieux et qui accorde à
l’homme la réussite ici-bas et dans l’au-delà.

Je demande donc à Allah de mettre sa bénédiction dans cette recherche et qu’il la fasse profitable
pour ceux qui la liront et qu’il inscrive la récompense et les mérites à notre frère Abou Ibrahim
MAIGA Abdoul-Karim pour cette bonne œuvre.

Ecrit par
Dr Mouhammad Ibn Isshaq KINDO
Ouagadougou – Burkina Faso

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INTRODUCTION

La Louange est à Allah. Nous Le louons et implorons Son aide ainsi que Son pardon. Nous nous
réfugions auprès de Lui contre le mal de nos propres âmes et contre nos mauvaises actions. Nul ne
saurait égarer celui qu’Allah guide ou guider celui qu’Il a égaré. Nous attestons qu’aucune divinité
n’est digne d’être adorée en dehors d’Allah, l’Unique et sans associé, et nous attestons que
Muhammad est Son serviteur et Messager. Puisse Allah lui accorder, ainsi qu’à sa famille et à
l’ensemble de ses compagnons, Son Salut et Ses bénédictions.

L’islam est la religion révélée par Allah à son Prophète Mouhammad au septième siècle. Cette
religion signifie soumission totale à un Dieu Unique, Allah, et elle prescrit le respect de ses
commandements, l’abandon des interdits et l’éloignement du polythéisme (As-shirk), ainsi que de
tous ceux qui le pratiquent.
Le message islamique se différencie des messages prêchés par les précédents prophètes (as) par le
fait qu’il n’est pas limité à une génération ou un peuple ; il s’agit plutôt d’un message universel,
c’est-à-dire un message destiné à tous les êtres humains et les Djinns jusqu’à la fin des temps. Allah
dit : « Qu’on exalte la bénédiction de Celui qui a fait descendre le Livre de discernement sur son
serviteur, afin qu’il soit un avertisseur à l’univers. » S25 V1 Cf. aussi S34 V28 et S7 V158
Le caractère universel de l’islam est affirmé par trois principes :
• Rien dans ce message n’est difficile à admettre ou qui soit impossible d’appliquer par les gens.
Allah dit en effet : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »
Sourate 2 Verset 286 Cf. aussi S22 V78
• Tout ce qui ne change pas avec le temps et l’espace, comme le dogme et le culte, est clairement
détaillé dans les textes et explicité par le contexte afin que personne ne puisse le modifier ou le
changer. Quant à ce qui change avec le temps et l’espace, comme les affaires sociales, il est
donné globalement pour qu’il s’accorde avec les intérêts des hommes en tout temps et en tout
lieu.
• Tout ce que le message contient comme règles vise la sauvegarde de la religion et la
préservation des âmes, des esprits, des descendances et des biens. Il est donc clair que ces règles
s’harmonisent avec l’instinct, s’accorde avec les esprits, s’adapte au progrès et convient en tout
temps et tout lieu. Allah dit : « Dis [Ô Mouhammad] : « Mon seigneur n’a interdit que les
Fawâ-hich (les grands péchés, les turpitudes et les actions immorales telle la fornication),
tant apparentes que secrètes, de même que [les différentes sortes de] péchés, l’agression sans
droit et le fait d’associer à Allah ce dont il n’a fait descendre aucune preuve, et de dire sur
Allah ce que vous ne savez pas. » Sourate 7 Verset 33

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Ainsi, tous les domaines de la vie ont fait l’objet d’une réglementation dont l’étendue et la
profondeur varie selon qu’il s’agisse de culte (relations avec Allah) ou de rapports sociaux
(relations entre les gens).

Cependant il est parfois regrettable de voir beaucoup de musulmans poser des actes en se basant sur
le seul fruit de leur réflexion ou à la limite en se référant à leur passion.
Cet état de fait entraine beaucoup de contradictions et de débats vue que nous n’avons pas les
mêmes réflexions encore moins les mêmes passions.
Cette situation a été résumé par le prophète qui a en même temps donné les solutions au problème.
Irbad Ibn Sariya (Qu'Allah l'agrée) a dit :Le messager de Dieu nous a fait un sermon éloquent qui a
rempli nos cœurs de crainte et fit couler nos larmes. Nous lui dimes: O Messager de Dieu! On dirait
que c'est le sermon de quelqu'un qui fait ses adieux. Aussi fais-nous quelques recommandations! Il
dit : Je vous recommande la crainte pieuse de Dieu ainsi que l'obéissance totale même si c'est un
esclave éthiopien qui s'est imposé à vous comme chef. Celui d'entre vous qui vivra verra une grande
discorde. Accrochez vous alors à ma tradition et à celle des califes orthodoxes et bien guidés.
Saisissez la fortement avec vos dents. Méfiez vous des innovations car chaque innovation est une
cause d'égarement. » (Rapporté par Abou Daoud, Trmidi, Ibn hibaan, Ibn maajah)
Dans cette compilation des paroles de nos Oulamas nous exposerons les sources de la législation
islamique servant de preuve « dalil ».

I- DEFINITION DE DALIL

A l’origine, « dalil » est un mot arabe qui vient du verbe « dalla » qui veut dire indiquer, montrer.
Le « dalil » est donc la référence qui permet de se guider sans aucun doute dans l’application des
règles de la charia et qui se reconnaît à première vue. Autrement dit, le dalîl est la preuve qui
permet au musulman de poser un acte en Islam en étant sûr de son acceptation par Allah et de sa
conformité avec Sa religion. Le dalîl permet donc de dire si un acte est licite ou illicite.
Allah dit : « …Une lumière et un Livre clair vous sont venus d’Allah. Allah dirige ainsi dans les
chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière -
avec sa permission- et Il les dirige sur le chemin droit. » Sourate 5 Verset 15-16

Quelles sont les sources du dalil en Islam ?

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Les savants musulmans d’autrefois et ceux d’aujourd’hui sont d’accord sur le fait que les sources
reconnues des règles islamiques, qui expliquent les choses licites et illicites, sont :
- le Livre d’Allah « où l’erreur ne se glisse nulle part »1 ;
- la Sounnah du Prophète qui ne parlait pas sous l’emprise de sa passion mais dont la
parole était une révélation qui lui a été inspiré »2 ;
- le consensus des savants (al- ‘idjmâ).

En revanche, ils ne sont pas tous unanimes en ce qui concerne d’autres sources dont la plus
importante est le raisonnement par analogie (al-Qiyas). La grande partie des savants le considère
comme une source fiable quand les conditions nécessaires sont remplies.
Dans tous les cas, Al-‘idjmâ et Al-Qiyas doivent obligatoirement s’appuyer sur le Coran et la Sounnah qui sont les deux
principales sources. Il est clair qu’ils ne doivent pas être interpréter n’importe comment mais doivent être compris
3
comme les pieux prédécesseurs les ont compris et interprétés.

1
Sourate 41 Verset 42
2
Sourate 53 Verset 3-4
3
As-Salaf us-Salih (ou brièvement : les Salaf) fait allusion aux trois meilleures générations de musulmans qui sont :
- Le Prophète(Paix et bénédiction d'Allah sur lui) qui a dit à sa fille Fatima : « Quel bon Salaf je suis pour toi. »,
- les compagnons du Prophète (Paix et bénédiction d'Allah sur lui) ( Sahabas ),
- ceux qui les suivent immédiatement (Tabi’in : suivants)
- et ceux qui suivent les Tabi’in.(atbâ’a at-Tabi’ines)
En effet tous ceux-ci ont été loués par le Prophète (Paix et bénédiction d'Allah sur lui) quand il a dit :
« Les meilleures de ma communauté sont ma génération, celle qui vient après et celle qui vient après » [Boukhari et
Mouslim]

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II- LES SOURCES PRINCIPALES : LE CORAN ET LA SOUNNAH

A - Le Coran
Le Coran est la source fondamentale de la preuve en Islam. Le musulman a obligation de se
conformer aux règles qu’il contient.

1. De l’obligation de s’attacher au Coran et à ses règles


Le Coran est la parole d’Allah qui à été révélée au Prophète Muhammad par l’intermédiaire de
l’ange Jibril en langue arabe avec des sens clairs. Il est la preuve évidente de la véracité de la
prophétie de Muhammad et une boussole permettant aux hommes de se guider. Allah n’a-t-il pas
dit : « Ceci est un Livre au sujet duquel il n’y a point de doute et c’est un guide pour les pieux »
Sourate 2 Verset 2. Cf Sourate 11 Verset 1

Le coran débute par la sourate « Al fatiha » (L’Ouverture) et se termine par la sourate « An Nass »
(Les hommes). Il a été transcrit par un groupe de musulmans de la première génération et transmis
aux autres générations sous la protection divine pour éviter toute falsification et tout changement.
Cela est confirmé par Allah : « C’est Nous qui avons fait descendre le coran et c’est nous qui en
somme le gardien ». Sourate 15 Verset 9

Le Coran a toujours constitué un défi pour les hommes et pour les djinns. En effet, Allah leur
demanda d’apporter son semblable s’ils pensent qu’il s’agit d’une œuvre humaine. Mais,
jusqu’aujourd’hui ils ont été incapables de relever ce défi. Allah dit à ce propos :
« Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce
Qur’ane, ils ne sauraient produire rien de semblable à ceci même s’ils se soutenaient les uns les
autres. » Sourate 17 Verset 88
« Où bien ils disent « il l’a forgé (le coran) » -Dis : « apportez donc 10 sourates semblables à
ceci, forgées (par vous) et appelez qui vous pourrez (pour vous aider), hormis Allah, si vous êtes
véridiques.» Sourate 10 Verset 38

L’incapacité des hommes et des djinns à produire un livre semblable au coran est la preuve de son
origine divine.

De nombreux versets du Coran prouvent qu’il est obligatoire de se conformer aux enseignements
qui y sont contenus, de s’y attacher et de respecter ses interdictions. Allah dit : « Suivez ce qui est
descendu sur vous de la part de votre seigneur. Ne suivez aucun maître en dehors de lui. Vous
réfléchissez très peu. » Sourate 7 Verset 3

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« …Une lumière et un Livre clair vous sont venus d’Allah. Allah dirige ainsi dans les chemins du
salut ceux qui cherchent Son agrément. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière -avec sa
permission- et Il les dirige sur le chemin droit. » Sourate 5 Verset 15-16

De même plusieurs traditions authentiques du Messager d’Allah ordonnent de respecter le Coran et


de s’y attacher, et prouvent que celui qui s’y conforme est bien guidé tandis que celui qui le délaisse
est égaré. Ainsi on rapporte que le, Messager d’Allah a dit à l’occasion du pèlerinage d’adieu : « Je
vous laisse une chose ; si vous vous y cramponnez vous ne serez point égarés : le livre d’Allah. »
[Mouslim] Dans une autre version, Il a dit au sujet du Coran : « Il est la corde d’Allah. Celui qui le
suit est bien guidé et celui qui y renonce est égaré. »

Il faut souligner qu’il y a consensus des savants et des croyants parmi les compagnons du Prophète
et leurs successeurs sur l’obligation de suivre le Livre d’Allah. Ils s’en servaient comme preuve
irréfutable, et y cherchaient jugement avec l’aide de la Sounnah du Messager d’Allah.
Le coran en tant que message divin contient:
• les informations sur Allah (la science de l’unicité d’Allah) de même que des descriptions des
œuvres de la Création. Celle-ci n’est pas marquée négativement, mais constitue au contraire
un ensemble de "signes", dont l’agencement et les lois témoignent de la Présence d’un
Créateur, d’un Législateur intelligent.
• les informations sur les messagers, les peuples passés, les récompenses de ceux qui ont obéit
à Allah parmi eux et le châtiment de ceux parmi eux qui ont désobéit à Allah. Ainsi Le
Coran invite ses lecteurs à considérer l’histoire des hommes, dont il narre certains
événements liés à la vie de peuples passés. Ces histoires témoignent quant à elles d’un sens
de la marche de l’humanité, et de l’Existence d’un Dieu qui guide les hommes, les honore,
et parfois anéantit ceux d’entre eux qui agissent mal. Le Coran décrit aussi cet Au-delà
auquel il invite le lecteur à croire, l’au-delà où chacun sera rétribué pour ses actes terrestres.
Il décrit des scènes du Jugement. Il brosse des tableaux du Paradis tout en précisant que "nul
ne sait ce qui [y] a été caché comme bonheur", laissant entendre que ce ne sont que des
approches à l’égard de l’esprit des hommes. Il décrit les horreurs de l’Enfer.
• Des invites à entreprendre des discutions avec ceux qui ne sont pas musulmans : avec les
polythéistes, avec les juifs, avec les chrétiens, et avec les hypocrites.
• des règlements juridiques : environ 3 % des versets du Coran traitent du droit. Il y a des
principes du droit cultuel, matrimonial, familial, successoral, pénal, inter-étatique...

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Nous allons détailler ce dernier aspect en ce qui concerne les règles contenu dans le coran.

2- les différentes règles contenues dans le coran


Il y a essentiellement trois sortes de règles prescrites par le Coran. Elles se rapportent au dogme, au
comportement et aux œuvres.

2.1- Les règles du dogme (Ahkam I’tiqâdiyah)


Ce qui est obligatoire sur le pubère est de croire avec certitude en Allah, aux messagers, aux livres
révélés, au jour du jugement dernier, aux anges et en la prédestination dans le bien comme dans le
mal. A ce propos, Allah nous dit ceci : « Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui
venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, en Ses livres
et en Ses messagers. Et ils ont dit : ‘’ Nous avons entendu et obéi’’…» Sourate 2 verset 285

2.2- les règles de comportement (Ahkam khoulouqiyah)


Elles impliquent l’obligation pour le musulman de s’éduquer avec le Coran en s’inspirant des bons
comportements qu’il décrit et de l’exemple des vertueux dont l’histoire est rapportée. Il se doit de
s’éloigner des péchés en respectant les limites prescrites.
Allah nous enseigne : « Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel
mauvais chemin ! » Sourate 17 Verset 32
« ô mon enfant, fût-ce le poids d'un grain de moutarde, au fond d'un rocher, ou dans les cieux
ou dans la terre, Allah le fera venir. Allah est infiniment Doux et Parfaitement Connaisseur. O
mon enfant, accomplis la Salat, commande le convenable, interdis le blâmable et endure ce qui
t'arrive avec patience. Telle est la résolution à prendre dans toute entreprise ! Et ne détourne
pas ton visage des hommes, et ne foule pas la terre avec arrogance : car Allah n'aime pas le
présomptueux plein de gloriole. Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta voix, car la plus
détestée des voix, c'est bien la voix des ânes. » Sourate 31 Verset 16 à 19

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2.3- Les règles applicables aux œuvres (Ahkam ‘amaliyah)
Elles imposent l’application stricte par les musulmans des paroles et des actes prescrits par le
Coran. Cette catégorie de règles constitue le fiqh4 du Coran et se subdivise en deux groupes.

2.3.1 Les règles applicables aux adorations (Ahkam ibâdât)


Elles régissent les relations entre l’homme et son Seigneur. Elles organisent l’accomplissement des
actes d’adoration comme la prière, le jeûne, la zakat, le hadj, etc. Ces actes ne doivent être
accomplis que pour Allah Seul. « Dis : ‘’En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma
mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. » Sourate 6 verset 162.
En ce qui concerne les actes d’adoration, la règle fondamentale est l’interdiction à la base c'est-à-
dire qu’en matière d’adoration tout est interdit sauf ce que Allah a permis.

2.3.2 Les règles applicables aux affaires sociales. (Ahkam mou’amalât)


Ces règles instituent les principes d’organisation de la vie en société, ainsi que les relations entre les
musulmans. En matière d’affaires sociales, la règle fondamentale est la permission à la base c’est-à-
dire que tout acte se rapportant à la vie sociale est permis sauf ce qui est explicitement interdit.

Les règles relatives à la vie sociale sont de plusieurs catégories.


 Les règles concernant la personne humaine (ahkam cha’çiyah). Elles se rapportent à la
famille et aux relations entre l’homme, sa famille et ses proches. Le coran en parle dans environ
soixante dix versets.

4
· Le Fiqh dans son sens étymologique, c’est la compréhension, et ce terme s’utilise également pour désigner la
science au sens large du terme. Allah dit : « Ils dirent : Ô Chou‘aïb, nous ne comprenons pas grand chose de ce que
tu dis »S11V91. Ou encore : « Mais qu’ont-ils ces gens, à ne comprendre presque aucune parole ? »S4V78. Ou
encore : « Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier »S17V44. Ou encore : « Et dénoue un nœud dans
ma langue, afin qu’ils comprennent mes paroles »S20 V27-28.

Par ailleurs, on retrouve ce terme dans un hadith rapporté par Boukhari et Mouslim où le Prophète -Prières et
bénédiction d'Allah sur lui- dit : « Celui à qui Allah veut du bien, il lui donne la compréhension dans la religion ».

· Dans son sens législatif, le Fiqh, c’est la connaissance des lois religieuses, ayant attrait aux pratiques, tirées de ses
preuves détaillées. Le Fiqh est aussi défini comme étant « ce qui exclut la science du Tawhid, le comportement comme
le fait d’être véridique et digne de confiance » (définition tirée du livre « Ma’rifatoul Ahkam Achar‘iya al ‘Amaliya al
Mouktassaba min Adilatiha Atafsiliya »). En somme, al ‘Aquida (le dogme) étudie tout ce qui a attrait à la croyance,
alors que le Fiqh étudie les pratiques extérieures. Notons que chez les Salafs, le terme de Faqih désignait le savant
pieux. Ibn al Qayim dit dans Miftah Dar as Sa’ada (tome 1, page 319) : « Les Salafs ne désignaient par le terme Faqih
que le savant qui pratiquait ; tout comme Sa’d ibn Ibrahim fut interrogé au sujet du plus Faqih de Médine et il
répondit : Le plus pieux d’entre eux ». Ibn Jawzi rapporte dans « Talbis Iblis », page 127 :« Avant les Fouqahas étaient
les savants du Coran et du Hadith ».

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 Les règles concernant la ville (ahkam madaniyah). Elles sont liées au commerce et aux
problèmes de la ville ; elles ont pour objet l’organisation des relations économiques entre
particuliers et la protection des individus. Le coran en parle dans environ soixante dix versets.
 Les règles concernant les sanctions. Elles prévoient les sanctions applicables en cas de
violation de vie, des biens et des droits des individus. On dénombre environ trente versets qui en
parlent dans le Coran.
 Les règles concernant les témoignages. Ces règles organisent les jugements, les témoignages
et les serments en vue de garantir les droits des individus. Le coran en parle dans environ treize
versets.
 Le principe de la légalité (ahkam doustoûriyah). Cette règle oblige les juges à fonder leurs
jugements sur des règles tirées de la loi divine. Elle a pour objet de garantir l’impartialité des
juges. Le coran en parle dans environ une dizaine de versets.
 Les principes constitutionnels (ahkam dawliyah). Ils montrent comment doit être dirigé l’Etat
islamique, et organisent les rapports entre les Etats musulmans eux-mêmes d’une part, entre les
Etats musulmans et les Etats non musulmans d’autre part, en temps de paix comme en temps de
guerre. Ils ont pour objet de garantir une cohabitation pacifique entre la communauté
musulmane et la communauté non musulmane dans un Etat islamique. Le coran en parle dans
environ vingt cinq versets.
 Les principes économiques (ahkam Iqtiçôdiyyah wal-mâliyah). Ils concernent les règles
macro-économiques (relations économiques entre l’Etat et les particuliers) et micro-
économiques (rapports économiques entre particuliers, pauvres et riches). Environ dix versets
du Coran en parlent.

B- La Sounnah

1. Définition

1.1. Définition linguistique


La Sounnah en langue arabe signifie « le chemin », « la voie », qu’elle soit bonne ou mauvaise.
C’est ce que le prophète dit dans cette parole : « Celui qui institue une bonne sounnah aura la
récompense et la récompense de ceux qui la mettront en exécution. Et Celui qui institue une
mauvaise sounnah aura les péchés et les péchés de ceux qui la mettront en exécution sans diminuer
leurs péchés. » [Mouslim]

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1.2. Définition chez les jurisconsultes (savant du fiqh)
La sounnah designe l’acte dont l’accomplissement est récompensé mais dont le delaissement n’est
pas source de peché.

1.3. Définition chez les savants des fondements des règles (Oussoul)
La sounnah est toute parole, acte ou approbation tacite rapporté du prophète de façon sûre et
pouvant servir de preuve dans la legislation islamique.

1.4. Définition chez les savants du hadith


La sounnah est tout ce qui est rapporté du prophète de façon sûre comme parole (sounnah
qawliyyah), acte (sounnah fi’liyyah), approbation tacite (sounnah taqririyyah), description (sounnah
khalqiyah) ou caractère (sounnah khoulouqiyah).

Ainsi la Sounnah qui est source de la législation islamique est tout ce qui a été rapporté de source
sûre du Messager d’Allah comme paroles, actes ou approbations tacites (ce qu’il a entendu ou vu
faire sans interdire).

Selon le consensus des compagnons du Prophète, la Sounnah constitue une source de preuve. Ceux
qui sont venus après eux ont eu la même position et ont enseigné la Sounnah à la communauté. Ils
ont écrit de nombreux livres pour rassembler cette Sounnah dans les recueils de hadiths et l’ont
expliqué dans les livres de jurisprudence islamique (Usûl al-Fiqh).

Il existe beaucoup de preuves dans le Livre d’Allah et dans la tradition de Son Messager qui
obligent à suivre le Prophète en obéissant à ses enseignements.

2. Les preuves du Coran


Dans de nombreux versets du Coran, Allah ordonne aux croyants d’obéir à son Messager et fait de
cette obéissance au Messager une obéissance à Lui-même. Il leur a ordonné de revenir à Lui et à
Son Messager en cas de litige. Il leur a également interdit de faire un choix quand Lui et Son
Messager ont tranché une affaire. Nous citons ci-après quelques-uns des versets du coran révélés à
ce sujet : « Dis : « Obéissez à Allah et au Messager. » Sourate 3 versets 32
« Ô les croyants obéissez à Allah et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le
commandement ; puis si vous vous disputez en quoi que ce soit renvoyez le à Allah et au
Messager … » Sourate 4 verset 59

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« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son Messager ont
décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir et quiconque désobéit à Allah
et à son Messager s’est égaré certes d’un égarement évident. » Sourate 33 verset 36
« Non !... par ton seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront
demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvés nulle angoisse pour ce que tu
auras décidé et qu’ils se soumettent complètement (à ta sentence). » Sourate 4 verset 65
« …Prenez ce que le Messager vous donne et ce qu’il vous interdit, abstenez vous en ; et craignez
Allah car Allah est dur en punition. » Sourate 59 verset 7

Cheikh Boun Baz a dit : « Les versets qui vont dans ce sens sont nombreux et ils prouvent […] qu’il
est obligatoire d’obéir au prophète et de suivre ses enseignements. Le coran et la Sounnah sont
deux sources inséparables. Quiconque nie l’une d’entre elle aura nié et démenti l’autre. Et un tel
acte est considéré comme de la mécréance et de l’égarement. Et la personne qui nie la Sounnah est
considérée comme étant sorti de l’islam selon le consensus des savants et des croyants. » 5

3. Les preuves tirées de la tradition du Messager


Les dires du Messager d’Allah sur l’obligation de lui obéir, de suivre ses enseignements et sur
l’interdiction de lui désobéir sont nombreux ; en voici quelques uns :
Selon Abou Hourayra le prophète a dit : « Celui qui m’obéit, obéit à Allah. Celui qui me désobéit,
désobéit à Allah. » [Boukhârî et Mouslim]
Abou Hourayra rapporte que le Prophète a dit : «Toute ma communauté entrera au paradis sauf
ceux qui refusent. » On lui demanda : « Qui sont ceux qui refusent ? » Il dit : « Ceux qui
m’obéissent entreront au paradis et ceux qui me désobéissent auront refusé. » [Boukhârî]
Le Prophète a dit : « Que je ne trouve personne qui, allongé sur son divan et recevant un ordre
ou une interdiction de ma part, réponde en disant: « Nous suivons ce que nous trouvons dans le
Livre d’Allah. » » [Boukhârî]

Cheikh Al Albani6 a dit : « Il est cependant attristant de constater que certains exégètes et auteurs
contemporains en arrivent, en se fondant uniquement sur le Coran, à juger licite la consommation
des prédateurs à défenses ainsi que le port de l’or et de la soie. Plus attristant encore est
l’existence, actuellement, d’un groupe dont les membres s’auto-désignent par l’appellation « Al
Qur’âniyyûn » et dont la démarche consiste à interpréter le Coran sur la seule base des passions et
5
Cheikh Abdel-Aziz ibn Bâz « Woudjoub itiba’a as-sounnah»

6
Cheikh Mouhammad Al Albani « Manzilat sounnah fil-islam »

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de la raison, sans recourir pour cela à la Sounnah authentique. Celle-ci est donc subordonnée chez
eux à leurs passions. Qu’elle concorde avec leur opinion et ils s’y agrippent; mais qu’il n’en soit
pas ainsi et ils la rejettent ….Et il me plaît en cette occasion d’évoquer cette anecdote vérifiée de
source sûre et concernant Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) : « Une femme se présenta à lui et lui dit
: ‘’Est-ce bien toi qui affirme qu’Allah maudit celles qui épilent les sourcils, celles qui se les
épilent, celles qui tatouent...’’. Ce à quoi il répondit: ‘’Effectivement.’’ Et la femme de reprendre:
‘’J’ai lu le Livre d’Allah d’un bout à l’autre et je n’ai pas trouvé ce que tu affirmes là.’’ Ibn
Mas‘ûd lui dit alors: ‘’Tu l’aurais pourtant trouvé si tu l’avais réellement lu. N’es-tu pas tombée
sur ce propos: ‘’Prenez ce que le Messager vous apporte...’’ ‘’Bien sûr!’’ répondit-elle. Suite à
quoi Ibn Mas‘ûd lui dit: ‘’Eh bien, [saches que] j’ai entendu le Messager d’Allah dire : ‘’Allah
maudit celles qui épilent les sourcils, celles qui se les épilent...’’ [Al Boukhârî et Mouslim]

4. Les paroles des sahabas7(compagnons), des tâbi’înes8(suivants) et des savants


Mentionnons à présent ce qui a été rapporté des sahabas, de certains tabi’înes et des savants après
eux au sujet de l’exhortation à suivre la Sounnah et l’obligation de s’y conformer.

Un jour une vieille femme vint trouver Abou Bakr As-Siddiq pour l’interroger au sujet de son
héritage. Il lui répondit : « Il n’y a rien (de prévu) pour toi dans le Livre d’Allah et j’ignore si le
Messager a déterminé quelque chose pour toi. Toutefois j’interrogerai les gens à ce sujet. » Il
interrogea donc les compagnons et certains d’entre eux dirent que le Prophète avait accordé à la
grand-mère un sixième de l’héritage. Il donna donc le verdict en conséquence.9

Ayyoub As-Sakhtayânî, le grand Tâbi’î, a dit : « Si vous conversez avec quelqu’un au sujet de la
Sounnah et qu’il vous dit : ‘’Laissons cela, et parlons plutôt du coran’’; sachez alors que c’est un
égaré. » [Al-Bayhaqî]
L’imam Al-Awzâ’î (ra) a dit : « La Sounnah est l’explication du Coran, précisant les lois
générales, et mentionnant des lois qui ne se trouvent pas dans le Coran- comme Allah lui-même a
dit : ‘’ …Nous avons fait descendre sur toi le Rappel afin que tu explique aux gens clairement ce
qui est descendu vers eux. Peut-être réfléchiront-ils ?’’» Sourate 16 verset 44

7
Les Compagnons sont ceux qui se sont regroupés avec le Prophète dans ce bas monde, en étant croyants et qui sont
morts dans l’Islam.
8
Les suivants sont ceux qui se sont regroupés avec les compagnons dans ce bas monde, en étant croyants et qui sont
morts dans l’Islam
9 Cheikh Abdel-Aziz ibn Bâz « Woudjoub itiba’a as-sounnah»

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‘Âmir As-Sha’bî a dit : « Vous serez sûrement menés vers la ruine quand vous renoncerez aux
traditions, c’est à dire aux traditions authentiques. » [Al-Bayhaqî]

L’imam Al -Awzâ’î a dit à certains de ses compagnons : « Quand la tradition du Messager d’Allah
vous parvient, gardez-vous de dire autre chose que cela, car le Messager d’Allah ne fait que
rapporter ce qu’Allah le Très-Haut lui révèle. » [Al-Bayhaqî]

L’éminent Imam Soufyân ibn Sa’îd Ath-Thawrî a dit : « La connaissance des traditions est
considérée comme la connaissance toute entière. » [Al-Bayhaqî]

Et l’imam Mâlik ibn Anas (ra) a dit : « Chacun parmi nous peut rejeter une parole ou voir la
sienne rejetée sauf la parole de l’occupant de cette tombe »( et il indiqua la tombe du Messager
d’Allah) 10

L’Imam Abou Hanifa (ra) a dit : « Quand la tradition du Messager d’Allah nous parvient, nous
l’acceptons très volontiers et de tout cœur. »

L’Imam Ash-Shâfi’î (ra) a dit : «Le jour où on me rapportera un hadith authentique et que je ne le
mettrai pas en pratique (ou :que je ne les prendrai pas), alors sachez que j’aurai perdu la tête. » 11

L’imâm Ahmad ibn Hanbal (ra) a dit : « Ne m’imitez pas aveuglément, ni Mâlik ou Ash-Shâfi’î,
mais prenez de la source de laquelle nous prenons. » 12 Il a aussi dit : « Je suis étonné de certaines
gens qui connaissent les chaînes des traditions du Messager d’Allah et leur authenticité, mais ils
croient en la parole de Soufyân tandis qu’Allah dit : « …Que ceux qui s’opposent à son ordre
prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment
douloureux. » Sourate 24 verset 63 Puis il dit : « Savez-vous ce qu’est cette calamité ? Cette
calamité, c’est l’associationnisme (Ash-Shirk). Il se peut que s’il rejette quelques paroles du
prophète, ceci déviera son cœur et le mènera vers sa propre perte. »

10
Cette parole est le plus souvent attribuée à l'Imam Malik. Elle a été authentifiée par Abd-ul-Hadi dans Irshadus-Salik
(V.1, p.277) de même qu'elle a été rapportée par Ibn Abd-il-Bar dans El-Djami' (V.2, p.91), Ibn Hazm dans Usul-ul-
Ahkam (V.6 p145 et 179) d'après El-Hakam ibn 'Utayba et Mudjahid. Takiud-din Es-Subki l'a aussi rapporté dans El-
Fatawa (V.1, p.148) d'après Ibn Abbas, et en s'étonnant de la beauté de cette parole, il a ajouté : " Mudjahid a appris
cette phrase d'Ibn Abbas, que Malik a lui-même reprise de Mudjahid, formule devenue célèbre depuis Malik ".
J'ajoute (Cheikh Al-Albani) : Puis l'Imam Ahmad l'a reprise comme l'a dit Abu Dawud dans Masail-ul-Imami Ahmad
(p.276) : " J'ai entendu Ahmad dire : il n'est pas une personne sans que ses paroles soient adoptées ou rejetées, excepté
le Prophète (SAW) "
11
Rapporté par Ibn Abi Hatim dans El-Adab (p.93) et Abul-Qasim Es-Samarkandi dans El-Amali, ainsi que Abu Hafs
El-Muaddib dans El-Muntaqa min El-Amali (V.1, p.234), Abu Na'im (V.9, p.106), Ibn Assakir (V.15, Ch.1, p.10) avec
une chaîne de transmission authentique
12
El-Fullani (p.113) Ibn-ul-Qayim dans El-I'lam (V.2, p.302)

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Al-Bayhaqî a aussi rapporté qu’Az-Zouhrî a dit « ceux parmi nos savants qui nous ont précédés
disaient que le fait de s’accrocher à la Sounnah est le salut (ou la délivrance de l’égarement). »
Mouwaffiqoud-Dîn ibn Qoudama a dit dans son livre Rawdhatoun-Nâdhir, a propos des sources
des lois (Ousoul al-Ahkâm) : « La deuxième source parmi les preuves est la Sounnah du Messager
d’Allah. La parole du Messager d’Allah reste une preuve prouvant le miracle de sa véracité ; Allah
a ordonné [aux hommes] d’obéir [au Prophète], et a mis en garde contre le fait de contester son
ordre. »

5. La fonction de la Sounnah vis-à-vis du Coran


Allah a élu Muhammad en lui accordant la prophétie et l’a distingué en lui confiant Son message. Il
a donc fait descendre sur lui Son livre, le Noble Coran, dans lequel Il lui a ordonné -entre autres
commandements- de l’expliquer aux gens. Ainsi Allah dit: «... et Nous avons fait descendre sur toi
le Rappel afin que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux... » Sourate
16 verset 44

L’œuvre d’explication du Coran par le Messager d’Allah comporte deux branches.


- La première branche porte sur la transmission du texte coranique et de ses règles sans en
cacher la révélation, ainsi que sa récitation à la communauté tel qu’Allah le lui a révélé. Ce qui
correspond à la signification du verset dans lequel nous pouvons lire: « Ô Messager! Transmets ce
qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas
communiqué Son Message... » Sourate 5 verset 67
- La seconde branche porte sur l’éclaircissement du sens des mots, des phrases ou des
versets pour faciliter leur compréhension par les fidèles. Cet éclaircissement concerne en réalité les
versets à signification sommaire (Al Mudjmal). Pour ce qui concerne les versets à signification
générale (Al ‘Âmm) et absolue (Al Mutlaq), il s’agit de préciser le sens pour les premiers et de
limiter le sens pour les seconds. Ces trois opérations (éclaircissement, précision et limitation) se
font à travers la parole, la pratique ou l’approbation du Prophète.

5.1. La sounnah insistant sur une loi existante dans le coran


Dans une telle situation la loi aura deux sources coranique et prophétique.
Exemple : la prescription de la prière, la zakat, le pèlerinage.

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5.2. La sounnah instituant une loi non mentionné dans le coran
Dans cette situation la sounnah constitue un complément pour le coran et constitue la principale
source de la législation de cette loi.
Exemple : la sanction de l’adultère, l’interdiction de l’or comme parure pour les hommes,
l’interdiction de la consommation de la viande de l’âne domestique ; aucune de ces prescription ne
trouve dans le coran, elles sont plutôt consigné dans la sounnah du messager d’Allah.

5.3. La sounnah éclaircit le moudjmal (le sommaire)


C’est le cas des actes d’adoration institué par le Coran sans les expliciter comme la prière, la zakat,
etc.
C’est la sounnah qui nous explique les détails et la manière de faire ces adorations énoncées de
façon sommaire dans le Coran.
C’est l’exemple de la prière prescrit de façon sommaire dans le coran mais dont la description a fait
l’objet de plusieurs ouvrage dont l’excellent ouvrage de Cheikh Mouhammad Nasr dine al-albani
« La description de la prière du prophète du takbir au taslim comme si tu la voyais »

5.4. La sounnah précise le ‘amm (le générale)


A l’évidence, il aurait été impossible de cerner correctement le sens des versets qui suivent sans
l’apport de la Sounnah.

 Allah dit : « Ceux qui ont cru et n’ont troublé la pureté de leur foi d’aucune injustice
(zulm), ceux-là ont la sécurité et ce sont eux les bien guidés. » Sourate 6 verset 82.
Les compagnons avaient compris « Az-Zulm » au sens général du terme qui englobe tous les
types d’injustices, même mineures. Ainsi, ils dirent au Prophète : « Ô Messager d’Allah !
Qui d’entre nous n’a pas entaché sa foi de quelque injustice ? » Et celui-ci de leur répondre
: « Il ne s’agit pas de cela, mais uniquement de l’associationnisme (Ash-Shirk). N’avez-
vous donc pas entendu la parole de Luqmân: ‘’Ô mon fils ! Ne donne pas d’associé à
Allah car l’associationnisme est vraiment une énorme injustice. ‘’» [Al Boukhârî, Mouslim
et d’autres]

 Allah dit : « Et quand vous parcourez la terre, ce n’est pas un péché pour vous de
raccourcir la prière si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve... »
Sourate 4 verset 101

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Le sens apparent du verset indique ici que le raccourcissement de la prière en voyage est
conditionné par l’existence d’une situation de peur et d’insécurité. C’est ce qui explique que
certains compagnons interpellèrent le Prophète en lui disant: « Qu’avons-nous à écourter
[les prières] alors que nous vivons [à présent] en sécurité ? » Ce à quoi le Prophète
répondit : « C’est là une aumône de la part d’Allah. Acceptez donc Son aumône.»[
Mouslim]

 Allah dit : « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang... » Sourate 5 verset 3
Relativement à ce verset, la Sounnah a mis en évidence le fait qu’il est licite de consommer
le criquet et le poisson retrouvé mort ; il est de même pour le foie et la rate. Le Prophète a
ainsi dit : « Deux bêtes mortes et deux « sangs » nous ont été rendus licites: le criquet et le
poisson, ainsi que le foi et la rate. » [Al Bayhaqi]

5.5. La sounnah limite le moutlaq (l’absolue)

Le verset 38 de la sourate 5 dans lequel Allah nous dit: « Le voleur et la voleuse, à tous deux
coupez la main... » illustre très bien ce point. En effet, les termes « As-Sâriq » (voleur) et « Al
Yad » (main) ont une portée absolue. Dans le premier cas, c’est la Sounnah orale qui est venue
clarifier cette portée en limitant la sanction au « voleur qui dérobe le quart d’un dinar ». En effet, Le
Prophète a dit : « La main n’est coupée que pour le vol d’un quart de dinar et plus. » [Al Bukhâri
et Mouslim]

C’est également la Sounnah – à travers la pratique et l’approbation du Prophète , ainsi que la


pratique des compagnons- qui a explicité le sens du terme « Al Yad ». Cette pratique consistait à
couper la main du voleur au niveau du poignet ainsi que cela est bien connu dans les ouvrages de
hadiths.
C’est cette même Sounnah qui a clarifié le sens du terme « Al Yad » cité dans le verset 43 de la
sourate 4 et le verset 6 de la sourate 5 qui a institué l’ablution sèche (At-Tayammum) : «...et passez-
vous-en sur le visage et les mains... ». Suivant cette tradition, ce terme désigne bien la main. Le
Prophète dit à ce propos: « Le Tayammum consiste à frapper une fois [la terre] pour le visage et les
mains (Al kaffayn). »

Il existe d’autres exemples qui n’ont pas été mentionnés ici, mais bien connus des spécialistes du
hadîth et de la jurisprudence. Ce qui précède montre clairement l’importance de la Sounnah dans la
législation islamique. Ainsi, lorsque l’on s’attarde sur les exemples précédemment cités -sans parler

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de ceux que nous n’avons pas évoqués- on est certain qu’il est impossible de parvenir à une
compréhension [correcte] du Coran sans recourir à la Sounnah.

Nul ne saurait prétendre, quelque soit son degré de maîtrise de l’arabe et de ses procédés littéraires,
parvenir à une compréhension correcte du Coran sans s’appuyer pour cela sur la tradition orale et
pratique du Prophète.
Il est clair que personne n’a jamais surpassé les compagnons dans la connaissance de l’arabe,
langue dans laquelle le Coran leur est parvenu. A leur époque, cette langue n’avait pas encore été
entachée par l’introduction des termes étrangers, des dialectes et autres ajouts. Cela ne les a
pourtant pas empêché de se tromper sur le sens de certaines révélations.

C’est pourquoi figure parmi les principes de bases sur lesquels les savants sont unanimes, la règle
selon laquelle le commentaire du Coran doit se faire à l’aide du Coran lui-même, de la Sounnah, des
propos des Compagnons et de leurs successeurs.

Et quel meilleur propos que celui contenu dans le commentaire de la profession de foi de l’Imâm
At-Tahâwi (rahimahullah) qui a dit ceci : « Comment quelqu’un n’ayant pas étudié les fondements
de la religion à partir du Coran et de la Sounnah mais plutôt de telle ou telle personne peut-il se
prononcer à ce niveau? Car quand bien même il prétendait puiser ces connaissances du Livre
d’Allah, [le fait est] qu’il n’étudie pas l’exégèse coranique sur la base des hadiths du Prophète , et
des propos qui nous ont été rapportés,par des individus de confiance rigoureusement sélectionnés
par les critiques en science du hadith, de la part des compagnons et de ceux qui les ont suivis en
bien parmi la génération suivante. Ceux-ci ne nous ont en effet pas uniquement transmis les règles
du Coran mais également sa signification. Par ailleurs, ils n’apprenaient pas le Livre d’Allah
comme le font les enfants mais ils joignaient simultanément à cet apprentissage celui du sens [des
versets]. Quiconque n’adopte pas la même méthodologie ne peut donc s’exprimer sur le Coran que
sur la base de son opinion personnelle. Et quiconque s’exprime sur la base de son propre avis et de
ce qu’il pense faire partie intégrante de la religion d’Allah commet un péché, quand bien même son
propos s’avérait juste. Par contre celui qui puise son propos du Coran et de la Sounnah se voit
récompensé même s’il s’avère s’être trompé, et sa récompense est doublée s’il a vu juste. »13

13
« Charh Al ‘Aqîda At-Tahâwiyya » p212 4ème édition

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Il incombe dès lors aux musulmans de :
- se soumettre pleinement au Messager et à son commandement ;
- accepter et de croire en toutes les informations authentiques qui leur parviennent de ce
dernier sans s’y opposer sur la base de fantasmes pseudo rationnels, sans leur imputer la
moindre ambiguïté ou le moindre doute, et sans faire passer les opinions des hommes et les
erreurs de leur pensée avant elles.

Il incombe donc à tous les musulmans de n’établir aucune distinction entre les deux sources que
sont le Coran et la Sounnah en ce sens qu’il est impératif de se fonder simultanément sur chacune
d’elles et d’établir la législation sur leurs bases. C’est cette démarche qui pourra leur permettre de
ne pas dévier du chemin droit et de faire machine arrière. Le Prophète l’a d’ailleurs clairement
exprimé en disant : « Je vous ai laissés deux choses. Tant que vous vous y maintiendrez, vous ne
vous égarerez pas: le Livre d’Allah et ma Sounnah. Et jamais ils ne se sépareront, jusqu’à ce qu’ils
soient mis sur le fleuve des Prophètes (Al Hawd). » [Rapporté par Mâlik et par Al Hâkim]

Les paroles des Compagnons, des Tâbi ‘ines et des savants après eux au sujet de l’exhortation à
suivre la Sounnah, de l’obligation de s’y conformer et la mise en garde de ceux qui la nient sont
nombreuses. Nous espérons que les versets et les traditions que nous avons mentionnées suffisent et
satisferont ceux qui cherchent la vérité.

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III- LES SOURCES SECONDAIRES : LE IDJMA’ ET LE QIYAS
Deux sources secondaires ont été reconnues à par la majorité des savants de l’Islam. Il s’agit du
consensus et du raisonnement par analogie.

A- Al-Idjma’ (Le consensus)


Nous définirons le consensus en tant que source de preuve en Islam, puis nous en préciserons les
piliers et les types.

1- Définition
Selon les spécialistes des sources du droit, al-‘idjmâ signifie l’unanimité des savants musulmans en
une période donnée après le décès du Prophète sur la règle à appliquer à une situation juridique
donnée.
Elle constitue une source de droit d’après les paroles d’Allah : « Ô les croyants obéissez à Allah et
obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement puis si vous vous
disputez en quoi que ce soit renvoyez le à Allah et au Messager … » Sourate 4 verset 59
« Et quiconque fait scission d'avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit
un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s'est détourné, et le
brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination ! » Sourate 4 Verset 115

2- Ses piliers
Pour que al-‘idjmâ soit source juridique, quatre conditions cumulatives doivent être réunies.

Première condition : Il doit exister au moment où le problème est posé des personnes pouvant être
considérées comme savantes dans la science islamique. Cette condition se justifie par le fait que le
consensus suppose au départ plusieurs idées. Ainsi, s’il n y a qu’un seul savant on ne peut pas parler
de ‘idjmâ sur le plan juridique. C’est pourquoi, on ne parlait pas de ‘idjmâ’’ au temps du Prophète
car il était le seul qui tranchait les litiges.

Deuxième condition : Il faut l’unanimité de tous les savants présents au moment où le problème est
posé. Cela signifie que la concertation aboutisse à une position commune acceptée par tous.

Troisième condition : Il faut que chaque savant participe effectivement à la concertation en


donnant son point de vue, étant bien entendu que c’est l’avis le plus solide qui est retenu d’un
commun accord.

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Quatrième condition : Tous les savants doivent s’allier à l’argument retenu comme étant la règle
applicable à la situation.

NB : D’après ces conditions nous remarquons qu’il est très difficile à d’avoir un consensus sauf le
consensus des compagnons du Prophète car en ce moment les savants n’etaient pas nombreux et se
connaissaient ; ils pouvaient donc se voir et être en consensus sur un sujet donné.

3- Les différentes types de ‘idjmâ


Selon les conditions d’adoption, on distingue deux types d’‘idjmâ :

3.1 – Al-Idjma’ çorih


L’‘idjmâ qui s’est formé avec le consentement exprès de tous les savants présents à cette période.
Cette forme d’‘idjmâ est la meilleure.

3.2 - Al-Idjma’ soukoûti


L’‘idjmâ qui s’est formé avec le consentement tacite d’une partie des savants présents à cette
période. Cette deuxième forme n’est pas considérée comme source de droit par certains Oulémas
parce qu’il ne s’agit pas de l’idée commune de tous les savants.

B- Al-Qiyas (Le raisonnement par analogie)


1. Définition
Selon les spécialistes des sources du droit musulman, al-Qiyas se définit comme l’application par
analogie d’un texte existant à une situation posée à laquelle aucun texte ne s’applique directement.
On s’appuie ainsi sur la cause du jugement de l’acte confirmé par les textes pour appliquer le même
jugement sur la situation dont le jugement n’est pas connu à cause de la présence de la cause du
jugement.
2. Exemple
Pour étayer la notion de « al-Qiyas » nous nous appuyons sur le Hadith du Prophète où il dit :
Ubada ibn as-Samit a rapporté que le Prophète a dit : « L’échange du blé contre du blé, du sorgho
contre du sorgho, des dattes contre des dattes, et du sel contre du sel doit se faire en parfaite égalité
et séance tenante. Quiconque donne un surplus ou l’exige tombe dans l’usure. » [Rapporté par
Mouslim].
Ce hadith signifie que celui qui veut echanger du blé contre du blé doit le faire en quantité égale
Ce qu’il donne et ce que’il reçoit doivent être de même quantité. Et tout surplus est prohibé.
Et ceci est valable pour les quatres produits cités dans le hadith.

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Les Oulamas ont précisé que la raison de cette interdiction est que ces produits sont des denrées
alimentaires. Et ils ont trouvé qu’il y a dautres denrées alimentaires qui ne sont pas cités dans ce
hadith comme la viande, les legumes… Ils ont deduit par analogie que l’usure (le surplus dans
l’échange) est aussi interdit dans tous les autres denrées alimentaires.

3. Les piliers du Qiyas


Il est nécessaire que tout qiyas s’appuie sur quatre piliers :
- un fait sur lequel on se base : une chose dont le jugement est connue ; dans notre exemple
précédent c’est le blé
- le jugement du fait sur lequel on se base : dans notre exemple précédent c’est l’interdiction
de l’usure (le surplus dans l’échange) concernant le blé
- la cause : c’est la caractéristique du fait sur lequel on se base ayant été la cause du
jugement ; dans notre exemple précédent la cause du jugement est que le blé est une
nourriture.
- L’analogue : c’est un autre fait dont on cherche le jugement ; dans notre exemple c’est la
viande.

Le jugement du fait analogue (l’interdiction de l’usure dans la viande) est le résultat et le fruit de
l’application du Qiyas.
C’est par application du Qiyas également que les Oulamas ont jugé du caractère pur de l’âne et de la
souris par analogie au chat qui est considéré comme pure parce que c’est un animal domestique qui
côtoie les hommes.
Le prophète a dit : « le chat n’est pas une impureté car il fait parti des animaux domestique qui vous
côtoie » [Rapporté par Mâlick, Ahmad, Abou Dâwoud, Tirmidhi]
Le fait qu’il côtoie les gens est la cause de son caractère pure. Cette cause est également présente
chez la souris et l’âne, ils sont alors considérés purs par analogie au chat.

4. Les conditions de validité du Qiyas


La reunion des conditions suivantes valident le qiyas :
i) Le jugement du fait sur lequel on se base pour faire le raisonnement par analogie doit
être connu à travers les textes ou le consensus comme dans les deux hadiths precedent
sur l’usure et le chat.
ii) Connaitre la cause du jugement de l’acte sur lequel on se base
iii) La cause du jugement doit être conforme au jugement c'est-à-dire que la prescription du
sujet à cause de cette raison vise la recherche d’un bien et l’éloignement d’un mal

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iv) La présence de cette cause dans le nouvel acte dont on cherche le jugement comme c’est
le cas dans le cas sur lequel on se base
v) Il n ya pas d’interdiction pour faire l’analogie entre les deux actes. On ne fait pas
d’analogie avec la spécificité du prophète d’avoir epousé plus de quatre épouses.
Egalement la presence d’un texte qui donne le jugement du nouvel acte interdit le qiyas
dont le resultat sera en contradiction avec le jugement donné par le texte. On prend donc
pas en consideration une analogie qui contredit les textes authentiques comme le fait de
faire l’analogie entre le chien et le chat du fait que tous deux sont des compagnons de
l’homme et par là juger le chien pur. Ce jugement issu de cette analogie contredit les
textes authentiques qui prouvent le caractère impur du chien.

Il appartient aux savant de faire l’effort pour reunir ces differentes conditions afin que son qiyas soit
accepté. Cet effort qu’on appelle ijtihad est exercé par le faqih (jurisconsulte) qui doit avoir
certaines qualités.

5. Les qualités du faqih


Dans la citation qui suit, l’imam Ahmad résume les qualités que doit posséder le faqih pour faire le
qiyas : « Il ne convient pas à quelqu’un de donner des avis juridiques tant qu’il ne possède pas
cinq qualités :
 La première : qu’il ait une intention pure, c’est-à-dire qu’il fasse cela pour Allah le Très-
Haut uniquement, et qu’il ne le fasse pas pour qu’on lui confie une responsabilité ou autre,
et s’il n’a pas une intention pure, il n’aura pas de lumière [pour se guider], et sa parole ne
sera pas éclairée ;
 La deuxième : qu’il soit sage et réfléchi (Halîm), jouisse de respect (Waqqâr) et qu’il ait du
sang-froid (Sakînah), sinon, il ne pourra pas assumer la tâche d’énoncer les avis
juridiques ;
 La troisième : qu’il soit fort dans son domaine et dans la connaissance, sinon, il s’expose à
un grand danger ;
 La quatrième : qu’il ne soit pas dans le besoin, auquel cas les gens le mépriseraient ; il
aurait besoin d’eux et de ce qu’ils possèdent, et les gens subiraient de sa part un
dommage car il leur donnerait l’avis juridique qui serait dans son intérêt matériel
personnel;

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 La cinquième : qu’il connaisse la nature humaine, qu’il soit conscient des ruses et des
trahisons des gens, afin qu’il soit sur ses gardes, et qu’ils ne l’entraînent pas dans les actes
interdits. » 14

6. Les différentes catégories de qiyas


Le « Qiyâs » [raisonnement par analogie] est de deux catégories :
- une catégorie qui s'applique à l'unicité d'Allâh [at-Tawhîd];
- une catégorie qui s'applique aux dispositions de la Charî'ah [Loi Islamique].

6.1 - Le « Qiyâs » appliqué au tawhid

Cette première catégorie se subdivise en deux formes.


 La première forme est le raisonnement par analogie authentique [Qiyâssus-Sahîh] qui sert
d'argument dans la connaissance d'Allâh -Ta'âla, de Son Unicité, dans la Foi liée au monde
de l'invisible [al-Ghayb], aux livres révélés, dans la véracité des Envoyés. L’application de
ce type de Qiyâs est méritoire pour celui qui le pratique alors que celui qui le délaisse est
blâmé.
 Le deuxième type de Qiyâs est le mauvais raisonnement par analogie qui mène à
l'innovation [Bida'] et l'athéisme [al-Ihâd] comme le fait d'établir une ressemblance entre le
Créateur et ses créatures, entre les Attributs divins et les attributs des créatures, de rejeter les
préséances qu'Allâh a établies pour Lui-même et par lesquelles Il a été qualifié par Ses
Envoyés.

6.2 - Le « Qiyâs » appliqué aux lois islamiques

Cette catégorie s'applique aux dispositions de la Charî'ah. Elle se subdivise aussi en deux formes :
 La première consiste à ramener la règle à la situation identique et semblable, celle-ci est
recommandée.
 La deuxième consiste quant à elle à ramener la règle à une situation différente et
dissemblable, celle-là est blâmable.

14
Îqâdh ul-Himam de cheikh Abdul-'Azîz As-Salmân - rahimahullah

Page 25 sur 34
IV- LA CONFORMITE AUX SOURCES

4.1. Le taqlid
4.1.1. Définition15

Les savants d'Ussul (principes de base) ont mentionné des définitions pour clarifier la vraie
signification et l'essence du taqlid et parmi celles-ci est la parole de certains d'entre eux que le
taqlid est l'acceptation de la parole d'une personne sans connaître sa preuve. Et certains d'entre
eux [les savants] ont tenu l’avis que le taqlid est l'acceptation de la parole d'une personne sans
argument. Et Abû Ma'ali Al-Juwayni a choisi comme définition du taqlid le suivi de quelqu’un et
que ce suivi ne soit pas basé sur une preuve et ne soit pas lié à la science. Et ces définitions des
savants d'Ussul, qui sont toutes proches dans le sens, ont des différences [dans la formulation] qui
viennent de l'habileté de l'énonciation, mais le point principal ici est de clarifier approximativement
l'essence du taqlid

4.1.2. Les variétés du taqlid16


Les différentes catégories et leur jugement sont alors comme suit :

1. Le taqlid d’un savant moudjtahid (celui qui a la science pour faire l’ijtihad)
C’est le taqlid d’un savant qui a les compétences pour faire l'ijtihad, après que la vérité lui soit
parvenue avec les preuves confirmées du prophète (prières et bénédictions d’Allah sur lui)
Il ne lui est pas permis de faire du taqlid avec ce qui contredit ce qui lui est parvenu des preuves et
de l’idjma' (consensus).

2. Le taqlid d’un savant moudjtahid et qui suit un autre moudjtahid que lui

C’est le taqlid de celui qui a les compétences pour faire l'ijtihad, et qui suit un autre que lui parmi
les mujtahidin avant qu'il ne parvienne à un jugement avec son [propre] ijtihad.

Il ne lui est pas permis de suivre aveuglément d'autres.


Ceci est ce que As-Shafi'i, Ahmad et d'autres (qu’Allah leur fasse miséricorde) tenaient comme avis
et c’est le plus correct, en raison de sa capacité à parvenir à un jugement tout seul. Il est responsable

15
"Fatawa du Comité Permanent pour la Recherche Islamique et l’Ifta (Fatawa al-Lajnat-ud-daima lil-buhuth wal-Ifta
Al-'ilmya)", Volume 5 : Fiqh et Tahara, Réuni et organisé par Shaykh Ahmad ibn Abdur-Razaq Ad-Duwaysh, Dar Al-
'Asima, 1413H
16
"Fatawa du Comité Permanent pour la Recherche Islamique et l’Ifta (Fatawa al-Lajnat-ud-daima lil-buhuth wal-Ifta
Al-'ilmya)", Volume 5 : Fiqh et Tahara, Réuni et organisé par Shaykh Ahmad ibn Abdur-Razaq Ad-Duwaysh, Dar Al-
'Asima, 1413H

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de l'ijtihad pour connaître ce que la Shari'a lui a imposé et ce d’après la Parole d’Allah, le Très-
Haut : « Craignez Allah autant que vous le pouvez » Sourate 64 Verset 16

Et ce qui a été authentifié de la parole du prophète (prières et bénédictions d’Allah sur lui) : « ce
que je vous ai enjoint de faire, faites-le selon vos capacités »

3. Le taqlid de celui qui n’est pas moudjtahid envers un moudjtahid


C’est le taqlid envers un savant qui a les compétences de l'ijtihad dans les preuves de la Shari'a de
celui qui n'est pas capable de faire des recherches sur les preuves et d’en tirer des règles.
Ceci est permis, en raison de Sa Parole, le Très-Haut : « Allah ne charge pas une âme plus qu’elle
ne peut porter » Sourate 2 Verset 286 ; « demandez aux gens du rappel [les savants] si vous ne
savez pas » Sourate 16 Verset 43
Et d'autres textes semblables à ceux-ci, qui indiquent comment sortir des difficultés et la protection
contre l’égarement dans les décisions et de parler d'Allah sans science.

4. Le taqlid envers celui qui est en contradiction avec la charia

C’est le taqlid envers celui qui est en contradiction avec la Shari'a des prédécesseurs, des leaders et
des dirigeants, en raison du nationalisme ou par suivi des désirs.

Ceci est interdit par l’ijma'. Et en vérité beaucoup de textes du Qur'ân et de la Sounnah ont été
mentionnés à ce sujet. Et Allah, le Très-Haut dit :
« Et quand on leur dit : “Suivez ce qu’Allah a fait descendre”, ils disent : “Non, mais nous
suivrons les coutumes de nos ancêtres.” - Quoi ! et si leurs ancêtres n’avaient rien raisonné et
s’ils n’avaient pas été dans la bonne direction ? » Sourate 2 Verset 170
« Non, par ton Seigneur, ils ne croiront pas tant qu'ils ne te fassent juger dans toutes leurs
discussions et ils ne trouvent en eux aucune résistance contre tes décisions et acceptent avec la
pleine soumission. » Sourate 4 Verset 65
« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont
décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. » Sourate 33 Verset 36
« Que ceux, donc, qui s’opposent à son commandement prennent garde qu’une épreuve ne les
atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. » Sourate 24 Verset 63
« Dis : “Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera
vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » Sourate 3 Verset 31

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« Allah a maudit les infidèles et leur a préparé une fournaise, pour qu’ils y demeurent
éternellement, sans trouver ni alliés ni secoureur. Le jour où leurs visages seront tournés dans le
Feu, ils diront : “Hélas pour nous ! Si seulement nous avions obéi à Allah et obéi au Messager !
”. Et ils dirent : “Seigneur, nous avons obéi à nos chefs et à nos grands. C’est donc eux qui nous
ont égarés du Sentier. Ô notre Seigneur, inflige-leur deux fois le châtiment et maudis les d’une
grande malédiction”. » Sourate 33 Verset 64-68

4.2. La nécessité de délaisser l’opinion des savants quand elle contredit la sounnah17
Il est nécessaire pour le musulman dans les principes de sa religion de suivre les hadiths
authentiques et délaisser les paroles des Imams quand elles sont en contradiction avec la Sunna du
Prophète. Il est important de se détacher de l'imitation aveugle des Imams car cela est quelque chose
de réprouvé par l'Islam, et les 4 Imams eux-mêmes ont interdit de faire cela.
Voici quelques-unes des paroles des quatre Imams (Abu Hanifa, Malik, Shafi’i et Ahmed ibn
Hanbal) à ce sujet. Peut-être cela sera-t-il un rappel pour ceux qui les imitent aveuglément18,
comme si leurs paroles descendaient du ciel, alors qu’Allah dit dans le Coran : " Suivez ce qui vous
a été révélé de votre Seigneur et ne suivez pas d’autres alliés que Lui. Mais vous vous souvenez
peu ! " (Sourate 7, verset 3).

1. L’imam Abu Hanifa (Qu’allah lui fasse miséricorde) :


Le premier d’entre eux est l’Imam Abu Hanifa An-Nu’man ibn Thabit. Plusieurs de ses élèves ont
rapporté de lui diverses paroles, chacune d’elles menant à une même réalité : l’obligation d’adopter
le hadith et de délaisser les opinions des Imams en désaccord avec la Sunna :
" Si le hadith est authentique alors c’est mon opinion"19
" Il n’est pas permis à une personne d’adopter notre opinion sans savoir d’où nous l’avons
tirée"20 Dans une autre version : " Il est interdit à toute personne ne connaissant pas mes preuves

17
Sifat sôlat nabi de Cheikh al-albani
18
C'est cet aveuglement que l'Imam Tahawi cite lorsqu'il dit : " Personne n'imite si ce n'est un fanatique ou un imbécile
" Rapporté par Ibn Abidine dans Rasm-ul-Mufti (réponse 1, p.32).
19
Rapporté par Ibn Abidine dans El Hachia (V.1, p.63) et dans son livre Rasm-ul-Mufti (V.1, p.4 de Madjmu'atu-rasail
ibn Abidine). Rapporté également par le Cheikh Salih El-Fullani dans Iqadh-ul-Himem (p.62). Ibn Abidine rapporte
aussi ces paroles tirées de Sharh-ul-Hidaya, ouvrage écrit par Ibn Shahna el Kabir, le maître d'ibn Hammam : " Si le
hadith est authentique et qu'il est en désaccord avec l'avis juridique de l'Ecole hanafite, il faut adopter le hadith et cela
ne rend pas la personne non-hanafite, car il a été rapporté de source authentique que Abu Hanifa a dit : "Si le hadith est
authentique alors c'est mon opinion" ". L'Imam Ibn Abd-il-Bar a aussi rapporté cela d'Abu Hanifa ainsi que d'autres
grands Imams.
J'ajoute (Cheikh Al-Albani) : Cela est une preuve de la perfection de leur science et de leur crainte d'Allah (SWT), car
ils ont bien souligné ici que la Sounnah du Prophète (SAW) ne leur était pas parvenue intégralement. L'Imam Shafi'i l'a
aussi reconnu comme on le verra plus loin. Ainsi, il se peut qu'il émane de ces Imams des avis qui ne soient pas en
accord avec la Sounnah, c'est pourquoi ils nous ont ordonnés de nous accrocher à celle-ci et qu'elle soit considérée
comme leur opinion (Qu'Allah les accepte tous dans Sa clémence)

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(dalils) de juger selon mon opinion ". Il est ajouté dans une autre version : " […] car nous
sommes des êtres humains, nous émettons un avis aujourd’hui et nous changeons demain ". Et
dans une autre version : " Malheur à toi, ô Ya’koub ! (il s’agit d’Abu Yusuf , le meilleur élève
d’Abu Hanifa). N’écris pas de moi tout ce que tu entends, car je peux avoir un avis aujourd’hui
et le délaisser demain, de même que je peux avoir une opinion demain et la délaisser après-
demain"21
" Si j’ai dit une parole en désaccord avec le Coran et la Sunna alors délaissez ma parole"22

20
Rapporté par Ibn Abd-il-Bar dans El Intiqa fi fadhaili thalathat-il-fuqaha (p.145) et Ibn-ul-Qayim dans I'lam-ul-
Muwaqqi'in (V.2, p.309), Ibn Abidine dans El-Hachia (V.6, p.293) et dans Rasm-ul-Mufti (p.29 et 32), Cha'rani dans
El-Mizane (V.1, p.55), 'Abbas El-Douri dans d'ibn Mu'ine (V.6, Ch.77, p.1) avec une chaîne de transmission
authentique d'après Zafar. Cette parole a aussi été rapportée d'Abu Yusuf et 'Afia ibn Yazid (Voir El-Iqadh p.52) et Ibn-
ul-Qayim a affirmé son authenticité d'après Abu Yusuf ( Voir El-I'lam V.2 p.344)
J'ajoute (Cheikh Al-Albani): Voilà donc leurs dires à propos de celui qui ne connaît pas leurs preuves (dalils). Mais
qu'auraient-ils dit alors à propos de ceux qui savent que le hadith est en désaccord avec l'opinion des Imams et qui
malgré cela jugent d'après leurs avis ! ? Cet argument suffit à lui seul pour détruire l'imitation aveugle; c'est pourquoi
plusieurs Cheikhs hanafites ont refusé d'attribuer cette parole à Abu Hanifa, car elle les empêchait de juger selon son
avis sans connaître ses preuves (dalils) !
21
L'Imam Abu Hanifa fait cette remarque car il base souvent ses avis juridiques sur l'analogie (Qiyas). Ainsi, il peut lui
arriver de considérer que telle analogie est plus puissante, ou qu'un hadith authentique du Prophète (SAW) lui
parvienne, ce qui a pour conséquence le délaissement de son avis antérieur. El-Cha'rani a dit dans son ouvrage El-
Mizane (V.1, p.62) : " Notre conviction et la conviction de toute personne juste à l'égard de l'Imam Abu Hanifa est que
s'il avait vécu jusqu'à ce que la Shari'a (Loi Islamique) ait été mise par écrit et après que les Savants du hadith eurent
rassemblé toutes les paroles du Prophète (SAW) éparpillées dans les diverses contrées musulmanes, il aurait sans aucun
doute adopté les hadiths et délaissé toutes les analogies qu'il avait faites; et l'analogie aurait été rare dans ses jugements,
comme elle l'a été dans ceux des autres Imams. Cependant, et étant donné que les éléments et les preuves de la Shari'a
étaient éparpillés en son temps chez les Tabi'i (génération succédant aux Compagnons) et leurs successeurs dans les
diverses contrées et villes, l'Imam se vit dans l'obligation d'utiliser l'analogie plus souvent que les autres Imams, car il
n'avait pas entre les mains de textes concernant les problèmes qui lui étaient posés. Et ce n'est qu'après lui qu'a
commencé l'épopée du hadith et de la recherche de l'authentique chez les Savants du hadith, ce qui leur a permis d'avoir
tous les textes en main pour répondre aux problèmes sans utiliser l'analogie ". Abul-Hassanate a rapporté une grande
partie de ces paroles dans son livre El-Nafi' ul-kabir (p.135) et a ajouté des commentaires pour qui voudrait se pencher
plus profondément sur la question.
J'ajoute (Cheikh Al-Albani) : Si cela est l'excuse d'Abou Hanifa en ce qui concerne ses avis en désaccord
(involontairement) avec la Sunna, et c'est une excuse valable sans l'ombre d'un doute, car Allah ( SWT) ne charge pas
une âme plus que ce qu'elle ne peut supporter, il est donc strictement interdit à toute personne de le rabaisser comme le
font certaines personnes ignorantes. Bien au contraire ! Nous lui devons tout notre plus profond respect, car c'est un des
plus grands Imams de l'Islam par lequel Allah a protégé cette religion et nous l'a transmise à travers les générations. De
plus, l'Imam Abu Hanifa sera récompensé, que son opinion soit juste ou fausse. De la même façon, il est interdit à toute
personne le respectant de rester accroché aux opinions de l'Imam en désaccord avec la Sounnah, car elles ne font plus
partie de ces avis comme il le dit lui-même. Et la vérité est entre ces deux groupes. " Notre Seigneur, pardonne-nous
ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédés dans la foi et ne mets dans nos cœur aucune rancœur pour ceux qui ont cru.
Notre Seigneur Tu es Compatissant et Très Miséricordieux " (sourate 59, verset 10)
22
Rapporté par El-Fullani dans El-Iqadh (p.50), parole attribuée également à l'Imam Shafi'i. Commentant ces paroles,
El-Fullani a dit : " Ces paroles ne concernent pas le Savant Mudjtahid [ Savant ayant atteint un niveau de science et de
compréhension tel qu'il soit devenu indépendant des Ecoles ou Madhhab dans la déduction des lois islamiques] , car il
n'a pas besoin des avis des Imams. Mais cela concerne plutôt l'imitateur"
J'ajoute (Cheikh Al-Albani) : Cha'rani a dit dans El-Mizane (V.1, p.26) : " Si tu te poses la question : après la mort de
l'Imam que j'imite, que faire des hadiths authentiques qu'il n'a pas pu prendre en compte dans ses jugements ? La
réponse est : ton devoir est d'adopter ces hadiths, car si l'Imam que tu imites en avait entendu parlé et qu'ils avaient été
authentiques à ces yeux, il t'aurait sûrement ordonné de les adopter, car tous les Imams sont prisonniers entre les mains
de la Shari'a, et celui qui adopte cette attitude aura récolté le bien à pleines brassées. Quant à celui qui dit : " Je
n'applique pas tel hadith tant que mon Imam ne l'a pas appliqué ", qu'il sache qu'il est passé à côté d'un grand bien,
comme le font beaucoup d'imitateurs dans les Madhhabs (Ecoles juridiques). Mais il aurait été préférable pour eux
d'appliquer tout hadith authentique après le décès de leur Imam par obéissance aux ordres de ce dernier. Car notre

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2. L’imam Malik Ibn Anas (Qu’Allah lui fasse miséricorde) :
" Je suis un être humain qui peut se tromper comme il peut avoir juste. Etudiez donc mes
opinions : adoptez tout ce qui est en accord avec le Coran et la Sunna, et rejetez tout ce qui est en
désaccord avec eux deux "23
" Il n’existe personne après le Prophète sans que ses opinions puissent être acceptées ou
rejetées, sauf le Prophète "24
Ibn Wahb a dit : " J’ai entendu Malik répondre à une question à propos du fait de se laver
l’espace entre les doigts des pieds pendant les ablutions. Celui-ci répondit : cela n’est pas
nécessaire. J’attendis alors jusqu’à ce qu’il ne reste plus grand monde autour de lui, puis je lui
dis : pour nous, cela est une Sunna. Il me répondit : et quelle est-elle ? Je lui dis : El-Layth ibn
Sa’d, ibn Luhay’a et ‘Amru ibn El-Harith m’ont rapporté d’après Yazid ibn ‘Amru El-Ma’afiri
d’après Abu Abderrahmane El-Halabi d’après El-Mustawrid ibn Shaddad El-Qorachi qu’il a
dit : j’ai vu le Prophète frotter l’espace entre ses doigts de pieds avec son auriculaire. L’Imam
Malik me dit alors : ce hadith a une bonne chaîne de transmission et jamais je ne l’avais entendu
auparavant, si ce n’est aujourd’hui. Plus tard, j’entendis Malik répondre à cette question en
ordonnant de se laver entre les doigts de pieds. "25

3. L’imam Shafi’i (Qu’Allah lui fasse miséricorde) :


Quant à l’Imam Shafi’i, il a été rapporté de lui des paroles plus nombreuses et plus belles26, et ces
élèves sont ceux qui les ont le plus mises en application et en sont donc devenus plus heureux.
Parmi ses paroles :

conviction à leur sujet est que s'ils avaient vécu le temps d'être en présence des hadiths authentifiés après eux, ils
auraient sans aucun doute adopté ces hadiths et les auraient appliqués, de même qu'ils auraient délaissé toutes leurs
analogies et paroles en désaccord avec ces hadiths ".
23
Rapporté par Ibn Abd-il-Bar dans El-Djami' (V.2, p.32) et Ibn Hazm dans Usul-ul-Ahkam (V.6, p.149), ainsi que El-
Fullani dans El-Iqadh (p.72)
24
Cette parole est le plus souvent attribuée à l'Imam Malik. Elle a été authentifiée par Abd-ul-Hadi dans Irshadus-Salik
(V.1, p.277) de même qu'elle a été rapportée par Ibn Abd-il-Bar dans El-Djami' (V.2, p.91), Ibn Hazm dans Usul-ul-
Ahkam (V.6 p145 et 179) d'après El-Hakam ibn 'Utayba et Mudjahid. Takiud-din Es-Subki l'a aussi rapporté dans El-
Fatawa (V.1, p.148) d'après Ibn Abbas, et en s'étonnant de la beauté de cette parole, il a ajouté : " Mudjahid a appris
cette phrase d'Ibn Abbas, que Malik a lui-même reprise de Mudjahid, formule devenue célèbre depuis Malik ".
J'ajoute (Cheikh Al-Albani) : Puis l'Imam Ahmad l'a reprise comme l'a dit Abu Dawud dans Masail-ul-Imami Ahmad
(p.276) : " J'ai entendu Ahmad dire : il n'est pas une personne sans que ses paroles soient adoptées ou rejetées, excepté
le Prophète (SAW) "
25
Rapporté par Ibn Abi Hatim dans l'introduction de son ouvrage El-Djarh wa-t-Ta'dil (p.31-32)
26
Ibn Hazm a dit : " Les juristes et savants que l'on imite aujourd'hui interdisent eux-mêmes l'imitation aveugle et l'ont
interdite à leurs élèves. Et le plus stricte à ce sujet est sans aucun doute l'Imam Shafi'i (RA), car il a sévèrement insisté
sur le fait de suivre les hadiths authentiques et d'accepter les preuves indubitables , insistance que personne n'avait
atteinte avant lui. De plus, il s'est désolidarisé de toute personne voulant l'imiter dans tout ce qu'il a dit et fait, et l'a
déclaré publiquement. Qu'Allah nous fasse profiter de la science de cet homme, et qu'Il lui augmente sa récompense, car
il a été la cause d'un grand bien. "

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" Il n’est pas une personne sans qu’une Sunna du Prophète ne lui échappe ou ne lui parvienne.
Alors quel que soit l’avis que j’émets, ou quelle que soit la règle que j’énonce, s’il existe une
Sunna du Prophète qui contredit ma parole, il faut alors revenir à la parole du Prophète que
j’adopte moi-même "27
" Les musulmans se sont tous mis d’accord pour dire que toute personne à qui il apparaît une
Sunna du Prophète , il lui est interdit de la délaisser pour la parole d’autrui "28
" Si vous trouvez dans mon livre une contradiction avec la Sunna du Prophète , adoptez alors la
Sunna du Prophète , et abandonnez mes paroles " Et dans une autre version : " Suivez la Sunna
du Prophète et n’accordez après elle aucune importance aux paroles des hommes, quels qu’ils
soient "29
" Si le hadith est authentique, alors c’est mon opinion"30
" S’il existe un hadith authentique chez les savants du hadith à propos d’une question juridique
en désaccord avec mon avis, alors j’adopte le hadith de mon vivant et après ma mort "31

27
Rapporté par El-Hakim avec sa propre chaîne de transmission jusqu'à l'Imam Shafi'i. Voir Tarikh Dimachq de Ibn
Assakir (V.15, Ch.1, p.3), de même que I'lam-ul-Muwaqqi'in d'Ibn-ul-Qayim (V.2, p.363-364) El-Iqadh de El-Fullani
(p.100)
28
Rapporté par Ibn-ul-Qayim (V.2, p.363-364), et El-Fullani (p.68)
29
Rapporté par El-Harawi dans Dhammul-Kalam (V.3, Ch.1, p.47), El-Khatib dans El-Ihtidjadj bi-Shafi'i (V.8, p.2), Ibn
Assakir (V.15, Ch.1, p.9), Nawawi dans El-Madjmu' (V.1, p.63), Ibn-ul-Qayim (V.2 p.361), El-Fullani (p.100). La
seconde version est rapportée par Abu Na'im dans El-Hulia (V.9, p.107)
30
Rapporté par Nawawi dans El-Medjmu' , Cha'rani (V.1, p.57), citation qu'il a emprunté à El-Hakim et El-Beyhaqi.
Rapporté aussi par El-Fullani (p.107). Cha'rani a dit en citant Ibn Hazm : " que le hadith soit authentique à ses yeux ou
aux yeux d'autres savants " Dans le même ordre d'idées, Nawawi a dit : " Beaucoup parmi nous autres Shafi'ites ont
adopté ce comportement, comme pour le fait de dire : " la prière est meilleure que le sommeil " lors du premier appel à
la prière du matin, ou l'intention conditionnelle de pèlerinage pour la personne malade, et cela est connu dans les livres
de l'Ecole Shafi'ite. Parmi les savants de notre Ecole qui ont délaissé l'avis de Shafi'i pour un hadith authentique, on
dénombre Abu Ya'kub El-Buwaiti, Abul-Qasim Ed-Dariki, et l'Imam El-Beyhaqi ,savant du hadith affilié à l'Ecole
Shafi'ite. En outre, il y avait un groupe parmi les premiers adeptes de Shafi'i qui, lorsqu'il était confronté à un cas
juridique à propos duquel il existait un hadith authentique, alors que l'avis de Shafi'i était en désaccord avec ce hadith,
adoptait le hadith en disant : l'avis de Shafi'i est ce qui est en accord avec le hadith. Le Cheikh Abu 'Amru a dit : " Si un
Shafi'ite trouve un hadith qui contredit son Ecole, qu'il vérifie s'il a atteint un niveau d'Idjtihad total, ou partiel
concernant la question. Dans ce cas, il a le droit d'adopter le hadith sans considérer si un savant avant lui l'a déjà adopté.
Par contre, s'il n'a pas atteint le niveau d'Idjtihad et qu'il n'arrive pas à trouver une raison valable qui lui permette de ne
pas appliquer le hadith, il a alors le droit de l'appliquer si un savant autre que Shafi'i l'a adopté avant lui, et cela est une
raison valable pour délaisser l'avis de son Ecole " (Nawawi continue et dit :) ceci est un avis bon et sage et Allah est
plus savant "
J'ajoute (Cheikh Al-Albani): mais il reste un troisième cas que Ibn Salah (Abu 'Amru) n'a pas cité et qui est le suivant :
si aucun savant n'a adopté ce hadith avant lui ? Takiud-Dine Es-Subki a répondu à cela dans son essai : Explication du
sens des paroles de Shafi'i : si le hadith est authentique alors c'est mon opinion (V.3, p.102) : " A mes yeux, il vaut
mieux suivre le hadith… et que chacun de nous s'imagine être en face du Prophète (SAW), aurait-on le droit de refuser
d'appliquer ce qu'il nous dit ? Je jure par Allah que non ! Et chacun de nous est contribuable en fonction de sa capacité "
Pour plus de renseignements sur la question, voir I'lam-ul-Muwaqqi'ine (V.2, p.302 à 370), ainsi que le livre d'El-
Fullani nommé El-Iqadh [traduction intégrale du titre de ce livre : Eveil de la pensée des gens clairvoyants, dans le fait
de suivre le maître (c-à-d le Prophète (SAW)) des Exilés (Muhadjirun) et des Alliés (Ansars), et mise en garde contre
l'innovation répartie dans les villes et campagnes, qui consiste en l'imitation aveugle des Ecoles, encouragée par le
fanatisme et la véhémence entre les juristes à travers les générations] car c'est un livre précieux et unique en son genre,
qui doit être étudié profondémént et avec réflexion par toute personne aimant la vérité.

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" Si vous me voyez dire une parole alors qu’il existe un hadith authentique contredisant ma
parole, sachez que j’ai perdu la raison "32
" Si dans tout ce que je dis, il existe un hadith authentique qui me contredit, alors le hadith du
Prophète est plus en droit d’être suivi , ne m’imitez donc pas "33
" Tout hadith du Prophète est mon avis, même si vous ne l’avez pas entendu de moi "34

4. L’imam Ahmad Ibn Hanbal (Qu’Allah lui fasse miséricorde) :


Quant à l’Imam Ahmad, il est celui qui a rassemblé le plus de hadiths parmi les quatres Imams, et
celui qui s’y accrochait le plus à tel point qu’il détestait qu’on écrive des livres basés sur la
déduction et l’opinion35. C’est pourquoi il a dit :
" N’imite ni moi, ni Malik, ni Shafi’i, ni El-Awza’i, ni Thawri, mais prends d’où ils ont pris "36
Dans une autre version : " N’imite personne dans la religion parmi ces hommes. Ce qui vient du
Prophète et ses Compagnons, prends- le, puis prends de ceux qui ont suivi, parmi lesquels tu as
le choix " Dans une autre version : " Le suivi consiste à suivre tout ce qui vient du Prophète et
ses Compagnons, après eux on a le choix parmi les Suivants "37
" L’opinion de El-Awza’i, l’opinion de Malik, l’opinion de Abu Hanifa ne sont que des opinions
qui sont égales à mes yeux, mais la preuve réside dans les hadiths "38
" Celui qui rejette un hadith du Prophète est au bord de la perdition "39

Voilà donc les paroles des quatre Imams (qu’Allah les agrée) en ce qui concerne l’ordre qu’ils ont
donné de s’accrocher aux hadiths et leur interdiction de les imiter aveuglément sans réfléchir. Ces
paroles sont tellement claires qu’elles ne peuvent accepter quelque contestation ou interprétation.
Partant de cela, une personne qui s’accroche à tout ce qui est authentique dans la Sunna du Prophète
, même si c’est en désaccord avec les avis des quatre Imams, ne sera pas sorti de leur école, ni ne les
aura contredit, bien au contraire ! Il sera celui qui les suit le plus fidèlement, et se sera accroché à
l’anse ferme et indissociable [El ‘Urwatul-Wuthqa] . Tandis que celui qui délaisse une Sunna
authentique car elle est en désaccord avec les avis des Imams, celui-là en fait leur a désobéi, et a
contredit leurs paroles citées plus haut, alors qu’Allah (SWT) dit : « Non !... par ton seigneur ! Ils

31
Rapporté par Abu Na'im dans El-Hulia (V.9, p.107), El-Harawi (V.1, p.47), Ibn-ul-Qayim dans I'lam-ul-Muwaqqi'ine
(V.2, p.363), El-Fullani (p.104)
32
Rapporté par Ibn Abi Hatim dans El-Adab (p.93) et Abul-Qasim Es-Samarkandi dans El-Amali, ainsi que Abu Hafs
El-Muaddib dans El-Muntaqa min El-Amali (V.1, p.234), Abu Na'im (V.9, p.106), Ibn Assakir (V.15, Ch.1, p.10) avec
une chaîne de transmission authentique
33
Rapporté par Ibn Abi Hatim, Abu Na'im et Ibn Assakir (V.15, Ch.10, p.1)
34
Rapporté par Ibn Abi Hatim (p.93-94)
35
Ibn-ul-Djawzi dans El-Manaqib (p.192)
36
El-Fullani (p.113) Ibn-ul-Qayim dans El-I'lam (V.2, p.302)
37
Abu Dawud dans Masail-ul-Imami Ahmad (p.276-277)
38
Ibn Abdil-Bar dans El-Djami' (V.2, p.149)
39
Ibn-ul-Djawzi (p.182)

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ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et
qu’ils n’auront éprouvés nulle angoisse pour ce que tu auras décidé et qu’ils se soumettent
complètement (à ta sentence). » Sourate 4 verset 65
Allah dit aussi : « …Que ceux qui s’opposent à son ordre prennent garde qu’une épreuve ne les
atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. » Sourate 24 verset 63
El-Hafidh ibn Radjab a dit : " Il est obligatoire pour toute personne à qui est parvenu un hadith
du Prophète dont il a compris le sens, de le faire savoir à la communauté, de la conseiller de
l’appliquer, et de leur ordonner de suivre l’ordre du Prophète , même s’il est en désaccord avec
un grand Imam respecté de cette communauté, car l’ordre du Prophète est plus en droit d’être
respecté et suivi que l’opinion de tout grand Savant en désaccord (involontairement) avec l’ordre
du Prophète dans certaines choses. C’est pourquoi beaucoup de Compagnons, ainsi que la
génération des Suivants, ont rejeté toute personne contredisant un hadith authentique, et parfois
même ont été durs dans le rejet, non pas par haine contre la personne, au contraire ! Cette
personne peut être chère à leur cœur et respectée dans leur conscience, mais le Prophète est plus
cher à leur cœur, et son ordre est au-dessus de l’ordre de toute créature. Si donc l’ordre du
Prophète et l’ordre d’Untel se contredisent, l’ordre du Prophète est plus à même d’être mis en
avant et suivi, et cela n’empêche pas de respecter celui qui a émis un avis involontairement en
désaccord avec l’ordre du Prophète , car cela lui est pardonné40. Mieux encore, ce savant en
désaccord avec le hadith par erreur n’aurait eu aucune rancœur qu’on ne le suive pas s’il lui
était apparu que le hadith du Prophète le contredisait ".41

J'ajoute (Cheikh Al-Albani): comment les Imams pourraient-ils en avoir quelque rancœur alors
qu’ils l’ont ordonné à leurs élèves, comme vu plus haut, et les ont obligés à délaisser leurs dires s’ils
sont en désaccord avec la Sunna ? L’Imam Shafi’i est même allé jusqu’à ordonner à ses élèves et
disciples de considérer les paroles du Prophète comme ses avis juridiques, même s’il (Shafi’i) ne
les avaient pas dits, ou qu’il avait jugé de façon différente. C’est la raison pour laquelle le Savant
Ibn Daqiq El-Id, lorsqu’il a rassemblé toutes les questions sur lesquelles chacune des quatre écoles
était en désaccord avec les hadiths authentiques dans un seul gros volume, dit : " Le fait d’attribuer
ses jugements aux Imams est interdit (haram), il est donc obligatoire pour les juristes imitateurs de
les connaître afin de ne pas les leur attribuer, car ce serait un mensonge à leur sujet "42

40
Non seulement est-il pardonné mais en plus il est récompensé selon le hadith authentique rapporté par Bukhari et
Muslim et d'autres : "lorsqu'une personne d'autorité (Savant ou gouverneur) fait un effort de recherche, émet un avis et
qu'il trouve juste, il aura deux récompenses. S'il se trompe, il n'en aura qu'une. "
41
Ecrit par Ibn Radjab dans l'explication du livre d'El-Fullani Iqadh-ul-Himem (p.93)
42
El-Fullani (p.99)

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CONCLUSION

Nous retenons qu’en ce qui concerne les sources de la legislation islamique nous disposons de
quatre sources dont deux principales, le Coran et la Sounnah, et deux secondaires, l’Ijma et le
Qiyas.

Aussi le musulman, avant de poser un acte, doit-il avoir nécessairement un dalîl tiré du Livre
d’Allah (le Coran) et de la Sounnah de son Messager . Nous demandons à Allah de nous accorder à
nous et à tous les musulmans le succès dans ce qui lui plait, la sécurité contre ce qui lui déplait, et
de nous guider tous sur le chemin droit. Il est l’Audiant. Qu’Allah répande Ses bénédictions et le
Salut sur Son serviteur et messager Mouhammad, sur sa famille, ses compagnons et tous ceux qui
les suivent de la meilleure manière.

Sources
Dr Mouhammad Soulaymane Abdoullah « Al-Wâdih fiy Ouçouli-l-fiqh »
Cheikh Abdel-Aziz ibn Bâz « Woudjoub itiba’a as-sounnah»
Cheikh Mouhammad Al Albani « Manzilat sounnah fil-islam »
Cheikh Mouhammad Al Albani «Sifat Solat Nabi mina takbir ila taslim »
L'Imâm al-Baghdâdî Kitâb « al-Faqih wal-Mutafaqih »
cheikh Abdul-'Azîz As-Salmân « Îqâdh ul-Himam »
Ibn al Qayim « Miftah Dar as Sa’ada »
Ibn Jawzi « Talbis Iblis »,
Abd-ul-Hadi « Irshadus-Salik »
Ibn Abd-il-Bar « El-Djami' »
Ibn Hazm « Usul-ul-Ahkam »
Ibn-ul-Qayim « El-I'lam »
Mouwaffiqoud-Dîn ibn Qoudama « Rawdhatoun-Nâdhir »
Ibn Abi-l-‘iz « Charh Al ‘Aqîda At-Tahâwiyya »
Fatawa du Comité Permanent pour la Recherche Islamique et l’Ifta (Fatawa al-Lajnat-ud-daima lil-buhuth wal-Ifta Al-
'ilmya)", Volume 5 : Fiqh et Tahara, Réuni et organisé par Shaykh Ahmad ibn Abdur-Razaq Ad-Duwaysh, Dar Al-
'Asima, 1413H
Ibn-ul-Qayim “I'lam-ul-Muwaqqi'in »

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