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Penal Entier

Le document traite des conditions objectives de la responsabilité pénale, en se concentrant sur l'incrimination et le principe de légalité criminelle. Il souligne que pour qu'un acte soit considéré comme une infraction, il doit être prévu par un texte légal, et que la légalité criminelle garantit qu'aucune peine ne peut être appliquée sans loi. Enfin, il aborde les différentes classifications des infractions et les sources du droit pénal, tout en soulignant l'importance de la législation et des principes constitutionnels dans ce domaine.

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Penal Entier

Le document traite des conditions objectives de la responsabilité pénale, en se concentrant sur l'incrimination et le principe de légalité criminelle. Il souligne que pour qu'un acte soit considéré comme une infraction, il doit être prévu par un texte légal, et que la légalité criminelle garantit qu'aucune peine ne peut être appliquée sans loi. Enfin, il aborde les différentes classifications des infractions et les sources du droit pénal, tout en soulignant l'importance de la législation et des principes constitutionnels dans ce domaine.

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Les conditions objectives de la responsabilité pénale

Les conditions relatives à l’acte infractionnel

Pour l’incrimination il faut un texte qui prévoit l’acte ou le comportement comme étant une
infraction. Il faut ensuite démontrer que le texte est bien applicable, c’est la qualification. Enfin, il faut
un trouble sociale qui se renvoie à sa double dimension : individuelle et générale. Tout cela forme la
responsabilité pénale.

La localisation de l’acte a son importance car le droit compétent n’est pas forcément le droit français.

L’incrimination

L’incrimination se différencie de l’infraction. La première est le fait pour le législateur de rendre


un comportement infractionnel. C’est la description dans la loi du comportement générateur de
la responsabilité pénale (Ex : L’art 221-1 : le meurtre est le fait de donner volontairement la mort
à autrui ; c’est une incrimination). L’infraction quant à elle renvoie au fait de l’Homme et non aux
textes de lois. Il s’agit de l’acte accompli par une personne dans la vie réel. Cet acte constitue une
infraction dès lors qu’il rentre dans le champs d’un texte d’incrimination.

« Le législateur établit des incriminations et les Hommes commettent des infractions »

Etudier l’incrimination revient à étudier la légalité criminelle.

Chapitre 1 : Le principe de la légalité criminelle

I. La signification

Aujourd’hui le principe de la légalité criminelle est énoncé dans le code pénal de 1992. Les art
111-2 et 111-3 prévoient que « nul ne peut être puni pour un crime ou un délit dont les éléments
ne sont pas prévues par la loi ». Cela à été repris par d’autres textes comme l’art 7 de la
convention euro des droits de l’Homme. Il figure également dans la DDHC aux art 7 et 8. Ce qui
confère à ce principe une valeur conventionnelle et constitutionnelle.

La légalité criminelle signifie que nul ne peut être condamné pénalement pour un fait qui n’est
pas incriminer càd pour un fait qui n’est pas prévue et sanctionné par la loi pénale.

Ce principe est notamment rattaché à un adage selon lequel Nulum crimen nulla poena sine lege
(pas de crime, pas d’infraction, pas de peine sans loi). Ce principe s’applique à trois grandes séries
de règles : la procédure pénale, les infractions et les peines.
1. La légalité des infractions

Le principe signifie qu’il ne peut y avoir aucune infraction sans texte. C’est une règle absolue qui
ne souffre d’aucune exception. Elle s’applique à toutes les infractions, les crimes, les délits et les
contraventions.

Concrètement le principe oblige le législateur à def pour chaque infraction les éléments
constitutifs. Il faut décrire l’élément matériel, l’élément moral (l’état d’esprit de l’auteur).
Aujourd’hui le législateur à l’obligation dans le respect de la classification tripartite de préciser si
la nouvelle infraction constitue un crime, un délit ou contravention (art 111-1).

Pour cela, la nature de la peine et la juridiction compétente prévue par le législateur qui permet
aux lecteurs de reconnaitre un crime, un délit ou une contravention. Les crimes sont sanctionnés
par une peine criminelle (réclusion criminelle : privation de liberté avec un quantum sup à 10
ans ; ). Les délits sont sanctionnés par des peines correctionnelles (l'emprisonnement au max 10
ans, l'amende ; tribunal correctionnel). Les contraventions sont sanctionnés par des peines
contraventionnelles (l’amende).

A. La classification des infractions

Cette classification des infraction a un certain nombre de conséquences pour l’application


d’autre règle du droit pénal générale

(Ex : les règles de tentative : elle est tjrs punissable en matière criminelle, uniquement
lorsque la loi le prévoit pour les délits et est exclue pour les contraventions) .

(Ex : la complicité est tjrs punis pour les crimes et les délits et ne l’est qu’exceptionnellement
pour les contraventions)

(Ex : des peines complémentaires peuvent être mise en œuvre. En matière criminelle, les
aménagements de peine sont les plus faibles = a réclusion criminelle est obligatoire; en
matière de délit les possibilités sont les plus riches notamment le juge peut substituer une
peine complémentaire à la peine principale).

Cette classification est la classification la plus importante. Mais il existe d’autres classifications

B. Les autres classifications

Ces classifications ont été proposées par la doctrine pour expliquer des diff de régime entre
certaines infractions.

Les infractions conditionnelles sont des infractions dont la réalisation dépend d’une condition
préalable. En pratique, cela va désigner toutes les infractions dont la sanction va finalement
dépendre d’une autre infraction. A ce titre la complicité rentre dans ce titre (bsn d’une
infraction principale) ; le recel c’est le fait de dissimuler un nombre de bien que l'on sait être
issus d’une infraction càd un vol.

Les infractions autonomes. Elles sont multiples. Elles se réalisent indépendamment de toute
autre infraction.

● Les infractions matérielles et infractions formelles

Le résultat permet de les distinguer. Est il nécessaire qu’un certain résultat se


produise pour constater l’infraction ?

L’infraction matérielle inclut un résultat. C’est le cas le plus fréquent. Si le résultat ne


se produit pas, l’infraction n’est pas constituée. Il reste tout de même la répression
de la tentative

(Ex : le meurtre, le vol, etc)

Les infractions formelles qui se produisent et se réalisent indépendamment de tout


résultat. On ne sanctionne pas le fait mais l’engagement dans un comportement qui
peut porter atteinte.

(Ex : l’empoisonnement n’est pas un meurtre car meurtre = matérielle or


empoisonnement = formelle. La sanction de l’empoisonnement se trouve dans le fait
d’administrer volontairement dans la victime une substance mortifère)

● Les infractions par action et par omission

⮚ Peut- on être responsable pénalement pour n’avoir rien fait ?

Peut on être condamné car on a pas agit comme le législateur ? Les infractions
d’action sont très majoritairement admises. Le législateur a admis des infractions
d’abstention. C’est un comportement négatif.

(Ex : Non assistance à personne à danger)

● Infraction instantanée et continu

L’infraction instantanée se réalise en un trait de temps. Les continus ont des effets qui
se prolonge dans le temps.

(Ex : le recel est continu car il continu tant que les biens sont gardés et pas restituer
au propriétaire légal.)

Progressivement la jurisprudence a démontré que le délai de prescription commence


à la fin des faits en ce qui concerne les infractions continues.
● Infraction de droit commun et de crimes organisés
La distinction repose sur une différence de procédure. Le législateur a créé une
nouvelle catégorie : la délinquance et la criminalité organisé (depuis 2004 dans les art
706-713 et suivant)

(Ex : proxénétisme, terrorisme, etc).

Cette catégorie a été créé pour doter les enquêteurs (policier, juge d'instruction, etc)
de pouvoir d’investigation dérogatoire exorbitant par rapport au droit commun

(Ex : garde vue = 24h, renouvelable une fois, pour les crimes organisés ce temps est
doublé et pour le terrorisme c’est triplé)

● La légalité des peines

La peine doit être prévue par la loi. Cela veut dire que le juge quand il statut ne peut
prononcer que la ou les peines prévues par la loi pour l’infraction qu’il retient.

En application de la personnalisation des peines, le juge peut moduler les peines.


Concrètement pour chaque infraction le législateur doit fixer la nature de la sanction
encourue et son intensité.

II. Qu’est ce que la légalité ?

1. La diversité des sources du droit pénal

Nous faisons une distinction entre les sources écrites et les non-écrites. La loi il est fait
référence dans l’expression légalité criminelle ne renvoient plus à la loi au sens stricte mais de
plus en plus à la loi au sens large

A. La constitution

Elle apparaît comme une source pour deux raisons : l’art 34 de la constitution de la
Vème république, c’est la constitution qui fonde le pouvoir du législateur pour définir
les crimes et les délits ; les sources constitutionnelles (art et jurisprudence du conseil
constitutionnel) représentent un ensemble de règle qui par le fait de la hiérarchie
impose des contraintes au législateur au moment de la déf des infractions et des
peines.

La constitution influence le législateur en matière pénale. C’est une source indirecte.

Parmi les principes constitutionnels, il y a le principe d’égalité devant la loi, la


présomption d’innocence, la légalité criminelle, la non rétroactivité des lois pénales
aggravantes, le droit à la sureté, la prohibition de la peine de mort, les règles relative
à la grâce présidentielle.
Dans le cadre du contrôle, le conseil constitutionnel veille au respect de tous ces
principes.

Dans la décision du 4 mai 2012, le conseil a abrogé le délit de harcèlement sexuel càd
qu’il a voulu que le législateur réécrive l’art.

Dans une décision du conseil constitutionnel du 19 juin 2020 : Il s’est opposé à une
qualification pénale de la cour de cassation dans le contexte de la lutte contre le
terrorisme de recel d’apologie d’acte de terrorisme (punir personne qui conservait
des images, des propos qui faisait l’apologie du terrorisme).

B. Les sources européennes

a. Le droit de l’UE

Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, la collaboration des états


membres en matière pénale a considérablement augmenté.

La matière pénale est entrée dans les compétences des institutions européennes.
Il en résulte deux conséquences : Les institutions ont reçu des compétences
directes en matière pénale. Dans certains domaines celle-ci peuvent incriminer et
prévoir des sanctions par des règlements et des directives.

Cette compétence est définie par l’art 83 du TFUE.

La cour de justice de l’une est elle aussi devenue compétente en matière pénale.

(Ex : Légalisation du CBD en France résulte d’une décision de la Cour de justice le


19 novembre 2020 qui a servi de fondement à la chambre criminelle le 23 juin
2021)

Cette influence s’est traduit par un organe de poursuite au niveau euro : le


parquet européen. C’est le résultat du règlement européen du 17 octobre 2017

b. Le droit du conseil de l’Europe avec la convention euro des droits de l’homme

La convention euro constitue une source d’influence et de contrainte


particulièrement forte lorsque le législateur définit les infractions et les peines.
Celle-ci est directement applicable dans le droit français. En outre, un requérant
peut saisir directement la cour européenne des droits de l’Homme après
épuisement des voie de recours interne.

Le rayonnement de la convention dépend de l’existence et du nombre des


dispositions de la convention pouvant intéresser le droit pénal. L’art 2 protège le
droit à la vie, l’art 3 prohibe les traitements inhumain et dégradant, l’art 5 qui
consacre le droit à la sûreté, l’art 6 consacre le droit à un procès équitable, et l’art
7 sur la légalité criminelle, l’art 8 pour la vie privée.
(Ex : La France a été condamné dans l’Arrêt Huvigue et Kruslin du 24 avril 1990 :
Sanction sur écoute téléphonique pendant les enquêtes policières. La
réglementation n’était pas suffisamment stricte. La loi du 10 juillet 1990 est
venue réformer l’appréhension des écoutes)

Arrêt Salduz contre Turquie le 18 novembre 2008 qui a donné lieu à une réforme
législative en France sur la garde vue.

Le code de procédure pénal prévoit aux art 626-1 et suivants, une disposition qui
permet le réexamen d’une décision finale définitive après une condamnation de
la CEDH au profit de toutes personnes qi auraient été déclaré coupable d’une
infraction en violation des droits fondamentaux.

C. Les textes de valeur législative

Pradel dit que la loi est présenté comme « la source fondamentale du droit pénal ».

Aujourd’hui la loi au sens strict reste quantitativement la source première du droit


pénal puisque les infractions sont prévues par la loi. Mais ce n’est plus la source
exclusive car le législateur n’est plus le seul à avoir reçu compétence pour définir des
infractions et des peines. Même quand le législateur est compétent, il n’est plus
pleinement souverain dans la mesure où il doit respecter des contraintes.

En effet, la constitution pose la compétence du législateur (dans l’art 34 et 37). L’art


34 prévoit qu’en matière pénal le législateur est compétent pour la détermination des
crimes et des délits (les contraventions sont gérés par le domaine du règlement et
non législatif), pour la procédure pénal, pour l’amnistie, pour la création de nouveaux
ordres de juridictions, pour le statut des magistrats.

D. Les textes de valeur réglementaire

Depuis la constitution de 1948, la détermination des contraventions et des peines qui


leurs sont applicables relève du pouvoir réglementaire. L’art 111-3 répartie les
compétences.

a. Les sources non écrites

La coutume et la jurisprudence. La jurisprudence ne peut pas être une source


directe du droit pénal car il doit y avoir un texte pour qu’il y est infraction.

Cela ne veut pas dire que par l’interprétation des textes le juge ne vienne pas
préciser le champ d’application des infractions et des peines.
La coutume joue un rôle marginal. Elle peut être prise en compte dans
certains cas pour justifier par ex les violences faites à certaines catégories
d'animaux. (combat de coq, course de vachette, etc).

2. Le déclin de la légalité criminelle

A. Fondement du principe

Le principe a été posé pour rompre avec l’Ancien régime, limiter le pouvoir du
juge et renforcer la sécurité juridique.

Portalis (un des rédacteurs du code civil) a écrit qu’en matière pénale, il faut
des lois précises et point de jurisprudence. Ainsi, le principe de la légalité
criminelle est censé permettre aux citoyens par une connaissance préalable
des interdits de savoir à l’avance si par leur comportement il s’expose à une
sanction pénale.

Ces différentes finalités expliquent pourquoi le législateur a été désigné


comme étant le seul compétent à l’époque pour établir la liste des interdits.
En effet, à travers la définition des infractions il est question d’établir une
frontière entre ce qui est permis et ce qui est interdit et pour cela d’identifier
les valeurs sociales jugées essentielles pour la société.

Cette vision de la légalité criminelle se retrouve dans un texte de Beccaria


dans son Traité des délits et des peines : « les lois seules peuvent déterminer
les peines et délits et ce pouvoir ne peut résider qu’en la personne du
législateur qui représente toute la société unit par un contrat social ».

La légalité criminelle ne renvoie plus à la seule compétence du législateur.

B. Les infléchissement au principe

a. L’intervention du pouvoir réglementaire.

Depuis 1958, les contraventions sont définies par le règlement. Cette


compétence soulève une difficulté en termes de légitimité. En 1958, les
contraventions pouvaient toujours être condamnées par une peine
privative de liberté. Depuis le nouveau code pénal ce n’est plus possible.

b. L’influence grandissante du droit pénal européen

Le droit pénal est rattaché aux fonctions régaliennes de l’Etat qui repose
sur la souveraineté de cet état. A mesure que les sources supra-étatique
exercent une influence de plus en plus forte sur la def des infractions et
des peines, il y a une atteinte à la conception classique de la légalité
criminelle dans la mesure où le législateur n’est plus pleinement
souverain pour décider.
c. L’atteinte à la prévision

L’idée est qu’il serait devenu difficile de prévoir pleinement à l’avance


l’application de la loi pénale pour plusieurs raisons.

- L’inflation législative : ce phénomène aboutit à une multiplication et


un enchevêtrement des normes pénales de telle sorte que tout le
droit pénal ne soit pas dans le code pénal. Il est difficile d’établir le
nombre exact d'infractions de manière à ce que la finalité de
prévision et de sécurité attachée à la légalité criminelle peut sembler
malmenée.
- Une baisse de la qualité rédactionnelle des lois : cela se traduit par
un développement de pénalité par référence càd que le législateur
renvoie à une peine déjà existante. Il y a aussi des incriminations par
renvoie : le texte édicte la peine sans précision. Ou encore le
développement d’incrimination ouverture : aucune précision avec
des formules vagues. (Ex : mise en danger délibéré de la vie d’autrui
- Les lois pénales émotives : Une réforme pénale va être adoptée dans
l’urgence. Or en droit pénal, l’urgence n’est pas bonne conseillère.
(Ex : Loi du 10 avril 2019 visant à renforcer et garantir le maintien de
l’ordre publique lors des manifestations et qui vient créer un
nouveau délit de dissimulation de visage aux abords d’une
manifestations = art 431-9-1)
(Ex : Pour lutter contre le terrorisme, le législateur a condamné la
consultation régulière de site à caractère terroriste = ce texte a été
abrogé deux fois au nom du respect de la liberté de communication)
Montesquieu a dit que les lois inutiles affaiblissent les lois
nécessaires.

Une partie de la doctrine considère qu’il y a un déclin de la légalité


criminelle.

On peut se demander si malgré les atteintes, il n’y a pas en réalité


une forme de renouveau de la légalité criminelle ? Si la référence à la
loi au sens large permet de respecter la logique de prévision et de
protection des libertés individuelles, la légalité n’existe pas toujours.

Chapitre 2 : Les conséquences du principe de la légalité criminelle

I. L’interprétation stricte de la loi pénale


D’après Portalis, il faut des lois précises et point de jurisprudence. En vertu de la légalité
criminelle, la loi doit être claire et précise. En conséquence l’activité du juge devrait être la plus
réduite.

En réalité, la mission du juge ne se limite pas à une simple exécution de la loi. Néanmoins, par le
principe de légalité fait que l’interprétation du juge est plus encadrée que dans d’autres droits.

Le principe est posé par un texte : l’article 111-4 dit que « la loi pénale est d’interprétation
stricte ». Cela signifie que lors de la mise en œuvre de la loi pénale, le juge ne peut pas recourir à
des techniques d’interprétation extensive (ex : l’analogie, règle existante pour autre chose). Si ces
techniques d’interprétation étaient utilisées cela reviendrait à bafouer la légalité criminelle
puisque le juge aurait le pouvoir de sanctionner des faits comme étant constitutif d’infraction
sans qu’ils aient été prévu par le législateur.

Ex : Affaire de « l’homicide involontaire » du fœtus. Dans le cadre d’un accident de la voiture qui
concerne une femme enceinte. L’autre partie est responsable pour le dommage commis à la mère
ET au fœtus. Même chose pour les interventions chirurgicales. La cour de cassation donne une
réponse constante.

Arrêt du 29 juin 2001 : la qualification d’homicide involontaire ne peut pas être appliquée à la
mort accidentelle d’un fœtus. La décision est rendue au visa de l’art 111-4 du code pénal. En
effet, l’homicide involontaire sanctionne celui qui par son action entraîne involontairement la
mort d’autrui. Or, ici le mot « autrui » vise une personne. Un fœtus n’est pas une personne car il
faut être née vivante et viable.

Ex : Décision qpc du 19 juin 2020 qui s’est opposé à une qualification du recel. Le recel d’apologie
d’acte de terrorisme. Ici, ça a été sanctionné car il y a eu création d’une nouvelle infraction.

Arrêt du 23 juin 2021 : C’est à propos de l’interprétation du délit de violence volontaire. Les faits
étaient intervenus dans une maison d’arrêt et pour aggraver la répression les juges ont retenu
une circonstance aggravante. Les faits se sont déroulés dans un local administratif mais une
maison d’arrêt est un local adm. La cour a cassé en disant que les locaux adm sont des lieux
d’éducations ou ?.

1. Les tempéraments de l’interprétation stricte

A. La loi pénale est-elle favorable ou défavorable

Lorsque la loi pénale est favorable, l’interprétation stricte ne s’applique pas. Il existe des
dispositions pénales qui vont venir atténuer la répression. Dans ce cas, si le contenu est
favorable à la personne poursuivi alors il n’ y a plus bsn d’interprétation stricte.
(Ex : Dans le cas des immunités familiales (en matière de vol, si il y a une relation familiale
directe alors le vol est exclue), la jurisprudence a étendue ce domaine au cas de l’escroquerie
et d’abus de confiance)

Lorsque la loi est défavorable, il peut y avoir des infléchissements. Le juge a dû aménager
dans certaines situations.

● L’adaptation des incriminations au changement de situation

La jurisprudence reconnaît le pouvoir d’adapter le contenu de certaines


incriminations aux modalités de la société ou au modèle économique et
social. Il existe la technique de l’interprétation historique ou évolutive qui
s’applique en présence d’un texte relativement ancien.

Un principe non écrit d’efficacité répressive permet au juge d’adapter le


contenu d’un texte existant à des situations nouvelles que le législateur
ne pouvait pas avoir anticipé au moment de l’adoption du texte car elle
n’existait pas.

(Ex : Le vol a été prévu dans le code pénal de 1810 et la jurisprudence a


progressivement étendue cette infraction au vol d’énergie)
(Ex : Le code pénal a qualifié les appels téléphoniques malveillants : faire
sonner le téléphone inutilement était sanctionné. On avait pas envisagé
les sms, alors est ce que le harcèlement par sms pouvait rentrer dans
cette catégorie ? La conclusion que cela a été accepté)

B. La loi pénale est elle claire et précise

Les lois pénales claires et précises sont les seules pour lesquelles l’interprétation stricte est
possible.

Toutes les lois pénales ne sont pas claires et précises de sorte que le juge peut venir préciser
le champ d’application d’un texte répressif. Le législateur peut utiliser des formules sans
prévoir tous les défs possibles.

On ne peut pas reprocher au juge pénal d’interpréter la loi si le législateur n’a pas donné de
définition.

C. Le contrôle de proportionnalité

Le développement de ce contrôle dans la jurisprudence de la chambre criminelle de la cour


de cassation s’inscrit dans le cadre de l’évolution du contrôle de conventionalité de la loi et
plus exactement de l’admission d’un contrôle in abstracto et un contrôle in contrecto (le juge
ordinaire fr est compétent pour contrôler en vertu de l’art 55 de la constitution la conformité
de la loi avec les engagements internationaux).

Le contrôle concret autorise le juge a écarter l’application d’une loi lorsque son application en
raison des circonstances particulière de l’espèce porterait une atteinte aux droits
fondamentaux (liberté d'expression, liberté de la vie privée). Dans le cadre de ce contrôle,
même si la loi n’est pas contraire à un traité internationale, si celle-ci peut porter atteinte par
son application alors elle peut être écarté.

Au début, on avait pu penser que la loi pénale serait préserver car elle est d’ordre public,
obligatoire pour tous. Depuis un arrêt rendu par la chambre criminelle dans l’affaire des
femen le 26 février 2020, cette argument de proportionnalité a été admis. Il s’agissait de
militantes qui exhibe leur poitrine. Elles avaient inscrite « Kill poutine » et avait été poursuivi
pour exhibition sexuelle. Ce qui a été contesté c’est l’application du délit car c’est
possiblement une atteinte à la liberté d’expression.

Arrêt du 18 mai 2022 par la chambre criminelle.

Carbonnier dit « L’interprétation est la forme intellectuelle de la désobéissance ».

II. La non rétroactivité de la loi pénale

En matière pénale, ces règles dépendent de la nature de la loi (fond ou forme)

1. Les lois pénales de fond

Ces lois sont celles qui conservent le droit pénal et plus précisément qui crée, modifie ou
supprime une incrimination et ou une pénalité. En présence d’une telle loi se pose la
question de déterminer à partir de quelle date elle commence à s’appliquer. Les infractions
constatées et jugées avant la loi nouvelle ne peuvent pas être remises en cause.
Deuxièmement, une infraction commise et jugée postérieurement est jugée par la loi
nouvelle.

En ce qui concerne les situations juridiques en cours, càd lorsque les faits sont commis avant
l’entrée en vigueur mais va être jugé après la nouvelle loi, ça dépend du contenu de la loi de
nouvelle et surtout de si elle est plus douce (s’applique) ou aggravante(ne s’applique pas).

A. Le principe de non rétroactivité des lois pénales plus sévères.

Ce principe est posé par le code pénal à l’art 112-1. C’est un principe à valeur
constitutionnelle (art 8 DDHC) et conventionnelle (art 7 de la CEDH).

Cela signifie qu’une personne ne peut pas être poursuivie et condamnée sur le fondement
d’une loi nouvelle qui n’était pas en vigueur au moment des faits à défaut il y aurait une
atteinte à la légalité criminelle.
La cour européenne des droits de l’Homme a également étendu cette règle au revirement de
jurisprudence en matière pénale. Arrêt Pessino contre France du 10 octobre 2006. Il faut que
ces revirements ne soient pas défavorablement prévisibles et qu’il opère de manière
défavorable au délinquant.

⮚ Qu’est ce qu’une loi pénale plus sévère ?

Toutes les lois qui viennent créer de nouvelles infractions et de nouvelles peines. En
revanche, dans un arrêt la cour de cassation a défini une situation. L’arrêt du 20 octobre 2009
précise que la loi qui vient étendre le champ d’application d’une incrimination déjà existante.
On vient dire qu’un texte existant va pouvoir être appliqué dans un champ plus grand.

Ce principe de non rétroactivité a été illustré pendant la réforme du délit d’harcèlement


sexuel de mai 2014. Il eut une période entre l’abrogation et la nouvelle loi. Cette nouvelle loi
n’a pas pu être appliquée pour cette période car elle vient créer une nouvelle infraction.

B. Les trois exceptions au principe

a. La rétroactivité de la loi pénal plus douce

C’est la rétroactivité in mitius. Depuis la recodification, ce principe se retrouve à l’art 112-1 al


3 du code pénal. Ce principe se justifie parce que la loi pénale favorable doit bénéficier du
rayonnement le plus étendu et au-delà si le législateur décide de dépénaliser certains
comportements c’est parce qu’il considère que l’atteinte aux valeurs sociales n’est plus
suffisante pour justifier de prononcer une peine.

Il y a tout de même des conditions. Il est nécessaire que les faits n'aient pas donné lieu à une
condamnation passée en force de chose jugée (càd définitive).
La loi nouvelle peut s’appliquer même en cause d’appel ou en cour de cassation puisque le
pourvoi est suspensif d'exécution. Cette condition ne connaît qu’un seul tempérament à l’art
111-4 al 2 : lorsque la loi nouvelle supprime l’incrimination sur le fondement de laquelle la
condamnation a été prononcée. Les peines peuvent être annulées si l’incrimination est
supprimée.

Les types de lois pénales plus douces :

On est en présence de ce genre de loi lorsqu’une loi vient supprimer une incrimination ou
une peine. La loi pénale peut avoir un contenu mixte càd avoir des dispositions plus sévères
et plus douces.

Décision de la chambre criminelle le 14 octobre 2014 à propos de la loi du 15 août 2014 qui
portait réforme de la peine. Le législateur a abrogé les peines plancher (minimum) en cas de
récidive.

Un débat s’est élevé pour savoir qu’elle est la valeur juridique de la rétroactivité in mitius. En
principe, on considère que comme le principe de non rétroactivité la règle avait valeur
constitutionnelle et donc s’impose au législateur. Néanmoins, un cas particulier a été identifié
et est assez difficile à justifier. Cette rétroactivité peut être écarté en matière économique en
présence d’une loi de circonstance. Le législateur a éprouvé le besoin d’ériger en infraction au
regard d’un contexte économique particulier. Puis, à la faveur du contexte économique,
l’infraction n’est plus justifiée donc le législateur va venir abrogé l’incrimination. Le conseil
constitutionnel dans une qpc du 3 décembre 2010 a admis que la rétroactivité pouvait être
écartée. Cette solution a été confirmée par un arrêt de l’ass plénière rendue le 18 novembre
2016 qui admet la même solution.

Arrêt de la chambre criminelle le 5 avril 2023 : n’21-86 575. Il vient créer une situation
alternative. La cour de cassation met en avant la catégorie de loi équivalente. La nouvelle loi
est équivalente à l’ancienne.

b. La rétroactivité de la loi interprétative

La loi interprétative repose sur une fiction selon laquelle elle ne crée pas de droit nouveau et
révèle le sens d’un texte antérieur qui était contenu depuis l’origine dans ce texte. Celle-ci est
rétroactive.

Arrêt du 15 avril 2015 de la chambre criminelle qui est venue interpréter une notion en
matière d’agression sexuelle. Une loi est venue préciser la contrainte : peut être physique ou
morale et résulter seulement de la différence d’âge avec la victime.

c. L’application immédiate des lois fixant le régime d’exécution et d’application


des peines

Ce principe est rattaché à l’art 112-2 3èmement du code pénal. Le législateur a considéré que
ces lois sont d’application immédiate sauf si elles ont pour effets de rendre plus sévère la
peine prononcée. Par principe, ces lois n’aggravent pas les conditions du prisonniers alors il y
a rétroactivité. A contrario si elles aggravent alors non rétroactivité.

Arrêt du 20 octobre 2020 : A propose de l’application dans le temps d’une disposition de la loi
du 23 mars 2019 qui a été à l’origine d’une réforme importante du droit de la peine. Cette loi
est venue réduire le seuil d’aménagement des peines ab initio (dès le début). On est passé de
deux ans à un an. La cour de cassation a considéré qu’il s’agit d’une disposition relative au
régime d’application des peines. Elle a considéré que la loi est plus sévère donc pas de
rétroactivité.

d. Le régime des mesures de sûreté

La mesure de sûreté est inspirée par la philosophie qui vise à prévenir la récidive et à
favoriser la réinsertion des délinquants. Et donc elle présente une dimension plus favorable
au délinquant que la peine au sens strict. Traditionnellement, on admettait que les mesures
de sûreté pouvaient s’appliquer rétroactivement aux faits antérieurs à la mise en vigueur de
la loi. Au regard de la jurisprudence récente, il apparaît que la question n’est pas si évidente
et que la encore il faut faire une distinction en fonction de son contenu. Le débat a été
relancé avec la création de la rétention de sûreté avec une loi du 25 février 2008. Le conseil
constitutionnel dans une décision du 21 février 2008 a censuré la rétroactivité de la rétention
de sûreté. Dans un autre sens, à propos d’autres mesures de sûreté dans un arrêt de la
chambre criminelle du 16 décembre 2009 , elle a retenue l’application de mesure de sûreté à
des faits antérieurs à leurs mises en vigueur.

Les lois de procédure renvoie aux lois de la compétence, les modalités de poursuite, les lois
relatives au délai de prescription et l’exercice des voies de recours.

Le principe est inverse au loi pénale de fond. C4est un principe d’application immédiate des
lois de procédure y compris au procès en cours. Il y a néanmoins des exceptions. Pour les lois
de compétences et les lois relatives aux voies de recours car on considère qu’on perturberait
l’exercice de la justice. A chaque fois que l’application de la loi nouvelle de procédure aurait
pour conséquence d'entraîner l’annulation d’acte de procédure antérieur régulièrement
accompli sous l’empire de la loi ancienne. C’est écrit aux art 112-2 et suivants.
Les conditions objectives de la responsabilité pénale
Les conditions relatives à l’acte infractionnel

La qualification des faits

La qualification des faits est essentielle pour respecter ce que le législateur a prévu.

Chapitre 1 :Le principe de la qualification

I. Les principes directeurs

Il y a deux principes directeurs qui permettent de relier une situation avec un texte de la loi
pénale.

● Le premier

La qualification est déterminée en fonction des éléments acquis au temps de l’action. On se


place au moment des faits. En principe, toutes modifications ultérieures de la situation ne
peuvent pas s’opposer à la qualification pénale dès lors que celle-ci était acquise au moment
des faits.

Arrêt 21 janvier 2014 : Construction sans permis de construire puis obtention du permis de
construire. C’est une infraction quand même car au moment des faits il n’y avait pas de
permis.

● Le second

La qualification est susceptible d’évolution au cours de la procédure. Dès lors que l’on ne
modifie pas les faits, la qualification peut être modifiée entre le moment de l’enquête et du
passage devant les tribunaux (qualification de la police, procureur, avocat de la défense, etc.).

Cette liberté rencontre deux limites :

- Le juge ne peut pas introduire des faits nouveaux dans le débats en retenant une
qualification nouvelle. Il est tenu par la prévention.
- En droit de la presse, la qualification pénale est arrêtée dès l’acte de poursuivre.
Aucune modification possible (diffamation, injure, etc.).

II. Les principes applicables aux hypothèses de qualification multiple

Il est fréquent qu’avant d’être arrêté une personne est commis plusieurs actes qui peuvent
constituer différentes infractions : c’est le cumul réel d’infraction.
Il se peut aussi qu’une même situation de fait puisse entrer dans plusieurs champs
d’application de plusieurs textes. C’est le concours de qualification. Faut-il choisir un de ses
textes ?

1. Le cumul réel

Cette situation doit être distinguée des cas de récidives et réitération


d’infractions.

Le cumul correspond à l’hypothèse où plusieurs infractions ont été commises


sans être séparé par une condamnation pénale définitive.

(Ex : vol à main armée ; il y a vol de véhicule + détention d’arme + meurtre.)

La récidive correspond à une situation dans laquelle il y a plusieurs infractions


mais elles sont séparés par une condamnation pénale définitive.

La réitération correspond à l’hypothèse où plusieurs infractions ont été


commises dans les mêmes conditions qu’une récidive mais qu’elles ne sont
pas remplies.

Les règles applicables au cumul sont prévues dans les art 132-2 et suivants.

Le principe est le suivant : chacune des peines encourues pour toutes les
infractions retenues peuvent être prononcées. Il y a donc cumul des peines.

Mais le législateur s’est souciés du cumul absolu des peines. Pour l’éviter il a
posé une restriction : lorsque plusieurs peines de même nature sont
encourues alors le juge ne peut prononcer qu’une seule peine de cette nature
dans la limite du maximum légal.

Cette règle est diversement apprécié : certains la trouve juste pour éviter les
peines excessives pour d’autres elle est trop laxiste. Ce qui tempère la critique
c’est le principe d’individualisation des peines : dans ce type de circonstances
le juge sera enclin à prononcer une peine plus forte.

Il y a donc cumul plafonné des peines. Cette règle connaît une exception car
elle ne s’applique pas au contravention : les peines encourues peuvent se
cumuler sans limitations. En cas de concours entre plusieurs contraventions
et crimes ou délits alors ça se cumule.

2. Le concours de qualification

C’est lorsqu’il n’y a qu’un seul fait qui peut rentrer dans le champ
d’application de plusieurs textes.

Dans l’ancien code pénal, il n’y avait rien dans la loi. C’est toujours le cas.

La pratique et surtout la jurisprudence de la chambre criminelle de la cour de


cassation qui va poser les règles.
Un principe ancien a été posé notamment depuis un arrêt du 13 janvier 1953.
Un même fait ne peut pas donner lieu à deux qualifications pénales : c’est le
principe d’unicité de qualification.

Ce principe connaît des atténuations. On considère que certaines situations


peuvent justifier des qualifications multiples. La jurisprudence a mis en avant
le critère de la valeur sociale lésée pour déterminer si oui ou non plusieurs
qualifications peuvent être retenues.

La cour a considéré que lorsque l’action ou l’auteur porte atteinte à plusieurs


valeurs sociales alors les faits constituent autant d’infractions que de valeurs
sociales lésées.

Elle a posé ce principe dans l’arrêt Ben Haddadi du 3 mars 1960. C’est un
arrêt dans le contexte d’attentat terroriste : atteinte aux biens et aux
personnes. De plus, à l’époque il n’y avait aucune infractions particulières en
matière de terrorisme. La cour a dit que puisqu’à travers d’un seul fait on a
porté atteinte à la vie humaine et à la propriété alors chaque qualification
doit être retenue. Dans ce cas là, il y a donc plusieurs infractions dont c’est le
cadre d’un cumul réel et ça suit les mêmes règles.

Aujourd’hui la cour ne fait plus référence au critère des valeurs sociales pour
arbitrer les questions de concours de qualification.

Depuis l’arrêt du 26 octobre 2016, la cour a précisé que des faits qui
procèdent de manière indissociable d’une action unique caractérisée par une
seule intention coupable ne peuvent donner lieu à deux déclarations de
culpabilité. La jurisprudence est revenue a un critère plus orthodoxe dès lors
qu’il n’était plus nécessaire de sanctionner plus sévèrement les faits dans
certains contextes particuliers comme le terrorisme.

Cette jurisprudence a donné lieu à bcp d’hésitations, bcp de confusions.

(Ex : Le voleur ne peut pas recevoir l’infraction de recel de la chose volée ; la


qualification de détention de stupéfiant est incompatible avec l’usage illicite
de stupéfiant ; le cumul possible des faits de complicité d’escroquerie et de
recel des biens escroqués)

Une mise en cohérence a dû se faire.

Arrêt du 15 décembre 2021 : La cour est venue systématisé et clarifier les


règles applicables en matière de concours de qualification. La cour commence
par rappeler le principe d’unicité, mais elle énonce aussi les limites de ce
principe qui peuvent expliquer que dans certaines circonstances il soit
nécessaire d’y déroger. Elle dit qu’il y a plusieurs raisons qui justifient
d‘infléchir cette règle. Dans les par 28 à 30 elle définit un guide d’utilisation à
destination des juges du fond.

L’interdiction de cumuler est réservé à trois situations :


▪ Lorsque la caractérisation d’une infraction exclut la caractérisation
d’une autre infraction ;

▪ Lorsque l’une des qualifications correspond à une circonstances


aggravantes d’une autre infraction ;
▪ Lorsque l’une des qualifications est considérée comme étant plus
spéciale et l’autre plus générale ;

En dehors de ces trois cas, le cumul de qualification est possible. Cette


jurisprudence a été confirmé dans un arrêt du 9 juin 2022 : cumul entre
association de malfaiteurs et blanchiment.

Chapitre 2 : Les obstacles


Il y en a de deux natures.

Section 1 : Les faits justificatifs

Les faits justificatifs correspondent à une excuse légale pour former une infraction. Lors d’un
fait justificatif la loi vient excuser la commission de cette infraction en raison d’une
circonstance particulière. L’excuse de la loi vient empêcher la qualification pénale des faits et
dès lors que la qualification est impossible alors il n’y a pas de responsabilité pénale et le fait
n’est pas une infraction donc il n’y a pas de sanctions.

La loi prévoit quatre faits justificatifs : la légitime défense, l’ordre de la loi, l’état de nécessité,
le commandement de l’autorité.

A ces cas s’ajoutent d’autres qui rentre dans la catégorie cas particulier.

I. La légitime défense

A. Le domaine de la légitime défense

C’est un fait ancien. Elle vient excuser une infraction (violence volontaire)dès lors que
cette infraction est commise pour la nécessité de sa défense.

La loi a apporté des précisions dans le nouveau code pénal de 1992. On les trouve dans
l’art 122-5 et 122-6.

a. Acte intentionnel et non intentionnel


Aujourd’hui la légitime défense est admise que pour des actes intentionnels pour la
nécessité de sa défense. En revanche jusqu’à présent la jurisprudence a toujours
refusé d’admettre cette excuse pour un acte non intentionnel.

b. La légitime défense des personnes et des biens

On admet la légitime défense des personnes des biens et des personnes. L’ancien
code n’admettait que la légitime défense des personnes.

En cas de légitime défense des biens, il y a deux conditions :

▪ L’infraction ne peut pas être un homicide volontaire

▪ L’acte de défense doit être nécessaire à la protection de la chose qui vous


appartient (la chose ne doit pas déjà être détruite ; ça ne doit pas être une
vengeance)

De plus, ça s’applique pour autrui.

B. Les conditions de la légitime défense

Toutes les conditions sont prévues par l’art 122-5. Il y en a quatre qui sont
cumulatives.

a. L’agression

Elle doit être injustifiée.

⮚ Dans quel cas l’agression est légitime ?

Celle faite par les forces de l’ordre, et de manière générale toute forme
d’agression conforme au droit.

(Ex : IVG est une agression conforme au droit ; contrôle par controleur
dans transports)

b. La riposte doit être actuelle

La légitime défense n’excuse pas un acte de vengeance, il faut que la


défense se fasse en même temps que l’agression.

c. La riposte doit être nécessaire

C’est autorisé que dans des cas limités. Il ne doit pas exister d’autres
moyens que l’acte de riposte de vous soustraire au danger que
représente l’agression. Si la fuite est possible alors légitime défense n’est
pas admise.

d. La riposte doit être proportionnée


Cela suppose une lucidité de la victime.

(Ex : agression à main nue mais riposte à main armée ; enfant contre
adulte)

Arrêt Ch Crim du 17 janvier 2017 : deux automobilistes se disputent, l’un


d’entre eux a essayé de porter un coup et a chuté. Il a finit tétraplégique.
L’autre a invoqué la légitime défense. La cour de cassation a accepté que
soit retenue la légitime défense au motif que la proportionnalité doit
s’apprécier à l’aune du moyen de défense utilisé et non du résultat
concret.

C. La preuve de la légitime défense

En principe la légitime défense doit être prouvée par celui qui l’invoque. Selon l’art
122-6, il existe deux présomption de légitime défense.

L’une pour celui qui repousse de nuit l’entrée dans un lieu habité.

L’autre pour celui qui se défend contre le pillage.

II. L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime

A. L’ordre de la loi

L’hypothèse est prévue à l’art 122-4 : celui qui commet une infraction en respectant
les prescriptions d’un texte de loi (législatif ou réglementaire) ne peut pas être
sanctionné pénalement.

(Ex : médecin qui opère ne peut pas être puni pour violence volontaire ; un rugbyman
ne peut pas non plus être puni)

⮚ Y aurait-il un déclin ?

Dans le cadre de la corruption parentale, la loi autorise les gifles des parents pour
l’éducation. Or depuis la loi du 10 juillet 2019, l’art 371-1 du cc prévoit que l’autorité
parentale doit s’exercer sans violences physiques ou psychologiques.

Dans le cadre de l’usage de l’arme à feu par les forces de l’ordre, une loi du 28 février
2017, il existe une réglementation dans le code de la sécurité intérieure et
notamment les cas de recours de l’arme à feu sont réglementés à l’art L435-1 de ce
code. Pour justifier ce recours, on utilise par l’ordre de la loi.

B. Le commandement de l’autorité légitime


C’est prévue dans l’art 122-4 dans l’al 2 : Celui qui obéit à un ordre de son autorité
hiérarchique ne soit pas poursuivi pénalement sauf si cet ordre est illégal.

A la suite d’une circonstance dramatique, la seconde guerre mondiale a obligé le


législateur à préciser cette notion. A la suite de l’affaire Maurice papron ?, il est prévu
à l’art 213-4 exclut ce commandement pour l’auteur ou le complice d’un crime contre
l’humanité.

III. L’état de nécessité

Il permet d’excuser l’acte commis par une personne pour se soustraire à un danger plus grave
qui le menace.

A l’origine cet état n’était pas prévu. Cet état a été créé par la jurisprudence avant d’être
consacré par le code pénal de 1992

A. L’origine jurisprudentielle

L’une des premières manifestations est associée à un jugement du juge correctionnel


de Château Thierry rendue le 4 mars 1898.

Le juge Magnaud a dut juger d’une mère de famille qui avait volé un pain pour son
enfant qui mourait de famine. Le juge a relâché la mère de famille car l’infraction a
été soumise sous une forme de contrainte.

Cette décision a été infirmée en appel.

Il faut attendre 60 ans pour que cette décision soit consacrée par la cour de cassation
dans l’arrêt Lesage du 28 juin 1958. Il s’agissait d’une personne qui circulait dans son
véhicule et qui été poursuivi pour homicide involontaire par accident de la circulation.
Il a justifié cela car sa femme et son fils était en train de tomber car la portière s’est
ouverte. La cour n’a pas été convaincue mais a consacré l’état de nécessité.

B. La consécration législative

Il est consacré à l’art 122-7 du code pénal de 1992. Il y a des conditions.

1. Les conditions relative au danger

Le danger doit être actuel ou imminent.

Arrêt Greenpeace France le 15 juin 2021 : il s’agissait de militants qui


s’étaient introduit dans une centrale nucléaire pour démontrer la
faiblesse du dispositif d’une centrale nucléaire. Le danger invoqué était
un acte terroriste. L’état de nécessité a été rejeté et la cour a précisé le
danger pour un état de nécessité. Le danger doit être réel, certain et en
cours de réalisation ou susceptible de se réaliser dans un avenir immédiat
en menaçant directement la personne qui a accompli l’acte illégale.
Le danger doit être objectivement constaté : il ne doit pas dépendre
uniquement de la perception de l’auteur de l’infraction. Le danger doit
être injuste. Il ne doit pas être imputable à la faute de l’auteur de
l’infraction.

2. Conditions relative au dommage

Il faut qu’il soit nécessaire. Il ne doit pas y avoir d’autres moyens


possibles.

Il faut que le dommage soit moins grave que celui qui résulterait du
danger auquel on essai de se soustraire.

IV. Les cas particuliers

A. L’exclusion du consentement de la victime

Le consentement de la victime pourrait-il venir excuser la commission des faits. Le


consentement de la victime ne peut jamais constituer un fait justificatif de
l’infraction. Parfois, l’absence de consentement est un élément constitutif.

B. Les droits de la défense

Dans le contexte du vol de document dans une entreprise, pour rapporter une preuve
au tribunal un employé vol un doc dans l’entreprise. C’est un vol mais peut être peut
il être justifié.

C’est ce qu’a admis la cour dans les arrêt du 11 mai 2004. Puis cela a été confirmé.

Il faut démontrer que l’auteur des faits n’avait pas d’autres moyens de rapporter la
preuve que de commettre une infraction.

Arrêt du 8 mars 2023 : La chambre criminelle précise que les droits de la défense
peuvent être invoqué en dehors d’un procès prud’homale.

C. Le cas des lanceurs d’alerte

Réforme de 2016 qui crée un nouvel art 122-9 qui introduit un nouveau fait justificatif
légal pour celui qui réaliserait une violation du secret professionnel ou du secret des
correspondances pour dénoncer une infraction plus grave.

Ca a été introduit dans une loi de 2016 mais une loi du 21 mars de 2022 vise à
améliorer la protection des lanceurs d’alerte. Cette loi élargit les conditions.

Le lanceur d’alerte doit être une personne physique qui doit révéler des faits de
bonne foi sans attendre une compensation financière directe. La dénonciation est
admise pour les crimes et les délits ou la violation de devoir international. Dans un
contexte professionnel, la personne qui a été dénoncée ne doit pas forcément être au
courant.

Section 2 : L’amnistie

Le terme amnistie renvoie à l’idée d'oublier. L’amnistie interdit la qualification pénale et donc la
sanction des faits et ne doit pas être confondue avec la grâce. La grâce intervient après la
condamnation, le président empêchant l’exécution de la condamnation. L’amnistie empêche toute
condamnation.

C’est une mesure soit législative soit réglementaire, qui retire le caractère infractionnel des faits. Ce
sont des mesures exceptionnelles prises par le président au début de son mandat ou par le 1er
ministre. En France, la dernière mesure d’amnistie remonte à 2002.
Les conditions objectives de la responsabilité pénale
Les conditions relatives à l’acte infractionnel

La localisation de l’acte
C’est une caractéristiques que l’on trouve que lorsqu’il y a une problématique de droit pénal
international.

(Ex : Français commet meurtre à l’étranger)

Chapitre 1 : Infraction commise sur le territoire de la république française

Il y a un principe et deux exceptions.

I. Le principe de territorialité

Il est posé à l’art 113-2 al 1 du code pénal. La loi pénal française et le juge français sont compétents
pour connaitre toutes les infractions commises sur le territoire de la république.

Cela a été rappelé dans un arrêt du 1er mars 2000 (fait d’excision sur enfant). La seule condition
d’application de la loi française c’est la commission d’une infraction sur le territoire de la république.

II. Limites

Il existe deux limites.

La première concerne les immunités dont certaines personnes peuvent se prévaloir. C’est le cas des
diplomates, des ambassadeurs et des chefs d’Etat étrangers.

Les crimes supra nationaux relèvent de la compétence de juridictions supranationales : crimes de


guerre et contre l’humanité. Aujourd’hui il n’y a qu’une juridiction compétente : la CPI cour pénale
internationale créé en 1998.

Chapitre 2 : Hors du territoire français

Lorsque l’infraction est commise en dehors alors c’est la loi étrangère qui s’applique. Si c’est en Italie
alors c’est la loi italienne. Chaque état est souverain. Il existe tout de même des exceptions.

Selon l’art 113-6 du code pénal, il est prévue la compétence personnelle active qui vise à considérer
la nationalité de l’auteur des faits et à permettre exceptionnellement à ce qu’un français commettant
des infractions à l’étrangers puisse être jugé en France.

L’art 113-7 pose la compétence personnelle passive. Dans ce cas là, cela concerne la nationalité de la
victime.

L’art 113-10 prévoit une compétence française à l’étranger lorsqu’il y atteinte aux intérêts de la
république française.

L’art 113-8-1 du cp consacre le principe de la compétence universelle : la loi fr est applicable à tout
crime et tout délit (5 ans emprisonnement min) commis à l’étranger mais dès lors que son auteur est
arrêté sur le sol français.
Ces conditions objectives ne suffisent pas pour qu’il y est responsabilité pénale.

Les conditions subjectives sont importantes en droit pénal car la responsabilité se fonde uniquement
sur la faute. De plus, la faute pénale est définie de manière subjective dans la mesure où pour qu’il y
est faute il est impératif que l’on puisse démontrer que son auteur a agit avec volonté et conscience.

Il faut pouvoir reprocher à l’auteur son comportement. Ces conditions renvoient à deux notions : la
culpabilité et l’imputabilité.
Les conditions objectives de la responsabilité pénale
Les conditions relatives à l’acte infractionnel

Trouble social
La responsabilité pénale est associée à une justice publique. Cette conception fait que l’infraction
n’est pas seulement perçue comme une atteinte des intérêts privés d’une victime mais aussi d’une
atteinte à la société. Ainsi, en principe l’infraction est source de responsabilité pénale si elle cause un
trouble social.

Chapitre 1 : Le résultat
La notion de résultat n’est pas une notion familière. Il renvoie à la question civiliste du préjudice.

⮚ Faut-il comme en droit civil, constater un préjudice (liaison directe corporelle ou morale) subit
par la victime pour qu’il y ait responsabilité pénale ?

En droit de la responsabilité civile, la question ne se pose pas dans la mesure où le dommage est une
condition de la responsabilité civile. En droit pénal, dans la majorité des cas, l’infraction
s'accompagne d’un préjudice (atteinte au corps, atteinte au patrimoine, choc émotionnel, etc.) subi
par une ou plusieurs victimes . Il s’agit même d’une condition des infractions matérielles.

⮚ Pour autant cela veut-il dire que c’est une condition générale ?

Non ce n’est pas le cas ; La force du droit pénal consiste à ne pas s’arrêter à la notion civiliste de
préjudice. En ce sens, la responsabilité pénale permet également de sanctionner un préjudice en
germe, un préjudice potentiel. Cela s’explique par la différence de finalité entre les deux droits. Le
droit pénal ayant pour objectif de sanctionner un comportement là où le droit civil a pour finalité de
réparer une atteinte. Pour cette raison, la loi pénale admet dans certains cas que la responsabilité
pénale puisse intervenir alors même qu’aucune victime directe n’a été atteinte. Dans ce cas on
considère que la victime de l'infraction est la société toute entière qui en raison de la gravité du
comportement a été exposée à un risque qui mérite d’être sanctionné en tant que tel.

Les hypothèses dans lesquelles la responsabilité pénale est admise en dehors de tout résultat sont en
principe encadrées mais ont tendance à s’étendre. Il en existe deux : le préjudice était recherché mais
n’a pas pu se réaliser càd une tentative ; le préjudice est encore seulement potentiel alors il y a
dangerosité.

Section 1 : La tentative

De façon générale, la tentative est par principe applicable aux infractions intentionnelles. En
réprimant la tentative, le législateur fait le choix de sanctionner qui celui par son comportement à
manifester une hostilité aux valeurs sociales.

Toute les infractions intentionnelles ne sont pas concernées. L’article 121-4 prévoit que la tentative
est toujours punissable en matière de crime, seulement lorsque la loi le prévoit en matière de délit et
jamais pour les contraventions.
L’auteur de la tentative encourt la même peine que l’auteur de l’infraction tentée. La personnalisation
des peines vient modifier cette règle.

I. La tentative interrompu

L’article 121-5 dispose que pour que la tentative existe il faut un commencement d’exécution et une
absence de désistement volontaire. Le résultat n’a pas été atteint en raison d’une circonstance
extérieure à cette personne.

A. Le commencement d’exécution

La criminologie explique l’Iter criminis (le chemin du crime). Le processus criminel est formé de trois
étapes.

● Le dessein criminel
L’idée de commettre l’infraction.

● Actes préparatoires
C’est des agissements extérieurs qui préparent la commission des faits mais qui en principe
reste neutre (pas suffisant pour être la réalisation d’une infraction : achat d’une arme, etc.).

● Passage à l’acte (consommation de l’infraction


Le passage à l’acte c’est lorsque l’infraction existe, a été commise.

Le dessein volontaire est trop subjectif pour être considéré comme le commencement d’une
infraction. Les actes préparatoires sont eux considérés comme trop neutre pour être condamnés. Le
commencement se place entre les actes préparatoires et le passage à l’acte par rapport au processus
criminel.

La jurisprudence a défini ce commencement comme un point de non retour dans la réalisation du


projet criminel. La cour de cassation affirme qu’il faut un élément objectif (acte extérieur obligatoire)
et un élément subjectif qui révèle la volonté de l’auteur de préparer une infraction. On doit constater
un acte qui entretient un lien de causalité direct avec la consommation d’infraction.

Arrêt du Faubourg Saint Honoré du 3 janvier 1913.

(Ex : pas d’escroquerie à l’assurance lors d’incendie volontaire de son véhicule car il n’a fait aucune
démarche pour obtenir les indemnités.)

B. L’absence de désistement volontaire

Pour qu’il y ait tentative il faut que l’absence de résultat ne soit pas lié à la volonté de l’auteur. Si le
désistement est volontaire alors en principe la tentative ne peut pas être retenue mais c’est rare et
difficile à prouver car il ne faut qu’aucune cause extérieure ne soit intervenue.

(Ex : arrivée de la police, la survenance d’un obstacle matériel = coffre fort trop dur à ouvrir,
hurlement de la victime)

Pour qu’il y est désistement volontaire, il faut absolument que celui-ci intervienne avant la
consommation de l’infraction.
Arrêt du 27 mars 2019 : Affaire où il y avait tentative de meurtre car personne a jeté un produit
inflammable sur une victime pour y mettre le feu. Puis la personne a aidé la victime a retiré le
vêtement enflammé. La chambre criminelle n’a pas considéré que c’est un désistement.

II. La tentative achevée.

On distingue deux hypothèses. Le résultat ne se produit pas car il ne pouvait pas se produire.

A. L’infraction manquée

C’est l’hypothèse où l’individu va jusqu’au terme du processus criminelle et malgré cela le résultat ne
se produit pas. Ca peut être à cause de la maladresse (tire mais rate la cible), de l’étourderie, d’une
circonstance indépendante de la volonté (tire mais la personne ne meurt pas des blessures).

L’art 125 du code pénal, assimile cette infraction manquée à la tentative.

B. L’infraction impossible

Elle est encore plus délicate à admettre. C’est l’hypothèse où l’auteur cherché à atteindre un résultat
qui n’était pas objectivement et matériellement possible.

(Ex : tire avec une arme qui n’est pas chargée, tire sur une victime déjà morte)

Il y a eu beaucoup d'hésitations et il a fallu attendre une position de principe de la chambre criminelle


du 9 Novembre 1828 pour que la thèse la plus répressive l‘emporte. Désormais le droit positif admet
la répression de ce type d’infraction.

Section 2 : La dangerosité

On distingue la dangerosité de la tentative. La tentative sanctionne celui qui a cherché à commettre


une infraction. Avec la dangerosité, il s’agit de se demander si le droit pénal pourrait s’ouvrir à une
forme de prévention des infractions.

On cherche à sanctionner celui qui pourrait commettre à l’avenir une infraction. On protège la société
en évitant la réalisation de l’infraction.

En droit positif, la dangerosité est prise en compte soit par une incrimination soit en dehors de
l’incrimination.

I. La dangerosité par l’intermédiaire d’une incrimination

Dans certains cas le législateur va adopter des textes particuliers pour sanctionner certains
comportements qui sont considéré comme annonciateur d’infraction plus grave de tel sorte qu’en les
sanctionnant, le législateur souhaite éviter des infractions plus grave.

On retrouve la figure de l’infraction formelle et l’infraction obstacle.


A. L’infraction formelle

L’infraction formelle s’oppose à l’infraction matérielle. C’est celle pour laquelle le résultat n’est pas un
élément constitutif de l’infraction.

(L’art 223-1 prévoit l’infraction de mise en danger de la personne d’autrui. Par ex : excès de vitesse)

(Les provocations à l’infraction, les menaces, le terrorisme écologique : introduire dans l’air ou dans le
sol une substance qui peut porter atteinte à la santé humaine, animale)

B. L’infraction obstacle

Il y a des débats entre les frontières de ces deux infractions. L’infraction obstacles est un type
d’infraction formelle.

L’infraction obstacle sanctionne un comportement annonciateur d’une autre infraction plus grave.
Celle-ci permet d’éviter en sanctionnant plus tôt la réalisation d’un résultat plus grave

(Ex : l’association de malfaiteur, elle permet de sanctionner les personnes qui se regroupe pour
préparer la réalisation d’un crime et d’un délit punissable de plus de 5 ans d’emprisonnement.)

(L’entreprise individuelle terroriste (421-2-6), c’est un recours à un vide juridique)

II. La dangerosité en dehors de toute incrimination

La rétention de sûreté est le seul exemple. Ici, le critère de la dangerosité permet de justifier une
mesure coercitive à l’encontre d’une personne en dehors de toute référence à une infraction
effective. La mesure est prise au regard d’un risque élevé de commission d’une nouvelle infraction à
l’avenir.

A. Présentation de la rétention de sureté

La mesure est prévue à l’art 706-53-13 al 1. En substance il s’agit d’admettre le placement


potentiellement à vie pour une durée d’un an renouvelable des criminels dangereux dans des centres
de rétention après l’expiration de leur peine lorsqu’il présente une particulière dangerosité
caractérisée par une probabilité très élevée de récidive. Un collège est formé par des juristes, des
médecins, etc. pour apprécier de l’application de cette mesure.

Elle est soumis à des conditions strictes. Elle concerne toute les personnes qui auraient pu encourir la
peine de mort. La rétention de sureté ne peut s’appliquer au personne condamné à au moins 15ans
de réclusion criminelle. En outre, celle-ci ne peut être prononcé que si la cour d’assise au moment de
la condamnation est expressément envisagé la rétention de sureté.

La rétention de sureté est exécuté par une juridiction spéciale : la juridiction régionale de rétention
de sureté.

B. La rupture avec la logique du droit pénal

La rétention de sureté est conçu comme une mesure de neutralisation. Elle n’est pas différente des
mesures du 19ème siècle : relégation et déportation. L’objectif est d’éviter qu’un individu commette
une nouvelle infraction. Ce n’est pas que français et elle a été acceptée par la cour européenne des
droit de l’Homme.
Elle a suscité de vive protestations en doctrine. Première raison, cette mesure rompt le rapport
d’antériorité entre l’infraction et la peine. La peine doit normalement sanctionner une infraction
passée. Deuxième raison, une infraction est sanctionné alors qu’elle n’est qu’en devenir et pas avérée
et constatée.

Chapitre 2 : La causalité

Dans la plupart des cas, le trouble social qui résulte de l’infraction est postulé par l’incrimination de
tel sorte qu’elle n’a pas à être positivement démontrée.

Lorsque l’infraction commise est une infraction de meurtre, la qualification permet d’identifier le
trouble social.

La causalité ne s’oppose pas toujours par rapport à un préjudice effectif subi par une victime directe.
C’est le cas en présence d’une infraction formelle ou obstacle.

En présence d’une infraction matérielle, on retrouve l'exigence d’une démonstration positive d’un
lien de causalité entre un acte matérielle et un résultat dommageable. Pour autant le débat sur la
causalité est plus secondaire en droit pénal qu’en droit civil car la responsabilité pénale est une
responsabilité pour faute.

(Ex : homicide volontaire, il faut démontrer un acte homicide (acte entraînant la mort) alors il faut
prouver si la personne a été à l’origine de la faute.)

Section 1 : L’application

I. Faute intentionnelle

C’est celle qui se caractérise par la volonté de l’auteur d’atteindre le résultat qui s’est produit. En
principe lorsque le résultat s’est produit la jurisprudence exige la démonstration d’un lien de causalité
direct et certain entre l’acte et le résultat mais celle-ci va être déduite des circonstance objectives de
l’acte.

Lorsque le résultat ne s’est pas produit alors on apprécie la causalité selon un critère de proximité
temporelle, si l’acte constatée est suffisamment proche du résultat final recherché et donc de déduire
la volonté de l’auteur.

II. Faute non intentionnelle

Le lien de causalité est devenu central et on procède à une distinction. Si la personne, par son action,
a directement causé le dommage, la mort ou les blessures, elle sera responsable dès la simple faute.
En revanche, si le lien de causalité est indirect alors la responsabilité est subordonnée à une faute
qualifiée (grave).
_________________________________________________________

PARTIE II : LES CONDITIONS SUBJECTIVES DE LA


RESPONSABILITÉ PÉNALE

_________________________________________________________

Les conditions subjectives de


Ces conditions subjectives sont importantes en droit la responsabilité pénale sont
pénal parce que la responsabilité pénale demeure celles qui sont relatives à la
exclusivement fondée sur la faute. La faute pénale est personne de l’auteur et non
définie de manière subjective dans pas aux circonstances de
la mesure où pour que la faute soit l’acte.
caractérisée, il est impératif que
En d’autres termes, il faut l’on puisse démontrer que son
démontrer que l’auteur qui a auteur a agit avec volonté et
commis les faits remplit le conscience.
point de vue objectif, il a
commis une faute, mais aussi
du point de vue subjectif, il ⇒ Du point de vue technique, les conditions subjectives
faudra montrer qu’il a commis de droit pénal renvoie à la notion de culpabilité et
cette faute avec une volonté d’imputabilité. Ce sont deux notions assez complexes.
et par sa conscience.

TITRE Préliminaire : La théorie générale de l’intention criminelle

Qu’est ce que l’intention criminelle ?

Quel est la place de l’infraction par rapport à


cette notion d’intention criminelle ?

1
Chapitre I : Théorie de l’intention criminelle

l’intention criminelle peut être présentée comme étant la


réunion de 2 autres notions que sont l'imputabilité et la
culpabilité.

Section 1 : la notion de culpabilité


La notion de culpabilité est un mot courant. Il a, cependant, un sens différent
en droit pénal, qui est plus fidèle à son étymologie. En effet, ce terme vient du mot
latin « culpa » qui renvoie à la faute. Au sens juridique, la culpabilité renvoie à
la volonté de la personne de s’engager dans le comportement interdit. La
culpabilité revient à se demander si l’auteur des faits s'est engagé
volontairement dans le processus à l'origine du résultat dommageable pour la
victime.

Mais pour que la responsabilité pénale soit acquise ce n’est pas suffisant,
il faut en plus appuyer la condition relative à l’imputabilité.

Section 2 : notion d’imputabilité


Avec l’imputabilité, ce n’est plus la question de la volonté de la personne,
mais la question du discernement qui est engagée, cad qu’il n’est pas suffisant
que la personne ait agi volontairement, encore faut il qu’il ait agit avec
conscience cad en ayant les capacités intellectuelles, mentales, de réaliser que
son acte volontaire correspondait à une infraction, donc un acte interdit.
Techniquement, imputer un fait à quelqu'un (en matière comptable on impute
une personne), ou imputer un acte à une personne c’est mettre cet acte sur le
compte de la personne. L’imputation est un rattachement d’un acte à une
personne. Pour pouvoir imputer un acte à l'auteur, il faut que celui-ci ait une
capacité de discernement suffisante cad que le discernement est une
condition de l'imputation des faits à son auteur pour qu’il y ait une sanction
pénale prononcée.

2
Chapitre II : Les éléments constitutifs de l’infraction

La question qui se pose est de savoir si la culpabilité (la volonté) et


l'imputabilité (la conscience) font-elles parties des éléments constitutifs de
l’infractions ? Est ce que les deux doivent être remplie ou non ?

On voit en réalité qu’il y a 3 conceptions dans la doctrine pour pouvoir


répondre à cette question.

Il y a ce qu’on appelle une vision classique de l’infraction et des visions


alternatives de l'infraction (il y en a 2).

Section I : La conception classique de l’infraction


Classiquement, l’infraction est considéré comme étant la réunion de 3 éléments :

l’élément matériel → renvoie au fait


qu’il correspond à l’incrimination en l’élément légal → renvoie au texte qui incrimine le
d’autre terme c’est le comportement comportement art 221-1 du code pénal pour le
interdit, par ex le fait de tirer sur meurtre, qui renvoie a la nécessité de
autrui et de le tuer l’incrimination (pas de texte, pas d’infraction et donc
pas de sanction, peine)

l’élément moral, qu’on appel aussi élément intentionnel → qui dans cette conception
n'intègre que la culpabilité cad l’élément moral, renvoie à l'exigence d’une action
volontaire cad que le fait qui correspond à l’incrimination doit avoir été réalisé par la
personne pour qu'il y ait infraction.

Si ces 3 éléments sont remplis, on peut dire que l’infraction est constituée. Mais
est-ce suffisant, si oui ou non l'infraction sera condamnée ? Non car pour que l'infraction
puisse être sanctionné il faudra démontrer que cette infraction est imputable à la
personne qu’il a agit avec conscience et la volonté de l'auteur.

3
Section II : Les conceptions alternatives de l’infraction
On a reproché à la conception classique de l’infraction de dissocier de manière
artificielle ce qui relève de la volonté de ce qui relève du discernement, en pratique il est
parfois difficile de se demander comment distinguer volonté et conscience et
comment distinguer les infractions commises condamné et celles qui ne le sont pas.
Il y a 2 conceptions alternatives :

I°) La conception purement subjective

Elle a été développée dans un ouvrage de M. Maistre du Cambron et M.Conte.


Pour ces auteurs, toutes les conditions subjectives de la responsabilité pénale sont
des éléments constitutifs de l’infraction. Ce qui veut dire que, pour eux, le dernier
élément (moral ou intentionnel) est composé de la réunion d'imputabilité et de culpabilité.
Dès lors que pour ces auteurs qu’il n’y a pas de sanction y a pas d'infraction.

Cette présentation a l’avantage de la cohérence car elle permet de faire un lien


totalement net entre infraction et responsabilité. Cette conception a aussi un
inconvénient, elle retarde le moment de la qualification d’infraction pénale des faits.
C‘est la raison pour laquelle on a mis en place en doctrine la conception objective de
l’infraction.

II°) La conception purement objective

Notamment pour M. Pradel, l’infraction est réduite à son élément matériel, à sa


dimension objective. L’infraction est un fait incriminé donc c’est le fait de reproduire
un comportement interdit par un texte. Ça veut dire ici que dès lors que l'infraction est
démontrée il faut s'interroger sur le discernement de l’auteur.
Dans ces conditions on voit qu’il faut un comportement incriminé, une culpabilité et
une imputabilité et sans ces éléments il n'y a pas de responsabilité pénale.

La complicité c’est lorsque plusieurs personnes participent au


projet infractionnel et que cet auteur est aidé par une ou plusieurs
personnes. Il y a des cas où l'auteur des faits ne peut pas être poursuivi
car il était atteint au moment des faits d’une pathologie abolissant son
discernement. Le complice peur être condamné si l’infraction est
caractérisée.

4
TITRE I : LA CULPABILITÉ : étude de la faute pénale
En droit pénal français, il existe aujourd’hui 3 grandes catégories de faute
qui désigne en réalité 3 degrés de volonté différents qui peuvent donner lieu à une
sanction pénale. Il y a la faute dite intentionnelle qui est le cas de principe, le cas
le plus fréquent en droit pénal, il y a le cas de la faute dite contraventionnelle qui
est une exception à ce principe et la faute pénale non intentionnelle.

Chapitre I : Le principe : la faute pénale intentionnelle


Par principe, la faute pénale est considérée comme étant une faute intentionnelle, sauf précision
contraire, toute infraction prévue par le code pénal renvoie au modèle de la faute intentionnelle. Par
rapport à la théorie, en matière pénale, la notion de faute intentionnelle est théorisée avec la notion de dol,
la faute dolosive. On distingue un dol général et un dol spécial pour décrire le niveau de volonté
exigée pour que la faute soit caractérisée.

Section I : Le dol général ⇒ C’est la volonté d’atteindre le résultat


d’un comportement interdit par la loi,
I°) Définition que l’on retrouve dans la majorité des
→ art 121-3 du code pénal, fondamental cas, ce principe s’applique aux crimes
et aux délits.
Au-delà, le code pénal ne
Le principe de la faute pénale
définit pas l’intention
intentionnelle est contenu dans le
visée. Cette intention renvoie précisément au dol général
premier alinéa de l’article 121-3, “il
qui décrit un niveau de volonté minimal qui est toujours
n'y a point de crime ou de délit
exigé pour toute infraction. De manière plus précise, on peut
sans intention de le commettre”.
dire que le dol général renvoie à la volonté de l’auteur de
commettre le comportement interdit par la loi pénale.
Ex : dans le vol c’est la volonté de s’approprié le bien d’autrui, dans le meurtre c’est la
volonté de porter atteinte à la vie d’autrui.

Le dol général peut soulever d’emblée un problème de preuve, dans la mesure où


la volonté de l'individu n’est pas toujours clairement exprimée. C’est la raison pour
laquelle la jurisprudence, pour éviter de déstabiliser la répression en présence d’une
preuve diabolique (dont on ne peut pas rapporter l’existence), a reconnu le principe
de présomption en déduisant l’intention de l’auteur des circonstances objectives des
faits
Lorsque l'élément matériel est rapporté, la preuve de son élément est facile à
prouver. On va déduire par exemple l’intention de tuer de l'utilisation du recours ou non à
une arme, et notamment s’il y a utilisation d’une arme de la zone du corps visé, on
considérera que raisonnablement si on a visé la victime dans la zone du buste ou du visage
cela révèle une intention de tuer.

II°) L’indifférence des mobiles

Dès lors que la volonté est établie, tous les éléments qui tiennent à la
motivation de cette intention ne peuvent pas faire obstacle à la responsabilité pénale.

5
De la même manière, dans les faits, les mobiles peuvent être pris en compte
indirectement par le juge pour l’individualisation de la peine.
Section II : Le dol spécial
Le dol général est complété par le dol spécial, la frontière est parfois difficile à établir.
Le dol spécial, qui est aussi une notion doctrinale, vient compléter, infraction par
infraction, le noyau dur d’intention qui est toujours exigé au titre du dol général. Le
dol spécial vient préciser le dol général, de deux manières : dans la durée ou le
contenu.

I°) Le dol considéré dans sa durée

Il renvoie à l’hypothèse de la préméditation qui renvoie à la manifestation d’une


volonté avant la commission des faits. La volonté d’atteindre le résultat de l’acte
interdit a précédé l’acte, c’est l’exemple du meurtre avec préméditation qui renvoit à
l’assassinant et encore la prison à perpétuité.

II°) Le dol considéré dans son contenu

Dans son contenu, le dol spécial vient préciser infraction par infraction le
niveau de l’intention, de volonté exigée.
ex : une victime décède après avoir été violemment poussée, trois incriminations au moins,
homicide volontaire, si l’action qui a entraîné la chute n’avait pas été voulu par l'auteur
violence involontaire donc homicide involontaire.

Au regard des circonstances, quel est le contenu de l’intention de l’auteur permettant


la qualification ?

Chapitre II : L’exception : la faute pénale


contraventionnelle

Il s’agit d’une exception depuis toujours, les


La faute contraventionnelle est visée à
contraventions sont considérées comme étant à part,
l’alinéa 5 de l’article 121-3, “il n’y a
ce sont les infractions les moins graves, les
point de contravention en cas de force
contraventions soin constituées de manière
majeur”
objective sans exigence de culpabilité.
ll n’y a pas de force majeur dans une contravention :
pas pu faire autrement

6
Chapitre III : Le cas particulier de la faute pénale
non-intentionnelle
De manière concrète, on vise quelques délits derrière cette hypothèse, pas de
crime, à titre principal les deux figures principales sont les délits d’homicide
involontaire à l’article 221-6 et suivant du code pénal, et les délits de violences
involontaires (ou blessures) à l’article 222 et suivant. S’agissant de délits il ya ici une
contradiction directe avec l'article 121-3 alinéa 1.
La présence de délit non intentionnel ne signifie pas qu'aucune culpabilité ne soit
exigée. C’est ce qu’a précisé un arrêt rendu par la chambre criminelle le 13 décembre 1956,
arrêt Laboube, “toute infraction même non intentionnelle suppose que son auteur est
agi avec intelligence et volonté.”

En présence d’une faute non intentionnelle, l'auteur a bien la volonté de


s’engager dans l’action dommageable (l’action qu’il va bien réaliser) mais en
revanche il n’avait pas la volonté au moment de l’action d’atteindre le résultat
dommageable. En réalité ce qui est incriminé et donc sanctionné c’est la maladresse,
l’imprudence, la négligence, l'inattention
ou le manquement à une obligation Cette question de la répression de la faute pénale
particulière prévue par la loi ou le non intentionnelle, réforme du 10 juillet 2000 a
règlement, c’est le fait d’avoir manqué de profondément modifié le raisonnement parce que la
diligence suffisante. causalité est devenue centrale et en conséquence elle
a institué une nouvelle hiérarchie entre les fautes
non intentionnelles, il existe aujourd'hui plusieurs
catégories.
Section I : La théorie
générale de la faute non-intentionnelle

Pour atteindre cet objectif de dépénalisation, le


loi fauchon : objectif de dépénalisation
législateur est intervenu et a posé la distinction selon la
→ allégé la répression pour ce type de
nature du lien de causalité.
fait

I°) Le principe de responsabilité pénale pour imprévoyance


Le principe est posé à l'alinéa 3 de l’article 121-3, il y a également délit lorsque la loi
le prévoit. Ce texte pose le principe dans les cas prévus par la loi d’une responsabilité
pour imprévoyance mais pour limiter les effets de cette responsabilité le législateur a
posé un principe d’appréciation in concreto de cette imprévoyance.

Mais malgré ce principe, il est apparu que les cas de


responsabilité pour imprévoyance étaient encore trop
nombreux, c’est pourquoi le législateur à instauré en 2000
une distinction entre la causalité directe et indirecte.

7
II°) La distinction entre la causalité directe et la causalité indirecte
→ alinéa 4, article 121-3

L’alinéa 4 pose depuis la loi du 10 juillet 2000 un tempérament du principe énoncé


à l'alinéa 3 et on peut résumer les règles de la manière suivante : en cas de causalité
indirecte entre l’action de l’auteur et le dommage subi par la victime, la responsabilité
pénale pour imprévoyance est désormais subordonnée à une faute grave, une faute
manifestement délibéré ou une faute simple, cette restriction ne concerne que les
personnes physiques, ce qui veut dire que cet alinéa 4 ne s’applique pas au personnes
morales. Par voie de conséquence, on en déduit que l’alinéa 3 concerne désormais
uniquement en situation de la personne qui a causé directement le dommage subi par la
victime et dans ce cas là, la personne est responsable dès la faute simple, dès la
moindre imprudence.

Si le lien de causalité est direct il suffit d’une faute simple pour que la
responsabilité pénale soit engagée (alinéa 3) si la causalité est indirecte il faut depuis
2000 pour les personnes physiques une faute grave.

Section II : La typologie des fautes non-intentionnelles

I°) La faute qualifiée (ou faute grave)

Dans tous les cas, les hypothèses de faute grave correspondent à une
inspiration commune que l'on a appelé en doctrine un dol éventuel, qui décrit l’état
mental de la personne qui agit délibérément en étant conscient du résultat
dommageable qui pourrait se produire tout en refusant sa réalisation.
⇒ résultat dans la tête de la personne mais ne veut pas le faire concrètement, principe du
risque.

A.- La faute de mise en danger d’autrui

La mise en danger d’autrui est prévu à l’article 121-3 alinéa 2, cette hypothèse a
été consacré dans une infraction prévue à l’article 223-1 du code pénal, c’est le délit de
mise en danger d’autrui, caractérisé par le fait d'exposer autrui à un risque de mort ou
de blessure grave qu’on ne peut pas ignorer.

B.- La faute manifestement délibérée


→ article 121-3 alinéa 4

Cette faute est constituée par le fait de ne pas respecter délibérément un texte
qui prescrit une obligation particulière de prudence ou de sécurité.

C.- La faute caractérisée


→ article 121-3 alinéa 4

8
pas défini plus que cela par la loi, donne lieu à une appréciation assez souple en
jurisprudence car il n’est pas nécessaire d’apprécier un texte, il suffit de démontrer que
l'auteur avait suffisamment conscience du risque auquel il exposait autrui par son
comportement, elle permet de sanctionner les imprudences et les négligences
grossières.

II°) La faute simple

→ celles qui ont toujours existé et qui sont caractérisées selon l’alinéa 3

Section III : Les rapports entre la faute pénale et la faute


civile

I°) Avant la loi du 10 juillet 2000


II°) Depuis la loi du 10 juillet 2000

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TITRE II : L’IMPUTABILITÉ
L'imputabilité renvoie à une opération de rattachement d’un acte à un auteur. Cet
auteur de l’infraction, aujourd'hui, peut être une personne physique et/ou une personne
morale. Mais l’imputabilité c’est également teinté avec le temps d'une coloration morale,
impliquant au-delà du seul lien matériel la possibilité de reprocher l’acte à son auteur.

L’imputabilité pose la question du discernement, du niveau


de conscience de l’auteur. C’est la raison pour laquelle il y a
deux aspects complémentaires à envisager au titre de
l'imputabilité.

SOUS-TITRE I : L’opération d’imputation : la question


du discernement

Une personne peut vouloir un acte, avec les différents degrés de volonté, mais ne pas
avoir conscience de commettre une infraction au moment où elle agit. Dans ce cas, même s'il y
a toujours un débat de société dans cette question, en principe, il n’y aura pas de responsabilité
pénale. On parle alors dans ce cas d’existence d’une cause de non imputabilité.
→ Ce principe s'applique pour les majeurs, cad une personne qui par
principe est arrivé à un stade de maturité qui lui permet d’avoir une
capacité de réflexion suffisante sur le plan juridique. C'est la raison pour
laquelle des règles spéciales ont été posées pour répondre à la question
de la responsabilité pénale des mineurs. Peut-on juger de la même
manière des mineurs et majeurs ? Est ce le même niveau de capacité de
discernement ? la même responsabilité pénale ?

Chapitre I : Le discernement exclu : les causes de


non-imputabilité
Le problème de discernement en droit pénal est une problématique très ancienne,
déjà reconnu dans l'Antiquité, traité par les grands philosophes et penseurs (Platon), et
qui renvoie à une grande interrogation, faut il punir “les fous”, les personnes qui n’étaient
pas discernantes au moment des faits ? Pourquoi ne pas punir en cas de non
imputabilité ?

La réponse donnée aujourd'hui ne peut être remise en question. Il y a plusieurs


réponses que l’on donne aujourd'hui, le premier niveau est juridique, le refus de
sanctionner dans ce cas s’explique par le fait que l’individus qui n’avait pas
conscience de commettre une infraction au moment des faits n’est pas accessible à la
sanction pénale, cela veut dire que l'absence de discernement aboli la condition
d’imputabilité et parce qu’il n’y a pas d’imputabilité il n’y a pas d'infraction selon
certains penseurs, ou on dira qu’il y a bien une infraction mais qu’elle ne peut pas être

10
sanctionné parce qu’il manque une condition de l'imputabilité pénale, selon les deux
autres théories.
La seconde réponse est criminologique et avec le dvpt de la criminologie, qui est
une pensée récente, qui met en avant les ressorts de la philosophie de l’utilitarisme et donne
des éléments supplémentaires pour comprendre la réponse juridique. Si la personne qui
n’était pas discernante n’est pas sanctionné c’est parce que la peine dans ce cas là
ne présenterait pas d’utilité sociétale.

Cette condition est appréciée de manière négative par le code pénal à travers
la notion de cause de non imputabilité, (il donne des définitions de ce que n’est pas ce
concept). Le code pénal identifie trois causes de non imputabilité (art 122-1 et suivant du
code pénal), regroupées avec les faits justificatifs de l’infraction au sein d’un chapitre
plus général intitulé les causes d'irresponsabilité ou d‘atténuation de la responsabilité.

- il a tout d’abord identifié le trouble mental, où il n’y a pas d’imputabilité parce


que l'auteur n’avait pas une capacité de discernement suffisante au
moment des faits à cause d’un trouble psychique, neuropsychique

- ensuite, il y a la contrainte qui explique ici la non imputabilité par le fait que
la personne n’était pas pleinement libre d’agir au moment des faits, de
choisir de commettre ou non l'infraction

- Le troisième cas est l’erreur, où là la non imputabilité s’explique par la non


connaissance de l’infraction, légitimement.

Section I : Le trouble mental

I°) Notion
→ art 122-1 alinéa 1 du code pénal : N'est pas pénalement responsable la personne qui était
atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son
discernement ou le contrôle de ses actes.”

Anciennement, on utilisait l’expression, selon laquelle “il n’y a ni crime ni délit lorsque le
prévenu était en état de démence “
→ évolution du vocabulaire

L'expression de trouble psychique ou neuropsychique a été privilégiée, elle


permet de prendre en compte tout trouble de l’esprit ou du comportement qui peut
abolir ou seulement altérer le discernement de la personne. De façon générale, cette
cause de non imputabilité est comprise comme une aptitude à discerner, à contrôler
ses actes.

Néanmoins, le législateur a fait preuve de pragmatisme et il a prévu une règle


particulière pour ce qu’on appelait les “demi fou”, dans la mesure où le second alinéa de ce
texte prévoit que si ce trouble a seulement altéré, diminué, le discernement de la
personne au moment des faits, alors la responsabilité pénale reste possible mais avec
un principe d'atténuation de cette responsabilité, concrètement, une peine diminué.
Jusqu'à une époque récente le juge n’avait pas d’autre indication quant à la fixation de la
peine en cas d’altération du discernement. Le juge apprécie librement dans quelle mesure la
peine devrait être attribuée. Pour pallier cette difficulté, la loi dite Taubira, du 15 août 2014,

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est venue compléter ce deuxième alinéa, et prévoit désormais des plafonds de peine qui
permette de guider le juge dans l’appréciation de l’atténuation de la responsabilité.

En cas de peine privative de liberté, la peine est par principe réduite du tiers, il
ne pourra pas exécuter plus de deux tiers de la peine maximale prévue pour cette infraction.
En cas de réclusion criminelle à perpétuité la peine est réduite à trente ans.

S’agissant d’un majeur, il est présumé avoir une pleine capacité de


discernement, c’est la raison pour laquelle la preuve du trouble mental incombe à celui
qui s'en prévaut, puisque cela revient à combattre une présomption prévue par la loi.
En pratique, le plus souvent, le juge dans ce cas là aura recours à une expertise et il
ordonnera une expertise pour déterminer un diagnostic en sachant que cette expertise ne
lie jamais le juge

Quelles sont les conditions qui sont requises pour que le trouble puisse être exonéré
de toute responsabilité pénale ?
Des jurisprudences ont été posées, il faut prouver tout d’abord que le trouble existait au
moment des faits, cad au moment de la commission de l’infraction. Ensuite, il faut que
le trouble soit suffisamment grave pour avoir aboli le discernement ou altérer ce
même discernement, et au delà le juge est libre dans l’appréciation de ce niveau de
gravité, dans la mesure où la loi ne donne pas la liste des troubles psychiques ou neuro
psychique qui abolisse ou alterne le discernement.

⇒ affaire Sarah Halimi, cette affaire a récemment mis en lumière une difficulté
d’application de ce texte en présence d’une personne qui aurait agi sous l’effet d’une
intoxication volontaire (alcoolisée ou droguée) , en l’espèce un homicide involontaire,
et qui invoquent cette raison, qui a donné lieu à un arrêt de la cour de cass qui a rendu
une solution assez stricte, qui a suscité une vague d’émotion dans l’opinion publique, et
qui a, par la suite, donné lieu à une réforme par une loi du 24 janvier 2022
Que décider en cas d’intoxication lorsque c’est un acte volontaire ?

→ arrêt de la chambre criminelle du 14 avril 2021 : dans cet arrêt la cour de cass
conclut à l’irresponsabilité pénal de l’auteur des faits, dès lors qu’il peut être établi que
celui-ci était bien dans une situation d'abolition du discernement au moment où il a agit, et
pour fonder sa solution elle convoque un principe générale, il est interdit de distinguer là
où la loi ne distingue pas, et l’art 122-1 n’établit pas de distinction selon l'origine du
trouble psychique.

D’un point de vue logique, en termes de droit, elle paraît irréprochable. En revanche
lorsqu’on examine les fait, en l’espèce il s’agissait d’une femme de confession juive agé de
65 ans, qui a été tué à son domicile par une personne qui s’est introduite dans le dit domicile
sans y etre autorisé qui l’a roué de coups pour ensuite la défenestrer, et pour échapper à sa
reponsabilité, l’auteur et son avocat ont mis en avant qu’il aurait agi sous l’emprise d’une
bouffée délirante aigue favorisé par la consommation habituelle de cannabis et a expliqué
qu’il aurait été marabouté, pourchassé par des démons, sur fond d’antisémistisme.

Cette solution, aussi rigoureuse qu’elle soit, a suscité un véritable émoi, même si on
était en 2021, cette vive émotion dans l’opinion publique a déclenché une réaction des
pouvoirs publics pour réfléchir à une réforme de l’article en question. Le tout a donné
lieu à une réforme, par une loi du 24 janvier 2022, qui aborde la condition et le périmètre
d’imputabilité pour qu’il y ait responsabilité pénale.

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Le législateur a ajouté deux nouveaux articles, un article 122-1-1 et un article
122-1-2, qui viennent préciser quelques règles spéciales en cas d’intoxication
volontaire. L’article 122-1-1 vise le cas de l'abolition du discernement, dans lequel le
législateur a fait le choix de maintenir le principe de l’irresponsabilité pénale mais, en
maintenant ce principe pour les faits les plus graves, il a fait le choix de créer de nouvelles
infractions pour sanctionner à titre autonome l’intoxication volontaire qui a été à
l'origine de ces faits qui ne peuvent pas être sanctionnés (article 221-5-6 : qualification)

A l’article 121-1-2, si l’intoxication entraîne une altération du discernement, le


législateur a fait le choix de supprimer l’irresponsabilité pénale, la personne devient
pleinement et entièrement responsable.

II°) Régimes

Conséquences :

En principe, en cas d’abolition du discernement, la procédure pénale était


classiquement interrompue dans la mesure où la personne ne pouvait pas être accessible à
la sanction pénale. La personne était donc déclarée irresponsable pénalement. Sur le plan
civil, fort heureusement, l'irresponsabilité pénale ne faisait pas obstacle et ne fait toujours
pas obstacle à l'indemnisation de la victime ou de ses ayants droit si elle est décédée. Cette
règle est prévue dans le code civil à l’art 414-3. Ceci a aussi à suscité de vives critiques
dans la société car l'absence de sanction pénale pouvait faire ressentir aux victimes un
véritable sentiment de déni de justice, ce qui a donné lieu à une réforme par une loi du 25
février 2008, qui met en place une procédure aux articles 706-119 du code de procédure
pénale. En cas de doute sur le discernement du suspect, le législateur a prévu l'organisation
d'une audience spécifique pour qu’il soit statuer sur l'imputabilité des faits, à laquelle la
victime est désormais conviée. Concrètement, le législateur a proposé de dissocier entre
une imputabilité matérielle qui permet d'établir que la victime a bien subi son atteinte en
raison de l’action du suspect et qui permet de reconnaître qu’il y a bien une origine à son
dommage et une imputabilité psychologique qui elle doit permettre d’envisager la
responsabilité pénale.
A l'issue de cette audience spécifique, la juridiction rendra une décision spéciale sur
l’imputabilité qui se traduira par une déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de
trouble mental.

La loi a prévu en cas d’irresponsabilité pénale de l’auteur, des mesures qui peuvent
être ordonnées par le juge pénal. Désormais, selon l'article 706-135 du code de procédure
pénale, le juge pénal peut à l’issu de cette procédure, lui-même prononcé une mesure
d'hospitalisation sans consentement. Par ailleurs le juge pénal peut prononcer certaines
mesures de sûreté, art 706-136, comme l’interdiction de rentrer en contact avec la victime,
de détenir une arme, de paraître dans certain lieu, exercer une activité professionnelle.

13
Section II : La contrainte
→ article 122-2, “N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'empire d'une
force ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pu résister.”

La contrainte, en substance, supprime la liberté d’agir de l’auteur, qui succombe à


une contrainte. La contrainte est conçue de manière extrêmement rare et exceptionnelle.

I°) Les formes de la contrainte

Les formes ne sont pas trop discriminantes en jurisprudence qui a considéré que la
contrainte pouvait être à la fois physique ou morale. Avec cette distinction, la contrainte
physique s’exerce directement sur le corps de la personne et donc qui altère sa liberté de
mouvement là où la contrainte morale est celle qui agit sur l’esprit et la volonté de la
personne.
La contrainte physique peut être, à la fois, externe ou interne. La contrainte physique
renvoie à une force qui vient de l'extérieur comme en présence d'une catastrophe naturelle,
Le cas de la contrainte physique interne est le plus souvent invoquée, c’est celle qui provient
de la maladie, de la personne, d’une force qui se manifeste de l'intérieur et qui peut
entraîner des mouvements ou des comportements qui ne sont pas pleinement contrôlés.

En droit pénal, la question soulève un débat. En revanche, en matière pénale, la


solution est différente, la contrainte physique interne est par principe exonératoire mais elle
soulève une délicate question de preuve.

⇒ exemple de l'arrêt du 28 octobre 2009 :


La contrainte a été rejetée parce que la cour de cass a rappelé que la maladie ne
devait pas être antérieure à la réalisation de l’infraction, il pouvait être reproché à l’auteur
une faute antérieure, car il avait une interdiction de conduire lié à l’acte médical qu’il avait
subi.

S’agissant de la contrainte morale, elle s’exerce sur la volonté de l’auteur. La


contrainte morale externe est elle toujours admise, elle prend la forme d’une menace. En
revanche, la contrainte morale interne est quant à elle toujours écartée, car c’est celle liée
aux émotions de la personne (le crime passionnel).

Selon la jurisprudence doit être à la fois irrésistible et imprévisible.

a. la contrainte doit etre irresistible

Cela veut dire que l’agent ne pouvait pas faire autrement que de commettre l’action, il n’avait
pas le choix. Cette condition a été précisée par deux grands arrêts, du 28 décembre 1900 et
du 29 janvier 1921.

b. la condition doit être imprévisible

Elle a un sens particulier, l’imprévisibilité signifie ici que la contrainte ne doit pas résulter
d’une faute antérieure de l’agent.
- l'arrêt du 29 janvier 1921, arrêt Trémintin
- l’arrêt rendu par la chambre criminelle du 6 novembre 2013 illustre toutes ces
conditions, la cours de cass a jugé que ne revêt pas le caractère d’imprévisibilité la

14
défaillance mécanique d’une véhicule que le conducteur était en mesure d’éviter par
une vérification préalable

15
Section III : L’erreur
L’idée c’est que celui qui a agit sans savoir qu’il commettait une infraction ne peut
pas être responsable. On distingue l’erreur de fait et l’erreur de droit. L'erreur de fait porte
sur la matérialité de l’infraction.
ex : le fait d’ignorer que le fait que la femme avec laquelle on a des relations sexuelels est
mineure.

A côté de cela il existe l’erreur de droit qui est beaucoup plus difficile à admettre à
cause de l’adage, “nul n’est censé ignorer la loi”. L'erreur de droit suppose que la personne
peut légitimement ignorer l’existence d’une incrimination. Le cas est apprécié de manière
sévère, et il n’y a quasiment aucune application positive
Exemple : chambre criminelle 4 octobre 2011, où un vendeur pro était poursuivi pour
exercice illégale de la pharmacie parce qu’il avait vendu des produits pour animaux qui était
en réalité de médicaments pour vétérinaire, erreur de droit écartée

16
Chapitre II : Le discernement atténué : la
responsabilité pénale du mineur

Section I : Evolution historique et philosophie de la


responsabilité pénale des mineurs
Dans le code pénal de 1810, la majorité pénale était fixée à 16 ans, il était donc, à
partir de 16 ans, entièrement soumis aux règles des majeurs. Avant cet âge, le mineur
n’était responsable que s’il était établi qu’il avait agi avec discernement. Il y avait alors deux
solutions possibles, soit absence de discernement et donc pas de sanction possible, mais
une possibilité de placement dans une maison de correction, jusqu’à sa vingtième année. En
revanche, si le discernement était établi, le juge devait alors appliquer une peine, en général
atténuée pour tenir compte de la minorité de l’auteur. Ce système a progressivement évolué,
d’abord avec une loi du 19 avril 1906, qui vient, seulement, élever la majorité pénale à 18
ans. Deuxième étape, une loi du 22 juillet 1912 qui est venue supprimer la question du
discernement pour les mineurs de 13 ans (avant 13 ans, il est considéré comme non
discernant). Mais, la plus grande étape est représentée par l’adoption de l'ordonnance du 2
février 1945 relative à l’enfance délinquante, qui est un texte adopté sous l’influence de
l'école philosophique de la défense sociale, nouvelle et elle repose sur deux grands
principes , pour la première fois on s'interroge sur la manière d’associer la sanction pénale à
une dimension éducative.
- la priorité de l’éducation sur la répression
- la spécialisation des intervenants, avec notamment un parquet spécialisé,
des juridictions spécialisées et des services spécialisés (PJJ)
Cette ordonnance de 1945 a été modifiée à de nombreuses reprises, près d'une trentaine de
modifications, il est apparu qu’une remise à plat des règles était nécessaire pour organiser
toutes ces réformes ponctuelles. La réforme a été décidée en 2019 et a été réalisée par une
ordonnance du 11 septembre 2019 qui vient créer un code de la justice pénale pour les
mineurs. Cette réforme poursuit 4 objectifs :
- simplifier la procédure applicable aux mineurs
- accélérer le jugement des mineurs
- renforcer la prise en charge des mineurs
- améliorer la prise en compte des victimes

Cette ordonnance et ce code sont entrés en vigueur le 30 septembre 2021.

Section II : La gradation des réponses pénales applicables


aux mineurs

L'âge de 13 ans est toujours un âge charnière, désormais avant treize ans,
l'ordonnance prévoit une présomption d'absence de discernement, ce qui veut dire qu’avant
13 ans au moment des faits, aucune peine stricte ne peut être présentée, mais des mesures
éducatives peuvent être prononcées. A partir de 13 ans, les mesures éducatives peuvent
toujours être prononcées mais des peines au sens strict peuvent être prononcées, réclusion
criminelle, prison et amende, mais avec une atténuation de minorité. A partir de 16 ans,
cette règle de l’atténuation peut être écartée (selon l’appréciation du juge).

17
I°) Les principes généraux

Les principes généraux qui découlent du code de la justice pénal des mineurs, il y a 3
grands principes au coeur de la justice pénale des mineurs

- discernement : la responsabilité pénale des mineurs comme pour les majeurs repose
sur le discernement. Ce principe est d’ailleurs inscrit dans le code pénal lui-même,
art 122-8, à la faveur de l’entrée en vigueur du CJPM, et qui en substance énonce
que pour être responsable d’un crime, d’un délit ou d’une contravention, le mineur
doit être capable de discernement. S’il n’y a pas de discernement, il n’y a pas de
responsabilité pénale, commune avec les majeurs. Ce principe est aujourd'hui repris
à l’article L 11-1 du code de la justice pénale des mineurs, qui renvoie à l’article 388
du code civil pour la définition du mineur.

- priorité éducative : clairement exposé dans la première partie du code pénal des
mineurs, articles L 11-2 à L11-4, avec l’idée suivante, la réponse pénale doit dans
tous les cas privilégier l'action éducative afin de tendre à ce que l’on appelle le
relèvement éducatif et moral des mineurs et lutter contre la récidive.

- l’excuse de minorité : cela veut dire que par principe, lorsqu’une peine est
prononcée, celle-ci est atténuée par rapport à la peine encourue par un majeur pour
la même infraction, cette excuse de minorité exprime la conception particulière de
l'imputabilité de l’infraction au mineur parce que l’on considère que le mineur a une
maturité en formation qui n’écarte pas automatiquement le discernement mais
autorise une réponse pénale graduée en fonction de sa capacité et de l’évolution de
sa capacité de discernement, donc par principe on prévoit une atténuation de la
peine par rapport à celle du majeur. ces règles se retrouve aux article 121-5 et 121-6
du code pénal de la justice des mineurs et en substance, lorsque le mineur encourt
une peine privative de liberté celle ci est diminué de moitié par rapport aux majeurs
et s’il s’agit de la réclusion criminelle à perpétuité il s’agit de 20 ans et si le mineur
encourt une peine d’amende, celle ci par principe est aussi réduite de moitié mais
avec une double limite, le montant de l’amende ne peut jamais excéder 7500 euros.
Le juge peut décider qu'à partir de 16 ans, l’excuse soit écarter

Ces principes guident l’application des règles de la responsabilité pénale mais


celle-ci dépend largement de l'âge des mineurs, apprécié à la date des faits. On fait donc
une distinction entre le mineur de moins de 13 ans et celui de 13 ans.

II°) Le mineur de moins de 13 ans

Avant 13 ans, aucune peine au sens strict ne peut être prononcée à l’encontre d’un
mineur, mais à la condition que le mineur soit discernant. Jusqu’à cet âge, seules des
mesures éducatives peuvent être prononcées à l’encontre du mineur, qui rentre dans la
catégorie de mesure de sûreté, et qui sont donc orientées vers l’éducation, la prévention et
la réinsertion.

L’appréciation du discernement du mineur est une question délicate en pratique.


Pour répondre à cette difficulté l'ordonnance a apporté une solution nouvelle, elle a prévu
une présomption d'absence de discernement avant 13 ans, il faudra donc établir
positivement l’existence du discernement. C'est une présomption posée à l’article l11-1 du
code pénale de la justice des mineurs, à son alinéa 2 (après 13 ans c’est l’inverse).

18
Les mesure éducatives aujourd'hui prennent deux formes (clarifier par la réforme)
- avertissement judiciaire : lorsque le juge fait la moral le mineur, en lui
faisant prendre conscience de la gravité de son acte, et qu’il ne faut pas qu’il
recommence
- la mesure éducative judiciaire (MEGE) : mesures positives qui sont
destinées, à partir d’un examen personnel du mineur sur tous les plans, à
accompagner le mineur et le faire sortir de son parcours

III°) Le mineur de 13 ans

A partir de 13 ans, conformément à la priorité éducative, les mesures peuvent se


combiner avec des peines au sens stricte, y compris les plus coercitives, en application du
principe de l’excuse de minorité.

_________________________

19
SOUS-TITRE II : Les modalités d’imputation :
l’identification du responsable

Il faut nécessairement distinguer aujourd'hui entre l’auteur personne physique et l'auteur


personne morale, car l’imputabilité et ses effets ne seront pas les mêmes.

Chapitre I : Le responsable, personne physique


S’agissant des personnes physiques, la commission des faits va envisager plusieurs
responsables.

Section I : La participation individuelle


L'hypothèse vise le cas où une seule personne commet les faits. On appelle cette
personne l'auteur principal de l’infraction. Il existe un principe très simple en matière pénale,
réprimer l’auteur d’une faute, mais également par les enjeux de cette responsabilité, seul
l’auteur principal peut se voir imputer l’infraction ou soit obligé de faire la peine, c'est le
principe de personnalité des peines, ou de responsabilité personnelle. cela exclut en
principe toute hypothèse de responsabilité pour autrui

I°) Le principe d’une responsabilité personnelle


⇒ article 121-1 du code pénal, “Nul n'est responsable pénalement que de son propre fait.”

Seul celui qui a matériellement commis les faits pourra être soumis à une ou
plusieurs peines, de ce point de vu là il faut distinguer l'instigateur et l’auteur au sens strict.

a. L’auteur principal

L’auteur principal est défini à l’article 121 -4 du code pénal énonce qu'être auteur de
l’infraction soit la personne qui commet les faits soit celui qui a tenté de commettre les faits.
L’auteur principal de l’infraction est défini à partir d’un critère matériel, qui a été posé pour
éviter toute forme d’arbitraire. L’auteur c’est celui qui matériellement reproduit le
comportement incriminé ou s'engage matériellement dans un processus visant à reproduire
ce comportement incriminé. Cette conception de l'auteur présente un avantage, il facilité son
identification puisque celle-ci reposera sur la constatation d'un ou plusieurs actes matériels.

Cette définition présente aussi un inconvénient. L’auteur matériel n'est peut être pas
le véritable cerveau de l’affaire et l’auteur peut aussi être défini de manière plus
intellectuelle. Qui est vraiment à l’origine du comportement, du projet infractionnel ?
C’est donc posé la question de l’instigateur.

b. L’instigateur

→ question du tueur à gage ; soit il passe à l’acte et exécute le contrat et moralement qui peut être
réprimé au titre de l’assasinat qui a été commis
Et si le tueur à gage refuse et se rétracte, l’instigateur reste lâche et n’exécute pas le contrat
lui-même, peut on réprimer seulement l'instigateur ?

20
L’instigateur est traditionnellement défini comme la personne qui incite une autre
personne à commettre une infraction. Pour cette raison, on le définit comme étant un auteur
intellectuel de l'infraction. Le droit français sur le fondement de la conception de l’auteur
principal (conception matérielle de l’auteur) le principe est celui du refus de la répression de
l’instigateur, puisqu’il ne comment pas matériellement des faits il n'est pas auteur et puisqu’il
n’est pas auteur, il ne peut pas être responsable pénalement. Deux raisons justifient ce
principe, tout d’abord, le libre arbitre de l’auteur matériel qui apparaît comme un chaînon
indispensable entre l’idée du crime et sa réalisation, ainsi celui qui donne l’ordre à autrui de
commettre l’infraction ne maîtrise pas pleinement la réalisation de l'infraction. La deuxième
raison, c’est que le droit français à faire ce choix en refusant de sanctionner ce que l’on
appelle le déni d’intention, ce qui soulève une difficulté de preuve et puis il y a un risque
assez important de porter atteinte à la réalité.

Néanmoins, des affaires relancent régulièrement la problématique de l’instigation.

⇒ affaire Lacour, arrêt du 25 octobre 1962, dans laquelle l’instigateur n’a pas été puni ce qui
a ému l’opinion public

De manière exceptionnelle l’instigation peut être sanctionné dans deux hypothèse


aujourd'hui :

- répression indirecte de l'installation au titre de la complicité, mais cela suppose que


l'auteur principal passe à l’acte
- répression directe de l’instigation, à l’état pur, même si l’auteur matériel ne passe pas
à l’acte, dans les cas où la loi le prévoit (l’assassinat loi du 9 mars 2004, article
221-5-1 du code pénal qui en substance réprime celui qui organise un assassiant ou
un empoisonnement meme non suivi des faits), (loi du 21 décembre 2012, le
législateru a crée uj nouvel article 421-2-4 qui est venu prévoir la répression d’acte
de terrorisme)

En principe en droit pénal, il ne devrait pas exister de responsabilité pénale du fait d’autrui

II°) L’exclusion d’une responsabilité pénale du fait d’autrui

A. La question de la responsabilité pénale du fait d’autrui

C’est un mécanisme qui permet de dissocier l'auteur du fait générateur du titulaire de


l’obligation de réparation.

responsabilité civile :
répondant → auteur → victime
fait
générateur

La responsabilité du fait d’autrui ne devrait pas exister en matière pénale, elle n’est
pas envisageable car elle heurte le principe de la responsabilité personnelle. Cela conduirait
à dissocier l'auteur matériel des faits incriminés de la personne condamnée à exécuter la
peine pour ces mêmes faits, donc en principe il n'y a pas de responsabilité pénale du fait
d’autrui.

21
B. Le cas particulier de la responsabilité du chef d’entreprise

Depuis le 19° siècle on se demande si les cas dans lesquels le chef d'entreprise peut
être le responsable, ne peut pas plus ou moins correspondre à un mécanisme du fait
d’autrui

1.- Les cas de responsabilité du chef d’entreprise

On distingue des cas dans la loi et un cas général qui a été dégagé par la jurisprudence

a) les cas ponctuellement admis par la loi

L’un des premiers cas concerne des infractions qui seraient commises en matière
routière par des salariés (article L121-1 du code de la route, qui prévoit que lorsque le
conducteur du véhicule est un préposé donc un salarié, le juge peut décider, selon les
circonstances de l’espèce, que le paiement des amendes de police (contravention) sera
supporté par le commettant dès lors que celui ci sera régulièrement nommé à l’audience).
Depuis une réforme de 2016, la règle a été atténué pour les excès de vitesse, puisque ces
derniers font l’objet d’une mesure particulière prévue à l’article L121-6 du code de la route,
lorsque le titulaire de la carte grise est une personne morale, son représentant a l’obligation
d'indiquer aux autorités compétentes l'identité du conducteur, y compris lui même.

il y a également une possibilité de responsabilité du chef d'entreprise en cas


d'infraction au règle de santé et de sécurité dans l’entreprise, hypothèse prévue à l’article l
4741-1 du code du travail, lorsque la violation ou la prescription a abouti à un homicide ou à
des blessure involontaire, le paiement de l’amende peut être mise à la charge de
l'employeur s’il a été cité à l’audience.

Il n’est pas réellement question d’une vraie responsabilité du fait d’autrui, dans la
mesure où la loi organise seulement un transfert à certaines conditions de la charge d’une
obligation pécuniaire liée à la commission d’une infraction par un préposé, on est alors
proche d’un mécanisme de garantie.

b) cas général admis par la jurisprudence

Dès le milieu du 19° siècle, la cour de cassation a admis une responsabilité du chef
d'entreprise pour certains faits commis par des préposées.

→ arrêt de la chambre criminelle, 15 janvier 1841, confirmé le 30 décembre 1892 et les


conditions ont été formalisé dans un arrêt du 28 février 1956, arrêt Wiederkehr.
La cour de cassation présente elle-même cette jurisprudence comme étant une
dérogation au principe de la personnalité des peines et cette dérogation est fondée selon le
fait que l'employeur exerce une activité directe sur l'activité d’autrui. Cette jurisprudence a
été maintenue après l’entrée en vigueur du nouveau code pénal et elle permet en dehors
des cas prévu par la loi de donner à la responsabilité du chef d’entreprise un champ
d'application général. Néanmoins, il y a des conditions précises qui doivent être démontrées.

22
2.- Les conditions de la responsabilité du chef d’entreprise

La jurisprudence pose trois conditions cumulatives pour que le chef d’entreprise


puisse être responsable pénalement, on doit apporter la preuve de :

● infraction commise par ses préposés : toute catégorie d’infraction, des


infractions de commission ou d’omission, infraction non intentionnelle mais
également intentionnelle

● une faute personnelle du chef d’entreprise : le chef d’entreprise peut être


responsable que s’il a commis lui-même une faute, il peut donc s'exonérer en
rapportant la preuve qu’il n’a pas commis de faute.
arrêt crim. 16 septembre 2014, dès lors qu’aucun acte matériel, aucun acte
constitutif de harcèlement moral n’était établie à l’encontre du chef
d’entreprise donc sa responsabilité ne pouvait pas être retenu

Malgré tout le plus souvent la faute du chef d’entreprise est présumé par le juge, on
présume que l’infraction commise par le préposé dans le cadre de ses fonctions fait
apparaître un manquement du chef d’entreprise et sauf circonstances particulières il sera
difficile pour le chef d’entreprise de s’exonérer.

● absence de délégation du pouvoir : les conditions de la délégation de pouvoir


ont été précisé par la jurisprudence, par cinq arrêts de la chambre criminelle
rendus le 11 mars 1993, la cour de cassation a en effet précisé que le chef
d’entreprise pouvait s’exonérer en rapportant la preuve d’une délégation de
pouvoir, il reporte la faute sur quelqu'un d’autre, la cour de cass a précisé 3
condition
- par rapport au délégant : la cour de cass a précisé qu’il fallait une
structure suffisamment importante pour que le chef d’entreprise ne
puisse pas supervisée l’ensemble des activités par lui seul, le
délégant ne doit pas avoir participé lui même à l’infraction
- par rapport au délégué : la cour a précisé qu’il devait appartenir à
l’entreprise et il doit être pourvu de la compétence, de l'autorité et des
moyens nécessaires à l'exercice de la délégation des pouvoirs.
- la délégation ne peut pas être générale elle doit être spéciale
- ne doit pas intervenir le jour de l'infraction

23
Section II : La participation collective
Il s’agit de l’hypothèse où plusieurs personnes à des degrés qui peuvent être
différents, participent en pleine connaissance de cause au processus infractionnel.
Comment sanctionner les différents participants à l’infraction ? Encourent-ils tous les mêmes
peines? Peuvent-ils se voir appliquer les mêmes circonstances aggravantes ?

I°) La coaction

A. Les conditions

La coaction est définie comme l’hypothèse où il existe plusieurs auteurs matériels de


l’infraction, plusieurs personnes commettent ensemble la même infraction. Il faut constater
sur la tête de chaque participant la réunion de tous les éléments constitutifs de l’infraction
commise. Tous les participants doivent commettre matériellement le comportement incriminé
et avoir l’intention d’atteindre le résultat établi.

B. La répression

Le principe est celui de l'indépendance des poursuites, on pourra poursuivre chaque


participant pour l'intégralité des faits et chaque participant sera responsable individuellement
de l’intégralité des faits. Chaque coauteur sera jugé comme auteur principal de l'infraction.
En conséquence, chaque coauteur sera jugé en fonction de ses caractéristiques propres au
moment de la commission des faits. On va donc apprécier indépendamment une cause de
non imputabilité, ou l’existence d’un fait justificatif de l’infraction.

II°) La complicité

Le complice est celui qui, par divers procédés, apporte son concours à l’auteur ou au
coauteur d’une infraction. De telle sorte que dans la complicité une personne en aide une ou
plusieurs autres en vue de la réalisation d’une infraction mais sans pour autant que le
complice ne réunisse sur sa tête les éléments constitutifs d’une infraction, il peut être aussi
bien une personne physique qu'une personne morale. En raison de cette particularité, la
répression de la complicité est dominée par un principe que l’on appelle l’emprunt de
criminalité qui exprime l’idée que le complice n’a pas de criminalité propre mais qu’il
emprunte sa criminalité à l’auteur principale, car il ne commet pas matériellement les faits.
Classiquement l’emprunt de criminalité se doublait d’un emprunt de pénalité car il emprunte
également sa peine à l'auteur principal.

A. Les conditions

Il faut une infraction principale punissable et ensuite il faut un acte de complicité qui
présente un élément matériel et un élément intentionnel.

1.- Une infraction principale punissable

A la différence de la coaction, la complicité est prévenue par le code pénal. Selon


l’article 121-7 du code pénal, il faut être en présence d’un crime ou d’un délit, pour que la
complicité puisse être envisagée en principe, et c'est de cette référence à un crime ou un

24
délit que l’on déduit qu’il est nécessaire qu’une infraction principale soit caractérisée pour la
complicité soit caractérisée et éventuellement sanctionnée. Il apparaît que la complicité
puisse être sanctionnée en matière de crime (toujours) et en matière de délit (si le texte le
prévoit). Classiquement les contraventions ne donnent pas lieu à complicité, sauf dans un
cas, lorsque la complicité est une complicité directe par provocation ou fourniture
d’instruction ou de moyen (cas de l’instigation).

Pour que la complicité puisse être retenu il faut également que l’infraction principale
présente certaines caractéristiques, elle doit être objectivement punissable, cela signifie que
le fait principal doit être incriminé par la loi, il doit pouvoir donner lieu à une qualification mais
cela signifie que la complicité pour être retenu n’implique pas nécessairement que l'auteur
principal des faits soit effectivement sanctionné.

2.- Un acte de complicité

Il se compose de deux éléments, comme l’infraction.

a) L’élément matériel

Il y a ici deux grandes conditions qui se cumulent pour que l’acte matériel soit établi,
il faut en principe caractériser un acte positif, et un acte antérieur ou concomitant à
l'infraction principale.

α) un acte positif de complicité

En principe, pour être complice, il faut d’un point de vue matériel, il faut avoir fait
quelque chose, avoir fait une action que l’on peut objectivement constater.
L’article 121-7 du code pénal incrimine deux cas de complicité, qui sont des actes positifs du
point de vue matériel. L’alinéa premier incrimine ce que l’on appelle la complicité par aide et
assistance qui est le cas classique et historiquement le seul de complicité et l’alinéa 2
incrimine la complicité par provocation, fourniture d’instructions ou de moyens, qui est un
cas plus particulier et qui en particulier permet de sanction l’instigateur.
Pour le premier cas, l’acte de complicité renvoie à toute action réalisée pour permettre à un
degré ou un autre à l'auteur principal de commettre son infraction. La jurisprudence a admis
sous l'empire de l’ancien code pénal que la personne qui avait volontairement joué du
clairon pour couvrir les cris d’une victime de viol était complice du crime.
Pour le second cas, le code est un peu plus précis, parce qu’il s’agit de tenir compte d’une
hypothèse particulière, il sanctionne la personne qui par don, promesse, menace, ordre,
abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction donner des instructions pour la
commettre. Il s’agit de sanctionner au titre de la complicité celui qui est à l’origine de
l’infraction commise par un autre, que l’on appelle l'instigateur.

Néanmoins, cette condition d’un acte positif a soulevé un certain nombre de


difficultés d’applications et d’interprétation. Deux questions ont été soulevées
progressivement par la chambre criminelle de la cour de cassation. D’une part, une
complicité par abstention est-elle possible ? D’autre part, peut-il exister des formes de
complicité indirectes ?

La question de l'abstention a été entièrement tranchée par la jurisprudence en raison


du silence des textes. En principe, puisque seuls sont incriminés les actes positifs de

25
complicité, il ne peut pas y avoir d’abstention. Malgré la rigueur de ce raisonnement, la
jurisprudence n'est pas toujours aussi stricte et elle a pu admettre dans certains cas, à titre
exceptionnel, des formes de complicité par abstention, pour sanctionner des infractions
particulièrement condamnables. L’un des exemples principal est rendu par un arret de la
chabre criminelle dui 19 décembre 1999, dans lequel un homme tue son père, mais la
question s’est posée par rapport à la mère de l’auteur des faits qui a été retenue complice
de l’infraction de meurtre, parce qu’elle s’est abstenue de retirer l’arme de la chamrbre de
son fils qui allait devenir l’arme du crime. De plus, l'enquête a révélé que la mère avait une
situation d’emprise psychologique sur son enfant, et elle avait connaissance de la présence
de l’arme dans la chambre de son fils et que malgré cela elle s’est abstenue de signaler la
présence de l’arme aux forces de l’ordre qui avait déjà fait un relevé d’arme dans ce foyer.
De manière générale, la jurisprudence a tendance à retenir la complicité par abstention
lorsque la personne qui s’abstient soit apporte une caution “morale” à l’infraction principale,
soit parce que un accord occulte a été passé avec l'auteur principal, principalement pour
sanctionner des faits qui concerne des fonctionnaires de police qui s'abstiennent de révéler
des infractions. Une autre forme moins grave d'abstention a pu être révélée par un arrêt
rendu par la chambre criminelle le 26 février 2020 qui admet une complicité de tapage
nocturne, pour le fait de recevoir chez soi des personnes bruyantes en dehors des heures et
de ne rien faire pour s’opposer au bruit.

La question de la complicité indirecte s’est posée dans la préparation de certains


cambriolages par exemple, un individu a, qui veut commettre un cambriolage, il demande à
b de faire jouer ces contacts pour avoir des infos sur le système de sécurité, et le contact c
(qui ne connaît pas a) fourni ses information; peut on considérer que c est coupable de
complicité ?
Il a fallu attendre la fin du 20è siècle pour que, après avoir longuement hésité, la cour de
cass s’engage dans la voie de la répression généralisée de la complicité indirecte, arrêt du
15 décembre 2004, de la chambre criminelle, en matière de complicité d’escroquerie. La
complicité criminelle a été également confirmée par un arrêt du 5 juin 2019 rendu par la
chambre criminelle, avec des circonstances particulières ici, car il s’agit de fait de complicité
de vol et de recel dans un établissement pénitentiaire, qui a permis d'admettre la complicité
de deux gardiens pénitenciers.

β) un acte antérieur ou concomitant à l’infraction principale

Le complice est sanctionné pour une action préalable qui a permis la commission de
l’infraction, elle doit donc intervenir avant la fin de la commission de l’infraction. Certaines
infractions comme le recel vont aussi s’inscrire dans la continuité d’une infraction principale.

b) L’élément intentionnel (élément moral de la complicité)

→ article 121-3 alinéa premier du code pénal : contient l’adverbe “sciemment” qui
définit l’élément moral de la complicité, on est dans le modèle d’une faute intentionnelle. En
substance, il faut que le complice, au moment de la réalisation de son acte positif, est
conscience de participer à l’infraction principale

Sur le plan de la preuve, l’intention du complice, pourra souvent être présumée,


déduite, des circonstances matérielles de réalisation des faits. Au-delà de cette question de
preuve, 3 difficultés ont dû être tranchées par la jurisprudence.

26
- à propos de certaines infractions présentant un fort dol spécial (acte de terrorisme et
les crimes contre l’humanité) : ils ont comme point commun d’être constiué par la
commission de certianes infractions de droit commun qui sont commises dans une
intention pârticulièren en matière de terrorisme les auteurs ont pour objectif de
sermer la terreur dans la population civile et de désograniser les instituions
publiques, en matière de crime contre l’humanité il faut que ces auteurs est commis
ces infractions en étant inspiré par un mobile raciale etchnique ou religieux.
Lorsque ces auteurs ont été aidé par une personne, la question s’est posé de savoir
s’il fallait établir que le complice avait une connaissance du mobil particulier qui
inspirait les auteurs au moment des faits
Dans le strict respect de la légalité criminelle la solution la plus respectueuse aurait
été d’exiger une connaissance spécial du mobil des auteurs des faits. La cour de
cass dans un arrêt rendu le 23 janvier 1997 a adopté une nouvelle fois la thèse
favorable à la plus grande répression et a considéré que le complice d’un crime
contre l'humanité ne devait pas forcément avoir adhéré à la politique d'hégémonie
idéologique des auteurs principaux.

- infraction non intentionnelle, la complicité est-elle possible ? depuis la fin du 19°


siècle en se fondant sur un argument classique, il est interdit de distinguer là où la loi
pénale ne distingue pas, la cour de cass a admis la complicité d’infraction non
intentionnelle. Coaction plutôt que complicité plus juste ? La cour de cassation
accepte d'aller plus loin sur ce point, bcp plus contestable, en admettant dès forme
de complicité non intentionnelle, lorsqu’elle admet des formes de présomption de
culpabilité, et admet de présumer la connaissance de l’infraction alors que dans les
faits la personne l’ignorait. Elle admet cette solution à l’égard de certains
professionnels, les commissaires au compte et les experts comptables lorsque
ceux-ci après réalisation de leur mission, notamment dans un arrêt du 31 janvier
2007.

- Lorsque l'auteur principal a commis une infraction plus grave que celle qui était
commise, exemple, un homme remet à une personne une arme pour qu’elle intimide
son débiteur sans intention de l’utiliser, et finalement la personne tue son débiteur, il
y a t-il complicité de meurtre ? La cour de cassation s’est engagée dans la voie de la
répression la plus forte, puisque depuis un arrêt de la chambre criminelle du 31
décembre 1947 , elle estime que si l’infraction la plus grave qui s’est réalisée est en
lien suffisant, le complice peut être sanctionné pour ces faits. c'est une appréciation
au cas par cas du lien de causalité avec le projet initial.

B. La répression

1.- Dans l’ancien Code pénal

Dans le code pénal de 1810, le régime de la complicité était prévu dans un article
célèbre à l’époque, (“tout condamné à mort aura la tête tranchée”), l’article 59 du code
napoléonien posait le principe selon lequel le complice était puni de la même peine que
l'auteur principal. Ce qui signifiait qu'à l'époque la théorie de l’emprunt de criminalité était
complétée par un emprunt de pénalité. Sous l'empire de ce code, le principe était celui de la
transmission automatique au complice du régime juridique de l'auteur principal.
Si on prend l’exemple d’un parricide, un meurtre qui va etre accompli avec la circonstance
aggravante d’un lien de filialisation, un enfant tue un de ses parents, s’il y a un complice de

27
ce parricide, automatiquement, le complice encourt automatiquement la meme peine soit la
peine de mort.

Le régime de la complicité a été réformé au moment du nouveau code pénal et notamment


avec l’abolition de la peine de mort (affaire du meurtre de gardien de prison avec complicité
d’un codétenu).

2.- Dans le nouveau Code pénal

Désormais la règle figure à l’article 121-6 du code pénal qui énonce que “ sera puni
comme auteur le complice de l’infraction au sens de l’article 121-7”. Le nouveau code pénal
a abandonné la théorie de l’emprunt de pénalité. Désormais, la peine encourue par le
complice ne dépendra plus des qualités de l'auteur principal. La peine sera fixée comme s’il
avait lui-même commis l’infraction comme auteur principal. Si la règle a changé en 1992,
dans le nouveau code pénal c'est d'abord et surtout pour une raison technique, en raison de
l’admission de la responsabilité pénale des personnes morales, puisque dès lors que l’on
admet une nouvelle catégorie de personne au plan pénal, on ne peut plus assimilé personne
physique et personne morale, ce ne sera pas les mêmes peines. Mais on n'a pas pleinement
mesuré les conséquences de ce changement. Le nouveau code pénal a brouillé la frontière
entre la coaction et la complicité.

28
Chapitre II : Le responsable, personne morale
L’admission de la responsabilité pénale des personnes morales est une nouveauté, si ce
n’était pas le cas avant c’est qu’il existait des obstacles assez forts mais qui
progressivement ont tous perdu de leur force et ont fini par être relativisé progressivement.

- La personne morale pendant très longtemps a été appréhendée comme une fiction
juridique et par rapport au droit pénal a été considéré comme une entité dénuée de
toute volonté propre ce qui aurait empêché de lui imputer une infraction qui suppose
une volonté d’atteindre le résultat dans la plupart des cas. Cet argument
progressivement a perdu de sa force au profit dit de la réalité de la personne morale,
qui au contraire consiste à admettre que la personne morale, même si elle ne peut
être comparée à une personne physique représente une réalité sur la scène juridique
constitue une personne au sens juridique du terme, avec une volonté propre, ce qui
permet une imputation d’une responsabilité civile et pénale.

- La personne morale aurait certes une capacité juridique mais à la différence de la


personne physiques cette capacité ne serait pas universelle mais limitée par son
objet social, c'est un sujet de droit qui pourrait intervenir que dans les limites de son
objet social, on a soutenu qu’il n’était pas raisonnable de penser qu’il puisse être
inscrit dans les statut d’une personne morale que celle-ci puisse commettre une
infraction. L’argument a progressivement été dépassé par les faits

- Finallement, la personne morale ne pourrait pas subir une peine, et cela s’explique
par le fait que les peines de référence étaient celles privatives de liberté et la peine
de mort.

Progressivement ces arguments ont tous été dépassés pour aboutir à la


consécration de la responsabilité pénale des personnes morales, le principe est désormais
posé dans l’article 121-2 du code pénal.

Section I : Le domaine de la responsabilité des personnes


morales

I°) Les restrictions

Il y a des cas dans lesquels cette responsabilité pénale n’est pas reçue. Pendant
longtemps, il suffisait de renvoyer aux textes du code pénal, seule les personnes morales
peuvent être responsables, mais du pov technique cela veut dire que tout groupement ne
peut pas être responsable pénalement pour cela, il faut qu’il ait la responsabilité juridique, ce
qui exclut notamment les société crée de fait et les société en participation. Toutes les
personnes morales ne sont pas nécessairement responsables pénalement, l’état ne peut
pas être responsable pénalement car la loi l’a exclu, et de manière relative, les collectivité
territoriale ne peuvent être responsables pénalement que pour des infractions commises
dans l'exercice d’activité susceptible de faire l’objet d’une délégation de service public.

Progressivement, une problématique s'est développée quant à l'identification de la


responsabilité pénale dans le cadre de fusion absorption. La responsabilité pénale de la
société absorbée pouvait se transmettre à la société absorbante ? Pendant très longtemps

29
le droit français applique strictement le principe qui est une continuité du principe de
personnalité des peines, et partant du principe que la fusion absorption entraîne la mort de
la société absorbée on considéré qu’aucune transmission de responsabilité pénale ne
pouvait être effectuée, parce que matériellement elle n’avait pas commis les faits reprochés
à la société absorbée.

Cette solution classique a été réaffirmée par un arrêt rendu par la chambre
criminelle, le 27 octobre 2016. Néanmoins , les opérations de fusion-absorption pouvaient
être inspirées par un mobile évidemment malveillant, une stratégie de contournement de la
loi pénale, c'est la raison pour laquelle, sous l’influence du droit de l’ue, la solution a
finalement été renversée. En effet la cour de justice de l’ue dans une décision du 5 mars
2015 a admis en cas de fusion absorption le transfert de l'obligation de payer une amende
pour une infraction commise par la société absorbée. La cour de cass, dans un arrêt de la
chambre criminelle, du 25 novembre 2020 qui présente un double intérêt, par rapport à la
responsabilité pénale des personne morale il constitue un revirement de jurisprudence en
cas de fusion-absorption mais avec un périmètre précis. La cour de cass reconnaît
désormais dans cet arrêt, confirmé par la suite plusieurs fois, que dans le cas d’une
fusion-absorption d’une société anonyme , la responsabilité pénale peut être transférée de
la société absorbée à la société absorbante. Pour les autres formes sociales, le transfert est
subordonné à la répression d’une fraude à la loi.
Sur les plans des sources du droit, la haute juridiction procède à un revirement pour l’avenir.
La solution ne s'applique que pour l’avenir, ce qui est une reconnaissance indirecte de la
normativité de cette jurisprudence, sauf en cas de fraude à la loi, s’il peut être démontré que
l'opération a eu pour objectif de contourner la loi pénale.

II°) Les infractions

Dans un premier temps, en 1992, le codificateur avait limité la responsabilité pénale


des personnes morales à certaines infractions. 10 ans après, à l’occasion de la réforme par
une loi du 9 mars 2004, dite loi perbene 2, le législateur a supprimé le principe de spécialité
de la responsabilité pénale de la personne morale. Désormais, potentiellement, toutes les
infractions prévues par la loi sont applicables aux personnes physiques et morales sauf
incompatibilité substantielle.
Dans un arrêt du 20 octobre 2009, la cour de cass chambre crim a précisé que les
disposition de cette loi était plus sévère et donc qu’elle ne pouvait pas rétroagir.

III°) les peines applicables aux personnes morales


Elles sont prévues aux articles 131-(37)7 et suivant du code pénal. Il fixe toute une
liste de peine applicable aux personnes morales, la peine de référence est la peine
d’amende, le législateur a posé le principe que la peine d’amende était du quintuple de celle
encourue par une personne physique pour la même infraction. de plus, la peine de
dissolution peut être prononcée, ce qui équivaut à une peine de mort pour la personne
morale. On peut envisager une interdiction d’exercer une activité pro soit pour 5 ans et plus
soit pour toujours, interdiction d'émettre des chèques, une confiscation d’un bien, l’affichage
et la diffusion de la décision.

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Section II : Les conditions de la responsabilité des
personnes morales
→ article 121-2 du code pénal

I°) L’infraction doit avoir été commise par un organe ou un représentant


de la personne morale

Pour exprimer cette condition, on parle de la nécessité d’un substratum humain, pour
qu’une personne morale soit responsable, il faut qu’une personne physique ait commis
l'infraction et que cette personne physique au moment de l’action ait pu engager la personne
morale.

Ce principe connaît cependant une exception en matière d'infraction non


intentionnelle, c'est une conséquence d’un texte, de la réforme opéré par la loi fauchon du
10 juillet 2000. En effet, la loi du 10 juillet 2000 ne s'applique qu’aux personnes physiques,
ce qui veut dire que lorsque l’action de la personne physique aura seulement indirectement
causé le dommage subit par la victime et que ni une faute caractérisée ni une faute
manifestement délibérée ne pourra être retenue à l’encontre de la personne physique, la
personne morale quant à elle pourra toujours être responsable pénalement pour les mêmes
faits sur le fondement d’une faute simple.

La question qui s'est rapidement posée par rapport à la condition d’un organe ou de
la personne morale est celle de son identification. Sur ce point , la jurisprudence a évolué
puisque à partir de 2006 et notamment un arrêt rendu par la chambre criminelle le 20 juin
2006, chambre criminelle, la cour de cass a posé ce que l’on appelle en doctrine une
présomption d'imputation à un organe ou un représentant de la personne orale. La cour de
cass, en interprétant l’article 121-2 a allégé le fardeau de la preuve, elle a accepté que le
rattachement puisse intervenir par voie de présomption. La cour de cass dans son arrêt du 1
décembre 2019, persiste et signe, à l’encontre de la doctrine, Il s’agit d'une société qui était
poursuivi pour délit d’escroquerie, elle est condamné pour tromperie, l'arrêt de
condamnation est justifiée pour la cour de cass malgré le fait qu’il ne précise pas l’auteur du
manquement, la cour de cass énonce que cela ne peut être qu’un organe ou un
représentant d’une personne morale.

Cet arrêt a été critiqué par la doctrine et en 2011 la cour de cass a procédé à un
revirement de jurisprudence avec un arrêt du 11 octobre 2011. Depuis cet arrêt, confirmé à
de multiples reprises, la cour de cass exige pour que la personne morale soit responsable
que l’on identifie précisément au sein du groupement quelles est la personne physique à
l’origine de l’infraction et si celle-ci constitue bien un organe ou un représentant de la
personne morale. Cette jurisprudence a été systématisé dans plusieurs arrêts de 2017, et
notamment le 31 octobre 2017, la cour de cass exige de démontrer que soit la faute a été
commis par un salarié délégataire, soit de démontrer que les manquements étaient
imputables à l’un des organes ou l’un des représentants de la personne morale.

Récemment, la cour de cassation a rendu un arrêt le 17 octobre 2023, qui confirme


la nécessité de démontrer positivement mais qui propose également une solution
particulière dans l’hypothèse de la fraude, ou la personne morale chercherait à dissimuler
l’auteur véritable de la faute, n°22-84.021.

Quant à la détermination de la ou des personnes physique qui peuvent être reconnu


comme l'organe ou représentant, il peut s’agir tout d’abord d’une collégialité (une assemblée

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générale, un conseil d’administration, un directoire, un conseil de surveillance, un conseil
municipal,...), mais il peut aussi s’agir d’individus isolés (un directeur général, un délégué, un
maire,...)

II°) L’infraction doit être commise pour le compte de la personne morale

C’est la seconde condition qui est posé à l'article 212-2 et à partir de l’interprétation de la
jurisprudence de cette condition, 3 enseignements ont été dégagés :

- la responsabilité de la personne morale, en raison de cette condition, ne peut pas


être engagé s'il apparaît que la personne physique a agit dans son intérêt personnel

- pour que la personne moral, il faut constater que la personne physique a agi en
principe dans l'intérêt de la personne moral, au profit de celle-ci

- agir pour le compte de la personne morale peut-il satisfaire un acte neutre (ni
profitable, ni préjudiciable à la personne morale) ? La cour de cass a validé cette
interprétation, elle admis que la condition d’une infraction commise pour le compte
de la personne morale même si l’acte ne profitait pas à la personne morale.
⇒ arrêt du 29 janvier 2020

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