Penal Entier
Penal Entier
Pour l’incrimination il faut un texte qui prévoit l’acte ou le comportement comme étant une
infraction. Il faut ensuite démontrer que le texte est bien applicable, c’est la qualification. Enfin, il faut
un trouble sociale qui se renvoie à sa double dimension : individuelle et générale. Tout cela forme la
responsabilité pénale.
La localisation de l’acte a son importance car le droit compétent n’est pas forcément le droit français.
L’incrimination
I. La signification
Aujourd’hui le principe de la légalité criminelle est énoncé dans le code pénal de 1992. Les art
111-2 et 111-3 prévoient que « nul ne peut être puni pour un crime ou un délit dont les éléments
ne sont pas prévues par la loi ». Cela à été repris par d’autres textes comme l’art 7 de la
convention euro des droits de l’Homme. Il figure également dans la DDHC aux art 7 et 8. Ce qui
confère à ce principe une valeur conventionnelle et constitutionnelle.
La légalité criminelle signifie que nul ne peut être condamné pénalement pour un fait qui n’est
pas incriminer càd pour un fait qui n’est pas prévue et sanctionné par la loi pénale.
Ce principe est notamment rattaché à un adage selon lequel Nulum crimen nulla poena sine lege
(pas de crime, pas d’infraction, pas de peine sans loi). Ce principe s’applique à trois grandes séries
de règles : la procédure pénale, les infractions et les peines.
1. La légalité des infractions
Le principe signifie qu’il ne peut y avoir aucune infraction sans texte. C’est une règle absolue qui
ne souffre d’aucune exception. Elle s’applique à toutes les infractions, les crimes, les délits et les
contraventions.
Concrètement le principe oblige le législateur à def pour chaque infraction les éléments
constitutifs. Il faut décrire l’élément matériel, l’élément moral (l’état d’esprit de l’auteur).
Aujourd’hui le législateur à l’obligation dans le respect de la classification tripartite de préciser si
la nouvelle infraction constitue un crime, un délit ou contravention (art 111-1).
Pour cela, la nature de la peine et la juridiction compétente prévue par le législateur qui permet
aux lecteurs de reconnaitre un crime, un délit ou une contravention. Les crimes sont sanctionnés
par une peine criminelle (réclusion criminelle : privation de liberté avec un quantum sup à 10
ans ; ). Les délits sont sanctionnés par des peines correctionnelles (l'emprisonnement au max 10
ans, l'amende ; tribunal correctionnel). Les contraventions sont sanctionnés par des peines
contraventionnelles (l’amende).
(Ex : les règles de tentative : elle est tjrs punissable en matière criminelle, uniquement
lorsque la loi le prévoit pour les délits et est exclue pour les contraventions) .
(Ex : la complicité est tjrs punis pour les crimes et les délits et ne l’est qu’exceptionnellement
pour les contraventions)
(Ex : des peines complémentaires peuvent être mise en œuvre. En matière criminelle, les
aménagements de peine sont les plus faibles = a réclusion criminelle est obligatoire; en
matière de délit les possibilités sont les plus riches notamment le juge peut substituer une
peine complémentaire à la peine principale).
Cette classification est la classification la plus importante. Mais il existe d’autres classifications
Ces classifications ont été proposées par la doctrine pour expliquer des diff de régime entre
certaines infractions.
Les infractions conditionnelles sont des infractions dont la réalisation dépend d’une condition
préalable. En pratique, cela va désigner toutes les infractions dont la sanction va finalement
dépendre d’une autre infraction. A ce titre la complicité rentre dans ce titre (bsn d’une
infraction principale) ; le recel c’est le fait de dissimuler un nombre de bien que l'on sait être
issus d’une infraction càd un vol.
Les infractions autonomes. Elles sont multiples. Elles se réalisent indépendamment de toute
autre infraction.
Peut on être condamné car on a pas agit comme le législateur ? Les infractions
d’action sont très majoritairement admises. Le législateur a admis des infractions
d’abstention. C’est un comportement négatif.
L’infraction instantanée se réalise en un trait de temps. Les continus ont des effets qui
se prolonge dans le temps.
(Ex : le recel est continu car il continu tant que les biens sont gardés et pas restituer
au propriétaire légal.)
Cette catégorie a été créé pour doter les enquêteurs (policier, juge d'instruction, etc)
de pouvoir d’investigation dérogatoire exorbitant par rapport au droit commun
(Ex : garde vue = 24h, renouvelable une fois, pour les crimes organisés ce temps est
doublé et pour le terrorisme c’est triplé)
La peine doit être prévue par la loi. Cela veut dire que le juge quand il statut ne peut
prononcer que la ou les peines prévues par la loi pour l’infraction qu’il retient.
Nous faisons une distinction entre les sources écrites et les non-écrites. La loi il est fait
référence dans l’expression légalité criminelle ne renvoient plus à la loi au sens stricte mais de
plus en plus à la loi au sens large
A. La constitution
Elle apparaît comme une source pour deux raisons : l’art 34 de la constitution de la
Vème république, c’est la constitution qui fonde le pouvoir du législateur pour définir
les crimes et les délits ; les sources constitutionnelles (art et jurisprudence du conseil
constitutionnel) représentent un ensemble de règle qui par le fait de la hiérarchie
impose des contraintes au législateur au moment de la déf des infractions et des
peines.
Dans la décision du 4 mai 2012, le conseil a abrogé le délit de harcèlement sexuel càd
qu’il a voulu que le législateur réécrive l’art.
Dans une décision du conseil constitutionnel du 19 juin 2020 : Il s’est opposé à une
qualification pénale de la cour de cassation dans le contexte de la lutte contre le
terrorisme de recel d’apologie d’acte de terrorisme (punir personne qui conservait
des images, des propos qui faisait l’apologie du terrorisme).
a. Le droit de l’UE
La matière pénale est entrée dans les compétences des institutions européennes.
Il en résulte deux conséquences : Les institutions ont reçu des compétences
directes en matière pénale. Dans certains domaines celle-ci peuvent incriminer et
prévoir des sanctions par des règlements et des directives.
La cour de justice de l’une est elle aussi devenue compétente en matière pénale.
Arrêt Salduz contre Turquie le 18 novembre 2008 qui a donné lieu à une réforme
législative en France sur la garde vue.
Le code de procédure pénal prévoit aux art 626-1 et suivants, une disposition qui
permet le réexamen d’une décision finale définitive après une condamnation de
la CEDH au profit de toutes personnes qi auraient été déclaré coupable d’une
infraction en violation des droits fondamentaux.
Pradel dit que la loi est présenté comme « la source fondamentale du droit pénal ».
Cela ne veut pas dire que par l’interprétation des textes le juge ne vienne pas
préciser le champ d’application des infractions et des peines.
La coutume joue un rôle marginal. Elle peut être prise en compte dans
certains cas pour justifier par ex les violences faites à certaines catégories
d'animaux. (combat de coq, course de vachette, etc).
A. Fondement du principe
Le principe a été posé pour rompre avec l’Ancien régime, limiter le pouvoir du
juge et renforcer la sécurité juridique.
Portalis (un des rédacteurs du code civil) a écrit qu’en matière pénale, il faut
des lois précises et point de jurisprudence. Ainsi, le principe de la légalité
criminelle est censé permettre aux citoyens par une connaissance préalable
des interdits de savoir à l’avance si par leur comportement il s’expose à une
sanction pénale.
Le droit pénal est rattaché aux fonctions régaliennes de l’Etat qui repose
sur la souveraineté de cet état. A mesure que les sources supra-étatique
exercent une influence de plus en plus forte sur la def des infractions et
des peines, il y a une atteinte à la conception classique de la légalité
criminelle dans la mesure où le législateur n’est plus pleinement
souverain pour décider.
c. L’atteinte à la prévision
En réalité, la mission du juge ne se limite pas à une simple exécution de la loi. Néanmoins, par le
principe de légalité fait que l’interprétation du juge est plus encadrée que dans d’autres droits.
Le principe est posé par un texte : l’article 111-4 dit que « la loi pénale est d’interprétation
stricte ». Cela signifie que lors de la mise en œuvre de la loi pénale, le juge ne peut pas recourir à
des techniques d’interprétation extensive (ex : l’analogie, règle existante pour autre chose). Si ces
techniques d’interprétation étaient utilisées cela reviendrait à bafouer la légalité criminelle
puisque le juge aurait le pouvoir de sanctionner des faits comme étant constitutif d’infraction
sans qu’ils aient été prévu par le législateur.
Ex : Affaire de « l’homicide involontaire » du fœtus. Dans le cadre d’un accident de la voiture qui
concerne une femme enceinte. L’autre partie est responsable pour le dommage commis à la mère
ET au fœtus. Même chose pour les interventions chirurgicales. La cour de cassation donne une
réponse constante.
Arrêt du 29 juin 2001 : la qualification d’homicide involontaire ne peut pas être appliquée à la
mort accidentelle d’un fœtus. La décision est rendue au visa de l’art 111-4 du code pénal. En
effet, l’homicide involontaire sanctionne celui qui par son action entraîne involontairement la
mort d’autrui. Or, ici le mot « autrui » vise une personne. Un fœtus n’est pas une personne car il
faut être née vivante et viable.
Ex : Décision qpc du 19 juin 2020 qui s’est opposé à une qualification du recel. Le recel d’apologie
d’acte de terrorisme. Ici, ça a été sanctionné car il y a eu création d’une nouvelle infraction.
Arrêt du 23 juin 2021 : C’est à propos de l’interprétation du délit de violence volontaire. Les faits
étaient intervenus dans une maison d’arrêt et pour aggraver la répression les juges ont retenu
une circonstance aggravante. Les faits se sont déroulés dans un local administratif mais une
maison d’arrêt est un local adm. La cour a cassé en disant que les locaux adm sont des lieux
d’éducations ou ?.
Lorsque la loi pénale est favorable, l’interprétation stricte ne s’applique pas. Il existe des
dispositions pénales qui vont venir atténuer la répression. Dans ce cas, si le contenu est
favorable à la personne poursuivi alors il n’ y a plus bsn d’interprétation stricte.
(Ex : Dans le cas des immunités familiales (en matière de vol, si il y a une relation familiale
directe alors le vol est exclue), la jurisprudence a étendue ce domaine au cas de l’escroquerie
et d’abus de confiance)
Lorsque la loi est défavorable, il peut y avoir des infléchissements. Le juge a dû aménager
dans certaines situations.
Les lois pénales claires et précises sont les seules pour lesquelles l’interprétation stricte est
possible.
Toutes les lois pénales ne sont pas claires et précises de sorte que le juge peut venir préciser
le champ d’application d’un texte répressif. Le législateur peut utiliser des formules sans
prévoir tous les défs possibles.
On ne peut pas reprocher au juge pénal d’interpréter la loi si le législateur n’a pas donné de
définition.
C. Le contrôle de proportionnalité
Le contrôle concret autorise le juge a écarter l’application d’une loi lorsque son application en
raison des circonstances particulière de l’espèce porterait une atteinte aux droits
fondamentaux (liberté d'expression, liberté de la vie privée). Dans le cadre de ce contrôle,
même si la loi n’est pas contraire à un traité internationale, si celle-ci peut porter atteinte par
son application alors elle peut être écarté.
Au début, on avait pu penser que la loi pénale serait préserver car elle est d’ordre public,
obligatoire pour tous. Depuis un arrêt rendu par la chambre criminelle dans l’affaire des
femen le 26 février 2020, cette argument de proportionnalité a été admis. Il s’agissait de
militantes qui exhibe leur poitrine. Elles avaient inscrite « Kill poutine » et avait été poursuivi
pour exhibition sexuelle. Ce qui a été contesté c’est l’application du délit car c’est
possiblement une atteinte à la liberté d’expression.
Ces lois sont celles qui conservent le droit pénal et plus précisément qui crée, modifie ou
supprime une incrimination et ou une pénalité. En présence d’une telle loi se pose la
question de déterminer à partir de quelle date elle commence à s’appliquer. Les infractions
constatées et jugées avant la loi nouvelle ne peuvent pas être remises en cause.
Deuxièmement, une infraction commise et jugée postérieurement est jugée par la loi
nouvelle.
En ce qui concerne les situations juridiques en cours, càd lorsque les faits sont commis avant
l’entrée en vigueur mais va être jugé après la nouvelle loi, ça dépend du contenu de la loi de
nouvelle et surtout de si elle est plus douce (s’applique) ou aggravante(ne s’applique pas).
Ce principe est posé par le code pénal à l’art 112-1. C’est un principe à valeur
constitutionnelle (art 8 DDHC) et conventionnelle (art 7 de la CEDH).
Cela signifie qu’une personne ne peut pas être poursuivie et condamnée sur le fondement
d’une loi nouvelle qui n’était pas en vigueur au moment des faits à défaut il y aurait une
atteinte à la légalité criminelle.
La cour européenne des droits de l’Homme a également étendu cette règle au revirement de
jurisprudence en matière pénale. Arrêt Pessino contre France du 10 octobre 2006. Il faut que
ces revirements ne soient pas défavorablement prévisibles et qu’il opère de manière
défavorable au délinquant.
Toutes les lois qui viennent créer de nouvelles infractions et de nouvelles peines. En
revanche, dans un arrêt la cour de cassation a défini une situation. L’arrêt du 20 octobre 2009
précise que la loi qui vient étendre le champ d’application d’une incrimination déjà existante.
On vient dire qu’un texte existant va pouvoir être appliqué dans un champ plus grand.
Il y a tout de même des conditions. Il est nécessaire que les faits n'aient pas donné lieu à une
condamnation passée en force de chose jugée (càd définitive).
La loi nouvelle peut s’appliquer même en cause d’appel ou en cour de cassation puisque le
pourvoi est suspensif d'exécution. Cette condition ne connaît qu’un seul tempérament à l’art
111-4 al 2 : lorsque la loi nouvelle supprime l’incrimination sur le fondement de laquelle la
condamnation a été prononcée. Les peines peuvent être annulées si l’incrimination est
supprimée.
On est en présence de ce genre de loi lorsqu’une loi vient supprimer une incrimination ou
une peine. La loi pénale peut avoir un contenu mixte càd avoir des dispositions plus sévères
et plus douces.
Décision de la chambre criminelle le 14 octobre 2014 à propos de la loi du 15 août 2014 qui
portait réforme de la peine. Le législateur a abrogé les peines plancher (minimum) en cas de
récidive.
Un débat s’est élevé pour savoir qu’elle est la valeur juridique de la rétroactivité in mitius. En
principe, on considère que comme le principe de non rétroactivité la règle avait valeur
constitutionnelle et donc s’impose au législateur. Néanmoins, un cas particulier a été identifié
et est assez difficile à justifier. Cette rétroactivité peut être écarté en matière économique en
présence d’une loi de circonstance. Le législateur a éprouvé le besoin d’ériger en infraction au
regard d’un contexte économique particulier. Puis, à la faveur du contexte économique,
l’infraction n’est plus justifiée donc le législateur va venir abrogé l’incrimination. Le conseil
constitutionnel dans une qpc du 3 décembre 2010 a admis que la rétroactivité pouvait être
écartée. Cette solution a été confirmée par un arrêt de l’ass plénière rendue le 18 novembre
2016 qui admet la même solution.
Arrêt de la chambre criminelle le 5 avril 2023 : n’21-86 575. Il vient créer une situation
alternative. La cour de cassation met en avant la catégorie de loi équivalente. La nouvelle loi
est équivalente à l’ancienne.
La loi interprétative repose sur une fiction selon laquelle elle ne crée pas de droit nouveau et
révèle le sens d’un texte antérieur qui était contenu depuis l’origine dans ce texte. Celle-ci est
rétroactive.
Arrêt du 15 avril 2015 de la chambre criminelle qui est venue interpréter une notion en
matière d’agression sexuelle. Une loi est venue préciser la contrainte : peut être physique ou
morale et résulter seulement de la différence d’âge avec la victime.
Ce principe est rattaché à l’art 112-2 3èmement du code pénal. Le législateur a considéré que
ces lois sont d’application immédiate sauf si elles ont pour effets de rendre plus sévère la
peine prononcée. Par principe, ces lois n’aggravent pas les conditions du prisonniers alors il y
a rétroactivité. A contrario si elles aggravent alors non rétroactivité.
Arrêt du 20 octobre 2020 : A propose de l’application dans le temps d’une disposition de la loi
du 23 mars 2019 qui a été à l’origine d’une réforme importante du droit de la peine. Cette loi
est venue réduire le seuil d’aménagement des peines ab initio (dès le début). On est passé de
deux ans à un an. La cour de cassation a considéré qu’il s’agit d’une disposition relative au
régime d’application des peines. Elle a considéré que la loi est plus sévère donc pas de
rétroactivité.
La mesure de sûreté est inspirée par la philosophie qui vise à prévenir la récidive et à
favoriser la réinsertion des délinquants. Et donc elle présente une dimension plus favorable
au délinquant que la peine au sens strict. Traditionnellement, on admettait que les mesures
de sûreté pouvaient s’appliquer rétroactivement aux faits antérieurs à la mise en vigueur de
la loi. Au regard de la jurisprudence récente, il apparaît que la question n’est pas si évidente
et que la encore il faut faire une distinction en fonction de son contenu. Le débat a été
relancé avec la création de la rétention de sûreté avec une loi du 25 février 2008. Le conseil
constitutionnel dans une décision du 21 février 2008 a censuré la rétroactivité de la rétention
de sûreté. Dans un autre sens, à propos d’autres mesures de sûreté dans un arrêt de la
chambre criminelle du 16 décembre 2009 , elle a retenue l’application de mesure de sûreté à
des faits antérieurs à leurs mises en vigueur.
Les lois de procédure renvoie aux lois de la compétence, les modalités de poursuite, les lois
relatives au délai de prescription et l’exercice des voies de recours.
Le principe est inverse au loi pénale de fond. C4est un principe d’application immédiate des
lois de procédure y compris au procès en cours. Il y a néanmoins des exceptions. Pour les lois
de compétences et les lois relatives aux voies de recours car on considère qu’on perturberait
l’exercice de la justice. A chaque fois que l’application de la loi nouvelle de procédure aurait
pour conséquence d'entraîner l’annulation d’acte de procédure antérieur régulièrement
accompli sous l’empire de la loi ancienne. C’est écrit aux art 112-2 et suivants.
Les conditions objectives de la responsabilité pénale
Les conditions relatives à l’acte infractionnel
La qualification des faits est essentielle pour respecter ce que le législateur a prévu.
Il y a deux principes directeurs qui permettent de relier une situation avec un texte de la loi
pénale.
● Le premier
Arrêt 21 janvier 2014 : Construction sans permis de construire puis obtention du permis de
construire. C’est une infraction quand même car au moment des faits il n’y avait pas de
permis.
● Le second
La qualification est susceptible d’évolution au cours de la procédure. Dès lors que l’on ne
modifie pas les faits, la qualification peut être modifiée entre le moment de l’enquête et du
passage devant les tribunaux (qualification de la police, procureur, avocat de la défense, etc.).
- Le juge ne peut pas introduire des faits nouveaux dans le débats en retenant une
qualification nouvelle. Il est tenu par la prévention.
- En droit de la presse, la qualification pénale est arrêtée dès l’acte de poursuivre.
Aucune modification possible (diffamation, injure, etc.).
Il est fréquent qu’avant d’être arrêté une personne est commis plusieurs actes qui peuvent
constituer différentes infractions : c’est le cumul réel d’infraction.
Il se peut aussi qu’une même situation de fait puisse entrer dans plusieurs champs
d’application de plusieurs textes. C’est le concours de qualification. Faut-il choisir un de ses
textes ?
1. Le cumul réel
Les règles applicables au cumul sont prévues dans les art 132-2 et suivants.
Le principe est le suivant : chacune des peines encourues pour toutes les
infractions retenues peuvent être prononcées. Il y a donc cumul des peines.
Mais le législateur s’est souciés du cumul absolu des peines. Pour l’éviter il a
posé une restriction : lorsque plusieurs peines de même nature sont
encourues alors le juge ne peut prononcer qu’une seule peine de cette nature
dans la limite du maximum légal.
Cette règle est diversement apprécié : certains la trouve juste pour éviter les
peines excessives pour d’autres elle est trop laxiste. Ce qui tempère la critique
c’est le principe d’individualisation des peines : dans ce type de circonstances
le juge sera enclin à prononcer une peine plus forte.
Il y a donc cumul plafonné des peines. Cette règle connaît une exception car
elle ne s’applique pas au contravention : les peines encourues peuvent se
cumuler sans limitations. En cas de concours entre plusieurs contraventions
et crimes ou délits alors ça se cumule.
2. Le concours de qualification
C’est lorsqu’il n’y a qu’un seul fait qui peut rentrer dans le champ
d’application de plusieurs textes.
Dans l’ancien code pénal, il n’y avait rien dans la loi. C’est toujours le cas.
Elle a posé ce principe dans l’arrêt Ben Haddadi du 3 mars 1960. C’est un
arrêt dans le contexte d’attentat terroriste : atteinte aux biens et aux
personnes. De plus, à l’époque il n’y avait aucune infractions particulières en
matière de terrorisme. La cour a dit que puisqu’à travers d’un seul fait on a
porté atteinte à la vie humaine et à la propriété alors chaque qualification
doit être retenue. Dans ce cas là, il y a donc plusieurs infractions dont c’est le
cadre d’un cumul réel et ça suit les mêmes règles.
Aujourd’hui la cour ne fait plus référence au critère des valeurs sociales pour
arbitrer les questions de concours de qualification.
Depuis l’arrêt du 26 octobre 2016, la cour a précisé que des faits qui
procèdent de manière indissociable d’une action unique caractérisée par une
seule intention coupable ne peuvent donner lieu à deux déclarations de
culpabilité. La jurisprudence est revenue a un critère plus orthodoxe dès lors
qu’il n’était plus nécessaire de sanctionner plus sévèrement les faits dans
certains contextes particuliers comme le terrorisme.
Les faits justificatifs correspondent à une excuse légale pour former une infraction. Lors d’un
fait justificatif la loi vient excuser la commission de cette infraction en raison d’une
circonstance particulière. L’excuse de la loi vient empêcher la qualification pénale des faits et
dès lors que la qualification est impossible alors il n’y a pas de responsabilité pénale et le fait
n’est pas une infraction donc il n’y a pas de sanctions.
La loi prévoit quatre faits justificatifs : la légitime défense, l’ordre de la loi, l’état de nécessité,
le commandement de l’autorité.
A ces cas s’ajoutent d’autres qui rentre dans la catégorie cas particulier.
I. La légitime défense
C’est un fait ancien. Elle vient excuser une infraction (violence volontaire)dès lors que
cette infraction est commise pour la nécessité de sa défense.
La loi a apporté des précisions dans le nouveau code pénal de 1992. On les trouve dans
l’art 122-5 et 122-6.
On admet la légitime défense des personnes des biens et des personnes. L’ancien
code n’admettait que la légitime défense des personnes.
Toutes les conditions sont prévues par l’art 122-5. Il y en a quatre qui sont
cumulatives.
a. L’agression
Celle faite par les forces de l’ordre, et de manière générale toute forme
d’agression conforme au droit.
(Ex : IVG est une agression conforme au droit ; contrôle par controleur
dans transports)
C’est autorisé que dans des cas limités. Il ne doit pas exister d’autres
moyens que l’acte de riposte de vous soustraire au danger que
représente l’agression. Si la fuite est possible alors légitime défense n’est
pas admise.
(Ex : agression à main nue mais riposte à main armée ; enfant contre
adulte)
En principe la légitime défense doit être prouvée par celui qui l’invoque. Selon l’art
122-6, il existe deux présomption de légitime défense.
L’une pour celui qui repousse de nuit l’entrée dans un lieu habité.
A. L’ordre de la loi
L’hypothèse est prévue à l’art 122-4 : celui qui commet une infraction en respectant
les prescriptions d’un texte de loi (législatif ou réglementaire) ne peut pas être
sanctionné pénalement.
(Ex : médecin qui opère ne peut pas être puni pour violence volontaire ; un rugbyman
ne peut pas non plus être puni)
⮚ Y aurait-il un déclin ?
Dans le cadre de la corruption parentale, la loi autorise les gifles des parents pour
l’éducation. Or depuis la loi du 10 juillet 2019, l’art 371-1 du cc prévoit que l’autorité
parentale doit s’exercer sans violences physiques ou psychologiques.
Dans le cadre de l’usage de l’arme à feu par les forces de l’ordre, une loi du 28 février
2017, il existe une réglementation dans le code de la sécurité intérieure et
notamment les cas de recours de l’arme à feu sont réglementés à l’art L435-1 de ce
code. Pour justifier ce recours, on utilise par l’ordre de la loi.
Il permet d’excuser l’acte commis par une personne pour se soustraire à un danger plus grave
qui le menace.
A l’origine cet état n’était pas prévu. Cet état a été créé par la jurisprudence avant d’être
consacré par le code pénal de 1992
A. L’origine jurisprudentielle
Le juge Magnaud a dut juger d’une mère de famille qui avait volé un pain pour son
enfant qui mourait de famine. Le juge a relâché la mère de famille car l’infraction a
été soumise sous une forme de contrainte.
Il faut attendre 60 ans pour que cette décision soit consacrée par la cour de cassation
dans l’arrêt Lesage du 28 juin 1958. Il s’agissait d’une personne qui circulait dans son
véhicule et qui été poursuivi pour homicide involontaire par accident de la circulation.
Il a justifié cela car sa femme et son fils était en train de tomber car la portière s’est
ouverte. La cour n’a pas été convaincue mais a consacré l’état de nécessité.
B. La consécration législative
Il faut que le dommage soit moins grave que celui qui résulterait du
danger auquel on essai de se soustraire.
Dans le contexte du vol de document dans une entreprise, pour rapporter une preuve
au tribunal un employé vol un doc dans l’entreprise. C’est un vol mais peut être peut
il être justifié.
C’est ce qu’a admis la cour dans les arrêt du 11 mai 2004. Puis cela a été confirmé.
Il faut démontrer que l’auteur des faits n’avait pas d’autres moyens de rapporter la
preuve que de commettre une infraction.
Arrêt du 8 mars 2023 : La chambre criminelle précise que les droits de la défense
peuvent être invoqué en dehors d’un procès prud’homale.
Réforme de 2016 qui crée un nouvel art 122-9 qui introduit un nouveau fait justificatif
légal pour celui qui réaliserait une violation du secret professionnel ou du secret des
correspondances pour dénoncer une infraction plus grave.
Ca a été introduit dans une loi de 2016 mais une loi du 21 mars de 2022 vise à
améliorer la protection des lanceurs d’alerte. Cette loi élargit les conditions.
Le lanceur d’alerte doit être une personne physique qui doit révéler des faits de
bonne foi sans attendre une compensation financière directe. La dénonciation est
admise pour les crimes et les délits ou la violation de devoir international. Dans un
contexte professionnel, la personne qui a été dénoncée ne doit pas forcément être au
courant.
Section 2 : L’amnistie
Le terme amnistie renvoie à l’idée d'oublier. L’amnistie interdit la qualification pénale et donc la
sanction des faits et ne doit pas être confondue avec la grâce. La grâce intervient après la
condamnation, le président empêchant l’exécution de la condamnation. L’amnistie empêche toute
condamnation.
C’est une mesure soit législative soit réglementaire, qui retire le caractère infractionnel des faits. Ce
sont des mesures exceptionnelles prises par le président au début de son mandat ou par le 1er
ministre. En France, la dernière mesure d’amnistie remonte à 2002.
Les conditions objectives de la responsabilité pénale
Les conditions relatives à l’acte infractionnel
La localisation de l’acte
C’est une caractéristiques que l’on trouve que lorsqu’il y a une problématique de droit pénal
international.
I. Le principe de territorialité
Il est posé à l’art 113-2 al 1 du code pénal. La loi pénal française et le juge français sont compétents
pour connaitre toutes les infractions commises sur le territoire de la république.
Cela a été rappelé dans un arrêt du 1er mars 2000 (fait d’excision sur enfant). La seule condition
d’application de la loi française c’est la commission d’une infraction sur le territoire de la république.
II. Limites
La première concerne les immunités dont certaines personnes peuvent se prévaloir. C’est le cas des
diplomates, des ambassadeurs et des chefs d’Etat étrangers.
Lorsque l’infraction est commise en dehors alors c’est la loi étrangère qui s’applique. Si c’est en Italie
alors c’est la loi italienne. Chaque état est souverain. Il existe tout de même des exceptions.
Selon l’art 113-6 du code pénal, il est prévue la compétence personnelle active qui vise à considérer
la nationalité de l’auteur des faits et à permettre exceptionnellement à ce qu’un français commettant
des infractions à l’étrangers puisse être jugé en France.
L’art 113-7 pose la compétence personnelle passive. Dans ce cas là, cela concerne la nationalité de la
victime.
L’art 113-10 prévoit une compétence française à l’étranger lorsqu’il y atteinte aux intérêts de la
république française.
L’art 113-8-1 du cp consacre le principe de la compétence universelle : la loi fr est applicable à tout
crime et tout délit (5 ans emprisonnement min) commis à l’étranger mais dès lors que son auteur est
arrêté sur le sol français.
Ces conditions objectives ne suffisent pas pour qu’il y est responsabilité pénale.
Les conditions subjectives sont importantes en droit pénal car la responsabilité se fonde uniquement
sur la faute. De plus, la faute pénale est définie de manière subjective dans la mesure où pour qu’il y
est faute il est impératif que l’on puisse démontrer que son auteur a agit avec volonté et conscience.
Il faut pouvoir reprocher à l’auteur son comportement. Ces conditions renvoient à deux notions : la
culpabilité et l’imputabilité.
Les conditions objectives de la responsabilité pénale
Les conditions relatives à l’acte infractionnel
Trouble social
La responsabilité pénale est associée à une justice publique. Cette conception fait que l’infraction
n’est pas seulement perçue comme une atteinte des intérêts privés d’une victime mais aussi d’une
atteinte à la société. Ainsi, en principe l’infraction est source de responsabilité pénale si elle cause un
trouble social.
Chapitre 1 : Le résultat
La notion de résultat n’est pas une notion familière. Il renvoie à la question civiliste du préjudice.
⮚ Faut-il comme en droit civil, constater un préjudice (liaison directe corporelle ou morale) subit
par la victime pour qu’il y ait responsabilité pénale ?
En droit de la responsabilité civile, la question ne se pose pas dans la mesure où le dommage est une
condition de la responsabilité civile. En droit pénal, dans la majorité des cas, l’infraction
s'accompagne d’un préjudice (atteinte au corps, atteinte au patrimoine, choc émotionnel, etc.) subi
par une ou plusieurs victimes . Il s’agit même d’une condition des infractions matérielles.
⮚ Pour autant cela veut-il dire que c’est une condition générale ?
Non ce n’est pas le cas ; La force du droit pénal consiste à ne pas s’arrêter à la notion civiliste de
préjudice. En ce sens, la responsabilité pénale permet également de sanctionner un préjudice en
germe, un préjudice potentiel. Cela s’explique par la différence de finalité entre les deux droits. Le
droit pénal ayant pour objectif de sanctionner un comportement là où le droit civil a pour finalité de
réparer une atteinte. Pour cette raison, la loi pénale admet dans certains cas que la responsabilité
pénale puisse intervenir alors même qu’aucune victime directe n’a été atteinte. Dans ce cas on
considère que la victime de l'infraction est la société toute entière qui en raison de la gravité du
comportement a été exposée à un risque qui mérite d’être sanctionné en tant que tel.
Les hypothèses dans lesquelles la responsabilité pénale est admise en dehors de tout résultat sont en
principe encadrées mais ont tendance à s’étendre. Il en existe deux : le préjudice était recherché mais
n’a pas pu se réaliser càd une tentative ; le préjudice est encore seulement potentiel alors il y a
dangerosité.
Section 1 : La tentative
De façon générale, la tentative est par principe applicable aux infractions intentionnelles. En
réprimant la tentative, le législateur fait le choix de sanctionner qui celui par son comportement à
manifester une hostilité aux valeurs sociales.
Toute les infractions intentionnelles ne sont pas concernées. L’article 121-4 prévoit que la tentative
est toujours punissable en matière de crime, seulement lorsque la loi le prévoit en matière de délit et
jamais pour les contraventions.
L’auteur de la tentative encourt la même peine que l’auteur de l’infraction tentée. La personnalisation
des peines vient modifier cette règle.
I. La tentative interrompu
L’article 121-5 dispose que pour que la tentative existe il faut un commencement d’exécution et une
absence de désistement volontaire. Le résultat n’a pas été atteint en raison d’une circonstance
extérieure à cette personne.
A. Le commencement d’exécution
La criminologie explique l’Iter criminis (le chemin du crime). Le processus criminel est formé de trois
étapes.
● Le dessein criminel
L’idée de commettre l’infraction.
● Actes préparatoires
C’est des agissements extérieurs qui préparent la commission des faits mais qui en principe
reste neutre (pas suffisant pour être la réalisation d’une infraction : achat d’une arme, etc.).
Le dessein volontaire est trop subjectif pour être considéré comme le commencement d’une
infraction. Les actes préparatoires sont eux considérés comme trop neutre pour être condamnés. Le
commencement se place entre les actes préparatoires et le passage à l’acte par rapport au processus
criminel.
(Ex : pas d’escroquerie à l’assurance lors d’incendie volontaire de son véhicule car il n’a fait aucune
démarche pour obtenir les indemnités.)
Pour qu’il y ait tentative il faut que l’absence de résultat ne soit pas lié à la volonté de l’auteur. Si le
désistement est volontaire alors en principe la tentative ne peut pas être retenue mais c’est rare et
difficile à prouver car il ne faut qu’aucune cause extérieure ne soit intervenue.
(Ex : arrivée de la police, la survenance d’un obstacle matériel = coffre fort trop dur à ouvrir,
hurlement de la victime)
Pour qu’il y est désistement volontaire, il faut absolument que celui-ci intervienne avant la
consommation de l’infraction.
Arrêt du 27 mars 2019 : Affaire où il y avait tentative de meurtre car personne a jeté un produit
inflammable sur une victime pour y mettre le feu. Puis la personne a aidé la victime a retiré le
vêtement enflammé. La chambre criminelle n’a pas considéré que c’est un désistement.
On distingue deux hypothèses. Le résultat ne se produit pas car il ne pouvait pas se produire.
A. L’infraction manquée
C’est l’hypothèse où l’individu va jusqu’au terme du processus criminelle et malgré cela le résultat ne
se produit pas. Ca peut être à cause de la maladresse (tire mais rate la cible), de l’étourderie, d’une
circonstance indépendante de la volonté (tire mais la personne ne meurt pas des blessures).
B. L’infraction impossible
Elle est encore plus délicate à admettre. C’est l’hypothèse où l’auteur cherché à atteindre un résultat
qui n’était pas objectivement et matériellement possible.
(Ex : tire avec une arme qui n’est pas chargée, tire sur une victime déjà morte)
Section 2 : La dangerosité
On cherche à sanctionner celui qui pourrait commettre à l’avenir une infraction. On protège la société
en évitant la réalisation de l’infraction.
En droit positif, la dangerosité est prise en compte soit par une incrimination soit en dehors de
l’incrimination.
Dans certains cas le législateur va adopter des textes particuliers pour sanctionner certains
comportements qui sont considéré comme annonciateur d’infraction plus grave de tel sorte qu’en les
sanctionnant, le législateur souhaite éviter des infractions plus grave.
L’infraction formelle s’oppose à l’infraction matérielle. C’est celle pour laquelle le résultat n’est pas un
élément constitutif de l’infraction.
(L’art 223-1 prévoit l’infraction de mise en danger de la personne d’autrui. Par ex : excès de vitesse)
(Les provocations à l’infraction, les menaces, le terrorisme écologique : introduire dans l’air ou dans le
sol une substance qui peut porter atteinte à la santé humaine, animale)
B. L’infraction obstacle
Il y a des débats entre les frontières de ces deux infractions. L’infraction obstacles est un type
d’infraction formelle.
L’infraction obstacle sanctionne un comportement annonciateur d’une autre infraction plus grave.
Celle-ci permet d’éviter en sanctionnant plus tôt la réalisation d’un résultat plus grave
(Ex : l’association de malfaiteur, elle permet de sanctionner les personnes qui se regroupe pour
préparer la réalisation d’un crime et d’un délit punissable de plus de 5 ans d’emprisonnement.)
La rétention de sûreté est le seul exemple. Ici, le critère de la dangerosité permet de justifier une
mesure coercitive à l’encontre d’une personne en dehors de toute référence à une infraction
effective. La mesure est prise au regard d’un risque élevé de commission d’une nouvelle infraction à
l’avenir.
Elle est soumis à des conditions strictes. Elle concerne toute les personnes qui auraient pu encourir la
peine de mort. La rétention de sureté ne peut s’appliquer au personne condamné à au moins 15ans
de réclusion criminelle. En outre, celle-ci ne peut être prononcé que si la cour d’assise au moment de
la condamnation est expressément envisagé la rétention de sureté.
La rétention de sureté est exécuté par une juridiction spéciale : la juridiction régionale de rétention
de sureté.
La rétention de sureté est conçu comme une mesure de neutralisation. Elle n’est pas différente des
mesures du 19ème siècle : relégation et déportation. L’objectif est d’éviter qu’un individu commette
une nouvelle infraction. Ce n’est pas que français et elle a été acceptée par la cour européenne des
droit de l’Homme.
Elle a suscité de vive protestations en doctrine. Première raison, cette mesure rompt le rapport
d’antériorité entre l’infraction et la peine. La peine doit normalement sanctionner une infraction
passée. Deuxième raison, une infraction est sanctionné alors qu’elle n’est qu’en devenir et pas avérée
et constatée.
Chapitre 2 : La causalité
Dans la plupart des cas, le trouble social qui résulte de l’infraction est postulé par l’incrimination de
tel sorte qu’elle n’a pas à être positivement démontrée.
Lorsque l’infraction commise est une infraction de meurtre, la qualification permet d’identifier le
trouble social.
La causalité ne s’oppose pas toujours par rapport à un préjudice effectif subi par une victime directe.
C’est le cas en présence d’une infraction formelle ou obstacle.
En présence d’une infraction matérielle, on retrouve l'exigence d’une démonstration positive d’un
lien de causalité entre un acte matérielle et un résultat dommageable. Pour autant le débat sur la
causalité est plus secondaire en droit pénal qu’en droit civil car la responsabilité pénale est une
responsabilité pour faute.
(Ex : homicide volontaire, il faut démontrer un acte homicide (acte entraînant la mort) alors il faut
prouver si la personne a été à l’origine de la faute.)
Section 1 : L’application
I. Faute intentionnelle
C’est celle qui se caractérise par la volonté de l’auteur d’atteindre le résultat qui s’est produit. En
principe lorsque le résultat s’est produit la jurisprudence exige la démonstration d’un lien de causalité
direct et certain entre l’acte et le résultat mais celle-ci va être déduite des circonstance objectives de
l’acte.
Lorsque le résultat ne s’est pas produit alors on apprécie la causalité selon un critère de proximité
temporelle, si l’acte constatée est suffisamment proche du résultat final recherché et donc de déduire
la volonté de l’auteur.
Le lien de causalité est devenu central et on procède à une distinction. Si la personne, par son action,
a directement causé le dommage, la mort ou les blessures, elle sera responsable dès la simple faute.
En revanche, si le lien de causalité est indirect alors la responsabilité est subordonnée à une faute
qualifiée (grave).
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Chapitre I : Théorie de l’intention criminelle
Mais pour que la responsabilité pénale soit acquise ce n’est pas suffisant,
il faut en plus appuyer la condition relative à l’imputabilité.
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Chapitre II : Les éléments constitutifs de l’infraction
l’élément moral, qu’on appel aussi élément intentionnel → qui dans cette conception
n'intègre que la culpabilité cad l’élément moral, renvoie à l'exigence d’une action
volontaire cad que le fait qui correspond à l’incrimination doit avoir été réalisé par la
personne pour qu'il y ait infraction.
Si ces 3 éléments sont remplis, on peut dire que l’infraction est constituée. Mais
est-ce suffisant, si oui ou non l'infraction sera condamnée ? Non car pour que l'infraction
puisse être sanctionné il faudra démontrer que cette infraction est imputable à la
personne qu’il a agit avec conscience et la volonté de l'auteur.
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Section II : Les conceptions alternatives de l’infraction
On a reproché à la conception classique de l’infraction de dissocier de manière
artificielle ce qui relève de la volonté de ce qui relève du discernement, en pratique il est
parfois difficile de se demander comment distinguer volonté et conscience et
comment distinguer les infractions commises condamné et celles qui ne le sont pas.
Il y a 2 conceptions alternatives :
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TITRE I : LA CULPABILITÉ : étude de la faute pénale
En droit pénal français, il existe aujourd’hui 3 grandes catégories de faute
qui désigne en réalité 3 degrés de volonté différents qui peuvent donner lieu à une
sanction pénale. Il y a la faute dite intentionnelle qui est le cas de principe, le cas
le plus fréquent en droit pénal, il y a le cas de la faute dite contraventionnelle qui
est une exception à ce principe et la faute pénale non intentionnelle.
Dès lors que la volonté est établie, tous les éléments qui tiennent à la
motivation de cette intention ne peuvent pas faire obstacle à la responsabilité pénale.
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De la même manière, dans les faits, les mobiles peuvent être pris en compte
indirectement par le juge pour l’individualisation de la peine.
Section II : Le dol spécial
Le dol général est complété par le dol spécial, la frontière est parfois difficile à établir.
Le dol spécial, qui est aussi une notion doctrinale, vient compléter, infraction par
infraction, le noyau dur d’intention qui est toujours exigé au titre du dol général. Le
dol spécial vient préciser le dol général, de deux manières : dans la durée ou le
contenu.
Dans son contenu, le dol spécial vient préciser infraction par infraction le
niveau de l’intention, de volonté exigée.
ex : une victime décède après avoir été violemment poussée, trois incriminations au moins,
homicide volontaire, si l’action qui a entraîné la chute n’avait pas été voulu par l'auteur
violence involontaire donc homicide involontaire.
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Chapitre III : Le cas particulier de la faute pénale
non-intentionnelle
De manière concrète, on vise quelques délits derrière cette hypothèse, pas de
crime, à titre principal les deux figures principales sont les délits d’homicide
involontaire à l’article 221-6 et suivant du code pénal, et les délits de violences
involontaires (ou blessures) à l’article 222 et suivant. S’agissant de délits il ya ici une
contradiction directe avec l'article 121-3 alinéa 1.
La présence de délit non intentionnel ne signifie pas qu'aucune culpabilité ne soit
exigée. C’est ce qu’a précisé un arrêt rendu par la chambre criminelle le 13 décembre 1956,
arrêt Laboube, “toute infraction même non intentionnelle suppose que son auteur est
agi avec intelligence et volonté.”
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II°) La distinction entre la causalité directe et la causalité indirecte
→ alinéa 4, article 121-3
Si le lien de causalité est direct il suffit d’une faute simple pour que la
responsabilité pénale soit engagée (alinéa 3) si la causalité est indirecte il faut depuis
2000 pour les personnes physiques une faute grave.
Dans tous les cas, les hypothèses de faute grave correspondent à une
inspiration commune que l'on a appelé en doctrine un dol éventuel, qui décrit l’état
mental de la personne qui agit délibérément en étant conscient du résultat
dommageable qui pourrait se produire tout en refusant sa réalisation.
⇒ résultat dans la tête de la personne mais ne veut pas le faire concrètement, principe du
risque.
La mise en danger d’autrui est prévu à l’article 121-3 alinéa 2, cette hypothèse a
été consacré dans une infraction prévue à l’article 223-1 du code pénal, c’est le délit de
mise en danger d’autrui, caractérisé par le fait d'exposer autrui à un risque de mort ou
de blessure grave qu’on ne peut pas ignorer.
Cette faute est constituée par le fait de ne pas respecter délibérément un texte
qui prescrit une obligation particulière de prudence ou de sécurité.
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pas défini plus que cela par la loi, donne lieu à une appréciation assez souple en
jurisprudence car il n’est pas nécessaire d’apprécier un texte, il suffit de démontrer que
l'auteur avait suffisamment conscience du risque auquel il exposait autrui par son
comportement, elle permet de sanctionner les imprudences et les négligences
grossières.
→ celles qui ont toujours existé et qui sont caractérisées selon l’alinéa 3
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TITRE II : L’IMPUTABILITÉ
L'imputabilité renvoie à une opération de rattachement d’un acte à un auteur. Cet
auteur de l’infraction, aujourd'hui, peut être une personne physique et/ou une personne
morale. Mais l’imputabilité c’est également teinté avec le temps d'une coloration morale,
impliquant au-delà du seul lien matériel la possibilité de reprocher l’acte à son auteur.
Une personne peut vouloir un acte, avec les différents degrés de volonté, mais ne pas
avoir conscience de commettre une infraction au moment où elle agit. Dans ce cas, même s'il y
a toujours un débat de société dans cette question, en principe, il n’y aura pas de responsabilité
pénale. On parle alors dans ce cas d’existence d’une cause de non imputabilité.
→ Ce principe s'applique pour les majeurs, cad une personne qui par
principe est arrivé à un stade de maturité qui lui permet d’avoir une
capacité de réflexion suffisante sur le plan juridique. C'est la raison pour
laquelle des règles spéciales ont été posées pour répondre à la question
de la responsabilité pénale des mineurs. Peut-on juger de la même
manière des mineurs et majeurs ? Est ce le même niveau de capacité de
discernement ? la même responsabilité pénale ?
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sanctionné parce qu’il manque une condition de l'imputabilité pénale, selon les deux
autres théories.
La seconde réponse est criminologique et avec le dvpt de la criminologie, qui est
une pensée récente, qui met en avant les ressorts de la philosophie de l’utilitarisme et donne
des éléments supplémentaires pour comprendre la réponse juridique. Si la personne qui
n’était pas discernante n’est pas sanctionné c’est parce que la peine dans ce cas là
ne présenterait pas d’utilité sociétale.
Cette condition est appréciée de manière négative par le code pénal à travers
la notion de cause de non imputabilité, (il donne des définitions de ce que n’est pas ce
concept). Le code pénal identifie trois causes de non imputabilité (art 122-1 et suivant du
code pénal), regroupées avec les faits justificatifs de l’infraction au sein d’un chapitre
plus général intitulé les causes d'irresponsabilité ou d‘atténuation de la responsabilité.
- ensuite, il y a la contrainte qui explique ici la non imputabilité par le fait que
la personne n’était pas pleinement libre d’agir au moment des faits, de
choisir de commettre ou non l'infraction
I°) Notion
→ art 122-1 alinéa 1 du code pénal : N'est pas pénalement responsable la personne qui était
atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son
discernement ou le contrôle de ses actes.”
Anciennement, on utilisait l’expression, selon laquelle “il n’y a ni crime ni délit lorsque le
prévenu était en état de démence “
→ évolution du vocabulaire
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est venue compléter ce deuxième alinéa, et prévoit désormais des plafonds de peine qui
permette de guider le juge dans l’appréciation de l’atténuation de la responsabilité.
En cas de peine privative de liberté, la peine est par principe réduite du tiers, il
ne pourra pas exécuter plus de deux tiers de la peine maximale prévue pour cette infraction.
En cas de réclusion criminelle à perpétuité la peine est réduite à trente ans.
Quelles sont les conditions qui sont requises pour que le trouble puisse être exonéré
de toute responsabilité pénale ?
Des jurisprudences ont été posées, il faut prouver tout d’abord que le trouble existait au
moment des faits, cad au moment de la commission de l’infraction. Ensuite, il faut que
le trouble soit suffisamment grave pour avoir aboli le discernement ou altérer ce
même discernement, et au delà le juge est libre dans l’appréciation de ce niveau de
gravité, dans la mesure où la loi ne donne pas la liste des troubles psychiques ou neuro
psychique qui abolisse ou alterne le discernement.
⇒ affaire Sarah Halimi, cette affaire a récemment mis en lumière une difficulté
d’application de ce texte en présence d’une personne qui aurait agi sous l’effet d’une
intoxication volontaire (alcoolisée ou droguée) , en l’espèce un homicide involontaire,
et qui invoquent cette raison, qui a donné lieu à un arrêt de la cour de cass qui a rendu
une solution assez stricte, qui a suscité une vague d’émotion dans l’opinion publique, et
qui a, par la suite, donné lieu à une réforme par une loi du 24 janvier 2022
Que décider en cas d’intoxication lorsque c’est un acte volontaire ?
→ arrêt de la chambre criminelle du 14 avril 2021 : dans cet arrêt la cour de cass
conclut à l’irresponsabilité pénal de l’auteur des faits, dès lors qu’il peut être établi que
celui-ci était bien dans une situation d'abolition du discernement au moment où il a agit, et
pour fonder sa solution elle convoque un principe générale, il est interdit de distinguer là
où la loi ne distingue pas, et l’art 122-1 n’établit pas de distinction selon l'origine du
trouble psychique.
D’un point de vue logique, en termes de droit, elle paraît irréprochable. En revanche
lorsqu’on examine les fait, en l’espèce il s’agissait d’une femme de confession juive agé de
65 ans, qui a été tué à son domicile par une personne qui s’est introduite dans le dit domicile
sans y etre autorisé qui l’a roué de coups pour ensuite la défenestrer, et pour échapper à sa
reponsabilité, l’auteur et son avocat ont mis en avant qu’il aurait agi sous l’emprise d’une
bouffée délirante aigue favorisé par la consommation habituelle de cannabis et a expliqué
qu’il aurait été marabouté, pourchassé par des démons, sur fond d’antisémistisme.
Cette solution, aussi rigoureuse qu’elle soit, a suscité un véritable émoi, même si on
était en 2021, cette vive émotion dans l’opinion publique a déclenché une réaction des
pouvoirs publics pour réfléchir à une réforme de l’article en question. Le tout a donné
lieu à une réforme, par une loi du 24 janvier 2022, qui aborde la condition et le périmètre
d’imputabilité pour qu’il y ait responsabilité pénale.
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Le législateur a ajouté deux nouveaux articles, un article 122-1-1 et un article
122-1-2, qui viennent préciser quelques règles spéciales en cas d’intoxication
volontaire. L’article 122-1-1 vise le cas de l'abolition du discernement, dans lequel le
législateur a fait le choix de maintenir le principe de l’irresponsabilité pénale mais, en
maintenant ce principe pour les faits les plus graves, il a fait le choix de créer de nouvelles
infractions pour sanctionner à titre autonome l’intoxication volontaire qui a été à
l'origine de ces faits qui ne peuvent pas être sanctionnés (article 221-5-6 : qualification)
II°) Régimes
Conséquences :
La loi a prévu en cas d’irresponsabilité pénale de l’auteur, des mesures qui peuvent
être ordonnées par le juge pénal. Désormais, selon l'article 706-135 du code de procédure
pénale, le juge pénal peut à l’issu de cette procédure, lui-même prononcé une mesure
d'hospitalisation sans consentement. Par ailleurs le juge pénal peut prononcer certaines
mesures de sûreté, art 706-136, comme l’interdiction de rentrer en contact avec la victime,
de détenir une arme, de paraître dans certain lieu, exercer une activité professionnelle.
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Section II : La contrainte
→ article 122-2, “N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'empire d'une
force ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pu résister.”
Les formes ne sont pas trop discriminantes en jurisprudence qui a considéré que la
contrainte pouvait être à la fois physique ou morale. Avec cette distinction, la contrainte
physique s’exerce directement sur le corps de la personne et donc qui altère sa liberté de
mouvement là où la contrainte morale est celle qui agit sur l’esprit et la volonté de la
personne.
La contrainte physique peut être, à la fois, externe ou interne. La contrainte physique
renvoie à une force qui vient de l'extérieur comme en présence d'une catastrophe naturelle,
Le cas de la contrainte physique interne est le plus souvent invoquée, c’est celle qui provient
de la maladie, de la personne, d’une force qui se manifeste de l'intérieur et qui peut
entraîner des mouvements ou des comportements qui ne sont pas pleinement contrôlés.
Cela veut dire que l’agent ne pouvait pas faire autrement que de commettre l’action, il n’avait
pas le choix. Cette condition a été précisée par deux grands arrêts, du 28 décembre 1900 et
du 29 janvier 1921.
Elle a un sens particulier, l’imprévisibilité signifie ici que la contrainte ne doit pas résulter
d’une faute antérieure de l’agent.
- l'arrêt du 29 janvier 1921, arrêt Trémintin
- l’arrêt rendu par la chambre criminelle du 6 novembre 2013 illustre toutes ces
conditions, la cours de cass a jugé que ne revêt pas le caractère d’imprévisibilité la
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défaillance mécanique d’une véhicule que le conducteur était en mesure d’éviter par
une vérification préalable
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Section III : L’erreur
L’idée c’est que celui qui a agit sans savoir qu’il commettait une infraction ne peut
pas être responsable. On distingue l’erreur de fait et l’erreur de droit. L'erreur de fait porte
sur la matérialité de l’infraction.
ex : le fait d’ignorer que le fait que la femme avec laquelle on a des relations sexuelels est
mineure.
A côté de cela il existe l’erreur de droit qui est beaucoup plus difficile à admettre à
cause de l’adage, “nul n’est censé ignorer la loi”. L'erreur de droit suppose que la personne
peut légitimement ignorer l’existence d’une incrimination. Le cas est apprécié de manière
sévère, et il n’y a quasiment aucune application positive
Exemple : chambre criminelle 4 octobre 2011, où un vendeur pro était poursuivi pour
exercice illégale de la pharmacie parce qu’il avait vendu des produits pour animaux qui était
en réalité de médicaments pour vétérinaire, erreur de droit écartée
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Chapitre II : Le discernement atténué : la
responsabilité pénale du mineur
L'âge de 13 ans est toujours un âge charnière, désormais avant treize ans,
l'ordonnance prévoit une présomption d'absence de discernement, ce qui veut dire qu’avant
13 ans au moment des faits, aucune peine stricte ne peut être présentée, mais des mesures
éducatives peuvent être prononcées. A partir de 13 ans, les mesures éducatives peuvent
toujours être prononcées mais des peines au sens strict peuvent être prononcées, réclusion
criminelle, prison et amende, mais avec une atténuation de minorité. A partir de 16 ans,
cette règle de l’atténuation peut être écartée (selon l’appréciation du juge).
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I°) Les principes généraux
Les principes généraux qui découlent du code de la justice pénal des mineurs, il y a 3
grands principes au coeur de la justice pénale des mineurs
- discernement : la responsabilité pénale des mineurs comme pour les majeurs repose
sur le discernement. Ce principe est d’ailleurs inscrit dans le code pénal lui-même,
art 122-8, à la faveur de l’entrée en vigueur du CJPM, et qui en substance énonce
que pour être responsable d’un crime, d’un délit ou d’une contravention, le mineur
doit être capable de discernement. S’il n’y a pas de discernement, il n’y a pas de
responsabilité pénale, commune avec les majeurs. Ce principe est aujourd'hui repris
à l’article L 11-1 du code de la justice pénale des mineurs, qui renvoie à l’article 388
du code civil pour la définition du mineur.
- priorité éducative : clairement exposé dans la première partie du code pénal des
mineurs, articles L 11-2 à L11-4, avec l’idée suivante, la réponse pénale doit dans
tous les cas privilégier l'action éducative afin de tendre à ce que l’on appelle le
relèvement éducatif et moral des mineurs et lutter contre la récidive.
- l’excuse de minorité : cela veut dire que par principe, lorsqu’une peine est
prononcée, celle-ci est atténuée par rapport à la peine encourue par un majeur pour
la même infraction, cette excuse de minorité exprime la conception particulière de
l'imputabilité de l’infraction au mineur parce que l’on considère que le mineur a une
maturité en formation qui n’écarte pas automatiquement le discernement mais
autorise une réponse pénale graduée en fonction de sa capacité et de l’évolution de
sa capacité de discernement, donc par principe on prévoit une atténuation de la
peine par rapport à celle du majeur. ces règles se retrouve aux article 121-5 et 121-6
du code pénal de la justice des mineurs et en substance, lorsque le mineur encourt
une peine privative de liberté celle ci est diminué de moitié par rapport aux majeurs
et s’il s’agit de la réclusion criminelle à perpétuité il s’agit de 20 ans et si le mineur
encourt une peine d’amende, celle ci par principe est aussi réduite de moitié mais
avec une double limite, le montant de l’amende ne peut jamais excéder 7500 euros.
Le juge peut décider qu'à partir de 16 ans, l’excuse soit écarter
Avant 13 ans, aucune peine au sens strict ne peut être prononcée à l’encontre d’un
mineur, mais à la condition que le mineur soit discernant. Jusqu’à cet âge, seules des
mesures éducatives peuvent être prononcées à l’encontre du mineur, qui rentre dans la
catégorie de mesure de sûreté, et qui sont donc orientées vers l’éducation, la prévention et
la réinsertion.
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Les mesure éducatives aujourd'hui prennent deux formes (clarifier par la réforme)
- avertissement judiciaire : lorsque le juge fait la moral le mineur, en lui
faisant prendre conscience de la gravité de son acte, et qu’il ne faut pas qu’il
recommence
- la mesure éducative judiciaire (MEGE) : mesures positives qui sont
destinées, à partir d’un examen personnel du mineur sur tous les plans, à
accompagner le mineur et le faire sortir de son parcours
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SOUS-TITRE II : Les modalités d’imputation :
l’identification du responsable
Seul celui qui a matériellement commis les faits pourra être soumis à une ou
plusieurs peines, de ce point de vu là il faut distinguer l'instigateur et l’auteur au sens strict.
a. L’auteur principal
L’auteur principal est défini à l’article 121 -4 du code pénal énonce qu'être auteur de
l’infraction soit la personne qui commet les faits soit celui qui a tenté de commettre les faits.
L’auteur principal de l’infraction est défini à partir d’un critère matériel, qui a été posé pour
éviter toute forme d’arbitraire. L’auteur c’est celui qui matériellement reproduit le
comportement incriminé ou s'engage matériellement dans un processus visant à reproduire
ce comportement incriminé. Cette conception de l'auteur présente un avantage, il facilité son
identification puisque celle-ci reposera sur la constatation d'un ou plusieurs actes matériels.
Cette définition présente aussi un inconvénient. L’auteur matériel n'est peut être pas
le véritable cerveau de l’affaire et l’auteur peut aussi être défini de manière plus
intellectuelle. Qui est vraiment à l’origine du comportement, du projet infractionnel ?
C’est donc posé la question de l’instigateur.
b. L’instigateur
→ question du tueur à gage ; soit il passe à l’acte et exécute le contrat et moralement qui peut être
réprimé au titre de l’assasinat qui a été commis
Et si le tueur à gage refuse et se rétracte, l’instigateur reste lâche et n’exécute pas le contrat
lui-même, peut on réprimer seulement l'instigateur ?
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L’instigateur est traditionnellement défini comme la personne qui incite une autre
personne à commettre une infraction. Pour cette raison, on le définit comme étant un auteur
intellectuel de l'infraction. Le droit français sur le fondement de la conception de l’auteur
principal (conception matérielle de l’auteur) le principe est celui du refus de la répression de
l’instigateur, puisqu’il ne comment pas matériellement des faits il n'est pas auteur et puisqu’il
n’est pas auteur, il ne peut pas être responsable pénalement. Deux raisons justifient ce
principe, tout d’abord, le libre arbitre de l’auteur matériel qui apparaît comme un chaînon
indispensable entre l’idée du crime et sa réalisation, ainsi celui qui donne l’ordre à autrui de
commettre l’infraction ne maîtrise pas pleinement la réalisation de l'infraction. La deuxième
raison, c’est que le droit français à faire ce choix en refusant de sanctionner ce que l’on
appelle le déni d’intention, ce qui soulève une difficulté de preuve et puis il y a un risque
assez important de porter atteinte à la réalité.
⇒ affaire Lacour, arrêt du 25 octobre 1962, dans laquelle l’instigateur n’a pas été puni ce qui
a ému l’opinion public
En principe en droit pénal, il ne devrait pas exister de responsabilité pénale du fait d’autrui
responsabilité civile :
répondant → auteur → victime
fait
générateur
La responsabilité du fait d’autrui ne devrait pas exister en matière pénale, elle n’est
pas envisageable car elle heurte le principe de la responsabilité personnelle. Cela conduirait
à dissocier l'auteur matériel des faits incriminés de la personne condamnée à exécuter la
peine pour ces mêmes faits, donc en principe il n'y a pas de responsabilité pénale du fait
d’autrui.
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B. Le cas particulier de la responsabilité du chef d’entreprise
Depuis le 19° siècle on se demande si les cas dans lesquels le chef d'entreprise peut
être le responsable, ne peut pas plus ou moins correspondre à un mécanisme du fait
d’autrui
On distingue des cas dans la loi et un cas général qui a été dégagé par la jurisprudence
L’un des premiers cas concerne des infractions qui seraient commises en matière
routière par des salariés (article L121-1 du code de la route, qui prévoit que lorsque le
conducteur du véhicule est un préposé donc un salarié, le juge peut décider, selon les
circonstances de l’espèce, que le paiement des amendes de police (contravention) sera
supporté par le commettant dès lors que celui ci sera régulièrement nommé à l’audience).
Depuis une réforme de 2016, la règle a été atténué pour les excès de vitesse, puisque ces
derniers font l’objet d’une mesure particulière prévue à l’article L121-6 du code de la route,
lorsque le titulaire de la carte grise est une personne morale, son représentant a l’obligation
d'indiquer aux autorités compétentes l'identité du conducteur, y compris lui même.
Il n’est pas réellement question d’une vraie responsabilité du fait d’autrui, dans la
mesure où la loi organise seulement un transfert à certaines conditions de la charge d’une
obligation pécuniaire liée à la commission d’une infraction par un préposé, on est alors
proche d’un mécanisme de garantie.
Dès le milieu du 19° siècle, la cour de cassation a admis une responsabilité du chef
d'entreprise pour certains faits commis par des préposées.
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2.- Les conditions de la responsabilité du chef d’entreprise
Malgré tout le plus souvent la faute du chef d’entreprise est présumé par le juge, on
présume que l’infraction commise par le préposé dans le cadre de ses fonctions fait
apparaître un manquement du chef d’entreprise et sauf circonstances particulières il sera
difficile pour le chef d’entreprise de s’exonérer.
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Section II : La participation collective
Il s’agit de l’hypothèse où plusieurs personnes à des degrés qui peuvent être
différents, participent en pleine connaissance de cause au processus infractionnel.
Comment sanctionner les différents participants à l’infraction ? Encourent-ils tous les mêmes
peines? Peuvent-ils se voir appliquer les mêmes circonstances aggravantes ?
I°) La coaction
A. Les conditions
B. La répression
II°) La complicité
Le complice est celui qui, par divers procédés, apporte son concours à l’auteur ou au
coauteur d’une infraction. De telle sorte que dans la complicité une personne en aide une ou
plusieurs autres en vue de la réalisation d’une infraction mais sans pour autant que le
complice ne réunisse sur sa tête les éléments constitutifs d’une infraction, il peut être aussi
bien une personne physique qu'une personne morale. En raison de cette particularité, la
répression de la complicité est dominée par un principe que l’on appelle l’emprunt de
criminalité qui exprime l’idée que le complice n’a pas de criminalité propre mais qu’il
emprunte sa criminalité à l’auteur principale, car il ne commet pas matériellement les faits.
Classiquement l’emprunt de criminalité se doublait d’un emprunt de pénalité car il emprunte
également sa peine à l'auteur principal.
A. Les conditions
Il faut une infraction principale punissable et ensuite il faut un acte de complicité qui
présente un élément matériel et un élément intentionnel.
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délit que l’on déduit qu’il est nécessaire qu’une infraction principale soit caractérisée pour la
complicité soit caractérisée et éventuellement sanctionnée. Il apparaît que la complicité
puisse être sanctionnée en matière de crime (toujours) et en matière de délit (si le texte le
prévoit). Classiquement les contraventions ne donnent pas lieu à complicité, sauf dans un
cas, lorsque la complicité est une complicité directe par provocation ou fourniture
d’instruction ou de moyen (cas de l’instigation).
Pour que la complicité puisse être retenu il faut également que l’infraction principale
présente certaines caractéristiques, elle doit être objectivement punissable, cela signifie que
le fait principal doit être incriminé par la loi, il doit pouvoir donner lieu à une qualification mais
cela signifie que la complicité pour être retenu n’implique pas nécessairement que l'auteur
principal des faits soit effectivement sanctionné.
a) L’élément matériel
Il y a ici deux grandes conditions qui se cumulent pour que l’acte matériel soit établi,
il faut en principe caractériser un acte positif, et un acte antérieur ou concomitant à
l'infraction principale.
En principe, pour être complice, il faut d’un point de vue matériel, il faut avoir fait
quelque chose, avoir fait une action que l’on peut objectivement constater.
L’article 121-7 du code pénal incrimine deux cas de complicité, qui sont des actes positifs du
point de vue matériel. L’alinéa premier incrimine ce que l’on appelle la complicité par aide et
assistance qui est le cas classique et historiquement le seul de complicité et l’alinéa 2
incrimine la complicité par provocation, fourniture d’instructions ou de moyens, qui est un
cas plus particulier et qui en particulier permet de sanction l’instigateur.
Pour le premier cas, l’acte de complicité renvoie à toute action réalisée pour permettre à un
degré ou un autre à l'auteur principal de commettre son infraction. La jurisprudence a admis
sous l'empire de l’ancien code pénal que la personne qui avait volontairement joué du
clairon pour couvrir les cris d’une victime de viol était complice du crime.
Pour le second cas, le code est un peu plus précis, parce qu’il s’agit de tenir compte d’une
hypothèse particulière, il sanctionne la personne qui par don, promesse, menace, ordre,
abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction donner des instructions pour la
commettre. Il s’agit de sanctionner au titre de la complicité celui qui est à l’origine de
l’infraction commise par un autre, que l’on appelle l'instigateur.
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complicité, il ne peut pas y avoir d’abstention. Malgré la rigueur de ce raisonnement, la
jurisprudence n'est pas toujours aussi stricte et elle a pu admettre dans certains cas, à titre
exceptionnel, des formes de complicité par abstention, pour sanctionner des infractions
particulièrement condamnables. L’un des exemples principal est rendu par un arret de la
chabre criminelle dui 19 décembre 1999, dans lequel un homme tue son père, mais la
question s’est posée par rapport à la mère de l’auteur des faits qui a été retenue complice
de l’infraction de meurtre, parce qu’elle s’est abstenue de retirer l’arme de la chamrbre de
son fils qui allait devenir l’arme du crime. De plus, l'enquête a révélé que la mère avait une
situation d’emprise psychologique sur son enfant, et elle avait connaissance de la présence
de l’arme dans la chambre de son fils et que malgré cela elle s’est abstenue de signaler la
présence de l’arme aux forces de l’ordre qui avait déjà fait un relevé d’arme dans ce foyer.
De manière générale, la jurisprudence a tendance à retenir la complicité par abstention
lorsque la personne qui s’abstient soit apporte une caution “morale” à l’infraction principale,
soit parce que un accord occulte a été passé avec l'auteur principal, principalement pour
sanctionner des faits qui concerne des fonctionnaires de police qui s'abstiennent de révéler
des infractions. Une autre forme moins grave d'abstention a pu être révélée par un arrêt
rendu par la chambre criminelle le 26 février 2020 qui admet une complicité de tapage
nocturne, pour le fait de recevoir chez soi des personnes bruyantes en dehors des heures et
de ne rien faire pour s’opposer au bruit.
Le complice est sanctionné pour une action préalable qui a permis la commission de
l’infraction, elle doit donc intervenir avant la fin de la commission de l’infraction. Certaines
infractions comme le recel vont aussi s’inscrire dans la continuité d’une infraction principale.
→ article 121-3 alinéa premier du code pénal : contient l’adverbe “sciemment” qui
définit l’élément moral de la complicité, on est dans le modèle d’une faute intentionnelle. En
substance, il faut que le complice, au moment de la réalisation de son acte positif, est
conscience de participer à l’infraction principale
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- à propos de certaines infractions présentant un fort dol spécial (acte de terrorisme et
les crimes contre l’humanité) : ils ont comme point commun d’être constiué par la
commission de certianes infractions de droit commun qui sont commises dans une
intention pârticulièren en matière de terrorisme les auteurs ont pour objectif de
sermer la terreur dans la population civile et de désograniser les instituions
publiques, en matière de crime contre l’humanité il faut que ces auteurs est commis
ces infractions en étant inspiré par un mobile raciale etchnique ou religieux.
Lorsque ces auteurs ont été aidé par une personne, la question s’est posé de savoir
s’il fallait établir que le complice avait une connaissance du mobil particulier qui
inspirait les auteurs au moment des faits
Dans le strict respect de la légalité criminelle la solution la plus respectueuse aurait
été d’exiger une connaissance spécial du mobil des auteurs des faits. La cour de
cass dans un arrêt rendu le 23 janvier 1997 a adopté une nouvelle fois la thèse
favorable à la plus grande répression et a considéré que le complice d’un crime
contre l'humanité ne devait pas forcément avoir adhéré à la politique d'hégémonie
idéologique des auteurs principaux.
- Lorsque l'auteur principal a commis une infraction plus grave que celle qui était
commise, exemple, un homme remet à une personne une arme pour qu’elle intimide
son débiteur sans intention de l’utiliser, et finalement la personne tue son débiteur, il
y a t-il complicité de meurtre ? La cour de cassation s’est engagée dans la voie de la
répression la plus forte, puisque depuis un arrêt de la chambre criminelle du 31
décembre 1947 , elle estime que si l’infraction la plus grave qui s’est réalisée est en
lien suffisant, le complice peut être sanctionné pour ces faits. c'est une appréciation
au cas par cas du lien de causalité avec le projet initial.
B. La répression
Dans le code pénal de 1810, le régime de la complicité était prévu dans un article
célèbre à l’époque, (“tout condamné à mort aura la tête tranchée”), l’article 59 du code
napoléonien posait le principe selon lequel le complice était puni de la même peine que
l'auteur principal. Ce qui signifiait qu'à l'époque la théorie de l’emprunt de criminalité était
complétée par un emprunt de pénalité. Sous l'empire de ce code, le principe était celui de la
transmission automatique au complice du régime juridique de l'auteur principal.
Si on prend l’exemple d’un parricide, un meurtre qui va etre accompli avec la circonstance
aggravante d’un lien de filialisation, un enfant tue un de ses parents, s’il y a un complice de
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ce parricide, automatiquement, le complice encourt automatiquement la meme peine soit la
peine de mort.
Désormais la règle figure à l’article 121-6 du code pénal qui énonce que “ sera puni
comme auteur le complice de l’infraction au sens de l’article 121-7”. Le nouveau code pénal
a abandonné la théorie de l’emprunt de pénalité. Désormais, la peine encourue par le
complice ne dépendra plus des qualités de l'auteur principal. La peine sera fixée comme s’il
avait lui-même commis l’infraction comme auteur principal. Si la règle a changé en 1992,
dans le nouveau code pénal c'est d'abord et surtout pour une raison technique, en raison de
l’admission de la responsabilité pénale des personnes morales, puisque dès lors que l’on
admet une nouvelle catégorie de personne au plan pénal, on ne peut plus assimilé personne
physique et personne morale, ce ne sera pas les mêmes peines. Mais on n'a pas pleinement
mesuré les conséquences de ce changement. Le nouveau code pénal a brouillé la frontière
entre la coaction et la complicité.
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Chapitre II : Le responsable, personne morale
L’admission de la responsabilité pénale des personnes morales est une nouveauté, si ce
n’était pas le cas avant c’est qu’il existait des obstacles assez forts mais qui
progressivement ont tous perdu de leur force et ont fini par être relativisé progressivement.
- La personne morale pendant très longtemps a été appréhendée comme une fiction
juridique et par rapport au droit pénal a été considéré comme une entité dénuée de
toute volonté propre ce qui aurait empêché de lui imputer une infraction qui suppose
une volonté d’atteindre le résultat dans la plupart des cas. Cet argument
progressivement a perdu de sa force au profit dit de la réalité de la personne morale,
qui au contraire consiste à admettre que la personne morale, même si elle ne peut
être comparée à une personne physique représente une réalité sur la scène juridique
constitue une personne au sens juridique du terme, avec une volonté propre, ce qui
permet une imputation d’une responsabilité civile et pénale.
- Finallement, la personne morale ne pourrait pas subir une peine, et cela s’explique
par le fait que les peines de référence étaient celles privatives de liberté et la peine
de mort.
Il y a des cas dans lesquels cette responsabilité pénale n’est pas reçue. Pendant
longtemps, il suffisait de renvoyer aux textes du code pénal, seule les personnes morales
peuvent être responsables, mais du pov technique cela veut dire que tout groupement ne
peut pas être responsable pénalement pour cela, il faut qu’il ait la responsabilité juridique, ce
qui exclut notamment les société crée de fait et les société en participation. Toutes les
personnes morales ne sont pas nécessairement responsables pénalement, l’état ne peut
pas être responsable pénalement car la loi l’a exclu, et de manière relative, les collectivité
territoriale ne peuvent être responsables pénalement que pour des infractions commises
dans l'exercice d’activité susceptible de faire l’objet d’une délégation de service public.
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le droit français applique strictement le principe qui est une continuité du principe de
personnalité des peines, et partant du principe que la fusion absorption entraîne la mort de
la société absorbée on considéré qu’aucune transmission de responsabilité pénale ne
pouvait être effectuée, parce que matériellement elle n’avait pas commis les faits reprochés
à la société absorbée.
Cette solution classique a été réaffirmée par un arrêt rendu par la chambre
criminelle, le 27 octobre 2016. Néanmoins , les opérations de fusion-absorption pouvaient
être inspirées par un mobile évidemment malveillant, une stratégie de contournement de la
loi pénale, c'est la raison pour laquelle, sous l’influence du droit de l’ue, la solution a
finalement été renversée. En effet la cour de justice de l’ue dans une décision du 5 mars
2015 a admis en cas de fusion absorption le transfert de l'obligation de payer une amende
pour une infraction commise par la société absorbée. La cour de cass, dans un arrêt de la
chambre criminelle, du 25 novembre 2020 qui présente un double intérêt, par rapport à la
responsabilité pénale des personne morale il constitue un revirement de jurisprudence en
cas de fusion-absorption mais avec un périmètre précis. La cour de cass reconnaît
désormais dans cet arrêt, confirmé par la suite plusieurs fois, que dans le cas d’une
fusion-absorption d’une société anonyme , la responsabilité pénale peut être transférée de
la société absorbée à la société absorbante. Pour les autres formes sociales, le transfert est
subordonné à la répression d’une fraude à la loi.
Sur les plans des sources du droit, la haute juridiction procède à un revirement pour l’avenir.
La solution ne s'applique que pour l’avenir, ce qui est une reconnaissance indirecte de la
normativité de cette jurisprudence, sauf en cas de fraude à la loi, s’il peut être démontré que
l'opération a eu pour objectif de contourner la loi pénale.
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Section II : Les conditions de la responsabilité des
personnes morales
→ article 121-2 du code pénal
Pour exprimer cette condition, on parle de la nécessité d’un substratum humain, pour
qu’une personne morale soit responsable, il faut qu’une personne physique ait commis
l'infraction et que cette personne physique au moment de l’action ait pu engager la personne
morale.
La question qui s'est rapidement posée par rapport à la condition d’un organe ou de
la personne morale est celle de son identification. Sur ce point , la jurisprudence a évolué
puisque à partir de 2006 et notamment un arrêt rendu par la chambre criminelle le 20 juin
2006, chambre criminelle, la cour de cass a posé ce que l’on appelle en doctrine une
présomption d'imputation à un organe ou un représentant de la personne orale. La cour de
cass, en interprétant l’article 121-2 a allégé le fardeau de la preuve, elle a accepté que le
rattachement puisse intervenir par voie de présomption. La cour de cass dans son arrêt du 1
décembre 2019, persiste et signe, à l’encontre de la doctrine, Il s’agit d'une société qui était
poursuivi pour délit d’escroquerie, elle est condamné pour tromperie, l'arrêt de
condamnation est justifiée pour la cour de cass malgré le fait qu’il ne précise pas l’auteur du
manquement, la cour de cass énonce que cela ne peut être qu’un organe ou un
représentant d’une personne morale.
Cet arrêt a été critiqué par la doctrine et en 2011 la cour de cass a procédé à un
revirement de jurisprudence avec un arrêt du 11 octobre 2011. Depuis cet arrêt, confirmé à
de multiples reprises, la cour de cass exige pour que la personne morale soit responsable
que l’on identifie précisément au sein du groupement quelles est la personne physique à
l’origine de l’infraction et si celle-ci constitue bien un organe ou un représentant de la
personne morale. Cette jurisprudence a été systématisé dans plusieurs arrêts de 2017, et
notamment le 31 octobre 2017, la cour de cass exige de démontrer que soit la faute a été
commis par un salarié délégataire, soit de démontrer que les manquements étaient
imputables à l’un des organes ou l’un des représentants de la personne morale.
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générale, un conseil d’administration, un directoire, un conseil de surveillance, un conseil
municipal,...), mais il peut aussi s’agir d’individus isolés (un directeur général, un délégué, un
maire,...)
C’est la seconde condition qui est posé à l'article 212-2 et à partir de l’interprétation de la
jurisprudence de cette condition, 3 enseignements ont été dégagés :
- pour que la personne moral, il faut constater que la personne physique a agi en
principe dans l'intérêt de la personne moral, au profit de celle-ci
- agir pour le compte de la personne morale peut-il satisfaire un acte neutre (ni
profitable, ni préjudiciable à la personne morale) ? La cour de cass a validé cette
interprétation, elle admis que la condition d’une infraction commise pour le compte
de la personne morale même si l’acte ne profitait pas à la personne morale.
⇒ arrêt du 29 janvier 2020
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