Plus des nombreuses grèves observées par les commerçants algériens durant l’année
1956, une autre frange de la société algérienne, des étudiants et des lycéens engagent eux
aussi d’autres mouvements de protestation.
Une autre grève va connaître, en dépit du petit nombre de ses participants, un grand retentissement.
Le 15 mai, les étudiants algériens, membres de la section d’Alger de l’U.G.E.M.A.1, sont réunis en
assemblée. […] Enfants de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, ils sont, en un sens, des privilégiés,
mais, jeunes intellectuels, ils sont amenés à réagir contre le racisme ambiant, à réfléchir sur les souffrances
de leur peuple, à vouloir pour ce peuple, l’existence nationale. […]
Les jeunes algériens viennent d’apprendre qu’un des leurs, Fehrat Hadjadj, du lycée de Ben-Aknoun,
a disparu alors qu’il était aux mains de la police. Cette nouvelle, ajoutant un nom à la liste déjà longue des
étudiants et intellectuels morts ou disparus, porte l’émotion à son comble. Dans un grand élan, l’assemblée
vote à l’unanimité la grève générale des cours et examens. Le 19, est publié « l’appel d’Alger » : « Avec
un diplôme en plus, y est-il écrit notamment, ne nous ferons pas de meilleurs cadavres ! A quoi serviraient-
ils, ces diplômes qu’on continue à nous offrir pendant que notre peuple lutte héroïquement ? »
Ainsi 100 à 150 étudiants et étudiantes vont monter au maquis. Cette entrée de la jeunesse
intellectuelle dans la lutte symbolise de façon éclatante l’unité nationale qui se forge. Pour les combattants
qui voient arriver ces jeunes gens, c’est la preuve que, désormais, la ville et tout le pays est avec eux.
L’exemple des étudiants est suivi aussitôt par les élèves des établissements secondaires. Meriem
Belmihoub raconte : « Je n’étais que lycéenne et je dois avouer que c’étaient les lycéens qui étaient à
l’avant-garde plutôt que les étudiants. C’étaient les lycéens qui vendaient le journal étudiant algérien de
l’U.G.E.M.A., qui faisaient la propagande, qui partaient chez les commerçants pour essayer de récolter un
peu d’argent (…). » Partie au maquis, elle est faite prisonnière avec deux autres filles, Safia Bazi et Fadila
Mesli, le 14 juillet au sud-est de Blida.
Le 1er octobre 1956, le C.C.E.2 qui dirige désormais le F.L.N., depuis le congrès de la Soummam,
décide d’amplifier cette grève en appelant tous les parents à boycotter l’ensemble des écoles françaises. Le
mouvement est très largement suivi, particulièrement à Alger.
Pierre HAUDIQUET, La Guerre d’Algérie, Ed. Temps Actuels, 1986, pp. 174-177.
1. U.G.E.M.A. : Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens.
2. C.C.E. : comité de coordination et d’exécution.
QUESTIONS
I. Compréhension de l’écrit :
1. L’idée principale de ce texte est :
- la lutte de la bourgeoisie algérienne en 1956.
- la lutte des paysans algériens en 1956.
- la lutte des étudiants et des lycéens algériens en 1956. Soulignez la bonne proposition.
2. A quelle période de l’Histoire de l’Algérie ce texte a -t-il été écrit ?
………………………………………………………………………………………………..
3. Les étudiants ont été amenés à prendre des décisions. Relevez-en du 1er paragraphe trois (03).
4. « … l’unité nationale qui se forge. » Dans ce passage, le verbe « se forger » veut dire :
- se construire.
- se détruire.
- s’affaiblir. Soulignez la bonne réponse.
5. Relevez du texte les trois (03) actions de lutte menées par les lycéens.
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………..
6. Reliez chaque événement donné ci-dessous à la date qui lui correspond.
arrestation de trois lycéennes – appel au boycott de toutes les écoles coloniales –
réunion des étudiants en assemblée – publication de l’appel d’Alger.
- 15 mai : ……………………………………………………..
- 19 mai : ……………………………………………………..
- 14 juillet : …………………………………………………..
- 1er octobre 1956 : ………………………………………….
7. Dans les passages ci-dessous, à qui renvoient les mots suivants : « ils » - « il » - « eux » - « elle » ?
- « …ils sont, en un sens, des privilégiés, … » (1er paragraphe)……………..
- « …alors qu’il était aux mains de la police… » (2ème paragraphe)…………….
- « …, tout le pays est avec eux. » (3ème paragraphe)…………..
- « …elle est faite prisonnière… » (4ème
paragraphe)………………..
8. Quelle est l’intention communicative de l’auteur de ce texte ?
………………………………………………………………………………………………………..
9. « A quoi serviraient-ils, ces diplômes qu’on continue à nous offrir pendant que notre peuple lutte
héroïquement ? » Dites, en 02 à 03 lignes, ce que vous pensez de l’engagement des étudiants
algériens durant la guerre de libération nationale.
Ce récit d’Histoire intitule “……………………………………………………………………” ,
est rédigé par …………………………………………………………………………………..,
………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………… .Le
narrateur retrace un épisode historique de l’Histoire de l’Algérie en l’occurrence
……………………………………………………………………………………………… pour
informer les …………………………….et pour mettre en lumière les exactions et outrances de
l’armée française contre les Algériens
De prime abord , l’énonciateur met en exergue le fait que …………………………………
………………………………………………………………………………………………………
Par ailleurs , il fait savoir que………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
Enfin , ce scripteur clôt son récit par préciser que…………………………………………
……………………………………………………………………………………………………….