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Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie au Rite Écossais sont le volume de la loi sacrée, le compas et l’équerre, symbolisant respectivement la loi cosmique, le ciel et la terre. Ces symboles sont utilisés lors des serments et représentent un cadre éthique pour la quête spirituelle du franc-maçon, reliant la matérialité à la spiritualité. Leur disposition et leur signification soulignent l'importance de la réflexion, de la rectitude et de l'harmonie entre les opposés dans le chemin initiatique.

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Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie au Rite Écossais sont le volume de la loi sacrée, le compas et l’équerre, symbolisant respectivement la loi cosmique, le ciel et la terre. Ces symboles sont utilisés lors des serments et représentent un cadre éthique pour la quête spirituelle du franc-maçon, reliant la matérialité à la spiritualité. Leur disposition et leur signification soulignent l'importance de la réflexion, de la rectitude et de l'harmonie entre les opposés dans le chemin initiatique.

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Que sont les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie ?

Quelle est la signification des trois


grandes lumières au Rite Écossais ?

Au Rite Écossais, les trois grandes lumières associent trois des plus importants symboles de la
franc-maçonnerie :

le volume de la loi sacrée (VLS),


le compas,
et l’équerre.
Les trois grandes lumières sont disposées sur l’autel des serments, tout près du Vénérable Maître.
C’est sur ces trois objets-symboles que le nouvel initié posera sa main à plusieurs reprises pour
prêter serment.

Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie sont à ne pas confondre avec :

les trois petites lumières des piliers Sagesse, Force et Beauté, qui sont à mettre en parallèle avec
les « trois lumières de la loge » qui sont le Vénérable Maître, le Premier Surveillant et le Second
Surveillant,
les trois lumières secondaires (interprétation ancienne), à savoir le Soleil, la Lune et le Maître
maçon.
Le fait que les grandes lumières soient au nombre de 3 n’est pas anodin. Le chiffre 3 évoque le
trinité divine et de manière plus générale le ternaire, autrement dit la dualité réconciliée.

Entrons dans le symbolisme des trois grandes lumières de la franc-maçonnerie.

Lire aussi notre article sur le symbolisme de la lumière.

Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie : interprétation.


Dans le mémento de l’apprenti au REAA, on peut lire que le volume de la loi sacrée symbolise la
Loi cosmique, le compas le Ciel, et l’équerre la Terre.

Voyons plus précisément comment interpréter les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie.

Le volume de la loi sacrée.

Traditionnellement, le volume de la loi sacrée (VLS) est la Bible, mais il peut être complété d’autres
livres sacrés lors de la prestation de serment, par exemple les Védas, le Coran ou le Tao Te King.

Le volume représente la loi cosmique universelle que le franc-maçon doit reconnaître. Le maçon
doit faire l’effort de comprendre et d’intérioriser cette loi : il ne s’agit pas d’accepter le contenu du
Livre dans son sens littéral, mais de l’interpréter de façon intime, avec l’aide des outils
symboliques que son l’équerre et le compas.

Le volume est une « Lumière » en ce sens qu’il représente le Verbe, la manifestation du Principe,
intention et réalisation, esprit et matière. Le Verbe éclaire le monde : il donne à voir et à
comprendre.

En loge symbolique, la Bible est ouverte au prologue de l’Évangile selon Saint-Jean, dont le
contenu présente un caractère clairement symbolique :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement avec Dieu.
Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Le symbole du volume de la loi sacrée invite donc le franc-maçon à se tourner la vers la Lumière,
à reconnaître les valeurs universelles et à les faire vivre en lui-même et dans le monde.

En outre, le volume ouvre un espace sacré, domaine de la morale et des valeurs que le
franc-maçon doit être prêt à porter jusqu’au sacrifice.

Enfin, le volume de la loi sacrée est la reconnaissance de l’existence d’un ordre harmonieux : il est
du devoir du franc-maçon d’en trouver le sens et de s’y conformer.

Lire aussi notre article sur le volume de la loi sacrée.

Le compas et l’équerre.

Le compas et l’équerre complètent le volume de la loi sacrée pour faire des « trois grandes
lumières » un symbole initiatique complet et cohérent.

L’équerre et le compas confèrent au VLS une nouvelle dimension : on passe de la révélation au


questionnement intime, du littéral au symbolique, de l’exotérique à l’ésotérique. La Bible n’est plus
vue comme un aboutissement, mais comme le point de départ d’une grande quête.

En effet, l’équerre et le compas ouvrent le vaste domaine de la pensée et de l’action. Ils permettent
de passer des concepts à la construction effective : c’est tout le sens de leur présence sur le
volume de la loi sacrée.

Les deux pointes du compas sont à l’image du franc-maçon :

la première pointe est connectée à la Source : c’est le point de contact entre l’esprit humain et le
Principe,
la deuxième pointe ouvre le domaine de la réflexion et de la raison : nous pouvons établir nos
plans, construire notre Temple intérieur en conformité avec la loi cosmique.
L’équerre, quant à elle, inscrit nos plans dans la matière : elle symbolise le passage à l’action, à la
réalisation concrète. Elle permet aussi de confronter nos raisonnements à la réalité, nous obligeant
à une certaine droiture.

Le compas et l’équerre sont deux grandes lumières dans le sens où elles indiquent au
franc-maçon la nature et le sens de sa quête :

la réflexion ne doit pas se faire sans une certaine rigueur,


le raisonnement ne doit se détacher ni de la Source, ni de la réalité,
l’intuition ne doit pas contredire la tradition.
Au final, les trois grandes lumières forment un cadre éthique dans lequel pourra s’inscrire l’oeuvre
de construction intérieure et extérieure du franc-maçon.

Lire aussi notre article : La lumière luit dans les ténèbres, interprétation.
L’association du compas et de l’équerre sur le volume de la loi sacrée.
L’association du compas et de l’équerre sur le volume de la loi sacrée évoque le sceau de
Salomon, c’est-à-dire l’union de deux triangles, l’un pointe en haut (le compas) et l’autre pointe en
bas (l’équerre). C’est la réconciliation des oppositions, l’union des contraires : un chemin de vérité.

A noter la différence de disposition du compas et de l’équerre aux trois premiers degrés du rite :

au 1er degré, l’équerre est posée sur le compas (accent est mis sur la rectitude),
au 2ème degré, l’équerre et le compas son entrelacés,
au 3ème degré, le compas est posé sur l’équerre (prédominance de l’esprit sur la matière).
Au final, les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie évoquent la rencontre de la tradition, de
la raison, de l’intuition, de la rectitude et de la Justice. Elles offrent une image du cosmos et de son
ordre éternel.

Surtout, elles proposent un chemin qui permettra l’interprétation juste du Verbe divin : c’est ainsi
que la parole perdue pourra être retrouvée.

Au-dessous du plateau du vénérable, au pied des trois marches conduisant à l'orient, est un petit
autel, appelé “autel des serments”, sur lequel sont placées les Trois Grandes Lumières : le Volume
de la Loi Sacrée, I'Equerre et le Compas.

On y prête serment, elles sont installées à l’ouverture et retirées à la fermeture des travaux.

Ces trois grandes lumières ne sont pas à confondre avec les autres lumières de la loge:
- les trois petites lumières que sont le soleil, la lune et le V.M.. qui représentent, entre autres, la
Raison (divine), l’imagination et la conscience.
- les trois lumières des piliers Sagesse, Force et Beauté.

Equerre, compas et VLS. Deux outils, un livre.


La FM spéculative que nous pratiquons est un ordre initiatique hérité des confréries de bâtisseurs
du moyen-âge. Elle utilise le symbolisme comme méthode pédagogique pour amener l’initié à
percevoir ce que les mots ne permettent pas d’exprimer.
Trouver au centre du chantier deux outils de bâtisseurs n’a donc rien d’étonnant. La présence du
VLS est plus surprenante. Nous y reviendrons après un voyage au cœur de la symbolique de
l’équerre et du compas.

Equerre et compas ont chacun des aspects symboliques divers et multiples.


Nous nous attachons ici à une partie seulement de ce symbolisme, celle qui est la plus importante
dans la relation Equerre/compas/VLS.

L’ Equerre
L’équerre est suspendue au coup du VM. Elle est donc un symbole central de la FM.
Son sens le plus évident est celui de la rectitude.

Comment se font les signes des Maçons ?


Par équerre, niveau et perpendiculaire.

Expliquez cette réponse.


Comme ces instruments sont indispensables pour faire des constructions solides et durables, ils
me rappellent les règles que je dois suivre dans ma conduite : I'équerre, pour la rectitude; le
niveau et la perpendiculaire pour la justice envers mes semblables.

Tant sur le plan moral que dans sa quête spirituelle, le maçon doit se transformer pour se « mettre
à l’équerre ». Cette attitude de chaque instant demandant rigueur, vigilance, maîtrise de soi, est la
condition indispensable sans laquelle le chaos prendrait le pas sur l’ordre. (Nous sommes là,
rappelons-le, dans une approche initiatique et non militaire).

Le signe d’ordre -qui sépare, par une équerre de la main, le siège de la pensée (tête) du domaine
des pulsions instinctives (ventre)- rappelle évidemment cet aspect structurant du symbolisme de
l’équerre.

Dans une approche moins morale, posée sur l’autel des serments, constituant une des trois
grandes lumières, l’équerre prend des aspects plus ésotériques.
Elle est, par analogie, associée au symbole du carré et du chiffre 4.
Le carré est un symbole universel de la matière et par extension du corps, du réel. Sur le plan
cosmogonique, le carré symbolise l’univers créé, la manifestation, par opposition à l’incréé.
Dans les vitraux des églises gothiques, tout ce qui a forme carré sera associé au monde créé, à
l’homme.

Pour le maçon, l’équerre représente, par cet aspect, la matérialité.

Le Compas
Autre outil opératif présent sur l’autel des serments, le compas constitue un symbole
complémentaire de l’équerre.
Il sert sur le chantier à tracer des cercles et à reporter des mesures.
Il est dynamique là où l’équerre est statique. C’est un symbole de construction, de création.

Alors que l’équerre était associée au carré, le compas est, par analogie, associé au cercle.
Sur le plan cosmogonique, le cercle est un symbole de l’incréé, du non manifesté, de l’unité du
Principe.
Il renvoie à la perfection, au transcendant et au monde spirituel.
Dans les vitraux des églises, tout ce qui a forme circulaire sera associé au monde divin et à
l’élévation de l’esprit.

Pour le maçon, le compas symbolise la spiritualité. Il représente l’esprit et son pouvoir sur la
matière.

Equerre et compas

Equerre et compas forment donc un couple symbolique associé au carré et au cercle, au monde
manifesté et au non manifesté, à la terre et au ciel, à la matérialité et à la spiritualité.

Cet aspect est central dans la symbolique maçonnique et dans celle des trois grandes lumières. Il
nous renvoie directement au rôle initiatique des premiers degrés du rite écossais qui demande
avant tout aux frères de passer de la matière à l’esprit. L’équerre et le compas, posés devant
nous, nous l’indiquent sans équivoque. Le maître maçon est celui qui a harmonisé en lui la
matérialité et la spiritualité. Il est entre l’équerre et le compas.
Le rituel d’apprenti nous dit que le maçon vient en loge pour « vaincre ses passions, soumettre sa
volonté et faire de nouveaux progrès dans la maçonnerie ». Il s’agit bien là en projet d’une prise de
pouvoir des forces de l’esprit sur celles de la matière, de la raison sur les passions.

Mais évitons de confondre cet objectif hautement spirituel avec une morale sociale ou religieuse.
Passer de la matière à l’esprit ne veut pas dire faire vœu de chasteté ni vivre en Hermite ou
comme des Mormons, dépouillé de toute forme de plaisir ni de confort.

L’équerre ne remplace pas le compas, elle prend progressivement le pouvoir sur lui, comme nos
aspirations spirituelles prennent au fil de nos travaux le pouvoir sur nos besoins matériels.

Ce que la maçonnerie demande à l’initié, c’est de se transformer pour devenir capable de


comprendre les grandes lois qui régissent l’univers, la nature et l’homme. La démarche initiatique a
pour effet d’ouvrir de nouveaux plans de conscience. Grâce à ce « principe conscient illuminé
», le maçon pourra progressivement arriver à identifier les forces qui l’habite, à reprendre le
pouvoir sur lui même et à devenir cet homme libre qui se cache en lui.
C’est cette réconciliation consciente entre la nature et ces lois immuables et notre pouvoir réel sur
notre destinée qui définit les conditions de notre liberté.

Nous vivons dans un cadre, le monde manifesté et ses lois, sur lequel nous n’avons aucun
pouvoir. Mais dans ce cadre, nous avons notre liberté et notre responsabilité, nos choix chargés du
sens qu’on leur donne. Libre dans un cadre rigide.

Mais libre de quoi ? Si nous ne comprenons pas notre condition, aveugles, nous nous cognons
aux bords du cadre et cela peut faire mal. De quelle liberté s’agit-il ?

L’équerre et le compas nous apportent des éléments de réponses. Notre condition est matérielle,
mais notre liberté est spirituelle. Nous appartenons par essence à la manifestation, soumis à la
dualité qui est la première loi naturelle à laquelle la maçonnerie demande à l’apprenti de réfléchir.
Mais la force de l’esprit peut nous permettre de vivre autrement cette dualité, d’établir une autre
relation avec la matière, moins dépendante, moins exclusive. (passer du binaire au ternaire
comme on le dit souvent). La matière, notre condition, comme un moyen et non comme une
finalité. L’homme est au centre et le champs des connaissances, que son esprit peut
embrasser, est infini. Dans le cadre rigide qu’est sa condition incarnée, l’évolution spirituelle lui
offre le champs de tous les possibles.

Comment le maçon peut-il s’y prendre pour réaliser un objectif apparemment aussi ambitieux ?
L’initiation maçonnique est une voie qui a pour but la construction du temple universel, et à travers
elle, la construction de l’homme initié. L’équerre et le compas sont les outils symbolique de cette
construction, mais où est le plan de l’édifice. Quel est le plan de la maçonnerie ? Sur quelles
bases devons-nous tenter de comprendre la création et le sens de la vie ? Comment aller à la
recherche de la connaissance ?

Les trois grandes lumières portent en elles des éléments de réponses à ces questions. L’équerre
et le compas sont des outils de la construction, le VLS est le plan de l’édifice. Il est, pour
nous, le livre de la parole du GADLU, le livre de la connaissance, universel.

Mais comment définir plus précisément le VLS ? Est-il la bible ? Est-il par là exclusif des
nombreux autres livres ?
Ces questions que chaque maçon s’est posé ou se pose encore ont été au cœur d’interminables
débats au cours de l’histoire de la maçonnerie. Des réponses officielles ont été apportées, souvent
provisoirement.

Au cours des débats, certains ont proposé d’adopter un livre blanc, d’autres un recueil d’extraits de
tous les livres sacrés de toutes les traditions… mais la bible est restée.
En 1938, le GO a fait une rupture franche avec les autres obédiences adoptant les constitutions
d’Anderson pour prêter les serments.

A la GLNF, nous travaillons ALGDGADLU et le VLS est la bible.

Il me semble pour ma part indispensable, pour dépasser des querelles de chapelles dangereuses,
de différencier deux niveaux de réponses : un niveau officiel et collectif, un niveau initiatique et
individuel.

Sur le plan officiel, la présence de la bible comme VLS est un héritage. Comme le disent les
principes fondamentaux, « La franc-maçonnerie est issue des fraternités opératives du
Moyen-Age. Ses rituels sont fondés sur le symbolisme de la construction. »
Ces communautés construisaient exclusivement des églises, livres de pierres imprégnés des écrits
bibliques. Il est sur ce point logique que la bible soit présente.

D’autre part, depuis ses origines spéculatives, la maçonnerie anglo-saxonne gère l’organisation
de la maçonnerie mondiale. La régularité, par exemple, est donnée par la grande loge
d’angleterre. Or la bible est un livre fondateur de la société anglo-saxonne. Tous les serments sont
prêtés sur la bible en Angleterre comme aux Etats-Unis. Il serait anormal pour eux que la bible ne
soit pas au cœur de la maçonnerie de Tradition.

Mais la présence de la bible comme VLS pose encore parfois de sérieux problèmes.
En premier lieu, elle peut apparaître en contradiction avec l’article 6 de la règle en 12 points qui
nous dit : « La Franc-Maçonnerie impose à tous ses Membres le respect des opinions et
croyances de chacun. Elle leur interdit en son sein toute discussion ou controverse, politique ou
religieuse … ».
Nous ne devons parler ni de politique, ni de religion. La bible ne peut donc pas être présentée
comme un livre religieux.

La croyance au GADLU est d’autre part exprimée dans les principes fondamentaux comme la « foi
en une puissance suprême ». Mais jamais ce Dieu n’a été nommé ni défini. La croyance est libre.
Chacun avance avec son flot de certitudes, d’intuitions ou de doutes sur la réalité intime de cette «
puissance suprême ».

La FM n’est pas une religion, en ce sens qu’elle est a-dogmatique. Le maçon est à la recherche de
la connaissance, mais rien ne vient imposer le sens de la recherche ni définir la connaissance. Le
maçon est un homme libre qui est initié par l’atelier et qui s’initie lui-même, sur le modèle de la
maïeutique socratique. Dans son cheminement, au cours, entre autres, des 33 degrés du REAA,
l’initié traverse différents courants de la Tradition (avec un grand T). Parfois judaïque ou
kabbalistique, parfois christique, parfois alchimique…
Nous sommes dans le courant de La Tradition, non d’une tradition.

Quand nous demandons à un profane de prêter serment sur la bible en tant que VLS, nous devons
donc bien avoir conscience que ce livre est un héritage historique, mais qu’il ne peut en aucun cas
être présenté comme le livre d’une religion. Notre devoir, à nous, hommes libres, est de dépasser
ce paradoxe apparent.
Paradoxe qui disparaît d’ailleurs aussitôt dès lors que l’on se place dans une approche initiatique
et non plus dogmatique.

En effet, pour la Grande Loge Unie d’Angleterre, le VLS signifie la « volonté révélée » du GADLU.

Le GADLU n’étant pas défini, le livre ne peut pas l’être totalement non plus. Il est la « volonté
révélée » du GADLU en tant que puissance suprême. Il n’est donc pas pris comme un livre
appartenant à une communauté, mais comme une des multiples formes de cette volonté suprême.
Le Coran et tous les autres livres sacrés contiennent eux aussi, chacun à la manière de la
civilisation dont ils sont issus, une expression de cette volonté révélée.

Pour nous qui travaillons ALGDGADLU, le VLS est bien la « volonté révélée » du GADLU.
Sa relation avec l’équerre et le compas devient évidente :
Nous avions défini l’équerre et le compas comme les outils symboliques de la construction du
temple et de l’homme, et le VLS est bien le plan de cette construction.

Le VLS, expression de la volonté du GADLU, est la Parole, l’expression de notre devoir d’aller
toujours plus loin dans notre recherche de la connaissance.

Le maçon doit percer le sens des trois grandes lumières. Elles contiennent le sens de notre
démarche.

Les trois grandes lumières sont le symbole d’une alliance entre l’homme et le divin. Le GADLU
met l’homme, enfermé dans sa condition, en face de son devoir de rechercher la connaissance. La
construction du temple universel est le symbole de cette recherche. Cette démarche qui est la
notre n’est possible dans un premier temps qu’en passant de la matérialité à la spiritualité.

C’est au milieu du XVIIIème siècle que les irlandais introduisent la notion selon laquelle les
trois grandes lumières de la Franc maçonnerie seraient le volume de la loi sacrée,
l’équerre et le compas alors que les plus anciennes instructions maçonniques connues
attribuaient ce rôle à la lune, au soleil et au maître de la loge.
C’est alors qu’un certain ton, plus voisin et plus proche des églises que des chantiers, est
apparu dans les rituels.

Mon travail est réalisé en trois points : le contexte actuel, les trois grandes lumières et
leurs histoire et symboles et enfin ma conclusion tout à fait personnelle.
Dans la déclaration de principe de la Grande Loge de France datée du 5 décembre de
l’année 5953, il est précisé à l’article 2, je cite : « Conformément aux traditions de l’ordre,
trois grandes lumières sont placées sur l’autel des loges : l’équerre, le compas et un livre
de la loi sacrée. Les obligations des maçons sont prêtées sur ces trois grandes lumières ».
Cet article est également repris dans l’article 139 de notre constitution et règlements
intérieurs.
L’équerre et le compas sont toujours associés dans le symbolisme maçonnique. Ces deux
outils font partis et sont une partie des fondamentaux des Francs-maçons. Ces outils sont
utilisés par les bâtisseurs depuis les temps les plus reculés.
L’équerre (du latin ex quadra-exquadrare) est un instrument dont la propriété est de rendre
les corps carrés. Le carré est le symbole de la terre (la matière). Cette équerre ne peut
avoir qu’un sens : celui des statuts de l’ordre et elle n’agit que d’une seule manière : celle
du bien.
L’équerre est le symbole rigoureux d’équité et de constante conciliation entre nos
oppositions nécessaires et fécondes. L’équerre c’est un peu notre pavé mosaïque : justice,
justesse, équité, dualité.

Cette équerre est le symbole de rectitude qui permet de contrôler la pierre cubique dont
nous souhaitons qu’elle s’insère dans la construction du temple idéal, celui dont nous
sommes les nobles bâtisseurs. Le travail de l’apprenti, mon travail, est de tailler la pierre
brute. Le travail de l’apprenti est de tailler à la fois la pierre et l’œuvre de tailler.
Il est important, pour bien comprendre le symbolisme de l’équerre de garder à l’esprit que
l’usage, dans les métiers du bâtiment, était que l’ouvrier fabriquait lui-même la plupart de
ses outils et en particulier son équerre.
Géométriquement, il n’a rien de plus simple que de concevoir une équerre : il suffit
d’assembler deux morceaux de bois à angle droit. Rien n’est plus aisé si l’on dispose déjà
d’une équerre encore que la maladresse étant l’une des choses les plus rependues au
monde, certains seraient capables de ne point y arriver.

Cette équerre, si elle fait partie des trois grandes lumières est uniquement là pour
transformer la pierre brute en une parfaite pierre cubique. Ainsi, les maçons parfaitement
formés seront aptes à participer à l’édification du temple idéal. Nous pouvons être les
pierres parfaites, nous pourrions être ainsi actifs et passifs, constitués et constituteurs.
L’équerre est le 1er outil que l’on aperçoit lorsque l’on considère les 3GL.
Si l’équerre est un instrument fixe, le compas est un instrument mobile. Si nous
comparons l’équerre et le compas, l’équerre est passif, le compas est actif.

Le compas symbolique est le plus simple de tous. C’est un compas à pointe sèche à deux
branches rigides. Comme l’équerre, il s’agit d’un des outils des plus anciens. Le
symbolisme du compas est le ciel, cad l’esprit.
Cet outil à deux utilisations : tracer des cercles (ou arc de cercles) et/ou de reporter des
distances. J’imagine donc que ce compas signifie et s’associe à l’idée de progression, à la
marche de progression. Quand il s’associe aux cercles on peut imaginer l’univers dont le
cercle est le symbole.
Intellectuellement, le compas serait l’image de la pensée.
J’ai lu que les écartements des branches de celui-ci et leurs rapprochement figurent les
divers modes de raisonnement qui selon les circonstances peuvent être larges et
abondants ou serrés et précis mais toujours clairs et dissuasifs.

Amélie André-Gédalge, Membre de l'Ordre mixte du Droit Humain, qui fut une véritable
pionnière expliquait au siècle dernier dans le dictionnaire du REAA la chose suivante : « le
cercle contré par le point est la 1ère figure que l’on peut tracer à l’aide d’un compas. Cette
figure est l’emblème solaire par excellence. Elle combine le cercle infini avec le point,
symbole du début de toute manifestation ».
L’absolu et le relatif se trouvent donc représentés par l’action du compas qui lui-même
offre la dualité (la dualité par les branches et l’union par sa tête).
Ainsi mes très chers frères la franc-maçonnerie limite l’ouverture du compas à 90°
maximum. Il s’agit des bornes que nous ne devons pas dépasser. L’angle de 90° reproduit
l’équerre. Or nous savons maintenant que l’équerre est le symbole de la matière, le
compas est le symbole de l’esprit ; le pouvoir sur la matière.

Le compas ouvert à 45° indiquerait donc que la matière ne serait pas complètement
dominée tandis que l’ouverture à 90° réalise l’équilibre entre les deux forces : le compas
devient l’équerre juste.
Au 1er degré, l’équerre est placée sur le compas. Ceci indiquerait qu’on pourrait attendre
ou demander aux apprentis sincérité et confiance : la matière domine l’esprit.

Nous arrivons à la dernière étape de ce travail sur les trois grandes lumières. C’est
surement la partie qui au fond de moi me plait le plus à travailler : le Volume de la Loi
Sacrée.
L’usage de la bible pourrait avoir été introduit en Franc-maçonnerie dans le rite du « mot
de maçon », créé en 1637 en Ecosse. Ce rite serait le plus ancien rite de la Franc
Maçonnerie spéculative. Le mot de maçon (Masson’s Word) peut être calqué sur God’s
Word (parole de Dieu). C’est par cette expression que les calvinistes d’Ecosse désignaient
la bible, porteuse de la parole de Dieu.
La religion principale d'Ecosse est chrétienne, réformée dans le sens de Calvin, qui est
plutôt une religion conservatrice. La hiérarchie du clergé catholique est ainsi rejetée au
profit d’une hiérarchie plus locale.
En utilisant cette expression, ces calvinistes souhaitaient revenir à un christianisme
authentique et antérieur aux pratiques de l’église des catholiques romains. A la même
époque dans le rite des anciens devoirs, les nouveaux membres prêtent serment sur les
règlements du métier.

Aujourd’hui, chaque rite, chaque obédience voit midi à sa porte. Bible, livre blanc,
constitution d’Anderson, Coran… chacun est libre de ce choix. Notons tout de même qu’il
existe un désaccord sur la présence obligatoire ou facultative de la bible ouverte entre les
obédiences maçonniques. Etant catholique, j’avoue aujourd’hui que prêter serment sur la
bible n’a pas été un frein, mais plutôt un accélérateur.
Ce livre Sacré est l'ensemble constitué de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament
(66 livres au total). Le fait d'employer le singulier indique que l'on considère ces livres
comme formant une unité particulière, faisant de la Bible une pièce supérieure à toutes les
autres œuvres littéraires d'origine humaine.

Dans le REEA c’est la bible, ouvert au prologue de St Jean, qui nous sert de livre de
tradition. Ce livre, la bible est le livre de la tradition des Hommes, cette fabuleuse chaîne
des initiés qui ont traversé le temps. Chez nous la bible nous est proposée sans
dogmatisme. La démarche du REAA est celle de la totale liberté de penser.

Mon point de vue dans tout cela et en guise de conclusion ?


Les trois grandes lumières sont une excellente source éducative et pédagogique de notre
démarche initiatique. Progresser de la terre vers le ciel, de la matière vers l’esprit, pour
comprendre et faire sien le message de la tradition initiatique, cheminement vers la
connaissance.
Question : « Qu’avez-vous vu en recevant la lumière ? »
Réponse : « L’autel sur lequel j’ai prêté serment avec les trois grandes lumières de la
Franc Maçonnerie »

Les trois grandes lumières sont un ternaire supplémentaire assez inexplicable.


Inexplicable tellement celui-ci est simple, concis et largement suffisant mais
paradoxalement inexplicable dans ma conception de la vie maçonnique je j’ai choisie.
Prêter serment est un exercice solennel noble. Quand j’ai prêté ce serment devant vous
j’avais bien en tête de garder les trois finalités suivantes : faire grandir mon âme, être un
homme d’honneur, être un citoyen fidèle et droit.

Ce ternaire façonne mon idéal spirituel avec ce compas, cette équerre et ce volume de la
loi sacré dans mes fondation, dans mon credo. La Bible pour diriger et gouverner notre loi
(ou notre foi ; l’équerre pour mettre nos actions d’équerre ; le compas pour nous maintenir
dans de justes bornes envers tous les hommes, particulièrement envers vous mes frères.
Lors de mon initiation je n’avais pas pris conscience jusqu’à ce travail que dans ma vie
passée ma démarche n’a surement pas été réglée d’après ces symboles ‘exactitude et
d’ouverture. Celles-ci règlent aujourd’hui mes pensées et mon action le plus souvent
possible. L’esprit initiatique dans toute sa transcendance, comme je l’aime.

Les francs-maçons utilisent trois emblèmes principaux appelés les Trois Grandes
Lumières. Ce sont la Sainte Bible, l’Equerre et le Compas. La Sainte Bible est connue
comme la Grande Lumière dans la franc-maçonnerie. Il reste ouvert sur l’ autel
maçonnique pendant toutes les réunions.

Ces emblèmes ont des significations uniques dans la franc-maçonnerie. Ils représentent la
loi morale, le devoir personnel et le lien de l’homme avec Dieu. Par exemple, la Sainte
Bible nous conduit vers un bon chemin en enseignant les lois divines.

Différentes loges peuvent également utiliser d’autres livres sacrés en fonction de leur
emplacement.

L’équerre montre nos devoirs d’être de bons humains avec une morale ou des valeurs
élevées. Comme la façon dont les constructeurs utilisent de vrais carrés pour s’assurer
que leur travail est parfait, les francs-maçons suivent une idée similaire en utilisant ce
symbole.

Vient enfin le compas signifiant la divinité en nous-mêmes et comment nous nous relions
moralement avec les autres autour de nous.

Les trois grandes lumières : un regard en profondeur


Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie se composent de la Sainte Bible, de
l’équerre et du compas.

La Sainte Bible
La Sainte Bible est une partie vitale de la maçonnerie. Il représente la loi universelle et le
lien sacré avec le créateur. Les maçons le considèrent comme l’une de leurs trois grandes
lumières. Vous trouverez toujours une Sainte Bible ouverte dans chaque réunion de loge
sur l’autel maçonnique .

Être nommé La Grande Lumière dans la Maçonnerie nous dit son importance. Seuls les
livres vus comme Volume de Loi Sacrée (VSL) peuvent être mis sur l’autel d’une loge, et
ici, ce VSL est notre Sainte Bible.

Cet usage en fait un repère dans l’Ordre et montre à quel point il est indispensable à
toutes les loges maçonniques.

L’Equerre
En franc-maçonnerie, le carré a un sens profond. Il signifie faire ce qui est juste. Les
maçons s’en servent comme guide lorsqu’ils agissent. Le Maître de la Loge est lié à ce
symbole car il doit toujours faire preuve d’un bon comportement.

Le carré peut également indiquer des moments difficiles ou des problèmes auxquels nous
sommes confrontés dans la vie. Cet outil est l’une des trois grandes lumières de la
maçonnerie qui a beaucoup de valeur et de sens pour tous les membres.

Le Compas
Le compas est un symbole important de la franc-maçonnerie. Ils fait partie des Trois
Grandes Lumières et représente l’idée de fixer des limites et de contrôler les passions.
Les Compas symbolisent également l’énergie féminine nécessaire à la création spirituelle.

En franc-maçonnerie, il signifient le divin ou le céleste en chaque personne. La position du


compas dans les rituels maçonniques représente la progression de nos désirs naturels à
être guidé par une puissance supérieure.

Il nous rappelle de nous aligner sur ce qui est juste et juste, apportant de l’harmonie à nos
pensées et à nos actions.

Le symbolisme des trois grandes lumières


Découvrez le symbolisme profond derrière ces Trois Grandes Lumières de la
Franc-Maçonnerie. La Sainte Bible représente la loi morale, le carré signifie la moralité et
le compas symbolise les limites.

La Sainte Bible : symbole de la loi morale


La Sainte Bible est un symbole important de la loi morale dans la franc-maçonnerie. Il
représente les lois universelles et l’héritage spirituel partagé avec le créateur. Lors des
réunions de loge, la Bible est ouverte sur l’autel maçonnique.

Différentes loges peuvent utiliser différents livres saints en fonction de leur foi religieuse.
La Bible symbolise l’esprit et la volonté de Dieu et est considérée comme le livre divin de
l’humanité. Il fait partie intégrante du mobilier de la loge et inspire beaucoup les rituels
maçonniques.

L’Equerre : symbole de moralité


Le carré est un symbole de moralité dans la franc-maçonnerie. Il représente la conduite et
le comportement appropriés que les membres doivent s’efforcer de maintenir. Le Carré est
souvent associé au Maître de la Loge, qui défend les valeurs morales de la fraternité.

Avec ses angles droits et ses côtés égaux, le carré rappelle aux francs-maçons d’agir
honnêtement, équitablement et justement dans leur vie personnelle et leurs interactions
avec les autres. Cela leur rappelle constamment de garder leurs actions alignées sur les
principes d’intégrité et de droiture.

De cette façon, le carré guide les membres dans leur cheminement vers l’amélioration de
soi et l’illumination morale.

Le Compas : symbole des frontières


Le compas est un symbole de frontières en franc-maçonnerie. Ils représentent la limitation
des désirs et le contrôle des passions. L’angle des compas représente la facilité et
l’opportunité, guidant les maçons à suivre un chemin droit.

Avec le Carré et la Sainte Bible, ils symbolisent la limite de conduite envers les autres. Les
Compas jouent un rôle crucial dans la transformation d’un homme profane en un maçon
spirituel en enseignant la maîtrise de soi et la retenue.

Ils nous rappellent que nous devons nous fixer des limites et respecter les limites des
autres, en favorisant l’harmonie et l’équilibre dans nos vies.

Le rôle des trois grandes lumières dans les rituels maçonniques


Les Trois Grandes Lumières de la Maçonnerie sont très importantes lors des rituels
maçonniques. Ils guident et apportent la sagesse aux francs-maçons tout au long de leur
cheminement dans la fraternité. La Sainte Bible représente la loi morale et est placée
ouverte sur l’autel lors des réunions de loge.

Elle sert de rappel des enseignements de Dieu et aide les maçons à prendre des
décisions éthiques. L’équerre symbolise la moralité, tandis que le compas représente les
limites et la maîtrise de soi. Ces symboles aident les maçons à façonner leurs pensées et
leurs actions conformément aux lois et principes universels.
En se concentrant sur ces lumières, les francs-maçons s’efforcent de s’améliorer
spirituellement et de remplir leur devoir envers eux-mêmes, leurs voisins et leur Dieu.

L’importance des trois grandes lumières dans la franc-maçonnerie


Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie – la Sainte Bible, l’équerre et le compas
– ont une immense importance au sein de la fraternité maçonnique. Ces symboles sont
introduits au cours du processus d’initiation au 1er degré et jouent un rôle crucial dans la
transformation d’un homme profane en un maçon spirituel.

La Sainte Bible représente la loi universelle et l’héritage spirituel que les francs-maçons
partagent avec leur créateur. Il sert de guide pour la conduite morale et révèle la volonté
de Dieu. Le carré symbolise la moralité, rappelant aux maçons d’être droits dans leurs
actions et leurs interactions avec les autres.

Il les encourage à vivre selon des principes éthiques et à aligner leurs actions sur la vertu.
Le compas représente la limitation des désirs et la maîtrise des passions. Il enseigne aux
maçons à fixer des limites et à maintenir l’équilibre entre leurs aspirations et leurs
inclinations personnelles.

Ensemble, ces trois grandes lumières guident les francs-maçons dans leur cheminement
vers l’amélioration de soi, l’illumination et l’amour fraternel.

Conclusion
Les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie – la Sainte Bible, l’équerre et le compas
– détiennent un symbolisme important et jouent un rôle vital dans les rituels maçonniques.
Ils représentent la loi morale, la moralité et les limites.

Ces lumières guident les maçons dans leur voyage spirituel et encouragent une étude plus
approfondie. À travers ces symboles, les francs-maçons cherchent à s’aligner sur les lois
universelles et à favoriser un sentiment d’amour fraternel, de soulagement et de vérité au
sein de leur fraternité.

Il est particulièrement singulier pour le candidat à l’initiation de prêter serment sur la bible.
Le jeune apprenti peut également être surpris de retrouver cette même bible lors de
chacune des tenues surtout s’il est de tradition catholique comme moi et que cette bible lui
rappelle les cérémonies religieuses auquel il a pu assister. Cette même bible n’est-elle pas
exposée aux yeux des fidèles sur un pupitre à l’avant de l’autel des églises ?

Vous l’aurez compris, c’est bien cette singularité qui m’a poussé à choisir le sujet de ma
planche de ce soir : les Trois Grandes Lumières.

Comment un livre qui marque le particularisme chrétien peut devenir une pièce centrale de
l’universalisme maçonnique ?
Nous verrons ainsi dans un premier temps l’importance de son ouverture au prologue de
Saint Jean, Parole de Vie et de Lumière, pour voir ensuite comment associée à l’équerre
et au compas elle devient outil central du Franc-maçon.

I – Parole de Vie et de Lumière, l’universalisme de Saint Jean dans sa définition du


principe créateur.

Alors que dans une église, les évangiles sont ouverts au gré du calendrier liturgique pour
accompagner le fidèle et lui communiquer le fil conducteur de sa vie chrétienne. L’expert
en loge en faisant apparaître les Trois Grandes Lumières à la demande du Vénérable
ouvre la bible et met ainsi en évidence un passage particulier, le prologue de l’évangile de
Saint Jean. Alors que le prêtre ouvre la bible sur le passage intéressant sa lecture et son
discours au gré du calendrier liturgique, nous ouvrons la bible sur un passage particulier
immuable quelque soit la semaine et l’ordre du jour de la tenue.

C’est que pour nous francs-maçons, le passage choisi, le prologue de Saint Jean, revêt
une importance particulière.

Jean occupe une place particulière parmi les évangélistes. Postérieur aux autres
évangiles, le texte de Saint Jean ne se contente pas de retranscrire l’histoire de la vie du
Christ à la différence de Matthieu, Marc et Luc. Jean transmet autre chose qu’une vision
historique. Il est d’ailleurs considéré comme le préféré du Christ. On admet d’ailleurs
communément que Jean vient de Jeho qui signifie « favorisé de la Lumière ».

A ce sujet, il est intéressant de remarquer que, le jour de la Saint Jean, les Romains
célébraient Jupiter, le créateur par excellence. Les fêtes de Jupiter étaient les plus
brillantes du calendrier Romain. Et, étymologiquement, Jupiter veut dire « père du jour
lumineux ».

Si nous nous rapportons au texte de Jean, c’est ce même père du jour lumineux que Jean
met en avant, l’auteur de la création. Nous sommes donc avec Jean dans une
configuration qui va bien au-delà du particularisme chrétien.

Je ne résiste pas au plaisir de vous lire un extrait de ce prologue que vous connaissez
tous :

« La Parole de Lumière et de Vie » :

Au commencement était le Verbe,...

...la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au
commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est
fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans
les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Si l’on reprend ce texte. Il existerait un principe originel d’unité appelé Dieu par Saint Jean.
Ce n’est qu’au contact d’un autre élément, la parole, que la vie est rendue possible. La
dualité introduite par la parole permet la création.

Sans parole, rien n’existe. C’est par la parole que l’on peut différencier la terre et le ciel.
Par la parole, on crée le concept de terre et le concept de ciel et on les différencie. Le
verbe est la base même du principe créateur qui organise le monde dans lequel nous
sommes.

Si l’on prend un peu de recul, c’est la vie et la création que les francs-maçons célèbrent au
travers de ce texte. Ce principe de vie cher aux philosophes du XVIIIème siècle. Cette vie
que Rousseau voyait comme unique limite universelle possible à la morale.

La bible du Franc-maçon n’est donc pas une simple bible mais bien le volume de la loi
sacrée, dans lequel on retrouve la vie comme unique principe du droit naturel qui s’impose
à l’universalité humaine.

II –

Mais le franc-maçon ne peut jouer aux apprentis sorciers et si la parole est aussi
puissante, symbole de vie et de création, il faut donc en faire bon usage. Il apparaît donc
logique pour le franc-maçon de l’associer à d’autres outils. La parole mal utilisée peut tout
autant être destructrice que bienfaisante.

Un compas est ainsi disposé sur la parole de Lumière et de vie de Saint Jean. Le compas
est un instrument de mesure qui permet de faire des mesures à partir d’un point fixe mais
un point que l’on peut déplacer au gré de son référentiel de ses envies. Symboliquement,
le compas est un outil actif qui représente la dynamique de création, l’esprit.

Il permet de tracer la voûte céleste depuis un point depuis la surface terrestre. Le compas
est le symbole de ce qui est au dessus de la matière et vers quoi nous essayons de nous
élever par la perpendiculaire.

Le compas est là pour indiquer au franc-maçon qu’il doit s’élever et construire son être,
son chemin en fonction du principe de vie édicté par le Volume de la Loi Sacrée, le respect
et la promotion de la vie.

Toutefois, nous l’avons dit un compas permet de s’élever en fonction d’un point choisi.
Comment savoir toutefois que l’on a choisi le bon point de référence ? Clonage,
libéralisation de l’adoption, mères porteuses aujourd’hui. Peine de mort, avortement,
contraception hier. Autant de questions qui touchent à la vie et qui ne sont pas faciles à
appréhender à la seule lecture du Volume de la Loi Sacrée. Nous pouvons tous avoir une
opinion mais à partir de quelle moment cette opinion n’est plus passionnelle mais repose
sur la raison.
C’est pourquoi, nous nous sommes dotés d’une méthode de discussion et d’une multitude
d’outils qui doivent nous permettre d’avancer et de nous enrichir mutuellement.

Mais c’est surtout la raison pour laquelle l’apprenti trouve une équerre sur ce compas.
Cette équerre nous la retrouvons dans le signe pénal, dans la marche de l’apprenti. Elle
invite l’apprenti à faire attention et à ne pas se laisser emporter par ses passions.
L’équerre est un instrument de mesure qui représente la réalité concrète du terrain. C’est
le symbole de la terre, de la rectitude dans l’action, de la rigueur.

Le compas est placé sous l’équerre pour montrer à l’apprenti que l’esprit est sous le
boisseau, que les contingences du monde profane prédominent encore.

Pour conclure, les Trois Grandes Lumières montrent à l’apprenti ce à quoi il doit arriver :
retrouver en lui le principe originel qui lui permet de s’élever, pouvoir user de la parole
avec raison. L’équerre sur le compas montre toutefois à l’apprenti qu’il n’en est qu’au
début de son chemin initiatique et que la route sera longue pour pouvoir maîtriser le
compas, c'est-à-dire l’esprit et en fin de compte trouver l’équilibre entre équerre et
compas, esprit et matière pour guider sa vie. Le Franc-maçon doit refuser à la fois le
matérialisme et l’angélisme pour trouver une voie efficace qui permette à l’homme de
progresser sur le chemin de la lumière et de la vie.

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