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Rapport Synthese PPR SA

Ce document présente une étude sur les pertes post-récolte et la sécurité alimentaire dans les pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, en se concentrant sur le Burkina Faso, le Ghana et le Sénégal. Il met en lumière l'ampleur des pertes post-récolte, leurs impacts sur la sécurité alimentaire et propose des recommandations pour réduire ces pertes. L'étude, financée par l'Union Européenne, vise à fournir des données fiables pour améliorer la gestion des ressources alimentaires dans la région.

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Rapport Synthese PPR SA

Ce document présente une étude sur les pertes post-récolte et la sécurité alimentaire dans les pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, en se concentrant sur le Burkina Faso, le Ghana et le Sénégal. Il met en lumière l'ampleur des pertes post-récolte, leurs impacts sur la sécurité alimentaire et propose des recommandations pour réduire ces pertes. L'étude, financée par l'Union Européenne, vise à fournir des données fiables pour améliorer la gestion des ressources alimentaires dans la région.

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net/publication/309812905

Pertes Post-Recolte et Sécurité Alimentaire dans les pays du Sahel et de


l'Afrique de l'Ouest : Cas du Burkina Faso, du Ghana et du Sénégal

Book · August 2015

CITATION READS

1 1,228

5 authors, including:

Sibiri Jean Ouédraogo Sheick Khalil Sangare


Centre National de Recherche Scientifique et Technologique Agriculture, Hydrology and Meteorology Research Center
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COMITÉ PERMANENT INTER- ÉTATS DE LUTTE CONTRE LA SÉCHERESSE DANS LE SAHEL
PERMANENT INTERSTATES COMMITTEE FOR DROUGHT CONTROL IN THE SAHEL PERTES POST- RECOLTE ET
SECURITE ALIMENTAIRE DANS LES PAYS
DU SAHEL ET DE L’AFRIQUE DE L’OUEST :
CAS DU BURKINA FASO, DU GHANA
ET DU SENEGAL

INSTITUT DU SAHEL
©ImprimServices Tél. : 20 29 19 01

RAPPORT DE SYNTHESE

Equipe éditoriale
Directeur des Publications : Prof. Antoine N. SOME
Mise en page : Unité Communication, Information et Documentation
Etudes & Recherches Saheliennes
Publication
Institut du Sahel (INSAH)
B.P:1530, Bamako, Mali
Tél: (223) 20 22 47 06 • Fax: (223) 20 22 78 31 N°: 27
Email: administration@[Link]
Site Web: [Link] ISSN 10286535
Institut du Sahel (INSAH)

Création : 11 septembre1976

Type d’institution : Institut spécialisé du CILSS, Etablissement public inter-étatique doté


de la personnalité juridique et de l´autonomie financière

Vision “Contribuer à assurer l’accès de tous les sahéliens, à tout moment, aux aliments
nécessaires pour mener une vie saine et active à l’horizon 2015”

Mission “Favoriser et faciliter les échanges entre les systèmes nationaux qui interviennent
dans le domaine de la recherche (agricole et population développement) pour impulser
une dynamique de coopération et proposer des actions catalytiques soutenant une agri-
culture productive et une meilleure gestion des ressources naturelles en vue de créer les
conditions d’une production durable et compétitive”

Organigramme de l ’Institut du Sahel (INSAH)

Direction Générale (DG)

Programme Régional Accès aux marchés (PRA Accès aux Marchés)


Division 1 : Dispositif Régional du suivi des flux transfrontaliers des produits agricoles et du
bétail ;
Division 2 : Dispositif Régional du suivi des tracasseries routières.
Division 3 : Veille permanente sur le marché régional.

Département Etudes et Recherches sur les Intrants Agricoles et les Réglementations (DRIAR)
Division 1 : Réglementation phytosanitaire et protection intégrée des végétaux
Division 2 : Semences, Biosécurité et Propriété Intellectuelle
Division 3 : Systèmes de production durable et Réglementation des Engrais

Département Etudes et Recherches en Agriculture, Environnement et Marchés (DREAM)


Division 1 : Maîtrise de l’Eau
Division 2 : Gestion des Ressources naturelles et Environnement
Division 3 : Dynamique des Marchés et Gestion des Flux Transfrontaliers

Département d’Etudes et Recherches en Population et Développement Durable (CERPOD)


Division 1 : Population – Santé – Nutrition et Dynamique des Marchés
Division 2 : Stratégies, Politiques & Programmes de Populations
Division 3 : Formation en Population & Développement

Unité d’Appui en Administration, Finances et Comptabilité (U-AFC)


Service 1 : Administration et Finances
Service 2 : Comptabilité

Unité d’Appui en Communication, Information et Documentation (U-CID)


Service 1 : Information et Informatique
Service 2 : Edition, Publication, Valorisation, Documentation et Bases de donnés

Unité d’Appui en Gestion des Ressources Humaines (U-/GRH)

Unité d’Appui chargée de la Coordination Scientifique, du Suivi-Evaluation, Planification


/Veille Stratégique et Genre (U-CS/SEP/VSG)
PERTES POST-RECOLTE ET SECURITE ALIMENTAIRE DANS
LES PAYS DU SAHEL ET DE L’AFRIQUE DE L’OUEST :
CAS DU BURKINA FASO, DU GHANA
ET DU SENEGAL

RAPPORT DE SYNTHESE
Elaboré par :
Martin Sibiri LOADA, Sibiri Jean OUEDRAOGO,
Amadou Demba DIOP, Sheick Khalil SANGARE,
Sylvain Nafiba OUEDRAOGO

Cette étude a été financée par l’Union Européenne dans le cadre du Food Security
Thematic Programme (FSTP Volet2): convention de financement UE N° REG/DCI-FOOD/200921055

Août 2015
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

PREFACE
Les pertes post-récoltes constituent un challenge pour la sécurité alimentaire et nutri-
tionnelle tout comme pour l’économie agricole de la région Ouest africaine. Elles
constituent ainsi un manque à gagner sur les ressources et autres intrants investis
pour la production notamment les engrais, l’eau, l’énergie, etc.

Appréhender l’ampleur des pertes post-récolte ainsi que leur répercussion sur la dis-
ponibilité de la production alimentaire reste donc une problématique majeure pour ren-
seigner l’analyse de la vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle et partant renforcer les
instruments régionaux de prévention et de prévision de la Sécurité Alimentaire et la
Nutrition (SAN) notamment : (i) les ménages qui n’arrivent pas à couvrir leurs besoins
alimentaires de base à partir de leur seule production et (ii) la réduction des dépenses
sur les facteurs de production sans retour sur investissement. Le manque d’information
fiable spécifique sur les pays de l’espace CILSS-CEDEAO s’avère un déficit qu’il faille
combler en vue d’améliorer la connaissance sur les principaux facteurs des pertes et
leur quantification. Ceci dans la perspective de formuler des recommandations spéci-
fiques aux décideurs pour des actions de réduction des pertes post récolte ou d’atté-
nuation de leurs effets ; toute chose qui contribuera à relever les défis de la sécurité
alimentaire et nutritionnelle.

C’est dans ce contexte et afin de répondre à l’ambition clairement affichée par les Chefs
d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, dans la Déclaration de Malabo portant
sur la croissance accélérée de l’agriculture, d’une réduction de moitié des niveaux ac-
tuels de pertes post-récolte d’ici 2025, que l’Institut du Sahel (INSAH), grâce à un appui
financier de l’Union Européenne (FSTP V2), a réalisé une étude portant sur l’évaluation
des pertes post-récolte auprès des principaux acteurs de la chaine post-récolte que
sont les producteurs, les commerçants, les transformateurs et les institutions impliquées
dans le stockage des produits au Burkina Faso, au Ghana et au Sénégal. Cette étude
a été conduite en étroite collaboration avec les Systèmes Nationaux de Recherches
Agricoles (SNRA) des trois pays.

Les résultats engrangés viennent ainsi combler ce déficit d’information. Ils permettent
de quantifier l’ampleur des pertes à travers des évaluations de terrain. Ils informent sur
les facteurs clés des pertes et leurs paramètres explicatifs, et leur niveau de contribution
dans les pertes post-récolte. Ils mettent enfin, à la disposition de ces 3 pays des données
fiables et spécifiques à chacun pour une estimation suffisamment précise du disponible
alimentaire et de risques nutritionnels. A nos partenaires d’accompagner la sous-région
pour que chaque pays membre du CILSS et de la CEDEAO dispose annuellement des
valeurs propres et réelles de chaque pays pour renseigner les instruments nationaux et
régionaux d’évaluation du disponible alimentaire de la sous-région.

Enfin, le présent document propose des améliorations techniques et des recomman-


dations pour (i) une réduction significative des pertes post-récoltes dans les trois pays
concernés (ii) l’extension de l’étude aux autres pays de la zone CILSS/CEDEAO. Il
est incontestablement d’un grand intérêt pour l’Afrique de l’Ouest pour ce qu’il acte
des valeurs réelles à l’ampleur des pertes post-récoltes dans 3 pays et sur 8 produits
agricoles à travers l’analyse et l’évaluation aux différentes étapes des pertes post-ré-

3
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

colte. Par conséquent, je tiens à remercier tous les spécialistes des 3 pays, Messieurs
GUISSOU Richard du Burkina Faso, BIDZAKIN K. John du Ghana, TOURE Katim du
Sénégal et Monsieur LOADA Sibiri Martin, consultant régional, pour leur participation
à l’évaluation des pertes post-récolte et aux rapportages.

Cette synthèse a été validée au cours d’un atelier qui a regroupé une trentaine de par-
ticipants provenant des institutions spécialisées du niveau national, sous régional et
international. Au nom de l’Institut du Sahel, qu’ils en soient tous remerciés pour leur
contribution qui a permis de produire le présent document.

Directeur Général de l’Institut du Sahel

4
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

TABLE DES MATIERES


LISTE DES TABLEAUX.................................................................................................8
LISTE DES FIGURES ..............................................................................................11
LISTE DES CARTES....................................................................................................12
SIGLES ET ABBREVIATIONS.....................................................................................13
RESUME EXECUTIF....................................................................................................15

I. CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE.........................................................................18

PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU CADRE GENERAL DE L’ETUDE


ET ETAT DES CONNAISSANCES SUR LES METHODES D’ESTIMATION
DES PERTES POST-RECOLTE..................................................................................20

CHAPITRE I : GENERALITES ET ANALYSE DE LA SECURITE ALIMENTAIRE


AU BURKINA FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA...................................................21

1.1. Caractéristiques sociodémographiques et économiques des pays étudiés......21


1.2. Climat et zones agro-écologiques....................................................................23
1.3. Systèmes de production agricole....................................................................23
1.4. Sécurité alimentaire et pertes alimentaires post-récolte................................25
1.4.1. Disponibilités alimentaires et pertes alimentaire post-récolte....................25
1.4.2. Valeur nutritive des produits agricoles et pertes post-récolte .................27
1.4.3. Revenus des produits agricoles et pertes post-récolte............................28
1.5. Stratégies et politiques en matière de sécurité alimentaire et de
réduction des pertes post-récolte dans les pays étudiés................................28

CHAPITRE II : REVUE SUR LES APPROCHES METHODOLOGIQUES


D’ESTIMATION DES PERTES POST-RECOLTE ET METHODOLOGIE
DE L’ETUDE.................................................................................................................31

2.1. Cadre théorique de l’étude : définition sur les pertes post-récolte.................31


2.2. Revue des méthodes d’estimation des pertes post-récolte............................31
2.2.1. Méthode technique de laboratoire pour l’évaluation des pertes
au stockage.......................................................................................................32
2.2.2. Méthode de « l’échelle visuelle » pour l’évaluation des pertes
au stockage......................................................................................................32
2.2.3. Enquête par questionnaires auprès des agriculteurs et des
commerçants..................................................................................................27
2.2.4. Méthodes d’évaluation des pertes post-récolte autre que
le stockage......................................................................................................33
2.3. Démarche méthodologique de l’étude sur les pertes post-récolte.................36
2.3.1. Phase préparatoire.....................................................................................36
2.3.2. Organisation des ateliers techniques........................................................36
2.3.3. Méthodologie et champ de l’enquête........................................................37
2.3.4. Organisation de la collecte des données...................................................41
2.3.5. Saisie, traitement et analyse des données...............................................42
2.3.6. La synthèse régionale..................................................................................42

5
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE L’EVALUATION DES PERTES


POST-RECOLTE AU BURKINA FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA.....................44
CHAPITRE III : PROFILS SOCIODEMOGRAPHIQUES DES DIFFERENTS ACTEURS
ETUDIES DANS LA CHAINE POST-RECOLTE AU BURKINA FASO, AU SENEGAL
ET AU GHANA.............................................................................................................44

3.1. Caractéristiques sociodémographiques des ménages agricoles....................44


3.2. Activités économiques des ménages agricoles...............................................45
3.3. Formation et organisation des producteurs agricoles.....................................49
3.4. Caractéristiques sociodémographiques des commerçants et
des transformateurs.........................................................................................50
3.5. Caractéristiques des Institutions de gestion des stocks de produits
agricoles..........................................................................................................59

CHAPITRE IV : CARACTERISTIQUES DES OPERATIONS POST-RECOLTE


AU BURKINA FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA...................................................60

4.1. Analyse des opérations post-récolte chez les ménages agricoles


du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana......................................................60
4.1.1. Techniques de récolte et de transport des récoltes...................................60
4.1.2. Techniques de séchage des récoltes........................................................67
4.1.3. Techniques de battage et de décorticage des récoltes............................71
4.1.4. Techniques de vannage des récoltes........................................................80
4.1.5. Techniques de stockage des récoltes.........................................................83
4.1.6. Transformation des récoltes chez les ménages agricoles.........................90
4.2. Analyse de la gestion des récoltes et des stocks des ménages agricoles
dans les pays étudiés : Burkina Faso, Sénégal et Ghana..............................94
4.3. Analyse des opérations post-récolte chez les commerçants du
Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana........................................................102
4.4. Analyse opérations post-récolte chez les transformateurs du Burkina
Faso, du Sénégal et du Ghana......................................................................105

CHAPITRE V : ESTIMATIONS DU NIVEAU DES PERTES ALIMENTAIRES AUX DIF-


FERENTES ETAPES DE LA CHAINE ALIMENTAIRE POST-RECOLTE AU BURKINA
FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA.......................................................................107

5.1. Perception des ménages sur les pertes alimentaires aux différentes
opérations post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana............107
5.2. Evaluation des niveaux de pertes alimentaires post-récolte au
Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana......................................................110
5.2.1. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des ménages au Burkina Faso,
au Sénégal et au Ghana..........................................................................110
5.2.2. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des transformateurs du Burkina Faso,
du Sénégal et du Ghana..........................................................................114
5.2.3. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des commerçants du Burkina Faso,

6
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

du Sénégal et du Ghana..........................................................................117
5.2.4. Analyse de la consommation et du gaspillage alimentaires chez
les ménages agricoles du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana........120
5.2.5. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte chez les Institutions............................122
5.3. Analyse de la situation globale des pertes post-récolte et ses impacts sur
l’économie et la sécurité alimentaire des ménages du Burkina Faso,
du Sénégal et du Ghana...............................................................................123
5.4. Analyse des causes principales des pertes post-récolte
au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana...................................................134
5.4.1. Causes des pertes chez les ménages agricoles......................................134
5.4.2. Causes des pertes post-récolte chez les commerçants
et les transformateurs.......................................................................................136
5.4.3. Causes des pertes post-récolte chez les autres acteurs : Institutions
et Organisations de producteurs.............................................................137
5.5. Conséquences des pertes post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et
au Ghana.......................................................................................................137
5.6. Contraintes et propositions techniques des acteurs pour la réduction des pertes
post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana..............................................138

CONCLUSION...........................................................................................................140
RECOMMANDATIONS...............................................................................................142
BIBLIOGRAPHIE.........................................................................................................146
ANNEXES..................................................................................................................148

7
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1 : Données socioéconomiques des pays étudiés.....................................22
Tableau 2 : Répartition de l’échantillon par acteurs et par produit...........................40
Tableau 3 : Caractéristiques sociodémographiques des ménages..........................44
Tableau 4 : Sources de revenus des ménages........................................................45
Tableau 5 : Répartition des ménages en % selon les superficies
exploitées-Burkina Faso..........................................................................47
Tableau 6 : Répartition des ménages en % selon les superficies
exploitées-Sénégal.................................................................................48
Tableau 7 : Répartition des ménages en % selon les superficies
exploitées-Ghana..................................................................................48
Tableau 8 : Caractéristiques sociodémographiques des commerçants
et des transformateurs..........................................................................51
Tableau 9 : Répartition des transformateurs selon les produits transformés-
Burkina Faso.........................................................................................54
Tableau 10 : Répartition des transformateurs selon le produit transformé-
Sénégal..................................................................................................56
Tableau 11 : Répartition des transformateurs selon le produit transformé et
le type de transformation-Ghana...........................................................58
Tableau 12 : Principales techniques de récolte et origine de la main d’œuvre
utilisée -Burkina......................................................................................61
Tableau 13 : Répartition des ménages en % selon les principaux moyens
de transport et la responsabilité du transport- Burkina Faso.................62
Tableau 14 : Principales techniques de récolte et origine de la main d’œuvre
utilisée-Sénégal.....................................................................................63
Tableau 15 : Répartition des ménages selon les principaux moyens de transport
et la responsabilité du transport-Sénégal...............................................64
Tableau 16 : Personnes participant au transport des récoltes- Sénégal....................65
Tableau 17 : Répartition des ménages en % selon la principale technique
de séchage-Burkina Faso.......................................................................67
Tableau 18 : Répartition des ménages selon la durée moyenne du
séchage-Burkina Faso...........................................................................69
Tableau 19 : Répartition des ménages selon la technique de séchage- Sénégal ....70
Tableau 20 : Répartition des ménages selon la technique de séchage- Ghana........71
Tableau 21 : Période de réalisation des opérations de battage/décorticage
en fonction des cultures-Burkina Faso..................................................72
Tableau 22 : Répartition des ménages en % selon la durée de
battage/décorticage-Burkina Faso.........................................................72
Tableau 23 : Répartition des ménages selon les techniques de
battage/décorticage-Burkina Faso.........................................................73
Tableau 24 : Répartition des ménages selon les caractéristiques
des lieux de battage/décorticage en fonction des
cultures-Burkina Faso...........................................................................74
Tableau 25 : Répartition des ménages selon les responsables des opérations
de battage/décorticage et l’origine de la main
d’œuvre-Burkina Faso...........................................................................74

8
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 26 : Méthode et lieux de battage/décorticage des produits- Sénégal.........75


Tableau 27 : Répartition des ménages selon la caractéristique du lieu de
battage- Sénégal..................................................................................76
Tableau 28 : Principal responsable du battage/décorticage des récoltes au sein
du ménage-Sénégal.............................................................................77
Tableau 29 : Lieu de réalisation du vannage- Sénégal..............................................81
Tableau 30 : Caractéristiques du lieu de vannage- Sénégal......................................82
Tableau 31 : Personnes participantes aux opérations de vannage-Sénégal.............82
Tableau 32 : Répartition des ménages selon les principales formes de
stockage-Burkina Faso.........................................................................84
Tableau 33 : Répartition des ménages selon les principales structures
utilisées pour le stockage-Burkina Faso...............................................85
Tableau 34 : Répartition des ménages selon les principales périodes de
stockage-Burkina Faso........................................................................86
Tableau 35 : Forme de stockage des produits-Sénégal............................................87
Tableau 36 : Structures utilisées pour le stockage des produits- Sénégal.................87
Tableau 37 : Période de stockage des produits- Sénégal.........................................88
Tableau 38 : Répartition des ménages selon le type de transformation
-Burkina Faso........................................................................................91
Tableau 39 : Répartition des ménages selon le responsable de la transformation
des récoltes au sein du ménage-Burkina Faso......................................92
Tableau 40 : Type de transformation effectuée chez les ménages
agricoles- Sénégal................................................................................92
Tableau 41 : Répartition des ménages selon les personnes participant
au processus de transformation- Sénégal.............................................93
Tableau 42 : Répartition des ménages selon le principal mode de stockage
et de conservation- Burkina Faso.........................................................95
Tableau 43 : Répartition des ménages selon le principal mode de stockage
et de conservation - Sénégal.................................................................96
Tableau 44 : Répartition des ménages en % selon les principales techniques
de protection des stocks de consommation-Burkina Faso...................97
Tableau 45 : Répartition des ménages selon les principales périodes
de protection des stocks de consommation- Burkina Faso..................98
Tableau 46 : Répartition des ménages selon les techniques de protection
et de conservation des stocks destinés à la vente- Burkina Faso........99
Tableau 47 : Techniques de protection et de conservation des stocks
de consommation- Sénégal.................................................................99
Tableau 48 : Période de traitement du stock destiné à la
consommation- Sénégal.....................................................................100
Tableau 49 : Principales techniques de protection des stocks destinés à la
vente utilisé par les ménages- Sénégal.............................................100
Tableau 50 : Période de traitement du stock destiné à la vente- Sénégal.............101
Tableau 51: Répartition des commerçants en % selon les principaux moyens
de transport des produits vers les lieux de commerce
- Burkina Faso....................................................................................103

9
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 52 : Principal moyen de transport des produits utilisé vers le lieu


de commerce-Sénégal.......................................................................104
Tableau 53 : Répartition des ménages selon leur perception du segment
qui enregistre plus de perte- Burkina Faso........................................108
Tableau 54 : Répartition des ménages selon leur perception du segment
qui enregistre plus de perte post-récolte- Sénégal...........................109
Tableau 55 : Répartition des ménages selon leur perception du segment
qui enregistre plus de perte- Ghana...................................................110
Tableau 56 : Estimation du niveau de perte post-récolte à chaque maillon
de la chaîne post-récolte- Burkina Faso.............................................111
Tableau 57: Répartition des pertes post-récolte cumulées selon le maillon.........113
Tableau 58 : Pertes liées au stockage et à la transformation des produits
chez les transformateurs ..................................................................115
Tableau 59 : Répartition des transformateurs selon les différentes phases
du processus de transformation où les pertes sont
importantes- Ghana............................................................................117
Tableau 60 : Perte des stocks liée au stockage au niveau des
commerçants- Burkina Faso...............................................................119
Tableau 61 : Pertes de stockage et de transport chez les
commerçants- Sénégal.....................................................................119
Tableau 62 : Principal moyen de conservation des repas- Burkina Faso,
Sénégal et Ghana.............................................................................121
Tableau 63 : Pertes de transport et de stockage au niveau des Institutions
de gestion de stocks- Sénégal..........................................................123
Tableau 64 : Pertes totales cumulées post-récolte estimées chez les
ménages producteurs par pays........................................................124
Tableau 65 : Ampleur des pertes post-récolte par pays..........................................125
Tableau 66 : Impact (%) sur le pouvoir d’achat des ménages- Burkina Faso......129
Tableau 67 : Estimation des pertes par ménage- Ghana........................................131
Tableau 68 : Equivalent en proxy calorique des pertes estimées...........................132
Tableau 69 : Comparaison de pertes obtenues par l’enquête et les
pertes utilisées dans les bilans alimentaires........................................133

10
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

LISTE DES FIGURES


Figure 1 : Taux de pratique des cultures-campagne agricole -2014-2015..............46
Figure 2 : Répartition des ménages encadrés selon le type d’encadrement
reçu-Sénégal...........................................................................................49
Figure 3 : Répartition des ménages encadrés selon le type d’encadrement
reçu-Ghana............................................................................................50
Figure 4 : Taux d’accès au crédit des commerçants-Burkina..................................52
Figure 5 : Appartenance des commerçants (en %) à une organisation
professionnelle-Burkina...........................................................................53
Figure 6 : Taux des commerçants en % ayant reçu de conseils
pratiques-Burkina Faso...........................................................................53
Figure 7 : Proportions des transformateurs ayant accès au crédit,
à une organisation ou ayant reçu de conseils
pratiques-Burkina Faso..........................................................................54
Figure 8 : Appartenance à une organisation et accès aux services
(crédit, conseils) par les commerçants -Sénégal....................................55
Figure 9 : Proportion des transformateurs ayant accès au crédit,
à une organisation ou ayant reçu de conseils pratiques-Sénégal............56
Figure 10 : Appartenance à une organisation et accès aux services
(crédit, conseils) par les commerçants-Ghana........................................57
Figure 11 : Proportion des transformateurs ayant accès au crédit,
à une organisation ou ayant reçu de conseils pratiques-Ghana.............58
Figure 12 : Proportion des ménages (%) qui réalisent de la collecte après les
récoltes- Ghana......................................................................................65
Figure 13 : Personnes responsable de la collecte après les récoltes-Ghana............66
Figure 14 : Répartition des ménages selon le moyen de transport des récoltes
utilisé- Ghana..........................................................................................66
Figure 15 : Répartition des ménages selon les principaux lieux de
séchage-Burkina Faso.............................................................................68
Figure 16 : Répartition des ménages en % selon les caractéristiques des
lieux de séchage-Burkina Faso................................................................68
Figure 17 : Lieux de séchage des récoltes- Sénégal................................................69
Figure 18 : Répartition des ménages selon le lieu de battage/décorticage
-Burkina Faso..........................................................................................73
Figure 19 : Répartition des ménages selon les périodes de réalisation
des opérations de battage/décorticage- Sénégal....................................76
Figure 20 : Répartition des ménages selon la technique de battage- Ghana...........78
Figure 21 : Caractéristiques du lieu de battage-Ghana............................................78
Figure 22 : Période de battage des récoltes- Ghana................................................79
Figure 23 : Temps écoulé pour le battage après récolte-Ghana...............................79
Figure 24 : Personnes responsable du battage-Ghana ..........................................79
Figure 25 : Répartition des ménages selon le lieu de vannage- Burkina Faso.........80
Figure 26 : Répartition des ménages selon les caractéristiques des lieux de
vannage-Burkina Faso...........................................................................81
Figure 27 : Caractéristiques du lieu de vannage – Ghana.........................................83
Figure 28 : Principales formes de stockage des récoltes- Ghana.............................89

11
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 29 : Structures de stockage des récoltes-Ghana...........................................89


Figure 30 : Emplacement des infrastructures de stockage des
récoltes- Ghana......................................................................................90
Figure 31 : Types de transformations effectuées par les ménages
agricoles –Ghana...................................................................................94
Figure 32 : Répartition des ménages selon le principal mode de stockage
et de conservation-Ghana.......................................................................96
Figure 33 : Principales techniques utilisées pour la protection
des stocks de consommation- Ghana.................................................101
Figure 34 : Principales techniques utilisées pour la protection des
stocks destinés à la vente- Ghana.......................................................102
Figure 35 : Répartition des transformateurs selon les différentes phases
du processus de transformation où les pertes sont
importantes- Burkina Faso...................................................................116
Figure 36 : Perte liée au transport des produits au niveau des
commerçants- Burkina Faso.................................................................118
Figure 37 : Taux de pertes liées au transport chez les
commerçants- Ghana..........................................................................118
Figure 38 : Perte des produits liée au transport au niveau
des institutions- Burkina Faso..............................................................123
Figure 39 : Répartition (en %) des pertes financières par
produit-Burkina Faso............................................................................128
Figure 40 : Impact sur croissance globale du PIB- Burkina Faso..........................128
Figure 41 : Impact des pertes post-récolte sur la pauvreté- Burkina Faso.............130

LISTE DES CARTES


Carte 1 : Pays couverts par l’étude............................................................................22
Carte 2 : Localisation de l’échantillon de l’enquête au Burkina Faso..........................38
Carte 3 : Localisation de l’échantillon de l’enquête au Sénégal...................................38
Carte 4 : Localisation de l’échantillon de l’enquête au Ghana....................................39

12
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

SIGLES ET ABBREVIATIONS
ACF Action Contre la Faim
AGIR Alliance Globale pour la Résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest
AGRA Alliance for a Green Revolution
APHLIS African Post-Harvest Losses Information System
CAADP Comprehensive Africa Agriculture Development Program
CEDEAO Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
CILSS Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sècheresse au Sahel
CPSA Comité de Prévision de la Sécurité Alimentaire
CSAO Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest
DAPSA Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles
DDMPA Direction du Développement des Marchés des Produits Agricoles
DGESS Direction Générale des Etudes et des Statistiques Sectorielles
DGFOMR Direction Générale du Foncier, de la Formation et de l’Organisation du
Monde Rural
DGPER Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale
DGPV Direction Générale des Productions Végétales
DPVC Direction de la Protection des Végétaux et du Conditionnement
DTAN Direction de la Transformation, de l’alimentation, de la promo-tion des
Normes et de la qualité nutritionnelle des produits agricoles
ENSA Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture
EPA Enquête Permanente Agricole
FAO Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
FASDEP Food and Agriculture Sector Development Policy
GAFSP Cadre du Programme Mondial pour l’Agriculture et la Sécurité
Alimentaire
GSGDA II Ghana Shared Growth and Development Agenda
IAP Instrument Automatisé de Prévision
IDH Indice de Développement Humain
INERA Institut de l'Environnement et de Recherches agricoles
INSAH Institut du Sahel
INSD Institut National de la Statistique et de la Démographie
METASIP Medium Term Agriculture Sector Investment Plan
MOFA Ministry of Food and Agriculture
NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation Non Gouvernementale
OP Organisation Paysanne
PAM Programme Alimentaire Mondial
PASA Projet d’Appui à la Sécurité Alimentaire
PIB Produit Intérieur Brut
PNIA Programme National d’Investissement Agricole
PNSAN Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
PNSR Programme National du Secteur Rural

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Burkina Faso, Ghana et Sénégal

RPCA Réseau de Prévention des Crises Alimentaires


SIM Système d'Information sur les Marchés
SMA Sommet Mondial de l’Alimentation
SONAGESS Société Nationale de Gestion du stock de sécurité alimentaire
ZAE Zone Agro écologique

14
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

RESUME EXECUTIF
L’étude sur «pertes post-récolte et sécurité alimentaire dans trois pays du Sahel et de
l’Afrique de l’Ouest: Burkina Faso, Ghana et Sénégal» qui est une initiative de l’Institut
du Sahel (INSAH/CILSS), avait pour objectif d’évaluer les pertes post-récolte et leurs
effets sur la sécurité alimentaire des ménages et l’économie des pays de l’espace
CILSS-CEDEAO.

Méthodologie
La méthodologie qui a été adoptée pour l’estimation des pertes post-récolte aux
maillons de la chaîne alimentaire a combiné l’enquête par questionnaire auprès des
principaux acteurs concernés (ménages agricoles, commerçants, transformateurs, et
Institutions et Organisations de Producteurs) à la méthode de « l’échelle visuelle ».
La taille de l’échantillon des ménages agricoles a été estimée en suivant les méthodes
statistiques utilisées pour l’estimation des proportions. L’échantillon constitué était un
sous-échantillon des enquêtes statistiques agricoles des pays concernés par l’étude.
La répartition de l’échantillon a été faite selon les zones agro-écologiques et les prin-
cipales zones de production de chaque spéculation concernée par l’étude (céréales :
sorgho, mil, maïs et riz ; légumineuses : arachide et niébé ; tubercules : igname, ma-
nioc). Pour assurer une significativité des résultats au niveau national, le nombre de
ménages à enquêter a été fixé à 445 au Burkina Faso et au Sénégal, et à 414 au
Ghana. La taille de l’échantillon des autres acteurs (commerçants, transformateurs,
organisations de producteurs et Institutions) a été définie de façon à assurer une re-
présentativité de la typologie des différents acteurs tout en tenant compte des res-
sources disponibles (humaines, financières et techniques). Le nombre de
commerçants ainsi que de transformateurs à enquêter était de 120 au Burkina Faso,
84 au Sénégal et 107 au Ghana.

Principaux résultats
Les résultats de l’étude indiquent que la plupart des opérations post-récolte chez les
ménages agricoles des pays étudiés sont manuelles ou peu mécanisées. On note ce-
pendant une forte mécanisation de la récolte de l’arachide au Sénégal. Les récoltes
subissent en général un séchage supplémentaire sur des aires de séchage notamment
au Ghana et au Sénégal pour certaines cultures comme le riz et l’arachide. Cette activité
est réalisée directement sur le sol nu sans support par la plupart des ménages du Bur-
kina. Les opérations de battage/décorticage sont pour la plupart manuelles. L’utilisation
de décortiqueuses mécaniques est fréquente chez les producteurs d'arachide et de
maïs notamment au Burkina Faso et les producteurs de céréales (sauf le sorgho) au
Sénégal. Quant aux opérations de vannage, elles sont intimement liées au battage et
sont faites de la même façon : sur le sol sans moyen de recueillir les graines qui tom-
beraient au sol sauf au Ghana et au Sénégal dans une moindre mesure pour le cas du
riz. En matière de stockage, les récoltes sont stockées soit en l’état avec les tiges (pa-
nicules ou en épis notamment pour les céréales au Burkina) soit sous forme de graines
après battage (cas au Sénégal et au Ghana). Les principales infrastructures utilisées
sont les greniers en terre ou en paille, les entrepôts ou les magasins.

15
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Selon la perception des ménages agricoles, les pertes post-récolte sont enregistrées
essentiellement pendant la phase de récolte dans les trois pays étudiés. Viennent en-
suite la phase décorticage/vannage au Sénégal et au Burkina (pour le riz et le niébé
notamment) et la phase stockage au Ghana pour les céréales notamment.

Les résultats quantitatifs obtenus montrent que les pertes totales cumulées de la pro-
duction qui ont été estimées, varient selon les produits et les pays : Burkina Faso 6,6%
pour les céréales, 7,1% des tubercules et 8,2% pour les légumineuses ; Sénégal 8,1%
; 3,5% et 1,8% respectivement pour les céréales, les tubercules et les légumineuses;
Ghana 22,5% (céréales), 7,3% (tubercules) et 25,2% (légumineuses).

Ces taux de pertes cumulées obtenus sont différents de ceux utilisés actuellement
pour l’établissement des bilans alimentaires et céréaliers d’où la nécessité d’engager
les réflexions pour la mise à jour de ces derniers paramètres.

L’impact de ces pertes sur le plan financier et la sécurité alimentaire a été estimé. En
terme financier, les pertes sont estimées à plus de 90 milliards de FCFA au Burkina
(soit 1,4% du PIB total et 3,8% du PIB agricole), environ 24,6 milliards de francs CFA
au Sénégal (soit 0,3% du PIB total et 2% du PIB agricole) et 306 milliards de francs
CFA au Ghana (soit 1,3% du PIB total et 5,9% du PIB agricole du pays). La perte fi-
nancière totale est de 422 milliards environ pour ces trois pays.

Les pertes en céréales sont susceptibles de couvrir les besoins céréaliers de 2 275
000 personnes (soit 189 600 ménages) au Burkina Faso, 500 000 personnes (cor-
respondant à plus de 42 000 ménages) au Sénégal et 3 550 000 personnes (soit en-
viron 323 000 ménages) au Ghana.

Le manque à gagner en termes de proxy calorique a été estimé à 315


Kcal/personne/jour au Burkina Faso, 89 Kcal/personne/jour au Sénégal et à 554
Kcal/personne/jour au Ghana.

Les pertes de revenus par ménage sont estimées en moyenne à 77 000 FCFA au Bur-
kina Faso (soit 71% du revenu des ménages pauvres), 42 000 FCFA au Sénégal et
152 000 FCFA au Ghana (soit 49% du revenu des ménages).

Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font essentiellement
aux périodes de récolte et également aux périodes de fête. La saisonnalité des produits
comme les tubercules très périssables est également un facteur de gaspillage des
repas préparés à base de tubercules. Les techniques de récolte et de transformation
utilisées, la méconnaissance des périodes propices à la récolte, l’inadaptation des
moyens de transport utilisés, les mauvaises méthodes de manutention, l’absence
d’aire de séchage sont les principales causes des pertes qui ont été identifiées.

Principales recommandations :

Les principales recommandations formulées au niveau stratégique et opérationnelle


portent sur : (i) la mise en œuvre dans les pays des politiques et programmes de ré-
duction des pertes post-récolte ; (ii) la valorisation des résultats issus de l’étude par la

16
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

diffusion et la mise à jour des paramètres utilisés dans l’élaboration des bilans alimen-
taires et céréaliers ; (iii) l’extension de l’étude à tous les pays du Sahel et de l’Afrique
de l’Ouest ; (iv) le développement, la promotion et l’application des technologies de
gestion des pertes post-récolte à travers une capitalisation des bonnes pratiques ; (v)
et la sensibilisation de l’ensemble des acteurs sur la problématique des pertes post-
récolte et la promotion de l’utilisation des techniques et des stratégies appropriées de
réduction des pertes.

17
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

I. CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE
Les progrès dans la lutte contre la faim dans le monde se poursuivent mais force est
de constater que le nombre de personnes qui sont privées de la nourriture dont elles
ont besoin pour mener une vie saine et active reste inacceptable. On estime qu’environ
805 millions de personnes étaient en situation de sous-alimentation chronique en 2012-
2014, soit une diminution de plus de 100 millions de personnes sur la dernière décennie,
et 209 millions de personnes de moins qu’en 1990-1992 (FAO, 2014). Même si la si-
tuation s’est améliorée à l’échelle du monde en développement dans son ensemble, la
région de l’Afrique subsaharienne ne progresse pas assez par rapport aux Objectifs du
Millénaire pour le Développement concernant la faim, où plus d’une personne sur qua-
tre est toujours sous-alimentée (la prévalence la plus forte dans le monde). Toutefois,
la prévalence de la sous-alimentation dans cette région du monde est passée de 33,3
% en 1990-1992 à 23,8 % en 2012-2014. La volonté politique croissante de favoriser
la sécurité alimentaire en Afrique a donné des résultats concrets mais il faut redoubler
d’efforts pour atteindre les objectifs définis au niveau international. Cette volonté a été
renouvelée en Juin 2014, lors du Sommet de l’Union africaine, tenu à Malabo (Guinée
équatoriale), où les chefs d’État africains se sont engagés à éradiquer la faim du conti-
nent d’ici à 2025.

De manière générale, traduire la volonté politique en résultats concrets sur le terrain


nécessite, entre autres, d’adopter une approche globale, à grande échelle, pour définir
les priorités et pour investir dans l’agriculture, le développement rural, l’enseignement,
la santé, le travail décent, la protection sociale et l’égalité des chances (FAO, 2014).
Cela nécessite aussi des politiques et des programmes divers (amélioration de la pro-
ductivité des exploitants familiaux, pérennisation de l’agriculture familiale est essentiel,
etc.) notamment ceux qui permettent d’améliorer les infrastructures, pour faciliter l’accès
des agriculteurs aux marchés et pour réduire les pertes de produits alimentaires, en
particulier après les récoltes.

S’agissant des pertes de produits alimentaires après les récoltes, elles constituent l’une
des principales causes de la sous-alimentation des populations. En effet, selon la
Banque Mondiale (2011), des volumes importants de grains sont perdus après les ré-
coltes dans les pays en développement, toutes choses qui aggravent la faim. Selon les
données fournies par l’African Postharvest Losses Information System (APHLIS), les
pertes physiques de grains avant la transformation sont comprises entre 10 à 20% des
productions (Banque Mondiale, 2011). Comme le souligne la Banque Mondiale (2011),
en plus des pertes de volumes, une baisse de qualité peut conduire à des pertes d’op-
portunités de marché et de valeur nutritionnelle. Par la réduction de la qualité et de la
quantité disponible, les pertes alimentaires contribuent à une hausse des prix par le fait
qu’elles retirent du marché une part des apports alimentaires.

Au vu du nombre de ceux qui continuent de souffrir de la faim de par le monde (805


millions en 2014) et de la croissance de la population (9 milliards de personnes d’ici
2050), le thème de la perte et du gaspillage alimentaires se pose avec la plus grande
acuité (Roels K. et van Gijseghem D., 2011). Et ceci d’autant plus que ces pertes affec-
tent de façon critique l’agriculture, la sécurité alimentaire, le commerce, l’énergie et l’en-
vironnement.

18
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au regard de l’importance de ces pertes sur l’économie agricole, la sécurité alimentaire


des ménages, l’environnement, etc., l’Institut du Sahel (INSAH) a conduit une première
étude portant sur la revue documentaire sur les pertes post-récolte dans les pays
d’Afrique de l’Ouest (espace CILSS – CEDEAO) pour mieux cerner la problématique
et formuler des recommandations à l’endroit des pays. Il ressort de cette étude qu’au
niveau mondial, un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation hu-
maine dans le monde est perdue ou gaspillée, atteignant environ 1,3 milliards de
tonnes par an. L’augmentation de la production mondiale, la réduction des superficies
cultivables, l’affirmation du droit à l’alimentation et l’augmentation du coût des produits
agricoles sont des données qui remettent l’alimentation humaine au premier plan des
préoccupations politiques et sociales.

Cet ensemble d’arguments pèse donc sur l’agriculture astreinte à augmenter ses pro-
ductions alors que la réduction des pertes post récolte en est une partie des solutions.
Les auteurs de cette étude ont conclu sur un déficit d’information en particulier dans les
pays en développement notamment l’Afrique de l’Ouest (INSAH, 2014). Ce manque d’in-
formation spécifique sur les pays de l’espace CILSS-CEDEAO est un déficit qu’il faille
combler en vue d’améliorer la connaissance des principaux facteurs de pertes et leur
quantification dans la perspective de formuler des recommandations spécifiques aux
décideurs pour des actions de réduction des pertes post-récolte ou d’atténuation de leurs
effets ; toute chose qui contribuera à relever les défis de la sécurité alimentaire.

C’est dans ce contexte que l’Institut du Sahel (INSAH), avec l’appui financier de l’Union
Européenne dans le cadre de son programme Food Security Thematic Program 2
(FSTP2) a initié la présente étude afin d’évaluer les pertes post-récolte et leurs effets
sur la sécurité alimentaire des ménages et l’économie des pays de l’espace CILSS-
CEDEAO (Burkina Faso, Sénégal et Ghana). Il s’agissait de façon plus spécifique : (i)
d’identifier et hiérarchiser les causes principales des pertes post-récolte ; (ii) d’estimer
le niveau des pertes à chacune des phases du processus de récolte/ transport/
stockage/ transformation/consommation ; (iii) d’identifier les conséquences socio-éco-
nomiques, alimentaires et environnementaux de ces pertes ; (iv) de proposer des mé-
canismes de réduction des pertes post-récolte ; (v) de faire une analyse globale de la
situation des pertes post-récolte dans trois pays de la région du Sahel et de l’Afrique
de l’Ouest ; (vi) et de formuler des recommandations ou identifier les domaines priori-
taires d’intervention.

Le document est structuré en deux grandes parties. La première, constituée de deux


chapitres, présente le cadre général de l’étude et l’état des connaissances sur les mé-
thodes d’estimation des pertes post-récolte. La seconde partie qui comprend trois cha-
pitres, traite des caractéristiques des unités statistiques étudiées, des caractéristiques
des opérations post-récolte et de l’évaluation du niveau des pertes post-récolte aux
différents maillons de la chaîne post-récolte.

19
PREMIERE PARTIE :
PRESENTATION DU CADRE GENERAL DE L’ETUDE ET
ETAT DES CONNAISSANCES SUR LES METHODES
D’ESTIMATION DES PERTES POST-RECOLTE
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

CHAPITRE I : GENERALITES ET ANALYSE DE LA SECURITE


ALIMENTAIRE AU BURKINA FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA

1.1. Caractéristiques sociodémographiques et économiques des pays étudiés


L’étude a été réalisée dans trois pays que sont le Burkina Faso et le Sénégal pour la
région sahélienne et le Ghana pour la région côtière (carte 1).

Le Burkina Faso s’étend sur une superficie de 274 000 km2. Du point de vue adminis-
tratif, le pays est subdivisé en 13 régions, 45 provinces et 351 communes dont 302
communes rurales.

En termes de population, selon l’Institut national des statistiques et de la démographie


(INSD) le pays devrait compter plus de 18 millions d’habitants en 2015 avec une crois-
sance démographique de 3,1% en moyenne par an. Environ 86% de la population ac-
tive est agricole et les femmes représentent la majorité de la population (52%).

La population Burkinabé se caractérise par sa jeunesse (48% ont moins de 15 ans,


l’âge médian est de 17 ans) et sa ruralité (77% vivent en milieu rural) –tableau 1. Le
pays est enclavé avec une économie basée essentiellement sur le secteur primaire.
Au cours de la période 2005-2014, la croissance économique a été a été en moyenne
de 6,4% et l’Indice de Développement Humain (IDH) du pays en 2013 était de 0,388
le classant ainsi au 181ème rang sur 187.

A l’instar du Burkina Faso, le Sénégal se caractérise également par la jeu-nesse de


sa population (42,5% ont de moins de 15 ans, l’âge médian est de 18,4 ans) et sa ru-
ralité (57% en milieu rural). Comme l’indique le tableau 1, le pays s’étend sur une su-
perficie de 196 722 km2 et est subdivisé en 14 régions administratives. La population
en 2013 était de 13,5 millions d’habitants dont 50,1% de femmes avec un taux d’ac-
croissement de 2,6%. Environ 72% de cette population active est agricole. La crois-
sance économique du pays était en 2013 de 3,3% avec un IDH faible de 0,485 qui
place le pays au 163ème rang sur 187.

Quant au Ghana, comme l’indique le Tableau 1, il s’étend sur une superficie de 238
535 km2 et comprend 10 régions administratives. La population est constituée de 27
millions d’habitants avec un taux d’accroissement de la population en 2014 de 2,4%.
La population est relativement moins jeune (38,6% ont moins de 15 ans et l’âge mé-
dian de 20,8 ans) et à dominante rurale (environ 47% de la population vivait en milieu
rural en 2013).

21
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Carte 1 : Pays couverts par l’étude

La croissance économique du Ghana en 2013 était de 4,5% et le pays à un IDH


moyen de 0,573 et est classé au 138ème rang sur 187.

Tableau 1 : Données socioéconomiques des pays étudiés

Données Burkina Faso Sénégal Ghana


Superficie (en km2) 274 000 196 722 238 535
Population
18* 13,5 27
(en millions habitants)
Taux d’accroissement de la
3,1% 2,6% 2,4%
population
% population rurale 77% 57% 56,2%

% population active agricole 80% 72,4% 55,2%


% femme 52% 50,1% 51,2%
Nombre de régions 13 14 10
Densité de la
population 59 69 102
(habitant/ km2)
PIB/tête ($) (2013) 1 500 2 100 3 500
Taux accroissement PIB
6,4% 3,3% 4,5%
(2013)
IDH (en 2014) 0,388 0,485 0,573

* : Année 2015 ; ** : 2014 ; Source : Statistiques mondiales


22
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

1.2. Climat et zones agro-écologiques


Sur le plan agro-climatique, le Burkina Faso se caractérise par une alternance de
saison pluvieuse et de saison sèche. La saison pluvieuse débute de façon pro-
gressive entre mai et juin pour prendre fin entre septembre et mi-octobre. La sai-
son sèche quant à elle s’étend d’octobre à avril. Les mois de mars, avril et mai sont
les plus chauds dans le pays en fonction de la région ou Zone Agro-Ecologique. La
pluviométrie est carac-térisée par de fortes variabilités interannuelles et spatio-tem-
porelles. Kagoné (2001) distingue quatre (4) zones agro-écologiques : Sud Soudan
avec environ 900-1200 mm d’eau par an, Nord Soudan (pluviométrie annuelle de 700-
900mm), Nord Sahel et Sud Sahel avec des précipitations moyennes de 400 mm ou
moins à 700 mm d’eau par an. Depuis les années 1931 jusqu’en 2000, les différentes
isohyètes ont cependant subi des migrations nettes vers le Sud avec une tendance à
la baisse.

Quant au Ghana, le climat est tropical avec deux saisons principales: la saison humide
et la saison sèche. La partie Nord du Ghana connaît deux saisons des pluies (avril à
juin et septembre à Novembre), tandis que la partie Sud Ghana connaît sa saison des
pluies d'Avril à la mi-Novembre. La saison sèche s’étend de décembre à mars. Les
températures moyennes varient de 21°C à 28°C. Le Ghana est divisé en six grandes
zones agro-écologiques: la forêt humide, la forêt à espèces caduques, la transition
forêt-savane, la savane côtière et la savane nord (intérieure) qui comprend les savanes
guinéenne et soudanienne. La pluviosité bimodale des zones de forêt, forêt caduque,
savane de transition et savane côtière donne lieu à des saisons végétatives majeure
et mineure. La distribution uni-modale des pluies dans la savane nord se traduit par
une saison végétative unique. Les précipitations déterminent largement le type d’acti-
vité agricole menée dans chaque zone.

A l’instar du Burkina, la situation climatique du Sénégal est marquée par deux saisons
principales : une saison sèche qui va de Novembre à Avril – Mai, et une saison plu-
vieuse de Juin à Octobre. La pluviométrie a sensiblement baissé depuis 40 ans. Elle
passe de 1200 mm au Sud à 300 mm au Nord, avec des variations d’une année à
l’autre (CSE, 2010). Le pays comprend cinq types de domaines climatiques apparte-
nant au climat tropical (zone sahélienne au Nord de la région de Saint Louis, zone sa-
hélo – soudanienne, zone soudanienne, zone soudano-guinéenne, zone guinéenne)
et six zones agro-écologiques ayant chacune ses caractéristiques biophysiques et
socio-économiques propres à savoir : la Vallée du Fleuve Sénégal, la zone des Niayes,
le Bassin arachidier, la zone Sylvo-Pastorale, le Sénégal Oriental et la Casamance.

1.3. Systèmes de production agricole


L’examen des systèmes de production au Burkina Faso et au Sénégal met en évidence
des caractéristiques communes avec notamment quelques différences avec le Ghana
qui présente quelques caractéristiques spécifiques.

Au niveau du Burkina Faso, l'agriculture est essentiellement une agriculture de sub-


sistance caractérisée par une faible productivité due non seulement à la péjoration
des conditions climatiques et à l’insécurité foncière, mais surtout aux difficultés d’accès

23
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

aux intrants agricoles. C’est aussi une agriculture extensive, dominée par de petites
exploitations familiales de 3 à 6 ha en moyenne avec d’importantes contraintes qui li-
mitent ses performances. La faible mécanisation constitue aujourd’hui l’un des goulots
d’étranglement de la politique d’intensification et de modernisation du secteur agricole.
La mécanisation est faible (1,7% des ménages agricoles possèdent un tracteur et
seulement 0,5% des parcelles ont fait l’objet de labour motorisé entre 2009 à 2011).
L’utilisation des intrants n’est pas répandue, on note qu’entre 2009 et 2011, seulement
5% en moyenne des producteurs ont utilisé des semences améliorées. Les céréales
(mil, sorgho, maïs, riz, fonio) constituent les principales productions végétales au Bur-
kina Faso. Selon l’enquête permanente agricole 2013/2014, elles sont pratiquées sur
4 210 656 ha en 2013 (soit 73% des superficies cultivées). Les autres cultures vivrières
(niébé, igname, patate douce, voandzou) représentent 4% des superficies totales em-
blavées. Les cultures de rente (coton, sésame, arachide, soja) sont pratiquées sur en-
viron 23% des superficies totales emblavées. En plus, on note la pratique de cultures
horticoles (tomate, oignon, pomme de terre, etc.).

Les systèmes d’exploitation du Ghana varient en fonction des zones agro-écologiques


avec néanmoins quelques caractéristiques générales à travers le pays. La jachère
broussailleuse domine là où il y a suffisamment de terre pour permettre à une parcelle
de rester au repos et de recouvrer sa fertilité après un à trois ans de mise en culture.
Les cultures de base sont souvent mixtes tandis que les cultures commerciales sont
produites seules. Dans la forêt, les cultures arboricoles sont significatives, notamment
le cacao, l’huile de palme, le café et le caoutchouc. Dans cette zone, on pratique prin-
cipalement des cultures mixtes de maïs, plantain, la colocase et manioc. La ceinture
médiane est caractérisée par des cultures uniques ou mixtes, de maïs, légumineuses,
taro (colocase) ou d’ignames essentiellement vivrières, ainsi que le tabac et le coton
qui sont les cultures à dominantes commerciales. Le coton et le tabac sont aussi im-
portants dans le secteur nord, où les cultures vivrières sont surtout le sorgho, le maïs,
le mil, le niébé, l’arachide et l’igname. Le riz est important dans toutes les zones. Plus
de 90% des exploitations ont moins de 2 ha essentiellement affectées à l'agriculture
de subsistance et elles contribuent pour 80% de la production agricole totale du
Ghana. Les principales céréales de base et féculents produits au Ghana sont le ma-
nioc, le taro, l'igname, le maïs, le riz, le mil, le sorgho et le plantain. Le taro et le plantain
sont produits et consommés plus au sud, tandis que le maïs, le mil, le sorgho et le riz
sont produits et consommés plus au nord du Ghana (PAM, 2012). Bien que la majorité
des ménages ruraux possèdent un peu de bétail, l’élevage est un complément à l’agri-
culture. L’élevage de la volaille prévaut dans le sud, tandis que l’élevage bovin est
concentré dans les savanes. L’élevage est une composante majeure de l’agriculture
du Ghana et contribue largement à répondre aux besoins alimentaires, fournissant en
outre de la force de traction, du fumier pour maintenir la fertilité des sols et des revenus
monétaires, en particulier pour les producteurs du nord du pays. L’élevage des rumi-
nants joue un rôle majeur dans la vie socioculturelle des communautés rurales car il
détermine en partie la richesse et le paiement de la dot. Il fait, en outre, fonction de
banque et d’assurance en temps de difficulté. L’agriculture au Ghana connaît du retard
dans sa modernisation et selon les données du Ministère de l’alimentation et de l’agri-
culture (MOFA), beaucoup de cultures ont des rendements au moins 50% inférieurs
au rendement potentiel (cas du cacao et du riz).

24
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

L’agriculture au Sénégal est saisonnière et reste fortement tributaire de la saison plu-


vieuse qui ne dépasse pas cinq (5) mois par an. Elle repose à la fois sur des cultures vi-
vrières de subsistance (riz, mil, sorgho, maïs, fonio, niébé et manioc) et des cultures de
rente (arachide et coton). L’arachide, culture industrielle et d’exportation au Sénégal re-
présente environ 1/3 des terres agricoles sénégalaises et emploie près de 2/3 de la po-
pulation active dans le secteur agricole. La plupart des agriculteurs au Sénégal sont de
petits exploitants qui cultivent de petites parcelles ne dépassant pas ou rarement cinq
(5) hectares. Ces agriculteurs combinent le plus souvent cultures de rente et cultures vi-
vrières de subsistance, tout en pratiquant l’élevage de quelques bovins, ovins, caprins
et de plus en plus, l’aviculture qui occupe une place très importante dans l’amélioration
des revenus des populations. Les contraintes de l’agriculture sont pour la plupart liées
à diverses causes dont le mode de fonctionnement des systèmes de production et les
pratiques culturales, le déficit voire l’arrêt précoce de la pluviométrie, la non maitrise de
l’eau, les aléas climatiques, l’obsolescence du matériel agricole, le manque de nouvelles
technologies agricoles (semences certifiées, technologies innovantes pour la production,
récolte, transformation). A ces causes biophysiques, il s’y ajoute le manque de finance-
ment et d’organisation des filières agricoles, ainsi que la non-maitrise des circuits de
commercialisation, entre autres.

1.4. Sécurité alimentaire et pertes alimentaires post-récolte


Les pertes alimentaires post-récolte sont considérées comme une dégradation à la
fois de la quantité et de la qualité d'une production alimentaire de la récolte à la
consommation. Elles posent un problème de disponibilité alimentaire au sein des mé-
nages et sur les marchés surtout quand elles s’expriment en termes de quantité. Elles
affectent la sécurité alimentaire d’un pays dans ses différentes dimensions à travers
la disponibilité, le niveau des prix et donc de revenus et la qualité par la perte de va-
leur nutritive des produits ayant subi une détérioration.

1.4.1. Disponibilités alimentaires et pertes alimentaire post-récolte


Plusieurs outils d’analyse des disponibilités alimentaires au niveau macro sont utilisés
dans la plupart des pays dont les plus importants sont les bilans céréaliers et alimen-
taires, ainsi que les taux de couvertures des besoins (céréaliers notamment).

Au Burkina Faso, la disponibilité alimentaire est couverte par la production locale, les
importations et l’aide alimentaire. En considérant la production locale, notamment, des
aliments de base que sont les céréales, le taux de couverture des besoins céréaliers
(rapport de la production céréalière sur le besoin en céréales des populations) sur la
période 2002-2013 a été en équilibre (entre 90% et 120%) au cours de cinq cam-
pagnes agricoles et excédentaire (au-dessus de 120%) au cours de sept campagnes
agricoles. Cependant, son évolution se fait en dent de scie dans le temps dénotant le
caractère instable de la production agricole, fortement tributaire des aléas climatiques
(DGESS, 2013).

L’analyse des bilans céréaliers de la période 2002 à 2013 indique des excédents bruts
sur toute la période à l’exception des années 2007 et 2011 marquées par des déficits
respectifs de 44 006 tonnes et 154 462 tonnes en raison des baisses de la production
agricole des campagnes agricoles 2007/2008 et 2011/2012. La consommation des

25
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

produits céréaliers par habitant a évolué en dent de scie au cours de la période mais
est toujours restée au-dessus de la norme de consommation annuelle qui est de 190
kg par personne par habitant (DGESS-PAM, 2014).

Au niveau du Sénégal, la production agricole, essentiellement basée sur des cultures


pluviales, est structurellement insuffisante pour satisfaire les besoins alimentaires de
la population (PAM, 2006). Une baisse très marquée du taux de couverture des be-
soins céréaliers par la production nationale a été observée entre 1987 et 2002-2003
(CILSS et CSAO, 2008). Pour couvrir ses besoins, le Sénégal doit importer des quan-
tités très importantes de céréales, notamment de riz et de blé, ce qui place le pays
dans une situation de dépendance alimentaire préoccupante.

L’analyse des bilans céréaliers laisse apparaître une production nationale céréalière
insuffisante pour couvrir les besoins suivant les campagnes agri-coles. Par exemple,
le solde net du bilan céréalier en 2011 dégageait un déficit net de 249 409 tonnes
(SES, 2011). Par rapport à la consommation annuelle céréalière normale, fixée à 185
kg/habitant par l’Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO), ce déficit signifiait que chaque Sénégalais devait supporter une diminution de
sa consommation de 19,5 kg/an (SES, 2011).

Au Ghana, les principaux aliments consommés sont les céréales, les racines et tuber-
cules et les plantains. Les principaux aliments de base sont le riz, l'igname, le maïs, le
taro, le manioc, la banane plantain, le mil et le sorgho. L’analyse de l'offre et de la de-
mande en aliments de base de la population ghanéenne réalisée en 2008 par le Mi-
nistère de l’agriculture indiquait un excédent pour la plupart des groupes de produits
(céréales, racines et tubercules notamment). Toutefois pour les céréales, seul le riz
était en déficit en termes de production et de consommation.

Même si les disponibilités alimentaires en termes de céréales calculées à partir de la


production locale des pays semblent être satisfaisantes, force est de reconnaitre
qu’une proportion importante de ménages agricoles n’arrive pas à couvrir leurs besoins
alimentaires sur la base de leur propre production.

En effet au Burkina Faso par exemple, sur la période, 2005-2014, en moyenne 42%
des ménages agricoles sont non autonomes (c’est dire ne couvrent pas leur besoins
céréaliers sur la base de leurs propres productions) avec une tendance à la hausse
observée sur la même période.

Au Sénégal, les résultats de l’analyse de la situation économique et sociale (SES) réa-


lisée en 2011 montraient que les besoins nutritionnels d'une fraction importante de la
population sénégalaise ne sont pas satisfaits. Environ 21,8% d'enfants âgés de 6 à
59 mois accusent un déficit pondéral. Ce chiffre global cache des disparités régionales
importantes. En milieu rural, la proportion d'enfants ayant un déficit pondéral ou un re-
tard de croissance est deux fois plus importante qu'en milieu urbain. Les résultats de
l’enquête sur la sécurité alimentaire en situation d’urgence en milieu rural, réalisée par
le PAM en juillet/août 2008, a révélé que près de 42% des ménages résidant en milieu
rural avait une consommation alimentaire « pauvre» ou «limite».

26
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Une analyse de la sécurité alimentaire dans le nord du Ghana par le PAM (2012) ré-
vélait que 140 000 personnes étaient considérées en insécurité alimentaire sévère.
Les ménages les plus pauvres, ceux qui ont de plus petites fermes, les ménages diri-
gés par une femme et les ménages dont le chef est sans instruction se retrouvent plus
souvent en situation d'insécurité alimentaire que les autres ménages. Les ménages
dirigés par des femmes sont plus susceptibles d'avoir une consommation alimentaire
inadéquate et d’être plus pauvres que leurs homologues masculins.

Les estimations de la disponibilité dans le cadre des bilans alimentaire ou céréalier


prennent en compte des taux de perte moyens : au Burkina Faso et au Sénégal, des
taux de 5% à 10% sont appliqués pour les pertes et pour les semences (10% pour le
riz et 5% pour les autres céréales). Au Ghana, il s’agit des pertes pour alimentation du
bétail et le gaspillage et sont établis à 16% pour les céréales (26% pour le maïs et de
13% pour les autres céréales) et de 22% pour les racines et tubercules (30% pour le
manioc, 20% pour l’igname et 15% pour le plantain) (source: MoFA, SRID, 2010). Ces
estimations ne couvrent que l’étape de la production alors que des pertes peuvent être
constatées au cours des différentes phases de transport, stockage, de transformation,
etc. avant la consommation au sein du ménage, mais qui ne sont pas cernées par les
estimations. L’analyse de l’impact sur la situation alimentaire des ménages peut s’en
trouver alors sous-estimée. Appréhender la disponibilité des denrées reste donc une
problématique majeure pour notamment les ménages qui n’arrivent pas à couvrir leurs
besoins alimentaires de base sur la base de leur seule production. Ils devront donc
recourir au marché ou à d’autres modes d’accès à alimentation (mécanismes sociaux
de dons ou d’aide alimentaire) pour combler le gap de la production. Au-delà donc des
contraintes structurelles auxquels sont confrontés les ménages pour parvenir à une
production agricole suffisante, les pertes post-récolte réduisent aussi une partie des
quantités d’aliments disponibles pour la consommation et peuvent donc entrainer une
situation d’insécurité alimentaire.

1.4.2. Valeur nutritive des produits agricoles et pertes post-récolte


Les produits alimentaires qui connaissent des pertes de qualité ou de quantité (in visu)
peuvent être soumis également à une réduction de la valeur nutritionnelle par une
baisse des propriétés nutritives ou peuvent présenter un danger pour la santé humaine
(par exemple, être contaminés par des mycotoxines se trouvant surtout dans le maïs
ou l’aflatoxine dans le cas de certains oléagineux comme l’arachide), le bien-être et la
productivité du consommateur. Le problème de la perte de valeur nutritive fait intervenir
la notion de « sécurité des aliments » ou « sécurité sanitaire des aliments » qui est la
garantie de l'innocuité des produits alimentaires, c'est-à-dire que leur consommation
n'aura pas de conséquences néfastes sur la santé des populations. Les analyses de
la sécurité alimentaire à travers sa dimension qualité ou utilisation, sont faites au ni-
veau macro à travers les données du bilan alimentaire et au niveau micro à travers
des enquêtes ménages, pour analyser la consommation. Des coefficients de compo-
sition nutritionnelle sont appliqués aux productions disponibles pour la consommation
humaine. La teneur en valeur nutritive alors estimée pourrait s’en trouvé altérée en
cas de perte de quantité causée par exemple par des ravageurs ou des micro-orga-
nismes.

27
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

S’il est facile de comprendre, qu’une perte de poids constitue une perte alimentaire
(notamment en ce qui concerne les céréales), une perte de qualité est, par contre, un
phénomène plus complexe à cerner car elle n'est pas nécessairement exprimée par
un seul facteur mais par de nombreux facteurs pouvant être inclus dans une norme
de classification officielle. La question qui demeure est comment combiner les deux
types de pertes de façon systématique pour donner une image plus claire de l'impor-
tance des pertes post-récolte.

1.4.3. Revenus des produits agricoles et pertes post-récolte


Au Burkina Faso par exemple, le revenu des ménages ruraux est dans la majorité
constituée de revenus agricoles, mais dominé par le revenu issu de la production vé-
gétale. Selon Savadogo (2009) au cours des années 2003, 2006 et 2007, les revenus
issus de la production végétale ont représenté plus de 50% des revenus issus de l’agri-
culture.

Ainsi, une perte en quantité de produit réduit considérablement le revenu des produc-
teurs dans un contexte où la pauvreté en milieu rural est déjà importante : Burkina
Faso 50,7% en 2009 (INSD, 2009), Sénégal 58% en 2002 (Direction de la prévision
et de la statistique et Banque mondiale, 2004), et Ghana 69% en 2006 chez les pro-
ducteurs pratiquant les cultures vivrières (selon Ghana Statistical Service). Ainsi,
lorsque les produits alimentaires subissent une détérioration de leur qualité qui peut
apparaître au stade de stockage ou de conservation, cela conduit à une perte de leurs
valeurs économiques et des pertes d’opportunité de marché. De ce fait, la commer-
cialisation de ces produits se limitera aux marchés moins lucratifs qui sont le plus sou-
vent informels, si bien que ces producteurs agricoles n’obtiendront pas une bonne
rémunération de leur production. On parle de perte de compétitivité des exploitations
et des filières agricoles dues au manque d’infrastructures de stockage et de conser-
vation (PNSR-Burkina Faso, 2012).

1.5. Stratégies et politiques en matière de sécurité alimentaire et de réduc-


tion des pertes post-récolte dans les pays étudiés
La sécurité alimentaire au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana est au cœur des
politiques agricoles nationales mises en œuvre dans ces pays. Ces politiques natio-
nales sont pour la plupart en cohérence ou en cours de mise en cohérence avec cer-
taines politiques agricoles régionales du CILSS, de la CEDEAO ou de l’Afrique en
général.

Au Burkina Faso, les stratégies et politiques majeures en matière de sécurité alimen-


taire les plus récentes sont le programme National du Secteur Rural (PNSR) adopté
en Octobre 2012 et la Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
(PNSAN) adoptée en Octobre 2013. Le PNSR par exemple vise à contribuer de ma-
nière durable à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à une croissance économique
forte, et à la réduction de la pauvreté tandis que le PNSAN lui se fixe pour objectif glo-
bal d’assurer une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable à l’horizon 2025. Le Bur-
kina a également élaboré et adopté récemment en décembre 2014 ses Priorités
Résilience Pays (PRP) en cohérence avec la feuille de route de l’initiative AGIR (Al-

28
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

liance Globale pour la Résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest) adoptée en Avril


2013 lors de la 28ème réunion annuelle du Réseau de prévention des crises alimen-
taires(RPCA).

Au Sénégal, entre 2010 et 2012, le pays avait lancé en cohérence avec le Programme
de Renforcement de la Nutrition, un programme conjoint « Nutrition Enfant et Sécurité
Alimentaire » dont l’objectif était de lutter contre la malnutrition et de renforcer la sé-
curité alimentaire dans les régions les plus affectées par la crise alimentaire (Tamba-
counda, Kédougou, Matam, Kolda, Sédhiou, Louga et Diourbel). En 2012, le Projet
d’Appui à la Sécurité Alimentaire (PASA) dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine
a été mis en œuvre dans le cadre du Programme Mondial pour l’Agriculture et la Sé-
curité Alimentaire (GAFSP) de l’USAID et le Programme National d’Investissement
Agricole (PNIA). Cette opération a été choisie de façon prioritaire par le Gouvernement
car elle s’inscrit parfaitement dans les objectifs stratégiques du PNIA et adresse aussi
les options de développement figurant dans la Stratégie de croissance accélérée
(SCA). Le Plan Reva (Retour vers l’agriculture) de 2006 qui traduit l’opérationnalisation
du Document stratégique de réduction de la pauvreté couvrant la période 2006 à 2015
est mis en œuvre avec pour objectif de créer les conditions d’un retour massif et du-
rable à la terre : plus de producteurs mieux implantés, c’est une production plus im-
portante, et une sécurité alimentaire mieux maîtrisée, ce qui est un préalable à tout
développement économique futur.

Au Ghana, le Ghana Shared Growth and Development Agenda (GSGDA II) 2014-2017
fait de l’agriculture un des secteurs pivots du développement de l’économie ghanéenne.
Le ministère de l’agriculture (Ministry of Food and Agriculture : MOFA) a mis en place
depuis 2002 le Food and Agriculture Sector Development Policy (FASDEP) qui propose
un plan de développement à long terme pour le secteur. Le nouveau volet FASDEP II,
depuis 2007, a réorienté les objectifs de cette politique cadre. Il prévoit d’améliorer la
productivité dans la chaine de valeur, de développer l’usage des technologies et des
pratiques soutenables pour l’environnement, et ce en essayant d’associer au maximum
le secteur privé. Le Medium Term Agriculture Sector Investment Plan (METASIP) oriente
la politique d’investissements public afin d’atteindre les objectifs fixés en matière de po-
litique agricole. Le programme en cours (2011-2015) vise notamment à atteindre les ci-
bles établies par l’ONU (Objectifs du Millénaire) en matière d’éradication de la faim
(réduire de moitié la part de la population souffrant de sous-nutrition entre 1990 et 2015).
Il prévoit une allocation de 10% du budget de l’Etat au secteur agricole et définit les
priorités en termes d’investissements. Ces politiques nationales sont en cohérence avec
les objectifs fixés par la politique agricole régionale de la CEDEAO (ECOWAP) adoptée
en 2005, elle même le prolongement du « Comprehensive Africa Agriculture Develop-
ment Program » (CAADP) lancé par le NEPAD (New Partnership for Africa’s develop-
ment) en 2003.

A l’analyse de ces différentes politiques et stratégies nationales ou régionales, le


constat qui se dégage est que la question des pertes post-récolte et de sa réduction
n’ont pas été abordées. Les retards accusés par la plupart des pays pour atteindre les
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et les objectifs du Sommet mon-
dial de l’alimentation (SMA) sur la faim a récemment suscité un regain d’intérêt des
gouvernants africains pour l’éradication de la faim. Cela s’est traduit par la Déclaration

29
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

de Malabo 2014 sur la Croissance agricole accélérée, la Transformation pour une pros-
périté partagée et les moyens de subsistance améliorés adoptée par les chefs d’Etat
et de Gouvernement de l’Union africaine (UA). Une stratégie de mise en œuvre et une
feuille de route ont été élaborées et définissent un ensemble d’actions stratégiques
qui visent toutes à réaliser le changement requis pour atteindre la vision 2025 pour
l’agriculture africaine. Cette déclaration a identifié, pour ce faire, sept engagements
spécifiques dont l’engagement 3 qui vise à éradiquer la faim à l’horizon 2025 définit la
réduction des pertes post-récoltes (PPR) de moitié au moins comme l’un des objectifs
à atteindre.

La mise en œuvre d’actions fortes pour la réalisation de cet engagement nécessite de


disposer des informations suffisantes pour évaluer l’ampleur de ces pertes et définir
les stratégies appropriées pour les réduire.

30
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

CHAPITRE II : REVUE SUR LES APPROCHES METHODOLOGIQUES


D’ESTIMATION DES PERTES POST-RECOLTE ET METHODOLOGIE
DE L’ETUDE
2.1. Cadre théorique de l’étude : définition sur les pertes post-récolte
Les définitions sur les pertes post-récolte sont abondantes dans la littérature et sont
complémentaires les unes des autres.

Dans le cadre de cette étude, les pertes alimentaires post-récolte ont été définies
comme «les produits agricoles destinés à la consommation humaine qui sont perdus
au cours du système post-récolte, depuis la récolte jusqu’à la commercialisation en
passant par le séchage, le battage ou le décorticage, le stockage, la transformation et
le transport ; ils sont mesurables en termes quantitatifs et qualitatifs». Cette définition
tire son origine de deux définitions : celles de l’USAID et de la FAO. Selon l’USAID
(2013), les pertes alimentaires post-récolte se définissent comme les produits
agri¬coles perdus à n’importe quelle étape du processus qui va de la récolte à la com-
mercialisation en passant par le séchage, le stockage, la transforma¬tion, l’emballage
et le transport. Pour la FAO (2012), les pertes alimentaires correspondent à la diminu-
tion de la masse des denrées alimentaires comestibles constatée dans le segment de
la chaîne alimentaire où sont précisément produits des aliments comestibles destinés
à la consommation humaine. Les pertes constatées en bout de la chaîne alimentaire
(distribution et consommation finale) sont généralement appelées «gaspillage alimen-
taire», se référant au comportement des distributeurs et des consommateurs.

Seules seront analysées, les pertes de quantité (ou de masse) par dispersion ou par
dégâts causés par des ravageurs.

2.2. Revue des méthodes d’estimation des pertes post-récolte


D’une manière générale, les données sur l'ampleur de la perte post-récolte à chaque
maillon de la chaîne proviennent principalement de la littérature scientifique. Ces
maillons de la chaîne post-récolte considérés portent sur:
• la récolte/séchage au champ (bord champ par exemple) ;
• le transport (vers le ménage et vers le marché) ;
• le séchage ;
• le battage / décorticage ;
• le vannage ;
• le stockage (au sein du ménage et au marché).

En ce qui concerne l'estimation des pertes de poids post-récolte, le processus est long
et coûteux. Par conséquent, il n’est donc pas réalisable pour un seul programme ou
projet de développement de pouvoir mesurer les pertes à chaque maillon de la chaîne
post-récolte. Par contre si cette estimation est utilisée comme un moyen d’évaluer l’im-
pact d’un projet, elle ne concernera qu’un seul maillon de la chaîne post-récolte ce qui
apparait alors plus pertinent.

31
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Même dans les limites définies d’une culture/ type d’aliment, localité, niveau de techno-
logie et saison unique, la mesure exacte des pertes post-récolte est un problème com-
plexe. Les facteurs causaux des pertes de divers types de cultures dans divers
environnements sont extrêmement variés et interconnectés. Les systèmes agricoles et
leurs filières alimentaires associées incluent de nombreuses variables humaines qui ne
peuvent pas aisément être contrôlées dans la conception de la recherche, de même que
des facteurs exogènes pouvant influencer les estimations de pertes» (Boto et al. 2012).
Dans la littérature décrivant les pertes post-récolte de céréales, la majorité des esti-
mations de pertes concerne le stockage. Les chiffres de pertes pour d'autres maillons
de la chaîne sont relativement rares pour deux raisons principales : La première est
que l'évaluation des pertes a été faite en général quand il y’avait un projet pour amé-
liorer réellement un aspect du système de post-récolte et les liens autres que le
stockage ont rarement fait l'objet d’étude par ces projets. La seconde raison est liée à
la difficulté même de faire ces estimations.

2.2.1. Méthode technique de laboratoire pour l’évaluation des pertes au


stockage
Elle est la première technique qui a été développée pour évaluer les pertes post-récolte
notamment pour le stockage des céréales. C’est une technique conduite par des cher-
cheurs qui entreprennent des mesures détaillées des pertes de poids, dans les
champs, les magasins des agriculteurs et dans les entrepôts, etc. par le biais des
échantillons prélevés et analysés au laboratoire. Ces techniques sont très fastidieuses
et coûteuse mais sont généralement plus précises (pesée des échantillons, comptage
des grains, détermination des teneurs en humidité, etc.). Elles présentent également
plusieurs autres inconvénients : les échantillons à prélever pour être traités et analysés
sont relativement faibles. En outre les échantillons de céréales prélevés auprès de
plusieurs types d’acteurs (producteurs, commerçants, etc.) ne sont généralement pas
restitués aux propriétaires qui ne sont pas parties prenantes de l'évaluation de la perte
et ne bénéficient pas le plus souvent du partage des résultats de l'analyse. Conscient
donc de cette situation, les chercheurs ont, à partir des années 1990, décidé de pas-
ser des techniques pures de laboratoire à des méthodes plus rapides d’estimation ap-
pelées « Echelles visuelles ».

2.2.2. Méthode de « l’échelle visuelle » pour l’évaluation des pertes au


stockage
Elle est la seconde technique utilisée pour évaluer les pertes post-récolte également
au stockage. C’est une technique qui est mise en œuvre sur le terrain avec la partici-
pation des propriétaires des céréales prélevées au sein des différentes unités d’échan-
tillonnage. Les avantages liés à cette approche sont les suivantes :
- permet d’éviter le retour des échantillons au laboratoire ;
- permet le gain de temps lié aux analyses de laboratoire ;
- permet d’augmenter le nombre d'échantillons à évaluer ;
- permet de restituer les céréales aux propriétaires ;
- permet d’impliquer les agriculteurs dans l'évaluation ;
- permet de lier à la fois l'évaluation des pertes de poids et de la qualité (valeur)
des pertes.

32
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Une échelle visuelle peut être utilisée pour appuyer l'évaluation des pertes à tout seg-
ment de la chaîne post-récolte où il y’a une biodégradation ; mais la méthode ne fournit
pas des mesures de pertes dues à la dispersion des grains ou entièrement détruits
par les rongeurs, fourmis, etc. En outre, elle peut être liée à un questionnaire d’en-
quêtes conçu de façon à ce que ces deux méthodes soient complémentaires et capa-
bles de fournir des données plus fiables pour l’estimation des pertes ; ce qui justifierait
par ailleurs son utilisation par le système d’information Africain sur les pertes post-ré-
colte (APHLIS en anglais : African Postharvest Losses Information System).

2.2.3. Enquête par questionnaires auprès des agriculteurs et des com-


merçants
Elle est essentielle pour avoir une meilleure compréhension du contexte de l’étude et
lier les mesures effectives des pertes obtenues au système de production agricole du
ménage. L’enquête par questionnaire est une méthode relativement plus rapide, mais
généralement considérée comme moins précise en s’appuyant sur les déclarations
des personnes interrogées (opinions influencées par la façon dont les questions sont
posées, biais introduit par la personne interrogée qui peut penser avoir des avantages
en déclarant des pertes plus ou moins importantes, etc.).

2.2.4. Méthodes d’évaluation des pertes post-récolte autre que le


stockage
Les méthodes d'évaluation existantes des pertes post-récolte autre que le stockage
donnent des orientations générales plutôt qu’une description détaillée sur la façon de
les conduire. La revue de la littérature a permis d’établir la situation ci-dessous.

[Link]. Estimation des pertes à la récolte


Les pertes à la récolte proviennent en général de deux sources : (i) la dispersion liée à
la combinaison de plusieurs facteurs dont la méthode de récolte, le type et la variété de
la culture et sa maturité ; (ii) la graine qui n’est pas récoltée et qui reste sur la plante.
L’évaluation des pertes à la récolte est potentiellement un processus très long ; l'ap-
proche de base consiste à mesurer le rendement potentiel à la récolte et d'exprimer la
perte en pourcentage de la nourriture disponible à la récolte, de sorte que la perte en
pourcentage du rendement réel soit justifiée. Le rendement potentiel pouvant être obtenu
soit par la récolte d’une parcelle échantillon en évitant les pertes par éparpillement ou
en laissant des graines sur les pieds de la plante ; soit en glanant les graines tombées
au sol et les graines restées attachées à la plante, puis en les ajoutant au rendement
réel en graines battues.

Les pertes qui se produisent au cours de la mise en moyettes et à l'empilement des


graines au niveau du champ sont incluses dans le cadre de l'opération de récolte.
L'ampleur de ces pertes est déterminée par une approche simple qui consiste à placer
une feuille de plastique sous les piles ou moyettes et peser les graines qui s’y accu-
mulent.

33
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

La perte peut être alors calculée de la façon suivante :

% perte récolte

(Perte liée à la mise en moyette) (ou empilment)


100x
production potentiel

[Link]. Estimation des pertes liées au séchage

Deux situations peuvent se présenter :


• Séchage sur des plateformes spécifiques
Avant le battage, les graines peuvent être soumises à un séchage supplémentaire et
les panicules ou les tiges portant les graines peuvent être accrochés sur des étagères
ou placés sur des plates-formes spécialement construits pour le séchage. Dans ce
cas, on se situerait dans une situation de stockage de céréales et la perte pourrait être
déterminée par l'utilisation des échelles visuelles pour estimer les pertes dues à la bio-
dégradation, bien qu’un film plastique puisse être utilisé pour recueillir des grains dis-
persés.
• Séchage à l’air libre
Pour mesurer les pertes physiques de céréales liées au processus de séchage, les
quantités de graines soumises au séchage et celles obtenues en fin d’opération peu-
vent être mesurées. Par exemple, les graines peuvent être pesées avant et après le
séchage au soleil et la différence serait la perte due à l’éparpillement accidentel, le
prélèvement par les oiseaux, la dispersion par le vent, etc. Il est important de se rap-
peler que les pertes au séchage ne comprennent pas les changements dans la teneur
en humidité, de sorte que les poids de graines avant et après séchage doivent être
adaptés à la teneur en humidité standard.

[Link]. Estimation des pertes liées au battage/décorticage


Les pertes au battage peuvent survenir lorsque le battage est incomplet (c’est-à-dire
que des graines restent sur les épis ou les panicules), les graines sont dispersées et
renversées, ou encore, sont endommagées durant le processus.

On peut évaluer des graines restées sur les épis ou les panicules en réalisant un
échantillonnage au hasard des épis ou des panicules après le battage afin de procéder
au comptage et la pesée des graines restées. Par la suite et pour des besoins de com-
paraison, un autre échantillon constitué du même nombre d’épis ou de panicules de
la même taille que l’échantillon précédent, est soigneusement battu afin que le poids
des graines après battage complet soit connu.

La perte de poids est exprimée par le poids de l'échantillon restant après battage en
pourcentage du poids des graines battues complètement :

%pertes battage=

(Poids des grains de l'échantillon restant après battage )


100X
(Poids des grain de l'échantillon battu complètement)

34
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Pour estimer les graines dispersées pendant le battage, une grande feuille de plastique
peut être déposée sur une large surface afin de recueillir les graines de céréales dis-
persées pour ensuite procéder à leur pesée. Dans ce cas la perte doit être exprimée
en termes de poids de graines dispersées par rapport au poids total de graines battues
complètement et des graines dispersées.

[Link]. Estimation des pertes liées au vannage


Les pertes liées au vannage proviennent de la dispersion ou de l’éparpillement des
graines. La perte sera également calculée par le rapport entre le poids des graines
dispersées ou éparpillés recueillies et les poids des graines vannées avec succès (en
additionnant le poids des graines dispersées à celui obtenu après vannage).

[Link]. Estimation des pertes liées au transport


La mesure des pertes durant le transport requiert une collecte minutieuse des grains
dispersés ou la pesée des sacs de grains aux deux extrémités géographiques du pro-
cessus de transport. Les pesées au départ et à l’arrivée constituent les options les
plus faciles à condition de disposer de balances de précision et de la main d’œuvre.
Si le transport est relativement rapide, par exemple fait dans un délai de 24 heures,
aucun ajustement de changement de la teneur en humidité n’est requis. Dans le cas
contraire, les poids avant et après le transport doivent être ajustés à la teneur en hu-
midité standard (14%).

[Link]. Estimation des pertes liées à la transformation


Ce sont les pertes dues aux rejets et aux détériorations durant les opérations de trans-
formation (pour notre cas semi-industrielle et domestique) comme, par exemple, la
production de farine. Des pertes peuvent être générées quand des produits des ré-
coltes sont rejetés parce qu’impropres aux opérations de transformation, ou bien pen-
dant les opérations de lavage, d’épluchage, de découpage, de cuisson ou encore suite
à des interruptions dans les opérations de transformation ou de cas de rejets acci-
dentels.

Les pertes seront estimées par le rapport à la quantité prélevée de la matière première
avant transformation et la quantité matière première correspondante au produit trans-
formé (à partir du coefficient de conversion) ou de la quantité de la matière première
perdue au cours du processus de transformation.

[Link]. Estimation des pertes liées à la consommation


Au niveau du segment de la consommation, il s’agit des pertes et gaspillages constatés
au stade de la consommation par les ménages et il n’existe pas de méthode harmonisée
de mesure de gaspillage alimentaire1 . Parmi les méthodologies contemporaines utili-
sées pour quantifier le gaspillage alimentaire, citons : (i) La pesée des aliments gaspillés
dans les ménages ; (ii) L’utilisation de journaux afin d’évaluer le gaspillage alimentaire
et le comportement des consommateurs ; (iii) Les excavations archéologiques des dé-

1
Koivupuro H.K. 19 October 2011. FOODSPILL - Food Wastage and Environmental Impacts, [Link]
[Link]/henvi/yvv/esitykset/[Link] , p. 8

35
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

charges pour déterminer les niveaux historiques de gaspillage alimentaire (iv) L’utilisa-
tion de modèles statistiques liés au métabolisme et à la masse corporelle de la popu-
lation (v) L’estimation de l’impact environnemental du gaspillage alimentaire, y compris
les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou le gaspillage de l’eau.

2.3. Démarche méthodologique de l’étude sur les pertes post-récolte


La méthodologie qui a été adoptée pour l’estimation des pertes post-récolte aux seg-
ments de la chaîne alimentaire a combiné l’enquête par questionnaire auprès des prin-
cipaux acteurs concernés (ménages agricoles, commerçants, transformateurs, et
Institutions et Organisations des Producteurs) à la méthode de « l’échelle visuelle ».
D’une manière générale, la méthodologie de l’étude a suivi les étapes suivantes :

2.3.1. Phase préparatoire

[Link]. Phase de cadrage et de développement de la méthodologie


Au démarrage de l’étude, sur la base d’un document de travail, un atelier technique
des responsables régionaux et nationaux de l’étude d’harmonisation de la méthodo-
logie a été organisé par l’équipe technique de l’Institut du Sahel. La proposition mé-
thodologique initialement soumise a été davantage approfondie pour fournir tous les
détails nécessaires à son opérationnalisation par l’équipe de consultants nationaux
des pays concernés par l’étude. En outre, les différents outils de collecte de données
ont été élaborés et ont servi de base d’échanges avec les consultants nationaux au
cours de l’atelier technique.

[Link]. Mise en place de l’équipe chargée de l’étude


L’équipe qui a conduit l’étude sur le terrain était composée de trois consultants nationaux
comprenant un ingénieur statisticien pour le Burkina Faso et de deux agroéconomistes
pour le Sénégal et le Ghana. L’ensemble de ces consultants nationaux était coordonné
par un Consultant régional. Au sein de l’INSAH, une équipe technique coordonnée par
le Chef du Département Etudes et Recherches en Agriculture, Environnement et Mar-
chés (DREAM) a été mise en place pour assurer la supervision de l’étude.

2.3.2. Organisation des ateliers techniques


Un atelier technique de cadrage regroupant l’équipe de consultants et l’équipe tech-
nique de l’INSAH a été organisé les 12 et 13 janvier 2015 à Ouagadougou. Cet atelier
a permis de valider la méthodologie détaillée et harmoniser la compréhension sur sa
mise œuvre dans les pays respectifs. Aussi, les outils de collecte- les questionnaires-
ont été revus puis validés.

A l’issue de cet atelier technique de cadrage, les consultants nationaux ont organisé
dans leurs pays respectifs, un atelier technique avec l’ensemble des acteurs de la
chaîne post-récolte concernés par l’étude (organisations des producteurs, des com-
merçants et des Institutions intervenant dans la gestion des stocks de produits agri-
coles, services techniques du gouvernement) : Burkina Faso le 09 février 2015,
Sénégal le 18 Février 2015 et Ghana le 13 Février 2015. Ces ateliers ont permis de
mobiliser ces principaux acteurs autour de cette étude, collecter des données com-

36
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

plémentaires et d’autres sources d’informations secondaires et recueillir leurs recom-


mandations pour la réussite de cette initiative.

Les échanges au cours de ces ateliers ont permis de disposer au Burkina Faso, des
données sur les catégories de produits ainsi que les normes de qualités et les taux de
pertes utilisés par la Confédération des Producteurs du Faso (CPF). Au Sénégal, les
échanges avec les acteurs ont permis d’aboutir à la détermination de critères de qualité
des produits et à une estimation des pertes susceptibles d’être enregistrées. Au niveau
du Ghana, les « échelles visuelles » ont été construites pour chaque produit à étudier
et les échantillons transmis au laboratoire pour la détermination des taux de pertes
(voir annexe).C’est à l’issue de ces ateliers techniques que le processus d’organisation
et de mise en œuvre de l’enquête a été effectif.

2.3.3. Méthodologie et champ de l’enquête


Les unités statistiques définis et à enquêter sont les ménages agricoles, les transfor-
mateurs, les commerçants et les institutions de gestion des stocks de denrées alimen-
taires. Huit (8) produits étaient à considérer dans chaque pays. Il s’agit de : le riz, le
maïs, le sorgho, le mil, le manioc, le niébé, l’arachide et l’igname ; ce dernier produit
n’étant pas été retenu pour le Sénégal.

Pour les ménages, un sous échantillon a été constitué à partir de la base de sondage
des enquêtes agricoles nationales des pays pour la campagne agricole 2014-2015. Il
s’agit de l’Enquête Permanente Agricole (EPA) pour le Burkina Faso, de l’enquête agri-
cole de la Direction de l'Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA)
du Sénégal et de l’enquête du SRID (Statistics, Research and Information Directorate)
au Ghana. Les autres acteurs ont été identifiés et choisis à partir d’une liste lorsqu’elle
est disponible ou directement sur le terrain selon la méthode « boule de neige ».

Pour plus d’efficacité et en tenant compte de la spécificité des zones agro-écologiques,


le champ d’enquête a concerné seulement les grandes zones de production des pro-
duits ciblés répartis dans ces zones suivant le découpage administratif (Province pour
le Burkina, Département pour le Sénégal et District au niveau du Ghana). Les cinq (5)
zones agro-écologiques définis au Burkina Faso par le ministère en charge de l’agri-
culture en 2005 ont été utilisés (carte 2).

37
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Carte 2: Localisation de l’échantillon de l’enquête au Burkina Faso


Au niveau du Sénégal (carte 3) et du Ghana (carte 4) respectivement six (6) et quatre
(4) zones agro-écologiques ont été considérés. La répartition de l’échantillon a été
faite proportionnellement à la production de chaque spéculation et avec des ajuste-
ments d’au moins 30 observations par produit.

Carte 3: Localisation de l’échantillon de l’enquête au Sénégal

38
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Carte 4: Localisation de l’échantillon de l’enquête au Ghana

[Link]. Taille de l’échantillon


La taille de l’échantillon à enquêter pour les ménages agricole a été déterminée par la
formule suivante :

(t2*P(1-P) (1+r)*eff
e2
ndef=

Avec : e (marge d’erreur)=5%; t (statistique de Student) =1, 96 pour un niveau de


confiance égale à 95% ; eff (effet de sondage) = 2 ; r (taux de non réponse) = 0,05 ;
ndef : taille de l’échantillon final. P : représente l’estimation de la proportion des pertes
post-récolte. Une valeur moyenne de 16,5% utilisée pour le Burkina Faso et le Sénégal
(les variations des pertes étant comprises entre10 et 23% selon l’étude prospective
sur les pertes post récoltes, (CILSS, 2014). Pour le Ghana, en l’absence de données,
le taux de pratique des différentes spéculations faisant l’objet de l’étude a été utilisé et
s’établissait à 85% des ménages ruraux.

L’application numérique a donné une taille de l’échantillon de 445 ménages pour le


Burkina Faso et le Sénégal, et de 414 pour le Ghana.

Pour les autres acteurs (commerçants, transformateurs, organisations de producteurs


et Institutions), la taille de l’échantillon a été définie de façon à assurer une représen-
tativité de la typologie des différents acteurs et en tenant compte des ressources dis-
ponibles (humaines, financières, techniques). Elle a été fixée à 120 commerçants et

39
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

120 transformateurs à enquêter au Burkina Faso, 84 commerçants et 84 transforma-


teurs au Sénégal et 107 commerçants et 107 transformateurs au Ghana. Notons que
pour chaque acteur, outre la première culture pour laquelle il a été sélectionné pour
être enquêté, une seconde culture a été également considérée afin d’améliorer les es-
timations sur les pertes (tableau 2).

Tableau 2 : Répartition de l’échantillon par acteurs et par produit

Produits Burkina Faso Sénégal Ghana

M T C M T C M T C

Sorgho 123 30 30 58 12 12 38 12 12

Mil 64 20 20 101 12 12 40 12 12

Mais 54 10 10 69 12 12 79 16 16

Riz 35 10 10 45 12 12 40 12 12

Céréales 276 70 70 273 48 48 197 52 52

Igname 35 10 10 0 0 0 57 16 16

Manioc 60 20 20 61 12 12 57 15 15

Tubercules 95 30 30 61 12 12 114 31 31

Niébé 35 10 10 46 12 12 45 12 12

Arachide 39 10 10 65 12 12 58 12 12

Légumineuses 74 20 20 111 24 24 103 24 24

TOTAL 445 120 120 445 84 84 414 107 107

M=ménages, T= transformateurs, C=commerçants

A l’issue de la mise en œuvre de l’enquête, la quasi-totalité des ménages a été enquêté :


99% de taux de réalisation au Burkina et 100% au Sénégal et au Ghana. Globalement,
l’enquête a couvert au Burkina Faso 5 régions agro-écologiques, 10 provinces et 76
villages, au Sénégal 6 régions agro-écologiques, 8 départements et 89 villages et au
Ghana 5 régions agro-écologiques, 7 districts et 40 villages.

Pour les autres acteurs, c’est un échantillon total de 120 commerçants et 120 trans-
formateurs qui a été effectivement enquêté au Burkina Faso (soit 100% de réalisation).

40
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au niveau du Sénégal, les échantillons ont été couverts également à 100% ; au Ghana
les taux de réalisation étaient par contre de 96% pour les commerçants et 100% pour
transformateurs.
Par ailleurs, afin de disposer des informations sur les stocks institutionnels, des entre-
tiens ont été réalisés auprès des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) et
des Institutions de gestion des stocks. Une dizaine d’Institutions et d’OP ont pu être
interviewés.

[Link]. Tirage des unités à enquêter


Seuls les ménages agricoles ont fait l’objet de tirage à partir de la base de sondage
disponible. La méthode de sondage de la plupart des enquêtes agricoles des pays où
l’étude est réalisée, est un sondage à deux degrés. Le premier degré étant constitué
par les unités primaires que sont les villages ou zone de dénombrement, et le second
degré par les unités secondaires que sont les ménages agricoles.
Dans le cadre de cette étude qui concerne un sous échantillon des enquêtes agri-
coles, les unités primaires que sont les villages ont été tirées de façon aléatoire. Une
fois le village tiré tous les ménages échantillons de l’enquête sont concernés par l’en-
quête ou choisis en tenant compte de la culture pour laquelle le village a été tiré.

2.3.4. Organisation de la collecte des données


La collecte des données a été assurée dans les pays par une équipe constituée de 12
enquêteurs, 3 contrôleurs et de 1 superviseur à l’issue d’une formation de deux jours.
La durée de la collecte des données était de 15 à 20 jours.
Le questionnaire de collecte était de quatre types (avec chacun trois sections diffé-
rentes) et correspondants aux différents groupes d’acteurs à enquêter :
• Le questionnaire ménage agricole :
- Identifiant du ménage : Zone agro écologique, localisation, nom, etc.
- Caractéristiques sociodémographiques du ménage : genre, genre, niveau d’ins-
truction, état matrimonial, type de spéculation produite, etc. ;
- Caractéristiques et estimation des pertes post-récolte : caractéristiques des diffé-
rentes opérations post-récolte allant de la récolte et transport, en passant par le
battage, le vannage, le stockage, la transformation, la consommation et la per-
ception des ménages sur les pertes post-récolte.
• Le questionnaire commerçant :
- Identifiant du ménage : Zone agro écologique, localisation, type de commerçant, etc.
- Caractéristiques du commerçant : genre, niveau d’instruction, état matrimonial,
types de produits commercialisés, etc.
- Processus d’acquisition et pertes liées à la commercialisation des produits agri-
coles : sources d’approvisionnement, moyens de transport, durée de stockage,
estimation des pertes au transport et au stockage, etc.
• Le questionnaire transformateur :
- Caractéristiques du responsable de l’unité de transformation : genre, niveau d’ins-
truction, état matrimonial, types de produits transformés, etc.
- Processus d’acquisition et pertes liées à la transformation des produits agricoles
: expérience dans la transformation, principales sources d’approvisionnement,
moyens de transport, estimation des pertes au transport et au stockage, etc.

41
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

• Guide d’entretien avec les Institutions et les Organisation des Producteurs :


portant sur les caractéristiques des produits stockés, le processus d’acquisition et les
pertes enregistrées au stockage.

2.3.5. Saisie, traitement et analyse des données


Pour la saisie des données une équipe constituée en moyenne de cinq (5) agents de
saisie, un (1) contrôleur de saisie et un (1) superviseur a été mise en place dans
chaque pays. Le logiciel CSPro (Census and Survey Processing System) a été utilisé
pour la conception du masque de saisie pour sa compatibilité avec SPSS et STATA
mais aussi la facilité d’introduire des procédures de contrôle afin de limiter les erreurs
de saisie. La durée de la saisie a été de dix (10) jours en moyenne. C’est à l’issue de
la saisie que les données ont été traitées pour être analysées.

Notons que pour l’estimation proprement dite des pertes au niveau du stockage, les
valeurs des pertes estimées à travers les « échelles visuelles » ou « les normes de
qualité » définies par les acteurs ont été injectées dans la base de données pour être
utilisées. Pour les autres maillons de la chaîne post-récolte, le calcul des pertes pour
chaque spéculation a été fait conformément à la méthodologie décrite précédemment
à partir des bases de données de l’enquête. L’estimation des pertes quel que soit le
maillon, prend en compte les deux (2) principales cultures pour lesquelles le ménage
a été enquêté.

Les résultats des analyses ont par la suite été exportés vers Excel pour la production
des différents graphiques et la préparation des rapports pays. Pour le cas spécifique
du maillon récolte, la perte a été calculée de la façon suivante :

% de perte à la récolte = rapport de la production susceptible d’être ramassé ou glané


sur le champ après la phase de récolte et la production réelle (production récoltée y
compris la production ramassée ou glanée).

Par ailleurs, la perte totale cumulée de la production (tous maillons confondus) a été
calculée par le ratio entre la somme totale (en quantité) des pertes de tous les maillons
et la production réelle estimée par type ou groupes de culture (de la récolte à la trans-
formation).

2.3.6. La synthèse régionale


La synthèse a été réalisée à partir des rapports pays préparés par les consultants na-
tionaux (Bidzakin, 2015, Guissou, 2015 et Touré, 2015) et à partir d’autres analyses
complémentaires effectuées par le consultant régional. Notons que chaque rapport
pays a fait l’objet de validation au cours d’un atelier national qui a regroupé l’ensemble
des parties prenantes qui ont été impliquées dans le processus, dès son démarrage.

42
DEUXIEME PARTIE :
RESULTATS DE L’EVALUATION DES PERTES
POST-RECOLTE AU BURKINA FASO,
AU SENEGAL ET AU GHANA
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

CHAPITRE III : PROFILS SOCIODEMOGRAPHIQUES DES DIFFERENTS


ACTEURS ETUDIES DANS LA CHAINE POST-RECOLTE AU BURKINA
FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA
3.1. Caractéristiques sociodémographiques des ménages agricoles
Pour l’ensemble des ménages agricoles qui ont été concernés par l’étude, la prédo-
minance des ménages dirigés par les hommes en milieu rural est constatée dans tous
les pays. En effet, comme le montre le tableau 3, la proportion des ménages dirigés
par des hommes est de 97,5 % contre seu-lement 2,5 % de femmes au Burkina, 98%
contre 2% au Sénégal et 91,6% contre 8,4% au Ghana.
L’analyse du statut matrimonial des chefs de ménages montre que la majorité est ma-
riée (soit 97,3% au Burkina, 99,1% au Sénégal et 89,1% au Ghana). La plupart des
ménages enquêtés ne sont pas alphabétisés notamment au Burkina (65%) et au
Ghana (52,0%). On note au Sénégal une proportion relativement importante de mé-
nages ayant fait l’école coranique (39,1%).
L’âge moyen des chefs de ménage enquêtés est de 47ans, 54 ans et 46 ans au Bur-
kina, au Sénégal et au Ghana respectivement. On note que les chefs de ménages au
Sénégal sont relativement plus âgés que ceux des deux autres pays et sont en général
des ménages de grande taille (18 personnes en moyenne) ; la taille moyenne des mé-
nages enquêtés au Burkina et au Ghana étant respectivement de 13 et 11 personnes.

Tableau 3 : Caractéristiques sociodémographiques des ménages


Burkina Sénégal Ghana
Sexe du chef de
Masculin 97,5% 98% 91,6%
ménage
Féminin 2,5% 2% 8,4%
Célibataire 0,3% 5,4%
Etat matrimonial Marié(e) 97,3% 99,1% 89,1%
du chef de Veuf (ve) 2,1% 0,2% 3,5%
ménage
Divorcé 0,2% 2,0%
Union libre 0,3% 0,5%
Non alphabétisé 65,0% 24,1% 52,0%
Alphabétisé 8,6% 11,2%
Primaire 14,6% 14,9% 11,0%
Niveau d'instruction
Ecole rurale 2,2% 3,0% 13%
Medersa 4,1% 39,1% 6,4%
Secondaire 5,5% 5,5% 12,0%
Supérieur 2,2% 6,0%
Age moyen (ans) 47 54 46
Taille moyenne
13 18 11
du ménage

44
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

3.2. Activités économiques des ménages agricoles


L’analyse des principales sources de revenu régulier des ménages montre (Tableau
4) que plus de la moitié des ménages enquêtés au Burkina (51%) tire leur principale
source de revenu dans les activités agro-sylvo-pastorales. Les activités de commerce
sont également citées par les ménages (34,8%) comme étant la seconde source de
revenus. Ce constat est également fait au Sénégal et au Ghana où cette proportion
de ménages ayant comme première source régulière de revenu les activités Agro-
sylvo-pastorale est plus importantes (83,6% et 79,7% respectivement).

Tableau 4 : Sources de revenus des ménages

Burkina Faso Sénégal Ghana

Aucun 2,9% 5,1% 2,2%

Salaire 3,0% 4,2% 6,7%


Pension/retraite 0,7% 0,8% 1,2%
Bourse/aide 0,0% 0,0% 0,2%
Travail
1ère source de revenu 12,2% 1,4% 0,7%
rémunéré
Activité
13,8% 3,7% 5,2%
commerciale
Loyer 0,0% 0,0% 0,2%
Transfert 3,9% 0,8% 1,7%
Agro-sylvo-pas-
52,1% 83,6% 79,7%
toral
Autre 11,5% 0,3% 2,0%

Aucun 9,6% 14,2% 25,0%

Salaire 1,5% 4,6% 2,6%


Pension/retraite 0,6% 3,5% 0,7%

Bourse/aide 2,0% 1,5% 1,6%


Travail
11,4% 19,6% 5,9%
2 ème
source de revenu rémunéré
Activité
34,8% 38,1% 18,8%
commerciale
Loyer 0,0% 0,4% 3,6%
Transfert 12,5% 8,8% 7,6%
Agro-sylvo-pas-
14,9% 7,7% 16,1%
toral
Autre 12,8% 1,5% 18,1%

45
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Une analyse des spéculations produites par les ménages enquêtés au cours de la der-
nière campagne agricole 2014-2015 fait le constat suivant selon les pays (figure 1) :

- Plus de la moitié des ménages agricoles au Burkina ont pratiqué les cultures céréa-
lières. Le taux de pratique varie de 51,5% pour le riz à 87,5% pour le maïs. Cela ré-
vèle l’importance des cultures céréalières dans la vie de ces ménages. Elles
constituent donc les principaux produits de consommations de base de la population
burkinabè et la majorité des terres sont favorables pour ces cultures. Pour ce qui est
de la culture des tubercules, peu de ménages s’y sont consacrés pendant la cam-
pagne agricole 2014-2015. A ce niveau, 11,8% et 17,3% des ménages ont cultivé
respectivement le manioc et l’igname. Cela s’explique par le fait que ces tubercules
ne constituent pas des produits de consommation de base, et qu’en plus leur culture
demande des terres spécifiques. Quant à l’activité de production des légumineuses,
elle a été pratiquée par près de 80% des ménages agricoles lors de la campagne
agricole 2014-2015. En effet, 83,2% des ménages ont cultivé l’arachide contre 77,8%
pour le niébé. Ce sont des produits de rente souvent exportés pouvant procurer des
revenus monétaires aux ménages agricoles.
- Au Sénégal, le taux de pratique des céréales était plus important pour le maïs (50%
des ménages) et le mil (66% des ménages). L’arachide qui constitue la principale
culture de rente et d’exportation du pays, est la plus répandue avec 78% des mé-
nages qui l’ont pratiqué. Le niébé, le manioc et le riz sont les spéculations les moins
pratiquées par les ménages agricoles enquêtés avec des taux de pratique de 24%,
18% et 15% respectivement.
- Au Ghana, le maïs reste la principale culture céréalière la plus répandue avec un
taux de pratique de 66,2% chez les ménages enquêtés. Le sorgho constitue la se-
conde culture céréalière avec un taux de pratique de 31,1% chez les ménages en-
quêtés.

Figure 1: Taux de pratique des cultures-campagne agricole -2014-2015

46
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Comme le montre le tableau 5, l’analyse de la répartition des ménages selon les su-
perficies exploitées au cours de la campagne agricole 2014-2015 indique que pour
les cultures céréalières- dans une moindre mesure pour la culture du riz – et celle des
légumineuses, la majeure partie des ménages enquêtés du Burkina ont exploité des
superficies supérieures à 1 ha. Pour les cultures de tubercules, 81,5% des ménages
exploitent 1 à 2 ha pour l’igname contre 37,9% pour le manioc.

Tableau 5 : Répartition des ménages en % selon les superficies exploitées-Burkina Faso

Cultures 0 à 0,25 ha 0,25 à 0,5 ha 0,6 à 0,9 ha 1 à 2 ha plus de 2 ha

Sorgho 0,1% 1,9% 2,9% 27,4% 67,7%


Mil 0,1% 2,2% 0,4% 23,6% 73,7%
Mais 0,1% 0,9% 0,5% 23,9% 74,6%
Riz 3,8% 18,4% 4,0% 34,8% 38,9%
Céréales 0,5% 3,1% 1,6% 26,1% 68,7%
Igname 0,0% 6,0% 0,0% 81,5% 12,5%
Manioc 0,0% 11,5% 0,3% 37,9% 50,3%
Tubercules 0,0% 9,5% 0,2% 54,1% 36,2%
Niébé 2,9% 8,4% 12,0% 43,1% 33,7%
Arachide 0,1% 0,5% 1,3% 13,2% 84,9%

Légumineuses 0,5% 1,6% 2,8% 17,3% 77,8%

Chez les ménages enquêtés au Sénégal, comme le montre le tableau 6, la majorité


(plus de 80%) a exploité plus de 2 ha. Cependant très peu de mé-nages ont exploité
de petites superficies de moins de 0,25 ha et représentent moins de 1%. La proportion
des ménages exploitant des superficies comprises entre 0,5 et 2 ha varie de 11,3%
(mil) à 24,2% (sorgho) pour les céréales et moins de 10% pour le manioc et les légu-
mineuses.

47
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 6 : Répartition des ménages en % selon les superficies exploitées- Sénégal

Moins de 0,25 ha 0,25 à 0,5 ha 0,5 à 2 ha Plus de 2 ha


Sorgho 0,0% 0,7% 24,2% 75,0%
Mil 0,0% 0,1% 11,3% 88,6%
Maïs 0,0% 0,9% 19,2% 79,9%
Riz 0,0% 0,9% 13,9% 85,2%
Céréales 0,0% 0,7% 17,2% 82,2%
Manioc 0,3% 0,4% 7,2% 92,1%
Tubercules 0,3% 0,4% 7,2% 92,1%
Niébé 0,8% 0,5% 4,9% 93,8%
Arachide 0,1% 0,1% 3,7% 96,1%
Légumineuses 0,5% 0,3% 4,3% 95,0%

Chez les ménages enquêtés au Ghana, l’analyse du tableau 7 montre que les super-
ficies exploitées varient pour la plupart entre 0,6 ha et 2 ha. Au niveau des céréales,
les superficies de grande taille varient entre 1 et 2 ha et se rencontrent chez les ex-
ploitants de maïs (44,7%) et de riz (41,7%). Il en est de même pour les tubercules no-
tamment chez les exploitants d’igname (52,5%). On note que la quasi-totalité des
ménages exploitant de manioc ont des superficies qui varient de 0,25 à 0,5 ha. Au ni-
veau des légumineuses, les superficies exploitées varient pour la plupart entre 0,6ha
à 0,9ha chez les exploitants de niébé (42,9%) et entre 1 à 2 ha pour les exploitants
d’arachide (40,0%).

Tableau 7 : Répartition des ménages en % selon les superficies exploitées-Ghana

Cultures 0 à 0,25 ha 0,25 à 0,5 ha 0,6 à 0,9 ha 1 à 2 ha plus de 2 ha


Sorgho 2,8% 30,6% 30,6% 30,6% 5,6%
Mil 3,8% 30,8% 30,8% 32,7% 1,9%
Mais 1,6% 11,6% 39,5% 44,7% 2,6%
Riz 0,0% 25,0% 29,2% 41,7% 4,2%
Céréales 1,8% 22,4% 33,1% 39,7% 2,9%
Igname 0,0% 6,8% 40,7% 52,5% 0,0%
Manioc 0,0% 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 53,4% 20,3% 26,3% 0,0%
Niébé 0,0% 14,3% 42,9% 28,6% 14,3%
Arachide 0,0% 20,0% 10,0% 40,0% 30,0%
Légumineuses 0,0% 17,1% 26,4% 34,3% 22,1%

48
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

3.3. Formation et organisation des producteurs agricoles

Au Burkina Faso, plus de la moitié des chefs de ménages (55,1%) n’appartient pas à
une organisation professionnelle agricole. L’appartenance à une organisation profes-
sionnelle a pour avantages de permettre aux acteurs de défendre collectivement leurs
droits et intérêts, d’accéder à des services, aux crédits et aux marchés. En termes
d’encadrement, 33,8% des ménages déclarent avoir été encadrés. Les acteurs inter-
venant dans l’encadrement sont : l’Etat et les ONGs principalement dans les maillons
production et récolte, transformation, marketing, commercialisation et conservation.
Lorsque l’on s’intéresse aux ménages encadrés, 100% ont été encadrés sur la pro-
duction/récolte, 67% sur le stockage et la transformation, un peu plus de 50% sur le
marketing/commercialisation et séchage. Seulement 23% ont reçu des encadrements
sur la conservation et 6% sur le décorticage/battage/vannage.

Cette situation est également observée au Sénégal où seuls 41% des producteurs ap-
partiennent à des organisations de producteurs. Ce qui constitue un signal fort quant
aux politiques de renforcement de capacités à travers les OP. L’appartenance à une
organisation permettrait une meilleure production des agricultures à travers le partage
des informations comme la diffusion des nouvelles techniques de culture, les meil-
leures pratiques agricoles, etc. Les résultats montrent, de façon globale, que le taux
de ménage qui bénéficie d’un encadrement reste faible (36,8%). Toutefois, comme le
révèle l’analyse de la figure 2, la production et la récolte sont les maillons de la chaine
où les producteurs reçoivent plus d’encadrement avec un taux de 93,8%. La formation
des producteurs sur les maillons comme la conservation et le stockage est peu impor-
tant avec des taux qui n’atteignent même pas 1%.

Figure 2 : Répartition des ménages encadrés selon le type d’encadrement reçu-Sénégal

49
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Ghana, l’analyse des résultats montre que la plupart des ménages enquêtés n’ap-
partiennent pas à des organisations professionnelles agricoles tout comme la situation
observée au Burkina et au Sénégal. En outre, la majorité des ménages n’a pas été
formée (75% environ). Comme le montre la figure 3, les formations des quelques mé-
nages ont mis beaucoup plus l’accent sur la production et la récolte que sur le sé-
chage, le vannage /décorticage ou même le stockage.

Figure 3 : Répartition des ménages encadrés selon le type d’encadrement reçu-Ghana

3.4. Caractéristiques sociodémographiques des commerçants et des


transformateurs
Les commerçants et les transformateurs qui sont également des acteurs clés interve-
nant dans les activités post-récolte ont été pris en compte dans l’étude et considérés
comme des acteurs à part entière. L’analyse de leurs caractéristiques sociodémogra-
phiques – tableau 8 - fait ressortir les indications ci-dessous par pays.

Au Burkina Faso, les commerçants qui ont été enquêtés sont pour la plupart des
hommes (65,8%). Ils vivent en couple pour la majorité des cas (95,8%) et sans ins-
truction pour la plupart (58,8%). Dans le groupe des transformateurs enquêtés, on
note par contre une prédominance nette des femmes (98,2%) avec également un faible
niveau d’instruction.

Au Sénégal, qu’il s’agisse des commerçants et des transformateurs, on note une pré-
dominance des hommes dans ces activités (86,2% et 51% respectivement). Les
femmes sont moins représentées dans la commercia-lisation des produits agricoles
(13,8%). La plupart de ces acteurs ont fait l’école coranique.

50
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Ghana, le commerce et la transformation des produits agricoles sont l’apanage des


femmes (82% et 54% respectivement) ; cette situation serait liée au fait que la pro-
duction agricole est plus une activité de subsistance et les opérations sont pour la plu-
part manuelles ce qui ne favorise par leur implication dans la production par rapport
aux activités de négoce et de transformation qui sont moins laborieuses.

Tableau 8 : Caractéristiques sociodémographiques des commerçants et des transformateurs

Burkina Sénégal Ghana

C T C T C T
Sexe du chef de
Masculin 65,8% 1,8% 86,2% 51% 18,0% 46,0%
ménage

Féminin 34,2% 98,2% 13,8% 49% 82,0% 54,0%

Etat matrimonial du
Célibataire 2,5% 0,9% 5% 9% 8,0% 12,0%
chef de ménage

Marié(e) 95,8% 88,9% 92,5% 77% 83,0% 77,0%

Veuf (ve) 1,7% 9,3% 1,3% 7% 9,0% 7,0%

Divorcé 0% 0% 1,2% 7% 0% 0%

Union libre 0% 0,9% 0% 0% 1,0% 4,0%

Niveau
d'instruction
Non alpha-
58,8% 67,9% 32,9% 9,3% 19,0% 61,0%
bétisé

Alphabétisé 15,1% 21,1% 10,1% 11,6%

Primaire 16,8% 7,3% 19,0% 23,3% 43,0% 18,0%

Ecole rurale 0,8% 0% 0% 2,3% 8,0% 0,0%

Medersa 1,7% 29,1% 34,9% 11,0% 0,0%

Secondaire 6,7% 3,7% 7,6% 14,0% 8,0% 15,0%

Supérieur 0% 0% 1,3% 4,7% 12,0% 7,0%

Légende : C – commerçant ; T- transporteurs

51
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

En analysant la conduite de ces activités, il ressort de la figure 4 que l’accès au crédit


par les commerçants reste faible d’une manière générale au Burkina Faso. Ce sont
néanmoins les commerçants de légumineuses qui ont le plus accès au crédit (26,9%)
par rapport aux commerçants des autres types de produits du fait d’une meilleure or-
ganisation de ces commerçants. Cette analyse fait donc ressortir les difficultés d’accès
au crédit pour la conduite d’activités de commercialisation des produits agricoles qui
seraient le fait de petits commerçants qui travaillent avec leur propre fonds puisque la
plupart (91,2%) achètent les produits pour les revendre.

Figure 4: Taux d’accès au crédit des commerçants-Burkina

En matière d’organisation, il ressort de la figure 5 que les commerçants des produits


agricoles sont faiblement organisés d’une manière générale. Quel que soit les types
de produits agricoles, moins de 25% des commerçants appartiennent à une organisa-
tion professionnelle. Les plus organisés sont les commerçants de légumineuses soit
23,1%, suivi de ceux des céréales (20,2%).

52
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 5 : Appartenance des commerçants (en %) à une organisation professionnelle-Burkina

D’une manière générale, la figure 6 montre que plus de la moitié des commerçants
n’ont pas reçu de conseils pratiques dans la conduite de leur activité de commerciali-
sation. En particulier, la proportion de ceux ayant reçu de conseils pratiques est très
faible au sein des commerçants de légumineuses (19,2%) et des céréales (18,2%).
Par contre, les commerçants de tubercules et d’oléagineux sont les plus nombreux qui
déclarent avoir reçu des conseils pratiques pour leur activité. La fourniture de conseils
pratiques aux commerçants de céréales et des légumineuses pourrait contribuer à
améliorer le commerce de ces produits agricoles.

Figure 6 : Taux des commerçants en % ayant reçu de conseils pratiques-Burkina Faso

Chez les transformateurs, en termes d’accès aux crédits, l’analyse de la figure 7 révèle
que seulement 20,2% des transformateurs ont accès aux crédits dans le cadre de
leurs activités. Ce faible taux d’accès aux services financiers pourrait constituer une
entrave au développement du secteur de la transformation.

53
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 7 : Proportions des transformateurs ayant accès au crédit, à une organisation ou ayant
reçu de conseils pratiques-Burkina Faso

En effet, les crédits permettent aux acteurs de moderniser leurs unités et d’améliorer
la qualité de leurs produits par l’acquisition d’équipements et d’emballages appropriés.
En outre, 14,7% des transformateurs appartiennent à une organisation professionnelle
et 27,5% bénéficient de conseils dans le cadre de leurs activités.
Les différents produits obtenus après la transformation sont : la farine, la pâte, le cous-
cous, le gari, le riz transformé et l’attiéké. Le tableau 9 montre que sur l’ensemble des
spéculations concernées par l’étude, 42,5% des ménages transforment les céréales
en farine. En dehors de la farine d’igname, très peu de ménages transforment l’igname,
le manioc et le niébé.

Tableau 9 : Répartition des transformateurs selon les produits transformés- Burkina Faso

Aucune Autre
En farine En pâte En attiéké
transformation transformation
Sorgho 9,4 90,6 0,0 0,0 0,0
Mil 38,2 61,8 0,0 0,0 0,0
Mais 0,0 100,0 0,0 0,0 0,0
Riz 0,0 2,7 4,0 0,0 93,3
Céréales 5,6 42,5 2,1 0,0 49,7
Igname 79,2 12,5 0,0 0,0 8,3
Manioc 98,8 0,0 0,0 1,2 0,0
Tubercules 89,4 6,0 0,0 0,6 4,0
Niébé 97,4 2,6 0,0 0,0 0,0
Arachide 0,0 4,8 95,2 0,0 0,0
Légumineuses 13,2 4,5 82,3 0,0 0,0

54
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Sénégal, la figure 8 montre que l’accès au crédit par les commerçants est important
notamment chez les commerçants des oléagineux particulièrement de l’arachide
(61,5%), contrairement à ce qui est observé au Burkina Faso. Les commerçants re-
groupés au sein d’une organisation se rencontrent pour la plupart chez les commer-
çants de tubercules (33,3%) et des oléagineux (30,8%). Très peu de ces commerçants
bénéficient de conseils dans la conduite de leurs activités.

Figure 8 : Appartenance à une organisation et accès aux services (crédit, conseils) par les com-
merçants -Sénégal

La figure 9 révèle un accès faible au crédit et à des appuis conseil pour les transfor-
mateurs (34,9% et 23,3% respectivement). On note une certaine organisation des
transformateurs ; en effet une proportion relativement plus importante (48,8%) est af-
filée à une organisation.

55
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 9: Proportion des transformateurs ayant accès au crédit, à une organisation ou ayant reçu
de conseils pratiques-Sénégal

Le tableau 10 montre que les produits transformés par les transformateurs enquêtés
sont constitués pour les céréales sèches de farine ménagère de préparation (68,8%).
Les transformateurs de céréales comme le maïs et le sorgho les transforment dans la
quasi-totalité en farine. Il n’y a pas de trans-formation de tubercule. On note que la
seule transformation de l’arachide reste la pâte (100%).

Tableau 10 : Répartition des transformateurs selon le produit transformé-Sénéga

Farine à Farine pour


Pâte Sankale riz blanc
préparer enfant
Mil 75,0% 12,5% 0,0% 12,5% 0,0%
Mais 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Riz 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 100,0%
Sorgho 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 68,8% 3,1% 0,0% 3,1% 25,0%
Igname 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Oléagineux 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%

56
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tout comme au Burkina Faso, il ressort de la figure 10 que l’accès au crédit par les
commerçants enquêtés au Ghana reste une problématique. Très peu de commerçants
bénéficient en effet de crédit et les taux d’accès les plus importants se rencontrent
chez les commerçants de légumineuses (23,7%) et céréales (20%). L’appartenance à
un groupe organisé est faible mais avec des proportions plus importantes chez les
commerçants des oléagineux (33,3%). C’est également ces mêmes commerçants qui
bénéficient le plus de conseils (33%) dans la conduite de leurs activités.

Figure 10 : Appartenance à une organisation et accès aux services (crédit, conseils) par les com-
merçants-Ghana

A l’image du Burkina Faso et du Sénégal, la figure 11 montre que les acteurs de la


transformation au Ghana sont faiblement organisés (12,1%) et bénéficient peu d’appui
conseils dans le cadre de leurs activités (15%). L’accès au crédit reste une probléma-
tique commune puisque seulement 9,1% des transformateurs rencontrés ont accès
au crédit.

57
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 11: Proportion des transformateurs ayant accès au crédit, à une organisation ou ayant reçu
de conseils pratiques-Ghana

Le tableau 11 montre que les produits de transformation sont la farine, le gari, la pâte
et bien d’autres. Les céréales par exemple sont pour la plupart transformées en farine
ménagère de préparation par les transformateurs (84%). Il en est de même pour les
légumineuses (83,8%) et dans une moindre mesure les tubercules (58,3%).

Tableau 11 : Répartition des transformateurs selon le produit transformé et le type de transforma-


tion-Gh

Farine à Farine pour


Gari Pâte Autre
préparer enfant
Mil 87,5% 6,3% 0,0% 0,0% 6,3%

Mais 94,6% 2,7% 0,0% 0,0% 2,7%

Riz 78,9% 5,3% 0,0% 0,0% 15,8%


Sorgho 75,0% 0,0% 0,0% 0,0% 25,0%
Céréales 84,0% 3,6% 0,0% 0,0% 12,4%
Igname 50,0% 0,0% 0,0% 0,0% 50,0%
Manioc 66,7% 0,0% 33,3% 0,0% 0,0%
Tubercules 58,3% 0,0% 16,7% 0,0% 25,0%
Niébé 80,0% 0,0% 0,0% 0,0% 20,0%
Arachide 87,5% 0,0% 0,0% 0,0% 12,5%

Légumineuses 83,8% 0,0% 0,0% 0,0% 16,3%

58
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

3. 5. Caractéristiques des Institutions de gestion des stocks de produits


agricoles
Environ trois (3) types d’institutions de gestions des stocks de produits agri-coles ont
été distingués dans les pays: les organisations paysannes (OP), le Programme Ali-
mentaire Mondial (PAM) et les Sociétés Nationales de Gestion des Stocks de Sécurité
Alimentaire.

Les Institutions de gestion des stocks des produits agricoles gèrent pour la plupart des
stocks de vivre destinés à l’aide en cas de soudure ou de situation de déficit céréalier.
Elles sont également constituées par des services étatiques ou paraétatiques de ges-
tion des stocks de semences, mais également des organisations paysannes de tailles
variables. Elles disposent de grands magasins de stockage et des techniciens qualifiés
pour gérer les stocks. Elles ont une longue expérience dans la gestion des stocks et
peuvent faire face à des coûts élevés de gestion des stocks. Le plus souvent, des tests
sont faits pour analyser la qualité des stocks et leur niveau de dégradation.

Les OP gèrent également les stocks communautaires pour passer la période de sou-
dure ou les mettre en warrantage afin de disposer de revenu pour conduire d’autres
activités. La plupart des produits stockés par ces Institutions sont constitués de cé-
réales moins périssables que les autres produits.

59
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

CHAPITRE IV : CARACTERISTIQUES DES OPERATIONS POST-RECOLTE


AU BURKINA FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA
L’un des facteurs de la gravité des pertes post-récolte est la limite des tech-niques et
méthodes de gestion au niveau des différentes opérations post-récolte. L’analyse sys-
tématique des activités post-récolte constitue la première étape logique dans l'identi-
fication d'une stratégie appropriée pour réduire les pertes post-récolte. Cette analyse
sera réalisée au niveau des différents acteurs de la chaîne post-récolte depuis les opé-
rations de récolte en passant par le transport, le battage, le vannage et le stockage.

4.1. Analyse des opérations post-récolte chez les ménages agricoles du


Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana
Les différentes opérations post-récolte analysées et menées par les ménages agricoles
étudiés sont la récolte, le transport, le battage/décorticage, le vannage, le séchage, le
stockage, la transformation des produits, la consommation et la commercialisation.

4.1.1. Techniques de récolte et de transport des récoltes


La récolte est la toute première activité technique du système post-récolte. La récolte
est effectuée selon l’état ou le degré de maturité des grains/pieds. Les mauvaises
conditions météorologiques qui affectent les opérations de récolte et l'emploi de mé-
thodes de récolte inappropriées sont considérées comme étant les principales causes
des pertes à la récolte.

Les résultats de l’analyse des opérations de récolte révèlent qu’au Burkina Faso, les
récoltes des cultures sont généralement effectuées manuellement chez les ménages
agricoles à l'aide de couteaux, de faucilles et de machettes. Il ressort du tableau 12
que l'utilisation des outils mécanisés demeure rare (moins de 0,5% des ménages) et
constatée uniquement au niveau des producteurs du mil (1,4%) et de Maïs (0,6%).
Ces récoltes se font le plus souvent immédiatement à la maturité des cultures (54%
des ménages) et sous un temps ensoleillé (65%). Toutefois pour environ 35% des mé-
nages, ces récoltes ont eu lieu pendant un temps nuageux ou pluvieux donc de façon
plus précoce, ce qui pourrait engendrer des pertes au niveau des récoltes car les
graines peuvent contenir un excès d’humidité préjudiciable pendant la période de
conservation si le séchage n’est pas approprié. La récolte tardive des produits agri-
coles peut être aussi à l’origine de pertes au moment des récoltes. En effet les produits
sont souvent récoltés quand la plante est complètement sèche et donc quand les
grains sont faiblement tenues, causant beaucoup de pertes à la récolte, et aussi après
la récolte (au cours du transport et au cours du processus de stockage).

Pour 86,3% des ménages, l’opération de récolte est exécutée par les membres du
ménage, sans distinction de sexe. Le recours du ménage à de la main d’œuvre externe
n’est pas courant quand on sait la demande en main d’œuvre pour la récolte de cer-
taines cultures. Seulement 13,1% des ménages font recours à des prestataires de ser-
vice pour ces opérations de récolte. Ces prestations sont observées principalement
pour la récolte d'igname (82,9% des ménages producteurs d'igname), de maïs (26,6%)
et de riz (12,9%).

60
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 12 : Principales techniques de récolte et origine de la main d’œuvre utilisée -Burkina


Techniques Origine main d’œuvre
% mé-
de récolte de récolte
nage qui
collecte
Produits Location/
Autre Vous- ou glane
Manuelle Mécanisée service de Autre après
technique même
récolte récolte
Sorgho 99,9% 0,1% 0,0% 98,0 1,3 0,6 74,7%
Mil 98,6% 1,4% 0,0% 98,2 1,8 0,0 50,0
Mais 99,4% 0,6% 0,0% 72,8 26,6 0,6 87,6
Riz 100,0% 0,0% 0,0% 87,1 12,9 0,0 71,8
Céréales 99,6% 0,4% 0,0% 87,5 12,1 0,4 75,4
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 14,4 82,9 2,8 85,6
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 94,5 2,6 2,9 71,4

Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 57,7 39,4 2,8 77,9

Niébé 96,9% 0,0% 3,1% 99,0 1,0 0,0 55,9

Arachide 100,0% 0,0% 0,0% 100,0 0,0 0,0 97,1

Légumineuses 99,1% 0,0% 0,9% 99,7 0,3 0,0 85,9

Total 99,5% 0,3% 0,2% 86,3 13,1 0,6 77,7

Le tableau 12 montre par ailleurs qu’après les opérations de récolte, 77,7% des pro-
ducteurs reconnaissent collecter des grains dispersés ou pieds abandonnés dans leurs
champs. Cette proportion moyenne cache des disparités car elle varie entre 75,4%
pour les producteurs de céréales et 85,9% pour les producteurs de légumineuses (ara-
chide et niébé).

Ces dispersions dans les champs après les récoltes sont plus constatées pour l'arachide
(97,1% des producteurs d’arachide), le maïs (87,6% des producteurs) et l'igname (85,6%
des producteurs). Cette caractéristique montre que la technique de récolte engendre
des pertes qui sont essentiellement des pieds abandonnés ou des grains dispersés et
qui pourraient échapper à la collecte.

Le tableau 13 montre qu’une fois les récoltes achevées, le transfert des productions
du champ au domicile ou au magasin se fait par différents moyens de transports : par
charrette (76% des ménages), à pieds (7,6% des ménages), par tricycle (7,8% des
ménages). L'utilisation de vélo/motocyclette et de camionnette est faible (respective-
ment par 2,5% et 5,9% des ménages). L’opération de transport est généralement réa-
lisée par les ménages eux-mêmes (84,2%). Certains font recours à des prestataires
de service surtout pour le transport des ignames (38,7% des producteurs d’igname),

61
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

du maïs (28,5%) et du riz (27%). Lorsque le transport est réalisé par les ménages eux-
mêmes, la responsabilité incombe aux hommes (pour environ 40% des ménages) ou
aux deux sexes.

Tableau 13 : Répartition des ménages en % selon les principaux moyens de transport et la res-
ponsabilité du transport- Burkina Faso

Moyens du transport des récoltes Responsabilités du transport


Véhi- Loca-
A pieds/ Vélo/mo-
cule/ Vous tion/ser-
Cultures sur la tocy- Charette Tricycle Autre
camion- même vice de
tête clette
nette récolte
Sorgho 9,2 1,9 87,9 0,3 0,7 91,3 7,4 1,3
Mil 5,1 1,1 93,4 0,2 0,3 93,9 4,6 1,5
Mais 4,1 0,8 61,8 13,8 19,5 70,7 28,5 0,8
Riz 0,4 5,7 73,5 17,8 2,5 73,0 27,0 0,0

Céréales 5,2 2,2 77,0 8,3 7,2 81,1 18,0 0,9

Igname 0,0 5,5 47,5 0,0 47,0 61,3 38,7 0,0

Manioc 0,0 2,9 92,2 0,8 4,1 93,5 5,7 0,8

Tubercules 0,0 4,2 70,4 0,4 25,0 77,9 21,7 0,4

Niébé 27,7 7,7 64,7 0,0 0,0 99,6 0,4 0,0

Arachide 18,5 0,3 81,0 0,0 0,2 99,8 0,2 0,0

Légumineuses 21,0 2,4 76,5 0,0 0,1 99,8 0,2 0,0

Total 7,6 2,5 76,2 5,9 7,8 84,2 15,1 0,7

Au Sénégal également, le tableau 14 montre que la technique de récolte manuelle est


la plus fréquemment utilisée par la plupart des ménages producteurs (87,8%). La ré-
colte mécanisée est effectuée par seulement 12,2% des ménages enquêtés et c’est
la récolte de l’arachide qui est la plus mécanisée avec 74,2% des ménages produc-
teurs d’arachide enquêtés. On note également que, pendant les récoltes, une partie
de grains ou des pieds sont abandonnés ou dispersés. La plupart des grains dispersés
ou pieds abandonnés au champ durant la phase de récolte sont collectés après et se
fait systématiquement par certains ménages. Cette pratique se fait fréquemment pour
certaines cultures comme l’arachide (95,1% des ménages), le manioc (91,7% des mé-
nages) et le niébé (86%).

62
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tout comme au Burkina Faso, la responsabilité de la récolte est principalement assurée


par les ménages agricoles eux-mêmes mais avec quelques spécificités selon les spé-
culations. Il ressort du tableau 14 que pour certaines cultures comme le riz et le ma-
nioc, la récolte est plus assurée par de la main d’œuvre externe dont les ménages
font recours à travers la location de service (83% et 60% respectivement). Cette si-
tuation serait le fait que ces spéculations sont essentiellement destinées à la vente et
produites généralement en grande quantité par des producteurs qui exploitent des su-
perficies de grande taille de plus de 5 ha en moyenne.

En analysant les conditions météorologiques qui prévalaient au moment des récoltes,


de l’avis des ménages producteurs, elles se font en général lorsque le temps est en-
soleillé ; on note que pour certaines cultures comme le niébé, leur récolte est faite en
temps nuageux (90,7% des ménages).

Tableau 14 : Principales techniques de récolte et origine de la main d’œuvre utilisée-Sénégal

Techniques de Origine main d’œuvre % ménage


récolte de récolte qui collecte
Location/ ou glane
Vous- après
Manuelle Mécanisée service de Autre
même récolte
récolte
Mil 97,5% 2,5% 93,1% 6,0% 0,9% 61,5%

Maïs 100,0% 0,0% 88,1% 11,9% 0,0% 62,7%


Riz 95,7% 4,3% 17,0% 83,0% 0,0% 68,1%
Sorgho 97,8% 2,2% 84,4% 15,6% 0,0% 43,9%

Céréales 97,8% 2,3% 70,7% 29,1% 0,2% 59,1%

Manioc 100,0% 0,0% 33,3% 60,0% 6,7% 91,7%

Tubercules 100,0% 0,0% 33,3% 60,0% 6,7% 91,7%

Niébé 95,5% 4,5% 97,7% 2,3% 0,0% 86,0%

Arachide 25,8% 74,2% 87,1% 12,9% 0,0% 95,1%

Légumineuses 60,7% 39,4% 92,4% 7,6% 0,0% 90,6%

Total 87,8% 12,2% 65,5% 32,2% 2,3% 80,5%

Tout comme au Burkina Faso, il ressort du tableau 15 que le moyen de transport le


plus utilisé par les ménages au Sénégal, pour assurer le transport des produits est la
charrette. Elle est essentiellement utilisée pour le transport des céréales et des légu-
mineuses. La faible utilisation des moyens de transport motorisés (véhicule/camion-
nette) s’explique par le fait qu’en milieu rural, la plupart des exploitations se situent

63
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

dans des zones très isolées et enclavées dépourvues de pistes de production. Toute-
fois, même s’il existe des routes, leur état de délabrement est tel qu’elles ne permettent
pas le passage des voitures. Par contre, pour le manioc, le véhicule/camionnette est
le moyen de transport le plus utilisé (54,9%) suivi de la charrette (25,7%).

Tableau 15 : Répartition des ménages selon les principaux moyens de transport et la responsabilité
du transport-Sénégal

Moyens de transport des récoltes

A pieds/sur la Vélo/ Véhicule/ Pas de


Charette
tête motocyclette camionnette transport
Mil 0,9% 0,9% 98,3% 0,0% 0,0%
Maïs 1,5% 1,5% 92,4% 4,5% 0,0%

Riz 0,0% 4,3% 93,6% 2,1% 0,0%

Sorgho 2,3% 0,0% 97,7% 0,0% 0,0%

Céréales 1,2% 1,7% 95,5% 1,7% 0,0%

Manioc 0,0% 0,0% 27,5% 54,9% 17,6%

Tubercules 0,0% 0,0% 27,5% 54,9% 17,6%


Niébé 2,3% 0,0% 97,7% 0,0% 0,0%
Arachide 3,2% 0,0% 95,2% 1,6% 0,0%

Légumineuses 2,8% 0,0% 96,5% 0,8% 0,0%

Le tableau 16 montre que le transport de ces récoltes est assuré principalement par
les ménages producteurs eux-mêmes. Par contre, pour le riz, le transport des récoltes
est essentiellement assuré par la location de service (91,5%) et pour le manioc, il est
assuré aussi bien par le producteur (42,9%) que par la location de services (46,9%).

64
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 16 : Personnes participant au transport des récoltes- Sénégal

Location/
Vous vendu au
service de banabanas collecteur Autre
même champ
transport
Mil 96,5% 0,9% 0,0% 0,0% 0,0% 2,6%
Maïs 97,0% 3,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Riz 8,5% 91,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 97,6% 2,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 74,9% 24,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,7%
Manioc 42,9% 46,9% 4,1% 4,1% 2,0% 0,0%
Tubercules 42,9% 46,9% 4,1% 4,1% 2,0% 0,0%
Niébé 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 91,9% 8,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 96,0% 4,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Au Ghana, les techniques de récolte utilisées sont semblables à celles du Burkina


Faso et du Sénégal. Les résultats indiquent en effet que jusqu'à 99% des opérations
de récolte se fait manuellement en utilisant la main d’œuvre familiale surtout les
femmes. Cette situation répandue au Ghana a conduit le ministère de l'Alimentation
et de l'Agriculture du Ghana à introduire la petite mécanisation des récoltes et au profit
des agriculteurs émergents.
Par ailleurs, il ressort de la figure 12 que la plupart des ménages recueille les grains
dispersés et / ou les panicules de grains laissés sur le champ pendant l'opération de
récolte. Mieux encore, la figure 13 montre que cette opération de collecte serait es-
sentiellement le fait de tierces personnes n’appartenant pas aux ménages propriétaires
des champs.

Figure 12 : Proportion des ménages (%) qui réalisent de la collecte après les récoltes- Ghana

65
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 13 : Personnes responsable de la collecte après les récoltes-Ghana

La figure 14 indique qu’au Ghana, les véhicules ou les camions sont les moyens les
plus utilisés pour le transport des récoltes des champs vers la maison (31,5% des mé-
nages). Environ 29,4% des répondants utilise le vélo ou la moto comme moyen de
transport des récoltes. L'utilisation de panier pour le transport des récoltes à la marche
du champ au domicile est faite par 19,4% des répondants ; l’utilisation de charrettes
est observée chez 19,7% des ménages.

Figure 14 : Répartition des ménages selon le moyen de transport des récoltes utilisé- Ghana

66
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Principales conclusions :
Les techniques de récolte des cultures sont généralement effectuées manuelle-ment.
L’inefficacité des techniques de récoltes amènent les ménages à retourner dans les
champs pour collecter des grains dispersés ou pieds abandonnés dans leurs champs.
Le transfert des productions du champ au domicile ou au magasin se fait par différents
moyens de transports notamment par charrette ou par véhicule.

4.1.2. Techniques de séchage des récoltes


Le séchage permet de réduire les pertes dues à des phénomènes se produisant lors
du stockage des produits, à savoir la germination hâtive et intempestive des grains, le
développement de moisissures et la prolifération d'insectes. Les méthodes de séchage
et leur durée varient d'une culture à l’autre. Les produits récoltés sont séchés en utili-
sant différentes plates-formes.

L’analyse des techniques de séchage utilisées par les ménages enquêtés au Burkina
Faso indique que, les cultures récoltées et transportées à domicile ou au magasin sont
séchées en épis/panicule ou en grains pour la plupart des ménages producteurs de
céréales (55%) et en gousse ou coque (45% des ménages). Le tableau 17 montre que
ce séchage est fait sur des aires d'étalage par environ 54,7% des ménages. Les aires
de séchage sont généralement utilisées par les ménages producteurs de légumi-
neuses (96,2% d’entre eux) et les producteurs de riz (91,9%).

Tableau 17 : Répartition des ménages en % selon la principale technique de séchage-Burkina Faso


Sans
Séchoir Abris de
Cultures séchage/ Aire d'étalage Autre
solaire séchage
sur pieds
Sorgho 65,9 24,0 1,0 1,8 7,2
Mil 48,2 42,5 2,5 4,9 1,9
Mais 52,5 45,3 0,0 0,3 1,9
Riz 8,1 91,9 0,0 0,0 0,0
Céréales 47,3 47,4 0,7 1,3 3,3
Igname 100,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Manioc 100,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Tubercules 100,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Niébé 2,2 90,0 1,6 4,7 1,6
Arachide 0,0 98,7 0,7 0,7 0,0
Légumineuses 0,6 96,2 1,0 1,8 0,4
Total 40,8 54,7 0,7 1,3 2,5

67
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Les principaux lieux de séchage sont généralement le domicile ou le champ. Il ressort


de la figure 15 que plus de 50% des ménages producteurs de céréales au Burkina
Faso sèchent leur production au champ tandis que près 90% des producteurs de lé-
gumineuses laisse leur production séchées à leur domicile.

Figure 15 : Répartition des ménages selon les principaux lieux de séchage-Burkina Faso

En analysant la caractéristique du lieu de séchage, il ressort de la figure 16 que pour


les céréales et les légumineuses qui font l’objet de séchage, cette activité au Burkina
Faso est faite directement sur le sol par la plupart des ménages produisant ces spé-
culations (26,6% et 88,8% respectivement). On note une utilisation de support pour le
séchage (sachet ou sac) chez certains ménages producteurs de céréales (22,1%).

Figure 16: Répartition des ménages en % selon les caractéristiques des lieux de séchage-Burkina Faso

68
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

En analysant la durée moyenne du séchage, il ressort du tableau 18 que cette opéra-


tion de séchage dure en moyenne deux (2) semaines, quel que soit le type de culture.
Toutefois, chez la plupart des ménages enquêtés au Burkina, la durée de séchage
n’excède pas 1 semaine.

Tableau 18: Répartition des ménages selon la durée moyenne du séchage-Burkina Faso

< 1 semaine 1-2 se-maines 3-5 se-maines >=6 se-maines


Sorgho 64,3% 10,0% 21,6% 4,2%
Mil 63,6% 18,4% 10,4% 7,6%
Mais 65,8% 13,5% 11,4% 9,3%
Riz 94,2% 1,5% 0,5% 3,9%
Céréales 74,2% 9,4% 10,1% 6,3%
Niébé 54,4% 14,9% 25,6% 5,1%
Arachide 92,2% 7,5% 0,0% 0,3%
Légumineuses 81,5% 9,6% 7,2% 1,7%
Total 76,4% 9,4% 9,2% 4,9%

Au Sénégal, le choix du lieu de séchage peut être lié à plusieurs facteurs comme le
type de produit, les moyens de transport des produits, le type d’exploitation. La figure
17 indique que la majorité des ménages enquêtés ont comme lieu de séchage des
récoltes le champ (63% et 74,2% des ménages producteurs de céréales et de légumi-
neuses respectivement). Ainsi, le champ serait le lieu de séchage privilégié utilisé par
les ménages pour le séchage du mil (100%) et de l’arachide (93,3%).

Figure 17: Lieux de séchage des récoltes- Sénégal

69
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Plusieurs techniques de séchage utilisées par les ménages enquêtés au Sénégal ont
été analysées. Il ressort du tableau 19 que le séchage sur pied au champ (sans sé-
chage complémentaire) est effectué chez la plupart des ménages producteurs de mil
(90,2%) et de sorgho (60,9%). Par ailleurs 44,4% des ménages producteurs d’arachide
utilisent des aires d’étalage tandis que les séchoirs solaires et les abris de séchage
sont essentiellement utilisés par les ménages producteurs de niébé (32,3% pour le
séchoir solaire) et de maïs (43,5% pour abris de séchage). Notons que l’utilisation de
ces moyens de séchage serait liée également à l’usage qu’on fait du produit une fois
séché.

Tableau 19 : Répartition des ménages selon la technique de séchage- Sénégal

Sans aire
Séchoir Abris de En Sous le
séchage/ d'éta- Meule Autre
solaire séchage moyette soleil
sur pieds lage
Mil 90,2% 7,3% 1,2% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 1,3%

Maïs 2,2% 0,0% 10,9% 43,5% 13,0% 0,0% 2,2% 28,2%

Riz 0,0% 54,5% 9,1% 18,2% 0,0% 0,0% 0,0% 18,2%


Sorgho 60,9% 26,1% 4,3% 4,3% 0,0% 0,0% 0,0% 4,4%
Céréales 38,3% 22,0% 6,4% 16,5% 3,3% 0,0% 0,6% 13,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Niébé 3,2% 6,5% 32,3% 0,0% 0,0% 0,0% 9,7% 48,3%


Arachide 31,1% 44,4% 0,0% 0,0% 2,2% 8,9% 0,0% 13,4%

Légumineuses 17,2% 25,5% 16,2% 0,0% 1,1% 4,5% 4,9% 30,9%

Au Ghana les produits de base tels que le maïs, le sorgho, le mil et le niébé sont en
général séchés d’abord au champ avant que la récolte ne soit soumise à un séchage
supplémentaire en utilisant des aires de séchage via la chaleur solaire naturelle. Ces
spéculations comme l’arachide après la récolte, sont étalées sur une aire de séchage
sur sol nu cimenté pendant 4 à 6 jours pour être séchées. Les pluies occasionnelles
et les heures d’ensoleillement inadéquat constituent les défis majeurs du séchage des
cultures au Ghana. Les conditions sanitaires de base exigent que le séchage ne se
fasse pas sur un sol nu et l'utilisation de bâche est fortement recommandée.

L’analyse des résultats du diagnostic effectués par l’étude indique à travers le tableau
20 que la majorité des producteurs Ghanéens (69,3%) utilise des aires d’étalage pour
le séchage de leurs produits contrairement à ceux du Burkina Faso notamment. L’uti-
lisation de séchoir solaire par les ménages est également faite notamment pour le sé-
chage des céréales (25,7%). Certains producteurs de céréales comme le mil et dans

70
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

une moindre mesure le sorgho ne procèdent à aucune autre opération de séchage en


dehors du séchage sur pieds au champ. Il a été constaté au cours des investigations
sur le terrain, l'utilisation de bâche qui est l’une des améliorations que quelques pro-
ducteurs utilisent.

Tableau 20: Répartition des ménages selon la technique de séchage- Ghana

Sans séchage/ Séchoir Abris de


Aire d'étalage Autre
sur pieds solaire séchage

Mil 0,0% 61,5% 38,5% 0,0% 0,0%


Mais 21,6% 70,8% 7,6% 0,0% 0,0%
Riz 26,1% 47,8% 26,1% 0,0% 0,0%
Sorgho 5,6% 61,1% 30,6% 0,0% 2,8%
Céréales 13,3% 60,3% 25,7% 0,0% 0,7%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 50,0% 50,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 0,0% 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 10,0% 80,0% 0,0% 10,0% 0,0%
Oléagineux 5,0% 90,0% 0,0% 5,0% 0,0%
Total 14,9% 69,3% 15,2% 0,3% 0,3%

Principales conclusions :
Les récoltes subissent en général un séchage supplémentaire sur des aires de sé-
chage situées généralement à domicile ou au champ pour certaines cultures comme
le riz et l’arachide au Sénégal notamment. Cette activité est faite directement sur le
sol nu sans support par la plupart des ménages du Burkina. Au Ghana, le séchage de
la plupart des produits est effectué sur des aires de séchage aménagées à cet effet.

4.1.3. Techniques de battage et de décorticage des récoltes


Les opérations de battage et de décorticage peuvent être réalisées à des périodes va-
riables après les récoltes et suivant des techniques variables en fonction des capacités
des producteurs de chaque pays.

En analysant au Burkina Faso les moments où ces opérations sont réalisées, il ressort
du tableau 21 que la plupart des ménages Burkinabé (43,6%) ne les réalisent qu’en
cas de besoin pour la vente ou la consommation. Certains par contre le font immédia-
tement après les récoltes (29,2% des ménages) ou après le séchage (26,6% des mé-
nages).

71
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 21 : Période de réalisation des opérations de battage/décorticage en fonction des cul-


tures-Burkina Faso
En cas de
Après le
Après la récolte besoin (vente ou Autre
séchage
consommation)
Sorgho 12,4% 14,8% 72,6% 0,2%
Mil 21,6% 15,4% 62,9% 0,0%
Mais 31,5% 49,2% 17,3% 2,0%
Riz 91,5% 4,8% 3,7% 0,0%
Céréales 36,2% 24,1% 39,0% 0,7%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 6,8% 85,8% 7,4% 0,0%
Arachide ,2% 15,1% 84,6% 0,0%
Légumineuses 2,2% 36,1% 61,7% 0,0%
Total 29,2% 26,6% 43,6% 0,6%
Le tableau 22 révèle que la durée moyenne de ces opérations de bat-tage/décorticage
est de trois (03) jours après le séchage. Mais la plupart des ménages (69,1%) les réa-
lise en moins d’un (1) jour après le séchage notamment pour les céréales et le niébé.
Par contre le temps de décorticage de l’arachide chez certains ménages (45,1%) est
encore plus long après le séchage avec une durée comprise entre 3-5 jours.

Tableau 22 : Répartition des ménages en % selon la durée de bat-tage/décorticage-Burkina Faso

< 1 jour 1-2 jour 3-5 jours >=6 jour


Sorgho 89,0% 3,7% 2,6% 4,6%
Mil 74,5% 7,4% 4,2% 13,9%
Mais 59,7% 19,1% 6,8% 14,5%
Riz 89,9% 6,6% 0,3% 3,2%
Céréales 77,7% 9,8% 3,7% 8,7%
Niébé 84,8% 4,8% 6,8% 3,6%
Arachide 16,9% 13,1% 45,1% 24,9%
Légumineuses 37,0% 10,7% 33,8% 18,6%

Total 69,1% 10,1% 9,9% 10,8%

72
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Il ressort du tableau 23 que la principale méthode utilisée pour l'opération de


battage/décorticage par les ménages du Burkina Faso est le battage manuel. Elle est
en effet employée par plus de 52,2% des ménages et a atteint une proportion plus im-
portante (plus de 80% des ménages) pour les producteurs de sorgho et de riz. Les
décortiqueuses mécaniques sont fréquemment utilisées par les producteurs d'arachide
(99,4% des producteurs) et les producteurs de maïs (64,5% des ménages) alors que
le battage du mil se fait par pilonnage par 65,1% des ménages qui le produisent.

Tableau 23 : Répartition des ménages selon les techniques de bat-tage/décorticage-Burkina Faso


Techniques de
battage/décorticage
Mécanique
Pilonnage Battage
(décortiqueuse)
Sorgho 12,9% 85,1% 2,0%
Mil 65,1% 34,3% 0,6%
Mais 3,5% 32,0% 64,5%
Riz 2,8% 80,2% 17,0%
Céréales 14,4% 60,1% 25,5%
Niébé 23,2% 76,8% 0,0%
Arachide 0,3% ,3% 99,4%
Légumineuses 7,0% 22,5% 70,5%
Total 12,8% 52,2% 35,0%

La figure 18 montre que ces opérations de battage/décorticage sont réalisées à domi-


cile par la majorité des ménages (73,4%). Toutefois, 31,9% des ménages producteurs
de céréales battent ou décortiquent leurs productions dans les champs.

Figure 18 : Répartition des ménages selon le lieu de battage/décorticage-Burkina Faso

73
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Le tableau 24 montre que ces opérations de battage ou de décorticage sont réalisées


pour la plupart à ras le sol sans support surtout pour les légumineuses (82,5%), pour
collecter les portions qui pourraient se disperser durant l’opération. On note cependant
que certains ménages effectuent ces opérations sur des sachets/sacs (32,5%) et sur
des aires de battage en ciment ou latérite (10,2%).

Tableau 24 : Répartition des ménages selon les caractéristiques des lieux de battage/décorticage
en fonction des cultures-Burkina Faso
Caractéristique du
lieu de battage
Cultures Sur Aire de battage en
Sur le sol Autre
sachet/sacs ciment/latérite
Sorgho 74,9% 2,9% 12,0% 10,1%
Autres céréales 39,3% 39,2% 11,7% 9,7%
Légumineuses 82,5% 7,0% 4,6% 5,9%
Total 48,3% 32,5% 10,2% 8,9%
Au Burkina Faso, le tableau 25 révèle que ce sont les femmes qui sont les principales
responsables du battage/décorticage des récoltes par rapport aux hommes au sein
des ménages à un taux de 30,9%. La majorité des ménages (82,9%), exécute par
eux-mêmes ces opérations. Le recours à une main d’œuvre externe aux ménages à
travers des locations de services est généralement constaté pour le battage/décorti-
cage des céréales notamment du maïs (44,5% des ménages) et du riz (pour 24% des
ménages).

Tableau 25 : Répartition des ménages selon les responsables des opérations de battage/décorti-
cage et l’origine de la main d’œuvre-Burkina Faso

Principal responsable du battage/décorti-


Origine de la main d’œuvre
cage des récoltes au sein du ménage
Cultures Autre
Tout le Vous Location/
Femmes Hommes Autre main
monde même service
d’œuvre
Sorgho 34,5% 17,7% 45,4% 2,3% 95,8% 3,5% 0,6%
Mil 61,4% 16,1% 22,3% ,2% 99,4% 0,6% 0,0%
Mais 9,4% 28,9% 59,9% 1,8% 54,6% 44,5% 0,9%
Riz 12,9% 22,5% 61,9% 2,6% 75,7% 24,0% 0,3%
Céréales 25,2% 22,2% 50,6% 2,0% 78,6% 20,8% 0,6%
Niébé 50,4% 32,7% 16,8% 0,0% 97,7% 0,0% 2,3%
Arachide 53,4% 0,0% 46,6% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Légumi-
52,5% 9,7% 37,8% 0,0% 99,3% 0,0% 0,7%
neuses
Total 30,9% 19,6% 48,0% 1,6% 82,9% 16,5% 0,6%

74
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Sénégal, l’analyse de ces opérations de battage/décorticage à travers le tableau


26 révèle que la méthode de battage/décorticage mécanisée est plus utilisée pour les
céréales comme : le mil (61,3%), le maïs (56,1%) et le riz (64,5%). Par contre pour le
niébé et l’arachide, la méthode manuelle est essentiellement utilisée pour le
battage/décorticage (97,3% pilonnage pour le niébé et 96,6% battage pour l’arachide).
Ces opérations de battage/décorticage sont généralement réalisées au champ. Tou-
tefois, pour les ménages producteurs de riz et de sorgho, l’essentiel de ces opérations
se fait à domicile (respectivement 69,7% et 79,5% des ménages).

Tableau 26 : Méthode et lieux de battage/décorticage des produits- Sénégal

Technique de battage/décorticage Lieu de battage/décorticage


Cultures Mécanique A
Pilonnage Battage Champ Autre lieu
(décortiqueuse) domicile

Mil 36,0% 2,7% 61,3% 51,4% 47,7% 0,9%


Maïs 12,1% 31,8% 56,1% 54,5% 42,4% 3,0%
Riz 9,7% 25,8% 64,5% 30,3% 69,7% 0,0%
Sorgho 19,0% 42,9% 38,1% 20,5% 79,5% 0,0%

Céréales 19,2% 25,8% 55,0% 39,2% 59,8% 1,0%


Manioc _ _ _ _ _ _
Tubercules _ _ _ _ _ _
Niébé 97,3% 0,0% 2,7% 61,1% 38,9% 0,0%
Arachide 3,4% 96,6% 0,0% 67,2% 32,8% 0,0%

Légumineuses 50,4% 48,3% 1,4% 64,2% 35,9% 0,0%

Total 34,8% 37% 28,2 51,6% 47,9% 0,5%

Le tableau 27 révèle que l’essentiel du battage des récoltes au Sénégal, et pour


presque la majorité des spéculations (mil, maïs, niébé et arachide) s’effectue au sol.
Seul le battage du riz est essentiellement effectué sur des bâches (75,8% des mé-
nages). Le choix du lieu de battage est caractérisé par le manque de moyens financiers
pour que les producteurs puissent se payer des aires de battage adéquates. Le pro-
blème qui se pose avec le battage au sol, est qu’après l’opération, les grains sont pleins
d’impuretés (sable, cailloux, herbes, …) qui font que ceux-ci sont parfois impropres à
la consommation. Pour enlever ces impuretés, d’autres opérations de vannage ou de
tri sont effectuées par les ménages. Lors de ces opérations, une quantité très importante
de grains est perdu, ce qui diminue la quantité des grains décortiqués/battus.

75
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 27 : Répartition des ménages selon la caractéristique du lieu de battage- Sénégal

Aire de battage
Sur
Sur le sol en ciment/ Autre
sachet/sacs
latérite
Mil 67,9% 4,5% 2,7% 25,0%
Maïs 77,3% 10,6% 9,1% 3,0%
Riz 21,2% 75,8% 3,0% 0,0%
Sorgho 34,9% 37,2% 11,6% 16,3%
Céréales 50,3% 32,0% 6,6% 11,1%
Manioc _ _ _ _
Tubercules _ _ _ _
Niébé 78,4% 5,4% 0,0% 16,2%
Arachide 93,1% 3,4% 3,4% 0,0%
Légumineuses 85,8% 4,4% 1,7% 8,1%
Total 68,1% 18,2% 4,2% 9,6%

Pour la plupart des ménages enquêtés, le battage/décorticage ne s’effectue pas de


façon systématique au Sénégal mais se fait en cas de besoin, c'est-à-dire, pour la
vente ou la consommation (61,3% des ménages), tout comme au Burkina. Par ail-
leurs, la figure 19 révèle que la majorité des ménages enquêtés au Sénégal (80,2%)
réalise ces opérations entre 1 et 2 jours après le séchage.

Figure 19 : Répartition des ménages selon les périodes de réalisation des opérations de
battage/décorticage- Sénégal

76
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

L’opération de battage/décorticage est essentiellement assurée par la majorité des


ménages eux-mêmes pour les cultures comme le maïs (92,4%), le sorgho (70,5%), le
niébé (80%) et l’arachide (78%). Par contre, le battage du riz est essentiellement ef-
fectué par de la main d’œuvre externe aux ménages à travers des locations de service
(89,2%) et dans une moins mesure pour le mil (43%).

En analysant la répartition de cette tâche au sein du ménage, il ressort du tableau 28


que les opérations de battage/décorticage au sein des ménages sont assurées prin-
cipalement par les hommes par rapport aux femmes. Les femmes sont cependant les
plus impliquées dans le battage du niébé (48,6% par des femmes contre 32,4% par
des hommes).

Tableau 28 : Principal responsable du battage/décorticage des récoltes au sein du ménage-Sénégal

Femmes Hommes Tout le monde


Mil 30,7% 57,0% 11,4%
Maïs 22,7% 57,6% 19,7%
Riz 8,3% 91,7% 0,0%
Sorgho 21,4% 69,0% 9,5%
Céréales 20,7% 68,8% 10,1%
Niébé 48,6% 32,4% 16,2%
Arachide 39,0% 59,3% 1,7%
Légumineuses 43,8% 45,8% 8,9%
Total 32,3% 57,3% 9,5%

Au niveau du Ghana, les constats qui se dégagent de l’analyse des opérations de bat-
tage/décorticage réalisées par les ménages agricoles montrent que trois principales
techniques de battage ont été analysées : le battage à l'air libre, le battage dans des
sacs et le battage mécanique à l’aide d’une décortiqueuse. La figure 20 montre par
ailleurs que la plupart des agriculteurs du Ghana tout comme ceux du Burkina Faso et
du Sénégal, utilise la méthode de battage ou de pilonnage manuel à l'air libre (55%).
Toutefois, certains agriculteurs du Ghana utilisent également des décortiqueuses et le
battage à l’aide de sacs (respectivement 23% et 22%).

77
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 20 : Répartition des ménages selon la technique de battage- Ghana

En analysant les caractéristiques du lieu de battage, il ressort de la figure 21 que la


plupart des ménages au Ghana effectuent le battage sur les supports en sachets ou
en sacs (38%), et sur une aire de battage en ciment ou en latérite (33%) et jusqu'à
25% des répondants effectue le battage sur le sol nu (répandu chez les ménages du
Burkina et du Sénégal) ce qui ne permet pas de limiter les grains perdus par dispersion.

Figure 21 : Caractéristiques du lieu de battage-Ghana

La figure 22 montre que le battage des cultures se fait principalement après la récolte
donc avant le stockage du produit, pour la majorité des ménages enquêtés du Ghana
(52,1%). Pour les cultures comme le mil et le sorgho, le battage est effectué après sé-
chage en cas de nécessité pour la vente ou la consommation tout comme au Burkina
et au Sénégal.

78
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 22 : Période de battage des récoltes- Ghana

Il ressort de la figure 23 qu’environ 90% des ménages enquêtés au Ghana effectue


les opérations de battage dans la première semaine après la récolte. Les ménages
eux-mêmes assurent pour la plupart la responsabilité du battage des récoltes et l’ana-
lyse de la répartition des tâches au sein des membres du ménage à travers la figure
24 fait ressortir un engagement plus important des enfants (32,5% des ménages) dans
ces travaux qui serait relativement moins pénibles. Une grande partie des travaux est
également effectuée par les hommes (31,2%) et par les femmes (24,1%).

Figure 23 : Temps écoulé pour le battage Figure 24: Personnes responsables


après récolte-Ghana du battage-Ghana

79
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Principales conclusions
Les opérations de battage ou de décorticage au Burkina, au Sénégal et au Ghana,
sont réalisées par la plupart des ménages qu’en cas de besoin pour la vente ou la
consommation. La principale méthode utilisée est le battage manuel. Ces opérations
de battage ou de décorticage sont réalisées pour la plupart des cas à ras le sol sans
support pour collecter les portions qui pourrait se disperser durant l’opération, notam-
ment chez les ménages du Burkina et du Sénégal. La mécanisation du battage est
plus répandue au Sénégal et seul le riz bénéficie d’une attention particulière par l’uti-
lisation de support de battage. L’utilisation d’aire de battage spécifiquement aménagée
ou de support de battage est plus répandue au Ghana.

4.1.4. Techniques de vannage des récoltes


Habituellement fait avant le stockage ou la commercialisation, l’efficacité du vannage
est liée à sa capacité à réduire les impuretés (cailloux, sable et matière organique
étrangère) qui déterminent également la valeur économique du produit.

La figure 25 indique que d’une manière générale au Burkina Faso, le vannage de la


production (toutes cultures confondues) est réalisé dans la majorité des cas à domicile
(environ 81,1% des ménages) et quelques fois au champ (17,1%).

Figure 25 : Répartition des ménages selon le lieu de vannage- Burkina Faso

La figure 26 montre que ces opérations de vannage sont faites sur le sol par 45% des
ménages sans moyens de recueillir les graines qui tomberaient au sol. Cette technique
est courante chez les ménages producteurs de légumi-neuses (67,6%). Environ 35%
des ménages effectue le vannage en utilisant des sachets, des bâches ou des sacs et
11% l’effectue sur des aires de vannage en ciment ou latérite. Environ 40% des pro-
ducteurs de céréales utilise cette technique.

80
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 26 : Répartition des ménages selon les caractéristiques des lieux de vannage-Burkina Faso

Cette opération est généralement assurée par les membres du ménage eux-mêmes
(96%) et très peu ont recours à de la main d’œuvre externe. On note également que
la responsabilité des opérations de vannage au sein des ménages agricoles Burkinabé,
incombe aux femmes (selon 90,9% des ménages) qui occupent un rôle très important
dans cette activité. Les hommes et les enfants participent très peu à cette activité.

Au Sénégal l’analyse du tableau 29 fait ressortir que pour l’ensemble des spéculations,
le vannage est pratiqué par les ménages tant à domicile qu’au champ notamment pour
les légumineuses (49,5% et 50,5% respectivement). Pour les céréales, il est réalisé
par la plupart des ménages à domicile (71,2%).

Tableau 29 : Lieu de réalisation du vannage- Sénégal

Champ A domicile
Mil 48,8% 51,2%
Maïs 17,2% 79,3%
Riz 33,3% 66,7%
Sorgho 12,5% 87,5%
Céréales 27,9% 71,2%
Niébé 54,1% 45,9%
Arachide 45,0% 55,0%
Légumineuses 49,5% 50,5%
Total 38,7% 61,3%

81
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

En analysant les caractéristiques du lieu, il ressort du tableau 30 que pour l’essentiel


des spéculations, le vannage au Sénégal est effectué sur le sol (mil, maïs, niébé et
arachide) ; seul le vannage du riz est essentiellement effectué sur des bâches (90,9%)
et dans une moindre mesure celui du sorgho (54,2%).

Tableau 30 : Caractéristiques du lieu de vannage- Sénégal


Aire de vannage
Sur le sol Sur sachet/bâche/sacs en ciment/ Autre
latérite
Mil 51,7% 11,2% 4,5% 23,6%
Maïs 75,9% 17,2% 3,4% 3,4%
Riz 9,1% 90,9% 0,0% 0,0%
Sorgho 41,7% 54,2% 4,2% 0,0%
Céréales 44,6% 43,4% 3,% 6,7%
Niébé 56,8% 24,3% 0,0% 10,8%
Arachide 62,3% 34,4% 3,3% 0,0%
Légumineuses 59,5% 29,3% 1,6% 5,4%

Le tableau 31 montre que les femmes participent plus aux opérations de vannage pour
le mil, le maïs, le sorgho, le niébé et l’arachide. Par contre pour le riz, ce sont les
hommes (88,9%) qui sont essentiellement responsables des opérations de vannage
qui sont des opérations le plus souvent mécanisées et gérées par ces derniers. Tout
comme au Burkina Faso, ce sont les membres du ménage agricole eux-mêmes qui
sont essentiellement responsables du vannage des produits pour l’ensemble des spé-
culations au Sénégal ; sauf pour l’arachide, où les ménages (70,6%) ont recours par
à des locations de services pour le réaliser.

Tableau 31: Personnes participantes aux opérations de vannage-Sénégal

Les femmes Les hommes Tout le monde


Mil 57,3% 6,7% 34,8%
Maïs 79,3% 20,7% 0,0%
Riz 88,9% 11,1% 0,0%
Sorgho 79,2% 20,8% 0,0%
Céréales 56,7% 34,2% 8,7%
Niébé 91,9% 2,7% 5,4%
Arachide 81,4% 11,9% 6,80%
Légumineuses 86,6% 7,3% 6,1%

Au Ghana, le vannage se fait manuellement et repose sur la vitesse du vent. Il consti-


tue la grande opération de nettoyage après le battage. Il se fait habituellement sur le
lieu de battage et il ressort que près de 75% des ré-pondants réalisent le vannage à
la maison contre 25% qui le font au champ.

82
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

La figure 27 montre que le vannage est réalisé sur des supports comme des bâches
par la majorité des ménages enquêtés au Ghana (64%) contrairement au Burkina Faso
et au Sénégal. Environ 27% des ménages du Ghana mène ces opérations sur le sol
nu et seulement 5% dispose d’une aire de vannage.

Figure 27 : Caractéristiques du lieu de vannage – Ghana

Principales conclusions
Les opérations de vannage sont intimement liées au battage et sont faites de la même
façon : sur le sol sans moyens de recueillir les graines qui tomberaient au sol sauf au
Ghana et au Sénégal dans une moindre mesure pour le cas riz.

4.1.5. Techniques de stockage des récoltes


Le stockage est une opération pouvant être effectuée avant ou après les étapes de bat-
tage/décorticage, vannage. Elle permet de conserver les produits récoltés suivant divers
modes de stockage pendant une certaine période pour obtenir des grains de qualité
afin de garantir la sécurité alimentaire des ménages ou des revenus substantiels en
dehors des périodes de production agricole. L’analyse des opérations de stockage des
récoltes a mis en évidence les constats suivants dans les différents pays :

Au Burkina Faso, le tableau 32 montre que les céréales sont stockées par la majorité
des ménages avec les panicules ou en épis notamment pour le sorgho (86,4%) et le
mil (79,8%). L'arachide est stockée sous ses différentes formes (coque ou grain) selon
la quasi-totalité des exploitants de cette spéculation (100%). Il en est de même pour
le niébé stocké sous forme de gousse ou de grains pour la majorité des exploitants
(93,6%). Pour les exploitants de riz et de maïs le stockage est réalisé sous forme de
grains (96,4% et 77,9% respectivement). Quant aux tubercules, le stockage se fait uni-
quement en l’état selon les ménages.

83
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 32 : Répartition des ménages selon les principales formes de stockage-Burkina Faso

Epis/panicule Grains/coque/gousse/tubercule

Sorgho 86,4% 13,6%


Mil 79,8% 20,2%
Mais 22,1% 77,9%
Riz 3,6% 96,4%
Céréales 46,9% 53,1%
Igname 0,0% 100,0%
Manioc 0,0% 100,0%
Tubercules 0,0% 100,0%
Niébé 6,4% 93,6%
Arachide 0,0% 100,0%
Légumineuses 1,8% 98,2%
Total 35,0% 65,0%

L’analyse du tableau 33 montre que les principales infrastructures utilisées par les mé-
nages du Burkina Faso pour le stockage des récoltes sont les greniers en terre ou en
paille (42,5% des ménages), les entrepôts et magasins (34,7%) et des hangars ou
hutte notamment par 6,5% des ménages. La majorité des ménages (plus de 90%)
stocke leur production à domicile. Les stockages au champ sont observés chez 2%
des ménages notamment 22% de ceux qui produisent l’igname.

Environ 6% des ménages, majoritairement des producteurs de maïs (17% des pro-
ducteurs de maïs), font le stockage de leur production dans les entrepôts et maga-
sins.

84
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 33: Répartition des ménages selon les principales structures utilisées pour le stockage-
Burkina Faso

Silos
Grenier Grenier Entrepôt Hangar/
Culture hermé- Crib Autre
en paille en terre /magasin hutte
tique
Sorgho 60,7% 29,7% 0,0% 9,0% 0,4% 0,0% 0,2%
Mil 23,0% 61,6% 2,8% 10,7% 0,4% 0,0% 1,5%
Mais 2,0% 32,7% 0,6% 61,9% 0,0% 1,6% 1,3%
Riz 3,6% 16,4% 0,2% 75,6% 0,0% 2,6% 1,7%
Céréales 24,6% 31,9% 0,6% 40,6% 0,2% 1,1% 1,0%
Igname 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 100,0% 0,0%

Manioc 0,0% 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Tubercules 0,0% 0,0% 0,0% 8,0% 0,0% 92,0% 0,0%

Niébé 5,7% 5,2% 0,4% 61,6% 0,0% 0,0% 27,0%

Arachide 1,8% 0,2% 0,0% 5,6% 0,0% 0,0% 92,4%

Légumineuses 2,9% 1,6% 0,1% 21,1% 0,0% 0,0% 74,3%

Total 18,7% 23,8% 0,5% 34,7% 0,1% 6,5% 15,7%

Le tableau 34 montre que la période principale de stockage diffère d’un produit à un


autre. En effet, le stockage intervient pour le sorgho, après la récolte (pour 60,5% des
ménages), pour le maïs et le niébé après le battage/décorticage (pour 69,6% et 66,8%
des ménages respectivement) et pour le riz et l'arachide après les opérations de sé-
chage (75,9% et 96,5% respectivement).

85
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 34: Répartition des ménages selon les principales périodes de stockage-Burkina Faso

En cas de
Après le Après battage/
Après la récolte besoin (vente ou
séchage décorticage
consommation)

Sorgho 60,5% 23,0% 10,5% 5,9%


Mil 51,1% 30,2% 14,8% 4,0%
Mais 23,5% 6,7% 69,6% 0,2%
Riz 3,6% 75,9% 20,4% 0,0%

Céréales 35,2% 29,3% 32,9% 2,5%


Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Niébé 0,9% 30,6% 66,8% 1,6%


Arachide 0,0% 96,5% 0,0% 3,5%
Légumineuses 0,3% 77,7% 19,1% 2,9%

Total 32,4% 37,0% 28,1% 2,5%

Au mois de mars 2015, les différents stocks disponibles et détenus par les ménages
Burkinabé enquêtés étaient en moyenne de 16 semaines soit quatre (4) mois. Les
stocks de riz avaient vingt (20) semaines tandis que les réserves de manioc avaient
été constituées il y a en moyenne à peine une (1) semaine.

Au Sénégal, le tableau 35 montre que le stockage s’effectue pour l’ensemble des spé-
culations (céréales et légumineuses), essentiellement sous forme de
grain/coque/gousse et dans une moindre mesure sous forme d’épis/panicule pour le
mil (30,2%), le maïs (13,8%) et le sorgho (14%).

86
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 35: Forme de stockage des produits-Sénégal

Epis/panicule Grains/coque/gousse/tubercule
Mil 30,2% 69,0%
Maïs 13,8% 86,2%
Riz 0,0% 97,4%
Sorgho 14,0% 86,0%
Céréales 14,5% 84,6%
Niébé 0,0% 100,0%
Arachide 7,3% 92,7%
Légumineuses 3,6% 96,3%
Total 9,5% 90,5%

Le tableau 36 révèle que deux principales structures sont utilisées par les ménages
pour le stockage des récoltes au Sénégal tout comme au Burkina : le stockage dans
des entrepôts ou des magasins (83%) et le stockage dans des greniers en paille (10%).
L’analyse montre que le niébé et le manioc sont essentiellement stockés dans des ma-
gasins/entrepôts. L’utilisation d’autres structures de stockage est marginale.

Tableau 36: Structures utilisées pour le stockage des produits- Sénégal

Principale structure utilisée pour le stockage de la culture

Grenier Grenier Silos Entre- Han- banque


cham-
en en hermé- pôt/ma gar/hut bidon grenier case céréa- Autre
bre
paille terre tique gasin te lière

Mil 32,8% 9,5% 0,0% 53,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 2,6% ,9% ,9%
Maïs 36,9% 4,6% 0,0% 55,4% 0,0% 0,0% 0,0% 1,5% 1,5% 0,0% 0,0%
Riz 5,3% 0,0% 0,0% 57,9% 0,0% 0,0% 0,0% 28,9% 0,0% 0,0% 7,9%
Sorgho 48,8% 11,6% 0,0% 34,9% 0,0% 0,0% 0,0% 4,7% 0,0% 0,0% 0,0%

Céréales 30,9% 6,4% 0,0% 50,4% 0,0% 0,0% 0,0% 8,8% 1,0% 0,2% 2,2%

100,0
Manioc 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
%
100,0
Tubercules 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
%
Niébé 0,0% 0,0% 2,7% 86,5% 0,0% 2,7% 2,7% 0,0% 0,0% 0,0% 5,4%

Arachide 40,0% 0,0% 0,0% 45,5% 1,8% 0,0% 0,0% 1,8% 9,1% 0,0% 1,8%

Légumi-
neuses
10,0% 0,0% 0,7% 83,0% 0,5% 0,7% 0,7% 0,5% 2,3% 0,0% 1,8%

87
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Le principal lieu de stockage pour l’ensemble des spéculations, est le domicile pour
les céréales et l’arachide (76,4%). Le stockage des produits se fait généralement après
battage/décorticage pour l’ensemble toute chose qui permet aux ménages de disposer
des produits à tout moment pour la consommation ou la commercialisation. Par ail-
leurs, il ressort du tableau 37 que pour le riz, le stockage se fait plus après la récolte
(42,1%) puis après le battage/décorticage (36,8%). La plupart des ménages agricoles
enquêtés au Sénégal préfère stocker leurs récoltes après battage/décorticage (69,8%).

Tableau 37: Période de stockage des produits- Sénégal

Après En cas de be-


Après le
Après la récolte battage/décorti- soin (vente ou
séchage
cage consommation)
Mil 11,2% 4,3% 83,6% 0,9%
Maïs 1,5% 23,1% 75,4% 0,0%
Riz 42,1% 21,1% 36,8% 0,0%
Sorgho 2,3% 4,7% 86,0% 7,0%
Céréales 14,2% 13,3% 70,4% 1,9%
Niébé 2,7% 16,2% 78,4% 2,7%
Arachide 0,0% 16,4% 60,0% 23,6%
Légumineuses 1,3% 16,3% 69,2% 13,1%
Total 7,8% 14,8% 69,8% 7,6%

La durée moyenne de stockage chez les ménages enquêtés au Sénégal varie entre 1
et 20 semaines en fonction des spéculations. Elle est en moyenne de 13 semaines
pour les céréales et de 16 semaines pour les légumineuses. Par contre la durée de
stockage du manioc est d’une semaine, car c’est un produit périssable qui ne peut pas
être stocké au-delà de cette période.

Au Ghana, la figure 28 révèle que le stockage des récoltes sous forme de grains pour
les céréales (tout comme au Sénégal) ou de coques (pour les légumineuses) est le
plus répandu chez les ménages agricoles Ghanéens (80%). Le stockage des récoltes
sans battage c’est-à-dire sous forme d’épis ou de panicules notamment des céréales
est le moins répandu (20%).

88
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 28 : Principales formes de stockage des récoltes- Ghana

Les principales structures de stockage rencontrées au cours de l’enquête au Ghana


sont constituées par des magasins, des greniers, des cribs et bien d’autres structures.
Il ressort de la figure 29 que plus de la moitié des ménages (51,8%) stockent leurs ré-
coltes dans des magasins et des entrepôts. L’utilisation des greniers en paille et en
terre est également répandue (21,3% des ménages pour ces deux types). Les silos
métalliques sont les moins utilisés des ménages enquêtés au Ghana (4,8%).

Figure 29 : Structures de stockage des récoltes-Ghana

89
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

La figure 30 montre que la majorité des répondants (87,1%) ont indiqué que les infra-
structures de stockage sont situées à leur domicile. Environ 7,8% des agriculteurs
stockent leurs produits sur place au champ. Le recours à des magasins ou à des en-
trepôts communautaires de stockage des produits agricoles n’est pas courant chez
les ménages agricoles Ghanéens (seulement 5,1%).

Au moment de la réalisation de l’enquête en mars 2015 au Ghana, la durée des stocks


de céréales était en moyenne de 18 semaines soit environ 4,5 mois, celle des tuber-
cules et des oléagineux de 20 semaines soit environ 5 mois.

Figure 30 : Emplacement des infrastructures de stockage des récoltes- Ghana

Principales conclusions :
Les récoltes sont stockées soit en l’état avec les tiges (panicules ou en épis notamment
au Burkina) soit sous forme de grains après battage (cas au Sénégal et au Ghana).
Les principales infrastructures utilisées sont les greniers en terre ou en paille, les en-
trepôts ou magasins.

4.1.6. Transformation des récoltes chez les ménages agricoles


Au Burkina Faso, le tableau 38 montre que les principales transformations que subis-
sent les productions au niveau des ménages sont la transformation en farine (63,9%)
pour les céréales et la transformation en pâte principalement pour l’arachide (89,6%).
L’analyse des données indique qu’environ 21,5% des ménages n’effectue aucune
transformation de leurs productions contre 78,5% qui transforme leurs produits. Ce
constat est plus marqué chez les producteurs de manioc et de niébé dont une très
grande majorité (plus de 80%) n'effectue aucune transformation de ces denrées qui
constituent en général des cultures de rente vendus en l’état. Il en est de même pour
le manioc (79,2%).

90
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 38 : Répartition des ménages selon le type de transformation-Burkina Faso

Couscous
Aucune Farine Pâte Attiéké Jus Autre
/gari
Sorgho 11,4% 87,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,8%
Mil 18,1% 79,6% 0,0% 0,0% 0,0% 1,7% 0,6%

Mais 11,4% 87,9% 0,0% 0,7% 0,0% 0,0% 0,0%

Riz 3,7% 2,6% 3,7% 0,0% 0,0% 0,0% 90,0%


Céréales 10,2% 63,9% 1,0% 0,3% 0,0% 0,2% 24,3%
Igname 79,2% 12,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 8,3%

Manioc 96,5% 2,3% 0,0% 0,0% 1,2% 0,0% 0,0%

Tuber-cules 88,3% 7,2% 0,0% 0,0% 0,6% 0,0% 4,0%

Niébé 84,7% 9,9% 1,0% 0,0% 0,0% 0,0% 4,3%

Arachide 6,1% 4,3% 89,6% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Légumineuses 27,3% 5,8% 65,7% 0,0% 0,0% 0,0% 1,2%

Total 21,5% 45,5% 15,3% 0,2% 0,1% 0,2% 17,2%

Ces opérations de transformation des produits agricoles sont généralement assurées


par les ménages eux-mêmes (94,2%). Toutefois, une faible pro-portion des ménages
(5,5%) fait recours à des services de particuliers pour transformer leurs produits. Le
tableau 39 révèle qu’au sein des ménages, la responsabilité de la transformation de
tous les produits agricoles, sans dis-tinction, incombe aux femmes (chez 92,1% des
ménages) et dans une moindre mesure aux hommes (chez 4,4% des ménages).

91
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 39 : Répartition des ménages selon le responsable de la transformation des récoltes au


sein du ménage-Burkina Faso

Cultures Les femmes Les hommes Tout le monde Autre


Sorgho 98,8% 0,8% 0,0% 0,4%
Mil 95,7% 0,7% 2,8% ,8%
Mais 97,3% 2,5% ,1% 0,0%
Riz 76,3% 15,8% 7,9% 0,0%
Céréales 91,3% 5,8% 2,7% 0,2%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 92,6% 0,0% 2,1% 5,3%
Arachide 94,4% 0,0% 1,1% 4,6%
Légumineuses 94,1% 0,0% 1,2% 4,7%
Total 92,1% 4,4% 2,3% 1,2%

Au Sénégal, les ménages agricoles réalisent en général, trois types de transformations :


la transformation en couscous, la transformation en pâte et transformation en farine.
Le couscous représente le plat de base de la population Sénégalaise en milieu rural ;
c’est la raison pour laquelle la plupart des ménages agricoles s’adonne à la transfor-
mation des céréales en couscous (53,2%). Le tableau 40 révèle par ailleurs que la
transformation de ces céréales en farine est également réalisée (23,3%). Les ménages
dans leur grande majorité (85,7%) transforment l’arachide en pâte utilisée dans la pré-
paration des aliments.

Tableau 40 : Type de transformation effectuée chez les ménages agricoles- Sénégal

Aucune En
En farine En pâte
transformation couscous/gari
Mil 1,8% 31,9% 0,9% 65,5%
Maïs 0,0% 37,9% 4,5% 56,1%
Riz 77,3% 9,1% 0,0% 9,1%
Sorgho 3,6% 14,3% 0,0% 82,1%

Céréales 20,6% 23,3% 1,3% 53,2%

Niébé 8,3% 80,6% 0,0% 5,6%


Arachide 7,1% 3,6% 85,7% 3,6%

Légumineuses 7,7% 42,1% 42,8% 4,6%

92
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

La transformation des produits est essentiellement assurée par les ménages eux-
mêmes pour l’ensemble des spéculations. Le tableau 41 montre que la responsabilité
de la transformation au sein des ménages est essentiellement assurée par les femmes
tout comme au Burkina Faso. Les hommes n’interviennent que dans des proportions
moins importantes dans la transformation ; toutefois on les retrouve en plus forte pro-
portion dans la transformation du riz selon 20% des ménages. L’activité de transfor-
mation des récoltes est généralement un processus long (de la mouture à la cuisson)
et nécessite beaucoup de temps, de patience et d’ingéniosité pour pouvoir avoir un
produit fini prêt pour la consommation ou la vente (couscous, farine, etc…) ; raison
pour laquelle, elle est généralement assurée par les femmes qui disposent de savoir-
faire en la matière.

Tableau 41 : Répartition des ménages selon les personnes participant au processus de transfor-
mation- Sénégal
Les femmes Les hommes Tout le monde
Mil 92,8% 6,3% 0,9%
Maïs 89,4% 10,6% 0,0%
Riz 80,0% 20,0% 0,0%
Sorgho 100,0% 0,0% 0,0%
Céréales 90,6% 9,2% 0,2%
Manioc 85,7% 14,3% 0,0%
Tubercule 85,7% 14,3% 0,0%
Niébé 97,0% 3,0% 0,0%
Arachide 98,1% 1,9% 0,0%
Légumineuses 97,6% 2,5% 0,0%

Au Ghana également, plusieurs types de transformation sont effectués suivant la na-


ture du produit. En effet, tout comme dans les autres pays, la figure 31 indique que
l'arachide est principalement transformée en farine et en pâte chez la plupart des mé-
nages. Le manioc est aussi principalement transformé en farine et le couscous / gari
chez la majorité des ménages (67% et 33% respectivement). Le riz est parfois trans-
formé en farine de sevrage (23% des ménages) mais subit également d'autres types
de transformation dans la plupart des cas. On note au demeurant que l’igname est le
produit qui subit moins de transformation chez la plupart des ménages.

93
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 31: Types de transformations effectuées par les ménages agricoles –Ghana

Ce processus de transformation primaire au Ghana est en général effectué par les


ménages enquêtés eux-mêmes. Au sein des ménages au Ghana, la responsabilité de
la transformation des produits incombe aux femmes et on note que certains hommes
sont impliqués dans la transformation de l’igname.

Principales conclusions
Les principales transformations primaires des récoltes effectuées par les ménages
sont la transformation en farine (à base de céréales ou de tuber-cules), la transforma-
tion en pâte principalement pour l’arachide et la trans-formation en couscous à base
de céréales ou de tubercules (gari).

4.2. Analyse de la gestion des récoltes et des stocks des ménages agri-
coles dans les pays étudiés : Burkina Faso, Sénégal et Ghana
Ainsi que le montre le tableau 42, le stockage et la conservation des produits au Bur-
kina Faso se fait à travers deux modes principalement: le stockage dans des sacs sim-
ples (51,3% des ménages) et le stockage en vrac (environ 29,1% des ménages). Le
stockage en vrac est plus remarqué pour le mil tandis que l'utilisation des sacs est
plus fréquente pour les producteurs de riz. Notons que le niébé est l’une des spécu-
lations dont la conservation est plus difficile pour les producteurs. En effet, environ
51,2% des ménages utilisent les bidon/fûts pour sa conservation et seulement 3% font
recours au sac triple fond. L'utilisation de sac à triple fonds semble donc marginale et
cette situation pourrait être liée au coût relativement élevé pour les petits producteurs
et aussi aux sources d’approvisionnement qui semble peu connues. L’adoption à
grande échelle des sacs à triple fond n’est pas encore une réalité au Burkina Faso.
Cette nouvelle technologie développée et vulgarisée par la recherche au cours de ces
dernières années nécessiterait une vulgarisation plus accrue d’une part, d’autre part
à une subvention des prix afin de les rendre plus accessibles aux petits producteurs.

94
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 42 : Répartition des ménages selon le principal mode de stockage et de conservation-


Burkina Faso
Sac triple
Sac simple En vrac Bidon/fûts Autre
fond
Sorgho 15,0% 0,0% 31,3% 0,4% 53,4%
Mil 16,2% 2,6% 65,3% 2,3% 13,7%
Mais 67,9% 0,1% 28,6% 0,9% 2,5%
Riz 83,3% 0,0% 13,0% 0,0% 3,6%
Céréales 46,9% 0,4% 30,8% 0,7% 21,2%
Igname 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Niébé 39,1% 3,0% 1,9% 51,2% 4,7%
Arachide 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Légumineuses 83,2% 0,8% 0,5% 14,2% 1,3%


Total 51,3% 0,4% 29,1% 3,4% 15,9%

Au Sénégal, les modes de stockage et de conservation les plus utilisés sont : le


stockage en sac simple, le stockage en vrac et dans une moindre mesure, le stockage
dans des bidons ou fûts (Figure 43). L’utilisation de l’une ou de l’autre de ces deux
modes dépend de multiples considérations d’ordre technique, économique et socio-
culturel. Le stockage des produits comme les céréales (72,7% pour le mil, 92,3% pour
le maïs, 100% pour le riz et 93% pour le sorgho) et l’arachide (87,3%) s’effectue es-
sentiellement dans des sacs simples et dans une moindre mesure en vrac. Par contre,
le stockage du niébé est essentiellement effectué dans des bidons/fûts (81,1%) et dans
une moindre mesure en vrac (13,5%). L’utilisation du sac triple fond très efficace pour
la conservation du niébé n’est pas connu des ménages enquêtés au Sénégal tout
comme ceux du Burkina.

95
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 43 : Répartition des ménages selon le principal mode de stockage et de conservation -


Sénégal
Modes principal de stockage des produits
Sac simple Sac triple fond En vrac Bidon/fûts
Mil 70,7% 0,9% 28,4% 0,0%
Maïs 92,3% 4,6% 3,1% 0,0%
Riz 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 93,0% 2,3% 4,7% 0,0%
Céréales 89% 1,9% 9,5% 0%
Niébé 2,7% 0,0% 13,5% 81,1%
Arachide 87,3% 0,0% 0,0% 12,7%
Légumineuses 45% 0% 0,07% 46,9%
Total 67,0% 1,0% 4,8% 23,5%
L’étude a révélé qu’au Ghana le principal mode de stockage dans la zone d'étude
comprend l'utilisation de sacs simples (61,7%), des sacs triples fond (16,5%) et bien
d’autres formes de conservation (Figure 32). L’utilisation de bidons ou de fûts comme
technique traditionnelle de conservation est marginale au Ghana.

Figure 32 : Répartition des ménages selon le principal mode de stockage et de conservation-


Ghana

96
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

La durée de stockage est un facteur déterminant le niveau des pertes au niveau du


stockage. Pour se faire, deux types de stocks ont été distingués et ont fait l’objet d’ana-
lyse afin de fait ressortir des traitements différenciés éventuels que les ménages pour-
raient avoir dans la gestion de ces stocks et appréhender comment ces stocks peuvent
subir des pertes: il s’agit des stocks destinés à la consommation du ménage et les
stocks destinés à la commercialisation ou la vente.

Le tableau 44 donne les méthodes de protection des stocks de consommation pour


permettre d’éviter leur détérioration au Burkina Fao. En matière de protection des
stocks au Burkina Faso, l’étude indique que près de 34% des ménages n’assurent pas
la protection de leurs stocks alimentaires (céréales, légumineuses). Les types de pro-
tection les plus utilisés demeurent la protection chimique (39,2%) ; ce qui peut consti-
tuer un danger pour la consommation lorsque les règles en la matière ne sont pas
respectées. La protection biologique est surtout utilisée au niveau de l’igname (22,2%).

Tableau 44 : Répartition des ménages en % selon les principales tech-niques de protection des
stocks de consommation-Burkina Faso

Aucun Biologique Chimique Mécanique Physique Autre

Sorgho 36,2% 1,8% 29,7% 0,2% 32,1% 0,0%


Mil 28,0% 3,1% 42,8% 0,6% 25,5% 0,0%
Mais 25,5% 1,4% 70,1% 0,7% 0,8% 1,6%
Riz 35,7% 2,6% 51,3% 5,2% 2,6% 2,6%
Céréales 31,4% 2,0% 49,9% 1,5% 14,1% 1,1%
Igname 66,7% 22,2% 0,0% 8,3% 2,8% 0,0%
Manioc 63,6% 0,0% 0,0% 0,0% 36,4% 0,0%
Tubercules 66,4% 20,3% 0,0% 7,6% 5,7% 0,0%
Niébé 46,4% 3,0% 43,6% 0,0% 7,1% 0,0%
Arachide 31,1% 7,8% 3,3% 2,4% 55,4% 0,0%
Légumi-
34,8% 6,6% 12,9% 1,9% 43,9% 0,0%
neuses
Total 34,4% 4,1% 39,2% 2,0% 19,5% 0,8%

La majorité des ménages au Burkina (près de 58,5%) traite leurs stocks surtout au
moment de l’entreposage qui selon eux est la meilleure période indiquée pour la pro-
tection des stocks (Tableau 45). D’autres par contre (39,5%) n’utilisent une méthode
de protection qu’en cas d’attaque par les insectes ou tous autres ravageurs. Peu de
ménages sont enclins à effectuer des traitements de leurs stocks après l’entreposage
en vue de pallier à d’éventuelles attaques.

97
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 45: Répartition des ménages selon les principales périodes de protection des stocks de
consommation- Burkina Faso
A l'entrepo- En cas Moins d'un mois Entre 1 à
+3 mois
sage d'attaque après l'entreposage 2 mois
Sorgho 45,0% 52,8% 1,4% 0,8% 0,0%
Mil 59,9% 40,1% 0,0% 0,0% 0,0%
Mais 78,4% 19,6% 0,0% 0,9% 1,2%
Riz 69,4% 30,6% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 64,5% 34,0% 0,4% 0,6% 0,4%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 50,0% 50,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 96,9% 3,1% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 76,2% 23,8% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 14,7% 79,4% 0,0% 0,5% 5,5%
Légumineuses 26,8% 68,4% 0,0% 0,4% 4,4%
Total 58,5% 39,5% 0,3% 0,5% 1,2%

Concernant la protection des stocks destinés à la vente contre les ravageurs, plusieurs
techniques sont pratiquées par les ménages et il n’existerait un traitement plus ou
moins différencié avec les stocks de consommation. Si d’une manière générale, les
ménages privilégient le traitement chimique et physique pour les stocks de consom-
mation (Tableau 46), pour les stocks destinés à la vente ils privilégient plus la méthode
physique dans un premier temps (22,1%) et chimique (19,9%) dans un second temps
et dans une moindre mesure celle biologique (16,8%) et mécanique (7,1%).

Le manioc demeure le seul produit à ne pas être concerné par les techniques de pro-
tection. Les traitements sont pour la plupart effectués à l'entreposage (55% des mé-
nages) et en cas d'attaque par des ravageurs (43% des ménages).

98
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 46: Répartition des ménages selon les techniques de protection et de conservation des
stocks destinés à la vente- Burkina Faso
Cultures Aucun Biologique Chimique Mécanique Physique
Sorgho 61,5% 0,0% 32,2% 3,0% 3,2%
Mil 26,0% 0,0% 3,2% 0,0% 70,8%
Mais 34,3% 4,7% 41,4% 16,5% 3,1%
Riz 51,4% 0,0% 32,4% 16,2% 0,0%
Céréales 39,1% 3,0% 35,4% 13,4% 9,0%
Igname 76,5% 14,7% 2,9% 2,9% 2,9%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 78,1% 13,7% 2,7% 2,7% 2,7%
Niébé 10,6% 6,0% 46,9% 0,0% 36,6%
Arachide 1,8% 42,4% 1,9% 0,0% 53,9%

Légumineuses 2,6% 39,0% 6,2% 0,0% 52,2%

Total 34,2% 16,8% 19,9% 7,1% 22,1%

Au Sénégal, l’analyse de la situation de la protection des stocks chez les ménages


enquêtés, dont les résultats sont présentés dans le tableau 47, révèle que les stocks
destinés à la consommation au Sénégal font l’objet de protection contre les ravageurs
par les ménages. Plus de la moitié des ménages ne font recours à une quelconque
technique de protection contre les ravageurs sur les produits comme le mil, le riz et
l’arachide. Par contre pour le maïs et le niébé, la technique de protection chimique est
la plus utilisée par les ménages enquêtés du Sénégal (pour 65,6% et 89,2% respecti-
vement) tout comme ceux du Burkina.

Tableau 47 : Techniques de protection et de conservation des stocks de consommation- Sénégal

Aucun Biologique Chimique Mécanique Physique


Mil 64,0% 5,0% 30,0% 0,0% 1,0%
Maïs 20,3% 10,9% 65,6% 1,6% 1,6%
Riz 72,2% 0,0% 27,8% 0,0% 0,0%
Sorgho 62,5% 3,1% 25,0% 0,0% 9,4%
Céréales 54,8% 4,8% 37,1% 0,4% 3,0%
Niébé 0,0% 10,8% 89,2% 0,0% 0,0%
Arachide 63,6% 0,0% 36,4% 0,0% 0,0%
Légumineuses 31,8% 5,4% 62,8% 0,0% 0,0%
Total 43,3% 5,1% 50,0% 0,2% 1,5%

99
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Chez la majorité des ménages qui effectuent ces traitements contre les ravageurs, ces
opérations se font essentiellement à l’entreposage surtout pour les produits comme le
maïs et le niébé où la quasi-totalité des ménages enquêtés le font à cette période (Ta-
bleau 48). Des traitements sont également effectués à des degrés variables par les
ménages en cas d’attaque par les ravageurs.

Tableau 48: Période de traitement du stock destiné à la consommation- Sénégal

A l'entreposage En cas d'attaque


Mil 77,1% 20,0%
Maïs 100,0% 0,0%
Riz 60,0% 40,0%
Sorgho 58,3% 41,7%
Céréales 73,9% 25,4%
Niébé 100,0% 0,0%
Arachide 91,7% 8,3%
Légumineuses 95,9% 4,2%
Total 84,9% 15,1%

Les stocks de maïs et de niébé au Sénégal et qui sont destinés à la vente sont plus
susceptibles aux attaques des ravageurs et des moisissures. Chez la majorité des mé-
nages producteurs de maïs (86,4%) et de niébé (90,6%) au Sénégal, la technique chi-
mique est essentiellement utilisée pour la protection des stocks (Tableau 49). Pour les
autres produits comme le riz (75%) et le sorgho (71,4%) pratiquement aucune tech-
nique n’est utilisée pour la protection de ces stocks de vente.

Tableau 49: Principales techniques de protection des stocks destinés à la vente utilisé par les mé-
nages- Sénégal
Aucun Biologique Chimique
Mil 46,4% 7,1% 42,9%
Maïs 9,1% 4,5% 86,4%
Riz 75,0% 0,0% 25,0%
Sorgho 71,4% 0,0% 28,6%
Céréales 50,5% 2,9% 45,7%
Niébé 0,0% 3,1% 90,6%
Arachide 60,0% 0,0% 40,0%
Légumineuses 30,0% 1,6% 65,3%
Total 40,3% 2,3% 55,5%

100
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Comme pour le traitement du stock destiné à la consommation, le traitement du stock


destiné à la vente s’effectue à l’entreposage pour presque toutes les spéculations.
Sauf pour le riz où le traitement s’effectue aussi bien à l’entreposage (50%) qu’en cas
de besoin (50%). Selon les enquêtés c’est au moment de l’entreposage que les stocks
d’aliments subissent plus d’attaques.

Tableau 50: Période de traitement du stock destiné à la vente- Sénégal


A l'entreposage En cas d'attaque
Mil 93,3% 6,7%
Maïs 100,0% 0,0%
Riz 50,0% 50,0%
Sorgho 100,0% 0,0%
Céréales 85,8% 14,2%
Niébé 97,3% 0,0%
Arachide 100,0% 0,0%
Légumineuses 98,7% 0,0%
Total 92,3% 7,7%
Pour ce qui est des ménages enquêtés du Ghana, l'enquête a révélé que la plupart
des agriculteurs du pays ne protègent pas leurs produits stockés contre les ravageurs
notamment pour l'igname avec 88% des ménages (Figure 33). Au niveau du manioc
par contre, les producteurs Ghanéens utilisent une approche biologique pour empê-
cher les ravageurs d'attaquer les tubercules. La technique chimique a été beaucoup
plus adaptée pour le contrôle des organismes nuisibles sur le sorgho, le niébé, le mil,
le maïs et l'arachide. En ce qui concerne l'utilisation d'approches mécaniques et phy-
siques pour contrôler les ravageurs dans la zone d’étude, il est ressorti des analyses
que les agriculteurs utilisent ces méthodes pour contrôler les attaques de mil et de riz.

Figure 33: Principales techniques utilisées pour la protection des stocks de consommation- Ghana

101
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Ces techniques de protection des stocks destinés à la vente, sont semblables à celles
utilisées pour les stocks de consommation des ménages notées plus haut. L'enquête
a en effet révélé que la plupart des agriculteurs enquêtés au Ghana ne protègent pas
leurs stocks destinés à la vente contre les ravageurs (Figure 34). Elle a également ré-
vélé que les stocks destinés à la vente sont tous traités avec des produits chimiques
à des degrés variables suivant la nature de la spéculation. Les procédés mécaniques
et biologiques ont été également utilisés pour traiter les stocks de certains ménages

Figure 34: Principales techniques utilisées pour la protection des stocks destinés à la vente-
Ghana

Principales conclusions
Le type de traitement des stocks pour la conservation varie suivant la nature du produit.
Les stocks de consommation ou destinés à la vente ne subissent pas de traitement
de conservation en général. Lorsqu’ils sont traités, c’est le traitement chimique qui est
plus utilisé au moment de l’entreposage ou en cas d’attaque parasitaire.

4.3. Analyse des opérations post-récolte chez les commerçants du Burkina


Faso, du Sénégal et du Ghana
Les segments de la chaîne post-récolte qui ont été analysés chez les com-merçants
sont principalement le transport et le stockage des produits agricoles vendus.

Chez les commerçants Burkinabé, les produits agricoles vendus proviennent, selon
91% d'entre eux, des achats des produits locaux. Les ventes des propres productions
sont observées uniquement au niveau de certains commerçants de tubercules notam-
ment l'igname (31%) et le manioc (45%). Les produits achetés sont acheminés
jusqu'au lieu de commerce au moyens de charrettes et par vélo ou motocyclette selon
environ 26% des commerçants (Tableau 51). Les tricycles sont utilisés par 18% des

102
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

commerçants et les véhicules ou camions par environ 21% des commerçants pour le
transport des produits achetés. L’utilisation des charrettes, des vélos et des motocy-
clettes est prédominante à cause du poids des commerçants collecteurs et détaillants
qui utilisent le plus souvent ce type de moyens de transport.

Tableau 51: Répartition des commerçants en % selon les principaux moyens de transport des
produits vers les lieux de commerce- Burkina Faso
A pieds/sur Véhicule/
Vélo/motocyclette Charette Tricycle
la tête camion
Sorgho 11,1% 37,0% 13,0% 24,1% 14,8%
Mil 19,4% 32,3% 38,7% 3,2% 6,5%
Mais 0,0% 4,8% 4,8% 61,9% 28,6%
Riz 0,0% 0,0% 45,5% 54,5% 0,0%
Céréales 10,3% 26,5% 21,4% 28,2% 13,7%
Igname 18,8% 0,0% 12,5% 18,8% 50,0%
Manioc 5,0% 5,0% 65,0% 5,0% 20,0%
Tubercules 11,1% 2,8% 41,7% 11,1% 33,3%
Niébé 4,3% 65,2% 4,3% 13,0% 13,0%
Arachide 0,0% 13,3% 53,3% 6,7% 26,7%

Légumineuses 2,6% 44,7% 23,7% 10,5% 18,4%

Total 8,9% 25,7% 25,7% 21,5% 18,3%

Environ 56% des commerçants Burkinabé assure eux-mêmes le transport des produits
agricoles jusqu'au magasin ou au lieu de commerce tandis que 40% fait appel au ser-
vice des transporteurs privés. La location des transporteurs privés est plus fréquente
pour le transport de maïs (86% des commerçants vendeurs de maïs) et de riz (91%
des commerçants vendeurs de riz). Pour 57% des commerçants, les produits ainsi
acheminés vers les magasins et lieux de commerce sont stockés avant d'être vendus.

Ces produits, qui sont en général les céréales, le niébé et l'arachide, sont stockés en
grains pour 86% des commerçants et en coque pour à peine 10% des commerçants.
Pour plus de 52% des commerçants, les différents stocks sont entreposés dans des
magasins tandis qu'environ 45% ont stockés leurs produits à commercialiser dans
leurs domiciles. Les stockages dans les champs sont constatés uniquement pour
l'igname.

Près de 93% des commerçants conditionnent les produits dans des sacs simples pour
le stockage. Ce stockage est fait sans traitement pour 62% des commerçants. Environ
23% des commerçants traitent leurs stocks avec des produits chimiques. Les traite-
ments biologiques qui sont réalisés par environ 6% des commerçants concernent uni-
quement les commerçants d'arachide (8%) et de mil (23%).

103
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Sénégal, chez la plupart des commerçants enquêtés, le transport des produits vers
le lieu de commercialisation est assuré par des véhicules/camions de location de ser-
vice contrairement à ceux du Burkina Faso qui utilisent des moyens plus modestes
(charrettes, vélo ou motocyclettes). Au Sénégal, le choix de l’un ou de l’autre moyen
de transport dépend de la distance qui sépare le commerçant du lieu d’achat de la
marchandise (Tableau 52). Les commerçants qui ont leurs magasins près des lieux
de production ou d’achat des produits agricoles acheminent leurs marchandises par
charrette ; tandis que ceux qui sont loin du lieu d’approvisionnement transportent leurs
marchandises par véhicule de transport en commun ou par des camions.

Le transport des produits se fait à travers les services de transport chez la plupart des
commerçants à l’exception de ceux qui commercialisent le riz (90% des commerçants
de céréales) et le manioc (63,6% des producteurs de manioc) qui assurent eux-mêmes
le transport de leur produit. Le manioc est un produit hautement périssable et est le
plus souvent acheté bord champ par les commerçants qui se chargent de la récolte et
assurent eux-mêmes le transport.

Tableau 52 : Principal moyen de transport des produits utilisé vers le lieu de commerce-Sénégal

A pieds/sur la tête Charette Véhicule/camion


Mil 2,9% 41,2% 55,9%
Mais 0,0 % 22,2% 77,8%
Riz 10,0% 10,0% 80,0%
Sorgho 0,0% 33,3% 66,7%
Céréales 3,2% 26,7% 70,1%
Manioc 11,1% 22,2% 66,7%
Tubercules 11,1% 22,2% 66,7%
Niébé 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 0,0% 75,0% 25,0%
Légumineuses 0,0% 37,5% 12,5%
Total 4,8% 28,8% 49,8%

D’une manière générale, presque tous les commerçants enquêtés au Sénégal estiment
stocker leurs produits sous forme de grains pour la commercialisation car la plupart
des produits commercialisés sont des céréales (qui sont généralement en grains). Ce-
pendant, pour le cas spécifique de l’arachide, d’autres commerçants stockent leurs
produits sous forme de coque. En général, l’arachide stockée sous forme de coque
est acheté par les consommateurs et les détaillants pour être consommé sous forme
d’arachide grillée.

Le stockage des produits se fait essentiellement avec des sacs simples. Pour les cé-
réales et l’arachide, les sacs triple fond, silos hermétiques et bidons ou fûts (4% des
commerçants) sont quasi inexistantes (Tableau 52). Pour l’ensemble des produits agri-
coles, la technique chimique est la plus utilisée pour la protection des stocks contre

104
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

les ravageurs. Environ 50% des commerçants utilise une lutte chimique pour les ra-
vageurs. Une part importante des producteurs d’arachide (70%) estime n’utiliser au-
cune technique de lutte contre les ravageurs. Les formes de lutte biologique,
mécanique et physique sont totalement absentes de celles utilisées par les commer-
çants pour protéger les produits.

Au Ghana, chez les commerçants, les traitements chimiques et physiques des produits
sont des pratiques quasi-inexistantes. Les sources d’approvisionnement des produits
sont leurs propres productions notamment pour les tubercules et le marché local pour
les autres produits. Les produits destinés à la commercialisation sont stockés sous
forme de grains ou de coques (pour l’arachide) dans des sacs simples pour les cé-
réales et les légumineuses. Pour les tubercules, ils sont stockés à l’état naturel sur
des cribs et bien d’autres formes de conservation. Le moyen de transport des produits
le plus répandu est le camion à l’image des commerçants du Sénégal. Le sorgho est
par ailleurs transporté à pieds par le biais de certains récipients.

Principales conclusions
Les moyens de transport utilisés par les commerçants dépendent de leurs capacités
et donc de leurs profils (collecteurs, détaillants ou grossistes). Les charrettes, les vélos
ou les motocyclettes sont plus utilisés pour le transport vers le lieu de commerce no-
tamment chez les commerçants du Burkina. L’utilisation de véhicules ou de camions
est répandue chez les commerçants du Sénégal et du Ghana. Les stocks sont condi-
tionnés dans des sacs simples pour le stockage. La technique chimique est la plus uti-
lisée pour la protection des stocks contre les ravageurs chez les commerçants du
Sénégal. Par contre, chez les commerçants Ghanéens, les traitements chimiques et
physiques des produits sont des pratiques quasi-inexistantes.

4.4. Analyse opérations post-récolte chez les transformateurs du Burkina


Faso, du Sénégal et du Ghana
Au Burkina Faso, la quasi-totalité (99%) des transformateurs des produits agricoles
enquêtés achètent leurs matières premières aux près d’autres acteurs. Environ 32%
des transformateurs transporte ces produits achetés sur leur tête, 31% à vélo/moto-
cyclette et 23% par les charrettes. Ces produits sont conditionnés en général dans
des sacs simples et dans des bidons/fûts pour respectivement 60% et 15% des trans-
formateurs. Ils ne subissent pas de traitements selon environ 83% des transformateurs
ou tout au plus des traitements mécaniques ou physiques respectivement pour 9% et
5% des transformateurs. Les traitements chimiques sont réalisés par environ 5% des
transformateurs. Ces traitements sont exécutés en cas d'attaque parasitaire.

Au Sénégal, chez les transformateurs, le transport des produits est essen-tiellement


assuré par eux-mêmes. Le sorgho est entièrement transporté par les transformateurs.
La location de véhicule ne concerne que 50% des transformateurs de mil. Les grands
transformateurs qui gèrent les unités de transformation achètent des quantités impor-
tantes de grains et utilisent plus des camionnettes pour acheminer les produits à trans-
former. Les produits transformés sont généralement stockés sous forme de grains et
dans une moindre mesure sous forme de paddy (pour le riz). Les produits destinés à
la transformation sont principalement stockés dans des sacs simples. Les produits ne

105
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

font pas l’objet de traitement dans la majorité des cas ; des traitements chimiques sont
parfois opérés par certains transformateurs.

Au Ghana, chez les transformateurs enquêtés, les produits destinés à la transformation


sont transportés pour la plupart des groupes de produits, prioritairement au moyen de
vélos ou motocyclettes (44%, 52% et 71% des transformateurs de céréales, de tuber-
cules et de légumineuses respectivement) et de charrettes également. On note que
pour les légumineuses, le transport à pieds constitue le second moyen de transport
utilisé par les transformateurs du Ghana. La plupart des produits sont stockés dans
des sacs simples et des sacs triple-fond à l’exception des tubercules qui sont stockés
dans des sacs et sur des cribs.

Principales conclusions :
La quasi-totalité des transformateurs des produits agricoles enquêtés achètent leurs
matières premières auprès d’autres acteurs. Ces produits sont conditionnés en général
dans des sacs simples et des sacs triple-fond pour des produits comme les céréales
et les légumineuses.

106
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

CHAPITRE V : ESTIMATIONS DU NIVEAU DES PERTES ALIMEN-


TAIRES AUX DIFFERENTES ETAPES DE LA CHAINE ALIMENTAIRE
POST-RECOLTE AU BURKINA FASO, AU SENEGAL ET AU GHANA
Ce chapitre aborde la perception des ménages sur l’effectivité des pertes post-récolte,
l’évaluation du niveau des pertes aux différents stades des opérations post-récolte et
les principaux facteurs à l’origine de ces pertes.

5.1. Perception des ménages sur les pertes alimentaires aux différentes
opérations post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana
La perception des ménages agricoles du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana sur
les pertes enregistrées aux différentes opérations post-récoltes a été appréhendée au
cours de l’enquête.

Les résultats de l’analyse indiquent que le principal maillon le plus fréquemment énu-
méré par les ménages Burkinabé où les pertes post-récoltes sont le plus enregistrées
est la récolte (Tableau 53). En effet, 48,8% des producteurs de céréales affirment que
la récolte est le principal maillon où les pertes post-récolte sont plus importantes. Cette
proportion est de 50% pour les producteurs de tubercules et 83,2% pour les produc-
teurs de légumineuses. En plus de la récolte, une proportion importante des produc-
teurs de céréales (30,5%) estiment que le maillon décorticage enregistre beaucoup
de perte principalement imputable au décorticage du riz (51,4% des producteurs de
riz). Au niveau de la commercialisation, une franche importante des producteurs de
tubercules (46,8%) estime que ce maillon enregistre plus de pertes principalement im-
putables à la commercialisation du manioc (78,6% des producteurs de manioc). En
analysant par type de céréales, il ressort que c’est surtout au niveau du maïs (80,7%
des producteurs de maïs) et dans une certaine mesure du mil (58,4%) et du sorgho
(57,2%) que les pertes au stade de la récolte sont le plus enregistrées. Chez les mé-
nages producteurs de tubercules, cette perception est plus grande chez les ménages
producteurs d’igname (88,9%). Pour ce qui est des légumineuses, la majorité des mé-
nages (89,1%) estime que c’est au niveau de l’arachide que les pertes importantes
sont enregistrées au stade de la récolte.

107
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 53: Répartition des ménages selon leur perception du segment qui enregistre plus de
perte- Burkina Faso

Décor- Trans-
Trans- Sé- Van- Conserva-
Produits Récolte ticage/ Stockage forma- Marketing
port chage nage tion
battage tion

Sorgho 57,2% 9,6% 11,4% 7,3% 6,6% 6,9% 0,7% 0,0% ,3%

10,2
Mil 58,4% 3,3% 2,0% 7,8% 2,0% 13,6% 0,0% 2,7%
%
Maïs 80,7% 14,3% 0,0% 1,7% 0,0% 1,7% 1,7% 0,0% 0,0%

Riz 37,1% 2,9% 0,0% 51,4% 5,7% 0,0% 0,0% 0,0% 2,9%

Céréales 48,8% 6,1% 3,6% 30,5% 5,7% 2,4% 1,1% 0,0% 1,8%

Igname 88,9% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 2,8% 0,0% 8,3% 0,0%

Manioc 17,9% 3,6% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 78,6% 0,0%

Tuber-
50,0% 2,0% 0,0% 0,0% 0,0% 1,3% 0,0% 46,8% 0,0%
cules
21,5
Niébé 44,7% 2,9% 8,9% 11,4% 10,6% 0,0% 0,0% 0,0%
%
Arachide 89,1% 10,9% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Légumi-
83,2% 9,8% 1,2% 1,5% 2,9% 1,4% 0,0% 0,0% 0,0%
neuses

De même, de l’avis des ménages enquêtés au Sénégal, les pertes sont enregistrées
plus fréquemment au niveau de la récolte et pour la plupart des cultures (Tableau 54).
Chez les producteurs de céréales dans leur majorité (65%) la récolte entraine des
pertes importantes de production. Il en est de même chez les producteurs de tuber-
cules (42,6%) et de légumineuses (47,7%). La phase de décorticage ou de battage
des récoltes est le deuxième segment où les ménages producteurs de céréales (21%)
et de légumineuses (21,7%) perçoivent des pertes également importantes. Elles sont
assez perceptibles au niveau du décorticage de certaines cultures comme le mil
(28,8% des producteurs), le maïs (21,2%), le sorgho (27,5%) et l’arachide (38,5%).

108
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 54 : Répartition des ménages selon leur perception du segment qui enregistre plus de
perte post-récolte- Sénégal

Trans-
Trans- Sé- Décorticage/ Van- Stock- Marke- Conser-
Culture Récolte forma-
port chage battage nage age ting vation
tion

Mil 53,4% 1,7% 5,9% 28,8% 1,7% 8,5% 0,0% 0,0% 0,0%

Maïs 65,2% 3,0% 6,1% 21,2% 0,0% 3,0% 1,5% 0,0% 0,0%

Riz 73,9% 6,5% 2,2% 6,5% 0,0% 4,3% 0,0% 6,5% 0,0%

Sorgho 70,0% 2,5% 0,0% 27,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Céréales 65,6% 3,4% 3,5% 21,0% 0,4% 4,0% 0,4% 1,6% 0,0%

Manioc 42,6% 4,9% _ _ _ 4,9% 8,2% 31,1% 6,6%

tuber-
42,6% 4,9% _ _ - 4,9% 8,2% 31,1% 6,6%
cules
Niébé 17,9% 0,0% 0,0% 38,5% 35,9% 2,6% 0,0% 0,0% 5,1%

Arachide 77,4% 0,0% 6,5% 4,8% 0,0% 4,8% 0,0% 4,8% 1,6%

Légumi-
47,7% 0,0% 3,2% 21,7% 17,9% 3,7% 0,0% 2,4% 3,4%
neuses

Cette perception des ménages du Burkina et du Sénégal est également partagée par
79,9% des producteurs de céréales, 39,4% des producteurs de tubercules et 88,9%
des producteurs de légumineuses du Ghana (Tableau 55). On note également que le
transport des récoltes est un facteur de perte des ménages producteurs de manioc
notamment. Chez les producteurs de céréales et de légumineuses, les opérations de
stockage et de séchage sont aussi des étapes qui entrainent des pertes alimentaires.

109
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 55: Répartition des ménages selon leur perception du segment qui enregistre plus de
perte- Ghana

Décor- Trans-
Trans- Sé- Van- Stocka- Marke- Conser
Produits Récolte ticage/ forma-
port chage nage ge ting vation
battage tion

Mil 80,8% 1,9% 3,8% 0,0% 3,8% 7,7% 1,9% 0,0% 0,0%

Maïs 72,5% 4,9% 1,1% 7,1% 9,9% 2,2% 2,2% 0,0% 0,0%

Riz 85,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 9,5% 4,8% 0,0% 0,0%

Sorgho 80,6% 0,0% 5,6% 0,0% 5,6% 8,3% 0,0% 0,0% 0,0%

Céré-ales 79,9% 1,7% 2,6% 1,8% 4,8% 6,9% 2,2% 0,0% 0,0%

Igname 28,8% 3,4% 0,0% 0,0% 0,0% 37,3% 25,4% 5,1% 0,0%

Manioc 50,0% 50,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tuber-
39,4% 26,7% 0,0% 0,0% 0,0% 18,7% 12,7% 2,6% 0,0%
cules
Niébé 85,7% 3,6% 3,6% 3,6% 0,0% 3,6% 0,0% 0,0% 0,0%

Arachide 88,9% 0,0% 11,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumi-
88,9% 0,0% 11,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
neuses

5.2. Evaluation des niveaux de pertes alimentaires post-récolte au Burkina


Faso, au Sénégal et au Ghana
5.2.1. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des ménages au Burkina Faso,
au Sénégal et au Ghana
Les niveaux des pertes ont été calculés en évaluant au cours de l’enquête, les quan-
tités manipulées par maillon et par produit et les volumes des pertes enregistrés. Les
résultats sont résumés dans le tableau 56.
L’analyse par groupe de produits indique qu’au niveau du Burkina, les pertes sont plus
élevées à la récolte, au stockage (lié principalement aux stocks destinés à la consom-
mation) et à la transformation des céréales. On estime ainsi à 2,5% les quantités de
production qui sont perdues à la récolte. Au niveau du stockage, on enregistre une
perte de 5,9% des céréales due essentiellement à la perte des stocks destinés à la
consommation ; elle-même estimée à 4,5% des quantités stockées pour la consom-
mation. Enfin pour la transformation, on note une perte de 6,1% de la quantité des
produits destinés à la transformation.

110
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Pour les tubercules, le niveau des pertes est plus important au niveau de la transfor-
mation, du stockage et de la récolte (Tableau 56). En effet, 9% des tubercules desti-
nées à la transformation sont perdues, 7,5% des tubercules stockées sont perdues
due principalement à la perte des stocks destinés à la consommation et enfin 5,4% de
la récolte des tubercules est perdue lors de la récolte.
S’agissant des légumineuses, on note une part très importante perdue lors de la trans-
formation principalement imputable à l’arachide. En effet, 21,2% des quantités de lé-
gumineuses destinées à la transformation sont perdues au cours du processus ; ceci
est imputable aux pertes enregistrées dans la transformation d’arachide qui atteint
21,7% des quantités d’arachide destinées à la transformation. En plus de la transfor-
mation, le niveau des pertes des légumineuses est important au vannage (7,7%) et
au stockage (14,4%). Le niveau élevé des pertes au stockage est principalement dû
à la perte des stocks destinés à la consommation estimée à 9,3% des stocks pour la
consommation.
Tableau 56: Estimation du niveau de perte post-récolte à chaque mail-lon de la chaîne post-ré-
colte- Burkina Faso

Trans- Battage/ Transfor- Moyenne


Produits Récolte Séchage décorti- Vannage Stockage
port cage mation cumulée
BURKINA FASO
Sorgho 1,4% 1,1% 2,2% 2,0% 1,8% 6,8% 4,1% 8,6%
Mil 2,7% 3,9% 3,1% 2,1% 3,5% 8,6% 4,8% 10,4%
Mais 2,2% 0,8% 1,4% 1,1% 0,3% 5,2% 8,6% 4,8%
Riz 4,3% 3,6% 0,5% 2,9% 1,5% 4,0% 5,7% 9,7%
Céréales 2,5% 1,7% 1,3% 1,6% 0,8% 5,9% 6,1% 6,6%
Igname 4,9% - - - - 7,5% 7,0% 8,0%
Manioc 6,2% - - - - 2,3% 16,4% 6,2%
Tubercules 5,4% - - - - 7,5% 9,0% 7,1%
Niébé 2,8% 1,8% 2,7% 3,6% 6,1% 20,1% 6,2% 24,7%
Arachide 1,1% 1,5% 6,6% 5,2% 8,8% 6,5% 21,7% 6,1%
Légumi-
1,3% 1,5% 4,9% 4,5% 7,7% 14,4% 21,2% 8,2%
neuses
SENEGAL
Sorgho 0,9% 8,6% 10,9% 3,4% 25,2% 6,4% 15,7% 12,1%
Mil 2,9% 2,6% 1,8% 21,1% 16,2% 7,0% 12,3% 8,1%
Mais 6,2% 2,2% 7,9% 25,1% 7,1% 4,8% 5,5% 14,5%
Riz 2,9% 0,4% 6,1% 14,1% 1,6% 9,4% 11,2% 4,0%
Céréales 3,2% 3,5% 6,7% 16,0% 12,5% 6,9% 11,2% 8,1%
Igname nc nc nc nc nc nc nc nc
Manioc 3,3% 0,4% 0,2% 0,0% 0,0% 21,9% 5,3% 3,5%

111
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Battage/
Trans- Transfor- Moyenne
Produits Récolte Séchage décorti- Vannage Stockage
port mation cumulée
cage
Tuber-
3,3% 0,4% 0,0% 0,0% 0,0% 21,9% 5,3% 3,5%
cules
Niébé 3,0% 0,2% 13,9% 12,6% 3,4% 3,1% 2,7% 3,6%
Arachide 1,0% 0,2% 1,7% 19,1% 16,1% 6,1% 11,2% 1,7%
Légumi-
2,0% 0,2% 7,8% 15,8% 9,7% 4,6% 7,0% 1,8%
neuses
GHANA
Sorgho 1,7% 1,0% 1,5% 2,3% 1,4% 5% 11,9% 19,8%
Mil 0,5% 0,6% 1,7% 4,0% 2,8% 3,8% 8,4% 18,0%
Mais 1,6% 0,5% 1,1% 1,7% 0,8% 9,3% 13,9% 19,6%
Riz 0,6% 0,1% 5,6% 3,0% 1,8% 7,7% 28,0% 39,1%
Céréales 0,8% 0,4% 1,7% 2,1% 1,2% 7,3% 16,3% 22,5%
Igname 0,0% 0,0% 0,3% - - - 4,1% 4,4%
Manioc 3,6% 1,4% 3,0% - - - 5,5% 13,5%
Tuber-
0,0% 0,0% 2,5% - - - 4,8% 7,3%
cules
Niébé 1,3% 1,4% 2,4% 2,5% 1,4% 5% 19,8% 28,8%
Arachide 2,5% 0,7% 2,1% 1,3% 0,6% 5,2% 16,3% 23,5%
Légumi-
2,4% 0,7% 2,2% 1,4% 0,7% 5,1% 17,8% 25,2%
neuses

nc : non collecté

Au Sénégal, concernant les céréales, les taux de perte sont par contre plus importants
aux stades de battage/décorticage (16%), vannage (13%) et transformation (11%).
Les pertes importantes sont observées essentiellement au battage du mil (25,1% de
pertes), au vannage et à la transformation au riz (25,2% et 15,7% de pertes respecti-
vement). Au niveau des tubercules les pertes sont plus importantes au stade de trans-
formation. Le battage/décorticage des légumineuses et le vannage enregistrent les
pertes les plus importante 16% et 10% respectivement.

Au Ghana, les pertes les plus importantes sont enregistrées au stade de la transfor-
mation notamment des céréales (16,3%), des tubercules (4,8%) et des légumineuses
(17,8%).

En analysant les pertes totales cumulées de la production des céréales obtenues au


cours de l’étude, elles varient suivant la spéculation de 4% à 15% au Sénégal et 5%
à 10% en moyenne au Burkina soit des pertes moyennes de 7% au Burkina, 8% au

112
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Sénégal et 23% au Ghana. Ces résultats comparés à ceux obtenus par APHILIS
(2013) en Afrique Sub-Saharienne, mettent en évidence quelques différences seule-
ment aux phases de récolte (4-8%) et stockage au marché (2-4%). L’étude récente de
AGRA, (2013) menée dans plusieurs pays africains dont le Burkina et le Ghana, note
que des données disponibles sur les pertes post-récoltes étaient soient « non publiées
» ou « vieille » de plus de 5 ans, mais ne sont pas en grande contradiction avec les
résultats de cette étude.

L’analyse du bilan alimentaire élaboré par les pays membres du CILSS donne des
taux de perte des céréales variables entre 5 et 10% (cas du Burkina) et représentent
les pertes alimentaires sur la production (non compris les pertes pour semences).

En considérant les pertes totales cumulées de la récolte à la transformation (en pas-


sant par le transport, le séchage, le battage et le vannage de chaque spéculation), le
rapport entre le poids de la perte dans chaque maillon par spéculation et la perte totale
cumulée permet de cerner l’ampleur des pertes par maillon. Ainsi, la contribution de
chaque maillon aux pertes totales estimées indique qu’au Burkina Faso c’est au niveau
des récoltes que les pertes post-récoltes sont les plus importantes pour les tubercules
(62%) et dans une moindre mesure pour les céréales (27,6%). Au niveau du stockage,
la proportion des pertes est importante pour les céréales (37,8%), les tubercules (38%)
et les légumineuses (37,8%).

En comparant ces résultats à l’opinion des ménages sur l’ampleur des pertes post-ré-
coltes par maillon, le constat est qu’ils sont en phase au niveau du maillon récolte (Ta-
bleau 57). Mais ils sous-estiment l’ampleur des pertes au niveau du maillon stockage
et surestiment les pertes au niveau du maillon décorticage pour les céréales.

Tableau 57: Répartition des pertes post-récolte cumulées selon le maillon

Battage/ Transfor-
Produits Récolte Transport Stockage Séchage Vannage
Décorticage mation
BURKINA
Céréales 27,6% 11,2 % 37,8% 8,0% 8,4% 6,6% 0,5%
Tubercules 62,0% 0,0 % 38,0% 0,0%
Légumineuses 12,2% 6,3 % 37,3% 9,8% 11,5% 20,9% 2,0%
SENEGAL
Céréales 39,9% 27,5% 12,9% 6,1% 11,1% 2,1% 0,3%
Tubercules 93,4% 6,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,2%
Légumineuses 62,9% 6,7% 8,9% 6,0% 7,6% 7,0% 0,9%
GHANA
Céréales 18% 4% 49% 8% 12% 6% 2%
Tubercules 38% 49% 0% 12% 0% 0% 1%
Légumineuses 23% 9% 32% 19% 10% 5% 2%

113
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Sénégal, la récolte constitue le maillon principal des chaînes analysées qui contri-
bue le plus aux pertes enregistrées (39,9%, 93,4% et 62,9% pour les céréales, les
tubercules et les légumineuses respectivement). Le transport des céréales et dans
une moindre mesure celui des tubercules engendrent également des pertes impor-
tantes. Au niveau des légumineuses, le stockage des produits constitue également
une problématique. En comparaison à la perception des ménages agricoles Sénéga-
lais, tout laisse à croire que les pertes enregistrées aux phases de transport des cé-
réales et de stockage des légumineuses échappent aux contrôles des ménages.
Au Ghana, l’essentiel des pertes sont enregistrées au stockage et à la récolte des cé-
réales et des légumineuses. Pour les tubercules par contre, c’est au niveau du trans-
port et de la récolte que les pertes sont plus importantes. Ces résultats sont conformes
à la perception des ménages pour les produits comme les céréales. Les pertes enre-
gistrées au cours du transport des tubercules et de stockage des légumineuses ne
semblent pas être bien perçues par les ménages enquêtés du Ghana.

Principales conclusions :
L’estimation des pertes à chaque segment de la chaîne post-récolte a montré des
pertes plus importantes à la récolte, au stockage, à la transformation et au décorticage
ou au battage et varie d’un pays à l’autre et d’un segment à l’autre. Les pertes cumu-
lées de céréales varient de 4,8% à 10,4% au Burkina, 4% à 14,5% au Sénégal, 19,8%
à 39,1% au Ghana. La contribution des pertes à la récolte aux pertes totales estimées
est plus importante et est conforme à la perception énoncée par les ménages.

5.2.2. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents


stades de la chaîne post-récolte des transformateurs du Burkina Faso, du
Sénégal et du Ghana
Au niveau des transformateurs, les pertes post-récoltes ont été estimées sur les deux
segments que sont le stockage et la transformation. Les résultats sont consignés dans
le tableau 58.

Chez les transformateurs du Burkina Faso, l’analyse des pertes par maillon indique
que les pertes liées au stockage sont plus importantes pour les légumineuses et dans
une moindre mesure pour les céréales (Tableau 58). En effet, 8,6% des quantités de
légumineuses stockées sont perdues, imputable essentiellement à la perte observée
au niveau des stocks de trois mois et plus. Les pertes observées au stockage des cé-
réales sont de 2,1%.
Au Sénégal, les pertes liées au stockage des produits destinés à la trans-formation
sont estimées à 4%. Elles atteignent 13% pour les légumineuses et sont imputables
au stockage du niébé. On observe que les pertes liées à la transformation au Sénégal
sont faibles et ne dépassent pas 1% en moyenne.
Au Ghana, les niveaux des pertes au stockage des céréales et des légumineuses des-
tinées à la transformation sont quasi-identiques (2,9% et 3% respectivement). On
constate que pour les céréales, le niveau de perte est du même ordre de grandeur
que celui enregistré au Burkina. Par contre, les niveaux de perte des légumineuses
sont plus importants au Burkina Faso et au Sénégal par rapport à ceux du Ghana.

114
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 58 : Pertes liées au stockage et à la transformation des produits chez les transformateurs

Pertes au stockage
Pertes à la
Produits Perte pour stock Perte pour 3 Perte totale au transformation
< 3 mois mois et plus stockage
BURKINA FASO
Sorgho 1,0% 0,0% 1,0% 5,4%
Mil 0,4% 1,1% 1,5% 14%
Maïs 7,0% 0,0% 7,0% 2,7%
Riz 0,1% 2,2% 2,2% 2,2%
Céréales 0,2% 1,9% 2,1% 2,7%
Igname 0,5% 1,0% 1,4% 0,5%
Manioc 0,1% 0,0% 0,1% 3,3%
Tubercules 0,1% 0,0% 0,2% 2,5%
Niébé 0,8% 8,6% 9,4% 7,5%
Arachide 3,9% 3,5% 7,4% 8,5%
Légumineuse 2,3% 6,2% 8,4% 8,3%
SENEGAL
Mil 1,7% 3% 5% 3%
Mais 1,2% 3% 4% 1%
Riz 3% 5% 8% 0%
Sorgho 0% 0% 0% 0%
Céréales 1% 3% 4% 1%
Manioc 3%
Tubercules
Niébé 5% 10% 15%
Arachide 3,2% 8% 11% 1%
Légumineuse 4% 9% 13% 1%
GHANA
Mil 2,3% 8,3%
Mais 4,3% 9,3%
Riz 2,4% 15,5%
Sorgho 2,8% 18,5%
Céréales 2,9% 12,9%
Igname - 59,7%
Manioc - 15,2%
Tubercules - 37,4%
Niébé 2,8% 2,1%
Arachide 3,2% 7,5%
Légumineuse

115
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au cours du processus de transformation, les pertes de céréales chez les transforma-


teurs Burkinabé (Figure 35) sont estimées à 2,7% dont une part importante est liée
à la transformation du mil (14%). Les pertes de trans-formation des tubercules sont
de 2,5% et celles des légumineuses 8,3%. En considérant les différentes étapes du
processus de transformation, la plupart des transformateurs estiment que les pertes
sont observées à l’étape décorticage/épluchage (33,9% pour les transformateurs de
céréales, 94,7% pour les transformateurs de tubercules et 45,8% pour les transforma-
teurs de légumineuses) où se concentre l’essentiel des pertes et de vannage (30,5%
pour les transformateurs de céréales et 14,7% pour les transformateurs de légumi-
neuses).

Figure 35: Répartition des transformateurs selon les différentes phases du processus de trans-
formation où les pertes sont importantes- Burkina Faso

Pour plus de la moitié (75%) des transformateurs enquêtés au Ghana, l’essentiel des
pertes est enregistré pour les tubercules au stade d’épluchage (Tableau 59). Les
étapes de mouture des céréales et des légumineuses engendrent également des
pertes selon la plupart des transformateurs de ces produits (47,8% et 73,8% respec-
tivement).

Le niveau des pertes à la transformation des produits est plus élevé au Ghana par
rapport à ceux du Burkina et du Sénégal pour les céréales (12,9%) et les tubercules
(37,4%). Il est de 4,8% pour les légumineuses.

116
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 59 : Répartition des transformateurs selon les différentes phases du processus de trans-
formation où les pertes sont importantes- Ghana

Décorticage/
Vannage Mouture Séchage Colisage/empaquetage
épluchage

Mil 0,0% 18,8% 75,0% 0,0% 6,3%


Maïs 2,7% 35,1% 59,5% 2,7% 0,0%
Riz 0,0% 15,8% 31,6% 52,6% 0,0%
Sorgho 0,0% 75,0% 25,0% 0,0% 0,0%

Céréales 0,7% 36,2% 47,8% 13,8% 1,6%


Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 50,0% 16,7% 33,3% 0,0% 0,0%
Tubercules 75,0% 8,4% 16,7% 0,0% 0,0%
Niébé 20,0% 20,0% 60,0% 0,0% 0,0%
Arachide 0,0% 12,5% 87,5% 0,0% 0,0%

Légumineuses 10,0% 16,3% 73,8% 0,0% 0,0%

Principales conclusions :
Chez les transformateurs, les pertes sont observées à l’étape de décorticage (des cé-
réales ou légumineuses) ou d’épluchage (pour les tubercules) et à l’étape de vannage.
Les pertes liées à la transformation des légumineuses sont plus importantes au Burkina
(8,3%). Elles sont importantes au Ghana au niveau de la transformation des céréales
et des tubercules.

5.2.3. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents


stades de la chaîne post-récolte des commerçants du Burkina
Faso, du Sénégal et du Ghana
Les commerçants constituent également des acteurs clés impliqués dans les opéra-
tions post-récolte. Ils interviennent d’une manière générale dans l’achat des produits
agricoles qu’ils transportent vers leurs lieux de commerce (ou des centres de tri) où ils
sont stockés pour être vendus.

Au Burkina Faso l’ampleur des pertes liées au transport des produits au niveau des
commerçants varie d’un produit à un autre (Figure 36). Les résultats de l’étude indi-
quent que les niveaux de perte sont de 0,4% et 1,8% respectivement pour le groupe
des céréales et des légumineuses. Les pertes de tubercules chez les commerçants
du Burkina sont jugées marginales.

117
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Au Sénégal, le processus de transport des produits engendre chez les commerçants


des pertes au niveau des tubercules de l’ordre de 7,9%. Les pertes de céréales au
cours du transport ne dépassent pas 1%.

Chez les commerçants Ghanéens, les pertes liées au transport ont été estimée à 1,5%
pour les céréales, 3,3% pour les tubercules et 2,1% pour l’arachide qui constitue l’es-
sentiel des légumineuses (Figure 37).

On constate alors que les pertes les plus importantes sont donc enregistrées au cours
du transport des tubercules et sont plus importantes chez les commerçants du Sénégal
et du Ghana.

Figure 36: Perte liée au transport des produits au niveau des commerçants- Burkina Faso

Figure 37 : Taux de pertes liées au transport chez les commerçants- Ghana

118
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

L’analyse des pertes liées au stockage au niveau des commerçants Burkinabé indique
qu’elles sont plus importantes au niveau des légumineuses (13,9%). Cela est imputa-
ble à la perte observée au niveau des stocks de moins de trois mois (qui constituent
l’essentiel des stocks commerçants) et estimée à 9,9% des quantités stockées.

Tableau 60 : Perte des stocks liée au stockage au niveau des commerçants - Burkina Faso
Perte du stock com-
Perte du stock com- Perte liée au
Produits mercialisé > 3 mois
mercialisé <3 mois stockage
et plus
Sorgho 0,3% 0,4% 0,7%
Mil 0,2% 0,4% 0,6%
Maïs 3,3% 0,0% 3,3%
Riz 0,1% 0,0% 0,1%
Céréales 0,4% 0,3% 0,7%
Igname 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 1,8% 0,0% 1,8%
Arachide 11,8% 5,0% 16,8%
Légumineuses 9,9% 4,0% 13,9%

Au Sénégal, les niveaux des pertes liées au stockage des produits sont plus faibles
par rapport à ceux du Burkina. Ils sont estimés à 2,8% pour les céréales, à 4% pour
les tubercules et 1% pour les légumineuses (Figure 61).
Au Ghana, les stocks disponibles chez les commerçants enquêtés étaient de bonne
qualité et n’avaient encore pas subi de détérioration.

Tableau 61 : Pertes de stockage et de transport chez les commerçants - Sénégal

Pertes de stockage Pertes transport


Mil 1,6% 0,3%
Mais 7,6% 1,0%
Riz 0,8% 1,4%
Sorgho 1,3% 0,4%
Céréales 2,8% 1%
Manioc 4% 7,9%
Tubercules 4% 7,9%
Niébé -
Arachide 1,1% 0,2%
Légumineuses 1% 0,1%
119
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

5.2.4. Analyse de la consommation et du gaspillage alimentaires chez


les ménages agricoles du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana
Les différents maillons de la chaîne des pertes alimentaires post-récolte incluent éga-
lement la destination finale du produit qui est la consommation. En raison de la com-
plexité des méthodes de mesure de consommation, notre étude n’a pas couvert ce
champ, toutefois, une analyse globale de la consommation des repas contenant les
produits faisant l’objet de cette étude a été faite afin de pouvoir cerner les contours
des pertes par gaspillage et recueillir la perception des ménages ruraux sur cette thé-
matique.

En analysant le nombre moyen de repas par jour pris au sein du ménage et contenant
chaque produit qui a fait l’objet de l’étude, on note qu’il est de deux (02) repas pour
les céréales qui constituent l’aliment de base de la plupart des ménages ruraux burki-
nabè et d’un (01) repas pour les autres groupes de produits. Chez les ménages ruraux
Sénégalais et Ghanéens, le nombre de repas à base de céréales et des autres
groupes de produit est de 2 en moyenne.

La fréquence de préparation des plats consommés est journalière pour les repas à
base de céréales chez la plupart des ménages ruraux des pays étudiés. Les repas à
base de tubercules sont également préparés une fois par jour au Sénégal et au Ghana
sauf au Burkina (tous les 2-3 jours en moyenne). Pour le niébé, plus de la moitié des
ménages ruraux du Burkina le préparent en moyenne une (01) fois par semaine.

En matière de conservation des repas, il ressort que la grande majorité des ménages
ruraux du Burkina Faso (90,4%) conserve de façon naturelle leur repas. Au Sénégal,
par contre, la majorité des ménages ne dispose pas de reste de repas. Au Ghana, les
repas sont pour la plupart conservés par les ménages par la technique de chauffage
et à l’état naturel sans intervention particulière notamment pour les repas à base de
légumineuses (Figure 62).

120
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 62: Principal moyen de conservation des repas- Burkina Faso, Sénégal et Ghana

Burkina Faso Sénégal Ghana


Cha- Froid/ré Cha-
Jamais Jamais Jamais
Produits Naturel leur/cha Naturel Naturel frigéra- leur/cha
de reste de reste de reste
uffage tion uffage
Sorgho 4,8 80,8 14,4 35,5% 64,5% 19,4% 19,4% 2,8% 58,3%
Mil 11,4 85,2 3,5 60,3% 38,8% 13,7% 17,6% 2,0% 66,7%
Mais 1,2 97,1 1,7 50,0% 48,4% 7,4% 41,0% 4,8% 46,8%
Riz 0,0 98,4 1,6 95,6% 4,4% 4,2% 29,2% 8,3% 58,3%
Cé-
3,4 90,7 6,0 60,4% 39,0% 11,2% 26,8% 4,5% 57,5%
réales
Igname 0,0 100,0 0,0 76,8% 5,4% 0,0% 17,9%

Manioc 93,3% 4,4% 0,0% 0,0% 16,7% 83,3%


Tuber-
0,0 100,0 0,0 93,3% 4,4% 38,4% 2,7% 8,4% 50,6%
cules
Niébé 15,4 57,8 26,9 0,0% 100,0% 10,7% 50,0% 3,6% 35,7%
Ara-
0,5 97,3 2,2 61,7% 36,2% 0,0% 66,7% 0,0% 33,3%
chide
Légumi-
4,5 86,7 8,8 30,9% 68,1% 5,4% 58,4% 1,8% 34,5%
neuses

Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés bien qu’une proportion relativement faible de ménages au niveau
national (31,8% au Burkina, 38,8% au Sénégal et 31,9% au Ghana) déclare jeter ou
donner aux animaux de la nourriture préparée à base des produits agricoles étudiés
parce qu’étant devenue impropre à la consommation. Cette attitude est encore plus
prononcée en considérant les repas jetés et à base des différents groupes de produits
agricoles. Cette situation constitue une préoccupation quand on sait que ces popula-
tions sont de plus en plus confrontées à des difficultés alimentaires récurrentes no-
tamment en période de soudure.

La fréquence des gaspillages de nourriture dans les ménages ruraux du Burkina Faso
est de deux (02) fois en moyenne dans le mois et ces repas jetés de l’avis des ménages
correspondent à environ trois (03) rations d’une personne adulte pour les repas à base
de céréales et de tubercules. Au Sénégal la fréquence est à peine de 1 fois/mois. Au
Ghana, ce comportement est plus fréquent (4 fois/mois en moyenne pour les céréales,
9 fois/mois pour les tubercules) et ces repas jetés peuvent couvrir la ration journalière
1 à 2 personnes adultes. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font aux périodes
de récolte et de fêtes chez la plupart des ménages ruraux du Burkina Faso et du Sé-
négal. Au Ghana, elles se font essentiellement à la période de récolte.

121
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

En analysant les principales causes de ces gaspillages, il ressort qu’elles sont liées à
un problème de gestion des denrées (conservation, quantités préparées…) chez les
ménages ruraux du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana. Le problème de qualité
du produit est également noté par les ménages ruraux du Burkina et celui de la sai-
sonnalité par les ménages du Ghana notamment pour les tubercules qui sont des cul-
tures très périssables.

Principales conclusions :
Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font essentiellement
aux périodes de récolte et également aux périodes de fête. La saisonnalité des produits
comme les tubercules très périssables est également un facteur de gaspillage des
repas préparés à base de tubercules.

5.2.5. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents


stades de la chaîne post-récolte chez les Institutions
Au Burkina Faso des entretiens ont été réalisés auprès de trois catégories d’Institutions
appartenant au secteur privé, au secteur public et des Institutions internationales en
charge de la gestion de stocks. Il s’agit de neuf (09) Organisations de Producteurs (OP),
de la Société Nationale de Gestion des Stocks de Sécurité (SONAGESS) et du Pro-
gramme Alimentaire Mondial (PAM). Les maillons de la chaîne post-récolte qui ont été
analysés sont essentiellement le transport et le stockage des produits constitués es-
sentiel-lement de céréales. Les pertes constatées au moment du transport sont de l’or-
dre de 0,2% pour le sorgho, 1,3% pour le mil, 0,2% pour le maïs et 0,3% pour le riz.

On note que les pertes estimées proviennent essentiellement des OP qui enregistrent
la quasi-totalité des pertes de sorgho, de maïs et d’arachide. On a constaté que l’es-
sentiel des pertes liées au transport du mil se répartit entre les OP et le PAM (73% et
27% respectivement). Les pertes de riz quant à elles se répartissent également entre
les OP (42,9%) et la SONAGESS (57,1%).

Les pertes observées au niveau des OP dans le cadre du transport pourraient s’expli-
quer par les moyens de transport utilisés. En effet, les OP utilisent des charrettes, des
vélo/motocyclette et des tricycles pour le transport de la production jusqu’au niveau
du stockage (magasins).Il faut dire que de plus en plus les OP interviennent dans le
stockage communautaire (warrantage, coopératives de commercialisation, banques
de céréale) dans le but d’assurer le meilleur prix pour leurs produits et/ou d’avoir du
crédit pour leurs activités.

Les deux institutions (PAM et SONAGESS) sont spécialisées dans la gestion des
stocks donc mettent tous les moyens pour éviter les pertes au niveau du transport et
du stockage où le traitement et le suivi des stocks sont réalisés suivant les normes en
vigueur. Cela explique les faibles pertes de produits constatées à leur niveau dans le
transport.

122
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 38 : Perte des produits liée au transport au niveau des institutions- Burkina Faso

Au Sénégal, les entretiens auprès des Institutions de gestion des stocks de produits
agricoles ont concerné des structures privées et publiques. Ces structures sont consti-
tuées d’OP, de structures de recherche et des grou-pements féminins de stockage de
produits agricoles. De manière générale, les niveaux de perte sont peu élevés com-
parés aux autres acteurs comme les ménages agricoles, les commerçants et trans-
formateurs. Le transport et le stockage sont également les seuls maillons de la chaîne
qui sont considérées (Tableau 63).

Tableau 63 : Pertes de transport et de stockage au niveau des Institutions de gestion de stocks-


Sénégal

Transport Stockage
Mil 0,4% 2%
Maïs 1,7% 1,30%
Riz 1,5% 1,10%
Sorgho 2,5% 1,50%
Céréales 1,5% 1,5%
Manioc -
Tubercules
Niébé 0,3% 1%
Arachide 1,0% 1%
Légumineuses 0,7% 1,0%

Notons que dans les Institutions de gestion de stocks rencontrées au Sénégal, les
précautions sont le plus souvent prises pour le transport et le stockage des produits.
Les emballages sont le plus souvent de bonne qualité et les stocks sont souvent cer-
tifiés par des services spéciaux de l’Etat ou privés ; ce qui limite les pertes de transport

123
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

et de stockage des produits. Cependant, il faut noter que certains magasins de


stockage de vivres sont vétustes et leur environnement bien peu attrayant, ce qui peut
être un risque de pertes de stock pour les Institutions de gestion des stocks. Les ins-
titutions interviewées ne stockent pas seulement que de céréales bien que ces der-
nières constituent la plus grande part des produits stockés. Des stockages de
légumineuses notamment l’arachide et le niébé sont également notés. En revanche,
les tubercules ne sont pas stockés par les institutions de stockage.

Au Ghana, il ressort des entretiens que plus de la moitié des magasins communau-
taires (plus de 217) sont dans un état de délabrement principalement en raison de
mauvaises pratiques de gestion. Beaucoup de ces structures ont été abandonnées
par manque de fonds pour l'entretien et la réparation. Beaucoup de ces entrepôts se-
raient actuellement régulièrement utilisés par diverses institutions privées et gouver-
nementales, tels que les programmes scolaires d'alimentation, le PAM, la Société
Nationale de régulation des stocks alimentaire du Ghana (ANACF), les commerçants,
certains agriculteurs dans les communautés, et les fournisseurs d'intrants.

5.3. Analyse de la situation globale des pertes post-récolte et ses impacts


sur l’économie et la sécurité alimentaire des ménages du Burkina
Faso, du Sénégal et du Ghana
L’analyse des résultats de l’estimation des pertes alimentaires post-récolte estimée
chez les ménages de la récolte jusqu’à la transformation en leur sein, met en évidence
des pertes plus importantes pour les céréales et les légumineuses. Les pertes totales
cumulées de céréales varient en moyenne de 6,6% au Burkina à 22,5% au Ghana.
Pour les tubercules les pertes totales cumulées varient de 3,5% au Sénégal à 7,3%
au Ghana en passant par 7,1% au Burkina. Les pertes totales cumulées des légumi-
neuses estimées varient de 1,8% au Sénégal à 25,2% au Ghana en passant par 8,2%
au Burkina.

Tableau 64 : Pertes totales cumulées post-récolte estimées chez les mé-nages producteurs par
pays

Produits Burkina Sénégal Ghana


Sorgho 8,6% 12,1% 19,8%
Mil 10,4% 8,1% 18,0%
Mais 4,8% 14,5% 19,6%
Riz 9,7% 4,0% 39,1%
Céréales 6,6% 8,1% 22,5%
Igname 8,0% 4,4%
Manioc 6,2% 3,5% 13,5%
Tubercules 7,1% 3,5% 7,3%
Niébé 24,7% 3,6% 28,8%
Arachide 6,1% 1,7% 23,5%
Légumineuses 8,2% 1,8% 25,2%

124
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Une analyse de l’impact potentiel des pertes estimées au cours de l’étude et ses
conséquences sur la sécurité alimentaire ont été faites pour chaque pays. L’estimation
de l’ampleur des pertes post-récolte a été faite en appliquant à chaque maillon des
opérations post-récolte le taux de perte à la production agricole nationale de la dernière
campagne agricole disponible dans les pays (2014-2015 notamment). Les résultats
des estimations se présentent comme suit selon les pays (Tableau 65) :

Tableau 65 : Ampleur des pertes post-récolte par pays

Production agricole
Production perdue Valeur des pertes
Produits 2014-2015
estimée (en tonnes) (en millions FCFA)
(en tonnes)
BURKINA FASO
Sorgho 1 707 613 179 299 23 487
Mil 972 539 121 567 16 903
Mais 1 433 085 97 450 15 509
Riz 347 501 34 055 6 183
Céréales 4 460 738 432 372 62 082
Igname 43 953 4 395 879
Manioc 1 169 72 22
Tubercules 45 122 4 468 901
Niébé 562 729 143 496 23 741
Arachide 335 223 20 449 4 464
Légumineuses 897 952 163 945 28 205

Pertes totales 5 403 812 600 784 91 187


PIB 2014 6 309 800
Contribution de
2 397 724
l'agriculture au PIB
% perte dans le PIB 1,4%

125
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Production agricole
Production perdue Valeur des pertes
Produits 2014-2015
estimée (en tonnes) (en millions FCFA)
(en tonnes)

% perte dans le PIB


3,8%
agricole
SENEGAL
Sorgho 92 029 11 136 2 016
Mil 515 365 41 745 6 971
Mais 225 902 32 756 5 175
Riz 436 153 17 446 4 693
Céréales 1 269 448 103 082 18 855
Igname 0
Manioc 146 031 5 257 2 439
Tubercules 146 031 5 257 2 439
Niébé 40 688 1 465 753
Arachide 677 456 11 517 2 614
Légumineuses 718 144 12 982 3 367
Pertes totales 2 133 623 121 321 24 662
PIB 2014 7 790 000
Contribution de
1 215 240
l'agriculture au PIB
% perte dans le PIB 0,3%
% perte dans le PIB
2,0%
agricole
GHANA
Sorgho 280 000 55 440 5 447
Mil 180 000 32 400 3 240
Mais 1 950 000 382 200 34 150
Riz 481 000 188 071 39 203
Céréales 2 891 000 658 111 82 040

126
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Production agricole
Production perdue Valeur des pertes
Produits 2014-2015
estimée (en tonnes) (en millions FCFA)
(en tonnes)
Igname 6 639 000 292 116 40 312

Manioc 14 547 000 1 963 845 147 288

Tubercules 21 186 000 2 255 961 187 600

Niébé 236 600 68 141 12 265


Arachide 440 000 103 400 24 816
Légumineuses 676 600 171 541 37 081
Pertes totales 24 753 600 3 085 613 306 722
PIB 2014 48 140
Contribution de
10 350
l'agriculture au PIB
% perte dans le PIB 1,3%
% perte dans le PIB
5,9%
agricole

Source : Calculs des auteurs

Le volume global des pertes (cumul des pertes par segment) par groupe de produits
au Burkina est environ 432 300 tonnes pour les céréales, 4 400 tonnes pour les tuber-
cules et 163 900 tonnes pour les légumineuses.

Une évaluation financière de l’ensemble de ces pertes en considérant le prix moyen


au kg de chaque spéculation donne un montant global de plus de 91 milliards de FCFA.
Le montant représente 1,4% du PIB total et 3,8% du PIB agricole.

En termes d’impact sur la sécurité alimentaire on note que pour les céréales à elles
seules, la perte estimée à 432 372 tonnes environ est susceptible de nourrir en consi-
dérant la norme de 190 kg/an/personne, environ 2 275 000 personnes au Burkina
Faso. En considérant une taille moyenne de 12 per-sonnes par ménage en milieu rural
cette quantité perdue aurait permis d’assurer l’autonomie de couverture des besoins
céréaliers d’au moins 189 600 ménages non autonomes et dont la production est
presque nulle. Les pertes moyennes de revenu/ménage sont estimées à environ 77
000 FCFA représentant environ 71% du revenu des ménages pauvres (selon le seuil
de pauvreté de 2009 établi à 108 454 FCFA). En utilisant les normes sur la composi-
tion en énergie utilisés dans l’élaboration des bilans alimentaires au Burkina, ces pertes
correspondent à un proxy calorique de 315 Kcal/personne/jour qui sont perdues ce
qui équivaut à environ 15% de la norme d’urgence (2100 Kcal/personne/jour).

127
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 39 : Répartition (en %) des pertes financières par produit-Burkina Faso

Une analyse approfondie a été faite au Burkina Faso à travers une simulation de l’im-
pact des pertes post-récolte des produits étudiés (riz, maïs, sorgho, mil, niébé, igname,
manioc, arachide) au moyen de la Matrice de Comptabilité Sociale (MCS). Les résul-
tats mettent en évidence comme conséquences, une baisse de la valeur ajoutée de
près de 3,4% au niveau du secteur primaire, 2,7% au niveau du secteur secondaire et
de 1,6% au niveau du secteur tertiaire (Figure 40).

La matrice de comptabilité sociale permet de voir les répercussions d’un choc (comme
les pertes post-récolte dans ce cas) dans une branche d’activité sur les autres maillons
de l’économie nationale (croissance, revenu, pauvreté, etc.).

Figure 40: Impact sur croissance globale du PIB- Burkina Faso


Source : simulation avec le modèle multiplicateur de la MCS, DGESS-MARHASA, 2015

128
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

La perte de la production au niveau des ménages agricoles constitue une perte de


pouvoir d’achat ce qui n’est pas sans conséquence sur leur sécurité alimentaire et nu-
tritionnelle des ménages. L’analyse par catégorie so-cioéconomique de ménage au
moyen du modèle de simulation indique qu’elle serait beaucoup plus importante chez
les ménages ruraux pauvres (-6,3%) et les ménages ruraux non pauvres (-4,9%) du
Burkina Fsao (Tableau 66). Pour ce qui est des ménages urbains pauvres et des mé-
nages urbains non pauvres, la perte du pouvoir d’achat serait respectivement de 3,3%
et 2%.

Tableau 66: Impact (%) sur le pouvoir d’achat des ménages- Burkina Faso

Ménages ruraux Ménages ruraux non Ménages urbains Ménages urbains


pauvres pauvres pauvres non pauvres
-6,3 -4,9 -3,3 -2,0

Source : simulation avec le modèle multiplicateur de la MCS, DGESS-MARHASA, 2015


Déjà avec la perte du pouvoir d’achat des ménages, on pourrait conclure que des ac-
tions de réduction des pertes post-récolte pourraient contribuer à terme à réduire le
taux de ménages pauvres. En effet, selon l’analyse, la perte post-récolte constitue une
perte de production de façon directe et une perte de pouvoir d’achat de façon indirecte
(Figure 41). Ainsi, elle constitue un facteur déterminant à l’incidence de la pauvreté en
milieu rural. La baisse attendue de la pauvreté serait beaucoup plus importante en mi-
lieu rural (4%) qu’en milieu urbain (1%).
Par ailleurs, les pertes post-récolte s’étant révélées comme une des contraintes ma-
jeures à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et un facteur limitant la
croissance économique, des mesures de réduction et/ou d’atténuation de leurs effets
devraient être prises en compte dans le cadre de la révision du programme national
du secteur rural (PNSR).

129
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Figure 41 : Impact des pertes post-récolte sur la pauvreté- Burkina Faso


Source : simulation avec le modèle multiplicateur de la MCS, DGESS-MARHASA, 2015

Au Sénégal, les volumes des pertes estimées sont environ de 103 000 tonnes de cé-
réales, 5 200 tonnes de tubercules et 13 000 tonnes de légumineuses soit au total 121
000 tonnes de produits. Sur la base de la norme de consommation des céréales de
185 kg/personne/an, les pertes en céréales sont susceptibles de couvrir les besoins
céréaliers annuels de plus de 500 000 personnes correspondant à plus de 42 000 mé-
nages de 13 personnes environ. En utilisant les normes (identiques à celles du Bur-
kina) sur la composition en énergie des différents produits étudiés et utilisés dans les
bilans alimentaires, ces pertes correspondent à un proxy calorique de 89 Kcal/per-
sonne/jour qui sont perdues de façon journalière soit environ 4% de la norme d’urgence
(2100 Kcal/personne/jour).

En terme financier, c’est l’équivalent de 24,6 milliards de francs CFA de perte pour les
producteurs. Cette perte représente 0,3% du PIB total et 2% du PIB agricole du Sé-
négal. Les pertes de revenus par ménage sont estimées en moyenne à 42 000 FCFA.

Au Ghana les pertes financières enregistrées sont estimées à plus de 306 milliards
de francs CFA soit 1,3% du PIB total et 5,9% du PIB agricole du pays (Tableau 67).
L’essentiel des pertes totales en volume enregistrées proviennent des tubercules qui
représentent à elles seules 73% des pertes totales soit plus de 2 250 000 tonnes. Les
pertes en céréales et en légumi-neuses sont respectivement de 650 000 tonnes et
170 000 tonnes environ. L’impact de ces pertes peut être résumé dans le tableau ci-
dessous.

130
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 67 : Estimation des pertes par ménage- Ghana

Valeur ou superficie
USD FCFA (en milliers)
Pertes totales
613 443 354 306 721 677
(en valeur monétaire)
Superficie totale récoltée 4 101 812
Perte de revenu/ha 150 74 775
Superficie moyenne
1
récoltée/ménage
Perte totale de revenu/
150 74 775
ménage
Revenu moyen/ménage
304 152 125
rural (en FCFA)
% perte dans le revenu des
49,2%
ménages ruraux

Source : Calculs des auteurs

L’examen du tableau ci-dessus indique une perte moyenne de 75 000 CFA environ/ha
sur la base de la superficie totale récoltée qui a servi à l’estimation des pertes (Tableau
67). Les résultats d’une enquête menée au Ghana en 2008 estiment le revenu moyen
par ménage rural d’environ 152 000 FCFA. Lorsque l'on compare les pertes par mé-
nage au revenu total du ménage, il constitue environ 49% du revenu total du ménage.

Sur la base de la norme de consommation de 185 kg/personne/an, les pertes en cé-


réales pourrait nourrir plus de 3 550 000 personnes soit environ 323 000 ménages
(Tableau 68). En équivalent calorique, les pertes totales des produits correspondent à
un proxy calorique de 554 Kcal/personne/jour qui sont perdues. Une réduction des
pertes post-récolte permettra donc d'améliorer sensiblement les conditions de vie des
ménages agricoles.

131
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 68 : Equivalent en proxy calorique des pertes estimées

Burkina Faso Sénégal Ghana

Valeur Valeur Valeur


totale des totale des totale des
Production Production
Production pertes en pertes en pertes en
perdue perdue
perdue proxy proxy proxy
estimée estimée
estimée (t) calorique calorique calorique
(en tonnes) (en tonnes)
(en Kcal et (en Kcal et (en Kcal et
en millions) en millions) en millions)
Céréales 432 372 1 503 645 103 082 361 312 658 111 2 359 119
Tubercules 4 468 4 512 5 257 5 310 2 255 961 2 278 521
Légumi-
163 945 605 265 12 982 70 295 171 541 818 639
neuses
Total 2 113 422 436 917 5 456 278
Population
18 355 127 13 500 000 27 000 000
en 2014
Perte en
équivalent
115 141 32 364 202 084
Kcal/
personne
Perte en
équivalent
315 89 554
Kcal/
personne/jr

% de la
norme 15% 4% 26%
d'urgence

Source : Calculs des auteurs


Une analyse comparée des taux de pertes obtenus par l’enquête et ceux utilisés dans
l’élaboration des bilans alimentaires a été faite mais de façon partielle en raison des
difficultés de disposer des données détaillés sur les pertes pour le Sénégal et le Ghana
(Tableau 69).

132
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 69 : Comparaison de pertes obtenues par l’enquête et les pertes utilisées dans les bilans
alimentaires
Pertes totales cumulées obtenues Taux de perte des bilans
par l’enquête alimentaires
Produits Burkina Sénégal Ghana Burkina Sénégal (*) Ghana (*)
Sorgho 8,6% 12,1% 19,8% 10% 15% 13%
Mil 10,4% 8,1% 18,0% 10% 15% 13%
Mais 4,8% 14,5% 19,6% 6% 15% 26%
Riz 9,7% 4,0% 39,1% 5% 41% 13%
Céréales 6,6% 8,1% 22,5%

Igname 8,0% 4,4% 10% 20%


Manioc 6,2% 3,5% 13,5% 30%

Tubercules 7,1% 3,5% 7,3%

Niébé 24,7% 3,6% 28,8% 5%


Arachide 6,1% 1,7% 23,5% 4%

Légumineuses 8,2% 1,8% 25,2%

(*) Données déduites des tableaux des bilans alimentaires et prenant en compte les
pertes pour semence (Source : Bilans alimentaires des pays)

En considérant uniquement les données du Burkina, l’examen des taux de perte de


l’enquête indique des écarts assez importants par rapport à ceux utilisés dans les bi-
lans alimentaires pour les produits comme le riz, le niébé et l’arachide qui sont sous-
estimés. En recherchant les sources d’information sur l’origine des taux de perte
utilisés dans les bilans (alimentaire et céréalier), il ressort qu’en général, selon le guide
d’élaboration des bilans alimentaires que, « par souci de simplification et eu égard à
la rareté d’informations précises, un taux forfaitaire de 15% à déduire de la production
brute est retenu au niveau des pays du CILSS ». Ce taux englobe « les pertes (10%)
et semences (5%)».

En recalculant certains postes du bilan alimentaire définitif de 2014 du Burkina avec


les taux de perte de l’enquête, l’analyse des résultats donne un déficit calorique de 50
Kcal par personne, ce qui représente 1,3% à 2,5% de la consommation énergétique
annuel par personne.

133
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Principales conclusions :
Les pertes alimentaires enregistrées au Burkina Faso sont susceptibles de nourrir en-
viron 2 275 000 personnes soit 189 600 ménages non autonomes. En terme financier,
les pertes sont estimées à plus 90 milliards de FCFA. Au Sénégal, le volume des pertes
pourrait couvrir les besoins céréaliers annuels de plus de 500 000 personnes corres-
pondant à plus de 42 000 ménages. En terme financier c’est environ 24,6 milliards de
francs CFA qui sont perdus. Au Ghana, les pertes en céréales pourrait nourrir plus de
3 500 personnes environ. Les pertes financières sont de 306 milliards de francs CFA.
Les pertes financières de ces trois pays sont de 422 milliards environ.

5.4. Analyse des causes principales des pertes post-récolte au Burkina


Faso, au Sénégal et au Ghana
Les résultats de la présente étude ont permis de mettre en évidence des niveaux de
perte variables et l’utilisation de techniques également disparates aux différentes
phases des opérations post-récolte. Cette partie est consacrée à l’analyse des causes
associées aux estimations de pertes réalisées aux différents segments de la chaîne
post-récolte afin de pouvoir identifier des actions à promouvoir dans la perspective de
réduction de ces pertes.

5.4.1. Causes des pertes chez les ménages agricoles


Au niveau de la récolte, la technique de récolte des céréales et des tubercules consti-
tue pour la majorité des ménages agricoles enquêtés (51,7%) au Burkina l’une des
principales causes des pertes alimentaires. On note toutefois que pour les légumi-
neuses, notamment l’arachide, c’est plutôt le fait de récolter de manière précoce ou
anticipée qui est la cause principale de perte de cette spéculation pour la majorité des
ménages agricoles (77,6%). Au Sénégal, outre la technique de récolte évoquée par
les ménages, les récoltes tardives constituent également des causes à l’origine des
pertes pour la plupart des cultures notamment pour les céréales (39,8%). Cette situa-
tion est également observée chez les ménages agricoles du Ghana (60,9% et 31,6%)
qui attribuent les pertes aux techniques utilisées et aux récoltes tardives du fait pro-
bablement de leurs charges de travail élevées à la récolte et d’une méconnaissance
des techniques pour connaitre le stade de maturité des cultures. On note toutefois que
pour les tubercules plus de 95% des ménages enquêtés attribuent les pertes essen-
tiellement aux techniques de récolte.

Concernant l’analyse de la répartition du volume des pertes en fonction des facteurs


de perte, les résultats indiquent que d’une manière globale, l’essentiel des pertes est
dû aux techniques de récolte et à la période de récolte notamment les récoltes tardives
(respectivement 63,3% et 15,5% notamment au Burkina).

Au niveau du transport des récoltes ou des produits, les principales causes de perte,
selon l’avis des ménages agricoles dans l’ensemble des pays, sont liées aux moyens
de transport utilisés (48,8% au Burkina, 41,4% au Sénégal et 60,3% au Ghana), à la
méthode liée à la manutention (23,1% au Burkina, 41,9% au Sénégal et 38,9% au
Ghana). L’analyse de l’estimation des pertes par facteurs confirme également ces ré-

134
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

sultats. Les pertes notées au niveau du transport seraient à lier donc aux moyens de
transport souvent défectueux ou inadaptés. De plus, les pistes de production sont peu
praticables. Des efforts sont donc à faire en matière d’infrastructures routières pour
réduire les pertes liées au transport. Une sensibilisation sur la manutention des pro-
duits doit alors être également faite pour une réduction des pertes.

A la phase de séchage, la technique de séchage utilisée est citée comme principale


cause de l’ampleur de la perte (74,4% des ménages), vient ensuite l’absence d’aire
de séchage selon 21,3% des ménages enquêtés du Burkina. Cette situation est éga-
lement observée au Sénégal. Quant au Ghana, les dégâts d’animaux (74,6%) et la
technique de séchage (24%) sont les causes principales des pertes au séchage. Mais
d’une manière générale, l’essentiel des pertes est causé par la technique de séchage
utilisée.

Au cours de la phase de battage ou de décorticage, les principales causes des pertes


énumérées par la majorité des ménages au Burkina sont liées à la technique de bat-
tage ou de décorticage utilisée (65,5%) et à la qualité du produit battu ou décortiqué
(32,7%). Outre la technique de battage énumérée par les ménages enquêtés au Sé-
négal, la période de battage constitue également une cause supplémentaire. Chez les
ménages du Ghana, la majorité des ménages (plus de 90%) est unanime que la tech-
nique utilisée est une cause des pertes. L’analyse des pertes en fonction des facteurs
a confirmé cet état de fait.

Pour la phase de stockage, les principales causes des pertes sont attribuées, selon
les ménages, à la technique de stockage et dans une moindre mesure à la période
de stockage (respectivement 45,9% et 27,3% des ménages au Burkina Faso ; 72% et
10% des ménages au Sénégal). Au Ghana, qu’il s’agisse des stocks destins à la
consommation ou à la vente, la période de stockage et la technique utilisée sont les
deux principales causes des pertes des tubercules et les légumineuses. Il est de même
pour les céréales mais avec comme première cause la technique de stockage utilisée.
On note également que les conditions atmosphériques liées à la température et les
blessures des tubercules sont des facteurs qui accentuent les pertes des stocks des-
tinés à la vente. Il ressort également que la plupart des ménages enquêtés au Ghana
ont du mal à appréhender les pertes des stocks destinés à la vente. Cette situation
serait le fait du déstockage rapide de leur stock ou de la faible prise de conscience
sur l’existence des pertes.

Au niveau de la transformation, la technique de transformation est la principale cause


de perte des produits chez les ménages enquêtés des trois pays et plus de la moitié
des pertes lui est imputable. En effet, la plupart des équipements utilisés sont les plus
souvent manuels. La mécanisation de la transformation des produits (mouture) est
peu développée et ne couvre pas toutes les zones de production. En outre, le coût
élevé du carburant, l’absence d’électricité ou son coût élevé ne favorisent pas l’expan-
sion de la mécanisation dans la plupart des pays étudiés. On note par ailleurs que
pour la plupart des ménages enquêtés au Burkina (90%), la qualité du produit comme
l’arachide est déterminante.

135
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Principales conclusions
Les techniques de récolte et de transformation utilisées, la méconnaissance des pé-
riodes propices à la récolte, l’inadaptation des moyens de transport utilisés, les mau-
vaises méthodes de manutention, l’absence d’aire de séchage sont les principales
causes des pertes énumérées par les producteurs. Au niveau du transport, les prin-
cipales causes de perte de la plupart des produits sont liées aux moyens de transport
utilisés et à la méthode liée à la manutention. A la phase de séchage, outre la technique
de séchage et l’absence d’aire de séchage qui sont à l’origine des pertes dans la plu-
part des pays, les pertes au Ghana sont principalement dues aux animaux (bétail et
oiseaux). Au battage, les pertes sont imputables aux techniques utilisées dans les
pays. On note qu’au Sénégal, la période de battage constitue également une cause
supplémentaire des pertes post-récolte. Au stockage, les principales causes des pertes
sont attribuées selon les ménages à la technique de stockage et à la période de
stockage pour la plupart des produits et dans les différents pays. Au niveau de la trans-
formation, les pertes sont imputables pour l’essentiel aux techniques utilisées qui sont
en général manuelles et à la qualité des produits transformés (cas de l’arachide au
Burkina notamment).

5.4.2. Causes des pertes post-récolte chez les commerçants et les trans-
formateurs
La manutention des produits et les moyens de transport utilisés par les commerçants
sont les principales causes de pertes au niveau du transport des produits comme les
céréales et les légumineuses. Pour les tubercules, les pertes serait liées à la méthode
de manutention selon la majorité (50%) des commerçants de ces produits au Burkina
Faso. Elle est également la cause des pertes au cours du transport des produits chez
les commerçants du Ghana, sauf pour l’igname et le riz où elle serait imputable prio-
ritairement au moyen de transport utilisé et à la forme du produit transporté respecti-
vement. Au Sénégal, c’est la méthode de manutention qui constitue la principale cause
des pertes durant le transport de la plupart des produits à l’exception des produits
comme le mil et le maïs où les pertes seraient imputables aux moyens de transport
utilisés. Les pertes se font par dispersion des graines (pour les céréales notamment)
et par rupture/blessure de la peau pour les tubercules.

Au niveau du stockage des denrées, les causes des pertes dans la plupart des pays
sont essentiellement d’ordre non parasitaire donc liées à la manutention notamment
pour les stocks de moins de trois mois qui constituaient l’essentiel des stocks des com-
merçants sauf au Sénégal. En effet, contrairement aux commerçants du Burkina et du
Ghana, ceux du Sénégal attribuent les pertes de stockage à des causes d’ordre para-
sitaire (insectes, rongeurs) pour certaines céréales (mil, sorgho notamment) et les lé-
gumineuses. Elles sont observées en général chez les commerçants qui disposaient
de stocks de plus de trois mois et seraient spécifiquement liées aux moisissures.

Au niveau des acteurs de la transformation, l’analyse des causes des pertes a été ap-
préciée au stockage et à la transformation également. La plupart des pertes enregis-
trées dans la majorité des pays sont d’ordre non parasitaire donc liées aux techniques

136
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

de transformation. Selon l’opinion des transformateurs, les facteurs de perte des pro-
duits destinés à la transformation sont de plusieurs ordres : rejet accidentel, détério-
ration du produit/matière première à transformer, processus de transformation, etc.
L’analyse croisée du niveau des pertes et le principal facteur de perte indique que l’es-
sentiel des quantités perdues est dû au processus de transformation (à l’exception du
maïs chez les transformateurs du Burkina).

Dans le processus de transformation, la qualité du matériel et la maitrise des tech-


niques de transformation peuvent par exemple occasionner des pertes importantes
de produit. Aussi dans les zones d’étude, la transformation des produits agricoles se
fait généralement de façon artisanale ou semi artisanale avec des possibilités de perte.
Des efforts sont à faire à ce niveau pour réduire les pertes.

5.4.3. Causes des pertes post-récolte chez les autres acteurs : Institu-
tions et Organisations de producteurs
Chez ces acteurs de la chaîne post-récolte, les pertes liées au stockage des produits
que ce soit chez les organisations professionnelles ou chez les institutions sont faibles.
Les produits font en général l’objet de traitement particulier pour réduire au minimum
les pertes. Les ménages qui se regroupent au sein des organisations de producteurs
bénéficient ainsi de l’accompagnement d’autres d’acteurs avec lesquels il existe des
partenariats dans le cadre du warrantage par exemple. Les ménages devraient donc
être accompagnés par l’Etat ou par ses institutions afin de réduire considérablement
les pertes au niveau du stockage par le développement et l’adoption de techniques
appropriées.

Les pertes enregistrées chez ces acteurs, quoi que de moindre importance comme
par ailleurs révélé par l’étude, seraient principalement dues à la manutention et dans
une certaine mesure aux moyens de transport utilisés. En effet, si des précautions
sont souvent prises pour la constitution de stocks de qualité, les méthodes de manu-
tention ne sont pas souvent contrôlées surtout pour les organisations de producteurs.
Toutefois, cette observation concerne très peu les institutions qui utilisent parfois des
sacs de conditionnement de qualité. Le plus souvent, concernant ces deux catégories
d’acteurs, la main d’œuvre chargée du chargement et du déchargement des produits
n’est pas qualifiée et peu de précautions sont prises pour éviter le piétinement des
produits et le remplissage des véhicules de transport.

5.5. Conséquences des pertes post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal


et au Ghana
Les pertes alimentaires post-récolte ont des conséquences qui touchent les aspects
socio-économiques, la sécurité alimentaire, la nutrition des ménages et l’environne-
ment ou le climat, etc. Ces conséquences sont d’abord socioéconomiques et alimen-
taires de l’avis des ménages enquêtés dans les pays. Les pertes socioéconomiques
sont liées à des pertes de revenu selon la plupart des ménages. Les valeurs estimées
de ces pertes, décrites dans le chapitre précédent en sont une illustration.

137
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Ces pertes qui enlèvent une partie de la disponibilité sur le marché peuvent contribuer
ainsi à augmenter les prix des produits. Les conséquences sur la sécurité alimentaire
sont liées à une perte de disponibilité des denrées ali-mentaires qui aurait permis de
couvrir les besoins alimentaires des populations les plus vulnérables ou réduire les
périodes de soudure chez ces ménages qui subissent ces pertes.

Les conséquences sur la nutrition, l’environnement ou le climat sont moins perçues


par les ménages producteurs. Les conséquences au niveau de la nutrition sont ap-
préciées dans la littérature à travers l’analyse des pertes qualitatives qui peuvent en-
trainer une baisse des propriétés nutritives. Ainsi les denrées alimentaires de qualité
médiocre peuvent, à leur tour, entrainer des effets malsains et négatifs sur la santé, le
bien-être et la productivité du consommateur. Certains produits locaux (mil, arachide,
etc.) sont utilisés dans la fabrication de farine infantile enrichie produite localement
dans certains pays comme le Burkina. L’utilisation de produits de mauvaise qualité se-
rait donc préjudiciable à la santé des enfants.
Au niveau environnemental, les conséquences n’ont pu être appréhendées mais la lit-
térature indique que les pertes alimentaires participent à la dégradation environne-
mentale et au changement climatique, puisque des ressources précieuses en eau,
terres, main d’œuvre ou des engrais et du carburant sont utilisés pour produire, trans-
former et transporter davantage de nourriture afin de compenser la nourriture perdue
(FAO, 2012).

5.6. Contraintes et propositions techniques des acteurs pour la réduction


des pertes post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana
La réduction des pertes post-récolte est une composante essentielle qui vient renforcer
les efforts mis en œuvre par l’ensemble des acteurs pour vaincre la faim et la malnu-
trition. L’étude a mis en évidence aux différents segments de la chaîne alimentaire
post-récolte des facteurs qui entravent la réduction des pertes. Les contraintes identi-
fiées à travers l’étude résident principalement au niveau de la méconnaissance des
stratégies et des techniques appropriées, la cherté des équipements qui ne permet
pas une mécanisation des opérations post-récolte et le faible niveau d’accès au crédit
et au financement. Cette méconnaissance des techniques est soulignée par ailleurs
par la majorité des producteurs de légumineuses au Burkina Faso.

L’analyse des contraintes suivant le segment ou le maillon de la chaîne post-récolte


révèle que plus de la moitié des ménages a une méconnaissance des techniques de
récolte, de séchage et stockage. Ainsi, la vulgarisation des techniques et l’encadrement
des producteurs au niveau de la récolte, du séchage et du stockage seraient néces-
saire. Les coûts élevés des équipements utilisés depuis le stade de la récolte jusqu’à
la transformation sont également des contraintes majeures à la réduction des pertes
post-récolte. Au niveau de l’accès au crédit, le faible accès est beaucoup plus évoqué
par les ménages au niveau de la transformation, la commercialisation et la conserva-
tion. Toutes ces contraintes de réduction des pertes post-récoltes posent encore une
fois de plus la problématique du financement du secteur agricole.

138
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Les propositions techniques proposées par les ménages enquêtés portent sur l’amé-
lioration de la manutention, de l’hygiène du stockage des denrées alimentaires, de la
récolte à bonne date.

Dans tous les cas, les stratégies de réduction des pertes à mettre en œuvre doivent
constituer un paquet technique couvrant les différents segments du système post-récolte.
En analysant les techniques utilisées par les ménages, les propositions complémentaires
à celles déjà proposées peuvent porter également sur les aspects suivants :

Au niveau du vannage et du séchage, l’utilisation des bâches ou de sachets peut être


envisagée pour limiter les pertes par dispersion. Pour le battage, certaines opérations
mécaniques à petite échelle existent et peuvent être promues: égreneuses de maïs,
batteuses mécaniques de riz. Les produits devraient être protégés davantage des pa-
rasites et des rongeurs et contre les intempéries.

La récolte des tubercules est la phase la plus importante et détermine l’efficacité maxi-
male des activités futures de réduction des pertes ; d’où la nécessité de la mener cor-
rectement pour éviter l’infestation précoce par le biais des meurtrissures sur les
tubercules. Il est également important de limiter lors de la manutention des tubercules,
les dommages mécaniques qui pourraient augmenter aussi les attaques de ravageurs
et les pertes physiologiques. La peau des racines et des tubercules est une barrière
efficace contre la plupart de ces ravageurs et doit être préservée des champignons
opportunistes qui provoquent la pourriture des tubercules.

Il est important de minimiser également les pertes au cours du transport en ayant une
attention particulière sur les véhicules à utiliser, l'équipement, l'infrastructure et la ma-
nutention. Charger et décharger les produits avec soin des véhicules, doit être la
conduite des acteurs impliqués dans cette activité.

Au niveau du stockage de ces produits, les éléments importants suivants sont à consi-
dérer : (i) assurer un meilleur stockage des tubercules fraiches, (ii) sélectionner soi-
gneusement seulement les tubercules de meilleure qualité sans aucun signe de
maladie ou de parasite pour le stockage ; (iii) stocker dans des magasins spécialement
conçus ; (iv) vérifier les magasins à intervalles réguliers. Promouvoir également les
techniques naturelles de stockage qui enregistrent des succès (stockage dans des
fosses spécialement construites ou en monticules).

139
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

CONCLUSION
Les pertes alimentaires post-récolte sont constatées sur tous les segments de la
chaîne allant de la récolte, à la consommation en passant par le transport, le stockage,
le battage ou décorticage, le vannage et la transformation. Les techniques utilisées à
chaque segment sont variables et le niveau des pertes varie suivant le pays, le type
de spéculation et la nature des acteurs en présence sur l’ensemble de la chaîne.

Les résultats montrent que les techniques de battage ou de décorticage utilisées sont
manuelles ou peu mécanisées. Toutefois, la mécanisation du battage a été notée au
Sénégal notamment et seul le riz bénéficie d’une attention particulière par l’utilisation
de support de battage. Ce qui justifie moins de pertes dans le cas du Sénégal.

L’inefficacité des techniques de récolte entraine des pertes qui amènent parfois cer-
tains ménages à retourner dans les champs pour y collecter des grains dispersés ou
pieds abandonnés dans les champs. Le transfert des productions du champ au domi-
cile ou au magasin se fait par différents moyens de transport notamment par charrette
ou par véhicule. L’absence de précaution lors du transport tout comme à la récolte
peut être source de perte pour certaines cultures comme les tubercules.

Les conditions sanitaires de base du séchage ou de vannage ne sont pas respectées


et cette dernière opération se fait directement sur le sol nu dans la plupart des pays à
l’exception de certains pays comme le Ghana où la plupart des ménages réalisent le
vannage sur des aires spécifiquement aménagées.

Les principales infrastructures de stockage utilisées sont les greniers en terre ou en


paille, les entrepôts ou magasins. Les récoltes sont stockées soit en l’état avec les
tiges (panicules ou en épis notamment au Burkina) soit sous forme de grains après
battage (cas au Sénégal et au Ghana). Le stockage et la conservation des produits se
font dans des sacs simples ou en vrac. L'utilisation de sac à triple fonds pour la conser-
vation des produits agricoles telle que le niébé semble marginale.

Les méthodes de protection et de conservation des stocks pratiquées par les ménages
producteurs varient suivant la nature du produit. Les stocks destinés à la consomma-
tion du ménage ou ceux destinés à la vente ne subissent pas de traitement de conser-
vation en général. Lorsqu’ils sont traités, c’est le traitement chimique qui est le plus
utilisé au moment de l’entreposage ou en cas d’attaque parasitaire.

Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font essentiellement
aux périodes de récolte et également aux périodes de fête. La saisonnalité des produits
comme les tubercules très périssables est également un facteur de gaspillage des
repas préparés à base de tubercule.

Chez les autres acteurs enquêtés dans les pays, commerçants et transfor-mateurs
notamment, les moyens de transport utilisés par les commerçants dépendent de leurs
capacités et donc de leurs profils (collecteurs, détaillants ou grossistes). Les char-
rettes, les vélos ou motocyclettes sont les plus utilisés pour le transport des produits
vers le lieu de commerce. L’utilisation de véhicules ou de camions est répandue chez

140
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

les commerçants du Sénégal et du Ghana. Les stocks sont conditionnés dans des
sacs simples pour le stockage. La technique chimique est la plus utilisée pour la pro-
tection des stocks contre les ravageurs chez les commerçants du Sénégal. Chez les
commerçants Ghanéens rencontrés, les traitements chimiques et physiques des pro-
duits sont des pratiques quasi-inexistantes.

L’estimation des pertes à chaque segment de la chaîne post-récolte a montré des


pertes plus importantes au stockage, la transformation et le décorticage ou de battage
et varie d’un pays à l’autre et d’un segment à l’autre. Les pertes cumulées estimées
varient selon les produits et les pays: au Burkina Faso les pertes totales cumulées de
la production ont été estimées pour les céréales à 6,6%, les tubercules à 7,1% et les
légumineuses à 8,2%. Au Sénégal, elles ont été estimées à 8,1% ; 3,5% et 1,8% res-
pectivement pour les céréales, les tubercules et les légumineuses. Au Ghana les pertes
cumulées ont été estimées à 22,5% pour les céréales ; 7,3% pour les tubercules et
25,2% pour les légumineuses. La contribution des pertes à la récolte aux pertes totales
estimées est plus importante et est conforme à la perception énoncé par les ménages.

L’impact de ces pertes sur le plan de la sécurité alimentaire des ménages indique que
les pertes alimentaires enregistrées au Burkina sont susceptibles de nourrir environ 2
275 000 personnes soit 189 600 ménages non autonomes. En terme financier, les
pertes cumulées s’élèvent à plus 90 milliards de FCFA. Au Sénégal, les quantités pour-
raient suffire à couvrir les besoins céréaliers annuels de plus de 500 000 personnes
correspondant à plus de 42 000 ménages. Ceci équivaudrait à environ 24,6 milliards
de francs CFA perdus. Au Ghana, les pertes en céréales pourraient couvrir les besoins
alimentaires de plus de 3 500 000 personnes. L’équivalent financier des pertes dans
ce pays est de 306 milliards de francs CFA. Dans l’ensemble des trois pays les pertes
enregistrées constituent un manque à gagner de près de 422 milliards de FCFA.

Les techniques de récolte et de transformation, la méconnaissance des périodes pro-


pices à la récolte, l’inadaptation des moyens de transport, les mauvaises méthodes
de manutention, l’absence d’aire de séchage sont, selon les différents acteurs, les
principaux facteurs responsables des pertes dans les pays concernées.

141
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

RECOMMANDATIONS
La présente étude intitulée «pertes post récolte et sécurité alimentaire dans trois pays
du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Ghana et Sénégal) » a permis de
fournir des informations sur l’ampleur des pertes alimentaires en post-récolte ainsi que
les impacts sur la sécurité alimentaire. Les données obtenues viennent enrichir la
base de connaissances sur la thématique, mais un gap reste à combler en termes de
couverture géographique et de mise en œuvre d’actions de forte envergure en faveur
de la réduction des pertes post-récolte dans les pays. Pour se faire, les recommanda-
tions suivantes sont formulées à l’endroit du CILSS et de ses partenaires :

1. Mettre en œuvre dans les pays des politiques et programmes de réduc-


tion des pertes post-récolte compte tenu de leur ampleur et surtout de
leurs effets négatifs sur la sécurité alimentaire, les revenus de ménages,
les coûts de production et ce conformément à la «Déclaration de Ma-
labo des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine sur le
PDDAA et l’engagement à accélérer la croissance et la transformation
du secteur agricole en vue d’une prospérité partagée et des moyens
d’existence améliorés» :
Il s’agit de traduire en acte concret l’engagement pris par les chefs d’État africains lors
du sommet de Malabo en Juin 2014, à éradiquer la faim du continent africain d’ici à
2025 à travers la mise en œuvre de politiques et de programmes agricoles qui visent
à réduire efficacement les pertes alimentaires après les récoltes. Cette recommanda-
tion pourrait être mise en œuvre en intégrant clairement le volet réduction des pertes
post-récolte dans les politiques agricoles existantes dans la région. Les prochaines
révisions des programmes régionaux et nationaux d’investissement agricoles et les
initiatives en cours sur le financement dans certains pays sont des opportunités à saisir
pour une extension de l’étude.

2. Valoriser les résultats de la présente étude dans l’établissement des bi-


lans céréaliers et alimentaires afin d’affiner davantage les analyses de
vulnérabilité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest :
Les instruments d’analyse de la sécurité alimentaire dans la région utilisent depuis de
nombreuses années des taux de pertes par défaut dans l’établissement du bilan cé-
réalier. Cependant, le document méthodologique d’établissement de ce bilan ne pré-
cise pas les sources de données qui ont permis de déterminer ces taux de pertes et
conclu qu’ils ont été définis par « souci de simplicité ». L’évolution du contexte de vul-
nérabilité des populations commande de mener des réflexions pour mieux affiner les
analyses de sécurité alimentaire. Cette proposition de révision pourrait être conduite
à titre pilote dans les pays étudiés et en analysant l’impact potentiel sur la différence
des résultats en utilisant les taux obtenus au cours de l’étude en attendant de disposer
de donner couvrant plusieurs pays. Les différents cadres de concertations organisés
au niveau régional (PREGEC, RPCA) constituent des opportunités de partage et de
diffusion des résultats issus de l’étude. Le CILSS conformément à son mandat a ac-
compagné de nombreux pays dans la mise en place des enquêtes agricoles pour l’es-
timation des productions agricoles et le calcul des différents agrégats d’analyse de la
142
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

situation alimentaire des pays (bilan céréalier, bilan alimentaire). Le développement


et l’intégration dans ces enquêtes d’un questionnaire sur l’estimation des pertes post-
récolte pourra permettre de disposer d’informations plus actuelles ou de paramètres
d’actualisation des données sur les pertes post-récolte enregistré dans chaque pays.

3. Etendre l’étude à tous les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest afin


de pouvoir disposer d’informations spécifiques pour chaque pays pour
des prises de décision plus efficaces :
L’étude a couvert seulement trois pays et les résultats ont mis en évidence des taux
de perte différents selon les pays. La conduite donc de l’étude dans plusieurs autres
pays permettra ainsi de disposer suffisamment d’information pour permettre des ex-
trapolations à des pays ayant des similitudes. La mise en œuvre de cette recomman-
dation devra se faire en tenant compte de certaines améliorations ou précisions
méthodologiques qui n’ont pas pu être mise en œuvre lors de l’étude. Il s’agit notam-
ment :
- De la systématisation des rencontres avec les parties prenantes (producteurs,
commerçants, transformateurs) pour l’établissement des échelles visuelles à utiliser
au cours des enquêtes ménage et basés sur les produits qu’ils détiennent ;
- De la systématisation des analyses de laboratoire en collaboration avec les Insti-
tutions de recherche agricole: il est souhaitable que les échantillons de produits à
prélever pour les analyses soient effectués dans les ménages devant faire l’objet
d’enquête pour permettre de disposer des résultats de l’échelle visuelle avant le
démarrage des enquêtes ménages. Toute chose qui permettra de disposer des ré-
sultats conformes à la réalité du terrain ;
- Du prélèvement des échantillons à analyser à divers moments de la saison post-
récolte (début, milieu, fin): elle permettra d’appréhender le niveau des pertes post-
récolte notamment au niveau du stockage qui évoluent avec le temps et au cours
de la saison ;
- La réalisation des mesures objectives (pesées des produits) aux différents seg-
ments de la chaîne post-récolte : le choix de cette approche exige une préparation
minutieuse de l’étude (aspect méthodologique défini, équipe mise en place, respect
du chronogramme de travail, etc.) pour un démarrage à bonne date dès les récoltes
des cultures, des visites régulières auprès des ménages échantillonnés et exige
donc plus de temps pour sa réalisation. Elle pourrait être envisagée dans le cadre
de la préparation des étudiants de master en sécurité alimentaire au Centre Ré-
gional AGHRYMET peut être une opportunité.

4. Faciliter le développement, la promotion et l’application des technolo-


gies de gestion des pertes post-récolte :
Des techniques de réduction des pertes post-récolte existent et sont mises en œuvre
par les organisations des producteurs ou promues par des partenaires. Ces informa-
tions sont peu ou pas connues des producteurs et même des acteurs qui appuient les
populations notamment les plus vulnérables dans la recherche de la sécurité alimen-
taire. Une capitalisation des bonnes pratiques en matière de réduction des pertes post-
récolte serait une étape à franchir vers l’atteinte de cet objectifs.

143
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Recommandations à l’endroit des Organisations de producteurs, des commer-


çants et des transformateurs :

5. Sensibiliser l’ensemble des acteurs sur la problématique des pertes


post-récolte et promouvoir l’utilisation des techniques et des stratégies
appropriées de réduction des pertes :
La majorité des ménages tirent l’essentiel de leurs revenus de la production agricole,
ce qui implique qu’une réduction des pertes post-récolte contribuera à améliorer leurs
revenus et réduire l'incidence de la pauvreté qui est en général plus élevée en milieu
rural. La plupart des ménages agricoles ne bénéficient pas de formation en techniques
de production ; pour la minorité qui en bénéficie, ces formations ne couvrent que la
production et dans une moindre mesure la récolte qui reste peu mécanisée. En dehors
de quelques initiatives soutenues par des partenaires dans le cadre de projets de ré-
duction des pertes post-récolte, très peu de formations couvrent les segments de la
récolte, du séchage, du battage/décorticage, du vannage, de la transformation et
même du stockage.

Il est donc fortement recommandé de sensibiliser les producteurs sur les pertes post-
récolte qui se déroulent au niveau de ces segments. En outre, il est recommandé de
renforcer leurs capacités au moyen de formations adaptées afin de limiter les pertes
lors de la récolte par le fait des équipements manuels de base utilisés ou de récolte à
mauvaise période. Par ailleurs, un accent particulier devra être mis sur le gaspillage
alimentaire notamment aux périodes d’abondance (récolte et fêtes).

La problématique de l’accès des producteurs notamment les plus petits, au stockage


collectif à travers les banques de « céréales » ou le système de warrantage doit être
résolue. L’étude a révélé que les pertes estimées au niveau des stocks appartenant à
des groupes sont minimes. Il s’agira d'encourager les producteurs à cette forme d’or-
ganisation (qui bénéficie d’une attention particulière des partenaires), qui facilite l’en-
tretien des stocks et encourage les producteurs à améliorer la qualité des grains
stockés et donc par conséquent d’avoir un prix plus rémunérateur, d’avoir accès au
crédit pour la conduite d’activités génératrices de revenus et l’achat d’intrants agricoles.
Pour le cas spécifique des tubercules (igname et manioc) la survenue des pertes in-
tervient surtout lors de la transformation et le séchage pour le manioc (au Ghana).
Des méthodes plus efficaces de transformation devraient être développées et des ap-
puis dans la mouture/broyage au profit des transformateurs devront être fournis à tra-
vers des subventions, afin de pouvoir réduire les pertes. Les techniques
recommandées pour réduire les pertes portent sur l’amélioration de l’hygiène de
stockage, l'utilisation des sacs hermétiques, l'utilisation de chaîne de froid, etc.

La plupart des commerçants enquêtés sont des collecteurs et s’approvisionnent sur


les marchés locaux ou directement auprès des pro-ducteurs. Pour se faire, les com-
merçants pourraient être encouragés à s’engager avec les producteurs dans des
contrats pour leur permettre d’investir dans la production des céréales de haute qualité
pour eux et générer des revenus plus importants pour les ménages. La majeure partie
des pertes chez les commerçants se produit durant le transport (dispersion des grains
ou blessures de la peau des tubercules). Le choix du moyen de transport à utiliser est

144
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

donc essentiel pour relever ces défis. Le choix du véhicule à utiliser doit être fonction
de la qualité du produit.

Chez les transformateurs, l’utilisation de technologies plus efficaces et efficientes dans


la transformation des céréales permettrait de réduire les pertes. L’utilisation ou l’adop-
tion de meilleures méthodes ou techniques de pelage devrait être également promue
pour réduire les pertes des tubercules.

6. Investir sur la réduction des pertes post-récolte


D’une manière générale, l’impact des pertes sur l’économie des pays n’est pas négli-
geable. Au Ghana, la valeur des pertes est d’environ cinq fois le budget annuel alloué
à l'agriculture. Une attention particulière des Gouver-nements devra être apportée à
la question pour renforcer les capacités de l'agriculture à être plus efficace et efficiente.
Une réduction des pertes post-récolte est une option stratégique des pays pour amé-
liorer la sécurité alimentaire et la nutrition, d'où la nécessité pour les gouvernements
d’investir dans la résolution de cette question majeure.

A la lumière des résultats de cette étude, même si l’augmentation de la production ali-


mentaire pour satisfaire les besoins d’une population en constante augmentation doit
continuer d’être un pilier fondamental des différentes politiques agricoles, elle ne doit
plus pour autant faire occulter l’impérieuse nécessité de prendre désormais pleinement
en compte la réduction des pertes alimentaires post-récolte comme pilier fondamental
dans les politiques et stratégies de lutte contre la faim au Sahel et en Afrique de
l’Ouest.

145
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

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Burkina Faso, Ghana et Sénégal

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mey, Niger, 82p.

147
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

ANNEXES
ANNEXE 1 : RECOMMANDATIONS PAR PAYS
Recommandations à l’endroit des pays concernés par l’étude :
Au niveau du Burkina, il est ressorti qu’il existe de bonnes pratiques en matière de
gestion post-récolte mais qui sont mal connues et/ou difficiles d’accès. La probléma-
tique de la qualité des semences améliorées à développer et à promouvoir pour réduire
les pertes à la récolte mérite également une attention particulière. Il s’agira alors pour
l’Etat de :
- Capitaliser, développer, diffuser et promouvoir les bonnes pratiques existantes
de gestion post-récolte au niveau national (cas des techniques de conservation
des récoltes adoptées par le PAM, les OP et les autres institutions);
- Développer et mettre en œuvre des modules de formation ou de sensibi-lisation
sur les pertes post-récolte chez les producteurs afin qu’ils prennent conscience
du poids des pertes post-récolte dans leur stratégie d’amélioration de la sécurité
alimentaire ;
- Promouvoir davantage l’organisation et la structuration des producteurs, des com-
merçants et des transformateurs ; ce qui devra à terme faciliter la diffusion des
bonnes pratiques de gestion de la production dans la chaîne post-récolte ;
- Subventionner les équipements et infrastructures adéquats de réduction des
pertes post-récolte et développer un crédit post-récolte ;
- Mettre en œuvre une véritable politique de désenclavement des zones de pro-
duction afin de faciliter l’écoulement de la production ;
- Renforcer les acteurs de la transformation sur les normes de qualité et l’adoption
de bonnes pratiques de transformation et de commercialisation des produits;
- Elaborer une politique de soutien à la micro entreprise de commercialisation et
de transformation des produits locaux ;
- Renforcer la promotion de la consommation des produits nationaux dans les can-
tines et dans les restaurants à travers des foires ;
- Promouvoir davantage la construction de magasins communautaires de stockage
pour réduire l’incapacité individuelle des acteurs dans le stockage des produits ;
- Introduire un module « pertes post-récolte » dans les enquêtes agricoles afin de
pallier au manque de données et faciliter leur prise en compte dans les politiques
et programmes nationaux de gestion de la sécurité alimentaire.
A l’endroit des organisations des producteurs, des commerçants et des trans-
formateurs, il s’agira de :
- Adopter les technologies innovantes vulgarisées par le pays afin de con-tribuer à
la réduction des pertes post-récolte ;
- Utiliser davantage les semences de variétés améliorées et veiller au respect des
itinéraires techniques et le calendrier agricole, afin que les récoltes n’engendrent
pas de pertes liées à la mauvaise période de récolte;
- Privilégier l’utilisation des engrais organiques qui favorisent la maturation et la
conservation de certains produits ;
- Développer une contractualisation du service de transport dans les zones de pro-
duction ;
- Eviter le transport mixte qui contribue à diminuer la qualité des produits affectant
aussi l’hygiène alimentaire des produits ;
148
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

- Utiliser des variétés adaptées qui tiennent compte de la destination finale du pro-
duit (cas de la transformation) afin de réduire les pertes liées à la mauvaise qualité
de la variété utilisée ;
- Appliquer les bonnes pratiques d’hygiène, de conservation, d’emballage et de
stockage des produits ;
- Respecter les normes de traitement phytosanitaire des produits vulgarisées par
les services techniques de l’agriculture et utiliser les produits de traitement ho-
mologués.
Recommandations pour le Sénégal
A l’endroit de l’Etat :
- Favoriser l’installation de magasins communautaires de stockage (pour les cé-
réales et les légumineuses) et renforcer les capacités des techniciens et des pro-
ducteurs en gestion des stocks de denrées alimentaires ;
- Promouvoir à travers des politiques incitatives, l’investissement dans l’amélioration
des procédés de transformation et l’utilisation des outils adaptés de transformation
(des céréales, des tubercules et de l’arachide notamment) ;
- Promouvoir la mise en place d’unités de transformation des produits ;
- Améliorer les infrastructures routières et les pistes rurales pour l’écoulement des
productions ;
- Capitaliser et diffuser les techniques de récolte, de stockage, de conservation et
de conditionnement des céréales et des légumineuses principalement;
- Promouvoir la démarche qualité des stocks chez les acteurs (formation sur les
bonnes pratiques de transformation) pour améliorer la nutrition à travers la qualité
des aliments ;
- Appuyer la réalisation d’une étude similaire prenant en compte le fonio où les
pertes post-récolte sont jugées importantes par les acteurs mais non encore éva-
luées au Sénégal.
A l’endroit des producteurs et des Organisation de producteurs
- Utiliser des infrastructures de stockage répondant aux normes pour les céréales
et les légumineuses;
- Adopter les bonnes pratiques de post-récolte sur tous les segments de la chaîne
post-récolte (récolte des cultures ; battage manuel et mécanique des céréales et
de l’arachide, manutention et transport des céréales, tubercules et légumineuses
; stockage, conservation et conditionnement des produits)
- Utiliser des sacs de conditionnement adéquats (sacs PICS, triple fond) ou des
fûts métalliques pour la conservation et le stockage des légumineuses, surtout
du niébé et des céréales de façon générale.
A l’endroit des commerçants et des transformateurs :
- Promouvoir l’installation d’unités de transformation équipées pour optimiser la
qualité des céréales et des légumineuses transformées ;
- Améliorer les pratiques de stockage et de conservation des céréales, des tuber-
cules et des légumineuses en utilisant des palettes à l’entreposage des produits ;
- Améliorer le système de transport des produits en adoptant d’abord un condition-
nement qui favorise une bonne manutention des produits, surtout pour les céréales
et les tubercules qui sont très peu stockés du fait de leur haute teneur en eau;

149
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

- Utiliser également des sacs de conditionnement adéquats (sacs PICS, triple fond)
pour la conservation et le stockage des légumineuses (niébé notamment) et des
céréales.
Recommandations pour le Ghana
La plupart des produits commercialisés par les commerçants ont été achetés auprès
des collecteurs et de certains producteurs avec des contrats de production/commer-
cialisation. En outre, la plupart des pertes chez les commerçants se produisent au
cours du transport et est le résultat de la dispersion des grains ou des blessures de la
peau des tubercules et racines. Les recommandations sont les suivantes :
A l’endroit de l’Etat :
- Développer et mettre en œuvre des modules de formation prenant en compte les
différents segments de la chaîne post-récolte (séchage, battage, vannage des
céréales, stockage, transformation des tubercules,) afin d'améliorer le niveau de
connaissances des producteurs dans ces domaines ;
- Sensibiliser les producteurs sur l’impact des pertes post-récolte et promouvoir les
bonnes pratiques de réduction des pertes post-récolte et de gestion des récoltes ;
- Encourager les commerçants à s’engager avec les producteurs dans des contrats
de production. En effet, un tel partenariat imposera aux producteurs de fournir
aux commerçants des produits de haute qualité répondant aux besoins du marché
; ce qui devra leur garantir un prix de vente rémunérateur et donc des revenus
plus conséquents ;
- Développer et promouvoir des techniques plus efficaces et efficientes de trans-
formation et de conditionnement des produits ;
- Promouvoir l’utilisation de sacs triple-fond dans le stockage de certaines produits
notamment les légumineuses;
- Mettre en œuvre une véritable politique d’investissement dans les techniques et
stratégies de réduction des pertes post-récolte au regard de leur impact sur l’éco-
nomie du pays.
A l’endroit des producteurs :
- Adopter de bonnes pratiques en matière de réduction des pertes post-récolte à
tous les segments de la chaîne post-récolte (notamment à la récolte) ;
- Etablir des relations de partenariat avec les autres acteurs tels que les commer-
çants pour permettre d’offrir des produits de haute qualité leur garantissant de
meilleurs prix de vente sur le marché.
A l’endroit des commerçants et des transformateurs :
- Etablir avec les producteurs des contrats de production et les normes de qualité
des produits répondant aux besoins du marché;
- Utiliser des moyens de transport plus appropriés et adaptés au produit pour ré-
duire les pertes liées à leur transport ;
- Utiliser des technologies plus efficaces et plus efficientes de transformation des
produits notamment les céréales et les tubercules pour réduire l’incidence des
pertes post-récolte ;
- Adopter des technologies plus efficaces d’épluchage des tubercules.

150
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

ANNEXE 2 : TABLEAUX DES ECHELLES VISUELLES AU GHANA

Tableau 1 : Echelle visuelle pour le niébé- Ghana

Scale Description % LossPicture

Grade 1 No insect seen during prolonged search, clean 0%


grain, no exit holes, no sticky powder on hand.

Grade 2 Few insects seen with prolonged search, clean 5.7%


grain, exit holes on very few grain, no sticky
powder on hand (insect infestation and quality
loss can still be observed by trained personal
or experienced warehouse manager).

Grade 3 Visible damage of insects, few insects can be 8.3%


noticed in grain sample, many exit holes, bro-
ken grains, stick powder on hand, infestation is
obvi-ous to the ordinary man.

Grade 4 Some proportion of rotten grains, numerous in-


sects detected crawling, sticky powder on
hand, smaller grains, mouldy grains. Grain
need to be consumed/ sold immediately.

Grade 5 Higher proportion of rotten grains, numerous


insects detected, dust at bottom, many smaller/
shriveled grain, mouldy grains insects can be
seen or heard, crawling insects on floor/walls
(This grade may no longer be fit for human
consumption and as animal feed).

151
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 2: Echelle visuelle pour le riz- Ghana

Scale Description % LossPicture

Grade 1 No insect seen during prolonged search, clean 0%


grain, no exit holes, no sticky powder on hand.

Grade 2 Few insects seen with prolonged search, clean 0.8%


grain, exit holes on very few grain, no sticky
powder on hand (insect infestation and quality
loss can still be observed by trained personal
or experienced warehouse manager).

Grade 3 Visible damage of insects, few insects can be 1.9%


noticed in grain sample, many exit holes, bro-
ken grains, stick powder on hand, infestation is
obvious to the ordi-nary man.

Grade 4 Some proportion of rotten grains, numerous in-


sects detected crawl-ing, sticky powder on
hand, small-er grains, mouldy grains. Grain
need to be consumed/ sold imme-diately.

152
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 3: Echelle visuelle pour le maïs- Ghana

Scale Description % LossPicture

Grade 1 No insect seen during prolonged search, clean 0%


grain, no exit holes, no sticky powder on hand.

Grade 2 Few insects seen with prolonged search, clean 2.3%


grain, exit holes on very few grain, no sticky
powder on hand (insect infestation and quality
loss can still be observed by trained personal
or experienced warehouse manager).

Grade 3 Visible damage of insects, few insects can be 13%


noticed in grain sample, many exit holes, bro-
ken grains, stick powder on hand, infestation is
obvious to the ordinary man.

153
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 4 : Echelle visuelle pour l’arachide- Ghana

Scale Description % Loss Picture

Grade 1 No insect seen during prolonged search, clean 0%


grain, no exit holes, no sticky powder on hand.

Grade 2 Few insects seen with prolonged search, clean 3.0%


grain, exit holes on very few grain, no sticky
powder on hand (insect infestation and quality
loss can still be observed by trained personal
or experienced warehouse manager).

Grade 3 Visible damage of insects, few insects can be 3.7%


noticed in grain sample, many exit holes, bro-
ken grains, stick powder on hand, infestation is
obvious to the ordinary man.

Grade 4 Some proportion of rotten grains, numerous in-


sects detected crawling, sticky powder on
hand, smaller grains, mouldy grains. Grain
need to be con-sumed/ sold immediately.

Grade 5 Higher proportion of rotten grains, numerous


insects detected, dust at bottom, many smaller/
shriveled grain, mouldy grains insects can be
seen or heard, crawling insects on floor/walls
(This grade may no longer be fit for human
consumption and as animal feed).

154
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

ANNEXE 3 : TABLEAUX COMPLEMENTAIRES


Tableau 5 : Synthèse des pertes post-récolte par segment et par groupe de produits chez les mé-
nages agricoles

Segment Céréales Légumineuses Tubercules

Burkina Sénégal Ghana BurkinaSénégal Ghana Burkina Sénégal* Ghana

Récolte 2,5% 3,2% 0,8% 1,3% 2,0% 2,4% 5,4% 3,3% 0,0%

Transport 1,7% 3,5% 0,4% 1,5% 0,2% 0,7% 0,0% 0,4% 0,0%

Séchage 1,3% 6,7% 1,7% 4,9% 7,8% 2,2% 0,0% 0,0% 2,5%

Battage/
Décorti- 1,6% 16,0% 2,1% 4,5% 15,8% 1,4%
cage

Vannage 0,8% 12,5% 1,2% 7,7% 9,7% 0,7% 0,0% 0,0%

Stockage 5,9% 6,9% 7,3% 14,4% 4,6% 5,1% 7,5% 21,9%

Transfor-
6,1% 11,2% 16,3% 21,2% 7,0% 17,8% 9,0% 5,3% 4,8%
mation

(*) Pour le Sénégal, les taux de perte des tubercules ne concernent en fait que le
manioc uniquement

Tableau 6 : Synthèse des pertes post-récolte par segment et par groupe de produits chez les com-
merçants

Segment Céréales Légumineuses Tubercules

Burkina Sénégal Ghana Burkina Sénégal Ghana Burkina Sénégal* Ghana

Transport 0,40% 1% 1,5% 1,8% 0,1% 2,1% 8,50% 7,9% 3,3%

Stockage 0,70% 2,8% 0% 13,9% 1% 0% 0,0% 4% 0,0%

(*)Pour le Sénégal, les taux de perte des tubercules ne concernent en fait que le
manioc uniquement

155
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 7 : Synthèse des pertes post-récolte par segment et par groupe de produits chez les trans-
formateurs

Segment Céréales Légumineuses Tubercules

Burkina Sénégal Ghana Burkina Sénégal Ghana Burkina Sénégal* Ghana

Stockage 2,1% 4% 2,9% 8,4% 13,0% 3,00% 0,2%

Transfo-
2,7% 1% 12,9% 8,3% 1,0% 4,8% 2,5% 37,4%
mation

Tableau 8: Répartition des pertes post-récolte cumulées selon le maillon- Burkina

Trans-
Battage/
Produits Récolte Transport Stockage Séchage Vannage forma-
Décorticage
tion
Sorgho 16,3% 5,8% 51,2% 10,5% 7,0% 9,3% 0,0%
Mil 26,0% 20,2% 36,5% 8,7% 2,9% 4,8% 1,0%
Mais 45,8% 8,3% 27,1% 4,2% 12,5% 2,1% 0,0%
Riz 44,3% 13,4% 5,2% 3,1% 22,7% 9,3% 2,1%
Céréales 27,6% 11,2 % 37,8% 8,0% 8,4% 6,6% 0,5%
Igname 61,3% 0,0% 38,8% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Tubercules 62,0% 0,0 % 38,0% 0,0%

Niébé 11,3% 4,9 % 41,3% 9,3% 11,7% 21,1% 0,4%


Arachide 18,0% 16,4 % 9,8% 13,1% 9,8% 19,7% 13,1%

Légumineuses 12,2% 6,3 % 37,3% 9,8% 11,5% 20,9% 2,0%

156
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 9: Répartition des pertes post-récolte cumulées selon les différentes phases du processus
de transformation où les pertes sont importantes- Burkina

Décorticage/
Produits Vannage Mouture Cuisson Séchage Autre
épluchage

Sorgho 0,0% 45,8% 5,9% 17,8% 10,9% 19,6%


Mil 0,0% 35,2% 64,8% 0,0% 0,0% 0,0%
Maïs 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Riz 85,9% 0,0% 0,0% 0,0% 14,1% 0,0%

Céréales 55,8% 13,0% 4,3% 4,5% 17,5% 4,9%

Igname 97,6% 0,0% 0,0% 0,0% 2,4% 0,0%


Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Tubercules 99,9% 0,0% 0,0% 0,0% 0,1% 0,0%


Niébé 65,2% 2,2% 32,6% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 29,6% 70,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Légumineuses 36,7% 56,7% 6,5% 0,0% 0,0% 0,0%

Tableau 10: Fréquence de préparation des plats consommés - Burkina

Une fois par


Tous les jours Tous les 2 jours Tous les 3 jours
semaine
Sorgho 95,0% 3,4% 0,8% 0,9%
Mil 79,5% 11,9% 3,0% 5,6%
Mais 91,2% 6,6% 0,2% 2,0%
Riz 12,5% 25,5% 44,1% 17,9%
Céréales 73,8% 10,3% 10,3% 5,6%
Igname 5,6% 47,2% 33,3% 13,9%
Manioc 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 5,6% 47,2% 33,3% 13,9%
Niébé 26,2% 0,0% 7,9% 65,9%
Arachide 0,2% 2,9% 14,0% 83,0%
Légumineuses 7,3% 2,1% 12,3% 78,3%

157
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 11 : Fréquence de préparation des repas contenant chacune des denrées- Sénégal
Une fois par
Tous les jours Tous les 2 jours Tous les 3 jours
semaine
Mil 96,6% 3,4% 0,0% 0,0%
Maïs 80,3% 16,7% 3,0% 0,0%
Riz 97,8% 2,2% 0,0% 0,0%
Sorgho 80,6% 19,4% 0,0% 0,0%
Céréales 88,8% 10,4% 0,8% 0,0%
Manioc 46,4% 25,0% 17,9% 10,7%
Tubercules 46,4% 25,0% 17,9% 10,7%
Niébé 95,2% 4,8% 0,0% 0,0%
Arachide 40,7% 20,4% 38,9% 0,0%
Légumineuses 68,0% 12,6% 19,5% 0,0%

Tableau 12 : Fréquence de préparation des repas contenant chacune des denrées- Ghana

Une fois par


Tous les jours Tous les 2 jours Tous les 3 jours
semaine
Mil 92,2% 5,9% 0,0% 0,0%
Maïs 51,4% 27,6% 21,0% 0,0%
Riz 50,0% 16,7% 25,0% 8,3%
Sorgho 91,7% 5,6% 0,0% 2,8%
Céréales 71,3% 14,0% 11,5% 2,8%
Manioc 31,9% 17,0% 44,7% 6,4%
Tubercules 60,0% 0,0% 40,0% 0,0%
Niébé 46,0% 8,5% 42,4% 3,2%
Arachide 96,3% 0,0% 3,7% 0,0%
Légumineuses 77,8% 11,1% 11,1% 0,0%

158
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 13: Période de l’année où la fréquence des repas jetés est-importante-Burkina


Pendant les
Produits A la récolte Jour ordinaire Autre
fêtes
Sorgho 69,1% 26,6% 0,6% 3,7%
Mil 73,5% 23,0% 0,0% 3,4%
Mais 50,9% 37,2% 0,4% 11,5%
Riz 28,9% 51,7% 0,0% 19,4%
Céréales 56,2% 34,3% 0,4% 9,1%
Igname 95,7% 4,3% 0,0% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 95,8% 4,2% 0,0% 0,0%
Niébé 76,7% 23,3% 0,0% 0,0%
Arachide 34,7% 65,3% 0,0% 0,0%
Légumineuses 52,5% 47,5% 0,0% 0,0%
Total 59,5% 32,1% 0,3% 8,0%

Tableau 14: Période de l’année où la fréquence des repas jetés est-importante- Sénégal
Pendant les
A la récolte Jour ordinaire Saison sèche
fêtes
Mil 37,2% 11,6% 11,6% 32,6%
Maïs 55,6% 44,4% 0,0% 0,0%
Riz 0,0% 0,0% 100,0% 0,0%
Sorgho 63,6% 0,0% 9,1% 27,3%
Céréales 39,1% 14,0% 30,2% 15,0%
Manioc 66,7% 11,1% 22,2% 0,0%
Tubercules 66,7% 11,1% 22,2% 0,0%
Niébé 13,2% 34,2% 50,0% 0,0%
Arachide 30,8% 30,8% 30,8% 0,0%
Légumineuses 22,0% 32,5% 40,4% 0,0%

159
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 15: Période de l’année où la fréquence des repas jetés est-importante-Ghana

Pendant les
Produits A la récolte Jour ordinaire Autre
fêtes
Sorgho 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Mil 88,6% 0,0% 8,6% 2,9%
Mais 96,0% 2,0% 0,0% 2,0%
Riz 77,8% 11,1% 11,1% 0,0%
Céréales 90,6% 3,3% 4,9% 1,2%
Igname 90,0% 0,0% 0,0% 10,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 95,0% 0,0% 0,0% 5,0%
Niébé 25,0% 0,0% 75,0% 0,0%
Arachide 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 12,5% 0,0% 37,5% 0,0%
Total 90,6% 3,3% 4,9% 1,2%

Tableau 16: Répartition des ménages selon la cause principale du gaspillage de la nourriture- Bur-
kina
Problème de
Qualité du
gestion des Saisonnalité Autre
produit jeté
denrées
Sorgho 81,4% 3,7% 14,6% 0,3%
Mil 91,8% 0,0% 6,8% 1,4%
Mais 81,0% 10,8% 4,5% 3,7%
Riz 81,1% 5,9% 4,3% 8,7%
Céréales 82,1% 6,4% 8,1% 3,4%
Igname 91,7% 8,3% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 100,0% 0,0%
Tubercules 89,3% 8,1% 2,5% 0,0%
Niébé 81,3% 18,7% 0,0% 0,0%
Arachide 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 91,5% 8,5% 0,0% 0,0%
Total 83,0% 6,6% 7,4% 3,0%

160
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 17: Répartition des ménages selon la cause principale du gaspillage de la nourriture- Sénégal

Problème de
Qualité du
gestion des Saisonnalité Imprévues
produit jeté
denrées
Mil 86,4% 13,6% 0,0% 0,0%
Maïs 66,7% 22,2% 11,1% 0,0%
Riz 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 81,8% 9,1% 9,1% 0,0%
Céréales 83,7% 11,2% 5,1% 0,0%
Manioc 88,9% 11,1% 0,0% 0,0%
Tubercules 88,9% 11,1% 0,0% 0,0%
Niébé 63,2% 31,6% 2,6% 2,6%
Arachide 84,6% 0,0% 15,4% 0,0%
Légumineuses 73,9% 15,8% 9,0% 1,3%

Tableau 18 : Opinions des ménages sur les causes principales des pertes à la récolte chez les
ménages agricoles- Burkina
Forme du
Récolte Récolte Méthode de
produit Autre
anticipée tardive récolte
récolté
Sorgho 42,9% 18,9% 35,9% 0,1% 2,2%
Mil 22,8% 16,8% 48,3% 8,6% 3,5%
Mais 6,1% 22,5% 71,1% 0,2% 0,1%
Riz 5,5% 10,0% 84,2% 0,3% 0,0%
Céréales 20,6% 18,1% 59,0% 1,1% 1,2%
Igname 8,8% 0,0% 88,3% 2,9% 0,0%
Manioc 15,0% 43,7% 30,8% 7,4% 3,1%
Tubercules 12,1% 23,6% 57,2% 5,3% 1,7%
Niébé 3,5% 20,8% 72,5% 2,0% 1,3%
Arachide 77,6% 15,3% 7,1% 0,0% 0,0%

Légumineuses 61,8% 16,5% 21,1% 0,4% 0,3%

Total 27,3% 18,4% 51,7% 1,5% 1,1%

161
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 19: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées à la récolte chez les ménages
agricoles- Sénégal

Forme du
Récolte Récolte Méthode de
produit Autres
anticipée tardive récolte
récolté
Mil 1,8% 22,5% 54,1% 2,7% 18,9%
Maïs 47,6% 31,7% 20,6% 0,0% 0,0%
Riz 33,3% 66,7% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 2,9% 38,2% 44,1% 8,8% 5,9%
Céréales 21,4% 39,8% 29,7% 2,9% 6,2%
Manioc 12,5% 21,9% 46,9% 15,6% 3,1%
Tubercules 12,5% 21,9% 46,9% 15,6% 3,1%
Niébé 28,6% 47,6% 23,8% 0,0% 0,0%
Arachide 10,0% 20,0% 47,5% 12,5% 10,0%

Légumineuses 19% 34% 36% 6% 5%

Tableau 20 : Opinions des ménages sur les causes des pertes liées à la récolte chez les ménages
agricoles-Ghana
Forme du
Récolte Récolte Méthode de
produit Autre
anticipée tardive récolte
récolté
Mil 5,7% 54,3% 37,1% 0,0% 2,9%
Maïs 1,3% 17,5% 77,3% 1,3% 2,6%
Riz 0,0% 43,8% 37,5% 12,5% 6,3%
Sorgho 3,6% 67,9% 14,3% 7,1% 7,1%
Céréales 2,7% 45,9% 41,6% 5,2% 4,7%
Igname 0,0% 5,6% 91,7% 2,8% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 2,8% 95,9% 1,4% 0,0%
Niébé 9,1% 81,8% 9,1% 0,0% 0,0%
Arachide 11,1% 44,4% 44,4% 0,0% 0,0%

Légumineuses 10,1% 63,1% 26,8% 0,0% 0,0%

Total 4,3% 37,3% 54,7% 2,2% 1,6%

162
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 21: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées au transport- Burkina
Moyen de Méthode Forme du
Non
transport liée à la produit Autre
conditionnement
utilisé manutention transporté
Sorgho 36,6% 13,7% 48,1% 0,4% 1,2%
Mil 34,9% 28,1% 28,1% 5,8% 3,1%
Mais 52,1% 36,2% 2,6% 2,8% 6,3%
Riz 62,4% 0,0% 36,2% 0,0% 1,4%
Céréales 44,3% 25,0% 24,8% 2,1% 3,7%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 97,4% 1,7% 0,9% 0,0% 0,0%
Arachide 75,5% 12,1% 1,5% 10,9% 0,0%

Légumineuses 89,8% 5,3% 1,1% 3,8% 0,0%

Total 48,8% 23,1% 22,5% 2,3% 3,4%

Tableau 22: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées au transport-Sénégal

Moyen de Forme du sac en


Méthode liée à Non
transport produit mauvais Autre
la manutention conditionnement
utilisé transporté état

Mil 74,4% 17,9% 0,0% 2,6% 0,0% 5,1%


Maïs 80,9% 12,8% 2,1% 4,3% 0,0% 0,0%

Riz 50,0% 45,8% 0,0% 0,0% 4,2% 0,0%

Sorgho 27,3% 36,4% 18,2% 18,2% 0,0% 0,0%

Céréales 58,1% 28,2% 5,1% 6,3% 1,0% 1,3%


Manioc 9,1% 31,8% 27,3% 31,8% 0,0% 0,0%

Tubercules 9,1% 31,8% 27,3% 31,8% 0,0% 0,0%

Niébé 57,1% 28,6% 14,3% 0,0% 0,0% 0,0%


Arachide 57,1% 42,9% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Légumineuses 57,1% 35,7% 7,1% 0,0% 0,0% 0,0%

Total 41,4% 31,9% 13,2% 12,7% 0,3% 0,4%

163
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 23: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées au transport-Ghana

Forme du
Moyen de Méthode liée à Non
produit
transport utilisé la manutention conditionnement
transporté
Mil 72,7% 27,3% 0,0% 0,0%
Maïs 60,4% 39,6% 0,0% 0,0%
Riz 80,0% 20,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 37,0% 63,0% 0,0% 0,0%
Céréales 62,5% 37,5% 0,0% 0,0%
Igname 52,5% 47,5% 0,0% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 76,3% 23,8% 0,0% 0,0%
Niébé 27,3% 68,2% 4,5% 0,0%
Arachide 57,1% 42,9% 0,0% 0,0%
Légumineuses 42,2% 55,6% 2,3% 0,0%
Total 60,3% 38,9% 0,8% 0,0%

Tableau 24: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes au niveau du séchage-
Burkina

Technique de Absence d'aire de


Autre
séchage utilisée séchage
Sorgho 91,7% 5,3% 3,0%
Mil 94,2% 5,8% 0,0%
Mais 17,7% 74,0% 8,3%
Riz 37,9% 51,7% 10,3%
Céréales 56,0% 36,4% 7,5%
Niébé 80,5% 19,5% 0,0%
Arachide 100,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 98,3% 1,7% 0,0%
Total 74,4% 21,3% 4,3%

164
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 25: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes au niveau du séchage-
Sénégal

Technique de Absence d'aire


Bétail Autre
séchage utilisée de séchage
Mil 90,6% 3,1% 0,0% 6,3%
Maïs 77,3% 22,7% 0,0% 0,0%
Riz 50,0% 20,0% 0,0% 30,0%
Sorgho 75,0% 25,0% 0,0% 0,0%
Céréales 73,2% 17,7% 0,0% 9,1%
Manioc
Tubercules
Niébé 85,2% 7,4% 0,0% 7,4%
Arachide 80,0% 5,0% 10,0% 5,0%
Légumineuses 82,6% 6,2% 5,0% 6,2%
Total 77,9% 12,0% 2,5% 7,7%

Tableau 26: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes au niveau du séchage-
Ghana
Technique de
Oiseaux/animaux Autre
séchage utilisée
Mil 17,1% 82,9% 0,0%
Maïs 37,1% 60,0% 2,9%
Riz 40,0% 60,0% 0,0%
Sorgho 9,4% 90,6% 0,0%
Céréales 25,9% 73,4% 0,7%
Igname
Manioc
Tubercules
Niébé 4,2% 91,7% 4,2%
Arachide 40,0% 60,0% 0,0%
Légumineuses 22,1% 75,9% 2,1%
Total 24,0% 74,6% 1,4%

165
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 27: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
consommation-Burkina

Technique de Qualité du Qualité du


Période de
stockage produit traitement du Autre
stockage
utilisée stocké stock
Sorgho 77,8% 1,7% 3,1% 15,9% 1,5%
Mil 88,7% 0,0% 3,9% 3,2% 4,2%
Mais 71,3% 15,8% 5,9% 2,7% 4,2%
Riz 17,6% 73,5% 0,0% 0,0% 8,8%
Céréales 44,8% 42,3% 1,8% 5,2% 5,9%
Igname 91,7% 8,3% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 84,4% 15,6% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 73,2% 3,0% 5,4% 18,3% 0,0%
Arachide 25,7% 6,9% 48,4% 19,1% 0,0%

Légumineuses 30,7% 6,5% 43,9% 19,0% 0,0%

Total 45,9% 27,3% 14,7% 8,8% 3,2%

Tableau 28: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
consommation-Sénégal

Tech-
Qualité tech-
nique Qualité lieu retard
Période du nique
de du ron- de du
de traite- de Autre
stock- produit geur stocka traite-
stockage ment bat-
age stocké ge ment
du stock teuse
utilisée
Mil 55,8% 1,2% 4,7% 2,3% 0,0% 3,5% 1,2% 1,2% 30,2%
Maïs 91,7% 0,0% 0,0% 4,2% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 4,2%
Riz 70,0% 3,3% 6,7% 0,0% 13,3% 0,0% 0,0% 0,0% 6,7%
Sorgho 42,9% 28,6% 9,5% 9,5% 0,0% 4,8% 0,0% 0,0% 4,8%
Céréales 65,1% 8,3% 5,2% 4,0% 3,3% 2,1% 0,3% 0,3% 11,5%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 67,6% 11,8% 5,9% 14,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 34,3% 34,3% 2,9% 5,7% 0,0% 0,0% 2,9% 2,9% 17,1%
Légumineuses 51,0% 23,0% 4,4% 10,2% 0,0% 0,0% 1,4% 1,4% 8,6%

166
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 29: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
consommation-Ghana

Technique Qualité du Qualité du


Période de
de stockage produit traitement du Autre
stockage
utilisée stocké stock
Mil 61,2% 10,2% 8,2% 20,4% 0,0%
Maïs 13,4% 59,8% 7,1% 15,0% 4,7%
Riz 50,0% 22,2% 16,7% 11,1% 0,0%
Sorgho 44,4% 33,3% 11,1% 11,1% 0,0%
Céréales 42,3% 31,4% 10,8% 14,4% 1,2%
Igname 3,4% 86,2% 3,4% 6,9% 0,0%
Manioc 0,0% 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 1,7% 93,1% 1,7% 3,4% 0,0%
Niébé 42,9% 46,4% 7,1% 3,6% 0,0%
Arachide 28,6% 28,6% 14,3% 14,3% 14,3%
Légumineuses 35,7% 37,5% 10,7% 8,9% 7,1%
Total 29,5% 46,8% 8,1% 13,2% 2,4%

Tableau 30 : Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
vente-Burkina

Technique de Période de Qualité du


Autre
stockage utilisée stockage produit stocké

Sorgho 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%


Mil 83,9% 4,9% 0,0% 11,2%
Mais 94,0% 3,0% 1,5% 1,5%
Riz 50,0% 50,0% 0,0% 0,0%
Céréales 71,1% 25,9% 0,4% 2,6%
Igname 91,7% 5,6% 2,8% 0,0%
Manioc 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 88,6% 8,7% 2,7% 0,0%
Niébé 76,5% 0,0% 23,5% 0,0%
Arachide 43,7% 13,8% 42,5% 0,0%
Légumineuses 45,1% 13,2% 41,7% 0,0%
Total 64,4% 15,0% 19,9% 0,6%

167
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 31: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
vente-Sénégal

tech-
nique de
Technique Qualité stockage
Période
de du Aucune produit utilisé et
de rongeur Autre
stockage produit vente utilisé qualité
utilisée stockage stocké du
produit
stocké
Mil 47,1% 0,0% 11,8% 5,9% 0,0% 0,0% 23,5% 11,8%

Maïs 92,9% 7,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Riz 85,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 14,3% 0,0% 0,0%

Sorgho 33,3% 33,3% 33,3% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Céréales 64,7% 10,1% 11,3% 1,5% 0,0% 3,6% 5,9% 2,9%

Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Niébé 85,7% 8,6% 0,0% 2,9% 2,9% 0,0% 0,0% 0,0%

Arachide 75,0% 25,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%

Légumineuses 80,4% 16,8% 0,0% 1,4% 1,4% 0,0% 0,0% 0,0%

168
Burkina Faso, Ghana et Sénégal

Tableau 32: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
vente-Ghana

Technique de Période de Qualité du


Autre
stockage utilisée stockage produit stocké

Mil 88,2% 5,9% 0,0% 5,9%


Maïs 37,8% 54,1% 1,0% 7,1%
Riz 72,7% 9,1% 18,2% 0,0%
Sorgho 50,0% 19,2% 23,1% 7,7%
Céréales 62,2% 22,1% 10,6% 5,2%
Igname 3,0% 97,0% 0,0% 0,0%
Manioc 50,0% 50,0% 0,0% 0,0%
Tuber-cules 26,5% 73,5% 0,0% 0,0%
Niébé 35,0% 60,0% 5,0% 0,0%
Arachide 28,6% 14,3% 0,0% 57,1%
Légumineuses 31,8% 37,1% 2,5% 28,6%
Total 39,3% 49,5% 4,7% 6,5%

169

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