Rapport Synthese PPR SA
Rapport Synthese PPR SA
net/publication/309812905
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INSTITUT DU SAHEL
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RAPPORT DE SYNTHESE
Equipe éditoriale
Directeur des Publications : Prof. Antoine N. SOME
Mise en page : Unité Communication, Information et Documentation
Etudes & Recherches Saheliennes
Publication
Institut du Sahel (INSAH)
B.P:1530, Bamako, Mali
Tél: (223) 20 22 47 06 • Fax: (223) 20 22 78 31 N°: 27
Email: administration@[Link]
Site Web: [Link] ISSN 10286535
Institut du Sahel (INSAH)
Création : 11 septembre1976
Vision “Contribuer à assurer l’accès de tous les sahéliens, à tout moment, aux aliments
nécessaires pour mener une vie saine et active à l’horizon 2015”
Mission “Favoriser et faciliter les échanges entre les systèmes nationaux qui interviennent
dans le domaine de la recherche (agricole et population développement) pour impulser
une dynamique de coopération et proposer des actions catalytiques soutenant une agri-
culture productive et une meilleure gestion des ressources naturelles en vue de créer les
conditions d’une production durable et compétitive”
Département Etudes et Recherches sur les Intrants Agricoles et les Réglementations (DRIAR)
Division 1 : Réglementation phytosanitaire et protection intégrée des végétaux
Division 2 : Semences, Biosécurité et Propriété Intellectuelle
Division 3 : Systèmes de production durable et Réglementation des Engrais
RAPPORT DE SYNTHESE
Elaboré par :
Martin Sibiri LOADA, Sibiri Jean OUEDRAOGO,
Amadou Demba DIOP, Sheick Khalil SANGARE,
Sylvain Nafiba OUEDRAOGO
Cette étude a été financée par l’Union Européenne dans le cadre du Food Security
Thematic Programme (FSTP Volet2): convention de financement UE N° REG/DCI-FOOD/200921055
Août 2015
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
PREFACE
Les pertes post-récoltes constituent un challenge pour la sécurité alimentaire et nutri-
tionnelle tout comme pour l’économie agricole de la région Ouest africaine. Elles
constituent ainsi un manque à gagner sur les ressources et autres intrants investis
pour la production notamment les engrais, l’eau, l’énergie, etc.
Appréhender l’ampleur des pertes post-récolte ainsi que leur répercussion sur la dis-
ponibilité de la production alimentaire reste donc une problématique majeure pour ren-
seigner l’analyse de la vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle et partant renforcer les
instruments régionaux de prévention et de prévision de la Sécurité Alimentaire et la
Nutrition (SAN) notamment : (i) les ménages qui n’arrivent pas à couvrir leurs besoins
alimentaires de base à partir de leur seule production et (ii) la réduction des dépenses
sur les facteurs de production sans retour sur investissement. Le manque d’information
fiable spécifique sur les pays de l’espace CILSS-CEDEAO s’avère un déficit qu’il faille
combler en vue d’améliorer la connaissance sur les principaux facteurs des pertes et
leur quantification. Ceci dans la perspective de formuler des recommandations spéci-
fiques aux décideurs pour des actions de réduction des pertes post récolte ou d’atté-
nuation de leurs effets ; toute chose qui contribuera à relever les défis de la sécurité
alimentaire et nutritionnelle.
C’est dans ce contexte et afin de répondre à l’ambition clairement affichée par les Chefs
d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, dans la Déclaration de Malabo portant
sur la croissance accélérée de l’agriculture, d’une réduction de moitié des niveaux ac-
tuels de pertes post-récolte d’ici 2025, que l’Institut du Sahel (INSAH), grâce à un appui
financier de l’Union Européenne (FSTP V2), a réalisé une étude portant sur l’évaluation
des pertes post-récolte auprès des principaux acteurs de la chaine post-récolte que
sont les producteurs, les commerçants, les transformateurs et les institutions impliquées
dans le stockage des produits au Burkina Faso, au Ghana et au Sénégal. Cette étude
a été conduite en étroite collaboration avec les Systèmes Nationaux de Recherches
Agricoles (SNRA) des trois pays.
Les résultats engrangés viennent ainsi combler ce déficit d’information. Ils permettent
de quantifier l’ampleur des pertes à travers des évaluations de terrain. Ils informent sur
les facteurs clés des pertes et leurs paramètres explicatifs, et leur niveau de contribution
dans les pertes post-récolte. Ils mettent enfin, à la disposition de ces 3 pays des données
fiables et spécifiques à chacun pour une estimation suffisamment précise du disponible
alimentaire et de risques nutritionnels. A nos partenaires d’accompagner la sous-région
pour que chaque pays membre du CILSS et de la CEDEAO dispose annuellement des
valeurs propres et réelles de chaque pays pour renseigner les instruments nationaux et
régionaux d’évaluation du disponible alimentaire de la sous-région.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
colte. Par conséquent, je tiens à remercier tous les spécialistes des 3 pays, Messieurs
GUISSOU Richard du Burkina Faso, BIDZAKIN K. John du Ghana, TOURE Katim du
Sénégal et Monsieur LOADA Sibiri Martin, consultant régional, pour leur participation
à l’évaluation des pertes post-récolte et aux rapportages.
Cette synthèse a été validée au cours d’un atelier qui a regroupé une trentaine de par-
ticipants provenant des institutions spécialisées du niveau national, sous régional et
international. Au nom de l’Institut du Sahel, qu’ils en soient tous remerciés pour leur
contribution qui a permis de produire le présent document.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
I. CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE.........................................................................18
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
5.1. Perception des ménages sur les pertes alimentaires aux différentes
opérations post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana............107
5.2. Evaluation des niveaux de pertes alimentaires post-récolte au
Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana......................................................110
5.2.1. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des ménages au Burkina Faso,
au Sénégal et au Ghana..........................................................................110
5.2.2. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des transformateurs du Burkina Faso,
du Sénégal et du Ghana..........................................................................114
5.2.3. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte des commerçants du Burkina Faso,
6
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
du Sénégal et du Ghana..........................................................................117
5.2.4. Analyse de la consommation et du gaspillage alimentaires chez
les ménages agricoles du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana........120
5.2.5. Niveau des pertes alimentaires poste-récolte estimé aux différents
stades de la chaîne post-récolte chez les Institutions............................122
5.3. Analyse de la situation globale des pertes post-récolte et ses impacts sur
l’économie et la sécurité alimentaire des ménages du Burkina Faso,
du Sénégal et du Ghana...............................................................................123
5.4. Analyse des causes principales des pertes post-récolte
au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana...................................................134
5.4.1. Causes des pertes chez les ménages agricoles......................................134
5.4.2. Causes des pertes post-récolte chez les commerçants
et les transformateurs.......................................................................................136
5.4.3. Causes des pertes post-récolte chez les autres acteurs : Institutions
et Organisations de producteurs.............................................................137
5.5. Conséquences des pertes post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et
au Ghana.......................................................................................................137
5.6. Contraintes et propositions techniques des acteurs pour la réduction des pertes
post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana..............................................138
CONCLUSION...........................................................................................................140
RECOMMANDATIONS...............................................................................................142
BIBLIOGRAPHIE.........................................................................................................146
ANNEXES..................................................................................................................148
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SIGLES ET ABBREVIATIONS
ACF Action Contre la Faim
AGIR Alliance Globale pour la Résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest
AGRA Alliance for a Green Revolution
APHLIS African Post-Harvest Losses Information System
CAADP Comprehensive Africa Agriculture Development Program
CEDEAO Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
CILSS Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sècheresse au Sahel
CPSA Comité de Prévision de la Sécurité Alimentaire
CSAO Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest
DAPSA Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles
DDMPA Direction du Développement des Marchés des Produits Agricoles
DGESS Direction Générale des Etudes et des Statistiques Sectorielles
DGFOMR Direction Générale du Foncier, de la Formation et de l’Organisation du
Monde Rural
DGPER Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale
DGPV Direction Générale des Productions Végétales
DPVC Direction de la Protection des Végétaux et du Conditionnement
DTAN Direction de la Transformation, de l’alimentation, de la promo-tion des
Normes et de la qualité nutritionnelle des produits agricoles
ENSA Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture
EPA Enquête Permanente Agricole
FAO Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
FASDEP Food and Agriculture Sector Development Policy
GAFSP Cadre du Programme Mondial pour l’Agriculture et la Sécurité
Alimentaire
GSGDA II Ghana Shared Growth and Development Agenda
IAP Instrument Automatisé de Prévision
IDH Indice de Développement Humain
INERA Institut de l'Environnement et de Recherches agricoles
INSAH Institut du Sahel
INSD Institut National de la Statistique et de la Démographie
METASIP Medium Term Agriculture Sector Investment Plan
MOFA Ministry of Food and Agriculture
NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation Non Gouvernementale
OP Organisation Paysanne
PAM Programme Alimentaire Mondial
PASA Projet d’Appui à la Sécurité Alimentaire
PIB Produit Intérieur Brut
PNIA Programme National d’Investissement Agricole
PNSAN Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
PNSR Programme National du Secteur Rural
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RESUME EXECUTIF
L’étude sur «pertes post-récolte et sécurité alimentaire dans trois pays du Sahel et de
l’Afrique de l’Ouest: Burkina Faso, Ghana et Sénégal» qui est une initiative de l’Institut
du Sahel (INSAH/CILSS), avait pour objectif d’évaluer les pertes post-récolte et leurs
effets sur la sécurité alimentaire des ménages et l’économie des pays de l’espace
CILSS-CEDEAO.
Méthodologie
La méthodologie qui a été adoptée pour l’estimation des pertes post-récolte aux
maillons de la chaîne alimentaire a combiné l’enquête par questionnaire auprès des
principaux acteurs concernés (ménages agricoles, commerçants, transformateurs, et
Institutions et Organisations de Producteurs) à la méthode de « l’échelle visuelle ».
La taille de l’échantillon des ménages agricoles a été estimée en suivant les méthodes
statistiques utilisées pour l’estimation des proportions. L’échantillon constitué était un
sous-échantillon des enquêtes statistiques agricoles des pays concernés par l’étude.
La répartition de l’échantillon a été faite selon les zones agro-écologiques et les prin-
cipales zones de production de chaque spéculation concernée par l’étude (céréales :
sorgho, mil, maïs et riz ; légumineuses : arachide et niébé ; tubercules : igname, ma-
nioc). Pour assurer une significativité des résultats au niveau national, le nombre de
ménages à enquêter a été fixé à 445 au Burkina Faso et au Sénégal, et à 414 au
Ghana. La taille de l’échantillon des autres acteurs (commerçants, transformateurs,
organisations de producteurs et Institutions) a été définie de façon à assurer une re-
présentativité de la typologie des différents acteurs tout en tenant compte des res-
sources disponibles (humaines, financières et techniques). Le nombre de
commerçants ainsi que de transformateurs à enquêter était de 120 au Burkina Faso,
84 au Sénégal et 107 au Ghana.
Principaux résultats
Les résultats de l’étude indiquent que la plupart des opérations post-récolte chez les
ménages agricoles des pays étudiés sont manuelles ou peu mécanisées. On note ce-
pendant une forte mécanisation de la récolte de l’arachide au Sénégal. Les récoltes
subissent en général un séchage supplémentaire sur des aires de séchage notamment
au Ghana et au Sénégal pour certaines cultures comme le riz et l’arachide. Cette activité
est réalisée directement sur le sol nu sans support par la plupart des ménages du Bur-
kina. Les opérations de battage/décorticage sont pour la plupart manuelles. L’utilisation
de décortiqueuses mécaniques est fréquente chez les producteurs d'arachide et de
maïs notamment au Burkina Faso et les producteurs de céréales (sauf le sorgho) au
Sénégal. Quant aux opérations de vannage, elles sont intimement liées au battage et
sont faites de la même façon : sur le sol sans moyen de recueillir les graines qui tom-
beraient au sol sauf au Ghana et au Sénégal dans une moindre mesure pour le cas du
riz. En matière de stockage, les récoltes sont stockées soit en l’état avec les tiges (pa-
nicules ou en épis notamment pour les céréales au Burkina) soit sous forme de graines
après battage (cas au Sénégal et au Ghana). Les principales infrastructures utilisées
sont les greniers en terre ou en paille, les entrepôts ou les magasins.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Selon la perception des ménages agricoles, les pertes post-récolte sont enregistrées
essentiellement pendant la phase de récolte dans les trois pays étudiés. Viennent en-
suite la phase décorticage/vannage au Sénégal et au Burkina (pour le riz et le niébé
notamment) et la phase stockage au Ghana pour les céréales notamment.
Les résultats quantitatifs obtenus montrent que les pertes totales cumulées de la pro-
duction qui ont été estimées, varient selon les produits et les pays : Burkina Faso 6,6%
pour les céréales, 7,1% des tubercules et 8,2% pour les légumineuses ; Sénégal 8,1%
; 3,5% et 1,8% respectivement pour les céréales, les tubercules et les légumineuses;
Ghana 22,5% (céréales), 7,3% (tubercules) et 25,2% (légumineuses).
Ces taux de pertes cumulées obtenus sont différents de ceux utilisés actuellement
pour l’établissement des bilans alimentaires et céréaliers d’où la nécessité d’engager
les réflexions pour la mise à jour de ces derniers paramètres.
L’impact de ces pertes sur le plan financier et la sécurité alimentaire a été estimé. En
terme financier, les pertes sont estimées à plus de 90 milliards de FCFA au Burkina
(soit 1,4% du PIB total et 3,8% du PIB agricole), environ 24,6 milliards de francs CFA
au Sénégal (soit 0,3% du PIB total et 2% du PIB agricole) et 306 milliards de francs
CFA au Ghana (soit 1,3% du PIB total et 5,9% du PIB agricole du pays). La perte fi-
nancière totale est de 422 milliards environ pour ces trois pays.
Les pertes en céréales sont susceptibles de couvrir les besoins céréaliers de 2 275
000 personnes (soit 189 600 ménages) au Burkina Faso, 500 000 personnes (cor-
respondant à plus de 42 000 ménages) au Sénégal et 3 550 000 personnes (soit en-
viron 323 000 ménages) au Ghana.
Les pertes de revenus par ménage sont estimées en moyenne à 77 000 FCFA au Bur-
kina Faso (soit 71% du revenu des ménages pauvres), 42 000 FCFA au Sénégal et
152 000 FCFA au Ghana (soit 49% du revenu des ménages).
Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font essentiellement
aux périodes de récolte et également aux périodes de fête. La saisonnalité des produits
comme les tubercules très périssables est également un facteur de gaspillage des
repas préparés à base de tubercules. Les techniques de récolte et de transformation
utilisées, la méconnaissance des périodes propices à la récolte, l’inadaptation des
moyens de transport utilisés, les mauvaises méthodes de manutention, l’absence
d’aire de séchage sont les principales causes des pertes qui ont été identifiées.
Principales recommandations :
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
diffusion et la mise à jour des paramètres utilisés dans l’élaboration des bilans alimen-
taires et céréaliers ; (iii) l’extension de l’étude à tous les pays du Sahel et de l’Afrique
de l’Ouest ; (iv) le développement, la promotion et l’application des technologies de
gestion des pertes post-récolte à travers une capitalisation des bonnes pratiques ; (v)
et la sensibilisation de l’ensemble des acteurs sur la problématique des pertes post-
récolte et la promotion de l’utilisation des techniques et des stratégies appropriées de
réduction des pertes.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
I. CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE
Les progrès dans la lutte contre la faim dans le monde se poursuivent mais force est
de constater que le nombre de personnes qui sont privées de la nourriture dont elles
ont besoin pour mener une vie saine et active reste inacceptable. On estime qu’environ
805 millions de personnes étaient en situation de sous-alimentation chronique en 2012-
2014, soit une diminution de plus de 100 millions de personnes sur la dernière décennie,
et 209 millions de personnes de moins qu’en 1990-1992 (FAO, 2014). Même si la si-
tuation s’est améliorée à l’échelle du monde en développement dans son ensemble, la
région de l’Afrique subsaharienne ne progresse pas assez par rapport aux Objectifs du
Millénaire pour le Développement concernant la faim, où plus d’une personne sur qua-
tre est toujours sous-alimentée (la prévalence la plus forte dans le monde). Toutefois,
la prévalence de la sous-alimentation dans cette région du monde est passée de 33,3
% en 1990-1992 à 23,8 % en 2012-2014. La volonté politique croissante de favoriser
la sécurité alimentaire en Afrique a donné des résultats concrets mais il faut redoubler
d’efforts pour atteindre les objectifs définis au niveau international. Cette volonté a été
renouvelée en Juin 2014, lors du Sommet de l’Union africaine, tenu à Malabo (Guinée
équatoriale), où les chefs d’État africains se sont engagés à éradiquer la faim du conti-
nent d’ici à 2025.
S’agissant des pertes de produits alimentaires après les récoltes, elles constituent l’une
des principales causes de la sous-alimentation des populations. En effet, selon la
Banque Mondiale (2011), des volumes importants de grains sont perdus après les ré-
coltes dans les pays en développement, toutes choses qui aggravent la faim. Selon les
données fournies par l’African Postharvest Losses Information System (APHLIS), les
pertes physiques de grains avant la transformation sont comprises entre 10 à 20% des
productions (Banque Mondiale, 2011). Comme le souligne la Banque Mondiale (2011),
en plus des pertes de volumes, une baisse de qualité peut conduire à des pertes d’op-
portunités de marché et de valeur nutritionnelle. Par la réduction de la qualité et de la
quantité disponible, les pertes alimentaires contribuent à une hausse des prix par le fait
qu’elles retirent du marché une part des apports alimentaires.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Cet ensemble d’arguments pèse donc sur l’agriculture astreinte à augmenter ses pro-
ductions alors que la réduction des pertes post récolte en est une partie des solutions.
Les auteurs de cette étude ont conclu sur un déficit d’information en particulier dans les
pays en développement notamment l’Afrique de l’Ouest (INSAH, 2014). Ce manque d’in-
formation spécifique sur les pays de l’espace CILSS-CEDEAO est un déficit qu’il faille
combler en vue d’améliorer la connaissance des principaux facteurs de pertes et leur
quantification dans la perspective de formuler des recommandations spécifiques aux
décideurs pour des actions de réduction des pertes post-récolte ou d’atténuation de leurs
effets ; toute chose qui contribuera à relever les défis de la sécurité alimentaire.
C’est dans ce contexte que l’Institut du Sahel (INSAH), avec l’appui financier de l’Union
Européenne dans le cadre de son programme Food Security Thematic Program 2
(FSTP2) a initié la présente étude afin d’évaluer les pertes post-récolte et leurs effets
sur la sécurité alimentaire des ménages et l’économie des pays de l’espace CILSS-
CEDEAO (Burkina Faso, Sénégal et Ghana). Il s’agissait de façon plus spécifique : (i)
d’identifier et hiérarchiser les causes principales des pertes post-récolte ; (ii) d’estimer
le niveau des pertes à chacune des phases du processus de récolte/ transport/
stockage/ transformation/consommation ; (iii) d’identifier les conséquences socio-éco-
nomiques, alimentaires et environnementaux de ces pertes ; (iv) de proposer des mé-
canismes de réduction des pertes post-récolte ; (v) de faire une analyse globale de la
situation des pertes post-récolte dans trois pays de la région du Sahel et de l’Afrique
de l’Ouest ; (vi) et de formuler des recommandations ou identifier les domaines priori-
taires d’intervention.
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PREMIERE PARTIE :
PRESENTATION DU CADRE GENERAL DE L’ETUDE ET
ETAT DES CONNAISSANCES SUR LES METHODES
D’ESTIMATION DES PERTES POST-RECOLTE
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Le Burkina Faso s’étend sur une superficie de 274 000 km2. Du point de vue adminis-
tratif, le pays est subdivisé en 13 régions, 45 provinces et 351 communes dont 302
communes rurales.
Quant au Ghana, comme l’indique le Tableau 1, il s’étend sur une superficie de 238
535 km2 et comprend 10 régions administratives. La population est constituée de 27
millions d’habitants avec un taux d’accroissement de la population en 2014 de 2,4%.
La population est relativement moins jeune (38,6% ont moins de 15 ans et l’âge mé-
dian de 20,8 ans) et à dominante rurale (environ 47% de la population vivait en milieu
rural en 2013).
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Quant au Ghana, le climat est tropical avec deux saisons principales: la saison humide
et la saison sèche. La partie Nord du Ghana connaît deux saisons des pluies (avril à
juin et septembre à Novembre), tandis que la partie Sud Ghana connaît sa saison des
pluies d'Avril à la mi-Novembre. La saison sèche s’étend de décembre à mars. Les
températures moyennes varient de 21°C à 28°C. Le Ghana est divisé en six grandes
zones agro-écologiques: la forêt humide, la forêt à espèces caduques, la transition
forêt-savane, la savane côtière et la savane nord (intérieure) qui comprend les savanes
guinéenne et soudanienne. La pluviosité bimodale des zones de forêt, forêt caduque,
savane de transition et savane côtière donne lieu à des saisons végétatives majeure
et mineure. La distribution uni-modale des pluies dans la savane nord se traduit par
une saison végétative unique. Les précipitations déterminent largement le type d’acti-
vité agricole menée dans chaque zone.
A l’instar du Burkina, la situation climatique du Sénégal est marquée par deux saisons
principales : une saison sèche qui va de Novembre à Avril – Mai, et une saison plu-
vieuse de Juin à Octobre. La pluviométrie a sensiblement baissé depuis 40 ans. Elle
passe de 1200 mm au Sud à 300 mm au Nord, avec des variations d’une année à
l’autre (CSE, 2010). Le pays comprend cinq types de domaines climatiques apparte-
nant au climat tropical (zone sahélienne au Nord de la région de Saint Louis, zone sa-
hélo – soudanienne, zone soudanienne, zone soudano-guinéenne, zone guinéenne)
et six zones agro-écologiques ayant chacune ses caractéristiques biophysiques et
socio-économiques propres à savoir : la Vallée du Fleuve Sénégal, la zone des Niayes,
le Bassin arachidier, la zone Sylvo-Pastorale, le Sénégal Oriental et la Casamance.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
aux intrants agricoles. C’est aussi une agriculture extensive, dominée par de petites
exploitations familiales de 3 à 6 ha en moyenne avec d’importantes contraintes qui li-
mitent ses performances. La faible mécanisation constitue aujourd’hui l’un des goulots
d’étranglement de la politique d’intensification et de modernisation du secteur agricole.
La mécanisation est faible (1,7% des ménages agricoles possèdent un tracteur et
seulement 0,5% des parcelles ont fait l’objet de labour motorisé entre 2009 à 2011).
L’utilisation des intrants n’est pas répandue, on note qu’entre 2009 et 2011, seulement
5% en moyenne des producteurs ont utilisé des semences améliorées. Les céréales
(mil, sorgho, maïs, riz, fonio) constituent les principales productions végétales au Bur-
kina Faso. Selon l’enquête permanente agricole 2013/2014, elles sont pratiquées sur
4 210 656 ha en 2013 (soit 73% des superficies cultivées). Les autres cultures vivrières
(niébé, igname, patate douce, voandzou) représentent 4% des superficies totales em-
blavées. Les cultures de rente (coton, sésame, arachide, soja) sont pratiquées sur en-
viron 23% des superficies totales emblavées. En plus, on note la pratique de cultures
horticoles (tomate, oignon, pomme de terre, etc.).
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Burkina Faso, la disponibilité alimentaire est couverte par la production locale, les
importations et l’aide alimentaire. En considérant la production locale, notamment, des
aliments de base que sont les céréales, le taux de couverture des besoins céréaliers
(rapport de la production céréalière sur le besoin en céréales des populations) sur la
période 2002-2013 a été en équilibre (entre 90% et 120%) au cours de cinq cam-
pagnes agricoles et excédentaire (au-dessus de 120%) au cours de sept campagnes
agricoles. Cependant, son évolution se fait en dent de scie dans le temps dénotant le
caractère instable de la production agricole, fortement tributaire des aléas climatiques
(DGESS, 2013).
L’analyse des bilans céréaliers de la période 2002 à 2013 indique des excédents bruts
sur toute la période à l’exception des années 2007 et 2011 marquées par des déficits
respectifs de 44 006 tonnes et 154 462 tonnes en raison des baisses de la production
agricole des campagnes agricoles 2007/2008 et 2011/2012. La consommation des
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
produits céréaliers par habitant a évolué en dent de scie au cours de la période mais
est toujours restée au-dessus de la norme de consommation annuelle qui est de 190
kg par personne par habitant (DGESS-PAM, 2014).
L’analyse des bilans céréaliers laisse apparaître une production nationale céréalière
insuffisante pour couvrir les besoins suivant les campagnes agri-coles. Par exemple,
le solde net du bilan céréalier en 2011 dégageait un déficit net de 249 409 tonnes
(SES, 2011). Par rapport à la consommation annuelle céréalière normale, fixée à 185
kg/habitant par l’Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO), ce déficit signifiait que chaque Sénégalais devait supporter une diminution de
sa consommation de 19,5 kg/an (SES, 2011).
Au Ghana, les principaux aliments consommés sont les céréales, les racines et tuber-
cules et les plantains. Les principaux aliments de base sont le riz, l'igname, le maïs, le
taro, le manioc, la banane plantain, le mil et le sorgho. L’analyse de l'offre et de la de-
mande en aliments de base de la population ghanéenne réalisée en 2008 par le Mi-
nistère de l’agriculture indiquait un excédent pour la plupart des groupes de produits
(céréales, racines et tubercules notamment). Toutefois pour les céréales, seul le riz
était en déficit en termes de production et de consommation.
En effet au Burkina Faso par exemple, sur la période, 2005-2014, en moyenne 42%
des ménages agricoles sont non autonomes (c’est dire ne couvrent pas leur besoins
céréaliers sur la base de leurs propres productions) avec une tendance à la hausse
observée sur la même période.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Une analyse de la sécurité alimentaire dans le nord du Ghana par le PAM (2012) ré-
vélait que 140 000 personnes étaient considérées en insécurité alimentaire sévère.
Les ménages les plus pauvres, ceux qui ont de plus petites fermes, les ménages diri-
gés par une femme et les ménages dont le chef est sans instruction se retrouvent plus
souvent en situation d'insécurité alimentaire que les autres ménages. Les ménages
dirigés par des femmes sont plus susceptibles d'avoir une consommation alimentaire
inadéquate et d’être plus pauvres que leurs homologues masculins.
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
S’il est facile de comprendre, qu’une perte de poids constitue une perte alimentaire
(notamment en ce qui concerne les céréales), une perte de qualité est, par contre, un
phénomène plus complexe à cerner car elle n'est pas nécessairement exprimée par
un seul facteur mais par de nombreux facteurs pouvant être inclus dans une norme
de classification officielle. La question qui demeure est comment combiner les deux
types de pertes de façon systématique pour donner une image plus claire de l'impor-
tance des pertes post-récolte.
Ainsi, une perte en quantité de produit réduit considérablement le revenu des produc-
teurs dans un contexte où la pauvreté en milieu rural est déjà importante : Burkina
Faso 50,7% en 2009 (INSD, 2009), Sénégal 58% en 2002 (Direction de la prévision
et de la statistique et Banque mondiale, 2004), et Ghana 69% en 2006 chez les pro-
ducteurs pratiquant les cultures vivrières (selon Ghana Statistical Service). Ainsi,
lorsque les produits alimentaires subissent une détérioration de leur qualité qui peut
apparaître au stade de stockage ou de conservation, cela conduit à une perte de leurs
valeurs économiques et des pertes d’opportunité de marché. De ce fait, la commer-
cialisation de ces produits se limitera aux marchés moins lucratifs qui sont le plus sou-
vent informels, si bien que ces producteurs agricoles n’obtiendront pas une bonne
rémunération de leur production. On parle de perte de compétitivité des exploitations
et des filières agricoles dues au manque d’infrastructures de stockage et de conser-
vation (PNSR-Burkina Faso, 2012).
28
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Sénégal, entre 2010 et 2012, le pays avait lancé en cohérence avec le Programme
de Renforcement de la Nutrition, un programme conjoint « Nutrition Enfant et Sécurité
Alimentaire » dont l’objectif était de lutter contre la malnutrition et de renforcer la sé-
curité alimentaire dans les régions les plus affectées par la crise alimentaire (Tamba-
counda, Kédougou, Matam, Kolda, Sédhiou, Louga et Diourbel). En 2012, le Projet
d’Appui à la Sécurité Alimentaire (PASA) dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine
a été mis en œuvre dans le cadre du Programme Mondial pour l’Agriculture et la Sé-
curité Alimentaire (GAFSP) de l’USAID et le Programme National d’Investissement
Agricole (PNIA). Cette opération a été choisie de façon prioritaire par le Gouvernement
car elle s’inscrit parfaitement dans les objectifs stratégiques du PNIA et adresse aussi
les options de développement figurant dans la Stratégie de croissance accélérée
(SCA). Le Plan Reva (Retour vers l’agriculture) de 2006 qui traduit l’opérationnalisation
du Document stratégique de réduction de la pauvreté couvrant la période 2006 à 2015
est mis en œuvre avec pour objectif de créer les conditions d’un retour massif et du-
rable à la terre : plus de producteurs mieux implantés, c’est une production plus im-
portante, et une sécurité alimentaire mieux maîtrisée, ce qui est un préalable à tout
développement économique futur.
Au Ghana, le Ghana Shared Growth and Development Agenda (GSGDA II) 2014-2017
fait de l’agriculture un des secteurs pivots du développement de l’économie ghanéenne.
Le ministère de l’agriculture (Ministry of Food and Agriculture : MOFA) a mis en place
depuis 2002 le Food and Agriculture Sector Development Policy (FASDEP) qui propose
un plan de développement à long terme pour le secteur. Le nouveau volet FASDEP II,
depuis 2007, a réorienté les objectifs de cette politique cadre. Il prévoit d’améliorer la
productivité dans la chaine de valeur, de développer l’usage des technologies et des
pratiques soutenables pour l’environnement, et ce en essayant d’associer au maximum
le secteur privé. Le Medium Term Agriculture Sector Investment Plan (METASIP) oriente
la politique d’investissements public afin d’atteindre les objectifs fixés en matière de po-
litique agricole. Le programme en cours (2011-2015) vise notamment à atteindre les ci-
bles établies par l’ONU (Objectifs du Millénaire) en matière d’éradication de la faim
(réduire de moitié la part de la population souffrant de sous-nutrition entre 1990 et 2015).
Il prévoit une allocation de 10% du budget de l’Etat au secteur agricole et définit les
priorités en termes d’investissements. Ces politiques nationales sont en cohérence avec
les objectifs fixés par la politique agricole régionale de la CEDEAO (ECOWAP) adoptée
en 2005, elle même le prolongement du « Comprehensive Africa Agriculture Develop-
ment Program » (CAADP) lancé par le NEPAD (New Partnership for Africa’s develop-
ment) en 2003.
29
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
de Malabo 2014 sur la Croissance agricole accélérée, la Transformation pour une pros-
périté partagée et les moyens de subsistance améliorés adoptée par les chefs d’Etat
et de Gouvernement de l’Union africaine (UA). Une stratégie de mise en œuvre et une
feuille de route ont été élaborées et définissent un ensemble d’actions stratégiques
qui visent toutes à réaliser le changement requis pour atteindre la vision 2025 pour
l’agriculture africaine. Cette déclaration a identifié, pour ce faire, sept engagements
spécifiques dont l’engagement 3 qui vise à éradiquer la faim à l’horizon 2025 définit la
réduction des pertes post-récoltes (PPR) de moitié au moins comme l’un des objectifs
à atteindre.
30
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Dans le cadre de cette étude, les pertes alimentaires post-récolte ont été définies
comme «les produits agricoles destinés à la consommation humaine qui sont perdus
au cours du système post-récolte, depuis la récolte jusqu’à la commercialisation en
passant par le séchage, le battage ou le décorticage, le stockage, la transformation et
le transport ; ils sont mesurables en termes quantitatifs et qualitatifs». Cette définition
tire son origine de deux définitions : celles de l’USAID et de la FAO. Selon l’USAID
(2013), les pertes alimentaires post-récolte se définissent comme les produits
agri¬coles perdus à n’importe quelle étape du processus qui va de la récolte à la com-
mercialisation en passant par le séchage, le stockage, la transforma¬tion, l’emballage
et le transport. Pour la FAO (2012), les pertes alimentaires correspondent à la diminu-
tion de la masse des denrées alimentaires comestibles constatée dans le segment de
la chaîne alimentaire où sont précisément produits des aliments comestibles destinés
à la consommation humaine. Les pertes constatées en bout de la chaîne alimentaire
(distribution et consommation finale) sont généralement appelées «gaspillage alimen-
taire», se référant au comportement des distributeurs et des consommateurs.
Seules seront analysées, les pertes de quantité (ou de masse) par dispersion ou par
dégâts causés par des ravageurs.
En ce qui concerne l'estimation des pertes de poids post-récolte, le processus est long
et coûteux. Par conséquent, il n’est donc pas réalisable pour un seul programme ou
projet de développement de pouvoir mesurer les pertes à chaque maillon de la chaîne
post-récolte. Par contre si cette estimation est utilisée comme un moyen d’évaluer l’im-
pact d’un projet, elle ne concernera qu’un seul maillon de la chaîne post-récolte ce qui
apparait alors plus pertinent.
31
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Même dans les limites définies d’une culture/ type d’aliment, localité, niveau de techno-
logie et saison unique, la mesure exacte des pertes post-récolte est un problème com-
plexe. Les facteurs causaux des pertes de divers types de cultures dans divers
environnements sont extrêmement variés et interconnectés. Les systèmes agricoles et
leurs filières alimentaires associées incluent de nombreuses variables humaines qui ne
peuvent pas aisément être contrôlées dans la conception de la recherche, de même que
des facteurs exogènes pouvant influencer les estimations de pertes» (Boto et al. 2012).
Dans la littérature décrivant les pertes post-récolte de céréales, la majorité des esti-
mations de pertes concerne le stockage. Les chiffres de pertes pour d'autres maillons
de la chaîne sont relativement rares pour deux raisons principales : La première est
que l'évaluation des pertes a été faite en général quand il y’avait un projet pour amé-
liorer réellement un aspect du système de post-récolte et les liens autres que le
stockage ont rarement fait l'objet d’étude par ces projets. La seconde raison est liée à
la difficulté même de faire ces estimations.
32
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Une échelle visuelle peut être utilisée pour appuyer l'évaluation des pertes à tout seg-
ment de la chaîne post-récolte où il y’a une biodégradation ; mais la méthode ne fournit
pas des mesures de pertes dues à la dispersion des grains ou entièrement détruits
par les rongeurs, fourmis, etc. En outre, elle peut être liée à un questionnaire d’en-
quêtes conçu de façon à ce que ces deux méthodes soient complémentaires et capa-
bles de fournir des données plus fiables pour l’estimation des pertes ; ce qui justifierait
par ailleurs son utilisation par le système d’information Africain sur les pertes post-ré-
colte (APHLIS en anglais : African Postharvest Losses Information System).
33
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
% perte récolte
On peut évaluer des graines restées sur les épis ou les panicules en réalisant un
échantillonnage au hasard des épis ou des panicules après le battage afin de procéder
au comptage et la pesée des graines restées. Par la suite et pour des besoins de com-
paraison, un autre échantillon constitué du même nombre d’épis ou de panicules de
la même taille que l’échantillon précédent, est soigneusement battu afin que le poids
des graines après battage complet soit connu.
La perte de poids est exprimée par le poids de l'échantillon restant après battage en
pourcentage du poids des graines battues complètement :
%pertes battage=
34
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Pour estimer les graines dispersées pendant le battage, une grande feuille de plastique
peut être déposée sur une large surface afin de recueillir les graines de céréales dis-
persées pour ensuite procéder à leur pesée. Dans ce cas la perte doit être exprimée
en termes de poids de graines dispersées par rapport au poids total de graines battues
complètement et des graines dispersées.
Les pertes seront estimées par le rapport à la quantité prélevée de la matière première
avant transformation et la quantité matière première correspondante au produit trans-
formé (à partir du coefficient de conversion) ou de la quantité de la matière première
perdue au cours du processus de transformation.
1
Koivupuro H.K. 19 October 2011. FOODSPILL - Food Wastage and Environmental Impacts, [Link]
[Link]/henvi/yvv/esitykset/[Link] , p. 8
35
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
charges pour déterminer les niveaux historiques de gaspillage alimentaire (iv) L’utilisa-
tion de modèles statistiques liés au métabolisme et à la masse corporelle de la popu-
lation (v) L’estimation de l’impact environnemental du gaspillage alimentaire, y compris
les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou le gaspillage de l’eau.
A l’issue de cet atelier technique de cadrage, les consultants nationaux ont organisé
dans leurs pays respectifs, un atelier technique avec l’ensemble des acteurs de la
chaîne post-récolte concernés par l’étude (organisations des producteurs, des com-
merçants et des Institutions intervenant dans la gestion des stocks de produits agri-
coles, services techniques du gouvernement) : Burkina Faso le 09 février 2015,
Sénégal le 18 Février 2015 et Ghana le 13 Février 2015. Ces ateliers ont permis de
mobiliser ces principaux acteurs autour de cette étude, collecter des données com-
36
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Les échanges au cours de ces ateliers ont permis de disposer au Burkina Faso, des
données sur les catégories de produits ainsi que les normes de qualités et les taux de
pertes utilisés par la Confédération des Producteurs du Faso (CPF). Au Sénégal, les
échanges avec les acteurs ont permis d’aboutir à la détermination de critères de qualité
des produits et à une estimation des pertes susceptibles d’être enregistrées. Au niveau
du Ghana, les « échelles visuelles » ont été construites pour chaque produit à étudier
et les échantillons transmis au laboratoire pour la détermination des taux de pertes
(voir annexe).C’est à l’issue de ces ateliers techniques que le processus d’organisation
et de mise en œuvre de l’enquête a été effectif.
Pour les ménages, un sous échantillon a été constitué à partir de la base de sondage
des enquêtes agricoles nationales des pays pour la campagne agricole 2014-2015. Il
s’agit de l’Enquête Permanente Agricole (EPA) pour le Burkina Faso, de l’enquête agri-
cole de la Direction de l'Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA)
du Sénégal et de l’enquête du SRID (Statistics, Research and Information Directorate)
au Ghana. Les autres acteurs ont été identifiés et choisis à partir d’une liste lorsqu’elle
est disponible ou directement sur le terrain selon la méthode « boule de neige ».
37
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
38
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
(t2*P(1-P) (1+r)*eff
e2
ndef=
39
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
M T C M T C M T C
Sorgho 123 30 30 58 12 12 38 12 12
Mil 64 20 20 101 12 12 40 12 12
Mais 54 10 10 69 12 12 79 16 16
Riz 35 10 10 45 12 12 40 12 12
Igname 35 10 10 0 0 0 57 16 16
Manioc 60 20 20 61 12 12 57 15 15
Tubercules 95 30 30 61 12 12 114 31 31
Niébé 35 10 10 46 12 12 45 12 12
Arachide 39 10 10 65 12 12 58 12 12
Pour les autres acteurs, c’est un échantillon total de 120 commerçants et 120 trans-
formateurs qui a été effectivement enquêté au Burkina Faso (soit 100% de réalisation).
40
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au niveau du Sénégal, les échantillons ont été couverts également à 100% ; au Ghana
les taux de réalisation étaient par contre de 96% pour les commerçants et 100% pour
transformateurs.
Par ailleurs, afin de disposer des informations sur les stocks institutionnels, des entre-
tiens ont été réalisés auprès des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) et
des Institutions de gestion des stocks. Une dizaine d’Institutions et d’OP ont pu être
interviewés.
41
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Notons que pour l’estimation proprement dite des pertes au niveau du stockage, les
valeurs des pertes estimées à travers les « échelles visuelles » ou « les normes de
qualité » définies par les acteurs ont été injectées dans la base de données pour être
utilisées. Pour les autres maillons de la chaîne post-récolte, le calcul des pertes pour
chaque spéculation a été fait conformément à la méthodologie décrite précédemment
à partir des bases de données de l’enquête. L’estimation des pertes quel que soit le
maillon, prend en compte les deux (2) principales cultures pour lesquelles le ménage
a été enquêté.
Les résultats des analyses ont par la suite été exportés vers Excel pour la production
des différents graphiques et la préparation des rapports pays. Pour le cas spécifique
du maillon récolte, la perte a été calculée de la façon suivante :
Par ailleurs, la perte totale cumulée de la production (tous maillons confondus) a été
calculée par le ratio entre la somme totale (en quantité) des pertes de tous les maillons
et la production réelle estimée par type ou groupes de culture (de la récolte à la trans-
formation).
42
DEUXIEME PARTIE :
RESULTATS DE L’EVALUATION DES PERTES
POST-RECOLTE AU BURKINA FASO,
AU SENEGAL ET AU GHANA
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
44
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
45
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Une analyse des spéculations produites par les ménages enquêtés au cours de la der-
nière campagne agricole 2014-2015 fait le constat suivant selon les pays (figure 1) :
- Plus de la moitié des ménages agricoles au Burkina ont pratiqué les cultures céréa-
lières. Le taux de pratique varie de 51,5% pour le riz à 87,5% pour le maïs. Cela ré-
vèle l’importance des cultures céréalières dans la vie de ces ménages. Elles
constituent donc les principaux produits de consommations de base de la population
burkinabè et la majorité des terres sont favorables pour ces cultures. Pour ce qui est
de la culture des tubercules, peu de ménages s’y sont consacrés pendant la cam-
pagne agricole 2014-2015. A ce niveau, 11,8% et 17,3% des ménages ont cultivé
respectivement le manioc et l’igname. Cela s’explique par le fait que ces tubercules
ne constituent pas des produits de consommation de base, et qu’en plus leur culture
demande des terres spécifiques. Quant à l’activité de production des légumineuses,
elle a été pratiquée par près de 80% des ménages agricoles lors de la campagne
agricole 2014-2015. En effet, 83,2% des ménages ont cultivé l’arachide contre 77,8%
pour le niébé. Ce sont des produits de rente souvent exportés pouvant procurer des
revenus monétaires aux ménages agricoles.
- Au Sénégal, le taux de pratique des céréales était plus important pour le maïs (50%
des ménages) et le mil (66% des ménages). L’arachide qui constitue la principale
culture de rente et d’exportation du pays, est la plus répandue avec 78% des mé-
nages qui l’ont pratiqué. Le niébé, le manioc et le riz sont les spéculations les moins
pratiquées par les ménages agricoles enquêtés avec des taux de pratique de 24%,
18% et 15% respectivement.
- Au Ghana, le maïs reste la principale culture céréalière la plus répandue avec un
taux de pratique de 66,2% chez les ménages enquêtés. Le sorgho constitue la se-
conde culture céréalière avec un taux de pratique de 31,1% chez les ménages en-
quêtés.
46
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Comme le montre le tableau 5, l’analyse de la répartition des ménages selon les su-
perficies exploitées au cours de la campagne agricole 2014-2015 indique que pour
les cultures céréalières- dans une moindre mesure pour la culture du riz – et celle des
légumineuses, la majeure partie des ménages enquêtés du Burkina ont exploité des
superficies supérieures à 1 ha. Pour les cultures de tubercules, 81,5% des ménages
exploitent 1 à 2 ha pour l’igname contre 37,9% pour le manioc.
47
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Chez les ménages enquêtés au Ghana, l’analyse du tableau 7 montre que les super-
ficies exploitées varient pour la plupart entre 0,6 ha et 2 ha. Au niveau des céréales,
les superficies de grande taille varient entre 1 et 2 ha et se rencontrent chez les ex-
ploitants de maïs (44,7%) et de riz (41,7%). Il en est de même pour les tubercules no-
tamment chez les exploitants d’igname (52,5%). On note que la quasi-totalité des
ménages exploitant de manioc ont des superficies qui varient de 0,25 à 0,5 ha. Au ni-
veau des légumineuses, les superficies exploitées varient pour la plupart entre 0,6ha
à 0,9ha chez les exploitants de niébé (42,9%) et entre 1 à 2 ha pour les exploitants
d’arachide (40,0%).
48
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Burkina Faso, plus de la moitié des chefs de ménages (55,1%) n’appartient pas à
une organisation professionnelle agricole. L’appartenance à une organisation profes-
sionnelle a pour avantages de permettre aux acteurs de défendre collectivement leurs
droits et intérêts, d’accéder à des services, aux crédits et aux marchés. En termes
d’encadrement, 33,8% des ménages déclarent avoir été encadrés. Les acteurs inter-
venant dans l’encadrement sont : l’Etat et les ONGs principalement dans les maillons
production et récolte, transformation, marketing, commercialisation et conservation.
Lorsque l’on s’intéresse aux ménages encadrés, 100% ont été encadrés sur la pro-
duction/récolte, 67% sur le stockage et la transformation, un peu plus de 50% sur le
marketing/commercialisation et séchage. Seulement 23% ont reçu des encadrements
sur la conservation et 6% sur le décorticage/battage/vannage.
Cette situation est également observée au Sénégal où seuls 41% des producteurs ap-
partiennent à des organisations de producteurs. Ce qui constitue un signal fort quant
aux politiques de renforcement de capacités à travers les OP. L’appartenance à une
organisation permettrait une meilleure production des agricultures à travers le partage
des informations comme la diffusion des nouvelles techniques de culture, les meil-
leures pratiques agricoles, etc. Les résultats montrent, de façon globale, que le taux
de ménage qui bénéficie d’un encadrement reste faible (36,8%). Toutefois, comme le
révèle l’analyse de la figure 2, la production et la récolte sont les maillons de la chaine
où les producteurs reçoivent plus d’encadrement avec un taux de 93,8%. La formation
des producteurs sur les maillons comme la conservation et le stockage est peu impor-
tant avec des taux qui n’atteignent même pas 1%.
49
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Ghana, l’analyse des résultats montre que la plupart des ménages enquêtés n’ap-
partiennent pas à des organisations professionnelles agricoles tout comme la situation
observée au Burkina et au Sénégal. En outre, la majorité des ménages n’a pas été
formée (75% environ). Comme le montre la figure 3, les formations des quelques mé-
nages ont mis beaucoup plus l’accent sur la production et la récolte que sur le sé-
chage, le vannage /décorticage ou même le stockage.
Au Burkina Faso, les commerçants qui ont été enquêtés sont pour la plupart des
hommes (65,8%). Ils vivent en couple pour la majorité des cas (95,8%) et sans ins-
truction pour la plupart (58,8%). Dans le groupe des transformateurs enquêtés, on
note par contre une prédominance nette des femmes (98,2%) avec également un faible
niveau d’instruction.
Au Sénégal, qu’il s’agisse des commerçants et des transformateurs, on note une pré-
dominance des hommes dans ces activités (86,2% et 51% respectivement). Les
femmes sont moins représentées dans la commercia-lisation des produits agricoles
(13,8%). La plupart de ces acteurs ont fait l’école coranique.
50
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
C T C T C T
Sexe du chef de
Masculin 65,8% 1,8% 86,2% 51% 18,0% 46,0%
ménage
Etat matrimonial du
Célibataire 2,5% 0,9% 5% 9% 8,0% 12,0%
chef de ménage
Divorcé 0% 0% 1,2% 7% 0% 0%
Niveau
d'instruction
Non alpha-
58,8% 67,9% 32,9% 9,3% 19,0% 61,0%
bétisé
51
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
52
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
D’une manière générale, la figure 6 montre que plus de la moitié des commerçants
n’ont pas reçu de conseils pratiques dans la conduite de leur activité de commerciali-
sation. En particulier, la proportion de ceux ayant reçu de conseils pratiques est très
faible au sein des commerçants de légumineuses (19,2%) et des céréales (18,2%).
Par contre, les commerçants de tubercules et d’oléagineux sont les plus nombreux qui
déclarent avoir reçu des conseils pratiques pour leur activité. La fourniture de conseils
pratiques aux commerçants de céréales et des légumineuses pourrait contribuer à
améliorer le commerce de ces produits agricoles.
Chez les transformateurs, en termes d’accès aux crédits, l’analyse de la figure 7 révèle
que seulement 20,2% des transformateurs ont accès aux crédits dans le cadre de
leurs activités. Ce faible taux d’accès aux services financiers pourrait constituer une
entrave au développement du secteur de la transformation.
53
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 7 : Proportions des transformateurs ayant accès au crédit, à une organisation ou ayant
reçu de conseils pratiques-Burkina Faso
En effet, les crédits permettent aux acteurs de moderniser leurs unités et d’améliorer
la qualité de leurs produits par l’acquisition d’équipements et d’emballages appropriés.
En outre, 14,7% des transformateurs appartiennent à une organisation professionnelle
et 27,5% bénéficient de conseils dans le cadre de leurs activités.
Les différents produits obtenus après la transformation sont : la farine, la pâte, le cous-
cous, le gari, le riz transformé et l’attiéké. Le tableau 9 montre que sur l’ensemble des
spéculations concernées par l’étude, 42,5% des ménages transforment les céréales
en farine. En dehors de la farine d’igname, très peu de ménages transforment l’igname,
le manioc et le niébé.
Tableau 9 : Répartition des transformateurs selon les produits transformés- Burkina Faso
Aucune Autre
En farine En pâte En attiéké
transformation transformation
Sorgho 9,4 90,6 0,0 0,0 0,0
Mil 38,2 61,8 0,0 0,0 0,0
Mais 0,0 100,0 0,0 0,0 0,0
Riz 0,0 2,7 4,0 0,0 93,3
Céréales 5,6 42,5 2,1 0,0 49,7
Igname 79,2 12,5 0,0 0,0 8,3
Manioc 98,8 0,0 0,0 1,2 0,0
Tubercules 89,4 6,0 0,0 0,6 4,0
Niébé 97,4 2,6 0,0 0,0 0,0
Arachide 0,0 4,8 95,2 0,0 0,0
Légumineuses 13,2 4,5 82,3 0,0 0,0
54
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Sénégal, la figure 8 montre que l’accès au crédit par les commerçants est important
notamment chez les commerçants des oléagineux particulièrement de l’arachide
(61,5%), contrairement à ce qui est observé au Burkina Faso. Les commerçants re-
groupés au sein d’une organisation se rencontrent pour la plupart chez les commer-
çants de tubercules (33,3%) et des oléagineux (30,8%). Très peu de ces commerçants
bénéficient de conseils dans la conduite de leurs activités.
Figure 8 : Appartenance à une organisation et accès aux services (crédit, conseils) par les com-
merçants -Sénégal
La figure 9 révèle un accès faible au crédit et à des appuis conseil pour les transfor-
mateurs (34,9% et 23,3% respectivement). On note une certaine organisation des
transformateurs ; en effet une proportion relativement plus importante (48,8%) est af-
filée à une organisation.
55
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 9: Proportion des transformateurs ayant accès au crédit, à une organisation ou ayant reçu
de conseils pratiques-Sénégal
Le tableau 10 montre que les produits transformés par les transformateurs enquêtés
sont constitués pour les céréales sèches de farine ménagère de préparation (68,8%).
Les transformateurs de céréales comme le maïs et le sorgho les transforment dans la
quasi-totalité en farine. Il n’y a pas de trans-formation de tubercule. On note que la
seule transformation de l’arachide reste la pâte (100%).
56
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tout comme au Burkina Faso, il ressort de la figure 10 que l’accès au crédit par les
commerçants enquêtés au Ghana reste une problématique. Très peu de commerçants
bénéficient en effet de crédit et les taux d’accès les plus importants se rencontrent
chez les commerçants de légumineuses (23,7%) et céréales (20%). L’appartenance à
un groupe organisé est faible mais avec des proportions plus importantes chez les
commerçants des oléagineux (33,3%). C’est également ces mêmes commerçants qui
bénéficient le plus de conseils (33%) dans la conduite de leurs activités.
Figure 10 : Appartenance à une organisation et accès aux services (crédit, conseils) par les com-
merçants-Ghana
57
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 11: Proportion des transformateurs ayant accès au crédit, à une organisation ou ayant reçu
de conseils pratiques-Ghana
Le tableau 11 montre que les produits de transformation sont la farine, le gari, la pâte
et bien d’autres. Les céréales par exemple sont pour la plupart transformées en farine
ménagère de préparation par les transformateurs (84%). Il en est de même pour les
légumineuses (83,8%) et dans une moindre mesure les tubercules (58,3%).
58
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Les Institutions de gestion des stocks des produits agricoles gèrent pour la plupart des
stocks de vivre destinés à l’aide en cas de soudure ou de situation de déficit céréalier.
Elles sont également constituées par des services étatiques ou paraétatiques de ges-
tion des stocks de semences, mais également des organisations paysannes de tailles
variables. Elles disposent de grands magasins de stockage et des techniciens qualifiés
pour gérer les stocks. Elles ont une longue expérience dans la gestion des stocks et
peuvent faire face à des coûts élevés de gestion des stocks. Le plus souvent, des tests
sont faits pour analyser la qualité des stocks et leur niveau de dégradation.
Les OP gèrent également les stocks communautaires pour passer la période de sou-
dure ou les mettre en warrantage afin de disposer de revenu pour conduire d’autres
activités. La plupart des produits stockés par ces Institutions sont constitués de cé-
réales moins périssables que les autres produits.
59
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Les résultats de l’analyse des opérations de récolte révèlent qu’au Burkina Faso, les
récoltes des cultures sont généralement effectuées manuellement chez les ménages
agricoles à l'aide de couteaux, de faucilles et de machettes. Il ressort du tableau 12
que l'utilisation des outils mécanisés demeure rare (moins de 0,5% des ménages) et
constatée uniquement au niveau des producteurs du mil (1,4%) et de Maïs (0,6%).
Ces récoltes se font le plus souvent immédiatement à la maturité des cultures (54%
des ménages) et sous un temps ensoleillé (65%). Toutefois pour environ 35% des mé-
nages, ces récoltes ont eu lieu pendant un temps nuageux ou pluvieux donc de façon
plus précoce, ce qui pourrait engendrer des pertes au niveau des récoltes car les
graines peuvent contenir un excès d’humidité préjudiciable pendant la période de
conservation si le séchage n’est pas approprié. La récolte tardive des produits agri-
coles peut être aussi à l’origine de pertes au moment des récoltes. En effet les produits
sont souvent récoltés quand la plante est complètement sèche et donc quand les
grains sont faiblement tenues, causant beaucoup de pertes à la récolte, et aussi après
la récolte (au cours du transport et au cours du processus de stockage).
Pour 86,3% des ménages, l’opération de récolte est exécutée par les membres du
ménage, sans distinction de sexe. Le recours du ménage à de la main d’œuvre externe
n’est pas courant quand on sait la demande en main d’œuvre pour la récolte de cer-
taines cultures. Seulement 13,1% des ménages font recours à des prestataires de ser-
vice pour ces opérations de récolte. Ces prestations sont observées principalement
pour la récolte d'igname (82,9% des ménages producteurs d'igname), de maïs (26,6%)
et de riz (12,9%).
60
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Le tableau 12 montre par ailleurs qu’après les opérations de récolte, 77,7% des pro-
ducteurs reconnaissent collecter des grains dispersés ou pieds abandonnés dans leurs
champs. Cette proportion moyenne cache des disparités car elle varie entre 75,4%
pour les producteurs de céréales et 85,9% pour les producteurs de légumineuses (ara-
chide et niébé).
Ces dispersions dans les champs après les récoltes sont plus constatées pour l'arachide
(97,1% des producteurs d’arachide), le maïs (87,6% des producteurs) et l'igname (85,6%
des producteurs). Cette caractéristique montre que la technique de récolte engendre
des pertes qui sont essentiellement des pieds abandonnés ou des grains dispersés et
qui pourraient échapper à la collecte.
Le tableau 13 montre qu’une fois les récoltes achevées, le transfert des productions
du champ au domicile ou au magasin se fait par différents moyens de transports : par
charrette (76% des ménages), à pieds (7,6% des ménages), par tricycle (7,8% des
ménages). L'utilisation de vélo/motocyclette et de camionnette est faible (respective-
ment par 2,5% et 5,9% des ménages). L’opération de transport est généralement réa-
lisée par les ménages eux-mêmes (84,2%). Certains font recours à des prestataires
de service surtout pour le transport des ignames (38,7% des producteurs d’igname),
61
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
du maïs (28,5%) et du riz (27%). Lorsque le transport est réalisé par les ménages eux-
mêmes, la responsabilité incombe aux hommes (pour environ 40% des ménages) ou
aux deux sexes.
Tableau 13 : Répartition des ménages en % selon les principaux moyens de transport et la res-
ponsabilité du transport- Burkina Faso
62
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
63
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
dans des zones très isolées et enclavées dépourvues de pistes de production. Toute-
fois, même s’il existe des routes, leur état de délabrement est tel qu’elles ne permettent
pas le passage des voitures. Par contre, pour le manioc, le véhicule/camionnette est
le moyen de transport le plus utilisé (54,9%) suivi de la charrette (25,7%).
Tableau 15 : Répartition des ménages selon les principaux moyens de transport et la responsabilité
du transport-Sénégal
Le tableau 16 montre que le transport de ces récoltes est assuré principalement par
les ménages producteurs eux-mêmes. Par contre, pour le riz, le transport des récoltes
est essentiellement assuré par la location de service (91,5%) et pour le manioc, il est
assuré aussi bien par le producteur (42,9%) que par la location de services (46,9%).
64
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Location/
Vous vendu au
service de banabanas collecteur Autre
même champ
transport
Mil 96,5% 0,9% 0,0% 0,0% 0,0% 2,6%
Maïs 97,0% 3,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Riz 8,5% 91,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 97,6% 2,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 74,9% 24,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,7%
Manioc 42,9% 46,9% 4,1% 4,1% 2,0% 0,0%
Tubercules 42,9% 46,9% 4,1% 4,1% 2,0% 0,0%
Niébé 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 91,9% 8,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 96,0% 4,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Figure 12 : Proportion des ménages (%) qui réalisent de la collecte après les récoltes- Ghana
65
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
La figure 14 indique qu’au Ghana, les véhicules ou les camions sont les moyens les
plus utilisés pour le transport des récoltes des champs vers la maison (31,5% des mé-
nages). Environ 29,4% des répondants utilise le vélo ou la moto comme moyen de
transport des récoltes. L'utilisation de panier pour le transport des récoltes à la marche
du champ au domicile est faite par 19,4% des répondants ; l’utilisation de charrettes
est observée chez 19,7% des ménages.
Figure 14 : Répartition des ménages selon le moyen de transport des récoltes utilisé- Ghana
66
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Principales conclusions :
Les techniques de récolte des cultures sont généralement effectuées manuelle-ment.
L’inefficacité des techniques de récoltes amènent les ménages à retourner dans les
champs pour collecter des grains dispersés ou pieds abandonnés dans leurs champs.
Le transfert des productions du champ au domicile ou au magasin se fait par différents
moyens de transports notamment par charrette ou par véhicule.
L’analyse des techniques de séchage utilisées par les ménages enquêtés au Burkina
Faso indique que, les cultures récoltées et transportées à domicile ou au magasin sont
séchées en épis/panicule ou en grains pour la plupart des ménages producteurs de
céréales (55%) et en gousse ou coque (45% des ménages). Le tableau 17 montre que
ce séchage est fait sur des aires d'étalage par environ 54,7% des ménages. Les aires
de séchage sont généralement utilisées par les ménages producteurs de légumi-
neuses (96,2% d’entre eux) et les producteurs de riz (91,9%).
67
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 15 : Répartition des ménages selon les principaux lieux de séchage-Burkina Faso
Figure 16: Répartition des ménages en % selon les caractéristiques des lieux de séchage-Burkina Faso
68
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 18: Répartition des ménages selon la durée moyenne du séchage-Burkina Faso
Au Sénégal, le choix du lieu de séchage peut être lié à plusieurs facteurs comme le
type de produit, les moyens de transport des produits, le type d’exploitation. La figure
17 indique que la majorité des ménages enquêtés ont comme lieu de séchage des
récoltes le champ (63% et 74,2% des ménages producteurs de céréales et de légumi-
neuses respectivement). Ainsi, le champ serait le lieu de séchage privilégié utilisé par
les ménages pour le séchage du mil (100%) et de l’arachide (93,3%).
69
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Plusieurs techniques de séchage utilisées par les ménages enquêtés au Sénégal ont
été analysées. Il ressort du tableau 19 que le séchage sur pied au champ (sans sé-
chage complémentaire) est effectué chez la plupart des ménages producteurs de mil
(90,2%) et de sorgho (60,9%). Par ailleurs 44,4% des ménages producteurs d’arachide
utilisent des aires d’étalage tandis que les séchoirs solaires et les abris de séchage
sont essentiellement utilisés par les ménages producteurs de niébé (32,3% pour le
séchoir solaire) et de maïs (43,5% pour abris de séchage). Notons que l’utilisation de
ces moyens de séchage serait liée également à l’usage qu’on fait du produit une fois
séché.
Sans aire
Séchoir Abris de En Sous le
séchage/ d'éta- Meule Autre
solaire séchage moyette soleil
sur pieds lage
Mil 90,2% 7,3% 1,2% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 1,3%
Au Ghana les produits de base tels que le maïs, le sorgho, le mil et le niébé sont en
général séchés d’abord au champ avant que la récolte ne soit soumise à un séchage
supplémentaire en utilisant des aires de séchage via la chaleur solaire naturelle. Ces
spéculations comme l’arachide après la récolte, sont étalées sur une aire de séchage
sur sol nu cimenté pendant 4 à 6 jours pour être séchées. Les pluies occasionnelles
et les heures d’ensoleillement inadéquat constituent les défis majeurs du séchage des
cultures au Ghana. Les conditions sanitaires de base exigent que le séchage ne se
fasse pas sur un sol nu et l'utilisation de bâche est fortement recommandée.
L’analyse des résultats du diagnostic effectués par l’étude indique à travers le tableau
20 que la majorité des producteurs Ghanéens (69,3%) utilise des aires d’étalage pour
le séchage de leurs produits contrairement à ceux du Burkina Faso notamment. L’uti-
lisation de séchoir solaire par les ménages est également faite notamment pour le sé-
chage des céréales (25,7%). Certains producteurs de céréales comme le mil et dans
70
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Principales conclusions :
Les récoltes subissent en général un séchage supplémentaire sur des aires de sé-
chage situées généralement à domicile ou au champ pour certaines cultures comme
le riz et l’arachide au Sénégal notamment. Cette activité est faite directement sur le
sol nu sans support par la plupart des ménages du Burkina. Au Ghana, le séchage de
la plupart des produits est effectué sur des aires de séchage aménagées à cet effet.
En analysant au Burkina Faso les moments où ces opérations sont réalisées, il ressort
du tableau 21 que la plupart des ménages Burkinabé (43,6%) ne les réalisent qu’en
cas de besoin pour la vente ou la consommation. Certains par contre le font immédia-
tement après les récoltes (29,2% des ménages) ou après le séchage (26,6% des mé-
nages).
71
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
72
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
73
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 24 : Répartition des ménages selon les caractéristiques des lieux de battage/décorticage
en fonction des cultures-Burkina Faso
Caractéristique du
lieu de battage
Cultures Sur Aire de battage en
Sur le sol Autre
sachet/sacs ciment/latérite
Sorgho 74,9% 2,9% 12,0% 10,1%
Autres céréales 39,3% 39,2% 11,7% 9,7%
Légumineuses 82,5% 7,0% 4,6% 5,9%
Total 48,3% 32,5% 10,2% 8,9%
Au Burkina Faso, le tableau 25 révèle que ce sont les femmes qui sont les principales
responsables du battage/décorticage des récoltes par rapport aux hommes au sein
des ménages à un taux de 30,9%. La majorité des ménages (82,9%), exécute par
eux-mêmes ces opérations. Le recours à une main d’œuvre externe aux ménages à
travers des locations de services est généralement constaté pour le battage/décorti-
cage des céréales notamment du maïs (44,5% des ménages) et du riz (pour 24% des
ménages).
Tableau 25 : Répartition des ménages selon les responsables des opérations de battage/décorti-
cage et l’origine de la main d’œuvre-Burkina Faso
74
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
75
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Aire de battage
Sur
Sur le sol en ciment/ Autre
sachet/sacs
latérite
Mil 67,9% 4,5% 2,7% 25,0%
Maïs 77,3% 10,6% 9,1% 3,0%
Riz 21,2% 75,8% 3,0% 0,0%
Sorgho 34,9% 37,2% 11,6% 16,3%
Céréales 50,3% 32,0% 6,6% 11,1%
Manioc _ _ _ _
Tubercules _ _ _ _
Niébé 78,4% 5,4% 0,0% 16,2%
Arachide 93,1% 3,4% 3,4% 0,0%
Légumineuses 85,8% 4,4% 1,7% 8,1%
Total 68,1% 18,2% 4,2% 9,6%
Figure 19 : Répartition des ménages selon les périodes de réalisation des opérations de
battage/décorticage- Sénégal
76
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au niveau du Ghana, les constats qui se dégagent de l’analyse des opérations de bat-
tage/décorticage réalisées par les ménages agricoles montrent que trois principales
techniques de battage ont été analysées : le battage à l'air libre, le battage dans des
sacs et le battage mécanique à l’aide d’une décortiqueuse. La figure 20 montre par
ailleurs que la plupart des agriculteurs du Ghana tout comme ceux du Burkina Faso et
du Sénégal, utilise la méthode de battage ou de pilonnage manuel à l'air libre (55%).
Toutefois, certains agriculteurs du Ghana utilisent également des décortiqueuses et le
battage à l’aide de sacs (respectivement 23% et 22%).
77
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
La figure 22 montre que le battage des cultures se fait principalement après la récolte
donc avant le stockage du produit, pour la majorité des ménages enquêtés du Ghana
(52,1%). Pour les cultures comme le mil et le sorgho, le battage est effectué après sé-
chage en cas de nécessité pour la vente ou la consommation tout comme au Burkina
et au Sénégal.
78
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
79
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Principales conclusions
Les opérations de battage ou de décorticage au Burkina, au Sénégal et au Ghana,
sont réalisées par la plupart des ménages qu’en cas de besoin pour la vente ou la
consommation. La principale méthode utilisée est le battage manuel. Ces opérations
de battage ou de décorticage sont réalisées pour la plupart des cas à ras le sol sans
support pour collecter les portions qui pourrait se disperser durant l’opération, notam-
ment chez les ménages du Burkina et du Sénégal. La mécanisation du battage est
plus répandue au Sénégal et seul le riz bénéficie d’une attention particulière par l’uti-
lisation de support de battage. L’utilisation d’aire de battage spécifiquement aménagée
ou de support de battage est plus répandue au Ghana.
La figure 26 montre que ces opérations de vannage sont faites sur le sol par 45% des
ménages sans moyens de recueillir les graines qui tomberaient au sol. Cette technique
est courante chez les ménages producteurs de légumi-neuses (67,6%). Environ 35%
des ménages effectue le vannage en utilisant des sachets, des bâches ou des sacs et
11% l’effectue sur des aires de vannage en ciment ou latérite. Environ 40% des pro-
ducteurs de céréales utilise cette technique.
80
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 26 : Répartition des ménages selon les caractéristiques des lieux de vannage-Burkina Faso
Cette opération est généralement assurée par les membres du ménage eux-mêmes
(96%) et très peu ont recours à de la main d’œuvre externe. On note également que
la responsabilité des opérations de vannage au sein des ménages agricoles Burkinabé,
incombe aux femmes (selon 90,9% des ménages) qui occupent un rôle très important
dans cette activité. Les hommes et les enfants participent très peu à cette activité.
Au Sénégal l’analyse du tableau 29 fait ressortir que pour l’ensemble des spéculations,
le vannage est pratiqué par les ménages tant à domicile qu’au champ notamment pour
les légumineuses (49,5% et 50,5% respectivement). Pour les céréales, il est réalisé
par la plupart des ménages à domicile (71,2%).
Champ A domicile
Mil 48,8% 51,2%
Maïs 17,2% 79,3%
Riz 33,3% 66,7%
Sorgho 12,5% 87,5%
Céréales 27,9% 71,2%
Niébé 54,1% 45,9%
Arachide 45,0% 55,0%
Légumineuses 49,5% 50,5%
Total 38,7% 61,3%
81
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Le tableau 31 montre que les femmes participent plus aux opérations de vannage pour
le mil, le maïs, le sorgho, le niébé et l’arachide. Par contre pour le riz, ce sont les
hommes (88,9%) qui sont essentiellement responsables des opérations de vannage
qui sont des opérations le plus souvent mécanisées et gérées par ces derniers. Tout
comme au Burkina Faso, ce sont les membres du ménage agricole eux-mêmes qui
sont essentiellement responsables du vannage des produits pour l’ensemble des spé-
culations au Sénégal ; sauf pour l’arachide, où les ménages (70,6%) ont recours par
à des locations de services pour le réaliser.
82
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
La figure 27 montre que le vannage est réalisé sur des supports comme des bâches
par la majorité des ménages enquêtés au Ghana (64%) contrairement au Burkina Faso
et au Sénégal. Environ 27% des ménages du Ghana mène ces opérations sur le sol
nu et seulement 5% dispose d’une aire de vannage.
Principales conclusions
Les opérations de vannage sont intimement liées au battage et sont faites de la même
façon : sur le sol sans moyens de recueillir les graines qui tomberaient au sol sauf au
Ghana et au Sénégal dans une moindre mesure pour le cas riz.
Au Burkina Faso, le tableau 32 montre que les céréales sont stockées par la majorité
des ménages avec les panicules ou en épis notamment pour le sorgho (86,4%) et le
mil (79,8%). L'arachide est stockée sous ses différentes formes (coque ou grain) selon
la quasi-totalité des exploitants de cette spéculation (100%). Il en est de même pour
le niébé stocké sous forme de gousse ou de grains pour la majorité des exploitants
(93,6%). Pour les exploitants de riz et de maïs le stockage est réalisé sous forme de
grains (96,4% et 77,9% respectivement). Quant aux tubercules, le stockage se fait uni-
quement en l’état selon les ménages.
83
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 32 : Répartition des ménages selon les principales formes de stockage-Burkina Faso
Epis/panicule Grains/coque/gousse/tubercule
L’analyse du tableau 33 montre que les principales infrastructures utilisées par les mé-
nages du Burkina Faso pour le stockage des récoltes sont les greniers en terre ou en
paille (42,5% des ménages), les entrepôts et magasins (34,7%) et des hangars ou
hutte notamment par 6,5% des ménages. La majorité des ménages (plus de 90%)
stocke leur production à domicile. Les stockages au champ sont observés chez 2%
des ménages notamment 22% de ceux qui produisent l’igname.
Environ 6% des ménages, majoritairement des producteurs de maïs (17% des pro-
ducteurs de maïs), font le stockage de leur production dans les entrepôts et maga-
sins.
84
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 33: Répartition des ménages selon les principales structures utilisées pour le stockage-
Burkina Faso
Silos
Grenier Grenier Entrepôt Hangar/
Culture hermé- Crib Autre
en paille en terre /magasin hutte
tique
Sorgho 60,7% 29,7% 0,0% 9,0% 0,4% 0,0% 0,2%
Mil 23,0% 61,6% 2,8% 10,7% 0,4% 0,0% 1,5%
Mais 2,0% 32,7% 0,6% 61,9% 0,0% 1,6% 1,3%
Riz 3,6% 16,4% 0,2% 75,6% 0,0% 2,6% 1,7%
Céréales 24,6% 31,9% 0,6% 40,6% 0,2% 1,1% 1,0%
Igname 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 100,0% 0,0%
85
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 34: Répartition des ménages selon les principales périodes de stockage-Burkina Faso
En cas de
Après le Après battage/
Après la récolte besoin (vente ou
séchage décorticage
consommation)
Au mois de mars 2015, les différents stocks disponibles et détenus par les ménages
Burkinabé enquêtés étaient en moyenne de 16 semaines soit quatre (4) mois. Les
stocks de riz avaient vingt (20) semaines tandis que les réserves de manioc avaient
été constituées il y a en moyenne à peine une (1) semaine.
Au Sénégal, le tableau 35 montre que le stockage s’effectue pour l’ensemble des spé-
culations (céréales et légumineuses), essentiellement sous forme de
grain/coque/gousse et dans une moindre mesure sous forme d’épis/panicule pour le
mil (30,2%), le maïs (13,8%) et le sorgho (14%).
86
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Epis/panicule Grains/coque/gousse/tubercule
Mil 30,2% 69,0%
Maïs 13,8% 86,2%
Riz 0,0% 97,4%
Sorgho 14,0% 86,0%
Céréales 14,5% 84,6%
Niébé 0,0% 100,0%
Arachide 7,3% 92,7%
Légumineuses 3,6% 96,3%
Total 9,5% 90,5%
Le tableau 36 révèle que deux principales structures sont utilisées par les ménages
pour le stockage des récoltes au Sénégal tout comme au Burkina : le stockage dans
des entrepôts ou des magasins (83%) et le stockage dans des greniers en paille (10%).
L’analyse montre que le niébé et le manioc sont essentiellement stockés dans des ma-
gasins/entrepôts. L’utilisation d’autres structures de stockage est marginale.
Mil 32,8% 9,5% 0,0% 53,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 2,6% ,9% ,9%
Maïs 36,9% 4,6% 0,0% 55,4% 0,0% 0,0% 0,0% 1,5% 1,5% 0,0% 0,0%
Riz 5,3% 0,0% 0,0% 57,9% 0,0% 0,0% 0,0% 28,9% 0,0% 0,0% 7,9%
Sorgho 48,8% 11,6% 0,0% 34,9% 0,0% 0,0% 0,0% 4,7% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 30,9% 6,4% 0,0% 50,4% 0,0% 0,0% 0,0% 8,8% 1,0% 0,2% 2,2%
100,0
Manioc 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
%
100,0
Tubercules 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
%
Niébé 0,0% 0,0% 2,7% 86,5% 0,0% 2,7% 2,7% 0,0% 0,0% 0,0% 5,4%
Arachide 40,0% 0,0% 0,0% 45,5% 1,8% 0,0% 0,0% 1,8% 9,1% 0,0% 1,8%
Légumi-
neuses
10,0% 0,0% 0,7% 83,0% 0,5% 0,7% 0,7% 0,5% 2,3% 0,0% 1,8%
87
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Le principal lieu de stockage pour l’ensemble des spéculations, est le domicile pour
les céréales et l’arachide (76,4%). Le stockage des produits se fait généralement après
battage/décorticage pour l’ensemble toute chose qui permet aux ménages de disposer
des produits à tout moment pour la consommation ou la commercialisation. Par ail-
leurs, il ressort du tableau 37 que pour le riz, le stockage se fait plus après la récolte
(42,1%) puis après le battage/décorticage (36,8%). La plupart des ménages agricoles
enquêtés au Sénégal préfère stocker leurs récoltes après battage/décorticage (69,8%).
La durée moyenne de stockage chez les ménages enquêtés au Sénégal varie entre 1
et 20 semaines en fonction des spéculations. Elle est en moyenne de 13 semaines
pour les céréales et de 16 semaines pour les légumineuses. Par contre la durée de
stockage du manioc est d’une semaine, car c’est un produit périssable qui ne peut pas
être stocké au-delà de cette période.
Au Ghana, la figure 28 révèle que le stockage des récoltes sous forme de grains pour
les céréales (tout comme au Sénégal) ou de coques (pour les légumineuses) est le
plus répandu chez les ménages agricoles Ghanéens (80%). Le stockage des récoltes
sans battage c’est-à-dire sous forme d’épis ou de panicules notamment des céréales
est le moins répandu (20%).
88
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
89
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
La figure 30 montre que la majorité des répondants (87,1%) ont indiqué que les infra-
structures de stockage sont situées à leur domicile. Environ 7,8% des agriculteurs
stockent leurs produits sur place au champ. Le recours à des magasins ou à des en-
trepôts communautaires de stockage des produits agricoles n’est pas courant chez
les ménages agricoles Ghanéens (seulement 5,1%).
Principales conclusions :
Les récoltes sont stockées soit en l’état avec les tiges (panicules ou en épis notamment
au Burkina) soit sous forme de grains après battage (cas au Sénégal et au Ghana).
Les principales infrastructures utilisées sont les greniers en terre ou en paille, les en-
trepôts ou magasins.
90
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Couscous
Aucune Farine Pâte Attiéké Jus Autre
/gari
Sorgho 11,4% 87,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,8%
Mil 18,1% 79,6% 0,0% 0,0% 0,0% 1,7% 0,6%
91
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Aucune En
En farine En pâte
transformation couscous/gari
Mil 1,8% 31,9% 0,9% 65,5%
Maïs 0,0% 37,9% 4,5% 56,1%
Riz 77,3% 9,1% 0,0% 9,1%
Sorgho 3,6% 14,3% 0,0% 82,1%
92
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
La transformation des produits est essentiellement assurée par les ménages eux-
mêmes pour l’ensemble des spéculations. Le tableau 41 montre que la responsabilité
de la transformation au sein des ménages est essentiellement assurée par les femmes
tout comme au Burkina Faso. Les hommes n’interviennent que dans des proportions
moins importantes dans la transformation ; toutefois on les retrouve en plus forte pro-
portion dans la transformation du riz selon 20% des ménages. L’activité de transfor-
mation des récoltes est généralement un processus long (de la mouture à la cuisson)
et nécessite beaucoup de temps, de patience et d’ingéniosité pour pouvoir avoir un
produit fini prêt pour la consommation ou la vente (couscous, farine, etc…) ; raison
pour laquelle, elle est généralement assurée par les femmes qui disposent de savoir-
faire en la matière.
Tableau 41 : Répartition des ménages selon les personnes participant au processus de transfor-
mation- Sénégal
Les femmes Les hommes Tout le monde
Mil 92,8% 6,3% 0,9%
Maïs 89,4% 10,6% 0,0%
Riz 80,0% 20,0% 0,0%
Sorgho 100,0% 0,0% 0,0%
Céréales 90,6% 9,2% 0,2%
Manioc 85,7% 14,3% 0,0%
Tubercule 85,7% 14,3% 0,0%
Niébé 97,0% 3,0% 0,0%
Arachide 98,1% 1,9% 0,0%
Légumineuses 97,6% 2,5% 0,0%
93
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 31: Types de transformations effectuées par les ménages agricoles –Ghana
Principales conclusions
Les principales transformations primaires des récoltes effectuées par les ménages
sont la transformation en farine (à base de céréales ou de tuber-cules), la transforma-
tion en pâte principalement pour l’arachide et la trans-formation en couscous à base
de céréales ou de tubercules (gari).
4.2. Analyse de la gestion des récoltes et des stocks des ménages agri-
coles dans les pays étudiés : Burkina Faso, Sénégal et Ghana
Ainsi que le montre le tableau 42, le stockage et la conservation des produits au Bur-
kina Faso se fait à travers deux modes principalement: le stockage dans des sacs sim-
ples (51,3% des ménages) et le stockage en vrac (environ 29,1% des ménages). Le
stockage en vrac est plus remarqué pour le mil tandis que l'utilisation des sacs est
plus fréquente pour les producteurs de riz. Notons que le niébé est l’une des spécu-
lations dont la conservation est plus difficile pour les producteurs. En effet, environ
51,2% des ménages utilisent les bidon/fûts pour sa conservation et seulement 3% font
recours au sac triple fond. L'utilisation de sac à triple fonds semble donc marginale et
cette situation pourrait être liée au coût relativement élevé pour les petits producteurs
et aussi aux sources d’approvisionnement qui semble peu connues. L’adoption à
grande échelle des sacs à triple fond n’est pas encore une réalité au Burkina Faso.
Cette nouvelle technologie développée et vulgarisée par la recherche au cours de ces
dernières années nécessiterait une vulgarisation plus accrue d’une part, d’autre part
à une subvention des prix afin de les rendre plus accessibles aux petits producteurs.
94
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
95
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
96
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 44 : Répartition des ménages en % selon les principales tech-niques de protection des
stocks de consommation-Burkina Faso
La majorité des ménages au Burkina (près de 58,5%) traite leurs stocks surtout au
moment de l’entreposage qui selon eux est la meilleure période indiquée pour la pro-
tection des stocks (Tableau 45). D’autres par contre (39,5%) n’utilisent une méthode
de protection qu’en cas d’attaque par les insectes ou tous autres ravageurs. Peu de
ménages sont enclins à effectuer des traitements de leurs stocks après l’entreposage
en vue de pallier à d’éventuelles attaques.
97
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 45: Répartition des ménages selon les principales périodes de protection des stocks de
consommation- Burkina Faso
A l'entrepo- En cas Moins d'un mois Entre 1 à
+3 mois
sage d'attaque après l'entreposage 2 mois
Sorgho 45,0% 52,8% 1,4% 0,8% 0,0%
Mil 59,9% 40,1% 0,0% 0,0% 0,0%
Mais 78,4% 19,6% 0,0% 0,9% 1,2%
Riz 69,4% 30,6% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 64,5% 34,0% 0,4% 0,6% 0,4%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 50,0% 50,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 96,9% 3,1% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 76,2% 23,8% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 14,7% 79,4% 0,0% 0,5% 5,5%
Légumineuses 26,8% 68,4% 0,0% 0,4% 4,4%
Total 58,5% 39,5% 0,3% 0,5% 1,2%
Concernant la protection des stocks destinés à la vente contre les ravageurs, plusieurs
techniques sont pratiquées par les ménages et il n’existerait un traitement plus ou
moins différencié avec les stocks de consommation. Si d’une manière générale, les
ménages privilégient le traitement chimique et physique pour les stocks de consom-
mation (Tableau 46), pour les stocks destinés à la vente ils privilégient plus la méthode
physique dans un premier temps (22,1%) et chimique (19,9%) dans un second temps
et dans une moindre mesure celle biologique (16,8%) et mécanique (7,1%).
Le manioc demeure le seul produit à ne pas être concerné par les techniques de pro-
tection. Les traitements sont pour la plupart effectués à l'entreposage (55% des mé-
nages) et en cas d'attaque par des ravageurs (43% des ménages).
98
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 46: Répartition des ménages selon les techniques de protection et de conservation des
stocks destinés à la vente- Burkina Faso
Cultures Aucun Biologique Chimique Mécanique Physique
Sorgho 61,5% 0,0% 32,2% 3,0% 3,2%
Mil 26,0% 0,0% 3,2% 0,0% 70,8%
Mais 34,3% 4,7% 41,4% 16,5% 3,1%
Riz 51,4% 0,0% 32,4% 16,2% 0,0%
Céréales 39,1% 3,0% 35,4% 13,4% 9,0%
Igname 76,5% 14,7% 2,9% 2,9% 2,9%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 78,1% 13,7% 2,7% 2,7% 2,7%
Niébé 10,6% 6,0% 46,9% 0,0% 36,6%
Arachide 1,8% 42,4% 1,9% 0,0% 53,9%
99
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Chez la majorité des ménages qui effectuent ces traitements contre les ravageurs, ces
opérations se font essentiellement à l’entreposage surtout pour les produits comme le
maïs et le niébé où la quasi-totalité des ménages enquêtés le font à cette période (Ta-
bleau 48). Des traitements sont également effectués à des degrés variables par les
ménages en cas d’attaque par les ravageurs.
Les stocks de maïs et de niébé au Sénégal et qui sont destinés à la vente sont plus
susceptibles aux attaques des ravageurs et des moisissures. Chez la majorité des mé-
nages producteurs de maïs (86,4%) et de niébé (90,6%) au Sénégal, la technique chi-
mique est essentiellement utilisée pour la protection des stocks (Tableau 49). Pour les
autres produits comme le riz (75%) et le sorgho (71,4%) pratiquement aucune tech-
nique n’est utilisée pour la protection de ces stocks de vente.
Tableau 49: Principales techniques de protection des stocks destinés à la vente utilisé par les mé-
nages- Sénégal
Aucun Biologique Chimique
Mil 46,4% 7,1% 42,9%
Maïs 9,1% 4,5% 86,4%
Riz 75,0% 0,0% 25,0%
Sorgho 71,4% 0,0% 28,6%
Céréales 50,5% 2,9% 45,7%
Niébé 0,0% 3,1% 90,6%
Arachide 60,0% 0,0% 40,0%
Légumineuses 30,0% 1,6% 65,3%
Total 40,3% 2,3% 55,5%
100
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 33: Principales techniques utilisées pour la protection des stocks de consommation- Ghana
101
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Ces techniques de protection des stocks destinés à la vente, sont semblables à celles
utilisées pour les stocks de consommation des ménages notées plus haut. L'enquête
a en effet révélé que la plupart des agriculteurs enquêtés au Ghana ne protègent pas
leurs stocks destinés à la vente contre les ravageurs (Figure 34). Elle a également ré-
vélé que les stocks destinés à la vente sont tous traités avec des produits chimiques
à des degrés variables suivant la nature de la spéculation. Les procédés mécaniques
et biologiques ont été également utilisés pour traiter les stocks de certains ménages
Figure 34: Principales techniques utilisées pour la protection des stocks destinés à la vente-
Ghana
Principales conclusions
Le type de traitement des stocks pour la conservation varie suivant la nature du produit.
Les stocks de consommation ou destinés à la vente ne subissent pas de traitement
de conservation en général. Lorsqu’ils sont traités, c’est le traitement chimique qui est
plus utilisé au moment de l’entreposage ou en cas d’attaque parasitaire.
Chez les commerçants Burkinabé, les produits agricoles vendus proviennent, selon
91% d'entre eux, des achats des produits locaux. Les ventes des propres productions
sont observées uniquement au niveau de certains commerçants de tubercules notam-
ment l'igname (31%) et le manioc (45%). Les produits achetés sont acheminés
jusqu'au lieu de commerce au moyens de charrettes et par vélo ou motocyclette selon
environ 26% des commerçants (Tableau 51). Les tricycles sont utilisés par 18% des
102
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
commerçants et les véhicules ou camions par environ 21% des commerçants pour le
transport des produits achetés. L’utilisation des charrettes, des vélos et des motocy-
clettes est prédominante à cause du poids des commerçants collecteurs et détaillants
qui utilisent le plus souvent ce type de moyens de transport.
Tableau 51: Répartition des commerçants en % selon les principaux moyens de transport des
produits vers les lieux de commerce- Burkina Faso
A pieds/sur Véhicule/
Vélo/motocyclette Charette Tricycle
la tête camion
Sorgho 11,1% 37,0% 13,0% 24,1% 14,8%
Mil 19,4% 32,3% 38,7% 3,2% 6,5%
Mais 0,0% 4,8% 4,8% 61,9% 28,6%
Riz 0,0% 0,0% 45,5% 54,5% 0,0%
Céréales 10,3% 26,5% 21,4% 28,2% 13,7%
Igname 18,8% 0,0% 12,5% 18,8% 50,0%
Manioc 5,0% 5,0% 65,0% 5,0% 20,0%
Tubercules 11,1% 2,8% 41,7% 11,1% 33,3%
Niébé 4,3% 65,2% 4,3% 13,0% 13,0%
Arachide 0,0% 13,3% 53,3% 6,7% 26,7%
Environ 56% des commerçants Burkinabé assure eux-mêmes le transport des produits
agricoles jusqu'au magasin ou au lieu de commerce tandis que 40% fait appel au ser-
vice des transporteurs privés. La location des transporteurs privés est plus fréquente
pour le transport de maïs (86% des commerçants vendeurs de maïs) et de riz (91%
des commerçants vendeurs de riz). Pour 57% des commerçants, les produits ainsi
acheminés vers les magasins et lieux de commerce sont stockés avant d'être vendus.
Ces produits, qui sont en général les céréales, le niébé et l'arachide, sont stockés en
grains pour 86% des commerçants et en coque pour à peine 10% des commerçants.
Pour plus de 52% des commerçants, les différents stocks sont entreposés dans des
magasins tandis qu'environ 45% ont stockés leurs produits à commercialiser dans
leurs domiciles. Les stockages dans les champs sont constatés uniquement pour
l'igname.
Près de 93% des commerçants conditionnent les produits dans des sacs simples pour
le stockage. Ce stockage est fait sans traitement pour 62% des commerçants. Environ
23% des commerçants traitent leurs stocks avec des produits chimiques. Les traite-
ments biologiques qui sont réalisés par environ 6% des commerçants concernent uni-
quement les commerçants d'arachide (8%) et de mil (23%).
103
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Sénégal, chez la plupart des commerçants enquêtés, le transport des produits vers
le lieu de commercialisation est assuré par des véhicules/camions de location de ser-
vice contrairement à ceux du Burkina Faso qui utilisent des moyens plus modestes
(charrettes, vélo ou motocyclettes). Au Sénégal, le choix de l’un ou de l’autre moyen
de transport dépend de la distance qui sépare le commerçant du lieu d’achat de la
marchandise (Tableau 52). Les commerçants qui ont leurs magasins près des lieux
de production ou d’achat des produits agricoles acheminent leurs marchandises par
charrette ; tandis que ceux qui sont loin du lieu d’approvisionnement transportent leurs
marchandises par véhicule de transport en commun ou par des camions.
Le transport des produits se fait à travers les services de transport chez la plupart des
commerçants à l’exception de ceux qui commercialisent le riz (90% des commerçants
de céréales) et le manioc (63,6% des producteurs de manioc) qui assurent eux-mêmes
le transport de leur produit. Le manioc est un produit hautement périssable et est le
plus souvent acheté bord champ par les commerçants qui se chargent de la récolte et
assurent eux-mêmes le transport.
Tableau 52 : Principal moyen de transport des produits utilisé vers le lieu de commerce-Sénégal
D’une manière générale, presque tous les commerçants enquêtés au Sénégal estiment
stocker leurs produits sous forme de grains pour la commercialisation car la plupart
des produits commercialisés sont des céréales (qui sont généralement en grains). Ce-
pendant, pour le cas spécifique de l’arachide, d’autres commerçants stockent leurs
produits sous forme de coque. En général, l’arachide stockée sous forme de coque
est acheté par les consommateurs et les détaillants pour être consommé sous forme
d’arachide grillée.
Le stockage des produits se fait essentiellement avec des sacs simples. Pour les cé-
réales et l’arachide, les sacs triple fond, silos hermétiques et bidons ou fûts (4% des
commerçants) sont quasi inexistantes (Tableau 52). Pour l’ensemble des produits agri-
coles, la technique chimique est la plus utilisée pour la protection des stocks contre
104
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
les ravageurs. Environ 50% des commerçants utilise une lutte chimique pour les ra-
vageurs. Une part importante des producteurs d’arachide (70%) estime n’utiliser au-
cune technique de lutte contre les ravageurs. Les formes de lutte biologique,
mécanique et physique sont totalement absentes de celles utilisées par les commer-
çants pour protéger les produits.
Au Ghana, chez les commerçants, les traitements chimiques et physiques des produits
sont des pratiques quasi-inexistantes. Les sources d’approvisionnement des produits
sont leurs propres productions notamment pour les tubercules et le marché local pour
les autres produits. Les produits destinés à la commercialisation sont stockés sous
forme de grains ou de coques (pour l’arachide) dans des sacs simples pour les cé-
réales et les légumineuses. Pour les tubercules, ils sont stockés à l’état naturel sur
des cribs et bien d’autres formes de conservation. Le moyen de transport des produits
le plus répandu est le camion à l’image des commerçants du Sénégal. Le sorgho est
par ailleurs transporté à pieds par le biais de certains récipients.
Principales conclusions
Les moyens de transport utilisés par les commerçants dépendent de leurs capacités
et donc de leurs profils (collecteurs, détaillants ou grossistes). Les charrettes, les vélos
ou les motocyclettes sont plus utilisés pour le transport vers le lieu de commerce no-
tamment chez les commerçants du Burkina. L’utilisation de véhicules ou de camions
est répandue chez les commerçants du Sénégal et du Ghana. Les stocks sont condi-
tionnés dans des sacs simples pour le stockage. La technique chimique est la plus uti-
lisée pour la protection des stocks contre les ravageurs chez les commerçants du
Sénégal. Par contre, chez les commerçants Ghanéens, les traitements chimiques et
physiques des produits sont des pratiques quasi-inexistantes.
105
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
font pas l’objet de traitement dans la majorité des cas ; des traitements chimiques sont
parfois opérés par certains transformateurs.
Principales conclusions :
La quasi-totalité des transformateurs des produits agricoles enquêtés achètent leurs
matières premières auprès d’autres acteurs. Ces produits sont conditionnés en général
dans des sacs simples et des sacs triple-fond pour des produits comme les céréales
et les légumineuses.
106
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
5.1. Perception des ménages sur les pertes alimentaires aux différentes
opérations post-récolte au Burkina Faso, au Sénégal et au Ghana
La perception des ménages agricoles du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana sur
les pertes enregistrées aux différentes opérations post-récoltes a été appréhendée au
cours de l’enquête.
Les résultats de l’analyse indiquent que le principal maillon le plus fréquemment énu-
méré par les ménages Burkinabé où les pertes post-récoltes sont le plus enregistrées
est la récolte (Tableau 53). En effet, 48,8% des producteurs de céréales affirment que
la récolte est le principal maillon où les pertes post-récolte sont plus importantes. Cette
proportion est de 50% pour les producteurs de tubercules et 83,2% pour les produc-
teurs de légumineuses. En plus de la récolte, une proportion importante des produc-
teurs de céréales (30,5%) estiment que le maillon décorticage enregistre beaucoup
de perte principalement imputable au décorticage du riz (51,4% des producteurs de
riz). Au niveau de la commercialisation, une franche importante des producteurs de
tubercules (46,8%) estime que ce maillon enregistre plus de pertes principalement im-
putables à la commercialisation du manioc (78,6% des producteurs de manioc). En
analysant par type de céréales, il ressort que c’est surtout au niveau du maïs (80,7%
des producteurs de maïs) et dans une certaine mesure du mil (58,4%) et du sorgho
(57,2%) que les pertes au stade de la récolte sont le plus enregistrées. Chez les mé-
nages producteurs de tubercules, cette perception est plus grande chez les ménages
producteurs d’igname (88,9%). Pour ce qui est des légumineuses, la majorité des mé-
nages (89,1%) estime que c’est au niveau de l’arachide que les pertes importantes
sont enregistrées au stade de la récolte.
107
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 53: Répartition des ménages selon leur perception du segment qui enregistre plus de
perte- Burkina Faso
Décor- Trans-
Trans- Sé- Van- Conserva-
Produits Récolte ticage/ Stockage forma- Marketing
port chage nage tion
battage tion
Sorgho 57,2% 9,6% 11,4% 7,3% 6,6% 6,9% 0,7% 0,0% ,3%
10,2
Mil 58,4% 3,3% 2,0% 7,8% 2,0% 13,6% 0,0% 2,7%
%
Maïs 80,7% 14,3% 0,0% 1,7% 0,0% 1,7% 1,7% 0,0% 0,0%
Riz 37,1% 2,9% 0,0% 51,4% 5,7% 0,0% 0,0% 0,0% 2,9%
Céréales 48,8% 6,1% 3,6% 30,5% 5,7% 2,4% 1,1% 0,0% 1,8%
Igname 88,9% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 2,8% 0,0% 8,3% 0,0%
Manioc 17,9% 3,6% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 78,6% 0,0%
Tuber-
50,0% 2,0% 0,0% 0,0% 0,0% 1,3% 0,0% 46,8% 0,0%
cules
21,5
Niébé 44,7% 2,9% 8,9% 11,4% 10,6% 0,0% 0,0% 0,0%
%
Arachide 89,1% 10,9% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumi-
83,2% 9,8% 1,2% 1,5% 2,9% 1,4% 0,0% 0,0% 0,0%
neuses
De même, de l’avis des ménages enquêtés au Sénégal, les pertes sont enregistrées
plus fréquemment au niveau de la récolte et pour la plupart des cultures (Tableau 54).
Chez les producteurs de céréales dans leur majorité (65%) la récolte entraine des
pertes importantes de production. Il en est de même chez les producteurs de tuber-
cules (42,6%) et de légumineuses (47,7%). La phase de décorticage ou de battage
des récoltes est le deuxième segment où les ménages producteurs de céréales (21%)
et de légumineuses (21,7%) perçoivent des pertes également importantes. Elles sont
assez perceptibles au niveau du décorticage de certaines cultures comme le mil
(28,8% des producteurs), le maïs (21,2%), le sorgho (27,5%) et l’arachide (38,5%).
108
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 54 : Répartition des ménages selon leur perception du segment qui enregistre plus de
perte post-récolte- Sénégal
Trans-
Trans- Sé- Décorticage/ Van- Stock- Marke- Conser-
Culture Récolte forma-
port chage battage nage age ting vation
tion
Mil 53,4% 1,7% 5,9% 28,8% 1,7% 8,5% 0,0% 0,0% 0,0%
Maïs 65,2% 3,0% 6,1% 21,2% 0,0% 3,0% 1,5% 0,0% 0,0%
Riz 73,9% 6,5% 2,2% 6,5% 0,0% 4,3% 0,0% 6,5% 0,0%
Sorgho 70,0% 2,5% 0,0% 27,5% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Céréales 65,6% 3,4% 3,5% 21,0% 0,4% 4,0% 0,4% 1,6% 0,0%
tuber-
42,6% 4,9% _ _ - 4,9% 8,2% 31,1% 6,6%
cules
Niébé 17,9% 0,0% 0,0% 38,5% 35,9% 2,6% 0,0% 0,0% 5,1%
Arachide 77,4% 0,0% 6,5% 4,8% 0,0% 4,8% 0,0% 4,8% 1,6%
Légumi-
47,7% 0,0% 3,2% 21,7% 17,9% 3,7% 0,0% 2,4% 3,4%
neuses
Cette perception des ménages du Burkina et du Sénégal est également partagée par
79,9% des producteurs de céréales, 39,4% des producteurs de tubercules et 88,9%
des producteurs de légumineuses du Ghana (Tableau 55). On note également que le
transport des récoltes est un facteur de perte des ménages producteurs de manioc
notamment. Chez les producteurs de céréales et de légumineuses, les opérations de
stockage et de séchage sont aussi des étapes qui entrainent des pertes alimentaires.
109
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 55: Répartition des ménages selon leur perception du segment qui enregistre plus de
perte- Ghana
Décor- Trans-
Trans- Sé- Van- Stocka- Marke- Conser
Produits Récolte ticage/ forma-
port chage nage ge ting vation
battage tion
Mil 80,8% 1,9% 3,8% 0,0% 3,8% 7,7% 1,9% 0,0% 0,0%
Maïs 72,5% 4,9% 1,1% 7,1% 9,9% 2,2% 2,2% 0,0% 0,0%
Riz 85,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 9,5% 4,8% 0,0% 0,0%
Sorgho 80,6% 0,0% 5,6% 0,0% 5,6% 8,3% 0,0% 0,0% 0,0%
Céré-ales 79,9% 1,7% 2,6% 1,8% 4,8% 6,9% 2,2% 0,0% 0,0%
Igname 28,8% 3,4% 0,0% 0,0% 0,0% 37,3% 25,4% 5,1% 0,0%
Manioc 50,0% 50,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tuber-
39,4% 26,7% 0,0% 0,0% 0,0% 18,7% 12,7% 2,6% 0,0%
cules
Niébé 85,7% 3,6% 3,6% 3,6% 0,0% 3,6% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 88,9% 0,0% 11,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumi-
88,9% 0,0% 11,1% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
neuses
110
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Pour les tubercules, le niveau des pertes est plus important au niveau de la transfor-
mation, du stockage et de la récolte (Tableau 56). En effet, 9% des tubercules desti-
nées à la transformation sont perdues, 7,5% des tubercules stockées sont perdues
due principalement à la perte des stocks destinés à la consommation et enfin 5,4% de
la récolte des tubercules est perdue lors de la récolte.
S’agissant des légumineuses, on note une part très importante perdue lors de la trans-
formation principalement imputable à l’arachide. En effet, 21,2% des quantités de lé-
gumineuses destinées à la transformation sont perdues au cours du processus ; ceci
est imputable aux pertes enregistrées dans la transformation d’arachide qui atteint
21,7% des quantités d’arachide destinées à la transformation. En plus de la transfor-
mation, le niveau des pertes des légumineuses est important au vannage (7,7%) et
au stockage (14,4%). Le niveau élevé des pertes au stockage est principalement dû
à la perte des stocks destinés à la consommation estimée à 9,3% des stocks pour la
consommation.
Tableau 56: Estimation du niveau de perte post-récolte à chaque mail-lon de la chaîne post-ré-
colte- Burkina Faso
111
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Battage/
Trans- Transfor- Moyenne
Produits Récolte Séchage décorti- Vannage Stockage
port mation cumulée
cage
Tuber-
3,3% 0,4% 0,0% 0,0% 0,0% 21,9% 5,3% 3,5%
cules
Niébé 3,0% 0,2% 13,9% 12,6% 3,4% 3,1% 2,7% 3,6%
Arachide 1,0% 0,2% 1,7% 19,1% 16,1% 6,1% 11,2% 1,7%
Légumi-
2,0% 0,2% 7,8% 15,8% 9,7% 4,6% 7,0% 1,8%
neuses
GHANA
Sorgho 1,7% 1,0% 1,5% 2,3% 1,4% 5% 11,9% 19,8%
Mil 0,5% 0,6% 1,7% 4,0% 2,8% 3,8% 8,4% 18,0%
Mais 1,6% 0,5% 1,1% 1,7% 0,8% 9,3% 13,9% 19,6%
Riz 0,6% 0,1% 5,6% 3,0% 1,8% 7,7% 28,0% 39,1%
Céréales 0,8% 0,4% 1,7% 2,1% 1,2% 7,3% 16,3% 22,5%
Igname 0,0% 0,0% 0,3% - - - 4,1% 4,4%
Manioc 3,6% 1,4% 3,0% - - - 5,5% 13,5%
Tuber-
0,0% 0,0% 2,5% - - - 4,8% 7,3%
cules
Niébé 1,3% 1,4% 2,4% 2,5% 1,4% 5% 19,8% 28,8%
Arachide 2,5% 0,7% 2,1% 1,3% 0,6% 5,2% 16,3% 23,5%
Légumi-
2,4% 0,7% 2,2% 1,4% 0,7% 5,1% 17,8% 25,2%
neuses
nc : non collecté
Au Sénégal, concernant les céréales, les taux de perte sont par contre plus importants
aux stades de battage/décorticage (16%), vannage (13%) et transformation (11%).
Les pertes importantes sont observées essentiellement au battage du mil (25,1% de
pertes), au vannage et à la transformation au riz (25,2% et 15,7% de pertes respecti-
vement). Au niveau des tubercules les pertes sont plus importantes au stade de trans-
formation. Le battage/décorticage des légumineuses et le vannage enregistrent les
pertes les plus importante 16% et 10% respectivement.
Au Ghana, les pertes les plus importantes sont enregistrées au stade de la transfor-
mation notamment des céréales (16,3%), des tubercules (4,8%) et des légumineuses
(17,8%).
112
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Sénégal et 23% au Ghana. Ces résultats comparés à ceux obtenus par APHILIS
(2013) en Afrique Sub-Saharienne, mettent en évidence quelques différences seule-
ment aux phases de récolte (4-8%) et stockage au marché (2-4%). L’étude récente de
AGRA, (2013) menée dans plusieurs pays africains dont le Burkina et le Ghana, note
que des données disponibles sur les pertes post-récoltes étaient soient « non publiées
» ou « vieille » de plus de 5 ans, mais ne sont pas en grande contradiction avec les
résultats de cette étude.
L’analyse du bilan alimentaire élaboré par les pays membres du CILSS donne des
taux de perte des céréales variables entre 5 et 10% (cas du Burkina) et représentent
les pertes alimentaires sur la production (non compris les pertes pour semences).
En comparant ces résultats à l’opinion des ménages sur l’ampleur des pertes post-ré-
coltes par maillon, le constat est qu’ils sont en phase au niveau du maillon récolte (Ta-
bleau 57). Mais ils sous-estiment l’ampleur des pertes au niveau du maillon stockage
et surestiment les pertes au niveau du maillon décorticage pour les céréales.
Battage/ Transfor-
Produits Récolte Transport Stockage Séchage Vannage
Décorticage mation
BURKINA
Céréales 27,6% 11,2 % 37,8% 8,0% 8,4% 6,6% 0,5%
Tubercules 62,0% 0,0 % 38,0% 0,0%
Légumineuses 12,2% 6,3 % 37,3% 9,8% 11,5% 20,9% 2,0%
SENEGAL
Céréales 39,9% 27,5% 12,9% 6,1% 11,1% 2,1% 0,3%
Tubercules 93,4% 6,4% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,2%
Légumineuses 62,9% 6,7% 8,9% 6,0% 7,6% 7,0% 0,9%
GHANA
Céréales 18% 4% 49% 8% 12% 6% 2%
Tubercules 38% 49% 0% 12% 0% 0% 1%
Légumineuses 23% 9% 32% 19% 10% 5% 2%
113
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Sénégal, la récolte constitue le maillon principal des chaînes analysées qui contri-
bue le plus aux pertes enregistrées (39,9%, 93,4% et 62,9% pour les céréales, les
tubercules et les légumineuses respectivement). Le transport des céréales et dans
une moindre mesure celui des tubercules engendrent également des pertes impor-
tantes. Au niveau des légumineuses, le stockage des produits constitue également
une problématique. En comparaison à la perception des ménages agricoles Sénéga-
lais, tout laisse à croire que les pertes enregistrées aux phases de transport des cé-
réales et de stockage des légumineuses échappent aux contrôles des ménages.
Au Ghana, l’essentiel des pertes sont enregistrées au stockage et à la récolte des cé-
réales et des légumineuses. Pour les tubercules par contre, c’est au niveau du trans-
port et de la récolte que les pertes sont plus importantes. Ces résultats sont conformes
à la perception des ménages pour les produits comme les céréales. Les pertes enre-
gistrées au cours du transport des tubercules et de stockage des légumineuses ne
semblent pas être bien perçues par les ménages enquêtés du Ghana.
Principales conclusions :
L’estimation des pertes à chaque segment de la chaîne post-récolte a montré des
pertes plus importantes à la récolte, au stockage, à la transformation et au décorticage
ou au battage et varie d’un pays à l’autre et d’un segment à l’autre. Les pertes cumu-
lées de céréales varient de 4,8% à 10,4% au Burkina, 4% à 14,5% au Sénégal, 19,8%
à 39,1% au Ghana. La contribution des pertes à la récolte aux pertes totales estimées
est plus importante et est conforme à la perception énoncée par les ménages.
Chez les transformateurs du Burkina Faso, l’analyse des pertes par maillon indique
que les pertes liées au stockage sont plus importantes pour les légumineuses et dans
une moindre mesure pour les céréales (Tableau 58). En effet, 8,6% des quantités de
légumineuses stockées sont perdues, imputable essentiellement à la perte observée
au niveau des stocks de trois mois et plus. Les pertes observées au stockage des cé-
réales sont de 2,1%.
Au Sénégal, les pertes liées au stockage des produits destinés à la trans-formation
sont estimées à 4%. Elles atteignent 13% pour les légumineuses et sont imputables
au stockage du niébé. On observe que les pertes liées à la transformation au Sénégal
sont faibles et ne dépassent pas 1% en moyenne.
Au Ghana, les niveaux des pertes au stockage des céréales et des légumineuses des-
tinées à la transformation sont quasi-identiques (2,9% et 3% respectivement). On
constate que pour les céréales, le niveau de perte est du même ordre de grandeur
que celui enregistré au Burkina. Par contre, les niveaux de perte des légumineuses
sont plus importants au Burkina Faso et au Sénégal par rapport à ceux du Ghana.
114
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 58 : Pertes liées au stockage et à la transformation des produits chez les transformateurs
Pertes au stockage
Pertes à la
Produits Perte pour stock Perte pour 3 Perte totale au transformation
< 3 mois mois et plus stockage
BURKINA FASO
Sorgho 1,0% 0,0% 1,0% 5,4%
Mil 0,4% 1,1% 1,5% 14%
Maïs 7,0% 0,0% 7,0% 2,7%
Riz 0,1% 2,2% 2,2% 2,2%
Céréales 0,2% 1,9% 2,1% 2,7%
Igname 0,5% 1,0% 1,4% 0,5%
Manioc 0,1% 0,0% 0,1% 3,3%
Tubercules 0,1% 0,0% 0,2% 2,5%
Niébé 0,8% 8,6% 9,4% 7,5%
Arachide 3,9% 3,5% 7,4% 8,5%
Légumineuse 2,3% 6,2% 8,4% 8,3%
SENEGAL
Mil 1,7% 3% 5% 3%
Mais 1,2% 3% 4% 1%
Riz 3% 5% 8% 0%
Sorgho 0% 0% 0% 0%
Céréales 1% 3% 4% 1%
Manioc 3%
Tubercules
Niébé 5% 10% 15%
Arachide 3,2% 8% 11% 1%
Légumineuse 4% 9% 13% 1%
GHANA
Mil 2,3% 8,3%
Mais 4,3% 9,3%
Riz 2,4% 15,5%
Sorgho 2,8% 18,5%
Céréales 2,9% 12,9%
Igname - 59,7%
Manioc - 15,2%
Tubercules - 37,4%
Niébé 2,8% 2,1%
Arachide 3,2% 7,5%
Légumineuse
115
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 35: Répartition des transformateurs selon les différentes phases du processus de trans-
formation où les pertes sont importantes- Burkina Faso
Pour plus de la moitié (75%) des transformateurs enquêtés au Ghana, l’essentiel des
pertes est enregistré pour les tubercules au stade d’épluchage (Tableau 59). Les
étapes de mouture des céréales et des légumineuses engendrent également des
pertes selon la plupart des transformateurs de ces produits (47,8% et 73,8% respec-
tivement).
Le niveau des pertes à la transformation des produits est plus élevé au Ghana par
rapport à ceux du Burkina et du Sénégal pour les céréales (12,9%) et les tubercules
(37,4%). Il est de 4,8% pour les légumineuses.
116
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 59 : Répartition des transformateurs selon les différentes phases du processus de trans-
formation où les pertes sont importantes- Ghana
Décorticage/
Vannage Mouture Séchage Colisage/empaquetage
épluchage
Principales conclusions :
Chez les transformateurs, les pertes sont observées à l’étape de décorticage (des cé-
réales ou légumineuses) ou d’épluchage (pour les tubercules) et à l’étape de vannage.
Les pertes liées à la transformation des légumineuses sont plus importantes au Burkina
(8,3%). Elles sont importantes au Ghana au niveau de la transformation des céréales
et des tubercules.
Au Burkina Faso l’ampleur des pertes liées au transport des produits au niveau des
commerçants varie d’un produit à un autre (Figure 36). Les résultats de l’étude indi-
quent que les niveaux de perte sont de 0,4% et 1,8% respectivement pour le groupe
des céréales et des légumineuses. Les pertes de tubercules chez les commerçants
du Burkina sont jugées marginales.
117
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Chez les commerçants Ghanéens, les pertes liées au transport ont été estimée à 1,5%
pour les céréales, 3,3% pour les tubercules et 2,1% pour l’arachide qui constitue l’es-
sentiel des légumineuses (Figure 37).
On constate alors que les pertes les plus importantes sont donc enregistrées au cours
du transport des tubercules et sont plus importantes chez les commerçants du Sénégal
et du Ghana.
Figure 36: Perte liée au transport des produits au niveau des commerçants- Burkina Faso
118
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
L’analyse des pertes liées au stockage au niveau des commerçants Burkinabé indique
qu’elles sont plus importantes au niveau des légumineuses (13,9%). Cela est imputa-
ble à la perte observée au niveau des stocks de moins de trois mois (qui constituent
l’essentiel des stocks commerçants) et estimée à 9,9% des quantités stockées.
Tableau 60 : Perte des stocks liée au stockage au niveau des commerçants - Burkina Faso
Perte du stock com-
Perte du stock com- Perte liée au
Produits mercialisé > 3 mois
mercialisé <3 mois stockage
et plus
Sorgho 0,3% 0,4% 0,7%
Mil 0,2% 0,4% 0,6%
Maïs 3,3% 0,0% 3,3%
Riz 0,1% 0,0% 0,1%
Céréales 0,4% 0,3% 0,7%
Igname 0,0% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 1,8% 0,0% 1,8%
Arachide 11,8% 5,0% 16,8%
Légumineuses 9,9% 4,0% 13,9%
Au Sénégal, les niveaux des pertes liées au stockage des produits sont plus faibles
par rapport à ceux du Burkina. Ils sont estimés à 2,8% pour les céréales, à 4% pour
les tubercules et 1% pour les légumineuses (Figure 61).
Au Ghana, les stocks disponibles chez les commerçants enquêtés étaient de bonne
qualité et n’avaient encore pas subi de détérioration.
En analysant le nombre moyen de repas par jour pris au sein du ménage et contenant
chaque produit qui a fait l’objet de l’étude, on note qu’il est de deux (02) repas pour
les céréales qui constituent l’aliment de base de la plupart des ménages ruraux burki-
nabè et d’un (01) repas pour les autres groupes de produits. Chez les ménages ruraux
Sénégalais et Ghanéens, le nombre de repas à base de céréales et des autres
groupes de produit est de 2 en moyenne.
La fréquence de préparation des plats consommés est journalière pour les repas à
base de céréales chez la plupart des ménages ruraux des pays étudiés. Les repas à
base de tubercules sont également préparés une fois par jour au Sénégal et au Ghana
sauf au Burkina (tous les 2-3 jours en moyenne). Pour le niébé, plus de la moitié des
ménages ruraux du Burkina le préparent en moyenne une (01) fois par semaine.
En matière de conservation des repas, il ressort que la grande majorité des ménages
ruraux du Burkina Faso (90,4%) conserve de façon naturelle leur repas. Au Sénégal,
par contre, la majorité des ménages ne dispose pas de reste de repas. Au Ghana, les
repas sont pour la plupart conservés par les ménages par la technique de chauffage
et à l’état naturel sans intervention particulière notamment pour les repas à base de
légumineuses (Figure 62).
120
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 62: Principal moyen de conservation des repas- Burkina Faso, Sénégal et Ghana
Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés bien qu’une proportion relativement faible de ménages au niveau
national (31,8% au Burkina, 38,8% au Sénégal et 31,9% au Ghana) déclare jeter ou
donner aux animaux de la nourriture préparée à base des produits agricoles étudiés
parce qu’étant devenue impropre à la consommation. Cette attitude est encore plus
prononcée en considérant les repas jetés et à base des différents groupes de produits
agricoles. Cette situation constitue une préoccupation quand on sait que ces popula-
tions sont de plus en plus confrontées à des difficultés alimentaires récurrentes no-
tamment en période de soudure.
La fréquence des gaspillages de nourriture dans les ménages ruraux du Burkina Faso
est de deux (02) fois en moyenne dans le mois et ces repas jetés de l’avis des ménages
correspondent à environ trois (03) rations d’une personne adulte pour les repas à base
de céréales et de tubercules. Au Sénégal la fréquence est à peine de 1 fois/mois. Au
Ghana, ce comportement est plus fréquent (4 fois/mois en moyenne pour les céréales,
9 fois/mois pour les tubercules) et ces repas jetés peuvent couvrir la ration journalière
1 à 2 personnes adultes. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font aux périodes
de récolte et de fêtes chez la plupart des ménages ruraux du Burkina Faso et du Sé-
négal. Au Ghana, elles se font essentiellement à la période de récolte.
121
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
En analysant les principales causes de ces gaspillages, il ressort qu’elles sont liées à
un problème de gestion des denrées (conservation, quantités préparées…) chez les
ménages ruraux du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana. Le problème de qualité
du produit est également noté par les ménages ruraux du Burkina et celui de la sai-
sonnalité par les ménages du Ghana notamment pour les tubercules qui sont des cul-
tures très périssables.
Principales conclusions :
Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font essentiellement
aux périodes de récolte et également aux périodes de fête. La saisonnalité des produits
comme les tubercules très périssables est également un facteur de gaspillage des
repas préparés à base de tubercules.
On note que les pertes estimées proviennent essentiellement des OP qui enregistrent
la quasi-totalité des pertes de sorgho, de maïs et d’arachide. On a constaté que l’es-
sentiel des pertes liées au transport du mil se répartit entre les OP et le PAM (73% et
27% respectivement). Les pertes de riz quant à elles se répartissent également entre
les OP (42,9%) et la SONAGESS (57,1%).
Les pertes observées au niveau des OP dans le cadre du transport pourraient s’expli-
quer par les moyens de transport utilisés. En effet, les OP utilisent des charrettes, des
vélo/motocyclette et des tricycles pour le transport de la production jusqu’au niveau
du stockage (magasins).Il faut dire que de plus en plus les OP interviennent dans le
stockage communautaire (warrantage, coopératives de commercialisation, banques
de céréale) dans le but d’assurer le meilleur prix pour leurs produits et/ou d’avoir du
crédit pour leurs activités.
Les deux institutions (PAM et SONAGESS) sont spécialisées dans la gestion des
stocks donc mettent tous les moyens pour éviter les pertes au niveau du transport et
du stockage où le traitement et le suivi des stocks sont réalisés suivant les normes en
vigueur. Cela explique les faibles pertes de produits constatées à leur niveau dans le
transport.
122
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Figure 38 : Perte des produits liée au transport au niveau des institutions- Burkina Faso
Au Sénégal, les entretiens auprès des Institutions de gestion des stocks de produits
agricoles ont concerné des structures privées et publiques. Ces structures sont consti-
tuées d’OP, de structures de recherche et des grou-pements féminins de stockage de
produits agricoles. De manière générale, les niveaux de perte sont peu élevés com-
parés aux autres acteurs comme les ménages agricoles, les commerçants et trans-
formateurs. Le transport et le stockage sont également les seuls maillons de la chaîne
qui sont considérées (Tableau 63).
Transport Stockage
Mil 0,4% 2%
Maïs 1,7% 1,30%
Riz 1,5% 1,10%
Sorgho 2,5% 1,50%
Céréales 1,5% 1,5%
Manioc -
Tubercules
Niébé 0,3% 1%
Arachide 1,0% 1%
Légumineuses 0,7% 1,0%
Notons que dans les Institutions de gestion de stocks rencontrées au Sénégal, les
précautions sont le plus souvent prises pour le transport et le stockage des produits.
Les emballages sont le plus souvent de bonne qualité et les stocks sont souvent cer-
tifiés par des services spéciaux de l’Etat ou privés ; ce qui limite les pertes de transport
123
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Ghana, il ressort des entretiens que plus de la moitié des magasins communau-
taires (plus de 217) sont dans un état de délabrement principalement en raison de
mauvaises pratiques de gestion. Beaucoup de ces structures ont été abandonnées
par manque de fonds pour l'entretien et la réparation. Beaucoup de ces entrepôts se-
raient actuellement régulièrement utilisés par diverses institutions privées et gouver-
nementales, tels que les programmes scolaires d'alimentation, le PAM, la Société
Nationale de régulation des stocks alimentaire du Ghana (ANACF), les commerçants,
certains agriculteurs dans les communautés, et les fournisseurs d'intrants.
Tableau 64 : Pertes totales cumulées post-récolte estimées chez les mé-nages producteurs par
pays
124
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Une analyse de l’impact potentiel des pertes estimées au cours de l’étude et ses
conséquences sur la sécurité alimentaire ont été faites pour chaque pays. L’estimation
de l’ampleur des pertes post-récolte a été faite en appliquant à chaque maillon des
opérations post-récolte le taux de perte à la production agricole nationale de la dernière
campagne agricole disponible dans les pays (2014-2015 notamment). Les résultats
des estimations se présentent comme suit selon les pays (Tableau 65) :
Production agricole
Production perdue Valeur des pertes
Produits 2014-2015
estimée (en tonnes) (en millions FCFA)
(en tonnes)
BURKINA FASO
Sorgho 1 707 613 179 299 23 487
Mil 972 539 121 567 16 903
Mais 1 433 085 97 450 15 509
Riz 347 501 34 055 6 183
Céréales 4 460 738 432 372 62 082
Igname 43 953 4 395 879
Manioc 1 169 72 22
Tubercules 45 122 4 468 901
Niébé 562 729 143 496 23 741
Arachide 335 223 20 449 4 464
Légumineuses 897 952 163 945 28 205
125
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Production agricole
Production perdue Valeur des pertes
Produits 2014-2015
estimée (en tonnes) (en millions FCFA)
(en tonnes)
126
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Production agricole
Production perdue Valeur des pertes
Produits 2014-2015
estimée (en tonnes) (en millions FCFA)
(en tonnes)
Igname 6 639 000 292 116 40 312
Le volume global des pertes (cumul des pertes par segment) par groupe de produits
au Burkina est environ 432 300 tonnes pour les céréales, 4 400 tonnes pour les tuber-
cules et 163 900 tonnes pour les légumineuses.
En termes d’impact sur la sécurité alimentaire on note que pour les céréales à elles
seules, la perte estimée à 432 372 tonnes environ est susceptible de nourrir en consi-
dérant la norme de 190 kg/an/personne, environ 2 275 000 personnes au Burkina
Faso. En considérant une taille moyenne de 12 per-sonnes par ménage en milieu rural
cette quantité perdue aurait permis d’assurer l’autonomie de couverture des besoins
céréaliers d’au moins 189 600 ménages non autonomes et dont la production est
presque nulle. Les pertes moyennes de revenu/ménage sont estimées à environ 77
000 FCFA représentant environ 71% du revenu des ménages pauvres (selon le seuil
de pauvreté de 2009 établi à 108 454 FCFA). En utilisant les normes sur la composi-
tion en énergie utilisés dans l’élaboration des bilans alimentaires au Burkina, ces pertes
correspondent à un proxy calorique de 315 Kcal/personne/jour qui sont perdues ce
qui équivaut à environ 15% de la norme d’urgence (2100 Kcal/personne/jour).
127
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Une analyse approfondie a été faite au Burkina Faso à travers une simulation de l’im-
pact des pertes post-récolte des produits étudiés (riz, maïs, sorgho, mil, niébé, igname,
manioc, arachide) au moyen de la Matrice de Comptabilité Sociale (MCS). Les résul-
tats mettent en évidence comme conséquences, une baisse de la valeur ajoutée de
près de 3,4% au niveau du secteur primaire, 2,7% au niveau du secteur secondaire et
de 1,6% au niveau du secteur tertiaire (Figure 40).
La matrice de comptabilité sociale permet de voir les répercussions d’un choc (comme
les pertes post-récolte dans ce cas) dans une branche d’activité sur les autres maillons
de l’économie nationale (croissance, revenu, pauvreté, etc.).
128
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 66: Impact (%) sur le pouvoir d’achat des ménages- Burkina Faso
129
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Au Sénégal, les volumes des pertes estimées sont environ de 103 000 tonnes de cé-
réales, 5 200 tonnes de tubercules et 13 000 tonnes de légumineuses soit au total 121
000 tonnes de produits. Sur la base de la norme de consommation des céréales de
185 kg/personne/an, les pertes en céréales sont susceptibles de couvrir les besoins
céréaliers annuels de plus de 500 000 personnes correspondant à plus de 42 000 mé-
nages de 13 personnes environ. En utilisant les normes (identiques à celles du Bur-
kina) sur la composition en énergie des différents produits étudiés et utilisés dans les
bilans alimentaires, ces pertes correspondent à un proxy calorique de 89 Kcal/per-
sonne/jour qui sont perdues de façon journalière soit environ 4% de la norme d’urgence
(2100 Kcal/personne/jour).
En terme financier, c’est l’équivalent de 24,6 milliards de francs CFA de perte pour les
producteurs. Cette perte représente 0,3% du PIB total et 2% du PIB agricole du Sé-
négal. Les pertes de revenus par ménage sont estimées en moyenne à 42 000 FCFA.
Au Ghana les pertes financières enregistrées sont estimées à plus de 306 milliards
de francs CFA soit 1,3% du PIB total et 5,9% du PIB agricole du pays (Tableau 67).
L’essentiel des pertes totales en volume enregistrées proviennent des tubercules qui
représentent à elles seules 73% des pertes totales soit plus de 2 250 000 tonnes. Les
pertes en céréales et en légumi-neuses sont respectivement de 650 000 tonnes et
170 000 tonnes environ. L’impact de ces pertes peut être résumé dans le tableau ci-
dessous.
130
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Valeur ou superficie
USD FCFA (en milliers)
Pertes totales
613 443 354 306 721 677
(en valeur monétaire)
Superficie totale récoltée 4 101 812
Perte de revenu/ha 150 74 775
Superficie moyenne
1
récoltée/ménage
Perte totale de revenu/
150 74 775
ménage
Revenu moyen/ménage
304 152 125
rural (en FCFA)
% perte dans le revenu des
49,2%
ménages ruraux
L’examen du tableau ci-dessus indique une perte moyenne de 75 000 CFA environ/ha
sur la base de la superficie totale récoltée qui a servi à l’estimation des pertes (Tableau
67). Les résultats d’une enquête menée au Ghana en 2008 estiment le revenu moyen
par ménage rural d’environ 152 000 FCFA. Lorsque l'on compare les pertes par mé-
nage au revenu total du ménage, il constitue environ 49% du revenu total du ménage.
131
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
% de la
norme 15% 4% 26%
d'urgence
132
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 69 : Comparaison de pertes obtenues par l’enquête et les pertes utilisées dans les bilans
alimentaires
Pertes totales cumulées obtenues Taux de perte des bilans
par l’enquête alimentaires
Produits Burkina Sénégal Ghana Burkina Sénégal (*) Ghana (*)
Sorgho 8,6% 12,1% 19,8% 10% 15% 13%
Mil 10,4% 8,1% 18,0% 10% 15% 13%
Mais 4,8% 14,5% 19,6% 6% 15% 26%
Riz 9,7% 4,0% 39,1% 5% 41% 13%
Céréales 6,6% 8,1% 22,5%
(*) Données déduites des tableaux des bilans alimentaires et prenant en compte les
pertes pour semence (Source : Bilans alimentaires des pays)
133
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Principales conclusions :
Les pertes alimentaires enregistrées au Burkina Faso sont susceptibles de nourrir en-
viron 2 275 000 personnes soit 189 600 ménages non autonomes. En terme financier,
les pertes sont estimées à plus 90 milliards de FCFA. Au Sénégal, le volume des pertes
pourrait couvrir les besoins céréaliers annuels de plus de 500 000 personnes corres-
pondant à plus de 42 000 ménages. En terme financier c’est environ 24,6 milliards de
francs CFA qui sont perdus. Au Ghana, les pertes en céréales pourrait nourrir plus de
3 500 personnes environ. Les pertes financières sont de 306 milliards de francs CFA.
Les pertes financières de ces trois pays sont de 422 milliards environ.
Au niveau du transport des récoltes ou des produits, les principales causes de perte,
selon l’avis des ménages agricoles dans l’ensemble des pays, sont liées aux moyens
de transport utilisés (48,8% au Burkina, 41,4% au Sénégal et 60,3% au Ghana), à la
méthode liée à la manutention (23,1% au Burkina, 41,9% au Sénégal et 38,9% au
Ghana). L’analyse de l’estimation des pertes par facteurs confirme également ces ré-
134
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
sultats. Les pertes notées au niveau du transport seraient à lier donc aux moyens de
transport souvent défectueux ou inadaptés. De plus, les pistes de production sont peu
praticables. Des efforts sont donc à faire en matière d’infrastructures routières pour
réduire les pertes liées au transport. Une sensibilisation sur la manutention des pro-
duits doit alors être également faite pour une réduction des pertes.
Pour la phase de stockage, les principales causes des pertes sont attribuées, selon
les ménages, à la technique de stockage et dans une moindre mesure à la période
de stockage (respectivement 45,9% et 27,3% des ménages au Burkina Faso ; 72% et
10% des ménages au Sénégal). Au Ghana, qu’il s’agisse des stocks destins à la
consommation ou à la vente, la période de stockage et la technique utilisée sont les
deux principales causes des pertes des tubercules et les légumineuses. Il est de même
pour les céréales mais avec comme première cause la technique de stockage utilisée.
On note également que les conditions atmosphériques liées à la température et les
blessures des tubercules sont des facteurs qui accentuent les pertes des stocks des-
tinés à la vente. Il ressort également que la plupart des ménages enquêtés au Ghana
ont du mal à appréhender les pertes des stocks destinés à la vente. Cette situation
serait le fait du déstockage rapide de leur stock ou de la faible prise de conscience
sur l’existence des pertes.
135
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Principales conclusions
Les techniques de récolte et de transformation utilisées, la méconnaissance des pé-
riodes propices à la récolte, l’inadaptation des moyens de transport utilisés, les mau-
vaises méthodes de manutention, l’absence d’aire de séchage sont les principales
causes des pertes énumérées par les producteurs. Au niveau du transport, les prin-
cipales causes de perte de la plupart des produits sont liées aux moyens de transport
utilisés et à la méthode liée à la manutention. A la phase de séchage, outre la technique
de séchage et l’absence d’aire de séchage qui sont à l’origine des pertes dans la plu-
part des pays, les pertes au Ghana sont principalement dues aux animaux (bétail et
oiseaux). Au battage, les pertes sont imputables aux techniques utilisées dans les
pays. On note qu’au Sénégal, la période de battage constitue également une cause
supplémentaire des pertes post-récolte. Au stockage, les principales causes des pertes
sont attribuées selon les ménages à la technique de stockage et à la période de
stockage pour la plupart des produits et dans les différents pays. Au niveau de la trans-
formation, les pertes sont imputables pour l’essentiel aux techniques utilisées qui sont
en général manuelles et à la qualité des produits transformés (cas de l’arachide au
Burkina notamment).
5.4.2. Causes des pertes post-récolte chez les commerçants et les trans-
formateurs
La manutention des produits et les moyens de transport utilisés par les commerçants
sont les principales causes de pertes au niveau du transport des produits comme les
céréales et les légumineuses. Pour les tubercules, les pertes serait liées à la méthode
de manutention selon la majorité (50%) des commerçants de ces produits au Burkina
Faso. Elle est également la cause des pertes au cours du transport des produits chez
les commerçants du Ghana, sauf pour l’igname et le riz où elle serait imputable prio-
ritairement au moyen de transport utilisé et à la forme du produit transporté respecti-
vement. Au Sénégal, c’est la méthode de manutention qui constitue la principale cause
des pertes durant le transport de la plupart des produits à l’exception des produits
comme le mil et le maïs où les pertes seraient imputables aux moyens de transport
utilisés. Les pertes se font par dispersion des graines (pour les céréales notamment)
et par rupture/blessure de la peau pour les tubercules.
Au niveau du stockage des denrées, les causes des pertes dans la plupart des pays
sont essentiellement d’ordre non parasitaire donc liées à la manutention notamment
pour les stocks de moins de trois mois qui constituaient l’essentiel des stocks des com-
merçants sauf au Sénégal. En effet, contrairement aux commerçants du Burkina et du
Ghana, ceux du Sénégal attribuent les pertes de stockage à des causes d’ordre para-
sitaire (insectes, rongeurs) pour certaines céréales (mil, sorgho notamment) et les lé-
gumineuses. Elles sont observées en général chez les commerçants qui disposaient
de stocks de plus de trois mois et seraient spécifiquement liées aux moisissures.
Au niveau des acteurs de la transformation, l’analyse des causes des pertes a été ap-
préciée au stockage et à la transformation également. La plupart des pertes enregis-
trées dans la majorité des pays sont d’ordre non parasitaire donc liées aux techniques
136
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
de transformation. Selon l’opinion des transformateurs, les facteurs de perte des pro-
duits destinés à la transformation sont de plusieurs ordres : rejet accidentel, détério-
ration du produit/matière première à transformer, processus de transformation, etc.
L’analyse croisée du niveau des pertes et le principal facteur de perte indique que l’es-
sentiel des quantités perdues est dû au processus de transformation (à l’exception du
maïs chez les transformateurs du Burkina).
5.4.3. Causes des pertes post-récolte chez les autres acteurs : Institu-
tions et Organisations de producteurs
Chez ces acteurs de la chaîne post-récolte, les pertes liées au stockage des produits
que ce soit chez les organisations professionnelles ou chez les institutions sont faibles.
Les produits font en général l’objet de traitement particulier pour réduire au minimum
les pertes. Les ménages qui se regroupent au sein des organisations de producteurs
bénéficient ainsi de l’accompagnement d’autres d’acteurs avec lesquels il existe des
partenariats dans le cadre du warrantage par exemple. Les ménages devraient donc
être accompagnés par l’Etat ou par ses institutions afin de réduire considérablement
les pertes au niveau du stockage par le développement et l’adoption de techniques
appropriées.
Les pertes enregistrées chez ces acteurs, quoi que de moindre importance comme
par ailleurs révélé par l’étude, seraient principalement dues à la manutention et dans
une certaine mesure aux moyens de transport utilisés. En effet, si des précautions
sont souvent prises pour la constitution de stocks de qualité, les méthodes de manu-
tention ne sont pas souvent contrôlées surtout pour les organisations de producteurs.
Toutefois, cette observation concerne très peu les institutions qui utilisent parfois des
sacs de conditionnement de qualité. Le plus souvent, concernant ces deux catégories
d’acteurs, la main d’œuvre chargée du chargement et du déchargement des produits
n’est pas qualifiée et peu de précautions sont prises pour éviter le piétinement des
produits et le remplissage des véhicules de transport.
137
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Ces pertes qui enlèvent une partie de la disponibilité sur le marché peuvent contribuer
ainsi à augmenter les prix des produits. Les conséquences sur la sécurité alimentaire
sont liées à une perte de disponibilité des denrées ali-mentaires qui aurait permis de
couvrir les besoins alimentaires des populations les plus vulnérables ou réduire les
périodes de soudure chez ces ménages qui subissent ces pertes.
138
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Les propositions techniques proposées par les ménages enquêtés portent sur l’amé-
lioration de la manutention, de l’hygiène du stockage des denrées alimentaires, de la
récolte à bonne date.
Dans tous les cas, les stratégies de réduction des pertes à mettre en œuvre doivent
constituer un paquet technique couvrant les différents segments du système post-récolte.
En analysant les techniques utilisées par les ménages, les propositions complémentaires
à celles déjà proposées peuvent porter également sur les aspects suivants :
La récolte des tubercules est la phase la plus importante et détermine l’efficacité maxi-
male des activités futures de réduction des pertes ; d’où la nécessité de la mener cor-
rectement pour éviter l’infestation précoce par le biais des meurtrissures sur les
tubercules. Il est également important de limiter lors de la manutention des tubercules,
les dommages mécaniques qui pourraient augmenter aussi les attaques de ravageurs
et les pertes physiologiques. La peau des racines et des tubercules est une barrière
efficace contre la plupart de ces ravageurs et doit être préservée des champignons
opportunistes qui provoquent la pourriture des tubercules.
Il est important de minimiser également les pertes au cours du transport en ayant une
attention particulière sur les véhicules à utiliser, l'équipement, l'infrastructure et la ma-
nutention. Charger et décharger les produits avec soin des véhicules, doit être la
conduite des acteurs impliqués dans cette activité.
Au niveau du stockage de ces produits, les éléments importants suivants sont à consi-
dérer : (i) assurer un meilleur stockage des tubercules fraiches, (ii) sélectionner soi-
gneusement seulement les tubercules de meilleure qualité sans aucun signe de
maladie ou de parasite pour le stockage ; (iii) stocker dans des magasins spécialement
conçus ; (iv) vérifier les magasins à intervalles réguliers. Promouvoir également les
techniques naturelles de stockage qui enregistrent des succès (stockage dans des
fosses spécialement construites ou en monticules).
139
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
CONCLUSION
Les pertes alimentaires post-récolte sont constatées sur tous les segments de la
chaîne allant de la récolte, à la consommation en passant par le transport, le stockage,
le battage ou décorticage, le vannage et la transformation. Les techniques utilisées à
chaque segment sont variables et le niveau des pertes varie suivant le pays, le type
de spéculation et la nature des acteurs en présence sur l’ensemble de la chaîne.
Les résultats montrent que les techniques de battage ou de décorticage utilisées sont
manuelles ou peu mécanisées. Toutefois, la mécanisation du battage a été notée au
Sénégal notamment et seul le riz bénéficie d’une attention particulière par l’utilisation
de support de battage. Ce qui justifie moins de pertes dans le cas du Sénégal.
L’inefficacité des techniques de récolte entraine des pertes qui amènent parfois cer-
tains ménages à retourner dans les champs pour y collecter des grains dispersés ou
pieds abandonnés dans les champs. Le transfert des productions du champ au domi-
cile ou au magasin se fait par différents moyens de transport notamment par charrette
ou par véhicule. L’absence de précaution lors du transport tout comme à la récolte
peut être source de perte pour certaines cultures comme les tubercules.
Les méthodes de protection et de conservation des stocks pratiquées par les ménages
producteurs varient suivant la nature du produit. Les stocks destinés à la consomma-
tion du ménage ou ceux destinés à la vente ne subissent pas de traitement de conser-
vation en général. Lorsqu’ils sont traités, c’est le traitement chimique qui est le plus
utilisé au moment de l’entreposage ou en cas d’attaque parasitaire.
Le gaspillage des aliments est également une réalité au sein des ménages ruraux
dans les pays étudiés. Dans la plupart des cas, ces gaspillages se font essentiellement
aux périodes de récolte et également aux périodes de fête. La saisonnalité des produits
comme les tubercules très périssables est également un facteur de gaspillage des
repas préparés à base de tubercule.
Chez les autres acteurs enquêtés dans les pays, commerçants et transfor-mateurs
notamment, les moyens de transport utilisés par les commerçants dépendent de leurs
capacités et donc de leurs profils (collecteurs, détaillants ou grossistes). Les char-
rettes, les vélos ou motocyclettes sont les plus utilisés pour le transport des produits
vers le lieu de commerce. L’utilisation de véhicules ou de camions est répandue chez
140
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
les commerçants du Sénégal et du Ghana. Les stocks sont conditionnés dans des
sacs simples pour le stockage. La technique chimique est la plus utilisée pour la pro-
tection des stocks contre les ravageurs chez les commerçants du Sénégal. Chez les
commerçants Ghanéens rencontrés, les traitements chimiques et physiques des pro-
duits sont des pratiques quasi-inexistantes.
L’impact de ces pertes sur le plan de la sécurité alimentaire des ménages indique que
les pertes alimentaires enregistrées au Burkina sont susceptibles de nourrir environ 2
275 000 personnes soit 189 600 ménages non autonomes. En terme financier, les
pertes cumulées s’élèvent à plus 90 milliards de FCFA. Au Sénégal, les quantités pour-
raient suffire à couvrir les besoins céréaliers annuels de plus de 500 000 personnes
correspondant à plus de 42 000 ménages. Ceci équivaudrait à environ 24,6 milliards
de francs CFA perdus. Au Ghana, les pertes en céréales pourraient couvrir les besoins
alimentaires de plus de 3 500 000 personnes. L’équivalent financier des pertes dans
ce pays est de 306 milliards de francs CFA. Dans l’ensemble des trois pays les pertes
enregistrées constituent un manque à gagner de près de 422 milliards de FCFA.
141
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
RECOMMANDATIONS
La présente étude intitulée «pertes post récolte et sécurité alimentaire dans trois pays
du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Ghana et Sénégal) » a permis de
fournir des informations sur l’ampleur des pertes alimentaires en post-récolte ainsi que
les impacts sur la sécurité alimentaire. Les données obtenues viennent enrichir la
base de connaissances sur la thématique, mais un gap reste à combler en termes de
couverture géographique et de mise en œuvre d’actions de forte envergure en faveur
de la réduction des pertes post-récolte dans les pays. Pour se faire, les recommanda-
tions suivantes sont formulées à l’endroit du CILSS et de ses partenaires :
143
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Il est donc fortement recommandé de sensibiliser les producteurs sur les pertes post-
récolte qui se déroulent au niveau de ces segments. En outre, il est recommandé de
renforcer leurs capacités au moyen de formations adaptées afin de limiter les pertes
lors de la récolte par le fait des équipements manuels de base utilisés ou de récolte à
mauvaise période. Par ailleurs, un accent particulier devra être mis sur le gaspillage
alimentaire notamment aux périodes d’abondance (récolte et fêtes).
144
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
donc essentiel pour relever ces défis. Le choix du véhicule à utiliser doit être fonction
de la qualité du produit.
145
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
BIBLIOGRAPHIE
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146
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
147
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
ANNEXES
ANNEXE 1 : RECOMMANDATIONS PAR PAYS
Recommandations à l’endroit des pays concernés par l’étude :
Au niveau du Burkina, il est ressorti qu’il existe de bonnes pratiques en matière de
gestion post-récolte mais qui sont mal connues et/ou difficiles d’accès. La probléma-
tique de la qualité des semences améliorées à développer et à promouvoir pour réduire
les pertes à la récolte mérite également une attention particulière. Il s’agira alors pour
l’Etat de :
- Capitaliser, développer, diffuser et promouvoir les bonnes pratiques existantes
de gestion post-récolte au niveau national (cas des techniques de conservation
des récoltes adoptées par le PAM, les OP et les autres institutions);
- Développer et mettre en œuvre des modules de formation ou de sensibi-lisation
sur les pertes post-récolte chez les producteurs afin qu’ils prennent conscience
du poids des pertes post-récolte dans leur stratégie d’amélioration de la sécurité
alimentaire ;
- Promouvoir davantage l’organisation et la structuration des producteurs, des com-
merçants et des transformateurs ; ce qui devra à terme faciliter la diffusion des
bonnes pratiques de gestion de la production dans la chaîne post-récolte ;
- Subventionner les équipements et infrastructures adéquats de réduction des
pertes post-récolte et développer un crédit post-récolte ;
- Mettre en œuvre une véritable politique de désenclavement des zones de pro-
duction afin de faciliter l’écoulement de la production ;
- Renforcer les acteurs de la transformation sur les normes de qualité et l’adoption
de bonnes pratiques de transformation et de commercialisation des produits;
- Elaborer une politique de soutien à la micro entreprise de commercialisation et
de transformation des produits locaux ;
- Renforcer la promotion de la consommation des produits nationaux dans les can-
tines et dans les restaurants à travers des foires ;
- Promouvoir davantage la construction de magasins communautaires de stockage
pour réduire l’incapacité individuelle des acteurs dans le stockage des produits ;
- Introduire un module « pertes post-récolte » dans les enquêtes agricoles afin de
pallier au manque de données et faciliter leur prise en compte dans les politiques
et programmes nationaux de gestion de la sécurité alimentaire.
A l’endroit des organisations des producteurs, des commerçants et des trans-
formateurs, il s’agira de :
- Adopter les technologies innovantes vulgarisées par le pays afin de con-tribuer à
la réduction des pertes post-récolte ;
- Utiliser davantage les semences de variétés améliorées et veiller au respect des
itinéraires techniques et le calendrier agricole, afin que les récoltes n’engendrent
pas de pertes liées à la mauvaise période de récolte;
- Privilégier l’utilisation des engrais organiques qui favorisent la maturation et la
conservation de certains produits ;
- Développer une contractualisation du service de transport dans les zones de pro-
duction ;
- Eviter le transport mixte qui contribue à diminuer la qualité des produits affectant
aussi l’hygiène alimentaire des produits ;
148
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
- Utiliser des variétés adaptées qui tiennent compte de la destination finale du pro-
duit (cas de la transformation) afin de réduire les pertes liées à la mauvaise qualité
de la variété utilisée ;
- Appliquer les bonnes pratiques d’hygiène, de conservation, d’emballage et de
stockage des produits ;
- Respecter les normes de traitement phytosanitaire des produits vulgarisées par
les services techniques de l’agriculture et utiliser les produits de traitement ho-
mologués.
Recommandations pour le Sénégal
A l’endroit de l’Etat :
- Favoriser l’installation de magasins communautaires de stockage (pour les cé-
réales et les légumineuses) et renforcer les capacités des techniciens et des pro-
ducteurs en gestion des stocks de denrées alimentaires ;
- Promouvoir à travers des politiques incitatives, l’investissement dans l’amélioration
des procédés de transformation et l’utilisation des outils adaptés de transformation
(des céréales, des tubercules et de l’arachide notamment) ;
- Promouvoir la mise en place d’unités de transformation des produits ;
- Améliorer les infrastructures routières et les pistes rurales pour l’écoulement des
productions ;
- Capitaliser et diffuser les techniques de récolte, de stockage, de conservation et
de conditionnement des céréales et des légumineuses principalement;
- Promouvoir la démarche qualité des stocks chez les acteurs (formation sur les
bonnes pratiques de transformation) pour améliorer la nutrition à travers la qualité
des aliments ;
- Appuyer la réalisation d’une étude similaire prenant en compte le fonio où les
pertes post-récolte sont jugées importantes par les acteurs mais non encore éva-
luées au Sénégal.
A l’endroit des producteurs et des Organisation de producteurs
- Utiliser des infrastructures de stockage répondant aux normes pour les céréales
et les légumineuses;
- Adopter les bonnes pratiques de post-récolte sur tous les segments de la chaîne
post-récolte (récolte des cultures ; battage manuel et mécanique des céréales et
de l’arachide, manutention et transport des céréales, tubercules et légumineuses
; stockage, conservation et conditionnement des produits)
- Utiliser des sacs de conditionnement adéquats (sacs PICS, triple fond) ou des
fûts métalliques pour la conservation et le stockage des légumineuses, surtout
du niébé et des céréales de façon générale.
A l’endroit des commerçants et des transformateurs :
- Promouvoir l’installation d’unités de transformation équipées pour optimiser la
qualité des céréales et des légumineuses transformées ;
- Améliorer les pratiques de stockage et de conservation des céréales, des tuber-
cules et des légumineuses en utilisant des palettes à l’entreposage des produits ;
- Améliorer le système de transport des produits en adoptant d’abord un condition-
nement qui favorise une bonne manutention des produits, surtout pour les céréales
et les tubercules qui sont très peu stockés du fait de leur haute teneur en eau;
149
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
- Utiliser également des sacs de conditionnement adéquats (sacs PICS, triple fond)
pour la conservation et le stockage des légumineuses (niébé notamment) et des
céréales.
Recommandations pour le Ghana
La plupart des produits commercialisés par les commerçants ont été achetés auprès
des collecteurs et de certains producteurs avec des contrats de production/commer-
cialisation. En outre, la plupart des pertes chez les commerçants se produisent au
cours du transport et est le résultat de la dispersion des grains ou des blessures de la
peau des tubercules et racines. Les recommandations sont les suivantes :
A l’endroit de l’Etat :
- Développer et mettre en œuvre des modules de formation prenant en compte les
différents segments de la chaîne post-récolte (séchage, battage, vannage des
céréales, stockage, transformation des tubercules,) afin d'améliorer le niveau de
connaissances des producteurs dans ces domaines ;
- Sensibiliser les producteurs sur l’impact des pertes post-récolte et promouvoir les
bonnes pratiques de réduction des pertes post-récolte et de gestion des récoltes ;
- Encourager les commerçants à s’engager avec les producteurs dans des contrats
de production. En effet, un tel partenariat imposera aux producteurs de fournir
aux commerçants des produits de haute qualité répondant aux besoins du marché
; ce qui devra leur garantir un prix de vente rémunérateur et donc des revenus
plus conséquents ;
- Développer et promouvoir des techniques plus efficaces et efficientes de trans-
formation et de conditionnement des produits ;
- Promouvoir l’utilisation de sacs triple-fond dans le stockage de certaines produits
notamment les légumineuses;
- Mettre en œuvre une véritable politique d’investissement dans les techniques et
stratégies de réduction des pertes post-récolte au regard de leur impact sur l’éco-
nomie du pays.
A l’endroit des producteurs :
- Adopter de bonnes pratiques en matière de réduction des pertes post-récolte à
tous les segments de la chaîne post-récolte (notamment à la récolte) ;
- Etablir des relations de partenariat avec les autres acteurs tels que les commer-
çants pour permettre d’offrir des produits de haute qualité leur garantissant de
meilleurs prix de vente sur le marché.
A l’endroit des commerçants et des transformateurs :
- Etablir avec les producteurs des contrats de production et les normes de qualité
des produits répondant aux besoins du marché;
- Utiliser des moyens de transport plus appropriés et adaptés au produit pour ré-
duire les pertes liées à leur transport ;
- Utiliser des technologies plus efficaces et plus efficientes de transformation des
produits notamment les céréales et les tubercules pour réduire l’incidence des
pertes post-récolte ;
- Adopter des technologies plus efficaces d’épluchage des tubercules.
150
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
151
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
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Burkina Faso, Ghana et Sénégal
154
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Récolte 2,5% 3,2% 0,8% 1,3% 2,0% 2,4% 5,4% 3,3% 0,0%
Transport 1,7% 3,5% 0,4% 1,5% 0,2% 0,7% 0,0% 0,4% 0,0%
Séchage 1,3% 6,7% 1,7% 4,9% 7,8% 2,2% 0,0% 0,0% 2,5%
Battage/
Décorti- 1,6% 16,0% 2,1% 4,5% 15,8% 1,4%
cage
Transfor-
6,1% 11,2% 16,3% 21,2% 7,0% 17,8% 9,0% 5,3% 4,8%
mation
(*) Pour le Sénégal, les taux de perte des tubercules ne concernent en fait que le
manioc uniquement
Tableau 6 : Synthèse des pertes post-récolte par segment et par groupe de produits chez les com-
merçants
(*)Pour le Sénégal, les taux de perte des tubercules ne concernent en fait que le
manioc uniquement
155
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 7 : Synthèse des pertes post-récolte par segment et par groupe de produits chez les trans-
formateurs
Transfo-
2,7% 1% 12,9% 8,3% 1,0% 4,8% 2,5% 37,4%
mation
Trans-
Battage/
Produits Récolte Transport Stockage Séchage Vannage forma-
Décorticage
tion
Sorgho 16,3% 5,8% 51,2% 10,5% 7,0% 9,3% 0,0%
Mil 26,0% 20,2% 36,5% 8,7% 2,9% 4,8% 1,0%
Mais 45,8% 8,3% 27,1% 4,2% 12,5% 2,1% 0,0%
Riz 44,3% 13,4% 5,2% 3,1% 22,7% 9,3% 2,1%
Céréales 27,6% 11,2 % 37,8% 8,0% 8,4% 6,6% 0,5%
Igname 61,3% 0,0% 38,8% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
156
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 9: Répartition des pertes post-récolte cumulées selon les différentes phases du processus
de transformation où les pertes sont importantes- Burkina
Décorticage/
Produits Vannage Mouture Cuisson Séchage Autre
épluchage
157
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 11 : Fréquence de préparation des repas contenant chacune des denrées- Sénégal
Une fois par
Tous les jours Tous les 2 jours Tous les 3 jours
semaine
Mil 96,6% 3,4% 0,0% 0,0%
Maïs 80,3% 16,7% 3,0% 0,0%
Riz 97,8% 2,2% 0,0% 0,0%
Sorgho 80,6% 19,4% 0,0% 0,0%
Céréales 88,8% 10,4% 0,8% 0,0%
Manioc 46,4% 25,0% 17,9% 10,7%
Tubercules 46,4% 25,0% 17,9% 10,7%
Niébé 95,2% 4,8% 0,0% 0,0%
Arachide 40,7% 20,4% 38,9% 0,0%
Légumineuses 68,0% 12,6% 19,5% 0,0%
Tableau 12 : Fréquence de préparation des repas contenant chacune des denrées- Ghana
158
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 14: Période de l’année où la fréquence des repas jetés est-importante- Sénégal
Pendant les
A la récolte Jour ordinaire Saison sèche
fêtes
Mil 37,2% 11,6% 11,6% 32,6%
Maïs 55,6% 44,4% 0,0% 0,0%
Riz 0,0% 0,0% 100,0% 0,0%
Sorgho 63,6% 0,0% 9,1% 27,3%
Céréales 39,1% 14,0% 30,2% 15,0%
Manioc 66,7% 11,1% 22,2% 0,0%
Tubercules 66,7% 11,1% 22,2% 0,0%
Niébé 13,2% 34,2% 50,0% 0,0%
Arachide 30,8% 30,8% 30,8% 0,0%
Légumineuses 22,0% 32,5% 40,4% 0,0%
159
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Pendant les
Produits A la récolte Jour ordinaire Autre
fêtes
Sorgho 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Mil 88,6% 0,0% 8,6% 2,9%
Mais 96,0% 2,0% 0,0% 2,0%
Riz 77,8% 11,1% 11,1% 0,0%
Céréales 90,6% 3,3% 4,9% 1,2%
Igname 90,0% 0,0% 0,0% 10,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 95,0% 0,0% 0,0% 5,0%
Niébé 25,0% 0,0% 75,0% 0,0%
Arachide 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 12,5% 0,0% 37,5% 0,0%
Total 90,6% 3,3% 4,9% 1,2%
Tableau 16: Répartition des ménages selon la cause principale du gaspillage de la nourriture- Bur-
kina
Problème de
Qualité du
gestion des Saisonnalité Autre
produit jeté
denrées
Sorgho 81,4% 3,7% 14,6% 0,3%
Mil 91,8% 0,0% 6,8% 1,4%
Mais 81,0% 10,8% 4,5% 3,7%
Riz 81,1% 5,9% 4,3% 8,7%
Céréales 82,1% 6,4% 8,1% 3,4%
Igname 91,7% 8,3% 0,0% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 100,0% 0,0%
Tubercules 89,3% 8,1% 2,5% 0,0%
Niébé 81,3% 18,7% 0,0% 0,0%
Arachide 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Légumineuses 91,5% 8,5% 0,0% 0,0%
Total 83,0% 6,6% 7,4% 3,0%
160
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 17: Répartition des ménages selon la cause principale du gaspillage de la nourriture- Sénégal
Problème de
Qualité du
gestion des Saisonnalité Imprévues
produit jeté
denrées
Mil 86,4% 13,6% 0,0% 0,0%
Maïs 66,7% 22,2% 11,1% 0,0%
Riz 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 81,8% 9,1% 9,1% 0,0%
Céréales 83,7% 11,2% 5,1% 0,0%
Manioc 88,9% 11,1% 0,0% 0,0%
Tubercules 88,9% 11,1% 0,0% 0,0%
Niébé 63,2% 31,6% 2,6% 2,6%
Arachide 84,6% 0,0% 15,4% 0,0%
Légumineuses 73,9% 15,8% 9,0% 1,3%
Tableau 18 : Opinions des ménages sur les causes principales des pertes à la récolte chez les
ménages agricoles- Burkina
Forme du
Récolte Récolte Méthode de
produit Autre
anticipée tardive récolte
récolté
Sorgho 42,9% 18,9% 35,9% 0,1% 2,2%
Mil 22,8% 16,8% 48,3% 8,6% 3,5%
Mais 6,1% 22,5% 71,1% 0,2% 0,1%
Riz 5,5% 10,0% 84,2% 0,3% 0,0%
Céréales 20,6% 18,1% 59,0% 1,1% 1,2%
Igname 8,8% 0,0% 88,3% 2,9% 0,0%
Manioc 15,0% 43,7% 30,8% 7,4% 3,1%
Tubercules 12,1% 23,6% 57,2% 5,3% 1,7%
Niébé 3,5% 20,8% 72,5% 2,0% 1,3%
Arachide 77,6% 15,3% 7,1% 0,0% 0,0%
161
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 19: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées à la récolte chez les ménages
agricoles- Sénégal
Forme du
Récolte Récolte Méthode de
produit Autres
anticipée tardive récolte
récolté
Mil 1,8% 22,5% 54,1% 2,7% 18,9%
Maïs 47,6% 31,7% 20,6% 0,0% 0,0%
Riz 33,3% 66,7% 0,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 2,9% 38,2% 44,1% 8,8% 5,9%
Céréales 21,4% 39,8% 29,7% 2,9% 6,2%
Manioc 12,5% 21,9% 46,9% 15,6% 3,1%
Tubercules 12,5% 21,9% 46,9% 15,6% 3,1%
Niébé 28,6% 47,6% 23,8% 0,0% 0,0%
Arachide 10,0% 20,0% 47,5% 12,5% 10,0%
Tableau 20 : Opinions des ménages sur les causes des pertes liées à la récolte chez les ménages
agricoles-Ghana
Forme du
Récolte Récolte Méthode de
produit Autre
anticipée tardive récolte
récolté
Mil 5,7% 54,3% 37,1% 0,0% 2,9%
Maïs 1,3% 17,5% 77,3% 1,3% 2,6%
Riz 0,0% 43,8% 37,5% 12,5% 6,3%
Sorgho 3,6% 67,9% 14,3% 7,1% 7,1%
Céréales 2,7% 45,9% 41,6% 5,2% 4,7%
Igname 0,0% 5,6% 91,7% 2,8% 0,0%
Manioc 0,0% 0,0% 100,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 0,0% 2,8% 95,9% 1,4% 0,0%
Niébé 9,1% 81,8% 9,1% 0,0% 0,0%
Arachide 11,1% 44,4% 44,4% 0,0% 0,0%
162
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 21: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées au transport- Burkina
Moyen de Méthode Forme du
Non
transport liée à la produit Autre
conditionnement
utilisé manutention transporté
Sorgho 36,6% 13,7% 48,1% 0,4% 1,2%
Mil 34,9% 28,1% 28,1% 5,8% 3,1%
Mais 52,1% 36,2% 2,6% 2,8% 6,3%
Riz 62,4% 0,0% 36,2% 0,0% 1,4%
Céréales 44,3% 25,0% 24,8% 2,1% 3,7%
Igname 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 97,4% 1,7% 0,9% 0,0% 0,0%
Arachide 75,5% 12,1% 1,5% 10,9% 0,0%
Tableau 22: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées au transport-Sénégal
163
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 23: Opinions des ménages sur les causes des pertes liées au transport-Ghana
Forme du
Moyen de Méthode liée à Non
produit
transport utilisé la manutention conditionnement
transporté
Mil 72,7% 27,3% 0,0% 0,0%
Maïs 60,4% 39,6% 0,0% 0,0%
Riz 80,0% 20,0% 0,0% 0,0%
Sorgho 37,0% 63,0% 0,0% 0,0%
Céréales 62,5% 37,5% 0,0% 0,0%
Igname 52,5% 47,5% 0,0% 0,0%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 76,3% 23,8% 0,0% 0,0%
Niébé 27,3% 68,2% 4,5% 0,0%
Arachide 57,1% 42,9% 0,0% 0,0%
Légumineuses 42,2% 55,6% 2,3% 0,0%
Total 60,3% 38,9% 0,8% 0,0%
Tableau 24: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes au niveau du séchage-
Burkina
164
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 25: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes au niveau du séchage-
Sénégal
Tableau 26: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes au niveau du séchage-
Ghana
Technique de
Oiseaux/animaux Autre
séchage utilisée
Mil 17,1% 82,9% 0,0%
Maïs 37,1% 60,0% 2,9%
Riz 40,0% 60,0% 0,0%
Sorgho 9,4% 90,6% 0,0%
Céréales 25,9% 73,4% 0,7%
Igname
Manioc
Tubercules
Niébé 4,2% 91,7% 4,2%
Arachide 40,0% 60,0% 0,0%
Légumineuses 22,1% 75,9% 2,1%
Total 24,0% 74,6% 1,4%
165
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 27: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
consommation-Burkina
Tableau 28: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
consommation-Sénégal
Tech-
Qualité tech-
nique Qualité lieu retard
Période du nique
de du ron- de du
de traite- de Autre
stock- produit geur stocka traite-
stockage ment bat-
age stocké ge ment
du stock teuse
utilisée
Mil 55,8% 1,2% 4,7% 2,3% 0,0% 3,5% 1,2% 1,2% 30,2%
Maïs 91,7% 0,0% 0,0% 4,2% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 4,2%
Riz 70,0% 3,3% 6,7% 0,0% 13,3% 0,0% 0,0% 0,0% 6,7%
Sorgho 42,9% 28,6% 9,5% 9,5% 0,0% 4,8% 0,0% 0,0% 4,8%
Céréales 65,1% 8,3% 5,2% 4,0% 3,3% 2,1% 0,3% 0,3% 11,5%
Manioc 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Tubercules 100,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Niébé 67,6% 11,8% 5,9% 14,7% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0% 0,0%
Arachide 34,3% 34,3% 2,9% 5,7% 0,0% 0,0% 2,9% 2,9% 17,1%
Légumineuses 51,0% 23,0% 4,4% 10,2% 0,0% 0,0% 1,4% 1,4% 8,6%
166
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 29: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
consommation-Ghana
Tableau 30 : Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
vente-Burkina
167
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 31: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
vente-Sénégal
tech-
nique de
Technique Qualité stockage
Période
de du Aucune produit utilisé et
de rongeur Autre
stockage produit vente utilisé qualité
utilisée stockage stocké du
produit
stocké
Mil 47,1% 0,0% 11,8% 5,9% 0,0% 0,0% 23,5% 11,8%
168
Burkina Faso, Ghana et Sénégal
Tableau 32: Opinions des ménages sur les causes principales des pertes de stock destiné à la
vente-Ghana
169