CHAPITRE II : GENERALITES SUR LA CONCEPTION STRUCTURALE
La stabilité des structures dépend principalement des matériaux utilisés pour leur construction.
Ces matériaux sont sélectionnés en fonction de plusieurs critères, tels que le coût, la disponibilité
et la facilité de mise en œuvre, qui influencent directement leur résistance mécanique. Cette
dernière est un facteur crucial pour assurer la solidité des constructions.
Dans un projet de construction métallique, l'optimisation des matériaux est essentielle. Le choix
des profilés joue un rôle clé dans cette optimisation, car leurs caractéristiques doivent être
adaptées aux sollicitations structurelles, comme la traction, la compression, la flexion simple ou
composée. Pour ce projet, les éléments structuraux sont en acier, tandis que le béton est utilisé
pour les fondations, les planchers collaborants et les ouvrages annexes tels que les escaliers et les
cages d'ascenseur.
II.1. ACIER
Pour concevoir, dimensionner et réaliser un projet de construction métallique, une connaissance
approfondie de l'acier est indispensable. Cette connaissance permet également de déterminer la
résistance des différents éléments structurels constitués de profilés en acier.
Définition et composition chimique de l'acier (HOUANOU K. A., 2016)
L'acier est un matériau principalement composé de fer, avec une teneur en carbone inférieure à
2%. Il peut également contenir d'autres éléments d'alliage comme le manganèse, le silicium ou le
chrome. Le carbone a l'impact le plus significatif sur les propriétés de l'acier. Lorsque la
proportion d'éléments d'alliage dépasse 0,5%, on parle d'acier allié ; en dessous de cette valeur, il
s'agit d'acier non allié.
Les aciers de construction contiennent entre 0,1% et 1% de carbone, ainsi que des éléments
d'addition qui améliorent leurs propriétés. Par exemple, le tungstène augmente la résistance
mécanique, tandis que le cuivre améliore la résistance à la corrosion. La composition de l'acier
détermine ses propriétés mécaniques et technologiques
Types d’acier (HOUANOU K. A., 2016)
On distingue trois principaux types d’acier : les aciers au carbone dits non alliés, les aciers alliés
et les fontes. Les aciers au carbone contiennent entre 0,06 et 2,11% de carbone, en deçà de 0,06%,
le métal est considéré comme du fer. Il en existe plusieurs catégories fonction de leur teneur en
carbone. On distingue l’acier doux, l’acier semi-dur, l’acier dur, l’acier très dur, etc.
Les aciers alliés comme dit précédemment contiennent des éléments d’alliage. Si ces éléments
excèdent 5% de la composition de l’acier, on parle d’aciers fortement alliés. On parle de fonte
lorsque la quantité de carbone dépasse 2,11%. Elles ont la particularité d’être dures et facile à
mouler mais elles sont fragiles et difficiles à souder.
II.1.1. Types de poutrelles utilisés en construction métallique
En construction métallique, les poutrelles utilisées sont de différentes formes de section (en I, en
U, en H, en L, en T, etc.). Le choix d’un type de poutrelle comme élément d’ossature dépend des
caractéristiques recherchées. On distingue entre autres : Les poutrelles en I (HOUANOU K. A.,
2016) Les poutrelles en I sont de deux sortes :
IPN : poutrelles en I normales. Les ailes sont d’épaisseurs variables, ce qui
entraine des difficultés pour les attaches. Les hauteurs varient entre 80 et 600mm ;
IPE : poutrelles en I européennes. Les ailes présentent des bords parallèles, les
extrémités sont à angles vifs (seuls les angles rentrants sont arrondis). Les IPE sont
d’usage plus courant que les IPN car ils sont plus commodes à utiliser. Les
hauteurs disponibles vont de 80 mm à 750 mm.
Les sections en I sont le plus souvent utilisées comme poutres dans les ossatures.
• Les poutrelles en H (LANDOWSKI M. et LEMOINE B., 2005)
Ces poutrelles sont semblables aux poutrelles en I mais ont de plus larges ailes. Les
hauteurs varient entre 100 mm et 1000 mm. Elles se décomposent en trois séries : HEA,
HEB et HEM.
HEA : elles ont une âme plutôt mince. Elles sont utilisées dans les ossatures
comme poteaux et peuvent être utilisées comme poutres lorsque les sections en I
qui reprendraient la même charge sont trop grandes ;
HEB : elles sont plus lourdes que les HEA mais moins encombrantes ;
HEM : elles ont des ailes et des âmes renforcées et sont le plus souvent utilisées
comme pieux pour les fondations.
• Les poutrelles en U (LANDOWSKI M. et LEMOINE B., 2005)
Les poutrelles en U sont souvent utilisées comme éléments de treillis (membrures,
montants, diagonales) et dans les assemblages. Elles peuvent aussi constituer des poteaux
ou des poutres composées lorsqu’elles sont associées entre elles. Les hauteurs disponibles
vont de 80mm à 400mm. Il existe deux sortes de profilés en U : les UPN et les UAP/UPE.
UAP : elles ont des ailes à bords parallèles et sont plus commodes à mettre en
œuvre ;
UPN : elles sont moins commodes d’utilisation en raison de leurs ailes inclinées.
• Les poutrelles en L (LANDOWSKI M. et LEMOINE B., 2005)
Généralement appelées cornières, ce sont des profilés à ailes perpendiculaires. Elles sont
le plus souvent utilisées comme éléments de poutres en treillis ou de ferme. Les hauteurs
disponibles varient entre 20 mm et 200 mm.
• Les poutrelles en T (LANDOWSKI M. et LEMOINE B., 2005)
Elles proviennent de la découpe des poutrelles en I ou en H. Elles sont souvent employées
comme membrures de poutres en treillis. Les hauteurs disponibles vont de 25 mm à 80
mm.
II.1.2. Caractéristiques mécaniques des aciers de construction
Les aciers de construction de structures métalliques sont réglementés par la norme européenne
EN10025. Dans cette norme, les aciers sont définis par leur nuance et leurs caractéristiques
mécaniques. La nuance la plus couramment utilisée pour les aciers de construction est la nuance
S235. Les caractéristiques des aciers de construction sont données dans le tableau ci-après :
Tableau II-1 : Caractéristiques mécaniques des aciers
de construction (NF EN 1993-1-1)
II.1.3. Avantages et inconvénients de l’utilisation de l’acier en ossature
L’utilisation de l’acier dans l’ossature présente d’énormes avantages mais aussi certains
inconvénients. Les avantages que l’acier offre sont :
le gain de temps à cause de la préfabrication en usine ;
la grande résistance de l’acier à la traction qui permet de franchir de grandes
portées ;
la réduction des tailles des fondations liée à la légèreté de l’ossature ; la
résistance aux séismes à cause de la ductilité de l’acier et de sa légèreté ; la
grande variété de possibilités architecturales.
Les inconvénients qu’il présente sont :
la dilatation de l’acier sous l’effet de la chaleur des incendies, ce qui entraîne des
contraintes intolérables sur les murs et les dalles. Ce qui peut exiger des mesures
de protection onéreuses ;
la nécessité d’entretien régulier des revêtements protecteurs contre la corrosion
pour
assurer la pérennité de l’ouvrage ;
la susceptibilité aux phénomènes d’instabilité élastique dues à la minceur des
profilés.
II.1.4. Bases de dimensionnement des ossatures métalliques
II.1.4.1. Principe général de dimensionnement
Pour garantir sa stabilité structurale, la vérification par le calcul est l’une des méthodes utilisées.
Le principe consiste à comparer la valeur de l’effort sollicitant à la résistance de l’élément vis-àvis
de cette sollicitation. Pour des raisons de sécurité, un coefficient est appliqué à la résistance ultime
de l’élément afin de constituer une marge supplémentaire à la résistance et d’éviter la rupture
prématurée de l’élément. (HOUANOU K. A., 2016) Cela est traduit par l’équation suivante :
Sd ≤ R d
R
Rd =
γd
Sd : valeur de dimensionnement de la sollicitation ;
R : valeur de la résistance ultime de l’élément ;
γd : coefficient partiel de sécurité.
II.1.4.2. Phénomènes d’instabilité élastique
Les phénomènes d’instabilité élastique sont fréquents dans le domaine de la construction
métallique à cause des éléments minces utilisés. Ils sont au nombre de trois :
le flambement qui affecte les éléments comprimés ;
le déversement qui affecte les pièces fléchies non maintenues latéralement ;
le voilement qui affecte les âmes des pièces fléchies.
Les phénomènes d’instabilité élastique sont à la base de la réduction des résistances des sections
aux différentes charges. Il est donc important de bien les étudier lors du dimensionnement des
éléments.
II.1.4.3. Classes des sections transversales
Dans le domaine de la construction métallique, les aciers utilisés peuvent, sous l’effet des
sollicitations de compression, subir un voilement local entraînant la limitation de leurs capacités
de résistance. Afin de faire une utilisation optimale des aciers de construction, l’Eurocode 3 a
instauré une classification des sections en fonction de l’élancement des parois, du risque de
voilement local, de la capacité de rotation plastique. Cette classification permet de déterminer si la
section peut être vérifiée selon sa résistance plastique, sa résistance élastique ou pour une valeur
inférieure à la résistance élastique. (HOUANOU K.A., 2016)
Quatre classes de section ont été définies allant de la classe 1 qui est la plus performante à la
classe 4 qui est la moins performante :
Classe 1 : sections transversales où peut se former une rotule plastique possédant la
capacité exigée pour l’analyse plastique ;
Classe 2 : sections transversales qui, bien qu’elles soient capables de développer un
moment plastique ont une capacité de rotation limitée sous un moment constant ;
Classe 3 : sections transversales pour lesquelles, en supposant une distribution élastique
des contraintes, la contrainte calculée dans la fibre extrême comprimée de la barre en acier
peut atteindre la limite d’élasticité, le voilement local est susceptible d’empêcher le
développement du moment résistant plastique ;
Classe 4 : sections transversales pour lesquelles le voilement local se produit avant
l’atteinte de la limite d’élasticité dans une ou plusieurs parois de la section transversale.
Dans ce type de section, une prise en compte des effets de voilement local est nécessaire.
Il est donc important de déterminer la classe de la section transversale de l’élément avant de
procéder à toute vérification. Les tableaux permettant de déterminer la classe des sections sont
donnés en annexe 4.
II.1.4.4. Facteurs partiels de sécurité (HOUANOU K. A., 2016)
Les résistances de calcul sont affectées d’un facteur partiel de sécurité γ M dont les valeurs sont
présentées dans le tableau suivant :
Tableau II-2 : Facteurs partiels de sécurité des
résistances
Résistance concernée Symbole Domaine d’application Valeurs
Résistance des sections γM0 • Sections brutes de classe 1, 2, 3 1 ou 1,1
γM1 γM2 1,1
• Sections brutes de classe 4
• Sections nettes au droit des trous 1,25
de boulons
Résistance des pièces à γM1 • Flambement 1,1
l’instabilité élastique
γM1 • Déversement
γM1 • Voilement
Résistance des Assemblages par boulons ordinaires
assemblages 1,25
γMb • Sollicités en cisaillement
γMr γMj • Sollicités en traction 1,50
Assemblages par soudure
• S235 1,25
• S275 1,30
1,35
• S355
II.1.4.5. Assemblages
Dans une ossature métallique, les assemblages sont les zones les plus fragiles. Il convient d’y
attacher une attention particulière. Les assemblages ont pour principale fonction de transmettre
correctement les efforts entre les éléments qu’ils réunissent. En construction métallique, il existe
deux principaux modes d’assemblages : le boulonnage et le soudage.
II.1.4.5.1. Assemblages boulonnés (MOREL J., 2005)
En terme d’assemblages boulonnés, il existe deux types de boulons à savoir les boulons ordinaires
et les boulons précontraints.
Les boulons ordinaires sont mis en place par serrage sans spécification particulière tandis que les
boulons précontraints sont mis en œuvre avec un serrage nécessairement contrôlé. Ainsi, deux
modes de transmission des efforts sont à distinguer : le fonctionnement par obstacle et le
fonctionnement par adhérence.
• Fonctionnement par obstacle : il concerne les boulons ordinaires dont les tiges reprennent
les efforts et fonctionnent en cisaillement.
• Fonctionnement par adhérence : la transmission des efforts s’opère par adhérence des
pièces en contact. Cela concerne les boulons précontraints.
Les caractéristiques mécaniques et géométriques de chaque type de boulons sont présentées dans
les tableaux suivants :
Tableau II-3 : Caractéristiques mécaniques des boulons
(MUZEAU J.P., 2010)
Classe de boulon 4.6 4.8 5.6 5.8 6.8 8.8 10.9
fub 400 400 500 500 600 800 1000
fyb 240 320 300 400 480 640 900
Tableau II-4 : Caractéristiques géométriques des
boulons (MUZEAU J.P., 2010)
Caractéristiques dimensionnelles des boulons
Diamètre nominal d (en 12 14 16 18 20 22 24 27 30 33 36
mm)
Diamètre du trou d0 (en 13 15 18 20 22 24 26 30 33 36 39
mm)
Section nominale A (en 113 154 201 254 314 380 452 573 707 855 1018
mm²)
Section résistante As (en 84,3 115 157 192 245 303 353 459 561 694 817
mm²)
II.1.4.5.2. Assemblages par soudage (MOREL J., 2005)
Le soudage est un procédé qui permet d’assembler des pièces par liaison intime de la matière,
obtenue par fusion ou plastification. Cela implique la présence d’une source de chaleur
(électrique, chimique ou mécanique) suffisante pour obtenir la fusion du matériau. Le matériau
doit également présenter une aptitude à être soudé, encore appelée la soudabilité.
Comparé au boulonnage, le soudage est un procédé qui présente quelques avantages :
- il assure la continuité des matières et garantit ainsi une bonne transmission des
sollicitations ;
- il est de moindre encombrement et plus esthétique ;
- il dispense de pièces secondaires telles que les goussets, les attaches, etc.
En revanche, il dispose aussi de quelques inconvénients :
- le coût élevé du contrôle des soudures ;
- une main d’œuvre qualifiée et un matériel spécifique pour réussir le soudage.
Les procédés de soudage utilisés en construction métallique se déclinent en trois catégories
(MUZEAU J.P., 2010) :
• Le soudage manuel avec électrode enrobée : c’est le seul moyen pour réaliser des soudures
d’accès difficile ou des soudures de petite longueur. Il nécessite une main d’œuvre de
qualité pour assurer des soudures de bonne qualité ;
• Le soudage semi-automatique : il procède par avancement automatique de l’électrode avec
une torche tenue à la main. C’est le procédé le plus couramment utilisé ;
• Le soudage automatique : dans ce procédé, la tête de soudage est montée soit sur un
chariot dont l’avancement est automatique, soit sur un robot de soudage. Ce procédé
permet de réaliser des soudures continues d’une certaine longueur telles que les
assemblages âme/semelles des profilés reconstitués soudés par exemple.
II.2. BETON DE CIMENT
Le béton de ciment est un matériau de construction hétérogène constitué essentiellement d’un
mélange dans des proportions bien définies de matériaux inertes appelés granulats (sable, gravier),
du ciment, de l’eau de gâchage et d’éventuels adjuvants pour en modifier les propriétés.
Le béton est un matériau économique qui résiste bien à la compression. C’est le matériau de
construction le plus utilisé au monde, que ce soit en bâtiment ou en travaux publics. C’est à juste
titre car il est résistant, durable, polyvalent et facile à manipuler, ce qui le rend performant.
Les qualités recherchées dans la confection du béton de ciment sont :
- une bonne résistance mécanique ;
- une bonne étanchéité ;
- une bonne ouvrabilité ;
- un retrait minimum.
Pour atteindre ces objectifs, il faut agir sur certains paramètres :
- la qualité du liant et des granulats (bonne granulométrie, propreté) ;
- le respect du dosage ;
- la quantité d’eau de gâchage ;
- un bon malaxage lors de la confection ;
- une bonne vibration du béton ;
- la température et le degré hygrométrique de l’air ; - un personnel de qualité pour
l’exécution.
II.2.1. Phénomènes physiques
II.2.1.1. Retrait
Le béton après confection contient un excès d’eau. Si la pièce en béton durcit dans une
atmosphère non saturée en humidité, l’eau en excès va disparaître peu à peu, à la fois par
évaporation et en réaction chimique avec le ciment. Cette disparition s’accompagne d’une
diminution du volume appelé retrait.
II.2.1.2. Fluage
Le fluage est un phénomène physique qui provoque la déformation irréversible d’un matériau
soumis à une contrainte constante pendant une durée infinie. Il dépend des caractéristiques du
béton, de son âge de maturité et de l’épaisseur de l’ouvrage.
II.2.2. Caractéristiques mécaniques du béton
Résistance en compression
La résistance caractéristique mesurée à 28 jours est f c28 dont la valeur est comprise entre 20 N/mm²
et 50 N/mm². La valeur de cette résistance dépend de la classe de résistance du béton.
La résistance en compression à l’âge t dépend du type de ciment, de la température et des
conditions de cure. Elle vaut : fcm (t) = βcc(t).fcm
[ √ ]
Avec βcc(t) = exp ( s 1−
28
t
et fcm = fck + 8
- fcm (t) : résistance moyenne en compression du béton à l’âge de t jours ;
- fcm : résistance moyenne en compression du béton à 28 jours ;
- fck : résistance caractéristique du béton en compression ;
- βcc(t) : coefficient dépendant de l’âge t du béton ;
- t : âge du béton en jours ;
- s : coefficient dépendant du type de ciment.
Résistance en traction
Sa résistance caractéristique à 28 jours est notée fctm. Elle
vaut : fctm = 0,3 [fck]2/3 pour fck ≤ 50MPa fctm = 2,12.ln(1+ )
avec fck > 50MPa
Coefficient de poisson
Pour les calculs, il y a lieu de considérer la valeur nominale du coefficient de Poisson :
- 0,2 pour le béton tendu non fissuré ;
- 0 pour le béton tendu fissuré.
CHAPITRE III : NORMES ET HYPOTHESES RELATIVES AU PROJET
Le présent projet de construction démarre par une phase de conception qui est la première étape
dans l’étude du projet. Pour cela, ce chapitre sera consacré à la présentation de la structure
porteuse du bâtiment ainsi que des hypothèses et normes de calcul utilisées pour étudier
l’ossature.
III.1. STRUCTURE PORTEUSE
Figure III-1 : Vue en 3D de l’ossature du bâtiment
III.1.1. Planchers
Les planchers du bâtiment de notre projet sont des planchers mixtes associant l’acier et le béton.
Un plancher collaborant se compose d’un bac acier en tôle mince nervuré sur lequel la dalle en
béton est coulée. En phase de montage, la tôle sert de coffrage pour recevoir le béton frais puis
après durcissement de ce dernier (phase mixte), elle collabore avec le béton grâce à ses nervures
pour jouer le rôle d’armatures inférieurs. Les avantages que confèrent ce plancher sont de
plusieurs ordres :
• Une résistance et une capacité portante élevée ; les bacs aciers peuvent supporter les
charges de chantier pendant le montage sur de grandes portées (entre 5m et 6m sans
étayage préalable) ;
• La légèreté que les bacs confèrent au plancher pour réduire la quantité de béton utilisée en
remplaçant les armatures devant se trouver dans la partie inférieure de la dalle en béton ;
• La facilité de mise en œuvre et le temps de pose qui sont optimaux.
Le plancher collaborant est composé de différents éléments illustrés dans la figure suivante :
Figure III-2 : Composition type d’un plancher collaborant
III.1.2. Les poutres
III.1.2.1. Les solives
Une solive encore appelée poutre secondaire est une poutre reliée à la dalle par connexion assurée
dans notre cas par des goujons. Cette connexion permet, non seulement de retenir la solive contre
toute instabilité, d’empêcher le glissement entre la solive et la dalle mais aussi de reprendre les
charges de la dalle. Ces charges seront ensuite transmises aux poutres principales par un
assemblage poutre-poutre. Les solives sont simplement appuyées à leurs extrémités sur les
poutres principales qui sont articulées aux poteaux. Ces poutres sont des profilés laminés en I plus
précisément des IPE.
III.1.2.2. Les poutres principales
Les poutres principales reprennent les charges des solives, des planchers et les transmettent aux
poteaux à travers l’assemblage poutre-poteau qui transfère les moments en empêchant toute
rotation au nœud. Le choix de cette liaison permet aussi de réduire la taille de section du profilé à
utiliser en permettant de franchir une grande portée. Les poutres principales sont aussi des IPE.
III.1.2.3. Les poteaux
Les poteaux de la structure sont continus et reçoivent les poutres principales de chaque plancher
en formant des encastrements aux différents nœuds. Cette configuration permet de réduire
l’élancement du poteau. Les poteaux utilisés pour ce bâtiment sont des profilés laminés en H.
III.2. REGLEMENTS ET NORMES DE CALCUL
L’étude de l’ouvrage de notre projet tient compte des règlements en vigueur actuellement que sont
les Eurocodes structuraux. Ces règlements ont été utilisés car ils sont le résultat d’innovations en
termes de méthodes de calcul d’ouvrage de génie civil en construction métallique sur les plans de
sécurité des ouvrages et de résistance des profilés métalliques.
Les normes et règlements utilisés dans le présent document sont consignés dans ce tableau :
Tableau III-1 : Normes et règlements utilisés
Normes et règlements Titres
Eurocode 0 Bases de calcul des structures
Eurocode 1 Actions sur les structures
Partie 1.1 Actions générales-Poids volumiques, poids
propres, charges d’exploitation des bâtiments
Partie 1.4 Actions générales-Actions du vent
Eurocode 2 Calcul des structures en béton
Partie 1.1 Règles générales et règles pour les bâtiments
Eurocode 3 Calcul des structures en acier
Partie 1.1 Règles générales et règles pour les bâtiments
Partie 1.8 Calcul des assemblages
Tableau III-1 : Normes et règlements utilisés (Suite et fin)
Normes et règlements Titres
Eurocode 4 Calcul des structures mixtes acier-béton
Partie 1.1 Règles générales et règles pour les bâtiments
Bael 91 Révisé 99 Calcul des structures en béton
III.3. CARACTERISTIQUES DES MATERIAUX ET HYPOTHESES DE CALCUL
III.3.1. Le béton
Le béton est utilisé pour réaliser l’infrastructure, les escaliers, les planchers et l’ascenseur. Ses
caractéristiques sont les suivantes :
la résistance caractéristique en compression à 28 jours fc28 = 25MPa
le coefficient de sécurité γc = 1,5 ;
le module d’élasticité sécant Ecm = 31000 N/mm².
III.3.2. Acier d’armature
Les aciers d’armature utilisés présentent les caractéristiques suivantes :
ces aciers sont des aciers haute adhérence (HA) de limite d’élasticité fsk = 400 MPa ;
le coefficient de sécurité γs = 1,15 ;
la valeur de calcul de la limite d’élasticité :
le module d’élasticité Es = 210000 N/mm
III.3.3. Acier de construction
Les profilés utilisés pour l’ossature du bâtiment sont des profilés en acier (I et H) fournis dans le
catalogue de l’entreprise Profil ARBED. Ils présentent les caractéristiques qui suivent :
• la limite d’élasticité : fy = 235 MPa ;
• le coefficient de sécurité γM0 = 1,1 ;
• la résistance à la traction fu =360 N/mm² ;
• le module de Young E = 210000 N/mm² ;
• le module de coulomb G = 81000 N/mm² ;
• le coefficient de Poisson ν = 0,3 ;
• la masse volumique ρ =7850 Kg/m3
III.3.4. Bac acier
Le bac acier à utiliser pour la réalisation des planchers collaborant est le Cofrastra 40. Le choix
des dimensions du bac a été fait sur la base des tableaux de performances mécaniques fournis par
le catalogue ArcelorMittal Construction/France en annexe 3. Le catalogue présente les
caractéristiques suivantes :
• la valeur caractéristique de la limite d’élasticité du bac acier est : f yp,k = 350 N/mm² ;
la valeur de calcul de la limite d’élasticité du bac acier est :
γM = 1 car l’acier bénéficie de la marque NF ;
les coefficients de glissement : m = 276 N/mm² et k = 1,28 N/mm² ;
les caractéristiques géométriques du bac acier sont illustrés sur la figure qui suit :
Figure III-3 : Caractéristiques du bac acier Cofrastra 40 (ARCELORMITTAL Construction
France, 2021)
III.3.5. Boulons
Les boulons utilisés pour la réalisation des assemblages seront des boulons ordinaires de classe
4.8 ; 6.8 ; 8.8 ou 10.9.
Tableau III-2 : Caractéristiques mécaniques des
boulons utilisés
Classe 4.8 6.8 8.8 10.9
𝒇𝒖𝒃 400 600 800 1000
𝒇𝒚𝒃 320 480 640 900
𝜶𝒗 0,5 0,5 0,6 0,5
III.3.6. Soudures
Le matériau d’apport de soudure sera en acier soudable de type S235 :
• la résistance à la traction fu = 360N/mm² ;
• le module d’élasticité longitudinal E = 210000N/mm².
III.3.7. Sol du site d’implantation
Le bâtiment sera implanté sur la parcelle de M. ABALLO Daniel sise dans l’arrondissement
d’Akassato dans la commune d’Abomey-Calavi. La contrainte admissible du sol est supposée
σsol =2 bars. La profondeur d’ancrage sera définie par les essais géotechniques.
III.3.8. Système de repérage
Le système utilisé est un système d’axes de coordonnées cartésiennes dont l’origine passe par le
centre de gravité de la section considérée.
- L’axe (y-y) est l’axe de forte inertie (axe parallèle aux semelles ou à la plus petite aile) ;
- L’axe (z-z) est l’axe de faible inertie (axe perpendiculaire aux semelles ou à la plus petite
aile) ;
- L’axe (x-x) est l’axe longitudinal.
Figure 3- 1 : Système de repérage d’un profilé
CHAPITRE IV ; METHODOLOGIE DE DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS
STRUCTURAUX
Pour faire une étude complète du bâtiment, il est nécessaire de procéder au dimensionnement des
éléments composant son ossature. L’Eurocode 3 et l’Eurocode 4 donnent différentes instructions
pour les vérifications des éléments face aux sollicitations. Cependant, ils ne donnent pas de détail
sur la manière de débuter ces dites vérifications ainsi que l’ordonnancement de la procédure de
vérification.
Le présent chapitre traite des différentes étapes suivies pour effectuer le dimensionnement de
chacun des éléments constituant l’ossature du bâtiment.
IV.1. LES POUTRES PRINCIPALES
Une poutre est un élément structural horizontal soumis à un chargement perpendiculaire à son axe
longitudinal. Une poutre est donc généralement un élément qui travaille en flexion. De ce fait, la
poutre doit être dimensionnée pour résister au moment de flexion et à l’effort tranchant induit par
le chargement.
Les poutres peuvent être rangées en deux catégories : les poutres principales et les poutres
secondaires. Une poutre principale reçoit la charge d’une poutre secondaire encore appelée solive
et la transmet aux poteaux sur lesquels elle s’appuie. Une poutre secondaire quant à elle reçoit les
charges du plancher qu’elle transmet aux poutres principales ou aux poteaux sur lesquels elle
s’appuie.
Une poutre peut être tenue latéralement sur toute sa longueur ou non. Lorsque la poutre est tenue
latéralement sur sa longueur, la rotation autour de son axe longitudinal (x-x) est empêchée. Ceci
est le cas des solives de plancher, des poutres principales sur lesquelles sont assemblées d’autres
poutres secondaires, des poutres encastrées dans du béton.
Lorsque la poutre n’est pas tenue latéralement sur toute sa longueur, la rotation autour de son axe
longitudinal (x-x) n’est pas empêchée, donc la poutre est libre de se déformer transversalement
(HEJAZI F. & CHUN T. K., 2018).
Le dimensionnement d’un élément fléchi en construction métallique consiste en la détermination
du profilé métallique dont la section satisfait :
• Les conditions de résistance face aux risques de défaillance structurelle ou
d’effondrements lié aux états limites ultimes (résistance à l’effort tranchant, résistance au
moment fléchissant, stabilité face au déversement et au voilement local) ;
• Les conditions de résistance face aux risques d’inaptitude de service ou d’insuffisance
fonctionnelle de l’ouvrage liés aux états limites de service.
Les différents types de poutres principales utilisées dans le cadre de notre projet sont des poutres
en profilés laminés tenues latéralement sur leurs longueurs.
La procédure de dimensionnement suivant les règles de l’EUROCODE 3 d’une poutre en profilé
laminé tenue latéralement suivant toute sa longueur est la suivante :
1. Déterminer les conditions aux appuis de la poutre à dimensionner (appui simple, double
ou encastré aux deux extrémités).
2. Déterminer les charges permanentes et les charges d’exploitation en faisant la descente
des charges sur la poutre et calculer le chargement à l’ELU et à l’ELS.
3. Déterminer la flèche admissible de la poutre. Les valeurs des flèches admissibles
conformément à la NF EN 1993-1-1/NA sont données dans le tableau suivant :
Tableau IV-1 : Flèches admissibles
Conditions Flèches admissibles 𝒇𝒂𝒅𝒎
Toitures en général L/200
Toitures supportant du personnel autre que le L/250
personnel d’entretien
Plancher en général L/250
Planchers et toitures supportant des cloisons en plâtre ou L/250
en autres matériaux fragiles ou rigides
Planchers supportant des poteaux (à moins que la flèche L/400
ait été incluse dans l’analyse globale de
l’état ultime)
Cas où 𝑓 ̅ peut nuire à l’aspect du bâtiment L/250
4. Déterminer, en utilisant le chargement à l’ELS le moment d’inertie minimal 𝐼𝑚𝑖𝑛
requis pour satisfaire la condition de flèche en résolvant l’inéquation suivante :
5. Faire le choix, dans un catalogue, du profilé satisfaisant la condition de flèche de
l’étape 4 et déterminer sa limite d’élasticité 𝑓𝑦 conformément au tableau II-1.
6. Faire la vérification de la flèche en intégrant dans les charges permanentes le
poids propre du profilé choisi. Si la condition de l’étape 4 est validée, passer à l’étape 7
sinon reprendre l’étape 5 en choisissant un profilé ayant un moment d’inertie plus élevé.
7. Effectuer une analyse du point de vue résistance des matériaux de la poutre avec le
chargement à l’ELU (en tenant compte du poids du profilé choisi) et déterminer l’effort
tranchant maximal 𝑉𝐸𝑑 et le moment fléchissant maximal 𝑀𝐸𝑑 induits par le chargement
sur la poutre.
8. Classifier la section du profilé choisi pour la poutre, conformément aux tableaux
en annexe 4.
cisaillement 𝑉 , de la section par la formule suivante :
9. Déterminer en tenant compte du type de profilé, la résistance plastique au
Avec :
- 𝐴 : Aire de cisaillement de la section (tableau IV.2) ;
- 𝑓 : limite d’élasticité du profilé (étape 5) ;
- 𝛾 : coefficient partiel de sécurité.
Tableau IV-2 : Aire de cisaillement (NF EN 1993-1-
1 :2005 6.2.6(3))
Types de profilé Aire de cisaillement 𝐀𝐕
I ou H laminés, effort parallèle à l’âme 𝐴 − 2𝑏𝑡𝑓 + (𝑡𝑤 + 2𝑟)𝑡𝑓
U laminés, effort parallèle à l’âme 𝐴 − 2𝑏𝑡𝑓 + (𝑡𝑤 + 2𝑟)𝑡𝑓
Sections soudées en I, H, U ou en caisson, effort parallèle à ∑(𝑑𝑡𝑤)
l’âme
Tableau IV-3 : Aire de cisaillement (NF EN 1993-1-
1 :2005 6.2.6(3)) (Suite et fin)
Types de profilé Aire de cisaillement 𝐀𝐕
Sections soudées en I, H, U ou en caisson, effort parallèle à 𝐴 − ∑(𝑑𝑡𝑤)
la semelle
Laminés creux rectangulaires d’épaisseur uniforme, effort 𝐴ℎ
parallèle à la hauteur
ℎ+𝑏
Laminés creux rectangulaires d’épaisseur uniforme, effort 𝐴𝑏
ℎ+𝑏
parallèle à la largeur
Laminés creux circulaires d’épaisseur uniforme 2𝐴
𝜋
Plats et barres pleines A
10. Comparer l’effort tranchant maximal obtenu à l’étape 7 à la résistance plastique au
cisaillement obtenue à l’étape 9. L’effort tranchant maximal doit vérifier la relation
suivante :
𝑉 ≤𝑉,
Si la condition n’est pas vérifiée, reprendre l’étape 4 en choisissant un profilé ayant une
aire de cisaillement plus élevée. Si non passer à l’étape 11.
11. Déterminer, selon la classe de la section, la résistance à la flexion 𝑀 de la section par
la formule suivante :
Avec :
- Wpl : module plastique de la section ; -
Wel : module élastique de la section ; -
Weff : module élastique de la section ; -
γM1 : coefficient partiel de sécurité.
12. Comparer le moment fléchissant maximal obtenu à l’étape 7 à la résistance à la
flexion obtenue à l’étape 10. Le moment fléchissant maximal doit vérifier la
relation suivante
Si la condition n’est pas vérifiée, reprendre l’étape 4 en choisissant un profilé ayant un
module de résistance plus élevé. Si non passer à l’étape 13.
13. Vérifier que la résistance des sections à la flexion n’est pas affectée par
la présence de l’effort tranchant. La condition à vérifier est
Si la condition est vérifiée passer à l’étape 16 si non passer à l’étape 14.
14. Déterminer la valeur réduite de la résistance en flexion 𝑀pl,Rd . Cette valeur est
déterminée en remplaçant dans la formule du moment 𝑀 , à l’étape 11 f y par
Pour les sections transversales à semelles égales, fléchies suivant l’axe de forte
inertie :
15. Comparer le moment fléchissant maximal obtenu à l’étape 7 à la résistance en
flexion réduite obtenue à l’étape 14. Le moment fléchissant maximal doit vérifier
la relation suivante :
𝑀 ≤𝑀,
Si la condition n’est pas vérifiée, reprendre l’étape 4 en choisissant un profilé optimal. Si
non passer à l’étape 16.
Vérifier que la section de profilé choisie est économique en calculant les taux de
travail de la section par rapport à l’effort tranchant, au moment résistant et à la
16. flèche admissible. Si les trois taux sont inférieurs à 50% alors reprendre l’étape 4,
si non passer à l’étape 17.
17. Fin du dimensionnement.
Remarques :
• Il n’est pas nécessaire de vérifier la résistance au déversement d’une poutre tenue
latéralement sur toute sa longueur car les restrictions empêchent la déformation dans le
plan transversal de la poutre ;
• Dans le cas d’une poutre non tenue latéralement, il convient de tenir compte du risque de
déversement pour le calcul du moment résistant. La procédure de calcul du moment
résistant dans ce cas est énoncée dans la section IV.2 traitant du dimensionnement d’un
poteau ;
• Il n’est pas nécessaire de vérifier la résistance au voilement car les âmes des profilés
laminés sont peu sensibles au voilement. Il est aisé de vérifier dans les catalogues que
pour tous les profilés IPE, HEA, HEB, HEM qui constituent l’essentiel des profilés
utilisés dans le bâtiment qu’on a bien < 69𝜀 . Ce qui signifie qu’une vérification au
voilement sous cisaillement n’est pas nécessaire.
IV.2. LES POTEAUX
Dans une ossature de bâtiment, un poteau est un élément structural vertical qui peut supporter une
ou plusieurs poutres et par conséquent des planchers. Les poteaux assurent la transmission des
charges provenant des poutres et des planchers aux fondations. Un poteau est donc un élément
chargé parallèlement à son axe longitudinal (x-x). Par conséquent, un poteau est principalement
soumis à la compression (HEJAZI F. & CHUN T. K., 2018).
Dans le domaine de la construction de bâtiments, il est rare de trouver des poteaux qui travaillent
uniquement en compression simple. Les poteaux de bâtiment sont également soumis à des
moments de flexion suivant leurs axes (y-y) et (z-z). Dans le cas où la liaison entre le poteau et la
poutre n’est pas rigide, le moment de flexion est dû à l’excentricité de la force appliquée en tête
de poteau, force provenant de la réaction d’appui des poutres. Dans le cas où la liaison entre la
poutre et le poteau est rigide, le moment de flexion est dû au moment fléchissant présent en appui
en réponse au chargement de la poutre.
Dans le bâtiment de manière générale, un poteau est considéré comme tenu latéralement suivant
ses deux axes (y-y) et (z-z) au niveau des planchers et libre entre les planchers.
Les poteaux utilisés dans le cadre de notre projet sont considérés comme encastrés aux deux
extrémités pour le premier étage et le deuxième étage ainsi que les autres étages et encastré à une
extrémité et articulé à l’autre pour le rez-de-chaussée.
La procédure de dimensionnement d’un poteau suivant les règles de l’EUROCODE 3 est la
suivante :
1. Déterminer les conditions aux appuis du poteau à dimensionner (appui simple, double ou
encastré aux deux extrémités).
2. Déterminer par une étude de résistance des matériaux, les portiques composant la
structure du bâtiment, les charges et les moments aux différents nœuds du poteau.
3. Se référer aux catalogues de profilés pour choisir le type de profilé à utiliser pour
démarrer le dimensionnement du poteau et déterminer la limite d’élasticité 𝑓 𝑦 du profilé
choisi conformément au tableau II-1.
4. Déterminer l’effort de compression NEd, les moments de flexion My,Ed, Mz,Ed et les efforts
tranchants Vpl,y,Ed, Vpl,z,Ed, suivant les axes (y-y) et (z-z) du poteau.
• L’effort de compression à utiliser pour dimensionner le poteau est la somme des
réactions d’appui des poutres assemblées au poteau et la charge provenant des étages
supérieurs et le poids propre du profilé.
• Le moment de flexion à utiliser pour le dimensionnement dépend du type de
liaison poutre-poteau :
Si la liaison est articulée, conformément au document SN005a-EN-EU
(Access Steel, 1993), la réaction de la poutre est considérée comme
appliquée à 100 mm de la face du profilé du poteau lorsque les dimensions de
l’appui ne sont pas données ;
Si la liaison est rigide, le moment de flexion correspond au moment
fléchissant en appui dû au chargement de la poutre.
5. Classifier la section du profilé choisi pour le poteau, conformément aux tableaux en
annexe 4.
6. Déterminer les élancements réduits 𝜆̅ et 𝜆̅ suivant les axes (y-y) et (z-z). L’élancement
réduit est déterminé par la formule suivante
Avec :
- K : facteur de longueur effective (tableau IV-4) ;
- 𝑙0 : longueur réelle de la barre ;
- i : rayon de giration de la section pour l’axe de flambement considéré ; - 𝑓𝑦 : limite
d’élasticité du profilé (étape 3).
Tableau IV-4 : Facteur de longueur effective (HOUANOU
K. A., 2016)
Conditions d’appui de la barre Facteur de longueur effective K
Articulée aux deux extrémités 1,0
Encastrée aux deux extrémités 0,5
Encastrée à une extrémité et articulée à l’autre 0,7
Encastrée à une extrémité et libre à l’autre 2,0
7. Comparer chacun des élancements réduits calculés 𝜆̅et 𝜆̅à 0,2 (HOUANOU K. A.,
2016).
• Si > 0,2 alors le risque de flambement n’est pas négligeable dans le plan
considéré.
• Si ≤ 0,2 alors le risque de flambement est négligeable dans le plan considéré.
8. Si le risque de flambement n’est pas négligeable suivant un axe, déterminer 𝜙 suivant les
axes de flambement (y-y) et/ou (z-z) et passer à l’étape 9. Si non passer directement à
l’étape9.
Le facteur 𝜙 est calculé de la façon suivante :
Avec 𝛼 : facteur d’imperfection dont la valeur est obtenue suite au choix de la courbe de
flambement.
Tableau IV-5 : Facteur d’imperfection (NF EN 1993-1-
1 :2005)
Limites Axes de Facteur d’imperfection 𝜶
flambement
(S235)
𝒉 𝑡 ≤ 40 𝑚𝑚
> 𝟏, 𝟐
y-y 0,21
𝒃
z-z 0,34
40 𝑚𝑚 < 𝑡 ≤ 100 𝑚𝑚 y-y 0,34
z-z 0,49
𝒉 𝑡 ≤ 100 𝑚𝑚
≤ 𝟏, 𝟐
y-y 0,34
𝒃
z-z 0,49
𝑡 > 100 𝑚𝑚 y-y 0,76
z-z 0,76
9. Calculer le coefficient de réduction de flambement 𝜒 . Le calcul du coefficient de
réduction
se fait suivant la formule suivante :
1
𝜒 =
𝜙+ 𝜙 −𝜆
• Dans le cas où le risque de flambement est négligeable, prendre 𝜒 = 1.
• Dans le cas où le risque de flambement n’est pas négligeable suivant les deux axes de
flambement, il convient de prendre :
𝜒 = min( χ y ; χ z )
10. Calculer la résistance de la barre comprimée au flambement N pl,Rd. Tenant compte du
risque de flambement et de la classe du profilé choisi, les formules pour le calcul de N pl,Rd
sont :
Avec :
- 𝐴 : aire brute de la section ;
- 𝐴𝑒𝑓𝑓 : aire efficace de la section ;
- 𝛾𝑀1 : coefficient de sécurité (Section II.1.4.4).
11. Comparer la résistance de la barre comprimée au flambement N pl,Rd à l’effort de
compression calculé. L’effort de compression doit vérifier la relation suivante :
Si la condition est vérifiée, passer à l’étape 12. Si non reprendre l’étape 3.
12. Déterminer les résistances plastiques au cisaillement V pl,y,Ed et Vpl,z,Ed suivant les axes (y-
y) et (z-z). La résistance plastique au cisaillement est donnée par la formule suivante :
Avec 𝛾𝑀0 : coefficient partiel de sécurité (Section II.1.4.4)
13. Comparer les valeurs obtenues à l’étape 12 à celle des efforts tranchants obtenu à l’étape 4.
L’effort tranchant maximal doit vérifier la relation suivante :
Si la condition est vérifiée suivant les deux axes alors passer à l’étape 14 si non reprendre
l’étape 3.
14. Vérifier que la résistance des sections à la flexion n’est pas affectée par la présence de
l’effort tranchant suivant les deux axes (y-y) et (z-z). Pour cela, l’effort tranchant maximal
doit vérifier la condition suivante :
Si la condition est vérifiée, passer à l’étape 15. Si non, la résistance au moment fléchissant
réduite suivant (y-y) et/ou (z-z) est calculée conformément à l’étape 14 de la section IV.1
pour chaque axe.
15. Déterminer s’il y a interaction entre les moments de flexion et l’effort normal
avec les relations suivantes
16. Vérifier la résistance en flexion du profilé suivant les deux axes (y-y) et (z-z). Tenant
compte de la classe de la section du profilé et de la présence ou non d’une interaction avec
l’effort normal, on peut distinguer six conditions pour la vérification de la résistance en
flexion :
Lorsqu’il n’y a pas d’interaction :
Pour un profilé de classe 1 ou 2 la condition est la suivante :
Pour un profilé de classe 3 la condition est la suivante :
Pour un profilé de classe 4 la condition est la suivante :
Avec :
𝑊𝑝𝑙 : module plastique de la section ;
𝑊𝑒𝑙 : module élastique de la section ;
𝑊𝑒𝑓𝑓 : module élastique de la section efficace.
Lorsqu’il y a interaction :
Pour un profilé de classe 1 ou 2 les conditions sont les suivantes :
En cas d’interaction avec l’effort tranchant, il faut remplacer M pl,Rd par MN,Rd selon le plan
considéré.
Pour un profilé de classe 3, la condition est la suivante :
En cas d’interaction avec l’effort tranchant, il faut s’assurer que 𝑊eff,z . 𝑓𝑦d ≤ 𝑀v ,Rd . Si ce
n’est pas le cas, remplacer 𝑊eff,z . 𝑓𝑦d par 𝑀v ,Rd .La valeur de 𝑀v ,Rd, est déterminée
conformément à l’étape 14 de la section IV.1..
Pour un profilé de classe 4, la condition est la suivante :
Avec eN : décalage du centre de gravité suivant l’axe concerné
Si la condition est vérifiée, passer à l’étape 16. Sinon reprendre l’étape 3.
En cas d’interaction avec l’effort tranchant, il faut s’assurer que 𝑊eff,z . 𝑓𝑦d ≤ 𝑀v ,Rd . Si ce
n’est pas le cas, remplacer 𝑊eff,z . 𝑓𝑦d par 𝑀v ,Rd .La valeur de 𝑀v ,Rd, est déterminée
conformément à l’étape 14 de la section IV.1..
17. Vérifier la résistance du profilé à la flexion biaxiale. Tenant compte de la classe de la
section du profilé, on peut distinguer trois conditions pour la vérification de la résistance à
la flexion biaxiale avec présence de l’effort normal.
Pour un profilé de classe 1 ou 2 la condition est la suivante :
Avec 𝛼 𝑒𝑡 𝛽 des exposants donnés dans le tableau suivant.
Tableau IV-6 : Exposants 𝜶 et 𝜷 pour des sections en I
ou en H (NF EN 1993-1-1 :2005)
Exposants Section en I ou H
α 2
β max (5n ; 1)
Pour un profilé de classe 3 la condition est donnée à l’étape 16 ;
Pour un profilé de classe 4 la condition est donnée à l’étape 16.
Si la condition de résistance est vérifiée, passer à l’étape 18. Si non reprendre l’étape 3.
18. Déterminer le moment critique de déversement 𝑀𝑐𝑟. Il se détermine grâce à cette formule :
Avec :
1 𝑘 : facteur de longueur effective concernant la rotation d’extrémité
dans le plan de chargement. Le facteur de longueur effective k est de
0,5 pour un encastrement parfait, de 1,0 pour des appuis simples et de
0,7 pour une extrémité encastrée et l’autre simplement appuyée ;
2 𝑘𝑤 : facteur de longueur effective concernant le gauchissement
d’extrémité. En l’absence de dispositions particulières pour empêcher
tout mouvement aux extrémités, kw = 1. Si le gauchissement est
totalement empêché aux deux extrémités, on peut prendre kw = 0,5 ;
3 𝐶1 , 𝐶2 , 𝐶3 : coefficients dépendant des conditions de chargement et
d’encastrement ;
4 𝐼𝑤 : moment d’inertie de gauchissement de la section ;
5 𝐼𝑡 : constante de torsion uniforme de la section. 𝐼𝑡 = 0 pour les
sections de classe 4 ;
6 z𝑎 : coordonnée suivant z du point d’application de la charge ;
7 z𝑠 : coordonnée du centre de cisaillement.
19. Déterminer le paramètre d’élancement pour la flexion torsion en fonction de la classe de
la section. Il est donné par la formule suivante :
20. Comparer le paramètre d’élancement à 0,4.
• Si ≤ 0,4 alors le risque de déversement est négligeable ;
• Si > 0,4 alors le risque de déversement n’est pas négligeable.
21. Si le risque de déversement n’est pas négligeable, déterminer 𝜙𝐿𝑇 et passer à l’étape 22. Si
non passer directement à l’étape 22. 𝜙𝐿𝑇 est calculé de la façon suivante :
Avec :
22. Déterminer le facteur de réduction 𝜒𝐿𝑇. Il est donné par la formule suivante :
Lorsque le risque de déversement est négligeable, 𝜒𝐿𝑇 = 1.
23. Vérifier que la section choisie respecte la condition de résistance au flambement par flexion.
Tenant compte de la classe de la section, cette condition est donnée par l’équation suivante :
Pour les sections de classes 1 et 2 :
Où :
𝛽𝑀,𝑦 𝑒𝑡 𝛽𝑀,Z : facteurs de moment uniforme équivalent pour le flambement par flexion
Pour les sections de classe 3 :
k𝑦 𝑒𝑡 k𝑧 : définis comme pour les sections de classes 1 et 2
Pour les sections de classe 4 :
k𝑦 𝑒𝑡 k𝑧 : définis comme pour les sections de classes 1 et 2
𝜇𝑦 𝑒𝑡 𝜇𝑧 : définis comme pour les sections de classe 3 mais en ajoutant 𝑁 . 𝑒 à 𝑀
pour déterminer 𝛽 .
Si la condition est respectée, passer à l’étape 24 si non reprendre l’étape 3.
24. Comparer le résultat obtenu à l’étape 23 à 0,5. Si le résultat est inférieur à 0,5 reprendre
l’étape 3 pour choisir une section plus économique.
25. Fin du dimensionnement.
Remarques :
• Lorsque le risque de déversement n’est pas négligeable, il convient de remplacer k y par kLT
• En l’absence d’effort normal, la barre n’est soumise qu’à la flexion biaxiale ;
• En l’absence d’un des deux moments de flexion, la barre est soumise à la flexion
composée ;
• En l’absence des deux moments de flexion, la barre est soumise à la compression.
IV.3. LES ASSEMBLAGES
Une ossature métallique se compose de différentes barres assemblées les unes aux autres d’une
manière appropriée pour assurer le transfert effectif des charges vers le sol. Il est aussi nécessaire
d’assurer une coopération de ces différentes barres vis-à-vis du maintien de la stabilité de
l’ouvrage. Un assemblage est donc une partie importante de l’ossature dont la défaillance aurait
une incidence néfaste sur le fonctionnement de toute la structure. Il est donc important de
concevoir et de dimensionner les assemblages avec le plus de rigueur possible.
Lors de l’étude des assemblages, le concepteur doit s’assurer de la résistance des différentes
composantes par rapport aux sollicitations exercées sur elles, mais aussi de la conformité du
comportement de l’assemblage vis-à-vis des hypothèses de départ (rigidité, capacité de rotation et
capacité de résistance). La vérification du comportement de l’assemblage se fait par classification
suivant une méthode proposée par l’Eurocode 3.
Les assemblages utilisés dans le cadre de notre projet sont :
Assemblage des solives sur les poutres principales au moyen de deux
cornières fixées dans les âmes des profilés par une rangée verticale de trois
boulons ordinaires ;
Assemblage des poutres principales sur les poteaux au moyen d’une
platine débordante soudée sur la poutre et fixée à l’aile du poteau par trois
rangées horizontales de deux boulons ordinaires ;
Assemblage des pieds de poteaux articulés sur les fondations au moyen
d’une platine soudée en pied de poteaux et de quatre boulons d’ancrage ;
Les assemblages poutre-poteau étant supposés rigides, la vérification de la rigidité a été effectuée
dans le cadre de notre projet conformément à la méthode des composants développée dans
l’Eurocode 3 dans sa partie 1-8.
Le choix des caractéristiques des moyens d’assemblages tels que le diamètre des boulons, la
section et l’épaisseur des cornières, ou encore les dimensions de la platine n’est pas très aisé à
effectuer car il s’appuie sur l’expérience. De ce fait, le dimensionnement d’un assemblage devient
un processus itératif assez complexe qui exige du calculateur une approche de départ plus ou
moins hasardeuse pour ensuite être ajustée en fonction des critères recherchés pour l’assemblage.
Les différents points de cette section présentent les procédures adoptées pour chacun des
assemblages utilisés dans le cadre de notre projet conformément aux exigences de la
NF-1993-1-8.
IV.3.1 Procédure de dimensionnement d’un assemblage solives-poutres principales
1. Choisir les caractéristiques des boulons à utiliser. Les caractéristiques nécessaires sont :
le diamètre du boulon d (section II.1.4.5) ;
le diamètre du trou 𝑑𝑜 (section II.1.4.5) ;
la classe du boulon (section II.1.4.5) ;
la résistance nominale à la traction 𝑓𝑢𝑏 (section II.1.4.5) ;
la section résistante du boulon As (section II.1.4.5) ; la section nominale
du boulon A (section II.1.4.5).
2. Choisir les caractéristiques géométriques et mécaniques de la cornière à utiliser pour
commencer le dimensionnement de l’assemblage. Le tableau suivant donne les types de
cornières utilisées en fonction du diamètre des boulons.
Tableau IV-7 : Type de cornière en fonction du diamètre
de boulon (MUZEAU J.P., 2010)
Diamètre (d) Cornière à ailes égales
8 40 x 40 x 4
45 x 45 x 4,5
10 50 x 50 x 5
12 60 x 60 x 6
16 70 x 70 x 7
80 x 80 x 8
24 90 x 90 x 9
3. Déterminer l’effort 𝑁𝐸𝑑 à transférer de la solive à la poutre principale. Comme la
solive est simplement appuyée sur la poutre principale, l’effort 𝑁𝐸𝑑 correspond à la
réaction d’appui de la solive due au chargement de cette dernière.
4. Déterminer les limites pour les entraxes et pinces des trous dans les ailes des
cornières.
Les limites pour les entraxes pour des trous circulaires sont :
2,2𝑑 ≤ 𝑝 ≤ 𝑀𝑖𝑛 (14𝑡 ; 200 𝑚𝑚)
2,4𝑑 ≤ 𝑝 ≤ 𝑀𝑖𝑛 (14𝑡 ; 200 𝑚𝑚)
Les limites pour les pinces pour des trous circulaires sont :
Pour les pièces non exposées aux intempéries :
1,2𝑑 ≤ (𝑒 𝑜𝑢 𝑒 )