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6 Béton autoplaçant – BAP
Introduction
Les maîtres d’ouvrages, architectes, ingénieurs,
entreprises, fabricants de béton et préfabricants ont
toujours recherché un béton ayant :
• une mise en place aisée,
• un bon remplissage des coffrages,
• un parfait enrobage des armatures,
• une forte compacité.
La vibration a toujours été le moyen d’obtenir ces
caractéristiques. Devant la complexité croissante
des structures, formes variées, fortes concentrations
d’armature, les formulations de bétons ont dû s’adap-
ter. Les bétons sont devenus de plus en plus fluides,
malgré la réduction de la quantité d’eau de gâchage,
à tel point que la vibration n’est plus devenue néces-
saire. Le béton auto-plaçant était né...
Cette hyperfluidité du béton a été rendue possible
par l’arrivée sur le marché des dernières générations
d’adjuvants « superplastifiants ». La base de ces
adjuvants est une molécule complexe qui retarde
l’hydratation du ciment et augmente considérable-
ment la dispersion des grains de ciment.
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Fabrication - Transport -
Mise en place - Contrôle
■ Fabrication
Le BAP se fait à partir des granulats locaux.
La plupart des malaxeurs peuvent fabriquer du BAP.
Le temps de malaxage est toutefois plus long qu’un
béton classique, il faut que le mélange, riche en élé-
ments fins et en adjuvants, soit le plus homogène
possible.
L’un des points les plus importants de la fabrication
est le contrôle strict de la teneur en eau du mélange,
par conséquent, il est important de contrôler celle
des granulats.
■ Transport
L’hyperfluidité du béton conduit, à prendre des dis-
positions spécifiques pour éviter des déversements,
à adapter l’ouvrabilité au temps de transport et de
mise en oeuvre.
■ Mise en oeuvre
Le BAP peut être coulé traditionnellement (à la
benne) ou pompé, les coffrages doivent toutefois
être étanches. Le remplissage peut être réalisé par
Le Japon a été dans les années 80 le pionnier dans le bas des coffrages, ce qui nécessite alors du maté-
le développement de ces techniques. riel approprié. L’absence de vibration écourte consi-
De nombreux termes définissent ces bétons : dérablement la procédure de mise en place.
• Béton Auto-Nivelant (BAN) La hauteur de coulage doit être compatible avec la
• Béton Auto-Compactant (SCC en anglais 1) résistance du coffrage. Il est recommandé d’utiliser
• Béton hyperfluide un tube plongeur, un manchon ou une goulotte afin
de limiter au maximum la hauteur de chute.
L’appellation la plus usitée aujourd’hui est Béton
Auto-Plaçant (BAP), terme utilisé dans ce document.
■ Contrôle
Définition Deux des principaux essais pour contrôler la rhéolo-
gie des BAP sont décrits ci-après :
■ Caractéristiques • la mesure d’étalement au cône d’Abrams
La fluidité des BAP peut être caractérisée par la
Un BAP se caractérise par son hyperfluidité dont le mesure de l’étalement au cône d’Abrams.
seul moteur de mise en place est la gravité sans Des valeurs de l’ordre de 600 à 700 mm correspon-
recours à la vibration. dent à l’étalement moyen d’un BAP.
■ Composition
Les BAP ont des compostions granulométriques for-
tement chargées en éléments fins.
Des adjuvants de type « superplasitifants », ou plas-
tifiants « réducteurs d’eau » sont utilisés systémati-
quement.
Le rapport E/C + f, facteur principal dans la qualité
d’un BAP, est voisin de 0,35 2.
Exemple d’une composition d’un BAP
de Génie Civil :
⇒ eau = 180 l/m3
⇒ ciment = 350 kg/m3
⇒ fines = 200 kg/m3
⇒ sable = 800 kg/m3
⇒ gravillons 3 = 900 kg/m3
⇒ adjuvants = 6 % du poids de ciment
1. Self Compacting Concrete.
2. E = eau efficace
C = dosage ciment
f = fines ou additions
3. On limite généralement le Dmax à 16 mm.
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• l’essai de la boite en forme de L ■ Domaines d’utilisation
La cohésion du béton et son aptitude à traverser une
zone fortement armée peut se mesurer avec la boite L’utilisation du BAP se retrouve dans tous les seg-
en forme de L. La méthode consiste à remplir de ments de la profession du BTP :
BAP une boite contenant une zone d’armature en ⇒ Bétons traditionnels de chantiers
mesurant la différence de hauteur dans les parties • voiles, poteaux, poutres, planchers, fondations...
verticales (H1) et horizontales (H2) qui doit être la ⇒ bétons préfabriqués
plus faible possible.
• poutres, poteaux, panneaux de façades...
• tuyaux, regards, dalles...
Applications • mobiliers urbains, corniches.
Le BAP est limité au démoulage différé.
■ Intérêts du BAP
Les conséquences pour le BTP sont multiples, le
BAP entraîne :
⇒ gains de productivité
• rapidité de coulage
• augmentation des cadences
• réduction des coûts de maintenance
⇒ économie de main d’œuvre
• temps de mise en œuvre réduit
• ragréage limité
⇒ amélioration des conditions de travail et environ-
nementales
• pénibilité des taches
• sécurité des chantiers
• nuisances sonores réduites
⇒ amélioration de la qualité des parements
Voiles réalisés en béton autoplaçant,
Centre culturel de Meudon (Jacques Ripault).
Conclusion
Le béton autoplaçant est une technique appelée à
se développer sous réserve de la prise en compte
d’un certain nombre d’exigences :
• une réorganisation des méthodes de chantier
(cadences, matériels),
• une collaboration plus étroite des intervenants
(entreprises, préfabricants, adjuvantiers, Béton prêt-
à-l’emploi et cimentiers)
• une maîtrise des coûts globaux (matériaux, mise
en œuvre, productivité, maintenance...).
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