ENSAM-Meknès
Modélisation et simulation
multiphysique
Partie 2: Modélisation CFD
Y. EL KHCHINE
Année universitaire 2023-2024
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Plan
• Introduction à la modélisation multiphysique
• Simulation CFD
• Equations de conservation
• Couche limite et modélisation de turbulence
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Plan
1 Introduction à la modélisation multiphysique
2 Simulation CFD
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1 Introduction à la modélisation multiphysique
2 Simulation CFD
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Introduction
Le fonctionnement de la plupart des produits industriels met en jeu des in-
teractions entre plusieurs phénomènes physiques de natures différentes
(mécaniques, thermiques, chimiques, électromagnétiques...). Lors
d’une simulation, il est souvent nécessaire de modéliser ces interactions
pour prévoir correctement la réponse du produit, ce qui nécessite l’emploi
de solveurs adaptés. Cette ressource présente et illustre les principales
méthodologies permettant de réaliser de telles simulations, dites multi-
physiques.
Deux cas peuvent alors se présenter :
Soit les phénomènes modélisés ou simulés par les différentes phy-
siques n’interagissent pas du tout entre eux, ou alors de façon négli-
geable : la simulation du comportement se réduit alors à un ensemble
de simulations « mono-physiques » indépendantes ;
Soit les phénomènes interagissent de façon significative, et la simu-
lation doit en tenir compte.
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On peut citer d’innombrables exemples industriels pour ce dernier cas :
Les vibrations d’une aile d’avion en vol résultent de l’interaction entre
les déformations de l’aile (modélisée par la mécanique des solides
déformables) et l’écoulement de l’air (modélisés par la mécanique
des fluides) ;
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La combustion dans un moteur à explosion résulte d’une interaction
complexe entre l’écoulement du mélange air-carburant (mécanique
des fluides), les phénomènes de dégagement de chaleur et de convec-
tion (transfert thermique) et les réactions chimiques(chimie de
la combustion) ;
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1 Introduction à la modélisation multiphysique
2 Simulation CFD
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Introduction
CFD (Computational Fluid Dynamics) : En français (dynamique des fluides
numérique), c’est la simulation numérique en mécanique des fuides et transfert
thermique.
• Ensemble des équations de conservation (équations de Navier-Stokes et
d’énergie) décrivant le mouvement d’un fluide, et leurs effets.
• Ces equations sont résolues numériquement a l’aide des méthodes numé-
riques.
• La solution est approximative et non pas exacte pour plusieurs raisons.
CFD permet d’avoir des solutions très satisfaisantes grâce au développement
des méthodes numériques et à des calculateurs de plus en plus puissants avec
une grande capacité de mémoire.
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Cette technique s’applique actuellement dans plusieurs applications :
Aérodynamique,
Combustion,
Hydrodynamique,
Turbomachines,
Transfert thermique,
Météorologie,
Etc.
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Pour traiter un problème de mécanique des fluides, on peut le résoudre soit par
une approche :
Analytique :
Le grand avantage de cette approche est qu’elle permet d’avoir des solu-
tions exactes. Cependant, elle est limitée pour des cas très simples ;
Expérimentale : représente le mieux la réalité, souvent difficile à mettre
en œuvre et nécessite un certain temps pour résoudre tous les problèmes
qu’on peut rencontrer, elle peut devenir très coûteuse ;
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Numérique : permet de faire moins d’hypothèses qu’une approche analytique,
traite des problèmes relativement complexes, moins coûteuse qu’une approche
expérimentale. Par contre, elle est limitée par l’ordre des méthodes numériques
utilisées, la précision du modèle et les moyens de calcul mis en œuvre.
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Les méthodes de discrétisation les plus connues sont :
Méthodes des différences finies (MDF) ;
Méthodes des éléments finis (MEF) ;
Méthodes des volumes finis (MVF).
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Etapes de la CFD
• Etape 1 : CAO
Toute simulation CFD commence par la réalisation de la géométrie en 2D
ou 3D, soit avec un logiciel intégré au code de calcul CFD soit à l’aide
d’un logiciel de CAO (CATIA, SolidWorks,...).
Dans le deuxième cas, la géométrie doit être exportée en un format lisible.
• Etape 2 : Maillage
Le maillage est une partition de l’espace ou d’un domaine physique en un
ensemble d’entités élémentaires (cellules) ;
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Il peut être constitué d’éléments linéiques, surfaciques et volumiques ;
La connectivité d’un maillage est la définition des liaisons entre les sommets
de ses éléments ;
La qualité du maillage a un sérieux impact sur la convergence, la précision
de la solution et le temps de calcul ;
Une bonne qualité de maillage repose sur la minimisation des éléments
présentant des "distorsions", sur une bonne "résolution" dans les régions
présentant un fort gradient (couches limites, ondes de choc,...)et un bon
maillage doit également être suffisamment lisse ;
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• Composants du maillage
Le domaine de calcul est défini par un maillage qui représente le fluide et les
faces solides qui interviennent.
"Cell" : volume de contrôle divisant la géométrie ;
"Face" : frontière d’une "cell", où sont définies les conditions aux limites ;
"Edge" : frontière d’une “face” ;
"Node" : point de maillage ;
"Zone" : groupe de "noeuds", "faces" et/ou "cells".
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• Principaux types d’éléments utilisés en 2D
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• Principaux types d’éléments utilisés en 3D
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• Types de maillage
• Maillage structuré (quadr/hexa) : un maillage structuré est un maillage qui
peut être généré en reproduisant plusieurs fois une maille élémentaire.
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Avantages :
Économique en nombre d’éléments, présente un nombre inférieur de mailles
par rapport à un maillage non structuré équivalent.
Lorsque l’écoulement moyen est aligné avec le maillage, un maillage struc-
turé réduit les risques d’erreurs numériques.
L’utilisateur a le contrôle total de la qualité du maillage, contrairement
aux maillages non structurés plus dépendants de l’algorithme de maillage.
Les calculs sont généralement plus rapides dans un maillage structuré que
dans un maillage non structuré.
Inconvénients :
Difficile à générer dans le cas d’une géométrie complexe.
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• Maillage non structuré (tri-quad (2D)/tétra-hex (3D)) : les éléments de ce
type de maillage sont générés arbitrairement sans aucune contrainte quant-à
leur disposition.
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Avantages :
Peut être généré sur une géométrie complexe tout en gardant une bonne
qualité des éléments,
Les algorithmes de génération de ce type de maillage (tri/tétra) sont très
automatisés.
Inconvénients :
Très gourmand en nombre de mailles comparativement au maillage
structuré.
Impose une structure de données gourmande en capacités de stockage.
Engendre des erreurs numériques qui peuvent être plus importantes si on
le compare avec le maillage structuré.
Il est difficile de contrôler localement la densité des mailles.
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• Maillage hybride : maillage généré par un mélange d’éléments de différents
types, triangulaires ou quadrilatéraux en 2D, tétraédriques, prismatiques, ou
pyramidaux en 3D. Il combine les avantages des maillages structurés et non
structurés.
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• Techniques générales de génération du maillage
En pratique, il n’existe pas de règle précise pour la création d’un maillage
valable, cependant il existe différentes approches qui permettent d’obtenir une
grille acceptable :
Maintenir une bonne qualité des éléments,
Assurer une bonne résolution dans les régions à fort gradient,
Assurer un bon lissage dans les zones de transition entre les parties à
maillage fin et les parties à maillage grossier,
Minimiser le nombre total des éléments (temps de calcul raisonnable).
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• Qualité de maillage
1-Distorsion (Skewness)
Le facteur de distorsion Fd (skewness) peut être défini de la façon suivante :
θmax − θopt θopt − θmin
Fd = max ,
180 − θopt θopt
θmin et θmax sont les angles minimal et maximal entre deux arrêts d’une maille,
et θopt est l’angle optimal. Pour les triangles θopt = 60 et pour les quadrilatères
θopt = 90
Fd 0-0.25 0.25-0.50 0.50-0.80 0.80-0.95 0.95-0.99 0.99-1.00
Qualité Excellente Bonne Acceptable Pauvre Très pauvre Mauvaise
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2- Rapport de forme 2D (Aspect ratio 2D)
C’est l’allongement d’un élément c.à.d. le rapport entre la plus grande et la
plus petite de ses dimensions.
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2- Rapport de forme 3D (Aspect ratio 3D)
Le rapport de forme d’un élément 3D tétraèdrique défini par les sommets a,b,c,d
est calculé par la formule :
hmax
AR3D = √
2 6r
avec hmax est la longueur de la plus grande dimension, et r est le rayon interne
de tétraèdre.
hmax = max(hab , hac , had , hbc , hbd , hcd )
|α|
r=
∥ Nabc ∥ + ∥ Nabd ∥ + ∥ Nacd ∥ + ∥ Nbcd ∥
⃗
avec α = ab.(ac ⃗ et Nabc = ab
⃗ ∧ ad) ⃗ ∧ ac ⃗
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3-Déformation de maillage (Warping)
La déformation indique qu’une face n’est pas plane et s’applique uniquement
aux éléments 2D comportant 4 nœuds.
h
Warping =
l
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• Raffinement de maillage
La notion de résolution concerne plus particulièrement les zones qui pré-
sentent un fort gradient (gradient de pression, vitesse, température,...) ;
Une bonne résolution -un maillage localement plus fin- permet de mieux
décrire les phénomènes physiques qui existent dans ces zones ;
La plupart des mailleurs proposent des méthodes de maillage particulières
pour réaliser en proche paroi des maillages structurés dont on maîtrise la
taille des éléments ;
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• Lissage de maillage
Le changement dans la taille des éléments du maillage d’une zone maillée à
une autre doit être graduel, la variation de la taille des éléments de deux zones
adjacentes ne doit idéalement pas dépasser 20% à 30%.
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• Influence de la densité de maillage sur la precision et la convergence
des resultats
Un nombre important d’éléments de maillage permet d’améliorer la précision
des calculs, mais pénalise les ressources informatiques en terme de mémoire et
alourdit le système. En conséquence, un compromis entre précision et temps
de calcul s’impose. Des techniques existent pour économiser un certain nombre
d’éléments :
Utilisation des maillages non uniformes, en concentrant la bonne qualité
du maillage uniquement dans les zones où c’est nécessaire ;
Utilisation de la fonction adaptation de maillage pour raffiner uniquement
sur des zones bien précises.
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• Maillage par bloc
Il existe des situations dans lesquelles le maillage structuré est préféré (par
exemple, zones de couche limite nécessitent une haute résolution ou la simula-
tion repousse les limites de la mémoire informatique disponible). La génération
d’un maillage structuré est simple pour les géométries à bords droits. Tout ce
que nous avons à faire est de diviser le domaine informatique en blocs ou zones
à quatre côtés (2-D) ou à six côtés (3-D).
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• Etape 3 : Simulation
Les principales étapes d’une simulation (Code CFD) sont dans l’ordre :
1 Paramétrage du solveur ;
2 Modélisation de la turbulence ;
3 Définition des propriétés du fluide ;
4 Paramétrage des conditions aux limites ;
5 Choix des critères de convergence ;
6 Initialisation du calcul ;
7 Paramétrage des sauvegardes automatiques en cours de simulation ;
8 Lancement de la simulation.
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• Choix des équations résolues par le solveur
Dimension du problème, 2D, 3D, ou axisymétrique ;
Caractère stationnaire ou instationnaire ;
Caractère incompressible ou compressible de l’écoulement (et non du
fluide) ;
Besoin ou non de prendre en compte le bilan d’énergie ;
Prise en compte de forces extérieures (gravité, force d’inertie liées à
la rotation,...) ;
Modélisation éventuelle de la turbulence ;
• Définition des propriétés du fluide
Les codes disposent de bibliothèques des fluides les plus courants.
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• Conditions aux limites
On distingue des conditions d’entrée, de sortie, aux frontières solides, de pério-
dicité ou de symétrie. Pour le code FLUENT, on a le choix pour les conditions
d’entrée entre :
Velocity Inlet : utilisée pour définir la vitesse et d’autres grandeurs sca-
laires de l’écoulement d’entrée.
Pressure Inlet : utilisée pour définir la pression totale et d’autres gran-
deurs scalaires de l’écoulement d’entrée.
Mass Flow Inlet : utilisée dans les écoulements compressibles pour pres-
crire un débit massique à l’entrée. Il n’est pas nécessaire d’utiliser des en-
trées de débit massique dans les écoulements incompressibles car lorsque la
densité est constante, les conditions aux limites d’entrée de vitesse fixent
le débit massique.
Inlet Vent : utilisée pour modéliser le vent d’entrée avec un coefficient
des pertes de charge, une direction d’écoulement, une température, et une
pression totale.
Intake Fan : Il est utilisé pour modéliser un ventilateur d’admission externe
avec une chute de pression, une direction d’écoulement, une pression et
une température d’admissionMod-sim-multiphy
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Et pour les conditions de sortie :
Pressure Outlet : spécifie la pression statique de sortie et d’autres gran-
deurs scalaires.
Outflow : utilisée pour modéliser l’écoulement de sortie où la vitesse et
la pression d’écoulement ne sont pas connues. Cette condition n’est pas
appropriée pour les calculs suivants :
- Si le problème possède une condition de type "Pressure Inlet" ;
- Si vous modélisez un écoulement compressible ;
- Si vous modélisez un écoulement instationnaire avec variation de la densité.
Pressure Far-field : uniquement en compressible, on modélise un écou-
lement libre de nombre de Mach connu.
Outlet Vent : utilisée pour modéliser le vent de sortie avec un coefficient
des pertes de charge, une température, et une pression statique.
Outake Fan : Il est utilisé pour modéliser un ventilateur d’extraction
externe avec une chute de pression spécifié et une pression statique de
refoulement.
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Exemple :
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• Post-traitement
C’est une rubrique dédiée au traitement et à l’affichage des résultats à savoir :
Domaine de calcul + maillage ;
Résultats (champ de vitesse, pression, température, turbulence,...) ;
Courbes,... ;
Extraction des résultats sous forme fichiers
Animation des résultats dynamiques ;
Les logiciels de CFD fournissent souvent des outils intégrés de post-traitement.
Toutefois, rien n’interdit d’exporter les données dans divers formats afin de les
traiter sous d’autres logiciels de visualisation.
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