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L’UNIVERS
FÉERIQUE
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LA GRANDE HISTOIRE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE
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LA GUERRE SECRÈTE
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ÉDOUARD BRASEY
L’UNIVERS
FÉERIQUE
Pygmalion
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Ce volume rassemble les titres suivants,
parus aux éditions Pygmalion / Gérard Watelet à Paris
© 1999, Fées et Elfes
© 1999, Nains et Gnomes
© 1999, Sirènes et Ondine
© 2000, Géants et Dragons
© 2000, Sorcières et Démons
Texte intégral
Dessins de Philippe Berne
Sur simple demande adressée à
Pygmalion, 87 quai Panhard et Levassor 75647, Paris Cedex 13,
vous recevrez gratuitement notre catalogue
qui vous tiendra au courant de nos dernières publications.
© 2008, Pygmalion, département de Flammarion, pour la présente édition
ISBN : 978-2-7564-0188-1
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5 (2° et 3° a), d’une
part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées
à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple
et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefa-
çon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
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À Claude Seignolle et Pierre Dubois,
passeurs de légendes et connaisseurs de vieux secrets,
à qui je dois d’avoir découvert les voies du Merveilleux...
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Fées et Elfes
Ah, ne voyez-vous pas cette route étroite
Envahie d’épais buissons d’épines et de bruyères ?
C’est le sentier de la Vertu
Bien que peu de gens le recherchent.
Et ne voyez-vous pas cette large, large route
Qui s’étend au travers de la clairière aux lis ?
C’est le chemin de l’Iniquité
Bien que certains l’appellent la Route du Ciel.
Et ne voyez-vous pas cette jolie route
Qui serpente parmi les fougères de cette colline ?
C’est la route du beau Pays des Elfes,
Où toi et moi cette nuit nous égaierons.
Balade de Thomas le Rimeur.
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Introduction
IL ÉTAIT UNE FÉE...
Fée ou fairy ? – Qu’est-ce qu’une fée ? – Les fées courtoises
– Les fées des bois, des jardins et des fontaines
– Qu’est-ce qu’un elfe ?
– Le royaume de Féerie – Pour une écologie spirituelle
Fée ou fairy ?
On les appelle les Bonnes Marraines, les Dames Blanches,
Noires ou Vertes, les Bienveillantes, les Bonnes et Franches
Pucelles, les Fileuses de Destin, les Lavandières de Nuit. Elles font
partie du Petit Peuple, que l’on nomme aussi les Bons Voisins, la
Petite Noblesse, le Peuple de la Paix ou les Habitants des Collines.
Les expressions imagées ne manquent pas pour désigner ces êtres
fantastiques auxquels les Anciens évitaient de donner leur vrai
nom, de peur de les fâcher. Car il paraı̂t que les membres du
Peuple Invisible répugnent à se laisser décrire et cataloguer avec
trop de précision, et châtient à leur façon les mortels qui osent
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12 L’UNIVERS FÉERIQUE
livrer publiquement leur identité réelle ou révéler leurs petits
secrets. C’est dire le risque auquel s’expose l’auteur de ces pages,
dont l’ambition est justement de s’attacher aux moindres faits et
gestes des fées et des elfes.
Les fées ! Les elfes ! Voici les noms lâchés, malgré l’interdiction
tacite édictée par ces êtres à la fois bienveillants et redoutables qui
depuis toujours hantent le royaume de la poésie, du rêve et de
la fantaisie que nous portons tous en nous. Car les fées et leurs
compagnons les elfes, reflets de nos espérances mais aussi de nos
peurs, vivent avant tout dans le cœur de l’enfant que nous ne
devrions jamais cesser d’être. Ils vivent aussi dans les chroniques
locales, les récits du folklore et les contes merveilleux que nous a
légués la longue tradition de nos ancêtres. Ils vivent enfin au sein
de la nature, de préférence sauvage, dont ils sont à la fois les hôtes
et les gardiens.
Qui sont exactement ces créatures fabuleuses, et comment peut-
on les reconnaı̂tre et les distinguer les unes des autres ? La question
est d’autant moins simple que les termes de « fée » et d’« elfe »
recouvrent des réalités assez différentes selon les pays et les cultures
dans lesquels ils s’inscrivent. En France, la fée semble indissociable
du « conte de fées » dont elle est souvent le deus ex machina ; on
l’imagine mal sans son chapeau pointu et sa baguette magique,
grâce à laquelle elle exauce les vœux du héros.
En réalité, il faut bien admettre que les fées des contes tradition-
nels sont souvent des personnages secondaires, voire absents, au
point que le terme même de « conte de fées » semble impropre. À
l’exemple de nos voisins allemands, il vaudrait mieux parler de
« contes merveilleux », car ce qui caractérise ces récits, réputés à
tort enfantins, ce n’est pas la présence de protagonistes féeriques,
mais plutôt le climat général de « Féerie » qui y règne – à savoir
un univers magique où tout est possible, et où les choses les plus
extraordinaires peuvent arriver.
Dans les pays anglo-saxons, en revanche, on distingue nettement
l’univers des contes de fées – fairy tales – de celui des fées – fairy,
fairies au pluriel. Or, le mot anglais « fairy » désigne non seulement
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FÉES ET ELFES 13
les jolies petites dames dotées de pouvoirs magiques qui apparais-
sent dans les livres d’enfants, mais l’ensemble du Petit Peuple de
Féerie. Une « fairy » peut être une fée, mais également un brownie,
un gobelin, un léprechaun, un pwca ou un cluricaune. Ce terme
générique de « fairy » est souvent remplacé par celui d’« elf », elfe
(elves au pluriel), ce qui ne facilite pas les choses. Pour les Anglais,
les elfes et les fées sont de même nature, et il est légitime d’em-
ployer indifféremment l’un ou l’autre nom, sans distinction de sexe
ou d’apparence.
Les Français sont plus cartésiens en la matière : chez nous, une
fée est toujours féminine, et un elfe toujours masculin. En outre,
une fée ne peut en aucun cas être confondue avec un lutin ou un
farfadet, pas plus qu’un elfe ne saurait être assimilé à un nain ou
un gnome.
Cette classification pourra être contestée. Ainsi, mon ami Pierre
Dubois 1, elficologue patenté, a préféré classer les sirènes et les
ondines avec les fées, et mettre les elfes à part ; Paracelse, de son
côté, a distingué entre les nymphes (les fées), les sylvains (les
sylphes, ou les elfes), les pygmées (les nains), les salamandres et
les géants, en publiant en 1566 son traité intitulé Ex libro de nym-
phis, sylvanis, pygmalis, salamandris et gigantibus. D’autres auteurs
tout aussi émérites y sont allés de leurs propres étiquettes. Mais
tout cela, soyons-en assurés, n’a que peu d’importance, car en
vérité les règles qui régissent le royaume de Féerie nous échappent
et nous échapperont toujours, et toutes nos tentatives pour impo-
ser notre ordre humain aux lisières d’Elfirie demeureront aussi fra-
giles et aussi vaines que des châteaux de sable.
Cela bien posé, revenons à nos fées et nos elfes.
1. Pierre Dubois, La Grande Encyclopédie des lutins, Hoëbeke, 1992, et La
Grande Encyclopédie des fées, Hoëbeke, 1996.
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14 L’UNIVERS FÉERIQUE
Qu’est-ce qu’une fée ?
La question est délicate, car en réalité il existe plusieurs types de
fées, que l’on peut distinguer autant par leur apparence que par
leur origine. Certaines fées sont de taille et d’apparence humaines.
Seules les distinguent des simples mortelles leur beauté surnaturelle
et leurs pouvoirs magiques. D’autres fées ont la taille, le corps et
le visage d’enfants entre six et dix ans. Elles ne grandissent jamais,
ne vieillissent pas, et demeurent éternellement (ou presque) des
esprits espiègles et mutins. D’autres encore ont une taille minus-
cule, de trente centimètres à un centimètre et demi environ. Leur
corps translucide est généralement doté de petites ailes de papillon
ou de libellule. Leur peau est colorée, dans les tons pastel, et leur
apparence se confond avec les plantes ou les fleurs dont elles sont
les gardiennes.
Si les fées sont aussi différentes les unes des autres, c’est qu’elles
n’appartiennent pas à la même famille. Les grandes fées d’appa-
rence humaine sont la résurgence des anciennes déesses du paga-
nisme, comme Aphrodite ou Vénus. Elles incarnent la femme
idéale et sont un visage de la personnification de l’âme, qui hante
le cœur des hommes. Parfois, elles sont réellement des femmes,
mais dotées de pouvoirs magiques qui les rendent intouchables.
Elles se rapprochent alors des anciennes druidesses, les grandes
prêtresses celtes, ou des sorcières du Moyen Âge. D’autres fois, il
s’agit de revenantes, de fées fantômes par lesquelles se perpétue
l’esprit des châtelaines défuntes, comme dans le mythe des Dames
Blanches ou des Banshies d’Irlande. Les petites fées, elles, sont des
manifestations du monde de la poésie, de la fantaisie et de l’imagi-
naire, à moins qu’elles ne soient des esprits des bois et des fleurs,
à savoir les esprits élémentaires qui peuplent la nature.
Les fées courtoises
La littérature courtoise du Moyen Âge et les contes merveilleux
nous enseignent que la fée est un être féminin doté de pouvoirs
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FÉES ET ELFES 15
surnaturels. Au physique, elle apparaı̂t toujours sous les traits d’une
jeune dame d’une beauté exceptionnelle, richement vêtue de robes
longues dont les couleurs dominantes sont le blanc, l’or, le bleu et
surtout le vert, plus rarement le noir. Sa baguette magique surmon-
tée d’une étoile est à la fois l’insigne et le moyen de ses pouvoirs
magiques. De plus, elle est parée d’une séduction à laquelle nul
mortel ne saurait résister. L’enfant l’adore comme sa mère ; le
jeune homme en tombe éperdument amoureux et se voue corps et
biens à elle.
La fée répond à ces marques de reconnaissance par des dons
multiples et des grâces innombrables, bien que souvent para-
doxales. Le mortel à qui échoient ces cadeaux du ciel doit prouver
sa fidélité en affrontant des épreuves – généralement des interdits
minimes à respecter. Mais sa faiblesse est si grande qu’il finit tou-
jours par transgresser la règle pourtant simple édictée par la fée,
qui l’abandonne alors, le laissant seul et désespéré. Incapable de
supporter cette situation, le héros se lance dans une quête longue
et difficile, semée d’embûches et de dangers effrayants, dont il
finit, à force d’endurance et de courage, par sortir vainqueur. Ce
n’est qu’à ce prix qu’il pourra célébrer enfin son union définitive
avec la fée. Les Lais de Marie de France, composés au milieu du
XIIe siècle, illustrent parfaitement ce schéma de base.
La fée est toute-puissante. La fée est aimable. La fée est désirable.
Mais, avant tout, la fée est belle. Selon Henri Durville, « dans la
féerie, plus un être est pur, plus la beauté est son privilège », et le
corps des fées est « plus mince et plus léger que la nuée vaporeuse ».
Il explique : « Les vieilles traditions nous représentent ces créatures
exquises, rayonnantes de jeunesse, douées d’une grâce idéale et
divine. Richement vêtues et d’un charme presque immatériel, elles
ressemblaient à des princesses éthérées tant leurs pieds menus tou-
chaient peu terre 1. »
La beauté des fées est en effet proverbiale dans la poésie et les
romans du Moyen Âge. C’est le cas de la fée rencontrée par le sire
d’Argouges, dont il devint follement amoureux. Quant à la fée
1. Henri Durville, Les Fées, Perthuis, 1950.
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16 L’UNIVERS FÉERIQUE
Mélusine, épouse du seigneur Raimondin, elle avait paraı̂t-il une
voix aussi mélodieuse que le chant du rossignol.
La fée ainsi décrite s’apparente davantage à la princesse des
contes, que le héros doit conquérir et épouser, qu’au personnage
fantastique qui peuple les légendes et les chroniques folkloriques.
Car la fée est multiple. Idéal féminin, symbole de l’anima dans la
psychologie des profondeurs, elle incarne tout à la fois la vierge,
la sœur, l’épouse et la mère. Elle est la Femme par excellence,
parfaite et inaccessible. Elle est aussi un agent de la Providence,
répandant autour d’elle la richesse, la prospérité, la fécondité, le
bonheur, apportant son aide aux héros en péril et son inspiration
aux artistes et aux poètes. En ce sens, elle fait figure d’ange gardien.
Enfin, elle est une fileuse de destin, comme les Parques romaines
ou les Moires grecques. C’est elle qui noue le fil de la vie des
humains en assistant à la naissance des enfants et en se penchant
sur leurs berceaux pour les combler de dons. C’est elle qui dévide
ce fil en intervenant dans le destin des hommes. C’est elle enfin
qui rompt ce fil, en annonçant la mort des humains avant de les
emmener dans ses palais enchantés, au pays des fées.
Les fées des bois, des jardins et des fontaines
La fée, enfin, est une divinité de la nature, associée notamment
aux arbres des forêts, à l’eau des fontaines et aux fleurs des jardins.
Elle n’apparaı̂t plus alors sous l’aspect noble et un peu hautain des
dames issues des romans courtois, mais sous la forme d’une petite
créature à l’allure enfantine, à peine vêtue d’étoffes translucides
aux tons pastel, et dotée d’ailes de libellule.
Un théosophe, doté de vision clairvoyante, Geoffrey Hodson,
né en Angleterre en 1886 et mort en Nouvelle-Zélande en 1983,
a consacré sa vie à observer les fées et les esprits de la nature. Ainsi,
en 1921, alors qu’il se trouvait dans le vallon de Cottingley, il a
pu observer une fée particulièrement belle, dotée d’un corps
« recouvert d’une lumière dorée chatoyante et transparente ». Elle
avait de grandes ailes divisées en deux parties. La partie inférieure,
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FÉES ET ELFES 17
plus petite que la partie supérieure, paraissait « s’allonger en pointe
comme les ailes de certains papillons ». Il constate : « Je peux sim-
plement la décrire comme une merveille d’or. Elle sourit et il est
clair qu’elle nous voit. Elle met ses doigts sur ses lèvres. Elle se
tient à l’intérieur d’un saule parmi les feuilles et les branches, nous
épiant d’un air souriant. » Il précise que cette apparition n’est pas
perceptible objectivement, mais seulement grâce au concours de la
« vision astrale », avant de poursuivre sa description : « De sa main
droite elle pointe son doigt qu’elle déplace circulairement autour
de ses pieds et je remarque un certain nombre de chérubins (faces
ailées), peut-être six ou sept ; ils semblent être maintenus en forme
au moyen d’une volonté invisible. » Hodson confesse enfin : « Elle
a jeté un charme d’enchanteresse sur moi, charme qui subjugue
entièrement le principe mental. Elle me laisse les yeux hagards à
l’endroit qu’elle vient de quitter, parmi les fleurs et les feuilles 1. »
Qu’est-ce qu’un elfe ?
Ces petites fées sont les compagnes des elfes, leurs compléments
masculins. Esprits élémentaires de l’air, légers et diaphanes, les elfes
ont le pouvoir de voler autour des frondaisons des arbres. Tout de
vert vêtus, ce qui leur permet de se confondre avec le feuillage, ils
jouent une musique merveilleuse en laissant le vent souffler dans
les branches des arbres. Comme les fées, ils sont doués de pouvoirs
surnaturels et font office de messagers entre ce monde-ci et l’au-
delà, ainsi que le précise le révérend Kirk, un pasteur anglican qui
vécut au XVIIe siècle dans la paroisse d’Aberfoyle, en Écosse, et
qui prétendait les voir couramment : « Ces elfes, ou siths, sont
d’une nature intermédiaire entre l’homme et l’ange, comme les
Anciens le pensèrent des daı̈mons ; d’esprits intelligents et curieux,
de corps légers et fluides, quelque peu de la nature d’un nuage
condensé, et plutôt visibles au crépuscule. Ces corps sont tellement
souples, de par la subtilité des esprits qui les agitent, qu’ils se
1. Cité par E.L. Gardner, Les Fées, Éditions Adyar, 1945, réédition 1966.
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18 L’UNIVERS FÉERIQUE
peuvent faire apparaı̂tre ou disparaı̂tre à volonté. Certains ont des
corps ou véhicules si spongieux, si fins, si immatériels, qu’ils ne les
nourrissent qu’en suçant une subtile liqueur spiritueuse qui pénètre
comme de l’air pur et de l’huile ; les autres se nourrissent plus
grossièrement de l’essence ou substance des grains et liqueurs, ou
du blé lui-même qui croı̂t à la surface de la terre et que ces elfes
dérobent, tantôt d’une manière invisible, tantôt en becquetant
comme les corneilles et les souris 1. »
Ces êtres supérieurs, quasi divins, si proches des anges par leurs
fonctions et leurs manifestations, sont au centre du paganisme
ancien. C’est dans les cultures nordiques, germaniques ou anglo-
saxonnes que les elfes sont le plus souvent représentés – fées et
lutins étant davantage vénérés par les Gaulois. Ainsi, en Allemagne,
on raconte que ce sont les elfes qui tissent les fils des toiles d’arai-
gnée – que l’on appelle « fils de la bonne Vierge » en France.
Les elfes ont pour noms nis en Allemagne, nissgod-drange au
Danemark et en Norvège, vieillard Tom-Gubbe ou Tonttu en
Suède, tylwithes en Angleterre, duende en Espagne, « sylphe » ou
« esprit follet » en France. En Écosse, on distingue les dun-elfen
(« elfes des dunes »), les berg-elfen (« elfes des collines »), les munt-
elfen (« elfes des montagnes »), les wudu-elfen (« elfes des bois ») et
les woeter-elfen (« elfes des eaux »). Obéron, l’enfant-fée époux de
la reine Titania, est considéré tantôt comme un nain – à cause
de sa taille –, tantôt comme un elfe – pour sa beauté et sa grâce
aérienne.
Tout comme les fées, les elfes jouent un rôle dans l’équilibre, la
santé et la croissance des plantes. Mais si les gnomes veillent sur
la graine souterraine et les fées sur la pousse de la plante hors du
sol, les elfes veillent à son ensoleillement et au mécanisme de la
photosynthèse.
Ces êtres recherchent avant tout la lumière du soleil, et appré-
cient la musique, les sons doux et apaisants. Ils font aussi des
rondes en se tenant par la main pour provoquer des enchantements
bénéfiques.
1. Robert Kirk, La République mystérieuse, 1691. Édition Rémy Salvator, 1896.
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FÉES ET ELFES 19
Geoffrey Hodson a rencontré des elfes dans les bois de Cottin-
gley, en août 1921 : « Deux tout petits elfes des bois qui couraient
sur le sol passèrent près de nous, tandis que nous étions assis sur
le tronc d’un arbre tombé. Quand ils nous virent, ils firent un
bond qui les éloigna d’environ deux mètres et ils se mirent à nous
considérer, très amusés mais nullement craintifs 1. » Ces elfes
étaient couverts d’une peau qui luisait comme si elle était mouillée,
de la même couleur que l’écorce des arbres. Ils avaient de grandes
mains et de grands pieds, hors de proportion avec le reste de leur
corps. « Leurs jambes étaient maigres, et leurs vastes oreilles au
dessus pointu et dirigé vers le haut avaient presque la forme d’une
poire. Leurs nez aussi étaient pointus et ils avaient des grandes
bouches. À l’intérieur de leur bouche, pas de dents, pas de struc-
ture, pas même une langue, autant qu’il fut possible de le voir,
exactement comme si tout l’ensemble était une pièce de gelée.
Autour d’eux, une petite aura verte. Les deux que nous remar-
quâmes particulièrement vivaient dans les racines d’un énorme
hêtre, et finalement disparurent à travers une crevasse dans laquelle
ils entrèrent comme on peut entrer dans une cave, et s’enfoncèrent
dans le sol 2. »
Le poète anglais William Blake (1757-1827) affirme avoir vu
des elfes traverser en procession son jardin, portant le corps sans
vie de l’un des leurs sur un pétale de rose. Le défunt fut mis en
terre, tandis que des chants accompagnaient la cérémonie, puis les
elfes disparurent. Mais il est possible que ces « funérailles » ne
soient qu’une parodie de plus des coutumes humaines, que les
membres du Petit Peuple aiment tant à singer.
Au Pays de Galles, elfes et fées vont par bandes joyeuses, et
sont considérés comme faisant partie de la même espèce, nommée
Tylwyth Teg, la « bienveillante famille ». En Irlande, ils sont connus
sous le nom de Daoine Side, les « habitants des tertres des fées »,
car ces esprits occupaient, dit-on, de magnifiques palais souterrains
dissimulés à l’intérieur des monticules verdoyants qui jalonnent les
prairies irlandaises.
1. G. Hodson, Les Fées au travail et au jeu, Éditions Adyar, 1957.
2. Ibidem.
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DU MÊME AUTEUR 863
Le Bestiaire fabuleux, collection « Contes et légendes de France »,
Pygmalion, 2001.
Les Amours enchantées, collection « Contes et légendes de France »,
Pygmalion 2001.
L’Amour courtois et autres histoires, collection « Le cabinet fantasti-
que », Le Pré aux Clercs, à paraı̂tre en septembre 2007.
Essais :
L’Effet Pivot, Ramsay, 1987.
Sorciers, Ramsay, 1989.
La République des jeux, Robert Laffont, 1992.
Enquête sur l’existence des anges rebelles, Filipacchi, 1995. J’ai Lu
1997.
Enquête sur l’existence des fées et des esprits de la nature, Filipacchi,
1995. J’ai Lu 1998.
L’Énigme de l’Atlantide, Pygmalion, 1998. France Loisirs. J’ai Lu
2002.
Fées et Elfes, collection « L’Univers féerique », Pygmalion, 1999.
Traduit en espagnol et portugais.
Nains et Gnomes, collection « L’Univers féerique », Pygmalion,
1999. Traduit en espagnol et portugais.
Sirènes et Ondines, collection « L’Univers féerique », Pygmalion,
1999. Traduit en espagnol et portugais.
Géants et Dragons, collection « L’Univers féerique », Pygmalion,
2000. Traduit en espagnol et portugais.
Sorcières et Démons, collection « L’Univers féerique », Pygmalion,
2000. Traduit en espagnol et portugais.
Le Guide du chasseur de fées, Le Pré aux Clercs, 2005.
Le Guide du chasseur de fantômes, Le Pré aux Clercs, 2006.
Site officiel : www.edouardbrasey.com
Blog : http://blogs-livres.com/edouard-brasey/
N° d’édition : L.01EUCN000199.N001
Dépôt légal : juin 2008