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Guide des allégations environnementales 2023

Le guide pratique des allégations environnementales, mis à jour en 2023, vise à clarifier et encadrer les allégations environnementales pour les consommateurs et les professionnels, en réponse aux attentes croissantes en matière de durabilité. Il aborde les enjeux juridiques et les recommandations pour éviter le greenwashing, tout en fournissant des outils pour une consommation responsable. Bien qu'il n'ait pas de valeur réglementaire, il sert de référence pour les pratiques commerciales et peut être utilisé par les autorités pour sanctionner les abus.

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Guide des allégations environnementales 2023

Le guide pratique des allégations environnementales, mis à jour en 2023, vise à clarifier et encadrer les allégations environnementales pour les consommateurs et les professionnels, en réponse aux attentes croissantes en matière de durabilité. Il aborde les enjeux juridiques et les recommandations pour éviter le greenwashing, tout en fournissant des outils pour une consommation responsable. Bien qu'il n'ait pas de valeur réglementaire, il sert de référence pour les pratiques commerciales et peut être utilisé par les autorités pour sanctionner les abus.

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Guide pratique

des allégations
environnementales

Édition 2023
Introduction

Produire et consommer de façon plus respectueuse de l’environ-


nement n’est plus seulement un défi aujourd’hui, mais l’objectif à
atteindre pour changer en profondeur les modes de production et
de consommation de notre société. Citoyens, consommateurs, entre-
prises, associations, pouvoirs publics : nous sommes tous concernés.
C’est la raison d’être du guide pratique des allégations environne-
mentales, édité pour la première fois en 2010, à la suite du Grenelle
de l’environnement et actualisé en 2014.

Les enjeux
L’argument environnemental n’est pas un argument de vente comme
les autres : il rapproche l’engagement d’une entreprise et l’implica-
tion d’un consommateur en faveur du développement durable et ne
peut reposer sur des ambiguïtés ou des approximations. En 2022, les
attentes du consommateur concernant l’impact environnemental
des produits et des services influencent de manière déterminante
son comportement économique. C’est pour répondre aux exigences
des consommateurs et à l’aune de nouvelles pratiques de la part des
professionnels que le guide pratique des allégations environnemen-
tales a été une nouvelle fois revu.
Il est le fruit d’une concertation étroite et d’un consensus entre des
représentants des professionnels et des représentants des consom-
mateurs qui participent au Conseil national de la consommation
(CNC). Le groupe de travail dédié du CNC, mandaté le 16 septembre
2019, avait pour mission de dresser un « état des lieux des termes
employés et de recenser les nouvelles allégations environnementales
utilisées concernant les produits non alimentaires », incluant tant les
biens que les services (hors finance verte), depuis la précédente révi-
sion du guide.
Destiné aux consommateurs, ce guide entend donner des clés de
compréhension des différentes allégations utilisées. Conçu égale-
ment comme un outil de référence pour les professionnels, il doit
leur permettre de communiquer de façon précise, fiable et délivrer
au consommateur des informations considérées comme pertinentes.
La première partie du nouveau guide décrit le cadre juridique appli-
cable, qui a considérablement évolué ces dernières années.
En effet, tout d’abord, la loi du 10 février 2020 relative à la lutte
contre le gaspillage et pour une économie circulaire a renforcé l’in-
formation environnementale des consommateurs et a encadré plus
strictement, voire interdit, le recours à certaines allégations environ-
nementales, tout en créant de nouveaux outils afin d’accompagner
les consommateurs dans leurs nouvelles pratiques de consommation
(information des consommateurs sur les qualités et caractéristiques
environnementales des produits générateurs de déchets, indice de
réparabilité et bientôt de durabilité, information sur les perturba-
teurs endocriniens, simplification du geste de tri, développement
de la consigne et du vrac, interdiction des allégations considérées
comme globalisantes).

3
Ensuite, la loi du 22 août 2021 dite « Climat et résilience » est venue
pérenniser et approfondir les orientations du législateur par l’adop-
tion de nouvelles mesures permettant aux consommateurs de faire
des choix éclairés (par exemple, la création d’un indice de durabi-
lité des produits amené à se substituer à l’indice de réparabilité). Par
ailleurs, l'une des mesures emblématiques de cette loi réside dans
l’interdiction du « greenwashing » ou « écoblanchiment » en tant que
pratique commerciale trompeuse à part entière, assortie d’une sanc-
tion renforcée.
La seconde partie du nouveau guide a, comme les éditions précé-
dentes, une portée plus pratique, reprenant les recommandations
du CNC pour l’utilisation volontaire par les professionnels de diffé-
rentes allégations environnementales.
Ainsi, dans un contexte où les considérations environnementales
influencent très fortement les pratiques de marché et les compor-
tements des consommateurs, ce nouveau guide, largement refondu,
constitue un vade-mecum de la consommation responsable. Il contri-
bue à faire du consommateur un acteur majeur de la transition écolo-
gique et à la loyauté des pratiques des entreprises en protégeant les
plus vertueuses contre une distorsion de concurrence basée sur des
allégations infondées.
L’avis du CNC adopté le 20 mars 2023 valide le contenu de ce guide,
issu de l’un de ses groupes de travail.

Valeur du guide : des recommandations


non contraignantes mais faisant autorité
Ce guide n’a pas de valeur réglementaire, mais il constitue un docu-
ment de référence qui décrit l’état du droit et qui fixe des lignes
directrices au regard des connaissances scientifiques du moment
pour le recours à des allégations environnementales. S’il n’existe
pas de sanction en cas de non-respect de ce guide, les services de
la DGCCRF peuvent, en tout état de cause, dans le cadre de leur
mission de contrôle, s’appuyer sur son contenu pour relever et sanc-
tionner les manquements ou infractions aux dispositions légales en
vigueur, s’agissant tout particulièrement des pratiques commerciales
trompeuses.

4
Allégation non conforme aux recommandations
du guide, quelle attitude adopter ?
En tant que consommateur, nous avons tous un pouvoir de sanction
qui est de ne pas choisir un produit si l’on estime que les informations
qui nous sont données ne sont pas suffisantes pour bien comprendre
en quoi ce produit ou ce service est meilleur pour l’environnement.  
En cas de doute sérieux sur la véracité d’une allégation, la première
démarche est de se rapprocher du professionnel et de lui deman-
der des informations complémentaires. Dans le cas où l’entreprise
concernée dispose d’un service consommateurs, il est recommandé
de lui transmettre une réclamation écrite. Il est également toujours
possible d’utiliser la plateforme SignalConso ([Link]
[Link]) ou d’écrire à DGCCRF- RéponseConso - B.P.60 - 34935 Mont-
pellier Cedex 9.
Par ailleurs, un consommateur peut signaler une publicité à l’Auto-
rité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) ou au Jury
de déontologie publicitaire (JDP), instance associée au dispositif de
régulation professionnelle de la publicité concertée avec la société
civile qui a été mis en place par l’ARPP, dont les avis, rendus publics,
peuvent conduire à faire cesser la diffusion d’une campagne publici-
taire.

Cadre institutionnel

Le Conseil national de la consommation (CNC), est un organisme pari-


taire consultatif placé auprès du ministre chargé de la Consommation.
Il se compose de représentants des entreprises, des consommateurs et
des pouvoirs publics. Il a été institué par décret le 12 juillet 1983.
Il exerce une double mission de :
• Concertation entre consommateurs, usagers et professionnels ;
• Consultation sur les orientations des pouvoirs publics en matière de
politique de la consommation.

Le CNC peut se saisir de toute question relative à la consommation.


Il peut aussi être saisi par le ministre chargé de la Consommation.
Le CNC émet également des recommandations qui prennent la forme
d’avis élaborés dans le cadre de groupes de travail et qui traduisent un
accord entre les consommateurs et les professionnels sur des sujets très
variés touchant la consommation ([Link]/cnc).

5
Sommaire
Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

Un cadre juridique renforcé pour lutter contre


l’écoblanchiment. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Définition d’une allégation environnementale . . . . . . . . . 10
Qu’est-ce qu’une allégation environnementale ?. . . . . . . . . . . 10
Quelle forme peut prendre une allégation
environnementale et sur quel support peut-elle figurer ? . . . 11
Comment déterminer qu’une allégation
environnementale est fiable ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Le cas spécifique des allégations concernant
une entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Le cas spécifique des allégations concernant
les emballages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Les informations environnementales obligatoires. . . . . . . . . . 15

Les informations environnementales obligatoires


et les labels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Les labels environnementaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

L’encadrement juridique des allégations. . . . . . . . . . . . . . . 23


Le cadre juridique général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Les dispositions spécifiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
L’autorégulation des professionnels et leurs codes de bonne
conduite en matière de publicité environnementale. . . . . . . 29

Recommandations du CNC pour l’utilisation


par les professionnels des allégations
environnementales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Allégations sur les produits. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Allégations « sans substances x »
(produits non alimentaires) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Bio (produits non alimentaires). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Biosourcé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Compostable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Dépolluant, assainissant, purifiant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Durable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Ecoconçu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Économe : « consomme moins ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Écotoxicité réduite et allégations de même nature. . . . . . . . . 49
Renouvelable / Emploi de ressources renouvelables. . . . . . . . 50
Empreinte écologique réduite. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Low-tech. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Naturel (produits non alimentaires). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Recyclable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Réemployable/ Réutilisable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Réparable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Upcyclé / Upcycling ou Upcyclage ou Surcyclage . . . . . . . . . . 64

7
Allégations relatives aux entreprises. . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Allégations environnementales qualifiant une entreprise . . . 65
Les opérations de compensation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66

Annexe I Dispositif d’information obligatoire. . . . . . . . . . 67

Annexe II Fiche Pratique : La méthode afin d’établir une


allégation environnementale loyale1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Principe de la proportionnalité de l’allégation. . . . . . . . . . . . . 69
Clarté et absence d’ambiguïté de l’allégation . . . . . . . . . . . . . 70
L’existence de justificatifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
PARTIE I
Un cadre juridique
renforcé pour lutter
contre l’écoblanchiment

9
Définition d’une allégation
environnementale

Les allégations environnementales mentionnées dans ce guide


concernent les produits non alimentaires, au sens de biens et
de services.

Qu’est-ce qu’une allégation environnementale ?


La notion d’allégation recouvre l’action d’alléguer, c’est-à-dire de
citer un fait, une autorité, une norme de droit ou un autre texte de
référence comme preuve de ce qu’on affirme, afin de s’en prévaloir.
En marketing, l’allégation est synonyme de déclaration de l’entre-
prise quant aux qualités du produit proposé, qu’il s’agisse d’un bien ou
d’un service, et plus largement quant aux avantages et aux bienfaits
qu’il est censé procurer.
La Norme ISO 140211 définit les allégations environnementales
comme des mentions, symboles ou graphiques indiquant un aspect
environnemental d’un produit, d’un composant ou d’un emballage.
Elle précise :
« Une allégation environnementale peut apparaître sur les étiquettes
du produit ou de l’emballage, sous forme de documentation relative
au produit, de bulletins techniques, de publicité, de publications, de
télémarketing, ou être véhiculée par le biais de supports numériques
ou électroniques tels qu’internet. »
Une allégation est donc un message sur une ou plusieurs quali-
tés ou caractéristiques environnementales du produit (ou de son
emballage), qui permet de distinguer et valoriser un produit (bien
ou service) ou son emballage. Cette allégation peut être visible sur
l’emballage, sur l’étiquette ou sur la publicité du produit en vue de sa
commercialisation ou pour information.
Il est essentiel de distinguer les allégations environnementales des
informations portant uniquement sur les qualités et caractéristiques
environnementales des produits ou de l’information environnemen-
tale du produit :

1
[Link] .

10
Information factuelle Argument commercial

Information sur les Information / Affichage / Allégation


qualités et caractéristiques Impact environnemental(e) environnementale
environnementales du produit Met en avant une ou
Porte sur les qualités Permet d'avoir une idée de des caractéristiques
et caractéristiques l'impact que le produit a sur environnementales, voire
environnementales inhérentes l'environnement et le cas l'information environnementale
aux différentes étapes de vie du échéant de le classer ou le globale du produit, afin de
produit comparer aux autres produits communiquer sur son/ses
similaires. Cette information avantage(s) ou amélioration(s)
Exemple : l'utilisation de
peut être donnée sous forme de
métaux précieux ou terres rares,
« score »
l'incorporation de matières
recyclées, l'utilisation d'énergies Exemple : étiquette énergie,
renouvelables, les émissions de indice de réparabilité
gaz à effet de serre ou encore la
consommation d'énergie

Quelle forme peut prendre une allégation


environnementale et sur quel support peut-elle
figurer ?
Les allégations environnementales peuvent être présentes sur le pro-
duit ou sur son emballage, ainsi que sur différents supports : affi-
chage, documents d’accompagnement, brochure, publicité, ou page
Internet.

La notion d’allégation environnementale s’inscrit dans celle plus large


de la pratique commerciale ainsi définie : « toute action, conduite, dé-
marche ou communication commerciale, y compris la publicité et le mar-
keting, de la part d’un professionnel, en relation directe avec la promo-
tion, la vente ou la fourniture d’un produit au consommateur »2.

Les allégations environnementales peuvent prendre plusieurs formes


visuelles telles que des images, du texte ou d’autres signes distinctifs
ou figuratifs (logo, couleur, mots, groupes de mots, dénominations) et/
ou parfois sonores.

2
Article 2 de la Directive 2005/20/CE relative aux pratiques commerciales déloyales.

11
Comment déterminer qu’une allégation
environnementale est fiable ?
Le terme « allégation » indique que le professionnel communique, sur
certaines caractéristiques ou sur certaines qualités d’un bien ou d’un
service, dans une démarche commerciale. Il attire ainsi l’attention
sur les qualités ou les caractéristiques environnementales d’un bien
ou d’un service.
Afin de déterminer si une telle allégation est fiable, c’est-à-dire si elle
n’est pas trompeuse ou de nature à induire en erreur, il est néces-
saire de vérifier que l’information délivrée est claire, proportionnée,
dénuée d’ambiguïté et justifiée grâce à des éléments précis et mesu-
rables (cf. paragraphe 2. p. 8).
Elle doit également être fondée sur des preuves scientifiques ou des
méthodes reconnues.
Quelle que soit l’allégation environnementale retenue, celle-ci doit
porter sur un aspect environnemental significatif au regard des
impacts générés par le produit, son emballage, ou le couple pro-
duit-emballage. Par ailleurs, l’avantage revendiqué par cette allé-
gation ne doit pas conduire à des déplacements de pollution (ou
transfert de pollution), en créant ou en aggravant d’autres impacts
environnementaux du produit, à l’une ou l’autre des étapes de son
cycle de vie.
Si l’allégation concerne uniquement l’emballage du produit et que
les impacts significatifs du couple emballage-produit sont différents
des impacts significatifs de l’emballage seul, l’allégation ne doit pas
laisser penser que le produit est plus respectueux de l’environne-
ment. Quand une allégation environnementale ne répond pas aux
critères repris ci-dessus, on parle de « greenwashing » ou « d’écoblan-
chiment ». Cette notion désigne une communication qui utilise de
façon abusive l’argument écologique. C’est le cas lorsque la pro-
messe environnementale faite sur un produit ne présente qu’un inté-
rêt minime, voire inexistant pour l’environnement ou qu’elle se limite
à suivre la réglementation en vigueur sans le préciser explicitement.
Le « greenwashing » peut également consister à verdir un produit en
masquant ses impacts les plus importants (exemple : une publicité
alléguant qu’une voiture à moteur thermique est plus écologique en
mettant seulement en avant la composition des sièges alors que les
émissions en CO2 constituent l'un des impacts les plus significatifs
pour ce type de bien).

12
Le cas spécifique des allégations concernant une
entreprise
Les allégations environnementales visées par ce guide portent pour
l’essentiel sur les produits (biens et services), et/ou leur emballage.
Toutefois, elles peuvent également concerner les entreprises. Auquel
cas, l’allégation va porter sur les démarches visant à réduire les
impacts environnementaux de l’entreprise au travers de sa politique
commerciale, de son mode de production ou de son engagement vis-
à-vis de différentes actions. Il peut notamment s’agir de la réduction
de la consommation d’énergie du site de production, des émissions
de gaz à effet de serre liées au transport des matières premières, de
l’usage des produits phytosanitaires dans les exploitations agricoles
ou dans les campings, des déplacements domicile-travail des salariés
ou de la participation financière à un projet environnemental.
Elles doivent préciser si elle concerne l’ensemble des activités de l’en-
treprise, le processus de production ou seulement l’une des étapes
d’élaboration du produit3.
Attention, ces allégations environnementales concernant l’entre-
prise ne signifient pas que les produits qu’elle fabrique sont plus res-
pectueux de l’environnement.
Afin d’éviter toute confusion ou interprétation face à des allégations
environnementales concernant l’entreprise, il est préconisé d’appo-
ser ces allégations4 sur des supports tels que : le site Internet, les
brochures, les bilans annuels, etc.
Les allégations d’une entreprise peuvent également se rapporter
à une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).
Elles couvrent alors un champ plus large que les allégations environ-
nementales puisqu’elles incluent un volet social et éthique.
En effet, la RSE est définie par la Commission européenne comme
« l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales
et environnementales dans la conduite de leurs affaires, et dans les
relations avec leurs parties prenantes ».
La RSE désigne ainsi l’ensemble des initiatives menées par les entre-
prises sur la base du volontariat en vue de prendre en compte les
impacts sociaux et environnementaux de leurs activités sur la société.
Elle s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue.
La norme internationale ISO 26000 est la référence en la matière,
servant de guide aux entreprises dans leur démarche.

3
Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ([Link]
publications/labels-rse-propositions-labels-rse-sectoriels-destines-aux-tpe-pme-eti) .
4
Y compris les communications sur les certifications de type EMAS, ENVOL, ISO 14001,
etc.

13
Le cas spécifique des allégations concernant les
emballages
Une allégation environnementale sert à informer le consommateur
sur les impacts limités d’un produit sur l’environnement. L’allégation
environnementale doit informer le consommateur de la limitation
des impacts environnementaux significatifs du produit (le produit
et son emballage). Si l’allégation concerne l’emballage du produit et
que les impacts significatifs du couple produit/emballage ne portent
pas sur l’emballage, l’allégation ne doit pas laisser penser au consom-
mateur qu’il achète un produit plus respectueux de l’environnement.

14
Les informations
environnementales
obligatoires et les labels

Le présent guide vise à expliciter dans quel contexte des termes à


connotation environnementale peuvent être employés.
Toutes les informations environnementales ne sont pas considérées
comme des allégations environnementales au sens de ce guide. C’est
le cas des informations rendues obligatoires par un texte législatif
ou réglementaire, mais aussi des labels environnementaux dont les
différents types sont présentés ci-après.

Les informations environnementales obligatoires


Plusieurs textes législatifs ou réglementaires imposent aux fabricants
ou aux importateurs d’apposer certaines informations de nature
environnementale sur les produits qu’ils mettent sur le marché.
Ces informations obligatoires, parfois utilisées comme des alléga-
tions environnementales, ne doivent pas non plus induire le consom-
mateur en erreur.
En effet, un professionnel doit dans tous les cas se conformer aux
exigences légales qui lui sont applicables. Il ne peut donc faire état, à
titre de revendication, de sa conformité au cadre légal.

L’étiquette énergie
L’étiquette énergie permet de comparer les produits d’une même
catégorie sur la base d’informations uniformes relatives à l’impact
en termes de pollution sonore ou de consommation en énergie et
en eau. En résulte un classement des produits en fonction de leurs
performances énergétiques (ou classe d’efficacité énergétique). Cer-
taines performances spécifiques, liées à des catégories de produits,
doivent également être communiquées aux consommateurs. L’infor-
mation se fait par le biais d’une étiquette.
Le règlement (UE) 2017/1369 fixe un cadre pour l’étiquetage énergé-
tique, dont les obligations des professionnels relatives aux modalités
de communication des informations aux consommateurs.
Ce règlement renvoie à des actes délégués la définition, en fonction
de la catégorie de produits, des informations telles que la classe
d’efficacité énergétique devant être communiquées aux consomma-
teurs ainsi que les modalités de leur calcul et de leur affichage selon
le mode de distribution.
Les nouveaux règlements délégués pris en application de ce règle-
ment cadre (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, dispositifs
d’affichage électroniques et sources lumineuses), prévoient des dis-
positions précises sur le format et la taille de l’étiquette ainsi que les

15
modalités de son affichage sur les produits exposés dans un magasin
physique. Ils sont applicables depuis le 1er mars 2021 et permettent
un classement sur une échelle de A à G plus exigeant.
La présentation de l’étiquette, ou son remplacement par un picto-
gramme sur le site de vente en ligne, est également précisée afin
qu’elle soit clairement visible et lisible par les consommateurs.
Le pictogramme, dont un modèle est donné, peut prendre la forme
d’une flèche contenant la lettre de la classe d’efficacité énergétique
dans une taille de police au moins équivalente à celle du prix. Il doit
également figurer dans les publicités et les matériels promotionnels.
Pour les produits régis par des règlements délégués (spécifiques)
antérieurs au règlement cadre de 2017, les exigences prévoient seule-
ment la communication de la classe énergétique de l’appareil ou une
référence à cette classe dans les publicités d’informations relatives à
l’énergie ou au prix.
Enfin, un professionnel ne peut pas utiliser une étiquette énergétique
ou un pictogramme prévu par la réglementation relative à l’étique-
tage énergétique pour des produits qui ne sont pas soumis à ce dis-
positif.

Arrêt de la CJUE – affaire C-632/16 Dyson Ltd, Dyson BV/BSH Home Ap-
pliances du 25 juillet 2018 : Un professionnel ne peut pas ajouter d’autres
allégations aux mentions obligatoires figurant dans l’étiquette énergie :
comme l’a précisé la CJUE, les fournisseurs et distributeurs d’aspirateurs
ne peuvent pas utiliser d’étiquettes complémentaires reproduisant ou
précisant les informations figurant sur l’étiquette énergétique lorsque cela
pourrait induire le consommateur en erreur ou créer chez lui une confu-
sion en ce qui concerne la consommation d’énergie

L’indice de réparabilité
Le caractère plus ou moins réparable d’un équipement électrique
ou électronique est encadré par l’article 16 de la loi n° 2020-105 du
10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie
circulaire (dite loi « AGEC »)5.

Cet article rend obligatoire la présence d’une étiquette avec l’indice


de réparabilité sur certains équipements électriques ou électro-
niques générateurs de déchets. Cet indice consiste en une note sur
10 destinée à informer les consommateurs sur le degré de réparabi-
lité des produits concernés au cours de leur durée d’usage. Les équi-
pements concernés sont listés à l’adresse suivante :
[Link]
La loi AGEC prévoit de compléter ou de remplacer l’indice de répa-
rabilité par l’indice de durabilité au 1er janvier 2024, notamment en
prenant en compte les notions de robustesse et de fiabilité.

5
Article L.541-9-1 du code de l’environnement.

16
L’affichage des impacts sur l’environnement des produits
appelé « affichage environnemental »
L’article 2 de la loi n° 2021-1104 portant lutte contre le dérèglement
climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (loi Climat
et résilience)6 prévoit l’institution d’un dispositif d’affichage environ-
nemental, ou environnemental et social. Cet affichage, volontaire
et expérimental dans un premier temps, sera rendu obligatoire pour
certaines catégories de produits suivant une liste fixée par décret.
Il pourra se traduire par une étiquette présente sur le produit ou en
rayon, ou un dispositif dématérialisé, qui devra permettre d’informer
le consommateur sur les principaux impacts environnementaux des
produits ou services via des informations quantifiées.
Ces informations sont calculées sur l’ensemble du cycle de vie des pro-
duits et ont vocation à être objectives, descriptives et comparables
entre produits remplissant la même fonction. Le rôle de l’affichage
environnemental est double : orienter les choix des consommateurs
vers des produits aux impacts réduits et encourager les fabricants à
développer des démarches d’écoconception.
Plus d’informations sur le site de l’ADEME : [Link]
expertises/consommer-autrement/passer-a-laction/reconnaitre-pro-
duit-plus-respectueux-lenvironnement

L’information obligatoire sur certaines qualités et


caractéristiques environnementales des produits
L’article L. 541-9-1 du code de l’environnement (issu de l’article 13 de
la loi AGEC) prévoit la bonne information des consommateurs, par
les producteurs et importateurs, sur les qualités et caractéristiques
environnementales des produits générateurs de déchets, dont les
emballages ménagers, ainsi que, le cas échéant, sur les éco-modula-
tions.
Ces dispositions, précisées par décret d’application7, ont pour but de
répondre à une demande grandissante des consommateurs d’avoir
accès à une information fiable, complète et harmonisée à propos des
impacts environnementaux des produits qu’ils consomment, s’inscri-
vant ainsi dans une démarche accrue de transparence, du fabricant
aux consommateurs. Ce dispositif prévoit que les informations soient
mises à disposition sous un format dématérialisé (sur une page inter-
net dédiée), au sein d’une fiche produit, accessible gratuitement au
moment de l’acte d’achat. Les catégories de produits neufs à desti-
nation des consommateurs concernés par l’obligation d’information
sont reprises en annexe 1, en fonction des qualités et caractéristiques
environnementales suivantes : réparabilité/durabilité, composta-
bilité, incorporation de matières recyclées, emploi de ressources
renouvelables, possibilité de réemploi, recyclabilité, présence de
métaux précieux, présence de terres rares, présence de substances
dangereuses, traçabilité, présence de microfibres plastiques.
Pour les produits et matériaux de construction, seuls concernés par
l’emploi de ressources renouvelables, un renvoi est fait aux disposi-
tions du code de la construction et de l’habitation (art. R. 171-14 à R.
171-22) qui encadrent les déclarations environnementales. Pour plus
d’informations : [Link]

6
Articles L.541-9-11 et suivants du code de l’environnement.
7
Décret n° 2022-748 du 29 avril 2022 relatif à l’information du consommateur sur les
qualités et caractéristiques environnementales des produits générateurs de déchets.

17
Les producteurs et importateurs de produits qui ne sont pas concer-
nés par l’obligation d’information sur une qualité ou caractéristique
environnementale listée à l’article R.541-221 du code de l’environne-
ment sont libres d’informer de manière volontaire sur ces dernières,
dans le respect des règles relatives aux pratiques commerciales trom-
peuses et les recommandations faites dans la partie 2 du présent
guide.
Pour plus d’informations : [Link]
encadrement-des-allegations-environnementales-et-informa-
tion-du-consommateur-sur-produits

Autres dispositifs obligatoires


Il existe d’autres dispositifs d’étiquetage obligatoires sur certaines
catégories de produits :
– Les véhicules automobiles neufs : le certificat « qualité de l’air »
(ou vignette CRIT’AIR) est un dispositif sécurisé qui permet de
classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes.
Tous les véhicules neufs doivent avoir une vignette Crit’Air.
Celle-ci est obligatoire pour circuler en cas de mise en œuvre
de la circulation différenciée lors d’un pic de pollution ou dans
une zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m8) : partie du terri-
toire d’une collectivité dont l’accès est limité pour les véhicules
les plus polluants.
– Les voitures particulières (le score carbone) : sont soumises à
l’obligation de présenter de façon visible la mention de la classe
d’émissions de dioxyde de carbone9 dans toute publicité en
faveur d’une voiture neuve.
– Les produits de construction et de décoration (ex : peintures, par-
quets, revêtements sur sol, etc.) : l’étiquetage des émissions de
polluants volatils, obligatoire depuis le 1er janvier 201210, informe
le consommateur sur le niveau d’émission de substances volatiles
dans l’air intérieur, en classant les produits sur une échelle allant
de A+ à C11. Il est apposé par le responsable de la mise sur le mar-
ché.
– Les pneus : depuis le 1er novembre 2012, les pneus mis sur le
marché doivent porter une étiquette européenne normalisée.
À compter du 1er mai 202112, l’étiquetage ne s’applique plus uni-
quement aux véhicules particuliers et utilitaires légers (pneuma-
tiques de classes C1 et C2), mais aussi aux utilitaires lourds (classe
C3). Les informations retenues pour l’étiquetage européen des
pneus permettent de valoriser leur efficacité énergétique (la
résistance au roulement), leur adhérence sur sol mouillé, leurs
performances acoustiques et, le cas échéant, leur adhérence sur
la neige ou sur le verglas.
– Les logements : le diagnostic de performance énergétique (DPE)
renseigne sur la performance énergétique d’un logement ou d’un
bâtiment, en évaluant sa consommation d’énergie et son impact
environnemental. À compter du 1er juillet 2021, un nouveau DPE
entre en vigueur, plus fiable et plus lisible13.

8
La ZFE-m a remplacé la zone à circulation restreinte (ZCR)
9
Article L.229-64 3° du code de l’environnement ; articles L.318-1 et R. 311-1 1.4 du code
de la route.
10
Décret n° 2011-321 du 23 mars 2011 relatif à l’étiquetage des produits de construction
ou de revêtement de mur ou de sol et des peintures et vernis sur leurs émissions de
polluants volatils.
11
[Link]
12
Règlement (UE) 2017/1369 du 14 juillet 2017, modifié par le règlement (UE) 2020/740 du
25 mai 2020.
13
[Link]

18
Les labels environnementaux

Les différents types de labels apposés sur les produits


Un label environnemental est non seulement un repère pour le
consommateur afin d’identifier des produits (biens ou services) plus
respectueux de l’environnement, mais également un outil de promo-
tion et d’écoconception pour les fabricants et distributeurs lorsqu’il
répond aux caractéristiques de fiabilité présentées ci-après.
Le terme « label » désigne une marque distinctive créée et apposée
sur des marchandises pour en garantir l’origine ou les conditions de
fabrication (label d’origine, label de conformité, label de qualité)14.
Cette notion n’est cependant pas figée d’un point de vue réglemen-
taire. Il induit tout de même, dans les usages, une idée de garantie,
de gain qualitatif. Pour autant, tous les labels environnementaux ne
se valent pas. Ils se matérialisent par un logo et un nom apposé sur
le produit ou son emballage. On utilisera le terme générique de label
qui recouvre plusieurs réalités distinctes :
– Les logos de type auto-déclaration : les caractéristiques environ-
nementales sont mises en avant par un producteur ou un distribu-
teur sous sa seule responsabilité. Ces labels sont des labels privés.
Ils sont souvent monocritère et/ou ne concernent qu’une seule
étape du cycle de vie du produit. Ils ne reposent pas toujours sur
un cahier des charges ou un référentiel et n’obligent pas à recou-
rir à l’avis d’un tiers indépendant (contrôle ou certification).
– Les labels contrôlés ou certifiés par un organisme tiers indé-
pendant sur la base d’un cahier des charges : les critères envi-
ronnementaux sont décrits dans un cahier des charges ou un
référentiel et les produits (biens ou services) qui portent ce label
sont contrôlés ou certifiés par un tiers indépendant. Ces labels
peuvent être publics ou privés. La certification, procédure régle-
mentée, doit être conforme aux articles L. 433-1 et suivants du
code de la consommation.
– Les labels conformes à la norme ISO 14024 : ces labels, aussi
appelés labels de type 1 ou Ecolabel, sont conformes aux critères
définis dans la norme ISO 14024. Seuls ces labels peuvent être
appelés Ecolabel. Ils garantissent notamment que les critères
environnementaux portent sur l’ensemble du cycle de vie du
produit, qu’ils portent sur différents impacts environnementaux
les plus significatifs (changement climatique, eutrophisation, res-
sources naturelles non renouvelables, etc.), qu’une certification
par un tiers indépendant existe, que les cahiers des charges sont
révisés régulièrement, etc.

14
Dictionnaire de l’académie française : « 1. Droit du travail. Marque apposée sur certains
produits pour garantir que l’entreprise productrice respecte les conditions de travail
et de salaire prévues par la loi et par les conventions établies entre les organisations
d’employeurs et les syndicats ouvriers. Label syndical. Le label des ouvriers du Livre.
2. Commerce. Marque distinctive créée par des syndicats de producteurs ou des
organismes officiels, et apposée sur des marchandises pour en garantir l’origine, les
conditions de fabrication. Label d’origine. Label de conformité. Label de qualité. Labels
agricoles. »

19
Exemple : L’Écolabel européen : un label officiel de type I15

Créé en 1992, l’Ecolabel européen est le seul label écologique officiel uti-
lisable dans tous les pays membres de l’Union Européenne. Ce label, qui
concerne des produits (biens ou services)16, correspond au respect de
critères environnementaux et sanitaires définis à l’échelle européenne.
S’agissant des biens, il concerne à la fois le produit et son emballage17.
Il garantit ainsi la qualité écologique, sanitaire et la qualité d’usage, et
prend en compte le cycle de vie du produit et l’ensemble de ses impacts
environnementaux. Son élaboration et ses évolutions sont réalisées
après concertation avec les différentes parties prenantes (industriels,
associations, pouvoirs publics) et il est certifié par un tiers indépendant.
L’Ecolabel européen est institué et encadré par le règlement (CE) n°
66/201018.

Comment identifier un label environnemental fiable ?


Les labels environnementaux ne sont pas tous gage du même degré
d’exigences et de fiabilité. Les labels les plus fiables, garantissant un
meilleur respect pour l’environnement, sont les labels conformes à
la norme ISO 14024. Les labels qui tendent vers un niveau équivalent
d’exigence, tendent vers ce même degré de fiabilité. L’ADEME a ana-
lysé le cahier des charges de labels visibles sur les produits mis sur le
marché en France et, sur 14 catégories de produits de consommation
courante, en recommande plus de 100 d’entre eux.
Pour l’ADEME, l’évaluation de labels s’apprécie au regard des exi-
gences suivantes :
– Certification réalisée par des tiers indépendants ;
– Critères environnementaux portant sur l’ensemble du cycle de
vie du produit ;
– Critères environnementaux portant sur plusieurs impacts envi-
ronnementaux du produit ;
– Critères environnementaux visant à réduire les impacts les plus
significatifs du produit ;
– Critères portant sur l’aptitude à l’usage du produit ;
– Disponibilité et accessibilité à tous du référentiel (cahier des
charges) ;
– Révision régulière des critères environnementaux.

15
[Link]
produit-plus-respectueux-lenvironnement/dossier/lecolabel-europeen-logos-publics/
lecolabel-europeen-ecolabel-connu-reconnu-france
[Link]
16
L’Écolabel Européen : un écolabel connu et reconnu en France – Ademe .
17
L’Écolabel Européen concerne toujours le couple emballage-produit. Cependant,
lorsque l’emballage n’est pas identifié comme ayant un impact environnemental majeur
dans la catégorie de produits concernée, le référentiel de l’Écolabel n’intègre pas de
critères sur l’emballage.
18
Règlement (CE) no 66/2010 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2009
établissant le label écologique de l’UE ([Link]) .

20
Pour en savoir plus :
100 labels environnementaux recommandés par l’ADEME sur les pro-
duits du quotidien : un outil pour les consommateurs et les acheteurs
professionnels :
[Link]
mentaux

Des labels adaptés aux différentes catégories


de produits
Tous les produits ont des impacts sur l’environnement, tels que les
émissions de gaz à effet de serre, les impacts sur les écosystèmes
aquatiques, la pollution des sols, les impacts sur la biodiversité,
etc. Chaque catégorie de produits a des impacts spécifiques. Par
exemple, une lessive n’aura pas les mêmes impacts sur l’environne-
ment qu’un meuble en bois. Ainsi, la fiabilité d’un label se mesure
pour une catégorie de produits en fonction des impacts visés, mais
ne peut pas être considérée en général.

Les labels environnementaux ne doivent pas être confondus avec les


informations environnementales obligatoires pour certaines catégo-
ries de produits (étiquette énergie, vignette relative à la consommation
CO2 des véhicules, etc.).

21
22
L’encadrement juridique
des allégations

Le cadre juridique général


Au niveau européen, la directive 2005/29/CE du 11 mai 200519, rela-
tive aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis
des consommateurs dans le marché intérieur, définit le cadre juri-
dique des allégations. Elle s’applique à toutes les pratiques commer-
ciales intervenant avant (publicité et marketing), pendant et après
une transaction entre entreprise et consommateur.
Pour l’application de cette directive, la Commission européenne a
rédigé des lignes directrices qui en définissent les principales notions
et fournissent des exemples pratiques pour sa mise en œuvre, ainsi
qu’une interprétation concrète des principes posés par le droit.
Il en ressort notamment que les professionnels sont tenus de présen-
ter leurs allégations environnementales de manière claire, spécifique,
exacte et dénuée d’ambiguïté afin de ne pas induire les consomma-
teurs en erreur. Ils doivent également pouvoir justifier ces allégations
en disposant de tout type de preuve et être en mesure de les fournir,
sous une forme compréhensible, en cas de demande des consomma-
teurs ou en cas de contrôle des autorités.
Au niveau national, la directive 2005/29/CE a été transposée en droit
français aux articles L. 121-1 et suivants du code de la consommation.
Ainsi, le cadre juridique est fixé par les dispositions relatives aux pra-
tiques commerciales trompeuses.
Une pratique commerciale est trompeuse lorsqu’elle repose sur des
allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire
en erreur et portant sur un certain nombre d’éléments énumérés à l’ar-
ticle L. 121-2 du code la consommation, parmi lesquels les caractéris-
tiques essentielles du bien ou du service ou la portée des engagements
de l’annonceur.
À noter qu’une pratique commerciale est également trompeuse si,
compte tenu des limites propres au moyen de communication utilisé
et des circonstances qui l’entourent, elle omet, dissimule ou fournit
de façon inintelligible, ambiguë ou à contretemps, une information
substantielle (art. L.121-3 c. conso).
Toute allégation environnementale doit donc être explicite et pré-
cise afin de ne pas induire le consommateur en erreur ou semer le
doute dans son esprit. Elle doit viser à l’informer de façon loyale
sur les caractéristiques environnementales du produit ou du service
et doit être fondée sur des preuves scientifiques ou des méthodes
reconnues.

19
[Link]

23
L’évaluation d’une allégation environnementale tient compte des
impacts environnementaux les plus significatifs générés par le pro-
duit pendant son cycle de vie, y compris sa chaîne d’approvisionne-
ment. Les industries hautement polluantes doivent veiller à ce que
leurs allégations environnementales soient précises en ce sens, en
étant formulées de manière relative20.
Une allégation environnementale soulignant seulement l’un des
impacts significatifs générés par le produit sur l’environnement,
parmi plusieurs autres, pourrait être considérée comme trompeuse.
En outre, les professionnels doivent s’abstenir de dénaturer les allé-
gations relatives à la composition du produit (y compris des matières
premières), à son utilisation, à son procédé de fabrication, à son
transport ou à son incidence en fin de vie, notamment en soulignant
indûment l’importance de ses aspects positifs alors que ceux-ci ne
sont en réalité que marginaux, ou que l’incidence environnementale
globale du produit tout au long de son cycle de vie est négative.
Aussi, l’avantage revendiqué par l’allégation environnementale ne
doit pas conduire à des déplacements de pollution : Il ne doit pas
créer ou à aggraver d’autres impacts environnementaux du produit,
à l’une ou l’autre des étapes de son cycle de vie.

Pratiques trompeuses relativement à la référence aux


labels ou logos
L’article L. 121-4 du code de la consommation précise que sont répu-
tées trompeuses en toutes circonstances, au sens des articles L. 121-2
et L. 121-3 du même code, les pratiques commerciales qui ont pour
objet :
– Pour un professionnel, de se prétendre signataire d’un code de
conduite alors qu’il ne l’est pas ;
– D’afficher un certificat, un label de qualité ou un équivalent sans
avoir obtenu l’autorisation nécessaire ;
– D’affirmer qu’un code de conduite a reçu l’approbation d’un
organisme public ou privé alors que ce n’est pas le cas ;
– D’affirmer qu’un professionnel, y compris à travers ses pratiques
commerciales, ou qu’un produit ou service a été agréé, approuvé
ou autorisé par un organisme public ou privé alors que ce n’est
pas le cas, ou de ne pas respecter les conditions de l’agrément,
de l’approbation ou de l’autorisation reçue.

Ces dispositions permettent d’appréhender les pratiques relatives


aux labels, logos ou certificats garantissant le respect de l’environ-
nement.
Le professionnel qui se prévaut d’un label doit être en mesure de
prouver son adhésion à celui-ci et de justifier du respect du cahier
des charges par l’existence de contrôles réalisés par un tiers.

20
Orientations concernant l’interprétation et l’application de la directive 2005/29/CE
du Parlement européen et du Conseil relative aux pratiques commerciales déloyales
des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur : [Link]
[Link]/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52021XC1229(05)&from=EN .

24
Sanctions
Les peines prévues en cas d’allégation environnementale ou de label
de nature à induire en erreur, et donc susceptible de constituer une
pratique commerciale trompeuse, sont définies à l’article L.132-2
du code de la consommation : un emprisonnement de 2 ans et une
amende de 300 000 euros pouvant être portée, de manière pro-
portionnée aux avantages tirés du délit, à 10 % du chiffre d’affaires
moyen annuel (calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels
connus à la date des faits), ou à 50 % des dépenses engagées pour la
réalisation de la publicité ou de la pratique constituant ce délit. À
noter que ce taux est porté à 80 % dans le cas des pratiques commer-
ciales trompeuses mentionnées aux b) (caractéristiques essentielles
du bien ou du service) et e) (portée des engagements notamment)
du 2° de l’article L. 121-2, lorsqu’elles reposent sur des allégations en
matière environnementale.

Les dispositions spécifiques

Les mentions interdites pour tous les produits


L’article L. 541-9-1 du code de l’environnement issu de l’article 13 de
la loi AGEC21 dispose : « Il est interdit de faire figurer sur un produit
ou un emballage les mentions "biodégradable", "respectueux de l’en-
vironnement" ou toute autre mention équivalente ».
L’intention du législateur est d’éviter que les mentions, renseignées
sur les produits ou emballages, induisent le consommateur en erreur,
par l’utilisation de termes trop vagues entraînant une confusion,
notamment au moment du tri ou de la mise au rebut du produit
concerné.
Par ailleurs, les lignes directrices de la directive 2005/29/CE22 pré-
cisent que les allégations environnementales ou écologiques doivent
être présentées de manière claire, spécifique, exacte et dénuée
d’ambiguïté. Il découle de ces lignes directrices que toute allégation
générique et n’étant pas basée sur des preuves accessibles et com-
préhensibles sont à proscrire. C’est par exemple le cas des mentions
« respectueux de l’environnement », « vert », « ami de la nature », « éco-
logique », « écologiquement correct », « ménage le climat » ou « pré-
serve l’environnement ».

21
Loi n° 2020-105 du 10 février 2020, relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie
circulaire.
22
[Link]

25
À titre d’exemple, peuvent être considérées comme des mentions équi-
valentes à « respectueux de l’environnement » les allégations globali-
santes suivantes :
- « écoresponsable »
- « bio-responsable » ; « bio-compatible » ;
- « respectueux de la nature » ; « respectueux de la planète » ;
- « favorable à l’environnement » ;
- « bon pour l’environnement » ; « bon pour le climat » ; « bon pour la
planète » ;
- « écologique » ; « écolo » ;
- « vert »
- « ami de la nature »

Peuvent être considérées comme équivalentes à « biodégradable » les


mentions :
- « se dégrade dans l’environnement »
- « ne laisse pas de résidu en fin de vie »
- « s’élimine de manière naturelle »

Cette liste n’est pas limitative et d’autres allégations globalisantes pour-


ront être considérées comme équivalentes, telles que, par exemple, les
mentions « meilleur pour l’environnement », « meilleur pour la planète »
lorsqu’elles ne sont pas utilisées à des fins de comparaison ou « respon-
sable » lorsque ce terme ne se rapporte qu’à des considérations envi-
ronnementales.

Le cas particulier de l’Ecolabel européen :

Le règlement autorise les titulaires du label à afficher un logo optionnel


comprenant des mentions telles que « meilleur pour l’environnement »,
« Incidence limitée sur le milieu aquatique » ou « teneur minimale en
substances dangereuses ». Les allégations autorisées sont définies dans
chaque référentiel et en fonction des 3 principaux critères environne-
Exemple sur un pot de peinture mentaux de chaque catégorie de produits. Cette disposition, d’applica-
tion directe, prévaut sur toute autre réglementation nationale.

26
Les mentions interdites pour certaines catégories
de produits
La réglementation sectorielle, propre à des catégories de produits,
peut interdire l’utilisation de certaines allégations environnemen-
tales. C’est notamment le cas :
– du règlement (CE) n°1272/2008 du 16 décembre 2008, dit règle-
ment CLP23, disposant au point 4 de son article 25 que des
mentions telles que “non toxique”, “non nocif”, “non polluant”,
“écologique”, ainsi que toute autre mention indiquant que la
substance ou le mélange n’est pas dangereux, ou qui ne serait
pas conforme à la classification de cette substance ou mélange,
ne doivent pas figurer sur leur étiquette ou sur leur emballage ;
– du règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 201224, dit règlement
Biocides (article 69 et article 72) et de l’article R. 522-17 du code
de l’environnement, qui interdisent l’emploi des mentions “pro-
duit biocide à faible risque”, “non toxique”, “ne nuit pas à la santé”,
“naturel”, “respectueux de l’environnement”, “respectueux des
animaux” ou toute autre indication similaire dans l’étiquetage
des produits biocides ainsi que dans leurs publicités.

Le deuxième alinéa de l’article L. 541-9-1 du code de l’environnement,


issu de l’article 13 de la loi AGEC dispose que « les produits et embal-
lages en matière plastique dont la compostabilité ne peut être obtenue
qu’en unité industrielle ne peuvent porter la mention "compostable" ».

Les mentions encadrées

• « reconditionné » et « produit reconditionné »


Le décret n° 2022-190 du 17 février 2022 relatif aux conditions d’uti-
lisation des termes « reconditionné » et « produit reconditionné »
définit qu’un produit ou une pièce détachée d’occasion peut être
qualifié de "produit reconditionné" ou être accompagné du terme
"reconditionné", dès lors que les conditions suivantes sont réunies :
– Le produit ou la pièce détachée a subi des tests portant sur
toutes ses fonctionnalités afin d’établir qu’il répond aux obli-
gations légales de sécurité et à l’usage auquel le consommateur
peut légitimement s’attendre ;
– S’il y avait lieu, le produit ou la pièce détachée a subi une ou plu-
sieurs interventions afin de lui restituer ses fonctionnalités. Cette
intervention inclut la suppression de toutes les données enregis-
trées ou conservées en lien avec un précédent usage ou un pré-
cédent utilisateur, avant que le produit ou la pièce ne change de
propriétaire.

Par ailleurs, les mentions « état neuf », « comme neuf », « à neuf » ou


toute mention équivalente ne peuvent être utilisées pour un pro-
duit ou une pièce détachée qualifiés de « produit reconditionné » ou
accompagnés de la mention « reconditionné ».

23
Règlement (CE) n° 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre
2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des
mélanges, modifiant et abrogeant les directives 67/548/CEE et 1999/45/CE et modifiant
le règlement (CE) n° 1907/2006 (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE).
24
Règlement (UE) N° 528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012
concernant la mise à disposition sur le marché et l’utilisation des produits biocides.

27
Cadre spécifique pour les allégations « neutre en carbone »

A partir du 1er janvier 2023, conformément aux articles L. 229-68, L.229-


69 et D. 229-106 à 109 du code de l’environnement25, il est interdit pour
un annonceur d’affirmer dans une publicité ou d’apposer sur les embal-
lages qu’un produit ou service est « neutre en carbone », à moins qu’il
ne présente dans un rapport de synthèse publié sur son site de commu-
nication au public en ligne (ou à défaut sur son application mobile) :
le bilan des émissions de gaz à effet de serre du produit ou service sur
l’ensemble de son cycle de vie, la trajectoire de réduction prévue de
ces émissions, ainsi que les modalités de compensation des émissions
résiduelles.
Ces éléments devront être tenus à jour sur des bases annuelles. Les
manquements à cette obligation pourront faire l’objet d’une amende
de 20 000 € pour une personne physique et de 100 000 € pour une per-
sonne morale, ces montants pouvant être portés jusqu’à la totalité du
montant des dépenses consacrées à l’opération illégale.
Cette obligation concerne également toute allégation du type « zéro
carbone », « avec une empreinte carbone nulle », « climatiquement
neutre », « intégralement compensé », « 100 % compensé » ou toute for-
mulation de signification ou de portée équivalente.
Le lien internet (ou code à réponse rapide) permettant d’accéder au
rapport de synthèse est indiqué sur la publicité ou l’emballage portant
l’allégation de neutralité carbone.
Pour plus d’informations :
[Link]
tion-de-l-argument-de-neutralite-carbone-dans-les-communications.
html

Dispositions applicables aux publicités

L’inscription obligatoire de l’impact climatique


dans les publicités
La loi n° 2021-1104 du 22 aout 2021, dite loi Climat et Résilience, pré-
voit en son article 7 une information synthétique (si celle-ci est dispo-
nible) sur l’impact environnemental des biens ou services, considérée
sur l’ensemble de leur cycle de vie.
Cette information doit être visible et facilement compréhen-
sible dans les publicités :
– Des produits dont l’affichage environnemental a été rendu obli-
gatoire ;
– Des produits concernés par une étiquette énergie obligatoire26,
pour lesquels l’information synthétique est la mention de la
classe d’efficacité énergétique ;
– Des véhicules concernés par une étiquette obligatoire « émission
de CO2 »

25
Cf. également le Décret n° 2022-538 du 13 avril 2022 définissant le régime de sanctions
applicables en cas de méconnaissance des dispositions relatives aux allégations de
neutralité carbone dans la publicité.
26
Article 16 du règlement (UE) 2017/1369 du Parlement européen et du Conseil du 4
juillet 2017 établissant un cadre pour l’étiquetage énergétique et abrogeant la directive
2010/30/ UE.

28
Autres réglementations en matière de publicité
– La publicité sur les énergies fossiles (sauf si leur part en énergie
renouvelable est réputée supérieure ou égale à 50 %) est inter-
dite, en raison de leur lien direct avec les émissions de gaz à effet
de serre.
– La publicité relative à la vente ou faisant la promotion de l’achat
de certains véhicules neufs27 sera interdite à partir du 1er janvier
2028.
– Toute forme de publicité ou de communication proposant une
remise ou une réduction annulant ou réduisant pour le consom-
mateur final l’effet du malus prévu au a. du 4 de l’article L. 421-30
du code des impositions sur les biens et services est interdite28.
– Il est également interdit d’affirmer dans une publicité qu’un pro-
duit (un bien ou un service) est neutre en carbone, ou d’employer
toute formulation de signification ou de portée équivalente, à
moins que l’annonceur rende aisément disponible au public un
certain nombre d’éléments d’information29 permettant d’attes-
ter de la mise en œuvre d’une démarche vertueuse visant priori-
tairement à réduire les émissions de GES, et en dernier recours à
les compenser, en respectant des standards de qualité environ-
nementale élevés.

L’autorégulation des professionnels et leurs


codes de bonne conduite en matière de publicité
environnementale

L’Autorité de Régulation Professionnelle


de la Publicité (ARPP)
L’autorégulation du secteur de la publicité en France a été constituée
dès 1935 et est assurée par l’Autorité de Régulation Professionnelle
de la Publicité (ARPP).
L’ARPP réunit les acteurs de la chaîne de valeur de la publicité et de
la communication en général. Son conseil d’administration com-
prend trois collèges, représentant respectivement les annonceurs,
les agences-conseil en communication / agences médias et les
médias, ainsi qu’un quatrième collège des représentants de la société
civile, composé de trois représentants des associations de consom-
mateurs, environnementales et sociétales, chaque collège disposant
du même nombre de voix.
La mission statutaire de l’ARPP est de mener toute action en faveur
d’une publicité loyale, véridique et saine, dans l’intérêt des consom-
mateurs et des professionnels de la publicité.

27
1° bis de l’article 73 de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des
mobilités : D’ici le 1er janvier 2030, la fin de la vente des voitures particulières neuves
émettant plus de 123 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre selon la norme
WLTP, c’est-à-dire plus de 95 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre selon la
norme NEDC. Les véhicules émettant plus que ce seuil représentent, à cette date, au
maximum 5 % de l’ensemble des ventes annuelles de voitures particulières neuves.
28
Article L.121-24 du code de la consommation.
29
Article 12 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement
climatique et renforcement de la résilience face à ses effets et ses décrets d’application
(décret n° 2022-538 du 13 avril 2022 définissant le régime de sanctions applicables en
cas de méconnaissance des dispositions relatives aux allégations de neutralité carbone
dans la publicité et décret n° 2022-539 du 13 avril 2022 relatif à la compensation
carbone et aux allégations de neutralité carbone dans la publicité).

29
Dans le cadre d’une démarche de responsabilité, et après consulta-
tion de la société civile, les adhérents élaborent leurs règles déonto-
logiques, contenues dans le Code de l’ARPP des Recommandations de
la publicité.
L’élaboration de ces règles, leur suivi ainsi que le contrôle régulier de
leur application, réalisés en toute transparence en répondant à des
objectifs utiles, largement partagés et acceptés par les parties pre-
nantes, s’effectuent par l’ARPP avec le concours de trois instances
associées, toutes présidées, comme l’ARPP, par des personnalités
indépendantes de la profession : le Conseil de l’Éthique Publicitaire,
le Conseil Paritaire de la Publicité et le Jury de Déontologie Publici-
taire, complété d’un Réviseur de la Déontologie Publicitaire.
Le secteur de la publicité s’est fixé depuis 1990 des règles encadrant
les arguments écologiques. En 2009, l’ARPP a élaboré une Recom-
mandation « Développement durable » régulièrement revue pour
tenir compte des évolutions sociétales ainsi que des attentes des
consommateurs :
[Link]
developpement-durable

La régulation professionnelle de la publicité concertée avec la socié-


té civile mise en place par l’ARPP commence avec l’élaboration par les
professionnels, en co-construction avec les associations et les parties
prenantes, de codes de conduite contenus dans le Code de l’ARPP des
Recommandations de la publicité.
Pour garantir un niveau élevé de sensibilisation aux règles, l’ARPP les dif-
fuse largement dès leur création ou leur mise à jour et déploie de ma-
nière continue des formations dédiées.
Cette régulation s’effectue par le contrôle des campagnes publicitaires
avant leur diffusion réalisé quotidiennement par l’ARPP30.
Après la diffusion des campagnes, la régulation se matérialise par la
sanction des manquements, prononcée par le Jury de déontologie pu-
blicitaire et la réalisation d’études ciblées31.

30
L’ARPP a enrichi son périmètre d’action par le renforcement du contrôle avant diffusion
des principales campagnes nationales multi-supports comportant une allégation
environnementale, quel que soit le support de diffusion utilisé.
31
Cf. Etudes-bilans ADEME-ARPP depuis 2007 d’application de la Recommandation de
l’ARPP « Développement durable » et Observatoires de l’ARPP sur la publicité numérique
avec des outils d’Intelligence artificielle, dont Invenio.

30
Les codes de bonne conduite : les contrats-climat
L’un des objectifs de la loi Climat et Résilience est de réduire signifi-
cativement les communications commerciales des produits ayant un
impact excessif sur le climat, tout en améliorant l’information des
consommateurs et en incitant l’ensemble des acteurs à faire évo-
luer leurs pratiques (annonceurs, agences de communication, régies
publicitaires, médias, etc.).
L’article 7 de la loi concerne l’obligation de déclaration sur une plate-
forme numérique par les entreprises commercialisant des produits
ou services soumis à l’affichage environnemental obligatoire, à l’éti-
quette de classe énergétique ou de classe d’émissions de CO2 et
dont les dépenses publicitaires nettes enregistrées lors de leur der-
nier exercice comptable sont supérieures ou égales à 100 000 euros.
Cette plateforme, mise en place par le Commissariat général au
développement durable, est dédiée à la déclaration des entreprises
concernées et à la souscription volontaire par celles-ci de « contrats
climats » sectoriels et transversaux. Cette plateforme est consultable
sur [Link].fr32.

32
Un guide méthodologique à l’élaboration d’un contrat climat et à la déclaration sur la
plateforme est disponible sur le site : [Link]
fr/IMG/pdf/[Link]

31
32
PARTIE II
Recommandations
du CNC pour l’utilisation
par les professionnels
des allégations
environnementales

Pour mémoire, quelle que soit l’allégation, celle-ci


ne doit pas induire en erreur le consommateur en
lui laissant penser que le produit n’a pas d’impact
sur l’environnement.
En présence d’un couple emballage / produit, l’allé-
gation doit désigner l’un ou l’autre sans ambiguïté.
Faute de précision elle est réputée porter sur le
couple emballage / produit.

33
34
Allégations sur les produits

Allégations « sans substances x »


(produits non alimentaires)
Cette allégation est utilisée pour rassurer le consommateur sur
l’absence d’une substance qui est identifiée comme un dan-
ger/risque pour sa santé ou pour l’environnement
Cette allégation permet au produit de se distinguer dans sa
catégorie.
Elle ne doit pas être employée si la substance est interdite,
n’a jamais été utilisée, ou n’est plus utilisée dans la famille de
produits concernés.

Quel est le cadre applicable ?


Ce type d’allégation est souvent utilisé pour assurer le consommateur
de l’absence d’une substance identifiée par lui comme susceptible
de présenter un danger ou un risque pour sa santé ou l’environne-
ment. Exemples : « sans pesticides », sans PVC, sans phtalate, sans CFC,
sans chlorure de méthylène, Beryllium free etc.
Elle ne doit pas constituer l’argument de vente principal du produit
mais apporter au consommateur une information complémentaire.
Cette allégation « sans » peut cependant permettre aux consomma-
teurs ou à un groupe d’entre eux de s’informer pour faire leur choix
en connaissance de cause, par exemple « sans alcool » pour un bain
de bouche à destination de la famille ou « sans dérivés d’origine ani-
male » pour les végétaliens, ou « sans acétone » pour les utilisateurs
souhaitant éviter son odeur particulière.
Prudence, car ces allégations peuvent tendre à dénigrer certaines
substances sans pour autant que la solution de remplacement mise
en place présente systématiquement un avantage pour l’environ-
nement ou la santé. Cela ne doit donc pas être trompeur pour le
consommateur, notamment lorsque la substance de remplacement
n’est pas inoffensive.
RAPPEL : ces allégations font l’objet d’un encadrement spécifique
dans certains secteurs comme les cosmétiques (voir la doctrine de
la DGCCRF33 et de l’agence nationale de sécurité du médicament et
des produits de santé dans ce domaine).

« Sans substance x » ne doit pas être employé lorsque


– La substance X n’est plus utilisée dans la famille de produits
concernés, par aucune entreprise.
– La substance X n’a jamais été utilisée dans la famille de produits
concernés, par aucune entreprise
– La substance X est interdite par la réglementation pour la famille
de produits concernés.

33
[Link]
precisions-des-autorites-de-controle).

35
– Par exemple : « sans phosphates », pour une lessive
– La méthode analytique permettant de démontrer l’allégation
n’est pas reconnue, notamment au regard de l’état des connais-
sances scientifiques dans le secteur considéré (meilleures tech-
niques disponibles).

L’indication « sans Bisphénol A »

Les matériaux destinés au contact des denrées alimentaires font l’objet


de mesures spécifiques dans la loi n° 2012-1442 du 24 décembre 2012 vi-
sant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation
et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimen-
taire contenant du bisphénol A, qui interdit l’utilisation du bisphénol A
dans la fabrication des matériaux destinés au contact alimentaire. Au-
cun article pour l’alimentation fabriqué à partir de bisphénol A ne pou-
vant être mis sur le marché français, l’allégation «sans bisphénol A « ou
toute mention équivalente, à moins d’être complétée par un message
indiquant sans ambiguïté qu’il s’agit d’une obligation règlementaire, se-
rait susceptible d’induire le consommateur en erreur en lui faisant croire
que le produit comportant cette allégation possède seul cette caracté-
ristique.
Les recommandations du CNC du 6 juillet 2010 concernant l’expression
d’une conformité à la réglementation, préconisent à cet égard que de
telles allégations soient accompagnées de la mention « conformément
à la réglementation en vigueur ». A défaut d’une telle précision, rédi-
gée en caractères apparents et clairement lisibles et si possible dans
le même champ visuel, les allégations du type « sans bisphénol A » ou
« 0 % bisphénol A » sur ces articles pourraient caractériser, sous réserve
de l’appréciation souveraine des tribunaux, une pratique commerciale
trompeuse au sens des articles L.121-1 et suivant du code de la consom-
mation.

36
Bio (produits non alimentaires)
Bio renvoie à un mode de production plus respectueux de l’en-
vironnement réglementé et contrôlé par les pouvoirs publics :
l’agriculture biologique. Cette réglementation ne s’applique
qu’aux produits agricoles et alimentaires.
L’utilisation du terme bio pour qualifier ces produits en dehors
du domaine alimentaire ne doit donc être possible que sous
certaines conditions précisées ci-après, notamment que le
produit contienne une part significative d’ingrédients issus de
l’agriculture biologique. En aucun cas, le terme bio ne doit ser-
vir à valoriser la qualité écologique d’un produit si le produit
en question ne répond pas à ces exigences.

Produits agricoles : un règlement européen


Seuls les produits agricoles certifiés biologiques conformément à la
réglementation européenne (cf. règlement (UE) 2018/848) peuvent
porter ces logos. Ils attestent que les produits ont été contrôlés à
chaque étape de leur élaboration et qu’au moins 95 %, en poids, de
leurs ingrédients d’origine agricole sont certifiés biologiques.

Produits non agricoles et non alimentaires :


pas de réglementation spécifique
Pour les produits non agricoles et non alimentaires, comme les pro-
duits d’entretien, de bricolage, les textiles…, il n’existe pas de régle-
mentation encadrée par les pouvoirs publics.
– En règle générale, c’est le composant agricole du produit qui doit
être qualifié de « bio » : par exemple, ce n’est pas le tee-shirt mais
la fibre de coton qui est « bio ».
– Le principe est que l’utilisation de « bio » pour qualifier ces pro-
duits ne doit pas induire le consommateur en erreur. Pour cer-
taines catégories de produits, il existe des démarches privées et
volontaires qui prévoient l’incorporation d’ingrédients agricoles
certifiés biologiques dans le produit.
– Dans le cas où la mention « bio » découle d’une démarche privée
et volontaire, le cahier des charges (référentiel) associé ne doit
pas être trompeur pour le consommateur, doit en particulier être
certifié par un organisme tiers et prévoir que le produit soit com-
posé d’une part significative d’ingrédients d’origine agricole cer-
tifiés biologiques et ne contienne pas ou très peu de substances
chimiques de synthèse.

À titre d’illustration, l’utilisation du terme « bio » est présentée pour


les produits cosmétiques et textiles.

Cas des produits cosmétiques


Dans le cas des cosmétiques, pour que la mention « bio » puisse appa-
raître sur le produit dans son ensemble et pas seulement s’appliquer
aux ingrédients le composant, le produit fini doit être certifié bio
au moyen d’une certification privée ou contenir 100 % d’ingrédients
certifiés AB/eurofeuille. Dans ce cas, il est attendu que le logo AB/
eurofeuille ou celui du label figurent sur l’étiquetage.
La DGCCRF a détaillé sa doctrine de contrôle en précisant l’étique-
tage attendu d’un produit faisant référence au « bio ».

37
Présence du logo du label AB/eurofeuille au titre du règlement
(UE) n° 2018/848 relatif à l’agriculture biologique
(ce règlement concerne les produits agricoles transformés destinés à l’alimentation
humaine, qui peuvent également constituer des ingrédients cosmétiques) :

Face avant du produit Face arrière du produit

Crème X
Ingrédients [suivant
pas de logo AB/eurofeuille la dénomination commune] :
eau, huile végétale*,
ni mention « bio » émulsifiants, extrait de
à [nom(s) du (des) ingrédient(s)] plante*, conservateurs.
bio/biologique *ingrédients issus de l’agriculture
biologique + logo AB/eurofeuille
possible à proximité et de taille
raisonnable.

À noter : le logo AB/eurofeuille est possible en face avant si et seulement si 100 % des ingrédients sont certifiés AB/eurofeuille.

Présence d’un label privé


Face avant du produit Face arrière du produit

Ingrédients [suivant
Crème Y la dénomination commune] :
eau, huile végétale*,
bio/biologique* + logo du label
émulsifiants, extrait de
*Préciser le % d’ingrédients « bio » plante*, conservateurs.
dans le produit fini si <100% *ingrédients issus de l’agriculture
biologique + logo AB/eurofeuille
possible à proximité et de taille
raisonnable

Source : [Link]

38
À noter : l’eau n’est pas un produit issu de l’agriculture, elle ne peut
donc pas être certifiée « bio ». Par exemple, pour les produits cos-
métiques, l’eau de formulation n’est pas « bio » car elle n’est pas un
produit de l’agriculture par définition. Elle est assimilée à un minéral.
Certains produits cosmétiques « fluides » en contenant beaucoup,
leur taux final de « bio » peut s’en trouver nettement réduit sur l’éti-
quetage.

Cas des textiles :

L’allégation « bio » est notamment utilisée dans la filière textile pour


mettre en avant une fibre textile dont la matière première est issue de
l’agriculture biologique. Il n’est pas possible d’attester de l’origine biolo-
gique par des essais en laboratoire. L’absence de pesticide ou d’OGM ne
suffit pas à prouver que la fibre est issue de l’agriculture biologique. Ain-
si, la traçabilité est essentielle. Les labels publics (Ecolabel européen) et
ceux adossés à des certifications privées peuvent s’avérer utiles pour
justifier l’allégation.
La norme XP CEN/TS 16822 de 2016 – Textiles et produits textiles-Au-
todéclarations environnementales donne des recommandations sur
l’emploi de ce terme par les entreprises textiles. Ce terme ne peut être
utilisé que si la part de fibres textiles (végétales ou animales) issues de
l’agriculture biologique, exprimée en pourcentage, est indiquée.
Le pourcentage de fibres « biologiques » ne doit pas être confondu ni in-
terférer avec le marquage obligatoire relatif à la composition en fibres34.

Cas particulier du prefixe « bio »


Certains termes utilisant le préfixe « bio » sont consacrés par l’usage :
biocarburants, biochimie, biomasse, biotechnologies, biosourcé…
Certaines marques préexistantes peuvent également contenir le
terme « bio ». Ces termes et ces marques ne doivent cependant pas
être utilisés pour « verdir » un produit ou laisser entendre que le pro-
duit est « bio ».
Le préfixe « bio » est fréquemment utilisé pour qualifier de biosourcé
un produit (biocarburants, biométhane, bioplastique, etc.). Ce pré-
fixe ne fait alors pas référence au mode de production de la matière
en elle-même (i.e. issu de l’agriculture biologique). Toutefois, en
dehors des termes précités consacrés par l’usage, ce préfixe est à évi-
ter lorsqu’il laisse un flou sur la teneur biosourcée du produit, voire
sur le sens même du terme (peut-être interprété comme étant un
produit issu de l’agriculture biologique ou ayant des caractéristiques
de biodégradabilité). Il conviendra alors de préciser le préfixe bio uti-
lisé par des précisions sur le caractère biosourcé du produit.

Quelles informations doit-on trouver concernant l’allégation ?


– La liste des ingrédients certifiés issus de l’agriculture biologique
qui composent le produit
– Le pourcentage de ces ingrédients dans l’ensemble du produit,
sauf s’il contient 100 % d’ingrédients certifiés AB/eurofeuille

Biosourcé

34
Cf. Règlement (UE) n° 1007/2011 du Parlement européen et du Conseil du 27 septembre
2011 relatif aux dénominations des fibres textiles et à l'étiquetage et au marquage des
produits textiles

39
Biosourcé signifie « issu de la biomasse ». Les produits biosour-
cés (plastiques, matériaux isolants, bois et produits en bois,
papier, solvants, produits chimiques intermédiaires, matériaux
composites, etc.) sont des produits entièrement ou partielle-
ment issus de la biomasse35. Il est essentiel de caractériser la
quantité de biomasse contenue dans le produit par le biais de
sa teneur biosourcée ou de sa teneur en carbone biosourcé,
par exemple.
La teneur biosourcée d'un produit ne fournit pas d'informa-
tions sur l'impact environnemental ou la durabilité de ce der-
nier, lesquels peuvent être évalués par une analyse du cycle de
vie (ACV) et selon des critères de durabilité.

Qu’est-ce qu’un produit biosourcé ?


L’allégation « biosourcé » se dit d’un produit, d’une matière ou d’un
matériau qui est entièrement ou partiellement fabriqué à partir de
biomasse (végétale ou animale), à l’exclusion des matières fossilisées
comme le pétrole ou le charbon qu’il remplace notamment.
Le terme « biosourcé » est à distinguer de « géosourcé », qui concerne
les matériaux issus de ressources d’origine minérale, peu ou pas trans-
formées (ex : terre crue, pierre sèche, craie).
Pour autant, un produit biosourcé n’est pas automatiquement bio-
dégradable, bio, compostable ou recyclable et ne peut pas automa-
tiquement être qualifié de naturel.
Dans le cas d’un produit partiellement biosourcé, il convient de
joindre à la revendication une quantification de la teneur biosourcée.
Bien qu’il n’existe pas actuellement, de manière générale et pour
tous les secteurs, de teneur minimale recommandée pour l’allégation
“biosourcé”, plusieurs méthodes de mesure de la teneur biosourcée
d’un produit existent. Notamment trois méthodes européennes qui
sont normées : la norme NF EN 16640 (teneur en carbone biosourcé
par analyse au radiocarbone), la norme NF EN 16785-1 (teneur bio-
sourcée par analyse au radiocarbone et analyse élémentaire), et la
norme NF EN 16785-2 (teneur biosourcée par bilan-matières).

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
• Une explication concernant le caractère biosourcé du produit, à
savoir :

– Des précisions lisibles et visibles sur la teneur en matière/car-


bone biosourcé(e) du produit et/ou son emballage.
– Des précisions sur ce qui est biosourcé : le produit, l’embal-
lage ou un composant.
– Des précisions sur la ou les biomasse(s) et/ou la ou les
matière(s) biosourcée(s) employée(s) dans le produit.

• La nature et si possible l’ampleur des réductions d’impacts envi-


ronnementaux résultant de la démarche biosourcée.

35
Notion définie par la norme NF EN 16575

40
Compostable
Un produit compostable est un produit capable de se biodé-
grader en conditions de compostage normalisées et répon-
dant à des exigences spécifiques en termes de désintégration,
composition et écotoxicité de ses produits de dégradation
dans les milieux naturels.
Le terme « compostable » doit être défini par rapport à un
milieu (industriel ou à domicile) et à une échelle de temps.
Le compostage industriel est réalisé au sein de plateformes
spécifiques dans des conditions contrôlées et normées36
notamment en température (60-70 °C) et humidité.
Le compostage à domicile est réalisé à domicile et donc par
définition dans des conditions peu contrôlées et de fait diffé-
rentes que celles reproduites en milieu industriel (température
plus faible (20 – 30 °C), humidité variable).

Quel est le cadre applicable ?

1. Une information obligatoire pour les emballages ménagers


pouvant être collectés avec les biodéchets
Pour la liste de produits listés ci-dessous, le fabricant ou l’importa-
teur a pour obligation d’informer le consommateur sur la compos-
tabilité de son produit suivant une fiche produit accessible en ligne
(décret n° 2022-748, voir partie 1 du guide).
L’affichage volontaire « physique » sur le produit est possible. Dans ce
cas, elle doit respecter les exigences du décret.
La mention obligatoire à respecter est « emballage compostable ».
Ci-dessous la liste de produits faisant l’objet d’une obligation d’in-
formation, issue de l’arrêté 37 du 15 mars 2022 listant les emballages
et déchets compostables, méthanisables et biodégradables pouvant
faire l'objet d'une collecte conjointe avec des biodéchets ayant fait
l'objet d'un tri à la source :
– les sacs de collecte de biodéchets composés uniquement de
papier ou de carton qui respectent les exigences en termes de
caractérisation et de composition définies à l'annexe I ;
– les sacs de collecte de biodéchets composés de plastique, et
éventuellement d'une partie en papier ou carton, qui respectent
l'ensemble des exigences définies aux annexes I et II ;
– les filtres à café en papier et leur contenu, ainsi que les sachets de
thé et tisane en papier et leur contenu ;
– les essuie-tout, serviettes et mouchoirs en papier ;
– les capsules et dosettes à café composées d'au moins 95 % de
papier et répondant à l'ensemble des exigences définies aux
annexes I et II ;
– les déchets organiques ménagers suivants : fleurs fanées, che-
veux, ongles, plumes et poils d'animaux de compagnie.

2. Pour les autres produits


Pour les autres produits, la loi AGEC interdit la mention « compos-
table » si le produit est uniquement compostable en unité indus-
trielle (article L. 541-9-1 du code de l’environnement).

36
EN 13 432 : pour une gestion des emballages en compostage en condition industrielles
37
[Link]

41
Pour les plastiques, il existe une norme de référence pour la compos-
tabilité domestique, la norme NF T51-800 (2015). Attention cepen-
dant, il convient de s’assurer pour un produit contenant du plastique,
que c’est bien l’ensemble du produit qui est compostable et pas uni-
quement le polymère considéré. Par ailleurs, dans un avis rendu le
28/11/2022, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation,
de l’environnement et du travail (ANSES) recommande de proscrire
les matières plastiques du compost domestique.

42
Dépolluant, assainissant, purifiant
Les allégations comprenant les termes « dépolluant, assainis-
sant, purifiant » sont généralement utilisées pour des produits,
matériaux ou plantes dont l’utilisation revendique un effet
d’amélioration de la qualité de l’air intérieur.

Que signifie l’allégation ?


L’allégation est utilisée pour qualifier des produits, matériaux et
plantes revendiquant une diminution dans l’air du niveau d’un ou
plusieurs polluants (sous forme de gaz, particule, ou biologique).
L’allégation est à utiliser si des tests et méthodes scientifiquement
robustes ont pu démontrer des résultats significatifs pour des condi-
tions d’applications bien précises, et ce, en l’absence de tests ou
méthodes normalisés ou reconnus réglementairement.
L’allégation ne devrait être utilisée que si la démonstration de l’ef-
fet d’amélioration de la qualité de l’air est faite dans des conditions
d’usage réel.
Dans le cas des épurateurs d’air qui allèguent « Dépolluant » en milieu
intérieur, il convient de se reporter à l’avis de l’ANSES38 et à celui de
l’ADEME39.

Peintures et autres matériaux de construction :

L’allégation « dépolluant » est notamment utilisée pour certaines pein-


tures décoratives. Ces peintures mettent en avant la neutralisation ou
destruction de certaines substances qui constituent des polluants de
l’air intérieur, en s’appuyant notamment sur des tests et méthodes fon-
dés sur les normes ISO de la série 16000.

Attention, les termes « assainissant » et « purifiant » sont ambigus


parce qu’ils peuvent renvoyer à une action biocide pour laquelle il
existe une réglementation spécifique. Le professionnel doit préciser
l’effet lié à l’utilisation du produit.

Quelles informations doit-on trouver sur le produit


concernant l’allégation ?
– La substance ou la famille de substances polluantes de l’air inté-
rieur sur laquelle le procédé utilisé agit efficacement
– Le test utilisé pour objectiver l’action dépolluante revendiquée
– Le consommateur doit pouvoir avoir accès à l’information détail-
lée du respect de la norme ou d'autres tests démontrant la réduc-
tion de la pollution sur un support décalé (web ou autre)

38
Avis ANSES du 13 septembre 2017 : [Link]
d%E2%80%99air-int%C3%A9rieur-une-efficacit%C3%A9-encore-%C3%A0-
d%C3%A9montrer
39
Avis ADEME de mai 2022 sur la photocatalyse : [Link]
[Link]

43
Durable
Le terme durable ne doit être employé qu’en référence à la notion de
durabilité, qui peut recouvrir deux concepts :

- la capacité du produit à durer dans le temps ;


- la prise en compte des enjeux du développement durable.

Durable au sens de capacité à durer dans le temps

Que veut dire « durable » ?


La mention « durable » est apposée sur le produit, afin de mettre
en avant sa durabilité et traduire un engagement du fabricant sur
la durée de vie très longue du produit, dans des conditions précises
d’environnement et de fonctionnement.
La durabilité peut être associée à la qualité intrinsèque du produit,
sa réparabilité [voir l’allégation réparable], son caractère évolutif ou
modulable, ou sa capacité à être amélioré par exemple.
A partir du 1er janvier 2024, certains équipements électriques et élec-
troniques définis réglementairement devront afficher un indice de
durabilité qui concrétisera l’engagement du fabricant sur la durabi-
lité de son produit .

Quelles informations doit-on trouver concernant l’allégation ?


– des éléments sur la durée de vie supplémentaire du produit au
regard de la durée de vie moyenne des produits similaires sur le
marché.
– des instructions relatives à l’installation, à l’entretien et/ou à
l’usage du produit (pour atteindre sa durée de vie allongée).

Durable au sens du développement durable

Que veut dire « durable » ?


– La notion de « développement durable » est utilisée pour décrire
le véritable engagement d’une organisation ou d’une entreprise
à agir concrètement pour la préservation de l’environnement, le
progrès social et le développement économique.
– La mention « durable » est utilisée dans le cadre d’une commu-
nication générale. Elle traduit une politique volontariste de l’en-
treprise prenant en compte les impacts économiques, sociaux et
environnementaux actuels et futurs. On parle alors de dévelop-
pement durable et non de durabilité.
– Durable utilisé au sens de développement durable, ne peut être
employé seul pour qualifier le produit, au risque d’être trompeur
sur la portée de l’engagement de l’entreprise. En revanche, on
peut faire une telle allégation sur la démarche de l’entreprise40,
du site de production; ou encore les matières premières utilisées
(exemple : label FSC PEFC pour les matériaux en bois issus de
forêts gérées durablement).
– Si le terme de développement durable est utilisé pour un produit,
la prise en compte des trois piliers du développement durable
doit être effective.

40
Cf infra : allégations liées à une démarche de l’entreprise

44
Quelles informations doit-on trouver concernant
l’allégation ?
– Cette allégation doit être accompagnée par des éléments
mesurables, pertinents, significatifs, vérifiables et concrets,
notamment dans le cadre de procédures de labellisation ou de
certification lorsqu’elles existent.
– Utilisé pour qualifier la gestion d’une ressource naturelle, il est
recommandé pour les acteurs utilisant cette allégation de recou-
rir à une certification ou tout autre mode de reconnaissance.

Pour aller plus loin :


[Link]
ter-production-dechets/reparation

FOCUS SUR LA NOTION DE TAXONOMIE

La taxonomie a été lancée par la Commission européenne en 2018 pour


guider et mobiliser les investissements privés notamment pour parvenir
à la neutralité climatique d’ici à 2050.
Un règlement européen « Taxonomie » établit un système de classi-
fication unifié des activités économiques permettant d’identifier et
d’évaluer ces activités afin d’apprécier si elles peuvent être considérées
comme « vertes » ou « durables sur le plan environnemental ».
Les principaux acteurs économiques, financiers et non financiers,
doivent ainsi rendre compte de la proportion de leurs activités vertes
en fournissant une série d'informations.
Pour qu’une activité soit considéré comme durable au sens de la taxo-
nomie, elle doit contribuer de manière substantielle à au moins un
des six objectifs suivants, sans porter un préjudice significatif aux cinq
autres, tout en respectant des garanties minimales en matière de droits
humains et de droit du travail. Les six objectifs environnementaux sont :

• L’atténuation du changement climatique,


• L’adaptation au changement climatique,
• L’utilisation durable et la protection des ressources aquatiques et
maritimes,
• La transition vers une économie circulaire,
• La prévention et le contrôle de la pollution,
• La protection et la restauration de la biodiversité et des écosys-
tèmes.

Pour en savoir plus :


Taxonomie verte : mode d’emploi ! ([Link]).

45
Ecoconçu
Selon la Directive 2009/125/CE 2 du Parlement européen et du
Conseil du 21 octobre 2009 établissant un cadre pour la fixa-
tion d’exigences en matière d’écoconception applicables aux
produits liés à l’énergie, l’écoconception vise « l’intégration
des caractéristiques environnementales dans la conception
du produit en vue d’améliorer la performance environnemen-
tale du produit tout au long de son cycle de vie ». Les impacts
et aspects environnementaux significatifs sur l’ensemble du
cycle de vie du produit doivent être pris en compte.

Qu’est-ce qu’un produit écoconçu ?


L’entreprise doit être en mesure de fournir des éléments pertinents,
mesurables, vérifiables et concrets démontrant qu’elle a mis en
place une démarche d’écoconception relative au produit considéré.
Ce peut être, par exemple, une étude de mise en œuvre d’actions
d’amélioration du produit sur les impacts significatifs du produit, la
certification par un label environnemental, etc.).

Des obligations d’écoconception pour certains produits


consommateurs d’énergie
Certains produits consommateurs d’énergie sont soumis à des obli-
gations visant à améliorer leur performance environnementale41. La
directive européenne 2009/125/CE et ses mesures d’exécution par
catégorie de produits fixent ainsi des exigences d’écoconception aux
téléviseurs, aux réfrigérateurs, aux moteurs électriques, aux déco-
deurs numériques, aux lave-linges, aux lave-vaisselles…
Pour ces produits, l’allégation « écoconçu » pourrait laisser entendre
au consommateur que le produit présente une haute performance
environnementale par rapport aux produits de la même catégorie.
Or, tous ces produits sont soumis aux mêmes obligations d’éco-
conception. C’est pourquoi l’allégation « écoconçu » ne doit être uti-
lisée que si l’entreprise va significativement au-delà de ces exigences
réglementaires. En l’occurrence, pour les produits couverts par des
mesures d’exécution de la directive 2009/125/CE, des critères de
performance indicatifs des meilleures technologies disponibles sont
également prévus, en plus des dispositions réglementaires. Par ail-
leurs, les classements de performance prévus par l’étiquetage éner-
gétique permettent d’évaluer les meilleures classes de performance
d’un produit. Ces informations doivent servir de référence pour valo-
riser des performances environnementales.

41
[Link]
index_fr.htm

46
Quelles informations doit-on trouver concernant
l’allégation ?
– La définition de l’écoconception issue de la directive 2009/125.
– Des précisions sur ce qui est écoconçu : le produit (« Produit éco-
conçu ») ou l’emballage (« Emballage écoconçu »). À défaut de
précision, le terme éco-conçu vise le produit tel qu’il est com-
mercialisé, c’est à-dire le produit ET son emballage.

Les principales caractéristiques environnementales du produit et/ou


de son emballage en précisant si ces caractéristiques s’appliquent au
couple produit/emballage ou à l’un ou à l’autre uniquement.
– La nature et l’ampleur des réductions d’impacts environne-
mentaux résultant de la démarche d’éco-conception. Seuls les
impacts environnementaux significatifs sur l’ensemble du cycle
de vie du produit doivent être pris en compte.

47
Économe : « consomme moins »
Les allégations « économe en eau », « consommation d’énergie
réduite » font référence à l’économie des ressources à l’étape
d’utilisation du produit : l’utilisation de ce produit implique
une consommation de ressources significativement inférieure
à celle d’un produit équivalent.

Qu’est-ce qu’un produit économe en eau, en énergie ?


Ces allégations sont utilisées afin de mettre en avant un produit pour
le consommateur, qui lui permettra de diminuer sa consommation,
le coût d’utilisation du produit et de préserver les ressources. L’objet
est de qualifier un produit qui permet de faire des économies (d’eau,
d’électricité, de produit) comme par exemple : éléments de robinette-
rie, matériaux isolants, appareils de chauffage, …
Cette allégation ne peut être apposée que si le produit réduit de
manière significative la consommation (eau, énergie) par rapport à
des consommations sans l’usage de ce produit ou celles d’une tech-
nologie standard largement répandue sur le marché.
Face à la volonté de réaliser des économies d’énergie ou d’eau, il
est nécessaire de garantir la transparence de l’information pour le
consommateur en explicitant le gain et sa méthode de calcul et le
produit de référence.

Attention
Un produit qui permet au consommateur de réaliser des économies
et qui contribue de ce fait à réduire la pression sur les ressources
naturelles, par exemple, ne présente pas pour autant des qualités
écologiques intrinsèques (exemple : un robinet peut permettre de
réduire le débit d’eau mais, dans sa composition, son mode de fabri-
cation… ne présente pas d’autres qualités environnementales par
rapport à l’offre conventionnelle).
L’utilisation de telles allégations ne doit en aucun cas porter à
confusion avec les dispositifs encadrés réglementairement comme
l’étiquette énergie, le diagnostic de performance énergétique, les
émissions de CO2 des véhicules ou le diagnostic de performance
énergétique des bâtiments. Ainsi, pour les produits qui sont soumis
à des obligations d’écoconception et d’étiquetage énergétique, l’al-
légation « consomme moins » ne doit être utilisée que si le produit
répond à des critères qui vont significativement au-delà de ces exi-
gences réglementaires.
Par ailleurs, les consommateurs ne doivent pas être amenés à penser
que l’achat du produit leur permet de bénéficier d’un avantage fiscal
ou d’une prime gouvernementale si tel n’est pas le cas.

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– Ne doit pas figurer le préfixe « éco » considéré comme insuffisam-
ment précis mais une mention de type « permet de faire des éco-
nomies d’énergie » ou « d’eau »
– des instructions relatives à l’installation, à l’entretien et/ou à
l’usage du produit (permettant de réaliser les économies allé-
guées)
– des éléments sur la comparaison avec la performance moyenne
des produits équivalents (ces informations peuvent figurer sur un
autre support approprié, comme un site Internet)

48
Écotoxicité réduite et allégations de même nature
L'écotoxicité indique l'impact des substances chimiques sur les orga-
nismes vivants, dans divers écosystèmes : eau douce, eau de mer et
milieux terrestres. Seule une réduction significative de l’écotoxicité
d’un produit peut être revendiquée, à condition qu’elle soit fondée
scientifiquement.

De quoi parle-t-on ?
La réduction de l’écotoxicité d’un produit renvoie à la réduction des
effets de ses composés, sur les individus et les écosystèmes entiers
et sur les dynamiques qui les caractérisent. Les produits de consom-
mation peuvent contenir certaines substances présentant une éco-
toxicité.
La réduction de l’écotoxicité de ces produits peut ainsi réduire les
impacts sur l’environnement.

À quelles conditions une réduction d’écotoxicité peut-


elle être revendiquée sur un produit ?
L’allégation doit faire référence à une réduction de l’écotoxicité (par
exemple : « écotoxicité réduite », « moins écotoxique », …) et non à
une absence d’écotoxicité. L’ajout d’une substance dans l’environne-
ment n’est jamais anodin.
L’allégation « non écotoxique » ou « respect de l’écosystème » pour-
rait en effet laisser penser que le produit n’a aucun impact sur l’en-
vironnement. Le professionnel doit être en mesure de présenter des
résultats significatifs en termes de réduction de l’écotoxicité du pro-
duit. Cette réduction doit être significative au regard de seuils impo-
sés par la réglementation. Les preuves fournies doivent être fondées
sur des tests et méthodes scientifiquement reconnus.

Certains produits présentant un danger pour la santé et/ou l’en-


vironnement sont soumis à un étiquetage obligatoire informant
le consommateur sur la nature de ce danger et les précautions
à prendre lors de l’utilisation du produit. Ce sont notamment
les pictogrammes de danger, les mentions d’avertissement, les
mentions de danger et les conseils de prudence que vous pouvez
retrouver sur certaines étiquettes.
Les produits porteurs de ce pictogramme peuvent avoir des
effets néfastes sur l’environnement, en particulier sur les orga-
nismes du milieu aquatique : poissons, crustacés, algues et autres
plantes aquatiques

49
Renouvelable / Emploi de ressources renouvelables
L’allégation « renouvelable » est utilisée pour désigner une res-
source dont le renouvellement compense la disparition natu-
relle et le prélèvement effectué par l’homme, par opposition à
une ressource épuisable. Ce terme peut désigner l’énergie qui
a servi à fabriquer un produit, l’énergie renouvelable fournie à
un consommateur ou une matière première d’origine renouve-
lable entrant dans la composition d’un produit.

Emploi d’énergies renouvelables dans le processus de


fabrication d’un produit à destination du consommateur
L’allégation doit être suffisamment explicite pour que le consomma-
teur comprenne bien qu’il s’agit de l’énergie ayant servi à la fabri-
cation du produit et ne pas laisser penser à l’innocuité du produit.
Cette précision doit notamment permettre d’éviter que le consom-
mateur la confonde avec l’énergie nécessaire à l’utilisation du pro-
duit.

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– le cas échéant, la nature des énergies renouvelables utilisées
(photovoltaïque, solaire-thermique, éolien, hydraulique, bio-
masse, géothermie…)
– la proportion globale d’énergie renouvelable utilisée dans le pro-
cessus d’élaboration du produit.

Le professionnel doit être en mesure d’apporter des éléments per-


mettant de garantir l’utilisation effective d’énergies renouvelables
dans le processus d’élaboration du produit (par exemple, la souscrip-
tion d’un contrat de fourniture d’électricité « verte »). Si une entre-
prise souhaite mettre en avant, sur son produit, le fait qu’elle utilise
des énergies renouvelables, la proportion de ces énergies dans le
processus d’élaboration du produit doit être substantielle au regard
du cycle de vie du produit.

50
LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Les énergies renouvelables sont des énergies inépuisables à très long


terme, car issues directement de phénomènes naturels, réguliers ou
constants, liés à l’énergie du soleil, de la terre, du monde du vivant ou
de la gravitation.
Les énergies renouvelables sont également plus « propres » (moins
d’émissions de CO2) que les énergies issues de sources fossiles (pétrole,
gaz…).
Les principales énergies renouvelables sont :
• l’énergie de la biomasse42 (combustion ou transformation de ma-
tières organiques)
• l’énergie hydroélectrique (force motrice des cours d’eau, des chutes)
• l’énergie éolienne (force du vent)
• l’énergie solaire (lumière du soleil)
• la géothermie (exploitation de la chaleur contenue dans le sous-sol)
• les énergies marines (éolien marin, force des courants, des marées,
des vagues…).

Ces énergies peuvent servir à produire de l’électricité, de la chaleur ou


du carburant. L’Union européenne a atteint un objectif de 22,1 % de la
consommation d’énergie produite à partir d’énergies renouvelables en
202043. Le nouvel objectif pour 2030 est de 40 %44.

Quelques chiffres45

Les énergies renouvelables ont représenté 13 % de la consommation


d’énergie primaire en France en 2021.
Répartition de la consommation d'énergie primaire issue de sources re-
nouvelables en France en 2021 :

• Bois-énergie : 35,1 %
• Hydraulique : 16,3 %
• Éolien : 10,3 %
• Biocarburants : 10 %
• Pompes à chaleur : 11,9 %
• Déchets renouvelables : 4 %
• Solaire photovoltaïque : 4,2 %
• Biogaz : 4,4 %
• Autres (géothermie, résidus de l'agriculture, solaire thermique, éner-
gies marines) : 3,8 %

Source : [Link]
chiffres-cles-des-energies-renouvelables-edition-2022

42
La biomasse désigne l’ensemble des ressources organiques (matière végétale, animale
ou bactérienne…). Elle peut être utilisée pour produire de l’énergie. Dans cette
hypothèse, l’énergie est générée au moyen d’une combustion. Elle peut être directe
(c’est le cas dans l’utilisation de bois-énergie). Elle peut aussi intervenir à la suite de
processus biochimiques (par exemple, la méthanisation) servant à la production d’un
nouveau combustible (tel que le biogaz).
43
Fixé à 20 % en 2009
44
[Link]
45
[Link]
renouvelables-edition-2021

51
La fourniture d’énergie renouvelable au consommateur :
par exemple, « 100 % électricité verte », « offre
d’électricité d’origine renouvelable », etc…
La fourniture d’énergie d’origine renouvelable peut être présentée
comme une offre d’« énergie verte ».
Le fournisseur doit prouver que l’énergie d’origine renouvelable
(électricité, biométhane, chaleur biomasse…) est bien celle contrac-
tualisée par le client auprès de son fournisseur. Plusieurs dispositifs
permettent d’assurer la traçabilité de l’origine de l’énergie renouve-
lable : les garanties d’origine (GO), les power purchase agreements
(PPA), les certificats de production de biogaz (CPB), l’autoconsom-
mation…
Le plus courant des dispositifs de traçabilité pour les offres desti-
nées aux particuliers s’appelle la garantie d’origine (GO). Il s’agit d’un
certificat officiel émis par un organisme indépendant désigné par
l’État (Powernext en France) qui existe dans tous les pays de l’Union
Européenne, permettant au consommateur d’avoir la garantie que
la source de production d’électricité ou de gaz est issue d’une éner-
gie d’une nature spécifique, par exemple renouvelable. Ce disposi-
tif a été transposé au droit français à l’article L. 311-20 du code de
l’énergie. Le fournisseur d’énergie achète alors des garanties d’ori-
gine (correspondant à une quantité précise de l’énergie concernée)
aux producteurs d’énergie en souscrivant au registre électronique
des GO, accessible au public. Sur la foi de ces garanties d’origine, un
fournisseur va pouvoir prouver qu’une quantité d’énergie de même
nature, correspondant à ce que le client a consommé, a bien été
injectée dans le réseau. Pour chacune des GO, la nature spécifique
de l’énergie est précisée, permettant ainsi de s’assurer, dans le cas
d’une énergie verte, qu’il s’agit d’une origine renouvelable.
Souscrire un contrat d’énergie verte ne signifie pas que l’on
consomme directement des énergies d’origine renouvelable. En
effet, il est physiquement impossible de déterminer la provenance
de l’électricité et du gaz livré à un client. C’est la même énergie qui
est livrée à tous les clients raccordés au réseau électrique et gazier
français, quels que soient le fournisseur et le type d’offre. L’énergie
consommée en tout point du réseau français métropolitain contient
donc le même pourcentage d’énergie « verte », correspondant à la
part d’énergie « verte » produite en France.
Les fournisseurs doivent donc expliquer clairement au consomma-
teur en quoi consistent les offres d’énergie renouvelable et décrire
leur mécanisme en rendant accessibles ces informations. Le consom-
mateur doit connaître la nature et la proportion globale d’énergie
renouvelable contenue dans l’offre d’énergie proposée (photovol-
taïque, solaire-thermique, éolien, hydraulique, biomasse, géother-
mie…), si cela est possible.
La référence au nouveau label, « VertVolt », attribué aux offres garan-
tissant une électricité produite à partir d’énergies renouvelables est
une façon simple de justifier les éléments ci-dessus : [Link]
[Link]/particuliers/vertvolt
Il ne faut pas confondre les offres de fourniture d’énergie « verte »
avec les offres de production d’énergie « verte » qui consistent, pour
un consommateur, à devenir producteur d’électricité à partir, par
exemple, de panneaux solaires photovoltaïques installés à domicile,
et à revendre cette électricité à un fournisseur.

52
L’utilisation de matières premières d’origine
renouvelable
Une matière première d’origine renouvelable peut se définir comme
une matière issue du monde végétal ou animal et dont le renouvelle-
ment, avec ou sans intervention de l’homme, compense quantitati-
vement et qualitativement la disparition naturelle et le prélèvement
effectué par l’homme.
Les matières premières d’origine renouvelable sont notamment uti-
lisées comme substituts aux dérivés du pétrole dans les secteurs de
la chimie (huiles pour moteurs, encres d’imprimerie, produits cos-
métiques et de nettoyage), des matériaux (emballage, isolation), de
l’énergie (biocarburants…).
L’usage de cette allégation est encadré pour les produits et maté-
riaux de construction (voir partie 1).
L’allégation ne doit pas induire le consommateur en erreur en assi-
milant de manière automatique l’origine renouvelable de la matière
première à un impact réduit sur l’environnement par rapport aux
produits de la même famille.

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– Ce qui est composé de matière renouvelable : tout ou partie
de l’emballage et/ou du produit. Sans précision, ce terme vise le
couple produit/emballage
– La nature de la matière renouvelable utilisée et sa proportion
dans le produit fini ou l’emballage (par exemple : sac plastique
composé à 80 % d’amidon de maïs).

La valorisation énergétique des déchets

La valorisation énergétique concerne les déchets qui ne peuvent être


recyclés ou valorisés sous forme de matière, et consiste à récupérer leur
pouvoir calorifique en le brûlant afin de le valoriser. L’énergie produite
est utilisée sous forme de chaleur ou d’électricité. La valorisation éner-
gétique se développe fortement ces dernières années face aux objectifs
de 50 % de réduction des déchets admis en installation de stockage d’ici
à 2025.
En France, plusieurs méthodes permettent de valoriser les déchets afin
de les transformer en source d’énergie : l’incinération avec récupération
d’énergie, la production de CSR46, la pyrolyse ou gazéification et la mé-
thanisation.
Pour aller plus loin sur la valorisation énergétique : [Link]
fr/expertises/dechets/passer-a-laction/valorisation-energetique

46
Combustible solide de récupération

53
Empreinte écologique réduite

Une telle allégation indique une réduction significative de l’im-


pact sur l’environnement du produit tout au long de son cycle
de vie, par rapport aux produits de la même catégorie. Elle est
à rapprocher des autres allégations de type « moins polluant »,
« réduction de l’impact environnemental », etc.

Attention ! Cela ne signifie pas que le produit est inoffensif pour


l’environnement. Un produit a toujours un impact sur l’environ-
nement même s’il est prouvé que cet effet a été très significati-
vement réduit.

Le calcul de l’empreinte écologique se base sur la recommandation


(UE) 2021/2279 de la Commission du 15 décembre 202147, relative à
l’utilisation de méthodes d’empreinte environnementale pour mesu-
rer et indiquer la performance environnementale des produits, biens
et services, sur l’ensemble du cycle de vie.
Pour pouvoir mettre en avant une empreinte écologique réduite
d’un produit, il convient de justifier une réduction significative des
impacts environnementaux du produit tout au long de son cycle de
vie.
Il existe des démarches privées et volontaires des entreprises dont
l’objet est de garantir que les principaux impacts environnemen-
taux d’un produit ont été réduits tout au long de son cycle de vie.
Ces démarches peuvent faire l’objet d’un contrôle par un organisme
indépendant, c’est le cas par exemple de l’Ecolabel européen.
Pour les produits qui sont soumis à des obligations d’écoconception,
l’allégation « empreinte écologique réduite » ne doit être utilisée que
si le produit répond à des critères qui vont significativement au-delà
des exigences réglementaires.

La notion de cycle de vie d’un produit


Tous les produits n’ont pas les mêmes impacts sur l’environnement. Il
s’agit d’identifier les impacts les plus significatifs par type de produits
(ce peut être par exemple la pollution de l’air pour une peinture, la
pollution de l’eau pour un détergent, la consommation d’eau pour
du coton, les émissions de gaz à effet de serre pour une viande…) à
l’échelle de l’ensemble de son cycle de vie.
Il s’agit de s’assurer qu’il n’y a pas eu transfert de pollution, autre-
ment dit que l’amélioration d’un impact environnemental du produit
n’a pas conduit à la détérioration d’un autre impact. Ce serait le cas
par exemple si l’utilisation d’une matière première, moins polluante
lors de la fabrication, entraînait en contrepartie une augmentation
des émissions de gaz à effet de serre lors de son transport ou d’im-
portants déchets en fin de vie. Le bilan global du produit pourrait
alors s’avérer aussi mauvais, voire pire, qu’avant l’introduction de
cette nouvelle composante.

47
[Link]
01aa75ed71a1/language-fr

54
Quelles informations doit-on trouver concernant
l’allégation ?
– Des précisions sur ce qui est qualifié par l’allégation : l’emballage
et/ou tout ou partie du produit. Sans précision, l’allégation doit
s’appliquer au produit dans son ensemble, c’est-à-dire emballage
compris.
– Les principales caractéristiques environnementales du produit
et/ou de son emballage et ce sur quoi porte l’allégation, par
exemple : réduction de la pollution de l’eau, faible teneur en
solvants, faible consommation d’énergie, émissions de CO2 limi-
tées…), complétées éventuellement par tout autre moyen appro-
prié (site internet).
– La nature et l’ampleur des réductions d’impacts environnemen-
taux sur la base d’une méthode de calcul de type ACV à l’échelle
du produit et/ou de l’emballage concerné, et non à l’échelle d’une
partie du produit.

Au même titre que l’ensemble des autres allégations, ces informa-


tions doivent être accessibles au consommateur.

55
Low-tech
Le qualificatif de « low-tech » s’applique à une démarche et non pas à
son résultat. Ainsi, un objet n’est pas « low-tech » dans l’absolu, il est
plus (ou moins) « low-tech » qu’une solution alternative répondant au
besoin initial.
L’approche « low-tech », parfois appelée innovation frugale, est une
démarche innovante et inventive de conception et d’évolution de
produits, de services, de procédés ou de systèmes qui vise à maximi-
ser leur utilité sociale, et dont les impacts sur l’environnement n’ex-
cèdent pas les limites locales et planétaires. La démarche « low-tech »
implique un questionnement du besoin visant à ne garder que l’es-
sentiel, la réduction de la complexité technologique, l’entretien de
ce qui existe plutôt que son remplacement. La démarche « low-tech »
permet également au plus grand nombre d’accéder aux réponses
qu’elle produit et d’en maîtriser leurs contenus.

Qu’est-ce qu’un produit « low-tech » ?

On parle de « la » low-tech car il s’agit d’évoquer la dimension


politique et systémique de la démarche. Lorsque le pluriel est uti-
lisé, « les » low-tech, il s’agit d’aborder sa dimension matérielle et
ses applications concrètes.

Un produit « low-tech » est, dans la globalité de sa démarche et en


comparaison avec une autre solution qui répond au même besoin,
une solution alternative qui est économe en ressources (matières,
énergie, etc.), en entretien, durable, et appropriable et moins com-
plexe d’un point de vue technologique.
On peut citer comme solution « low-tech » connue et commerciali-
sée, une balance électronique, qui est autonome en énergie et ali-
mentée par mécanisation (dynamo dans l’écran). D’autres solutions
sont d’ores et déjà existantes dans différents secteurs tel que l’agri-
culture (machine-outil à actionnement humain), la boulangerie (four
solaire), le logement (Tiny houses et isolation), etc. Tous ces éléments
sont à retrouver dans les fiches thématiques de l’étude ADEME 48.

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– Préciser les aspects du produit sur le(s)quel(s) porte(nt) la
démarche « low-tech » (économe en matière, en énergie, en
entretien, en complexité technologique, etc.)

48
[Link]

56
Naturel (produits non alimentaires)

Ne doit être utilisé que pour un produit peu transformé, proche


de son état d’origine. Un produit ne doit être qualifié de natu-
rel que s’il contient au moins 95 % de composants naturels. Ce
terme étant susceptible d’induire en erreur le consommateur, il
est conseillé d’indiquer systématiquement le pourcentage et la
nature des composants naturels. Par ailleurs, il est important de
préciser que naturel ne signifie pas l’absence de danger pour la
santé humaine ou les écosystèmes, ou encore la réduction des
impacts environnementaux.

Que signifie « naturel » ?


Tout produit ou composant peut trouver son origine dans la nature.
C’est pourquoi l’emploi du terme « naturel » doit être défini afin qu’il
n’induise pas en erreur. L’allégation « naturel » doit permettre de dif-
férencier un produit proche de son état d’origine d’un produit qui
aurait subi des transformations plus profondes49.
Le règlement REACH (règlement CE no 1907/2006 du 18 décembre
2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des
substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces
substances) comporte la définition suivante : « substances présentes
dans la « nature » : une substance naturelle, telle quelle, non traitée ou
traitée uniquement par des moyens manuels, mécaniques ou gravita-
tionnels, par dissolution dans l’eau, par flottation, par extraction par
l’eau, par distillation à la vapeur ou par chauffage uniquement pour
éliminer l’eau ou qui est extraite de l’air par un quelconque moyen ».

Conditions d’utilisation de l’allégation


Si le produit est qualifié de « naturel » (par exemple : peinture « natu-
relle »), il doit contenir au moins 95 % de composants naturels.
En dessous de ce seuil de 95 %, seuls les composants peuvent être
qualifiés de « naturels » (par exemple : « peinture à base d’huile végé-
tale naturelle »).
Il est préférable, quel que soit le ratio, de préciser la composition du
produit et les composants dits « naturels », selon la doctrine élaborée
par la DGCCRF et rappelée ci-après. Bien que cette doctrine ait été
élaborée pour les cosmétiques, elle peut s’appliquer à tous les pro-
duits.
L’entreprise doit pouvoir justifier de la nature et du pourcentage des
substances naturelles composant le produit. Il existe des démarches
privées et volontaires qui prévoient l’incorporation d’ingrédients
naturels dans le produit. Ces démarches peuvent faire l’objet d’un
contrôle par un organisme indépendant
RAPPEL : pour les produits cosmétiques, l’utilisation des termes
« naturel », « dérivé de naturel » et « d’origine naturelle » fait l’objet de
précisions de la part de la DGCCRF. Cette doctrine de contrôle se
base notamment sur la norme ISO n° 16128 : [Link]
[Link]/dgccrf/cosmetiques-bio-et-naturel
Naturel n’est pas synonyme de végétal, d’inoffensif ou de réduction

49
Voir la Partie 1 du guide et le règlement n° 528/2012 du Parlement européen et du
Conseil du 22 mai 2012 concernant la mise à disposition sur le marché et l’utilisation
des produits biocides

57
des impacts environnementaux.

Naturel et végétal ne sont pas des mentions équivalentes.


– Un produit ou une partie du produit ou de l’emballage peut être
d’origine végétale (ou animale ou minérale), sans pour autant
être naturel, qui qualifie un produit ou une partie du produit peu
transformé proche de son état d’origine. Par exemple, un plas-
tique biosourcé peut-être issu d’un processus de transformation
chimique complexe, ne permettant pas de le qualifier de naturel.
– A l’inverse, un produit naturel n’est pas nécessairement un pro-
duit végétal. Par exemple, l’eau de source est d’origine minérale
ou le suif est d’origine animale.

Il est donc possible de mentionner l’origine ou le caractère végétal,


animal ou minéral sur un produit pour qualifier tout ou partie du
produit ou de l’emballage, sans pour autant signifier que le produit
est naturel.
C’est un examen au cas par cas de la nature des produits et des traite-
ments subis qui doit amener à déterminer si un produit peut alléguer
de son caractère naturel. L’entreprise ne doit pas laisser entendre
que le produit est meilleur pour l’environnement sans être en mesure
de le démontrer. Elle ne doit pas minimiser le risque pour la santé et
l’environnement d’un produit qui serait classé parmi les substances
et mélanges dangereux en dépit de son origine naturelle

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– La liste des ingrédients naturels qui composent le produit
– Le pourcentage de ces ingrédients dans le produit fini

58
Recyclable

Que signifie « recyclable » ?


C’est la caractéristique d’un produit, d’un emballage ou d’un compo-
sant associé, qui peut être prélevé sur le flux des déchets par des pro-
cessus et des programmes disponibles, et qui peuvent être collectés,
traités et remis en usage sous la forme de matières premières ou de
produits (norme ISO 14021).

Quel est le cadre réglementaire applicable ?


Pour de nombreux produits, l’allégation est encadrée par le décret n°
2022-748 du 29 avril 2022.
1. Pour les produits soumis à la responsabilité élargie des producteurs
des emballages ménagers, imprimés papiers, produits et matériaux
de construction du bâtiment, équipements électriques et électro-
niques, piles et accumulateurs, contenus et contenants de produits
chimiques, éléments d'ameublement, produits textiles (habillement,
linge, chaussures), articles sport et loisir, articles de bricolage et de
jardin, ainsi que de voitures, camionnettes, véhicules 2, 3 et 4 roues,
le fabricant ou l’importateur a pour obligation d’informer le consom-
mateur sur le caractère recyclable de son produit suivant une fiche
produit accessible en ligne (décret n° 2022-748, voir partie 1 du guide).
L'information sur la recyclabilité est mise à disposition du consom-
mateur sous la mention « produit majoritairement recyclable » ou
« emballage majoritairement recyclable », lorsque ces cinq critères
sont remplis. Si la matière recyclée produite par les processus de
recyclage mis en œuvre représente plus de 95 % en masse du déchet
collecté, l'information mise à disposition peut comporter la mention
« produit entièrement recyclable » ou « emballage majoritairement
recyclable ».
Lorsque la capacité à être recyclé correspond à un recyclage de
matières majoritairement réincorporées dans des produits de nature
équivalente qui répondent à un usage et une destination identiques
sans perte fonctionnelle de la matière, le producteur peut compléter
l'information sur la recyclabilité par la mention « produit recyclable
en un produit de même nature » ou « emballage recyclable en un
emballage de même nature ».
2. Pour les autres produits qui ne relèvent pas du décret n° 2022-748,
il est possible de mettre en avant leur recyclabilité, notamment en
s’appuyant sur le respect des critères énoncés à l'article R.541-221 du
code de l'environnement.

Quelles informations doit-on trouver concernant l’allégation ?


– Ce qui est précisément recyclable
– Les conditions de la recyclabilité alléguée (collecte ou apport
spécifique du déchet, taux de recyclage moyen pratiqué par la
filière)

Précision sur l’anneau de Moebius :

C’est un symbole normé à ne pas confondre avec le Triman qui indique,


en France, que le produit à destination des consommateurs, une fois
usagé, fait l’objet d’une collecte spécifique et que la gestion de ces dé-
chets est financée par les producteurs.

59
Pour aller plus loin :
[Link]
comprendre-symboles

60
Réemployable/ Réutilisable
L’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement indique les définitions
suivantes :

• « Réemploi » : toute opération par laquelle des substances, matières


ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour
un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus.
• « Préparation en vue de la réutilisation » : toute opération de
contrôle, de nettoyage ou de réparation en vue de la valorisation par
laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des dé-
chets sont préparés de manière à être réutilisés sans autre opération
de prétraitement.
• « Réutilisation » : toute opération par laquelle des substances, ma-
tières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés de nou-
veau.

Le réemploi et la réutilisation se distinguent donc par le passage ou non


du bien en fin de vie par le statut de déchet. À la différence de la notion
de réemploi, les activités de réutilisation se distinguent par l'utilisation
d'un produit usagé en tant que « déchet ».
Le réemploi et la réutilisation contribuent au prolongement de la durée
de vie des produits et à la réduction de la production de déchets.

Quel est le cadre applicable ?


1. Pour les emballages ménagers soumis à la responsabilité élargie
des producteurs mentionnés au 1° de l’article L. 541-10-1 du code
de l’environnement, le fabricant ou l’importateur a pour obligation
d’informer le consommateur sur les possibilités de réemploi de son
produit, suivant une fiche produit accessible en ligne (décret n° 2022-
748, voir partie 1 du guide).
Un emballage ménager est considéré comme réemployable unique-
ment s’il est conçu pour faire l'objet d'au moins une deuxième utili-
sation, de façon non cumulative :
– pour un usage de même nature que celui pour lequel il a été
conçu, et dont le réemploi ou la réutilisation est organisé par ou
pour le compte du producteur ;
– ou en étant rempli au point de vente dans le cadre de la vente en
vrac, ou à domicile s'il s'agit d'un dispositif de recharge organisé
par le producteur est réputé être réemployé.

La mention obligatoire est « emballage réemployable » ou « embal-


lage rechargeable ». De plus, il est possible d’indiquer volontairement
des informations complémentaires sur le produit ou dans la fiche
produit, sous réserve que cela n’entraîne pas de confusion pour le
consommateur.
2. Pour les autres produits, il est possible de mettre en avant le carac-
tère réemployable ou réutilisable du produit, notamment en s’ap-
puyant sur la capacité effective d’allonger la durée de vie du produit
de manière significative et sans altération du produit au fil de son
usage.

61
Quels sont les recommandations d’usage des termes ?
Point de vigilance, le réemploi et la réutilisation ne sont pas à
confondre avec le reconditionnement. Des éléments sur le « recondi-
tionnement » sont disponibles dans la partie 1 de ce guide.

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– Le terme adapté en fonction des définitions ci-dessus : « réem-
ployable », ou « réutilisable »
– Les conditions d’utilisation du produit pour le consommateur
pour que le produit une fois utilisé soit effectivement « réem-
ployable », ou « réutilisable » (déformation du produit, en toute
sécurité sanitaire)
– Et le nombre d’utilisations conseillé du produit

Pour aller plus loin : [Link]


ser-a-laction/eviter-production-dechets/reemploi-reutilisation

62
Réparable
Il n’existe pas de définition légale ou réglementaire de la répa-
rabilité. Néanmoins, une information obligatoire doit être
donnée pour certains produits électriques et électroniques
sur la réparabilité.

À quoi fait référence la réparabilité ?


La réparabilité recouvre en général les critères cumulatifs suivants :
– Le coût de la réparation doit être raisonnable et proportionné.
À ce titre, il doit rester acceptable pour le consommateur. Cela
comprend le coût du service de réparation mais également le
prix des pièces détachées, le prix des outils et le prix d’accès à
la documentation technique pour tous les professionnels de la
réparation et les consommateurs.
– La démontabilité des pièces ou éléments nécessaires au bon
fonctionnement du produit. Les pièces doivent être démon-
tables et remontables en un nombre d’étapes raisonnable et
proportionné. Les fixations concernées doivent être amovibles
et réutilisables ou, lorsqu’elles ne sont pas réutilisables, à minima
accessibles à l’achat.
– La facilité de l’accès à un réseau de réparateurs identifiable pour
le consommateur. Certains produits susceptibles d’être dange-
reux ou dommageables pour l’environnement peuvent nécessiter
que les professionnels soient soumis à une qualification ou à une
habilitation reconnue : poêles, pompes à chaleur, chaudières…

Quel est le cadre applicable à l’indice de réparabilité ?


Depuis le 1er janvier 202150, l’affichage d’un indice de réparabilité est
prévu pour certaines catégories de produits.
Cet indice, qui se présente sous la forme d’une note sur 10, est affi-
ché sur certains équipements électriques et électroniques généra-
teurs de déchets. L’objectif est d’informer le consommateur sur le
caractère plus ou moins réparable des produits concernés au cours
de leur durée d’usage.
Cet indice va, à moyen terme, encadrer strictement l’usage de la
notion de réparabilité, mais il ne concerne pas l’ensemble des pro-
duits ou équipements mis sur le marché, son déploiement étant pro-
gressif.
Pour les produits qui ne sont pas concernés par cet indice, il faut pou-
voir laisser l’opportunité aux industriels de mettre en avant la répa-
rabilité de leur produit, notamment en s’appuyant le cas échéant sur
la disponibilité des pièces détachées et la documentation technique
mise à disposition des consommateurs, le prix de la réparation glo-
bale et la facilité d’accès à un réseau de réparateurs, identifiable par
le consommateur.

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– Le sens précis du terme « réparable ». Si la réparabilité concerne
une sous-composante du produit, l’allégation doit le préciser.
– Les conditions de réparabilité du produit.
– Le professionnel ne doit pas laisser entendre qu’il n’a pas ou peu
d’impact sur l’environnement

50
[Link]
63
Upcyclé / Upcycling ou Upcyclage ou Surcyclage

Qu’est-ce qu’un produit upcyclé ?


– L’upcycling est un mot anglo-saxon qui se traduit littéralement
par « le surcyclage » ou bien « recyclage par le haut ». La princi-
pale différence entre le recyclage et l’upcycling est la conception
du produit fini. En effet, pour recycler, il faut détruire le produit
pour en reconstruire un nouveau. Pour « upcycler », il faut utiliser
des matériaux ou des produits dont on n’a plus l'usage.
– Il n’existe pas de définition légale ou réglementaire des termes
d’« upcycling/Upcyclage » ou « Surcyclage ». Néanmoins, au vu
des pratiques existantes et de l’intérêt environnemental, l’activité
peut être définie comme telle : la fabrication, à partir d’objets
ou de matériaux de récupération (des matériaux ou des produits
dont on n’a plus l'usage), de produits de plus haute valeur éco-
nomique que les objets ou matériaux d’origine51. Par exemple, il
peut s’agir d’une armoire ancienne remise au goût du jour, une
robe déchirée pour en faire une jupe, etc.).

Quelles informations doit-on trouver concernant


l’allégation ?
– Préciser le produit usagé originel utilisé. Par exemple : « Fabriqué
à partir de vêtements en cuir usagés » (= upcyclé) (Fabriqué à
partir de chute de cuir de tannerie = valorisation matière et non
upcyclé)

51
Vocabulaire de l'environnement (liste de termes, expressions et définitions adoptés) -
Légifrance ([Link])

64
Allégations relatives
aux entreprises

Allégations environnementales qualifiant une


entreprise
Une allégation concernant la démarche engagée par une entre-
prise est foncièrement différente d’une allégation portant sur
un produit. Elle ne signifie pas que le produit est un produit
plus respectueux de l’environnement.
L’allégation doit préciser si elle concerne l’ensemble des acti-
vités de l’entreprise, le processus de production ou l’une des
étapes d’élaboration du produit. L’entreprise doit justifier
qu’elle a réduit au global les principaux impacts environne-
mentaux liés à ses activités. Des explications sur la démarche
de l’entreprise doivent être facilement accessibles au consom-
mateur. À la lecture de l’allégation, le consommateur doit com-
prendre la démarche exacte de l’entreprise.
Lorsqu’une allégation environnementale qualifie une entreprise, elle
vise la réduction des impacts environnementaux les plus significa-
tifs de l’entreprise sur l’ensemble de son périmètre : par exemple,
réduction de la consommation d’énergie du site de production,
réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au transport des
matières premières, lors des étapes de fabrication et de transport,
participation financière à un projet environnemental…. Ces actions
ne confèrent pas, par elles-mêmes, des caractéristiques environne-
mentales particulières aux produits de l’entreprise.
Il est à noter que les démarches RSE des entreprises sont des
démarches, par définition, d’amélioration continue. Cela signifie que
l’acheteur ne peut pas déterminer par une simple allégation sur l’en-
treprise, le niveau atteint par l’entreprise en matière de réduction de
ses impacts significatifs sur l’environnement.
Dans tous les cas, ces allégations doivent être nuancées : « notre
entreprise limite ses impacts significatifs sur l’environnement ».

L’entreprise doit justifier ses actions


L’entreprise doit justifier ses actions et les rendre facilement acces-
sibles (par exemple sur un site internet) par des éléments concrets,
mesurables, pertinents, significatifs et vérifiables (par exemple en
termes d’écoconception, de limitation de l’emploi de substances
polluantes et des émissions de gaz à effet de serre, de gestion maîtri-
sée des ressources naturelles, de l’énergie et des déchets…) prouvant
que les principaux impacts environnementaux liés à l’entreprise sont
significativement réduits. Pour s’assurer qu’elle répond bien à l’usage
des allégations de l’entreprise énoncées ci-dessus, l’entreprise peut

65
faire appel à un cabinet conseil pour vérifier si l’allégation environne-
mentale porte bien sur les impacts environnement les plus significa-
tifs de l’ensemble de l’activité de l’entreprise.

Les opérations de compensation


(Par exemple : « un produit acheté = un arbre planté »)

Définition
Une compensation écologique se définit comme un « ensemble d’ac-
tions en faveur de l’environnement, permettant de contrebalancer les
dommages causés par la réalisation d’un projet qui n’ont pu être évités
ou limités. La compensation écologique peut consister en la protection
d’espaces naturels, la restauration, la valorisation ou la gestion dans la
durée, d’habitats naturels »52.
Les allégations se rapportant à une opération de compensation ne
concernent pas les activités de l’entreprise ou le produit, mais un
engagement externe du professionnel en faveur de la protection de
l’environnement. Ces allégations ne doivent pas laisser entendre au
consommateur que le produit a certaines qualités environnemen-
tales, ni que l’intégralité de ses impacts environnementaux a été
compensée. En effet, ce n’est généralement pas le cas, puisque la
compensation ne concerne souvent qu’un seul impact, l’effet de
serre par exemple, qu’elle contrebalance en tout ou partie. Ainsi, la
démarche doit être présentée clairement et précisément :
– afin de ne pas créer de confusion entre le bienfait de la démarche
pour l’environnement et les impacts du produit lui-même sur
l’environnement
– afin de ne pas permettre de doute chez le consommateur sur la
nature de l’opération présentée. En outre, l’opération de compen-
sation doit avoir été effectivement engagée, être quantifiable et
vérifiable (exemples : nombre d’arbres plantés, sommes versées
à des ONG…), significative eu égard au volume d’affaires dégagé
ou prévu pour le produit en cause, et pertinente en termes de
bénéfices attendus pour l’environnement.

52
Commission de terminologie et de néologie

66
Annexe I Dispositif
d’information obligatoire

Les produits concernés sont uniquement les produits neufs destinés


aux consommateurs. Le consommateur est défini comme « toute
personne physique qui agit à des fins qui n'entrent pas dans le cadre
de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agri-
cole » comme précisé à l’article liminaire du code de la consomma-
tion.
Ne sont pas concernés par l’obligation de mise à disposition d’une
fiche produit, les produits reconditionnés (au sens de l’article R.
122-4 du code de la consommation) ou de seconde main, vendus à
des consommateurs par des professionnels.
Les produits concernés sont détaillés dans le tableau de synthèse
ci-dessous :

67
68
III XI Présence
Qualité ou caractéristique VII Présence IX Présence
Incorporation V Possibilité VI VIII Présence X de fibres
environnementale / II Compostabilité de métaux de substances
de matière de réemploi Recyclabilité de terres rares Traçabilité micro
Catégorie de produits1 précieux dangereuses
recyclée plastiques

X
(Uniquement emballages mention-
nés dans l'arrêté du 15 mars 2022
listant les emballages et déchets
1° Emballages ménagers compostables, méthanisables et X X X X
pouvant faire l'objet d'une col-
lecte conjointe avec des biodé-
chets ayant fait l'objet d'un tri à la
source.)

3° Imprimés papiers X X X

4° Matériaux de
X X
construction

5° Équipements
électriques et X X X X X
électroniques

6° Piles et accumulateurs X X X

7° Contenus et contenants
X X X
de produits chimiques

10° Éléments
X X X
d’ameublement

11° Produits textiles X (à l’ex-


d'habillement, linge, ception des X X X X
chaussures articles en cuir)

12° Jouets X X

13° Articles de sport et


X X X
de loisirs

14° Articles de bricolage et


X X X
de jardin

15° Voitures,
camionnettes, véhicules X X X X X
2, 3 et 4 roues

Autres produits,
contenant des substances X
dangereuses

1
Liste définie à l'article L.541-10-1 du code de l'environnement. (responsabilité élargie des producteurs)
Annexe II
Fiche Pratique : La méthode
afin d’établir une allégation
environnementale loyale1

L’allégation doit donner une information claire, proportionnée et


dénuée d’ambiguïté, dont la justification peut être fournie grâce à
des éléments précis et mesurables sur les étapes du cycle de vie du
produit concerné.
Les professionnels doivent donc respecter trois principes :

Principe de la proportionnalité de l’allégation


– L’allégation ou le message publicitaire doit exprimer avec justesse
l’action de l’annonceur ou les propriétés de ses produits, en adé-
quation avec les éléments justificatifs transmissibles. La réalité de
ces actions ou propriétés peut s’apprécier au regard des différents
piliers du développement durable, des différents types d’impacts
possibles et des différentes étapes de la vie du produit.
– L’allégation ou le message publicitaire doit être proportionné à
l’ampleur des actions menées par l’annonceur en matière de déve-
loppement durable ainsi qu’aux propriétés du produit dont il fait
la promotion.
– Les éléments visuels ou sonores doivent être utilisés de manière
proportionnée à l’argument écologique et aux éléments justifica-
tifs qui l’appuient.

ÉTAPE 1 : Veillez à ce que le contenu soit pertinent et représente un


véritable avantage
• A vez-vous une idée précise des principaux impacts environnemen-
taux de votre produit, de votre service ou de votre organisation (en-
treprise) ?
• L’allégation est-elle pertinente par rapport à ces impacts environne-
mentaux ?
• L’allégation apporte-t-elle des avantages supplémentaires par rap-
port à ce qui existe déjà ou ce qui est légalement requis ?
• Si les performances sont comparées aux autres produits ou services
sur le marché, la comparaison est-elle juste et significative et les cri-
tères de comparaison sont-ils clairs ?

1
Les phrases en italique sont in extenso extraites de la Recommandation de l’ARPP
« Développement durable » version 3, applicable depuis le 1er aout 2020.

69
Clarté et absence d’ambiguïté de l’allégation
Dans la publicité :
– L’annonceur doit indiquer dans la publicité en quoi ses activités ou
ses produits présentent les qualités revendiquées.
– Si l’argument publicitaire n’est valable que dans un contexte parti-
culier, ce dernier doit être présenté clairement.
– Sans exclure leur utilisation, l’emploi d’éléments naturels ou évo-
quant la nature ne doit pas induire en erreur sur les propriétés envi-
ronnementales du produit ou des actions de l’annonceur.
– Lorsque la publicité utilise un argument écologique, l’assimilation
directe à un élément naturel (animal, végétal, …) d’un produit pré-
sentant un impact négatif pour l’environnement est à exclure.
– De même, les illustrations de la Terre et des dessins majoritai-
rement verts peuvent induire en erreur les consommateurs sur
le réel impact et les qualités environnementales de ces produits,
ainsi que sur les engagements de l’annonceur en matière de déve-
loppement durable.
– Cette clarté et l’absence d’ambiguïté signifient également l’ab-
sence de confusion avec des sigles officiels. Les signes et logos
doivent remplir certaines conditions et ne doivent pas créer de
confusion avec les signes officiels.
– Les signes ou symboles ne peuvent être utilisés que si leur origine
est clairement indiquée et s’il n’existe aucun risque de confusion
quant à leur signification.
– Ces signes ne doivent pas être utilisés de manière à suggérer sans
fondement une approbation officielle ou une certification par un
tiers.
– La publicité ne doit pas attribuer aux signes, logos ou symboles une
valeur supérieure à leur portée effective.

Sur le produit :
– Sans exclure leur utilisation, l’emploi d’éléments naturels ou évo-
quant la nature ne doit pas induire en erreur sur les propriétés envi-
ronnementales du produit ou des actions de l’annonceur.
– De même, les illustrations de la Terre et des dessins majoritai-
rement verts peuvent induire en erreur les consommateurs sur
le réel impact et les qualités environnementales de ces produits,
ainsi que sur les engagements de l’annonceur en matière de déve-
loppement durable.
– L’avantage revendiqué par cette allégation ne doit pas par ail-
leurs conduire à créer ou à aggraver d’autres impacts environne-
mentaux du produit, à l’une ou l’autre des étapes de son cycle de
vie, ou à un transfert de pollution.
– La clarté et l’absence d’ambiguïté de l’allégation signifient égale-
ment l’absence de confusion avec des sigles officiels. Les signes
et logos accompagnant les allégations doivent remplir certaines
conditions et ne doivent pas créer de confusion avec les signes
officiels.
– Les signes ou symboles ne peuvent être utilisés que si leur origine
est clairement indiquée et s’il n’existe aucun risque de confusion
quant à leur signification.
– Ces signes ne doivent pas être utilisés de manière à suggérer sans
fondement une approbation officielle ou une certification par un
tiers.
– Les signes, logos ou symboles ne doivent pas avoir une valeur supé-
rieure à leur portée effective.

70
ÉTAPE 2 : Présentez l’allégation de façon claire et précise
L’allégation est-elle une représentation véridique et exacte de l’avan-
tage environnemental ou de ce qui est susceptible d’advenir en pra-
tique ?
La portée et les limites de l’allégation sont-elles claires ?
Utilise-t-elle un langage simple qui n’est ni vague, ni ambigu, ou un vo-
cabulaire susceptible d’être mal compris ?
Le volume et le type d’informations justificatives sont-ils clairs et ap-
propriés ?
Les représentations graphiques (dont les symboles, images ou labels)
sont-elles pertinentes par rapport à l’allégation utilisée ?

L’existence de justificatifs
Pour garantir que les allégations environnementales soient étayées,
les professionnels doivent, soit avoir en leur possession les preuves
requises à l’appui de leurs allégations dès que celles-ci sont utili-
sées, soit veiller à ce qu’elles puissent être obtenues et produites sur
demande.
Pour tout message reposant sur une allégation scientifique, l’annon-
ceur doit être en mesure de présenter l’origine des résultats annoncés
et la méthodologie ayant servi au calcul.

ÉTAPE 3 : Vérifiez que l’allégation peut être facilement justifiée


• Les preuves pour étayer l’allégation sont-elles claires et solides, ou
existe-t-il des incertitudes ?
• Les résultats ont-ils été obtenus par des méthodes standards appro-
priées et reconnues ?
• Les allégations relatives aux futures performances environnemen-
tales peuvent-elles être attestées par des preuves et par des actions
menées ?
• Les informations à l’appui d’une allégation, si elles ne sont pas déjà
accessibles au public, peuvent-elles être aisément rendues dispo-
nibles sur demande (notamment des autorités de contrôle) ?

71

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