Gestion de l'eau en milieu urbain
Gestion de l'eau en milieu urbain
L’ eau et
la ville
ASSAINISSEMENT
PRODUCTION 6 La station d’épuration • Élimination des pollutions
• Production eau potable Il existe 11 stations principales (DCO, NH3,
• Dessalement eau de mer
Le cycle urbain de l’eau sur le territoire du Grand Lyon
phosphates)
ou puits saumâtres Précipitations • Élimination des pollutions
450 millions de m3 par an
(50 000 à 1 million m3/j) nouvelles : micropolluants
Milieu naturel
(molécules
1 Le prélèvement Rejets
agrochimiques et
pharmaceutiques) –
Réseau pluvial
Captage Antibiorésistance
Nappes Déversoir d’orage
Réseau unitaire • ReUse : réutilisation
13 millions
de m3 par an 180 millions de l’eau pour applications
de m3 par an
diverses (y compris pour
2 La production d’eau potable
4 La distribution potabilisation)
100 millions
de m3 par an
Réservoir Industries COLLECTE
DISTRIBUTION
• Réseau de distribution • Réseaux collectes eaux
(~1 000-5 000 km) 5 L’assainissement usées et pluviales
• Qualité, énergie, (~1 000-5 000 km)
3 Le stockage Logements
disponible dans Assainissement • Captage, pollutions,
non collectif
l’ensemble du réseau stockages des eaux,
odeurs, inondations…
Figure 1
Le cycle urbain de l’eau.
DCO : demande chimique en oxygène.
Source : d’après Eau du grand Lyon
GAC
Eau de surface
Dessalement de l’eau de mer
Ozonation UV + H2O2
Usine de traitement Ultrafiltration Osmose inverse + procédé d’oxydation
des eaux usées avancée
Figure 2
Techniques de traitement de l’eau en fonction des ressources, pour la production d’eau potable.
Source : Michel Hurtrez, Groupe SUEZ. 121
La chimie et les grandes villes
Tableau 1
Les traitements classiques : les critères de choix, au cas par cas.
Qualité de l’eau à traiter Évolutivité
– définition des taux de trai- – des molécules à traiter
tement : dose de CAP/ozone – des rendements d’élimi-
– influence de la matière or- nation
ganique
Type de micropolluants
Ouvrages existants
à traiter
– affinité avec les technolo- – intégration facilitée
gies disponibles
Objectif de traitement
– micropolluants Exploitabilité, fiabilité
– annexes : désinfection
122
L’eau et la ville
Tableau 2
Les paramètres de fonctionnement pour l’ozonation et l’adsorption sur charbon actif.
Adsorption
Ozonation
(charbon actif)
Générateur d’ozone
Prodution à partir de dioxygène
Évent ou
destruction
3 O2 → 2 O3
Contacteur : hydraulique
et réactions maîtrisées Entrée
Contre-courant gaz/liquide d’eau
Figure 3
Installation d’ozonation.
Source : Degrémont.
Figure 4
Le PulsazurTM met en œuvre
l’adsorption sur charbon actif en
poudre dans un réacteur à lit de
boues pulsé pour l’élimination des
matières organiques dissoutes et
des micropolluants.
Source : Degrémont.
Figure 5
Les techniques membranaires de filtration varient selon la taille des polluants à éliminer.
Source : Michel Hurtrez, Groupe SUEZ. 125
La chimie et les grandes villes
Figure 6
La station de Vigneux utilise un système modulaire pour l’ultrafiltration afin d’obtenir des eaux clarifiées
(55 000 m3/jour), avec 8 blocs de 28 modules de 64 m².
Source : usine de vigneux (©SUEZ Eau France SAS) ; bloc membranes (©SUEZ/Thierry Duvivier).
Figure 7
L’usine d’Hummelston (États-Unis) immerge les membranes dans l’eau
pour le traitement (57 000 m3/jour), au lieu de faire passer l’eau à travers.
Source : removal©SUEZ.
Figure 8
SUEZ est présent partout dans le monde, avec près de 15 000 installations, dont plus de 250 sont capables
de fournir au total 3 700 000 m3/jour.
A B
Figure 9
L’unité de dessalement de Melbourne (Australie) produit 450 000 m3 d’eau par jour.
A) Toit végétalisé couvrant l’installation. B) L’usine est située en bordure de plage. C) Modules de dessalement
par osmose inverse.
Sources : A) Thiess/Degrémont ; C) SUEZ/Degrémont.
– 2014 : lancement d’une étude pilote pour choisir l’usine de production d’eau potable de
la future cité verte de Masdar ;
– 2015 : inauguration du pilote éco-énergétique de SUEZ à Abou Dhabi (Figure 10) ;
– durée du test : 18 mois.
Caractéristiques
– Pilote de dessalement alimenté par des énergies renouvelables
– Production 100 m3/jour
– Technologies d’ultrafiltration et d’osmose inverse
– Consommation électrique inférieure à 3,6 kWh/m3
– Limite thermodynamique : 1,06 kWh/m3 et 1,56 kWh/m3 pour un taux de rejet de 50 %,
proche des ~2 kWh/m3 d’une unité d’osmose inverse industrielle.
Pompages, prétraitement, post-traitement et rejets.
Figure 10
Une unité de dessalement
pilote fonctionnant à l’énergie
photovoltaïque a été inaugurée
en 2015 à Masdar.
Source : SUEZ.
Figure 11
Les eaux trop dures entartrent les
canalisations et ont un coût notable.
Source : SUEZ
Idroloc
Aquadvanced
Scanner Ciclope
Outils
Capteurs
Capteur à large diamètre
Débitmètre
Valve
Scanner
Valve à air
Vidange
Figure 12
SUEZ a développé un réseau de distribution intelligent, avec des informations accessibles sans avoir à se rendre
sur le site.
130 Source : Michel Hurtrez, Groupe SUEZ.
L’eau et la ville
temps réel : de pression, de
débit, de turbidité7, de sondes DES RÉSEAUX PLUS « INTELLIGENTS » (Figure 13)
multi-paramètres (Encart :
« Des réseaux plus “ intelli- Des données en temps réel du réseau, des capteurs et des
gents” »). compteurs connectés :
Supervision
Système d’Information Géographique
Bases de données
Capteurs
Modèle hydraulique
Consommations télé-relevées
Données d’analyses laboratoire
Système de Gestion des Interventions
Système de Gestion Patrimoniale
Système de Gestion Clientèle
Figure 14
Des outils connectés ont été développés pour indiquer aux opérateurs où ils doivent se rendre pour identifier et
résoudre les problèmes.
Source : SUEZ.
continu discontinu
Non Compteurs de particules
Turbidimètres Méthodes de culture standard
spécifique
Figure 15 Surveillance réglementaire
Surveillance des
Les bactéries peuvent être bactéries Bacmon Biologie
moléculaire
Détection
Spécifique
10 s-1 min 5-10 min 3-8 h 1-3 j temps
Non-bactérie
(décompte/ml)
Rapport des résultats
Cellule d’écoulement
Unité d’échange
Source de lumière LED Bactérie
Volume de l’échantillon :
(décompte/ml)
600 µl
Figure 16
Ce type de système est installé traite 24 millions de m3 d’eau Les analyses microscopiques
dans le secteur de Versailles par an. En deux ans d’utilisa- d’images 3D donnent une vision de
(Figure 18), pour 22 000 muni- tion, des économies ont été la population bactérienne dans le
cipalités, 400 000 habitants, et réalisées grâce à la détec- réseau.
Figure 17
Exemple du département des Hauts-de-Seine : des capteurs installés sur le réseau envoient directement
l’information aux stations.
Source : SUEZ.
133
La chimie et les grandes villes
Figure 18
En deux ans, 200 000 m3 d’eau ont
été économisés dans le secteur
de Versailles avec l’utilisation du
système AQUADVANCED®.
Figure 19
Les eaux pluviales sont collectées sur le même réseau que les eaux
usées. Elles sont d’abord stockées et peuvent être relarguées si besoin
quelques heures après être entrées.
134 Source : SUEZ/Thomas Vieille.
L’eau et la ville
tions. Il faut disposer d’outils L’installation de ce type d’outil
modernes qui intègrent l’en- en région parisienne a permis
semble de l’information et qui d’économiser près de 400 mil-
permettent de gérer, voire de lions d’euros d’investissement
piloter, l’ensemble du réseau en ouvrages complémentaires
en temps réel (Figure 20), c’est- de collecte d’eau. Bordeaux
à-dire pomper, fermer des n’a maintenant plus d’inon-
vannes, rediriger des flux d’eau. dations malgré récemment
Cela permet non seulement encore des pluies torren-
d’éviter les inondations, mais tielles. Le contrôle de la qua-
aussi les pollutions car environ lité écologique de l’eau dans
90 % des pollutions issues de la le port de Marseille permettra
ville dans les milieux naturels bientôt de s’y baigner, et dans
se produisent à des épisodes des conditions comparables à
pluvieux, qui envoient pendant celle des calanques.
les premières heures de pluie Ce même outil est en cours de
toute la pollution cumulée dans mise en place à Singapour afin
la ville pendant les épisodes d’éviter des inondations dans
secs. Au bout de 2h, on peut en certains endroits de la ville, en
général relarguer l’eau pluviale. particulier Marina Bay.
Figure 20
AQUADVANCED® Assainissement est un logiciel de gestion et de pilotage
d’un réseau de collecte (égouts, eaux pluviales) visant à optimiser les
opérations de collecte et de gestion des eaux usées, optimiser les
équipements existants, prévenir des débordements et des inondations et
protéger le milieu naturel.
Source : SUEZ. 135
La chimie et les grandes villes
H2O
Boues activées
Ultrafiltration
Digesteur anaérobie
Figure 21
Les unités d’assainissement classiques traitent les eaux en trois temps : un premier traitement élimine les plus
gros solides (1er étage), un traitement biologique (boues activées) élimine le carbone, l’azote et le phosphore, puis
un dernier traitement élimine les micropolluants (2e étage).
136 Source : Michel Hurtrez, Groupe SUEZ.
L’eau et la ville
L’USINE D’ASSAINISSEMENT DE DEMAIN
CE QU’ELLE DEVRA TRAITER
Figure 22
Les unités de traitement des eaux usées se transforment en véritable
raffinerie d’eaux usées.
Source : SUEZ/P. Coppé/CAPA Pictures. 137
La chimie et les grandes villes
A B
Figure 23
A) Le procédé classique de traitement des boues est mis en place à la Farfana (Santiago de Chile), où l’espace
n’est pas restreint ; B) en région parisienne (Colombes), la technologie membranaire est mise en place pour
réduire la surface de la station de traitement, à cause des contraintes d’espace.
Sources : A) Constance Covillard, SUEZ ; B) www.siaap.fr.
Figure 24 A
A) Les traitements biologiques
conventionnels consomment O2
et émettent N2 et CO2 ; B) dans la
nouvelle approche, du méthane
CH4 serait émis ainsi que N2. Le
méthane pourrait être valorisé par
la production d’énergie.
138 B
L’eau et la ville
la dégradation de la matière Figure 25
organique en CO2, pour l’utili-
ser comme matière première Les bactéries Anammox réduisent
les demandes du traitement en
pour faire du biogaz. Ensuite,
oxygène, en carbone, ainsi que la
on éliminera les composés de production de biomasse.
l’azote et du phosphore. Source : SUEZ.
Des nouvelles bac tér ies
Anammox11 (Figure 25) sont
utilisées pour traiter les com-
posés de l’azote, elles per-
mettent de faire une dismu-
tation12 entre les deux états
d’oxydation de l’azote, et de
produire de l’azote N2 à partir
de NO2 et NH4.
Figure 27
La station de Sophia Antipolis Sophia Antipolis
rejette ses eaux 20 km en amont de
l’usine de production d’eau potable
d’Antibes.
Source : Michel Hurtrez,
Groupe SUEZ. Usine de production La Bouillide
d’eau potable
Antibes
Antibes
Figure 28
Valorisation de l’énergie
La méthanisation et la digestion
Boues résiduelles offrent des possibilités pour
Valorisation
énergétique valoriser les co-produits/déchets
Effluents industriels
du biogaz issus du traitement des eaux.
Source : Michel Hurtrez,
Groupe SUEZ.
Prétraitement Méthanisation et
et conditionnement post-méthanisation
Biodéchets
Digestat
Résidus agricoles
Figure 29
Une unité de production de biométhane, dans une station d’épuration qui traite les boues de 100 000 habitants,
peut produire jusqu’à 3 GWh d’énergie, soit la consommation annuelle de 20 bus ou 100 véhicules légers.
Source : SUEZ/Jérôme Meyer-Bisch. 141
La chimie et les grandes villes
Figure 30
Exemples d’unités du groupe SUEZ de production de biométhane issu du traitement des eaux usées.
Figure 33
Ces eaux retraitées servent pour des usages industriels, agricoles, de type loisir,
jusqu’à la potabilisation.
Sources : réalimentation : SUEZ/William DANIELS ; recharge : SUEZ/William DANIELS ;
potabilisation : SUEZ / William DANIELS.
Figure 34
Les avancées en microbiologie
permettent de mieux comprendre
les procédés utilisés et de les
optimiser.
Figure 35
La connaissance des bactéries
permet d’en optimiser l’utilisation.
Figure 36
A) La ville de Paris a connu des inondations ; B) l’eau traitée sert largement pour le loisir de tous.
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