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2014 01 2014-09-01 Cahiers Ingenierie 92 Quels Metiers

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ingénierie

92 • SEPTEMBRE 2014  Les Cahiers de l’Ingénierie de Projet

Construction et Industrie
QUELS MÉTIERS ?

Génération
transformation

DOSSIER SPÉCIAL
Vive l’économie
circulaire !
Ivan Faucheux, Commissariat
Général à l’Investissement
Éditorial

Les jeunes, moteur de l’entreprise


L’ingénierie continue d’être un secteur attractif pour les jeunes car les sociétés
ont su, au fil des années, imaginer des modèles davantage conformes aux aspi-
rations des nouvelles générations, notamment en termes de modèles managé-
riaux. Elles sont également parvenues à accroître le nombre de femmes dans
leurs rangs et à élargir le recrutement au-delà du sacro-saint parcours classique
prépa/écoles d’ingénieurs.

Mais rendons à César ce qui est à César, et en l’occurrence aux jeunes ce qui
est aux jeunes. Ce sont eux, qui, en partie, ont contribué à impulser ces chan-
gements de paradigmes. De par leur appétence pour les nouvelles technologies,
leur enthousiasme, leur maîtrise croissante des langues étrangères et leur
mobilité, ils accompagnent au quotidien le développement des structures pour
lesquelles ils travaillent.

Sensibles aux perspectives d’évolution et de rémunération, ces forces vives sont


également de plus en plus attachées à la politique de ressources humaines, à la
Stéphane Aubarbier, responsabilité sociale et à l’image véhiculée par les entreprises.
Président de

ingénierie
92 • SEPTEMBRE 2014 Les Cahiers de l’Ingénierie de Projet
Syntec-Ingénierie
Le message que je souhaite leur faire passer est le suivant : continuez à nous
Construction et Industrie
QUELS MÉTIERS ?
aider à grandir et à faire preuve d’innovation. De notre côté, nous souhaitons
Génération
ardemment vous offrir la possibilité de vous épanouir grâce aux opportunités
transformation
que vous méritez.
DOSSIER SPÉCIAL
Vive l’économie
circulaire !
Ivan Faucheux, Commissariat
Général à l’Investissement
Stéphane Aubarbier
Président de Syntec-Ingénierie
Couverture, p. 17, 22-23
et 25 : © Fotolia

Ce numéro est édité par


Syntec-Ingénierie
148, boulevard Haussmann
75008 Paris
Tél : +33 (1) 44 30 49 60
Fax : +33 (1) 45 24 23 54
syntec-ingenierie.fr
Qu’est-ce que l’ingénierie ?
Directeur de la publication
Karine Leverger

350 000
La force de l’ingénierie, c’est d’être présente partout,
Ont participé à ce numéro sans que nous en soyons forcément conscients. emplois
La commission
Les hôpitaux, les ponts, les barrages, les systèmes dont 50 % ingénieurs et cadres,
communication de
Syntec-Ingénierie, d’éclairage, mais aussi de nombreux produits que 30 % techniciens et 20 % fonctions supports

40
Élodie Mermillon. nous utilisons régulièrement ont nécessité des études
Rédaction et une conception préalables qui sont au cœur des milliards de chiffre d’affaires
Ariane Warlin métiers de l’ingénierie. C’est la raison pour laquelle les générés par leurs activités

+ de 45 %
Réalisation perspectives sont si nombreuses.
Du conseil à la conception, en passant par les études, du CA
Tél : +33 (1) 41 49 04 04 la gestion et le management, les métiers de l’ingénierie réalisés à l’international
polynome.fr
font appel à des compétences diverses dans des domaines
Régie publicitaire
Régis Laurent-SEEPP SAS
7, rue du Général Clergerie
d’intervention très variés (énergie, bâtiment, aéronautique,
automobile, réseaux, environnement…), si bien que chacun 22 000 recrutements estimés par an
75116 Paris peut y trouver son compte. La multiplicité des missions
Tél : 01 47 27 50 05 au sein d’un même poste permet d’échapper à la routine.
Fax : 01 47 27 53 06
Par ailleurs, le travail d’équipe est très fréquent et riche d’en-
E-mail : [email protected]
seignements !
Impression
Imprimerie TPI

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 1


SOMMAIRE

introduction Portfolio en bref


ALTEN, Antea Group, Artelia, Assystem,
« GÉNÉRATION PASSION » CARRIÈRES & PROJETS Egis, IRH Ingénierie Conseil, ISL Ingénierie,
Des jeunes professionnels présentent Planitec, SAFEGE, Seureca, Technip,
Karine Leverger, délégué général,
leurs parcours et leurs projets Tractebel Engineering
Syntec-Ingénierie
p. 4 p. 9-10 et 14
Florian Lagleize, Antea Group
Bakar Amara, BG Ingénieurs Conseils
Juliette Miniot, Biotope
Vicente Gonzalez, Fondasol
Émilie Rémy et Christophe Gallas,
ISL Ingénierie
François Verez, Altran
Claire Genoud, Assystem
Guillaume Dhuicq, EPI
p. 5 à 16

Dossier

L’INGÉNIERIE, UN NOUVEL ÉTAT D’ESPRIT


Favoriser l’intégration et le bien-être Les étudiants, acteurs Génération transformation
des jeunes dans l’entreprise de la transformation p. 22-23
Stéphane Birien, Systra Geneviève Lameul, Laboratoire du CREAD
Florence Clauzure, SAFEGE (université Rennes 2)
Pierre Colombel, Ekium p. 21
p. 18-20

Dossier Spécial Projets

VIVE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE ! Produire du froid, un travail Des ingénieurs créateurs


passionnant et titanesque de valeur
Un marché en pleine construction Tractebel Engineering Altran
Ivan Faucheux, Commissariat Général p. 28 p. 29
à l’Investissement
p. 26-27

2 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°91 / SEPTEMBRE 2014


Communiqué

PERF : une expertise RATP de validation


des systèmes de sécurité ferroviaires
L’ingénierie intégrée de la RATP a développé un atelier de validation des systèmes de
sécurité ferroviaire et notamment des logiciels critiques associés. Cet atelier PERF
(Preuve d’Evaluation par Rétro-modélisation Formelle) est l’expression de l’expérience
acquise par la RATP au travers de projets majeurs tant en France qu’à l’international.
Conformément à sa politique de sécurité ferroviaire, la RATP réalise une évaluation indépendante de la
sécurité de chacun des systèmes de transport qu’elle déploie sur son réseau. Pour servir cette mission,
l’ingénierie intégrée de la RATP s’appuie sur des méthodes de preuve formelle. Cette démarche a tout
d’abord été encouragée et industrialisée par la RATP pour la conception et le développement des systèmes
de transport intégrant des logiciels critiques (Météor sur la Ligne 14, par exemple).
Désormais, la RATP est en mesure d’utiliser la preuve formelle a posteriori, indépendamment de la
méthodologie employée par ses fournisseurs pour développer et valider les logiciels. Elle a ainsi développé
un Atelier PERF (Preuve d’Evaluation par Rétro-modélisation Formelle), dans un premier temps, pour la
validation du paramétrage de ses Postes de Manœuvre Informatisés (PMI) et la validation logicielle du
sous-système Sol du nouveau dispositif de pilotage des trains de la ligne 3 du métro parisien puis l’a
généralisé sur les autres projets. La méthode est basée sur un moteur de preuve éprouvé, combinant des
techniques de Model Checking et de preuve par induction. Cette méthode s’avère particulièrement adaptée
aux maîtrises d'œuvre intervenant sur d’autres réseaux de transport.

La Preuve Formelle
L’émergence C’est une vérification outillée
d’une nouvelle et exhaustive du respect
de propriétés exprimées en
approche langage formel. Ces propriétés
sont dites « de sûreté »,
L’un des atouts de l’Atelier PERF est c’est-à-dire invariantes dans
de permettre la preuve de propriétés le temps et nécessaires pour
sur un logiciel déjà développé, en démontrer la sécurité du
parallèle de sa validation par le produit.
fournisseur. Il présente également
l’avantage de s’adapter à une A qui s’adresse PERF ?
problématique donnée : l’outil est L’approche PERF est
polyvalent, utilisable pour différents Une bonne adaptation pertinente pour les acteurs
éprouvant la nécessité de
types de vérifications.
aux contraintes de la s’assurer qu’un logiciel ou un
Le Retour d’Expérience est positif, avec plusieurs modèle formel vérifie certaines
points forts : maîtrise d’œuvre propriétés dites « de sûreté » :
- un langage formel simple à utiliser et rapidement - fournisseurs de systèmes
maîtrisé par les nouveaux utilisateurs ; Du fait de son caractère non-intrusif (c’est-à- de transport ferroviaire,
- des résultats performants. La vérification dire n’intervenant pas dans la conception du - maîtres d’œuvre ou maîtres
exhaustive de 200 propriétés de sécurité a produit), l’usage de PERF par le maître d’œuvre d’ouvrage de tout projet
pu être réalisée sur un logiciel totalisant près permet de garantir un haut niveau de sécurité, impliquant le déploiement
de 200 000 lignes de code source Ada à tout en dégageant une relative liberté concernant de tels systèmes,
l’aide d’une machine de puissance moyenne la méthodologie de développement. Cette liberté - évaluateurs indépendants
(2 processeurs 12 cœurs, 384 Go de RAM). favorise à la fois l’innovation, la diversité et le de la sécurité,
- une clarté de diagnostic. Lorsqu’une propriété nombre potentiel de fournisseurs en mesure de - organismes ou sociétés
n’est pas prouvée par l’Atelier, ce dernier exhibe remporter l’appel d’offre sur le plan technique. appelées à fournir un avis
un contre-exemple facilitant la compréhension Grâce à son ingénierie intégrée, la RATP dispose d’expert concernant un
du scénario ; d’une solution complète, clefs en main, qu’elle peut logiciel critique.
- un coût global compétitif. Si le coût associé à mettre à la disposition d’un ensemble d’acteurs.
la mise en œuvre de PERF est équivalent aux Le dispositif comprend le logiciel Atelier PERF, des
méthodologies classiques lors de la première équipes scientifiques compétentes, les ressources Contacts :
David Bonvoisin • [email protected]
utilisation, il est ensuite faible lors du traitement matérielles spécifiques et le personnel apte à les
Florian Korver • [email protected]
d'évolutions. administrer.
ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 3
INTRODUCTION

« Génération passion »
Karine Leverger, délégué général de Syntec-Ingénierie

Le 23 octobre prochain, le Prix de l’Ingénie- Si la maîtrise de plusieurs langues et l’aptitude à s’épa-


rie du Futur récompensera les projets les plus nouir partout sont d’indéniables atouts, la polyvalence
prometteurs, à l’occasion du forum meet.ING l’est tout autant. Les entreprises sont notamment sen-
de l’ingénierie. Dans le cadre de ce concours sibles à des profils à même d’intégrer la dimension éco-
annuel, destiné aux étudiants désireux de pré- nomique des projets. C’est d’ailleurs pour sensibiliser à
senter des projets innovants, nous avons une cette tendance que nous avons souhaité faire intervenir
nouvelle fois été frappés par la richesse des dans ce numéro Ivan Faucheux, chantre de l’économie
contributions. « Génération transformation », circulaire.
tel est le thème que nous avons choisi cette Il rappelle que cette dernière n’est pas uniquement
année tant il nous semblait emblématique des synonyme de recyclage, et souligne surtout que la rareté
nouvelles façons de penser et de travailler et la cherté des ressources doivent être parfaitement assi-
portées par les jeunes. Ils ont en effet parfaite- milées, dans une logique de viabilité budgétaire.
ment compris que, désormais, il ne s’agit plus Les mentalités évoluent également sur ces aspects-là,
seulement de détenir de parfaites connais- sans pour autant laisser de côté les maîtres mots qui
sances sur le plan technologique, mais qu’il faut être à constituent l’ADN de notre secteur, à savoir « flexibilité »
même de partager l’information et mettre l’humain au et « innovation ». Les jeunes diplômés qui arrivent sur le
cœur des démarches. Au sein de l’entreprise, ils ont d’ail- marché du travail l’ont bien assimilé. Leur enthousiasme,
leurs contribué à faire évoluer les relations hiérarchiques leur détermination et leur capacité à se mobiliser méritent
vers davantage de transversalité. Les écoles et les univer- d’être salués. De là à parler de « génération passion », il n’y
sités doivent se mettre au diapason de cette nouvelle a qu’un pas que j’ai bien envie de franchir !
donne, mais aussi prendre en compte l’ouverture crois-
sante du secteur de l’ingénierie vers l’international.

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PROJET
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BG Ingénieurs Conseils n INGENIOUS SOLUTIONS

4 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


CARRIÈRES & PROJETS PORTFOLIO

© Lagleize – Antea Group


Dépollution par venting.

La routine n’existe pas !


Florian Lagleize se passionne pour un métier réellement polyvalent.

Je viens d’être nommé responsable adjoint du pôle Envi- ce moment, concrètement, je travaille sur un terrain qui
ronnement de la région Nord-Est chez Antea Groupe après doit être revendu à un investisseur et sur lequel existait
un poste de chef de projet / technico-commercial en autrefois une fonderie. Le revendeur se doit d’informer l’in-
risques industriels travaux. Je suis un peu l’équivalent d’un vestisseur sur l’état des sols et l’investisseur doit s’assurer
chargé d’affaires dans les problématiques de dépollution. de la compatibilité de l’état des sols avec son projet.
J’interviens dès l’établissement de la proposition, participe Aujourd’hui, nous les accompagnons plus précisément sur
aux visites du site, à la rédaction et au chiffrage de l’offre et l’optimisation des mesures de gestion et les actions de
supervise la mise en œuvre et l’étude technique. Enfin, la dépollution à mettre en œuvre.
relation client fait aussi partie de mon quotidien.

J’ai la chance de suivre des projets très variés, aussi bien


MULTIPLIER LES EXPÉRIENCES POUR TROUVER SA VOIE
pour des donneurs d’ordre publics que privés. La routine
n’existe pas pour moi ! Au quotidien, mon métier m’apporte Le parcours de Florian Lagleize est assez atypique
car il est diplômé d’une école d’ingénieurs généraliste.
énormément par trois aspects : le terrain, qui me permet
Ce qui lui a véritablement permis de trouver sa voie,
de garder contact avec la réalité des projets, la grande
c’est d’avoir multiplié les expériences, en découvrant
diversité des problématiques traitées et enfin, le fait d’être
différentes méthodes de travail et surtout en abordant
à la frontière de multiples domaines scientifiques (géolo- des sujets variés. Il explique que la formation initiale
gie, hydrogéologie, chimie ou encore génie civil). n’apprend pas la réalité terrain du métier : « Après des
expériences en conseil, en bureau d’études, et en travaux,
En interne, je travaille en étroite collaboration d’une part je me suis dirigé vers des métiers polyvalents, à la frontière
avec des techniciens spécialisés qui réalisent des investiga- du technique et du commercial, du terrain et du conseil. »
tions sur site, et d’autre part avec des ingénieurs d’études C’est en osant plusieurs fois changer d’orientation qu’il s’est
et des chefs de projet qui travaillent sur l’interprétation des construit. Son conseil : ne pas négliger l’importance de bien
résultats et la formulation des recommandations. J’échange choisir ses stages !
également avec le client tout au long de la vie du projet. En

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 5


PORTFOLIO CARRIÈRES & PROJETS

Trouver les meilleures solutions sur les plans


technique, économique et environnemental
Ingénieur en génie civil, Bakar Amara se passionne pour la construction ainsi que pour
les infrastructures routières et ferroviaires. Il s’est spécialisé dans les travaux souterrains.

Diplômé en 2006, j’ai eu l’opportunité de commencer


ma carrière à Londres et de travailler sur des projets inter- L’INGÉNIEUR : AU SERVICE DE LA SOCIÉTÉ
nationaux de métro. En 2012, j’ai rejoint BG Ingénieurs Pour Bakar Amara, au-delà de sa passion pour un domaine,
Conseils en tant que chef de projet. Dès mon arrivée, j’ai l’ingénieur a une place à part dans la société pour
eu la chance d’intégrer les équipes dédiées au projet du accompagner le développement économique, social,
Grand Paris Express. La première mise en service de ce technique, technologique et environnemental. Il considère
que les ingénieurs sont véritablement des facilitateurs,
périphérique en métro automatique est prévue d’ici 2020.
au même titre que les chercheurs ou les inventeurs.
Dans ce cadre, environ 180 km de tunnel seront construits.
Se rendre utile et apporter quelque chose à la société
Nos missions d’expertise et d’assistance à maîtrise d’ou- est donc extrêmement valorisant et contribue à l’attrait
vrage pour la Société du Grand Paris exigent beaucoup de pour ce métier. En ce qui le concerne, sa motivation est
polyvalence avec des sujets non seulement techniques de contribuer au Grand Paris Express et, à terme, de
mais aussi économiques, environnementaux et sociaux. Il permettre, à terme, aux Franciliens de mieux voyager en Île-
s’agit en effet de s’inscrire dans une démarche de dévelop- de-France grâce à un réseau étendu et, ainsi, de rendre leur
pement durable et de réaliser un projet viable pour les quotidien plus confortable.
générations futures.
Ce que je trouve particulièrement gratifiant, en tant
qu’ingénieur, c’est de trouver LA solution technique répon-
dant à un problème donné et respectant les contraintes de nos choix. Ce travail pédagogique est essentiel pour l’ac-
définies par nos clients. Des rencontres avec les acteurs du ceptation et l’appropriation du projet par les partenaires
projet sont régulièrement organisées et nous permettent territoriaux, les décideurs politiques, les financeurs et,
de défendre nos solutions et de convaincre de la pertinence enfin et surtout, par les futurs usagers.

Bakar Amara.

6 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


CARRIÈRES & PROJETS PORTFOLIO

© Biotope
Territoire de Desvres Samer (62)

Accompagner les élus dans l’aménagement


de leurs territoires
Juliette Miniot est chef de projet environnemental. Cette passionnée de l’aménagement
du territoire nous explique les fondamentaux de son métier.

Biodiversité, eau, énergie, pollution, risques : je suis une


généraliste et c’est ce qui me plaît le plus dans mon métier. DES PROJETS D’AMÉNAGEMENT
Même si je traite tout type de problématiques, je suis spé- DANS LE NORD — PAS-DE-CALAIS
cialisée dans les schémas de cohérence territoriale et les Juliette travaille en ce moment sur deux projets
plans locaux d’urbanisme. Mes interlocuteurs sont donc des d’aménagement intercommunaux dans le Nord — Pas-
collectivités pour qui j’engage des diagnostics et des recom- de-Calais. Pour l’instant, elle a participé à l’élaboration
mandations en amont de la mise en place de leurs politiques du diagnostic environnemental, afin d’identifier les
principales contraintes pour l’urbanisme et les espaces
d’aménagement du territoire. Par exemple, je les conseille
naturels majeurs à préserver. Il s’agit de projets très
lorsqu’il existe un espace naturel de qualité qu’il faut préser-
réglementés, ce qui oriente précisément cette réflexion
ver dans le cadre de cet aménagement. Ou encore, j’inter-
en amont. Afin de prendre la mesure des spécificités
viens dans des projets de construction de zones écono- de ces territoires, Juliette s’est rendue sur le terrain
miques ou d’habitats, si une modification du territoire est à plusieurs reprises. Elle a ainsi pu se rendre compte
susceptible de provoquer des risques, comme des de leur dimension rurale majoritaire, de l’étendue des zones
inondations. d’urbanisation ou encore de l’emplacement des espaces
naturels.
Dès mes études à l’École polytechnique de l’université de
Tours au département Aménagement, j’ai voulu m’orienter
vers des sujets relatifs à l’aménagement et à l’environnement.
J’ai donc suivi un cursus pluridisciplinaire pour acquérir des
connaissances en sciences naturelles et humaines. Je me suis
orientée vers l’urbanisme durable. Le fait de travailler désor-
mais sur les approches territoriales au sein de Biotope me
permet d’avoir une vision globale des dynamiques locales et
d’orienter les aménagements sur du long terme. Accompa-
gner les élus dans cette réflexion me passionne.

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 7


NOTRE EXPERIENCE AU SERVICE DE VOTRE AVENIR
MAKE OUR PAST EXPERIENCE BECOME YOUR FUTURE
TRACTEBEL ENGINEERING (France), exerçant son activité sous le nom commercial de COYNE ET BELLIER, est une
société d’ingénierie internationale qui a pour vocation de réaliser des études techniques et de superviser la réalisation
d’ouvrages dans le domaine des énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien , etc...), des grandes infrastructures
de l’eau, du gaz, du transport, des bâtiments complexes et des installations nucléaires.

Plus de 600 barrages et 90 usines hydroélectriques (70,000 MW) ont été étudiés,
conçus et réalisés dans 70 pays en 65 ans.

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Le Delage - 5, rue du 19 mars 1962
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EN BREF

Œuvrer à la préservation des équipes puis de les former. L’ef-


de la planète fectif est en effet passé de 15 à 100
Au sein du bureau d’études IRH personnes en 5 ans ! Ses objectifs :
Ingénieur Conseil, Mathilde Cadé tra- continuer de développer l’activité
vaille sur le projet EPEC (Épuration en aéronautique et spatiale et parvenir à
Eau Courante) en tant que respon- mettre un pied de façon pérenne à
sable opérationnel. À ce titre, elle l’international. D’où l’ouverture d’une
s’occupe de systèmes de traitement filiale en Allemagne il y a 2 mois. « Je
de finition de l’eau et du bon déroule- voyage souvent et c’est un poste
ment des campagnes de mesures. Sur culturellement très riche. Mon métier
quels critères choisir un site expéri- continue de changer et d’évoluer. Il
mental ? Quels sont les moyens néces- faut oser innover et façonner son
saires ? Comment gérer au mieux le propre poste, Setec nous y encourage.
matériel ? Autant de missions qui C’est important d’être mobile, pas
constituent son quotidien. Sans parler seulement physiquement, mais aussi

© ISL
ensuite du traitement des données. dans son esprit », conclut-il.
Ce métier lui plaît car il est très informatiques et à des modèles
concret et suppose de nombreux numériques. Pour lui, le fait de pro-
déplacements. Initié il y a 3 ans, ce duire de l’énergie grâce à la houle ou Performance, mobilité et
projet se termine fin 2014. Mathilde la marée est fascinant et intellectuel- ouverture : des mots clés
aimerait continuer à travailler sur la lement stimulant, d’autant que cela
qualité de l’eau en milieu naturel, en implique une collaboration avec des
raison de la dimension symbolique et chercheurs du milieu universitaire. Un
vitale de ce sujet. La façon de traiter premier système de ce type a déjà été
au mieux les déchets pour préserver mis en place au Pays basque espagnol,
l’environnement lui semble aussi un mais pour le moment, le procédé est

© Technip
enjeu essentiel. encore expérimental.

Passionné par la construction, après


Oser façonner une formation à l’ESTP, Grégoire Sautet
son propre poste a rejoint Technip en 2009 suite à un
Benoît Guilet a rejoint Planitec, la VIE au Qatar où il s’est occupé d’un
filiale de management de projet projet d’éthylène. Il a ensuite travaillé
industriel du groupe Setec, d’abord à sur un projet de construction d’une
Lorient sur des projets de frégate mili- usine de production de PVC en Russie.
taire, puis à Cadarache pour suivre la De retour à Paris, il coordonne désor-
réhabilitation d’un réacteur nucléaire. mais des outils de construction en tant
On lui a finalement proposé la direc- que responsable Méthode et Reporting
tion des équipes toulousaines alors et assure les retours d’expérience afin
qu’il n’avait que 30 ans. L’occasion de d’améliorer les procédés sur les chan-
se remettre à l’anglais, de manager tiers. La mobilité, tant sur le plan géo-
graphique qu’interne, est à ses yeux un
vrai atout. Il apprécie aussi le fait d’être
à la pointe en permanence en matière
de technologies pour faire évoluer le
marché vers toujours plus de perfor-
Promouvoir les énergies mance. Mêler ouverture, envie d’ap-
© Planitec groupe Setec. Tous droits réservés 2014

marines renouvelables prendre et confiance en soi sont les


Chargé d’études, Mikaël Bienvenu meilleurs moyens de multiplier le
a toujours été attiré par des missions champ des possibles !
d’aménagement sur le plan littoral ou
fluvial. Pour ISL Ingénierie, il travaille,
entre autres, sur le projet EMACOP
(énergies marines côtières et por-
tuaires). Dans ce cadre, il estime le
potentiel énergétique au large des
côtes françaises, grâce à des outils

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 9


EN BREF

Le plaisir de monter se décider. La mission de cet ingé- multiples, avec des axes de dévelop-
en compétences nieur hydraulicien a principalement pement technique différents et ils
consisté à mesurer l’étendue des s’exercent sous toutes les latitudes.
pertes en eau sur le réseau de distri- C’est à chaque fois une aventure
bution d’eau potable du pays et à pro- humaine faite d’échanges, au contact
poser des solutions à l’Autorité de cultures variées, et un défi profes-
Publique de l’Eau pour les réduire. sionnel sans cesse renouvelé au sein
Depuis six mois, il travaille sur un des équipes de projet.
projet visant à évaluer l’efficacité des
réseaux d’incendie sur plusieurs sites
de raffinerie de pétrole, toujours au Une jeune femme
Sultanat. Découvrir des paysages et engagée
des cultures nouvelles est, aux yeux
Laure Chopo a rejoint, il y a trois de Julien, une aventure aussi enrichis-
ans, la société d’ingénierie SAFEGE sante que formatrice. Il réalise des
pour prendre en charge des dossiers cartographies, effectue des cam-
réglementaires liés à l’environnement. pagnes de mesures sur site, modélise
Très vite, son champ d’intervention des réseaux d’eau. Une polyvalence
s’élargit aux études amont du traite- qui l’intéresse beaucoup !
ment et de la gestion des déchets.
Épaulée par des chefs de projets et

© ALTEN
experts de SAFEGE, Laure conseille Des missions variées
des collectivités locales et des syndi- et tous azimuts Céline en cours d’intervention (à droite).
cats dans la façon d’optimiser la col-
lecte de leurs déchets. Elle les aide à Quand elle était petite, Céline
mettre en place une tarification inci- Delhau voulait être pompier ou
tative ou des redevances spécifiques ingénieure dans l’aéronautique. Elle
pour les professionnels. Ces projets a fini par réaliser ces deux rêves.
exigeants nécessitent l’acquisition Pompier volontaire depuis 2005, elle
© Tractebel Engineering (France)

permanente de nouvelles compé- apprécie beaucoup de pouvoir aider


tences, à la fois techniques et juri- les autres, dans le cadre d’une
diques. Un beau challenge à relever démarche civique et solidaire. La
pour cette handballeuse de haut cohésion est une valeur qu’elle
niveau ! retrouve également dans son quoti-
dien. Après des études en alternance
dans le cadre d’un BTS en assistance
Travailler à l’étranger, Ingénieure en hydro-électroméca-
technique d’ingénieur, elle a rejoint
une expérience nique, Maria Khajikian travaille pour
le groupe ALTEN où elle est interve-
enrichissante Tractebel Engineering (France) au
nue pendant un an sur un projet
sein d’un pôle de compétence tech-
d’Astrium, la division spatiale
nique. Cette jeune femme de 26 ans
d’EADS. Céline réalise désormais des
intervient sur des projets hydroélec-
calculs de conception pour les
triques dans de nombreux pays. Der-
avions Falcon et Rafale chez Dassault
nièrement elle était en Chine pour
Aviation, et procède ensuite à la
rencontrer des fournisseurs de régu-
phase d’ajustements et de
lateurs de vitesse, éléments essentiels
retouches. Ses missions sont très
dans la fabrication des groupes hydro-
stimulantes car elle doit s’adapter
électriques. Ce sont d’ailleurs ces
aux imprévus, comme par exemple
immenses turbines (parmi les plus
lorsqu’il faut trouver des solutions
grosses turbines au monde) qui ont
pour fiabiliser certaines pièces sus-
vocation à équiper la centrale du
ceptibles de présenter des défauts.
barrage de Jirau, au Brésil qui, à terme,
Cette jeune femme dynamique est
développera 3 750 MW. Ses missions
Quand Seureca, le pôle ingénierie également marraine de l’association
consistent en priorité à assister les
conseil du groupe Veolia, lui a Elles Bougent pour ALTEN, dont la
maîtres d’ouvrage dans la définition
proposé, il y a trois ans et demi, une vocation est de faire découvrir les
de leurs besoins et le suivi des
mission au Sultanat d’Oman, Julien métiers passionnants d’ingénieures
travaux. Le métier est passionnant
Fatoux n’a mis que quelques heures à et de techniciennes.
par sa diversité car les projets sont

10 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


CARRIÈRES & PROJETS PORTFOLIO

J’ai trouvé dans la géotechnique le domaine


qui me plaît !
Ingénieur géotechnicien au sein de la cellule conception à Nantes, Vicente Gonzalez apprécie
de travailler sur des projets diversifiés.

Mon métier concerne des projets immobiliers, princi- Lors d’une précédente expérience professionnelle,
palement à Nantes. Il s’agit de futures constructions avec j’étais chargé de la conduite de chantier pure et dure. Je
plusieurs niveaux de sous-sols. Les promoteurs et maîtres me suis alors aperçu que les aspects techniques calcula-
d’ouvrage s’adressent à notre entreprise pour analyser les toires me manquaient et que ce qui m’intéresse vraiment,
sols et établir des plans et des recommandations en c’est l’analyse géotechnique. J’ai vraiment le sentiment
matière de construction. d’avoir trouvé ma voie professionnelle !

Mon travail au sein de Fondasol, basé sur du calcul et LA PREMIÈRE EXPÉRIENCE EST SOUVENT
de l’analyse de plans de coupe fournis par l’équipe de DÉTERMINANTE
sondage, s’attache à la conception de fondations et de Vicente Gonzalez débute ses études à l’École Polytechnique
soutènements. des Ponts et Chaussée de Valence, en Espagne. C’est lors de
son double diplôme en génie civil à l’École Spéciale des
Chaque projet est unique car les données de base – Travaux Publics (ESTP) à Paris qu’il découvre la
géotechnique. Son stage de fin d’études et ses premières
l’état du terrain, sa composition, la dimension et le poids
expériences le confortent dans sa passion pour cette
de la construction – varient. Ce qui rend ce métier pas-
discipline. Il intègre alors Fondasol comme ingénieur
sionnant, c’est précisément de s’adapter pour chaque géotechnicien dans le cadre du suivi d’un important chantier
nouveau cas. à Bordeaux. Avec le recul, Vicente recommande aux jeunes
L’an dernier, j’ai été missionné sur une affaire complexe ingénieurs de bien choisir l’entreprise dans laquelle ils
pour Airbus qui envisageait l’extension d’un bâtiment de effectuent leur stage et/ou premier emploi. Cette première
stockage (4 000 m2) sur le tarmac de son super transpor- expérience peut en effet s’avérer déterminante.
teur, le Beluga. J’ai travaillé sur le dimensionnement de
pieux profonds soumis à des sollicitations sismiques.

Sur le site Airbus


de Montoir-de-
Bretagne (44),
Vicente Gonzalez a
participé à un
projet hors norme :
la construction
d’un bâtiment de
stockage pour les
opérations de
chargement et de
déchargement du
Beluga, l’avion
cargo transportant
des sections
d’appareils Airbus.
© Fondasol

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 11


PORTFOLIO CARRIÈRES & PROJETS

© ISL
Un barrage hors du commun au Cameroun
Émilie Rémy et Christophe Gallas travaillent sur un grand projet de barrage à Lom Pangar destiné à stocker
l’eau pendant la saison humide, pour la redistribuer ensuite en saison sèche.

Émilie Rémy, ingénieure hydraulique génie civil chez ISL


Ingénierie, est arrivée au Cameroun pour assurer le visa LE MÉTIER DE DESSINATEUR-PROJETEUR
des documents d’exécution. Des difficultés géotechniques Le dessinateur-projeteur travaille en étroite collaboration
sur site l’ont finalement conduite à réaliser l’analyse com- avec les ingénieurs pour réaliser la conception
portementale de la fondation par des essais de laboratoire d’un ouvrage. Il est chargé d’élaborer les plans de projet
et des modélisations. « Le rôle du barrage est de fiabiliser la pro- en utilisant des outils de CAO-DAO (conception assistée sur
ordinateur / dessin assisté par ordinateur). Le nombre
duction électrique par des apports d’eau réguliers vers les cen-
et le degré de détail des plans évoluent suivant
trales aval et de réduire le coût de l’énergie » explique-t-elle.
l’avancement de l’étude : peu en avant-projet et nombreux
en étude d’exécution où il s’agit de définir précisément
Christophe Gallas, dessinateur-projeteur chez ISL ce qui est à construire par les entreprises en charge
Ingénierie, travaille lui aussi sur le barrage de Lom Pangar. de la construction. Pas besoin de savoir peindre de beaux
« Se mesurer à des défis techniques me passionne. Nous réalisons portraits, en revanche, ce métier implique d’être à même
habituellement des plans en 2D. Pour ce projet, nous avons de comprendre les enjeux techniques, de visualiser dans
entrepris de réaliser une maquette 3D, afin d’avoir une meilleure l’espace et d’avoir des notions de dessin technique afin
visualisation. À terme, j’espère utiliser systématiquement la 3D de réaliser à la fois un projet conforme aux attentes
pour tous les projets » explique-t-il. du client et des plans lisibles. Pour un projet de barrage
comme Lom Pangar, les études de dessin requièrent
en moyenne une année.
Ce sont les autorités du pays qui sont à l’origine de ce
projet, initié dans les années 1980 à la suite d’une crise
énergétique sévère au Cameroun, et financé par des bail-
leurs internationaux. La mise en œuvre devrait durer
environ 5 ans. Il s’agit d’un barrage mixte en remblais et en Ce qui les séduit tous les deux, c’est l’immensité et la
BCR (béton compacté au rouleau). Si la partie centrale est performance technologique du projet : long de 1,3 km, le
constituée de couches successives de béton compactées, barrage fera plus de 50 mètres de haut avec une retenue
les digues sont en remblais. de 6 milliards de m3 d’eau !

12 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


CARRIÈRES & PROJETS PORTFOLIO

Accompagner les clients à innover autrement


François Verez est consultant en innovation depuis trois ans. Grâce à sa double casquette d’ingénieur et
de designer, il travaille sur des projets innovants à la frontière de la technique, de l’expérience utilisateur
et de l’étude économique.

Mon métier consiste à utiliser la pensée et les outils du clients des échanges avec des équipes polyvalentes, à
design dans des domaines où on ne les attend pas forcé- même de comprendre les enjeux humains, techniques et
ment. On parle de Design Thinking. Chez Altran Pr[i]me, j’ac- business. Ce que nous leur apportons ? Une expertise
compagne donc des clients sur des problématiques produits, dans l’innovation par le design et dans le management de
d’interfaces, servicielles et organisationnelles en co-création la créativité. Nous les amenons à oser créer, puis les
avec les clients, les experts métier et les utilisateurs finaux. aidons à formaliser et à rendre tangibles les idées. Un rôle
de facilitateur en quelque sorte…
Par la concrétisation rapide de nos idées (prototypes)
et l’implication des utilisateurs dès le début du processus UNE DOUBLE FORMATION EN INGÉNIERIE
nous pouvons tester très tôt, et à moindre coût, nos ET DESIGN INDUSTRIEL
concepts pour les améliorer tout au long du projet. François a suivi une double formation qui lui a permis
d’acquérir les compétences indispensables au poste
J’apprécie énormément de pouvoir interagir avec des de consultant en innovation. Après un diplôme d’ingénieur
clients de tous secteurs, ayant des problématiques à l’université technologique de Compiègne, il suit une filière
variées. À chaque fois, il faut se plonger dans leur univers, de design industriel, complétée par un semestre
absorber de multiples informations afin d’en comprendre de spécialisation à Montréal. Fort de ce parcours, il entre chez
Décathlon au sein d’une équipe dédiée au projet d’innovation.
les enjeux. Par exemple, en ce moment je m’implique dans
Déjà, la rencontre de la technique et du design appliqué
un projet très complexe d’interface logicielle dans l’aéro-
à l’amélioration de l’expérience utilisateur le passionne.
nautique. Auparavant, j’ai pu travailler dans le domaine C’est alors qu’il cherche à élargir les domaines d’applications
médical, bancaire et assurantiel. Concrètement, je peux de son métier. Il se tourne vers Altran Pr[i]me, convaincu par
travailler sur un produit très technique et, en parallèle, le positionnement multi-clients et multi-projets de cette
sur des sujets de société tels que la population vieillis- entreprise.
sante.La richesse de notre métier, c’est de proposer aux
© Altran

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 13


EN BREF

Gérer au mieux (FARN). Sa mission : être capable d’in- Réaménager le réseau


le désamiantage tervenir en moins de 24h sur une cen- routier au Qatar
des bâtiments trale accidentée pour éviter que la
situation ne se dégrade, et notam-
ment empêcher tout rejet radioactif.
Au sein d’Assystem, Émilie Billaud
accompagne EDF pour la préparation
des exercices et entraînements « gran-

© Samir Mellas, Egis


deur nature » de la FARN. Émilie
© Antea Group

apprécie beaucoup la nature de ses


missions et adhère totalement à ce
projet éminemment responsable.
Après avoir travaillé dans le Récemment recruté au sein des
nucléaire, Lorène Molinier a rejoint équipes internationales d’Egis, Jérôme
Antea Group en tant que responsable De l’aménagement Coustets travaille au bureau d’études
projet. À ce titre, elle gère plusieurs des Halles au métro de Lille sur la route P16 qui s’inscrit
chantiers de désamiantage et de du Grand Paris dans le projet de développement du
déplombage et coordonne la sécurité réseau routier au Qatar, « Qatar
des personnels. Elle a suivi pour cela Expressway Programme ». Il s’agit de
une formation interne à l’encadre- transformer une route en autoroute
ment technique afin de pouvoir se dans la région nord-est du pays. À
mettre dans la peau des opérateurs, terme, l’objectif est de permettre la
de faire des calculs et de pouvoir être liaison entre le Qatar et Bahreïn grâce
à jour en termes de réglementation. à un pont. Un pari ambitieux et pas-
L’activité de désamiantage est en effet sionnant quand on sait que cette zone
impactée par le Code de la santé se situe en plein milieu du désert !
publique, du travail et de l’environne- Tracé, équipements de sécurité, pistes
ment, d’autant que les textes évoluent cyclables, gestion des piétons…
régulièrement. Dans la mesure où Jérôme intervient au niveau de la
aucun bâtiment ne ressemble à un conception avant la réalisation des
autre et où les clients sont aussi bien travaux. La dimension internationale
publics que privés, les problématiques du projet lui plaît particulièrement,
qu’elle aborde sont très variées. car toute l’équipe doit faire preuve
d’adaptation pour répondre aux
contraintes particulières du pays et
Intervenir en renfort en Fasciné par l’aménagement du aux exigences du client.
cas d’accident nucléaire quartier des Halles, Mathieu Esnard,
Après l’accident de Fukushima, EDF une fois son diplôme en poche, choisit
Émilie devant la base s’est engagé auprès de l’ASN (l’Auto- de rejoindre la société Artelia, en
arrière de la FARN charge de ce projet. Il vit alors pleine-
après une simulation rité de Sûreté Nucléaire) à la création
d’incident nucléaire. d’une Force d’Action Rapide Nucléaire ment toutes les étapes de cette réali-
sation avec enthousiasme. Puis il est
missionné sur un autre projet tout
aussi passionnant : celui du métro du
Grand Paris, dans lequel Artelia a une
mission d’assistance générale pour la
réalisation de nouvelles lignes de
métro. Il apprécie le fait que plusieurs
spécialités techniques soient concer-
nées. L’assistance à maîtrise d’ouvrage
semble correspondre au jeune
homme, d’autant que cette nouvelle
expérience va lui permettre de valori-
ser ce qu’il a appris auparavant. Avoir
confiance et, surtout, ne pas limiter
ses envies : tels sont ses mots d’ordre
et les conseils qu’il souhaite délivrer
aux futurs ingénieurs !

14 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


CARRIÈRES & PROJETS PROTEFOLIO

© Assystem
Claire sur son espace de travail,
au sein du pôle Innovation

La passion des éoliennes d’Assystem à Issy-les-Moulineaux.

Claire Genoud a toujours voulu travailler dans l’univers des énergies renouvelables.
Même si les opportunités sont rares, elle est parvenue à ses fins…

À ma sortie de Polytech Clermont-Ferrand avec une spé-


L’INNOVATION SANS LIMITES
cialisation en génie physique, j’ai pris conscience que je
voulais absolument exercer dans le domaine des éoliennes. Au sein d’Assystem, Claire Genoud travaille sur le projet
J’ai réalisé un stage de deux mois en Pologne sur des sujets MonkEol, qui vise à simplifier et à améliorer l’installation
et le démantèlement d’éoliennes offshore. En effet,
de recherche concernant les semi-conducteurs utilisés
il permettra, entre autres, de s’affranchir de l’utilisation
dans la fabrication de cellules photovoltaïques. Puis j’ai fait
d’une grue ayant une flèche de 110 mètres, dont le coût
mon stage de fin études chez Poweo, à Lille, plus spécifi- est très élevé, et d’utiliser un outil mesurant seulement
quement dans le secteur des éoliennes pour particuliers. 30 mètres de haut. Parmi les autres projets ambitieux
Nous devions déployer des efforts de communication pour qu’elle pilote, nous pouvons citer Handroïde, un système
expliquer notre projet auprès des riverains. Cette interac- combinant les fonctionnalités d’un fauteuil roulant
tivité m’a beaucoup séduite ! et celles d’un exosquelette. Ou encore Assystem Black Box,
J’ai eu un peu de mal à trouver un poste car j’avais fait un système intelligent de gestion des risques sur un site
mon stage dans le petit éolien, si bien qu’on me disait que industriel.
je n’avais pas assez d’expérience. Au bout de six mois, j’ai
donc fait le choix de reprendre des études, dans le cadre
du master énergies renouvelables à l’université Paris
Diderot (Paris 7), en alternance. d’études d’impacts ou de paysage…). Depuis septembre
Cela m’a permis d’intégrer JMB Énergie, une structure 2012, j’ai rejoint le pôle innovation chez Assystem. Je coor-
qui développe des projets photovoltaïques et hydroélec- donne une dizaine de projets dans le domaine de l’énergie
triques. J’intervenais sur de la production de sites et parti- ou des sciences de la vie, répartis dans toute la France. Ma
cipais à des études de faisabilité (cartographie, présenta- mission : trouver les bonnes compétences pour faire
tion devant des communautés de communes, rédaction avancer les projets !

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 15


PORTFOLIO CARRIÈRES & PROJETS

Veiller au bon déroulement d’un chantier :


une responsabilité passionnante !
Guillaume Dhuicq est ingénieur d’études depuis deux ans, spécialisé dans l’enfouissement
des réseaux.

La SNCF a mandaté le groupe EPI pour intervenir en


amont d’un projet de renforcement des piliers d’un pont de UN MÉTIER QUI S’APPUIE LARGEMENT
chemin de fer à Saint-Denis, en Île-de-France, baptisé SUR LE RELATIONNEL
« projet Fort de la Briche ». Ce que Guillaume apprécie particulièrement dans son
métier, au-delà de la variété des projets qu’il traite,
Le chantier de renforcement des piliers nécessite la libé- c’est l’importance accordée au relationnel. Pour mener
ration d’une emprise de 120 mètres de long. Pour mener à à bien cette coordination des intervenants en amont
des chantiers, il est nécessaire de cultiver l’échange
bien ce chantier, il est nécessaire, au préalable, d’identifier
et le dialogue avec ses interlocuteurs (opérateurs,
puis de déplacer les réseaux présents dans la zone des
concessionnaires de réseaux, collectivités locales,
travaux de terrassement, tout en maintenant leur conti- techniciens…). Il recommande d’ailleurs aux jeunes
nuité de service. Nous intervenons donc un an avant le lan- ingénieurs de « rester ouverts », de provoquer
cement des travaux, programmés à partir de septembre les rencontres et de découvrir ce que font les autres,
2014. Nous coordonnons les interventions temporelles et car cela permet d’apprendre et de progresser plus vite.
spatiales des 5 concessionnaires impactés par le projet : Pour sa part, dans quelques années, il se verrait bien chargé
ERDF, Orange, GrDF, Veolia et l’éclairage public. d’affaires, à mi-chemin entre l’ingénierie et le commercial.

Nous établissons également les plans d’organisation du


chantier (balisage, barrièrage, signalétique…) en fonction la caserne de pompiers à maintenir 24 heures sur 24, voie
de chaque phase de travaux et pilotons leur mise en de desserte d’une zone logistique avec passage de poids
œuvre. En complément de la planification des interven- lourds… La mission demande donc des connaissances
tions de chaque concessionnaire, la gestion du chantier techniques sur les différents réseaux, mais aussi sur la
doit intégrer les nombreuses contraintes du site : voie prévention, la sécurité et la coordination de travaux sur
départementale à forte circulation, voie d’accès unique à domaine public.

« Projet Fort
de la Briche ».

16 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


L’INGÉNIERIE,
UN NOUVEL ÉTAT D’ESPRIT
De nouvelles approches ont vu le jour ces dernières années en matière de formation ou
encore de management. Les conceptions verticales de l’apprentissage ou même de la hié-
rarchie sont repensées, l’heure est désormais à l’horizontalité, au sens où les jeunes
aspirent à être davantage dans une posture d’acteurs. C’est la raison pour laquelle ils pri-
vilégient la co-création et le travail collaboratif dans une logique d’ouverture. La plupart
du temps, ils contribuent dans l’entreprise, à une nouvelle façon de voir le monde, plus
conforme à l’air du temps. Aujourd’hui, il ne suffit plus de savoir faire, il faut aussi savoir
être. Et cela passe par un grand sens de l’autonomie. Souvent dotés de riches expériences
à l’international, ils font par ailleurs preuve d’une réelle propension à l’innovation. Les
projets reçus dans le cadre du concours « Génération transformation » témoignent très
clairement de cet état d’esprit. Un état d’esprit salutaire !

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 17


INTERVIEW L’INGÉNIERIE, UN NOUVEL ÉTAT D’ESPRIT

Favoriser l’intégration
et le bien-être des jeunes dans l’entreprise
Nombreux sont les jeunes qui ont des préjugés sur la mobilité, les discriminations
ou les parcours. Pour démêler le vrai du faux, Florence Clauzure, Pierre Colombel
et Stéphane Birien, respectivement DRH au sein des entreprises SAFEGE, Ekium et Systra
nous éclairent sur leurs attentes et les évolutions qu’ils ont observées ces dernières années.

Avez-vous observé des évolutions chez les jeunes De plus en plus de profils « atypiques » (hors du
diplômés en termes de compétences techniques ou schéma bac S + prépa + école) arrivent sur le marché
comportementales ? du travail. Quel est votre vécu sur ce sujet, et de
P. Colombel : Les écoles savent bien s’adapter à l’évo- quelle manière vous adaptez-vous ?
lution des nouvelles technologies. On note aussi une élé- F. Clauzure : Si l’essentiel de nos collaborateurs a le
vation du niveau d’anglais, liée notamment au fait que les profil bac S, prépa puis école, les entreprises commencent
jeunes réalisent plus de stages à l’étranger. à sortir de ce schéma. Les formations en alternance valo-
F. Clauzure : En effet, grâce à de plus risent ce que l’on apprend en
longues périodes d’immersion dans des entreprise.
pays étrangers, ils développent une vraie “ Les jeunes rentrent
ouverture aux autres, une meilleure plus vite qu’avant
P. Colombel : C’est vrai. Certains
profils type bac pro ou BTS peuvent
capacité d’adaptation et davantage de dans une logique donner envie, car ces jeunes sont
curiosité d’esprit. souvent très mûrs. Nous avons besoin de
S. Birien : Pour moi, les évolutions les
plus importantes concernent l’aspect
de projet.
” cette mixité.
S. Birien : Pour une première expé-
comportemental. Les jeunes rentrent plus vite qu’avant rience, nous recrutons peu de jeunes qui ne soient pas
dans une logique de projet, car ils ont été sensibilisés dès passés par une école d’ingénieurs. En revanche, des per-
leur formation. Il n’en demeure pas moins que dans notre sonnes n’ayant pas suivi ce parcours classique nous
domaine – le ferroviaire – l’essentiel du métier s’apprend rejoignent plus tard dans leur carrière, après s’être
sur le terrain. formées sur le terrain.

Pierre Colombel, Florence Clauzure et Stéphane Birien.

18 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


L’INGÉNIERIE, UN NOUVEL ÉTAT D’ESPRIT INTERVIEW

Dans quelle mesure la mobilité est-elle impor- Comment les entreprises peuvent influencer
tante, tant du point de vue des jeunes que de celui l’enseignement des futurs diplômés en école ou en
de l’entreprise ? université ? Le faites-vous ? Quelles pistes
P. Colombel : La mobilité est dans les gènes de l’ingé- privilégiez-vous ?
nierie. Aller sur les chantiers et sur les sites des clients, F. Clauzure : Nous apprécions d’intervenir auprès des
cela fait partie du métier. Nous avons une quinzaine écoles. Par exemple, Polytech Montpellier nous a associés
d’agences dans le monde, ce qui nous permet d’offrir des à la conception des programmes d’ingénieurs en alter-
opportunités à des jeunes qui souhaitent évoluer. nance. Nous sommes par ailleurs souvent sollicités pour
F. Clauzure : Nous encourageons évidemment beau- des partenariats. Enfin, nous incitons ceux de nos colla-
coup la mobilité, mais nous nous heurtons parfois à des borateurs qui le souhaitent à enseigner dans des écoles
difficultés, car si les jeunes sont contents de partir à d’ingénieurs. C’est l’occasion de mieux faire connaître
Londres ou Barcelone, c’est moins évident pour certains notre entreprise auprès des étudiants.
pays en voie de développement. Partir à l’étranger dès les S. Birien : Nous encourageons aussi nos équipes à
premières années, c’est l’idéal car en général ces jeunes intervenir car c’est important de développer le ferroviaire
collaborateurs ont peu de contraintes familiales et aussi au sein des écoles.
parce que cela leur permet de réaliser à quel point cette Auparavant, l’ESTACA ne traitait que de l’automobile
expérience est enrichissante. Ainsi, ils auront certaine- et de l’aéronautique, ils se sont désormais élargis sur
ment envie de la renouveler par la suite ! notre spécialité. Quant à l’École des ponts Paris Tech,
S. Birien : Les jeunes doivent être capables de se mobi- elle a créé, sous notre impulsion, un mastère spécialisé
liser très rapidement pour s’adapter à un nouveau projet. ferroviaire. Nous sommes aussi très présents dans les
Et la plupart du temps ils jouent le jeu… forums, mais nous préférons cibler quelques écoles et
aller plus en profondeur, plutôt que d’être partout de
manière superficielle.
Avec l’École centrale de Paris, nous avons mis en place
des actions spécifiques. Par exemple, nous avons fait
“deLal’ingénierie.
mobilité est dans les gènes venir trente étudiants qui ont passé une journée avec

” nous sur un chantier TGV dans l’est de la France.

un leader
de l’ingénierie
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Le groupe artelia
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Conseil, audit, formation - ensemblier, clés en main 3 200
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ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 19
INTERVIEW L’INGÉNIERIE, UN NOUVEL ÉTAT D’ESPRIT

P. Colombel : Le développement de l’apprentissage P. Colombel : Force est toutefois de constater que, de


nous permet également de resserrer les liens avec les manière générale, les femmes sont plus fidèles que les
professeurs et les étudiants. Nous allons aussi de plus en hommes à leur entreprise. En revanche, elles ont besoin
plus dans les écoles, l’INSA notamment, pour faire inter- d’être rassurées avant leur départ en congé maternité et
venir les anciens élèves qui viennent expliquer ce qu’ils de vérifier que cela ne va pas freiner leur carrière. Nous
font désormais chez nous. communiquons beaucoup sur ces sujets. Nous sommes
partis de très bas, puisqu’il y a 3 ans, nous n’avions que
Le monde ingénieur continue à manquer d’attracti- 11,4 % de femmes. Aujourd’hui, leur pourcentage dans
vité pour les jeunes femmes même si on constate une l’effectif est passé à 15,5 %.
amélioration du taux de féminisation au sein des écoles S. Birien : Chez nous, la population féminine est
d’ingénieurs. Comment mieux attirer les talents fémi- passée à plus de 30 % grâce à une politique rigoureuse
nins au sein des sociétés d’ingénierie ? de non-discrimination. Mais tant qu’il n’y aura pas plus
F. Clauzure : Nous avons concouru pour le Label Diver- de 25 % de femmes qui sortent des écoles d’ingénieurs,
sité et avons obtenu cette certification, ce dont nous nous ne pourrons pas accroître significativement leur
sommes très fiers ! Cette démarche oblige à se poser des nombre dans l’entreprise. On constate qu’elles s’ima-
questions et à relire tous les processus internes de l’entre- ginent parfois qu’elles ne pourront pas se développer
prise. Il faut aussi sensibiliser l’ensemble du personnel et professionnellement comme elles le souhaiteraient.
s’assurer que l’on ne produit pas, malgré nous, de la discri- C’est pour cela que nous les accompagnons pour lutter
mination. Par ailleurs, nous incitons nos collaboratrices à contre les préjugés. Leurs chances sont égales à celles
intervenir auprès des étudiants dans les écoles, à la fois pour des hommes et, sur ces sujets, les mentalités doivent
parler de nos métiers, mais aussi pour montrer que l’on peut continuer à évoluer !
s’épanouir dans l’ingénierie en tant que femme. Nous comp-
tons un tiers de femmes parmi nos ingénieurs et travaillons
à leur offrir de belles perspectives de carrières.

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20 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


L’INGÉNIERIE, UN NOUVEL ÉTAT D’ESPRIT ÉCLAIRAGE

Les étudiants, acteurs de la transformation


Geneviève Lameul, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Rennes 2 (Laboratoire du CREAD)

Pour Geneviève Lameul, les innovations induites par « la transformation » impactent les compétences
des futurs diplômés. Madame Lameul explique qu’il est important de transformer les dispositifs de
formation afin de mettre en place des enseignements ouverts et attractifs, pour que les étudiants
deviennent des acteurs de la transformation. Cela suppose d’amener les apprenants à modifier leurs
cadres de référence et leur vision du monde pour les rendre plus autonomes.

Pour aller dans ce sens, les incitations sont nom- L’INGÉNIERIE, CATALYSEUR D’INNOVATIONS
breuses. Au niveau national, suite à la loi d’orientation de Le 26 juin 2014, Syntec-Ingénierie a réuni des repré-
juillet 2013, la stratégie nationale de l’enseignement supé- sentants d’écoles et universités et des responsables res-
rieur (StraNES), qui est en train de se préciser, vise à sources humaines de sociétés d’ingénierie, dans le cadre
transformer l’enseignement pour mieux préparer les d’une matinée d’échanges sur le thème suivant : « Le
jeunes au monde de demain, dans une logique de réussite secteur de l’ingénierie, prescripteur et concepteur, acteur des
pour tous. Le récent rapport Soutenir la transformation transformations économiques et sociales ». L’objectif : réflé-
pédagogique dans l’enseignement supérieur (Bertrand, 2014) chir sur les dispositifs de formation et animer un débat
propose 10 pistes d’action allant dans ce sens. Au niveau entre le monde académique et le monde professionnel.
européen, l’objectif est de développer une société de la Les participants ont été invités à « brainstormer » en
connaissance et une croissance intelligente, comme le petits groupes autour de l’intégration des sciences
prévoit le programme Horizon humaines et sociales au sein
2020. Emploi, innovation et
éducation en sont les princi- “ Au niveau européen, l’objectif
est de développer une société de
des formations d’ingénieurs. Il
apparaît que, si les écoles et
paux enjeux. universités intègrent les
la connaissance et une croissance sciences dites « molles », les
DES ENVIRONNEMENTS intelligente, comme le prévoit le étudiants sont encore peu
D’APPRENTISSAGES
programme Horizon 2020. Emploi, ouverts à la gestion de projet et
ADAPTÉS à la dimension économique.
Pour s’inscrire dans une innovation et éducation en sont Néanmoins, la formation en
démarche de transformation, les principaux enjeux.
Geneviève Lameul met en ” alternance semble être un gage
d’ouverture. La façon de
avant quelques pistes : travailler en équipe pluridiscipli- mesurer la pédagogie était également à l’ordre du jour de
naire de manière collaborative, réfléchir sa posture pro- cette matinée, face au constat d’une créativité qui aurait
fessionnelle, déployer la créativité et appréhender de tendance à se perdre et d’un certain formatage. Les éta-
manière systémique les problèmes sous différents blissements misent donc beaucoup sur les évaluations des
angles. « Il est important de créer des environnements d’ap- enseignements, lesquelles peuvent se faire en ligne et
prentissages adaptés pour soutenir la transformation que donnent généralement lieu à une forte participation. Face
l’on vise, car on a tous tendance à reproduire des pratiques à ses évolutions, Syntec-Ingénierie joue plus que jamais
et donc à enseigner comme on l’a nous-mêmes été », sou- un rôle essentiel d’information et de conseil.
ligne-t-elle. La co-construction avec les étudiants est
donc essentielle pour sortir de ces schémas. De même,
elle suggère des dispositifs hybrides avec, par exemple,
des classes inversées (les jeunes apprennent les cours
chez eux de façon à pouvoir être davantage dans
l’échange et/ou la pratique avec les enseignants), des
MOOC, des e-portfolios ou encore des jeux sérieux.
« Ces dispositifs plus ouverts permettent aux apprenants
d’être en première ligne, et non passifs. » D’où l’intérêt de
© Gérard Monteaud

mettre en place une démarche réflexive, fondée sur la


recherche et l’action !

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 21


ÉCLAIRAGE GÉNÉRATION TRANSFORMATION

GÉNÉRATION TRANSFORMATION
Chaque année, Syntec-Ingénierie lance LE RADEAU PHOTOVOLTAÏQUE
Alexi Liedes, étudiant de l’ECE Paris, souhaite concevoir
un concours destiné aux étudiants
un immense radeau de panneaux photovoltaïques
ingénieurs ou universitaires désireux remorqué par un porte-conteneur.
de présenter des projets innovants. « Le commerce maritime actuel est cher et très
polluant. Surtout, il repose sur les énergies
« Génération transformation », le thème
fossiles qui sont vouées à disparaître »,
de cette année, a séduit les compétiteurs analyse-t-il. Avec le Shimmer project, il propose
puisque 44 dossiers ont été reçus. une alternative : l’énergie solaire. Mais pour
produire assez d’énergie pour faire fonctionner
Douze d’entre eux ont été retenus par
un porte-conteneur, il faut un radeau
un jury de présélection. Innovation gigantesque d’environ un kilomètre carré.
produits, transport et mobilité, énergie… « La question de la place ne se pose pas sur
l’océan. Ici le solaire s’affranchit des contraintes
Les domaines représentés sont nombreux.
habituelles qui limitent son développement, et permet
Seuls ou en équipe, les jeunes qui ont de prendre le relais des hydrocarbures pour faire
participé à cette opération ont pour avancer les bateaux », précise-t-il. Il souhaite ainsi
révolutionner les technologies pour évoluer vers
objectif de transformer les usages.
un monde plus propre.
Le 23 octobre prochain, le Prix
de l’Ingénierie du Futur récompensera
les projets les plus prometteurs, L’AVION DU FUTUR
Imaginer le transport aérien du futur : c’est l’ambition de Kevin Humbert et de
à l’occasion du forum meet.ING Samuel Auzols, respectivement étudiants à l’IPSA et à l’ESC Troyes.
de l’ingénierie. À cette occasion, Ils proposent d’utiliser des drones pour le transport de passagers mais « cela
suppose de changer les mentalités  » reconnaît Kevin Humbert. Leur projet vise la
deux prix leur seront remis : l’un
réduction des risques de pilotage. En effet, comme l’affirme Kevin Humbert, « 70 %
décerné par le jury, l’autre par le public. des accidents sont dus à une erreur d’appréciation de l’être humain. L’ordinateur est
En attendant le verdict, passage en revue donc plus sûr ». De plus, les deux étudiants ont
imaginé des drones qui se rechargent dans des
de 6 projets ingénieux…
« Droneports » grâce à l’énergie solaire et
piézoélectrique et donc révolutionnent les
usages sur le plan écologique. Kevin et Samuel
parient sur le boom du marché des drones civils
et surtout sur les nombreuses PME qui
s’intéressent à ces avions sans pilote.

VOITURE ZÉRO POLLUTION


Le projet « CO2 énergie du futur » pourrait permettre à la voiture propre de devenir une
réalité. En quatrième année à l’UTC, Alexis Bordier a mis au point un filtre à CO2 qui permet
de capter le dioxyde de carbone. « Aujourd’hui, il est possible de produire du carburant à
partir de micro-algues et de CO2, explique-t-il. Mon projet a donc deux avantages : limiter
les rejets de gaz à effet de serre et produire des biocarburants de 3e génération. »
Pour le moment, les constructeurs automobiles s’intéressent uniquement aux carburants
© Audi

de 3e génération, ce système pourrait donc révolutionner le secteur.

22 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


GÉNÉRATION TRANSFORMATION ÉCLAIRAGE

RENDRE ÉLECTRIQUE N’IMPORTE QUEL VÉLO


Développer une assistance pour rendre électrique n’importe quel vélo, de manière
ponctuelle, à partir d’un seul et même kit, telle est l’idée d’Olivier Lesimple, étudiant aux
Arts et Métiers et actuellement en stage dans un laboratoire de recherche au Canada.
« Un vélo électrique coûte cher : entre 500 et 1 000 euros. J’ai donc eu envie
de mettre en place un kit que l’on pourrait installer sur n’importe quel vélo »,
explique-t-il. Pour le moment, le projet n’en est pas encore au stade de la
fabrication mais l’idée est de placer le « Mobikit » au niveau du porte-bagages.
Le concept va dans le sens d’une consommation réfléchie puisqu’on peut
conserver son propre vélo. Le projet est respectueux de l’environnement
et transforme les usages au sens où il se présente comme une alternative
à la voiture et peut être utilisé pour de courts déplacements.

DE L’ÉNERGIE DANS UN COURS D’EAU


Il existe déjà des chargeurs à énergie solaire ou éolienne, mais
Théo Kerdiles, Teddy Blanchet et Anthony Laffin, étudiants en
4e année à Polytech Annecy-Chambéry, ont conçu un projet un
peu différent. « Rec’O » est un chargeur portatif à hydrolienne.
Ils ont mis au point ce prototype sur ordinateur, puis l’ont ensuite
produit grâce à une imprimante 3D. Il leur reste à calculer la
puissance exacte du chargeur, mais il est déjà fonctionnel.
« L’énergie hydraulique est toujours disponible, contrairement
au solaire ou à l’éolien. Il suffit de placer le Rec’O dans un cours
d’eau pour produire de l’électricité. C’est le
même principe qu’une turbine de barrage
hydraulique, sauf que nous l’avons
miniaturisé pour qu’il ait la taille d’une
gourde et qu’on puisse le transporter dans
un sac-à-dos au cours d’une randonnée »,
explique Théo Kerdiles.

DU PÉTROLE À LA GÉOTHERMIE
Réutiliser les puits pétroliers pour produire de l’énergie
géothermique, c’est l’idée d’Estelle Dourlat, Alexandre Letteron et Pierre Malié.
Comme l’explique ce dernier, « beaucoup de puits sont malheureusement,
des échecs en termes d’exploration pétrolière. D’où notre souhait de leur donner
une seconde vie et de les revaloriser en installant des infrastructures
géothermiques ». Ces étudiants en 5e année de l’Institut polytechnique LaSalle
Beauvais ont ainsi conçu Geo-Dry afin de produire et partager une énergie plus
propre. Recycler, optimiser et transformer, tels sont les mots d’ordre de ce projet
vertueux, qui permettrait à la fois de créer des emplois et de réaliser des
économies puisque, à l’heure actuelle, 50 % du budget d’un projet géothermique
passent dans le forage. « L’avenir est à la synergie et aux petites unités de main
d’œuvre techniques et spécialisées. Deux professeurs, B. Proudhon et Y. Vautier,
nous parrainent, c’est un projet sérieux et réalisable » conclut Pierre Malié.

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 23


Communiqué
Innovation EGIS : les TIC au service
de l’environnement et de l’homme
• Cartographie et analyse des résultats : pour chaque valeur
du territoire identifiée une cartographie du cadre de vie
des habitants est élaborée faisant ressortir le degré d’im-
portance selon le lieu considéré. La carte de synthèse ras-
semble l’ensemble des valeurs et fait ressortir les princi-
paux enjeux du territoire.
• Partage des résultats avec les habitants : l’étude participa-
tive du cadre de vie peut faire l’objet d’une restitution aux
habitants par la mise en ligne des cartographies du cadre
de vie des habitants ou la présentation lors des réunions
© Egis

de concertation.
Egis développe de nouveaux outils et méthodes per- C’est une nouvelle forme de concertation : les habitants
mettant de mieux prendre en compte l’humain et son participent à l’enquête via internet.
environnement dans les projets d’aménagement ou d’in- Les citoyens s’expriment en cartographiant leur vision
frastructure, de la conception initiale au suivi pendant la personnelle du territoire. Il en résulte l’identification des
durée de vie du projet. enjeux collectifs.
Des connaissances inédites, propres aux individus, sont
L’acceptabilité d’un projet dépend de nombreux critères révélées : usages ; valeurs identitaires, mystiques et spiri-
objectifs et subjectifs, liés aux relations qu’entretiennent tuelles ; perceptions de l’environnement (odeurs, bruit…)…
les hommes avec leur territoire. La méthode se déploie autant à l’échelle communale
qu’à celle du grand territoire.
Pour répondre à ces interrogations, Egis s’est engagé dès
2009 dans un projet de recherche avec l’Université de Egis combine ces analyses avec des relevés terrain
Nîmes (spécialisée en psychologie environnementale) pour faisant appel à différents experts (écologues, hydrologistes,
identifier les critères expliquant la réussite sociale d’un acousticiens, voire olfactologues ou « nez »...), équipés de
projet ou son échec. moyens modernes permettant une remontée rapide de
La démarche participative du cadre de vie est l’aboutis- données terrain enrichies et géolocalisées (tablettes
sement de cette recherche : une méthodologie qui répond connectées, smartphones…).
aux préoccupations grandissantes du MEDDE, de la Com-
mission Nationale du Débat Public et des donneurs d’ordre. En phase de vie du projet, cette démarche peut être
L’étude participative du cadre de vie développée par Egis poursuivie par la mise en place de capteurs sans fil (bruit,
est une démarche pour recueillir, cartographier, analyser odeur, qualité de l’air,…) permettant aux maîtres d’ouvrage,
et intégrer les représentations collectives et subjectives des mais aussi aux citoyens de suivre sur des plateformes WEB
habitants sur un territoire. Cette démarche s’appuie large- les impacts des projets.
ment sur les technologies de l’information et de la commu-
nication et les réseaux sociaux. Elle se déploie en 4 temps :
• Définition du contenu de l’enquête avec le client pour
s’adapter aux besoins spécifiques du projet. Création de
l’interface internet, support de l’enquête ;
•C  onsultation des citoyens : chacun est invité à cartogra-
phier les valeurs de son territoire à l’aide d’un question-
naire en ligne via un site internet dédié. La consultation
est lancée par différents médias : presse locale, flyers,
réseaux sociaux...

Contact : Mireille Falque – Egis Environnement – [email protected]

www.egis.fr
24 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014
VIVE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE !
La question de l’épuisement des ressources est un sujet récurrent de l’actualité. Ivan Faucheux,
responsable du programme consacré à l’économie circulaire au sein du Commissariat général à
l’investissement rappelle que toute solution permettant de réduire la dépendance de l’industrie
aux matières premières permet un gain de compétitivité. Jusqu’à une date récente, les process
de production ne prenaient pas en compte cette urgence du recyclage, mais la donne commence
à changer ! Tractebel Engineering capte par exemple l’eau de la capitale avant de la traiter et de
la réinjecter dans des réseaux de froid urbains, destinés à climatiser des espaces de bureaux. De
leur côté, les équipes d’Altran Pr[i]me sont régulièrement consultées pour des problématiques
de réduction des coûts de fabrication. Plus que jamais, qualité des produits et performance éco-
nomique vont de pair !

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 25


DOSSIER SPÉCIAL ÉCONOMIE CIRCULAIRE

L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Un marché en pleine construction
Ivan Faucheux, directeur de programme énergie, économie circulaire, Commissariat général à l’investissement

Certaines filières industrielles, comme l’aéronautique, ont bénéficié pleinement


des 17 milliards d’euros prévus dans le cadre des investissements d’avenir, issus
du rapport Juppé-Rocard. Parmi les nombreux secteurs économiques concernés, figurent
l’énergie et l’économie circulaire. Ivan Faucheux pilote ce programme depuis 2010 et fait
le point sur les premiers enseignements que l’on peut tirer de cet ambitieux programme.

Qu’est-ce que l’économie chaque année des quotas en termes d’export sur certaines
circulaire ? matières premières à enjeu pour leur propre industrie. De
Il s’agit essentiellement de ce fait, pour les industriels, il n’y a plus seulement une bar-
tout ce qui contribue au recy- rière au niveau du prix, mais aussi un réel problème d’accès
clage d’un produit en fin de vie, à la ressource.
en réutilisant la matière intéres-
sante à l’intérieur de ce produit. Vous avez rejoint le Commissariat général à l’investis-
C’est aussi, dans un process de sement il y a 4 ans pour chapeauter le programme consa-
production, la capacité à cré à l’énergie et à l’économie circulaire. Peut-on tirer un
consommer moins de matières premier bilan de votre action ?
et d’eau, en réutilisant ces élé- Notre objectif est à la fois de gagner en compétitivité
ments, non pas dans le produit, et de réduire les besoins de l’industrie afin d’être moins
mais dans le process lui-même. vulnérable sur les sujets d’approvisionnement. En cela,
Par exemple, le désossage d’une notre mission a vocation à atteindre des buts positifs et
voiture est de l’économie circu- nous pouvons observer quelques résultats. Néanmoins,
© Christophe Chavan - Matignon

laire. La réutilisation de copeaux on constate que ce secteur n’arrive pas à trouver son
d’usinage ou, sur un chantier modèle économique. Certaines actions sont individuelle-
BTP, de produits de construction ment intéressantes mais ont un impact structurel assez
non utilisés qui auraient pu être faible. Parmi les opérations les plus structurantes, celle
jetés, répond aussi à cette relative au recyclage du titane est emblématique car il
démarche. s’agit d’une matière première extrêmement chère, mais
elle ne représente pas l’essentiel de la consommation de
À partir de quand l’économie circulaire est-elle devenue matière première.
un sujet prioritaire ?
Jusqu’à présent, la réutilisation de matières premières Pourquoi est-ce difficile de trouver un modèle écono-
n’était pas forcement prise en considération dans le cadre mique ?
des process de production. Puis, à partir des années 2000, La matière première secondaire (c’est-à-dire celle issue du
le prix de ces matières a considérablement augmenté, si recyclage) est aujourd’hui très minoritaire en termes de
bien que les industriels ont eu plus de dif- volumes, sauf sur quelques secteurs très


À partir des années atypiques, comme le papier ou l’alumi-
ficultés à les gérer. C’est alors que l’écono-
mie circulaire est devenue un enjeu éco- nium. Les industriels ne maîtrisent donc
nomique fort et qu’une prise de conscience 2000, l’économie pas encore vraiment les prix de ce marché,
est née. circulaire est devenue caractérisé par une forte volatilité. Autre-
un enjeu économique ment dit, quelqu’un qui fait du recyclage va
Le recyclage existe depuis longtemps, vendre son produit à un cours qu’il connaît
mais son intérêt s’est accru. En effet, ne fort.
vaut-il pas mieux réutiliser de la matière
” mal ou qui n’obéit qu’à ses propres cycles
économiques. Par ailleurs, en amont, histo-
première à disposition dans les déchets plutôt que d’aller la riquement, des filières de collectes ont été organisées, or on
chercher sur les marchés, où leur prix fluctue fortement ? La peut retrouver des matières intéressantes, de type cuivre,
question se pose avec d’autant plus d’acuité pour ce qu’on dans bon nombre de produits. Ces filières n’ont pas été
appelle « les matières stratégiques », c’est-à-dire celles qui pensées en fonction de ce qu’on voulait mettre sur le marché
sont difficiles à trouver. Typiquement, la Chine édicte au final, mais de ce qu’on voulait récupérer.

26 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


ÉCONOMIE CIRCULAIRE DOSSIER SPÉCIAL

Quels sont les projets significatifs qui découlent de De quelle manière le développement durable s’intègre-
l’économie circulaire dans le cadre précisément des inves- t-il à l’économie circulaire ?
tissements d’avenir ? Ce sont deux notions qui se recoupent, mais partielle-
Aujourd’hui, parmi nos gros projets, figure le recyclage ment. L’économie circulaire consiste à essayer de retrouver
du titane, que j’évoquais, parce que c’est un produit impor- plus de matière première et donc, paradoxalement, si on
tant pour l’industrie aéronautique. Nous sommes aussi en veut développer l’économie circulaire, il faut accroître la
train de travailler sur des outils permettant consommation. Or l’idée de développe-
de stabiliser le cours des matières pre- ment durable peut induire, quant à elle,
mières en sortie, une sorte de « garantie » “ Réutiliser la
comme on l’a fait à un moment sur les taux matière intéressante
une frugalité en termes de
consommation.
de change. Il s’agit de permettre à des à l’intérieur En revanche, recyclage et développe-
acteurs économiques de se lancer dans des ment durable se rejoignent sur le fait que,
investissements en essayant de diminuer
le risque pris à la sortie. Autrement dit, ce
des produits.
” pour moins peser sur l’environnement, il
faut réduire l’impact dégradant de l’acti-
sont des produits de couverture qui s’équilibrent. Quand le vité économique. L’ambition de l’économie circulaire est
cours est très bas, le produit garantit le prix, mais quand le d’être capable de gérer des volumes de matières qui per-
cours est très haut, a contrario, on récupère le différentiel. mettent de faire tourner la consommation et la production
Nous tentons d’imaginer des dispositifs, mais ce n’est pas en aval. Notre sujet, c’est d’augmenter les volumes à la fois
évident. Nous ambitionnons néanmoins de passer de projets en amont, en essayant d’avoir accès à plus de gisements, et
très limités dans leur impact, à des projets beaucoup plus en aval, pour essayer de peser un peu sur les cours et éviter
importants et structurants afin de faire décoller la filière. d’être la variable d’ajustement des cours des matières pre-
Nous ne sommes pas encore arrivés au terme de notre mières. Une tâche difficile, mais à laquelle nous nous atte-
mission ! lons avec enthousiasme !

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ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 27


DOSSIER SPÉCIAL ÉCONOMIE CIRCULAIRE

La rénovation d’une centrale de production


de froid : un travail passionnant
Afin de climatiser les espaces de bureaux, les banques, les musées, les hôtels, les grands magasins
et les salles de spectacle, Tractebel Engineering (Groupe GDF SUEZ), intervient dans la conception,
la construction et la rénovation de réseaux urbains et de centrales de production de froid.
Une des centrales du réseau de froid à Paris est actuellement en pleine rénovation.

installations de climatisations individuelles ou centralisées


dans chaque bâtiment : « Ce dispositif permet d’économiser
jusqu’à 40 % de l’énergie électrique, 65 % de consommation
d’eau, réduit l’utilisation de produits chimiques et de fluide fri-
gorigène de l’ordre de 70 à 80 %. Suivant le mix de production
© Tractebel Engineering (France)

d’électricité (fossile, nucléaire, renouvelable) l’impact sur les


émissions atmosphériques et l’effet de serre peut être divisé au
moins par deux. Sans parler d’un gain conséquent de surface
utilisée par rapport aux systèmes de production classique ». Ces
nombreux avantages permettent ainsi au concessionnaire
du réseau parisien de convaincre de nouveaux clients (de
grandes enseignes, des sièges sociaux de grandes entre-
Plus précisément, cette centrale est implantée dans les prises, des hôtels, des banques, des collectivités locales, et
sous-sols des Galeries Lafayette dans le 9e arrondissement. des institutions culturelles…).
« Mise en service il y a vingt ans, l’installation existante était
arrivée en fin de vie, si bien qu’une rénovation quasi-complète Certes, le recours à un réseau de froid nécessite un
s’imposait », explique Jean-Charles Villa, chef de projet de investissement plus important au départ mais, dans la
Tractebel Engineering, qui intervient en tant que maître durée, aussi bien son opérateur que les clients finaux
d’œuvre conception/réalisation sur cette centrale. La nou- gagnent au niveau financier et sur la fiabilité du service
velle puissance frigorifique va être portée à 25 MW afin de rendu. En combinant un réseau de froid avec un réseau de
continuer à alimenter les clients du concessionnaire au chaleur alimenté à travers des énergies renouvelables, les
travers de son réseau de distribution auquel les Galeries Lafa- avantages peuvent encore être supérieurs comme le
yette sont raccordées. « Les études d’avant-projet ont été initiées démontre le projet Paris Nord-Est pour lequel Tractebel
en janvier 2014 et les travaux démarreront au dernier trimestre Engineering a obtenu le trophée de l’Innovation de GDF
2014 pour une finalisation en 2015. Tractebel Engineering assure SUEZ 2014 avec Climespace, CPCU, et Cofely Réseaux
sa mission jusqu’à la mise en service de l’installation. » (Branche Energie Services).
Baptisé « Opéra », en raison de la proximité avec cette
salle de spectacle emblématique parisienne, le projet mobi-
CHIFFRES-CLÉS
lise un grand nombre de corps de métiers parmi lesquels
citons : le management de projet, la logistique, le génie civil,
l’électricité, l’automatisme, la mécanique, la tuyauterie... 14 millions d’euros nécessaires
« En raison de la forte activité générée par les Galeries Lafa-
yette en journée, une excellente maîtrise logistique est nécessaire 19 mois
Durée du projet :

pour garantir la réussite de la rénovation de la centrale. Par


exemple, nous sommes dans l’obligation d’effectuer certaines 10 mois de travaux
opérations durant la nuit » explique Jean-Charles Villa, for-
tement motivé pour réussir le challenge imposé par ce
projet complexe.
15 ingénieurs mobilisés pour les études

Ces réseaux de froid sont de plus en plus répandus en


80 ouvriers mobilisés sur le chantier

France et à l’étranger comme le souligne Kamel El


Hammami, responsable développement produit – Réseaux 40 % d’économies d’énergie

65 %
de Chaleur et de Froid de Tractebel Engineering. Ils pré-
sentent de nombreux avantages par rapport à des d’économies de consommation d’eau

28 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


ÉCONOMIE CIRCULAIRE DOSSIER SPÉCIAL

Des ingénieurs créateurs de valeur


Avec l’ambition d’optimiser le coût de revient industriel de ses produits, la société Macopharma a décidé
de faire appel à Altran Pr[i]me, entité spécialiste en management de l’innovation du groupe Altran, et a pu
bénéficier de la combinaison unique et différenciante de ses expertises en ingénierie des systèmes,
performance économique et design centré utilisateur.

Quand Macopharma décide de s’adresser à Altran en créer une valeur supplémentaire pour ces produits. Elle est
mai 2011, son objectif était limpide : réduire de façon indissociable du travail réalisé sur le chiffrage des coûts asso-
drastique le coût de revient industriel de ses poches de ciés à leur production. Nous avons proposé d’ouvrir notre
perfusion pour faire face à une forte attaque du marché réflexion commune avec Macopharma à une approche globale
sur les prix. « Pour atteindre un résultat probant, renégocier coût-valeur », poursuit Christian Halconruy.
le prix d’achat des composants ou même changer de fournis-
seur ne peut suffire. Il faut aussi reconcevoir le produit et l’outil Une expérience concluante puisque Macopharma a
de fabrication » explique Rithy Tep, responsable des offres atteint (et même dépassé !) ses objectifs d’optimisation
de performance industrielle pour Altran Pr[i]me. de coûts. La société a d’ailleurs décidé de confier à
Altran l’accompagnement d’un projet de recherche
UNE APPROCHE DESIGN TO COST (DTC) stratégique.
INNOVANTE
Un défi relevé avec succès par Macopharma en s’ap-
puyant sur le conseil et les orientations des experts d’Al-
tran Pr[i]me. « L’association étroite des méthodes innovantes
que nous développons en reconception et en analyse des coûts,
permet d’identifier les leviers d’optimisation du coût de revient
industriel dès l’amont du projet », explique Christian Hal-
conruy, responsable technique de la practice d’ingénierie
des systèmes « Design-to-X » au sein d’Altran Pr[i]me.
L’objectif de réduction des coûts était en effet prioritaire
et a donné lieu à une vraie réflexion. « Notre mission d’in-
novation consiste à poser les questions qui n’ont pas été posées.
Ainsi, nous sommes convaincus que le coût ne doit plus être
vécu comme une contrainte, mais comme une performance à
atteindre, au même titre que les performances techniques »,
ajoute-t-il.
« La méthode Should Cost® que nous appliquons permet de
calculer fidèlement et rapidement les gains financiers appor-
tés par une optimisation industrielle.
Nos analyses économiques permettent aussi de contrer des
idées reçues. Une réduction des effectifs de production n’est
pas automatiquement le meilleur levier pour réduire les coûts.
Et acheter une ligne de fabrication automatisée peut être une
bonne idée, mais ne pas mettre les moyens nécessaires pour
arriver à la mettre au point peut générer des coûts supérieurs
aux économies attendues ! »

UN DESIGN AMÉLIORÉ
Mais optimiser les coûts ne représente qu’une partie
de l’approche globale préconisée par Altran Pr[i]me
auprès de ses clients. Ainsi, elle a mis à contribution sa
practice « Co-création » pour ajouter de la valeur à ce
© Macopharma

produit, en améliorant notamment sa forme, la préhen-


sion ou encore la lisibilité des informations présentes sur
les poches. « La conception centrée utilisateurs permet de

ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014 / 29


© SYSTRA

présent dans 78 pays lgv, métro, tramway 3 800 collaborateurs

Transporter le monde
est la plus belle des ambitions
Partagez-la avec nous !

30 / ingénierie / QUELS MÉTIERS ? / N°92 / SEPTEMBRE 2014


ingénierie
92 • SEPTEMBRE 2014  Les Cahiers de l’Ingénierie de Projet

Construction et Industrie
QUELS MÉTIERS ?

Génération
transformation

DOSSIER SPÉCIAL
Vive l’économie
circulaire !
Ivan Faucheux, Commissariat
Général à l’Investissement

Cahiers réalisés dans le cadre de la convention-cadre entre le ministère de l’Enseignement


supérieur et de la Recherche et la Fédération Syntec, signée le 23 décembre 2008.

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