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Observations Sur Les Dieux de La Gaule

L'exposé traite des divinités celtiques de la Gaule pré-romaine, en se concentrant sur la figure de Lug et les défis d'interprétation des sources romaines. Paul-Marie Duval souligne la difficulté d'identifier les dieux celtes à travers les biais des commentateurs romains, tout en explorant le concept d'interpretatio romana qui influence cette assimilation. La recherche vise à distinguer les ressemblances culturelles des véritables caractéristiques indigènes de la religion celte, en utilisant des sources littéraires et archéologiques.

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Observations Sur Les Dieux de La Gaule

L'exposé traite des divinités celtiques de la Gaule pré-romaine, en se concentrant sur la figure de Lug et les défis d'interprétation des sources romaines. Paul-Marie Duval souligne la difficulté d'identifier les dieux celtes à travers les biais des commentateurs romains, tout en explorant le concept d'interpretatio romana qui influence cette assimilation. La recherche vise à distinguer les ressemblances culturelles des véritables caractéristiques indigènes de la religion celte, en utilisant des sources littéraires et archéologiques.

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« Observations sur les dieux de la Gaule », présentation d’un article de religion celtique antique :

Rédaction du contenu de mon exposé oral.

Introduction : Lien avec mes recherches

Je réalise un mémoire concernant la divinité Lug dans la Gaule pré-romaine. Les bornes
géographiques de mes recherches excluent les îles britanniques autrement que pour fournir des
informations complémentaires. Bien que Lug soit une figure importante des mythologies irlandaises
et galloises, celles-ci ont survécu à la religion des gaulois trop longtemps pour ne pas avoir divergé de
leur culture commune de manière significative. Chronologiquement, mes recherches s’intéressent à
l’assimilation et l’identification des divinités celtiques par la culture gallo-romaine et des
syncrétismes religieux qui la caractérisent. Il est toutefois possible que je n’utilise pas tout ce que je
trouverai à ce sujet si cela dépasses trop dans le 1er siècle après JC pour des raisons de concisions.

Pour mon exposé toutefois, j’ai choisi de vous faire entrer dans mes travaux de la même manière que
j’y suis moi-même entré : non pas en se concentrant sur une seule divinité, ce qui peut être très
technique, mais en faisant une rapide présentation des divinités Gauloises connues présentées par
Paul-Marie Duval, car son article démontre parfaitement les problématiques que rencontre un
historien qui s’intéresse aux dieux de la gaule indépendante, sans avoir le côté rébarbatif et très
spécifique de se concentrer sur une seule figure divine.

C’est pourquoi je vous présente l’article intitulé « Observations sur les dieux de la Gaule » de Paul-
Marie Duval, paru dans la revue de l’histoire des religions au numéro 145.

Problématique et plan :

Dans cet article, Paul-Marie Duval dégage selon moi la problématique suivante : « Comment
distinguer les divinités Celtiques de la Gaule indépendante à travers l’interprétation qu’en font leur
commentateurs romains »

Pour y répondre, je vous expliquerai tout d’abord l’état des connaissances sur les divinités Celtiques,
qui ne sont connues presque qu’à travers des observateurs d’une culture qui leur est étrangère (les
Romains).
Ensuite, je vous proposerai une introduction au concept de l’interpretatio romana qui traverses mes
recherches et qui en constitue le nœud et l’obstacle principal. Nous pourrons nous livrer à un petit
jeu des différences/ressemblances pour, tout comme les romains, assimiler les divinités Gauloises
aux leurs.

Enfin, il sera indispensable de rappeler que l’interpretatio des latins est une assimilation grandement
imparfaite, car si elle a facilité la compréhension des latins de la religion gauloise, et l’assimilation
subséquente de cette dernière par la culture latine, elle ne saurait résumer une réalité de divinités à
la fois polyvalentes et au caractéristiques indigènes qui ne correspondent à aucun dieu romain.
1) La citation présente sur la 4ème diapositive nous vient de César dans son livre 6 du Commentaire sur
la guerre des Gaules. Elle résume à elle seule le problème majeur que rencontre tout historien de la
religion celte : l’absence de sources écrites indigènes. Si, comme l’indique César, les Celtes utilisaient
volontiers l’écriture grecque pour les affaires courantes, ils considéraient que le savoir religieux ne
devait être dilué, et devait rester le monopole de la classe sociale que Jean-Louis Brunaux appelle les
« faiseurs de sacré » : la classe druidique. Il en ressort que malgré l’importance de la religion pour les
peuples de la Gaule, nous ne disposons exclusivement que de textes grecs et latins pour en décrire
les croyances et les pratiques. Tout notre savoir doit se composer à travers le prisme d’une culture
étrangère à celle étudiée. Culture qui a entretenu des relations complexes avec les celtes, et dont le
témoignage est perclus de biais et d’intentions politiques.

La diapositive suivante présente les quelques sources majeures sur le sujet : toutes latines ou
grecques. Paul-Marie Duval commente surtout César et les scholies de Lucain dans son article.

Il en ressort que nous devons être encore plus critiques qu’à l’accoutumée lors de notre enquête sur
l’identification des divinités Celtiques, car notre seul espoir d’atteindre une réalité objective est
d’entrecouper les témoignages biaisés des Romains avec la réalité archéologique et d’espérer d’y
trouver des correspondances qui ne soient pas trop hasardeuses.

La dernière diapositive de la partie 1 présente trois divinités que nous avons pu identifier sur des
vestiges archéologiques : la première, Taranis, est identifié grâce à sa roue, qui est son symbole, et
qui représente figurativement « le roulement du tonnerre » (Paul-Marie Duval dans l’article
susnommé)

Teutatès le dieu suivant, est une figure plus polyvalente et difficile à identifier, mais souvent associé
aux attributs guerriers ce qui a permis de le reconnaître sur le bas-relief présenté.

Enfin, une statuette de sanglier est associée à Lug grâce à ce qu’on sait de son culte sur les îles
britanniques.

Le recoupage entre les sources littéraires et archéologiques est ce qui a permit d’identifier ces
figures, mais beaucoup d’autres vestiges religieux ne bénéficient pas de la même clarté et sont sujets
à conjecture. Paul-Marie Duval parle dans son article d’un bas-relief présentant Esus, parfois associé
à Mercure, à côté d’une représentation de Mercure lui-même, ce qui rend l’association classique
invalide.

2) Diapositive 7 : Pourquoi les sources Romaines sont-elles si avares de noms Gaulois ?

(Lecture de la citation de Paul-Marie Duval) : Cette observation démontre bien que César a
volontairement passé sous silence les noms des divinités indigènes. Bien qu’on sache que « les noms
véritables » des divinités, associés à la magie, sont l’apanage des druides exclusivement, le reste de la
population utilises des noms courants pour les divinités qui sont sans aucun doute parvenues aux
oreilles de César. (familier, à la connaissance de)

On peut conjecturer de nombreuses raisons plausibles qui auraient poussées César à nommer les
dieux celtiques par leur équivalent celtes dans son livre VI :

--Clarté pour ses lecteurs romains (rappelons que son livre est avant tout un rapport envoyé à Rome
pour y être lu et contribuer à sa gloire personnelle, il doit donc être compris du plus grand nombre)
-Valoriser la religiosité et la proximité culturelle d’un peuple bientôt soumis (Le projet de conquête
de César nécessite de détacher les Celtes de leurs représentations culturelles classiques chez les
Romains : les barbares à cheveux longs qui ont pillé Rome en 390 av JC sont un épouvantail pour les
romains. Il faut adoucir ce portrait pour pouvoir considérer leur intégration aux provinces de la
république. César en fait un portait positif : les Gaulois sont capables d’artisanat raffiné, ont une
culture complexe, une piété infaillible et leurs dieux sont proches de ceux des romains au point qu’ils
peuvent être désignés sous leur noms).

-Pensée voyant le divin comme universel (La pensée grecque, dans laquelle César, en tant
qu’aristocrate, a été éduqué, voit les dieux comme des forces naturelles universelles. Il n’y a pas de
dieux du tonnerre multiples, mais un seul dieu qui est nommé et vénéré différemment par les
différents peuples du monde).

-Mais primauté de leur appellation romaine: marque d’un rapport de force : Nommer ces dieux
prétendument universels par leur noms romains fait bien état d’une supériorité de la vision romaine
du monde sur celle des autres peuples : nous vénérons tous les mêmes dieux mais notre
interprétation est la meilleure.

Diapositive 8 : Lecture de la citation de Camille Jullian qui explique ces raisons

Diapositives 9 : La citation tirée de l’article de Paul-Marie Duval présente le point de départ de tout
historien de la religion Celte : César et son identification de 5 divinités majeures.

Diapositive 10 : Petit jeu des ressemblances : j’avais prévu de solliciter mon auditoire afin de jouer à
faire les associations entre les caractéristiques des dieux celtes et les dieux romains connus. La
diapositive présente des noms Gaulois trouvés soit par l’archéologie ou par la lecture de Lucain, et
tente de les associer à des équivalents Romains. Certains noms comme celui de la divinité associée à
Apollon, et celle associée à Minerve, n’ont pas été retrouvés. Le nom de la divinité Esus, au contraire,
n’a pas su trouver d’association satisfaisante dans le panthéon romain.

3) Diapositive 11 :

Le problème de la polyvalence divine. Il semblerait que, encore plus que chez les Romains, la « Toute
puissance du divin » soit un élément constitutif de la religion celte. Il en découle que les dieux de la
Gaule indépendante auraient en partie du moins été interchangeable : tout dieu, par ses pouvoirs
liés à sa divinité, peut influer sur le monde mortel selon n’importe quelle modalité, car ce dernier est
bien en dessous de lui. En somme, les pouvoirs divins ne sauraient être limités à un seul domaine, et
leur invocation ne nécessite pas forcément d’en appeler à la divinité patronne du domaine sur lequel
on veut recevoir une bénédiction. On peut retrouver des prières guerrières réalisées à Taranis et non
pas à Teutates, etc.

Cependant cette polyvalence à des limites. Nous n’avons retrouvé aucune dédicace guerrière aux
divinités associée à Mercure (comme Lug) ou Apollon, car leurs modalités d’actions portant sur la
productivité et le commerce d’une part, et la santé de l’autre, sont trop éloignées du fait guerrier.
Associer les divinités par leurs attributs n’est alors peut être pas complètement dénué de sens mais
doit être pris avec d’autant plus de recul.

Le deuxième problème rencontré est celui de la confusion qu’on sans aucun doute ressenti les
auteurs contemporains de la religion Celte : pour eux, distinguer les divinités Celtes était ardu,
d’autant que de très nombreux noms peuvent désigner la même. Il est probable que cette tentative
d’identification soit aussi un bricolage des romains pour comprendre une réalité religieuse
simplement trop étrangère par certains aspects. Ainsi, Lucain ne parle des dieux Gaulois que pour
décrire les sacrifices qui leurs sont rendus, et pas pour préciser leurs attributions dont il ignorait
probablement tout. (Lire citation sur la diapositive 13)

Conclusion :

En conclusion, l’étude des divinités Celtiques se heurte à l’écueil des sources. A travers le prisme des
observateurs romains nous parvient une vision déformée de la réalité religieuse des Celtes.

Déformée pour des raisons de propagande politique, d’assimilation culturelle ou simplement de


manque de compréhension.

Seulement, les ressemblances sont tout de même trop importantes pour que l’interpretatio romana
soit complètement dans le faux : la parenté culturelle des deux religions de part la culture Indo-
européenne (sujet des travaux de Georges Dumézil) est sans doute la cause de cette facilité à
identifier les dieux celtes aux Romains : Leurs origines sont probablement partagées.

L’interpretatio est alors la cause de deux niveaux de proximité : l’un ancien et véridique, les dieux
Celtes avaient probablement des caractéristiques communes avec les dieux romains, l’autre plus
tardif, résultat d’un rapprochement établi par les auteurs de la république romaine qui jetaient un
regard impérialiste sur une peuplade en passe d’être conquis.

L’enjeu de la recherche sur les dieux de la Gaule indépendante, est de faire la part des choses entre
ressemblance et assimilation culturelle afin de déterminer la réalité de la religion Celte et ses
caractéristiques indigènes. Si les romains étaient prompts à désigner les dieux celtes sous leurs noms
romains, les détails qu’ils donnent sur les sacrifices qui leurs sont rendus sont trop spécifiques pour
avoir été inventés et sont corroborés par l’archéologie.

L’analyse des sources littéraires, bien qu’indirectes, présente tout de même un intérêt et des
informations précieuses à la recherche sur les divinités gauloises. Il s’agit maintenant d’employer les
données archéologiques afin de confirmer ou rejeter les informations qu’elles contiennent.

C’est là le sujet de mon mémoire, bien qu’il se concentre uniquement sur la figure de Lug pour des
raisons de concision, car ce dernier est décrit par César comme « Le dieu qu’ils honorent le plus »
inventeur de tous les arts, protecteur du commerce, et origine de nombreux Toponymes sur le
territoire de la Gaule Celtique et même au-delà.

17 Une présentation claire et très intéressante, dommage que vous n’ayez pas pu l’exposer dans
notre programme ! . Cependant, il y a quelques petites remarques. Il fallait mettre P.M. Duval en
perspective. Évoquer la figure de Dumézil (qu’évoque sans le nommer votre sujet). Apollon est
potentiellement un dieu lié à la guerre pour les Romains (depuis la seconde guerre punique). Un dieu
qui reste grec mais qui est réécrit à la romaine.

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