0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues36 pages

Fiche Consentement Patient

Ce guide pratique des soft skills en médecine vise à améliorer la relation entre étudiants en médecine et patients en mettant l'accent sur le consentement, la communication et la bienveillance. Il propose des conseils pour chaque étape de la rencontre soignant-soigné, aborde des situations particulières et fournit des outils pour une pratique empathique. Conçu par des étudiants et des professionnels, il encourage une réflexion continue sur la relation patient-médecin tout au long de la carrière médicale.

Transféré par

Djoudad
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues36 pages

Fiche Consentement Patient

Ce guide pratique des soft skills en médecine vise à améliorer la relation entre étudiants en médecine et patients en mettant l'accent sur le consentement, la communication et la bienveillance. Il propose des conseils pour chaque étape de la rencontre soignant-soigné, aborde des situations particulières et fournit des outils pour une pratique empathique. Conçu par des étudiants et des professionnels, il encourage une réflexion continue sur la relation patient-médecin tout au long de la carrière médicale.

Transféré par

Djoudad
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

#100%CONSENTEMENTPATIENT

GUIDE PRATIQUE
DES SOFT SKILLS
EN MÉDECINE

Association Nationale des Étudiants en


Médecine de France
SOMMAIRE
Préface 2
Présentation générale 3
I. Conseils pour chaque temps de la rencontre 5
soignant/soigné
Avant tout : la posture du soignant 5
Les bases de la communication 5
Face à la maladie : prendre soin de soi, prendre soin des autres 9

EN pratique 10
avant d’entrer dans la chambre du patient 10
Présentation au patient 10
Anamnèse 12
Examen clinique 16
GesteS invasifS 17
Communication autour du patient et visite professoralE 21

II. SituationS particulièreS 23


Votre patient à vécu des violences 23
Votre patient ne parle pas votre langue 26
Votre patient veux mourir 27
Votre patient a des propos qui vous offense ou devient violent 28
Votre patient pose une question, vous ne connaissez pas la réponse 29
Votre patient refuse un soin 29
Votre patient est un enfant 30

III. Boîte à outils 31


autoévaluation 31
Applications et sites Web 32
PodcastS 32
VidéoS 33
GuideS 33
LivreS 33

1
Préface
Le mot d’Oriann MATHURIN - CM Réflexions Éthiques 2023-2024 - ANEMF :
Devenir soignant c’est s‘engager, au risque de se tromper, dans des relations
humaines complexes. Devenir soignant c’est grandir face à la maladie et à la mort.
C’est répondre présent face aux plus grandes souffrances et vulnérabilité et
chercher à soulager.

Ce document rassemble quelques idées de patients, de nos pairs étudiants en


médecine et de nos aînés déjà médecins. Des idées pour créer ensemble des
relations de soin ayant pour piliers : le consentement, la bienveillance et la
confiance.

Le mot de Paoline BERGER - CM Communication 2023-2024 - ANEMF :


L’appréhension des patients lors de nos différents stages, à travers une relation
asymétrique, peut parfois être source d’angoisses et de difficultés. Rester
profondément attentifs aux émotions des patients mais aussi des nôtres, adapter
notre écoute active constitue déjà le début du soin.

Nous espérons, à travers cette fiche, apporter des « trucs et astuces » et permettre
d’initier une réflexion intérieure au sujet de la relation patient-médecin. Il sera
essentiel de la faire mûrir, tout au long de notre carrière, malgré les difficultés, les
urgences et nos connaissances en constante évolution.

Le mot de Prune CHARTIER , Louann GICQUEL et Aïcha HOBAYA - VP et CM


Design 2023-2024 de l’Association des Etudiants en Médecine de Créteil -
AEMC :

Nous avons créé ces illustrations pour refléter la diversité et l'inclusion dans le
parcours des étudiants en médecine à l'hôpital. Notre objectif était de permettre à
chaque étudiant de se reconnaître dans ces dessins, tout en mettant en avant un
environnement bienveillant et accueillant. Nous sommes reconnaissantes d'avoir eu
l'opportunité de contribuer à ce projet inspirant.

2
PRESENTATION GENERALE
POURQUOI CE GUIDE ?

La relation étudiant en médecine/malade est singulière et pose des questions


additionnelles à celles qui traversent la relation médecin/malade. Comment agir
avec nos patients dans une perspective de soin alors que nos connaissances sont
encore lacunaires ? Comment rechercher le consentement éclairé de nos patients ?
A quel moment le faire ? Quels outils avons-nous à notre échelle pour construire
des relations de soin bienveillantes et empathiques ?

Créé par et pour des étudiants en médecine, cet outil a pour objectif de rassembler
quelques pistes de réflexions et suggestions pratiques pour répondre à ces
interrogations. Il ne doit pas se comprendre comme un répertoire de connaissances
et de techniques mais plutôt comme un recueil d’expériences. Un recueil
permettant de mieux comprendre les attendus des patients et d’agir en faisant le
plus de bien possible dans une posture se voulant empathique et bienveillante.

COMMENT A-T-IL ÉTÉ CONÇU ?

Ce guide est le fruit de réflexions croisées : celles d’étudiants du réseau ANEMF


réunis lors de workshop en congrès, celles de patients partenaires, celles de
médecins spécialistes en communication et relations et enfin celles de deux
membres du Bureau National 2023-2024 de l’ANEMF : Paoline BERGER CM
Communication, chargée de la direction artistique et Oriann MATHURIN CM
Réflexions Éthiques, rédactrice du guide.

Les illustrations qui accompagnent la lecture du guide ont été pensées et réalisées
par Prune CHARTIER , Louann GICQUEL et Aïcha HOBAYA : VP et CM Design
2023-2024 de l’Association des Etudiants en Médecine de Créteil. Elles ont pour
objectif de représenter au mieux les médecins en devenir des quatre coins de la
France.

COMMENT L’UTILISER ?

Cet outil propose d’abord de naviguer au cœur des différents temps de la


rencontre étudiant en médecine/malade : de l’arrivée devant la chambre d’un
patient à un éventuel geste invasif. S'ensuivent plusieurs focus sur des situations
complexes pouvant être rencontrées.

Pour chaque étape de la rencontre, puis pour chaque focus, différentes rubriques
seront présentées.

Facile à mettre en place : résumé d’actions simples à intégrer à une


pratique médicale quotidienne.

Conseils d’ami : courts témoignages de pratiques recueillies auprès


de médecins et étudiants en médecine.

3
ZOOM : éclairage sur une notion complexe.

Boîte à outils : ressources variées gratuites et disponibles en ligne.


(Podcast, vidéo, guide, article, application, site web…).

NOTA BENE : Vous pouvez retrouver l’ensemble des ressources classées par média
à la fin du livret.

4
I. Conseils pour chaque temps de
la rencontre soignant/soigné
Avant tout : La posture du soignant
Les bases de la communication

Considérer la communication dans


son ensemble. A la fois verbale, mais
aussi et surtout non verbale et para-
verbale.
Être vigilant à tous les canaux de
communication.

La position du corps dans l’espace


S'asseoir ou monter le lit du patient pour qu’il soit à notre hauteur.
Se placer dans les limites de la distance sociale (environ 2 mètres), ni trop
près, ni trop loin.

Les expressions faciales


Avoir des expressions du visage qui signent l’ouverture à l’autre et la
compréhension du discours (ex : sourire, hocher la tête, froncer les
sourcils…)

Le contact visuel

Le toucher *

La voix
Ajuster le timbre de sa voix.
Garder un débit de parole que le patient peut suivre sans effort.
Articuler pour être mieux compris par les personnes qui perdent l’audition.

*L’utilisation du toucher en médecine :


Un toucher doux, comme une main sur l’épaule ou tenir la main du
patient, peut être extrêmement rassurant, surtout quand les mots ne
suffisent pas. Il faut toutefois veiller à l’utiliser de manière appropriée,
uniquement si les deux personnes sont à l’aise.

5
À ADOPTER
Toujours s’assurer de la bonne compréhension de nos patients
Faire des schémas pour expliquer des zones d’ombre.
Adapter le langage au niveau de compréhension de
l’interlocuteur.
Toujours être précis lorsqu'on s'adresse au patient et ne pas
hésiter à clarifier certains termes.
Penser à reformuler.

“Ne pas hésiter à demander à vos patients s’ils ont compris les
raisons de leur hospitalisation, des examens qu’ils ont ou des
traitements qu’ils prennent. Souvent ils n’ont presque pas d’élément
de réponse et sont dans un flou constant qui peut être mal vécu.”

“Pour bien expliquer quelque chose à un patient il faut : dire (avec


des mots), montrer (avec des supports adaptés) et faire (manipuler
ou faire manipuler le patient).”

SE montrer empathique
Montrer notre attention face aux émotions, aux expériences et
aux valeurs de l’autre.

“Ne pas hésiter à légitimer une situation : « Il est normal qu’à


l’annonce du traitement vous soyez effrayé, mais ... » .”

PLACER LE CONSENTEMENT AU CŒUR DU SOIN


Poser la question “est ce que je peux ?” en envisageant la
possibilité d’un “oui mais” ou d’un ”non”.
Avoir en tête que le “non” n’est pas une impasse, mais plutôt le
début d’un chemin différent.

“Une des clefs du consentement : communiquer une information


claire, exhaustive et de qualité pour un choix éclairé.”

Prendre en compte les croyances du patient

Quelques exemples de questions à se poser :


« Que veut dire être malade pour ce patient ? »
« Est-ce qu’il comprend la gravité du problème ? »
« Quelle est sa vision des médicaments ? »
« Est-ce qu’il comprend ce que j’attends de lui ? »
« Est-ce que le patient comprends les informations essentielles ? »

6
“En médecine, il faut développer des compétences de
décentrement. C'est-à-dire s'exercer à prendre conscience de
ses repères et de son cadre de référence pour mieux aller à la
rencontre de l'autre.
Les croyances et théories permettent d'attribuer un sens aux
événements.
Elles déterminent notre compréhension du monde et ont une
grande influence sur la motivation, la compliance, les résistances
ou l’évolution de la maladie. Il peut alors être décisif de les
évaluer avec respect et de modifier celles qui paraissent
limitantes.”

À Éviter
Faire uniquement des questions fermées
Commencer par des questions ouvertes (ex : Comment vous-
sentez vous ?) et finir avec des questions fermées (ex : Vos
douleurs persistent-elles ? ).

“Une question ouverte permet d’avoir des informations précieuses et


de comprendre le ressenti global du patient. Elle amène plus de
possibilités d’échange.”

Vouloir aller trop vite

“En moyenne, un médecin coupe la parole d’un patient au bout


de 23 secondes !
Il ne faut pas avoir peur de laisser des blancs dans les échanges.
Cela permet au patient de réfléchir à des questions, à des
solutions et à de potentielles préoccupations.”

Induire de la résistance
Faire attention aux potentiels obstacles à l’écoute en ayant un
discours adapté.
Connaître ses propres jugements, idées reçues pour travailler
dessus.
S’exercer à la Communication Non Violente*.
Ne pas effrayer, ni menacer.
Ne pas minimiser.

La Communication Non Violente (CVN) :


C’est selon Marshall Rosenberg « le langage et les interactions qui
renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer
aux autres le désir d’en faire autant ». La CNV repose sur un
protocole précis qui considère la prise en compte de 4 principes
fondamentaux :
7
1) La possibilité d’observer toute situation sans aucun jugement des
autres (phase d’observation),
2) Le devoir d’apprentissage de chacun à exprimer son ressenti
personnel (sentiments et attitudes),
3) Le devoir de chacun à exprimer ses propres besoins (clarification
des besoins),
4) Le devoir de chacun à formuler ses attentes envers autrui
(formulation de demande).

“Prendre en compte et interroger les dimensions personnelles du


plan thérapeutique. Exemple : « Je vois que vous ne prenez pas
votre traitement quotidiennement. Y-a-t-il une difficulté particulière
qui s’oppose au bon suivi du traitement ? Est-ce que la prise du
médicament est compatible avec les activités que vous souhaitez
faire dans la journée ? Avez-vous rencontré une mauvaise
expérience avec ce traitement ? ».
Il faut absolument abandonner les discours qui induisent de la
résistance. Le classique « Si vous continuez comme ça, vous allez
droit dans le mur » est pour moi contre productif.”

Richard, C. (2016) La communication professionnelle en


santé. 2e édition. Montréal Toronto Paris

Association Cap CNV (2023), série de vidéos didactiques


sur la communication non violente : “Non je ne vous
prescrirai pas d’antibiotiques” , “Aborder un sujet
délicat”, “Psychiatrie et CNV”, “Mieux vivre l’annonce
d’une mauvaise nouvelle”

8
Face à la maladie : prendre soin de soi, pour prendre
soin des autres

Identifier les émotions qui nous traversent.


Verbaliser ce qui nous a mis en difficulté.
Communiquer avec le personnel du service ou entre pairs autour
des situations vécues à l’hôpital.
Identifier ce qui pourrait nous aider à mettre à distance une
situation difficile.*

Comment mettre à distance une situation difficile à l’hôpital ?


Raconter, mettre du sens sur un événement permet de le mettre à
distance. Tout au long de notre exercice médical, il est possible de :
Participer à des groupes de paroles : entre pairs, entre patients
et professionnels de santé, entre médecins et étudiants...
Tenir des carnets d’expériences, dans lesquelles il est possible
de raconter nos rencontres avec des patients ou des situations
qui nous ont touchés.
Se faire aider par des professionnels de santé. Au sein des
facultés, des référents de la Coordination Nationale
d’Accompagnement des Étudiants et Étudiantes en Santé
(CNAES) sont des ressources pour améliorer la qualité de vie
des étudiants. Au national, la ligne téléphonique (0 800 737 800)
et le tchat CNAES sont également disponibles.

“Dans toute situation où le patient exprime des émotions intenses


(ex: votre patient pleure, votre patient est très angoissé...), il est plus
important d'écouter et se montrer attentif que de « dire quelque
chose ». Il se peut que l'état émotionnel du patient vous touche, cela
est naturel (effet des neurones miroirs) et participe à la
compréhension du patient. En avoir conscience permet de prendre
du recul.

Une situation particulièrement difficile avec un patient (décès,


violence, souffrances, émotions intenses du patient) sera plus facile
à traverser/dépasser si elle est partagée avec des pairs. Cela arrive à
tout soignant et justifie l'existence et la promotion de temps
d'échange entres professionnels de santé : débriefing (discussions
pratiquées notamment par les équipes de SMUR après des
interventions difficiles), staffs et autres réunions de service, groupes
de formation des externes/groupes de parole pour les étudiants,
groupe de pairs et groupes Balint en ville. Il est important que les
étudiants (et tout soignant) disposent de tels espaces d'échange, ou
tout au moins que de telles situations puissent être
discutées/évoquées au sein des services hospitaliers.”

9
Binge audio, Le Serment d’Augusta
TACFA, Passage de Témoin
Podcast APHP, Santé-vous légitimes

En pratique
Avant d’entrer dans la chambre du patient

Connaître le nom du patient.


Relire le dossier du patient avant
d’aller le voir.
Savoir quels examens le patient a
passé le jour d’avant ou va passer
les prochains jours.
Anticiper les questions sur les
résultats des examens.
Évaluer sa propre disponibilité.
Frapper à la porte et attendre une
réponse.

“Avant d’entrer dans la chambre d’un patient ou d’une patiente,


je toque et je compte jusqu’à 8 dans ma tête avant d’entrer. Trop
de fois je me suis retrouvée face à un patient la porte ouverte et
aux toilettes, c’est très inconfortable alors que 100% évitable.”
“Si le patient est malentendant, j’entre doucement en disant «
toc-toc ».”
“J’évalue mon humeur et ma disponibilité qui peuvent interférer
avec le patient, puis je frappe.”

Présentation au patient

Dire « Bonjour Mme/ M. XX », avec le nom du patient.


Faire attention à l'identité de genre du patient.*
Donner notre fonction (stagiaire, externe, interne) et expliquer ce
qu’elle signifie.
Expliquer le motif de notre venue au sein de la chambre du patient.
Adopter une attitude et un ton aimables pour mettre le patient en
confiance.

10
L'identité de genre:
L’identité de genre est la perception intime de se sentir « homme », «
femme », ni l’un ni l’autre, ou les deux. Ce ressenti profond n’est ni
choisi ni contrôlable et peut correspondre ou non au genre attribué à
la naissance.
En cas de doute sur l’identité de genre d’un patient, il est bienvenu
de demander les prénoms et pronoms de la personne et de
s'excuser en cas d’erreur.
Faire preuve d’inclusivité c’est permettre un sentiment de sécurité et
de confiance pour le ou la patiente. Cela permet une alliance
thérapeutique et in fine un meilleur suivi médical.

“Bonjour je suis l’externe du service, je peux m’asseoir à côté de


vous ?”

“Bonjour, je m’appelle X je suis l’externe, étudiante en médecine de


garde, c’est moi qui vais assurer la première partie de votre
consultation puis vous serez vu de nouveau par un chef. Est-ce que
cela vous convient ?”

“Je dis « bonjour » en souriant, et si je porte un masque, j’essaie de


plisser les yeux un maximum pour que mon sourire se voie”

“J’essaye de poser systématiquement la question de l’identité de


genre et les pronoms qu’utilise mon ou ma patiente pour se définir.
Au mieux : la question permet d’instaurer un climat de confiance
pour quelqu’un qui ne s’identifie pas du genre qu’on lui a assigné à
la naissance. Au pire : on a perdu deux secondes.”

11
Anamnèse

Expliquer l’intérêt de nos questions.


Ne pas omettre les inquiétudes et représentations du patient.
Repérer les craintes vis-à -vis du traitement ou les angoisses
face à la maladie.
Repérer ce que le patient sait ou croit savoir grâce à Internet ou
à son entourage.

L’écoute active :

La méthode d’écoute active développée à partir des travaux du


psychologue américain Carl Rogers permet de créer un climat
propice à l’expression du patient afin de l’aider à faire émerger et à
exprimer au mieux son ressenti et ses questions face à une situation.
Cette méthode conseille notamment de reformuler mots ou notions
exprimés par l’interlocuteur. Cela permet de relancer sa parole et lui
faire comprendre que nous sommes attachés à le comprendre
précisément (ex : « Vous dites que… c’est bien ça ? »).

“Je pose la question des symptômes mais d’une façon plus générale
« que ressentez-vous dans votre corps ? ».”

“Essayer de comprendre comment la maladie affecte le patient dans


sa vie quotidienne : avec ses amis, sa famille, son ou sa conjointe…”

12
“Face à des patients qui cherchent des informations de santé sur
internet, on peut conseiller des sites de qualité, que ce soit des
portails médicaux ou des sites consacrés à une maladie spécifique.
L’utilisation d’internet n’est pas une menace mais plutôt une
opportunité de renforcer la relation médecin-patient.”

Guide Calgary-Cambridge de l’entrevue médicale


Crips Île-de-France ( 2023) : Guide LGBTQI+ : pour une
santé inclusive
HAS, outil 12 : écoute active

Lorsque le recueil d’informations intimes liées à la


sexualité est nécessaire :

Faire sortir les autres personnes de la pièce si nécessaire.


Commencer par d'autres questions et prendre le temps de
l’interrogatoire général pour engager une relation de confiance.
S’abstenir de tout commentaire d’ordre moral.
Ne pas préjuger de la sexualité du patient.
Ne pas préjuger du nombre de partenaires du patient.
Utiliser des mots simples et clairs.

“Je pose les questions sans tabou. Ne pas être gêné sinon le patient
le ressentira. Plus vous serez à l’aise, plus le patient le sera.”

“De façon à inclure toutes les sexualités, je préfére l’utilisation du


terme neutre « partenaires ».”

“Je vais vous poser des questions un peu plus intimes, elles
pourront m’aider à préciser le diagnostic.”

“Je vais vous poser quelques questions plus intimes, si certaines


vous gênent vous n’êtes pas obligé de répondre. Mais sachez que
ce que vous direz ne pourra être partagé qu'avec d'autres soignants
qui s'occupent de vous, et seulement si c'est nécessaire.”

“Dire les termes exacts. Ne pas passer par quatre chemins avec des
phrases non précises. Commencer par le commencement: « avez
vous déjà eu des rapports sexuels? » (peu importe l’âge) avant de
demander d’autres détails plus poussés.”

13
RSSP, Guide de premier recours en sexologie – Pour s’y
retrouver, en parler, dépister et orienter
RESSPAD, (2022), Ma santé sexuelle, ma priorité –
M’informer et me protéger
Centre Santé Sexuelle Colliard : Guide Santé Sexuelle
Multilingue

Lorsque le recueil d’informations liées À l’usage de


toxiques est nÉcessaire :

Faire sortir les autres personnes dans la pièce, mettre à l’aise.


Ne pas culpabiliser au risque d’induire de la résistance.
S’abstenir de tout commentaire d’ordre moral.

“Aller progressivement des questions les plus faciles aux plus


difficiles (tabac, puis alcool puis drogues). Éviter toute jugement de
valeur, propos moralisant ou attitude condescendante.”

“Rappeler l’intérêt de la transparence pour la santé du patient quant


à ces més/usages, sans jugement ni utilisation d’un vocabulaire
judiciaire ou pénal.”

“Ne pas diaboliser les prises de substances, sinon le patient peut


mentir par peur d’être jugé.”

“Si besoin, commencer directement par des phrases qui supposent


une prise de substance afin de faciliter la réponse du patient. Par
exemple : « combien de verre(s) d’alcool buvez vous par jour » au
lieu de demander « buvez vous de l’alcool ».”

“Ne pas émettre de jugements, demander la raison de la


consommation car cela peut être une ouverture vers un autre sujet
(familial, personnel, social, ...).”

“J'aurai besoin de quelques informations importantes concernant


vos habitudes de vie. Est-ce que vous fumez ? ... Et sur le plan de la
consommation d'alcool? Est-ce qu'il vous arrive ou vous est arrivé de
consommer des drogues?”

Lorsque le recueil d’informations liÉes aux conditions


Économiques / familiales / sociales est nÉcessaire :

Éviter de partir du principe que le patient est marié ou qu’il a des


enfants.

14
Éviter de partir du principe que le patient vit avec quelqu’un.
Dépister les violences vécues par des questions simples et
claires. (Ex : « Avez-vous été ou êtes-vous victime de violence
tant physique que morale ? »)*

Le dépistage des violences :

Il doit se faire devant des signes d’alertes (facteur favorisant,


plaintes, signes physiques, comportement inhabituel) mais il est
également conseillé à titre systématique !
Certaines personnes âgées, handicapées, ne maîtrisant pas le
français, souffrant de maladies psychiatriques chroniques ou
d'addictions sont particulièrement vulnérables aux violences et
souvent dépendantes de tiers pour leurs soins. Une vigilance accrue
sera nécessaire.

“Je vais vous poser des questions sur vous de manière générale
pour avoir une vue d'ensemble, puis nous nous attarderons sur le
motif de votre venue.”

“Remplacer « Qu’est-ce que vous faites comme métier ? » par « Est


ce que vous travaillez ? Quelles sont vos activités au quotidien? »”

“Ne pas hésiter à demander conseil à l’assistant ou l’assistante


sociale : tant sur la manière de communiquer avec le patient que sur
la possibilité de tel ou tel soin.”

“Si le patient vit avec quelqu’un, je demande de développer : « avec


un conjoint ou conjointe ? Avec des enfants ? » .”

“Avant l’examen clinique, je pose systématiquement la question «


Avez-vous déjà été victime de violences physiques ou morales, que
ça soit à la maison ou au travail ? » Cela me permet d’avoir une
information cruciale d’un point de vue médical et aussi d’être plus
vigilante au confort du patient lors de l’examen clinique.”

Guide : HAS, (2017 Repérage des femmes victimes de


violences au sein du couple COMMENT REPÉRER -
ÉVALUER (repérage systématique des violences)

15
EXAMEN CLINIQUE

Donner des consignes claires à chaque étape de l’examen.


Indiquer à quels moments de l’examen il est important que le
patient reste silencieux.
Informer le patient de la nature et de l’utilité du geste fait et de
celui qui suivra.
Veiller au confort physique du patient tout au long de l’examen
en observant ses réactions et en posant des questions.
Respecter l’intimité du patient en couvrant les parties du corps
qui n’intéressent pas l’examen.
Éviter les remarques sur le physique, même positives, s’il n’y a
pas de lien avec la consultation.
Éviter toute intrusion en cours d'examen : signaler la présence
d’un examen médical en cours par les témoins lumineux à
l’entrée de la chambre.

“Prendre le temps de l'interrogatoire général pour engager une


relation de confiance et demander comment le patient se sent, est-
ce qu’il a mal quelque part… J’essaye de ponctuer l’examen
physique de phrases comme : « m’autorisez vous à… », « permettez
vous que… »”

“Un examen clinique complet peut être long et source de stress pour
les patients.
Ne pas hésiter à faire le point au fur et à mesure de l'examen : « au
niveau du cœur tout va bien à l’auscultation !..etc ».”
16
“Je précise clairement quels vêtements le patient doit enlever pour
que je l’examine et lesquels il peut garder. C’est une source de
stress en moins pour les patients.”

GESTES INVASIFS

EXAMENS SOUVENT DOULOUREUX

Justifier le geste en rappelant l’intérêt médical derrière.


Expliquer le déroulement du geste.
S’adapter pour que le patient soit le plus confortable possible.
Utiliser des distractions (musique, tiers, vidéo…).
Éviter toute intrusion en cours d'examen : signaler la présence
d’un examen médical en cours par les témoins lumineux à
l’entrée de la chambre.

Le consentement dans le soin :

L’article 36 du code de déontologie médicale (article R.4127-36


du code de la santé publique) et ses commentaires définissent
précisément les modalités de recueil du consentement du patient.
“Les actes médicaux justifiant ce consentement doivent être
entendus au sens large : en commençant par l’examen clinique
habituel dont certains gestes peuvent être désagréables,
comprenant d’éventuelles investigations complémentaires, différents
traitements, la surveillance du traitement et de ses suites ;

17
le consentement du patient porte également sur sa participation
éventuelle à la formation d’étudiants ou de professionnels de santé
(article L.1111-4, 8ème alinéa du code de la santé publique).
Le fait d'intervenir sur un patient contre son consentement est pour
un médecin une faute qui engage sa responsabilité civile et l'expose
à une sanction disciplinaire.”

“En stage de pneumologie, je faisais régulièrement des gaz de sang


à mes patients. Pour les distraire, j’ai créé une playlist spéciale avec
des musiques relaxantes et d’autres que les patients appréciaient. A
chaque gaz du sang, une chanson ! Le moment était un peu moins
désagréable comme ça.”

“Accompagner le geste en expliquant où vous en êtes. On peut, par


exemple, demander au patient tout au long du geste de « respirer
profondément et lentement ». Cela permet de l'accompagner et qu'il
se concentre sur sa respiration.”

“Je précise ce qu'il peut sentir, ce qui peut être délicat ou sensible
(plutôt que « difficile » ou « douloureux »), et ce qui est mis en
œuvre pour que cela soit le plus confortable possible (anesthésie
locale, tiers soignant pour tenir la main ou se mettre face du patient
pour la PL, choix éventuel de la position quand cela est possible).”

“Le recours à une distraction peut aider : un tiers soignant qui


discute de sujets agréables/légers, de la musique, un dessin animé
sur un smartphone pour un enfant, glucose en pipette pour un
nourrisson…”

“Demander au patient s'il a des questions puis « on y va? », « vous


êtes prêt? ».”

“Une réaction de panique doit remettre en question l'intérêt du


geste, et nous pousser à en améliorer les conditions (prémédication,
contexte, alternatives).”

“Utiliser des mots positifs, des phrases comme « dites moi si vous
n'êtes pas confortable » plutôt que « dites moi si cela fait mal » car à
cause du stress, le patient ne va pas retenir la négation mais juste le
mot « douleur » .”

Guide : Confédération Française d'Hypnose et de


Thérapie Brève : Livre Blanc, 2020

18
EXAMENS INTIMES
LA question du consentement

Montrer et expliquer ce qui va être introduit dans le corps du


patient (doigt, sonde d’échographie, spéculum…) et préciser la
position dans laquelle il devra se mettre.
Veiller à ce que le patient ait bien compris l'examen.
Ne demander l’accord du patient qu’après avoir tout expliqué.
Rechercher un consentement éclairé et explicite.
Rassurer le patient sur la possibilité d’interrompre l’examen.

“Toujours expliquer l'utilité de l'examen en fonction des situations et


demander au patient s’il a des questions.”

“Le patient a-t-il déjà eu cet examen ? Si oui est-ce que cela s'est
bien passé ? En cas de réponse négative à l'une de ces 2 questions,
on devra porter beaucoup d’attention à la suite de l'entretien, et on
s'intéressera a ce qui a pu poser problème lors d'un précédent
examen.”

“En cas de réticence : je sais que ce n'est pas très agréable et je


comprends que cela peut être gênant pour vous mais ce ne sera pas
douloureux. Si réticence ou refus : Qu'est ce qui vous dérange ?
Qu'est ce qui vous fait peur ? Prendre le temps de réexpliquer et de
rassurer. Avez-vous déjà vécu des situations de traumatisme en ce
qui concerne votre intimité ?”

“Il faut recevoir un « oui » clair. Si la réponse est négative, essayer


de comprendre pourquoi et s'enquérir d'éventuelles questions car
l'objet du refus peut être un manque de compréhension. Ne pas
hésiter à laisser un temps de réflexion si cela est possible et
redemander plus tard.”

“On peut préciser au patient qu'il pourra demander d'interrompre


l'examen à tout moment, en particulier en cas
d'appré[Link] l'examen on peut décrire le déroulement,
demander si ça va, dire quand c'est bientôt fini.”

“Je ne demande l'accord du patient qu'après avoir tout expliqué.


Cela fait partie de la prise de contact et de la mise en confiance,
demander l'accord avant augmente fortement le risque de refus. Je
n'anticipe pas le désir/besoin du patient d'être examiné par un
soignant du même sexe, je n'amène cette possibilité qu'en cas de
refus ou forte appréhension (et évidemment si cela est
matériellement possible).”

“Est ce que vous êtes d' accord si je réalise [tel examen] ? » « on


peut s' arrêter à tout moment si vous le souhaitez et/ou si vous avez
mal » puis juste avant de réaliser l’examen « c’est vous qui décidez
quand on commence ».”

19
Les conditions de la pratique

S'assurer de l'absence de tiers sauf demande spécifique du


patient.
Limiter le nombre de soignants à ceux dont la présence est soit
indispensable, soit acceptée par le patient.
Respectez l’intimité du patient en couvrant les parties du corps
qui n’intéressent pas l’examen.
Demander au patient de se mettre en position uniquement au
moment du geste.
Prévenir lorsque l'on va toucher le patient.
Vérifier tout le long de l'examen que le patient est à l'aise.
La sonde d’échographie ou le spéculum pourra être introduit par
la patiente elle-même.
Éviter toute intrusion en cours d'examen : signaler la présence
d’un examen médical en cours par les témoins lumineux à
l’entrée de la chambre.

Les Violences Obstétricales et Gynécologiques (VOG) :

Exercées volontairement ou non par les soignants, ces pratiques


violentes ou vécues comme telles peuvent être de nature : physique,
sexuelle, verbale... Elles se dévoilent lors d’actes inappropriés :
stigmatisants ou discriminatoires, ne respectant pas les standards de
soin ou réalisés sans consentement.
Les VOG sont un obstacle à l’alliance thérapeutique et à la continuité
des soins tant en gynécologie que pour le reste des disciplines
médicales.

“Le retrait du soutien gorge ou de la culotte doit se faire en


préservant l'intimité. Il faut éviter de regarder le patient dans ces
moments-là tout en restant vigilant sur son état émotionnel. »

« Pendant l'examen on peut demander au patient, tout au long du


geste, de respirer tranquillement, profondément et lentement afin de
l'accompagner et qu'il se concentre sur sa respiration. Dire lorsque «
c'est bientôt terminé ».”

Vidéos : CEGORIF - Maison des Femmes de Saint Denis ,


Et si on s’écoutait ? (série de 3 épisodes)

Guide : MIPROF (Mission interministérielle pour la


protection des femmes contre les violences et la lutte
contre la traite des êtres humains), Kit pédagogique
Mutilations sexuelles féminines : BILAKORO

20
Communication autour du patient et visite
professorale

Si le patient est présent, le nommer, le regarder régulièrement


pour qu'il se sente pris en compte pendant l'échange le
concernant.
S'assurer que ce qui a été échangé est compris par le patient en
traduisant en langage commun.
Permettre au patient d'intervenir et de poser des questions.
Avant la visite, en expliquer l’objectif au patient et dire qui sera
présent (nombre et statut) pour éviter l’effet de surprise.
S'organiser avec ses co-externes pour rentrer à tour de rôle
dans les chambres des patients.

“Après la visite, proposer de repasser plus tard pour répondre aux


questions du patient et expliquer en langage compréhensible pour
lui.”

“L'échange entre soignants quand le patient est présent doit se faire


en l'incluant dans cet échange et en se demandant comment il
perçoit ce que l'on dit de lui et de sa pathologie. Revenir vers lui
pendant ou à la fin de cet échange pour lui demander s'il a des
questions.”

“L'échange entre soignants quand le patient est absent est un


échange d'informations utiles à son soin, dans le respect de sa
personne, sans jugement de valeurs.”

21
“L'échange avec la famille est surtout déterminé par l'intérêt de la
rassurer (quand c'est possible) en veillant à ne pas transmettre
d'informations couvertes par le secret médical et que seul le patient
peut décider ou non de donner à ses proches. Tout en
reconnaissant la légitimité des questions posées par la famille
suscitées par son inquiétude, il est possible de dire que pour l'instant
on ne peut en dire plus mais qu'on les tiendra informés et qu'ils
peuvent pour cela prendre un rendez-vous avec le médecin
responsable qui suit le patient.”

22
II. Situations particulières
Votre patient a vécu des violences

Lui donner des ressources (psychologues, assistants sociaux,


unités médico- judiciaires, numéros utiles…).
S’assurer que le patient n’est pas susceptible d’être confronté de
nouveau à la situation de violence .
Faire passer des messages clés :
Les violences sont inacceptables et interdites par la loi.
Il ou elle n'est pas responsable de cette violence.
Il ou elle peut s'exprimer librement, sans crainte.
Ses sentiments et émotions sont légitimes.
Il ou elle a le droit de vivre sans violence et sans peur.
La violence peut avoir des conséquences graves sur sa
santé et celle de ses enfants.
Il ou elle peut se faire aider.

Les obligations de signalement :

En pratique, le signalement est un document écrit à destination du


procureur de la république. Il notifie la date précise, l'heure de
l’examen et des renseignements d’identité. Il expose de façon la plus
objective possible : les propos de la victime retranscrits entre
guillemés et les faits constatés lors de l’examen clinique. Le
consentement du patient à ce signalement n’est pas obligatoire mais
doit être recherché.

« L'article 226-13 [concernant le secret professionnel] n'est pas


applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du
secret. En outre, il n'est pas applicable :
1° À celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou
administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu'il s'agit
d'atteintes ou mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui
ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en
mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité
physique
2° Au médecin ou à tout autre professionnel de santé qui, avec
l'accord de la victime, porte à la connaissance du procureur de la
République ou de la cellule de recueil, de traitement et d'évaluation
des informations préoccupantes relatives aux mineurs en danger ou
qui risquent de l'être, mentionnée au deuxième alinéa de l'article L
226-3 du code de l'action sociale et des familles, les sévices ou
privations qu'il a constatés, sur le plan physique ou psychique, dans
l'exercice de sa profession et qui lui permettent de présumer que
des violences physiques, sexuelles ou psychiques de toute nature

23
ont été commises. Lorsque la victime est un mineur ou une
personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de
son âge ou de son incapacité physique ou psychique, son
accord n'est pas nécessaire;
3° Au médecin ou à tout autre professionnel de santé qui porte à la
connaissance du procureur de la République une information relative
à des violences exercées au sein du couple relevant de l'article 132-
80 du présent code, lorsqu'il estime en conscience que ces
violences mettent la vie de la victime majeure en danger
immédiat et que celle-ci n'est pas en mesure de se protéger en
raison de la contrainte morale résultant de l'emprise exercée par
l'auteur des violences. Le médecin ou le professionnel de santé
doit s'efforcer d'obtenir l'accord de la victime majeure; en cas
d'impossibilité d'obtenir cet accord, il doit l'informer du
signalement fait au procureur de la République; (...) »

“Souhaitez-vous en parler aujourd'hui avec moi ? ou préférez vous


être orienté vers un professionnel que je peux vous conseiller ?.”

“Laisser son mail / contact pour se rendre disponible si questions


ultérieures, nécessiter d'en parler à postériori, respecter le rythme
du patient.”

“Avez-vous vécu des violences ? C'est fréquent vous savez. Ici c'est
possible d'en parler.”

“Réassurance sur le fait que l’on a entendu, voire le remercier de


nous confier cela si c’est la première fois.”

Application : [Link]

MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des


femmes contre les violences et la lutte contre la traite des
êtres humains), Kits pédagogiques :
Kit ANNA : Violences au sein du couple
Kit ELSA : Violences sexuelles

HAS, Fiche Mémo : Maltraitance chez l’enfant : repérage


et conduite à tenir

24
numéros utiles
115 Demande d’hébergement d'urgence

France victimes
116006 7j/7 de 9h à 19h

Fédération nationale des associations et des centres de


prise en charge d’auteurs de violences conjugales et
08 019 019 11 familiales (FNACAV), numéro d’écoute à destination des
auteurs de ces violences
Lundi au dimanche de 9H00 à 19H00

Violences Femmes Info


3919 24h/24 - 7j/7

Viol femmes informations


0 800 05 95 95 Lundi au vendredi de 10h à 19h

Application mobile victimes et témoins (permet d’alerter


[Link] proches, services de secours, associations et toutes
aides disponible autour de toi)

Danger immédiat, par sms , pour les personnes


114 malentendantes / ne pouvant pas s’exprimer à haute voix
24h/24 et 7j/7

Violences sexuelles dans l’enfance


0 805 802 804 Lundi au vendredi de 10 à 19h

Allô enfance en danger


Un tchat est également disponible sur le site
119 [Link]
24h/24 - 7j/7

Plateforme anti-discriminations
3928 Lundi au vendredi de 9h30 à 19h

SOS homophobie
Lundi au jeudi : 18h-22h
01 48 06 42 41 Vendredi : 18h-20h
Samedi : 14h-16h
Dimanche 18h-20h

Le Refuge - protéger les jeunes LGBT / appel ou sms


06 31 59 69 50 24h/24 - 7j/7

SOS Racisme / appel ou sms


01 40 35 36 55 24h/24 - 7j/7

Signalement acte anti sémite


0 800 18 26 26 Mardi au vendredi de 10h30 à 13h

Harcèlement et cyber harcèlement


3018 7j/7 de 9h à 23h

25
Votre patient ne parle pas votre langue

Nommer la difficulté et les solutions que l'on peut proposer (outil


de traduction, interprète ...).
Mettre en place des solutions et veiller à la compréhension du
patient.

“Quand je ne comprends pas la langue d’un patient, mon premier


réflexe est d’essayer de trouver quelqu’un du service qui peut
traduire : souvent des collègues, parfois des traducteurs de
l’hôpital.”

“Je demande d'appeler un membre de la famille pour traduire en


simultané et je veille à ce que tout soit bien traduit : à la fois tout ce
que dit le patient mais aussi toutes les informations que je donne.”

“Regarder le patient dans les yeux et être très attentif aux


expressions corporelles. Parler avec les mains. Mimer ! Il est aussi
possible de réaliser des pictogrammes avec des mots essentiels qu’il
peut montrer (douleur, envie d’aller aux toilettes. Faim, soif, autres
symptômes en fonction des situations).”

“La barrière de la langue est un facteur discriminant dans le soin,


notamment en ce qui concerne le consentement (qui implique la
compréhension), nous devons dans ce cas être encore plus attentif à
la qualité de notre prise en charge. ”

Santé Publique France, Livrets de santé bilingue


(disponibles en 22 langues)

Traducmed - application de traduction médicale


Medipicto APHP - outil de traduction et pictogrammes

26
Votre patient veut mourir

Écouter et accueillir la parole, sans tout de suite chercher à


apporter une réponse.
Comprendre ce qui se cache derrière ce souhait (sentiment de
colère, peur d’être un poids pour la famille, douleur physique…).

Que se cache derrière les mots des patients ?

Selon le contexte et selon les personnes, chaque mot prend une


signification différente. « Je veux arrêter la dialyse » peut vouloir dire
: « ce type de machine m'est insupportable et je veux changer ! » ou
« je n'ai plus envie de faire tous ces kilomètres tous les 3 jours » ou «
je veux une greffe », etc. Le rôle du soignant sera de démêler le
signifiant (sous-entendus) du signifié (ce qui est dit).

“Permettre au patient de s'exprimer sur ses ressentis, sa situation,


ses raisons. Prendre le temps. En contexte hospitalier général, lui
demander s'il a pensé à mettre en acte son souhait et comment.
Questions sur ses antécédents psy, son entourage... Demander l'avis
d'un psy en l’expliquant au patient.”

“Donner un espace d'écoute et de compréhension est la première


priorité : soi-même éventuellement, et dans tous les cas un tiers
spécialisé.”

“Comprendre les motifs derrière la demande d’un patient de vouloir


en finir est essentiel pour y répondre de manière adéquate. Quelle
qu’en soit la cause, c’est souvent exacerbé par la douleur physique
qui nécessite d’être verbalisée, écoutée et soulagée.”

Fin de vie, soins palliatif : centre national, Fin de vie :


accompagner et dialoguer avec les patients

Vigipallia, MOOC : "La fin de vie : s'informer pour en


parler"

27
Votre patient a des propos qui vous
offensent ou devient violent

Ne pas se mettre en danger : alerter des collègues, voir la


sécurité si le patient devient violent.
Mettre des mots sur la situation.
Prendre le temps de comprendre la colère ou la frustration du
patient sans se mettre en danger.
Demander l’aide d’un tiers lorsque la communication est
impossible ou que la tension monte.

“Le patient est avant tout un malade en situation de souffrance et de


stress, cela doit être pris en compte, car cela favorise l'agressivité
(réaction instinctive d'attaque face au danger, notre part animale
peut parfois prendre le dessus...). Attention à nos réactions
impulsives, prendre de la distance si possible (physiquement et dans
le temps, en s'adressant à un tiers...).”

“Rester calme. Dire que vous vous sentez offensé ou mal à l’aise.
Essayer de comprendre pourquoi ce patient est agressif. Lorsque le
caractère agressif est la conséquence d'une peur, essayer de
rassurer le patient.”

“Demander au patient quels sont ses besoins, ses attentes. Y


répondre lorsque c'est possible. Expliquer pourquoi si ce n'est pas
possible. Expliquer la situation. Faire appel aux collègues en cas de
sentiment de danger ou si c'est trop difficile pour soi-même.”

“Que se passe-t-il ? J'observe que quelque chose ne va pas bien,


peut être en rapport avec mes actions/propos ? Souhaitez vous en
parler, j'aimerais comprendre afin de d'améliorer la relation de
soins.”

“Lui proposer de l'examiner peut permettre de débloquer la situation


en replaçant le soignant dans sa fonction.”

“Ne pas hésiter à quitter la chambre si la discussion vous semble


impossible et repasser voir le patient plus tard.”

28
Votre patient pose une question, vous ne
connaissez pas la réponse

“Ne pas faire semblant de savoir. Dire qu'on ne sait pas mais qu'on a
entendu sa question et que l'on va essayer de voir comment lui
répondre. Bien garder en tête que nous sommes en formation et que
nous ne pouvons pas toujours avoir tous les éléments de réponse.”

“Je ne vais pas savoir répondre à votre question mais je vais me


renseigner et je reviens vous dire.”

“Nous n'aurons jamais les réponses à toutes les questions, mieux


vaut être prêt à admettre parfois notre ignorance (ce qui peut être
difficile). Le patient nous en sera la plupart du temps reconnaissant,
et il acceptera d'autant mieux notre incapacité à répondre qu'il
sentira que nous l'acceptons nous même (sans culpabilité).”

“L'étendue des connaissances utiles et indispensables à la pratique


de la médecine, ainsi que leur évolution constante, justifie que nous
ayons recours à des supports de recherche, cela sera même
souvent indispensable pour soigner le patient au mieux et ne pas le
mettre en danger. Le patient peut parfaitement le comprendre la
plupart du temps. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas très grave.”

Votre patient refusE un soin

Essayer de comprendre la raison du refus.


Expliquer de nouveau les enjeux et l'intérêt du soin.
Demander l’intervention d’un tiers

“Étayer le refus de soin : pourquoi ? Est ce l’approche qui ne


convient pas? L’heure ? La douleur ? L'anxiété ? Proposer une autre
manière de faire ou une autre personne parfois.”

“Il n'y a pas de refus de soin sans raison à ce refus. Expliquer


l'intérêt du soin proposé et le laisser y réfléchir. Proposer de revenir
plus tard.”

“Face au refus de soins d’une personne seule, je demande


l’intervention d’un proche pour pouvoir l’expliquer à lui aussi et les
faire réfléchir ensemble.”

29
“L’ultime arme face à un refus est de faire signer au patient une
attestation de refus de soins. C’est une façon de le faire réfléchir et
de lui montrer l’importance de son choix.”

Votre patient est un enfant

S’adresser directement à l’enfant avec des mots qu'il peut


comprendre.
Tout expliquer au fur et à mesure de l’examen clinique.
Rechercher son consentement.

“Pour un nourrisson ou un très jeune enfant éviter l'effet de surprise


en expliquant ou en montrant ce que l'on fait (il peut toucher le
stheto, la lumière...), même si l'on est pas sûr qu'il comprenne, le ton
de la voix et la qualité des contacts avec les yeux et les mains sont
très importants puisque les mots ne sont pas toujours compris.”

“Possibilité d'avoir une distraction : tiers soignant qui discute de


sujets agréables/légers, musique, dessin animé (sur un smartphone)
pour un enfant, glucose en pipette pour un nourrisson...”

“S'adapter au développement neuro/psychique/psychomoteur de


l'enfant. Se mettre à la hauteur de l'enfant. Faire des métaphores
adaptées pour que l'enfant comprenne la situation.”

“Si les parents sont présents il faut les intégrer dans le soin (ce sont
nos meilleurs alliés car ils sont une figure rassurante pour leurs
enfants).”

30
III. Boîte à outils
AUtoévaluation

Quelles sont les Quels éléments je


actions que je mets voudrais introduire
déjà en place ? dans ma pratique
médicale ?

Pour prendre soin de ma


santé mentale au quotidien

Pour faire face à des


situations compliquées
émotionnellement

Pour me détacher de mes


propres croyances et faire
un pas vers l’autre

Pour faire preuve


d’inclusivité pour TOUS mes
patients (peu importe leur
identité de genre, leur
culture, leur sexualité,
leur pathologie, leur
langue …)

Pour que les patients


comprennent leurs soins et
leur pathologie

Pour favoriser l’expression


de mes patients

Pour placer le
consentement au coeur du
soin

31
Quelles sont les Quels éléments je
actions que je mets voudrais introduire
déjà en place ? dans ma pratique
médicale ?

Pour favoriser le confort


pendant un examen

Pour prendre du recul sur


ma pratique médicale

Pour établir des relations


de confiance avec mes
patients

Applications et sites web :


[Link] : des bandes-dessinées pour comprendre la santé
avec des images et des mots simples.
Accès au droit et informations juridiques : [Link]
Traducmed - outil de traduction médicale
Medipicto APHP - outil de traduction et pictogrammes

PODCASTS :
Binge audio, Le Serment d’Augusta
TACFA, Passage de Témoin
APHP, Santé-vous légitimes

32
Vidéos
Association Cap CNV (2023), série de vidéos didactiques sur la
communication non violente :
Non je ne vous prescrirai pas d’antibiotiques
Aborder un sujet délicat
Psychiatrie et CNV
Mieux vivre l’annonce d’une mauvaise nouvelle
CEGORIF - Maison des Femmes de Saint Denis , Et si on
s’écoutait ? (série de 3 épisodes)

Guides
Guide Calgary-Cambridge de l’entrevue médicale
Santé Publique France, Livrets de santé bilingue (disponibles en
22 langues)
Crips Île-de-France ( 2023) : Guide LGBTQI+ : pour une santé
inclusive
RSSP, Guide de premier recours en sexologie – Pour s’y
retrouver, en parler, dépister en orienter
RESSPAD, (2022), Ma santé sexuelle, ma priorité – M’informer et
me protéger
Centre Santé Sexuelle Colliard : Guide Santé Sexuelle
Multilingue
HAS, (2017 Repérage des femmes victimes de violences au sein
du couple COMMENT REPÉRER - ÉVALUER (repérage
systématique des violences)
MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des
femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres
humains), Kits pédagogiques:
Kit Mutilations sexuelles féminines : BILAKORO
Kit ANNA : Violences au sein du couple
Kit ELSA : Violences sexuelles
HAS, Fiche Mémo : Maltraitance chez l’enfant : repérage et
conduite à tenir
Confédération Française d'Hypnose et de Thérapie Brève : Livre
Blanc, 2020
HAS, outil 12 : écoute active

Livres :
Richard, C. (2016) La communication professionnelle en santé.
2e édition. Montréal Toronto Paris
L’école des soignantes, Martin Winckler
Le Choeur des femmes, Martin Winckler
L’homme étoilé BD
Les milles et une vies des urgences

33
#100%CONSENTEMENTPATIENT

Association Nationale des


Étudiants en Médecine de France
ethique@[Link]

Nous suivre :

@instanemf

ANEMF

ANEMF

Vous aimerez peut-être aussi