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Thélème

Les Thélémites, selon Gargantua, vivaient selon leur libre arbitre sans lois ni contraintes, se levant, mangeant et travaillant à leur guise. Leur seule règle était 'Fais ce que voudras', favorisant une émulation louable et une éducation raffinée, où chacun était instruit et habile. Les relations entre les membres étaient empreintes de confiance et d'amitié, se poursuivant même après le mariage.

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Les Thélémites, selon Gargantua, vivaient selon leur libre arbitre sans lois ni contraintes, se levant, mangeant et travaillant à leur guise. Leur seule règle était 'Fais ce que voudras', favorisant une émulation louable et une éducation raffinée, où chacun était instruit et habile. Les relations entre les membres étaient empreintes de confiance et d'amitié, se poursuivant même après le mariage.

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Parcours rire et savoir “ Comment étaient réglés les thélémites dans leur manière de vivre “

Gargantua, (1542)

Toute leur vie était employée non selon des lois, statuts ou règles, mais selon leur volonté et leur
libre arbitre. Ils se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient,
dormaient le désir leur en venait. Personne ne les éveillait, personne ne les forçait ni à boire, ni à
manger, ni à faire quelque autre chose. Ainsi l’avait établi Gargantua. Dans leur règle il n’y avait que
cette clause : “Fais ce que voudras.” Parce que des gens libres, bien nés, bien éduqués, conversant
dans des compagnies honnêtes ont par instinct, comme un aiguillon, qui les pousse toujours à agir
vertueusement et les retire du vice : ils le nomment honneur. Quand ils sont écrasés et asservis par
une vile sujétion et une contrainte, ils détournent le noble zèle par lequel ils tendaient librement à la
vertu, vers la déposition et la rupture de ce joug de servitude. Car nous entreprenons toujours les
choses défendues et convoitons ce qui nous est refusé.

Par cette liberté, ils entrèrent dans une louable émulation de faire tous ce qu’ils voyaient plaire à
l’un d’eux. Si l’un ou l’une disait “Buvons”, tous buvaient. Si on disait “Jouons”, tous jouaient. Si on
disait “ Allons nous ébattre aux champs”, tous y allaient. Si c’était pour la chasse au vol ou la chasse,
les dames montées sur de belles haquenées avec leur palefroi bien harnaché, portaient chacune sur
leur poing protégé d’un gant mignon, ou un épervier, ou un laneret, ou un émerillon ; les hommes
portaient les autres oiseaux.

Ils étaient si noblement instruits qu’il n’y avait parmi eux personne qui ne sût lire, écrire, chanter,
jouer d’instruments harmonieux, parler cinq ou six langues [...].

Jamais ne furent vus des chevaliers si preux, si galants, si habiles à pied et à cheval, plus vigoureux,
qui bougent mieux, qui manient mieux toutes les armes qui étaient là. Jamais ne furent vues des
dames plus élégantes, plus mignonnes [...]que celles qui étaient là.

Pour cette raison, quand le temps était venu où l’un d’eux voulait sortir de cette abbaye, soit à la
requête de ses parents, soit pour d’autres causes, il emmenait avec lui une des dames, celle qui
l’aurait pris pour son dévot, et ils étaient mariés ensemble. Et ils avaient si bien vécu à Thélème en
confiance et amitié, qu’ils continuaient encore mieux en mariage, et s’entre-aimaient autant à la la
fin de leurs jours qu’au premier jour de leurs noces.

Gargantua, extrait du chapitre 57. François Rabelais (1542).

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