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Gestion Ouvrages Eau

Le document traite de la gestion des ouvrages d'eau et d'assainissement, en se concentrant sur la collecte, le traitement et la valorisation des eaux usées. Il aborde les différents types d'eaux usées, les systèmes de collecte, les méthodes de traitement, ainsi que les données nécessaires pour l'élaboration de projets d'assainissement. L'objectif est de familiariser les étudiants avec les techniques et les pratiques liées à la gestion des eaux usées domestiques et industrielles.

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GESTION DES

OUVRAGES D'EAU ET
D'ASSAINISSEMENT

Joseph Wéthé

Joseph WETHE
Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de
l'Environnement (2iE)

Août 2008
Table des matières

I - LA COLLECTE ET L'ÉVACUATION DES EAUX USEES 9

A. BREF APERÇU SUR LES EAUX USÉES URBAINES............................................9


1. Définition et Composition des eaux usées urbaines......................................................9
2. Caractérisation des eaux usées...............................................................................11
3. Généralités sur les types de pollution par les eaux usées urbaines...............................13

B. LES SYSTEMES DE COLLECTE DES EAUX USEES.........................................15


1. Les schémas types des réseaux d'évacuation des eaux usées......................................16
2. Typologie des réseaux d'assainissement...................................................................17
3. Les principaux éléments constitutifs d'un réseau de collecte des eaux usées..................18
4. Méthodologie générale de dimensionnement des réseaux de collecte des eaux usées.....27
5. Autres considération nécessaires.............................................................................34

C. Exécution et exploitation des ouvrages de collecte des eaux usées................35


1. Préparation du chantier..........................................................................................35
2. Etapes méthodologique d'exécution des ouvrages de collecte des eaux usées................36
3. Exploitation des réseaux de collecte des eaux usées...................................................39
4. Quelques problèmes pouvant survenir dans le réseaux de collecte des eaux usées.........42

II - LES SYSTEMES DE TRAITEMENT DES EAUX USÉES ISSUES D'UN RÉSEAU COLLECTIF 47

A. LES PRINCIPAUX TYPES DE TRAITEMENT DANS UNE STATION D'ÉPURATION


COLLECTIVE................................................................................................47

B. LES STATIONS INTENSIVES.....................................................................49


1. Les procédés à bactéries fixes.................................................................................49
2. Le procédé par boues activées................................................................................50

C. LES STATIONS EXTENSIVES OU RUSTIQUES..............................................54

D. CRITÈRES DE CHOIX ET PRINCIPE DE DIMENSIONNE MENT DES STEP..........54

E. LES OUVRAGES D'ASSAINISSEMENT AUTONOME........................................56


1. La fosse septique...................................................................................................56
2. Dispositifs annexes des fosses septiques..................................................................58
3. Critères d'aptitude du sol à l'assainissement autonome..............................................59
4. Précautions à prendre lors de la mise en place et l'exploitation des fosses septiques......59
5. Dimensionnement des fosses septiques....................................................................59
6. Evacuation des effluents après la fosse septique........................................................61
7. Les ouvrages d'assainissement à faible coût : les latrines améliorées...........................64

III - LE TRAITEMENT DES BOUES DE VIDANGES 69

IV - LES DONNES NECESSAIRE A L'ELABORATION DES PROJETS ET PROGRAMMES


D'ASSAINISSEMENT 71

3
A. Quelque notions d'ordre générale..............................................................71

B. Données techniques à prendre en compte dans l'élaboration des projets et


programmes d'assainissement.......................................................................72

4
Objectifs

Collecte, Traitement et Valorisation des eaux usées

5
Introduction

L'objectif général de ce cours est de familiariser les étudiants aux différentes méthodes de
gestion des ouvrages de collecte, de stockage et d'évacuation des eaux usées de type
domestique ;
Le cours comporte trois phases :
 œuvre, leur atouts et contraintes ;
 une partie applicative correspondant aux travaux dirigés et travaux pratiques en
collaboration avec le laboratoire des eaux du 2iE;
 une partie pratique constituée de visites d'ouvrages d'assainissement des eaux usées
dans et en dehors de la ville de Ouagadougou.

7
LA COLLECTE ET
I
I -

L'ÉVACUATION DES
EAUX USEES
BREF APERÇU SUR LES EAUX USÉES URBAINES 9
LES SYSTEMES DE COLLECTE DES EAUX USEES 15
Exécution et exploitation des ouvrages de collecte des eaux
usées 35

La collecte des eaux usées produites dans une établissement humain donné fait
partie intégrante de l'une des priorités fondamentales de l'assainissement de cette
établissement humain. Une collecte efficace est celle qui, en évacuant les eaux
usées loin des habitations, des installations socio-économiques et culturelles, limite
au maximum les risques immédiats ou différés des nuisances sur l'homme, sur son
cadre de vie et sur l'environnement qui l'entoure.
Au bout de la collecte se situe le traitement des eaux usées qui constitue le second
objectif fondamental de l'assainissement. Les eaux usées ne doivent en effet être
rejetées dans le milieu récepteur que si leurs caractéristiques finales sont
compatibles d'une part, avec les exigences de santé publique et de préservation de
l'environnement, et d'autre part, avec les capacités auto-épuratrices de ce milieu
récepteur.
Dans une localité donnée, la réalisation des ouvrages de collecte des eaux usées se
fera progressivement en fonction des objectifs assignés et du rythme de croissance
et d'extension spatiale de l'agglomération considérée. Elle sera également
envisageable dans cette localité en fonction de la demande réellement exprimée et
des moyens technico-financières disponibles.
une partie théorique, comportant des exposés sur les techniques, leurs principes de
mise en

A. BREF APERÇU SUR LES EAUX USÉES URBAINES

1. Définition et Composition des eaux usées urbaines


Les eaux usées urbaines sont des eaux résiduaires constituées des eaux usées
domestiques, des eaux usées industrielles, des eaux usées agricoles et des eaux
pluviales ou de ruissellement (qui en sont les plus abondantes). Ces différents
types diffèrent entre eux sur le double plan qualitatif et quantitatif.

a) les eaux usées domestiques,

9
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Les eaux usées domestiques contiennent les matières organiques et minérales


solubles, colloïdales et en suspension. Ces charges polluantes, qui varient en
fonction du temps et du niveau de vie des habitants, se présentent sous trois
formes, à savoir :
- les matières en suspension décantables en 02 heures,
- les matières en suspensions non décantables en 02 heures en raison de leur
granulométrie fine, de leur faible densité ou encore de leur état colloïdal,
- les matière dissoutes.
Les eaux usées domestiques contiennent également des germes pathogènes issus
des matières fécales, une forte population microbienne, des désinfectants et parfois
accidentellement des hydrocarbures principaux inhibiteurs biologiques. Les bases
du dimensionnement et de conception des ouvrages du réseau de collecte des eaux
usées domestiques recommandent de bien connaître au départ tous les paramètres
caractéristiques des eaux à transporter.
La connaissance des quantités d'eaux usées domestiques produites dans une
agglomération donnée reste approximative dans la plupart des pays africains.
Cependant, on peut s'appuyer sur les quantités d'eaux potables distribuées ou
consommées. Il est de plus en plus établi que les quantités d'eaux usées rejetées
sont en rapport étroit avec l'eau consommée dans un ménage. Le régime
hydraulique des eaux usées rejetées suit alors la même allure que celui de l'eau
distribuée ou consommée, qui dépend en outre du niveau socio-économique du
ménage considéré, de l'îlot, du tissu urbain et de la ville tout entière. En fonction du
rythme des activités socio-économiques et des habitudes journalières des habitants
(lever, heures de toilette, de cuisson, de repas, de coucher, etc.), on note une
variation de ce régime dans le temps et l'espace. C'est pour cette raison que dans
le cadre des projets d'assainissement, il est courant de définir le coefficient de
pointe (horaire, journalier ou annuel) pour tenir compte de ces fluctuations.
i les eaux usées industrielles,
La variabilité et l'extrême diversité des eaux usées industrielles rendent difficile et
parfois illusoire tout souci d'en établir un profil type. Toutefois, on a pu relever
quelques caractéristiques propres à certaines eaux usées industrielles en fonction
des branches d'activités dans le secteur.
- les effluents à charge minérale dominante proviennent des exploitation minières,
des industries de transformation des mines et des carrières ; ces effluents sont
chargés en MES et leur pH s'écarte généralement de la neutralité
- les effluents à charge organique dominante sont issus des industries agro-
alimentaires ; ces effluents sont biodégradables ;
- les effluents chauds proviennent des centrales thermiques, tandis que les
effluents toxiques et dangereux sont rejetés principalement par les industries
chimiques, électroniques, électriques et électrotechniques, les industries
métallurgiques, les industries d'hydrocarbures, les industries du textile.
Les substances contenues dans les eaux usées industrielles peuvent être acides,
alcalins, corrosifs ou entartrant. Elles peuvent également être de températures très
élevées, odorantes ou colorées. Ces effluents inhibent durablement le processus
épuratoire des stations d'épuration. C'est pour cette raison qu'il doit être exigé aux
industries de pré-traiter leurs effluents avant tout rejet dans les réseaux global de
collecte.
1 les eaux usées agricoles,
En Afrique, les eaux usées agricoles proviennent d'une part des établissement
zootechniques et d'autres part de l'agriculture intra et périurbaine très pratiquées

10
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

dans les bas fonds marécageux, dans les espaces libres ou en périphérie urbaine
avec dans certains cas l'utilisation d'engrais chimiques et de pesticides. Ces eaux
sont en général confondues aux eaux de ruissellement et d'infiltration qui
transportent pendant l'écoulement des quantités importantes d'azote et des résidus
de pesticides.
1 les eaux de ruissellement,
Les eaux de ruissellement comprennent les eaux des pluies, les eaux de lavage des
rues, des jardins et parkings publics, et les eaux de drainage des sols. Les
précipitations qui tombent sur une surface donnée suivent le cheminement ci-
dessous :

Image1les eaux de ruissellement


Une pluie est caractérisée par la hauteur des précipitations, sa durée, son intensité
moyenne et sa répartition spatio-temporelle. Les quantités d'eaux de pluie à
collecter dépendent de la pluviométrie locale et du degré d'urbanisation
caractérisant le taux d'imperméabilisation. Encore considérées, il n'y a pas
longtemps, comme étant pures avec des vertus cosmétiques, les eaux de pluies
deviennent sous les actions humaines de plus en plus polluées (pluies acides). En
précipitant, elles transportent en effet les polluants atmosphériques (SO2, NOx,
poussières toxiques) ; en ruisselant sur les espaces urbains imperméables et dans
les champs agro-pastoraux, elles se mélangent à certaines eaux résiduaires
polluées, lessivent et transportent des polluants parfois dangereux (bitumes,
hydrocarbures, dégradation des pneus, excréments d'animaux, déchets solides
municipaux, etc.). Tout ceci participe de la contamination permanente des eaux
superficielles et souterraines.
Valiron François (in[VALIRON, 94]), présentait déjà en 1994 quelques valeurs
approximatives annuelles des apports polluants des eaux pluviales dans le cas des
réseaux séparatifs en France
- 90 kg DBO5/ha imperméabilisé,
- 630 kg de DCO/ha imperméabilisé,
- 665 kg de MES/ha imperméabilisé,
- 15 kg d'hydrocarbure (HC)/ha imperméabilisé,
- 1 kg de Pb/ha imperméabilisé.
Les caractéristiques des eaux pluviales diffèrent de celles des eaux usées
domestiques par leurs caractères aléatoires, par la variabilité de la teneur en
matières polluantes, par la présences en quantités importantes d'éléments inertes,
par le taux élevé des métaux lourds et des hydrocarbures, et par leur faible
biodégradabilité (le rapport DCO/DBO5 étant supérieur à 5).
Dans le cadre de ce cours, nous ne nous intéresserons qu'aux eaux usées
domestiques et industrielles.

2. Caractérisation des eaux usées


Les principaux paramètres caractéristiques des eaux usées urbaines peuvent être
regroupés en quatre grandes classes qui sont, [RADOUX, 1995] :

a) Les paramètres physiques


ce sont,

11
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

- la température (oC) : les températures favorables au milieu aquatique varient


entre 10 et 25oC ;
- la conductivité électrique (C en S/cm, entre 20 et 25oC) : elle mesure la facilité
de l'eau à conduire un courant électrique due à la présence des sels dissous (Ca2+,
Mg2+, K+, Na+, Cl-, NO3-) ;
- le pH, dont les valeurs favorables aux micro-organismes épurateurs sont entre 6,5
et 8 ;
- les matières en suspension (MES), en mg/l de matières sèches insolubles).
i Les paramètres chimiques organiques :
il s'agit de,
- la Demande Chimique en Oxygène (DCO en mg/l) qui caractérise la quantité
d'oxygène dissous nécessaire pour oxyder par voie chimique certaines substances
oxydables sans intervention d'êtres vivants ;
- la Demande Biologique en Oxygène après 5 jours à 20oC (DBO5 en mg/l), qui
exprime la quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder par voie biologique les
matières organiques de l'eau avec l'aide des bactéries à 20oC ; au-delà de 5 jours,
le processus de nitrification aérobique commence.
- la Demande Totale en Oxygène (DTO), qui caractérise la quantité d'oxygène
consommée par des composés dissous dans l'eau lors de la combustion à 900oC en
présence d'un excès d'oxygène et d'un catalyseur ; sa détermination est cependant
coûteuse.
Il existe une relation entre DCO et DBO5 : si DBO21 = DCO alors, toutes les
matières organiques de l'eau sont biodégradables. Le tableau ci-dessous présente,
en fonction du rapport DCO/DBO5, une classification des eaux et le degré de
traitement biologique requis.
Tableau : Type de traitement des eaux usées selon le rapport DCO/DBO5.
[RADOUX, 1995]

DCO/DBO5
Classification Degré de traitement
sommaire biologique

1,5 – 1,66 Eaux vannes Très facile

2,5 Eaux urbaines Facile


2–3 Eaux industrielles Facile
Effluents des
Susceptible après
03/05/08 stations
adaptation
d’épuration

Difficile car effluents


>5 -
toxiques

Tableau 1 Type de traitement des eaux usées selon le rapport DCO/DBO5.


[RADOUX, 1995]
1 Les paramètres chimiques minéraux :
rentrent dans cette catégorie,
- l'azote (N, mg/l) qui peut exister sous forme minérale ou organique ;

12
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

- le phosphore (P, mg/l), qui constitue un facteur de croissance des organismes


photosynthétiques.
1 Les paramètres biologiques :
s'agit,
- des bactéries (coliformes fécaux, streptocoques fécaux et coliformes totaux),
principaux indicateurs de contamination fécale et causes primaires de la pollution
d'origine cutanée et respiratoire ;
- des virus, qui ne sont connus qu'à partir d'un cellule hôte favorable à leurs
reproductions ; ils polluent durablement l'eau et affectent la santé humaine ;
- des micro-flores et micro-faunes aquatiques dont l'inventaire est très coûteux ; en
outre, les résultats de cet inventaire sont généralement difficiles à interpréter.
[RADOUX, 1995].
Les paramètres physique, chimique organique, chimique minéral, et biologique ci-
dessus énumérés sont en général exprimés en Equivalent-habitant (Eq-H) pour
homogénéiser la charge moyenne rejetée par jour et par habitant. Leur évaluation
détermine le degré de pollution potentielle ou réelle du milieu récepteur par
l'ensemble des eaux usées urbaines.

3. Généralités sur les types de pollution par les eaux usées


urbaines
Les mécanismes de pollutions
Les eaux usées urbaines contiennent des substances dangereuses qui se présentent
sous forme dissoutes ou particulaires. Ces substances polluent le milieu aquatique
selon un double mécanisme :
- de transfert vertical, lié à la perméabilité du sol ; sa prise en compte est complexe
du fait de l'extrême variabilité et l'hétérogénéité des sols ;
- de transfert latéral, lors du ruissellement et de l'érosion dans le bassin versant
considéré.
En général, on en distingue deux formes de pollution du milieu récepteur :
1. la pollution ponctuelle, qui se limite à ce qui est observé, mesuré par des
enquêtes ou par des prélèvements directs in situ et analyses ultérieures des
échantillons en laboratoire ; les sources de pollution ponctuelle émettent des micro-
polluants localisables et donc facilement maîtrisables ;
2. la pollution diffuse, représente tout ce qui est inconnu (fuite en réseau, eaux
parasites, etc.) ainsi que les micro-polluants (riches en sédiments) drainés lors des
pluies dans le réseau hydrographique. Les imprécisions de repérage des points
d'entrées en réseau des sources de pollution diffuse rendent difficile tout
échantillonnage à la base et donc l'application des nomes.
La pollution par les métaux lourds est la plus préoccupante. Les plus courants sont,
les oligo-éléments indispensables à faible dose (cuivre, zinc, manganèse), les
éléments dangereux (cadmium, mercure, plomb, chrome) et les métalloïdes
redoutés (arsenic, étain, antimoine) .Le degré de pollution est défini en fonction des
paramètres de pollution rencontrés dans les eaux usées. C'est ainsi que :
1. la pollution « primaire » est caractérisée par les paramètres physiques explicités
par des valeurs hors normes de la température, la conductivité, le pH et les MES ;
2. la pollution « secondaire » est atteinte lors qu'on rencontre dans les eaux usées
les substances chimiques organiques tels que la DBO5, la DCO ou la DTO, en des
proportions relativement importantes ;

13
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

3. la pollution « tertiaire » est due aux substances chimiques minérales comme


l'azote et le phosphore, et constitue la principale cause des phénomènes
d'eutrophisation ou d'eutrophication ;
4. la pollution « quaternaire » est définie par la présence des paramètres
biologiques tels que les bactéries, les virus, etc.

a) Les mécanismes de protection des ressources en eau


disponibles
Face aux différentes pollutions du cadre de vie et de l'environnement en général, il
a été adopté dans plusieurs pays, et notamment ceux du Nord des mécanismes de
protection des ressources en eau disponibles. Cette protection concerne l'ensemble
des actions légales qui doivent être entreprises pour réduire ou éliminer totalement
tout risque de pollution et de surexploitation de la ressource. En Belgique, par
exemple, il est prévu trois zones de protection des ressources en eau [RADOUX,
1995].
1. la zone de prise d'eau (Zone I), où sont installés les ouvrages de prise d'eau
potalisable ; toutes activités y sont formellement interdites ; elle fait partie de la
Zone II, ci-dessous.
2. la zone de prévention (Zone II), où le captage peut être atteint par tout polluant
sans qu'il ne soit dégradé ou dissous de façon suffisante ; le stockage de produits
dangereux et les décharges sont interdits, le reste des activités étant réglementé.
3. la zone de surveillance (Zone III), comprenant le bassin d'alimentation et le
bassin hydrogéologique susceptibles d'alimenter une zone de prise d'eau existante
ou éventuelle. Dans ces zones, toutes les activités doivent être réglementées.
La zone II, comprend deux classes. La zone de prévention rapprochée (Zone IIa),
est une zone tampon de 25m permettant un arrêt de captage en moins de 24h en
cas de pollution. La zone de prévention éloignée (Zone IIb), est l'extension de la
zone d'appel due au rabattement de la nappe, la distance équivalant à un transport
d'eau au captage en 50 jours ou bien les distances adoptées (de 100m, 200m ou
1.000m respectivement pour les aquifères sableux, graveleux ou fissurés), faute de
données hydrogéologiques.
i Les conséquences de la pollution des ressources en eau par les eaux usées
urbaines
Les eaux usées, de part leur pollution élevée, ont des impacts négatifs, immédiats
(à court terme) ou différés (à long terme), sur la santé publique, le cadre de vie et
l'environnement, lorsqu'elles ne sont pas traitée convenablement avant d'être
rejetées dans le milieu récepteur.
Les effets immédiats sont entre autres, l'envasement des cours d'eau du fait de
forte turbidité due aux matières en suspension et la consommation accrue de
l'oxygène dissous par la matière organiques supplémentaires et abondantes. Cette
situation entraîne l'eutrophisation et la décomposition incomplète de la matière
organique (d'où la prolifération des algues, la modifications de la flore aquatique,
etc.). Les impacts visuels et olfactifs qui en découlent sont dus à la présence
d'éléments flottants et le dégagement des odeurs nauséabondes.
Les effets différés sont le fait des polluants susceptibles de s'accumuler dans la
faune et la flore et dans la chaîne alimentaire. Il s'agit essentiellement des métaux
lourds et des hydrocarbures, qui sont des polluants particulièrement conservatifs
qui durent dans le milieu récepteur. Il en résulte la contamination et la
déoxygénation des sédiments, la baisse de la production des espèces aquatiques,
les troubles du comportement des espèces, les risques d'asphyxie, la limitation des

14
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

échanges respiratoires, etc.

B. LES SYSTEMES DE COLLECTE DES EAUX USEES

L'assainissement est un problème fort complexe en Afrique Sub-saharienne. En


effet, dans cette partie du monde, les villes évoluent à une vitesse quasi
exponentielle sans que les structures chargées de leur gestion ne disposent de
moyens et d'outils nécessaires et appropriés pour en assurer la maîtrise. La
multiplicité des tissus urbains existants ne permet pas en outre de définir le profil
type d'un schéma d'assainissement. Le schéma général de l'assainissement des
eaux usées urbaines présente en Afrique Sub-saharienne deux volets
fondamentaux, à savoir, le système individuel et le système collectif liés à la
typologie de l'habitat rencontrée.
Le système d'assainissement individuel (composé des latrine plus ou moins
améliorée et des fosses septiques) est prépondérant à cause de l'importance des
tissus urbains spontanés et de moyen standing qui concentrent à eux seuls plus de
80% de l'effectif total des citadins. Cependant, dans certaines villes africaines
(Abidjan, Dakar, Douala, Nouakchott, Ouagadougou, Yaoundé, etc.), on rencontre
des zones (appartenant à la catégorie des villes administrées ou planifiées) où l'Etat
et les municipalités ont mis en place des systèmes collectifs d'assainissement des
eaux usées urbaines équipés en aval de stations d'épuration. Dans le cadre de ce
cours, seul le système collectif relatif à la collecte des eaux usées sera développé.

1. Les schémas types des réseaux d'évacuation des eaux


usées
Dans un établissement humain donné, doté d'un système d'assainissement collectif,
les eaux usées urbaines suivent le cheminement global schématisé comme suit :

Image2Les schémas types des réseaux d'évacuation des eaux usées


Les schémas types de réseaux d'évacuation des eaux usées sont les suivants :
1. le système unitaire : il s'agit d'un système simple correspondant au principe
ancien du « tout à l'égout » ; il comporte une canalisation unique et importante
pour évacuer simultanément les eaux usées et les eaux pluviales ;
2. le système séparatif : ce système est composé de deux types de canalisation
dont l'une (un peu plus grande) est destinée à recevoir les eaux pluviales et le

15
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

seconde (un peu plus réduite) pour collecter les eaux usées ; les deux réseaux
peuvent suivre le même tracé pour se rendre à la station d'épuration ; ces deux
réseaux peuvent également suivre des tracés différents quand les eaux pluviales se
rejettent directement dans un cours d'eau proche sans passer dans le station
d'épuration.
3. le système pseudo-séparatif : il s'agit d'une combinaison (plus ou moins
prononcée) des deux types précédants dans lequel les eaux pluviales des
habitations et des cours riveraines sont envoyées vers le réseau d'eaux usées.

Image3le système pseudo-séparatif et lle système séparatif


Il existe également d'autres systèmes mixtes plus sophistiqués : les systèmes en
dépression (ou sous vide, permettant entre autres de protéger la nappe d'eau
souterraine) et les systèmes sous pression (à charge), qui permet d'éviter les
surprofondeurs et les problèmes de pente)
Tableau : Analyse comparative des principaux systèmes d'évacuation des eaux
usées

16
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Type de système Avantages Inconvénients

- faible vitesse d’écoulement par


temps sec, et partant, médiocrité de
l’auto-curage du réseau et risques de
dépôts solides dans le réseau ;
- exigence du curage périodique du
réseau avec du matériel spécialisé ;
- faiblesse des flux polluants
- exigence d’une transportés par temps de pluie vers les
Système unitaire STEP ;
canalisation unique
- mise en charge élevée du réseau
- surcharge aléatoire des STEP avec
des risques accrus de pollution du milieu
récepteur ;
- transport des volumes importants
risques de surdimensionnement des
installations (coûts d’investissements et
d’exploitation élevés).

- exigence de deux canalisations


(donc coût élevé) ;
- risques élevé de confusion entre
- Transport de la réseau d’EU et réseau d’EP lors des
totalité des micro- branchements particuliers (celle-ci est de
Système séparatif
polluants des eaux l’ordre de 21% en France) ;
usées vers la STEP - risques de traitement partiel des
eaux usées du fait de erreurs de
branchement : les eaux pluviales pourtant
très polluées, peuvent échapper au
traitement

- combinaison des
Système pseudo-séparatif
avantages précédentscumule des inconvénients des deux
-
systèmes ci-dessus
Tableau 2 Analyse comparative des principaux systèmes d'évacuation des eaux
usées
Le réseau d'eaux pluviales est destiné à absorber les pointes de ruissellement. Il est
conçu pour déverser les effluents dans les cours d'eau proches en suivant les lignes
des plus grandes pentes. A cause du caractère aléatoire et l'importance des eaux
qui précipitent et ruissellent, les dimensions des réseaux d'eaux pluviales sont
importantes. Les réseaux d'eaux usées sont prévus pour transiter les effluents
jusqu'aux stations d'épuration, quelque soit les distances à parcourir. A cause de la
régularité des débits de pointe, les dimensions des réseaux d'eaux usées sont
petites.

2. Typologie des réseaux d'assainissement


Selon la topographie du site on distingue plusieurs types de réseaux. La littérature
les regroupe en six ensembles qui sont les suivants :
1- le schéma d'équipement perpendiculaire, à écoulement directe dans le cours
d'eau : ce schéma est constitué d'une succession de collecteurs maintenus

17
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

perpendiculaires à la rivière. Il constitue le prototype même des réseaux d'eaux


pluviales en système séparatif. Le même schéma est adaptable aux réseaux
unitaires si aucun traitement n'est nécessaire.
2- le schémas par déplacement latéral ou parallèle au cours d'eau : ce schéma est
le plus simple et permet de transporter les effluents en aval de l'agglomération en
vue de son traitement. L'inconvénient majeur demeure la nécessité d'installer des
stations de relèvement pour résoudre le problème de défaut de pente.
3- le schéma à collecteur transversal ou oblique : il permet, plus que le précédant,
de transporter facilement les effluents en aval de l'agglomération. Il élimine le
problème de faible pente et offre une bonne évacuation gravitaire des effluents.
Schéma 1 Schéma 2 Schéma 3

Image4le schéma à collecteur transversal ou oblique


4- le schéma par zones étagées ou par interception : ce schéma constitue la
réplique du schéma par déplacement latéral superposé au schéma à collecteur
oblique, avec cependant une multiplication des collecteurs longitudinaux. Le
collecteur du haut (encore appelé collecteur d'interception) permet de décharger le
collecteur du bas des apports en provenance des bassins dominants de la vallée
située en haut de l'agglomération.
5- le schéma à centre collecteur unique ou éventails : ce schéma convient pour les
zones relativement plates. Il permet de concentrer les effluents en un seul point où
ils seront relevés pour être évacués vers un exutoire éloigné de l'agglomération.
6- le schéma à centre collecteur multiples ou schéma d'équipement radial : ce
schéma constitue une multiplication du schéma précédant à la seule différence qu'il
permet de concentrer les effluents en plusieurs points où ils seront relevés pour
être évacués vers un exutoire éloigné de l'agglomération.
Schéma 4 Schéma 5 Schéma 6

Image5le schéma à centre collecteur multiples ou schéma d'équipement radial

3. Les principaux éléments constitutifs d'un réseau de


collecte des eaux usées
Un réseau d'évacuation des eaux usées est un ensemble complexe de canalisations
et d'ouvrages destinés aux opérations suivantes : collecte et transport des
effluents, admission et relevage des eaux dans les stations de pompage, régulation
hydrauliques, débouchés dans le milieu naturel, mesures diverses, etc. Ces
éléments peuvent être classés en deux catégories, à savoir, les ouvrages principaux
et les ouvrages secondaires ou annexes. Le critère de choix de ces éléments sont
nombreux et on peut en retenir entre autres :
- la tenue mécanique, identifiable à l'aide des tests de pression verticale due aux

18
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

remblais et aux charges d'exploitations éventuelles (charges roulante, charges


permanentes de surface, charges exceptionnelles de chantier, etc.), de pression
horizontale induite par la charge verticale, de pression hydrostatique extérieure due
à la présence éventuelle d'une nappe phréatique, du poids propre du tuyau et celui
de l'eau véhiculée, etc.
- la ténue à l'agressivité chimique intérieur et extérieur et la capacité hydraulique ;
- le comportement au regard de l'environnement géologique et de l'évaluation des
risques géotechniques,
- les facilités d'exécution, d'exploitation, d'accessibilité et de raccordement,
- les coûts d'investissement et de fonctionnement, etc.

a) Eléments principaux du réseau de canalisation


Les principaux éléments constitutifs d'un réseaux d'eaux usées, en fonction de la
nature du système sont les suivants :
Tableau : Eléments constitutifs d'un réseau de collecte d'eaux urbaines. (extrait de
[VALIRON, 94]).

19
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Type de réseaux
Ouvrages constitutifs
Conduites en
Eaux Eaux Pseudo- Conduite de
Unitaire charge
pluviales usées séparatif refoulement
(forcée)
Bouche d’égout + + N N

Grille de la bouche d’égout + +

Cheminée d’aération + +

Regard d’accès latéral + +

Regard de visite + + + N
Regard de décantation + + N
Regard d’exploitation + +
Regard de jonction + + + +
Regard d’étanchéité + + + +
Regard de façade + + + +
Regard de ventilation + + + +
Regard de chasse + +
Ouvrages de branchement + + + + N N
Fonte d’assainissement et
+ + + +
de voirie
Collecteurs + + + + N N
Canalisations + + + + N N
Siphons * * * * *
Vannes * * * * + +
Dégrilleur statique * * * * +
Dégrilleur mécanique * * * * +
Déshuileur - dégraisseur + +
OD – Chambre
+ + +
d’exploitation
OD – piège à sable + + N *
OD – dessableur + + N N *
OD chambre de
+ + N N +
dessablement
Bassin de retenue * * N N *
Déversoir d’orage + +
Régulation hydraulique + + + +
Débouché en milieu naturel + + N N * *
Dispositif de mesures + + + + + +

Tableau 3 Eléments constitutifs d'un réseau de collecte d'eaux urbaines. (extrait de


[VALIRON, 94]).
Les ouvrages principaux des réseaux d'eaux usées sont identifiables en fonction de
la nature des matériaux qui les constituent et de leurs formes géométriques ; c'est
ainsi que l'on peut avoir des tuyaux à section circulaire, des tuyaux à sections
ovoïde et des ouvrages à profil particulier.

20
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

i Les tuyaux à section circulaire


Ils sont les plus couramment utilisés. Les matériaux qui les constituent peuvent le
béton, le fibro-ciment sans pression, la fonte ductile, le grès ou les matières
plastiques.

Image6Les tuyaux à section circulaire


1. Les tuyaux en béton
Le béton utilisé pour réaliser ce type de tuyau peut être armé ou simple. Les tuyaux
en béton armé d'acier (de maille carré de 15cm maximum) sont les plus résistants
à la rupture et ont une longueur ne dépassant pas 2m ; ces tuyaux sont envisagés
pour les canalisations de diamètres relativement importants. Les tuyaux en béton
simple (ou non armé) n'offrent pas de grands diamètres parce qu'ils sont peut
résistants et leur rupture est parfois brutal. Le tableau ci-dessous, extrait de [AFEE,
87] présente les résistances à la rupture des différentes classes en fonction des
diamètres nominaux des canalisations et la nature du béton.
Tableau : Charge de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) et Epaisseur de la
parois (e en mm) des tuyaux circulaires en béton. [AFEE, 87], pp 40 – 41.

21
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Image7Charge de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) et Epaisseur de la parois


(e en mm) des tuyaux circulaires en béton. [AFEE, 87], pp 40 – 41.
2. Les tuyaux en fibro-ciment
Le matériau des tuyaux en fibro-ciment sont constitués d'un ensemble amiante –
ciment de haute résistance. L'amiante est un silicate de magnésium et le ciment
utilisé est du type Portland. La longueur commercialisable de ces tuyaux est de 3m.
Tableau : Charge de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) et Epaisseur de la
parois (e en mm) des tuyaux circulaires en fibro-ciment. [AFEE, 87], pp 42.

22
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Diamètre nominal (mm) Série 6000 Série 9000


R (daN/m) e (mm ) R (daN/m) e (mm )
100 1700 8
125 1700 8
150 1700 8
200 1900 9
250 2250 12
300 2700 14,5
400 2800 16 3600 19,5
500 3500 20 4500 24,5
600 4100 24 5400 29
800 5000 32 7200 39
1000 6000 40 900 49
1200 7200 48 10800 58
Tableau 4 Charge de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) et Epaisseur de la
parois (e en mm) des tuyaux circulaires en fibro-ciment. [AFEE, 87], pp 42
3. Les tuyaux en fonte ductile
Cette catégorie de tuyaux est très résistante aux variations de pressions et
supporte mieux les coups de béliers. La fonte ductile est un alliage ferreux coulé qui
contient plus de 3% de carbone et posède de très hautes qualités mécaniques. Ils
résistent mieux à la traction, aux chocs, à l'importance de l'allongement et à
l'élasticité. Ils offrent en outre une bonne étanchéité et sont recommandés pour des
travaux difficiles ou à hauts risques.
Tableau : Hauteurs de couvertures en fonction du diamètre des tuyaux en fonte
ductile. [AFEE, 87], pp 43.

Image8Hauteurs de couvertures en fonction du diamètre des tuyaux en fonte


ductile. [AFEE, 87], pp 43.
4. Les tuyaux en grès
Le grès est composé d'argiles et de sables cuits à haute température (environ
1250°C). Il s'agit donc d'un matériau réfractaire. Les tuyaux en grès sont
recommandés dans des zones industrielles et offrent une faible perte de charge du
fait de leurs parois lisses.
Tableau : Charge de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) et Epaisseur de la
parois (e en mm) des tuyaux circulaires en grès. [AFEE, 87], pp 44.

23
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Diamètre nominal (mm) Série Normale Série renforcée


R (daN/m) e (mm ) R (daN/m) e (mm )
100 2800 15
125 2800 16
150 2800 17
200 2800 20 4000 30
250 3000 22 4500 33
300 3200 24 5000 36
400 3600 29 6000 44
500 4000 35 6000 52
600 4000 39 7000 59
800 4000 45 7000 68
1000 4000 51
Tableau 5 Charge de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) et Epaisseur de la
parois (e en mm) des tuyaux circulaires en grès. [AFEE, 87], pp 44.
5. Les tuyaux en matière plastique
Il s'agit des tuyaux en PVC ou en polyéthylène haute densité. Les PVC font partie
des thermoplastiques qui ont la propriété de ne pas subir de transformation
chimique sous l'effet de la chaleur, mais plutôt des transformations physiques
réversibles. Les tuyaux en PVC sont de couleur noire ; ils n'offrent pratiquement
pas de rupture lors des tests à l'écrasement. Leurs longueurs de commercialisation
varient entre 4 et 12m. Les tuyaux en polyéthylène haute densité donnent de
bonnes qualités physiques et mécaniques lors des tests à l'écrasement. Ils sont
commercialisés à des longueurs de 6m.
Tableau : Charges d'ovalisation à 15% (R en daNB/m) et Epaisseurs minimales de
la parois (e en mm) des tuyaux circulaires en PVC et polyéthylènes, en fonction de
leurs utilisations. [AFEE, 87], pp 45.

Image9Charges d'ovalisation à 15% (R en daNB/m) et Epaisseurs minimales de la


parois (e en mm) des tuyaux circulaires en PVC et polyéthylènes, en fonction de
leurs utilisations. [AFEE, 87], pp 45.
1 Les tuyaux à section ovoïde
Cette catégorie de tuyaux avait été développée quand la nécessité d'utiliser des
canalisations de grands diamètres (>60cm pouvant atteindre les valeurs de 2m)
s'est imposée. Les tuyaux à section ovoïde sont généralement construits en béton
armé ou en béton simple et leur longueur utile ne dépasse pas généralement 1m.
Ils offrent une bonne résistance à la rupture. Les essais de rupture sont faits en
appliquant sur la génératrice supérieure du tuyau une pression de 0,5 bar pendant
une heure.
Tableau : Charges de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) en fonction du
diamètre des tuyaux et des caractéristiques des matériaux utilisés. [AFEE, 87], pp
47.

24
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Diamètre du tuyau
circulaire correspondant
(cm) Béton armé Béton simple

Série 1 (OVO-A1) Série 2 (OVO-A2 Série 3 (OVO-B)

80 5200 7800 5200

100 6900 10400 6900

120 7800 11700 7800

140 9200 13800 -

150 10000 15000 -


Tableau 6 Charges de rupture à l'écrasement (R en daNB/m) en fonction du
diamètre des tuyaux et des caractéristiques des matériaux utilisés. [AFEE, 87], pp
47.
1 Les tuyaux à profils particuliers
Il s'agit des ouvrages de grandes dimensions, qui sont généralement visitables. On
en distingue plusieurs types dépendant des utilisations :
1. les collecteurs ordinaires à cuvette permettent un bon écoulement des eaux ;
2. les égouts à cuvettes et banquettes permettent la circulation du personnel
d'entretien et le passage d'autres réseaux techniques (d'eau potable, de téléphone,
etc.) ;
3. les collecteurs à cuvette et banquette sont utilisés comme réseau primaire ou
structurant ; ils permettent en outre une circulation aisée avec des engins de
curage ;
4. les émissaires d'évacuation sont utilisés pour desservir les stations d'épuration
éloignées ; ce sont des ouvrages non visitables qui sont souvent précédés de
bassins de dessablement ;
5. les galeries de déversoirs d'orages ont pour but d'évacuer un flot important
d'effluent sous une faible hauteur.
1 Les types de joints de raccordement des tuyaux
Les joints de raccordement sont utilisés pour assurer l'étanchéité des jointures des
tuyaux. Ils sont généralement en caoutchouc, mais on utilise parfois des joints en
mortier de ciment pour les tuyaux en béton. Ils sont conçus de manière à épouser
parfaitement les formes et les contours intérieurs des canalisations. De même que
les tuyaux sur lesquels ils sont fixés, les joints sont également soumis aux
sollicitations physiques (mouvement des canalisations) et chimiques (liées aux
effluents). Selon le type de tuyaux et la nature du matériaux qui les composent, on
distingue plusieurs types de joints :
1. pour les tuyaux en béton (armé ou non), il est recommandé d'utiliser des joints
en élastomère. La mise en œuvre de ce type de joint se fait par emboîtement et
compression de l'anneau ;
2. pour les tuyaux en fibro-ciment, il est conseillé d'utiliser des joints de type

25
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

perforé. Leur mise en œuvre se fait avec des manchons en amiante – ciment ;
3. pour les tuyaux en grès, il est prescrit d'utiliser, soit des joints à manchon moulé
en polypropylène, soit des joints à lèvres en Néoprène, soit enfin des joints à
double anneaux en polyurétane ou en polyester ;
4. pour les tuyaux en matières plastiques, il faut utiliser, soit les raccords par
emboîtement et serrage, soit alors l'assemblage par colle de résine
thermodurcissable.
1 Les ouvrages spéciaux ou annexes
Les ouvrages spéciaux encore appelés ouvrages annexes sont des éléments très
importants du réseau qui concourent au bon fonctionnement du système. On peut
les regrouper en trois grandes classes, à savoir :
1. les dispositifs de branchement particuliers : ils sont constitués des siphons
déconnecteurs et des boîtes à graisse. Les siphons déconnecteurs séparent le
réseau public des installations privées. Les boîtes à graisse ou bacs déshuileurs sont
utilisées en aval des installations industrielles raccordées au réseau public.
2. les ouvrages normaux : il s'agit des ouvrages permettant les raccordements des
groupes d'usagers au réseau d'égout. On peut citer dans ce groupe, les caniveaux
qui transportent les eaux jusqu'à la bouche d'égout, les ouvrages servant de
branchement des bouches d'égout aux réseaux, les cheminées de visite, etc.
3. les ouvrages spéciaux : ils sont constitués des dispositifs de ventilation (tampons
de regard, cheminée d'aération), des réservoirs de chasse (servant à éviter les
dépôts), les bassins de dessablement (qui permettent de piéger les gros éléments à
l'entrée des bouches d'égout), les dégrilleurs (pour retenir les corps plus ou moins
volumineux tout en évitant la décantation de la matière organique), les déversoirs
d'orage (pour régulariser les débits d'eau pluviales), les bassins de stockage, les
postes de refoulement ou de relèvement (pour faire franchir les obstacles
particuliers pendant le parcours ou pour relever les eaux en tête des stations
d'épuration), les postes de mesure des débits d'eaux usées et des flux polluants,
etc.
La station de relevage et de refoulement permet d'adapter le transport des eaux
usées et eaux pluviales à la topographie ou aux conditions de rejet des effluents au
milieu naturel pendant les crues. Dans cet ouvrage, l'effluent suit, de l'amont vers
l'aval, le cheminement suivant : dégrilleursdessableur bâches de pompage. Les
dispositions à prendre en compte pour faciliter l'exploitation d'une station de
relevage et de refoulement sont entre autres :
- la forme de fonds de la bâche pour éviter les zones d'eaux mortes propices aux
décantations ;
- la commande du démarrage et d'arrêt des groupes assurés de manière
automatique ;
- le report d'une part du trop-plein à l'amont de la station pour éviter
l'encrassement de la bâche d'aspiration en cas de pannes prolongée et d'autre part,
du dégrillage à l'amont de la station pour faciliter l'inspection et le nettoyage des
grilles ;
Le choix de l'une ou l'autre solution dépendra des études économiques
d'opportunité.

4. Méthodologie générale de dimensionnement des réseaux


de collecte des eaux usées
La maîtrise des flux d'eaux usées est la garantie d'une bonne conception des

26
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

réseaux de collecte adaptés au contexte socio-économique, culturel et


environnemental de la localité considérée. La maîtrise des flux assure donc un bon
dimensionnement des réseaux, les calculs de résistance du réseau aux apports
exceptionnels, la rationalisation des coûts (investissements & exploitation) et la
sécurité du personnel d'entretien et des usagers riverains. La prise en compte des
prévisions d'évolutions spatiales et démographiques de la localité concernée n'est
pas aisée, mais permet d'éviter les risques de sur-dimensionnement ou de sous-
dimensionnement.
Le sur-dimensionnement est la cause d'une mauvaise appréciation de l'évolution
urbaine de la localité considérée. Il se caractérise par des faibles vitesses
d'écoulement dues au fait que les quantités d'eau écoulées sont inférieures à
l'utilisation normale de la canalisation. Les manifestation du sur-dimensionnement
sont l'augmentation des dépôts en canalisation à cause du non respect des
conditions d'autocurage, les risques accrus d'obstruction des canalisation, de
fermentation anaérobies avec dégagement d'odeurs nauséabondes, de corrosion
rapide des tuyaux et des coûts de réalisation élevés.
Le sous-dimensionnement se traduit par l'incapacité des réseaux à pouvoir
véhiculer les eaux des périodes de pointe. Cela se manifeste généralement par des
refoulements, des fuites en réseau, des cassures ou des débordements.
La sécurité du réseau de collecte des eaux usées est un des objectifs majeurs
recherché. Cette sécurité doit être recherchée selon le double souci de rationaliser
les investissements et de protéger l'environnement. Cependant, cette sécurité est
compromise pour plusieurs raisons, telles que :
1. les confusions lors des branchements, par inadvertance ou par intention de
facilitation : le réseau interne d'eau usées peut être raccordé sur le réseau d'eaux
pluviales, et vice versa (cf. phénomène d'eaux parasite). Au niveau du
branchement particulier, il est parfois oublié d'assure la ventilation et l'aération des
branchements d'eaux usées. Une autre erreur compromettant la sécurité du réseau
concerne les rejets des eaux industrielles sans traitement préalable
2. l'exécution de branchements endommagés et les malfaçons diverses, du fait de
l'utilisation de tuyaux inadaptés, de la présence de branchements faisant saillie
dans le réseau principal, des branchements à contre sens, de la mauvaise mise en
œuvre des matériaux, de l'absence de ventilation ou de regards de visites
appropriés, etc.

a) Quelques définitions préliminaires


- Taux de restitution (tr) : la quantité d'eaux usées effectivement rejetées dans le
réseaux de collecte rapportée à la quantité totale d'eau distribuée ou consommées
dans une parcelle donnée ; l'évaluation du taux de restitution nécessite donc de
maîtriser les quantités d'eau utilisées en fonction des usages (bain, toilette,
boisson, cuisson, lessive, vaisselle, arrosage jardin, lavage véhicule, nettoyage
parking, etc.). Le taux de restitution (exprimé en %) est évaluer afin de tenir
compte de ce que les eaux d'arrosage des jardins, de lavage des parkings et de
voiture, etc., se retrouvent le plus souvent dans le réseau d'évacuation des eaux
pluviales.
- Equivalent – Habitant (EqH) : c'est un paramètre permettant d'assurer une
homogénéité entre d'une part, les rejets des différents types d'activités socio-
économiques et culturelles (hôpitaux, industries, hôtels, écoles, administration,
marché et commerce, église, mosquée, etc.) et d'autre part, les rejets moyen
équivalent à un habitant dans la localité considérée ;
- Coefficient de pointe (Cp) : il s'agit du débit maximal rapporté au débit moyen de
la journée de la plus forte consommation à l'horizon de l'étude. La formule suivante

27
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

est souvent utilisée pour exprimer le coefficient de pointe à partir du débit moyen
dans la conduite : Cp= (a+bxQm-1/2), où a= 1,5 est la limite inférieure à ne pas
dépasser quand Qm tend vers l'infini, et b=2,5 est un paramètre introduisant la
valeur de la croissance exprimée lors que Qm tend vers 0. Il existe cependant dans
la littérature des valeurs de Cp dépendant du type des eaux usées ou de la position
de la conduite. Ainsi, pour les eaux usées domestiques, les valeurs moyennes de Cp
sont de 1,71 et 2,4 ; par rapport à la position du tronçon, Cp est égale à 3 si on se
trouve en tête du réseau, et Cp est égal à 2 à proximité de l'exutoire.
- Pente piézométrique, encore appelée pente motrice ou perte de charge par unité
de longueur, est la pente de la ligne piézométrique qui doit rester en tous points
au-dessous du niveau du sol afin d'éviter le débordement du réseau.
- Point caractéristique, sur un tronçon à section constante, est le point où la pente
motrice est égale à la pente motrice moyenne pour l'ensemble du tronçon. Il est
conventionnellement admis que le point caractéristique situe aux 5/9ème de la
longueur du tronçon (pour les canalisations de tête ne recevant aucun apport à
l'origine) sinon, au 5/10ème à partir de l'amont ; cette hypothèse vient de ce que le
débit croît comme la puissance ¾ de la longueur.
- Concept de Pleine Section : il s'agit d'un concept établi en raison de la faible
variation du débit dan une canalisation au-delà des 8/10ème de sa hauteur (pour
les tuyaux à section circulaire) et au-delà des 9/10ème (pour les tuyaux de section
ovoïde)
Le dimensionnement des réseaux d'eaux usées passe par la connaissance des
débits d'eau à évacuer. Dans la pratique, les débits sont en général évalués sur la
base de la consommation globale de l'eau dans la localité considérée, au jour de la
plus forte consommation de l'année rapporté à l'unité habitant sur une période de
24 heures. Pendant cette phase d'évaluation, il est nécessaire de distinguer les
eaux usées domestiques des eaux usées industrielles. Deux méthodes permettent
d'évaluer la consommation totale d'eau dans la localité, à savoir :
- le dépouillement des registres de consommation particuliers pour évaluer le
volume réellement distribuer chez les abonnés ;
- la mesure du volume brut de l'eau produite au niveau de la station d'exhaure, en
déduisant les pertes de charge en réseau. Cette dernière méthode comporte assez
de risques, notamment la nom maîtrise par le projeteur, des phénomènes de perte
des charges en aval du point d'exhaure pendant la distribution.
Lors des calculs des réseaux, l'évaluation de la quantité d'eaux usées à collecter
dépende de deux valeurs extrêmes :
1. le débit de pointe d'avenir, permettant le dimensionnement des sections de
canalisations en système séparatif
2. le débit minimal, permettant aux canalisations de pouvoir s'auto-curer (la vitesse
minimale d'entraînement des dépôts en canalisation valeur extrême 0,5 m/s à 0,7
m/s).
L'évaluation de ces débits maximaux nécessite de prendre en compte les facteurs
suivants :
- les perspectives de croissance démographique de la localité : pour cela il faudra
bien analyser les statistiques démographiques ;
- les perspective de croissance spatiale de la localité : le projeteur devra se référer
aux projections des Schémas Directeur d'Aménagement Urbain (SDAU) et des Plans
d'Occupation des Sols (POS) de cette localité ;
- l'évolution probable de la consommation d'eau en fonction des types de tissus
rencontrés et leurs tendances de développement ;

28
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Les sources d'eaux usées sont les ménages, les équipements collectifs publics et
municipaux et les eaux parasites. L'évaluation des débits selon les sources de
production identifiées s'effectue de manière pouvoir déterminer le débit moyen
annuel et le débit d'heure de pointe de temps sec. Pour cela, le projeteur devra
s'appuyer sur les données telles que :
• les facturations d'eau potable domestique, industrielle et municipale (autre que
l'espace vert),
• les consommations (ménagères et industrielles) sur captage privé,
• le taux de raccordement au réseau d'égout et le taux de retour à l'égout des
quantités consommées (pour les abonnés raccordés au réseau d'égout),
• les coefficients de pointe journalière et horaires déterminés en fonction des
statistiques de production.
Remarque : les eaux parasites, à défaut d'être mesurées, sont comprises entre
0,05 et 0,15 litres/s/ha. Ainsi, pour une densité moyenne de 100 habitants/ha, le
ratio d'eaux parasites pour s'établir entre 16 et 47 m3/an/hab.
i Étapes méthodologiques
La démarche de calcul des réseaux d'eaux usées suit généralement les cinq phases
suivantes :
1. l'identification et le calcul des données de base, y compris le calcul des débits de
projet,
2. le calcul des sections d'ouvrage à parti des débits de pointe d'avenir,
3. la vérification d'auto-curage du réseau et la résolution proprement dite du projet.
L'organigramme ci-dessous présente la démarche à suivre pour le
dimensionnement des réseaux de collecte des eaux usées.

29
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Image10Étapes méthodologiques

l'identification et le calcul des données de base


Les travaux préliminaires à effectuer dans cette phase, selon l'ordre chronologique,
sont les suivants :
• délimiter la zone d'étude en sous-bassins hydrologiques principaux tant au point
de vue consommation d'eau que du point de vue taux de restitution ;
• tracer l'ossature du réseau, en s'appuyant autant que faire se peut sur le réseau
de voirie, en fonction des contraintes telles que la topographie du site et le réseau
hydrographique existant ;
• tracer le réseau proprement dit en se basant sur l'ossature ci-dessus et la position
du ou des stations d'épuration prévues à cet effet ; ce tracé sera guider par le souci
de faciliter les branchements particuliers des usagers et l'intérêt éventuel d'un
écoulement gravitaire des eaux usées vers la STEP ; à l'issue de cette phase,
relever tronçon par tronçon, la longueur, les cotes du terrain naturel et ensuite,
calculer la pente moyenne du terrain naturel (en m/m) ;
• répartir les abonnés dans la zone d'influence de chaque tronçon en tenant compte
des projections de croissance des abonnés et de raccordement à l'horizon du
projet ;
• évaluer les paramètres clés que son le taux de restitution des eaux usées au
réseau, le coefficient de pointe par tronçon, la taille des ménages, le nombre
d'équivalent habitant par activité socio-économique et culturelle
• fixer ou calculer le diamètre minimum (min en mm), la profondeur minimale
des tranchées (P en m), qui est la hauteur de remblai du tuyau ajoutée au diamètre
extérieur du tuyau, la charge admissible dans chaque conduite (H), qui est la
différence de niveau entre la génératrice inférieure du tuyau de sortie du

30
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

branchement particulier et la génératrice supérieure de la canalisation du réseau


sur laquelle est raccordé ce tuyau ; en général, P et H et min sont fixés.

le calcul des débits de projet


Il s'agit d'évaluer les débits moyens actuels dans chaque tronçon, les débits de
pointe actuels dans chaque tronçon et les débits de pointe d'avenir à l'horizon du
projet dans chaque tronçon. Le calcul des débits se fait toujours de l'amont vers
l'aval. Trois approches permettent de calculer les débit en route dans un tronçon
donné. Il s'agit :
• la méthode de calcul des débits par unité de surface d'influence (Qm en l/s/ha).
Qmi = (CxDxSxq0)/86400
où C représente le taux de rejet, q0 la consommation spécifique d'eau (en l/j/hab),
D = la densité d'habitation (hab/ha) et S = la surface d'influence du tronçon (ha)
• la méthode de calcul des débits par unité de longueur de la conduite (Qm en l/s/
ml)
Qmi = (Cxlxq0)/Lx86400
où C représente le taux de rejet, q0 la consommation spécifique d'eau (en l/j/hab),
L = le linéaire total de la canalisation dans la zone considérée (ml) et l = la
longueur du tronçon considéré (ml)
• la méthode de calcul des débits par unité de longueur de branchement (Qm en
l/s/N)
Le débit moyen de route d'un tronçon i donné est égale au débit moyen à la sortie
de ce tronçon (qmsi), ou alors à la moyenne arithmétique des débits moyens à
l'entrée et à la sortie du tronçon i
Qmi = (CpxNi*xqm) ou bien Qmi = (Qmei + Qmsi)/2
où Ni* représente la somme des branchements amont du tronçon (Namont) et des
branchement spécifique de ce tronçon (ni), qm est le débit moyen d'eau usées par
branchement (l/s/hab), Cp = le coefficient de pointe par branchement calculé selon
la formule ci-dessus, Qmei = débit moyen à l'entrée du tronçon i, Qmsi débit
moyen à la sortie du tronçon i et Qmi est le débit de dimensionnement du tronçon i.

le calcul des sections d'ouvrage à parti des débits de pointe d'avenir


Ce travail se fait tronçon par tronçon, en s'appuyant sur les données de base
suivantes, relatives à chaque tronçon : longueur, cote du terain naturel amont et
aval, pente du terrain naturel (Jtn), pofondeur initiale des tranchées, débit moyen
du troçon, débit de pointe actuel, débit de pointe d'avenir.
La formule généralement utilisée est celle de Manning – Strickler selon laquelle :
Q=SxV
V = Ks J1/2 R2/3 (1) où
• S est la section de la canalisation (en m²),
• Ks est le coefficient de Strickler dépendant de la nature des canalisation, des
effluents et des joints ; dans la pratique, Ks appartient à l'intervalle [70, 100] selon
la nature du matériaux du tuyau ; pour un tuyau en PVC, Ks est égal à 90.
• J est la pente hydraulique (en m/m) et R est le rayon hydraulique (en m).
Dans certains cas, on utilise la formule suivante établie par Ganguillet – Kutter
Q=SxV
V = [ N x R / (R + D)1/2] (2)
où N = [(23 + Ks + 1,55.10-3 / J) x (J)1/2]

31
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Dans le cas des écoulements en pleine section, la formule (1) se traduit par les
relations suivantes
Vps = Ks J1/2 (D/4)2/3 (3) → vitesse d'écoulement en plein section (tuyau circulaire)
Qps = Vps x S = [(πKs / 45/3) J1/2 D8/3](4) →débit en plein section (tuyau circulaire)
De l'expression (4), on peut tirer les relations suivantes :
Qps (J, D) = 0,31x Ks J1/2 D8/3] (5) →Débit à plein section correspondant à J et D ;
Dps (Q, J) = [Q / (0,31x Ks J1/2 )]3/8 (6) →Diamètre théorique à pleine section
correspondant à Q et J
J* (Q, D) = [Q / 0,31x Ks D8/3]2 (7) →Pente hydraulique à pleine section
correspondant à Q et D
∆H0 = (J* - Jtn) x L (8) →Charge dans la conduite
Jtn = ∆H/L (9) →charge admissible D = [(23 + 1,55.10-3 / J)] / (Ks)
Les principales étapes à suivre sont les suivantes :
i. Calcul des pentes minimales (Jmax ou JH), connaissant les débits de projet dans
chaque tronçon avec une vitesse minimale d'écoulement à pleine section et le
diamètre minimal admissible. Pour un tuyaux circulaire, la vitesse (Vps) et le débit
Qps d'écoulement en pleine section sont calculés à partir des expressions ci-
dessus ;
ii. Détermination des diamètres des tronçons de canalisation : la démarche,
schématisée par l'organigramme ci-dessous, est itérative jusqu'à ce que certaines
conditions soient satisfaites ; les formules utilisées sont celles présentées en
s'appuyant sur les données de base calculées plus haut.

32
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Image11Détermination des diamètres des tronçons de canalisation

33
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

la vérification d'auto-curage du réseau


: à pleine section ou à demi section, une canalisation doit assurer une vitesse
d'écoulement de 0,7 m/s et à l'extrême rigueur 0,5 m/s ; pour un remplissage aux
2/10ème du diamètre de la canalisation, la vitesse d'écoulement doit être au moins
égale à 0,3m/s ; le remplissage de la conduite au moins aux 2/10ème doit être
assurer pour le débit moyen actuel. La vérification de ces conditions se fait donc à
partir des paramètres calculés suivant : débit à pleine section, vitesse à pleine
section, vitesse de remplissage au 2/10ème du diamètre, débit de remplissage au
2/10ème du diamètre et débit moyen actuel ;

la résolution proprement dite du projet


il s'agit de caler le réseaux en fonction des contraintes rencontrées (topographie,
etc.), et ensuite de choisir tous les équipements devant constituer le réseau. En
fonction des résultats de l'étape ci-dessus, cette opération consiste à calculer la
cote du radier amont (Zramont en m), la pentes des collecte (J en m/m), la cote du
radier aval (Zraval, en m), et les paramètres complémentaires déterminés à partir
des abaques correspondants (Qps, Vps, rq, rv, rH, H). Evaluation de la Cote du
radier amont (Zramont), de la Pente (J) du collecteur, de la Cote du radier aval
(Zraval) et des paramètres complémentaires (Qps, Vps, rq, rv, rH, H).

Image12la résolution proprement dite du projet


les 1/100ème du même débit. Ces valeurs obtenues avec des vites Les conditions
d'auto-curage sont satisfaites dans les ouvrages en y des vitesses de 0,6m/s pour
les 1/10ème du débit à pleine section et de 0,3m/s pour ses de pleine section de
1m/s sur les canalisations circulaires et de 0,9m/s pour les canalisations ovoïdes.
Cependant, il faut également vérifier que la vitesse d'écoulement ne dépasse pas
les 3 à 4m/s pour éviter les dégradations des joints des ouvrages et assurer en
même temps la sécurité des ouvrages et du personnel d'entretien.

5. Autres considération nécessaires


La prise en compte des caractéristiques du sol devant servir de support du réseau
de collecte des eaux usées est très importante avant l'exécution des travaux
proprement dite. En effet, la nature des sols a souvent été mise en cause dans les
principaux problèmes que rencontrent les canalisations. [VALIRON, 94] : les
phénomènes tels que les glissement de terrain, l'affaissement et l'effondrement, les
entraînement hydrauliques des matériaux fins, les tassements différentiels du sol
environnant, le gonflement et les retraits des argiles raides posent d'énormes
problèmes après l'exécution des travaux. En conséquence, il est fortement
recommandé d'effectuer pendant la phase de conception, des études de
reconnaissance des sols bouclées par un rapport géotechnique. Ces études doivent
être couplées à la connaissance des régimes des aquifères afin de mieux évaluer les
risques géotechniques et hydrogéologiques et d'orienter en connaissance de cause
l'implantation définitive du projet et le choix raisonnable des dispositions
constructives.
L'organigramme ci-dessous (adapté de [VALIRON, 94], pp. 510), propose les
principales étapes à suivre lors de la réalisation des études géotechniques.

34
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Image13Autres considération nécessaires

C. Exécution et exploitation des ouvrages de collecte


des eaux usées

1. Préparation du chantier
L'exécution des travaux pour la mise en place des réseaux de collecte des eaux
usées suit les règles minimales des chantiers de génie civil. Un tel chantier doit être
géré de manière rationnelle afin d'éviter tout dommage sur le personnel recruté et
sur les riverains et leurs biens. Il est ainsi nécessaire avant l'exécution des travaux
d'organiser le chantier, d'implanter les plaques de signalisation et de délimiter
l'emprise du projet pour éviter toute circulation pendant le déroulement du projet.
Pour garantir la sécurité des biens et des personnes, il est recommandé de
respecter les cinq principes de bases suivants [VALIRON, 94], pp727 :
1. le principe d'adaptation, qui assure la sécurité des usagers et du personnel sans

35
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

contraindre excessivement la circulation publique ; l'entrepreneur doit prendre


toutes les dispositions nécessaires pour assurer l'accès aux propriétés riveraines et
aux voies publiques transversales ;
2. le principe de cohérence qui requiert de ne pas avoir des indication
contradictoires entre la signalisation permanente existant avant le projet et la
signalisation temporaire due au projet ; on recommande masquer si besoin la
signalisation permanente et ne conserver que la signalisation du projet ;
3. le principe de valorisation consiste à rendre crédible la situation annoncée par les
plaques de chantiers aux usagers ; l'information des usagers, sur le but du projet,
la durée probable des travaux est importante.
4. le principe de concentration permettra d'éviter l'installation de plusieurs
panneaux à un même endroit ;
5. le principe de lisibilité, indique de réduire et de simplifier au maximum les
indications ; pour cela, il est recommandé d'utiliser les matériels de signalisation de
dimensions normalisées, bien entretenus et placés dans des lieux visibles et non
soumis à des intempéries (vent, mobilité, etc.).
Toujours dans le cadre de l'organisation du chantier avant le démarrage des
travaux, outres les aspects sécuritaires ci-dessus, il faudra veiller à la protection
des travailleurs intervenant dans le projet. Les accidents de travail ne manqueront
jamais dans un chantier d'assainissement : les risques de chute de plain – pied, de
contusion, de foulures, etc. sont fréquents. Avant le démarrage des travaux, il faut
sensibiliser le personnel affecté au projet aux problèmes de sécurité et des mesures
préventives à prendre en cas d'accidents. A la suite de cette séance, il faut munir le
personnel d'équipements de sécurité (bottes de sécurité, casques, gants, lunettes,
etc.). Une assurance auprès des agences agréées serait nécessaire au bout du
compte.

2. Etapes méthodologique d'exécution des ouvrages de


collecte des eaux usées
Avant l'exécution proprement dite des travaux sur le terrain, il est important de
procéder d'abord à la réception, la vérification, la manutention et le stockage de
tous les matériaux qui vont être utilisés dans le chantier. Ces vérifications porteront
sur les qualités des produits livrés, le contrôle de l'intégrité, le marquage ou la
conformité aux spécifications des cahiers de charges.
Les principales étapes d'exécution des travaux sont les suivantes :
1. choix de l'emplacement du réseau : d'une manière générale, les canalisations
d'eaux usées suivent le profil du réseau de voirie. Sur les chaussées de petites
dimension (emprises générale < 10 ou 15m), il est recommandé de localiser le
réseau dans l'axe de la chaussée ; par contre pour des routes de grande emprises,
la nécessité d'implanter le réseau de collecte des eaux usées sur les deux côtés de
la chaussée s'impose. Un aspect important dans le choix de l'emplacement du
réseau d'eaux usées et la connaissance parfaite des autres réseaux techniques
urbains existant le long de l'emprise du projet. Toute lacune à ce niveau serait
préjudiciable pour le personnel de chantier (risque d'électrocution, cassure des
réseaux d'eau potable, etc.) et même pour les riverains et le projet en question.
Après le choix de l'emplacement, on procède au piquetage général du réseau pour
le matérialiser sur le terrain. Ceci suppose connu la localisation de tous les autres
réseaux techniques souterrains.
2. drainage des eaux de toute nature en dehors de l'emprise du site, et
éventuellement, la mise en œuvre d'un rabattement de la nappe phréatique. Les

36
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

eaux de ruissellement conduisent à l'érosion des talus par entraînement mécanique


des particules de sols. Les eaux souterraines sont la cause des variations de
pression.
3. exécution des fouilles selon les prescriptions des cahiers de charges, en respect
des pentes et des dimensions indiquées : ces dernières doivent tenir compte des
dimensions des canalisations et d'une surlargeur pour la circulation du personnel ;
en général on adopte une largeur minimale de fouille de 60cm ou alors on choisi le
diamètre de la canalisation augmenté de 50cm.
4. blindage des parois des fouilles, avant, pendant et après leurs exécutions afin de
protéger le personnel et garantir la stabilité des réseaux et des structures proches
du site de travail : toutes les précautions techniques doivent être prises pour éviter
tout éboulement de terrain pendant les travaux ; il faut notamment prendre en
compte lors du blindage, des vibrations engendrées par les engins utilisés
(compresseurs, pelle hydrauliques, pompes, etc.) et les surcharges de toutes sortes
pouvant modifier la cohésion des terrains. Le blindage est exigé lors qu'on est face
à des « mauvais terrains ». La pose des canalisations en terrain sableux impose le
blindage jointif d'une façon continue ; il est faut ensuite s'assurer que le fond de la
fouille est parfaitement dressé. En terrain aquifère, il est tenu d'effectuer un
rabattement de la nappe phréatique, car la présence d'eau lors de l'exécution des
fouilles est des glissements de terrains. Le blindage peut se faire à l'aide des
madriers (retenus par des pièces horizontales servant à maintenir l'écartement des
parois : ce sont les étrésillons). Il peut également être fait à l'aide des panneaux
préfabriqués (cages à ossature mécanique, parois de planches, palplanches, etc.),
et exige la pose immédiate des canalisations après la réalisation des fouilles afin de
retirer les modules préfabriqués pour d'autres travaux. Il peut enfin se faire à l'aide
de palplanches dans le cas des terrains très difficiles (car on enfonce les profilés en
bois dans le sol de part et d'autre de l'emprise des fouilles avant d'exécuter les
fouilles entre ces palplanches).
5. l'exécution du lit de pose (l'épaisseur standard admise est de 10cm) constitué de
matériaux de diamètre compris entre 0,1 et 30mm, qui seront par la suite
compactés. Il n'est autorisé d'utiliser un sable contenant plus de 12% de particules
inférieures à 0,1mm [GUERREE & al, 78] ; en cas de risque de lessivage des fines,
il est recommandé d'envelopper le lit de pose d'un filtre géotextile. [VALIRON, 94].
Si on travaille en terrain aquifère, il faudra nécessairement consolider le lit de pose
en plaçant des drains sous la conduite, l'ensemble devra être couvert d'une couche
de gravier. En cas d'instabilité du fond de fouille, il utile d'exécuter un béton de
propreté.
6. mise en place des canalisations de l'aval vers l'amont en respect des alignements
des tuyaux et des pentes prescrites ; ces tuyaux sont ensuite emboîtés par
poussées progressives, puis calés par remblais partiel (on peut utiliser dans ce cas,
des mottes de terre ou des morceaux de bois). Les joints utilisés doivent être
conformes aux types de matériaux constituant le tuyau choisi.
7. remblaiement de la fouille au moyen de matériaux d'appoint mise en œuvre par
couches successives compactées. Il est conseiller d'opérer des remblaiements
successifs. Le premier remblaiement, effectuer après prise du mortier de joint en
cas d'utilisation de tuyaux en ciment, se fait manuellement jusqu'à une hauteur
maximale de 15cm au-dessus de la génératrice supérieure de la canalisation, avec
du matériau fin et inerte, ne contenant pas plus de 12% d'éléments de diamètre
compris entre 0,1 et 30mm : exemple le sable, la latérite, le gravier fin, etc. La
seconde phase du remblaiement peut se faire mécaniquement à l'aide d'engins avec
utilisation de matériaux ne contenant pas de blocs rocheux, ni de débris végétaux
ou animaux. L'épaisseur de chaque couche ne doit pas excédée 40cm avant
compactage.

37
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Image14remblais
Nota Bene : il est important avant de procéder aux remblaiements d'effectuer des
tests sur le réseau : la vérification de l'étanchéité du réseau. Cette vérification peut
se fait à l'aide de l'eau ou de fumée entre deux regards consécutifs. Les épreuves à
l'eau durent environ 30mn après le remplissage du tronçon considéré. Pour les
joints en ciment il faut absolument attendre la prise complète des joints au cas où
l'on utiliserait le test d'étanchéité à l'eau, le test à la fumée est recommandé dans
ce cas. Ces tests sont effectués, tronçon par tronçon, après vérification des cotes
des ouvrages lors que le remblai est réalisé. Ces tests font l'objet d'un procès
verbal signé de l'entreprise, du bureau de contrôle et du maître de l'ouvrage.
Pendant l'exécution des travaux, il est nécessaire de prévoir les dispositifs de
branchement particulier le long du réseau, aux endroits indiqués, afin que les
immeubles et autres appartements puissent se connecter facilement au fur et à
mesure de leurs installations. Ces dispositifs sont constitués des éléments
suivants :
• des regard de jonction : le radier du regard de jonction est réaliser avec des
cunettes telles que le flots provenant du branchement s'insère sans remous dans le
flot principal
• des « culottes » ou branchement simple : ces éléments s'utilisent lors de la mise
en place du réseau si l'emplacement du futur branchement est connu ; ils sont
indiqués pour les collecteurs de faibles diamètres (<40cm). • des raccords de
piquage (très utilisés avec des tuyaux en amiante-ciment) : ils doivent être
utilisables sans qu'il n'y ait des saillies à l'intérieur de la canalisation principale. Il
en existe de plusieurs types selon l'angle d'ouverture () sur le réseau principal :
90°, 120° ou 180° selon le diamètre de ce dernier.
• des boîtes de branchement.

3. Exploitation des réseaux de collecte des eaux usées


L'exploitation concerne entre autres, les opérations d'entretien courant effectuées
dans le cadre de la gestion normale du réseau, les mesures permettant de contrôler

38
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

le réseaux (débit, niveaux d'eau dans le collecteur, position des vannes, etc.) et les
événements naturels pouvant influencer l'exploitation (pluies, vents, hauteur d'eau
dans l'exutoire, etc.).
Les travaux d'exploitation peut se résumer en trois points principaux :
- le contrôle et le diagnostic du réseau, qui consiste à vérifier le bon
fonctionnement ou non des canalisations;
- l'entretien courant du réseaux, qui concerne les diverses opérations de maintien
en l'état du bon fonctionnement des canalisation : débouchage accidentel, curage
systématique ou préventif du réseau et des ouvrages annexes, nettoyage
périodique du système, recherche des fuites, entretien des stations de pompage,
etc. ;
- la réparation des canalisation, la réhabilitation des portions du réseaux et le
renouvellement des ouvrages, qui intéresse les opérations de remise en état du
réseau par remplacement des équipement ou de portions de réseau défectueux.

a) Opération d'entretien et de maintenance du système


L'entretien d'un réseau d'évacuation des eaux usées urbaines est l'ensemble des
techniques de contrôle et d'interventions effectué sur ce réseau dans le but
d'assurer son fonctionnement harmonieux pendant sa phase d'exploitation. Lors
que les études ont été bien menées, ces opérations ainsi que les moyens
nécessaires pour leur exécution effective, doivent avoir été prévus depuis la phase
de conception.
Avant d'envisager une action d'entretien, il est nécessaire de prémunir le personnel
en charge de ce travail, du matériel et d'équipements de protection corporels
contres les dangers pouvant survenir dans le réseau. Parmi ce matériel on peut
citer : les casques, des lunettes et écrans faciaux, des gants étanches, des
combinaisons de travail, des gilets de sauvetage, des masques à oxygène, etc. Ce
personnel doit également être vacciné et subir des visites médicales périodiques.
Les deux principales phases de l'entretien d'un réseau sont le diagnostic du
système et les interventions en fonction des problèmes et anomalies rencontrés
pendant le diagnostic.

La phase de diagnostic du système


Le diagnostic d'un système, d'une manière générale, est un outil d'aide à la
décision qui précise en outre la réalité actualisée de l'état de ce système. Pour y
parvenir, le gestionnaire en charge de ce travail doit, pendant la campagne de
diagnostic, relever les données relatives à la connaissance du réseau, le contrôle
des branchements particuliers, la détection des eaux parasites et le contrôle des
effluents, à l'aide des fiches d'exploitation préétablies et des plans du réseau.
L'ensemble de ces données permettront après intervention d'établir l'historique du
réseau en précisant, à chaque fois que cela est possible, les différents points
sensibles ou points noirs (étranglement, limitation des capacités, risques de
débordement, d'encrassement et d'émanation d'odeurs, zones de
dysfonctionnement, etc.).
Les données ci-dessous permettent après analyse de connaître l'état de
fonctionnement du réseau à la date du diagnostic :
• la structure du réseau (type de réseau) et profil divers ;
• les caractéristiques géométriques des canalisations (typologie et forme des
tuyaux, nature des matériaux de construction, mode d'assemblage, etc.) ;
• la position et les caractéristiques des points particuliers (ruptures de pente et de
profils, etc.) ;

39
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

• la localisation et les caractéristiques des ouvrages principaux et annexes ;


• localisation, caractérisation et mesure des points de dysfonctionnement du réseau
(infiltration, exfiltration, variation de pression, diminution des capacités
d'écoulement, etc.).
Le contrôle des branchements a pour but de vérifier l'étanchéité du réseau et le bon
assemblage des canalisations selon la nature des tuyaux. Ce contrôle peut se faire
soit par test à fumée insufflée entre deux regards de visite dans les zones
suspectées, soit par test aux colorants injectés en amont de chaque point suspecté.
La détection des eaux parasites se fait par inspection visuelle à l'aide d'appareils
photographiques, par observation des paramètres physico-chimiques des effluents
et par mesure des débits entre deux regards de visite. C'est à ce niveau que doit
s'effectuer la prise des échantillons d'eaux usées qui seront analyse ultérieurement
en laboratoire pour contrôler la conformité ou non de certains paramètres de
pollution.
L'analyse générale des données recueillies ci-dessus, donne un cliché à date, de la
situation actuelle du réseau sur les plans technique et fonctionnel. Le diagnostic
permet ainsi de définir les stratégies d'intervention. Il permet aux gestionnaires et
au décideur de prendre les grandes orientations et de définir en tout connaissance
de cause les priorités d'intervention en fonction des tronçons et de l'ampleur des
problèmes rencontrés.

Les interventions après diagnostic


Les interventions des gestionnaires doivent être régulières et revêtir un caractère
préventif et curatif. Les différentes opérations d'entretien et de maintenance
concernent les activités suivantes :
• le curages des tuyaux, des bouches d'égout et des regards de visite à
décantation, : cette tâche est effectuer pour éviter les dépôts de boues et les
fermentations de celles-ci dans la canalisation, étant entendu que les conditions
d'autocurage ne sont pas toujours forcément respectées dans la pratique ; elle
permet également de les désengorger en évacuant les dépôts divers qui s'y
trouvent ; cette opération peut se faire de quatre manière : par système à chasse
d'eau dans les tuyaux (en créant dans ce tuyau un flux d'eau important et une
variation instantanée de la vitesse d'eau qui favorise l'autocurage), à l'aide d'un
aspirateur (pour les bouches d'égout et les regards de visite), par curage
mécanique (avec l'aide d'un racleur qui se déplace dans les tuyaux) ou alors par
cureuse hydraulique (en utilisant des jets d'eau important de plus 40 bars le long
de la conduite) ; la périodicité de cette opération dépend de la capacité de rétention
de la cuvette de décantation, de la proximité des marchés et de l'état de la voirie ;
• les nettoyages périodiques ou le ramonage des canalisations : les matières en
suspensions peuvent se décanter partiellement dans le réseau et diminuer la
débitance des canalisations ; le seul remède est donc le ramonage qui peut se faire
soit de manière hydraulique (pour les égouts non accessibles à l'homme) ou
mécaniques (pour des égouts non visitables). Le ramonage hydraulique consiste à
augmenter le débit dans le réseau soit par injection d'eau sous pression (entre 40
et 100 bars), soit en créant des survitesses mécaniques, en réalisant une retenue
d'eau en amont d'une vanne mobiles montée sur deux roues et susceptible de se
déplacer longitudinalement dans l'égout à nettoyer : les sédiments se déplacent
alors vers l'aval sous l'effet de la pression et la vannes se déplace progressivement
au fur et à mesure que le radier est propre. Le ramonage hydraulique peut
également s'opérer à l'aide de ballon obturateur ou batardeau pour servir de
barrage de retenue d'eau en amont dont l'ouverture rapide crée en aval une chasse
entraînant une grande partie des dépôts existants. Le ramonage mécanique peut se

40
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

faire à l'aide des treuils mécanisés équipés de godets tractés entre deux regards ; il
est adapté pour des regards de diamètre supérieur à 70cm et le treuils est choisi
selon la forme de la canalisation. La matière ramonée est extraite progressivement
en aval par un aspirateur. En général, le matériel de ramonage est coûteux et le
travail est contraignant.
• les travaux de maçonnerie : ils permettent de remettre en ordre les ouvrages
défectueux du réseau ; les actions intéresse ici, la réparation des dégradations
d'origines diverses, la consolidation par rapport aux mouvements du sol, les
étanchements, les modifications pour améliorer l'écoulement des eaux, la remise à
niveau des divers ouvrages annexes, la réfection des branchements particuliers, le
renouvellement ou la rénovation des ouvrages, etc.
• l'entretien des bassins de retenues et des ouvrages de stockage : les travaux
courant de cette rubrique intéresse la collecte et l'enlèvement des produits de
décantation, le suivi de la qualité des eaux, la lutte contre les nuisances, l'entretien
des berges, la consolidation des digues, les préventions des pannes des installation
électriques et hydrauliques.
• la surveillance et l'entretien des stations de relevage et de refoulement : l'objectif
ici est de suivre le fonctionnement des stations de pompage qui peuvent souffrir
des problèmes courants de colmatage des dégrilleurs, de dysfonctionnement du
cycle des pompes, de saturation de la station avec des risques de surverses vers le
milieu naturel, de pannes prolongées des pompes et des équipements électriques,
des risques de vandalisme, etc.
• le renouvellement et la réhabilitation des collecteurs : la première opération peut
se faire par remplacement partielles des conduites ; la seconde concerne les
travaux d'étanchement des joints par injection de résines ou de ciments lors qu'il a
été constaté des joints fuyards ou déboîtés, des fissures, des déformations des
canalisation, des corrosion ou des abrasion, l'effondrement des canalisation, etc.
• la recherche des fuites : celles-ci sont le plus souvent dues aux tassements
différentiels des remblais, aux surcharges roulantes, etc., provoquant des
fissurations, des ouvertures des joints. Elle peut se fait à l'aide de l'eau ou de la
fumée.
L'entretien et la maintenance des réseaux sont fondés sur une parfaite
connaissance du réseau. Ces opérations s'effectuent en s'appuyant sur les cartes et
plans du réseau, mise à jour. Aujourd'hui, ces documents cartographiques tentent
de plus en plus à être informatisés au moyen de Systèmes d'Informations
Géographiques. Ces outils informatiques permettent entre autres de consulter et
d'enregistrer facilement les opérations d'entretien et de réparation, de programmer
et de suivre rapidement les interventions et de programmer efficacement les
travaux et les investissements.
i Opérations de réhabilitation des réseaux de collecte des eaux usées
La réhabilitation des réseaux est souvent nécessaire pour certaines lacunes
constatées pendant la phase de diagnostic. Elle peut se faire selon deux techniques
précises, selon que les travaux se font à l'extérieur ou à l'intérieur du réseau (celui
ci permet de limiter les problèmes de fouilles). Le tableau ci-dessous présente pour
chacune de ces techniques, les interventions, leurs objectifs respectifs, les
avantages et les inconvénients de chacune d'elle.
Tableau : Principales opérations de réhabilitation (par l'extérieur) des réseaux de
collecte des eaux usées et eaux pluviales. (adapté de [VALIRON, 91&94], [AFFE,
87], [GUERREE et al 78]).

41
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Image15Principales opérations de réhabilitation (par l'extérieur) des réseaux de


collecte des eaux usées et eaux pluviales. (adapté de [VALIRON, 91&94], [AFFE,
87], [GUERREE et al 78]).
Tableau : Principales opérations de réhabilitation (par l'intérieur) des réseaux de
collecte des eaux usées et eaux pluviales. (adapté de [VALIRON, 91&94], [AFFE,
87], [GUERREE et al 78]).

Image16Principales opérations de réhabilitation (par l'intérieur) des réseaux de


collecte des eaux usées et eaux pluviales. (adapté de [VALIRON, 91&94], [AFFE,
87], [GUERREE et al 78]).

4. Quelques problèmes pouvant survenir dans le réseaux


de collecte des eaux usées
L'exploitation des réseaux de collecte des eaux usées n'est pas aisée au vu de la
diversité et de complexité des types de problèmes couramment rencontrés. ces
problèmes peuvent être accidentel ou réguliers. Ils peuvent apparaître à la suite
d'un événement pluvieux ou suite à l'extension des réseaux.

a) Les eaux parasites


Une eau parasite est une eaux usée qui se trouve dans un réseau qui ne lui était
pas destiné. Une eau parasite peut être propre mais générée par un système
indépendant du réseau d'assainissement : c'est le cas des eaux d'infiltration de la
nappes d'eau souterraine qui pénètrent dans le réseau à partir des joints
défectueux, des fissures, des regards de visite, etc. ; c'est également le cas des
eaux pluviales et des eaux de captage, mal drainées qui ruissellent et passent dans
les réseaux d'eaux usées ; c'est également le cas des eaux usées des usagers mal
connectés.
On peut ainsi classer les eaux parasite de part leurs sources émettrices : les
sources de ces eaux peuvent être diffuses (eaux d'infiltration provenant des
battement des nappes ou des joints défectueux) ou localisées (eaux de
branchements incorrecte, eaux de refroidissement). Elles peuvent aussi être d'une
intensité fortes ou sporadique. On peut également classer les eaux parasites
suivant la durée des apport : c'est ainsi que l'on peut avoir des eaux parasites à
apport aléatoire ou occasionnel lié aux précipitations instantanées, et d'autre part,
des eaux parasites à apport permanent ou pseudo-permanent qui correspondent à
des débits d'infiltration ou de drainage (cas des eaux usées industrielles non
prétraitées).
En France, les eaux parasites peuvent représenter plus de 15% du flux total
théorique et peuvent ainsi avoir des incidences majeures sur le réseau de collecte
et sur les stations d'épuration, surtout quand ces eaux contiennent des paramètres
inhibiteurs ou toxiques[AFEE, 87]. Les conséquences peuvent être imprévisibles :
débordement des canalisations par saturation du réseau, usure et dégradation
accélérée des cavité intérieures des canalisations. La recherche des eaux parasites
dans les réseaux séparatifs peut se faire par enquêtes sur le réseau en étudiant la
variation des débits pendant la nuit (au moment des faibles débits d'eaux usées)
par rapport au débit moyen.
i L'obturation

42
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Les pratiques malveillantes et le vandalisme de certains usagers peuvent entraîner


dans les eaux usées des éléments solides de tailles variables. Ces éléments peuvent
s'accumuler dans le réseau et provoquer des obstructions ou la diminution du
diamètre des canalisations. Le tableau ci-dessous présente quelques uns de ces
éléments en fonction des diamètres de leurs particules.
Tableau : Diamètres de quelques matières solides couramment rencontrées dans
les eaux usées.

Eléments Diamètre Eléments Diamètre

Particules à l’état dissous 10-4µ – 10-1µ Argiles 10-2 µ – 10 µ


Matières en
Particule à l’état colloïdal 1 µ – 10 µ suspension 1 µ – 100 µ
Limon 10 µ –1000 µ Matières décantables 100 µ – 10.000 µ

Sable 1 – 5 mm

Tableau 7 Diamètres de quelques matières solides couramment rencontrées dans


les eaux usées.
Un autre paramètre concourant à l'obstruction des réseaux de collecte des eaux
usées est la présence dans les eaux usées domestiques en particulier de matières
grasses (graisses) insolubles et visqueuses. Cet élément est la principale cause
d'encrassement, puis à l'obstruction du réseau en créant des « gaine » de crasse
sur les parois internes des canalisations. Cet encrassement est aggravé avec la
présence dans les eaux usées industrielles des matières solides (sables, feuilles
mortes, etc.) et autres substances abrasives et corrosives.
1 Les fuites
Les fuites observées peuvent s'effectuer de l'intérieur des canalisations vers
l'extérieure. Elles ainsi peuvent porter préjudice au lit de pose des canalisation et
aux propriétés mécaniques du sol environnant le réseau.
Les causes des fuites en réseau sont multiples. Les principales causes les plus
couramment sont entre autres : les malfaçons lors de l'exécution des travaux, les
défauts d'étanchéité ou niveau des joints, les sollicitations mécaniques et chimiques
autour des canalisations dues aux actions physiques et chimiques des effluents, les
variations brusques de pressions à l'intérieur des canalisations, les charges
statiques et dynamiques qui sont responsables du phénomène d'écrasement des
tuyaux.
1 Les effluents transportés
Dans la pratique, on note souvent une différence entre les eaux « théoriques »
utilisées pour le dimensionnement des réseaux et les eaux « réelles » effectivement
transportées dans ces réseaux. Les pratiques malveillantes de certains usagers, qui
pensent inconsciemment que l'égout peut évacuer n'importe quoi, entraîne la
présence d'éléments « parasites » comme l'indique le tableau ci-dessous. Cette
situation perturbe les conditions d'autocurage calculées en phase théorique.
Tableau : Quelques éléments « parasites » pouvant se retrouver dans les réseaux.
[VALIRON, 94]. pp 473.

43
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

Matières « parasites » Type de réseau


Unit EP EU Inds
Eaux pluviales
sables, graviers, pierres X X N N
laitance de ciment N N N N
blocs de béton X X N N
bois de coffrage X X N N
feuilles et branchage X X N N
troncs d’arbre et
souches X X
bidons, poubelles et
fûts X X
hydrocarbures N N N N
jouets X X X
chiffons, serpillières X X X X
Eaux usées
matières grasses X N X N
ustensiles ménagers X
racines d’arbres,
chevelus N N
Eaux industrielles
produits toxiques N N N N
sous – produits
agressifs N N N N
Légende

N = Produits dont la présence doit être évitée et faire l’objet d’une recherche d’origine
X = Produits néfastes au fonctionnement du réseau. Unit = Réseau unitaire EP = Réseaux
d’eaux pluviales EU = Réseaux d’eaux usées Ind. = Réseaux d’eaux industrielles

Tableau 8 Quelques éléments « parasites » pouvant se retrouver dans les réseaux.


[VALIRON, 94]. pp 473.
Il est donc intéressant d'éliminer ces éléments « parasites » en amont des réseaux
par la mise en place de dispositifs techniques adaptés tels que des boîtes à graisse
en amont des branchement d'eaux usées, des installations de prétraitement chez
les industriels. Il convient également, de prévoir des campagnes régulières de
curages des réseaux pour en assurer un bon fonctionnement et éliminer les risques
de dégagement d'odeurs nauséabondes dû à la fermentation anaérobie. Ce
phénomène se produit généralement dans les tronçons du réseau qui présentent
des faibles pentes ou qui sont faiblement ventilés ou aérés. c'est pendant la
fermentation que se produit le dégagement des gaz tels que le gaz carbonique
(CO2) et le méthane (CH4).
Les effluents industriels non prétraités constituent un problème majeur pour
l'efficacité de l'épuration à l'aval, pour la sécurité des agents chargés d'entretenir le
réseau, pour la conservation des ouvrages et le devenir des boues issues de
l'épuration. Il est donc important pour l'équipe en charge de la gestion des réseaux
de mener des études conjointes pour maîtriser les caractéristiques des eaux usées
industrielles à l'entrée des réseaux.
Les eaux usées véhiculées dans les réseaux peuvent causer l'érosion, la corrosion,
l'abrasion et les dégradations diverses des canalisation. Les risques de corrosion
sont élevés dans les canalisation d'eaux usées. Les principales causes en sont la
composition des effluents, la variation de la teneur en oxygène, la nature des
matériaux de construction des tuyaux. Les corrosions peuvent être chimiques
(oxydation, hydrogénation, action du chlorure d'hydrogène et de l'hydrogène

44
LA COLLECTE ET
L'ÉVACUATION DES EAUX
USEES

sulfure) ; elles peuvent également être bactériologiques (transformation des


substances par les bactéries : cas des bactéries produisant de l'hydrogène sulfure).
Du fait de l'inconscience humaine, ces eaux peuvent être causes des
engorgements, des obstruction et des effondrements.
Les variations sensibles des caractéristiques physico-chimiques des effluents
transportés dans le réseau peuvent avoir des effets néfastes dans les canalisations,
sur le personnel en charge de l'exploitation des réseaux.
Les principaux dangers qui peuvent menacer le personnel sont les liés aux
émanations de gaz toxiques, aux brûlures dues aux effluents chauds, aux maladies
diverses. L'absence d'oxygène, la présence de gaz toxiques peuvent causer
l'asphyxie, l'intoxication et des brûlures dues à l'explosion. Il est ainsi recommandé
de prémunir le personnel d'exploitation de masques à oxygène pour ne pas être en
contact prolongé avec un atmosphère pauvre en oxygène mais riche en gaz
dangereux (CO2, CH4, H2S, HCl, CO, NOx, etc.). Le méthane issu de la
fermentation anaérobie dans les canalisations peut être explosif. Le personnel est
également exposé aux brûlures dues aux effluents chauds déversés par des
industries de textile, de distillerie, de brasserie. Par contact (par voie cutanée,
orale, digestive, respiratoire) avec les eaux usées, ce personnel ainsi que les
usagers riverains peuvent être victimes de certaines maladies au rang desquelles
on peut citer la typhoïde, la dysenteries amibienne, la diarrhée, l'hépatite virale,
l'amibiase, etc., transmises à l'homme par voie digestive ou par contact direct.
Le problème de la fermentation en canalisation se pose dans les canalisations de
faible pente ou dans des points chargés, où l'on a un défaut d'aération et de
ventilation.
1 La corrosion des éléments du réseau
Les risques de corrosions sont importants dans les réseaux de collecte des eaux
usées. Ces risques peuvent être dus à la variation de la teneur en oxygène, à la
stagnation des eaux, à la nature des matériaux des tuyaux utilisés et enfin aux
caractéristiques des effluents transportés. Un effluents riche en éléments favorables
à l'oxydation et à l'hydrogénation (chlorures et sulfates) ou des éléments chimiques
corrosifs (solutions acides ou alcalines, H2S, SO2, etc.) peut entraîner des
corrosions chimiques directes, notamment dans les canalisations en métal. Un
effluent riche en bactérie peut également être à l'origine des corrosions directes ou
indirectes dites bactériennes des canalisations en béton du fait que ces bactéries
peuvent transformer des substance (exemple, la production d'acides sulfuriques).
La prévention contre les différentes formes de corrosion devra donc tenir compte de
l'agressivité des effluents et du terrain en présence. C'est en effet en fonction de
ces données qu'il faut opérer le choix du matériau constitutif des tuyaux à utiliser.

45
LES SYSTEMES DE
II
II -

TRAITEMENT DES
EAUX USÉES
ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF
LES PRINCIPAUX TYPES DE TRAITEMENT DANS UNE STATION
D'ÉPURATION COLLECTIVE 47
LES STATIONS INTENSIVES 49
LES STATIONS EXTENSIVES OU RUSTIQUES 54
CRITÈRES DE CHOIX ET PRINCIPE DE DIMENSIONNE MENT
DES STEP 54
LES OUVRAGES D'ASSAINISSEMENT AUTONOME 56

Le traitement des eaux usées dans une station d'épuration permet d'éviter au
milieu récepteur les conséquences néfastes d'un rejet brut de ces eaux. L'un des
objectifs de la station d'épuration est de rechercher d'une part, à extraire des eaux
usées produites, tout ce qui est nuisible ou susceptible de l'être (matières solides
minérales ou organiques, odeurs, etc.) et d'autre part, de traiter et éventuellement
de valoriser les sous-produits de l'épuration.

A. LES PRINCIPAUX TYPES DE TRAITEMENT DANS UNE


STATION D'ÉPURATION COLLECTIVE
Une station d'épuration peut offrir partiellement ou en totalité trois types de
traitement des eaux usées, à savoir : le traitement physique, physico-chimique et
biologique.
1. Le traitement physique concerne essentiellement la filtration sur des filtres à
granulats (bancs de sables, de charbons actifs pouvant également clarifier
l'effluent) avec une vitesse de percolation de l'ordre de 8m/h. Les rendements
avancés du traitement physique sont de 60 à 80% pour les MES, de 30 à 50% pour
la DBO5.
2. Le traitement physico-chimique utilise des réactifs tels que les agents de
coagulation (floculation puis décantation) ou alors des réactifs spécifiques à certains
micro-polluants (tels que les chlorures et sulfate d'alumine ou le relèvement du pH
vers ma valeur 10 pour éliminer le phosphore, la chloration et l'aération à pH élevé

47
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

pour détruire les ammoniaques, etc.).


3. Le traitement biologique s'appuie sur l'aptitude de la faune et de la flore
naturelle à éliminer certains micro-polluants. Trois formes de traitement biologique
des eaux usées existent. Le traitement biologique indifférencié (concernant
essentiellement la DBO5) est constitué des bassins en cascade où contenant des
micro-populations adaptées à chaque micro-polluant. Le traitement spécifique
(destiné à éliminer l'azote et le phosphore) est basé sur le cycle naturel de l'azote
dont l'élimination peut se faire soit par nitrification (oxydation de l'ammoniaque par
des bactéries hétérotrophes aérobies en nitrates et nitrites) ou par dénitrification
(réduction de l'azote par des bactéries anaérobies). Le procédé par lagunage
complémentaire est le la technique de traitement biologique la plus répandu et la
plus ancienne dans le monde. Elle consiste à faire passer les effluents dans des
bassins (appelés lagunes) de 1,5 à 2m de profondeur, ensemencés de microflore et
de microfaunes spécifiques. Ce procédé offre de bon rendement en matière de
DBO5, d'azote, de phosphore, et même de germes pathogènes y compris les virus.
Les principales opérations suivantes concourent à l'épuration des eaux usées :
1. l'enlèvement des éléments de tailles relativement importantes (débris organiques
ou minéraux, etc.). C'est le pré-traitement qui consiste à faire passer l'effluent brut
à travers un dégrilleurs de mailles moyennes de 2cm de côté faites de barres de
1cm de diamètre. Le dégrillage a ainsi pour objectif de faciliter l'évacuation des
matières retenues vers des silos équipés de d'égouttoir, à l'aide de râteaux manuels
ou mécaniques. Le dessablage qui s'ensuit permettra de décanter les grains
grossiers ;
2. la séparation des matières en suspension (MES) de densité différente de celle de
l'eau. C'est le traitement primaire qui consiste à faire décanter dans un bassin
(appelé décanteur primaire), circulaire ou rectangulaire, les eaux prétraitées
suivant un temps de séjour d'environ 2 heures à une vitesse de surverse de l'ordre
de 1 à 2 m/h ;
3. l'élimination biologique de la pollution organique due aux matières colloïdales et
dissoutes. C'est le traitement secondaire qui consiste à éliminer la DBO et la DCO
par apport d'oxygène en
Il est annoncé une élimination naturelle d'environ 30% de la DBO5 dans cette
phase ; ce taux d'élimination atteindrait 65% (pour la DBO5) et 60% (pour la DCO)
si on y ajoutait des réactifs coagulants (cas des traitements physico-chimiques). La
vitesse de surverse est le rapport du débit maximal (Qmax en l/h) sur la surface
réceptrice (S en m²)
quantités suffisantes, voire abondante, pour nourrir les micro-organismes
responsables de l'épuration ;
4. l'élimination de la pollution minérale (azote, phosphore, etc.) ; elle peut se faire
par voie physique, physico-chimique ou biologique. Il s'agit du traitement tertiaire ;
5. l'élimination de la pollution résiduelle réputée dangereuse, due aux germes de
contamination fécale (streptocoques fécaux, coliformes fécaux, coliformes totaux,
virus, et autres polluants chimiques tels que les chlorures, les sulfates, les métaux
lourds, etc.). C'est le traitement quaternaire ou traitement complémentaire qui peut
se faire également par voie physique, physico-chimique ou biologique pour éliminer
les micro-polluants. Cette étape, onéreuse, n'est envisageable qu'en cas d'exigence
de préservation maximale de la qualité initiale du milieu récepteur, notamment au
voisinage des plages, des zones de baignades, etc.
Ces différentes opérations de manière intensive (cas des stations dites « classiques
», plus ou moins mécanisées avec injection éventuelle de réactifs et d'adjuvants

48
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

chimiques pour accélérer le processus) ou de manière extensive (cas des stations


dites rustiques ou naturelles utilisant les potentialités épuratrices des organismes
vivants végétaux ou animaux, aquatiques ou non, etc.).

B. LES STATIONS INTENSIVES

Il en existe plusieurs types à travers le monde, de telle manière que vouloir en


dresser une liste exhaustive serait illusoire. Le plus répandues en Afrique
subsaharienne sont le procédé à bactéries fixes (par lits bactériens ou par filtres
noyés) et le procédé par boues activé ;

1. Les procédés à bactéries fixes


On distingue dans cette catégorie, les dispositifs par lits bactériens et les dispositifs
par filtres noyés
1. Le dispositif par lits bactériens favorise la prolifération des microorganismes
épurateurs à l'aide de supports offrant de grandes surfaces de contact par unité de
volume sur lesquels percollent et ruissellent les eaux usées à traiter. dans la
pratique, il est courant d'utiliser soit le gravier, la pouzzolane, les pierres (cas
classique), soit des éléments en plastique à surface spécifique plus dense (cas
spécifique), empilés entre 1,5 et 5m. Dans le premier cas, la vitesse moyenne
d'écoulement admissible est d'environ 0,8m/h, alors que dans le second cas, cette
vitesse peut atteindre la valeur de 3m/h. Quelle que soit la nature du matériau du
lit, il est conseillé de recirculer les effluents de la sortie du dispositif vers l'entrée.
La recirculation permet en effet de diluer les effluents à l'entrée des lits et de
régulariser les débits. Le taux de recirculation, considéré comme étant le rapport du
débit mélangé au débit brut, varie en général entre 2 et 3 pour les lits classiques,
et entre 10 et 15 pour les lits spécifiques permettant un traitement des eaux usées
beaucoup plus concentrées. La charge volumique qui peut être traitée par jour et
par mètre cube de matériaux dépend du type de matériaux utilisés : ainsi cette
charge est d'environ de 0,8kg de DBO5/m3 de matériaux dans le cas des lits
classiques, et de 3 à 10kg de DBO5/m3 de matériaux dans le cas des lits
spécifiques.
2. Le dispositif par filtres noyés est composé d'une couche de grains d'argile (de
diamètre 3 – 5mm) de 1 à 2m de hauteur, placée au-dessus d'un dispositif de
soufflage d'air qui maintien les conditions aérobies. Les effluents, en percollant à
travers la couche aérée, éliminent au passage environ 5 à 6kg de DBO5 par mètre
cube de matériaux du filtre.
Tableau : analyse comparative entre les systèmes à lits fixes.

49
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

Système Avantages Inconvénients


• excellent rendement et
simplicité de gestion, • coûts
• faible consommation d’investissement élevé,
Lits bactériens d’énergie et tolérance vis à vis • manque de
des surcharges, souplesse,
• indiqués pour les petites • nécessité d’installer
stations présentant des un décanteur secondaire
difficultés de surveillance. à la sortie.

• non exigence d’un


décanteur secondaire à la
sortie,
• système beaucoup plus
Filtres noyés compacté que le précédant,
• souplesse et possibilité
d’association la filtration et la • coût élevé de
biodégradation, construction,
• possibilité d’élimination de • difficultés de lavage
l’ammoniaque. des grains d’argiles.
Tableau 9 analyse comparative entre les systèmes à lits fixes.

2. Le procédé par boues activées


Dans ce procédé, les levures et les bactéries en suspension assurent l'essentiel de
l'épuration suite au brassage et à l'aération des effluents bruts dans les basins
d'aération. Deux variantes de boues activées existent dans le monde, à savoir, les
bassins « alternatifs » et les bassins « combinés ». Les bassins alternatifs couplent
simultanément l'aération et la décantation : les effluents sont ainsi, tour à tour,
agités puis laissés au repos dans le même bassin. Dans les bassins combinés par
contre, une partie des bassins sert d'aérateur et l'autre de décanteur. Le rapport,
en poids, de la DBO5 à traiter sur le poids des microorganismes est un paramètre
pertinent qui caractérise le bon fonctionnement des bassins d'aération. Ce rapport
est défini par les charges « massique » ou « volumique ».
Tableau : Paramètres de conception de la station de Grand-Messa (Yaoundé –
Cameroun).

50
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

Image17Paramètres de conception de la station de Grand-Messa (Yaoundé –


Cameroun).

Image18Exemple du principe de fonctionnement d'une station d'épuration par


boues activées moyenne charge munie d'un digesteur aérobie sans lit de séchage
(station de Grand – Messa, à Yaoundé
Figure : Exemple du principe de fonctionnement d'une station d'épuration par boues

51
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

activées moyenne charge munie d'un digesteur aérobie sans lit de séchage (station
de Grand – Messa, à Yaoundé)

Image19Synoptique générale d'une station d'épuration par boues activées : cas 2


Figure : Synoptique générale d'une station d'épuration par boues activées : cas 2
Cette station possède en son entrée, un dispositif de dégrillage de forme carrée de
47cm de côté constitué de grilles maillées de 2,5cm de côté. Les effluents après le
dégrillage arrivent dans un bassin d'aérateur de forme carrée tronconique de 8,25m
de côté, muni d'une turbine, où elles subissent un brassage avant d'être renvoyées,
à l'aide d'une goulotte, dans le bassin de décantation secondaire de forme cylindro-
conique de diamètre 7m. Après décantation des boues, ces effluents passent par
une goulotte circulaire pour être rejetés dans le cours d'eau Mingoa situé en
contrebas. A l'aide d'une pompe de recirculation, les boues décantées sont
recyclées vers le bassin d'aération. Les boues en excès quant à elle sont renvoyées
dans le digesteur aérobie de forme carré tronconique muni également d'une turbine
flottante.
Tableau : Ordre de grandeur des niveaux de charges habituels

Charges massiques Charges volumiques


Niveaux de charges Rapport DBO5 retiré/DBO5 entrant
(kg/kg) (kg/m3)

Fortes charges 0,5 – 1,0 1,5 – > 2,0 80,00%

Moyennes charges 0,2 – 0,4 0,5 – 1,5 90,00%

Aération prolongée 0,01 – 0,1 0,1 – 0,5 95,00%


Tableau 10 Ordre de grandeur des niveaux de charges habituels.
Les STEP de faible charge sont plus onéreuses et consomment beaucoup plus

52
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

d'énergie. En général, plus la STEP est grande, plus l'économie réalisée sur les
dépenses d'investissement et d'exploitation est importante et plus les eaux à traiter
sont beaucoup plus diluées. La recirculation des boues dans le bassin d'aération
permet de maintenir une population bactérienne élevée dans ce bassin. Le taux de
recirculation des boues se calcule en fonction des charges massiques, de la teneur
en matière solide du bassin d'aération. Ce taux de recirculation varie entre les
valeurs extrêmes suivantes : 0,5 et 3 et la moyenne généralement prise en
considération est de 0,8 à 0,95.
Le dimensionnement du décanteur secondaire du système par boues activées doit
se faire de manière à ce que le temps de séjours ne soit pas assez long pour éviter
les phénomènes de fermentation anaérobie, voire de dénitrification.
L'indice de Molhmann, qui caractérise le volume de boues activées de résidus sec
égale à 1g, décantées en une demi-heure, est inversement proportionnel à
l'aptitude de ces boues à la concentration. Cet indice se situe souvent entre 120 et
150, et la valeur moyenne de 80 est excellente pour épuration des eaux usées. Au-
delà d'un indice de Molhmann de 300, les boues décantent lentement et séjournent
longtemps dans le décanteur. Ce qui risque d'accroître la fermentation aérobie due
à la présence de bactéries filiformes dites bactéries filamenteuses caractéristiques
du phénomène anglo-saxon de Bolking, très répandu mais encore difficilement
maîtrisé à nos jours. (cf. figure pp 201). La quantité d'air nécessaire pour l'aération
est d'environ 1kg d'oxygène pour 1 kg de DBO5 à traiter ; l'insufflation de 1kg
d'oxygène nécessite une énergie moyenne de 0,5 kWh.

C. LES STATIONS EXTENSIVES OU RUSTIQUES


Les initiateurs de ce type de station sont souvent guidés par les avantages socio-
économiques, techniques et environnementaux qu'offre ce type de technologique.
Un exemple de station extensive est présenté ci-dessous.

Image20Principe de fonctionnement de la station par lagunage à macrophytes de


Biyem Assi
Figure 9 : Principe de fonctionnement de la station par lagunage à macrophytes de
Biyem Assi
Cette station pilote a été conçue pour traiter en moyenne 45m3/j d'eaux usées
domestiques provenant de ces 650 habitations. Elle couvre près de 1000m² et
comporte 08 bassins disposés en série et séparés par des digues de terre
compactée comme l'indique la figure 9. Les eaux usées arrivent dans cette station
de manière gravitaire. Le temps de rétention théorique de cette station oscille entre
09 et 16 jours. Les eaux usées brutes entrent dans la station par le bassin B0, qui
assure simultanément la décantation et la digestion anaérobie. La phase de
lagunage à macrophytes proprement dite se déroule dans les bassins B1-B7.
L'espèce épuratrice utilisée, Pistia stratiotes, élabore une biomasse végétale
importante récoltée périodiquement afin d'éviter le recyclage des polluants
absorbés.

53
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

D. CRITÈRES DE CHOIX ET PRINCIPE DE


DIMENSIONNE MENT DES STEP
Le choix de la localisation d'une STEP ne se fait pas au hasard. Elle doit prendre en
compte les objectifs de qualité assignés au milieu récepteur et surtout respecter un
certain nombre de critères de choix parmi lesquels [EPLF, 93] :
• la disponibilité des terrains (superficie, formes et topographie générale du site,
etc.) ;
• la proximité des habitations et des activités socio-économiques de type collectif ;
• la nécessité de localiser la STEP au point le plus bas possible de l'agglomération ;
• la nature et les caractéristiques du milieu récepteur des eaux usées (volumes et
courants lacustres des lacs, débits moyens d'une rivière, périodes d'étiages, etc.) ;
• la position du point de rejet par rapport à la rive ou à la berge (risques de
pollution localisée) ;
• le sens des vents dominants (risques de propagation d'odeurs) ;
• l'accessibilité du site de la STEP par une route carrossable pour faciliter également
le raccordement aux réseaux techniques urbains (eau potable, électricité,
téléphone, etc.) ;
• la variation saisonnière (battement) de la nappe phréatique ;
• disponibilité des sites pour le traitement et l'évacuation des sous-produits
d'épuration des eaux usées, notamment les boues, les déchets solides des
dégrilleurs et dessableurs, etc.
Il convient de remarquer que chaque STEP est un cas particulier adapté aux
contraintes locales. Il n'existe pas de station d'épuration standard, mais de
technologies et de méthodologies standards et transposable. On ne saurait de ce
fait transposer dans un contexte jugé différent, des résultats techniques et des
schémas trouver dans un autre contexte. Il convient régulièrement de songer à les
adapter aux conditions socio-économiques, culturelles et environnement de la
localité considérée. la disposition générale des équipements de la STEP est guidée
par la topographie du site, sa forme et son profil en long, la quantité d'eaux usées
transportées jusqu'à la station, etc.
Les paramètres clés du dimensionnement des éléments constitutifs d'une station
d'épuration par boues activées sont les suivantes :
1. le débit spécifique à l'arrivée de la station (m3/hab./j) ;
2. les coefficients de pointe diurnes et nocturnes ;
3. les quantités spécifiques journalières de la matière décantable et de la DBO5 (g/
hab./j) ;
4. la fraction de matières volatile (organique) dans la boue ;
5. les normes de rejet des effluents dans le milieu récepteur en vigueur dans la
localité considérée ;
6. des constantes biologiques, telle la constante de croissance biologique (K*, en j-
1), la fraction de transformation de substrat en biomasse (Y*) et la constante de
croissance anaérobie (Ka*, en j-1). En général, on admet en Suisse, les valeurs
suivantes : K*= 0,8 – 1,5j-1, Y*= 0,55 – 0,70 et Ka* = 0,07 – 0,1 j-1. [EPLF, 93].
7. le temps de séjour minimum dans les décanteurs primaire et secondaire (en
heures) ;
8. le temps de séjour maximum dans le décanteur secondaire (en heures) ;

54
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

9. les vitesses de chute limite en décantation (en m/h) ;


10. la courbes d'élimination de la DBO5 en fonction du temps ;
11. la vitesse de soutirage des boues secondaire (en m/h) ;
12. le taux maximum de recirculation des boues activées ;
13. le temps minimum d'épaississage des boues (en heures) ;
14. la concentration souhaitée de la boue épaissie (kg/m3) ;
15. la concentration souhaitée de la boue digérée (kg/m3) ;
16. la profondeur du bassin de la boue activée (en m) ;
17. la durée de stockage dans la digestion secondaire (en jours) ;
18. le taux de minéralisation par digestion ;
19. la hauteur économique d'un épaississeur (en m) ; 20. la forme économique
d'un digesteur.

Image21Principe de fonctionnement de la station de lagunage à macrophytes de


l'EIER
Figure : Principe de fonctionnement de la station de lagunage à macrophytes de
l'EIER

Image22Schéma de principe de la station de lagunage de Daloa en RCI


Figure : Schéma de principe de la station de lagunage de Daloa en RCI

Image23Schéma de principe de la station de lagunage de Dabou en RCI

E. LES OUVRAGES D'ASSAINISSEMENT AUTONOME

On parlera d'assainissement autonome lorsque le rejet des eaux usées d'une ou de


plusieurs habitations n'est pas raccordé à un réseau collectif public et font l'objet
d'un traitement spécifique sous la responsabilité d'un ou de plusieurs propriétaires.
L'assainissement autonome peut être individuel (seul propriétaire) ou pseudo

55
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

individuel (plusieurs personnes). Il représente le système le plus répandu en


Afrique : il intéresse encore plus 70% des ménages dans les centres urbains et
100% des ménages dans les zones rurales.
Ce procédé a été développé pour utiliser d'une part, les capacités auto-épuratrices
(en anaérobie ou en aérobie) des sols et d'autre part, l'aptitude de ces sols à
pouvoir isoler les eaux usées de tout contact direct par l'homme.
Les principaux ouvrages appartenant au procédé d'assainissement autonome sont
les latrines (plus ou moins améliorée) et les fosses septiques.

1. La fosse septique
La fosse septique est un dispositif d'évacuation et de traitement (au degré I et II)
des eaux usées produites dans un ménage ou un groupe de ménages. En installant
une fosse septique on envisage de rendre les effluents à la sortie du dispositif,
aptes à l'absorption par le milieu naturel et compatibles avec les objectifs de
fonctionnalité et de durabilité des équipements annexes et complémentaires, situés
en aval (par exemple l'épandage souterrain, le puits d'infiltration, etc.).
Elle pré-traite l'effluent pour le rendre compatible avec l'infiltration dans le sol de
manière à éviter le colmatage. Elle permet de décanter les matières solides, de
liquéfier partiellement les matières polluantes.
La fosse septique fonctionne suivant le double principe de décantation et de
fermentation anaérobie des matières organiques contenues dans les eaux usées.
• la décantation concerne la sédimentation au fond de la fosse (au niveau des bacs
primaire et secondaire) des particules solides et la flottation des graisses et autres
matières solides plus légères (cet ensemble forme le « chapeau de digestion » qui
empêche les rayons lumineux de pénétrer dans les profondeurs de la fosse et
créent ainsi les conditions d'anaérobie). La présence de cloisons dans une fosse
septique permet d'éviter la remise en suspension des matières sédimentées.
• la fermentation ou la digestion anaérobie est due aux micro-organismes
anaérobies contenus dans l'effluent brut. Pendant cette phase, il y a d'une part,
diminution du volume des matières organiques contenues dans les eaux usées
initiales, et d'autre part, production de gaz de digestion (CH4, CO2, H2S, etc.) qui
assurent la décomposition des matières organiques. Ces gaz, combinés aux acides
gras présents dans la fosse entraîne la présence des odeurs nauséabondes. Seule la
ventilation continue de la fosse permet de limiter l'intensification de ces odeurs. Un
temps de séjour de 2 à 3 ans permet de minéraliser suffisamment les boues
décantées . La fermentation anaérobie de la matière organique dépend de plusieurs
facteurs, tels que :
- la capacité de la fosse et le temps de séjour des boues,
- l'amortissement hydraulique de la fosse : les variations fortes des débits à l'entrée
de la fosse peuvent causer le phénomène de remous, causant ainsi la remise en
suspension des particules initialement décantée et la perturbation du chapeau de
digestion, etc.,
- le rejet d'agents inhibiteur de digestion (hydrocarbure, détergents, etc.) pouvant
modifier momentanément la stabilité de la microflore épuratrice,
L'abattement de la DBO5 et de la DCO est d'environ 50%, celui des MES varie entre
65 et 80% alors que ceux de l'azote et du phosphore sont respectivement de 10%
et 30% environ. [VALIRON, 91].
- la variation du pH (un pH acide est néfaste pour la digestion) et l'apport accru
d'eaux parasites,

56
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

- une température ambiante inférieure à 10°C est parfois signalée, cependant, le


caractère enterré de la fosse ne permet pas d'obtenir dans la fosse des
températures aussi faible.

a) Disposition constructive des fosses septiques


Les fosses septiques de forme circulaire ne sont pas conseillées : celles-ci sont le
siège de fortes turbulences et donc de faible rendement de traitement. Il est
courant d'adopter une fosse de forme rectangulaire, de dimension Longueur (L) X
largeur (l) choisies de telle sorte que le rapport de la longueur sur la largeur (L/l)
soit compris entre 2 et 4. Les recherches ont en effet permis de constater que :
• si L/l > 4 (fosse de forme trop allongée), la vitesse du courant est élevée et les
matières organiques solides n'auront pas le temps de se décanter avant d'être
complètement digéres ;
• si par contre L/l < 2 (fosse de forme ramassée, proche du carré), il y a risque de
faible rendement également.

Image24image18
La hauteur moyenne de la fosse est comprise entre 1 et 2,5m. La fosse septique
peut être à double ou à triples compartiments. Les dimensions de chaque
compartiment devraient respecter les ratios ci-dessus

Image25fosses

2. Dispositifs annexes des fosses septiques


1. Le séparateur de graisse (ou bac dégraisseur) : il est situé en amont de la fosse
septique, proche de la zone de production des graisses ou des huiles (cuisine). Cet
ouvrage facultatif n'est envisageable qu'en cas de production accrue de graisse
(cantines, hôtel, restaurant, etc.).
2. Le débourbeur : il s'agit d'un bac rectangulaire de dimensions LxlxH égales à
80X50X50cm muni d'un panier amovible qui sert de rétention des déchets lourds et

57
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

indésirables dans la fosse.


3. Le filtre bactérien (aérobie ou anaérobie) : il constitue le 3ème compartiment de
la fosse septique qui permet d'éliminer la matière organique en solution ou en
suspension colloïdale. Le lit bactérien peut être constitué de graviers, de
pouzzolanes, de mâchefers, posés sur un plancher perforé. Le volume minimal du
lit bactérien est de 1m3, et la hauteur minimale de la couche d'agrégat est de 1m.
En aérobie, le sens de circulation de l'effluent est descendant et le couvercle
supérieur du compartiment est ouvert. En anaérobie, le sens de circulation de
l'effluent est ascendant. Son volume n'est pas pris en compte dans le volume utile
de la fosse.

3. Critères d'aptitude du sol à l'assainissement autonome


• la perméabilité du sol évaluée par test de percolation ;
• l'hydromorphie du sol, prenant en compte le niveau de la nappe phréatique et ses
battements ;
• la profondeur du substratum qui doit être suffisante (>1m) pour les sols à
granulométrie fine ne présentant pas d'horizon perméable ;
• la pente relativement faible (>10%) pour empêcher l'épuration par infiltration des
eaux usées.

4. Précautions à prendre lors de la mise en place et


l'exploitation des fosses septiques
Lors de la mise en place, les précautions suivantes sont nécessaires :
• éviter la contamination de l'eau souterraine par l'azote organique ou ammoniacal
contenu dans les eaux usées : pour cela, ne pas situer les ouvrages à proximité de
la nappe phréatique ;
• limiter les vitesses de percolation afin d'éviter les risques de contamination de la
nappe phréatique par le phosphore
• procéder à chaque fois, au décolmatage naturel du sol en suscitant les activités
biologiques des bactéries du sol ;
• prolonger le temps de percolation des effluents en prévoyant, à plus de 60cm du
terrain naturel, un socle peu perméable pour favoriser l'élimination des germes
pathogènes ;
• éviter la contamination de l'eau souterraine par l'azote organique ou ammoniacal
contenu dans les eaux usées : pour cela, ne pas situer les ouvrages à proximité de
la nappe phréatique ;
• limiter les vitesses de percolation afin d'éviter les risques de contamination de la
nappe phréatique par le phosphore
• procéder à chaque fois, au décolmatage naturel du sol en suscitant les activités
biologiques des bactéries du sol ;
• prolonger le temps de percolation des effluents en prévoyant, à plus de 60cm du
terrain naturel, un socle peu perméable pour favoriser l'élimination des germes
pathogènes ;
1. vérifier annuellement le niveau des boues et désobstruer les conduites de
ventilation ;
2. curer puis vidanger chaque trimestre les dispositifs annexes de la fosse, et

58
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

notamment le lit bactérien s'il en existe


3. vidanger la fosse après 2 et 5 années de fonctionnement : ne jamais vidanger la
totalité des boues dans le premier compartiment. Il est recommandé de laisser
environ 20% des boues digérées qui serviront par la suite d'ensemencement des
boues fraîches en microorganismes. les autres compartiments peuvent être
totalement vidangés.

5. Dimensionnement des fosses septiques


Le volume de la fosse « toutes eaux » dépend du nombre d'usagers (Nu), du taux
d'accumulation de la boue dans la fosse (Ta) et de la fréquence de vidange (Fv).
Les hypothèses suivantes peuvent être utilisées :
• taux d'accumulation des boues = 0,18 – 0,5 l/hab./j, (ou encore 65 – 180 l/hab./
an) ;*
• fréquence de vidange de 2 à 5 ans ;
• hauteur maximale de la boue dans la fosse : au voisinage de 50% de la hauteur
utile de la fosse
• hauteur d'eau minimale dans la fosse > 1m ;
• hauteur de rétention de la couche flottante au-dessus de l'eau dans la fosse = 20
– 25cm ;
• temps moyen de rétention des effluents dans la fosse = 5 jours ;
• volume minimal de la fosse : de 1,5 à 2m3 ;
• volume additif pour chaque supplément de 2 personnes dans le ménage = de 0,4
à 0,5 m3.
Il existe plusieurs méthodes de dimensionnement de la fosse septique « toutes
eaux ». Nous en citerons :
• la méthode Française
si Fosse « eaux vannes
Vu = 2m3 pour un logement de 2 à 3 pièces principales
= 3m3 pour un logement de 4 à 6 pièces principales
= 3m3 + 0,5 (ou 0,75)m3 par pièce supplémentaire.
si Fosse « toutes eaux »
Vu = Double des volumes précédents.
• la méthode Belge
la méthode Belge
Vu = 300 l/hab./j X Nu si Nu est inférieur ou égal à 11,
Vu = 225 l/hab./j X Nu si Nu > 11,
si Fosse « toutes eaux »
Vu = Double des volumes précédents.
• la méthode Canadienne
Elle est liée au nombre de chambres

59
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USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

Nombre de Volume utile de la Nombre de Volume utile de la


chambres fosse (en litres) chambres fosse (en litres) Valeur de β

1 β
Vu = 500β 3 β
Vu = 750β β = 4,55 litres

2 β
Vu = 625β 4 β
Vu = 850β

Soit, une incrémentation (ou majoration) d’environ


de 100 à 125β par chambre supplémentaire
Tableau 11 la méthode Canadienne
• la méthode Anglaise
Elle applicable pour les fosses septiques à deux compartiments ayant une fréquence
de vidange d'environ 2 à 3 ans, et une hauteur utile de 1,5m au minimum.
Vu = 180 x Nu + 2000
• Cas des fosses septiques destinées aux équipements collectifs ou publics.
La méthode canadienne est conseillée dans ce cas. La démarche pourrait être la
suivante :
- On calcule la quantité totale journalière des rejets (Qtr en litres) : Qtr = q0 x Nu
(ou q0 = rejet d'eaux usées par habitant (en l/hab./j) et Nu = nombre d'usagers)
- Si 1 900 l < Qtr > 5 700 l alors, Vu = 1,5Qtr - Si 5 700 l < Qtr < 34 200 l alors
Vu = 4 300 + 0,75Qtr
- Si Qtr > 34 200 l, alors Vu = Qtr
Tableau : quantité unitaire des eaux usées rejetées par type d'établissement
collectif.

Type d’établissement Quantités rejetées (l/j/X) Type d’établissement Quantités rejetées (l/j/X)

Hôpitaux 300 – 500/lit Internat 180 – 200/élève

Casernes 200 – 300/lit Théâtres – cinémas 10/place

Aéroport 50/emploi Magasin 1 000/W.C.

Hôtel 240 – 300/chambre Piscine 20/baigneur

Restaurant 20/place Usines 40 – 80/emploi

Bar 5/client Bureaux 50/personne

Camping 500 – 1 000/place Ecole 30 – 60/élève


Tableau 12 quantité unitaire des eaux usées rejetées par type d'établissement
collectif.

6. Evacuation des effluents après la fosse septique


Deux techniques sont courantes en Afrique : le puisard (à fond perdu ou étanche)

60
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

et l'épandage souterrain.
La première n'est pas recommandée surtout lorsque le puisard est à fond perdu.
Elle doit d'ailleurs être déconseillée dans les zones à nappe d'eau souterraine peu
profonde ou affleurante. Si le puisard est à fond et à paroi étanche, il faut le
dimensionner convenablement pour qu'elle puisse absorber toute la production des
effluents à la sortie de la fosse après une période raisonnable avant la vidange.
Cette solution est en outre trop coûteuse pour des ménages à revenus moyens.
L'utilisation des puisards (étanche ou non) a cependant des avantages, parmi
lesquels on peut citer entre autres, la facilité de mise en œuvre, la nécessité de peu
d'espace, etc.
La solution d'évacuation des effluents issus des fosses septiques est consiste à les
disperser ou à les épandre en dessous du sol naturel. Elle est envisageable lorsque
le site présente des qualités requises (cf. critère plus haut). C'est une solution
efficace et relativement simple à mettre en place bien que nécessitant une certaine
rigueur dans la pose des tuyaux de distribution. Elle permet d'évacuer en même
temps les effluents dans le sol et leur traitement naturel en utilisant les capacités
d'auto-épuration du sol.
L'épandage souterrain est réalisé par l'intermédiaire des drains rigides,
rigoureusement mis à l'horizontal dans le but d'assurer une égale répartition des
effluents dans les tuyaux de distribution. Il peut se faire par tranchées filtrantes,
par lits filtrant ou par sols reconstitués.
Dans les dispositifs par tranchées filtrantes, les tuyaux de distribution, de longueur
maximale de 30m, doivent avoir des diamètres supérieurs ou égaux à 100mm,
munis d'orifices de 5mm au moins. Les tranchées sur lesquels reposent les tuyaux
doivent être garnies de graviers 10/40, et avoir des entraxes supérieurs ou égaux à
1,5m. Les longueurs des tranchées sont établies en situation défavorable : on
recommande de les dimensionner lorsque les terrains sont les moins absorbants et
quand la nappe phréatique est plus proche du sol.
Le dispositif par lits filtrants est envisageable quand le sol est sableux et n'autorise
pas l'exécution des tranchées. A la différence du dispositif précédant, la couche de
gravier est continue entre les drains.
Le dispositif par sols sol reconstitués est utilisé quand le sol est impropre à
l'épandage souterrain en terrain naturel : importance de l'imperméabilité,
insuffisance de la perméabilité, etc. Ainsi, on peut être amené à remplacer le sol
existant par des matériaux de perméabilité voulue, qui soit convenable et indiqué.
En empilant sur plus de 1m des matériaux filtrants de granulométrie homogène et
bien ventilés par des courants d'air ascendant, on réalise ainsi un filtre bactérien
percolateur. L'épaisseur de ce sol « artificiel » doit être supérieure à 0,7m, au fond
d'une fouille d'environ 1,5m de profondeur. Dans le cas des travaux en sols
aquifères (nappes < 1m), on peut être amené choisir un relèvement de la zone
d'épandage avant la pose des tuyaux distributeurs.
Tableau : Superficie utile et dispositions nécessaires. [VALIRON, 91] .

61
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

Sol très peu perméable


S ol perméable S ol assez perméable S ol médiocre Coef K de Darcy
106 mm/h P our K<6mm/h,
Hydromorphie Coef K de Darcy Coef K de Darcy 5020 Coef K de Darcy
l’épandage souterrain est déconseillé
50050 mm/h mm/h 2010 mm/h
dans le sol en place ; à défaut, faite le
dans un sol reconstitué.

Sol bien drainé,


25m² de tranchées de 60 à 25m² de tranchées peu profondes
pas de nappe 25m² de lit, ou 40m² de tranchées de
75cm de profondeur (ou (50cm). Réserver une possibilité
superficielle 15m² de tranchées 60cm de profondeur
défaut, 45m² de lit) d’extension
sensible

Sol moyennement
drainé, niveau 35m² de lit, ou
haut de nappe (de 20m² de tranchées 30m² de tranchées de 50m² de tranchées de
1m à 1,5m) au- 60cm de 50cm de profondeur 60cm de profondeur
dessus du sol profondeur
naturel

Sol assez mal 50m² de tranchées de


30m² de tranchées de
drainé, niveau 50cm de profondeur
50cm de profondeur et
haut de nappe (de tertre d’infiltration et drainage du sous- Drainage du sous-sol (ou tertre
drainage du sous-sol (ou
50cm à100cm) couvrant 30m² sol (ou tertre d’infiltration couvrant 120m²)
tertre d’infiltration
au-dessus du sol d’infiltration
couvrant 50m²)
naturel couvrant 80m²)

Tableau 13 Superficie utile et dispositions nécessaires. [VALIRON, 91] .

Image26Dispositifs général après la fosses septique


Figure : Dispositifs général après la fosses septique

Image27Cheminement générale des eaux usées après les fosses septiques : cas 1
Figure : Cheminement générale des eaux usées après les fosses septiques : cas 1

62
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

Ces résultats sont établis en climat tempéré en admettant comme hypothèses, un


logement de deux chambres, avec fosse septique « toutes eaux » construit sur un
sol de perméabilité mesuré par un test percolation à niveau constant. Pour
K<6mm/h, l'épandage souterrain est déconseillé dans le sol en place ; à défaut,
faite le dans un sol reconstitué

Image28Cheminement générale des eaux usées après les fosses septiques : cas 2
Figure 18 : Cheminement générale des eaux usées après les fosses septiques : cas
2

7. Les ouvrages d'assainissement à faible coût : les latrines


améliorées
Plusieurs formes de latrines améliorées ont été développées dans les pays en
développement. Les plus répandues en Afrique francophone ysont les latrines à
fosses ventilées (ou latrines VIP) et les latrines à siphon (ou latrines à chasse
d'eau), dont nous faisons ci-dessous une description sommaire.

63
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

Les latrines à fosses


Latrines à chasse d’eau
ventilées

Fosses circulaires ou
Fosses d’infiltration circulaires ou
rectangulaires à paroi
rectangulaires, Dalle en béton ou
consolidée ou non, Dalle en
autre avec deux orifices, Siphon
Eléments fondamentaux béton ou autre avec deux
hydraulique, Conduites de liaison,
orifices, superstructure en
Superstructure en matériaux locaux,
matériaux locaux, tuyau
Tuyau d’aération, toit couvert.
d’aération, toit couvert.

zones rurales et périurbaines


zones rurales et urbaines ; zone de
peu denses ; zone de faible
consommation d’eau en réseau
consommation d’eau en
relativement élevée ; zones
Lieux et contraintes réseau ; zones à utilisation de
d’utilisation d’eau pour le nettoyage
d’application matériaux relativement durs
anal ; zones à nappe phréatique
pour le nettoyage anal ;
relativement haute (possibilité de
zones de perméabilité >
relevage des fosses).
2mm/h

Fosse à paroi consolidée


(maçonnerie de parpaings, de
Latrines à fosse unique ou à moellons, de briques stabilisées,
doubles fosses, recevant les etc.), couverte d’une dalle munie
excrétas, les urines et les d’une cuvette plate ou avec
eaux de nettoyage de la dalle. « chaise » (en béton, en céramique,
Fonctionnement Superstructure unique ou à en PVC, etc.) relié à un siphon
compartiments multiples hydraulique (empêchant la remonté
(cas des équipements socio- des odeurs et des insectes). Un
collectifs) aérée, ventilée et tuyau de liaison relie le siphon aux
couvert d’un toit. fosses couvertes. La superstructure
est unique et peut être relativement
distante des fosses.

absence de mouches et d’odeurs –


absence de mouches et possibilité de valorisation des
d’odeurs – possibilité de matériaux locaux – coût
Avantages valorisation des matériaux relativement élevé, mais moindre
locaux – coût relativement que les fosses septiques – possibilité
moins élevé. d’être construite à l’intérieur de la
maison – système améliorable

Nettoyage quotidien du
plancher – Drainage des
IDEM, sauf que la vidange de la
eaux parasites (eaux de
première fosse pleine se fera après
Type d’entretien toilette corporelle, eaux de
digestion complète et assèchement
pluie, eaux de cuisines, etc.)
des boues.
– Vidange après 2 à 5 années
de fonctionnement.
Tableau 14 Les ouvrages d'assainissement à faible coût : les latrines améliorées

64
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

a) Paramètres de dimensionnement des volumes des fosses.


Cas des latrines VIP
Paramètres à fixer :
1. pour les fosses circulaires, le diamètre des fosses F, en m varie entre 0,9m et
2,0m ;
2. pour les fosses rectangulaires, la largeur et la longueur sont compris entre 1,0m
et 2,3m ;
3. la revanche (hr) ou hauteur libre entre la dalle et le niveau haut des eaux dans la
fosse ne doit pas dépasser 0,5m ;
4. le repose pied ont les dimensions suivantes : longueur de 25cm à 30cm ; largeur
de 12,5cm à 15cm et épaisseur entre 1,5cm et 2cm ;
5. la durée de vie maximale de la fosse (avant vidange), est de 5 an ;
La profondeur finale de la fosse est établie à partir de la relation : Hf = Hu + hr
Le volume utile de la fosse se calcule par la formule suivante : Vu = Ta x Nu x Dv
Le volume final a pour expression : Vf = Vu + vr
• Vu = volume final de la fosse (en m3),
• Vf = volume utile de la fosse (en m3),
• vr = volume de vide au-dessus du niveau d'eau (il est fonction de hr) (en m3),
• Hf = hauteur utile de la fosse (en m),
• Hu = hauteur utile des eaux usées dans la fosse (en m),
• Ta = taux d'accumulation de la boue dans la fosse (en m3/hab./an)
• Nu = nombre d'usagers de la fosse (habitants),
• Dv = durée de vie de la fosse (en années).
i Cas des latrines à chasse
Aux paramètres ci-dessus énumérés seront ajoutés les suivants :
1. le tuyau de liaison (généralement en PVC) a une longueur maximale de 15m, un
diamètre de 100mm et une pente variant entre 20% et 30% ;
2. les dimensions (longueur et largeur) de la chambre de liaison entre le tuyau de
liaison et le siphon hydraulique sont choisies entre 0,2 et 0,5m ;
3. le diamètre de la fosse ( )circulaire ne doit pas dépasser 2m.
Le volume utile de la fosse se calcule par la formule suivante : Vu = Ta x Nu x Dv
Deux approches pour la détermination de la hauteur utile de fosse de forme
circulaire :
- approche par la hauteur utile de stockage :
le volume utile de la fosse est Vu = (3,14 x Hs x 2)/4 = Ta x Nu x Dv
la hauteur de stockage correspondante est donc : Hs = (4 x Ta x Nu x Dv )/ (3,14
x 2)
- approche par la hauteur d'infiltration dans la fosse :
• la revanche (hr) est fixée d'avance (en général hr > 15cm) ;
• la charge hydraulique (l/j) est exprimée par la formule : Qh = q0 x Nu
• la surface d'infiltration (maximale) (m²) est : Si = Qh/Ti = (Hi x Périmètre de la
fosse)
• la hauteur d'infiltration pour une fosse circulaire est donc : Hi = Si / (3,14 x )
• la hauteur utile à considérer est Hu = Max [Hi , Hs ]

65
LES SYSTEMES DE
TRAITEMENT DES EAUX
USÉES ISSUES D'UN
RÉSEAU COLLECTIF

• la profondeur finale de la fosse est établie à partir de la relation : Hf = Hu + hr


q0 = quantité d'eaux usées rejetées par habitant (en l/j/hab.),
Ti = taux moyen d'infiltration latérale du sol au voisinage de la fosse (l/m²/j),

Valeur de Hf en fonction du type de fosse


- si la fosse est du type « humide » :  alors : Hf =
1,96 x Hi
- si la fosse est du type « unique sèche » :  alors :
Hf = Hi + Hs
- si la fosse est du type « unique humide » (= fosse
toutes eaux) :  alors : Hf = 1,96 x Hi + Hs

66
LE TRAITEMENT
III
III -

DES BOUES DE
VIDANGES
Les boues des ouvrages de traitement des eaux usées constituent un autre déchet,
source de pollution importante du milieu récepteur. Il s'agit d'un sous-produit de
l'épuration contenant 1 à 4% et de l'eau . L'optique de les traiter provient du souci
de ne pas faire de ces déchets, un danger aussi bien pour l'homme que pour la
nature. L'élimination des boues vise ainsi la limitation des phénomènes de
putréfaction.
Un des procédés de traitement des boues peut être le suivant :
Epaississement - Digestion ouverte - Digestion anaérobie fermée -Stabilisation
aérobie
1. l'épaississement des boues se fait par injection de bulles d'air afin de les rendre
plus légères pour faciliter leur entraînement en surface. Cette étape permet de
diminuer le volume de l'ouvrage de traitement final des boues ;
2. la digestion aérobie ouverte se fait par minéralisation de la matière organique
par la microflore et la microfaune dans un décanteur à froid (type IMHOFF) pendant
6 à 8 semaines ; il s'ensuit un dégagement lent de méthane ;
3. la digestion anaérobie fermée se fait en deux phases principales : la digestion en
phase mésophile (30 – 35°C) s'opère avec libération d'acide aminé (d'où un pH
caractéristique des milieux acides) ; la digestion en phase thermophile (50 – 55°C),
caractérisée par un pH alcalin, provoque le dégagement rapide du méthane et la
réduction de près de la moitié du temps de digestion ; la digestion permet en outre
de diminuer le taux de matières sèches de plus du tiers du volume initial et le taux
de matière volatile de plus de la moitié.
4. la stabilisation des boues intervient pendant 2 à 3 semaines et représente la
phase de maturation ou de minéralisation avancée de la matière organique
présente dans les boues. Le résultat final d'une bonne stabilisation est l'obtention
d'une boue stable de couleur noirâtre et inodore. A l'issue de la stabilisation, la
boue digérée doit être séchée. Le séchage s'opère sur un lit de séchage constitué
de matériaux filtrants. Le séchage peut se faire, par voie naturelle (séchage au
soleil) ou par voie intensive (filtration sous vide, centrifugation, filtres presse, etc.).
En climat tempéré, un ratio de 1m² pour 5 à 15 usagers est souvent utilisé pour
dimensionner le lit de séchage. Les boues séchées peuvent être incinérées ,
compostées avec les ordures ménagères, utilisées directement en agriculture dans
certaines conditions, etc.
Tableau : Ordre de grandeur des volumes (en litre) des composantes de quelques
systèmes de traitement des boues. [VALIRON, 91], pp212.

67
LE TRAITEMENT DES
BOUES DE VIDANGES

Volume Lits de Filtration


Filtres à bande Centrifu-gation Filtres à presse
primitif séchage sous vide

50kg de
matière
sèches avant
1000 70 – 117 160 140 140 70 – 100
digestion (soit
35kg après
digestion)

Par habitant
et par jour (60
à 80g de 2– 3 0,14 – 0,23 0,33 0,29 0,29 0,12 – 0,17
matières
sèches)

Siccité (%) 5 30 – 50 22 25 25 35 – 50

Tableau 15 Ordre de grandeur des volumes (en litre) des composantes de quelques
systèmes de traitement des boues. [VALIRON, 91], pp212.
Plusieurs solutions de traitement ou de valorisation des boues d'épuration ou celles
issues des ouvrages d'assainissement autonome ont déjà été éprouvées dans le
monde aussi bien sur le plan expérimental qu'en grandeur réelle, bien qu'en
Afrique, les boues soient encore disposées de manière anarchique. Parmi les
solutions les plus répandues, on peut en citer :
1. L'épandage agricole direct, où les boues sont enfouies dans le sol dans le but de
valoriser leurs potentialités nutritives. cependant, il n'est pas conseillé de les utiliser
pour les cultures des fruits et légumes poussant à ras de terre et destinées à être
consommés à l'état cru. Les risques sanitaires sont en effet élevés. Il est également
déconseillé de les utiliser dans des champs agricoles situés à proximité des
habitations pour éviter la propagation des odeurs.
2. Le séchage naturel des boues de vidange après dégrillage sur des lits
judicieusement dimensionnés en fonction de la quantité à sécher, la température et
l'hygrométrie locale .
3. Le compostage des boues, en additif avec les ordures ménagères afin d'améliorer
la qualité nutritive du compost produit ; les contraintes dans ce cas sont la forte
teneur en eau des boues, les odeurs, les risques de contamination, etc.
4. Le traitement physico-chimique, par floculation pour éliminer la charge organique
des boues de vidanges.

68
LES DONNES
IV
IV -

NECESSAIRE A
L'ELABORATION
DES PROJETS ET
PROGRAMMES
D'ASSAINISSEMEN
T
Quelque notions d'ordre générale 71
Données techniques à prendre en compte dans l'élaboration
des projets et programmes d'assainissement 72

A. Quelque notions d'ordre générale


L'élaboration des projets et programmes d'assainissement nécessite la
connaissance approfondie de certaines données de basse qui peuvent influencer
l'étude. ces données sont de quatre types, à savoir, les données relatives à la
nature du site, à l'agglomération, à l'extensions future de cette agglomération, et à
l'assainissement de cette dernière.
1. les données naturelles du site concernent la pluviométrie locale dont dépend les
dimensions des canalisation, la topographie du site (l'écoulement se fait par gravité
et les conditions d'autocurage doivent être respectées), l'hydrologie et
l'hydrogéologie (étant donné que les condition de rejet doivent être respectées pour
éviter la pollution des ressources en eau et le sol).
2. les données relatives à l'agglomération existante intéresseront le taux
d'urbanisation et la densité moyenne de l'agglomération, la typologie des tissus
urbains existant et leurs caractéristiques, les principales activités socio-
économiques et culturelles et leur répartition dans l'espace, le taux d'accès au
réseaux d'eau potable en canalisation, la natures et l'état de fonctionnement des
installations existantes, la capacité financière de la municipalité et le taux d'effort
des ménages à pouvoir payer pour le service assainissement, etc.
3. les données relative à l'extension future de cette agglomération, : tout projet
d'assainissement doit s'appuyer sur le plan d'urbanisme de la localité, et devra pour
cela comprendre un schéma directeur à long terme, un avant-projet à moyen
terme, un programme technique et financier claire et détaillé. Tenir compte des
perspectives de croissance future de l'agglomération revient à prévoir entre autres

69
LES DONNES NECESSAIRE
A L'ELABORATION DES
PROJETS ET PROGRAMMES
D'ASSAINISSEMENT

la réservation des terrains nécessaires à l'implantation des ouvrages


d'assainissement futur, les gaines de raccordement des zones d'extension, etc.
4. les données propres à l'assainissement de cette agglomération. il s'agit en
général des conditions de transport des eaux usées, de l'exploitation actuel et
future des réseaux et de la maîtrise des nuisances. En concevant les réseaux
d'assainissement, il faut éviter que pendant le transport des eaux usées qu'il y ait
dépôt et fermentation des matières en suspension. Ceci exige lors de la conception
des ouvrages que l'on satisfasse au maximum aux conditions d'autocurage et que
l'on prévoie des ouvrages de ventilation et d'aération du réseau. Il faut également
éviter les fermentations acides ou septiques, l'agressivité et la toxicité des eaux
usées pendant les transports. C'est pour cette raison qu'il faut exiger aux industries
autorisé à se connecter au réseau de prétraiter leurs eaux usées avant de les
déverser dans le réseau municipal. La sécurité du réseau de transport des eaux
usées passe enfin par le choix des terrains stables, très peu agressif, sinon le cas
échéant, prévoir des mesures de protection des réseaux.

B. Données techniques à prendre en compte dans


l'élaboration des projets et programmes
d'assainissement
La finalité ici est d'élaborer le schéma directeur d'assainissement (SDA). Il s'agit
des documents fixant pour une zone donnée les dispositions à prévoir pour la
collecte, l'évacuation et le traitement de toutes les eaux usées et pluviales en
fonction des exigences de la santé publique et de l'environnement, tant pour la
situation actuelle que pour son urbanisation future. [VALIRON 94]. Ce document
constitue avec les autres schémas (d'urbanisme, d'eau potable, de gestion des
déchets solides, etc.) l'ossature générale du Schéma d'Aménagement et de Gestion
de l'Eau.
Le SDA, qui a pour objectif d'améliorer la fiabilité du système d'assainissement
choisi et d'optimiser les coûts d'investissement et de fonctionnement, est établi
pour régler entre autres :
• la collecte et l'évacuation des eaux usées urbaines sans provoquer d'inondation
grâce à des ouvrages bien calibrés et étanches ;
• le traitement des eaux avant leur rejet dans le milieu récepteur afin qu'elles
soient compatibles avec les objectifs du milieu (usages divers, alimentation en eau,
équilibre biologiques, etc.)
• la maîtrise des rejets liquides urbains
Les étapes nécessaires à la préparation d'un SDA sont les suivantes :
1. études préliminaires (campagnes de mesure)
2. étude de la consommation d'eau
3. établissement du diagnostic de la situation actuelle des réseaux et des ouvrages
existants
4. identification et cartographie des sources de pollution
5. quantification des flux polluants selon les sources
6. quantification des rejets dans le milieu naturel en fonction des saisons
7. simulation et propositions

70
LES DONNES NECESSAIRE
A L'ELABORATION DES
PROJETS ET PROGRAMMES
D'ASSAINISSEMENT

Le diagnostic de la situation actuelle de l'assainissement dans la localité considérée


offre également l'opportunité de déceler les dysfonctionnement du système afin
d'en proposer des solutions adaptées pour y faire face. Une des démarches
méthodologiques pour assurer le bon déroulement du diagnostic d'un système
d'assainissement peut être la suivante :
• les mesures des débits et flux de pollution dans les réseaux en fonction des
saisons et du temps pour comparer le fonctionnement du système par temps sec ou
par temps de pluie, mais aussi en fonction des jours de la semaine (jours ouvrables
opposés au week-end), mois de fêtes, etc. ;
• les mesures, à l'aide des limnigraphes, des débits des cours d'eau, principaux
récepteurs des rejets d'eaux usées urbaines ;
• les analyses en laboratoire des paramètres de pollution des effluents (MES, MD,
DBO, DCO, NH4, NTK, PO4, Pt, etc., exprimées en équivalents habitants) à l'entrée
et à la sortie des systèmes, ainsi que les échantillons d'eau du réseau
hydrographique afin d'évaluer les valeurs des pollutions rejetées en fonction des
saisons et la contribution des eaux usées dans la pollution des cours d'eau ;
• l'établissement d'un bilan diagnostic de l'état actuel du réseau et du milieu
récepteur ;
• la proposition de solutions adaptées en fonction des priorités. Les principales
actions et les données nécessaires au déroulement du diagnostic sont les suivantes
[VALIRON, 94], pp 448.

Image29Les principales actions et les données nécessaires au déroulement du


diagnostic sont les suivantes [VALIRON, 94], pp 448.

71
LES DONNES NECESSAIRE
A L'ELABORATION DES
PROJETS ET PROGRAMMES
D'ASSAINISSEMENT

ANNEXES
Dans les pays occidentaux, et notamment en France, chaque habitant rejette
environ de 54 à 74 g de DBO5 par jour selon que le réseau est du type séparatif ou
unitaire ; la quantité de par volume d'eaux usées rejetées qui en écoule varie de
360 à 370g/m3 d'eaux usées, en considérant que le volume rejeté par habitant est
d'environ de 150 à 200 litres par jour et par habitant. En suisse, ce taux varie de
80 à 100g par jour. Dans les pays en développement par contre, le rejet de DBO5
est plus faible : de 35 à 40g/l. En général, on estime qu'une chasse d'eau
consomme en moyenne 10 litres d'eau, et les eaux vannes d'un habitant
représentent en moyenne 12 à 15g/j de DBO5, et de 15 à 30g/j de matières en
suspension.
Tableau : Pollution, par la DBO5, correspondant à quelques produits alimentaires en
France [VALIRON, 91].

Désignation Quantité de DBO5 (kg/m3 d’eaux usées)

Sans (abattoir) 30 – 40

Petit lait 60 – 70

Lait entier >100

Tableau 16 Pollution, par la DBO5, correspondant à quelques produits alimentaires


en France [VALIRON, 91].
Tableau : Pollution (en Equivalent – Habitant) rejetée par certaines activités
industrielles en France.

Désignation Quantité Eq – Hab.

Papiers 1 tonne 100 – 300

Tannerie (peaux traitées) 1 tonne 1 000 – 4 000

Linges sales 1 tonne 700 – 2 300

Carcasse (à l’abattoir) 1 tonne 300 – 400

Brasseries (production de la
1 m3 300 – 2 000
bière)

Tableau 17 Pollution (en Equivalent – Habitant) rejetée par certaines activités


industrielles en France
Le rapport Carbone/ Azote / Phosphore (C/N/P) est un paramètre très important
permettant de comprendre ce qui se passe au point de vue traitement biologique
des eaux usées. Le tableau ci-dessous, en donne en fonction des sources des eaux
usées quelques valeurs.

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LES DONNES NECESSAIRE
A L'ELABORATION DES
PROJETS ET PROGRAMMES
D'ASSAINISSEMENT

Image30Le rapport Carbone/ Azote / Phosphore (C/N/P)


En d'autres termes, les eaux usées brutes sont plus riches en N et P que les boues
des STEP ; en conséquence, les eaux épurées sont proportionnellement plus
chargées en azote et en phosphore que les eaux brutes. D'où la nécessité d'avoir
recours à un traitement complémentaire.

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