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Neo Prostate INESSS 2018

L'INESSS recommande de ne pas offrir le dosage de l'APS pour le dépistage systématique du cancer de la prostate, tout en permettant son accès aux hommes asymptomatiques âgés de 55 à 69 ans souhaitant le test. Les professionnels de la santé doivent être préparés à discuter des avantages et des risques associés à ce dépistage, en tenant compte des valeurs et préférences des patients. Un outil d'aide à la décision est proposé pour faciliter cette discussion et guider le suivi selon les résultats du dosage de l'APS.

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Thèmes abordés

  • prise de décision partagée,
  • espérance de vie,
  • informations sur le cancer,
  • antigène prostatique spécifiqu…,
  • évaluation des bénéfices,
  • décision médicale,
  • impact du dépistage sur la mor…,
  • impact psychologique,
  • données de mortalité,
  • évaluation des résultats
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Neo Prostate INESSS 2018

L'INESSS recommande de ne pas offrir le dosage de l'APS pour le dépistage systématique du cancer de la prostate, tout en permettant son accès aux hommes asymptomatiques âgés de 55 à 69 ans souhaitant le test. Les professionnels de la santé doivent être préparés à discuter des avantages et des risques associés à ce dépistage, en tenant compte des valeurs et préférences des patients. Un outil d'aide à la décision est proposé pour faciliter cette discussion et guider le suivi selon les résultats du dosage de l'APS.

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Thèmes abordés

  • prise de décision partagée,
  • espérance de vie,
  • informations sur le cancer,
  • antigène prostatique spécifiqu…,
  • évaluation des bénéfices,
  • décision médicale,
  • impact du dépistage sur la mor…,
  • impact psychologique,
  • données de mortalité,
  • évaluation des résultats

Outil pour faciliter la discussion sur les recommandations de l’INESSS sur le

dépistage du cancer de la prostate par dosage de l’antigène prostatique spécifique (APS)


À L’INTENTION DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ

LES RECOMMANDATIONS DE L’INESSS COMPLÉMENTS D’INFORMATION


Les données scientifiques actuelles suggèrent de ne pas offrir le test de
L’INESSS recommande que les professionnels
dosage de l’APS de façon systématique.
de la santé n’offrent pas le dosage de l’APS pour
Cependant, si l’un de vos patients désire en discuter, vous devez être bien
le dépistage du cancer de la prostate de façon outillé.
systématique. Voici quelques informations pour vous aider.

Le dosage de l’APS doit demeurer accessible, dans un contexte ▶ Il n’y a pas de preuves scientifiques claires permettant d’estimer les
avantages et désavantages du dépistage chez les hommes considérés
de dépistage, aux hommes asymptomatiques qui en font la
à risque plus élevé tels que ceux avec une histoire familiale ou d’origine
demande, s’ils satisfont à toutes les conditions suivantes : afro-américaine.
1) être âgés entre 55 et 69 ans; ▶ Les valeurs et les préférences de chaque patient doivent guider le choix de
2) avoir une espérance de vie de plus de 10 ans; recourir ou non au test de dosage par l’APS.
3) maintenir le désir d’avoir le test après avoir reçu ▶ Les essais randomisés n’excluaient pas les hommes avec des symptômes
urinaires. En présence de tels symptômes, le clinicien peut juger qu’un test
l’information sur les avantages et les risques.
d’APS à des fins diagnostiques est requis.
Pour faciliter la discussion sur les risques et les bénéfices, consulter les
Aide à la sections de l’outil intitulées :
décision
Un outil d’aide à la décision pour les hommes doit être ▶ Informations pour discuter du choix de recourir ou non au dépistage du
Bénéfices
Risques disponible afin de faciliter le processus de choix éclairé. cancer de la prostate par dosage de l’APS;
▶ Les risques et les bénéfices liés au dépistage du cancer de la prostate par
dosage de l’APS illustrés à partir des données de l’ERSPC.

Chez un patient asymptomatique ayant un toucher rectal ▶ Bien que le toucher rectal ne semble pas démontrer d’avantage pour
non suspect et désirant faire le test, le résultat du dosage le dépistage, il est suggéré que le dosage de l’APS soit couplé au
dictera la prise en charge. L’INESSS suggère le modèle de prise toucher rectal puisqu’il n’est pas possible, selon les résultats des
en charge suivant : études, de les dissocier.
▶ L’objectif du modèle proposé est de guider l’interprétation du résultat
APS < 1,5 ng/mL : répéter le dosage aux 2 à 4 ans;
de l’APS avant une référence en urologie.
APS 1,5 – 4,0 ng/mL : répéter le dosage aux 1 à 2 ans; ▶ Le suivi de la concentration de l’APS fait partie de la surveillance active
APS ≥ 4,0 ng/mL : répéter le dosage d’ici 8 semaines; précédant une référence à un urologue.
a. Résultat < 4 ng/mL : répéter le dosage aux 1 à 2 ans; ▶ La pratique suggérant de baser la conduite sur un taux différent selon
b. Résultat ≥ 4 ng/mL : référer en urologie. l’âge n’a pas été validée.

? Pour en savoir plus, consulter l’avis sur l’utilisation du dosage de l’APS pour le dépistage
du cancer de la prostate au Québec dans la section Publications du site Web de l’INESSS.
Informations pour discuter du choix de recourir ou non au dépistage
du cancer de la prostate par dosage de l’APS

Préambule
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué La prise de décision partagée implique
chez les hommes au Québec. Il est aussi la troisième cause de décès par une discussion entre vous et votre patient
cancer chez ceux-ci. La Société canadienne du cancer estime qu’en 2017, LES dans le but de faire un choix éclairé.
le nombre de nouveaux cas de cancer de la prostate diagnostiqués sera • Informez votre patient qu’une décision doit être prise
de 4 800, représentant environ 18 % des nouveaux cas de cancer chez les ÉLÉMENTS puisque différents choix s’offrent à lui.
hommes, et que 880 décès seront enregistrés (SCC, 2017). Il est estimé
qu’un homme sur huit recevra un diagnostic de cancer de la prostate au CLÉS • Vérifiez dans quelle mesure il souhaite recevoir des
informations et participer à la décision.
cours de sa vie. Or, le fait que ce cancer soit fréquent ne sous-entend pas
nécessairement l’existence d’un test de dépistage efficace. DE LA • Expliquez-lui les différentes options à l’aide
des meilleures données disponibles tout en lui
En ce qui a trait au dépistage du cancer de la prostate, l’INESSS PRISE DE mentionnant les incertitudes inhérentes.
recommande que les professionnels de la santé n’offrent pas le dosage
• Aidez-le à comparer les bénéfices et les risques
de l’APS de façon systématique. Les données scientifiques actuelles ne DÉCISION associés à chaque option et vérifiez sa compréhension.
soutiennent pas de façon robuste et non équivoque cette pratique. Les
• Aidez-le à exprimer ce qui est important pour lui, ses
études présentent des limites méthodologiques importantes. PARTAGÉE craintes et ses perceptions à l’égard des bénéfices et
Les observations faites ont montré un certain impact du dépistage sur la des risques (valeurs et préférences).
réduction de la mortalité. Cet impact s’est avéré modeste et, pour un bon
nombre d’hommes, au prix d’effets indésirables parfois importants tels : des • Demandez à votre patient s’il a besoin de clarifications
et rappelez-lui qu’il peut prendre le temps de réfléchir
faux positifs et les effets néfastes des interventions subséquentes ainsi que avant d’arrêter son choix.
du surdiagnostic et le surtraitement potentiel lié à celui-ci. Ainsi, la décision
de procéder ou non à ce test doit être précédée d’explications pour que • Entendez-vous sur un choix avec lui.
celle-ci soit prise de façon éclairée. • Vérifiez s’il est à l’aise avec cette décision puis
soutenez-le dans les prochaines étapes.
Références
Comité consultatif de la Société canadienne du cancer, Statistiques canadiennes sur le cancer, 2017. Source : Pimlott N, réd. Holding a wolf by the ears: Preventive care
2017, Toronto (Ontario) : Société canadienne du cancer. and the family physician [Special series from the Canadian task
Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). Utilisation du dosage de l’anti- force]. Can Fam Physician 2017;63(7):502. Disponible à : http://
gène prostatique spécifique (APS) pour le dépistage du cancer de la prostate au Québec. Avis rédigé par [Link]/content/63/7/502/
Dominique Arsenault et Michel Rossignol. Québec, Qc : INESSS; 2017. 130 p.
Schröder FH, Hugosson J, Roobol MJ, Tammela TL, Zappa M, Nelen V, et al. Screening and prostate
cancer mortality: Results of the European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) at
13 years of follow-up. Lancet 2014;384(9959):2027-35.
Informations pour discuter du choix de recourir ou non au dépistage
du cancer de la prostate par dosage de l’APS

Principaux points à transmettre pour informer le patient :

▶ Le dosage de l’APS pour la détection du cancer de la prostate résulte ▶ En absence de dépistage, les résultats faussement positifs sont évités
en un nombre non négligeable de faux positifs (Avis INESSS, 2017). et, par le fait même, l’inquiétude et les investigations subséquentes
Plusieurs facteurs peuvent entraîner une élévation de l’APS tels : une pouvant en découler. Les surdiagnostics, qui peuvent être suivis de
prostatite (inflammation de la prostate), une augmentation de volume traitements entraînant des effets secondaires quelquefois importants,
de la prostate (hypertrophie bénigne), des relations sexuelles avec sont également écartés.
éjaculation quelques jours avant le test et la pratique du vélo. Un test
▶ Le choix de recourir ou non au dépistage est propre à chaque
qui s’avère faussement positif peut mener à d’autres investigations (par
individu et dépend des valeurs et préférences de chacun. Certains
exemple une biopsie) en plus d’une inquiétude qui sera finalement non
hommes accorderont beaucoup plus d’importance à la possibilité de
justifiée. La biopsie en soi n’est pas un geste bénin et peut entrainer
réduire leur risque de mourir du cancer de la prostate grâce au dépistage
certains effets secondaires ou complications (saignement ou infection
qu’à celle de subir des effets indésirables liés aux investigations et aux
avec ou sans hospitalisation).
traitements suite à un résultat faussement positif ou un surdiagnostic.
▶ Par ailleurs, le cancer de la prostate évolue souvent lentement (cancer Pour d’autres, les risques associés aux résultats faussement positifs ou à
indolent). Pour cette raison, peu d’hommes ayant ce diagnostic la possibilité d’avoir un surdiagnostic surpassent les bénéfices potentiels
décéderont spécifiquement des suites de ce cancer; la majorité du dépistage.
décédera d’une autre cause. Sans le dépistage, plusieurs hommes
n’auraient jamais reçu un diagnostic de cancer de la prostate au cours de
leur vie (surdiagnostic). Dans certains cas, ces patients se verront offrir
des traitements (chirurgie, radiothérapie) pouvant entraîner des effets La figure suivante peut être utilisée pour
néfastes non négligeables (impuissance, incontinence, anxiété). illustrer la balance entre les risques et les
Aide à la
décision bénéfices potentiels associés au choix
▶ La pratique actuelle de prise en charge des cas de cancer de la prostate
de se faire dépister ou non. Il est à noter
favorise la surveillance active, une option démontrée raisonnable par Bénéfices que seules les données de l’European
rapport aux traitements actifs. Les conséquences psychologiques à long Risques Randomised Study of Screening for Prostate
terme de ce type de surveillance sont mal connues. Celle-ci permet Cancer (ERSPC) (Schröder et al., 2014) ont
toutefois d’éviter une partie des conséquences physiques de la chirurgie été utilisées à des fins d’estimation pour
ou d’autres traitements. cette illustration.
Les risques et les bénéfices liés au dépistage du cancer de la prostate par dosage de l'APS
illustrés à partir des données de l'ERSPC
COMPARAISON DE 2 GROUPES DE 1000 HOMMES
Les données de l’European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) ont été utilisées pour illustrer la balance entre les risques et les bénéfices potentiels associés au choix de se faire dépister ou non. La présence d’incertitudes inhérente à ce type
d’estimation, notamment à cause de limites méthodologiques et de l'évolution de la pratique, fait en sorte que les bénéfices et les risques potentiels présentés pourraient s’avérer supérieurs ou moindres selon la pratique clinique privilégiée.
Dépistage par dosage de l'APS Aucun dépistage par dosage de l’APS
en moyenne 2 fois sur une période de 13 ans
1000 1000
hommes âgés 760 140* auront un résultat d’APS POSITIF mais n'auront
pas de diagnostic de cancer après investigations hommes âgés
auront un résultat
entre 55 et 69 ans d’APS NÉGATIF et
supplémentaires entre 55 et 69 ans
dont 120 auront une BIOPSIE** Aucun test !
seront rassurés
Aucun SURDIAGNOSTIC*
dont 30 auront une COMPLICATION**
Aucun FAUX POSITIF** suite au dépistage par l’APS
(parfois importante) découlant
de la biopsie

~ 900
hommes
~ 940
hommes
NE NE
RECEVRONT RECEVRONT
PAS PAS
un diagnostic un diagnostic
de cancer de de cancer de
la prostate la prostate
suite au
dépistage

~ 100
hommes
~ 60
hommes
RECEVRONT RECEVRONT
un diagnostic 95 ne DÉCÈDERONT PAS
du cancer de la prostate 5 un diagnostic 54 ne 6vont
de cancer de vont de cancer de DÉCÈDERONT PAS DÉCÉDER
la prostate 40 seront SURDIAGNOSTIQUÉS DÉCÉDER la prostate
du cancer de la prostate spécifiquement
suite au Sans le dépistage, plusieurs hommes n'auraient jamais reçu 1 spécifique- suite à du cancer de la
dépistage DÉCÈS ÉVITÉ ment du prostate
un diagnostic de cancer de la prostate au cours de leur vie l’investigation
par cancer de la cancer de de symptômes
(surdiagnostic). Ces hommes seront traités pour leur cancer la prostate
prostate grâce
et pourraient subir des effets néfastes (anxiété, impuissance, au dépistage
incontinence) suite à ces traitements.

* Au Québec, le seuil d'investigation a été établi à une concentration d'APS ≥ 4,0 ng/mL alors que *~40 hommes vont ÉVITER UN SURDIAGNOSTIC. Pas de tests, pas de diagnostic, pas de traitement.
les estimations de l'ERSPC résultent d'un seuil ≥ 3,0 ng/mL. **~140 hommes vont ÉVITER DE RECEVOIR UN RÉSULTAT FAUSSEMENT POSITIF suite au dépistage
** La prise en charge des résultats positifs ayant évoluée depuis les essais randomisés, il est très par l’APS.
probable qu’il y ait moins de biopsies et donc moins de complications liées à celles-ci. L’impact de
ce changement de pratique sur les complications et la survie n’est pas connu. Les complications
possibles liées à la biopsie sont l’infection ou des saignements avec ou sans hospitalisation.
Sources : les données présentées ont été estimées à partir des données de l’European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) (Schröder et al., 2014). L'illustration est inspirée de : Adler R: Cancer Screening Decisions: A Patient-Centered Approach
Philadelphia: Wolters Kluwer, 2018.

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