Catalogue
Catalogue
Libérer et refonder
la France
(1943-1945)
Dossier pédagogique préparatoire
Brochure coordonnée
par la Fondation
de la France Libre
et la Fondation
Charles de Gaulle
Renseignements utiles
Concours national de la Résistance et de la Déportation 2023-2024
Dans cette rubrique figurent les informations essentielles pour participer à ce concours. Nous vous conseillons de vous repor-
ter, pour plus de détails, aux informations officielles du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, mises en ligne sur
le site éduscol : eduscol.education.fr/cnrd. Pour toute demande relative au concours, vous pouvez vous rapprocher du référent
« mémoire et citoyenneté » de votre académie.
PARTICIPATION AU CONCOURS
Catégories de participation Modalités de participation
Q 1ère catégorie – Classes de tous les lycées Réalisation d’un devoir individuel en classe, sous surveillance, sans documents personnels.
(à l’exception des formations post-baccalauréat) Durée : 3 heures.
Q 2e catégorie – Classes de tous les lycées Réalisation d’un travail collectif pouvant prendre différentes formes. Pour la taille et le poids des travaux ainsi
(à l’exception des formations post-baccalauréat) que la durée des travaux audiovisuels et sonores, se reporter au règlement annuel du concours.
Q 3e catégorie – Collèges Réalisation d’un devoir individuel en classe, sous surveillance, sans documents personnels.
(classes de 3e uniquement) Durée : 2 heures.
Q 4e catégorie – Collèges Réalisation d’un travail collectif pouvant prendre différentes formes. Pour la taille et le poids des travaux ainsi
(classes de 3e uniquement) que la durée des travaux audiovisuels et sonores, se reporter au règlement annuel du concours.
Q pour les établissements français à l’étranger : à l’AEFE, selon les instructions reçues lors de l’inscription.
34 Glossaire
Couverture : Descente des Champs-Elysées, le 26 août 1944,
35 Ressources numériques – Partenaires par les troupes de la 2e division blindée. © Library of Congress
36 Remerciements
Refonder la France commence par Riom en 1943, l’ancien ministre Jean Zay Ces réformes de structure décidant
la défense d’un esprit de liberté qui imagine le visage de « la France de d’une importante modernisation des
traverse « La Libération » et l’oblige demain ». Depuis Londres à la même finances publiques, de l’économie et
à concevoir comme à accomplir une date, la philosophe Simone Weil rédige de la société ne vont pas sans débat ni
refondation démocratique. Né de la à la demande du général de Gaulle un enjeux comme l’illustre la démission
Résistance et par la Résistance, avec « prélude à une déclaration des devoirs de Pierre Mendès France du ministère
toutes les formes civiles, militaires, envers l’être humain ». Et dans une lettre de l’Économie nationale le 6 avril
littéraires, morales…. et en tout lieu à son oncle du 6 mai 1943, la résistante 1945. Elles se réalisent aussi dans le
dont l’école et la déportation comme Geneviève de Gaulle rappelle au chef de cadre d’un retour à la souveraineté
le rappellent les thèmes du CNRD des la France combattante que « les femmes populaire et à l’extension du suffrage
sessions 2022-2023 et 2023-2024, cet ont prouvé, je pense, qu’elles pouvaient universel. La question du vote des
esprit de liberté n’en possède que plus aussi servir. » femmes est posée en mars 1944 à Alger,
de légitimité et de visibilité, à l’image notamment par le délégué communiste
du poème de Paul Éluard, Liberté j’écris Libérer la France ne va pas sans la Fernand Grenier se référant aux
ton nom, composé en 1942, réédité refonder, et sa refondation commence déclarations du général de Gaulle du
à la Libération et dont le succès est avant même la libération complète 23 juin 1942. L’ordonnance du Comité
immédiat. du territoire nationale ni même celle français de Libération nationale (CFLN)
des deux millions de Françaises et du 21 avril 1944 est confirmée par
L’unité de la libération et de la Français détenus par le IIIe Reich sous une ordonnance du Gouvernement
refondation de la France est affirmée dès des statuts différents (prisonniers de provisoire de la République française
la défaite de 1940, dans la certitude qu’en guerre, service du travail obligatoire (GPRF) du 5 octobre 1944, toutes
se défendant, la République renaîtra et (STO), déportés dits politiques, déportés d e u x s i g n é e s p a r s o n P ré s i d e n t ,
qu’elle saura assumer sa part dans la dits raciaux). La découverte du centre de octroyant officiellement aux femmes
confrontation définitive entre les États mise à mort d’Auschwitz-Birkenau par majeures, sans restriction, le droit
démocratiques et les États totalitaires les forces soviétiques n’intervient que d’être élues et électrices. Elles votent
selon la lecture de Raymond Aron le 27 janvier 1945. Les rares survivants pour la première fois aux élections
en juin 1939 – lecture succédant au de la « Solution finale » et des camps municipales des 29 avril et 13 mai
constat de « l’ère des tyrannies » du nazis rejoignent Paris à partir du mois 1945, puis aux élections constituantes
philosophe et historien Élie Halévy en de mars, où ils sont accueillis à l’hôtel du 21 octobre 1945.
novembre 1936. Si le second décède Lutétia réquisitionné par le ministère
en 1937, le premier anime la réflexion des Prisonniers de guerre, Déportés et Ces dernières élections sont associées
sur la « France de demain », appelant Réfugiés. à un référendum comme en a décidé
dans les colonnes de La France Libre à l’ordonnance du 21 avril 1944, par lequel
une « politique de raison créatrice et Sans commune mesure avec le sort les électrices et électeurs choisissent
non de passion déchaînée ». Il ajoute en des rescapés, la situation de la population ou non d’accorder à l’assemblée
cette année 1943 : « Nous ne sommes f r a n ç a i s e e s t d i f f i c i l e . U n s évè re issue de leur suffrage une vocation
encore qu’à pied d’œuvre. Mais déjà rationnement est institué, seulement constituante. Ils se prononcent presque
nous avons le droit de nous réjouir que 500 grammes de sucre par mois et unanimement (96 %) pour une nouvelle
les fondations aient été posées et qu’on 160 grammes de viande par semaine. constitution et chargent la nouvelle
ait planté le seul drapeau autour duquel La mortalité infantile atteint des seuils assemblée d’élaborer les nouvelles
les Français puissent se rassembler : critiques dans les régions les plus institutions dans un délai de sept mois.
celui de la France et de la République ». pauvres. Conformément aux vœux du La nouvelle constitution sera soumise
Conseil national de la Résistance (CNR), elle-même à référendum. Débute
En se renforçant décisivement à des réformes économiques et sociales un temps d’intenses débats et réflexions
partir de 1943, l’unité de la libération d’envergure sont aussitôt engagées par politiques alimentés par l’avènement de
et de la refondation de la France voie d’ordonnances : nationalisations nouveaux partis politiques aux côtés
définit le temps de la victoire et en des Houillères du Nord et du Pas-de- des anciens hérités de la IIIe République.
exige beaucoup. Comme en attestent Calais en décembre 1944, suivies de L’ A s s e m b l é e c o n s t i t u a n t e é l u e
de nombreux messages adressés au celle des usines Renault le 16 janvier contrôle le Gouvernement et détient
général de Gaulle et à la France Libre 1945 et des transports aériens avec le pouvoir législatif. Elle confirme le
« en attendant la victoire », comme la naissance d’Air France le 26 juin général de Gaulle dans ses fonctions
en témoignent maintes initiatives nées 1945. Les comités d’entreprise sont de Président du GPRF. Toutefois les
dans la clandestinité, la refondation créés le 22 février 1945, la Sécurité re l a t i o n s s e t e n d e n t r ap i d e m e n t
démocratique, par la liberté retrouvée sociale les 4 et 19 octobre 1945, le avec l’ancien chef de la France Libre,
et réinventée, est déjà en marche, en crédit est nationalisé par la loi du jusqu’à sa démission de son poste le
pensée et en acte. De sa prison de 2 décembre 1945. 20 janvier 1946.
L’année 1943 est un tournant pour la France Libre et la Résistance intérieure. À la suite du débar-
quement en Afrique du Nord, les évènements s’accélèrent afin de préparer l’échéance future, à
savoir la libération de la France métropolitaine. Cette préparation doit se réaliser non seulement
d’un point de vue militaire, mais aussi politique. Les Alliés aident les Français à reconstruire
une nouvelle armée, tandis que le Conseil national de la Résistance (CNR) et le Comité français
de Libération nationale (CFLN) sont créés au printemps 1943 afin de se concentrer, essentielle-
ment, sur les affaires politiques. Ainsi, en 1944, les troupes françaises et les Forces françaises
de l’intérieur (FFI) font partie intégrante du dispositif allié dans la libération du territoire, per-
mettant le rétablissement de la légitimité républicaine.
R ESSOURCES Une chronologie interactive et une vidéo, accessibles depuis l'espace pédagogique du site internet
NUMÉRIQUES
de la Fondation Charles de Gaulle, permettent d’aborder les thèmes développés dans cette partie.
Le débarquement anglo-américain dite libre occupée, le 11 novembre 1942. à son rempla cement par le général
du 8 novembre 1942, au Maroc et La présence à Alger de l’amiral Darlan, Giraud. C’est le début d’une rivalité
en Algérie, se déroule sans que de Gaulle succes seur désigné de Pétain, conduit à la fois politique et militaire entre
en soit informé. Il marque le déclin défi- les Américains à passer un accord deux généraux, de Gaulle et Giraud, pour
nitif du gouvernement de Vichy, qui perd avec lui, ce qui choque une partie de s’imposer comme le chef légitime des
son Empire, sa flotte, qui se saborde à l’opinion publique américaine. L’assassinat armées françaises dans le combat pour la
Toulon le 27 novembre, et voit sa zone de Darlan, le 24 décembre 1942, conduit libération de la France. ■
signé entre les belligérants. Il s’ensuit trois journées de négociations entre le général
Mark Clark, l’amiral François Darlan et le général Henri Giraud. Après de nombreuses
hésitations, l’amiral Darlan se rallie aux Anglais et aux Américains. Le 17 novembre 1942,
l’armée d’Afrique ouvre les hostilités contre les troupes allemandes en Tunisie, inaugurant
une campagne militaire qui s’achève en mai 1943 par la prise de Tunis. Premier
débarquement d’envergure des Alliés pour assurer le contrôle de la Méditerranée,
l’opération Torch a aussi été vécue par les populations locales comme la première fracture
de l’ordre colonial français en Afrique du Nord. ■ José Aboulker (1920-2009)
Darlan et Giraud,
continuité ou rupture avec Vichy ?
Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, l’opération Torch
met brusquement sur le devant de la scène politico-militaire
nord-africaine deux figures aux intérêts divergents : l’amiral
François Darlan et le général d’armée Henri Giraud.
Le premier, longtemps n° 2 du maréchal Pétain et fidèle
du régime de Vichy, est présent par hasard au moment du
débarquement au chevet de son fils atteint de poliomyélite.
Le second a pris contact avec les Américains à la suite de son
évasion de la forteresse de Königstein le 17 avril 1942, avec
pour objectif de permettre à l’armée d’Afrique vichyste de
reprendre le combat aux côtés des Alliés.
Dans la matinée du 8 novembre 1942, Darlan est
brièvement arrêté par la résistance algéroise à la villa
des Oliviers. Libéré au bout de quelques heures, il tente
d’organiser la riposte alors que les Américains s’approchent
d’Alger et que la Résistance tient plusieurs points de la
ville. Un cessez-le-feu est signé à 17 h 30 avec l’accord
de Darlan. Le 9 novembre 1942, le général Giraud arrive
par avion de Gibraltar et atterrit à Blida. Cette arrivée est
© ECPAD/TERRE 3-29
Du 14 au 24 janvier 1943, se tient la conférence inter-alliée des puissances de l’Axe. Les affaires franco-françaises sont aussi
de Casablanca, aussi appelée conférence d’Anfa. Celle-ci réunit à l’ordre du jour. L’opinion publique britannique et américaine
le président américain Franklin D. Roosevelt et le Premier ministre voyant d’un mauvais œil la mise à l’écart du général de Gaulle,
britannique Winston Churchill. La bataille de Stalingrad faisant rage Churchill et Roosevelt décident d’organiser une rencontre entre
sur le front de l’Est, Staline décida de rester en URSS. Au cours les généraux de Gaulle et Giraud. Après un premier refus de la
de la conférence, les Alliés y discutent des principaux axes à suivre part du chef de la France Libre, ce dernier accepte de se rendre
pour l’année 1943, notamment d’un prochain débarquement au Maroc, poussé par le CNF. Tout sépare les deux généraux
en Sicile, de l’unification du commandement militaire en Afrique français. Charles de Gaulle, général de brigade, à la tête de la
du Nord sous l’autorité du général Eisenhower et, point France Libre depuis juin 1940, se veut le garant de la souveraineté
important, de l’assurance de réclamer une reddition sans conditions française et du rétablissement de la démocratie. Henri Giraud,
La France Libre
contrôler les FFI, comme le Comité d’Action janvier 1943. Roosevelt décide de la création des femmes. Malgré une application en
(COMAC) rival du Comité d’Action en de huit divisions d’infanterie motorisée et de demi-teinte, 3 000 femmes sont tout de
France (COMIDAC) créé le 21 avril 1944 trois divisions blindées, soit 300 000 hommes, même recrutées en Afrique du Nord.
par de Gaulle à Alger. couverts par 1 000 avions. La nouvelle armée Afin de gagner en homogénéité, un travail
française est moderne, organisée et équipée d’amalgame au sein des unités se met en
La synthèse militaire : sur le modèle américain. En septembre 1943, place.
la naissance d’une 500 000 tonnes de matériel ont déjà L’arrivée du général de Gaulle à Alger,
été livrées, dont des chars Sherman, des le 30 mai 1943, se traduit par une épuration
nouvelle armée française pistolets-mitrailleurs Thompson ou encore de l’armée restée, pour l’essentiel, sous le
Au premier semestre 1943 , l’armée des Jeep. giron vichyste depuis 1940. Des généraux
française est divisée et réduite à peu Afin d’augmenter les effectifs, des (Noguès, Mendigal, Prioux) sont écartés.
d’éléments. D’un côté, une armée d’Afrique t ro u p e s s o n t l e vé e s e n A f r i q u e : Se produit aussi un « blanchiment »
constituée de 150 000 hommes, auxquels 176 500 hommes européens (« pieds- de certaines unités, à l’instar de la 2e DB
s’ajoutent 80 000 soldats en Afrique- noirs ») sont appelés sous les drapeaux. qui voit le départ de ses tirailleurs vers
Occidentale française (AOF) et, de l’autre, On recrute aussi 233 000 soldats d’autres unités ou leurs pays d’origine.
70 000 FFL dont 15 000 sont présents en dits « indigènes », 42 320 hommes La fusion des troupes françaises est
Afrique. Cela pèse peu face aux autres sont mobilisés en AOF et 43 320 en entérinée le 31 juillet 1943, marquant la
armées alliées. Si la France veut participer Afrique-Équatoriale française (AEF), naissance officielle d’une nouvelle armée
aux prochaines échéances de la Libération, et 10 000 Français dans le reste de française. Cette armée, pour de Gaulle,
et avoir une chance d’être à la table des l’Empire. Composée pour plus de la n’est envisagée que comme un outil de
vainqueurs, son armée doit gagner en effectifs, moitié de soldats de l’Empire, l’armée puissance soumis au pouvoir politique
être unie et réarmée. Un programme de de la Libération est donc, dès le début, (CFLN puis GPRF), mais jusqu’en 1945,
réarmement, sous l’égide des Américains, dotée d’une forte identité coloniale. elle demeure dans une subordination
est mis en place et entériné au cours de Le 11 janvier 1944, un décret instaure à la militaire, matérielle et opérationnelle par
la conférence d’Anfa (« Plan d’Anfa »), en demande des Américains la mobilisation rapport aux Alliés. ■
© Marcel Dinand/Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin/Paris Musées
En juillet 1940, le capitaine Philippe
de Hauteclocque est l’un des premiers
à rallier le général de Gaulle sous le
pseudonyme de « Leclerc ». En Libye, à
la tête de la « colonne Leclerc », formée
de Français Libres et de soldats africains,
Leclerc prend l’oasis de Koufra des mains
italiennes en mars 1941. À cette occasion,
il fait avec ses hommes le serment « de
ne déposer les armes que lorsque nos
couleurs, nos belles couleurs flotteront à
nouveau sur la cathédrale de Strasbourg »
le 2 mars 1941. En 1942, Leclerc, devenu
général, et ses hommes mènent divers
raids sur les oasis italiennes du Fezzan
(Libye) et conquièrent Uigh-el-Kébir.
Pour la campagne de Tunisie, qui débute
au début de l’année 1943, la « colonne »
e s t t r a n s fo r m é e e n « Fo rc e L »
(L pour Leclerc) et est alors constituée
de 2 500 hommes et 350 véhicules.
Le lieutenant Yves Ciampi et le sous-lieutenant Anne-Marie Davion-Branet
Sous commandement britannique ,
devant une ambulance de la 2e DB, en 1945
les hommes de Leclerc combattent
les troupes allemandes, jusqu’à la prise
de Tunis en mai 1943. Ce même mois, la 2 e DB. Leclerc doit doubler ses de troupes africaines, versées pour une
l’unité est transformée en division effectifs afin d’arriver aux standards partie vers la 1re division française libre
(2e division française libre). Dans le cadre de l’armée américaine, à savoir environ (1 re DFL). Basée à Temara (Maroc),
du réarmement de l’armée française et 15 000 soldats. Il recrute des volontaires la 2 e DB s’entraîne avec son nouveau
dans l’optique de participer à la libération (22 nationalités dans la 2 e DB), des matériel américain, tandis que Leclerc
de la France, le général Leclerc a pour Français Libres, des évadés de France par organise et amalgame les différentes
objectif de transformer sa division en l’Espagne, des femmes (Rochambelles), unités qui viennent de divers horizons.
division blindée, armée par les Américains. des Quakers… mais aussi des éléments En avril 1944, les Alliés transfèrent la
Le 24 août 1943, la 2e division française venus de troupes vichystes. L’unité subit division en Angleterre afin que celle-ci
libre (2 e DFL) devient officiellement un « blanchissement » avec le départ participe à la libération de la France. ■
Outre cette décision prise individuellement, accueil enthousiaste qui préfigure le libéré, la Corse devient donc le labo-
le général Giraud se voit aussi reprocher soutien populaire qu’il reçoit ensuite ratoire du rétablissement de la légalité
l’importance prise sur l’île par le Parti durant l’été 1944. Il profite de ce voyage républicaine et du pluralisme, sous
communiste au sein de la Résistance. pour installer des hauts fonctionnaires l’autorité d’un pouvoir strictement
Le général de Gaulle se rend sur l’île appelés à exercer l’action de l’État. politique et sans administration militaire
libérée du 5 au 8 octobre et reçoit un Premier département métropolitain des Alliés. ■
© US Gov-Military-Army
guerre sur un événement extraordinaire. constituent une source biaisée bien
En ce mois d’août 1944, Eisenhower, que fondamentale. Ces dossiers,
général en chef du Supreme Headquarters conservés au Service Historique
Allied Expeditionary Force (SHAEF), de la Défense à Vincennes, furent
ne prévoit pas de libérer Paris, ce qui constitués après-guerre dans
ralentirait son avancée sans apporter de Le général Leclerc dans sa jeep, près de son PC une logique administrative dont
gain stratégique. Or, les témoignages qui de Rambouillet, en août 1944 l’objectif était l’obtention de
lui parviennent indiquent une situation pensions et/ou de décorations
insurrectionnelle et un risque majeur de accepte d’envoyer des forces alliées pour pour les survivants ou leurs ayants
représailles allemandes dans la capitale, libérer Paris – et pas n’importe laquelle : droit. Le cadre juridique choisi
ce que lui confirme le général de Gaulle la 4e division d’infanterie américaine et la alors imposait dans un premier
le 20 août. L’effervescence parisienne qui 2e DB du général Leclerc. Ses premiers t e m p s l a re c o n n a i s s a n c e d e
va grandissant, l’occupation de bâtiments éléments, menés par le capitaine l’organisation résistante selon des
administratifs, les 600 barricades érigées Raymond Dronne, entrent dans la capitale critères définis, et dans un second
et les échauffourées ne peuvent venir le 24 août au soir au son des cloches des celui de la demande individuelle.
seuls à bout des troupes allemandes. églises. Le lendemain, après des combats Or, ce cadre finit par aboutir à
En fait, les communistes n’ont pas les dans la ville, Leclerc obtient la capitulation une reconstruction approximative
forces ni le poids politique pour mener de von Choltitz. Paris est libéré, un de la réalité historique. D’une part,
une insurrection révolutionnaire, et le symbole d’espoir qui résonne jusque dans l’officier-liquidateur, désigné par
commandant du Grand Paris, le général les camps de concentration du IIIe Reich. les rescapés de son organisation
von Choltitz, sait ce qui peut lui en coûter Le 26 août, le général de Gaulle peut résistante, dessina seul son archi-
de faire de Paris un champ de ruines. descendre les Champs-Élysées devant tecture en y rattachant ou non
Mais la menace est telle qu’Eisenhower des millions de Parisiens. ■ telle ou telle personne, ce qui pose
non seulement la question de sa
connaissance de l’ensemble de
sa structure et de son évolution,
La 1re armée française, de la Provence à l’Alsace mais aussi de la tendance à la sur-
structuration pour « rentrer »
Si les Alliés ont tenu la France plus de 15 jours après le débarquement de dans le cadre normatif requis.
combattante à l’écart du débarquement Provence là où l’état-major allié estimait D’autre par t, toute demande
de Normandie, les unités françaises que plusieurs mois seraient nécessaires individuelle devait être traitée
constituent en revanche des forces pour atteindre la ville. Le 12 septembre, par la dernière organisation
importantes parmi celles mobilisées l’armée de De Lattre rejoint la 2 e DB d’appartenance, ce qui conduit à
pour le débarquement en Provence dans la région de Nod-sur-Seine en Côte éclipser les parcours faits d’affi-
(opération Dragoon) le 15 août 1944 : d’Or, réalisant ainsi sa jonction avec les liations successives, typiques
260 000 combattants de l’armée B (future armées débarquées quelques mois plus tôt notamment des engagés de la
1re armée française) du général de Lattre en Normandie. La mise en place courant première heure ayant multiplié les
de Tassigny débarquent dans le sud septembre de l’amalgame avec l’intégration groupes dans leur lutte clandestine.
de la France. Si l’écrasante majorité de des FFI au sein de l’armée B permet de De plus, bien des résistants ou
ces soldats sont d’anciens éléments de transformer celle-ci en 1re armée française leur famille n’ont pas formulé
l’Armée d’Afrique, une minorité (autour et d’incarner la renaissance militaire de de demande d’homologation,
de 10 %) se compose d’anciens Français la France après le traumatisme créé par soit qu’ils n’aient pas souhaité se
Libres. Commandant en chef de l’opération la défaite de 1940. En octobre 1944, les manifester soit que les démarches
Dragoon, le général Patch a donné pour troupes de De Lattre sont engagées dans administratives leur parurent
mission à l’armée B de libérer Marseille la bataille des Vosges, puis en novembre trop complexes ou le vocabulaire
et Toulon. À Marseille, alors que les FFI dans la bataille d’Alsace. Après trop martial pour s’y reconnaître.
ont déclenché l’insurrection le 20 août, les avoir participé à la réduction de la De là, des résistants non reconnus
troupes françaises dirigées par le général poche de Colmar en janvier 1945, elles officiellement, et d’autres dont
de Goislard de Montsabert entrent dans franchissent le Rhin et la ligne Siegfried le processus d’homologation a
la ville le 23 août. Le général Schaeffer, qui fin mars pour pénétrer en Allemagne. simplifié et asséché le parcours
commande la garnison allemande, capitule le En avril, la 1re armée française participe chaotique, ce qui fausse la
28 août. À la date du 29 août, l’ensemble du à la prise de Karlsruhe puis d’Ulm sur pers pective historique. Si ces
littoral est sous le contrôle des Alliés. Alors le Danube. Ces victoires lui valent le surnom dossiers constituent un corpus
qu’Hitler a donné le 17 août un ordre de « Rhin et Danube ». Le général de Lattre incontournable et riche, il convient
retraite aux unités allemandes basées dans représente la France lors de la cérémonie de de les aborder avec une certaine
le Sud de la France, l’armée B de De Lattre capitulation du IIIe Reich organisée à Berlin vigilance.
remonte ensuite la vallée du Rhône. Lyon le 8 mai 1945. ■
est libérée le 2 septembre 1944, à peine
L’engagement est parfois une affaire de (le BRAL remplace le BCRA à partir la demande de femmes d’intégrer les FFL.
famille. Chez les Torrès, la volonté de servir de fin 1943) et enfin dans la 2e DB le Tereska signe, le 20 novembre 1940,
prend des formes variées qui illustrent des 1er juin 1944, il meurt au combat dans les un engagement pour la durée de la guerre
manières de rallier la France Libre. Vosges le 9 octobre 1944. Membre du plus trois mois, porte l’uniforme, est
Georges Torrès s’engage dans les FFL régiment de marche du Tchad, régiment encasernée, reçoit un grade et une solde,
le 10 mars 1943 à l’âge de 18 ans, puis d’infanterie de la 2e DB, il participait alors comme les hommes. Elle rencontre Georges
intègre deux jours après l’École des à la campagne d’Alsace-Lorraine. fin 1943 à Londres et s’y marie en mai 1944.
Cadets de la France Libre. Voulue par Son épouse, Tereska Torrès, née Swarzc, Elle rejoint la Mission Militaire de Liaison
le général de Gaulle, celle-ci assure la fait partie des tous premiers membres du Administrative le 13 mars 1944, puis la France
formation des officiers français en Grande- Corps féminin. Créée le 4 octobre 1940, métropolitaine le 14 novembre 1944. Elle
Bretagne lors de la Seconde Guerre institutionnalisée le 16 décembre 1941 et apprend le décès de son époux par sa
mondiale. Affecté dans l’infanterie de l’air renommée le Corps des Volontaires belle-mère, Suzanne Torrès, née Rosamberg,
le 8 novembre 1943, puis au Bureau de françaises (CVF), cette unité militaire qui est la deuxième épouse du père
renseignements et d’action de Londres féminine est mise en place pour satisfaire de Georges. © Collection Fondation Charles de Gaulle
© Collection Fondation Charles de Gaulle
F ICHE RESSOURCE
Engagée dans les FFL le 25 juillet 1942 la libération de Paris et à la campagne action à l’étranger. De là, la mise en
à New-York, Suzanne participe à la Mission d’Alsace-Lorraine. Suzanne, qui prend le place d’environ 400 comités de la
Militaire Française. Puis, forte de son commandement du groupe Rochambeau France Libre sur plusieurs continents.
expérience dans les Sections Sanitaires en septembre 1944, témoigne de Par la publication de journaux, la vente
Automobiles (SSA) au début du conflit, l’intégration difficile de cette section d’objets patriotiques, l’organisation
elle intègre le groupe Rochambeau, féminine dans la 2 e DB à cause de la d’expositions, de conférences et de
créé en 1943 par Florence Conrad, une réticence que ces femmes suscitent, soirées de gala, ils lèvent des fonds pour
riche Américaine. Avec une poignée malgré un emploi traditionnellement la France Libre et la font connaître. C’est
de femmes, elle se rend à Casablanca féminin – elles sont ambulancières et cette voie que choisit Henry Torrès,
pour rallier la 2 e DB stationnée dans infirmières –. Finalement, ce n’est pas tant père de Georges et premier époux
la région en septembre 1943. Séduit la nature du métier qui pose problème de Suzanne. Avocat juif mis à l’index
par les dix-neuf ambulances qu’elles que le fait qu’elles pénètrent la sphère par le régime de Vichy, il fait partie
possèdent, le général Leclerc finit par masculine du feu. des Français expatriés à New-York.
les accepter. Le groupe intervient en Rallier la France Libre n’implique pas De 1941 à 1945, il est le vice-président
Afrique du Nord, puis suit une formation nécessairement de rejoindre l’Angleterre ou de France Forever, comité de la
pour se perfectionner en Angleterre, les territoires acquis au général de Gaulle France Libre aux États-Unis, et dirige
avant de débarquer à Utah Beach et de ni même de signer un engagement militaire. le journal gaulliste France-Amérique
participer à la bataille de Normandie, à Il peut aussi s’agir de faire connaître son avec Émile Buré.
F ICHES RESSOURCES
Créée le 1er mai 1943 par transformation entame la libération de la France en conservées au Service
de la division de marche de Constantine, la débarquant dans la baie de Cavalaire. Après Historique de la Défense.
3e division d’infanterie algérienne (3e DIA), avoir libéré Marseille et Toulon, la 3e DIA Celles-ci permettent de
aussi appelée Division des Trois Croissants, remonte le Rhône. Ayant comme nouveau retracer au jour le jour la
a pour ossature trois régiments de tirailleurs : commandant le général Guillaume, la participation de la division
le 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA), division participe à la campagne des Vosges à la libération de la France :
le 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT) durant l’automne 1944, puis à la campagne « Journal des marches et
et le 7e RTA. Commandée par le général d’Alsace dans des conditions très difficiles opérations » (GR 11 Insigne de la
de Goislard de Montsabert, la 3e DIA (neige, froid...). Ayant défendu la ville de P 50) ; « Campagne de 3e DIA où est
est rattachée au CEF, commandé par le Strasbourg en janvier 1945 face à la contre- France-Allemagne » représentée la
général Juin, afin de participer à la campagne offensive allemande, la 3e DIA fait partie des (GR 11 P 70) ; « Notes statuette de la
d’Italie où elle débarque en décembre premières unités françaises à franchir le concernant les compa- « Victoire de
1943. À ce moment-là, la division est Rhin fin mars 1945. Au cours des semaines gnies muletières »(GR 11 Cirta »
constituée de près de 17 000 hommes, dont qui suivent, plusieurs milliers de prisonniers P 75)... L’ECPAD est aussi
60 % de Maghrébins et 40 % d’Européens. allemands sont faits par la division. Citée une structure incontour-
Fin janvier 1944, le 4e RTT subit de lourdes quatre fois à l’ordre de l’armée durant la nable afin de retrouver des photographies
pertes, dont son chef, le colonel Roux, en guerre, les pertes de la 3e DIA sont estimées à et reportages de la 3e DIA consultable
attaquant la position du Belvédère, au nord environ 3 000 morts, dont 2 000 Maghrébins sur son site Internet. Enfin, les sources
du Monte Cassino. Le chemin de la 3e DIA et 1 000 Européens. La division est ensuite littéraires et scientifiques permettent
continue jusqu’à Rome, libérée le 4 juin 1944. dissoute en 1946. d’approfondir et de contextualiser la place
Le 16 août 1944, au sein de l’Armée B du Afin de retracer le parcours de la 3e DIA, de la 3e DIA et des tirailleurs au cours de
général de Lattre de Tassigny, la division il est possible de consulter ses archives la Libération.
Les actualités filmées d’Universal, des combat reports, des films d’United News ou encore
R ESSOURCES des numéros de l’Army-Navy Screen Magazine sont accessibles sur Internet, tout comme
NUMÉRIQUES
les quotidiens américains.
Une bibliographie sélective se trouve sur le site internet de la Fondation de la France Libre.
seule autorité de De Gaulle, préparer qui se considèrent comme les seuls de l’Empire. Alors que le CNR se dote
l ’ i n s u r re c t i o n c o n t re l ’ o c c u p a n t légitimes à incarner la Résistance , d’un programme en mars 1944, le CFLN
allemand, et permettre la mise en alors que les structures traditionnelles a d o p t e p l u s d e 4 0 0 o rd o n n a n c e s
place d’une institution représentative (partis et syndicats) ont failli à leurs entre juin 1943 et juin 1944 pour
et légitime capable de proposer des yeux en 1940. Habile et diplomate, fixer les cadres de la restauration
réformes pour l’après-guerre. Pour Je a n M o u l i n p a r v i e n t t o u t e fo i s à de l’État républicain à la Libération.
que la représentation soit la plus surmonter cette opposition. Le Conseil Si Jean Moulin est arrêté à Caluire le
large possible , de Gaulle demande national de la Résistance (CNR) tient sa 21 juin 1943, le CNR ne cesse pas de
que le futur conseil ne se limite pas première réunion le 27 mai 1943 à Paris, fonctionner. Ses successeurs à la tête
aux seuls mouvements de résistance, sous sa présidence. Par l’intermédiaire de la délégation générale, Émile Bollaert
mais intègre aussi les principaux partis de la Délégation générale, des liens puis Jacques Bingen, sont en contact
politiques et syndicats engagés dans la constants existent jusqu’à la Libération permanent avec les membres du CNR
lutte clandestine. Cette décision passe entre le CNR et le CFLN qui incarne afin de permettre des liens réguliers
mal auprès des chefs de mouvements, le pouvoir dans les territoires libérés avec le CFLN à Alger. ■
Les travaux
de l’Assemblée d’Alger
Envisagé depuis 1941, le projet de recréer
un conseil consultatif de la France Libre se
trouve au cœur des négociations entre
de Gaulle et Giraud qui balisent la création
du CFLN. L’accord péniblement conclu,
l’Assemblée consultative provisoire (ACP)
est constituée à partir de septembre et siège
Biographie
L’ordonnance du 21 avril 1944 instituant René Mayer (1895-1972),
droiit de vote et d
le droit éligibilité des femmes
d’éligibilité acteur
ac et témoin
dee l’Assemblée d’Alger
Conseiller d’État passionné des questions de
C
A//1902
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Ordonnance du 21 avril
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vrilil 1944
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transports, puis administrateur d’entreprises
A//
Quand la Seconde Guerre mondiale survient, le Sénat s’oppose toujours dans l’entre-deux-guerres, René Mayer subit
dan
© Archives nationales,
nales,
l
aux différentes propositions de loi en faveur du droit de vote des femmes les lois antisémites du régime de Vichy, avant
portées depuis 1919 par l’Assemblée nationale, et le suffragisme militant de jouer un rôle important dans la préparation
entre en sommeil. La question est relancée quand, en juin 1942, de Gaulle se de la refondation de la France. Début 1943, il
prononce en faveur du droit de vote des femmes dans une déclaration aux rejoint Alger où il occupe d’abord le poste
journaux clandestins. de Commissaire aux Communications et à la
Longuement débattue par l’Assemblée consultative provisoire d’Alger à Marine marchande en mars, puis entre au CFLN
partir du 23 décembre 1943, l’idée ne fait pas consensus au sein des membres en juin. Nommé par le
de la Commission de la réforme de l’État. Le principe du droit de vote féminin général Giraud, il se rallie
finit par être accepté, mais restreint aux élections municipales, car certains progressivement au général
craignent un déséquilibre avec le corps électoral masculin, en l’absence des de Gaulle. Il devient ensuite
hommes prisonniers et déportés. ministre des Travaux publics
À l’issue de débats animés, les amendements de Robert Prigent, représentant du GPRF, de septembre 1944
de l’OCM, et de Fernand Grenier, commissaire à l’Air membre du PCF, à octobre 1945.
en faveur du suffrage féminin aux échelons municipal, départemental et Dès le 27 février 1944, il
national sont adoptés fin mars 1944 : « les femmes seront électrices et éligibles tient un journal dans lequel
dans les mêmes conditions que les hommes » (article 17). il prend note de ses actions
Le 21 avril 1944, l’ordonnance portant organisation des pouvoirs publics en France et impressions. Ce « Journal
après la Libération est signée par de Gaulle et les commissaires du CFLN, et d’Alger-1944 » constitue un
confirmée par le GPRF par l'ordonnance du 9 août 1944. Dès 1945, les femmes témoignage majeur pour
sont nombreuses à se rendre aux urnes aux élections municipales d’avril-mai puis p re n d re l a m e s u re d e s
aux législatives d’octobre, à l’issue desquelles trente-trois députées sont élues. ■ travaux engagés par le CFLN sur des thèmes
aussi variés que l’économie, dont l’émission
monétaire, la justice, les communications ou
les affaires étrangères. Parmi les nombreuses
© Droits réservés, Collection Fondation Charles de Gaulle
Biographie
entame une carrière d’administrateur René Pleven, qui recherche des alors Ceylan en mars 1945.
colonial au Cameroun en 1932. Chef de administrateurs, fait venir, contre Parachuté en Cochinchine
subdivision, il est affecté à sa demande à son gré, Jean Cédile comme chef le 25 août, prisonnier
la tête d’une compagnie de tirailleurs de cabinet. Dans un empire des Japonais, il parvient à
en mars 1940, avant de contribuer colonial éclaté entre territoires s’évader. Il prend alors ses
activement au ralliement du Cameroun ralliés à la France Libre et la fonctions de commissaire de
à la France Libre le 27 août. Officier de majorité d’entre eux restés la République et assure avec
réserve, c’est d’abord comme combattant sous le contrôle de Vichy, la Jean Cédile fermeté le rétablissement
qu’il participe à l’effort de guerre au sein tâche de réorganisation et d’unification de l’administration française à Saïgon en
du Bataillon de marche n°5 avec lequel il est immense. Avec le GPRF et son attendant l’arrivée du général Leclerc.
est engagé dans les combats d’El Alamein ministre, il rejoint Paris en août 1944, Pour son engagement précoce et son
en Égypte (octobre 1942), puis de Tunisie avant de se porter volontaire pour action en Indochine, il est fait Compagnon
(mai 1943). Avec la constitution du CFLN, commander la Mission militaire française de la Libération en janvier 1946. ■
Biographie
Le passage
du CFLN au GPRF Aimé Lepercq, un industriel
au service de la Libération
Si le CFLN a été, à l’origine, une forme de Polytechnicien, ingénieur des
compromis entre de Gaulle et Giraud pour Mines, Aimé Lepercq, après avoir
constituer un pouvoir français, son format vaillamment combattu lors de
comme ses tâches évoluent notablement la Grande Guerre, dirige, dans les
au cours de l’année 1943. Dès le 4 août, années vingt, les services de l’Union
de Gaulle devient président chargé de européenne, industrielle et financière
l’action gouvernementale, tandis que Giraud en Tchécoslovaquie. Directeur
se voit confier le commandement militaire. de Schneider à Paris dans la
En octobre, la présidence est unifiée sous le décennie suivante, chargé des usines
principe de la subordination du militaire au d’aviation Škoda en Tchécoslovaquie,
politique. Le 9 novembre 1943, la composition il devient le capitaine d’un groupe
du comité est revue, afin de correspondre à d’artillerie au début de la Seconde
© Musée de l’Ordre de la Libération
F ICHE RESSOURCE
Il existe différents types de textes ■ Une ordonnance, adoptée par le d’un membre du conseil de l’Ordre de la
juridiques en France : Gouvernement emprunte au domaine Libération. De nos jours, l’article 37 de la
de la loi (relevant du pouvoir législatif) Constitution de la Ve République encadre
■ Une loi est votée par le Parlement. comme au domaine du règlement ce type de texte.
Tel est le cas de la loi constitutionnelle (relevant du pouvoir exécutif). Le
du 10 juillet 1940 qui installe le régime G o u ve r n e m e n t a b e s o i n d ’ u n e ■ Un arrêté relève aussi du domaine
de Vichy et donne les pleins pouvoirs au habilitation de la part du Parlement du règlement et de l’article 37 de
pour adopter des ordonnances. Celle du la Constitution de la V e République
maréchal Pétain.
9 août 1944 n’est pas soumise au vote actuellement. Il pouvait et peut être
Sous la V e République, le domaine
d’une assemblée législative qui n’existe adopté par toute autorité administrative
de la loi est défini à l’article 34 de la
pas à cette date (l’ACP n’a pas ce statut autre que le Président de la République
Constitution. Aujourd’hui, l’initiative de comme son nom l’indique). ou le Premier ministre. Ainsi, l’arrêté du
la loi peut revenir aux parlementaires 19 août 1944 du Commissariat régional de
(on parle d’une proposition de loi) ■ Un décret relève du domaine du la République de la région d’Angers, dirigé
o u a u G o u ve r n e m e n t ( o n p a r l e règlement. Il peut être adopté par le par Michel Debré, abroge, conformément
alors d’un projet de loi). Dans les Président de la République ou le Premier aux instructions du gouvernement d'Alger,
deux cas, la loi fait l’objet d’un vote ministre. Il en est ainsi du décret du 29 une partie de la législation du régime
du Parlement. septembre 1944 portant nomination de Vichy.
Titre
Nature du texte (ici ordonnance)
Date (ici 9 août 1944)
Ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement
Sujet (ici rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental
de la légalité républicaine
sur le territoire continental)
Le Gouvernement provisoire de la République française, Autorités
Visa : Sur le rapport du commissaire à la justice, à l’origine du texte
Énonciation des sources juridiques Vu l’ordonnance du 3 juin 1943 portant institution
auxquelles le texte se réfère du Comité français de la libération nationale, ensemble l’ordonnance
(commençant généralement par la du 3 juin 1944 ;
formule « vu »). Vu l’avis exprimé par l’assemblée consultative à sa séance du 26 juin 1944 ;
Le comité juridique entendu,
Verbe qui introduit les effets Article :
juridiques du texte (une ordonnance Ordonne : Sous-division d’un
ordonne, un décret décrète, un texte juridique qui
arrêté arrête…). ■ Article 1 correspond à une
La forme du Gouvernement de la France est et demeure mesure particulière.
la République. En droit celle-ci n’a pas cessé d’exister.
■ Article 2
Notes Sont, en conséquence, nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels législatifs
1. Nullité : invalide/annule ce à quoi la ou réglementaires, ainsi que les arrêtés pris pour leur exécution, sous quelque
formule fait référence. Ici, cela signifie que dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire continental postérieurement au
la continuité de la République française, 16 juin 1940 et jusqu’au rétablissement du Gouvernement provisoire de la République
portée par le général de Gaulle et la France française.
Libre depuis juin 1940, se fait par la négation Cette nullité (1) doit être expressément constatée.
du régime de Vichy. Les actes de Vichy, qui
portent atteinte aux principes fondamentaux ■ Article 3
de la République française, sont annulés Est expressément constatée la nullité des actes suivants :
rétroactivement. Toutefois, ceux qui ne sont L’acte dit “loi constitutionnelle du 10 juillet 1940” ;
guère touchés par l’esprit de la Révolution Tous les actes dits : “actes constitutionnels”,
nationale sont conservés. Cette ordonnance Tous les actes qui ont institué des juridictions d’exception,
procède donc à un traitement différencié de Tous les actes qui ont imposé le travail forcé pour le compte de l’ennemi,
l’héritage de Vichy, afin d’assurer le double Tous les actes relatifs aux associations dites secrètes,
objectif de dénoncer Vichy et d’assurer une Tous ceux qui établissent ou appliquent une discrimination quelconque fondée sur la
stabilité juridique nécessaire à la refondation. qualité de juif.
à reconstruire
La libération de la France, bien qu’elle constitue un acte
militaire majeur, s’accompagne également d’initiatives
politiques, économiques et sociales importantes pour le
pays. La restauration de l’État, pensée et préparée bien
en amont, peut enfin se réaliser sur le terrain, non sans
tensions entre les différents acteurs de la Libération.
Si la France peut s’asseoir à la table des vainqueurs,
R ESSOURCES Une chronologie interactive et une vidéo, accessibles depuis l'espace pédagogique du site internet
NUMÉRIQUES
de la Fondation Charles de Gaulle, permettent d’aborder les thèmes développés dans cette partie.
Biographie
L’installation des commissaires
de la République par de Gaulle Michel Debré
ou la volonté
Représentants du général de Gaulle, chef du GPRF, les commissaires de la de refaire la France
République sont chargés de rétablir la légalité républicaine lors de la Libération. Issus Mobilisé au début de la Seconde
de la France Libre, comme Michel Debré pour la région d’Angers, ou de la Résistance Guerre mondiale, Michel Debré
intérieure, tel Raymond Aubrac pour la région de Marseille, Gaston Cusin pour est fait prisonnier en juin 1940.
celle de Bordeaux ou Victor Le Gorgeu pour la Bretagne, ils doivent éviter toute Il parvient à s’évader en septembre
vacance du pouvoir au moment du départ de l’occupant et des fonctionnaires du et à rejoindre le secrétaire général
régime de Vichy, et ainsi prévenir l'installation d’un gouvernement militaire allié du protectorat français du Maroc
(AMGOT) ou d’un pouvoir de fait. Leurs actions sont tournées vers la restauration qui prépare l’opération Torch.
des lois démocratiques, la mise en place de l'épuration légale, le ravitaillement, la De retour en France, il s’engage
relance de l'économie locale et la gestion des retours des absents (prisonniers, dans la Résistance : il devient
déportés…). Ils détiennent donc des pouvoirs étendus jusqu’à ce que le pouvoir membre du C G E fin 1942,
central reprenne le contrôle des administrations. ■ du mouvement Ceux de la
Résistance en février 1943 et du
Noyautage des administrations
publiques (NAP) en août 1943.
Adjoint au délégué général
du GPRF, il est chargé de réaliser
une liste des préfets qui pourraient
remplacer ceux de Vichy à
la Libération. Il est lui-même
commissaire de la République de
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F ICHE RESSOURCE
permet d’analyser la façon dont les résistants veulent être perçus. D’autres
réalisent des photographies de reconstitution pour combler l’absence de
documents d’époque : scènes de sabotages, liaisons radios clandestines,
impression et diffusion de journaux clandestins.Ainsi, pendant l’hiver 1944,
Robert Doisneau photographie l’activité des imprimeurs ayant travaillé
pour la Résistance. Ces documents fabriqués a posteriori représentent
néanmoins un témoignage des résistants sur leur propre expérience.
2
Ces clichés doivent être soumis à une analyse critique, comme toute
@ NARA.
demeure particulier.
Un exemple d'analyse d'un cliché d'une jeune résistante armée, Simone Segouin, le 23 août 1944 à Chartres 1 5
Revenir et reconstruire
Au rythme de l’avancée des troupes alliées, Cette instance devient en septembre 1944 un état de santé plus précaire et font l’objet
les milliers de Français détenus contre leur le ministère des Prisonniers, Déportés de plus d’attentions que les autres. Ainsi
gré sur le territoire du IIIe Reich (prisonniers et Réfugiés, chargé d’organiser le retour des ils sont plus nombreux à rentrer en avion,
de guerre, déportés…) sont libérés. quelque deux millions de Français encore parfois à l’issue d’une quarantaine car les
Leur retour est attendu avec ferveur par la présents sur les territoires détenus par le autorités craignent les risques d’épidémies.
population française, mais également avec IIIe Reich. Son action s’appuie sur plusieurs L’arrivée des premiers rapatriés est
angoisse : les communications sont coupées associations d’entraide et de secours : accueillie avec joie par la population et
avec l’Allemagne depuis l’été 1944 et les la Croix-Rouge internationale, le Secours surtout avec un immense soulagement
familles sont sans nouvelles de leurs proches, catholique ou encore la Fédération des des familles concernées. Mais, le sentiment
ignorant même s’ils sont vivants. Les mois Prisonniers de guerre. 173 centres d’accueil partagé d’un décalage entre ceux qui
précédant leur libération sont difficiles dans sont répartis sur le territoire, notamment reviennent et ceux qui vivent depuis
une Allemagne soumise aux bombardements aux frontières mais aussi à Paris où converge plusieurs mois dans un pays libéré ne tarde
alliés et à d’intenses combats ainsi qu’à de la plupart des arrivées. L’hôtel Lutetia est pas à émerger. La douleur des familles et des
sévères restrictions. L’essentiel de ces retours réquisitionné pour accueillir les survivants proches qui attendent en vain le retour des
a lieu entre la fin mars et la fin juin 1945, de la déportation de fin avril à fin août 1945. leurs, morts en captivité, l’état pitoyable des
mais certains n’interviennent que dans le L’importance du flux des rapatriements met survivants de la déportation et la révélation
courant de l’été voire en septembre 1945. à l’épreuve les dispositifs d’accueil et oblige les de l’ampleur du génocide font prendre
Le retour des absents est un enjeu autorités françaises à mettre à contribution conscience aux Français du caractère inédit
essentiel de la sortie de guerre. Il a été des volontaires, dont de jeunes scouts. de la violence nazie.
identifié comme tel dès novembre 1943 Toutes les catégories de rapatriés rentrent Une campagne de sensibilisation intitulée
par le GPRF qui crée le Commissariat dans la même temporalité, et souvent « retour à la France, retour à la vie » est
aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés et transitent par les mêmes centres d’accueil. mise en place pour favoriser l’intégration des
en confie la responsabilité à Henri Frenay, Toutefois tous ne vivent pas la même différentes catégories de rapatriés. ■
chef du mouvement de résistance Combat. expérience : les déportés sont souvent dans
et les Alliés. Les premières dans les premiers mois de la Libération. Ces
évacuations interviennent le opérations de démobilisation concernent aussi
15 mai 1945, mais certains la prestigieuse 2e DB, désormais commandée
prisonniers ne rentrent par le colonel Dio. Il fait remettre à chacun des
en France qu’à l’automne. hommes quittant l’unité un document, daté du
À leur arrivée , ils sont 20 juillet 1945, dans lequel il reconnaît les efforts
pris en charge par des et les sacrifices consentis et rappelle les victoires.
centres d’accueil où l’on Il entend donc que ses hommes, revenus à la vie
vérifie leur identité et où civile, offrent à leur patrie le même engagement :
ils bénéficient d’un examen « Ce goût de l’effort, cette abnégation, cet
médical. Ce retour tant esprit de sacrifice, cet enthousiasme que vous
Affiche réalisée par Thébault (ill.), attendu déçoit cependant aviez au combat, que votre vie nouvelle en soit
Watelet-Arbelot (impr.), Paris de nombreux prisonniers, imprégnée ». Le retour des militaires à la vie
déroutés par la froideur civile est cependant difficile : ils ne bénéficient
d’un accueil de masse et plus encore par la difficulté éprouvée à pas de priorités d’embauche ni de possibilités
retrouver leur place au sein de leur famille. La situation économique d’intégrer la fonction publique, alors que le
du pays rend par ailleurs difficile leur réinsertion professionnelle. chômage demeure important et que les difficultés
À ces difficultés matérielles et morales s’ajoute le sentiment d’être du quotidien, surtout liées au ravitaillement,
rendus injustement responsables de la défaite de 1940. ■ perdurent. ■
ils passent après les prisonniers de guerre et les déportés depuis la France pendant le
déportés et certains sont contraints de rentrer conflit survivent (L. Joly). À la Libération,
nationales,
par leurs propres moyens. À leur arrivée, ils leur déportation est souvent placée sur le
transitent par un centre d’accueil où un tri est même plan que celle des autres déportés,
opéré entre travailleurs volontaires (à noter qu’il sans qu’il y ait une mise en lumière des
© Archives
y a des femmes parmi eux) et requis du STO. spécificités de la Shoah. De plus, ils sont
Les travailleurs volontaires sont parfois maltraités confrontés à des difficultés particulières
Guide du rapatrié à l’usage par la foule qui cible particulièrement les femmes. accentuant les problématiques du retour
du travailleur déporté, 1945 Le retour à la vie normale de ces hommes jeunes, par rapport à d’autres catégories de
le plus souvent célibataires et restés moins rapatriés : familles disloquées voire anéanties,
longtemps absents – le STO ayant été instauré en février 1943 – est plus facile que sort des jeunes enfants tiraillés entre leurs
celui des prisonniers de guerre.Toutefois, ils souffrent du manque de considération parents adoptifs et leurs parents revenant
qui leur est accordé. Les associations d’anciens requis du STO réclament en vain des camps, question des restitutions des
le statut de « déportés du travail » pour que le caractère contraint de leur départ biens juifs… Marceline Rozenberg
en Allemagne soit pris en compte. ■ (future Loridan-Ivens), déportée à l’âge de
15 ans dans le même convoi que Simone
Jacob (future Veil), avec laquelle elle devient
Le retour des déportés politiques amie, Ginette Cherkasky (future Kolinka)
et Anne-Lise Stern, revient entre autres sur
le retour des camps dans ses témoignages
Photographie Charles Bobenrieth, collection CHRD/Ville de Lyon, fonds Nouvellet-Dugelay
Penser l’avenir
Ne plus jamais vivre un tel effondrement. spoliés, le sort de la presse, le modèle et praticiens (hauts-fonctionnaires), que
Dès l’été 1940, la spécificité de la économique et social, et bien sûr les recouvre le terme commun d’ « experts »,
France Libre est de considérer que le institutions pour la France d’après-guerre. sort une matrice intellectuelle et program-
relèvement du pays est consubstantiel La notion d’État-Providence, inspirée du matique que le programme du CNR,
à la lutte. Mais comme le fait observer Welfare state anglais (sans en reprendre « Les Jours Heureux », synthétise sans
Diane de Bellescize, c’est à partir de 1943 tous les principes) fait consensus : sur pour autant l’épuiser : la Libération laisse
qu’« à côté du devoir de guerre, sans ce sujet comme sur d’autres, les lignes aussi place à une forme de pragmatisme,
cesse plus impérieux, il y a un devoir de politiques bougent. Ainsi, la droite symbolisé par l’ordonnance du 9 août 1944
préparation politique ». Les réflexions accepte une prise en charge des qui, à l’instigation de René Cassin, se refuse
sur ce que sera la France d’après-guerre, politiques sociales par l’État, tandis que à remettre en question l’intégralité de
nombreuses et parfois antagonistes, se les communistes acceptent le principe l’héritage administratif de Vichy, non,
sont nourries de la lutte, mais puisent des nationalisations, auxquelles ils étaient évidemment, dans un souci de synthèse,
aussi dans l’héritage des années 1930, alors opposés en 1936. Les propositions sont mais plus prosaïquement dans celui de
que la crise économique avait questionné nombreuses, équilibrées entre la volonté permettre aux services de l’État de vite
le périmètre de l’État. L’enjeu est à la fois de « refaire la France » et un souci être en capacité de servir le GPRF.
de définir un programme intégrant les réaliste de rendre l’État immédiatement Ce travail ne débouche que partiellement
leçons de la lutte et redéfinissant le socle opérationnel, les difficultés très concrètes sur la IVe République, les partis politiques
républicain, et de maintenir un consensus de la Libération étant clairement anticipées re p re n a n t l a m a i n à c o m p t e r d e
entre les diverses composantes de la dans certains domaines. Bien souvent, les l’élection de l’Assemblée constituante
Résistance, sachant qu’à Londres, Alger difficultés de communication ou un relatif en octobre 1945, mais infuse dans la
ou, clandestinement, en France, le CGE, cloisonnement conduisent plusieurs France d’après-guerre : ainsi, les travaux
certains mouvements de résistance ou groupes à travailler, en s’ignorant, sur des de Michel Debré sur les institutions
des groupes de réflexion auto-constitués problèmes similaires. de la France d’après-guerre pour
s’emparent des problèmes clé : la mise en De cette effervescence, qui mobilise le CGE sont appelés à inspirer le texte
place de l’épuration, la question des biens intellectuels (universitaires, journalistes) de 1958. ■
G LOSSAIRE
2e DB : 2e division blindée. CNF : Comité national français. GPRF : Gouvernement provisoire
ACP : Assemblée consultative CNR : Conseil national de la Résistance. de la République française.
provisoire. CVF : Corps des Volontaires françaises. OCM : Organisation civile et militaire ;
AEF : Afrique-Équatoriale française. mouvement de la Résistance intérieure
DFL : Division française libre.
AMGOT : Allied Military Government of française opérant en zone occupée.
FAFL : Forces aériennes françaises libres.
Occupied Territories. Ce Gouvernement PCF : Parti communiste français.
militaire allié des territoires occupés FFI : Forces françaises de l’intérieur.
est chargé d'administrer les territoires SFIO : Section française de
FFL : Forces françaises libres.
libérés. l'Internationale ouvrière.
FNFL : Forces navales françaises libres
AOF : Afrique-Occidentale française. Spahis : Cavaliers des corps auxiliaires
FTP : Francs-tireurs et partisans.
BCRA : Bureau central indigènes de l’armée française en
Goumiers : Créé en 1908, ce corps Afrique du Nord, recrutés d’abord en
de renseignements et d'action ;
constitué en majorité, de bergers Algérie, puis en Tunisie et au Maroc.
services secrets de la France Libre.
de l’Atlas, entraînés par des officiers
CDL : Comités départementaux français, est mobile, rapide et capable de STO : Service du travail obligatoire.
de Libération. s’adapter à des conditions de combat
Tirailleurs : Les soldats de ce corps
CEF : Corps expéditionnaire français. difficiles. Ses membres acceptent une
discipline stricte, tout en gardant leurs d’infanterie coloniale de l’armée
CFLN : Comité français de Libération française sont initialement recrutés au
nationale. droits à un genre de vie traditionnel,
sans rupture avec la famille et à leur Sénégal, en Afrique occidentale française,
CGE : Comité général d’études. tenue (djellaba, crâne rasé et sandales puis dans toute l’Afrique occidentale et
CLL : Comités locaux de Libération. de cuir). équatoriale.
Elle a été coordonnée par : La Fondation de la France Libre et la Fondation Charles de Gaulle remercient les membres
Q Sophie Junien-Lavillauroy, du comité qui ont contribué à la rédaction et à la recherche documentaire :
directrice des projets pédagogiques
et numériques, Fondation
Q Raphaëlle Bellon, Q Vincent Giraudier, Q Lauriane Quesnot,
Charles de Gaulle responsable des activités chef du département Historial chargée des archives
pédagogiques, Fondation Charles de Gaulle, musée de et de la documentation,
Q Jérôme Maubec, de la Résistance l’Armée, Paris Musée de la Libération de Paris
responsable des recherches – Musée du général Leclerc –
historiques, Fondation
Q Agathe Bodin, Q Sylvain Gregori, Musée Jean Moulin, Paris
de la France Libre documentaliste, Saint-Nazaire conservateur, Musée de Bastia
Patrimoine et du Musée de la Résistance corse Q Hélène Solot,
avec la participation de : maîtresse de conférences en
Q Delphine Cressent, Q Fabrice Grenard, histoire et civilisation des États-Unis,
Q Antoine Broussy, documentaliste du Centre directeur scientifique, CREA, Université Paris Nanterre
directeur, Fondation d’Histoire de la Résistance Fondation de la Résistance
Charles de Gaulle et de la Déportation (CHRD), Lyon Q Dominique Trimbur,
Q Gabrielle Grosclaude, chargé de mission, Fondation pour
Q Frédéric Fogacci, Q Guillaume Denglos, responsable adjointe du service la Mémoire de la Shoah
directeur des études chargé d’études, Service éducatif, Archives nationales
et de la recherche, Fondation Historique de la Défense Q Vladimir Trouplin,
Charles de Gaulle Q Frantz Malassis, conservateur, musée de l’Ordre
Q Benjamin Doizelet, chef du département de la Libération
chargé d’études documentaires au documentation et publications,
Service Historique de la Défense Fondation de la Résistance Q Sylvie Zaidman,
conservatrice générale
Q Isabelle Doré-Rivé, Q Béatrice Parrain, et directrice du musée
directrice du Centre d’Histoire de responsable des collections de la Libération de Paris-musée
la Résistance et de la Déportation photographiques, musée de l’Ordre du général Leclerc-musée
(CHRD), Lyon de la Libération Jean Moulin, Paris
Q Floriane Germain, Q Sophie Poirier-Haudebert, Q Paul-Emmanuel Zevort,
cheffe du département responsable de la photothèque responsable des ressources
de la médiation et des publics, Archives départementales pédagogiques, BAPIM – DMCA
ECPAD de la Manche
Nous remercions les ayants droit qui nous ont permis de reproduire gracieusement des
documents d’archives.
Éditeur : Fondation de la France Libre – Reconnue d’utilité publique par décret du 16 juin 1994 –
16, cour des Petites-Ecuries, 75010 Paris
Téléphone : 01 53 62 81 82
Courriel : [email protected]
Directeur de la publication : Général Robert Bresse, président de la Fondation de la France Libre
Rédacteur en chef : Jérôme Maubec
Maquette, photogravure et impression : Humancom – 1, rue Claude Matrat – 92130 Issy-les-Moulineaux
Revue trimestrielle – Abonnement pour un an : 30 € - N° 92 : 7,50 €
Commission paritaire : n° 0227 A 05624
ISSN : 1630-5078
Dépôt légal : septembre 2024
Ce numéro comporte deux encarts jetés : un courrier, une affiche invitant à participer au CNRD
et un bulletin d'abonnement.
Malgré toutes les démarches entreprises, la Fondation de la France Libre n’a pas pu trouver les ayants droit de certains
documents. Les personnes disposant de ces droits peuvent prendre contact avec la Fondation de la France Libre.