0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
121 vues32 pages

Cours de Droit Administratif

Le droit administratif est une branche du droit public régissant l'administration et ses relations avec les particuliers, se caractérisant par son autonomie et son caractère jurisprudentiel. Au Sénégal, l'administration se divise en administration centrale, territoriale et décentralisée, chacune ayant des fonctions et des structures spécifiques. Les sources de la légalité administrative incluent la constitution, les traités internationaux, les lois, et les principes généraux du droit, qui encadrent l'action administrative et assurent sa conformité au droit.
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
121 vues32 pages

Cours de Droit Administratif

Le droit administratif est une branche du droit public régissant l'administration et ses relations avec les particuliers, se caractérisant par son autonomie et son caractère jurisprudentiel. Au Sénégal, l'administration se divise en administration centrale, territoriale et décentralisée, chacune ayant des fonctions et des structures spécifiques. Les sources de la légalité administrative incluent la constitution, les traités internationaux, les lois, et les principes généraux du droit, qui encadrent l'action administrative et assurent sa conformité au droit.
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Introduction
Le droit administratif constitue une branche du droit public. Il désigne l’ensemble des règles qui

constituent l’administration dans le cadre de son fonctionnement et dans ses rapports avec les

particuliers. Ces règles tiennent leurs originalités de leurs caractères dérogatoires du droit privé.

Le droit administratif se caractérise donc principalement par son objet et par les règles

particulières qui le constituent. C’est dire que toutes analyses du droit administratif passe au

préalable par la définition de l’administration.

Section 1:La notion d’administration

La notion d’ administration peut désigner deux choses: il s’agit de notion d’administrée et on


parle

alors d’administration.

Il s’agit d’autre part des organes chargés d’administrés. On se réfère alors à l’administration
en

tant que système d’organes.

Paragraphe 1Les définitions de l’administration

I/ La définition organique

Elle envisagent l’administration comme l’ensemble de personnes morales de droit public( L’


État,

collectivité territoriale…)

sujets de droit et d’obligations et au sein desquels agissent des personnes physiques. Ces

définitions rendent qu’imparfaitement contre de ce qui est de l’administration, ce qui doit


conduire
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

à privil égier une d éfinition moderne de l’administration. Aujourd’hui, la notion d ’


administration

renvoie à des activités exercées dans un but d’intérêt général qui peuvent le cas échéant être
prise

en charge par des personnes privées.

II/ La définition fonctionnelle

Elle s’intéresse à l’activité et non à ceux qui l’exercent. Cette activité a naturellement évolu
ée avec

la transformation en état gendarme en état providence.

Paragraphe 2: Identification de l’administration au Sénégal

I/L’administration centrale

Les principales autorités centrales sont aujourd’hui constituées du Président de la République et

des ministres.

1/ Le président de la République

Il assure des fonctions supérieurs de direction et de contrôles. Pour son action, le président de la

République s’appui sur le gouvernement, le cabinet, le secrétariat général et les autres services
des

organismes de la présidence de la République.

2/ Les ministres

Le ministre a deux fonctions. D’abord, une fonction politique, c’est un collaborateur du pré
sident.

Ensuite, une fonction administrative, il est le chef du département ministériel c’est-à-dire d’un

ensemble de services administratifs.

II/ L’administration territoriale d’État

Elle constituée par l’ensemble des services déconcentrés. La déconcentration s’analyse comme
une
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

technique de transfert de certaines attributions administratives du pouvoir central au plan local,

aux bénéfices d’un agent de l’État nommé par le pouvoir central et soumis au pouvoir

hiérarchique.

La déconcentration, suppose l’existence de circonscriptions administratives et des autorités

nommées qui exercent l’autorité de l’État au niveau local. Ces circonscriptions administratives

sont aujourd’hui au nombre de 3: On distingue la région administrée par un gouverneur, le

département administré par un préfet et l’arrondissement administré par le sous préfet.

III/ L’administration décentralisée

La décentralisation comporte deux modalités: La décentralisation territoriale et la

décentralisation technique ou par service. La décentralisation territoriale repose sur une base

géographique. Elle est opérée au profit de collectivités territoriales administrées par des autorité
s

locales élues, distinctes et autonomes de l’État. Le département et la commune constitue

aujourd’hui les deux ordres de collectivités décentralisées au Sénégal depuis l’entrée en vigueur
de

loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant code général des collectivités locales. À la tête de ses

collectivités territoriales, il y’a le président de conseil départemental et le maire.

Section 2 : Particularités du droit administratif

Le droit administratif est né d’un principe ( le principe de la séparation des pouvoirs) et d’une

œuvre jurisprudentielle( celle du tribunal des conflits et du conseil d’État)

Paragraphe 1: Contexte d’apparition du droit administratif

Les révolutionnaires de 1789, se méfiaient de la justice considérer comme un attribut royal.

L’activité administrative considérée comme dépendante du pouvoir exécutif se devait donc d’


être
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

distinguée de la fonction judiciaire. Dans le souci de préserver l’indépendance de l’


administration,

on alla jusqu’à séparer nettement la fonction administrative de la fonction judiciaire. Deux


textes,

consacrent cette séparation: Il s’agit de la loi des 16-24 août 1790 et du décret du 16 fructidor an

droit ( 2 septembre 1795). Les litiges sont alors dévolus à l’administration elle-même. Le conseil

d’État, conseillé du pouvoir exécutif a alors été chargé en plus de sa fonction de préparation
des

lois, de « résoudre les difficultés qui s’élèvent en matière administrative». La compétence de


juge

spécialisé en matière administrative du conseil d’État a ainsi pris forme. Le caractère

jurisprudentiel du droit administratif découle du fait que les grands principes qui vont finalement

constitués le droit administratif général, sont nés à partir des décisions du conseil d’État mais

aussi du tribunal des conflits.

Paragraphe 2: Champs d’application du droit administratif

Le droit administratif a la particularité d’être à la recherche d’un critère permettant de dire de

manière certaine quand le droit administratif est applicable et donc quand le juge administratif
est

compétent. Cette tâche a opposée à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, deux é
coles

se fondants sur deux notions fondamentales. La réponse a ces interrogations a été fourni par
une

doctrine divisée.

I/ Les positions en présence

Pour l’école du service public qui a pour tête de fil le doyen de la faculté de droit de

Bordeaux( Léon Duguit ). Le droit administratif s’applique aux services publics. En fait, cette é
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

cole

s’appuyait sur l’arrêt blanco( tribunal des conflits 8fevrier 1873) qui est à juste titre considér
ée

comme l’arrêt fondateur du droit administratif. L’école de la puissance publique qu’animait le

doyen de la faculté de Toulouse ( Maurice Hauriou) estime qu’on ne peut définir le droit

administratif qu’à partir des procédés typiques utilisés par l’administration.

II/ Appréciation des positions doctrinales

Les limites de la définition de l’école du Toulouse ont été révélés par l’apparition des services
de

l’administration dont l’objet est économique. Les limites de la définition de l’école de


Bordeaux ont

été révélé par la crise de la notion de service public perceptible à travers la rupture de la
double

relation entre service public et droit administratif et entre service public et personnes publiques.

Paragraphe 3: Les caractères du droit administratif

Le contexte et les conditions d’apparition de droit administratif explique ces deux caractères: Le

caractère autonome et le caractère jurisprudentiel.

I/ Le caractère autonome

L’autonomie du droit administratif consacrée

par l’arrêt blanco est justifiée par le fait que l’administration a une activité dédiée à l’intér
êt

général. Elle ne doit pas donc être soumise au même droit que les particuliers. Elle doit pouvoir

utiliser des procédés qui ne sont pas concevables dans les rapports de particulier en particulier.

Par exemple ( pouvoir modifier unilatéralement les clauses d’un contrat, pouvoir procéder à
des
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

réquisitions ou même exproprier un particulier.

II/ Le caractère jurisprudentiel

Le caractère jurisprudentiel provient du fait que le droit administratif n’a pu se développer que

parce que les juridictions administratives ont devant la carence du législateur déterminées

elles-mêmes ces notions fondamentales et ces règles spécifiques. Ces juridictions ont

progressivement forgé un corps de règles applicables à l’administration. C’est dire que l’


origine

jurisprudentiel résulte de circonstances historiques propres à la France.

Première partie: L’action administrative

Le droit administratif est avant tout le droit de l’action administrative

Il est destiné à l’administration qui a pour raison d’être la satisfaction des besoins de l’intérêt
général d’agir. Pour mener à bien sa mission, à savoir assurer un bon fonctionnement des services
publics et d’exercer la police administrative( titre2), l’administration dispose des outils juridiques
que sont l’acte administratif unilatéral et le contrat( titre3). Son activité est cependant limitée par
le principe de l’égalité ( titre 1 )

Titre 1 : La légalité administrative

Le principe de la soumission de l’administration au droit est une donnée récente car


historiquement toutes limitations de l’État et de son administration était considérées comme
contraire au principe de souveraineté. La légalité c’est la qualité de ce qui est conforme à la loi.
Mais dans cette définition, le terme l«loi» doit être entendue au sens général de droit. La légalité
exprime donc la conformité au droit.

Chapitre 1 : Les sources de la légalité administrative

Les règles de droit encadrant l’activité de l’administration que l’on qualifient souvent de sources
de la légalité administrative sont nombreuses et ont des origines variées. Par ordre décroissant
dans la hiérarchie des normes, il s’agit des sources à valeur constitutionnelle, des sources
internationales, des lois, des principes généraux du droit, des décisions juridictionnelles et les
actes administratifs( actes administratifs unilatéraux et contrats de l’administration)

Section 1: Les sources textuelles


Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Au premier rang de ces règles figurent la constitution. L’obligation pour l’administration de


respecter la constitution vaut pour la constitution stricto sensu mais également pour le
préambule et pour l’ensemble des textes auxquels ce dernier fait référence. C’est cette ensemble
de normes à valeur constitutionnelle qu’on appelle le bloc de constitutionnalité.

Paragraphe 1 La constitution

La constitution est dans l’ordre interne, la norme suprême. Ainsi, toute l’ordre inférieur doit
respecter la norme supérieure. Le respect de la constitution s’impose à tous les organes de l’État
et notamment à toutes les autorités administratives, la cour suprême l’a constamment rappelée.
Voir cour suprême 6 Février 1974 Abdou Rahmane Cissé; cour suprême 10 Avril 2014 Gilbert
Khayat. C’est la constitution dans son ensemble qui s’impose à l’administration. Ce qui inclut le
préambule( Conseil d’État 12 Février 1960 eky et décisions du Conseil constitutionnelle du 23Juin
1993 rabat d’arrêt et du 16 décembre 1993 OHADA) et les textes anciens auxquels il fait
référence( déclaration de 1789 et de 1948, conventions 1979 et 1989…)

Paragraphe 2: Les traités internationaux et le droit communautaire

On observe depuis quelques décennies à un phénomène d’internationalisation des sources de la


légalité. L’explication de cette évolution, tient largement à la place faite par des constitutions au
droit international.

A/ Les traités internationaux

Au terme de l’article 98 de la constitution du Sénégal( article 55 de la constitution française), «


Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont dès leur publication une autorité
supérieure à celle des lois sous réserve pour chaque accord ou traité de son application par
l’autre partie. Cette disposition fixe la valeur des engagements internationaux et leurs places
dans la hiérarchie des normes. Ils ont une suprématie sur les lois et constituent une source de la
légalité administrative sous réserve des conditions posées par la constitution et confronté par le
juge( Voir cour suprême 29 Janvier 1975 Séga Séck Fall

B/ Le droit communautaire

L’ordre juridique communautaire comprend: Les traités constitutives qui forment le droit
communautaire originaire ainsi que les actes des organes créés par ces traités qui constituent le
droit communautaire dérivé. Ce dernier est constitué:

– Des règlements qui ont une portée générale et obligatoires dans tous leurs éléments;
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

–Des directives qui doivent être transposées en droit interne dans un délai bien déterminé.

–Des décisions qui ne valent que pour les destinateurs qu’elles désignent

Paragraphe 3: Les lois et les actes réglementaires

Les lois occupent le 3ème rang dans la hiérarchie des normes. Historiquement, c’est la première
source de la légalité administrative. La méconnaissance de la loi, par un acte administratif
entraine son annulation. L’administration est également tenu de se soumettre aux règles qu’elle
édicte.Celles-ci peuvent revêtir divers formes: décrets, arrêtés, délibérations. L’administration est
enfin tenu de respecter les contrats qu’elle signe.

Section 2 : Les sources d’origine jurisprudentiel

Elles sont constitués les principes généraux du droit et les décisions de justice

Paragraphe 1: Les principes généraux du droit

Ils sont des principes non écrits dégagés par le juge. Leur respect s’impose à l’administration.
C’est après l’arrêt aramu du 26 octobre 1945 que le Conseil d’État a pour la première fois fait
référence au pgd applicable même à l’absence de texte. Cependant bien avant, le juge s’est à
plusieurs reprises inspiré de cette notion. Il en fut dans les arrêts couidéas Conseil d’État 30
Novembre 1923«principes d’égalité des citoyens devant les charges publiques»; Trompier Gravier,
conseil d’État 5mai 1944 ( principes du respect des droits de La Défense. Aujourd’hui, il existe
même des principes généraux du droit à valeur constitutionnelle.

Paragraphe 2: Les décisions de justice

Elles s’expriment par le biais des arrêts et jugements rendus par les différentes juridictions. Les
décisions de justice sont revêtues de l’autorité de la chose jugée lorsqu’elles ont acquis un
caractère définitif du fait par exemple de l’épuisement ou du non usage des voies de recours.
L’administration est tenu d’exécuter les décisions de justice. Les juges en règle générale
n’appliquent que les textes existants. Toutefois, en cas d’inexistence ou d’obscurité du texte, le
juge fait œuvre constructive car il est dans l’obligation de juger s’il ne veut pas se rend coupable
de déni de justice. La légitimité des règles jurisprudentielles comme source de droit découle de
cet état de fait Conseil d’État 25 Novembre 1999 LDMPT .

Chapitre 2 : Les limites au principe de l’égalité

Par limite du principe, il faut entendre les hypothèses dans lesquelles, l’administration peut ne
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

pas respecter la légalité et n’en courir aucune sanction du juge. Ces limites peuvent être du à
l’existence de périodes de crise ou par la nature intrinsèque de l’acte.

Section 1: Limites motivées par l’existence de périodes de crise

Certaines périodes de crise peuvent justifier un élargissement des pouvoirs de l’administration.


La théorie des circonstances exceptionnelles a été élaborées par le juge administratif à l’occasion
de la première guerre mondiale. À côté de la théorie des circonstances exceptionnelles qui est
purement prétoriennes, il existe aussi des textes régissant des situations de crise
particulièrement difficiles.

Paragraphe 1: La théorie des circonstances exceptionnelles du création du juge

A/ La justification de la théorie des circonstances exceptionnelles

Il peut arriver que l’autorité administrative soit confrontée à des circonstances anormalement
graves. Elle doit disposer de la faculté de se soustraire au respect des règles ordinaires qui
entraveraient son action. Dans deux arrêts heyriès Conseil d’État 28 Février 1919 et dames dol et
Laurent , le Conseil d’État a consacré l’idée selon laquelle le respect du principe de la légalité n’a
pas la même contenu dans les périodes de crise( par exemple périodes de guerre) et dans les
périodes normales

B/ Les effets de la théorie des circonstances exceptionnelles

En périodes de circonstances exceptionnelles, l’administration peut prendre des décisions qui en


temps normal serait déclarées illégales. Elle peut être de l’observation des règles de forme et de
procédure et même des règles de compétence. Ainsi, de simples particuliers peuvent se
substituer à l’autorité administrative quand celle-ci est défaillante et devenir des fonctionnaires
de fait Conseil 5 mars 1948 Marion. Toutefois, cette assouplissement du principe de légalité ne
s’opère pas en dehors du droit. Bien au contraire, les mesures prises par l’administration sont
controversées par le juge qui met en place une sorte de légalité de crise. Le juge contrôle d’une
part, si la situation était réellement exceptionnelle, d’autre part, si l’administration était
réellement dans l’impossibilité d’agir dans le respect des règles normalement et applicables et
enfin si les mesures de crise adoptées sont proportionnelles à la gravité de la menace encourue.

Paragraphe 2: L’organisation textuelle des circonstances exceptionnelles

À côté de la théorie des circonstances exceptionnelles, dégagées par le juge, il existe aussi des
textes régissant des situations de crise particulièrement difficiles.
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

A/ L’état d’urgence et l’état de siège

Les régimes de l’état d’urgence et de l’état de siège sont fixés au Sénégal par l’article 69 de la
constitution et la loi n 69 29 29 Avril 1969. Le régime de l’état d’urgence conserve des hypothèses
d’atteinte grave à l’ordre public ou de calamités publiques, prononcé par décret pour une période
de 12jours( avec une prolongation possible avec le parlement) l’état d’urgence se traduit par un
renforcement des pouvoirs de police des autorités dépendants du ministre de l’intérieur. NB La
loi 2021– 18 du 19 Janvier 2021 a élargie aux situations de catastrophes naturelles et sanitaires,
la loi du 29 Avril 1969, cette loi institue le régime « de catastrophes sanitaires » qui permet de
prendre des mesures de restriction sans passer par l’état d’urgence. L’état de siège quant à lui, est
destiné à transférer l’autorité civile à l’autorité militaire pour faire face à un péril imminent
résultant par exemple une guerre étrangère ou d’une insurrection à main armée. Ce transfert est
opéré par décret pour une durée de 12 jours avec possibilité de prolongation autorisée par le
parlement.

B/ Les pouvoirs exceptionnels du président de la République

L’article 52 de la constitution du Sénégal prévoit la possibilité du président de la République de


s’abroger des pouvoirs exceptionnels lorsque les institutions de la République, l’indépendance de
la nation, l’intégrité du territoire national ou l’exécution des engagements internationaux sont
menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs
publics ou des institutions est interrompus, le président de la République dispose de pouvoirs
exceptionnels. Il peut prendre toutes mesures tendants à rétablir le fonctionnement régulier des
pouvoirs publics et des institutions et à assurer la sauvegarde de la nation. Il n’existe que deux
limites fixées au président de la République: il ne peut pas procéder à une révision
constitutionnelle, il ne peut non plus dissoudre l’Assemblée nationale.

Section 2: Limites motivés par la nature intrinsèque de l’acte

Le principe de l’égalité selon lequel l’administration doit agir en vertu et dans le respect du droit
justifie le fait que les décisions administratives puissent faire l’objet d’un recours pour excès de
pouvoir. En principe, l’administration ne peut pas déroger aux règles de droit auxquelles elle est
soumise. Il existe cependant des exceptions qui tiennent à la nécessité pour l’administration
d’agir en toutes circonstances. Il existe des actes insusceptible de recours pour excès de pouvoir.

Paragraphe 1: Les actes de gouvernement

Un acte de gouvernement est un acte pris par les pouvoirs publics et qui est insusceptible
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

d’être discuté devant le juge. Il bénéficie d’une immunité juridictionnelle absolue. Cela signifie
qu’il n’est pas possible d’intenter contre eux une action pour contester leur légalité ou pour
engager la responsabilité de l’administration. Le juge saisie se déclare incompétent. Quelques
exemples d’acte de gouvernement: La décision de convoquer l’Assemblée nationale en vue de la
déclaration du politique général du premier ministre, Cour suprême 10Janvier 2013 Modou
Diagne, la décision de recourir au référendum, Conseil d’État 4Janvier 2001 Parti socialiste et URD,
la nomination d’un membre du Conseil constitutionnel, la décision de dissoudre l’Assemblée
nationale, de promulguer la loi.

Paragraphe 2: Les mesures d’ordre intérieur

Par mesure d’ordre intérieur on entend des actes administratifs qui n’ont pas un caractère
décisoire. Ils ne font pas griefs puisque ces mesures ne portent pas atteinte à l’ordonnancement
juridique, le recours pour excès de pouvoir est irrecevables à leurs encontre . Ces mesures sont
nombreuses et variées. On distingue:

–Les circulaires: Il s’agit des circulaires non impératives. En effet, depuis sa décision du 18
décembre 2002 Duvignères. Le conseil d’État a abandonné la distinction
traditionnelle( Circulaires réglementaires et circulaires interprétatives) en opposant aujourd’hui
la circulaire impérative de celle qui ne l’est pas. En droit sénégalais, le juge se réfère au caractère
décisoire ou non de la mesure. Ainsi, dans l’affaire Djibril Ndiaye Conseil d’État 21 décembre 2000,
le juge a rappelé« qu’une circulaire du sous préfet invitant les membres d’une association à
renouveler ses instances… n’est pas un acte décisoire susceptible de recours pour excès de
pouvoir.

– Les directives et les mesures préparatoires ou indicatives sont aussi des mesures d’ordre
intérieur quant elles ne modifient pas la situation juridique des intéressés.

Titre 2: Les finalités de l’action administrative

L’action de l’administration a pour raison d’être de satisfaire les besoins de publics. C’est cette
raison d’être qui explique les deux missions fondamentales qui lui sont confiés: d’une part,
assurer les prestations de biens et de services( cette mission renvoie à la notion de service public)
d’autre part, veiller au maintien de l’ordre public( il s’agit de la police administrative)

Chapitre 1: Le service public

Le service public a été la notion centrale et fondatrice du droit administratif puisque dans son
arrêt Blanco le tribunal des conflits en faisait le critère de la compétence du juge administratif. Il
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

demeure aujourd’hui la justification première de toutes activités administratives ainsi que des
moyens exceptionnels dont disposent l’administration pour mettre en œuvre ces activités.

Section 1: La notion de service public

La définition classique du service public a aujourd’hui beaucoup évoluée.

Paragraphe 1: La définition classique( l’âge d’or du service public )

Selon sa définition classique( forger au cour du 19ème siècle), le service est une activité d’intérêt
général, assuré par une personne publique aux moyens de procéder exorbitant du droit commun.
Cette définition se caractérise par la prééminence du critère organique. La qualification de
service public dépend en effet essentiellement de la nature juridique de l’organe qui gère
l’activité: cette organe doit être une personne publique. On parle d’âge parce qu’en ce moment le
service public est le critère de la compétence du juge administratif et le droit administratif ne
s’applique qu’aux services publics.

Paragraphe 2: Une définition dépassé

Ahah Cette interdiction de principe, faite aux personnes privées de gérer le service public ne
pouvait pas résister aux besoins de services publics qui a cru dans des proportions telles que les
personnes publiques se sont senti incapables d’y répondre seules. L’État a été dans l’obligation de
confier la gestion de certaines activités d’intérêt général a des personnes privées. Dans un
premier temps, le Conseil d’État va admettre que les personnes privées puissent être investi de
prérogatives de puissance publique en l’occurrence le droit d’expropriation ( Conseil d’État 20
décembre 1935 société des établissements vézia). Il finit par admettre quelques années plus tard
qu’une personne privée puisse en dehors de tous contrats de concessions, par la simple
soumission partielle à un régime de droit public, gérer un service public administratif ( Conseil
d’État 13mai 1938, caisses primaires, aides et protection. D’autres arrêts confirment cette
jurisprudence et reconnaissent à de nombreuses catégories de personnes privées la même
possibilité: Monpeurt ( Conseil d’Etat 31 Juillet 1942) Bougéne ( Conseil d’État 2 Avril 1943 )
Magnier Conseil d’État 13 Janvier 1961 ) Narcy Conseil d’État 28 Juin 1963.

Paragraphe 3: La situation au Sénégal

La consécration au Sénégal de la conception organique du service public par l’article 11 constitue


en principe un obstacle pour la gestion par les personnes morales de droit privé d’une mission de
service public. Ici aussi, le besoin de service public est tel qu’un respect scrupuleux de l’article 11
poserait problème. C’est ce qui explique l’utilisation de plusieurs procédés pour admettre les
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

personnes privées dans la gestion du service public. Il en fut ainsi, de la technique de la


délégation de pouvoirs ( Voir l’exemple des fédérations: Conseil d’État 27 Avril 1994 Dial Diop ) du
procédé contractuelle( Voir les concessions de service public, les contrats de partenariat) ou du
procédé législatif ( C’est par la loi, celle de 1990 que les sociétés nationales et les sociétés
anonymes à participation publique majoritaire sont autorisés à gérer un service public: La CICAP,
La Poste…

Section 2: Les principes de fonctionnement commun à tous les services publics

Ils sont au nombre de trois: Le principe de la continuité du service, le principe de mutabilité et le


principe d’égalité qui a comme corollaire le principe de neutralité. Ces principes sont aussi
appelés lois de Rolland.

I/ Le principe de continuité

Parce qu’il est créé pour répondre à un besoin reconnu et permanent du public, le service public
ne peut pas fonctionner avec des interruptions. Ce principe a justifié jusqu’en 1946 l’interdiction
en France du droit de grève dans les services publics( Conseil d’État 7Aout 1909, Winkell). Il
justifie aujourd’hui, les multiples restrictions possibles du droit de grève( Conseil d’État 7Juillet
1950 Dehaene.

II/ Le principe de mutabilité

Il est également appelé, principe d’adaptation du service public. Ce principe repose sur l’idée que
le service public doit être capable de s’adapter à l’évolution des besoins du public mais aussi aux
changements des techniques qui permettent de réaliser le service.

III/ Le principe d’égalité devant le service public

Ce principe signifie, que toutes personnes a un droit égal à l’accès aux services. Elle doit être
traitée de la même façon que tout autre usagé du service. Le principe de neutralité découle de ce
principe d’égalité. Il implique que le service public ne favorise pas une personne ou une catégorie
de personnes ou ne fonctionne pas de façon différenciée en fonction par exemple des convictions
politiques ou religieuses de ses agents ou de ses usagers.

Section 3: Le mode de gestion des services publics

Le mode de gestion des services publics sont divers. On peut les regrouper en deux grandes
catégories: La gestion publique des services publics et la gestion privée des services publiques.
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Paragraphe 1: La gestion publique des services publics

Parmi les modes de gestion publique, on distingue la gestion en régie et la gestion par une
personne publique spécialisée.

A/ La gestion en régie

La gestion en régie d’un service public, consiste en la prise en charge directe de son
fonctionnement par la personne publique qui l’a crée avec ses propres moyens matériels humains
et financiers. La régie ( simple par opposition à la régie intéressée) suppose que le personnel soit
constitué de fonctionnaire stricto sensu ainsi que d’agents qui bénéficient du régime de droit
public sans avoir la qualité de fonctionnaires tels que les agents contractuels.

B/ La gestion par une personne publique spécialisée

1/ La gestion des services publics par les établissements publics

a/ La notion d’établissement public

Un établissement public est une personne publique spécialement créé pour gérer un service
public. Il dispose un patrimoine et d’un budget propre. Il peut passer des contrats et agir en
justice. Il jouit de la capacité de recevoir des dons et legs. Les établissements publics sont chargés
d’exercer à la place de l’État mais sous son contrôle une ou plusieurs activités. Ils sont soumis à
une tutelle technique ( ministre technique) et à une tutelle financière ( ministre chargé des
finances).

b/ Les catégories d’établissements publics

Dire qu’un organisme est un établissement public n’épuise pas le champ de la recherche de sa
nature juridique. Il existe en effet, plusieurs catégories d’établissements publics. Si
traditionnellement, on ne distinguait que les principaux types d’établissements publics( les
établissements publics à caractère administratif et les établissements publics à caractère
industriel et commercial) on trouve aujourd’hui au Sénégal plusieurs autres: les établissements
publics à caractère professionnel, les établissements publics à caractère scientifique et
technologique, les établissements publics de santé… Le droit applicable aux établissements
publics est variable suivant la nature juridique de l’établissement

2/ La gestion des services publics par les agences d’exécution

L’agence d’exécution est une personne morale de droit public dotée d’un patrimoine et de
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

moyens de gestion propre. C’est une entité administrative autonome investie d’une mission de
service public. Les agences sont créées par décret pour une durée déterminée ou indéterminée
pour mener une mission bien précise ( voir exposer des motifs de la loi n 2009-20 du 4 mai 2009).
Quelques exemples d’agence crée au Sénégal, alacim, alaq sup.

Paragraphe 2: La gestion privée du service public

L’État peut décider de ne pas assurer lui-même l’exécution d’un service public mais la confier à
une personne privée. Au terme de l’article 10 nouveau du COA, la participation d’un
cocontractant à un service public est réalisé par voie de délégation de service public ou sur la
base d’un contrat de partenariat.

A/ La délégation de service public

Il existe au Sénégal aujourd’hui deux formes de délégation de service public: la concession de


service public et la régie intéressée.

1/ La concession de service public

Le contrat de concession de service public se présente comme une convention par laquelle, une
personne publique ( le concédant) charge une personne privée ( le concessionnaire) de faire
fonctionner un service public à ses frais, risques et périls en se rémunérant sur les redevances
perçues sur les usagers. Le concessionnaire exploite le service public en percevant des
rémunérations des bénéficiaires du service concédé.

2/ La régie intéressée

La régie intéressée est un mode de gestion mixte de service public qui s’appuie sur le concours
extérieur d’un professionnel privé contractuellement chargé de faire fonctionner le service public
moyennant le versement d’une redevance déterminée par la personne publique qui a réalisé les
investissements initiaux.

B/ Le contrat de partenariat

Il s’agit d’un contrat par lequel, une personne publique confie à un tiers pour une période
déterminée, une mission globale comprenant le financement et la réalisation( y compris la
construction, la réhabilitation ou la transformation) d’investissements matériels ou immatériels
ainsi que leurs entretiens, leurs exportations ou leurs gestions. Le cocontractant est rémunéré à
partir d’objectifs de performance déterminée par la puissance publique.
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

C/ La gestion du service public par les entreprises du secteur parapublique

Au terme de l’article 2 de la loi n90 -07 du 26 Juin 1990, le secteur parapublique comprend les
établissements publics à caractère industriel et commercial, les sociétés nationales et les sociétés
anonymes à participation publique majoritaire.

Chapitre 2: La police administrative

Il s’agit d’une notion particulière qui connait un régime juridique précis.

Section 1: La notion de police administrative

La police est une activité administrative qui a pour objet de protéger l’ordre public. La police
administrative a un but préventif en ce sens qu’elle cherche à empêcher l’installation du
désordre( tribunal des conflits 7 Juin 1951 dame Loualek) elle est distincte de la police judiciaire
qui a un but répressif ( Conseil d’État 11mai 1951 Consords Beaud). Il n’est pas aisé de distinguer
clairement les deux types de police. D’abord parce qu’une opération peut se décomposer en
plusieurs phases rattachable aux deux types de police( la mise en fourrière des véhicules avec
l’enlèvement du véhicule, acte de police judiciaire qui a pour but de réprimer la violation d’une
interdiction de stationnement; ensuite parce qu’une même opération ( exemple, saisie du
journaux, contrôle d’identité sur les passants) peut revêtir selon les cas, un caractère
administratif ou judiciaire( Conseil d’État Assemblée 24Juin 1960 société Frampar)

Section 2: La variété des polices administratives

Le droit public fait la distinction entre la police administrative générale et la police administrative
spéciale. Ces deux catégories de police ont un but commun qui est le maintien de l’ordre public
mais elle vise des éléments différents.

1/ La police administrative générale

Pour définir l’ordre public, on recours classiquement à une trilogie, sûreté, tranquillité et salubrité
publiques. Cette trilogie classique a aujourd’hui été élargie.

A/ La trilogie classique

Par sûreté publique il faut entendre la sécurité dans la rue pour les personnes qui circulent. La
sécurité routière mais aussi la sécurité des immeubles ou la sécurité des produits que l’on
consomme. La tranquillité publique est une notion proche puisqu’il s’agit ici d’assurer une vie
paisible à tous donc à prévenir les agressions et les nuisances multiples. La lutte contre le bruit
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

par exemple relève de cet objectif. Enfin la salubrité publique correspond à la notion d’hygiène
public. À ce titre sont prises des mesures d’assainissement, des mesures nécessaires à la
préservation de la qualité de l’air et de l’eau.

B/ Les nouvelles finalités de l’ordre public

La jurisprudence administrative a intégré la notion de moralité à l’ordre public consacrant ainsi


l’extension des composantes classiques de l’ordre public. Le Conseil d’État a estimé en 1959
qu’un maire peut interdire la représentation d’un film dès lors que sa projection « est susceptible
d’entraîner des troubles sérieux dans sa commune» Conseil d’Éta 18 décembre 1959 société des
films lutétia; conseil d’Éta 26 Juillet 1985 Ville D’aix en Provence. La dignité humaine constitue
une autre extension. Le Conseil d’État a affirmé que« le respect de la dignité de la personne
humaine est une des composantes de l’ordre public, Conseil d’État Assemblée 27 Octobre 1995,
commune de Morsang– Sur– Orge.

II/ Les polices spéciales

Comme la police administrative générale, les polices administratives spéciales sont des activités
de surveillance qui visent à maintenir la paix sociale. Mais, alors que la première remplie cette
mission en protégeant l’ordre public en général, les secondes la remplissent en régissant
certaines activités( exemple, affichages, certaines catégories d’administrer ( les étrangers), ou un
aspect déterminé de l’ordre public ( les édifices menaçant ruine )

Section 3: Le régime juridique de la police administrative

Puisque les mesures de police sont potentiellement dangereuses pour les libertés publiques,
l’obligation de les motiver est forte. Elle est imposée en France par le législateur et par le juge au
Sénégal. Le juge sénégalais a élargi le domaine d’application de la motivation obligatoire ( Voit
affaires LD MPT. Les mesures de police sont encadrées assez strictement par les textes et sont
contrôlées par le juge.

I/ Un contrôle des motifs consacrés par la jurisprudence

Le juge veille à ce que les autorités de police administrative ne portent pas atteinte à l’exercice
d’une liberté publique au delà de ce qui est nécessaire. Pour le juge français( Conseil d’État 19mai
1933 Benjamin) toutes disproportions mêmes légères entrainent la censure de la mesure. Dans
bon nombre d’affaires au Sénégal ( Alune Tine ) (Cour suprême 13 Octobre 2015) Sidia Bayo
( Cour suprême 13 Janvier 2015 ), amnisty international Sénégal( Cour suprême 9 Juin 2016),
Asssane Ba ( Cour suprême 23 mai 2019 ), le juge sénégalais considère que s’il incombe à
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

l’autorité administrative compétente de prendre les mesures qu’exigent le maintien de l’ordre,


elle doit concilier l’exercice de ce pouvoir avec le respect des libertés garanties par la Constitution.
Le juge rappel très souvent à l’autorité administrative que « la loi 78-02 du 29 Janvier 1978
relative aux réunions lui permet en son article 14 d’interdire toutes réunions publiques ( Mais
que ) cette interdiction ne peut intervenir que s’il existe une menace réelle de troubles à l’ordre
public et si elle ne dispose pas de force de sécurité nécessaire pour assurer la sécurité des
citoyens ».

II/ Un contrôle limitant le pouvoir de l’autorité administrative

L’exercice du pouvoir de police est soumis à un contrôle étendu de légalité. Celle-ci est
étroitement liée à la nécessité des mesures.

A/ Le caractère nécessaire des mesures de police

Dans l’affaire Daubignac ( Conseil d’Éat 22Juin 1951) le juge rappel que les interdictions générales
et absolues sont illégales. Il rappel ainsi, les termes de l’arrêt, action française ( Conseil d’État 8
Août 1935).

B/ L’influence des circonstances de temps et de lieu

Il faut noter que les mesures de police ont une rigueur variable en fonction de circonstances de
temps ou de lieu. En effet, les pouvoirs de police sont plus étendu en temps de crise ( état
d’urgence par exemple) ou en période de circonstances exceptionnelles ( épidémies ou calamités
naturelles) qu’en période normale. De même, ils sont plus étendus s’il s’agit de la voie publique
que s’il s’agit d’un domicile privé non ouvert aux publics( veiller à la tranquillité ou à la salubrité
publique) ou un lieu ouvert aux publics.

Titre 3: Les procédés de l’action administrative

L’administration utilise deux procédés classiques, l’acte administratif unilatéral et le contrat. Ces
actes juridiques constituent des manifestations de volontés qui ont pour but de modifier l’ordre
juridique.

Chapitre 1: L’acte administratif unilatéral

Il existe plusieurs types d’actes administratifs ce qui nécessite une classification.

Section 1: Classification des actes administratifs unilatéraux

Une classification des actes administratifs unilatéraux peut être fondée sur la distinction acte
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

réglementaire et acte non réglementaire. Elle peut aussi partir de la forme de l’acte et permettre
de distinguer décrets, arrêtés, délibérations, décisions… Elle peut enfin se fonder sur la
distinction entre les actes administratifs décisoires et les actes administratifs non décisoires.

Paragraphe 1: Acte règlementaire et acte non réglementaire

A/ Les actes administratifs réglementaires

L’acte administratif réglementaire édicte des normes de caractère général et impersonnel.


Autrement dit il s’adresse à un nombre et à une catégorie indéterminée de personnes. Le nombre
de personnes visées n’est pas un critère pouvant déterminer le caractère réglementaire d’un acte
administratif. L’acte administratif réglementaire est permanent car il régi une situation jusqu’à sa
modification ou son abrogation. Il doit faire l’objet d’une publication( au journal officiel ou par
voie d’affichage.

B/ Les actes individuels

L’acte individuel est relativement aisé à identifier. C’est un acte qui s’adresse à une personne. Il
faut noter cependant que l’acte individuel peut s’adresser à plusieurs personnes. Exemple, la liste
des candidats reçus à un concours. On considère dans ce cas qu’il s’agit d’un acte individuel pris
dans un acte collectif. La Cour suprême l’a réaffirmé dans son arrêt du 23 Septembre 2014
( affaire Bouré Diouf et autres communément appelés affaires des 690 élèves maîtres). Le juge
considère « que la décision attaquée n’est pas un acte réglementaire(… mais )plutôt une décision
individuelle prise dans un acte collectif en ce qu’elle concerne plusieurs personnes nommément
désignées.

Paragraphe 2: Acte administratif décisoire et acte administratif non décisoire

Tous les actes administratifs ne constituent des décisions administratives. Selon une approche
classique, seuls les actes présentant un caractère décisoire peuvent être attaqués devant le juge
administratif sauf s’ils présentent le caractère d’acte de gouvernement. Pour les actes
administratifs non décisoire voire supra.

Section 2: Le régime juridique des actes administratifs unilatéraux

Par régime juridique, il faut entendre les règles qui s’appliquent à l’élaboration de l’acte, à son
exécution ainsi qu’à sa disparition.

Paragraphe 1: L’élaboration de l’acte administratif unilatéral


Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Les actes administratifs unilatéraux (A A U) sont élaborés par les autorités administratives suivant
un certains nombres de règles décrites par les textes et les principes généraux du droit (P G D ).
Celles-ci englobent les règles de compétences et la procédure administrative non contentieuse.

A/ Les règles de compétences

La compétence c’est l’aptitude juridique conférée à une autorité par un titre juridique pour
prendre un acte. Elle est appréciée en fonction de trois éléments: l’élément matériel, l’élément
temporel et l’élément territorial.

1/ Les éléments de la compétence: La compétence ratione materiae

Signifie qu’une autorité administrative ne puisse légalement intervenir que dans une matière qui
lui a été attribuée( Cour suprême 5 Juillet 1979 Aminata Sall

– La compétence ratione temporis

Elle veut qu’une autorité administrative ne puisse légalement intervenir qu’entre la période
comprise entre le moment de son investiture et la cessation de ces fonctions. Toutefois la
nécessité d’assurer une certaine continuité de l’action administrative peut conduire l’autorité qui
a cessé ses fonctions à prendre certaines décisions dans le but d’expliquer des affaires courantes
( Conseil d’État 4 Avril 1952, syndicat régional des quotidiens d’Algérie.

– La compétence ratione loci: Elle veut qu’une autorité administrative ne puisse légalement
intervenir que dans un champ géographique bien déterminé. Les règles normales de
compétences peuvent être aménagées par le recours à la technique des délégations.

2: Les aménagements aux règles normales de la compétence

Deux modes de délégations sont prévues: Il s’agit de la délégation de pouvoirs et de la délégation


de signature.

– La délégation de pouvoirs: C’est une technique administrative par laquelle, une autorité
administrative supérieure confère à une autorité administrative inférieure un pouvoir de décision.
Dans ce cadre, l’autorité déléguante se dessaisie pour les matières déléguées tant que dur l’acte
de délégation

– La délégation de signature: C’est simplement la tâche de matérielle de signature qui est


déléguée. Ce qui ne fait pas obstacle à l’intervention du délégant sur les matières pour lesquelles
sa signature est déléguée. En réalité, les décisions du délégateur sont considérées comme celle
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

du déléguante.

B/ Les règles de forme et de procédure

L’acte administratif pour être valable doit, en vertu du principe de légalité respecté certaines
règles de forme et de procédure.

1/ Les règles de forme

Elles sont variées et ne présentent pas la même importance. Certaines sont qualifiées de
substantielles, ce sont les règles dont la violation entraine l’illégalité de l’acte. Exemple (signature,
contreseing) d’autres sont dites accessoires parce qu’au contraire leur violation n’affecte pas la
légalité de l’acte( exemple, les visas ), d’autres enfin sont tantôt substantielles, tantôt
accessoires( l’écrit ou la motivation qui ne sont obligatoires que si un texte l’exige. La motivation
c’est l’inscription des motifs dans la décision même. On dit d’un acte qu’il est motivé lorsque la
simple lecture de la décision renseigne sur les raisons de droit et de faite qui ont amené l’autorité
administrative à prendre cette décision.

2/ Les règles de procédure

L’adoption de l’acte administratif, conduit souvent à l’accomplissement de procédures plus ou


moins complexes. On en retiendra deux: la procédure consultative et la procédure contradictoire.

a/ La procédure consultative

L’acte administratif avant d’être pris, peut être précédé de la consultation d’un organisme appelé
à émettre un avis sur la décision à prendre. La demande d’avis peut être soit facultative, soit
obligatoire. Quand la demande d’avis est facultative, l’administration n’est pas obligé de le
solliciter encore moins de le suivre. L’avis obligatoire demandé peut être soit conforme, soit non
conforme. Quand l’avis est conforme, l’administration est non seulement tenue de le prendre
mais est également tenue de suivre l’avis de l’organe consulté. L’organisme appelé à émettre un
avis doit être régulièrement constitué ( Cour suprême 22mars 2012 Mame Thierno Diéne ).

b/ La procédure contradictoire

Elle permet à la personne préalablement à la décision de présenter ses observations. Dans son
arrêt du 23 Septembre 2014, la cour suprême considère que la décision du ministre de
l’éducation nationale « ne pouvait, sans violation du principe général des droits de la défence
être prise sans que les élèves- maître incriminés est été mis à même de ce défendre». Le juge
estime que le droit à été violé.
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Paragraphe 2: L’exécution de l’acte administratif unilatéral

La décision administrative déploie ses effets à partir de son entrée en vigueur.

A/ L’entrée en vigueur de l’acte administratif

Si l’acte administratif existe dès sa signature, il n’est opposable aux administrés qu’après
l’accomplissement des formalités de la publicité. Il y’a deux modalités de publicité: La notification
utilisée pour les actes administratifs individuels et la publication au journal officiel ou sur support
électronique utilisé pour les actes réglementaires. NB: Voir article 3 et suivante de la loi n2021–
21. Il y’a des actes administratifs qui doivent faire l’objet à la fois d’une notification aux intéressés
mais aussi une publication pour les tiers. Il en est ainsi de l’affection ou la désaffection d’une
terre du domaine national.

B/ L’autorité de l’acte administratif unilatéral

Si l’acte administratif unilatéral à force obligatoire en raison du privilège du préalable, il ne fait


pas nécessairement l’objet d’une exécution forcée.

1/ Le privilège du préalable

Le privilège du préalable signifie que les décisions administratives sont présumées régulières et
produisent leurs effets tant qu’elles n’ont pas été déclarées nul par le juge. Autrement dit,
l’introduction d’un recours pour excès de pouvoir ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision
administrative. C’est ce que le juge a confirmé dans l’affaire ayant opposé Thierno Mamadou
Kane et 9 autres à l’État du Sénégal( Voir Cour suprême 12 Avril 2012 ). Ce privilège peut être
remis en cause en cas de recours contre une déclaration d’utilité publique, une expulsion
d’étrangers, une extradition ou un recours portant sur l’élection au Conseil municipal ou au
Conseil départemental ou en cas de suspension de l’exécution d’une décision ou de certains de
ses effets ordonnés par le juge des référés. Il existe aujourd’hui dans le droit sénégalais, en plus
du référé suspension, le référé liberté ( article 85 de la loi n° 2017-09 sur la Cour suprême), le
référé mesure utile ( article 86 ).

Pour que le juge ordonne une suspension de l’exécution d’une mesure administrative, il faut que
l’urgence le justifie et qu’un doute sérieux existe quant à la légalité de la décision.

2/ L’exécution forcée

À la question de savoir si l’administration peut recourir à la force pour obtenir l’exécution de ses
décisions, la jurisprudence administrative considère que l’administration ne peut pas se faire
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

justice elle-même; qu’il y’aurait trop de risque à reconnaître à l’administration un pouvoir


d’exécution par la force de ses décisions( tribunal des conflits 2 Décembre 1902 société
immobilière Saint Juste ).

Paragraphe 3: La disparition de l’acte administratif unilatéral

La disparition de l’acte administratif peut résulter de son annulation pour illégalité par le juge de
l’excès de pouvoir, de la survenance du terme exprimé dans l’acte, du décès du destinateur… Elle
peut aussi résulter de la volonté de l’administration qui peut provoquer la disparition d’un acte
de l’ordre juridique par deux moyens: l’abrogation qui ne fait disparaître les effets de l’acte que
pour l’avenir; le retrait qui entraine la disparition rétroactive des effets de l’acte.

A/ L’abrogation

L’abrogation est une annulation instantanée et prospective de l’acte administratif. Un acte


administratif abrogé ne sera plus applicable. Il y’a des distinctions à faire pour apprécier la
possibilité ou l’impossibilité pour l’administration d’abroger des actes administratifs.

– L’abrogation des actes réguliers: il y’a lieu de faire une distinction entre les décisions
réglementaires et les décisions individuelles. L’abrogation d’une décision réglementaire est
toujours possible. C’est là une conséquence du principe de mutabilité. Pour les actes individuels,
il faut voir si l’acte à créer des droits ou n’a pas créé de droit.

. Si l’acte a créé des droits, l’abrogation est en principe impossible. Elle est envisageable que dans
deux hypothèses identifiées par le juge: soit lorsque le titulaire des droits en a fait la
demande( Conseil d’État 30 Juin 2006 société 9 télécoms) ; soit dans les cas et aux conditions
prévues par les textes ( Conseil d’État 6 Novembre 2002 madame soulier) par exemple la
nomination régulière d’un fonctionnaire ne peut être abrogée que dans des hypothèses et selon
des procédures précises prévues par le statut général des fonctionnaires.

. Si l’acte n’a pas créé de droit, l’abrogation est une faculté que l’administration peut utiliser à tout
le moment en tout état de cause, le juge français estime depuis 2009 dans un souci de sécurité
juridique que« l’administration ne peut … abrogée une décision express individuelle créatrice de
droit que dans le délai de 4 mois suivant l’intervention de cette décision et si elle est illégale
( Conseil d’État 6 mars 2009 Coulibaly)

– L’abrogation des actes irréguliers qu’ils soient créateurs de droit ou non, l’administration a
l’obligation d’abroger des actes devenus illégaux du fait d’un changement de droit ou de
circonstances ( Conseil d’État 10 janvier 1930 Despujol ).
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

B/ Le retrait

H L’administration peut s’être trompée. Elle doit alors être en mesure de mettre fin elle-même à
la situation ainsi créée. En même temps cette volonté de rétablir la légalité ne doit pas se faire au
détriment des droits acquis par les administrés. Il faut distinguer selon que l’acte est régulier ou
irrégulier.

– Le retrait des actes réguliers: lorsque l’acte est régulier mais n’a créé aucun droit, le retrait est
possible à tous moments sans conditions: C’est le cas des actes obtenus par fraude de
l’administrée( voir Conseil d’État 17 Juin 1955 Silberstein; Conseil d’État 29 Novembre 2002
assistance publique des hôpitaux de Marseille)

Lorsque l’acte est régulier et à créé des droits, le retrait est impossible. Cependant, l’acte régulier
créateur de droit au profit de son destinataire ( autorisation, nomination…) ou même de tiers,
peut-être retiré sur le fondement d’une disposition législative ou réglementaire, en application
d’une décision de justice ou lorsque le retrait est demandé par l’intéressé lui-même.

– Le retrait des actes irréguliers: l’acte irrégulier non créateur de droit peut être retiré à tous
moments sans conditions. Pour les actes individuels irréguliers créateurs de droit, la règle
traditionnelle provenait de l’arrêt Dame Cachet ( Conseil d’État 3 Novembre 1922 ) selon lequel,
l’administration pouvait retirer l’acte illégal tant que le juge de l’excès de pouvoir était compétent
pour l’annuler ( C’est-à-dire dans les deux mois à partir de la publicité de l’acte).

Depuis l’arrêt Thernon ( Conseil d’État Assemblée 26 Octobre 2001) le retrait est possible dans le
délai de 4mois à partir de la date d’ediction de la décision. Au Sénégal, il n’y a pas eu de
dissociation entre les délais du recours et du retrait. Cf,(Cour suprême 19 Avril 1967, Samba Cor
Sarr ).

Chapitre 2: Le contrat administratif

Contrairement au contrat aux contrats de droit privé fondés sur le principe de l’égalité des parties
contractantes. Les contrats administratifs mettent en œuvre un but d’intérêt général et son
soumis à un régime exorbitant du droit commun. Se pose alors la question de savoir à quelles
signes reconnaît-on un contrat est administratif. Autrement dit, quelles sont les critères du
contrat administratif.

Section 1: L’identification des contrats administratifs

Dans certains cas, les textes tranchent expressément la question de savoir, est-ce un contrat
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

administratif. En effet, la loi ou le règlement peut à tous moments attribuer la qualité de contrat
administratif à une catégorie de conventions auxquelles, une personne morale de droit public est
partie. En dehors de ses contrats, appelés contrats administratifs par détermination de la loi.
C’est la jurisprudence qui, en France a dû s’efforcer de résoudre le problème et de définir les
critères des contrats administratifs par nature. C’est cette jurisprudence qui a été codifiée au
Sénégal.

Paragraphe 1: Les contrats administratifs par détermination de la loi

Le contrat administratif par détermination de la loi, résulte d’une volonté manifeste du législateur
ou de l’autorité réglementaire d’attribuer la qualification administrative à certaines catégories de
contrats. Au Sénégal, les marchés publics, les conventions de délégation de service et les contrats
de partenariat constituent des contrats administratifs aux termes des dispositions de l’article 10
nouveau du Code des Obligations de l’Administration.

Paragraphe 2: Les contrats administratifs par nature

En dehors des hypothèses où la qualification administrative du contrat est établie par le


législateur où l’autorité réglementaire, le contrat administratif peut résulter de la réunion d’un
certains nombres de critères. Il est généralement exigé, la réunion de deux conditions pour qu’il y
est contrat administratif. Le contrat administratif repose avant tout sur un critère permanent:
c’est la présence d’une personne morale de droit public. À côté de ce critère permanent, existe
deux critères alternatifs dont l’un combiné au critère permanent suffit pour donner naissance aux
contrats administratifs. Les critères alternatifs renvoient à la notion de service public et aux
clauses contenues dans le contrat.

1/ Le critère permanent: La présence d’une personne morale de droit public

La qualification administrative d’un contrat présuppose l’existence d’une personne morale de


droit public comme partie au contrat. Donc, la convention entre deux personnes publiques
constituent un contrat administratif. À contrario, un contrat conclu entre deux personnes privées
restent en principe un contrat de droit privé sauf si l’une des personnes privées a agit pour le
compte d’une personne publique en vertu d’un mandat express ( Tribunal des conflits 8 Juillet
1963 Société entreprises prises Peyrop ) ( Le Tribunal des conflits a abandonné la jurisprudence
Peyrop dans sa décision du 9 mars 2015 R …C / Société autoroute du Sud de la France ).

2/ Les critères alternatifs

La présence d’une personne morale de droit public ne suffit pas à être seule pour imprimer au
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

contrat un caractère administratif. Il faut ensuite pouvoir déceler l’un des critères suivants

– Le critère du service public qui se dédouble en deux branches: Première branche, que le contrat
de par son objet assure la participation du cocontractant à l’exécution d’une mission de service
public( Conseil d’État 20 Avril 1956 époux Bertin); deuxième branche, que le contrat constitue
une modalité d’exécution du service public. Le service public n’est plus à la différence de
l’hypothèse précédente exécuté par le cocontractant mais par la personne publique elle-même
qui recoure au contrat pour assurer sa mission de service public ( Conseil d’État 20 Avril 1956
Consorts Grimouard).

– Le critère de l’exorbitance: Ce critère s’est dédoublé lui aussi en deux branches, selon la
première, un contrat est administratif lorsqu’il comporte une ou plusieurs clauses exorbitantes du
droit commun ( Conseil d’État 31 Juillet 1912 Société des Granits Porphyroïdes des Vosges), selon
la seconde branche, un contrat est administratif même s’il ne contient pas de clauses
exorbitantes, lorsqu’il est soumis à un régime juridique exorbitant du droit commun, lorsqu’il a
été conclu dans une ambiance de droit public ( Conseil d’État 19 Janvier 1973 société
d’exploitation électrique de la rivière du Sald).

Section 2: L’exécution des contrats administratifs

Les contrats administratifs révèlent des pouvoirs importants de l’administration. En effet, le


contrat est généralement conclu en vu de l’exécution d’une mission de service public. Il est dès
lors indispensable de lui reconnaître des pouvoirs lui permettant de faire prévaloir l’intérêt
général. Les pouvoirs exorbitants de l’administration sont nombreux et variés: c’est un pouvoir de
direction et de contrôle, de modification unilatérale, de sanction et même de résiliation
unilatérale. Il s’y ajoute, les pouvoirs reconnus à l’administration quand des faits nouveaux
surviennent. Ces faits nouveaux sont susceptibles de rompre l’équilibre originel du contrat
administratif. Ils sont au nombre de trois.

Paragraphe 1: Un pouvoir de modification unilatérale: l’aléa administratif

L’expression fait du prince renvoie à l’hypothèse d’une mesure législative ou réglementaire qui
intervient à posteriori et affecte les stipulations du contrat. Ce pouvoir de modification
unilatérale va devoir causer un préjudice direct et certain. Un acte imprévisible et imputable à
une autorité publique doit être à l’origine du préjudice ( Conseil d’État 21 mars 2010 Compagnie
générale des Tramways. NB: à travers son arrêt du 8 octobre 2014, le Conseil d’État a pour la
première fois admis une insertion dans un contrat administratif de clauses permettant aux
cocontractants de résilier unilatéralement ce contrat.
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Paragraphe 2: L’aléa économique : L’imprévision

Elle résulte d’un bouleversement de l’économie du contrat, c’est une situation imprévisible
( exemple, dépréciation monétaire ou inflation généralisée) entraînant un déficit quasi
insupportable ( Conseil d’État 30 mars 1916 gaz de Bordeaux)

paragraphe 3 : Les sujétions imprévues

Constitue une sujétion imprévue un fait matériel extérieur qui ne pouvait pas être
raisonnablement envisagé au moment de la conclusion du contrat. La sujétion imprévue entraine
une difficulté anormale d’exécution.

Quelques soient l’imprévisibilité des cas énumérés, le cocontractant est tenu d’exécuter ses
obligations contractuelles sur le fondement du principe de la continuité du service public.
Toutefois, le cocontractant a des droits qui se ramènent à l’équilibre financier du contrat qu’il
faudra rétablir. En cas d’exercice du pouvoir de modification unilatérale, il est prévu une
réparation intégrale au profit du cocontractant. L’indemnité cour aussi bien le préjudice subit que
le manque à gagner.

En cas d’imprévision, la réparation est partielle.

En cas de sujétion imprévue, il y’a réparation intégrale pour le cocontractant.

Section 3: La disparition du contrat administratif

5 situations peuvent entraîner la disparition d’un contrat administratif.

1. Le contrat prend fin lorsque les obligations des parties ont été exécutées, on parle de
réalisation de l’objet du contrat.

2. Le contrat prend fin à la survenance de son terme.

3. Les parties peuvent à tous moments mettre fin à un contrat en cour d’exécution, c’est une
résiliation conventionnelle.

4. L’administration dispose d’un pouvoir de résiliation unilatérale d’un contrat administratif. Elle
est prononcée pour faute imputable aux cocontractants ou sans faute lorsque les clauses du
contrat sont devenues inutiles et inadaptées. C’est une manifestation des prérogatives
exorbitantes du droit commun reconnues à l’administration.

5. Le contrôle peut enfin disparaître sur décisions du juge.


Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Section 4: Le contentieux des contrats administratifs

Compte tenu de la nature du litige, le contentieux des contrats administratifs peut être scindé en
deux sous ensembles.

1/ Le contentieux subjectif

Le principe étant que les effets du contrat sont limités aux parties. Ces dernières ont de tout en
étaient les seules admises au contentieux contractuel. C’est ainsi que sur saisine du cocontractant
de l’administration, le juge peut annuler un contrat sur le fondement d’une force majeure d’une
modification excessive de l’objet du contrat ou d’une faute grave de l’administration. Depuis 2007
le Conseil d’État français reconnaît aux concurrents évincés le droit de former un recours de plein
contentieux contre les marchés publics dans un délai de 2 mois à compter de la publicité de leurs
signatures( Conseil d’État 16 Juillet 2007 société Tropic travaux signalisations). Dans un arrêt
d’Assemblée du 4 Avril 2014 département du Tarn et Garonne, le Conseil d’État va plus loin et
reconnaît à tous tiers susceptibles d’être légers par le contrat, la possibilité d’agir devant le juge.

2/ Le contentieux objectif

Il existe une règle traditionnelle selon laquelle, en matière de contrat administratif, il n’est
possible d’attaquer en retour pour excès de pouvoir (REP) que les actes détachables du contrat.
Ces derniers sont les actes fortement individualisés dont l’appréciation de la légalité peut se faire
en dehors du contrat dans sa globalité ( Conseil d’État 4 Août 1905 Martin ); (Conseil d’État
Sénégal 29 Octobre 1997 société sud communication). Le droit sénégalais article 140 nouveau du
COA, donne une liste énumérative des actes détachables qui peuvent faire l’objet d’un recours
pour excès de pouvoir (REP) devant la Cour suprême. Il s’agit de l’autorisation de contracter de la
décision de contracter ou de ne pas contracter, de l’opération d’attribution et de l’approbation du
contrat. L’on a finit par admettre en France qu’un recours pour excès de pouvoir (REP) puisse être
dirigé en dehors des actes détachables contre les clauses réglementaires du contrat ( Conseil
d’État Assemblée 10 Juillet 1996 Cayzeele). À ces actes, il faut ajouter aujourd’hui, le recours
susceptible d’être formé par un tiers contre le recrutement d’un agent territorial ( Conseil d’État
30 Octobre 1998 ville de Lisieux). Le Conseil d’État après avoir considéré dans sa décision du 26
Juillet 1991 ( commune de sainte Marie) que le déféré préfectoral peut être assimilé à un REP et
revenu sur sa jurisprudence en jugeant sur ses décisions du 23 Décembre 2011 ministre de
l’intérieur de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration que le déféré
préfectoral n’est plus un recours pour excès de pouvoir mais un recours de plein contentieux.
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Deuxième partie: Le contrôle juridictionnel de


l’administration

L’administration exerce des missions d’intérêt général qui lui permette d’utiliser des procédés
exorbitant du droit commun. Le principe de légalité impose cependant à l’administration de se
conformer à la loi. Un droit de regard s’exerce sur elle. L’administration est en effet surveillée à
la fois par des juridictions, des autorités politiques ou administratives et de plus en plus par des
autorités administratives indépendantes. Le contentieux administratif se définit comme
l’ensemble des recours ouverts aux administrés pour soumettre à un juge les litiges qui les
opposent à l’administration. On distingue: le contentieux de l’excès de pouvoir et le
contentieux de pleine juridiction.

Chapitre 1: Le contentieux de l’excès de pouvoir

Le REP est un recours contentieux par lequel tout intéressé peut demander au juge compétent
d’annuler un acte administratif pour violation de la légalité. Au Sénégal le recours pour excès
de pouvoir est consacré par loi organique n2017- 09 du 17 Janvier 2017 abrogeant en
remplaçant la loi organique n2008-35 du 8 Août 2008. Avant la saisine du juge de l’excès de
pouvoir ( ou au même moment) il existe des recours à la disposition du requérant. Certains
sont facultatifs mais d’autres sont obligatoires.

Paragraphe 1: Les recours facultatifs


Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

I/ Recours gracieux et recours hiérarchique

Le requérant peut, avant d’introduire son REP, présenté dans le délai des recours contentieux,
un recours administratif ou hiérarchique. Le recours gracieux est adressé à l’auteur de la
décision, le recours hiérarchique s’adresse au supérieur de l’auteur de la décision ayant pouvoir
de réformer ou d’annuler ladite décision.

II/ Le référé administratif

En attendant la décision du juge, une procédure en référé peut être utilisée afin que des
mesures provisoires soient prises pour éviter qu’il soit porter une atteinte irréversible aux
droits ou aux biens du demandeur. Il existe trois grandes catégories de procédures de référé
devant les juridictions administratives: Les référés d’urgence de droit commun( référé
suspension, référé liberté, référé mesure utile), les référés de droit commun non conditionnés
par l’urgence( référé constat ou instruction), les référés spéciaux( référés provisions, en matière
fiscale…). La loi de 2017 sur la Cour suprême traite les principaux référés d’urgence de droit
commun en ses articles 84, 85 et 86.

Paragraphe2: Le recours préalable obligatoire

Dans certains cas, le demandeur ne peut introduire un REP qu’après avoir exercé au préalable
un recours administratif. C’est le cas dans le contentieux des délégués du personnel devant la
Cour suprême. Le recours hiérarchique auprès du ministère en charge du travail est obligatoire
pour toutes décisions de l’inspecteur du travail accordant ou refusant l’autorisation de
licenciement d’un délégué du personnel. Le requérant est tenu d’exercer le recours
administratif faute de quoi sont recours direct contre la décision de l’inspecteur du travail est
Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

déclaré irrecevable.

Section 2: Les conditions de recevabilité du REP

Les conditions sont relativement nombreuses est variés. Il importe de les regrouper en trois
rubriques. Les conditions de recevabilité tenant à la personne du requérant, les conditions
tenant à la nature de l’acte attaqué et les conditions tenant à la requête elle-même.

Paragraphe 1: Les conditions de recevabilité tenant à


la personne du requérant

Pour être recevable, il faut que le requérant ait la capacité d’agir et un intérêt à agir. La capacité
d’agir est appréciée dans les termes du droit commun. La condition relative à l’intérêt à agir
soulève plus de difficultés. La jurisprudence distingue l’intérêt à agir des personnes physiques
et l’intérêt à agir des personnes morales.

A/ L’intérêt à agir des personnes physiques


Aboubacar Le Fidèle disciple de Serigne Touba, L2

Mon contact:77 754 86 63 Droit administratif


Chargé de cours: M.C Abdoulaye Dieye

Année académique : 2021-2022

Vous aimerez peut-être aussi