Cours de Droit Administratif
Cours de Droit Administratif
Introduction
Le droit administratif constitue une branche du droit public. Il désigne l’ensemble des règles qui
constituent l’administration dans le cadre de son fonctionnement et dans ses rapports avec les
particuliers. Ces règles tiennent leurs originalités de leurs caractères dérogatoires du droit privé.
Le droit administratif se caractérise donc principalement par son objet et par les règles
particulières qui le constituent. C’est dire que toutes analyses du droit administratif passe au
alors d’administration.
Il s’agit d’autre part des organes chargés d’administrés. On se réfère alors à l’administration
en
I/ La définition organique
collectivité territoriale…)
sujets de droit et d’obligations et au sein desquels agissent des personnes physiques. Ces
renvoie à des activités exercées dans un but d’intérêt général qui peuvent le cas échéant être
prise
Elle s’intéresse à l’activité et non à ceux qui l’exercent. Cette activité a naturellement évolu
ée avec
I/L’administration centrale
des ministres.
1/ Le président de la République
Il assure des fonctions supérieurs de direction et de contrôles. Pour son action, le président de la
République s’appui sur le gouvernement, le cabinet, le secrétariat général et les autres services
des
2/ Les ministres
Le ministre a deux fonctions. D’abord, une fonction politique, c’est un collaborateur du pré
sident.
Ensuite, une fonction administrative, il est le chef du département ministériel c’est-à-dire d’un
Elle constituée par l’ensemble des services déconcentrés. La déconcentration s’analyse comme
une
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aux bénéfices d’un agent de l’État nommé par le pouvoir central et soumis au pouvoir
hiérarchique.
nommées qui exercent l’autorité de l’État au niveau local. Ces circonscriptions administratives
décentralisation technique ou par service. La décentralisation territoriale repose sur une base
géographique. Elle est opérée au profit de collectivités territoriales administrées par des autorité
s
aujourd’hui les deux ordres de collectivités décentralisées au Sénégal depuis l’entrée en vigueur
de
loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant code général des collectivités locales. À la tête de ses
Le droit administratif est né d’un principe ( le principe de la séparation des pouvoirs) et d’une
consacrent cette séparation: Il s’agit de la loi des 16-24 août 1790 et du décret du 16 fructidor an
droit ( 2 septembre 1795). Les litiges sont alors dévolus à l’administration elle-même. Le conseil
d’État, conseillé du pouvoir exécutif a alors été chargé en plus de sa fonction de préparation
des
jurisprudentiel du droit administratif découle du fait que les grands principes qui vont finalement
constitués le droit administratif général, sont nés à partir des décisions du conseil d’État mais
manière certaine quand le droit administratif est applicable et donc quand le juge administratif
est
compétent. Cette tâche a opposée à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, deux é
coles
se fondants sur deux notions fondamentales. La réponse a ces interrogations a été fourni par
une
doctrine divisée.
Pour l’école du service public qui a pour tête de fil le doyen de la faculté de droit de
Bordeaux( Léon Duguit ). Le droit administratif s’applique aux services publics. En fait, cette é
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cole
s’appuyait sur l’arrêt blanco( tribunal des conflits 8fevrier 1873) qui est à juste titre considér
ée
doyen de la faculté de Toulouse ( Maurice Hauriou) estime qu’on ne peut définir le droit
Les limites de la définition de l’école du Toulouse ont été révélés par l’apparition des services
de
été révélé par la crise de la notion de service public perceptible à travers la rupture de la
double
relation entre service public et droit administratif et entre service public et personnes publiques.
Le contexte et les conditions d’apparition de droit administratif explique ces deux caractères: Le
I/ Le caractère autonome
par l’arrêt blanco est justifiée par le fait que l’administration a une activité dédiée à l’intér
êt
général. Elle ne doit pas donc être soumise au même droit que les particuliers. Elle doit pouvoir
utiliser des procédés qui ne sont pas concevables dans les rapports de particulier en particulier.
Par exemple ( pouvoir modifier unilatéralement les clauses d’un contrat, pouvoir procéder à
des
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Le caractère jurisprudentiel provient du fait que le droit administratif n’a pu se développer que
parce que les juridictions administratives ont devant la carence du législateur déterminées
elles-mêmes ces notions fondamentales et ces règles spécifiques. Ces juridictions ont
Il est destiné à l’administration qui a pour raison d’être la satisfaction des besoins de l’intérêt
général d’agir. Pour mener à bien sa mission, à savoir assurer un bon fonctionnement des services
publics et d’exercer la police administrative( titre2), l’administration dispose des outils juridiques
que sont l’acte administratif unilatéral et le contrat( titre3). Son activité est cependant limitée par
le principe de l’égalité ( titre 1 )
Les règles de droit encadrant l’activité de l’administration que l’on qualifient souvent de sources
de la légalité administrative sont nombreuses et ont des origines variées. Par ordre décroissant
dans la hiérarchie des normes, il s’agit des sources à valeur constitutionnelle, des sources
internationales, des lois, des principes généraux du droit, des décisions juridictionnelles et les
actes administratifs( actes administratifs unilatéraux et contrats de l’administration)
Paragraphe 1 La constitution
La constitution est dans l’ordre interne, la norme suprême. Ainsi, toute l’ordre inférieur doit
respecter la norme supérieure. Le respect de la constitution s’impose à tous les organes de l’État
et notamment à toutes les autorités administratives, la cour suprême l’a constamment rappelée.
Voir cour suprême 6 Février 1974 Abdou Rahmane Cissé; cour suprême 10 Avril 2014 Gilbert
Khayat. C’est la constitution dans son ensemble qui s’impose à l’administration. Ce qui inclut le
préambule( Conseil d’État 12 Février 1960 eky et décisions du Conseil constitutionnelle du 23Juin
1993 rabat d’arrêt et du 16 décembre 1993 OHADA) et les textes anciens auxquels il fait
référence( déclaration de 1789 et de 1948, conventions 1979 et 1989…)
B/ Le droit communautaire
L’ordre juridique communautaire comprend: Les traités constitutives qui forment le droit
communautaire originaire ainsi que les actes des organes créés par ces traités qui constituent le
droit communautaire dérivé. Ce dernier est constitué:
– Des règlements qui ont une portée générale et obligatoires dans tous leurs éléments;
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–Des directives qui doivent être transposées en droit interne dans un délai bien déterminé.
–Des décisions qui ne valent que pour les destinateurs qu’elles désignent
Les lois occupent le 3ème rang dans la hiérarchie des normes. Historiquement, c’est la première
source de la légalité administrative. La méconnaissance de la loi, par un acte administratif
entraine son annulation. L’administration est également tenu de se soumettre aux règles qu’elle
édicte.Celles-ci peuvent revêtir divers formes: décrets, arrêtés, délibérations. L’administration est
enfin tenu de respecter les contrats qu’elle signe.
Elles sont constitués les principes généraux du droit et les décisions de justice
Ils sont des principes non écrits dégagés par le juge. Leur respect s’impose à l’administration.
C’est après l’arrêt aramu du 26 octobre 1945 que le Conseil d’État a pour la première fois fait
référence au pgd applicable même à l’absence de texte. Cependant bien avant, le juge s’est à
plusieurs reprises inspiré de cette notion. Il en fut dans les arrêts couidéas Conseil d’État 30
Novembre 1923«principes d’égalité des citoyens devant les charges publiques»; Trompier Gravier,
conseil d’État 5mai 1944 ( principes du respect des droits de La Défense. Aujourd’hui, il existe
même des principes généraux du droit à valeur constitutionnelle.
Elles s’expriment par le biais des arrêts et jugements rendus par les différentes juridictions. Les
décisions de justice sont revêtues de l’autorité de la chose jugée lorsqu’elles ont acquis un
caractère définitif du fait par exemple de l’épuisement ou du non usage des voies de recours.
L’administration est tenu d’exécuter les décisions de justice. Les juges en règle générale
n’appliquent que les textes existants. Toutefois, en cas d’inexistence ou d’obscurité du texte, le
juge fait œuvre constructive car il est dans l’obligation de juger s’il ne veut pas se rend coupable
de déni de justice. La légitimité des règles jurisprudentielles comme source de droit découle de
cet état de fait Conseil d’État 25 Novembre 1999 LDMPT .
Par limite du principe, il faut entendre les hypothèses dans lesquelles, l’administration peut ne
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pas respecter la légalité et n’en courir aucune sanction du juge. Ces limites peuvent être du à
l’existence de périodes de crise ou par la nature intrinsèque de l’acte.
Il peut arriver que l’autorité administrative soit confrontée à des circonstances anormalement
graves. Elle doit disposer de la faculté de se soustraire au respect des règles ordinaires qui
entraveraient son action. Dans deux arrêts heyriès Conseil d’État 28 Février 1919 et dames dol et
Laurent , le Conseil d’État a consacré l’idée selon laquelle le respect du principe de la légalité n’a
pas la même contenu dans les périodes de crise( par exemple périodes de guerre) et dans les
périodes normales
À côté de la théorie des circonstances exceptionnelles, dégagées par le juge, il existe aussi des
textes régissant des situations de crise particulièrement difficiles.
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Les régimes de l’état d’urgence et de l’état de siège sont fixés au Sénégal par l’article 69 de la
constitution et la loi n 69 29 29 Avril 1969. Le régime de l’état d’urgence conserve des hypothèses
d’atteinte grave à l’ordre public ou de calamités publiques, prononcé par décret pour une période
de 12jours( avec une prolongation possible avec le parlement) l’état d’urgence se traduit par un
renforcement des pouvoirs de police des autorités dépendants du ministre de l’intérieur. NB La
loi 2021– 18 du 19 Janvier 2021 a élargie aux situations de catastrophes naturelles et sanitaires,
la loi du 29 Avril 1969, cette loi institue le régime « de catastrophes sanitaires » qui permet de
prendre des mesures de restriction sans passer par l’état d’urgence. L’état de siège quant à lui, est
destiné à transférer l’autorité civile à l’autorité militaire pour faire face à un péril imminent
résultant par exemple une guerre étrangère ou d’une insurrection à main armée. Ce transfert est
opéré par décret pour une durée de 12 jours avec possibilité de prolongation autorisée par le
parlement.
Le principe de l’égalité selon lequel l’administration doit agir en vertu et dans le respect du droit
justifie le fait que les décisions administratives puissent faire l’objet d’un recours pour excès de
pouvoir. En principe, l’administration ne peut pas déroger aux règles de droit auxquelles elle est
soumise. Il existe cependant des exceptions qui tiennent à la nécessité pour l’administration
d’agir en toutes circonstances. Il existe des actes insusceptible de recours pour excès de pouvoir.
Un acte de gouvernement est un acte pris par les pouvoirs publics et qui est insusceptible
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d’être discuté devant le juge. Il bénéficie d’une immunité juridictionnelle absolue. Cela signifie
qu’il n’est pas possible d’intenter contre eux une action pour contester leur légalité ou pour
engager la responsabilité de l’administration. Le juge saisie se déclare incompétent. Quelques
exemples d’acte de gouvernement: La décision de convoquer l’Assemblée nationale en vue de la
déclaration du politique général du premier ministre, Cour suprême 10Janvier 2013 Modou
Diagne, la décision de recourir au référendum, Conseil d’État 4Janvier 2001 Parti socialiste et URD,
la nomination d’un membre du Conseil constitutionnel, la décision de dissoudre l’Assemblée
nationale, de promulguer la loi.
Par mesure d’ordre intérieur on entend des actes administratifs qui n’ont pas un caractère
décisoire. Ils ne font pas griefs puisque ces mesures ne portent pas atteinte à l’ordonnancement
juridique, le recours pour excès de pouvoir est irrecevables à leurs encontre . Ces mesures sont
nombreuses et variées. On distingue:
–Les circulaires: Il s’agit des circulaires non impératives. En effet, depuis sa décision du 18
décembre 2002 Duvignères. Le conseil d’État a abandonné la distinction
traditionnelle( Circulaires réglementaires et circulaires interprétatives) en opposant aujourd’hui
la circulaire impérative de celle qui ne l’est pas. En droit sénégalais, le juge se réfère au caractère
décisoire ou non de la mesure. Ainsi, dans l’affaire Djibril Ndiaye Conseil d’État 21 décembre 2000,
le juge a rappelé« qu’une circulaire du sous préfet invitant les membres d’une association à
renouveler ses instances… n’est pas un acte décisoire susceptible de recours pour excès de
pouvoir.
– Les directives et les mesures préparatoires ou indicatives sont aussi des mesures d’ordre
intérieur quant elles ne modifient pas la situation juridique des intéressés.
L’action de l’administration a pour raison d’être de satisfaire les besoins de publics. C’est cette
raison d’être qui explique les deux missions fondamentales qui lui sont confiés: d’une part,
assurer les prestations de biens et de services( cette mission renvoie à la notion de service public)
d’autre part, veiller au maintien de l’ordre public( il s’agit de la police administrative)
Le service public a été la notion centrale et fondatrice du droit administratif puisque dans son
arrêt Blanco le tribunal des conflits en faisait le critère de la compétence du juge administratif. Il
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demeure aujourd’hui la justification première de toutes activités administratives ainsi que des
moyens exceptionnels dont disposent l’administration pour mettre en œuvre ces activités.
Selon sa définition classique( forger au cour du 19ème siècle), le service est une activité d’intérêt
général, assuré par une personne publique aux moyens de procéder exorbitant du droit commun.
Cette définition se caractérise par la prééminence du critère organique. La qualification de
service public dépend en effet essentiellement de la nature juridique de l’organe qui gère
l’activité: cette organe doit être une personne publique. On parle d’âge parce qu’en ce moment le
service public est le critère de la compétence du juge administratif et le droit administratif ne
s’applique qu’aux services publics.
Ahah Cette interdiction de principe, faite aux personnes privées de gérer le service public ne
pouvait pas résister aux besoins de services publics qui a cru dans des proportions telles que les
personnes publiques se sont senti incapables d’y répondre seules. L’État a été dans l’obligation de
confier la gestion de certaines activités d’intérêt général a des personnes privées. Dans un
premier temps, le Conseil d’État va admettre que les personnes privées puissent être investi de
prérogatives de puissance publique en l’occurrence le droit d’expropriation ( Conseil d’État 20
décembre 1935 société des établissements vézia). Il finit par admettre quelques années plus tard
qu’une personne privée puisse en dehors de tous contrats de concessions, par la simple
soumission partielle à un régime de droit public, gérer un service public administratif ( Conseil
d’État 13mai 1938, caisses primaires, aides et protection. D’autres arrêts confirment cette
jurisprudence et reconnaissent à de nombreuses catégories de personnes privées la même
possibilité: Monpeurt ( Conseil d’Etat 31 Juillet 1942) Bougéne ( Conseil d’État 2 Avril 1943 )
Magnier Conseil d’État 13 Janvier 1961 ) Narcy Conseil d’État 28 Juin 1963.
I/ Le principe de continuité
Parce qu’il est créé pour répondre à un besoin reconnu et permanent du public, le service public
ne peut pas fonctionner avec des interruptions. Ce principe a justifié jusqu’en 1946 l’interdiction
en France du droit de grève dans les services publics( Conseil d’État 7Aout 1909, Winkell). Il
justifie aujourd’hui, les multiples restrictions possibles du droit de grève( Conseil d’État 7Juillet
1950 Dehaene.
Il est également appelé, principe d’adaptation du service public. Ce principe repose sur l’idée que
le service public doit être capable de s’adapter à l’évolution des besoins du public mais aussi aux
changements des techniques qui permettent de réaliser le service.
Ce principe signifie, que toutes personnes a un droit égal à l’accès aux services. Elle doit être
traitée de la même façon que tout autre usagé du service. Le principe de neutralité découle de ce
principe d’égalité. Il implique que le service public ne favorise pas une personne ou une catégorie
de personnes ou ne fonctionne pas de façon différenciée en fonction par exemple des convictions
politiques ou religieuses de ses agents ou de ses usagers.
Le mode de gestion des services publics sont divers. On peut les regrouper en deux grandes
catégories: La gestion publique des services publics et la gestion privée des services publiques.
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Parmi les modes de gestion publique, on distingue la gestion en régie et la gestion par une
personne publique spécialisée.
A/ La gestion en régie
La gestion en régie d’un service public, consiste en la prise en charge directe de son
fonctionnement par la personne publique qui l’a crée avec ses propres moyens matériels humains
et financiers. La régie ( simple par opposition à la régie intéressée) suppose que le personnel soit
constitué de fonctionnaire stricto sensu ainsi que d’agents qui bénéficient du régime de droit
public sans avoir la qualité de fonctionnaires tels que les agents contractuels.
Un établissement public est une personne publique spécialement créé pour gérer un service
public. Il dispose un patrimoine et d’un budget propre. Il peut passer des contrats et agir en
justice. Il jouit de la capacité de recevoir des dons et legs. Les établissements publics sont chargés
d’exercer à la place de l’État mais sous son contrôle une ou plusieurs activités. Ils sont soumis à
une tutelle technique ( ministre technique) et à une tutelle financière ( ministre chargé des
finances).
Dire qu’un organisme est un établissement public n’épuise pas le champ de la recherche de sa
nature juridique. Il existe en effet, plusieurs catégories d’établissements publics. Si
traditionnellement, on ne distinguait que les principaux types d’établissements publics( les
établissements publics à caractère administratif et les établissements publics à caractère
industriel et commercial) on trouve aujourd’hui au Sénégal plusieurs autres: les établissements
publics à caractère professionnel, les établissements publics à caractère scientifique et
technologique, les établissements publics de santé… Le droit applicable aux établissements
publics est variable suivant la nature juridique de l’établissement
L’agence d’exécution est une personne morale de droit public dotée d’un patrimoine et de
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moyens de gestion propre. C’est une entité administrative autonome investie d’une mission de
service public. Les agences sont créées par décret pour une durée déterminée ou indéterminée
pour mener une mission bien précise ( voir exposer des motifs de la loi n 2009-20 du 4 mai 2009).
Quelques exemples d’agence crée au Sénégal, alacim, alaq sup.
L’État peut décider de ne pas assurer lui-même l’exécution d’un service public mais la confier à
une personne privée. Au terme de l’article 10 nouveau du COA, la participation d’un
cocontractant à un service public est réalisé par voie de délégation de service public ou sur la
base d’un contrat de partenariat.
Le contrat de concession de service public se présente comme une convention par laquelle, une
personne publique ( le concédant) charge une personne privée ( le concessionnaire) de faire
fonctionner un service public à ses frais, risques et périls en se rémunérant sur les redevances
perçues sur les usagers. Le concessionnaire exploite le service public en percevant des
rémunérations des bénéficiaires du service concédé.
2/ La régie intéressée
La régie intéressée est un mode de gestion mixte de service public qui s’appuie sur le concours
extérieur d’un professionnel privé contractuellement chargé de faire fonctionner le service public
moyennant le versement d’une redevance déterminée par la personne publique qui a réalisé les
investissements initiaux.
B/ Le contrat de partenariat
Il s’agit d’un contrat par lequel, une personne publique confie à un tiers pour une période
déterminée, une mission globale comprenant le financement et la réalisation( y compris la
construction, la réhabilitation ou la transformation) d’investissements matériels ou immatériels
ainsi que leurs entretiens, leurs exportations ou leurs gestions. Le cocontractant est rémunéré à
partir d’objectifs de performance déterminée par la puissance publique.
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Au terme de l’article 2 de la loi n90 -07 du 26 Juin 1990, le secteur parapublique comprend les
établissements publics à caractère industriel et commercial, les sociétés nationales et les sociétés
anonymes à participation publique majoritaire.
La police est une activité administrative qui a pour objet de protéger l’ordre public. La police
administrative a un but préventif en ce sens qu’elle cherche à empêcher l’installation du
désordre( tribunal des conflits 7 Juin 1951 dame Loualek) elle est distincte de la police judiciaire
qui a un but répressif ( Conseil d’État 11mai 1951 Consords Beaud). Il n’est pas aisé de distinguer
clairement les deux types de police. D’abord parce qu’une opération peut se décomposer en
plusieurs phases rattachable aux deux types de police( la mise en fourrière des véhicules avec
l’enlèvement du véhicule, acte de police judiciaire qui a pour but de réprimer la violation d’une
interdiction de stationnement; ensuite parce qu’une même opération ( exemple, saisie du
journaux, contrôle d’identité sur les passants) peut revêtir selon les cas, un caractère
administratif ou judiciaire( Conseil d’État Assemblée 24Juin 1960 société Frampar)
Le droit public fait la distinction entre la police administrative générale et la police administrative
spéciale. Ces deux catégories de police ont un but commun qui est le maintien de l’ordre public
mais elle vise des éléments différents.
Pour définir l’ordre public, on recours classiquement à une trilogie, sûreté, tranquillité et salubrité
publiques. Cette trilogie classique a aujourd’hui été élargie.
A/ La trilogie classique
Par sûreté publique il faut entendre la sécurité dans la rue pour les personnes qui circulent. La
sécurité routière mais aussi la sécurité des immeubles ou la sécurité des produits que l’on
consomme. La tranquillité publique est une notion proche puisqu’il s’agit ici d’assurer une vie
paisible à tous donc à prévenir les agressions et les nuisances multiples. La lutte contre le bruit
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par exemple relève de cet objectif. Enfin la salubrité publique correspond à la notion d’hygiène
public. À ce titre sont prises des mesures d’assainissement, des mesures nécessaires à la
préservation de la qualité de l’air et de l’eau.
Comme la police administrative générale, les polices administratives spéciales sont des activités
de surveillance qui visent à maintenir la paix sociale. Mais, alors que la première remplie cette
mission en protégeant l’ordre public en général, les secondes la remplissent en régissant
certaines activités( exemple, affichages, certaines catégories d’administrer ( les étrangers), ou un
aspect déterminé de l’ordre public ( les édifices menaçant ruine )
Puisque les mesures de police sont potentiellement dangereuses pour les libertés publiques,
l’obligation de les motiver est forte. Elle est imposée en France par le législateur et par le juge au
Sénégal. Le juge sénégalais a élargi le domaine d’application de la motivation obligatoire ( Voit
affaires LD MPT. Les mesures de police sont encadrées assez strictement par les textes et sont
contrôlées par le juge.
Le juge veille à ce que les autorités de police administrative ne portent pas atteinte à l’exercice
d’une liberté publique au delà de ce qui est nécessaire. Pour le juge français( Conseil d’État 19mai
1933 Benjamin) toutes disproportions mêmes légères entrainent la censure de la mesure. Dans
bon nombre d’affaires au Sénégal ( Alune Tine ) (Cour suprême 13 Octobre 2015) Sidia Bayo
( Cour suprême 13 Janvier 2015 ), amnisty international Sénégal( Cour suprême 9 Juin 2016),
Asssane Ba ( Cour suprême 23 mai 2019 ), le juge sénégalais considère que s’il incombe à
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L’exercice du pouvoir de police est soumis à un contrôle étendu de légalité. Celle-ci est
étroitement liée à la nécessité des mesures.
Dans l’affaire Daubignac ( Conseil d’Éat 22Juin 1951) le juge rappel que les interdictions générales
et absolues sont illégales. Il rappel ainsi, les termes de l’arrêt, action française ( Conseil d’État 8
Août 1935).
Il faut noter que les mesures de police ont une rigueur variable en fonction de circonstances de
temps ou de lieu. En effet, les pouvoirs de police sont plus étendu en temps de crise ( état
d’urgence par exemple) ou en période de circonstances exceptionnelles ( épidémies ou calamités
naturelles) qu’en période normale. De même, ils sont plus étendus s’il s’agit de la voie publique
que s’il s’agit d’un domicile privé non ouvert aux publics( veiller à la tranquillité ou à la salubrité
publique) ou un lieu ouvert aux publics.
L’administration utilise deux procédés classiques, l’acte administratif unilatéral et le contrat. Ces
actes juridiques constituent des manifestations de volontés qui ont pour but de modifier l’ordre
juridique.
Une classification des actes administratifs unilatéraux peut être fondée sur la distinction acte
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réglementaire et acte non réglementaire. Elle peut aussi partir de la forme de l’acte et permettre
de distinguer décrets, arrêtés, délibérations, décisions… Elle peut enfin se fonder sur la
distinction entre les actes administratifs décisoires et les actes administratifs non décisoires.
L’acte individuel est relativement aisé à identifier. C’est un acte qui s’adresse à une personne. Il
faut noter cependant que l’acte individuel peut s’adresser à plusieurs personnes. Exemple, la liste
des candidats reçus à un concours. On considère dans ce cas qu’il s’agit d’un acte individuel pris
dans un acte collectif. La Cour suprême l’a réaffirmé dans son arrêt du 23 Septembre 2014
( affaire Bouré Diouf et autres communément appelés affaires des 690 élèves maîtres). Le juge
considère « que la décision attaquée n’est pas un acte réglementaire(… mais )plutôt une décision
individuelle prise dans un acte collectif en ce qu’elle concerne plusieurs personnes nommément
désignées.
Tous les actes administratifs ne constituent des décisions administratives. Selon une approche
classique, seuls les actes présentant un caractère décisoire peuvent être attaqués devant le juge
administratif sauf s’ils présentent le caractère d’acte de gouvernement. Pour les actes
administratifs non décisoire voire supra.
Par régime juridique, il faut entendre les règles qui s’appliquent à l’élaboration de l’acte, à son
exécution ainsi qu’à sa disparition.
Les actes administratifs unilatéraux (A A U) sont élaborés par les autorités administratives suivant
un certains nombres de règles décrites par les textes et les principes généraux du droit (P G D ).
Celles-ci englobent les règles de compétences et la procédure administrative non contentieuse.
La compétence c’est l’aptitude juridique conférée à une autorité par un titre juridique pour
prendre un acte. Elle est appréciée en fonction de trois éléments: l’élément matériel, l’élément
temporel et l’élément territorial.
Signifie qu’une autorité administrative ne puisse légalement intervenir que dans une matière qui
lui a été attribuée( Cour suprême 5 Juillet 1979 Aminata Sall
Elle veut qu’une autorité administrative ne puisse légalement intervenir qu’entre la période
comprise entre le moment de son investiture et la cessation de ces fonctions. Toutefois la
nécessité d’assurer une certaine continuité de l’action administrative peut conduire l’autorité qui
a cessé ses fonctions à prendre certaines décisions dans le but d’expliquer des affaires courantes
( Conseil d’État 4 Avril 1952, syndicat régional des quotidiens d’Algérie.
– La compétence ratione loci: Elle veut qu’une autorité administrative ne puisse légalement
intervenir que dans un champ géographique bien déterminé. Les règles normales de
compétences peuvent être aménagées par le recours à la technique des délégations.
– La délégation de pouvoirs: C’est une technique administrative par laquelle, une autorité
administrative supérieure confère à une autorité administrative inférieure un pouvoir de décision.
Dans ce cadre, l’autorité déléguante se dessaisie pour les matières déléguées tant que dur l’acte
de délégation
du déléguante.
L’acte administratif pour être valable doit, en vertu du principe de légalité respecté certaines
règles de forme et de procédure.
Elles sont variées et ne présentent pas la même importance. Certaines sont qualifiées de
substantielles, ce sont les règles dont la violation entraine l’illégalité de l’acte. Exemple (signature,
contreseing) d’autres sont dites accessoires parce qu’au contraire leur violation n’affecte pas la
légalité de l’acte( exemple, les visas ), d’autres enfin sont tantôt substantielles, tantôt
accessoires( l’écrit ou la motivation qui ne sont obligatoires que si un texte l’exige. La motivation
c’est l’inscription des motifs dans la décision même. On dit d’un acte qu’il est motivé lorsque la
simple lecture de la décision renseigne sur les raisons de droit et de faite qui ont amené l’autorité
administrative à prendre cette décision.
a/ La procédure consultative
L’acte administratif avant d’être pris, peut être précédé de la consultation d’un organisme appelé
à émettre un avis sur la décision à prendre. La demande d’avis peut être soit facultative, soit
obligatoire. Quand la demande d’avis est facultative, l’administration n’est pas obligé de le
solliciter encore moins de le suivre. L’avis obligatoire demandé peut être soit conforme, soit non
conforme. Quand l’avis est conforme, l’administration est non seulement tenue de le prendre
mais est également tenue de suivre l’avis de l’organe consulté. L’organisme appelé à émettre un
avis doit être régulièrement constitué ( Cour suprême 22mars 2012 Mame Thierno Diéne ).
b/ La procédure contradictoire
Elle permet à la personne préalablement à la décision de présenter ses observations. Dans son
arrêt du 23 Septembre 2014, la cour suprême considère que la décision du ministre de
l’éducation nationale « ne pouvait, sans violation du principe général des droits de la défence
être prise sans que les élèves- maître incriminés est été mis à même de ce défendre». Le juge
estime que le droit à été violé.
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Si l’acte administratif existe dès sa signature, il n’est opposable aux administrés qu’après
l’accomplissement des formalités de la publicité. Il y’a deux modalités de publicité: La notification
utilisée pour les actes administratifs individuels et la publication au journal officiel ou sur support
électronique utilisé pour les actes réglementaires. NB: Voir article 3 et suivante de la loi n2021–
21. Il y’a des actes administratifs qui doivent faire l’objet à la fois d’une notification aux intéressés
mais aussi une publication pour les tiers. Il en est ainsi de l’affection ou la désaffection d’une
terre du domaine national.
1/ Le privilège du préalable
Le privilège du préalable signifie que les décisions administratives sont présumées régulières et
produisent leurs effets tant qu’elles n’ont pas été déclarées nul par le juge. Autrement dit,
l’introduction d’un recours pour excès de pouvoir ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision
administrative. C’est ce que le juge a confirmé dans l’affaire ayant opposé Thierno Mamadou
Kane et 9 autres à l’État du Sénégal( Voir Cour suprême 12 Avril 2012 ). Ce privilège peut être
remis en cause en cas de recours contre une déclaration d’utilité publique, une expulsion
d’étrangers, une extradition ou un recours portant sur l’élection au Conseil municipal ou au
Conseil départemental ou en cas de suspension de l’exécution d’une décision ou de certains de
ses effets ordonnés par le juge des référés. Il existe aujourd’hui dans le droit sénégalais, en plus
du référé suspension, le référé liberté ( article 85 de la loi n° 2017-09 sur la Cour suprême), le
référé mesure utile ( article 86 ).
Pour que le juge ordonne une suspension de l’exécution d’une mesure administrative, il faut que
l’urgence le justifie et qu’un doute sérieux existe quant à la légalité de la décision.
2/ L’exécution forcée
À la question de savoir si l’administration peut recourir à la force pour obtenir l’exécution de ses
décisions, la jurisprudence administrative considère que l’administration ne peut pas se faire
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La disparition de l’acte administratif peut résulter de son annulation pour illégalité par le juge de
l’excès de pouvoir, de la survenance du terme exprimé dans l’acte, du décès du destinateur… Elle
peut aussi résulter de la volonté de l’administration qui peut provoquer la disparition d’un acte
de l’ordre juridique par deux moyens: l’abrogation qui ne fait disparaître les effets de l’acte que
pour l’avenir; le retrait qui entraine la disparition rétroactive des effets de l’acte.
A/ L’abrogation
– L’abrogation des actes réguliers: il y’a lieu de faire une distinction entre les décisions
réglementaires et les décisions individuelles. L’abrogation d’une décision réglementaire est
toujours possible. C’est là une conséquence du principe de mutabilité. Pour les actes individuels,
il faut voir si l’acte à créer des droits ou n’a pas créé de droit.
. Si l’acte a créé des droits, l’abrogation est en principe impossible. Elle est envisageable que dans
deux hypothèses identifiées par le juge: soit lorsque le titulaire des droits en a fait la
demande( Conseil d’État 30 Juin 2006 société 9 télécoms) ; soit dans les cas et aux conditions
prévues par les textes ( Conseil d’État 6 Novembre 2002 madame soulier) par exemple la
nomination régulière d’un fonctionnaire ne peut être abrogée que dans des hypothèses et selon
des procédures précises prévues par le statut général des fonctionnaires.
. Si l’acte n’a pas créé de droit, l’abrogation est une faculté que l’administration peut utiliser à tout
le moment en tout état de cause, le juge français estime depuis 2009 dans un souci de sécurité
juridique que« l’administration ne peut … abrogée une décision express individuelle créatrice de
droit que dans le délai de 4 mois suivant l’intervention de cette décision et si elle est illégale
( Conseil d’État 6 mars 2009 Coulibaly)
– L’abrogation des actes irréguliers qu’ils soient créateurs de droit ou non, l’administration a
l’obligation d’abroger des actes devenus illégaux du fait d’un changement de droit ou de
circonstances ( Conseil d’État 10 janvier 1930 Despujol ).
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B/ Le retrait
H L’administration peut s’être trompée. Elle doit alors être en mesure de mettre fin elle-même à
la situation ainsi créée. En même temps cette volonté de rétablir la légalité ne doit pas se faire au
détriment des droits acquis par les administrés. Il faut distinguer selon que l’acte est régulier ou
irrégulier.
– Le retrait des actes réguliers: lorsque l’acte est régulier mais n’a créé aucun droit, le retrait est
possible à tous moments sans conditions: C’est le cas des actes obtenus par fraude de
l’administrée( voir Conseil d’État 17 Juin 1955 Silberstein; Conseil d’État 29 Novembre 2002
assistance publique des hôpitaux de Marseille)
Lorsque l’acte est régulier et à créé des droits, le retrait est impossible. Cependant, l’acte régulier
créateur de droit au profit de son destinataire ( autorisation, nomination…) ou même de tiers,
peut-être retiré sur le fondement d’une disposition législative ou réglementaire, en application
d’une décision de justice ou lorsque le retrait est demandé par l’intéressé lui-même.
– Le retrait des actes irréguliers: l’acte irrégulier non créateur de droit peut être retiré à tous
moments sans conditions. Pour les actes individuels irréguliers créateurs de droit, la règle
traditionnelle provenait de l’arrêt Dame Cachet ( Conseil d’État 3 Novembre 1922 ) selon lequel,
l’administration pouvait retirer l’acte illégal tant que le juge de l’excès de pouvoir était compétent
pour l’annuler ( C’est-à-dire dans les deux mois à partir de la publicité de l’acte).
Depuis l’arrêt Thernon ( Conseil d’État Assemblée 26 Octobre 2001) le retrait est possible dans le
délai de 4mois à partir de la date d’ediction de la décision. Au Sénégal, il n’y a pas eu de
dissociation entre les délais du recours et du retrait. Cf,(Cour suprême 19 Avril 1967, Samba Cor
Sarr ).
Contrairement au contrat aux contrats de droit privé fondés sur le principe de l’égalité des parties
contractantes. Les contrats administratifs mettent en œuvre un but d’intérêt général et son
soumis à un régime exorbitant du droit commun. Se pose alors la question de savoir à quelles
signes reconnaît-on un contrat est administratif. Autrement dit, quelles sont les critères du
contrat administratif.
Dans certains cas, les textes tranchent expressément la question de savoir, est-ce un contrat
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administratif. En effet, la loi ou le règlement peut à tous moments attribuer la qualité de contrat
administratif à une catégorie de conventions auxquelles, une personne morale de droit public est
partie. En dehors de ses contrats, appelés contrats administratifs par détermination de la loi.
C’est la jurisprudence qui, en France a dû s’efforcer de résoudre le problème et de définir les
critères des contrats administratifs par nature. C’est cette jurisprudence qui a été codifiée au
Sénégal.
Le contrat administratif par détermination de la loi, résulte d’une volonté manifeste du législateur
ou de l’autorité réglementaire d’attribuer la qualification administrative à certaines catégories de
contrats. Au Sénégal, les marchés publics, les conventions de délégation de service et les contrats
de partenariat constituent des contrats administratifs aux termes des dispositions de l’article 10
nouveau du Code des Obligations de l’Administration.
La présence d’une personne morale de droit public ne suffit pas à être seule pour imprimer au
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contrat un caractère administratif. Il faut ensuite pouvoir déceler l’un des critères suivants
– Le critère du service public qui se dédouble en deux branches: Première branche, que le contrat
de par son objet assure la participation du cocontractant à l’exécution d’une mission de service
public( Conseil d’État 20 Avril 1956 époux Bertin); deuxième branche, que le contrat constitue
une modalité d’exécution du service public. Le service public n’est plus à la différence de
l’hypothèse précédente exécuté par le cocontractant mais par la personne publique elle-même
qui recoure au contrat pour assurer sa mission de service public ( Conseil d’État 20 Avril 1956
Consorts Grimouard).
– Le critère de l’exorbitance: Ce critère s’est dédoublé lui aussi en deux branches, selon la
première, un contrat est administratif lorsqu’il comporte une ou plusieurs clauses exorbitantes du
droit commun ( Conseil d’État 31 Juillet 1912 Société des Granits Porphyroïdes des Vosges), selon
la seconde branche, un contrat est administratif même s’il ne contient pas de clauses
exorbitantes, lorsqu’il est soumis à un régime juridique exorbitant du droit commun, lorsqu’il a
été conclu dans une ambiance de droit public ( Conseil d’État 19 Janvier 1973 société
d’exploitation électrique de la rivière du Sald).
L’expression fait du prince renvoie à l’hypothèse d’une mesure législative ou réglementaire qui
intervient à posteriori et affecte les stipulations du contrat. Ce pouvoir de modification
unilatérale va devoir causer un préjudice direct et certain. Un acte imprévisible et imputable à
une autorité publique doit être à l’origine du préjudice ( Conseil d’État 21 mars 2010 Compagnie
générale des Tramways. NB: à travers son arrêt du 8 octobre 2014, le Conseil d’État a pour la
première fois admis une insertion dans un contrat administratif de clauses permettant aux
cocontractants de résilier unilatéralement ce contrat.
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Elle résulte d’un bouleversement de l’économie du contrat, c’est une situation imprévisible
( exemple, dépréciation monétaire ou inflation généralisée) entraînant un déficit quasi
insupportable ( Conseil d’État 30 mars 1916 gaz de Bordeaux)
Constitue une sujétion imprévue un fait matériel extérieur qui ne pouvait pas être
raisonnablement envisagé au moment de la conclusion du contrat. La sujétion imprévue entraine
une difficulté anormale d’exécution.
Quelques soient l’imprévisibilité des cas énumérés, le cocontractant est tenu d’exécuter ses
obligations contractuelles sur le fondement du principe de la continuité du service public.
Toutefois, le cocontractant a des droits qui se ramènent à l’équilibre financier du contrat qu’il
faudra rétablir. En cas d’exercice du pouvoir de modification unilatérale, il est prévu une
réparation intégrale au profit du cocontractant. L’indemnité cour aussi bien le préjudice subit que
le manque à gagner.
1. Le contrat prend fin lorsque les obligations des parties ont été exécutées, on parle de
réalisation de l’objet du contrat.
3. Les parties peuvent à tous moments mettre fin à un contrat en cour d’exécution, c’est une
résiliation conventionnelle.
4. L’administration dispose d’un pouvoir de résiliation unilatérale d’un contrat administratif. Elle
est prononcée pour faute imputable aux cocontractants ou sans faute lorsque les clauses du
contrat sont devenues inutiles et inadaptées. C’est une manifestation des prérogatives
exorbitantes du droit commun reconnues à l’administration.
Compte tenu de la nature du litige, le contentieux des contrats administratifs peut être scindé en
deux sous ensembles.
1/ Le contentieux subjectif
Le principe étant que les effets du contrat sont limités aux parties. Ces dernières ont de tout en
étaient les seules admises au contentieux contractuel. C’est ainsi que sur saisine du cocontractant
de l’administration, le juge peut annuler un contrat sur le fondement d’une force majeure d’une
modification excessive de l’objet du contrat ou d’une faute grave de l’administration. Depuis 2007
le Conseil d’État français reconnaît aux concurrents évincés le droit de former un recours de plein
contentieux contre les marchés publics dans un délai de 2 mois à compter de la publicité de leurs
signatures( Conseil d’État 16 Juillet 2007 société Tropic travaux signalisations). Dans un arrêt
d’Assemblée du 4 Avril 2014 département du Tarn et Garonne, le Conseil d’État va plus loin et
reconnaît à tous tiers susceptibles d’être légers par le contrat, la possibilité d’agir devant le juge.
2/ Le contentieux objectif
Il existe une règle traditionnelle selon laquelle, en matière de contrat administratif, il n’est
possible d’attaquer en retour pour excès de pouvoir (REP) que les actes détachables du contrat.
Ces derniers sont les actes fortement individualisés dont l’appréciation de la légalité peut se faire
en dehors du contrat dans sa globalité ( Conseil d’État 4 Août 1905 Martin ); (Conseil d’État
Sénégal 29 Octobre 1997 société sud communication). Le droit sénégalais article 140 nouveau du
COA, donne une liste énumérative des actes détachables qui peuvent faire l’objet d’un recours
pour excès de pouvoir (REP) devant la Cour suprême. Il s’agit de l’autorisation de contracter de la
décision de contracter ou de ne pas contracter, de l’opération d’attribution et de l’approbation du
contrat. L’on a finit par admettre en France qu’un recours pour excès de pouvoir (REP) puisse être
dirigé en dehors des actes détachables contre les clauses réglementaires du contrat ( Conseil
d’État Assemblée 10 Juillet 1996 Cayzeele). À ces actes, il faut ajouter aujourd’hui, le recours
susceptible d’être formé par un tiers contre le recrutement d’un agent territorial ( Conseil d’État
30 Octobre 1998 ville de Lisieux). Le Conseil d’État après avoir considéré dans sa décision du 26
Juillet 1991 ( commune de sainte Marie) que le déféré préfectoral peut être assimilé à un REP et
revenu sur sa jurisprudence en jugeant sur ses décisions du 23 Décembre 2011 ministre de
l’intérieur de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration que le déféré
préfectoral n’est plus un recours pour excès de pouvoir mais un recours de plein contentieux.
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L’administration exerce des missions d’intérêt général qui lui permette d’utiliser des procédés
exorbitant du droit commun. Le principe de légalité impose cependant à l’administration de se
conformer à la loi. Un droit de regard s’exerce sur elle. L’administration est en effet surveillée à
la fois par des juridictions, des autorités politiques ou administratives et de plus en plus par des
autorités administratives indépendantes. Le contentieux administratif se définit comme
l’ensemble des recours ouverts aux administrés pour soumettre à un juge les litiges qui les
opposent à l’administration. On distingue: le contentieux de l’excès de pouvoir et le
contentieux de pleine juridiction.
Le REP est un recours contentieux par lequel tout intéressé peut demander au juge compétent
d’annuler un acte administratif pour violation de la légalité. Au Sénégal le recours pour excès
de pouvoir est consacré par loi organique n2017- 09 du 17 Janvier 2017 abrogeant en
remplaçant la loi organique n2008-35 du 8 Août 2008. Avant la saisine du juge de l’excès de
pouvoir ( ou au même moment) il existe des recours à la disposition du requérant. Certains
sont facultatifs mais d’autres sont obligatoires.
Le requérant peut, avant d’introduire son REP, présenté dans le délai des recours contentieux,
un recours administratif ou hiérarchique. Le recours gracieux est adressé à l’auteur de la
décision, le recours hiérarchique s’adresse au supérieur de l’auteur de la décision ayant pouvoir
de réformer ou d’annuler ladite décision.
En attendant la décision du juge, une procédure en référé peut être utilisée afin que des
mesures provisoires soient prises pour éviter qu’il soit porter une atteinte irréversible aux
droits ou aux biens du demandeur. Il existe trois grandes catégories de procédures de référé
devant les juridictions administratives: Les référés d’urgence de droit commun( référé
suspension, référé liberté, référé mesure utile), les référés de droit commun non conditionnés
par l’urgence( référé constat ou instruction), les référés spéciaux( référés provisions, en matière
fiscale…). La loi de 2017 sur la Cour suprême traite les principaux référés d’urgence de droit
commun en ses articles 84, 85 et 86.
Dans certains cas, le demandeur ne peut introduire un REP qu’après avoir exercé au préalable
un recours administratif. C’est le cas dans le contentieux des délégués du personnel devant la
Cour suprême. Le recours hiérarchique auprès du ministère en charge du travail est obligatoire
pour toutes décisions de l’inspecteur du travail accordant ou refusant l’autorisation de
licenciement d’un délégué du personnel. Le requérant est tenu d’exercer le recours
administratif faute de quoi sont recours direct contre la décision de l’inspecteur du travail est
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déclaré irrecevable.
Les conditions sont relativement nombreuses est variés. Il importe de les regrouper en trois
rubriques. Les conditions de recevabilité tenant à la personne du requérant, les conditions
tenant à la nature de l’acte attaqué et les conditions tenant à la requête elle-même.
Pour être recevable, il faut que le requérant ait la capacité d’agir et un intérêt à agir. La capacité
d’agir est appréciée dans les termes du droit commun. La condition relative à l’intérêt à agir
soulève plus de difficultés. La jurisprudence distingue l’intérêt à agir des personnes physiques
et l’intérêt à agir des personnes morales.