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Cours d'Algèbre et Arithmétique 2020

Ce document présente un cours sur l'arithmétique dans les entiers, incluant des concepts tels que la divisibilité, le plus grand commun diviseur, et l'algorithme d'Euclide. Il aborde également des notions avancées comme les équations diophantiennes et les congruences. Le contenu est structuré en chapitres avec des définitions, théorèmes et exercices pour illustrer les concepts mathématiques discutés.

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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Algèbre et Arithmétique

Université libanaise

Ali Ayad
Professeur assistant à l’université libanaise - Section 1
[Link]@[Link]

Cours & Exercices proposés


2020
Algèbre et Arithmétique

c Tous droits reservés


2020

c Ali Ayad page 2


Table des matières

1 Arithmétique dans Z 4
1.1 Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Plus grand commun diviseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.3 Algorithme d’Euclide étendu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.4 Entiers premiers entre eux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.5 Plus petit commun multiple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Décomposition en facteurs premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Théorème fondamental de l’arithmétique . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 L’équation Diophantienne ax + by = c . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Congruences modulo un entier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Inversibles modulo un entier naturel n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.6 L’équation de congruence ax ≡ b (mod n) . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.7 Le petit théorème de Fermat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

3
Chapitre 1

Arithmétique dans Z

1.1 Divisibilité
1.1.1 Définitions et propriétés
Définition 1.1.1 Soient a, b ∈ Z.
1) On dit que a divise b et on écrit a | b s’il existe c ∈ Z tel que b = ac. Dans ce cas,
on dit que b est divisible par a ou que b est un multiple de a, on dit aussi que a est
un diviseur de b. Si a ne divise pas b, alors on écrit a - b.
2) Soit k ∈ N. On dit que ak divise exactement b, et on écrit ak k b si ak divise b et
ak+1 ne divise pas b, i.e., k est le plus grand entier naturel tel que ak divise b.

Exemple 1.1.1
1) 42 divise le nombre 630 car 630 = 42 × 15.
2) Le nombre 14 est divisible par 1, 2, 7, 14, −1, −2, −7 et −14.
3) Le nombre 0 est divisible par tout entier. Le nombre 1 n’est divisible que par 1 et −1.
4) 33 k 540.

Proposition 1.1.1 Si a, b, c ∈ Z, alors


1) a | a.
2) Si a | b et b | a, alors a = ±b.
3) Si a | b et b | c, alors a | c.
4) Si a | b, alors a | bc.
5) Si a | b et a | c, alors a | ub + vc pour tous u, v ∈ Z.

Preuve Exercice. 2

4
Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Remarque 1.1.1
1) Tout entier a est divisible par ±1 et ±a qu’on les appelle les diviseurs triviaux de
a. Un diviseur de a est dit propre s’il est différent de ±1 et de ±a. Par exemple, les
diviseurs propres de 12 sont ±2, ±3, ±4 et ±6. Le nombre 19 n’a pas de diviseurs
propres.
2) Si a divise b et b 6= 0, alors |a| ≤ |b| et si a est un diviseur propre de b, alors
1 < |a| < |b|.

Théorème 1.1.1 (Division Euclidienne dans Z)


Pour tout couple d’entiers (a, b) ∈ Z × Z tel que b 6= 0, il existe un et un seul couple
d’entiers (q, r) ∈ Z × Z tel que a = bq + r avec 0 ≤ r < |b|. On appelle q le quotient
et r le reste de la division euclidienne de a par b dans Z.

Exemple 1.1.2
1) Si a = 35 et b = 8, la relation 35 = 4 × 8 + 3 est une division euclidienne dans N.
2) Si a = −35 et b = 8, la relation −35 = (−4) × 8 + (−3) n’est pas une division
euclidienne dans Z car le reste d’une division euclidienne doit être positif ou nul. Par
contre, l’écriture −35 = (−5) × 8 + 5 est bien une division euclidienne dans Z.
3) Si a = −35 et b = −8, la relation −35 = 5(−8) + 5 est une division euclidienne
dans Z.

1.1.2 Plus grand commun diviseur


Définition 1.1.2 Soient a et b deux entiers de Z tels que (a, b) 6= (0, 0). On dit qu’un
entier d est un plus grand commun diviseur (pgcd) de a et b si les deux conditions suiv-
antes sont vérifiées :
i) d divise a et d divise b, i.e., d est un diviseur commun de a et b.
ii) si c ∈ Z tel que c divise a et c divise b, alors c divise d.

Remarque 1.1.2
1) Si d1 et d2 sont deux pgcd de a et b, alors d1 = ±d2 , donc l’un d’eux est positif
et l’autre est négatif, celui qui est positif s’appelle le plus grand commun diviseur de
a et b, il est noté par pgcd(a, b) ou a ∧ b.
2) Si a = b = 0, alors on pose pgcd(a, b) = 0.

c Ali Ayad page 5


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Théorème 1.1.2 (Algorithme d’Euclide)


Si a, b ∈ Z tels que b 6= 0, alors a et b possèdent un pgcd. Plus précisement, on pose
r0 = a et r1 = b et, pour tout k ≥ 2, rk est le reste de la division euclidienne de rk−2
par rk−1 , alors la suite d’entiers (rk )k≥0 se termine, i.e., il existe N ∈ N tel que

rN +1 = 0 et rk 6= 0, ∀ 0 ≤ k ≤ N.

De plus, rN est le pgcd de a et b, i.e., rN = a ∧ b.

Proposition 1.1.2 Soit a, b ∈ Z tels que (a, b) 6= (0, 0). Si d = a ∧ b, alors il existe
u, v ∈ Z tels que d = ua + vb.

Remarque 1.1.3 Soit a, b ∈ Z tels que (a, b) 6= (0, 0).


1) Si d = a ∧ b, alors les entiers u et v (proposition 1.1.2) tels que d = ua + vb ne
sont pas uniques. Par exemple, 35 ∧ 497 = 7 avec

7 = (−14)(35) + (1)(497) = (57)(35) + (−4)(497).

2) La réciproque de la proposition 1.1.2 n’est pas vraie en général, i.e., s’il existe
u, v ∈ Z tels que d = ua + vb, alors d n’est pas nécessairement un pgcd de a et
b. Par exemple, 8 = (−2)(3) + (2)(7), mais 8 n’est pas un pgcd de 3 et 7 car
3 ∧ 7 = 1. Par contre, si d est un diviseur commun de a et b et s’il existe u, v ∈ Z
tels que d = ua + vb, alors d est un pgcd de a et b. En effet, si c ∈ Z est un
diviseur commun de a et b, alors c divise ua + vb, donc c divise d. Ainsi d est un
pgcd de a et b.

1.1.3 Algorithme d’Euclide étendu


Le théorème suivant donne une méthode calculatoire pour trouver des entiers u, v ∈ Z
tels que a ∧ b = ua + vb (où a, b ∈ Z tels que a ≥ b > 0).

Théorème 1.1.3 (Algorithme d’Euclide étendu)


Soit d = a ∧ b où a, b ∈ Z tels que a ≥ b > 0. On pose r0 = a et r1 = b et, pour tout
k ≥ 2, rk et qk−1 sont le reste et le quotient de la division euclidienne de rk−2 par rk−1
respectivement. Soit N ∈ N tel que rN = d (proposition 1.1.2). On construit par marche
inverse la suite d’entiers yN , yN −1 , . . . , y1 , y0 par yN = 0, yN −1 = 1 et

yk−1 = qk yk + yk+1 , ∀ 1 ≤ k ≤ N − 1.

Alors, pour tout 1 ≤ k ≤ N ,

d = (−1)N +k+1 rk−1 yk + (−1)N +k rk yk−1 .

c Ali Ayad page 6


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

En particulier, pour k = 1, on obtient d = ua + vb avec

u = (−1)N y1 et v = (−1)N +1 y0 .

Remarque 1.1.4 En pratique, l’algorithme d’Euclide étendu se présente sous forme d’un
tableau à trois colonnes :
– Dans la première colonne, on place les restes rk .
– Dans la deuxième colonne, on place les quotients qk à partir de la deuxième ligne.
– Dans la troisième colonne, on place les yk en procédant de bas en haut en ignorant
la dernière ligne contenant le reste 0 et en mettant 0 et 1 sur les précédentes
respectivement.

Restes Quotients y
r0 − y0
r1 q1 y1
r2 q2 y2
.. .. ..
. . .
rk qk yk
.. .. ..
. . .
rN −1 qN −1 1
rN qN 0
0 − −

Exemple 1.1.3
1) Soit a = 187 et b = 132.

Restes Quotients y
187 − 7
132 1 5
55 2 2
22 2 1
11 2 0
0 − −

Donc a ∧ b = 11 = ua + vb avec u = 5 et v = −7.


2) Si a = −187 et b = 132, alors

a ∧ b = 11 = (−5)a + (−7)b.

c Ali Ayad page 7


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

1.1.4 Entiers premiers entre eux


Définition 1.1.3 Soit a, b ∈ Z tels que (a, b) 6= (0, 0). On dit que a et b sont premiers
entre eux (ou que a est premier avec b) si 1 est un pgcd de a et b.

Lemme 1.1.1 (Lemme de Bézout)


Soit a, b ∈ Z tels que (a, b) 6= (0, 0). Alors a et b sont premiers entre eux si et seulement
s’il existe u, v ∈ Z tels que 1 = ua + vb.

Preuve
C.N. Si a et b sont premiers entre eux, alors 1 = a ∧ b, et donc il existe u, v ∈ Z tels
que 1 = ua + vb d’après le théorème 1.1.2.
C.S. Supposons qu’il existe u, v ∈ Z tel que 1 = ua + vb. Soit d = a ∧ b, alors d divise
a et d divise b, donc d divise ua + vb = 1, mais d > 0, alors d = 1. Ainsi a et b sont
premiers entre eux. 2

Proposition 1.1.3 Soit a, b ∈ Z tels que (a, b) 6= (0, 0).


a b
1) Si d = a ∧ b, alors ad ∧ db = 1, i.e.,
 
et sont premiers entre eux.
d d
2) Si d ∈ N∗ est un diviseur commun de a et b tel que ad ∧ db = 1, alors a ∧ b = d.
 

Preuve
1) Soit a0 = ad ∈ Z et b0 = db ∈ Z, alors a = a0 d et b = b0 d. Comme d = a ∧ b,
alors il existe u, v ∈ Z tels que d = ua + vb. Donc

d = ua + vb = ua0 d + vb0 d = (ua0 + vb0 )d.

Mais d 6= 0, alors 1 = ua0 + vb0 , donc, d’après le lemme de Bézout,


   
a b
∧ = a0 ∧ b0 = 1
d d

2) Si ad ∧ db = 1, alors il existe u, v ∈ Z tels que


 

   
a b
1=u +v .
d d
Donc d = ua + vb. De plus, comme d est un diviseur commun de a et b, alors
a ∧ b = d. 2

Proposition 1.1.4 Soit m, n ∈ N∗ deux entiers premiers entre eux et a ∈ Z un entier


tels que m divise a et n divise a, alors mn divise a.

c Ali Ayad page 8


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Preuve Puisque m divise a et n divise a, alors il existe α, β ∈ Z tels que a = αm


et a = βn. Comme m et n sont premiers entre eux, alors il existe u, v ∈ Z tels que
1 = um + vn. Donc

a = 1.a = (um + vn)a = uma + vna


= um(βn) + vn(αm) = (uβ + vα)mn,

avec uβ + vα ∈ Z. Ainsi mn divise a. 2

Lemme 1.1.2 (Lemme de Gauss)


Soit a, b, c ∈ Z − {0}. Si a divise bc et a est premier avec b, alors a divise c.

Preuve Comme a est premier avec b, alors il existe u, v ∈ Z tels que 1 = ua + vb.
En multipliant cette égalité par c, on obtient c = uac + vbc. Puisque a divise bc et a
divise uac, alors a divise uac + vbc, ainsi a divise c. 2

1.1.5 Plus petit commun multiple


Définition 1.1.4 Soit a, b ∈ Z deux entiers non nuls. On dit qu’un entier m est un plus
petit commun multiple (ppcm) de a et b si les deux conditions suivantes sont vérifiées :
i) m est un multiple commun de a et b.
ii) si c ∈ Z − {0} est un multiple commun de a et b, alors c est un multiple de m.

Remarque 1.1.5 Si m1 et m2 sont deux ppcm de a et b, alors m1 = ±m2 , donc l’un


d’eux est positif et l’autre est négatif, celui qui est positif s’appelle le plus petit commun
multiple de a et b, il est noté par ppcm(a, b) ou a ∨ b.

Théorème 1.1.4 Soit a, b ∈ Z − {0}. Si d = a ∧ b et m = a ∨ b, alors

md = |ab|.

1.2 Décomposition en facteurs premiers


1.2.1 Nombres premiers
Définition 1.2.1 Un nombre premier est un entier p ≥ 2, dont ses seuls diviseurs
positifs sont 1 et p lui-même. Un entier n ≥ 2 est dit composé s’il n’est pas premier.

c Ali Ayad page 9


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Remarque 1.2.1 Un entier p ≥ 2 est premier si et seulement si, pour tous a, b ∈ N,


la relation p = ab implique a = 1 ou b = 1. Les nombres 2, 3, 5, 7, 11, . . . , 2003, . . .
sont premiers, et les nombres 4, 6, 8, 9, 10, . . . , 2005, . . . sont composés.

Proposition 1.2.1 Si p est un nombre premier et a ∈ Z, alors p divise a ou p est


premier avec a.
Preuve Soit d = p ∧ a. Puisque p est premier et d est un diviseur positif de p, alors
d = 1 ou d = p. Si d = 1, alors p et a sont premiers entre eux, et si d = p, alors p
divise a. 2

1.2.2 Théorème fondamental de l’arithmétique


Lemme 1.2.1 (Lemme d’Euclide)
Soit a, b ∈ Z et p un nombre premier. Si p divise ab, alors p divise a ou p divise b.
Preuve Si p ne divise pas a, alors p est premier avec a par la proposition 1.2.1. Donc p
divise ab et p est premier avec a, ainsi p divise b par le lemme de Gauss. 2

Proposition 1.2.2 Tout entier n ≥ 2 est divisible par un nombre premier. Plus
précisement, le plus petit diviseur positif p ≥ 2 de n est premier.
x Preuve Soit n un entier tel que n ≥ 2. Notons Bn l’ensemble des diviseurs positifs d
de n tel que d ≥ 2, i.e.,
n o
Bn = d ∈ N, d | n et d ≥ 2 .
Il est clair que n ∈ Bn , donc Bn est une partie non vide de N. Il s’ensuit que Bn possède
un plus petit élément p. Montrons que p est un nombre premier. En effet, si p n’est pas
premier, alors p admet un diviseur propre positif k (i.e., 2 ≤ k < p). Comme k divise p
et p divise n, alors k divise n, et par suite k ∈ Bn , donc p ≤ k car p est le plus petit
élément de Bn , ainsi k < p ≤ k, ce qui est impossible. D’où p est un diviseur premier
de n. 2

Proposition 1.2.3
√ Si n ≥ 2 est un entier composé, alors n admet un diviseur premier
p tel que p ≤ n.
Preuve Soit p le plus petit diviseur premier de n (proposition 1.2.2). Puisque n est
composé, alors il existe un entier k ≥ 2 tel que n = pk, l’entier k admet un diviseur
premier q qui est aussi un diviseur premier de n. Donc p ≤ q ≤ k, et par suite
p2 ≤ pq ≤ pk = n.

Ainsi p ≤ n. 2

c Ali Ayad page 10


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Remarque 1.2.2 D’après la proposition√1.2.3, tout entier naturel n ≥ 2,


Q qui n’est pas
divisible par aucun nombre premier p ≤ n, est premier. Désignons par p le produit

p≤ n

de tous les nombres premiers inférieurs ou égaux à n. Ainsi un nombre n ≥ 2 est
premier si et seulement si  
Y
pgcd n, p = 1.

p≤ n

Dépuis Euclide, on sait que l’ensemble P des nombres premiers est infini.

P = {2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, . . . , 219937 − 1, . . .}.

Proposition 1.2.4 (Euclide)


Il existe une infinité de nombres premiers.

Preuve Supposons, par l’absurde, que l’ensemble des nombres premiers est fini et notons
par p1 , . . . , pr tous les nombres premiers. Soit n = p1 · · · pn + 1 ∈ N∗ , alors, d’après la
proposition 1.2.2, il existe un nombre premier pi qui divise n pour un certain 1 ≤ i ≤ r.
Donc pi divise n et pi divise le produit p1 · · · pn , par suite pi divise n − p1 · · · pn = 1,
i.e., pi divise 1, ce qui est impossible. D’où l’ensemble des nombres premiers est infini. 2

Théorème 1.2.1 (Théorème fondamental de l’arithmétique)


Tout entier n ≥ 2 s’écrit sous la forme :

n = pk11 · · · pkr r

où r ∈ N∗ , p1 , . . . , pr sont de nombres premiers deux à deux distincts et k1 , . . . , kr ∈ N∗ .


Cette écriture est unique à l’ordre près des facteurs premiers, on l’appelle la factorisation
ou la décomposition de n en produit de nombres premiers.

Par exemple,

17 = 171 , 3528 = 23 32 72 et 8847 819 = 33 672 73.

1.3 L’équation Diophantienne ax + by = c


Théorème 1.3.1 Soit a, b, c ∈ Z tels que (a, b) 6= (0, 0) et d = a ∧ b.
1) L’équation Diophantienne ax + by = c admet de solutions (x, y) ∈ Z × Z si et
seulement si d divise c.

c Ali Ayad page 11


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

2) Si d divise c et si (x0 , y0 ) ∈ Z × Z est une solution particulière, alors l’ensemble


des solutions de l’équation Diophantienne ax + by = c est donné par :
  
 x = x0 + k b
 d
 y = y0 − k a où k ∈ Z.
d

Preuve
1) C.N. Soit (x0 , y0 ) ∈ Z × Z une solution de l’équation Diophantienne ax + by = c,
alors ax0 + by0 = c. Comme d divise a et d divise b, alors d divise ax0 + by0 ,
donc d divise c.
C.S. Si d divise c, alors il existe c0 ∈ Z tel que c = dc0 . Comme d = a ∧ b, alors il
existe u, v ∈ Z tels que d = ua + vb, donc
c = dc0 = a(uc0 ) + b(vc0 ).
Ainsi (x0 , y0 ) = (uc0 , vc0 ) ∈ Z × Z est une solution de l’équation ax + by = c.
2) Supposons que d divise c et que (x0 , y0 ) ∈ Z × Z est une solution particulière. Si
(x, y) ∈ Z × Z est une solution quelconque de cette équation, alors
c = ax + by = ax0 + by0
et par suite
a(x − x0 ) = b(y0 − y).
Comme d divise a et b, alors il existe a0 , b0 ∈ Z tel que a = da0 et b = db0 , donc
da0 (x − x0 ) = db0 (y0 − y). Comme d 6= 0, alors
a0 (x − x0 ) = b0 (y0 − y)
Donc b0 divise a0 (x − x0 ) et comme b0 est premier avec a0 , alors b0 divise (x − x0 )
d’après le lemme de Gauss, donc il existe k ∈ Z tel que x − x0 = kb0 , ainsi
b
0
x = x0 + kb = x0 + k .
d
Donc a0 kb0 = b0 (y0 − y), et par suite y0 − y = ka0 (car b0 6= 0), donc
a
y = y0 − ka0 = y0 − k .
d
Réciproquement, s’il existe k ∈ Z tel que x = x0 + kb0 et y = y0 − ka0 , alors
ax + by = ax0 + akb0 + by0 − bka0
= ax0 + by0 + da0 kb0 − db0 ka0
= ax0 + by0 = c.
Donc (x, y) est une solution de l’équation. 2

c Ali Ayad page 12


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Exemple 1.3.1 Soit à résoudre, dans Z × Z, l’équation Diophantienne 71x + 32y = 7.


Pour trouver une solution particulière, on utilise l’algorithme d’Euclide étendu :

Restes Quotients y
71 − 20
32 2 9
7 4 2
4 1 1
3 1 1
1 3 0
0 − −

Donc 71 ∧ 32 = 1 divise 7, par suite l’équation admet de solutions dans Z × Z. D’après


ce tableau, on a
71(−9) + (32)(20) = 1 (∗)
En multipliant (∗) par 7, on obtient :

71(−63) + (32)(140) = 7.

Donc (−63, 140) est une solution particulière de l’équation 71x + 32y = 7. Ainsi la
solution générale de cette équation est donnée par :

x = −63 + 32k
y = 140 − 71k où k ∈ Z.

1.4 Congruences modulo un entier


Définition 1.4.1 Soit n ∈ N∗ et a, b ∈ Z. On dit que a est congru à b modulo n, et on
écrit a ≡ b (mod n), si n divise a − b. Autrement dit, a ≡ b (mod n) si et seulement
s’il existe k ∈ Z tel que a = b + nk.

Proposition 1.4.1 Soit n ∈ N∗ . La congruence modulo n est une relation d’équivalence


dans Z, i.e., pour tous a, b, c ∈ Z,
1) a ≡ a (mod n).
2) Si a ≡ b (mod n), alors b ≡ a (mod n).
3) Si a ≡ b (mod n) et b ≡ c (mod n), alors a ≡ c (mod n).

Preuve
1) Comme a − a = 0, alors n divise a − a, donc a ≡ a (mod n).

c Ali Ayad page 13


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

2) Comme a ≡ b (mod n), alors il existe k ∈ Z tel que a−b = nk, donc b−a = nk0
où k0 = −k ∈ Z. Ainsi b ≡ a (mod n).
3) Comme a ≡ b (mod n) et b ≡ c (mod n), alors n divise a − b et n divise
b − c, par suite n divise (a − b) + (b − c) = a − c, donc n divise a − c, i.e.,
a ≡ c (mod n). 2

Proposition 1.4.2 Soit n ∈ N∗ et a, b ∈ Z tels que a ≡ b (mod n).


1) Pour tout c ∈ Z,

a+c≡b+c (mod n) et ac ≡ bc (mod n).

2) Pour tout k ∈ N,
ak ≡ bk (mod n).
3) Pour tout polynôme f (X) ∈ Z[X] à coefficients entiers,

f (a) ≡ f (b) (mod n).

Proposition 1.4.3 Soit n ∈ N∗ .


1) Si a, b ∈ Z, alors a ≡ b (mod n) si et seulement si a et b ont le même reste dans
la division euclidienne par n.
2) Pour tout a ∈ Z, il existe un et un seul entier r ∈ {0, 1, . . . , n − 1} tel que

a≡r (mod n).

Preuve
1) Soient r1 et r2 les restes des divisions euclidiennes de a et b par n respectivement,
alors 
a = nq1 + r1
b = nq2 + r2
où q1 , r1 , q2 , r2 ∈ Z tels que 0 ≤ r1 < n et 0 ≤ r2 < n. Donc

a − b = n(q1 − q2 ) + r1 − r2 .

C.N. Si a ≡ b (mod n), alors n divise a − b, donc n divise (a − b) − n(q1 − q2 ),


i.e., n divise r1 − r2 . Si r1 6= r2 , alors n ≤ |r1 − r2 |. Mais 0 ≤ r1 < n et
0 ≤ r2 < n, alors −n < r1 − r2 < +n, et donc |r1 − r2 | < n, ainsi n < n, ce
qui est impossible. D’où r1 = r2 .
C.S. Si r1 = r2 , alors r1 − r2 = 0 et donc

a − b = n(q1 − q2 )

avec q1 − q2 ∈ Z. Ce qui prouve que a ≡ b (mod n).

c Ali Ayad page 14


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

2) Soient a ∈ Z et r le reste de la division euclidienne de a par n, alors a = nq + r


où q ∈ Z et 0 ≤ r < n. Donc a − r = nq et par suite a ≡ r (mod n). S’il existe
r 0 ∈ {0, 1, . . . , n − 1} tel que a ≡ r 0 (mod n), alors a et r 0 ont le même reste
dans la division euclidienne par n d’après la partie (1). Mais r 0 = 0n + r 0 avec
0 ≤ r 0 < n, alors r 0 est le reste de la division euclidienne de r 0 par n, ainsi r = r 0 .
D’où r est l’unique entier tel que r ∈ {0, 1, . . . , n − 1} et a ≡ r (mod n). 2

Corollaire 1.4.1 Soit n ∈ N∗ . Pour tout x ∈ Z, on note x la classe de x modulo n,


i.e., la classe d’équivalence de x modulo la congruence modulo n :
n o
x = y ∈ Z, y ≡ x (mod n) .

Z
On note par Z ou nZ
l’ensemble quotient de Z par la congruence modulo n, i.e.,

Z n o
Z= = x, x ∈ Z
nZ
Alors
Z n o n o
= r, 0 ≤ r ≤ n − 1 = 0, 1, . . . n − 1 .
nZ
De plus,  
Z
card = n.
nZ

Preuve On pose n o
F = r, 0 ≤ r ≤ n − 1 .

Si 0 ≤ r ≤ n − 1, alors r ∈ Z, donc r ∈ Z. Ainsi F ⊆ Z. D’autre part, si u ∈ Z, alors


il existe a ∈ Z tel que u = a. D’après la proposition 1.4.3, il existe un entier r tel que
0 ≤ r ≤ n − 1 et a ≡ r (mod n), donc

u = a = r ∈ F.

Ainsi Z ⊆ F . D’où n o
Z = F = r, 0 ≤ r ≤ n − 1 .

On pose [[1, n]] = {1, . . . , n} et on considère l’application f : [[1, n]] 7−→ Z définie
par :
f (k) = k − 1, ∀ k ∈ [[1, n]].
f est injective : Soient k, t ∈ [[1, n]] tels que f (k) = f (t), alors

k − 1 = t − 1, avec 0 ≤ k − 1 ≤ n − 1 et 0 ≤ t − 1 ≤ n − 1.

c Ali Ayad page 15


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Donc k − 1 = t − 1 d’après l’unicité dans la partie (2) de la proposition 1.4.3, ainsi k = t.


D’où f est injective.
f est surjective : Soit u ∈ Z, alors, d’après la partie (2) de la proposition 1.4.3, il existe
un entier r tel que u = r et 0 ≤ r ≤ n − 1. On pose k = r + 1, alors k ∈ [[1, n]] et

f (k) = k − 1 = r = u.

Ainsi f est surjective.


D’où f est bijective. Par conséquent, [[1, n]] est équipotent à Z. Ainsi Z est un ensemble
fini et card(Z) = n. 2

Remarque 1.4.1 Soit n ∈ N∗ et x, y ∈ Z.


1) x = y ⇔ x ≡ y (mod n).
2) x = 0 ⇔ n divise x.

Exemple 1.4.1 On considère l’ensemble quotient


Z n o
Z= = 0, 1, 2, 3, 4, 5 .
6Z
Z
Dans 6Z
, on a :
8 = 2 car 8 ≡ 2 (mod 6)
et
(−20) = 4 car − 20 ≡ 4 (mod 6).

Proposition 1.4.4 La congruence modulo n est compatible avec l’addition et la multipli-


cation dans Z, i.e., pour tous a, b, c, d ∈ Z et n ∈ N∗ ,
 
a ≡ b (mod n) a + c ≡ b + d (mod n)
si alors
c ≡ d (mod n) ac ≡ bd (mod n)

Preuve Si a ≡ b (mod n) et c ≡ d (mod n), alors il existe h, k ∈ Z tels que

a − b = nh et c − d = nk.

Donc
(a + c) − (b + d) = (a − b) + (c − d) = nh + nk = n(h + k).
Il s’ensuit que
a+c≡b+d (mod n).

c Ali Ayad page 16


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

De plus,

ac − bd = ac − bc + bc − bd = (a − b)c + b(c − d)
= nhc + bnk = n(hc + bk),

avec hc + bk ∈ Z, donc n divise ac − bd, et par suite ac ≡ bd (mod n).


Autre méthode : Puisque a ≡ b (mod n), alors ac ≡ bc (mod n) d’après la propo-
sition 1.4.2. De même, puisque c ≡ d (mod n), alors bc ≡ bd (mod n), et donc
ac ≡ bd (mod n) par la transitivité de la congruence. 2

Corollaire 1.4.2 Soit n ∈ N∗ . Pour tous x, y ∈ Z


nZ
, on pose :

x+y =x+y et x y = xy.

Alors + et · sont deux lois de composition interne sur Z


nZ
.

Preuve Montrons que + et · ne dépendent pas du couple des répresentants (x, y) choisis.
En effet, si x = x0 et y = y 0 pour un autre couple (x0 , y 0 ) ∈ Z × Z, alors x ≡
x0 (mod n) et y ≡ y 0 (mod n). Mais la congruence modulo n est compatible avec
l’addition et la multiplication dans Z d’après la proposition 1.4.4, alors

x + y ≡ x0 + y 0 (mod n) et xy ≡ x0 y 0 (mod n).

Donc x + y = x0 + y 0 et xy = x0 y 0 dans Z
nZ
. Ainsi + et · sont deux lois de composition
Z
internes sur l’ensemble quotient nZ .2

 
Remarque 1.4.2 On verra dans le chapitre 3, que pour tout entier n ≥ 2, Z
nZ
, +, ·
est un anneau commutatif unitaire, appelé l’anneau des entiers modulo n.

1.5 Inversibles modulo un entier naturel n


Définition 1.5.1 Soit n ∈ N∗ . On dit qu’un entier a ∈ Z est inversible modulo n s’il
existe b ∈ Z tel que
ab ≡ 1 (mod n).
Ceci est équivalent à dire que l’équation de congruence ax ≡ 1 (mod n) admet une
solution dans Z.

c Ali Ayad page 17


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Proposition 1.5.1 Soit n ∈ N∗ et a ∈ Z. Si a est inversible modulo n, alors l’entier


b vérifiant ab ≡ 1 (mod n) est unique modulo n, i.e., si c est un autre entier vérifiant
ac ≡ 1 (mod n), alors
b ≡ c (mod n).
L’entier b est dit l’inverse de a modulo n, il est noté a−1 (mod n). De plus, b est
inversible modulo n et a est son inverse modulo n.

Preuve Soit b, c ∈ Z deux entiers vérifiant ab ≡ 1 (mod n) et ac ≡ 1 (mod n),


alors
b ≡ b.1 ≡ b(ac) ≡ (ba)c ≡ 1.c ≡ c (mod n).
Donc b est unique modulo n. Puisque ba ≡ ab ≡ 1 (mod n), alors b est inversible
modulo n et a est son inverse modulo n. 2

Remarque 1.5.1 Soit n ∈ N∗ et a ∈ Z. D’après la proposition 1.5.1, si l’équation de


congruence ax ≡ 1 (mod n) admet une solution dans Z, alors cette solution est unique
modulo n. En d’autres termes, l’existence d’une solution implique son unicité modulo n.

Exemple 1.5.1
1) L’inverse de 3 modulo 10 est 7 car 3 × 7 = 21 ≡ 1 (mod 10).
2) Comme 7 × 4 ≡ 1 (mod 27), alors l’inverse de 7 modulo 27 est 4 et l’inverse de
4 modulo 27 est 7.
3) L’inverse de 7 modulo 12 est 7 car 7 × 7 = 49 ≡ 1 (mod 12).

Proposition 1.5.2 Soit n ≥ 2 un entier naturel et a ∈ Z. Alors a est inversible modulo


n si et seulement si a est premier avec n.

Preuve
C.N. Comme a est inversible modulo n, alors il existe b ∈ Z tel que ab ≡ 1 (mod n),
donc il existe k ∈ Z tel que 1 − ab = kn, ainsi 1 = ba + kn avec b, k ∈ Z. On en
déduit, d’après le lemme de Bézout, que a et n sont premiers entre eux.
C.S. Comme a est premier avec n, alors il existe u, v ∈ Z tels que ua + vn = 1, donc
1 − ua = vn est divisible par n, et par suite ua ≡ 1 (mod n). Ainsi a est inversible
modulo n 2

Corollaire 1.5.1 Soit n ≥ 2 un entier naturel et a ∈ Z. L’équation de congruence


ax ≡ 1 (mod n) admet une solution dans Z (unique modulo n) si et seulement si a est
premier avec n.

c Ali Ayad page 18


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Preuve L’équation de congruence ax ≡ 1 (mod n) admet une solution dans Z si et


seulement si a est inversible modulo n, ceci est équivalent à que a est premier avec n
d’après la proposition 1.5.2. 2

Exemple 1.5.2
1) L’équation de congruence 3x ≡ 1 (mod 27) n’a pas de solutions dans Z car 3 ∧
27 = 3 6= 1.
2) L’équation de congruence 5x ≡ 1 (mod 27) admet de solutions dans Z car 5∧27 =
1. Comme
5(11) = 55 ≡ 1 (mod 27),
alors 11 est une solution de cette équation (unique modulo 27). Si x ∈ Z est une
solution quelconque de cette équation, alors x ≡ 11 (mod 27) et donc il existe
k ∈ Z tel que x = 11 + 27k.

1.6 L’équation de congruence ax ≡ b (mod n)


Proposition 1.6.1 Soit n ∈ N∗ et a, x, y ∈ Z.
Si ax ≡ ay (mod n) et a est premier avec n, alors x ≡ y (mod n).

Preuve Comme ax ≡ ay (mod n), alors n divise ax − ay = a(x − y). Mais


n est premier avec a, alors n divise x−y par le lemme de Gauss. Donc x ≡ y (mod n). 2

Proposition 1.6.2 Soit n ∈ N∗ et a, b ∈ Z. Si a est premier avec n, alors l’équation de


congruence linéaire ax ≡ b (mod n) admet une solution unique modulo n.

Preuve Puisque a est premier avec n, alors il existe u, v ∈ Z tels que ua + vn = 1,


alors bua + bvn = b et par suite a(ub) ≡ b (mod n), ce qui montre que x0 = ub est
une solution de l’équation de congruence ax ≡ b (mod n). D’autre part, si x, y ∈ Z
sont deux solutions de cette équation de congruence, alors

ax ≡ b (mod n) et ay ≡ b (mod n),

et donc ax ≡ ay (mod n). Mais a ∧ n = 1, alors x ≡ y (mod n) d’après la


proposition 1.6.1. 2

Corollaire 1.6.1 Soit a, b ∈ Z et p un nombre premier. Si p - a, alors l’équation de


congruence ax ≡ b (mod p) admet une solution unique modulo p.

c Ali Ayad page 19


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

Preuve Puisque p est premier et p ne divise pas a, alors p est premier avec a, donc
l’équation de congruence ax ≡ b (mod p) admet une solution unique modulo p d’après
la proposition 1.6.2. 2

Exemple 1.6.1 Soit à résoudre, dans Z, l’équation de congruence

30x ≡ 19 (mod 113).

Par l’algorithme d’Euclide étendu, on obtient :

Restes Quotients y
113 − 49
30 3 13
23 1 10
7 3 3
2 3 1
1 2 0
0 − −

Donc 30 ∧ 113 = 1 et par suite l’équation admet une solution unique modulo 113. De
plus, on trouve 30(49) − 113(13) = 1, donc 30(49) ≡ 1 (mod 113) et par suite 49 est
l’inverse de 30 modulo 113. En multipliant l’équation par 49, qui est premier avec 113,
on obtient les équivalences :

30x ≡ 19 (mod 113) ⇔ 49(30x) ≡ (49)(19) (mod 113)


⇔ x ≡ 931 (mod 113)
⇔ x ≡ 27 (mod 113).

Ainsi l’unique solution modulo 113 de cette équation est x ≡ 27 (mod 113) et les
solutions dans Z sont les entiers 27 + 113k avec k ∈ Z. .

Théorème 1.6.1 Soit n ∈ N∗ , a, b ∈ Z et d = a ∧ n.


1) La congruence linéaire ax ≡ b (mod n) admet une solution dans Z si et seulement
si d divise b.
2) Si d divise b et si x0 ∈ Z est une solution particulière de cette congruence, alors
l’ensemble des solutions dans Z est donné par :
 
n
x = x0 + k où k ∈ Z.
d

Preuve

c Ali Ayad page 20


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

1) C.N. Si x0 ∈ Z est une solution de cette congruence linéaire, alors ax0 ≡ b


(mod n), donc il existe k ∈ Z tel que ax0 + nk = b, i.e., (x0 , k) est une solution
de l’équation Diophantienne ax + ny = b, donc d divise b par le théorème 1.3.1.
C.S. Si d divise b, alors l’équation ax+ny = b admet une solution (x0 , y0 ) ∈ Z×Z
d’après le théorème 1.3.1, donc ax0 + ny0 = b, par suite ax0 ≡ b (mod n), i.e.,
x0 est une solution de la congruence ax ≡ b (mod n).
2) Supposons que d divise b et que x0 ∈ Z est une solution particulière de cette
congruence. Si x ∈ Z est une solution quelconque de cette congruence, alors ax ≡ b
(mod n) et ax0 ≡ b (mod n), donc ax ≡ ax0 (mod n), par suite il existe
h ∈ Z tel que
a(x − x0 ) = nh.
Comme d divise a et n, alors il existe a0 , n0 ∈ Z tels que a = da0 et n = dn0 ,
donc da0 (x − x0 ) = dn0 h. Comme d 6= 0, alors
a0 (x − x0 ) = n0 h.
Donc n0 divise a0 (x − x0 ), et comme n0 est premier avec a0 , alors n0 divise (x − x0 )
par le lemme de Gauss, ainsi il existe k ∈ Z tel que
 
0
n
x = x0 + kn = x0 + k .
d
 
Réciproquement, s’il existe k ∈ Z tel que x = x0 + k nd , alors
 
n
ax ≡ ax0 + ak (mod n)
d
 
a
≡ ax0 + nk (mod n)
d
≡ ax0 + nka0 (mod n)
≡ ax0 (mod n)
≡ b (mod n).
Donc x est une solution de cette congruence.

1.7 Le petit théorème de Fermat


Théorème 1.7.1 (Le petit théorème de Fermat)
Si p est un nombre premier et a ∈ Z, alors
ap ≡ a (mod p).
En particulier, si a est non divisible par p (i.e., a ∧ p = 1), alors
ap−1 ≡ 1 (mod p).

c Ali Ayad page 21


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

1.8 Exercices
Exercice 1.1
Pour tout entier naturel n ∈ N∗ , on note par D(n) l’ensemble des diviseurs positifs de n,
i.e., n o
D(n) = d ∈ N∗ , tel que d | n .
On considère l’application σ : N∗ 7−→ N, définie, pour tout n ∈ N∗ , par :
X X
σ(n) = d= d.
d∈D(n) d|n

Un entier naturel n ∈ N∗ est dit un nombre parfait ou un nombre de Thabit ibn Qurra si
σ(n) = 2n, i.e., la somme de ses diviseurs positifs est 2n.
1) Trouver de nombres parfaits.
2) Soit r ∈ N tel que le nombre p = 2r+1 − 1 est premier. Montrer que l’entier
n = 2r p est parfait.

Exercice 1.2
1) Démontrer que, pour tout entier n ∈ N∗ , n! + 1 admet un diviseur premier p > n.
2) Déduire que l’ensemble des nombres premiers est infini.

Exercice 1.3
Tout entier de la forme Mn = 2n − 1 où n ∈ N∗ , s’appelle un nombre de Mersenne.
1) Montrer que si m, n ∈ N∗ tels que m divise n, alors Mm divise Mn .
2) Montrer que pour tout entier n ∈ N∗ , si Mn est premier, alors n est premier.

Exercice 1.4
n
Tout entier de la forme Fn = 22 + 1 où n ∈ N∗ , s’appelle un nombre de Fermat.
Démontrer que :
1) Tout entier n ∈ N∗ s’écrit, d’une manière unique, sous la forme n = 2r (2s + 1)
où r, s ∈ N.
2) Tout nombre premier de la forme 2m + 1 (où m ∈ N∗ ) est un nombre de Fermat
(i.e., m est une puissance de 2).

Exercice 1.5
Soit a, b, c ∈ Z \ {0} et m ∈ N∗ tels que m est premier avec a.
1) (a) Montrer que si a | b et b ∧ c = 1, alors a ∧ c = 1.

c Ali Ayad page 22


Chapitre 1 Arithmétique dans Z

(b) Montrer que a ∧ (mb) = a ∧ b.


2) Déduire que a ∨ (mb) = m(a ∨ b).

Exercice 1.6
Soit a, b, c ∈ Z \ {0} et m ∈ N∗ . Démontrer que :
1) a ∧ b = a ∧ (b + ka) pour tout k ∈ Z.
2) a ∧ b = 1 et a ∧ c = 1 si et seulement si a ∧ bc = 1.
a b
= a∧b
 
3) Si m divise a et m divise b, alors m ∧ m m
.
4) Si b ∧ c = 1, alors a ∧ (bc) = (a ∧ b)(a ∧ c).
5) a ∧ b = 1 si et seulement si a ∨ b = |ab|.

Exercice 1.7
Résoudre, dans Z × Z, les équations Diophantiennes suivantes :
1) 37x + 7y = 1.
2) 56x − 21y = 14.

Exercice 1.8
Soient x, y ∈ Z, a, n ∈ N∗ et d = a ∧ n.
n
1) Montrer que si ax ≡ ay (mod n), alors x ≡ y (mod d
).
2) En déduire que si ax ≡ ay (mod n) et a est premier avec n, alors x ≡ y
(mod n) (proposition 1.6.1).
3) Montrer que si p est un nombre premier tel que ax ≡ ay (mod p) et p ne divise
pas a, alors x ≡ y (mod p).

Exercice 1.9
Démontrer que pour tout n ∈ N,
1) 2 divise n(n + 1). 3) 6 divise n(n + 1)(n + 2).
2) 6 divise n(n − 1)(2n − 1). 4) 6 divise 5n3 + n.

Exercice 1.10
1) Démontrer que n3 + 2n est divisible par 3 pour tout n ∈ N∗ .
2) Démontrer que 52n − 1 est divisible par 24 pour tout n ∈ N.

Exercice 1.11

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Chapitre 1 Arithmétique dans Z

1) Montrer que si 2 et 3 ne divisent pas n, alors 24 divise n2 + 23.


2) Montrer, par récurrence sur n, que 10n + 2 est divisible par 6 pour tout n ∈ N∗ .

Exercice 1.12
Démontrer que pour tout m, n ∈ N∗ ,
1) 11 divise 26n+3 + 32n+1 .
2) 7 divise 2n+2 + 32n+1 .
3) 5 × 43n+1 + 36m est divisible par 7.

Exercice 1.13
1) Montrer que pour tout n ∈ N, l’équation x2n − 2 = 3y n’a pas de solutions dans
Z × Z.
2) a) Montrer que, pour tout a ∈ Z, le reste de la division de a2 par 8 est 0, 1 ou 4.
b) Montrer que, si m est un entier congru à 3, 6 ou 7 modulo 8, alors l’équation
x2 + y 2 = m n’a pas de solutions dans Z × Z.

Exercice 1.14
Résoudre, dans Z, les congruences suivantes :
1) 3x ≡ 5 (mod 101). 2) 10x ≡ 4 (mod 21).
3) 5x ≡ 6 (mod 21). 4) 55x ≡ 35 (mod 75).
5) 42x ≡ 12 (mod 90). 6) 56x ≡ 35 (mod 75).

Exercice 1.15
Utiliser le petit théorème de Fermat pour trouver le reste de la division euclidienne de :
a) 63453 par 11. b) 31100 par 19.
c) 210000 par 29. d) 99999 par 31.

Exercice 1.16
Soient p et q deux nombres premiers impairs distincts tels que (p − 1) divise (q − 1).
Soit a ∈ Z tel que a ∧ p = 1 et a ∧ q = 1.
1) Appliquer le petit théorème de Fermat pour montrer que aq−1 ≡ 1 (mod p).
2) Déduire que aq−1 ≡ 1 (mod pq).

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