Abattage 2
Abattage 2
Chapitre 1 : Introduction
1.1. Définition
Au préalable, des travaux de prospection permettent de dire si les substances minérales
recherchées existent dans le sol ou le sous-sol où ils ont été exécutés. Si le minéral a été
trouvé et qu'il ait des qualités telles qu'il y ait lieu de l'exploiter, il faut aller trouver le
gisement à l'aide des puits et des galeries ou à l’aide des tranchées.
La classification des roches permet de juger des difficultés que l'on peut rencontrer, et de
prévoir les moyens à employer pour en triompher et pour extraire les roches utilisées par les
différentes industries (sous une forme ou une autre).
Les roches qui servent aux différentes industries et que l'on extrait des carrières et des
mines, sont abattues (détachées) à l'aide de procédés différents, qui constituent l'abattage des
roches.
L’abattage est l’opération qui consiste à arracher de son massif (la roche) la
substance minérale que l’on exploite et la réduire en morceau facile à manipuler et à
transporter.
Cette opération est directement liée aux qualités de la roche ; notamment la dureté qui
est une caractéristique importante intervenant en premier lieu. La dureté dépend de la plus
grande cohésion de la roche qui s’oppose plus ou moins bien à l’arrachage.
Pour éviter la subjectivité en parlant des roches dures et de roches tendres, il est convenu de
traduire la dureté par un chiffre permettant une classification et une comparaison des
différents minéraux : c’est le coefficient de dureté f défini par :
σ compression
f= (I.1)
100
1.2. Historique.
Dans les temps anciens, creuser la roche était très difficile, et par manque d'outillage
perfectionné, les mineurs se contentaient bien souvent de ne retirer que ce qui leur était utile,
c'est-à-dire le minerai : ils procédaient à un abattage sélectif. On peut ainsi observer dans de
vieilles mines des galeries de 60 cm de hauteur qui suivent un filon ou une couche.
Mis à part celle de l'outillage manuel, qu'on verra plus loin, la plus vieille technique d'abattage
de roches est celle de l’étonnement par le feu (fissuration vers 600°C).
1
Figure 1.1-Expérience d'abattage au feu - un autre type de bûcher, Photos
Vallouimages Janvier 2006
Cette technique présente de grands dangers, notamment d'asphyxie par les fumées au fond des
galeries.
Ce procédé ne peut s'appliquer aux roches pouvant subir, comme les calcaires, une altération
par le feu.
Les premières opérations d'abattage par la poudre datent du XVIIème siècle, et même
si beaucoup d'efforts étaient faits pour sécuriser et perfectionner les tirs, elles étaient très
dangereuses.
Au XVIIIème siècle, mais surtout à partir du XIXe siècle, on voit apparaître des outils de
forage mécanisés : machines à bras, à eau, à gaz, à air comprimé, à électricité permettant
d'actionner des perforatrices. On pratique le havage : à partir d'une saignée profonde pratiquée
dans une zone plus tendre, on abat le front de taille souvent par gradins successifs du fait de la
hauteur qui devient importante.
La nitroglycérine sera utilisée autour de 1860, mais ne se répandra qu'après sa stabilisation
sous forme de dynamite, par Alfred Nobel, en 1867. En effet, les explosifs posaient beaucoup
de problèmes : ils étaient parfois instables, sensibles à l'humidité et au froid. La dynamite, par
exemple, est inerte en dessous de 10°.
Les explosifs sont utilisés aujourd'hui dans la plupart des cas, particulièrement ceux au nitrate
(les explosifs au nitrate-fuel seront brevetés en 1955).
Dès la fin de la deuxième guerre mondiale, la mécanisation s'accentue. Les haveuses abattront
désormais beaucoup plus rapidement des fronts de taille de plus en plus grands.
2
En d’autres termes et en suivant le degré d’exploitabilité, les roches se classent en 3 groupes :
Roche tendre : le calcaire et certains charbons,…
Roche dure : grès, granite, magnétite,…
Très dure : quartzites,…
Dureté/procédé
Tendre Dure Très dure
d’abattage
Marteau piqueur Xx 0 0
Machines d’abattage X xx 0
Rabot Xx 0 0
Explosif X x Xx
Tableau 1-Procédés et type d’abattage
xx : domaine privilégié
x : domaine possible
0 : domaine impossible
3
Chapitre 2 : Abattage manuel ou par outils individuels
2.1. Concept général
La technique de base est depuis des temps reculés, l'outillage à main. Les mineurs
utilisent des burins, des coins en fer, des marteaux, des pointerolles, c'est à dire des outils de
petite taille lorsque les mineurs procèdent à un abattage sélectif et travaillent dans des boyaux
étroits.
Ils utilisent des pics (appelé aussi piqueurs), des pelles, des sapes lorsqu'ils ont plus de place,
que le front de taille est plus large.
Figure 2.1-Pic et Pelle jadis utilisés pour l’abattage par les mineurs
4
L'usage des matières explosibles, comme la poudre et la dynamite, rend
jusqu'aujourd'hui les services les plus fréquents pour l'abattage des roches qui ne se laissent
pas facilement entamer par les outils.
Dans les terrains stratifiés, on emploie depuis longtemps le procédé d'abattage par
havage ou (souchèvement). Le havage a pour but d'exécuter dans les terrains stratifiés, tels
que les terrains houillers, une entaille destinée à faciliter l'abattage. Le haveur (ouvrier chargé
de conduire la haveuse) have, c'est à dire qu'il enlève de l’havrit, pour creuser ensuite, près du
sol et dans la roche, une entaille profonde qu'on appelle havage ou souchèvement.
Il s'engage dans cette rigole en soutenant le plafond ou toit par des étais en bois. Il peut ainsi
travailler sans approfondir la rigole. Pendant ce temps, un ouvrier place des coups de mine
horizontaux au-dessus du havage. Quand on mettra le feu, l'explosion rabattra sur le sol une
partie de la roche comprise entre la ligne horizontale des coups de mine et le havage.
Il se compose généralement d’un corps cylindrique, dans lequel un piston fait des aller-retour.
1. La partie haute comporte une paire de poignées horizontales permettant au servant de
maintenir, de guider et d'actionner l'outil.
2. A l'autre extrémité, un burin amovible, appelé pointerolle, est positionné de façon à
recevoir l’énergie cinétique du piston arrivant en bout de course dans la partie basse.
3. Le piston sous l’action de l’air comprimé vient frapper périodiquement l’aiguille
comme un marteau frappe un coin.
C) Conséquences
Figure 2.6-Perforateur monté sur support pour faire des trous de mine en hauteur
6
Chapitre 3 : Abattage mécanique
3.1. Introduction
On emploie beaucoup aujourd'hui dans les mines des machines qui effectuent avec
plus d'énergie et de rapidité les travaux que nous venons de décrire. On les utilise pour forer
les trous des mines, pour produire des havages ou même forer une galerie d'un seul coup.
7
Dans les machines à attaque radiale (type Paurat, Dosco, Demag ou certaines
Eickhoff), la fraise tourne autour d’un axe situé en prolongement du bras. Tandis que dans les
machines à attaque transversale (Alpine, Westfalia ou certaines Eickhoff), la fraise, appelée
aussi tambour, tourne autour d’un axe perpendiculaire au bras et attaque tangentiellement la
surface du front.
Les outils qui équipent sont des fraises ou des « pics » ou des « crayons »
cylindroconiques.
8
3.5. Les Tunneliers
3.5.1. Définition
Les tunneliers sont des engins de travaux publics sophistiqués, utilisé pour fraiser et
percer des tunnels. Ils permettent également d’effectuer d’autres opérations de construction
comme la projection du béton, la pose de revêtement intérieur, etc… ils sont aussi appelés
« Boucliers ».
Ils sont généralement constitués en trois parties : le tunnelier, le train suiveur et le train de
marinage.
1 – Jupe de protection
2 – Vérin de poussée
3 – Moteur d’entraînement de la tête de forage
4 – Tête de coupe
5 – Molette d’attaque
6 – Système d’évacuation des déblais
9
Les Boucliers simples sont des machines qui s’appuient sur le revêtement déjà posé pour
exercer sa force d’abattage sur le front de taille. Le temps de creusement est d’environ 80%
du temps d’exploitation, les 20% restant correspondant à la pose du revêtement.
Les Boucliers à tête télescopique sont une amélioration du précédent modèle. Ils permettent
de construire le tunnel plus rapidement puisque la pose du revêtement est réalisée en même
temps que le creusement, ce qui permet une rentabilité proche de 100% du temps
d’exploitation.
Le mode de travail de ce type d’appareil se déroule en trois temps :
Prise d’appui du bouclier arrière sur les parois creusées.
Creusement et avance du bouclier avant. En même temps, pose du revêtement.
Avance du bouclier arrière et reprise des appuis.
1 – Tête de coupe
2 – Chambre de mise en pression
3 – Paroi étanche
4 – Vérin de poussée
5 – Système d’évacuation des déblais
6 – Moteur d’entraînement de la tête de foration
7 – Revêtement du tunnel
En résumé, le tunnelier rotatif le plus connu est le tunnelier dit à pleine section ou à attaque
globale. Il fore des tunnels de section uniquement circulaire, ce qui lui ôte la souplesse
reconnue à la machine à attaque ponctuelle. Par contre ces machines permettent d’obtenir un
fini de paroi de bien meilleur qualité et peuvent être utilisées dans des terrains plu durs. Il
existe dans une gamme large allant de micro-tunneliers de diamètre 1m jusqu’aux machines
géantes (plus de 14m).
11
3.5.2. Description générale des surfaces miners
C’est en 1980 que la société Wirtgen GmbH a construit le premier Surface Miner
destiné à l’extraction de matériaux dans les gisements. Il existe trois types de surfaces miners
sur le marché actuellement :
machines avec un tambour au milieu (middle drum configuration) ;
machines avec le tambour de découpage de perche avant ;
machines avec la roue de découpage avant.
Au Congo Démocratique, la seule entreprise minière qui utilise les surfaces miners est Tenke
Fungurume Mining. Il s’agit des machines à roue avant et sans système de chargement
automatique de la roche abattue.
12
Figure3.8.a-Modèle de surface miner de la TFM en RDC
Figure3.8.b-Modèle de surface miner de la TFM en RDC, remplacement des pics par l’agent
de maintenance.
13
Chapitre 4 : ABATTAGE A L’EXPLOSIF ou
FRAGMENTATION.
Pour l’abattage des roches dures, on recourt aux travaux de tir. Ceci exige au préalable le
forage des trous de mines sur un fond d’abattage, trous dans lesquels on charge les explosifs
et on procède par après à la mise à feu pour l’exécution de l’abattage : c’est le tir à l’explosif.
Deux opérations sont donc indispensables pour l’abattage à l’explosif : Forage et Minage.
C’est le forage destructif qui est utilisé dans le forage des trous de mine.
Ce marteau perforateur qui reste moins utilisé et dont la mise au point est récente,
réalise la foration percutante en utilisant le principe des brise-roches.
14
C. Les fleurets
1. Fleurets monoblocs
Les fleurets sont des barres d’aciers creuses. Les fleurets monoblocs exécutés en une seule
pièce présentent les parties suivantes :
3. Fleuret flexibles
On les utilise pour des trous dont la profondeur excède la hauteur du toit ou la distance
entre les parois de la galerie. Ce sont des flexibles monoblocs, hexagonaux de 3/4"
N.B : la perforatrice rotative n’est pas indiquée aux terrains très durs. Dans ces
derniers, l’avantage reste au marteau perforateur.
A. Béquilles pneumatiques
La béquille est un long cylindre pneumatique dont la tige supporte le marteau à
hauteur de son centre de gravité. Le marteau est lié à la béquille par un berceau sur lequel il
oscille par 2 tourillons qui se longent dans 2 évidements du berceau
Le fonctionnement de la béquille est le suivant :
Elle se termine par une pointe encastrée dans le sol à une certaine distance.
Le piston exerce sur le marteau une poussée oblique dont la composante verticale
supporte le pivot du marteau et la composante horizontale participe à l’avancement.
B. Jumbos
Elles sont indispensables pour les marteaux lourds. Ce sont des supports mobiles sur
chariot aux pneus sur lesquels, de 1 à 7 marteaux, reposent sur les glissières, elles-mêmes
fixées à l’extrémité des bras articulés. Ceux-ci permettent la mise en batterie rapide des
fleurets à l’emplacement dans la direction voulue. Quant aux glissières, elles guident
l’avancement du marteau pendant la forassions
D. Le stopper
Le stopper ou béquille pour trous ascendants, convient particulièrement pour le forage
des trous verticaux ascendants. Le marteau est alors fixé sur le côté de la béquille. Ce poussoir
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convient pour le forage dans les cheminées et les puits intérieurs et aussi pour des trous
destinés à recevoir les boulons d’ancrage.
Figure 4.0.a-Foreuse sur pneu pour mine souterraine (48-127mm, 20-60m) (à gauche) et
Foreuse Jumbo à trois bras (43-64mm) (à droite)
Le type de Forage utilisé est le forage destructif : l’outil de forage arrache des fragments de
roche par abrasion ou percussion. Les débris de forage (cuttings) sont remontés à la surface
soit à l’aide d’une circulation forcée d’un fluide de forage qui est un mélange homogène de
différents produits (chimiques ou non) dans de l’eau, de l’huile, de l’air ; soit à l’aide du
courant d’air.
Dans ce type de forage, deux techniques sont utilisées :
Forage destructif au tricône
Forage destructif au marteau fond de trou et avec marteau hors
trou
1. Forage percutant
Toute leur énergie est pratiquement utilisée pour la percussion.
Ce sont des sondeuses caractérisées par la solidarité, cette foreuse est un engin de forage par
battage qui comprend le trépan, la tige de forage et le verrouillage du câble
Le principe de forage par battage est le suivant : on relève périodiquement l’outil de
forage (le trépan et la tige de forage) d’une hauteur déterminée. En retombant, cet outil
produit un choc et désagrège la roche au de trou. Le poids de l’outil de forage varie de 500 à
17
3000 kg et sa hauteur de chute de 0.60 à 1.20 m. La fréquence des chocs peut atteindre 60
coups par minutes. On introduit de l’eau dans les trous au cours du forage. La roche
désagrégée et broyée par le choc du trépan, le mélange à l’eau et forme une boue que l’on
évacue périodiquement. La consommation de l’eau varie entre 40 et 80 litres par mètre foré.
Les trous forés ont un diamètre variant de 90 à 300 mm ; leur profondeur peut atteindre 500
m, voire plus.
2. Forage roto-percutant
Le forage à rotation et percussion est effectué par de machine appelé sondeuse où
l’énergie y est utilisée pour 80 % dans la rotation et 20 % dans la percussion. Leur
actionnement est hydropneumatique ou pneumatique. Ces sondeuses forent des trous de
diamètre variant de 20 à 50 mm et même plus. Les types les plus connus de ces perforatrices
emploient peu d’air comprimé en vue de la percussion, leur piston étant totalement libre.
Les caractéristiques essentielles de ces sondeuses sont :
La séparation complète de la rotation et de la percussion
Le contrôle indépendant de la rotation et de la percussion permettant une
adaptation à chaque type de roche
La pression constante et élevée sur le trépan qui est constitué selon la nature de
la roche avec un profil spécial
Les principaux avantages de ces sondeuses résident en :
Une diminution du nombre de pièces mobiles en vue de la percussion
permettant un meilleur rendement et une moindre consommation d’air
comprimé
Une rotation appropriée imprimée par un moteur hydraulique permettant une
meilleure efficacité
Une transmission directe de la puissance à la douille d’emmanchement
Une plus grande économie due à la vitesse plus élevée de la pénétration, à une
diminution des frais d’entretien et une plus longue durée de l’équipement
18
- Flambement du train des tiges avec
l’approfondissement du trou.
- Diamètres de forage allant de 41 mm à 127 mm.
le forage au marteau perforateur fond trou
Dans cette méthode de forage, le marteau est installé au fond du trou à l’extrémité des
tubes de forage. Le piston du moteur est directement en contact avec le taillant, transmettant
ainsi directement son énergie au taillant. Théoriquement, on constate qu’il n’y a pas
dissipation de l’énergie dans le train de tubes et ce, en dépit de l’augmentation de la
profondeur du trou. Les tubes de forage assurent le passage de l’air comprimé vers le marteau
fond de trou.
La réduction de la vitesse dans cette méthode est causée par les frictions entre les tubes de
forage et la paroi du trou. Cette méthode est souvent utilisée dans les roches dures.
Avantages : - Minimiser généralement la déviation du trou.
- Diamètres de forages allant de 75 mm à 450 mm.
- Grandes profondeurs de forage.
Incovénients : - Gros moyens en production d’air.
- Ne convient pas dans les terrains tendres.
- Ne peut pas forer des petits diamètres.
3. Forage rotatif
Dans les roches tendres et de dureté moyenne, la percussion ne donne pas de bons
résultats. D’où l’utilisation des foreuses rotatives entraînées par l’énergie électrique (ou
pneumatique et/ou hydraulique). Toute l’énergie est employée pour la rotation et la
pénétration et est déterminée par le profil de l’outil de travail.
4. Outils de forage
Dans le domaine du forage plusieurs types d’outils sont utilisés : les outils à picots,
les outils à lame, les outils diamantés, les outils à aciers spéciaux. Pour ces différents types
d’outils, le processus de destruction est différent, le point commun restant l’aptitude de la
roche à être forée, ce qui se traduit par la notion de résistance.
Figure 1 : Quelques types d’outils utilisés dans le forage, outils à picots, outil à lames, outil
diamanté (de gauche à droite).
5. Fluide de forage
19
Favoriser la pénétration de l’outil
Prévenir le levage et les éboulements ainsi que le resserrement des parois
Limiter les venues d’eau et les pertes d’eau
Ne pas gêner les interprétations géologiques
Limiter la corrosion du matériel
Remonter en surface les cuttings
Nettoyage du trou
Refroidissement, lubrification de l’outil et la garniture
Types de produits de forage : Dans les sondages miniers, on rencontre généralement des
produits de forage à base d’eau, de mousses (stabilisées ou non) rarement à base d’huile. Nous
allons nous intéresser aux produits à base d’eau. Ce type de produit présente le grand
avantage de mettre en œuvre deux produits seulement. De ce fait, les caractéristiques physico-
chimiques, donc la stabilité du produit, seront maintenues par l’ajout de l’un ou de l’autre des
composants. Les produits à base d’eau peuvent être :
Foreuse d’exploration (150-2500m) (à gauche), foreuse fond de trou (70-190mm, 3-6m), tiges
de forage.
20
La quantité des substances chimiques pour produire un travail donné dépend de la
nature de la substance.
Exemple : 1 kg d U235 est équivalent à plusieurs tonnes d’explosifs conventionnels.
Mode de décomposition.
Energie
Brisance
Sensibilité
Danger d’incendie
Toxicité des fumées.
Mode de décomposition.
A. La détonation est le régime de décomposition le plus rapide : elle génère une très
haute température, une onde de choc et le dégagement d’un important volume de
gaz, c’est-à-dire les effets mécaniques les plus importants sur le milieu
environnant. Vitesse de détonation ≥ 2000 m/s.
B. La déflagration est une réaction dont la vitesse est comprise entre 200 et 800 m/s.
Ex : poudre noire.
C. La combustion : L’explosif brule sans produire un travail.
Energie.
Elle est le travail que peut réaliser un explosif lors de la transformation de la
chaleur et de la pression en travail mécanique effectif ou utile. Les pertes totales
pendant l’explosif peuvent atteindre 40 à 60 % de l’énergie totale de l’explosif.
Brisance.
La quantité d’énergie contenue dans un explosif ne suffit pas à expliquer qu’une
cartouche de dynamite puisse briser un rail contre lequel elle est placée alors
qu’il n’y a pas de bourrage. C’est la propriété appelée brisance. C’est telle qui
caractérise la grandeur de l’action destructrice de l’explosif sur l’entourage. Elle
est difficile à chiffrer mais on sait qu’elle dépend :
- de la force de l’explosif
- de sa densité
- de la vitesse de détonation.
Elle augmente avec le bourrage.
Sensibilité.
Il y a 3 sortes de sensibilité :
- Sensibilité à l’amorce
- Sensibilité à l’onde explosive
- Sensibilité au choc.
21
Les 2 premières sont des qualités précieuses de l’explosif. La 3ème engendre des
accidents.
A l’amorce, tous les explosifs sont sensibles à 2 gr de fulminate de mercure ou à
un amorçage équivalent en azoture de plomb.
En ce qui concerne la sensibilité à l’onde explosive, on recherche la distance
entre 2 cartouches de 50 gr, diamètre 30mm posés sur 2 plaques de plomb
indépendantes. Cette distance s’appelle Coefficient de Self Excitation (CSE).
Elle varie de 0 à 50 cm et dépend du type d’explosif.
Le CSE croit avec l’augmentation de la densité et tombe à 0 pour une densité
limite. Il diminue considérablement avec l’humidité.
L’essai à l’air libre ne rend pas compte de ce qui se passe dans le trou de mine et
que la distance à laquelle 2 cartouches peuvent exploser dans un espace confiné
est bien plus important qu’à l’air libre (19 fois plus). Mais il faut toujours
craindre par contre qu’entre 2 cartouches se produise l’interposition des matières
inertes (poussières, etc…).
Sous l’effet d’un choc suffisant, tout explosif peut exploser. On mesure cette
sensibilité dans des conditions normalisées par l’énergie d’un choc qui peut
provoquer une explosion avec probabilité de moitié. Pour l’explosif nitraté, on a
la sensibilité au choc de 30 kgm.
Danger d’incendie.
Dans la réglementation française, on appelle explosif de sureté, un explosif qui
ne présente pas des dangers d’explosion en masse sous l’action d’un choc ou
d’une combustion. Pour beaucoup d’explosion, un choc ou un échauffement
local n’entraineront que l’explosion d’une petite quantité de matière et l’explosif
restera sur. La sensibilité au feu comme au choc est très variable suivant les
explosifs.
A. Grandes familles
Six grands types d’explosifs sont disponibles sur le marché français. Ceux-ci sont
présentés dans l’ordre chronologique de leur apparition en France et leur composition est
donnée succinctement dans le tableau 1. Certains produits sont encartouchés, d’autres sont
distribués en vrac, soit conditionnés en sacs en usine, soit fabriqués sur site dans des unités de
fabrication mobile UMF. Dans ce dernier cas, la préparation s’effectue à bord d’un camion,
amené sur la plate-forme de tir, assurant en continu la fabrication de l’explosif et son
chargement dans le trou de mine.
1. Les dynamites contiennent de 10 à 90 % de nitroglycéroglycol (NGL), mélange de
nitroglycérine et de dinitroglycol. C’est la proportion de dinitroglycol qui assure la
qualité antigel d’une dynamite. Les autres composants sont des combustibles (tourbe,
farine de bois, aluminium, etc.) et des comburants (nitrate d’ammonium).
Selon le taux de nitroglycéroglycol, on distingue :
− les dynamites plastiques ou dynamites gommes, contenant plus de 20 % en masse
de NGL gélatinisé par du coton azotique ;
− les dynamites pulvérulentes, contenant moins de 10 à 20 % de NGL et qui se
présentent sous forme de matière pulvérulente ; ces dernières tendent à disparaître du
marché français.
Les dynamites sont commercialisées en cartouches de diamètres compris entre 25 et
90 mm en standard disponible. Leur masse varie entre 50 g et 5 kg. Les étuis sont
22
généralement en papier pour les petits diamètres et en matière plastique pour les autres
diamètres.
2. Les explosifs nitratés sont à base de nitrate d’ammonium (80 % environ en masse) et
d’un explosif pur (trinitrotoluène seul ou mélangé avec de la pentrite). Ils sont
présentés sous la même forme que les dynamites. Ils ont pratiquement disparu du
marché français.
Ces produits peuvent être encartouchés en usine. Ils peuvent être également fabriqués en vrac,
sur site, à l’aide d’unités mobiles de fabrications ou UMF.
23
Les émulsions de base présentent une énergie voisine de celle du nitrate fioul.
L’adjonction d’aluminium et la diminution du taux d’eau permettent d’atteindre des énergies
importantes comparables voire supérieures à celles des dynamites standards.
Des grains de nitrate d’ammonium peuvent être ajoutés au produit en faible proportion (< 20
%) en particulier dans le cas de fabrications sur site.
Les émulsions sont les produits les plus récents, qui permettent de couvrir toute la gamme
usuelle des produits encartouchés du marché.
6. Les nitrates-fiouls alourdis sont les explosifs de la génération la plus récente. Ils
sont constitués par du nitrate-fioul (25 à 75 %) enrobé dans une matrice d’explosif
d’émulsion (25 à 75 %), dont le rôle est d’améliorer les performances et la résistance
à l’eau du nitrate-fioul.
Les nitrates-fiouls alourdis sont surtout utilisés en vrac. Ils se présentent sous la forme :
− de produits granulaires plus ou moins collants lorsque la proportion de nitrate-fioul est
supérieure à 40 % ; dans ce cas, leur chargement en vrac s’effectue par gravité ;
− de pâtes plus ou moins visqueuses contenant des granulés épars de nitrate-fioul
lorsque la proportion de nitrate-fioul est inférieure à 40 % ; dans ce cas, leur
chargement en vrac s’effectue par pompage.
Ces produits, généralement assimilés à la catégorie des émulsions, sont préparés sur
les lieux d’utilisation à partir des constituants de base : nitrate d’ammonium, fioul domestique,
émulsion, et éventuellement sensibilisant.
La présentation des explosifs, pour être complète, doit mentionner trois explosifs spéciaux
particulièrement utilisés sur les chantiers de travaux publics :
− une émulsion allégée présentée sous forme de chapelet de cartouches de diamètre 25
mm (en boudins, avec cordeau latéral) comme la Cisalite ; elle est utilisée pour les
travaux de découpage ou de pré découpage ;
24
Figure4.1 – Unité de fabrication mobile d’explosifs
− le Cisalex, explosif nitraté allégé présenté sous forme de cartouches rigides diamètre
13 ou 17 mm emboîtables avec centreurs et espaceurs ; cet explosif est utile pour les
travaux de découpage en galerie et la démolition ;
− les bousteurs, comme le Boostex 65, relais d’amorçage de 350 g en explosif coulé dont
le pouvoir d’amorçage et la facilité d’emploi sont appréciés dans les travaux de
minage.
B. Caractéristiques pratiques
− les résultats du tir au mortier balistique TMB, test ancien fournissant une
indication approximative de l’énergie, ne sont pas significatifs pour les explosifs
récents ; par ailleurs, les résultats sont fluctuants (des valeurs moyennes sont
données dans les tableaux 2 et 3 ) ;
− l’énergie théorique massique de détonation est issue d’un calcul
thermodynamique de l’énergie théorique dégagée lors de l’explosion ; elle
surestime les explosifs qui contiennent de l’aluminium, la réaction de ce dernier
n’étant pas totale ;
− l’énergie massique mesurée provient d’un test d’explosion réalisé sous l’eau
dans une piscine ; ce dernier fournit une estimation convenable de l’énergie
réelle disponible d’un explosif, prenant en compte son rendement ;
− la mesure de la vitesse de détonation, assez précise, est effectuée sur des
échantillons non confinés de diamètre 30 mm pour les explosifs encartouchés, et
sur des échantillons de diamètre 36 mm confinés dans un tube d’acier ; il faut
signaler que la vitesse de détonation augmente avec le diamètre pour la plupart
des explosifs (de 10 à 50 % dans le cas extrême) ;
− le coefficient de self-excitation CSE émane d’un test de mesure de la distance
moyenne de transmission de la détonation entre de petites cartouches de
diamètre 30 mm à travers un vide d’air ;
− la résistance à l’eau est un critère fondamental dans le choix de l’explosif ; la
présence d’eau dans les trous de mines réduit la sensibilité et l’énergie réelle des
explosifs et, dans les cas extrêmes, entraîne des ratés des explosifs.
Les accessoires du tir sont fondamentaux dans la réussite d’un tir puisque ce sont eux
qui apportent l’énergie au démarrage de la réaction chimique des produits explosifs.
A. Cordeaux détonants
Les cordeaux détonants sont destinés à l’amorçage latéral, tout le long du trou de mine, des
explosifs. Ils sont commercialisés aujourd’hui sous 4 formes :
Les détonateurs initient une détonation dans les explosifs contigus à l’aide d’une
charge amorçante de 0,6 g de pentrite, elle-même activée par un explosif primaire très
sensible (capable de passer d’une combustion ordinaire à une détonation).
Les détonateurs permettent d’effectuer un amorçage ponctuel des explosifs ; ceux-ci pourront
être mis en fond de trou de chantiers souterrains ou dans certains chantiers à ciel ouvert.
L’amorçage ponctuel permet d’obtenir généralement un meilleur rendement des explosifs.
B.1 Détonateurs pyrotechniques
Tous les détonateurs comportent une poudre retardatrice, dont la durée de combustion
s’échelonne :
− pour les courts retards, de 0 à 2 000 ms par pas de :
25 ms pour les détonateurs nos 1 à 20,
100 ms pour les détonateurs nos 24 à 40,
200 ms pour les détonateurs nos 48 à 80 ;
− pour les détonateurs à retard, par pas de 500 ms du no 1 au no 12.
26
− l’exploseur BM-20F-10-PT qui permet de disposer de 10 délais de départ réglables de
1 à 999 ms. Le pas est, de plus, réglable, donc variable entre chaque séquence.
27
Figure 2 – Détonateurs
Alimentés en basse tension et connectés en parallèle à une ligne bus, les détonateurs
électroniques sont très peu sensibles aux courants électriques vagabonds. Ils demeurent
toutefois sensibles aux courants électromagnétiques susceptibles de perturber la
communication avec la console de tir.
4.2.3 Fonctionnement
L’action de l’explosif se caractérise par la succession, voire la superposition, de
plusieurs phénomènes (figure3). Lors de la détonation, une onde de choc (onde de contrainte)
se développe dans l’explosif et se propage, associée à la production d’une très grande quantité
de gaz à très hautes température et pression.
Le transfert de l’énergie de choc de l’explosif vers le milieu connexe est d’autant plus
efficace que le matériau est peu déformable (module d’Young ou vitesse de propagation des
ondes sismiques élevés). L’onde émise est, pour l’essentielle, une onde de compression
radiale à la source (cas d’une onde sphérique correspondant à une source ponctuelle). Cette
onde directe peut excéder la résistance mécanique du matériau, notamment au niveau de
zones de moindre résistance (points d’initiation des fissures). L’onde de compression
s’accompagne d’une onde transversale en traction : la résistance en traction des matériaux
étant très inférieure à celle en compression, l’onde transversale crée une fissuration radiale
souvent importante. Lorsque l’onde de compression directe rencontre une surface de
réflexion, par exemple une interface roche-air, elle se réfléchit en une onde de traction. Cette
dernière peut également créer une fissuration si la contrainte est suffisante. L’ensemble des
discontinuités du matériau réfléchissent partiellement l’onde et accroissent son absorption,
donc limitent l’efficacité de cette « préfracturation ». La répartition de la fracturation par onde
de choc est alors modifiée, localisée entre la charge et les discontinuités « barrières ».
La fracturation générée par les ondes de choc correspond principalement à une rupture
du matériau, créant des fissures d’extension limitée, non connectées, sans déplacement. Elle
est donc généralement très insuffisante pour rompre totalement les matériaux, mais elle est
fondamentale dans les matériaux peu fracturés.
Lorsque l’explosif est confiné au moment de la détonation, les gaz produits par la réaction à
très haute température créent des gradients de pression considérables au sein du milieu
connexe, qui développent des contraintes suffisamment importantes pour continuer la
fissuration. La fracturation de l’ensemble des matériaux est d’autant plus efficace que
l’énergie de gaz est importante, entraînant par la suite leur déplacement.
28
Dans un massif rocheux, toutes les discontinuités internes vont donc jouer un rôle dans le
fonctionnement des produits explosifs, de sorte que l’effet réel des explosifs corresponde aux
interactions entre un massif donné et les produits mis en œuvre. Si les caractéristiques de la
roche, comme sa texture, sa densité ou le type de sa porosité, impliquent un comportement
mécanique particulier, les discontinuités du massif rocheux ont un rôle primordial dans le
couple « massif-explosifs » : les structures sédimentaires, les altérations chimiques plus ou
moins développées, les fractures, leur remplissage variable, leur orientation et leur pendage
par rapport au tir sont susceptibles d’avoir des influences très contrastées sur le
fonctionnement des tirs.
1) le fonctionnement normal des charges pour leur offrir une surface libre et un
volume de dégagement adaptés : il s’agit de la maîtrise du fonctionnement du
tir, mine par mine : à ce principe correspondent des règles dites d’efficacité.
Les processus de fragmentation (propagation des ondes de chocs et des gaz) et
de déplacement de la roche (gonflement du massif) doivent avoir le temps de
se réaliser ;
2) le fonctionnement correct des produits en évitant les problèmes de
désensibilisation de l’explosif (incapacité à s’amorcer) ;
3) la sécurité de fonctionnement de la totalité du tir : le fonctionnement théorique
des produits explosifs et de chaque charge, dans les conditions d’amorçage
données, ne garantit pas le fonctionnement de la totalité du tir mis en œuvre.
D’autres facteurs peuvent être à l’origine d’anomalies ou de
dysfonctionnements graves des tirs. Ces risques sont plus difficiles à
appréhender et correspondent en général à des arrachements de charges, des
projections, ou la coupure du réseau d’amorçage de surface avant l’initiation
de tout le tir.
29
Figure4.3 – Action de l’explosif dans un massif rocheux
À ces trois principes fondamentaux s’ajoute désormais fréquemment la gestion des impacts
sur l’environnement : il faut notamment minimiser les vibrations et la surpression aérienne 4.
Pour des raisons de productivité, les chantiers de travaux publics ou les carrières sont amenés
à mettre en place des tirs comportant de nombreuses rangées. Le respect des règles de
fonctionnement des charges et des tirs et le contrôle des effets dans l’environnement impose
une adaptation des plans de tir.
En plus du bon rendement du tir (déterminé par les contraintes d’exploitation ou de maîtrise
d’œuvre), la conception veille donc à s’affranchir des risques spécifiques aux produits et aux
aléas du massif.
Pression de détonation
C’est la pression de l’onde de choc qui est fonction de la vitesse de détonation et de la densité
de l’explosif. Plus la pression de détonation est grande, grande est la brisance.
2 −6
p=2.5∙ d ∙V ∙10
Où
p est la pression de détonation en kilobars
30
d est la densité de l’explosif en gms/cc
V est la vitesse de détonation en m/s
Avec
n=2.7
√ f
s
qv
N=
γ
Avec
q : consommation d’explosif au m3 de roche [ kg /m 3 ]
γ : Grandeur moyenne d’une charge par trou, en kg
V : volume de roche à tirer, en m3.
V= l.s ; avec l : longueur moyenne des trous, s : surface de l’excavation
Pour ce faire, le système d’amorçage est composé de divers éléments ayant chacun un ou
plusieurs rôles précis :
initiation ;
retard ;
transmission ;
amorçage à proprement parler.
32
4.3.4 Mise en détonation de l’explosif
Elle peut être réalisée par du cordeau détonant (il s’agit alors d’un amorçage latéral),
ou par un détonateur éventuellement accompagné d’un booster ou d’une cartouche (amorçage
ponctuel).
Tous les explosifs présentent des comportements différents selon l’énergie de l’amorçage qui
leur est adjoint. On peut distinguer trois domaines pour des énergies croissantes du dispositif
d’amorçage :
− insensibilité sans perturbation ;
− insensibilité avec perturbation (désensibilisation partielle) ;
− sensibilité.
Il n’y a pas de frontière marquée entre ces domaines. Ainsi passe-t-on continûment, lorsque
l’énergie d’amorçage croît, d’une perturbation de l’explosif à une détonation incomplète, puis
à un régime faible de détonation pour atteindre un régime optimal.
Si les dynamites ou les explosifs nitratés atteignent leur régime optimal (dans des conditions
normales d’utilisation) avec un amorçage latéral au cordeau 12 g/m, il n’en va pas de même
pour les produits plus récents, plus sûrs, mais souvent moins sensibles.
La plupart des explosifs présentent des modifications de sensibilité en fonction des conditions
extérieures :
− les gels, les nitrates et les dynamites sont sensibles à la pression statique. Ils ne
détonent plus, voire ont un régime faible, pour des pressions comprises entre 2 et
4 bar sous l’eau. Ils sont alors déconseillés comme cartouches amorces.
L’utilisation d’un bousteur permet d’éviter cette difficulté ;
− certains explosifs, comme les gels, perdent partiellement leur sensibilité pour des
températures inférieures à 0 ˚C. Il est alors nécessaire d’utiliser un amorçage plus
puissant. Dans le cas d’un amorçage ponctuel, l’explosif ou les explosifs, après la
première initiation, doivent s’amorcer par eux-mêmes. Cela impose deux
conditions :
− absence d’arrêt de la détonation (continuité de la charge) : un explosif peu
sensible ne peut être amorcé que par un produit ayant une pression de détonation,
donc une vitesse de détonation, voisine ;
− compatibilité des explosifs entre eux.
Elle se fait en surface et, pour le cas de l’amorçage ponctuel, dans le trou. Cette
dernière ne doit pas être perturbée par les détonations de charges voisines.
En effet, au cours d’un tir, avec un amorçage latéral, l’onde de choc se propage
perpendiculairement à l’axe du trou de mine. La distance de parcours de l’onde dans
l’explosif est faible, aussi, le plus souvent, la détonation n’atteint-elle pas son régime stable.
Cette diminution du rendement de l’explosif est confirmée par les mesures. L’onde de choc
remontant vers le bourrage est faible, ce qui signifie que la fragmentation y est, a priori,
insuffisante.
Enfin, dans le cas de l’amorçage latéral (comme dans le cas de l’amorçage ponctuel en tête),
les gaz sont formés d’abord en tête de colonne. L’expulsion du bourrage est rapide (risques de
projection) et, en conséquence, le déplacement du pied et de l’ensemble des fragments de
roche du massif est plus faible.
33
On peut donc attendre de l’amorçage latéral :
− un rendement parfois plus faible de l’explosif ;
− une fragmentation moins poussée du massif ;
− des projections éventuelles ;
− un déplacement du pied insuffisant ;
− des blocs au niveau du bourrage.
Dans le cas de l’amorçage ponctuel au pied, l’onde qui descend dans le massif sous-
jacent est faible, alors que celle qui remonte dans la zone de bourrage et qui se réfléchit à la
surface est puissante. De plus, les gaz formés d’abord au pied sont mieux confinés ; ainsi, le
pied est-il bien dégagé. Le bourrage est soumis à une pression des gaz moins importante et
plus tardive, d’où les résultats suivants :
L’amorçage ponctuel en fond de trou est une pratique relativement courante dans le cas des
mines de moins de 6 m. Grâce à la réglementation nouvelle (octobre 1987), cette technique est
autorisée pour l’ensemble des mines et en particulier les mines profondes verticales.
Contrairement à l’amorçage latéral, l’amorçage en fond de trou (amorçage ponctuel) impose
une continuité parfaite de la charge explosive. Dès qu’un doute apparaît sur cette continuité, il
est nécessaire de mettre en œuvre des amorçages complémentaires de sécurité.
Les principales sources de discontinuités (involontaires) sont indiquées dans le tableau 4 et les
dispositifs de sécurité recommandés correspondants sont représentés sur la figure4.5 .
Pour chaque charge individuelle, on doit respecter les mêmes règles que pour l’amorçage en
fond de trou d’une charge unique. La sécurité par cordeau remontant est inutilisable, sauf dans
le cas de la charge supérieure.
Les bourrages entre les charges doivent empêcher la transmission de la détonation d’une
charge à l’autre ou la désensibilisation. Ils devront être dimensionnés en fonction de la
présence d’eau et du diamètre de foration. Ils sont compris entre 6 et 15 fois le diamètre de
foration.
Les matériaux de bourrage doivent être d’une granulométrie suffisante pour éviter qu’ils ne
s’écoulent dans le vide annulaire entre les cartouches et la paroi du trou et pour éviter la
formation de bouchons ou la striction de la charge. Du gravillon 6/10 est d’une taille
généralement suffisante, à cet égard.
4.3.8 Retards
Ils sont soit en surface (relais, raccords, détonateurs sur cordeau, exploseur séquentiel),
soit dans le trou (détonateurs), soit les deux.
La combinaison de retards de surface et de retards de fond de trou permet une simplification
de la mise en place, plus répétitive, et une plus grande souplesse d’utilisation.
Par ailleurs, seule la combinaison de retards de surface et dans le trou autorise la réalisation
des tirs séquentiels, tirs avec un choix de retards qui permet :
le contrôle des projections ;
le contrôle des vibrations ;
une meilleure fragmentation.
Dans un tir séquentiel, chaque trou doit faire son « travail » et uniquement son « travail ».
Dans le cas contraire, on assiste le plus souvent à une fissuration d’un plus grand volume du
massif qui conduit à une granulométrie plus grossière.
Il faut donc laisser au processus de fragmentation de chaque trou le temps de s’achever, soit 3
à 10 ms par mètre de banquette. Cela concerne :
Bien évidemment, pour des raisons d’efficacité, mais également pour des raisons de faisabilité
et de fiabilité, le tir séquentiel est associé à l’amorçage en fond de trou. En effet, si les règles
précédentes étaient appliquées à des tirs amorcés au cordeau détonant en tête, le risque de
35
coupure de ces lignes « descendantes » de cordeaux serait élevé dans de nombreux massifs
rocheux.
Pour éviter une superposition des signaux de vibrations ou plus exactement des premiers pics
de deux signaux de vibrations émis par deux trous, l’intervalle de temps entre deux
détonations de deux trous quelconques doit excéder un intervalle de temps minimal.
Pour deux trous contigus, on adopte une règle plus sévère, avec un minimum de 17 ms. Cette
règle supplémentaire a également un rôle sur l’efficacité du tir.
Cette dernière règle s’applique aussi aux retards entre charges d’un même trou séparées par
des bourrages intermédiaires afin de diminuer la charge unitaire du tir. Ces bourrages devront,
par contre, respecter certaines règles de bon fonctionnement.
36