SEMESTRE 2 – HERVÉ LÉCUYER
COURS DROIT CIVIL
INTRODUCTION
I. Une matière
Applicable à la vie privée des hommes et à leurs rapports entre eux. Nous
en appréhendons le jus commun
a) Qu’est-ce que le droit commun ?
Selon Carbonnier, il y a autant de conceptions de droit communs d’auteurs
qui écrivent sur le droit commun. Il y a droit commun d’une part et droits
spéciaux de l’autre
Définition selon 3 approches :
Approche quantitative : arrêt du 19 décembre 2024 sur une
articulation entre droit spécial des biens et droit commun. Le droit
commun c’est la loi générale, c’est celle qui s’applique en principe à
tous et régir dans une matière donnée toutes les situations.
Approche substantielle ou qualitative : Portalis énonce que la loi
commune statue « sur le cours ordinaire des choses ». Ce droit
commun institue l’ordre juridique normal, chaque personne se
retrouve dans le lieu où il a son principal établissement. François
Gény le considérant comme un « ensemble permettant d’exprimer
un idéal de justice et de vérité. ». Ce droit ne peut être vu que
comme un modèle. La spécialité selon Carbonnier peut être de type
« quantitative » : on passe du genre (droit commun) à l’espèce (droit
spécial). La règle spéciale n’est pas nécessairement dérogatoire.
Ex : dans le droit commun des contrats (art.802) pose un immense
principe : celui de la liberté contractuelle. Celui-ci s’exprime dans la
liberté du choix du contractant, du contrat, et liberté de choisir la
forme du contrat
Approche technique : D’autre part, droit commun, droit civil, comme
l’étalon des autres branches du droit. Celles-ci s’érigent
dérogatoirement au droit commun car loi commune pas
parfaitement adapté à règle saisie et même lorsque dispose d’une
loi spéciale toujours en contemplation de la règle générale et donc
droit commun, civil. Et si droit spécial est taisant alors se satisfait
donc de la solution du droit commun. Conséquences : c’est
reconnaitre du droit commun.
Le droit commun qui s’applique à toutes les situations par principe,
qui statue sur cours ordinaire des choses, qui exprime un idéal de
justice et de raison et qui se révèle par son évidente fonction de
complément des droits spéciaux. Le droit civil remplit toutes les
cases
Exemple : art. 212 et suivants, Carbonnier Art. 516 : le plus bref du Code
civil, « Tous les biens
Exemple : lorsque Code civil s’interroge sur fixation du domicile des
Français, cours ordinaire des choses, domiciliation // fixation du principal
établissement
Exemple de l’art. 1261 : principe de l’acte notarié (consensualisme) pour
contrat de donation.
Prise car législateur ne se satisfaisait pas de la règle la vocation résiduelle
Exemple : le Livre II du Code de commerce : les sociétés commerciales. Or
lacunaire donc compléter par droit civil
Le droit commun, c’est celui qui s’applique par principe à tous les citoyens
qui expriment un idéal de justice e de raison et qui a vocation naturelle à
s’appliquer en cas de silence du droit spécial
II. Deux objets : les personnes et les biens
Droit des personnes.
Droit des biens. 2/5 des livres soit 1/3 du Code civil. Et l’animal ? À voir.
CODE CIVIL :
Le livre I (le droit des personnes) : consacré aux personnes. : art.7 à 515-
14 consacré aux personnes
Le livre II (le droit des biens) : art.516 à 710-1
Le livre III (des différentes manières dont on acquière la propriété́).
Le livre IV (les suretés).
Le livre V (Mayotte).
Le livre premier appréhende la personne de deux manières : ut singuli
(personnes prises isolement) et ut univers (personne a un nom de famille
et appréhendée comme un élément d’une famille). Ainsi tout un volet du
livre I, c’est la personne appréhendée par l’angle de la famille (pacs,
mariage, divorce, succession).
Article 1105 du Code civil : première disposition relative aux contrats
Alinéa 2 bascule sur les dispositions spéciales
Le terme famille n’apparait pas dans le plan du code civil.
A. Les personnes
Le code civil ne définit pas la personne. Bien que ce soit le premier livre, il
n’en donne aucune définition. Est-ce parce qu’il s’agit de droit naturel, et
donc défini intrinsèquement.
Au sens du lexique général, il tient pour synonyme les termes d’être et de
personne.
Livre premier et art. 7 à 515-14 et stupéfait de constater que Code civil ne
définit pas la personne. Extraordinaire car l’objet du livre premier ! Et
pourtant Code civil pas avare de définitions. Or sens commun à tendance
à assimiler les hommes et les personnes. Or cette assimilation, le juriste
ne peut pas la faire (cas des pers morales, cas de la pers qui survit à sa
mort par descendance).
Le droit reconnait en toute personne un être disposant de prérogatives
Toute personne n’est pas nécessairement un être humain.
B. Les biens
Les biens c’est l’avoir.
Style pagnolesque de Cornu en parlant des biens.
Or qu’est-ce qu’un bien ?
Ce sont d’abord les choses qui servent à l’usage de l’homme.
Art.518 du code Civil sur la définition d’un bien immeuble
Le code civil ne le définit pas ! Or lorsque code civil cependant qualifie de
biens, deux séries d’éléments :
A/ les choses Or lorsque le droit voit dans la chose un bien c’est parce que
cette chose est appropriée alors bien. Une chose qui n’est pas approprié́
n’est pas un bien.
B/ les droits sur les choses. Et code civil à coté de cette première
hypothèse, voit aussi les droits sur les choses, des biens. Or pourquoi
conception dualiste ? Car fidèle à une conception forte de la propriété
avec idée de l’exclusivité de la propriété.
Titre I : Les personnes Titre II : Les biens
Or nécessité de prendre conscience qu’en droit français, un concept qui
cimente les personnes aux biens. Le concept de patrimoine.
Tous les droits réels autre que la propriété est en eux-mêmes des biens.
Art.526 sur les immeubles « sont immeubles par l’objet auquel ils
s’appliquent l’usufruit des choses immobilières, les servitudes, les actions
qui tendent à revendiquer un immeuble ».
Conception duale des biens. Les biens comprennent autant des choses
matérielles et des droits.
CHAPITRE INTRODUCTIF :
L’union de la personne et des biens par la théorie du
patrimoine
Le patrimoine : dans le langage commun, ce sont les actifs (// économie).
Or le droit va cultiver le concept juridique de patrimoine de l’acception
commune. Le patrimonial et l’extrapatrimonial, un squelette du droit civil.
Le lien entre les personnes et les biens, du moins dans système français.
Section 1 le patrimoine en soi
Section 2 le lien que le droit français opère entre personne et le patrimoine
Section 1. Le patrimoine en soi
Une pure abstraction, car concept pas de réalité. Une création. 72 art. qui
en parle. Concept éprouvé mais pour autant pas une création de la loi.
Le patrimoine : un concept unitaire, une enveloppe dans laquelle notre
système juridique range d’une part les richesses d’une personne et
d’autre part ses dettes. L’agrégation des richesses et des charges d’une
personne. Le patrimoine n’agrège que des éléments de nature pécuniaire.
Ainsi patrimoine : en termes techniques, ensemble des rapports de droit
appréciables en argent qui ont pour sujet actif (les richesses, les biens) ou
passif (les dettes) une personne. Cet ensemble, ce contenant forme.
Accueille comme enveloppe richesses et dettes mais peu importe
demeure, le contenu passe, le contenant demeure. Ce qui justifie
qu’enfant à la naissance à un patrimoine, un contenant qui ne demande
qu’à s’enrichir d’un contenu.
On passe d’une appréhension ut singuli à une appréhension ut universi
des dettes.
§1. Le patrimoine : une universalité du droit
>Concept d’universalité renvoie à idée d’ensemble, de contenant. Et
ensemble se distingue des éléments qui le composent. Universalité de fait
≠ universalité de droit.
>Universalité de fait : un bien, un élément d’actif. C’est un bien des biens.
Un bien composé d’une pluralité de biens.
1/ La bibliothèque du professeur de droit c’est universalité de fait par
excellence. Un bien composé de toutes une série de biens. Et chacun des
biens composant universalité, sa vie autonome : donner un bouquin,
donation. Je peux détruire un livre, la bibliothèque restera. Or si
bibliothèque entière alors extrapolation, abstraction, saisir un tout comme
un bien, alors intérêt : universalité de fait simplifie considérablement les
échanges !! Passer de la bibli au fonds de commerce, qu’on peut alors
céder comme un seul bien alors même que bail etc.
2/ Le fonds de commerce : une création de la pratique notariale vers fin
XIXe siècle. Une universalité de fait agrégeant tous les éléments attractifs
de la clientèle commerciale. Invention du « fonds de commerce » à partir
du constat selon lequel le commerçant pour attirer sa clientèle réunissait
toute une série d’éléments de captation de clientèle : le choix du local, la
marque, l’enseigne, le stock etc. Autant d’éléments qui peuvent être
appréhendés juridiquement divisiblement (le bail, la marque, le stock
séparément). Pratique notariale convainquit que la réunion de tous ces
éléments un sens car tous ces éléments pouvaient être et universalité de
fait un sens car tous. Et c’est ainsi que naquit fonds de commerce,
universalité de fait, agrégeant tous éléments attractifs de la clientèle. Et
cette pratique accueillie par législateur. Or ce fonds c’est un bien figurant
à l’actif du commerçant et c’est un, un bien de biens. Voilà spécificité de
l’universalité de fait.
Or quel intérêt spéculatif à cette universalité de fait ? Saisir cette
universalité́ de fait en soi en dépassant le particularisme de tous les
éléments le composant :
A/ une vertu simplificatrice considérable et permet
b/ d’éviter la déperdition économique
Ainsi cession d’activité d’un commerçant, soló un acte et un objet : acte
c’est et objet c’est fonds de commerce. Or si pas le cas, déperdition
économique. Car avec universalité de fait, tout vaut plus qu’addition de
chaque élément. Et c’est ce fonds de commerce qui a entre modelé
d’autres. Le législateur, 1990, près d’un siècle après, (lorsque) a institué :
ainsi même fonds agrégeant éléments profession libéral et permettant de
capter leurs clientèles.
>Universalité de droit : le patrimoine une universalité de droit et c’est tout
autre chose. L’universalité de droit c’est l’enveloppe, un ensemble
cohérent qui comprend à la fois un actif et un passif, l’un et l’autre en
étroite corrélation. Une enveloppe qui comprend deux sous- enveloppes
(un actif, un passif). Ensemble dans lequel l’actif répond du passif. Révèle
lui-même cette universalité de droit lorsque consacre, il consacre
implicitement l’universalité de droit et la théorie du patrimoine : «
Quiconque s’est obligé personnellement est tenu de tenir son engagement
sur tous ses biens mobiliers et immobiliers présents et à venir »
Première observation : témoigne de ce que tout l’actif répond du passif,
idée de corrélation
Alors qu’est-ce qu’on constate ?
Deuxième observation : logique de l’universalité de droit est une logique
de masse « tous ses biens ». La nature des biens comme nature des
dettes sont totalement indifférentes. Identification, nature composant ces
masses est totalement indifférente. Autrement dit, logique universalité de
droit :
a/ tous les éléments d’actif (télé, portable, micro, immeuble) sont
équivalents comme éléments de gage des créanciers
b/ Tout élément d’actif (biens) quel qu’ils soient répond de toutes les
dettes (éléments de passif) quel qu’elles soient.
Exemple : prêt et ainsi banque peut saisir le salaire comme immeuble.
Ainsi à travers universalité du propos de différence entre enveloppe et
éléments que comprennent enveloppe.
Troisième observation : Les éléments changent dans le temps mais
l’enveloppe demeure. Ainsi qui pas touché par changement de consistance
de ses masses. Ce qui explique qu’un débiteur est obligé également sur
ses biens à venir.
Exemple : si j’acquiers un bien par donation, acquis le 25 février, alors
qu’on est le 20, celui-ci ne figure pas encore sur mon patrimoine or-
banquier (créancier) peut le saisir si je n’ai pas payer mes dettes.
§2. Le contenu du patrimoine
En quoi se distingue de l’universalité de fait ? Si veut appréhender
concrètement les biens que trouvaient dans patrimoine. Doit dépasser
approche ut universi pour aller voir les masses, ut singuli.
A. Composition de l’actif
Actif qui va répondre du passif.
1/ Composition théorique de l’actif d’un patrimoine. Que vais-je retrouver
potentiellement dans l’enveloppe à l’actif ? On dira qu’on va retrouver
tous les biens ayant valeur patrimoniale, pécuniaire. Summa divisio «
n’intègre le patrimoine que les éléments évaluables en argent ».
Ce qui permet d’opérer distinction majeure entre :
A/ Droits patrimoniaux
B/ Droits extrapatrimoniaux : pas évaluables en argent et donc à
l’extérieur du patrimoine)
Exemple : droit de propriété et téléphone cédé du vendeur à acheteur or
évaluable en argent. Code civil confond propriété́ chose et chose cédée
elle-même.
la personnalité, droits extrapatrimoniaux et matrice de celui-ci, art. 9 «
Chacun a droit au respect de la vie privée » est normalement en soi non-
évaluable en argent contenu de leur objet, idem pour droit à l’image, droit
à l’honneur. Ainsi demeurent droit extrapatrimoniaux (quoiqu’aujourd’hui
à nuancer voir plaquette TD). Or régime juridique applicable est
foncièrement diffèrent selon que patrimonial ou extrapatrimonial.
>Première observation : les droits patrimoniaux et eux seuls sont
cessibles (qu’ils peuvent être cèdes entre vifs, vif ≠ à cause de mort).
>Deuxième observation : les droits patrimoniaux et eux seuls sont
transmissible à cause de mort). Les biens qui à l’actif du patrimoine du
défunt ont vocation à ê transmis, dévolution aux héritiers à cause de mort.
Pas le cas du droit à l’image car droits de la personnalité́ s’éteignent avec
car ∈ commerce juridique, évaluables en argent.
le sujet. Mais droites dérives de l’artiste-interprète transmis aux héritiers
>Les droits patrimoniaux seuls saisissables par créanciers.
Cette distinction reste à nuancer, il n’y a pas de frontières opaques entre
les deux : l’un bascule parfois vers l’autre, en commercialisant quelque
chose avec son nom -valeur patrimoniale comme bordas (arrêt de la Cour
de cassation Bordas en 1985) par exemple- société anonyme qui intègre le
nom, la première société a agi pour protéger son nom commercial.
Exemple : arrêt de la Cour de cassation sur Catherine Deneuve.
B. Composition du passif
En un mot, le passif, c’est la dette. La relation entre les deux (débiteurs
envers le créancier) relève d’une obligation.
Passif : les dettes et même toutes les dettes, quel qu’en soit la nature.
Ainsi dette est légale et source est la loi. Exemple 3 : le, quasiment un
contrat disait, une situation où pas échange des consentements mais qui
va être calqué sur régime d’un contrat. Le quasi-contrat. Exemple. Voisin
en voyage et tempête dans la ville et sa toiture est endommagé. Or
complexité́ de l’appréhension par le droit de l’altruisme : et si voisin refuse
que je sois mandataire de l’acte que j’exécute pour lui ? Le code civil se
méfie de l’altruisme, Carbonnier le dit, ainsi voilà̀ pourquoi l’encadre
précisément. Critère de l’utilité́ de l’acte qui emporte obligation pour le
maitre d’affaire d’indemniser. Si prend l’initiative de réparer la toiture et
sans que maitre de l’affaire n’ait donné son consentement. Or parc cette
situation parc utile alors légalement se rapproche du régime du mandat.
Et ainsi moi voisin comme mandataire. Et une fois que revient doit
indemniser voisin. Exemple 4, faute intentionnelle engendre une
obligation d’indemnisation, une dette d’indemnité : le quasi-délit, faute
pas intentionnelle pas intention de nuire pourtant faute quand même or
doit ê indemnisé. Et c’est cinq sources indifféremment appréhendées par
la loi (art. 2284). Ne distingue en rien la nature de la dette « Quiconque
s’est obligé ». Et temps retenu par l’art., du passé composé : ne fige pas
situation dans le passé, embrasse le passé de manière indiffère, pas
ponctuel comme passé simple. À quelque moment que ce soit.
Section 2. Ce qui fait l’originalité de la conception française du
patrimoine : le lien qu’opère le patrimoine avec la personne
Qu’est-ce qui fait notre spécificité́ ?
Le patrimoine est une universalité́ de droit, une enveloppe susceptible de
contenir des biens et des dettes. Or quels biens ? Quelles dettes ? Qu’est-
ce qui explique la composition active et passive d’un patrimoine en
particulier ? Qu’est-ce qui fait le ciment du patrimoine ?
Or dans l’absolu, plusieurs ciments envisageables. Dans une première
hypothèse, la personne qui est fédératrice, elle qui justifie ce qui y figure
tant à l’actif qu’au passif. Dans une seconde hypothèse, l’activité́ peut ê
fédératrice. Exemple d’un commerçant : sa vie privée et son activité́
professionnelle. Ainsi ne peut-on soutenir que commerçant à la tête de
deux patrimoines ? Le patrimoine affecté à son activité́ pro (activité́, le
ciment, fédérateur) et le patrimoine affecté à sa vie privée. Ainsi activité́ :
à l’actif, tous les biens affectes à l’activité́ pro et au passif, toutes les
dettes engendraient par cette activité́ pro. Ainsi on pourrait avoir autant
de patrimoines que d’activités !
La question posée est la suivante : quel choix le droit français a-t-il opèré ?
Et quels sont les conséquences de ce choix ?
§1. Le choix de la personne comme ciment du patrimoine
Théorie personnaliste du patrimoine
Choix-là pas explicitement fait par le Code civil de 1804. Pas choix
explicite de la personne fait par le code civil. Mais : « sur tous ses biens »
« ses » adjectif possessif, conception personnaliste reflétée avec article
2284.
Or si affirmation pas législative, fut patrimoniale. On la doit à deux
auteurs : Aubry et Rau. Or Salomon Zacharie à Heidelberg, professeur
allemand et enseignait droit français. Et Aubry et Rau, traduction de ses
cours puis ajout d’Aubry et Rau sur traité de droit civil de Zacharié. Et ces
deux-là̀ vont convaincre législateurs français de ce lien étroit entre
patrimoine et personne : « le patrimoine est le reflet de la personne sur le
terrain des intérêts matériels ». Ainsi patrimoine (cette enveloppe) comme
projection de la personnalité de l’Homme considéré́ dans ses relations
avec les objets extérieurs. Ainsi lien entre pers et patrimoine accouche sur
trois affirmations :
/ Tout patrimoine a une pers à sa tête, conséquence : les animaux pas
de patrimoine, l’embryon non plus. Aujourd’hui, affirmation de la
personnalité juridique de l’animal n’existe pas n’existe pas en droit
français et donc n’hérite pas en droit français. bien que plus régime des
choses. Or, si veut léguer à choupette = fondation. Car fondation, une
pers. morale, ainsi voilà manière indirecte de faire bénéficier mon chat de
ma fortune. À la mort de choupette, nécessité que prévoit une activité,
une mission pour fonda qui transcende individu concerné, exemple
protection de la race féline par exemple. Fondation : agrégation de biens.
Rétroactivité de la personnalité = prend patrimoine du père décédé.
Toute personne détient un patrimoine
2/ Toute personne (morale ou physique) a un patrimoine, personne
physique comme morale, ainsi personne physique et enveloppe reconnue
dès la naissance même si vide, de même, association, entreprise, État a
un patrimoine.
3/ Toute personne n’a qu’un patrimoine et qu’un seul. Et cette
affirmation fondamentale. Unicité du patrimoine. Le patrimoine une
émanation de la personnalité, or personne n’est une ainsi patrimoine est
un comme la personne est une. Idée de l’unicité du patrimoine.
Art.2284 : « Quiconque s’est obligé (passé composé) ... présent et à venir
». De la naissance à la mort, soló un seul et unique patrimoine, Ainsi mon
patrimoine a changé́ dans son volet actif mais pour autant enveloppe
demeure la même. « Tous ces biens ». Ainsi dimension spatiale. Car un
seul et unique patrimoine qui agrège, comprend « tous ses biens » à
l’actif, « son engagement » (un singulier pluriel, brasse le plus large), et au
passif, toutes ses dettes donc.
Voilà les fortes affirmations qui révèlent conception française du
patrimoine. Or quelles conséquences à un tel choix ?
Glose pour commentaire d’article : exercice qui existe depuis université de Bologne,
une analyse mot à mot ou expression par expression, bribe par bribe. Exemple : 2284
à dessein le passé composé et pas le passé simple.
Moderato contabile : on y va tout doucement.
Analyse commentaire d’arrêt. Arrêt de rejet ou de cassation, toujours structuré de la
même manière. Énoncé des faits, procédure (en première instance, parfois sait pas
donc soló appel, en appel), si arrêt de rejet alors pourvoi rejeté et c. Cass. Va exposer
les moyens au soutien du pourvoi (entrelacs de faits et de droit qu’auteur du pourvoi
porte à C. Cass. Pour obtenir censure de l’arrêt), réponse de la C. Cass puis C. Cass.
Par ses dispositifs rejette. Énoncé de faits, procédure, si arrêt de cassation et va
exposer le visa, une explicitation du visa avant rappel des faits, puis la position de la
C. d’appel et la réponse à la Cour justifiant la censure.
ARRÊT DE REJET. Faits, procédure, réponse de la C. Cass., dispositifs rejet ≠
ARRÊT DE CASSATION. Visa, explicitation du visa, faits, position cour d’appel, réponse
cour de Cass., dispositif cassation.
Synthèse de la théorie du patrimoine
Selon la théorie du patrimoine de Aubry et Rau, le patrimoine est :
Une universalité de droit
Une émanation de la personnalité
Le patrimoine comme universalité de droit
Le patrimoine est un ensemble de droits et d’obligations rattachés à une
personne. Le patrimoine comprend un actif (les biens ou droits, autrement
dit l’ensemble des rapports de droit qui ont une valeur économique
positive pour la personne) et un passif (les dettes, autrement dit
l’ensemble des rapports de droit qui ont une valeur économique négative
pour la personne).
Le patrimoine est donc un « tout ». Il rassemble tous les rapports
juridiques susceptibles d'être évalués en argent dans lesquels une
personne peut être engagée.
En ce qu'il constitue un ensemble de droits et de dettes, le patrimoine
est donc une universalité de droit, et non une universalité de fait.
En effet, une universalité de droit est précisément un ensemble de droits
et d'obligations, tandis qu'une universalité de fait ne comprend pas de
dettes. Une universalité de fait ne comprend que des droits ou des
choses ; il n'y a pas de passif correspondant. Exemple : le fonds de
commerce.
Le fait que le patrimoine soit une universalité de droit emporte des
conséquences. Ainsi, l’actif répond du passif, c’est-à-dire que les biens ou
droits viennent compenser les dettes.
Cette idée est consacrée par l'article 2284 du Code civil qui dispose que «
quiconque s'est obligé personnellement est tenu de remplir son
engagement sur tous ses biens mobiliers et immobiliers présents et à
venir ».
Le patrimoine comme émanation de la personnalité
Selon la théorie du patrimoine, en plus d'être une universalité de droit, le
patrimoine est également et surtout une émanation de la personnalité.
Ainsi :
Toute personne a un patrimoine. Même si le patrimoine de la personne est
vide, ou que le passif est supérieur à l'actif, le patrimoine existe tout de
même.
Toute personne n’a qu’un patrimoine. C'est ce que l'on appelle le principe
d'unicité du patrimoine. L'unicité du patrimoine signifie qu'il n'est en
principe pas possible de diviser, ou de segmenter son patrimoine. Ainsi,
une personne ne peut en principe avoir deux patrimoines. On verra
toutefois dans la suite de cet article que ce principe est aujourd'hui remis
en cause.
Tout patrimoine implique qu’une personne en est titulaire. Un patrimoine
est en effet forcément lié à une personne. Une chose ne peut pas avoir un
patrimoine.
Tant que la personnalité juridique demeure, le patrimoine ne peut être
transmis. Le patrimoine est effectivement étroitement attaché à la
personnalité juridique. C'est pourquoi une personne ne peut, de son
vivant, céder ou transmettre son patrimoine.
§2. Les conséquences d’un tel choix
Conséquences d’un tel choix, choix d’une conception personnaliste du
patrimoine qui est de trouver dans la personne et non dans activité le
ciment du patrimoine.
1/ Des avantages. Un avantage immense qui justifie que l’on conserve
cette théorie personnaliste du patrimoine en droit français. Un avantage
double. L’avantage c’est la simplicité de la théorie personnaliste
du patrimoine.
A/ Aucune difficulté à définir contours actifs et passifs de mes masses. Tu
es propriétaire, alors c’est à ton actif. Tu as des dettes, c’est à ton passif.
Ainsi très simple de prendre la photographie des droits dont on est
titulaire et des dettes dont on est débiteur. Or si on avait retenu activité cô
ciment du patrimoine, alors dans ce cas, commerçant, le patrimoine
affecté à l’activité (le patrimoine d’affectation en droit allemand)
comprend tous les biens affectés à activité, les autres biens affectés à vie
privée, idem pour ses dettes. Or immédiatement complexification de cette
hypothèse lorsqu’on troque personne pour activité. Exemple : boulanger,
pour les besoins de mon activité, une camionnette qui sert à la fois à livrer
prod du lundi au vendredi mais aussi à avoir activités ludiques du WE.
D’où cette camionnette à l’actif du patrimoine privé ou à l’actif du
patrimoine professionnel ? Or théorie personnaliste : à l’actif du
patrimoine de la personne, raisonne en titularité de droit. Théorie
d’affectation : impose de se prononcer sur destination des biens or pas
nécessairement monochrome, clairement avéré. Autre exemple : avocat
professionnel libéral, appartement aussi son bureau. À quel actif ? Privé ou
personnel ? D’où atout absolument considérable de la théorie perso.
B/ La sécurité des tiers, la sécurité des créanciers : confère la plus grande
garantie possible aux créanciers. Car tous les biens peuvent permettre de
payer les dettes, la plus vaste garantie qu’il soit. Or théorie d’affectation
alors renie le gage général des créanciers, seuls biens affectés à vie privée
permettent de payer dettes. ≠ Théorie personnaliste : où c’est une
sécurité pour créancier (intérêt individuel), pour les créanciers (intérêt
collectif), pour le marché (intérêt général) !
2/ Les inconvénients. Ce qui fait avantage du lien entre personne et
patrimoine en fait aussi l’inconvénient. Non pas simplicité mais sécurité…
A/ Sécurité des créanciers qui peut s’avérer accablante pour débiteurs.
Celui-ci (revers de fortune dans son activité pro) peut tout perdre puisqu’il
oblige tous ses biens, peut hypothéquer le sort de ses biens personnels.
Ainsi péril qu’on fait porter, supporter aux débiteurs quant à vie privée,
familiale. Alors qu’origine de la dette serait professionnel. Or théorie du
patrimoine d’affectation évite cela car dettes pros se paient que sur biens
pro. Or autre exemple, mariage puis divorce et art. 272 prestation
compensatoire. Or cette prestation le débiteur ne peut pas la payer. Dans
ce cas, ex-époux saisit ses biens professionnels. Ainsi biens pros paient
dettes privées. Pour autant pas condamnation de cette théorie, risque de
nuire à l’économie. L’entrepreneur a essayé de limiter sa responsabilité
pour atténuer les effets du droit de gage général et financier.
B/ Le droit français propose des techniques qui tout en demeurant dans
th. Personnaliste qui va permettre de nuancer pour le débiteur les risques
liés à cette théorie via création de personnes morales. Le législateur a
multiplié les instruments permettant de lutter contre le péril des
entrepreneurs. SAS, SARL.
Instrument classique : recourir à la personne juridique. Autant de
structures derrière lesquelles personne physique pourra se protéger. Ainsi
associé dans un cabinet. C’est le cabinet (personne morale) qui est
sur la scène juridique. Et ces sociétés se constituent par apport de
chaque associé (par exemple en numéraire, apport de 10 000 euros) pour
participer à activité de la société. Et la plupart sont à responsabilité
limitée. Signifie que la pers morale s’oblige sur tout son patrimoine. Les
dettes ne sont pas les dettes de la personne physique mis de la personne
morale. Si quatre associés et chacun 10 000 alors patrimoine à l’actif est
de 40 000. Or engagement de chaque associé va être limité à la hauteur
de son apport ! Que risque le professionnel ? Ce qu’il a apporté et pas un
euro de plus. Si avocat a apporté 10 000 et pas plus et que faute pro 3
millions or avocat que 10 000. Ainsi recours aux sociétés permet de limiter
le risque ! Et lorsqu’on limite le risque, on permet l’initiative ! Ainsi limite
l’inconvénient inhérent à th. Personnaliste du patrimoine. Écran de la
personnalité morale.
Différence entre les sociétés de personnes et les sociétés de capitaux.
Les sociétés de personnes sont « transparentes ».
Les sociétés de capitaux (ex : la SAS, la SA), sont « opaques ». Cela
signifie que les créanciers de l’activité économique ne peuvent saisir que
les éléments d’actifs de la personne morale.
Autrement dit, la personne physique échappe aux poursuites des
créanciers professionnels.
La responsabilité de la personne physique est remarquablement limité par
le recours de la société à capitaux, limité à la hauteur de son apport.
On constate aussi que le droit contemporain multiplie ses instruments ; on
y voit croître la contestation du droit positif.
Quels sont-ils ?
Le législateur, soucieux de protéger l’entrepreneur, a d’abord pensé de
rendre insaisissable la résidence principale de l’entrepreneur. On trouve
cette règle dans le code de commerce (L.526-1). Dans un premier temps,
l’on rendit la résidence insaisissable. Dans un deuxième temps (il y a une
dizaine d’années), le législateur est allé jusqu’à autoriser l’entrepreneur
insaisissable y compris ses autres biens immobiliers (il y faut une
déclaration par acte notarier)
Véritable coup porté à la théorie classique du patrimoine
Deuxième manifestation du débat contemporain de la théorie classique
>En 2010, une loi du 15 juin 2010, relative « à l’entrepreneur individuel à
responsabilité limitée » (EIRL). Est concerné un entrepreneur individuel :
celui qui n’a pas eu recoure à une société pour faire une activité
économique.
Cette loi vient offrir la possibilité à cet entrepreneur individuel de faire une
déclaration qui va emporter scission de son patrimoine unique.
Il y a d’une part le patrimoine affecté à l’activité économique et d’autre
part le patrimoine affecté à sa vie personnelle.
Les créanciers personnels pourront se saisir des biens composant notre
patrimoine personnel. Le créancier professionnel ne pourra saisir que les
biens issus de notre actif. Par la volonté de l’entrepreneur, on lie l’unicité
du patrimoine et on reconnait qu’une même personne peut-être à la tête
de deux patrimoines
14 février 2022 : loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante.
Cette loi entend faire œuvre de performance.
C’est-à-dire qu’elle abroge la loi de 2010, fin du statut de l’EIRL
Elle automatise la scission du patrimoine de l’entrepreneur.
De pleins droits, il est à la tête de deux patrimoines, un personnel et un
professionnel.
TITRE PREMIER : LES PERSONNES
Le Code civil, dans son livre premier, ne connait explicitement qu’une
catégorie de personnes, les personnes physiques : l’Homme (lato sensu)
reçu en droit, comme sujet de droit.
Et ce faisant, on constate que code civil passe sous silence les personnes
morales, vocable qui traduit historiquement la perception et la réception
de la personnification des groupements de personnes (physique). « Art.9 :
chacun a droit au respect de sa vie privée »
Pourquoi ne les reconnait-il pas explicitement ? Personne morale existait
déjà à Rome. Or une disposition crée qui est affirmation de l’existence de
la personne morale mais sans le dire.
Pourtant, théorie de la personne morale très récente dans le droit fr. Que
très récemment dégagée après avènement du code civil. Un auteur qui est
à l’origine de la personnalité morale : Michoud, 2 moitié du XIX .
e e
À partir de ce constat, est-ce que ce qui est dit à propos personne
physique est ou non transposable aux personnes morales ?
Exemple Engie : pendant conseil d’admin, presse s’est emparée de l’info
selon laquelle la seule femme directrice générale d’Engie avait été démise
de ses fonctions par conseil de surveillance d’Engie.
Or est-ce que je peux divulguer la teneur des débats qui se sont tenues et
qui ont abouti à éviction de cette personne ?
Ou est-ce que je peux invoquer le droit de la personne morale (ici Engie)
au respect de sa vie privée qui couvrirait la divulgation de ces infos ?
Cette transposition (physique à morale) est-elle recevable ?
La réponse est oui. Personne morale a des droits extrapatrimoniaux.
CHAPITRE PREMIER : LES PERSONNES PHYSIQUES
Tous les êtres humains sont des sujets de droit, car personnes physiques
aux yeux du droit.
On ne tient compte d’aucune considération de sexe, de religions, de
couleur de peau
Loi Bioéthique du 1er juillet 1994 à l’article 16 : « la loi assure la
primauté de la personne » (physique). L’être humain est la priorité
Article 16 impliquant le primat social de l’individu.
Façon dont le droit appréhende la personne physique, qu’il reconnait
comme sujet de droit
- Tout un pan du livre premier consacré à identifier ce qu’est la
personne
- Puis un pan qui accorde les droits fondamentaux à cette personne
physique
SECTION 1 : L’IDENTIFICATION DE LA PERSONNE PHYSIQUE
La loi multiplie les critères d’identification. Il faut encore être certain que
la personne existe. Démarche en deux temps :
§1. L’existence de la personne physique.
Parce que le droit s’offre une certaine latitude, l’existence de la personne
ne peut se réduire aux observations banales
Comment le droit appréhende-t-il la personne physique ?
A. L’acquisition de la personne juridique
L’homme naît sujet de droit.
Cette acquisition de la personne juridique est-elle nécessairement
concomitante à la naissance ? Or le droit doit-il consacrer la vie in-utero
Cela viendrai à reconnaitre un statut juridique avant la naissance
Art.16 : « la loi garantit le respect de l’être humain dès le commencement
de sa vie »
S’il existe une vie avant la naissance, il est susceptible qu’une personne
juridique se forme avant naissance.
Le droit repose sur une doctrine « in fans conceptus ». L’enfant sera
considéré comme né à chaque fois qu’il y va de son intérêt.
Je peux donc reconnaître dans l’enfant conçu un sujet de droit quand il y
va de son intérêt.
Or, comment établir le moment de la conception ?
Exemple, si un enfant est né le 4 févier et que le père est décédé le 15 juin
passé, l’enfant succède-t-il de son père ?
Est-il né de façon prématurée ?
Cela pose la question majeure de la date de la conception.
Fait difficilement connu. Fait seulement connu étant l’acte de naissance.
Or le droit se retrouve face à une situation délicate.
Le moment de conception joue donc un rôle important pour qualifier le
statut juridique.
Le législateur, depuis 1880, dit que l’enfant à nécessairement été conçu
entre un créno donné, défini à l’article 311 du code civil
Entre 180 jours et 300 jours : c’est le délai dans lequel l’enfant a dû être
conçu.
Il ajoute de même la présomption omni meliore memento : c’est l’article
311-2. On comprend que le législateur prend parti de l’intérêt de l’enfant :
« la conception est présumée avoir lieu à un moment quelconque de cette
période suivant ce qui a été demandé dans l’intérêt de l’enfant ». L’enfant
pourra dire qu’il a été conçu dans le délai donné, tant que cela entre dans
son intérêt
Il arrive même que les représentants légaux soient ceux qui décident de la
date de conception dans l’intérêt de leur enfant
Le droit entre dans la vie de l’enfant et reconnait la qualité de sujet à un
être conçu et pas encore né.
La question rebondie :
- Quid s’il est porté atteinte à la vie de l’enfant in-utero ? (Exemple de
l’affaire Pierre Palmade)
Quelle est la réaction du droit ici ?
Engagement pénal du responsable ici ? « Le sujet à porter
involontairement à la vie d’autrui »
Or, si vie in-utero, cela est-il constitutif d’un acte d’homicide involontaire ?
C’est ce qu’entérine l’article 311
La Cour de cassation fut saisie pour cette hypothèse de la mort in utero.
=> Arrêt rendu par la chambre criminelle le 30 juin 1999. Un
médecin avait accompli un acte chirurgical et cet acte avait entraîné la
mort du fœtus qui avait 20 semaines.
La Cour d’appel avait retenu la responsabilité du médecin pour homicide
involontaire
La Cour de cassation casse et annule la décision de la Cour d’appel.
Arrêt rendu en assemblée plénière le 29 juin 2001 sur demande du
président de l’époque
Entre ces deux arrêts, débat doctrinal intense.
Pas d’homicide volontaire en cas de mort du fœtus
Arrêt de la chambre criminelle du 25 juin 2002.
En 1999, cela fait 24 ans que la loi Veil a été voté
Dans ces trois arrêts, pas de motivations car ce sont des débats politiques
autours de la question de l’IVG
Voir L-211 du code de la santé publique
Dans le premier article de ce code, il fait référence à l’article 16 du Code
civil, faisant référence à la primauté de l’individu.
Le débat de 1999 n’est pas encore clos.
Cette conception de la personne est conditionnée à deux choses :
Pour reconnaitre la personne juridique à l’enfant in utero, il faut que
l’enfant naisse vivant et viable. On pourra alors admettre rétroactivement
sa personnalité juridique avant naissance, depuis sa conception.
L’enfant naît vivant s’il respire
Il faut aussi qu’il naisse viable. C’est disposer de tous les organes
essentiels à la vie.
Cela permet rétrospectivement d’établir la personne juridique de l’enfant
in utero.
B. Perte de la personne juridique
D’abord, toute personne meurt.
-Interrogeons-nous d’abord sur la mort d’une personne morale ? Une fois
encore, le droit se joue du réel
Une dissolution d’une société signifie mort
Tout le patrimoine de la personne morale n’est plus rattachée à ladite
personne.
A qui serait-il rattaché ? Aux actionnaires. (Et on assiste à ce moment-là à
l’indivision, décrit par l’article 815-3 dans l’arrêt TD 2
La personne est certes morte, mais c’est une morte vivante du fait de
l’indivision. La personne morale survie à sa propre mort
La mort est donc un concept juridique qui peut s’écarter des réalités.
Pour nous le droit repose sur une fiction. Mais nous sommes tous éternel
en vertu du droit. Étant donné de la continuation de notre personne
malgré la mort physique.
En droit, la mort n’est pas que la mort naturelle.
Par principe, on dira que la personne disparaît avec la vie. Mais il faut
réfléchir sur la perspective de la mort (exemple de l’euthanasie)
Préjudice d’anxiété né à la crainte d’une mort imminente.
Exemple : accident sur un télésiège. On conclut un contrat de transport
avec le gérant du télésiège. Implique une obligation de sécurité envers le
voyageur. Cette obligation est de deux natures différentes selon le
moment où l’accident se produit.
Si nous sommes dans l’aire de départ ou l’aire d’arrivée le gérant doit
mettre tout en œuvre pour notre sécurité.
En revanche, dans le transport lui-même, c’est une obligation de résultat
qui paie sur l’exploitant.
Au titre de cette obligation de cette sécurité, il y a préjudice d’anxiété
devant la perspective de mort
Le droit se saisit donc de ce fait qu’est la mort
Autre exemple : une personne en état végétatif. Cette personne, via ses
représentants, peut-il obtenir réparation de ses préjudices physiques.
La Cour de cassation a dit ici que tant que la personne n’est pas morte, la
personne est en vie. Elle a donc tous les droits de demander à obtenir
réparation des préjudices subis.
Lorsque la mort intervient, Marcel Planiol nous dit que l’homme n’est plus
rien.
Aujourd’hui, le droit Français ne reconnaît qu’une seule mort : la mort
naturelle, la disparition de l’être.
Jusqu’à la moitié du XIXe, il y avait à côté de la mort naturelle la mort
civile. Cela signifiait qu’une personne en bonne santé était considérée
comme morte au regard du droit.
C’était une peine proposée par le Code pénal, qui pouvait accabler les
personnes condamnées à mort ou à perpétuité. Ces personnes étaient
emprisonnées, mais en parfait état de marche. Le droit les reconnaissait
mort.
Cette sanction fut abandonnée par une loi du 31 mai 1854
Or, il demeure aujourd‘hui des cas de morts civiles
Incertitude de la cause, la survenance de la mort
Incertitude sur le critère physique de la mort
Hypothèse : une personne cesse de paraître. A partir de là, 2 situations qui
reposent sur une réflexion en termes de présomption.
Parce qu’elle a cessé de paraître doit-on présumer son décès ? La seule
question à de poser à ce fait inconnu, et quels sont les indices et dans quel
sens font-ils pencher la présomption. Cela dépend alors des circonstances
dans lesquelles la personne à cesser de paraître.
D’abord, imaginons qu’elle a disparu en circonstance de mise en danger et
que son corps n’a pas été retrouvé.
Exemple collision hélicoptère à Washington. 40 corps retrouvés.
Quid des autres ?
Dans ces circonstances, avec un fleuve à 4-5 degrés, les
circonstances sont de nature à mettre leur vie en péril. Le plus
vraisemblable est que ses personnes soient décédées. On peut le
présumer.
Le Code Civil s’exprime alors en termes de disparition.
Cela est prévu à l’article 88.
Quand la personne a disparu, on peut saisir le Tribunal judiciaire pour
constater la disparition et déclarer le décès. Le constat de la disparition
emporte preuve du décès.
Mais qui en a l’initiative ?
Remarque : Le tribunal ne peut pas s’auto-saisir, mais saisi par une tierce
personne.
Le Code civil ne le prévoit pas.
Le droit français, pour les juridictions, est hostile à l’auto-saisine.
Parce qu’il a une perception considérant qu’’un juge qui s’auto-saisi
manque d’impartialité. Le droit a abandonné progressivement le droit à
l’auto-saisine.
+ Condition de recevabilité en justice ; article 31 du code de procédure
civile. Pour agir en justice il faut un intérêt légitime
Il appartient au tribunal de constater la disparition
La juridiction du fond juge du fait, doit vérifier et apprécier les
circonstances de nature à mettre la vie d’une personne en danger (article
88)
C’est ce que montre l’arrêt de la première chambre civile le 14 mars
1995, n° 92-21 226
Plus un commentaire, celui du professeur Jean Hauser, RTDC page 83
Arrêt du 20 septembre n° 20 -15 998
Il est présumé absent, donc il est en vie, donc il préserve ces droits et
obligations
Le mariage de l’absent n’est pas dissous (article 227 qui dispose qu’il est
dissous par le décès et par le divorce).
Or il est présumé en vie, donc le mariage n’est pas dissous.
Seulement, les années passent et il ne réapparaît pas. Les circonstances
se chargent alors d’une dimension temporelle.
Le droit intègre cette dimension temporelle parmi les indices capable de
former une présomption de décès. Article 122 du code civil (les mêmes
partis peuvent saisir le juge et lui demandent de déclarer l’absence =
présomption de mort). Il équivaut au constat officiel du décès de la
personne : on ouvre sa succession, le mariage est dissous.
Or, il n’y a pas de corps, donc c’est une forte probabilité de décès que le
droit transforme en certitude. La mort n’est pas certaine.
On ne peut donc pas exclure que le déclaré absent réapparaissent. Le
droit s’empare de cette perspective de réapparition (articles 129 et
suivants qui envisagent la réapparition du déclaré-absent) La mort civile
ne peut alors se superposer nécessairement à la mort civile.
L’absence dans le droit français est synonyme de mort civile.
Or, le législateur ne prévoit pas la réapparition du disparu. On peut
imaginer cette réapparition. Il faudra la traiter par analogie.
En cas de réapparition de l’absent, il n’a plus de conjoint, plus de
patrimoine, succession réglée. Il n’est rien.
Imaginons que la personne présumée morte réapparaisse et commette un
préjudice. Peut-on reprocher à une personne présumée morte la
responsabilité juridique, alors qu’il est non-sujet de droit ?
Et de même, quid de son mariage : il n’a plus de conjoint.
Et enfin, quid des autres éléments de sujets extrapatrimoniaux sur
lesquels le législateur ne dit rien ?
Si disparition alors qu’il à un enfant de 2 ans et réapparait lorsqu’il en a
14, reste-il responsable légal de son fils ?
Il est important de déterminer le moment du décès, mais encore faut-il
connaître le critère de la mort.
Qu’est-ce la mort ?
Source légales et sources jurisprudentielles de la définition de la mort.
Critère légal : Définition précise de la mort du code de la santé publique
quant au prélèvement d’organe
Dans l’article R 1232-1 du code de la santé publique
Pourquoi le législateur a donné une définition spécifique de la mort en
matière de prélèvement d’organes ? Il fallait donner un critère assez
libéral avant qu’il ne soit trop tard. Un critère qui soit le plus anticipé
possible pour ne pas que les organes pourrissent
Critère jurisprudentiel : pendant longtemps, le critère de la mort était de
nature somatique, relative au corps dans sa dimension physique. Il ne
respire plus, le corps ne bat plus.
Appréciation de type physique de la mort
Puis avancée des technologies, on passe au critère de la mort cérébrale
L’arrêt témoin du passage du somatique au cérébral du 2 juillet
1993 du Conseil d’État.
Patient maintenu en survie somatique, le médecin procède à des
expérimentations sur ce corps. Agissait-il sur un mort ou non ? Il était de
toute façon sanctionnable en vertu du respect de la dignité et du cadavre.
Il faut donc pouvoir prouver la mort.
Nécessité de déclarer le décès et d’un constat officiel de ce décès
Article 78 du code civil traite de cela : qui peut déclarer le décès ?
La déclaration du décès peut provenir d’un parent ou d’une personne
possédant sur son état civil les références les plus exacts et les plus précis
sur cedi homme. Ainsi, il est ouvert au-delà du cercle familial à n’importe
qui détenant ses informations
Et l’acte de décès concrétise, par l’officier d’État civil du commun où le
décès est intervenu, finalise le décès.
Actualité : La mort comme un fait politique : projet de lii relatif à
l’accompagnement des malades et à la fin de vie ; présenté le 10 avril
2024 en Conseil des ministres. Le projet initial avait deux violets : un sur
les soins palliatifs, et un sur l’aide à mourir
Présenté à l’AN le 27 mai 2024.
Or, dissolution à ce moment de l’AN. Donc le parcours de ce projet de
réforme a été stoppé. La tentation actuelle du PM est de scindé le projet
en 2. On présenterait alors deux projets au Parlement.
§2. L’individualisation de la personne physique
Chacun est unique, même au regard du droit.
Série d’éléments distinctifs qui vont composer l’État civil de la personne.
État civil consigné dans l’acte de naissance. Cela permet-il d’assurer l’idée
que la personne est un être stable et régulier, comme continu et égal à lui-
même.
Que serait l’homme s’il n’avait pas d’épaisseur juridique dans le temps ?
On parle alors du concept d’identité. C’est ce qui permet d’isoler et de
distinguer une personne de l’autre. Le sexe, le nom, le prénom, la
nationalité, l’affiliation…
Ces éléments stables constituent chez l’homme le sentiment permanent
d’identité
A. L’identification de la personne physique
1)Le sexe
D’abord le sexe de la personne : la femme et l’homme. Donnée naturelle
qui a des conséquences
Arrêt de la CA de Paris, 18 janvier 1974, Dalloz 1974 page 1961, un con
qui se dit être des deux sexes doit OBLIGATOIREMENT se rattacher à l’un
des deux sexes.
Reconsidéré par l’arrêt de la première chambre civile de la Cour de
cassation au n° 16-117 189
Saisi par un homme qui demandait une rectification de son acte de
naissance non pas pour substituer le sexe, mais pour mettre la mention
sexe neutre.
Théorie du genre : le sexe tiendra de différences culturelles et non
physiologique.
Or, quel critère du sexe à retenir en droit ?
Le premier auquel on pense est le critère physiologique
Détaillé dans un arrêt du Conseil d’État.
Ce critère ne peut être remis en cause, comme le mentionne l’article 57
du Code civile.
De même la loi du 2 aout 2021 qui introduit un second alinéa à l’article
57 : impossibilité de déterminer le sexe de l’enfant en cas d’absence de
sexe à la naissance
On offre au représentants légaux de l’enfant : père/mère ou le procureur
de la République, la capacité de se rapprocher de l’officier d’État civil dans
les trois mois pour porter alors le sexe de l’enfant.
Mais quid alors si l’officier est saisi après les trois mois ?
A partir du moment où la personne murit et choisit son sexe, doit-on le
prendre en considération ?
On peut prendre le critère physiologique oui, mais dans l’alternative
homme/femme : c’est ce que présent le transsexualisme.
Le critère psychologique permettrait de sortir de ce critère alternatif : c’est
la question du sexe neutre (ni homme ni femme) : prend des médicaments
alors
> Arrêt du 4 mai 2017 par la première chambre civile, n° 16-
17.189.
Homme inscrit au sexe masculin. Il saisit le juge d’une demande de
rectification de son acte de naissance, et que soit remplacé sexe neutre à
sexe masculin, ou, à défaut, intersexe.
Observation : il présent des caractéristiques des deux sexes : il est
hermaphrodite.
Il demande de sortir des dispositions de 1974 (qui rattache à l’un des deux
sexes)
Après un pourvoi riche, arrêt de rejet
La Cour de cassation raisonne en trois temps pour refuser cette mention
de sexe neutre :
> La loi française ne permet pas un sexe autre que masculin et féminin
> Elle s’élève ensuite dans la hiérarchie des normes et saisi l’article 8 de
la CEDH : droit au respect de la vie privée. Elle l’intègre dans son
raisonnement. L’identité sexuelle est couverte par cet article 8 de la CEDH
Elle ajoute aussi que la dualité des énonciations relatives au sexe poursuit
un but légitime en ce qu’elle est nécessaire à l’organisation sociale et
juridique. La reconnaissance par le juge d’un sexe neutre aurait de
profondes répercussions sur le système de droit français, construit sur la
binarité des sexes.
A partir de là on pourrait dire que la lecture est terminée
> MAIS, la Cour d’appel, voyant que celui-ci étant reconnu comme homme
par les tiers, car il en avait l’apparence conforme au titre d’homme.
La cour d’appel constate cela. La Cour de cassation considère qu’elle en a
déduit que l’atteinte à son droit au respect de l’avis privée n’ait pas
entravé au regard du but poursuivi
LE 3E MOYEN RUINE LES 1 ET 2
Il y a atteinte ainsi au respect de la vie privée lorsque la mention neutre
n’est pas inscrite sur l’acte de naissance.
Quid en cas de désaccord et disharmonie entre le titre et la Fama ?
La cour de cassation a voulu envoyé un message de fermeté dans les 1
et 2 : première lecture
Puis elle laisse la porte ouverte dans le 3ème temps de la motivation.
+ Dans la vie de couple, il y avait une grande inégalité dans les rapports
sociaux dans le couple
Loi du 23 décembre 1985 qui enterre les derniers rapports inégalitaires
entre les deux
Jusqu’en 1965 avec la loi Carbonnier, la femme ne pouvait pas ouvrir de
compte bancaire sans accord de leur mari.
> Aujourd’hui, les droits sont les même dans le couple -> Article 515 du
code civil qui donne une définition du concubinage entre deux personnes
« de sexes différents ou de même sexe ». Même chose pour le PACS et le
mariage (article 543) -> Voir terme abrogation
> Dans la relation parent/ enfant, le sexe des parents en est indifférent
jusqu’à la loi du 4 juin 1970.
La personne de l’enfant est son patrimoine, abandonnée jusque-là à la
puissance paternelle, substitue l’autorité parentale.
DONC père et ère ont les mêmes devoirs et même statut au regard de
l’enfant
Article 735 du code civil
Article 321-11 relatif au nom de famille.
Article 326 du code civil pour faculté de demander à accoucher sous X,
donc de s’opposer à l’établissement du lien de filiation
II reste une distinction homme-femme pour l’établissement du lien de
filiation. Mater semper certa est : il suffit qu’elle soit dès lors désignée
dans l’acte de naissance.
Les technique d’établissement du lien de filiation diffère selon le lien des
parents
Le sexe est devenu une chose indifférente.
2) L’âge
L’âge légal
C’est un âge qui permet de définir les classes d’âge.
Par exemple, la loi du 6 juillet 1989, le régime de baux est différent entre
ceux ayant plus et moins de 65 ans.
Jusqu’en 1974, majorité en France à 21 ans, aujourd’hui à 18 ans.
Article 145 du Code civil réserve une dérogation à l’âge de 18 ans pour se
marier.
Le procureur peut accorder des dispenses d’âge pour motif grave.
Par cette décision, on retrouve une perspective par émancipation du
mariage.
Dans 9 cas sur 10, c’est lorsque la femme est enceinte qu’il y a un accord
de dérogation à se marier en tant que mineur
Le mineur peut aussi être émancipé à l’âge de 16 ans sur la demande de
ses pères et mères.
on saisit le juge des tutelles pour cela. Mais l’article 413-1 exige là-dessus
de justes motifs.
Ils peuvent être de natures très diverses.
Prise ne compte de l’âge réel de plus en plus flagrante dans le droit positif.
Le droit se bouge pour appréhender le vieillissement de la population qui
tend à être grand-remplacée.
Depuis une loi du 28 décembre 2015, relative à l’adaptation de la société
au vieillissement de la population.
Sexe, âge, et maintenant le nom
3) Le nom
C’est le nom patronymique
L’enfant porte le nom de son père
Principe patronymique historiquement clé de responsabilisation du père.
Les juristes de l’Ancien Régime l’expliquent précisément.
Aujourd’hui, le code civil parle de « nom de famille » à défaut de « nom
patronymique »
Cette substitution a un sens profond
Avant de l’appréhender, on s’intéresse aux fonctions du nom, auquel on
adosse un prénom. A quoi ça sert.
Planiol ne voit qu’une seule fonction au nom alors qu’il y en a trois :
> Le nom est une institution de police civile. Nous sommes société et elle
est composé de chacun de nous, et il faut que chaque membre soit
identifiable. Nom facteur d’ordre, élément d’individualisation. Le nom à lui-
seul ne permet pas tout (avec prénom), mais il remplit cette fonction
sociale)
> Rôle familial : la famille unifiée autour du nom.
Nom signe de l’appartenance familiale : « nom de famille »
Le nom révèle au droit cette entité qui est l’intermédiaire entre l’individu
et l’État.
> Nom élément de la personnalité, élément qui participe de l’état de la
personne.
C’est ce que présente Michel Gobert, qui a écrit Le nom ou la redécouverte
d’un masque. C’est un article datant d’il y a 45 ans
Diversité des sources, jurisprudence et la coutume depuis la loi fructidor
an II.
Jusque dans les années 2000 c’était un usage
Sources internationales et nationales
Sources internationales :
> Deux pactes des Nations Unies relatifs aux droits civiques et politiques
de 1966. Ils viennent combler des vides : certaines dispositions n’étant
pas dans la convention européenne. Et ils sont self-exécutif.
Dans l’un de ses deux pactes, il y a aussi mention du nom
> Dans la convention de New York relative au droit de l’enfant contient
deux articles 7 et 8 sur le nom de l’enfant
La convention américaine relative au droit de l’homme également self-
exécutive
Profusion des sources internationales au regard de ce concept de
nom.
> Question de l’attribution du nom :
QUESTION D’ACTUALITÉ PRÉNOM FAÑCH
L’attribution du nom est fondamentale. L’acte de naissance doit indiquer
le nom de l’enfant.
L’article 57 du code civil relatif à l’acte de naissance. Les prénoms donnés,
le nom de famille doivent en être énoncés.
Et il mentionne aussi les caractéristiques des pères et mères
C’est l’enfant qui fait la famille. On ne reçoit qu’un livret de famille qu’à la
naissance du premier enfant. Article 57 neutralité : le législateur
contemporain considère que l’enfant fait la famille
Quant à l’attribution du nom, celui-ci nous est imposé. Il n’était pas
abandonné à la volonté individuelle de l’enfant. On prend
automatiquement le nom du père : principe patronymique
Deux lois relatives au nom en deux ans quant à cette émancipation
progressive en Europe :
> Loi du 4 mars 2002 relative au nom de famille
> Loi du 18 juin 2003 relative à la dévolution du nom de famille. La
deuxième loi a corrigé la première
Deux idées majeures :
> Le nom devait être prolongement de l’égalité des deux sexes : il fallait
alors s’émanciper de
ce principe d’inégalité.
> Il fallait sauvegarder le patrimoine onomastique (la diversité des noms)
Si une femme port un nom rare, pour le préserver, il fallait le transmettre
à sa descendance.
Donc il y a une quête de l’égalité des sexes à travers cette décision
Elles justifient une tentative d’abandon du principe patronymique
Pour la solution, il faut ainsi s’en remettre aux volontés individuelles. On
passe d’un nom imposé à un nom choisi.
Voir article 311-21 qui est le fruit des deux lois de 2002-2003., On en
distingue au moins trois types de situations :
> La filiation de l’enfant est établie à l’égard des deux parents.
Mais on peut y regrouper plusieurs hypothèses :
- lien de filiation fait entre parents dès la naissance
La filiation de l’enfant est établie au plus tard du jour de naissance de
l’enfant.
Dans ce cas, à l’article 321-11, les parents choisissent e nom de famille
qui lui est dévolu.
Soit le nom du père (donc un choix) soit le nom de la mère, soit leurs deux
noms accolés dans l’ordre qu’ils choisissent dans la limite d’un nom de
famille pour chacun d’eux.
Exemple : Dupond et Martin deux noms de familles. Choix possible :
Martin, Dupond, Martin-Dupond, Dupond-Martin.
Principe patronymique dépassé
Exemple : si pas de nom attribué, l’enfant prend le nom de celui des
parents à l’égard duquel sa filiation est établie en premier
Exemple positif : enfant né hors-mariage, il faut que le père reconnaisse
l’enfant, et pour la mère Mater semper est. Cela est une course à la
reconnaissance du nom : le premier à la mairie pour reconnaître l’enfant ;
Course à la reconnaissance prénatale
Ou sinon, pas de déclaration conjointe effectuée et filiation établie
simultanément. Dans ce cas, l’enfant prend le nom de son père ; retour au
principe patronymique
Exemple : désaccord entre les parents. Le législateur fait un choix par
défaut. L’enfant prend les deux noms dans la limite du premier nom de
famille pour chacun des parents, accolés dans l’ordre alphabétique
- ou le père reconnait l’enfant après son enregistrement à l’État civil et
donc après la mise en place du nom de la mère à l’enfant.
Si l’enfant vient à être reconnu, le nom de famille rétrograde en prénom
> Régime juridique du nom :
a) C’est la question de l’immutabilité du nom : Je nais et je meurs sous le
même nom
Elle reste de principe, mais souffre de plus en plus d’exception
Sur l’immutabilité du nom
L’une des plus vieilles lois françaises, du 6 fructidor an II. (23 août 1794)
Exemple de saint Martin ù la Cour de cassation a appliqué la zone des 50
pas sur les moyens d’ordonnances signées par François Ier.
Article Ier de la loi du 6 fructidor an II : aucun citoyen ne pourra porter de
nom ni de prénom autre que ceux exprimés dans son acte de naissance
ceux qui les auraient quittés sont tenus de les reprendre
Y est affirmé le principe de l’immutabilité du nom
Elle se décline en deux expressions :
> Chaque citoyen doit porter son nom
pour pouvoir identifier chaque membre, il faut que chacun porte leur nom.
On sanctionnera pénalement celui qui utiliserait un autre nom, au regard
qu’il entrave la fonction principale de ce nom
On tolère néanmoins l’usage du pseudonyme
Arrêt du 19 février 1975 pour protéger le pseudonyme n°73-13.214
En l’espèce, lancement de marque de lingerie à son pseudonyme.
Demande d’interdiction de son pseudo à cette marque. Rejet du pourvoi
et acceptation des dispositions de la CA visant à protéger le pseudonyme.
Le droit va interdire le recours au pseudonyme.
Exemple typique en matière médicale (L 4113-3 du code de la Santé
publique, qui interdit l’exercice de la médecine, de l’art dentaire et de la
profession de sage-femme sous un pseudonyme à des fins d’identification
transparente)
Parfois le droit autorise telle activité par ailleurs sous pseudo. C’est le cas
des officiers de police judiciaire. Lorsqu’ils vont eux-mêmes sur les
réseaux par exemple. Premier texte du 21 octobre 2015, arrêté
ministériel, autorisant à l’utilisation d’un pseudonyme lorsqu’ils entendent
infiltrer les réseaux.
Arrêt du 28 janvier 2025 autorisant l’usage d’un pseudonyme protecteur
pour leurs enquêtes
Cela relève du contentieux
Arrêt du 4 février 2025 en chambre criminelle, n°23-83.171
En l’espèce, enquête pour terrorisme, fait sous pseudonyme. Le prévenu
demande la nullité de l’enquête en s’appuyant sur des fondements
européens. La Cour de cassation approuve les juges du fond.
Deuxième proposition de ce principe d’immutabilité : c’est que nul ne peut
changer de nom à sa guise. On nait et on meurt sous un même nom. Il y a
des hypothèses de changements de nom.
Parfois, ils se font par voie de conséquence.
Autre hypothèse, via la conséquence d’une adoption.
Encore en cas de mariage. Depuis la loi Taubira du 17 mai 2013 (article
225-1 du code civil texte de loi : possibilité pour chacun des époux
d’utiliser le nom de son conjoint, soit par substitution, soit par adjonction
Changement de nom à titre principale : loi Moretti : hypothèses libérales
> Changement de nom à titre principal. Suivre la procédure des articles 21
à 21-4 du code civil. Procédure administrative. Changement de nom
autorisé par la Chancellerie.
Il faut selon cet article un intérêt légitime :
> Changement de nom pour préserver le patrimoine onomastique selon
l’article 61-2 du CC
> Demande de changement de nom pour échapper à un nom ridicule.
C’est l’intérêt le plus fréquemment évoqué. Le conseil d’État est de plus
en plus sentimental : depuis 2014, il considère que des motifs d’ordre
affectif peuvent justifier le changement de nom.
On prend l’exemple de l’avis du conseil d’État du 31 janvier 2014.
En l’espèce, père détestable. Pour cela, les deux frères ont demandé
symboliquement un changement de nom, qu’ils ont obtenu. C’est la
première fois que le CE a tenu compte dans ses motifs des dispositions
sentimentales
En découle de cela toute une publicité de changement de nom en
l’inscrivant au JO.
Loi du 2 mars 2022 relative au changement de nom qui l’appréhende de
manière beaucoup plus libérale.
Elle amène deux changements :
> Elle met en place une procédure simplifiée de changement de nom, que
l’on retrouve à l’article 61-3-1 : « toute personne majeurs peut demander
à l’officier d’État civil son changement de nom au fin de porter l’un des
noms consignés à l’article 311-21 »
Loi en 2022 : nouvel article 311-24-2 du Code civil, réalisant cette
deuxième ouverture : toute personne majeurs peut porter à titre d’usage
l’un des noms prévus à l’article 311-21
Autre observation : la Chancellerie est en émoi. Par une simple déclaration
à l’officier d’État civil, sans publicité, je change de nom
Alors, QUID de la police ayant fiché un individu ? La fraude explose alors.
Le libéralisme montre alors une limite forte, en rapport avec la police, qui
a un lien étroit avec le nom.
b) C’est la question de la défense du nom
Le porteur légitime du nom est fondé légitimement à le défendre.
Il peut agir contre celui qui a usurpé son nom : action en usurpation qui
aboutit à l’interdiction judiciaire faite à l’usurpateur de porter le nom
Cela peut être un litige purement privé
Exemple de Michel Poniatowski (ministres intérieurs sous Giscard
d’Estaing) qui a interdit à un tiers d’avoir usurpé son nom
De même lorsqu’il est cas de raison commerciales (voir fiche de TD)
A des fins abusives d’un nom aussi : emplois des noms de familles au
cinéma par exemple.
Contentieux sur l’utilisation abusive dans le cinéma, la littérature.
Mais le juge peut y être mal à l’aise puisqu’il y a la conjonction de deux
droits opposés : le droit au nom dont celui se plaint la victime d’une part
et la liberté d’expression de l’autre
On le fait alors au cas par cas, par un contrôle de proportionnalité. Cette
atteinte est-elle légitime ?
4) Le prénom
Il permet d’individualiser
Aucune limite (6-7 prénoms possibles). Choix laissé à l’appréciation
souveraine des parents.
Il y a eu une totale liberté pour un temps, mais la loi du 11 germinal an XI
(1803 par Napoléon Ier) qui dispose que seront seuls reçus comme
prénoms sur les actes de l'état civil, les noms en usage dans les
calendriers français ou ceux des personnages connus de l'histoire
ancienne. Ce choix appartient aux parents. (Loi Zemmour)
Le législateur de 1993 à ensuite abandonné cette règle. C’est-à-dire que le
principe de liberté est abusé, et que la seule boussole est l’intérêt de
l’enfant
Voir observation professeur Chénedé, via l’arrêt de la Cour d’appel de
Versailles du 7 octobre 2010. Les parents ayant appelé leur enfant Titeuf,
la CA a refusé cette nomination. Les parents se sont pourvus en cassation
(Civ 1re., 15 février 2012, n° 10-27512). La Cour de cassation s’étant
réfugié derrière les décisions des juges du fond
B. La localisation de la personne physique
Un État a besoin de localiser des personnes sur son territoire. Au visa de la
notion de domicile. Toute personnes ont un domicile. L’article 102 du code
civil dispose que le domicile de tout français quant à l’exercice des droits
civils est le lieu où il a son principal établissement
Comment déterminer le domicile ? et à quelle fin ?
1) Question de détermination du domicile
La personne est une, le patrimoine est un, le domicile est unique. Le code
le dit à l’article 102. Le domicile est un. La Cour de cassation l’affirme
dans la chambre des requêtes le 1er février 1911 au Siret. On ne peut,
légalement, qu’avoir un seul domicile.
On accepte néanmoins de faire élection de domicile.
Élection de domicile à définir. Affirmation de l’unicité de domicile se
nuance dans le cas d’élection de domicile (en cas d’auto-entreprenariat
par exemple)
Quant aux critères d’identification de désignation du domicile :
> Il est au lieu de son principal établissement. Un établissement suppose
une installation (un toit, des murs), peu importe le titre qui nous permet
d’en jouir (propriétaire, usufruitier, locataire). Le domicile est un lieu de
rattachement fixe et permanent. Or, certains n’en n’ont pas :
Le sdf n’est pas mentionné par la Code civil, mais par la pratique. Ils sont
rattachés à la mairie. Quant au sort aussi des bateliers : en situation de
nomadisme, comment fixer leur domicile ?
Pour les bateliers, l’exécutif dresse une liste de communes auxquelles le
batelier peut se rattacher. Il va faire le choix volontaire de rattachement à
l’une de ces communes.
Idem pour les forains, qui fait lui un choix pour deux années. Faute d’un
critère naturel, on utilise un critère volontaire
2) Les fonctions du domicile
Important de fixer la personne dans l’espace car :
> Le domicile commande la loi applicable. Le critère de rattachement à tel
pays déclenche la mise en place de la loi dudit pays
> Car le domicile commande la compétence judiciaire
> Les particularismes géographiques sont essentiels.
§3. Le traitement juridique des informations relatives à la
personne physique
A. La nécessité d’un traitement
État civil essentiel pour la personne elle-même.
Exemple : acquisition d’un immeuble. On y assure la publicité de la
transmission ; Parce que l’on y recourt, on exige la confection d’un acte
notarier.
- Cet acte débute par le rappel des mentions des États civils de chacun.
Ces éléments sont ainsi essentiels à a pratique notariale.
- Ensuite, on s’assure de la situation matrimoniale de la personne. Car cela
pour exercer une influence sur le pouvoir de la personne.
Voir article 1536-1 sur la séparation de bien lors du mariage : chacun
dispose de ses biens ante ou post mariage. On est traité comme deux
célibataires patrimonialement parlant
Le notaire a ainsi besoin de cette information fondamentale. Ce sont les
pouvoirs d’agir qui sont ici en cause.
- Et puis il y a nécessité de savoir l’âge de la personne (majeure ou non)
voir 1145 et suivants.
B. La mise en œuvre de ce traitement
1) Il passe par des actes
Les éléments de l’État civil sont conciliés par écrit et conservés par écrit
(numérisés depuis 2016).
Instrumentor qui permet de conserver les éléments de l’Etat : ce sont les
actes de l’Etat civil, dressés par l’officier d’Etat civil, qui en garanti la
conservation et la publicité.
Ces actes saisissent des faits, et servent de support à certaines
informations
a) Les actes de l’Etat civil vont concilier les grands évènements de la vie
de l’individu :
- Acte de mariage
- Acte de décès
Seulement, ces actes peuvent parfois avoir l’objet d’être le support
d’informations extérieures de la personne.
On a donc prévu un répertoire civil. La seule chose, c’est que lorsqu’une
information est portée sur ce répertoire, l’officier y impose une mention
sur l’acte de naissance.
b) Ils servent de support à d’autres information
2) Les acteurs
Avant 1792, services de l’Etat civil détenu par les maires et ses adjoints au
nom de l’Etat. Cela est consigné dans le Code générale des collectivités
territoriales, expliquant que cet acte peut être délégué à de simples
agents communaux
A l’instar de l’acte notarier, l’acte d’état civil est authentique.
Cela signifie que jusqu’à ce qu’aboutisse la procédure pénale spécifique
devant le juge pénal, l’acte est présumé vrai. Les mentions dans l’acte
sont quasi-présumées vraies.
(Aux US, une vente sur 3 aboutit à un contentieux ; En France c’est moins
de 0,1%)
SECTION 2 : LES DROITS PRIMORDIAUX DE LA PERSONNE
PHYSIQUE
Tout d’abord, ce sont des droits, on va donc les classer dans la catégorie
de droit subjectif.
-Pourquoi les qualifier de primordiaux ? puisqu’ils sont intrinsèques à la
personne humaine. Ils sont innés et non acquis.
Comment les classer dans le système juridique.
- Au sommet on a la Liberté, puis la déclinaison de cette Liberté, les
Libertés, et au troisième, la mise en œuvre des droits subjectifs (dont les
droits communs) par cette Liberté.
- Gilles le Breton explique que le pouvoir de liberté est « le pouvoir
d’autodétermination en vertu duquel l’homme choisit lui-même son
comportement personnel ». Tout ce qui n’est pas interdit est permis
- Ensuite les libertés tierce : la liberté de circulation (dans Schengen par
exemple), la liberté d’expression, la liberté de commerce et d’industrie.
Comment s’inscrivent alors les droits subjectifs ? La liberté est l’amont des
droits subjectifs. Paul Roubier : « la liberté est une prérogative qui
concerne la construction même de l’édifice juridique ». Chronologie
naturelle ici
La liberté est la genèse des droits.
Illustration : la liberté de conscience. On a la DDHC de 1789 consigné à
l’article 10 (placé sous le signe de l’Être suprême) : Nul ne doit être
iniquité pour ses opinions, mêmes religieuses. Puis la loi de 1905 sur la
séparation de l’Etat et de l’Église.
Exemple n°1 : quid de la cause de conscience du médecin ? Au visa du
serment d’Hippocrate, il eut néanmoins valu son droit de ne pas faire (de
ne pas procéder à une IVG par exemple)
Exemple n°2 : quid de la clause de conscience du journaliste ? Il peut se
retirer du média parce qu’il prend une orientation qui ne convient pas au
journaliste. Voir article L 7112-5 du Code du travail : on y protège le
journaliste qui fait valoir sa clause de conscience.
PACS article 515-5 et le mariage à l’article 144.
Le CC a refusé aux officiers d’Etat civil la clause de conscience dans ses
actes pour la célébration du mariage : voir la QPC du 18 octobre 2013, au
n°2015-353
- Les droits fondamentaux
Ils ont reconnus par des instruments de sources multiples (Code civil, Code
pénal)
Ces droits primordiaux et fondamentaux ont une logique horizontale et
verticale
Verticale : on peut les opposer à l’Etat, dans laquelle on mobilise la DDHC
Horizontale : on l’oppose à d’autres personnes privées, notamment à celui
qui capte et diffuse mon image par exemple, dans laquelle on mobilise le
droit de la personnalité par exemple.
Que sont les droits fondamentaux ? Quels en sont ses objets ?
L’objet de ces droits, c’est le corps de la personne. Cela repose sur les
articles 16 et suivants du Code civil. Et l’autre aspect, c’est la dignité de la
personne
§1. Le corps de la personne
Article 16-1 qui s’articule en trois temps
Alinéa 1 : « chacun a droit au respect de son corps »
Alinéa 2 : « le corps humain est inviolable »
Alinéa 3 : « Le corps humain, ses éléments et ses produits, ne peuvent
faire l’objet d’un droit patrimonial »
Jamais le texte cependant ne parle de la personne. L’article 16-1 pourrait-il
alors aussi concerner les morts
A. La protection du corps du mort
Le cadavre est protégé par le droit. On eût pu penser que la protection du
corps reposait sur la personne. Mais à resonner de cette manière, on
aurait réservé la protection à la personne vivante. On aurait conclu qu’au
décès, le corps n’a plus besoin de protection
Or le droit protège le cadavre en soit.
La dépouille appelle le respect.
- Cela a toujours été vrai, et cela est reconnu dans l’article 16-1. Et l’article
16-1-1 est quant à lui propre au cadavre.
Le respect du corps humain ne cesse pas avec la mort.
> On protège le corps en soi, pour soi
> On protège le cadavre pour ce qu’il a été : le support d’une personne
> On le protège par hommage et respect à la personne qui l’a porté
Le cadavre est protégé
Illustration :
- Le respect dû au corps ne cesse pas avec la mort
Code de la Santé publique.
Le prélèvement d’organe post mortem. (Voir TD S1). Si pas de respect, la
loi serait ouverte au corps et pas de protection
- Illustration jurisprudentielle
Exposition prévue à Paris qui avait pour objet d’exposer des cadavres. Est-
ce admissible
Arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation au n° de
pourvoi 09-67.466, rendu le 16 septembre 2010.
Elle vise l’article 16-1-1 en disant que les restes des personnes décédés
doivent être traités avec respect, dignité et décence. L’exposition a alors
été interdite
(+ Voir l’arrêt rendu le 29 octobre 2014 par la première chambre civile au
n°13-19.729 où elle approuve la CA d’avoir annuler contrat d’assurance
pour cause illicite)
B. La protection du corps vivant
En le protégeant ? En tant que support de la personne ou protection en
soi ?
Le corps vivant est protégé en droit pour trois raisons :
- Il faut le protéger contre des actes juridiques qui viendraient l’affecter
- Contre les actes médicaux susceptibles de l’atteindre
- Contre les actes scientifiques
1) Le corps objet d’acte juridique
Depuis quelques décennies, on adopte une démarche en deux temps :
- Appréhender le corps en soi, comme un tout
- Appréhender les éléments et les produits du corps
a) Le corps en soi
Grand principe : principe d’indisponibilité du corps humain.
Article 16-1-3 : il n’est pas une marchandise
Elle est hors du commerce
On ne peut pas convenir sur lui. Il ne peut pas être objet de contrat. Cela
condamne dans un certain sens fermement l’esclavage, comme les
conventions relatives au strip-tease.
Convention de tatouage : porte-t-on atteinte à son corps
Exemple : fille qui jouait un rôle dans lequel était prévu un tatouage
sur le bras. On décide de retirer la partie de la peau de la personne après
le tournage car il considère que c’est la propriété du producteur. Le TGI
rejette cette disposition en raison de l’indisponibilité du corps humain
Exemple : quant à la GPA. Affirmation d’abord jurisprudentielle :
arrêt de la Cour de cassation en 1991 en Assemblée plénière sur le
premier pourvoi. + demande d’avis d’un tiers.
Réponse assemblée plénière limpide : non à la GPA sur le motif que
la convention par laquelle la femme s’engage à concevoir et à
porter un enfant pour l’abandonner à sa naissance. Contrevient tant
au principe d’ordre public d’indisponibilité du corps humain, qu’à
celui de l’indisponibilité de l’état des personnes. DONC RÉPONSE
INDISCUTABLE
1994 : première loi bioéthique du 29 juillet 1994. Elle consacre
le principe dégagé par la Cour de cassation à l’article 16-7 du Code civil.
« Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le
compte d’autrui est nulle ».
- A ce stade, aucune ambiguïté en droit français, mais débat dans la
société, derrière l’argument que l’on autorise un couple de femme à
accéder à la maternité, le principe d’égalité implique un champ de même
pour les couples hommes pédé.
- Refus de la GPA considérée comme anti-social. Accès quel que soit la
catégorie CSP. Or, si France, où cela est interdit, quid des endroits où s’est
autorisé ?
Logique anti-sociale dans le cadre mondialiste
Seulement, juges plus sensibles que les législateurs su ce débat : arrêt du
14 novembre 2024 en première chambre civile au n°23-50016
Faits : femme française qui se rend seule au Canada pour recourir à
un GPA. Elle partage aucun lien biologique avec l’enfant. Il est conçu à
partir de deux gamètes mâle et femelle portée par une troisième
personne. Décision de justice canadienne qui reconnait la femme comme
mère légale de l’enfant
Encore faut-il une reconnaissance des autorités françaises de la mère
comme parent légale de l’enfant, alors reconnu par le juge canadien ?
On peut alors recourir à l’adoption (absence de lien biologique)
Demander aux autorités françaises de reconnaître la décision canadienne.
On saisit le juge français d’une demande « d’exéquatur ». C’est la
reconnaissance de l’existence et de la portée d’une décision étrangère.
Mais à quelle condition ? Que celle-ci soit conforme à l’ordre public
international français.
Quid d’une personne française condamnée à mort par un juridiction
étrangère ? La France ne l’acceptera pas car peine de mort abolie.
Réponse : la CA reconnaît le lien de filiation, mais elle considère que
l’enfant est adopté.
On reconnaît le lien de filiation mais on la ramène dans le domaine
accepté en France.
Pourvoi en cassation : Réponse de la Cour de cassation. Ordre
français ne fait obstacle à la reconnaissance d’une décision étrangère qui
établit un lien de filiation, entre un enfant né d’un GPA à l’étranger, et un
parent avec lequel il ne partage aucun lien biologique
Elle reproche simplement à la CA d’avoir rapproché le lien à un lien
d’adoption
Remarque : Débat de la GPA loin d’être terminée, puisque au sein de
la 1 chambre civile, violent conflit entre ceux qui l’on entériné et ceux qui
e
en sont opposés.
b) Les éléments ou les produits du corps humain
Glissement en droit depuis 50 ans et traduit par les lois bioéthiques
successives dans le Code civil.
- Dans un premier temps, on considérait que les éléments du corps
humain méritaient la même protection que le cops en lui-même. Ainsi,
toute convention à leurs sujets (à titre onéreux ou gratuits) étaient
interdits.
- Puis progressivement, on a vu que le sang ne se vend pas, le rein ne se
vend pas. Ils se donnent. Évolution : on passe d’une prohibition de toute
convention à une interdiction des conventions à titre onéreux. (Don de
sang et don d’organe)
2) Le corps humain est objet d’actes médicaux
Ils supposent l’atteinte au corps, même s’il s’agit de soigner
Dans quelle mesure l’acte médicale peut-il légitimement porter atteinte à
l’intégrité de la personne physique ?
C’est la jurisprudence qui en a posé les critères
Puis c’est la loi de 1994 qui en a reçu les enseignements
Voir article 16-3 du Code civil inséré par la loi de 1994, disposant
l’hypothèse du corps comme objet d’acte médical : « Il ne peut être porté
atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale
pour la personne ou à titre exceptionnel dans l'intérêt thérapeutique
d'autrui ».
3 conditions :
- Il faut une nécessité médicale
Le droit va encadrer très sévèrement l’acte de chirurgie médicale
Le médecin est tenu d’une obligation de moyens : il ne peut garantir à son
patient de le guérir. On ne lui reprochera jamais de ne pas avoir réussi.
Le seul fait que le résultat ne soit pas obtenu engage la responsabilité du
médecin
Aussi on compte la stérilisation de confort. Longtemps interdite en droit
français, jusqu’à une loi du 4 juillet 2001, relative à une disposition L 2123-
1 du code de la santé publique admettant la stérilisation de confort
- Il faut un intérêt thérapeutique au visa de l’article 16-3
Le code civil reste plus attentif à la santé de l’individu quand le code de la
santé publique revêt une ampleur générale. La matière biblicale est
partagée entre ces deux codes.
Mais le législateur admet aussi récemment explicitement que l’intérêt
thérapeutique peut être ultérieur à l’article 16-3
Intérêt thérapeutique d’autrui. Qui est cet autrui ?
- Je loue l’altruisme de la personne qui donne un rein par exemple et
autorise qu’elle le donne à n’importe qui
- le don est tellement fort que celui qui en bénéficie doit être un proche du
donneur.
Exigence à l’article L1231-1 du code de la Santé publique : « Le
prélèvement d'organes sur une personne vivante, qui en fait le don, ne
peut être opéré que dans l'intérêt thérapeutique direct d'un receveur. »
- Il faut le consentement du patient (très délicat)
Article qui pose exigence au consentement depuis une loi de 2016, bien
que posé par la Cour depuis le XIX : article L 1111-4 du code de la santé
publique. C’est donc le 4ème article. Emplacement révélateur de son
importance. Issu d’une moi du 2 février 2016 qui crée des droits pour les
personnes en fin de vie.
Pour consentir, il faut être informé : le médecin dit être tenu d’une
obligation d’information
Anecdote : médecin dans les années 1970, revirement de jurisprudence.
La patiente avait souffert du risque exceptionnel. Assignation du médecin
au début des années 2000. La patiente victime du cas sur 100 000
assigne le médecin sur manquement d’informations.
Décision de la Cour de cassation : engagement de la responsabilité du
médecin
=> Rétroactivité de la jurisprudence
Elle considère depuis que l’obligation d’information prônait également
l’information sur les risques exceptionnels.
Si on exige un consentement, c’est qu’on considère alors que l’on ne peut
pas consentir
Tout patient a le droit de refuser de recevoir un traitement. Lorsque la
patiente refuse ce traitement, le médecin doit tout de même
l’accompagner et notamment lorsqu’il est en fin de vie. Un
accompagnement de palliatif. Le médecin à l’obligation de respecter la
volonté du patient : condition sine qua non de l’acte médical
Certaines situations où le consentement du patient ne peut être recueilli :
- Une urgence : seul cas où le législateur peut se passer du consentement
- La personne est hors-d ‘état de consentir, mais pas d’urgence vitale.
Dans ce cas, le législateur reste fidèle au consentement, en d’adressant à
l’entourage du patient
Aussi, chacun peut choisir une personne de confiance dans la mesure où
l’on ne peut pas consentir : article L 1111-6 du code de la Santé publique
=> Le droit entoure, protège cette conception du consentement
3) Le corps objet d’acte scientifique
Est-ce-que le corps humain peut être sujet de recherche médicale ? On y
distingue deux hypothèses :
- Expérimentation sur un être humain et sur un fœtus
Sur une personne vivante : On ne commercialise pas un vaccin sans
espérer une série d’étapes
Comment le code de la Santé publique s’empare-t-il de cette question ?
=> Voir articles 1121-1 et suivants
Non encore né : derrière cette question, se pose celle du statut juridique
de l’embryon (embryon jusqu’à la 8e semaine de gestation). Les lois
bioéthiques se sont emparées de cette question
> AMP (Assistance médicale à procréation) pose un enjeu considérable :
faut-il anonymiser les donneurs de gamètes ?
> Banques entreposent le sang du cordon ombilical
Les lois bioéthiques s’opposent à cela
Le droit reconnait des droits primordiaux
§2. La dignité de la personne
Étymologie : dignitas (latin)
C’est « se dit des choses où l’on sent éminence et noblesse ». C’est ça la
dignité humaine.
=> Voir Phillipe Mallory
La dignité est d’abord une notion philosophique avant d’être juridique
Concept de dignité en droit que l’on retrouve dans pas mal de
constitutions étrangères :
Exemple de la loi fondamental allemande article 1er du 8 mai 1949 : « La
dignité de l’être humain est intangible. Tous pouvoirs publics sont tenus
de la respecté »
La jurisprudence n’hésite pas à invoquer et sanctionner directement le
principe de la dignité.
C’est ce que montre l’arrêt de la chambre criminelle de la Cour de
cassation le 10 janvier 1995, au numéro de pourvoi n°94-82198
=> Il s’agit de mettre un terme à des comportements critiquables
pendant le temps de la garde à vue. En l’espèce, l’individu en garde à vue
était victime d’humiliation en GAV (nu au milieu de la pièce)
La Cour se saisit de cela au visa que cela porte atteinte à la dignité
humaine.
Le juge n’hésite pas à invoquer puis sanctionner directement le principe
de dignité
Droit au respect de la vie privée – droit à l’image – droit à l’honneur
A. Le droit au respect de la vie privée
Article 9 du Code civil : « chacun a droit au respect de sa vie privée »
Le législateur à intégrer cela par la loi du 17 juillet 1970
Sous Pompidou
Évènements affaire Markovic (atteinte physique) + photo pub Pompidou
(atteinte image PR)
=> de cela il exige la mise en place de l’article 9
Consacre un droit subjectif
Article 8 de la CEDH « vie privée et vie familiale »
1) Le contenu du droit au respect de la vie privée
En deux temps :
a) Les contours du droit
Un sujet : chacun a droit au respect de sa vie privée. Pronom indéfini, c’est
nous tous. On appréhende tout le monde
Ce droit au respect à la vie privée est reconnu à tous, même aux mineurs
(bien que passant par ses représentants légaux). Ce sont autant les
anonymes que les personnes publiques
Sorte d’adaptation de la norme. Les contours de la vie privée de la
personne publique ne sont pas les mêmes.
Il y a une sorte de consentement quant à l’immission dans la vie privée =
adaptation du droit aux personnes publiques. Si pas de consentement, la
personne publique sera protégée à l’instar de la personne privée
Illustration : arrêt deuxième chambre civile le 5 janvier 1983 n°81-13374.
Arrêt Isabelle Adjani
Les artistes, comme tout autre personne, ont droit au respect de leur vie
privée. La maternité fait partie de celle-ci.
Consentement, tolérance de la personne publique ? Elle avait pris soin
d’éviter que cette grossesse soit divulguée : pas de consentement
Arrêt résume :
Personne publique à l’instar vie privée
Question maternité
Pas de consentement
Un objet : la vie privée. Mais la difficulté est dans la détermination des
contours de cette vie privée.
Exemple de l’article de Badinter JCP 1969 sur une détermination du
contenu de la vie privée. Il avait proposé une sorte de définition négative
de la vie privée : est privée ce qui ne relève pas de la vie professionnelle.
Deux approches :
- La CEDH : n’a qu’une vision générique de la vie privée
Exemple : arrêt du 28 mai 2009 de la CEDH :
- Le droit au respect de la vie privée, ayant un fondement
conventionnel, protège le droit à l’épanouissement personnel.
- « Que ce soit sous la forme du développement personnel ou sous
l’aspect de l’autonomie personnel »
Approche générique décevante : définition ne permet pas de distinguer les
sphères privées des sphères professionnelles.
- Établissement d’une casuistique au cas par cas
La casuistique c’est : résolution des problèmes pratiques par une
discussion entre, d'une part, des principes généraux (règles) ou des cas
similaires (jurisprudence) et, d'autre part, la considération des
particularités du cas étudié (cas réel).
Cela nous condamne à nous remettre entre les mains du juge. Frustrant
car on ne peut pas faire autre chose que d’accepter les enchainements de
décisions judiciaires. Incapacité de définir abstraitement les contours de la
vie privée
Voir Arrêt Adjani (à travailler)
Dans l’arrêt, la Cour de cassation va dans ce sens de casuistique. Elle
évite le débat et affirme la maternité élément de la vie privée sans aucune
motivation. Logique casuistique car u cas par cas. On y est condamné en
ce sens.
Englobe dans ce cas la maternité, la vie amoureuse, l’orientation sexuelle,
la santé
Or, la santé d’un Président de la République (depuis Mitterrand) publie
chaque trimestre un bulletin de santé. Seulement, la santé ne relève-t-elle
pas de la vie privée ? Paradoxe
Aussi, la vie familiale participe à la vie privée
Jurisprudence récente considère que l’adresse et le domicile participent
également à la vie privée. Paradoxe là aussi.
Nous sommes ainsi obligés d’adopter une démarche casuistique pour
définir le domaine de la vie privée.
La difficulté étant de distinguer vie privée et professionnelle (publique).
Dans la mesure notamment où un élément professionnel s’immisce dans
la sphère privée et inversement ?
Un employeur peut viser à obtenir des éléments d’informations privées de
la personne.
>Exemple : une institutrice d’un établissement catholique mariée, divorce
et se remarie. Cela constitue-t-il un moyen de licenciement dans la
mesure où le remariage est considéré comme adultère dans le
catholicisme ?
C’est l’arrêt du 19 mai 1978 rendu en Assemblée Plénière, au numéro de
pourvoi n°76-41211
L’assemblée plénière a soutenu la légitimité du licenciement
> Exemple : problème divulgation informations d’ordre patrimonial. L’État
de fortune d’une personne relèverait de sa vie privée.
Arrêt La Fleur 28 mai 1991 rendu par la première chambre civile, et publié
dans la presse
Cette information rendue publique était jointe d’une déclaration de non-
paiement des impôts.
Assignation en justice. La CA considère que cela ne porte pas atteinte car
il s’agit d’éléments d’ordre purement patrimonial, et donc n’implique pas
directement la vie privée de la personne
Arrêt contestable puisque la révélation d’un chiffre divulgue une idée des
conditions de vie de l’individu et donc une forme d’atteinte au droit à la
vie privée.
Lecture à contrario : si on divulgue non seulement des informations
d’ordre patrimonial, mais aussi des éléments qui atteignent la vie privée,
alors on entrave l’article 9
>Exemple : première chambre civile, le 30 mai 2000 arrêt Johnny Halliday
C’est la lecture à contrario de l’arrêt La Fleur
Moyen de l’article 9
L’organe de presse avait révélé l’état de fortune de Johnny
Mais la Cour de cassation souligne qu’il y a non seulement divulgation
infos fortunes, mais aussi des informations sur le mode de vie et la
personnalité de Johnny. Forme ainsi d’atteinte à la vie privée
>Exemple : hôtesse de l’air enceinte. A partir d’un certain mois on ne peut
lus exercer. Elle cache cela pour travailler. Immission dans sa vie privée
lorsqu’il y a contestation.
b) La vigueur du droit
La Cour de cassation a qualifié le droit à la vie privée comme principe
essentiel du droit français : rendu par la première chambre civil, le 4
novembre 2010, n°09-15302
La vie privée est objet dans ce cas d’un droit subjectif (apport de la loi de
1970)
Il n’en existait pas avant 1970 mais on le protégeait pourtant
>Exemple de Grace Kelly : photographiée à son insu et publiée dans la
presse.
Dans ce cas, ceux qui portèrent à leur vie privée étaient sanctionnés
malgré l’absence de l’article 9
On opérait sur le terrain de la responsabilité civile : c’est l’article 1240
En revanche, depuis 1970, ce droit est protégé en soi, intrinsèquement,
sans même avoi besoin de prouver la faute de celui qui porte atteinte
>Exemple : photographe lors de la F1 à Monaco. Dans une photo prise,
personne célèbre, prise à son insu, qui apparaît enceinte, et la publie, sans
l’avoir vu
Bien que le photographe ne l’ait pas vu, il fut sanctionné au visa de
l’article 9
*Logique de responsabilité avant 1970 atteintes à la vie privée que si
faute établie
*Logique de droit subjectif après 1970 attente même si pas faute (arrêt F1
Monaco)
Si respect de la vie privée droit subjectif, je peux y renoncer, soit au
passage d’un élément de nature privée à la sphère privée : le
consentement peut remettre en cause l’atteinte p la vie privée
-> On peut autoriser la presse : de nature expresse ou tacite :
déplacement frontière public privée
> Exemple : Voir arrêt première chambre civile le 7 mars 2006 n°04-
20715
Chauffeur de taxi filmé du matin au soir par les caméras d’une émission à
laquelle il participe. Il avait consenti à cela. Le chauffeur assigne pourtant
M6 pour atteinte à le vie privée.
La Cour de cassation montre pourtant que e chauffeur a consenti
tacitement à cela
Elle considère qu’il n’y a eu aucune atteinte à la vie privée du taxi car il
avait clairement consenti.
Droit subjectif alors abandonné au bon-vouloir de son titulaire
> Loi 1970 passe à une logique de droit subjectif, davantage protecteur et
responsabilise son titulaire, car on peut y renoncer. Elle est ainsi une
forme de responsabilisation de chacun de nous.
Remarque : le droit au respect à la vie privée peut se même à d’autres.
Doit-il alors les surpasser ?
Illustration : Le droit de l’historien. Puis-je révéler amants et maîtresses
des politiciens ? NON
On prend l’exemple de Napoléon III. Ses maîtresses sont visibles par
exemple sur Wikipédia
Le droit à la connaissance historique se mêle ici au respect a droit à la vie
privée
La DDHC suppose un droit d’information du public. S’opposent
frontalement le droit au respect à la vie privée et le droit à l’information
publique.
Exemple de l’orientation sexuelle d’un politique dévoyé, la Cour de
cassation révèle que le droit à l’information prime. Le droit au respect à la
vie privée se plie
Observation : il n’y a pas en soi un droit qui l’emporte sur l’autre, pas de
hiérarchisation des droits subjectifs
>Exemple : Arrêt du 9 juillet 2003, disposant que le droit au respect à la
vie privée et la liberté d’expression revêtent une identique valeur
normative. Relève alors du cas par cas
Remarques :
- Droit au respect à la vie privée tassé minimisation de l’article 9 : chacun
à finalement « peut-être » droit à cela
- Et on agit au cas par cas
- Difficulté entre la vie privée et l’information publique : droit vie privée
(individuel), droit information publique (intérêt général)
Depuis 2013, le droit à l’information publique l’a toujours emporté
2) Sanction du droit au respect à la vie privée
1970 : voici que le législateur est resté dans la logique de la
responsabilité.
Le juge choisit toujours le mode de réparation le plus adéquat : soit en
nature ou par équivalent
En nature : on revient sur ce qui a été fait
Elle consiste en le retrait du dommage. Seulement c’est trop tard
(exemple livre médecin François Mitterrand)
On intervient à posteriori et donc la réparation en dommages et intérêts
(par équivalent) est la plus adéquate
Seulement, au regard de l’article 9-2 qui pose le principe de réparation à
priori
> Exemple : Alain Delon apprend que le lendemain sera publié une info
comme quoi il a une maîtresse et qu’il s’apprêtait à quitter sa femme
Saisi le juge des référés et celui-ci décide d’interdire la diffusion dans
l’ensemble de VIIIe arrondissement afin que le fils d’Alain Delon ne le
sache pas
Cela montre l’intérêt de la réparation en nature en a mont (le magazine
sera sanctionné ensuite)
B. Le droit à l’image
1) Le droit à l’image se distingue du droit au respect à la vie privée, même
si l’image lorsqu’elle est atteinte, la vie privée l’est également.
Exemple : arrêt du rocher de Monaco ; captation image atteinte vie privée
Or deux fondements distincts. L’un peut être atteint sans entraver l’autre
Exemple : Une caricature est une atteinte au droit à l’image sans pour
autant atteinte à la vie privée
2) Le droit à l’image n’a pas de fondement légal : la jurisprudence a
suppléé cette carence. L’article 9 du Code devient la matrice du droit de la
personnalité : le droit à l’image est ainsi protégé sur le fondement de cet
article
3) Or qu’est-ce que l’image d’une personne ?
> Approche abstraite : représentation des traits de la personne
Exemple par la photographie, par le film, par la caricature.
L’atteinte à l’image est réalisée lorsqu’il y a diffusion de celle-ci.
> La jurisprudence sanctionne l’atteinte au droit à l’image par la simple
captation
N’y aurait-il pas de consentement tacite lorsque la captation de l’image
intervient dans le domaine public ?
La jurisprudence résonne :
> Selon qu’elle est captée dans un lieu public : le consentement à la
captation de l’image est consenti
> Lorsque prise dans un lieu privé, on doit absolument obtenir le
consentement de la personne
Observations :
> Le droit à l’image est en concours avec d’autres droits
> Le droit à l’image peut plier devant d’autre
Or comment va-t-on sanctionner le droit à l’image ?
> Par sanctions civiles : ce sont les mêmes que celles au respect au droit à
le vie privée : par équivalents (dommages et intérêts) ou sanction en
nature (retirer la photo par exemple)
> Par sanctions pénales (explicitement dans le code pénal) : article L 226-
1. Il interdit au moyen d’un quelconque procédé, volontairement, de porter
atteinte à la vie privée d’autrui, en fixant, enregistrant ou transmettant
sans le consentement de celle-ci l’image d’une personne se trouvant dans
un lieu privé.
On sanctionne une image prise dans un lieu privé sans le consentement.
Le code pénal fait une sorte de résumer de la Cour de cassation
Aussi, le code pénal établit un lien entre droit à l’image et droit au respect
à la vie privée.
Sorte de présomption que la captation de l’image en lieu rivée est une
atteinte au droit à la vie privée.
Montant de la sanction : 1 an de prison et 45 000 € d’amende
C. Le droit à l’honneur
Formule doctrinale en France. Pas d’affirmation de ce droit dans le code
civil ou pénal. On réunit certains éléments. Certains pays étrangers
l’établissent (exemple du code civil québécois)
Selon le Littré, l’honneur, c’est l’estime, la gloire et la considération que
l’on obtient de ses semblables. Aussi, c’est l’ensemble des règles avec
lesquelles on obtient cela.
Ce droit à l’honneur connaît des manifestations dans le code ou en
dehors :
> Dans le code civil : article 9-1 : le droit au respect de la présomption
d’innocence : Tant que l’individu n’a pas été rendu coupable, il est
présumé innocent. Or l’article ne définit pas la présomption d’innocence.
Comme s’il renvoie à l’article 9 de la DDHC : « Tout homme étant
présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé
indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour
s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi »
Valeur constitutionnelle à la présomption d’innocence donc remise
en cause de l’utilité de l’article 9-1, si ce n’est que symbolique.
Hors du Code civil
Loi du 29 juillet 1881 : interdiction d’afficher et liberté de la presse. Contre
diffamation et injures
Diffamation : C’est l’allégation ou l’imputation d’un fait qui porte atteinte à
l’honneur ou à la considération de la personne.
Il peut y avoir diffamation si allégation. Elle ne suppose pas
nécessairement une fausse information : on protège la personne dans son
honneur
Injures : Expressions outrageante, méprisante ou invective. On n’accuse
d’aucun fait
Exemple : mon voisin est un idiot. Pas de faits mais simplement jugement
de valeur. Donc injure
Donc droit à l’honneur se traduit dans et hors le code civil (loi de 1881)
CHAPITRE 2 : LES PERSONNES MORALES
Historiquement par pur pragmatisme, il s’agit d’appréhender des
groupements d’individus comme constituant un seul sujet de droit.
« La pluralité engendre la paralysie » Hervé Lécuyer
Article 815 dispose qu’il n’est nul tenu de rester dans l’indivision
Une société civile a personnalité morale. Chacun apportant la somme qu’il
souhaite investir. En contrepartie, la société est débitrice à hauteur de ce
que l’individu lui a apporté. La structure sera l’acteur sur la scène
juridique : par la personnalité morale, on retrouve la simplification et
l’unité.
> Un homme (TD) à l’origine de la théorie de la personnalité : Léon
Michoud (professeur à Nancy) dans La théorie de la personnalité morale et
son application au droit français en 1906.
Au XIXe, le droit français pratiquait la personnalité morale sans la
connaître. Article 529 en faisant indirectement référence
Puis après l’œuvre de Michoud, on savait. La personnalité morale a un
siècle.
SECTION 1 : L’EXISTENCE DE LA PERSONNE MORALE.
C’est l’un des débats qui anime le droit français. Si personne morale,
consacrée par la loi ? Ou bien révélée par la jurisprudence ?
§1. Personne morale identifiée par la loi.
Il a souvent été considéré que la théorie de la fiction était insuffisante.
> Une consécration tacite de la personne morale
> Exemple de l’association : loi du 1er juillet 1901.
Dans ses articles 1 et 5, elle n’attribue pas explicitement la personne
morale aux associations, mais le reconnaît implicitement
L’œuvre de Michoud n’étant pas encore parue.
> Une consécration explicite de la personne morale
Une fois vulgarisée, les textes suivants vont alors le mentionner
explicitement. On passe de l’implicite à l’explicite.
Aussi vrai pour les sociétés : loi du 24 juillet 1867 puis 24 juillet 1966. Elle
est venue explicitement reconnaître la personnalité morale aux stés sous
condition d’immatriculation aux registres du commerce et des sociétés :
Article L 210-6 du Code de commerce
Puis le législateur émet une ordonnance en 1967 qui instaure le GIE
(groupement d’intérêts économiques) aux articles L 251-1 et suivants du
Code de commerce.
Est-ce que je peux instituer une société en vue de réaliser une économie ?
Est-ce que l’économie peut être vu comme un bénéfice dans le cadre
d’une activité sociale ? Arrêt de Casse rurale de Maniveau en 1914 : Selon
la CC, le bénéfice c’est « tout bien pécuniaire qui ajoute à la fortune d’un
associé ».
Une société n’est faite que pour faire du profit.
§2. La personne morale révélée par la jurisprudence
Le juge peut-il reconnaitre la personnalité morale (en dehors des
dispositions de la loi) ?
Arrêt 28 janvier 1954 : comité établissement personnalité morale ?
« Attendu que la personnalité civile n’est pas une création de la loi » on
ouvre la possibilité au juge de la révéler. Appartient à tout groupe
qui révèle une action collective pour la défense d’intérêts licites
+ Voir arrêt 22 août 2011 de Nouméa sur les clans
Dans la continuité de 1954
Mais dans les personnes morales existantes, elles ont toutes une durée
limitée. Or, la clan canac à la personnalité morale ad vitam eternam.
Jurisprudence s’enchaînent pour reconnaître la personnalité morale