Idr 2016 Pou Div
Idr 2016 Pou Div
Unité-Progrès-Justice
Thème:
Dédicace iv
Remerciements v
Résumé x
Abstract. xi
Introduction générale 1
Conclusion partielle 12
2.1.2. Climat. 16
2.2.3. Végétation 16
2.1.3. Sols 19
2.2. Matériels 20
2.3. Méthodologie 20
3.1. Résultats 25
3.1.1. Pratiques culturales actuelles dans les systèmes de culture à base d'igname 25
[Link].1. Rotations 25
3. [Link]. Associations 30
[Link].4. Plantation 33
[Link].8. Récolte 37
3.1.2. Rendements 38
3.2. Discussion 42
ii
Conclusion Générale 47
Bibliographie 49
ANNEXES xvi
III
Dédicace
repose en paix!
Je dédie ce mémoire.
iv
Remerciements
Ce mémoire a été réalisé dans le cadre du Projet « Déterminants biophysiques, institutionnels
et économiques de l'utilisation durable des sols dans les systèmes de production d'igname
pour l'amélioration de la sécurité alimentaire» financé par le fond national suisse de la
recherche scientifique et l'agence suisse pour le développement et la coopération. Nous
témoignons notre gratitude au consortium et au comité de pilotage du projet YAMSYS pour
les moyens matériels et financiers mis à notre disposition pour la conduite de nos activités. Le
document n'aurait abouti sans le concours permanent de certaines personnes à qui nous tenons
à manifester notre profonde gratitude. Nos remerciements vont particulièrement à l'endroit
de:
Pr Hassan Bismarck NACRO, notre directeur de mémoire pour sa grande patience, ses
encouragements et ses remarques constructives qui ont donné à ce mémoire sa valeur
scientifique et ce malgré ses multiples occupations;
Dr Hgaza Valery KOUAME et Dr Delwendé Innocent KIBA nos encadreurs,
respectivement Coordonnateur régional et Coordonnateur général du projet YAMSYS pour
d'une part nous avoir accepté dans le projet et d'autre part pour leur disponibilité et leur
rigueur dans l'encadrement;
tout le personnel de l'INERAIKamboinsé et particulièrement à ceux du laboratoire sol
eau-plante; à M. Nongma A. ZONGO pour nous avoir beaucoup aidé à la préparation de nos
travaux terrains;
tous les enseignants de l'IDR pour nous avoir assuré une formation de qualité;
toute l'équipe du projet YAMSYS dont le concours et la sympathie nous ont permis de
nous sentir en famille. Nous pensons aux gestionnaires des sites du Burkina Faso (M. SOMA
Marcel et M. MEDA Jean Pierre) aux gestionnaires des sites de la RCI (Augustin K. N'DAH
et Marie Léance KOUASSI), à nos camarades stagiaires du Burkina Faso (BARRY Fanta,
OUEDRAOGO W. Emeline, SAVADOGO A. Karim), de la Côte d'Ivoire (Soualio BAMBA,
Hermann KOUE, Esther OKA, Silué ZIE) de la Suisse (Philipp BAUMANN, Carole
WERDENBERG) ;
nos valeureux producteurs des sites de Léo et de Midebdo pour la franche
collaboration. Ils ont cru et se sont donnés corps et âme pour la réussite des activités;
Dr Boundia A. THIOMBIANO de nous avoir acceptés et pris comme un membre de
son équipe lors de la rédaction;
v
toute la promotion IDR 201112012 pour le climat d'entente et de solidarité en
particulier Valérie R. LALLOGO, Somaila ZONGO, Abel BEDA;
nos parents et amis pour leurs soutiens multifonnes tout au long de notre parcours
scolaire. Nous pensons particulièrement à Sidiki OUEDRAOGO qui a toujours été à nos côtés
dans les temps de joie comme dans les périodes pénibles.
VI
Sigles et abréviations
CEC : Capacité d'Echange Cationique
YAMSYS: Biophysical, Institutional and Economic Drivers of Sustainable Soil Use in Yam
Systems for Improved Food Security in West Africa
vii
Liste des tableaux
Tableau 1 : Quelques propriétés chimiques des sols des communes de Léo et Midebdo au
Burkina Faso 19
Tableau II: Variétés d'ignames (noms locaux) rencontrées dans les communes de Léo et de
Midebdo au Burkina Faso (focus group dans 5 villages de chaque commune) 31
Tableau III: Origine, taille et type de traitement des semenceaux d'ignames à Léo et à
Midebdo au Burkina Faso (enquête auprès de 40 producteurs de chaque commune) 32
Photo 1: Butte d'igname remplacée par de la patate douce à Léo au Burkina Faso 30
Photo 2: Association igname/petit mil a Midebdo au Burkina Faso 30
Photo 3 : Sol désherbé et buttes prêtes pour la culture de l'igname à Midebdo au Burkina Faso
.................................................................................................................................................. 32
Photo 4 : Labour au tracteur et butte prêtes pour la culture de l'igname à Léo au Burkina Faso
.................................................................................................................................................. 33
Photo 5 : Buttes nouvellement confectionnées à Léo (a) et à Midebdo (b) pour la culture de
l'igname au Burkina Faso 34
Photo 6 : Manière de fumer les arbustes chez les producteurs de Midebdo 35
Photo 7: Champ d'igname tuteuré à Léo (a) et à Midebdo (b) au Burkina Faso 35
Photo 8 : Dégâts de ravageurs sur les tubercules d'ignames observés: termites (a) ; rongeurs
(b) et Diplopoda (c) à Léo et à Midebdo au Burkina Faso 36
Photo 9 : Symptômes de pourritures de tubercules (a) d'infestation de cochenilles (b) et de
nécroses foliaires (c) à Léo et à Midebdo au Burkina Faso 36
Photo 10 : Mode de stockage de l'igname chez un producteur de Léo au Burkina Faso 37
viii
Liste des figures
Figure 1: Morphologie générale de l'igname 4
Figure 2: Représentation schématique du cycle de développement de l'igname 5
Figure 3 : Evolution de la superficie et de la production d'igname au Burkina Faso entre 2005
et2015; 9
Figure 4: Evolution des rendements de l'igname au Burkina Faso entre 2005 et 2015 9
Figure 5: Localisation des deux zones d'étude: Léo dans le Centre-Ouest et Midebdo dans le
Sud-Ouest du Burkina Faso 15
Figure 6: Evolution des quantités d'eau tombées et du nombre de jours de pluie dans les
communes de Léo et de Midebdo au Burkina Faso au cours de la période 2009 à 2014 18
Figure 7: Plan d'échantillonnage des tubercules 22
Figure 8: Schéma représentatif des rotations rencontrées dans les systèmes de culture à base
d'igname chez les producteurs de Léo au Burkina Faso 26
Figure 9 : Schéma représentatif des rotations rencontrées dans les systèmes de culture à base
d'igname chez les producteurs de Midebdo au Burkina Faso 27
Figure 10: Importance des rotations rencontrées chez les producteurs d'igname de Léo au
Burkina Faso 28
Figure Il : Importance des rotations rencontrées chez les producteurs d'igname de Midebdo
au Burkina Faso 29
Figure 12: Variation des densités de plantation des ignames dans les sites de Léo et de
Midebdo au Burkina Faso 34
Figure 13 : Variations des rendements en tubercules frais des différents producteurs de Léo et
de Midebdo au Burkina Faso en fonction des espèces d'igname 39
Figure 14: Variations de la production de la matière sèche des tubercules des différents
producteurs de Léo et de Midebdo au Burkina Faso en fonction des espèces d'igname 41
ix
Résumé
L'igname (Dioscorea spp) est très importante pour la sécurité alimentaire et le revenu des
producteurs. Elle joue également un rôle socio-culturel dans la vie des personnes qui la
produisent. Malheureusement, la production de l'igname rencontre de nombreuses contraintes
dont les principales sont la baisse de la fertilité des sols, la baisse et l'irrégularité de la
pluviosité, la pression des adventices et des parasites. Par conséquent, les rendements en
milieu paysan sont non seulement bas mais aussi très variables. Cette faiblesse et cette
variabilité des rendements ne sont-elles pas une conséquence de la variabilité des pratiques
culturales? Cette étude avait pour objectif de décrire les pratiques culturales actuelles des
producteurs dans les communes de Léo et de Midebdo au Burkina Faso, et de mesurer les
rendements subséquents. Pour atteindre cet objectif une enquête a été menée auprès de 40
producteurs et les rendements ont été évalués à partir d'un variogramme et des carrés de
densité posés chez huit producteurs de chaque commune. L'étude a révélé une diversité de
pratiques culturales entre les producteurs d'une même commune, et entre les producteurs des
deux communes. Dans la commune de Midebdo, huit variétés de D. rotundata et une variété
de D. alata sont cultivées de façon itinérante sans apports d'engrais en association avec le
petit mil. A Léo, les six variétés de D. rotundata et la variété de D. alata s'insèrent dans des
rotations culturales intégrant des cultures vivrières (maïs, sorgho et petit mil) et des cultures
de rente (arachide, niébé et sésame) avec apport d'engrais minéraux (NPK : 23-10-5 et Urée:
46% de N). D'une façon générale, les rendements moyens ont été respectivement de 9,8 t ha- l
et 8,0 t ha- i pour D. rotundata et D. alata. Le test de Kruskal-Wallis a révélé des différences
significatives de rendement entre les producteurs de Léo et de Midebdo pour D. rotundata au
seuil de 5% contrairement à D. alata. Les rendements inter communes de D. rotundata ont été
statistiquement différents au seuil de 5% pour le test de Kolmogorov-Smimov. Les
coefficients de variations moyens des rendements en tubercules frais intra champs ont été de
30% pour D. rotundata et 45% pour D. alata. Les pratiques telles que la fertilisation, la
densité de plantation, la période de plantation et la qualité des semenceaux ont contribué à la
variabilité des rendements en tubercules. De cette étude, il ressort que deux (2) variétés
d'ignames sont cultivées par les producteurs de Léo et de Midebdo sur des petites superficies
suivant des pratiques culturales diverses, d'où une variabilité des rendements. Une implication
des services techniques et de la recherche pourrait aider à mieux orienter les producteurs et
par conséquent à développer la production de l'igname.
Abstract
Yam (Dioscorea spp) is very important for food security and the income of producers. It also
plays socio-cultural role in life of the people who produce it. Unfortunately, yam production
is facing to many constraints, the main ones are declining of soil fertility, declining and
irregularity of rainfall, weed and parasites pressure. Therefore, on-farm yields are not only
low but also highly variable. Weakness and yield variability are possible causes of the
variability of farming practices? This study aimed to describe the current agricultural
practices of farmers in the localities of Leo and Midebdo in Burkina Faso, and measure
subsequent yields. To achieve this objective a survey was conducted with 40 producers in
each locality and yields were evaluated using a variogram and density square placed in eight
producers farm in each locality. Study revealed a diversity of cultural practices between the
producers of the same locality and between producers of the two localities. Eight cultivars of
D. rotundata and one cultivar of D. alata are grown in Midebdo according to a non-sedentary
system without fertilizers and in association with millet. In Leo, six cultivars of D. rotundata
and one cultivar of D. alata are inserted into crop rotations incorporating with food crops
(maize, sorghum and millet) and cash crops (groundnuts, cowpea and sesame). Mineral
fertilizers (NPK: 23-10-5 and Urea 46% N) are used. Average yields were 9.8 t ha- 1 and 8.0 t
ha- 1 respectively for D. rotundata and D. alata. The Kruskal-Wallis test revelated significant
differences between farmers from the two sites for D. rotundata and D. alata fresh tuber
yield. Statistical differences according to Kolmogorov-Smirnov test were observed for yields
within the locality of Léo and Midebdo for D. rotundata. The coefficients of variation means
of fresh tubers yield among mound were 30% for D. rotundata and 45% for D. alata. The
highest fresh tuber yields was observed in Leo for D. rotundata. Cultural practices as
fertilization, planting density, planting date and seed treatment are the Iikely causes of the
variability of fresh tuber yields. This study shows that two yam varieties are grown by Leo
and Midebdo producer's in a low areas following a various cultural practices that led to a high
yield variability. Implication of agriculture ministry department and research might help yam
producers to improve yam yield and there income.
xi
Introduction générale
L'igname joue un rôle important dans la sécurité alimentaire comme aliment de base de plus
de 155 millions de personnes à travers le monde (Cornet, 2015). La production annuelle totale
mondiale est estimée à 50 millions de tonnes de tubercules frais en 2014, et 96% de cette
production est assurée par l'Afrique de l'Ouest (FAOSTAT, 2015). Il est également reconnu à
l'igname un rôle socio-culturel important dans la vie des populations des zones de production
(O'Sullivan & Jane Nancy, 2010; O'Sullivan & Ernest, 2008). Aussi, avec une forte valeur
marchande et une demande de plus en plus croissante des consommateurs des centres urbains,
l'igname apparait comme une culture de rente et permet à un grand nombre de petits
producteurs, y compris les femmes, les transformateurs et les commerçants, d'améliorer leur
revenu.
L'igname est cultivée dans une diversité de zones écologiques (50 pays tropicaux) à travers le
monde (Lebot, 2009) dans lesquelles elle fait face à plusieurs contraintes. Ces contraintes sont
la baisse de la fertilité des sols, le vieillissement des semences, la pression parasitaire et celle
des mauvaises herbes, les changements climatiques, le vieillissement de la population
productrice, la rareté de la main d'œuvre, l'arrêt de la culture ou l'abandon de plusieurs
variétés (Cornet, 2004). Il en résulte une diversité de pratiques culturales et les rendements
obtenus varient énormément dans le temps et dans l'espace. Les rendements moyens en
tubercules frais obtenus sont de 12 t ha- 1 (FAOSTAT, 2015). Au Burkina Faso, des
rendements moyens de 5,6 t ha- 1 ont été obtenus au cours de la campagne 2014/2015 (MA RH,
2015). Ces rendements apparaissent faibles et en deçà du rendement potentiel de l'igname
estimé à plus de 30-75 t ha- 1 (Diby et al., 2012; Zinsou, 1998). Partout ailleurs où l'igname est
cultivée, sa culture reste extensive et consomme peu voire aucun intrant. Pourtant, elle est
jugée exigeante en matière de fertilité des sols, et se place prioritairement en tête de rotation
après une jachère longue, obligeant le producteur à toujours se déplacer plus loin pour
chercher les zones propices à sa culture (Cornet, 2015). En dépit de l'importance de l'igname,
peu de recherches se sont intéressées à cette culture qui se classe parmi les cultures négligées.
Le manque de recherche sur l'igname est beaucoup plus important pour les thématiques de
gestion de la fertilité des sols. Cornet (2015) a souligné que le nombre de publications sur
l'igname (2023 publications) correspond à celui de la pomme de terre il y a une quarantaine
d'année (1973), et conclut en qualifiant l'igname de culture «orpheline ». Les quelques
recherches sur l'igname concernent les aspects économiques et quelques aspects liés à la
1
production, notamment l'intensification initiée par les chercheurs du Centre de coopération
internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) au Bénin (Cornet,
2015,2005; Cornet et al., 2014) en Côte d'Ivoire (Diby et al., 2009; Hgaza et al., 2012). Pour
le cas du Burkina Faso, quelques études isolées ont été réalisées. Ce sont: l'étude sur les
aspects épidémiologique du virus de la mosaïque de l'igname (Goudou-Sinha, 1995), l'étude
sur les contraintes à la production de l'igname au Burkina Faso (Somé et al., 1995). Dans un
tel contexte, il est important de travailler en collaboration avec les producteurs afin de faire
l'état des lieux des pratiques culturales et des rendements dans les systèmes de culture à base
d'ignames et de proposer de meilleures options pour une production durable.
C'est ainsi qu'intervient cette étude intitulée : «Diversité des pratiques culturales et leurs
effets sur les rendements de l'igname (Dioscorea spp.) au Burkina Faso: cas de Léo (Centre
Ouest) et de Midebdo (Sud-Ouest). »
L'objectif général de cette étude est de contribuer à la description des déterminants socio
économiques et biophysiques de l'utilisation durable des sols dans les systèmes de culture à
base d'igname au Burkina Faso.
De façon spécifique, il s'agit de : (l) décrire les pratiques culturales actuelles des producteurs
des communes de Léo et de Midebdo et (2) mesurer les rendements subséquents.
2
Chapitre 1 : Description et importance de l'ignanle
3
1.1. Origine, croissance et développement de l'igname
L'igname (Dioscorea spp) est une plante grimpante annuelle cultivée pour ses tubercules
utilisé' dans l'alimentation humaine. L'espèce appartient à l'ordre des Dioscoréales et à la
famiJle des Dioscoreacae, laqueJle famille comporte six (06) genres dont le plus important est
le genre Dioscorea. Des 600 espèces du genre Dioscorea, seule une douzaine est cu Itivée et
on rencontre parmi elles, des espèces originaires d'. Illérique tropicale, d'Afri lue de l'Ou t
(D. cayenensis, D. rotundata, D. bulbifera, D. dumetorum) et d'Asie du Sud-Est (D. alata, D,
esculenta, D. opposita) (Degras, 1986).
L'igname est classée parmi les Monocotylédones (Chadefaud & Emberger, 1960). La plante
d 1 igname comprend une partie aérienne et une partie souterraine (Figure 1).
Le principal organe de stockage qui représente d'ailleurs l'objectir' de la production est le
tubercule. Il s'agit d'un organe multiforme, dont la longueur peut atteindre 1 m et dont le
poid varie entre 3 et 5 kg voire 15 kg, Les teneurs élevées des tubercules en hydrates de
carbone (glucide) les rendent aptes à la consommation humaine. La forme courante de
multiplication de J'igname e ràit par voie végétative, à paliir d s fragments ou cie tubercules
entiers, et aussi à partir des bulbilles. Il existe des possibilités de reproduction sexuée
(Zoundjihekpon, 1994) mais non encore vulgarisées en milieu paysan.
uiUes
PARTIE
AERIE NE
Inflore~nce
VEGETATIVE
l' Tige
;,.;- Tubercule
PARTIE
SOlJTERRAI~E
\0----- Racines REPROD CTIVE
4
Le cycle de développement de la plupart de la douzaine cfcspèccs cultivGè dïgname est
rythmé par une succession annuelle de croissance et de dormance. Les cu Itivars annuels sont
caractérisés par une phase de dormance de leurs tubercules débutant à la récolte. La phase de
croissance peut être décrite comme un transfert de nutriments des tubercules aux organes
végétatifs (tiges et feuilles) au début du développement de la plante, et l'action inverse à la lin
de la phase.
Le cycle de développement comprend cinq (05) phases distinctes dont la durée peut varier
selon les conditions de développement, l'espèce et le génotype (Figure 2).
~.) ~.)
"---------------.;.....---------------~
5
gennination (Onwueme, 1973). Celui-ci sera à l'origine du complexe nodal primaire dont la
constance d'apparition semble indiquer un rôle prépondérant dans la croissance et le
développement de l'igname. Durant cette phase, le pré-tubercule initié par le complexe nodal
primaire est en phase de stagnation. Tout au long de la phase, la plante reste dépendante de la
mobilisation des réserves du tubercule et aucune feuille n'est encore visible. Cette phase
prend fin avec l'émergence de la tige.
Par la suite, les appareils racinaires et aériens deviennent fonctionnels: c'est la phase
d'autotrophie (Degras, 1986). Ferguson (2008) souligne que plus le tubercule mère est petit,
plus la plante passe rapidement à l'autotrophie (avec des taux d'assimilation nets plus élevés
que les gros semenceaux). C'est à partir de ce moment que la plante devient sensible aux
facteurs exogènes. Simultanément, les tiges et leurs ramifications s'allongent et des feuilles se
mettent en place. Durant cette phase, l'axe principal croît seul pendant quelques jours, ensuite,
des bourgeons axillaires se développent. Vers la fin de cette phase, la plante a tendance à
accumuler des carbohydrates en excès et c'est cela qui va déclencher l'initiation du tubercule
qui intervient entre la 1Dème et la 12ème semaine. C'est aussi au cours de cette période que les
fleurs se développent pour les espèces florifères.
6
4ème phase: La phase de tubérisation rapide
Cette phase est caractérisée par un transfert des nutriments de la canopée vers le tubercule. Au
début de la phase, le développement de la canopée est toujours important. L'accroissement du
tubercule est dû à une prolifération de nouvelles cellules et de leur grossissement consécutif.
La croissance du tubercule est lente durant la période qui succède l'initiation du tubercule,
très rapide au cours des semaines succédant le développement de la canopée et chute vers la
fin de la phase. La durée de cette phase varie entre 60 et 90 jours.
7
sont par ordre d'importance le Nigéria, le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Benin et le Togo
(FAOSTAT,2015).
Au Burkina Faso, l'igname est cultivée principalement dans quatre régions: le Centre-Ouest
(Sissili), le Sud-Ouest (Bougriba, Poni, loba, Noubiel), les Hauts Bassins (Houet,
Kenedougou, Tuy) et les Casscades (Comoé et Léraba) (Goudou-Sinha, 1995). L'igname est
aussi cultivée au Nord du Burkina Faso (Arbolé dans le Passoré) par des petits producteurs
avec des techniques de conservation des eaux. Au cours de la campagne agricole 2014/2015,
une superficie totale de 6725 ha a été emblavée en igname sur tout le territoire national pour
une production de 43953 tonnes soit un rendement de 5,6 t ha- l (MARH, 2015) En termes de
superficies emblavées, la région du Sud-Ouest vient en tête avec environ 3846 ha, mais en
termes de rendements, la région du Centre-Ouest vient en première position avec 9,2 t ha-]
(MARH, 2015). D. rotundata et D. a/ata sont les principales espèces rencontrées dans les
différentes zones actuelles de production (Goudou-Sinha, 1995). Dans les zones où elle est
produite, l'igname est un aliment très apprécié. Etant donné que sa récolte intervient au cours
de la période de soudure, l'igname joue un rôle très important dans la sécurité alimentaire,
aussi bien pour les populations des zones de production que pour celles des centres urbains.
La culture de l'igname est aussi une source de revenu pour la population qui la produit à
travers la vente d'une importante partie de la récolte. Cet aspect économique est devenu si
important si bien que des journées promotionnelles sont organisées (fête de l'igname de Léo
qui est à sa 24 èmeédition pour l'année 2015).
Durant les années 2005 à 2014, les rendements en tubercules frais au Burkina Faso sont restés
en dessous de ceux de la sous-région ouest africaine qui était de 12 t ha- l en 2014 (Figures
3&4) (FAOSTAT, 2015).
8
superficie (Ha) ~ Production (tonnes)
18000 120000
16000
100000
14000
~12000
!li
80000 ---
(Il
::=
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~ 60000
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10000
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-
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!li
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6000
5000
4000
"0
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!li 3000
~
2000
1000
Années
Figure 4: Evolution des rendements de l'igname au Burkina Faso entre 2005 et 2015.
Source: (FAOSTAT, 2015)
9
1.3. Exigences écologiques
Cultures tropicales, les ignames se développent mieux à des températures comprises entre
25°C et 30°C et la croissance de la plante est fortement ralentie à des températures inférieures
à 20°C. Une baisse des températures se traduit chez la plupart des variétés par une baisse
conséquente de la vigueur ainsi que des rendements en feuilles et en tiges (Lebot, 2009).
Durant la saison de culture, l'igname a besoin d'une importante quantité d'eau. La culture de
l'igname se pratique avec succès dans les zones où la pluviosité varie entre 1000 et 1800 mm
(Onwueme, 1978). Cependant, certaines ignames sont cultivées dans des climats où la
pluviosité dépasse 3000 mm, et à l'opposé, il est possible de la cultiver avec une pluviosité de
seulement 600 mm, avec un rendement net faible et l'impossibilité de réaliser deux récoltes.
Notons que la distribution des pluies est souvent plus importante pour la culture que leur
volume. La culture de l'igname requiert au moins cinq mois de pluies lors de son cycle. En
cours de cycle, elle peut tolérer de courtes périodes de stress hydrique avec de grandes
différences variétales (D. cayenensis étant réputée très exigeante en eau). Mais cela
s'accompagne presque toujours d'une réduction du rendement (Bell et al., 2000). Sa tolérance
vient en grande partie des réserves disponibles dans le tubercule semence. La forte proportion
d'eau dans le tubercule rend sa germination relativement indépendante du statut hydrique du
sol.
Plusieurs contraintes entravent la culture de l'igname, si bien que certains auteurs pensent
souvent à remettre en cause l'avenir des ignames comme aliment de base pour l'atteinte de la
sécurité alimentaire. Ces contraintes concernent l'écologie de l'igname, le matériel de
plantation, les maladies et ravageurs et la production de l'igname (Richard et al., 2010).
Sur le plan de l'écologie, la forte exigence des ignames en ce qui concerne la fertilité des sols
et en termes de pluviosité est une contrainte majeure à son avenir. Après avoir étudié les effets
environnementaux de la culture de l'igname sur la végétation de la commune de Ouake au
Benin, Gibiyaye (2013) conclut que la culture de l'igname a contribué à la régression de la
végétation naturelle de la commune par suite de l'augmentation des zones d'emprise agricole.
La disparition des forêts et jachères, zones privilégiées de production de l'igname est un fait
et elle entraine la réduction voire l'abandon du tuteurage pourtant reconnu utile dans la
culture de l'igname. La mauvaise pluviosité observée de nos jours du fait des changements
climatiques, a une fois de plus renforcé le doute quant à l'avenir de l'igname.
De la plantation au stockage, aussi bien les tubercules que les plants d'igname sont sujets à
des attaques diverses. Une étude menée par l'Institut International d'Agriculture Tropicale
(lITA) au Nigéria, a révélé que les insectes causent plus de dégâts à l'igname en Afrique, et
les coléoptères sont les plus importants de ce groupe (Lebot, 2009). Goudou-Shina (1995)
note que les pertes au cours du stockage peuvent atteindre 40%.
Il
Conclusion partielle
L'igname (Dioscorea spp.) est largement cultivée dans les zones tropicales du monde et
présente une diversité morphologique. Elle joue un rôle socio-culturel très important dans la
vie des populations des zones de production et contribue fortement à la sécurité alimentaire.
L'accroissement démographique a contribué à augmenter la demande en tubercules au niveau
des centres urbains. Dès lors, l'igname apparait comme une culture de rente contribuant à
améliorer les conditions socio-économiques des populations qui la produisent. Cependant, la
culture de l'igname fait face à plusieurs contraintes faisant peser des doutes et des
interrogations quant à son avenir. La description des pratiques culturales actuelles dans les
systèmes de cultures à base d'igname et leurs effets sur les rendements va constituer une base
susceptible d'induire des réflexions dans le sens de l'amélioration de la production de
l'igname au Burkina Faso.
12
Chapitre Il. Présentation de la zone d'étude,
matériel et méthodologie
13
2.1. Présentation de la zone d'étude
Notre étude a concerné deux régions du Burkina Faso. Ce sont les régions du Centre-Ouest et
du Sud-Ouest. Dans chaque région, nous nous sommes intéressés à une commune. Le choix
des régions et de la commune s'est fait en tenant compte de l'importance de la production de
l'igname à l'échelle du pays, de la région et de la commune. Le choix s'est fait en tenant
compte aussi du niveau de technicité de la population locale, afin de prendre en compte les
différents cas de figure possibles dans la production de l'igname au Burkina Faso. A
Midebdo, la tradition est toujours forte, la terre est disponible et l'igname est cultivée
exclusivement à la suite de jachère. Les producteurs de Léo ont un niveau élevé de
connaissances techniques et d'accès aux intrants par le biais de l'association des producteurs
de coton. Ils sont en association pour la production de tubercules et ont accès aux marchés.
Ces producteurs innovent (par exemple en tennes de rotations, et l'utilisation d'engrais
organiques et minéraux).
La commune de Léo est le chef-lieu de la province de la Sissili, située entre les coordonnées
Il ° 4' et Il ° 12' de latitude Nord et 2° 3' et 2° 10' de longitude Ouest. Elle a une superficie de
Il 304 km 2 environ et est limitée à l'Est par la commune de Bièha, à l'Ouest par la commune
de Niabouri, au Nord par la commune de Tô, au Sud par la république du Ghana, et au Nord
Ouest par la commune de Boura (Figure 5).
Midebdo est une commune rurale de la province du Noumbiel, de 625 km 2 et encadrée par les
parallèles 9° 30 et 10° 30 Nord et les méridiens 3° 00 et 3° 30 Ouest. La commune compte 52
villages, et le village de Midebdo, située à 32 km de Batié (chef-lieu de province) fait office
de chef-lieu de commune. La commune rurale de Midebdo est limitée au Sud par la commune
rurale de Boussouma, à l'Est par les communes de Batié, de Legmoin et de Gbomglora, à
l'Ouest par les communes rurales de Kampti et de Périgban et au Nord par la commune
urbaine de Gaoua (Figure 5).
14
o
Province de la Sissili
N
Zone d'étude N
Léa
:100
'" ; ......
Figure 5: Localisation des deux zones d·élud~: Léa dans te Centre-Ouest et Midehdo d,ms le Suu-Ouest du Burkina ras
15
2.1.2. Climat
Léo est situé dans la partie Nord avec un climat à deux saisons: une saison pluvieuse de mai à
septembre-octobre avec un nombre moyen de jours pluvieux de plus de 70 jours par an ; une
saison sèche d'octobre à avril, très peu pluvieuse, marquée par une très forte
évapotranspiration. La pluviosité moyenne de la commune varie entre 900 et 1100 mm de
pluie par an (Figure 6a).
La commune de Midebdo est située dans la partie Sud de la zone soudanienne. Par
conséquent, elle bénéficie de fortes précipitations qui démarrent tôt (mars-avril) et qui se
terminent tard (octobre-novembre). Les hauteurs d'eau atteignent souvent 1600 mm par an
(Figure 6b).
2.2.3. Végétation
Les communes de Léo et Midebdo sont situées dans la zone soudanienne du pays selon les
descriptions de Fontès et Guinko (1995).
Dans la commune de Léo, la végétation naturelle est caractérisée par la prédominance de
formations végétales ligneuses mixtes (arborée et arbustive) et de formations herbacées. Les
couverts ligneux sont clairs (non fermés) dominés par les savanes à physionomie locale
variable tandis que le tapis herbacé est continu. Les principales espèces végétales rencontrées
dans cette commune sont: Vitellaria paradoxa C. [Link]. (karité), Parkia biglobosa (Jacq.)
R. Br. ex G. Don (néré), Anogeissus leiocarpus (DC.) Guill. & Perr. (bouleau d'Afrique),
Pterocarpus erinaceus (vêne), Tamarindus indica L. (tamarinier), Adansonia digitata L.
(baobab), Burkea africana Hook. f., Isoberlinia doka Craib & Stapf, Crossopteryx febrifuga
(Afzel. ex G. Don) Benth., Combretum sp, Diospyros mespiliformis Hochst. ex A. Rich.,
Khaya senegalensis (Desr.) A. Juss. (caïlcédrat), Daniellia oliveri (Rolfe) Hutch. & Dalz.,
Mitragyna inermis (WiIld.) Kuntze (MED, 2005). Le tapis graminéen quant à lui est dominé
essentiellement par Andropogon gayanus, Cymbopogon schoenantus, et Loudetia togoensis
(MED, 2005).
La commune de Midebdo est caractérisée par une végétation abondante formant parfois des
galeries forestières comme celle de Koulbi au Sud de Batié sur l'axe Batié-Kpuéré. On n'y
distingue une diversité floristique. Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont:
Vitellaria paradoxa C. [Link]. (karité), Parkia biglobosa (Jacq.) R. Br. ex G. Don (néré),
Lannea microcarpa Engl. & K. Krause (raisinier), Adansonia digitata L. (baobab),
Tamarindus indica L. (tamarinier), Detarium microcarpum Guill. & Perr., Combretum sp,
16
Daniellia oliveri (Rolfe) Hutch. & Dalz., Piliostigma thonningii (Schumach) (DREP/Sud
ouest/Gaoua, 2000). Le tapis herbacé est dominé par des Andropogonae (Zoungrana, 1991).
17
Hauteur de pluie --..- Nbre de jrs a: Leo c=:JHauteur de pluie --..- Nbre de jrs b: Midebdo
1800 80 1800 80
1600 70 1600 70
1400 1400
60 .<:1!
::::l 60 .<:1!
Ê a. E ::::l
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20 ~
l
400 400
200 10 10
200
o o o 0
2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
Années Années
Figure 6: Evolution des quantités d'eau tombées et du nombre de jours de pluie dans les communes de Léo et de Midebdo au Burkina Faso au
cours de la période 2009 à 2014
(Source: MARH, 2015)
18
2.1.3. Sols
Plusieurs types de sols sont rencontrés dans la zone d'étude. On peut citer les lixisols (sols
ferrugineux tropicaux lessivés) riches en oxydes et hydroxydes de fer et en manganèse, et les
sols hydromorphes sur matériaux sableux associés à des lithosols sur cuirasse dans la
commune de Léo (MED-DGAT/DLR, 2005). A Midebdo, on rencontre les sols à sesquioxyde
et matière organique rapidement minéralisée, les vertisols, les sols peu évolués et les sols
hydromorphes (MED-DGAT/DLR, 2005). Quelques paramètres chimiques des sols des deux
communes sont présentés dans le tableau 1. Dans l'ensemble, ces sols sont pauvres en
phosphore, en matière organique. Ils ont une faible teneur en CEC et subissent une pression
anthropique avec comme conséquence leur dégradation accentuée.
Tableau 1 : Quelques propriétés chimiques des sols des communes de Léo et Midebdo au
Burkina Faso
Site
Paramètres
Léo Midebdo
C (g kg- I ) 5,10 ± 0,60 5,22 ± 0,75
N (g kg- 1) 0,38 ± 0,04 0,39 ± 0,06
P_tot (mg kg- I ) 470 ± 36,69 366 ± 26,1
K_tot (g kg- 1) 13,4 ± 2,38 2,77 ± 0,93
ex_Ca (mg kg- 1) 423 ± 50,71 438 ± 81,4
ex_Mg (mg kg-') 47,9± 6,65 44,45 ± 6,94
ex_ K (mg kg- I ) 88,6 ± 9,58 67,7 ± 9,36
PJésines (mg kg- I ) 4,35 ± 0,91 2,32 ± 0,41
CEC_eff(Cmol+ kg- I ) 2,80 ± 0,30 2,79 ± 0,47
pH_eau 6,29± 0,24 6,64 ± 0,29
Source: (Baumann, 2015)
Les valeurs ont été obtenues enfaisant la moyenne des résultats d'analyse de 20 échantillons
composites prélevés de façon à couvrir une superficie de 10000 ha. Chaque échantillon résulte du
mélange de quatre prélèvements.
19
2.1.4. Activités agricoles
2.2. Matériels
Les parcelles sur lesquelles nous avons mené nos travaux sont celles des producteurs
emblavées en ignames. Les variétés utilisées sont celles traditionnellement cultivées par les
producteurs. Toutes les cultures pratiquées par les producteurs ont été considérées dans la
caractérisation des pratiques culturales des systèmes de cultures d'ignames.
Les cultures en rotation et en association avec l'igname sont le petit mil, le sorgho, le maïs, le
niébé, le coton, le sésame et l'arachide.
2.3. Méthodologie
20
Les «Focus group» ont permis d'aborder avec les différentes couches de la
population, le contexte socio-économique et institutionnel des systèmes de culture à base
d'igname dans les communes de Léo et de Midebdo. Ces entretiens de groupe ont couvert
cinq villages de chaque commune. Bénavérou, Onliassan, Outoulou, Hélé et Nadion à Léo et
Midebdo, Sinaperdouo, Kpanhéla, Kalambouro et Boulompéra à Midebdo.
• Les entretiens individuels ont porté sur 40 producteurs de chaque commune, et ont
concerné les pratiques culturales appliquées sur le cycle cultural en cours (questionnaire en
Annexe 4). Les producteurs choisis devaient avoir un champ d'igname et être disponible à
recevoir périodiquement des enquêteurs.
21
NORD
D4 D3
10 m si S> 1 ha
5 m si S< 1 ha
Dl D2
•
Sm
• Butte centrale à partir de laquelle les autres buttes sont identifiées. 0 l, 02, 03
et 04 sont des carrés de densités.
Les masses en tubercules frais par butte et la densité moyenne de plantation ont pennis de
calculer Je rendement en tubercules frais de chaque producteur seJon Ja formule ci-dessous.
N
Le poster de 1'lITA (Annexe 3) a été utilisé pour les observations des maladies et ravageurs
lors des travaux de terrain chez les producteurs.
Les logiciels Excel 2013, XLSTAT 7.5.2 et SPSS 20.0 ont été utilisés pour le traitement et
l'analyse des données.
Les pourcentages ont été calculés pour les données d'enquête pour décrire l'importance de
chaque pratique culturale dans chaque commune.
La variation de la densité de plantation a été décrite en utilisant les moyennes et les
coefficients de variation des quatre carrés de densité.
La variation des rendements à l'intérieur d'une parcelle a été calculée en considérant chaque
butte comme une répétition. Sur cette base, les coefficients de variations ont été calculés pour
décrire la variabilité à l'intérieur de chaque champ. Les moyennes des rendements de matière
sèche des tubercules des différents producteurs de chaque commune ont été utilisées pour
décrire les variations des rendements entre les producteurs de chaque commune. Les
moyennes ont été calculées pour chaque espèce d'igname. Le test de Kruskal-Wallis a été
utilisé pour comparer les moyennes des rendements entre les producteurs par commune et
celui de Kolmogorov-Smimov pour comparer les rendements entre les communes.
23
Chapitre III : Résultats et discussion
24
3.1. Résultats
3.1.1. Pratiques culturales actuelles dans les systèmes de culture à base
d'igname
Dix (l0) types de rotations ont été recensés à Léo (Figure 8) et huit (8) types à Midebdo
(Figure 9). Ces rotations intègrent la jachère, les céréales (maïs, petit mil, sorgho) et des
légumineuses (arachide et niébé). A Léo, les rotations Igname/Céréales/légumineuses sont les
plus pratiquées (87,5%) (Figure 10). Ces rotations sont: Maïs-Igname-Maïs-Arachide-Maïs
Igname (R 1), Maïs-Igname-Maïs-Arachide-Igname (R2), Maïs-Ignam e-Maïs-Niébé-Igname
(R3), Maïs-Igname-Maïs-Sorgho-Arachide-Petit mil-Jachère (R5), Maïs-Igname-Sésame
Igname-Maïs-Arachide (R7), Maïs-Igname-Arachide-Igname (R8) et Maïs-Igname-Maïs
Sorgho-Niébé-Igname (R9). Le maïs est la principale céréale; elle se retrouve avant et après
la culture de l'igname. Les fumures organique et minérale, sont appliquées sur les céréales
cultivées avant et après l'igname. Dans la commune de Midebdo, l'igname vient toujours en
tête de rotation, soit sur une nouvelle défriche, soit sur une longue jachère (l0 ans en
moyenne). Sur un cycle, l'igname n'est cultivée qu'une seule fois (97,5%) (Figure 1I) par
l'ensemble des producteurs de Midebdo. Par ailleurs, les parcelles emblavées pour la culture
de l'igname sont mises en jachère après 5 à 6 années d'exploitation, et la durée de la jachère
varie de 6 à 10 ans voire plus, en fonction de la disponibilité des terres. Seulement 5% des
producteurs ont intégré des légumineuses dans les rotations: Rg (Jachère-Igname-Maïs
Arachide-Petit Mil-Jachère) et Rh (Jachère-Igname-Arachide-Petit Mil-Jachère).
25
J
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1 - RIO·· ....
• 1
Maïs
Figure 8: Schéma représentatif LIes rotations rencontrées L1ans les systèmes de culture à base d'igname chez les proLluckllrs de Léa au Burkina Faso
(R J \ lui\'-lgl1uI7I":- \ I{/i~\ -Jruclritle-\Iai:I'- Igname, R2'\.j<'li:~-/gll(/l17e-,\!tll:\'-. 1rtlc:hide-!gmlllw, R3 , ,\ faïs-lgn'}lI1e-,\ l«i:I-,\ ic;hé-lgl1UII1t!, R.J ,\ ('li:,-lgl7tll//e-, \ t'ÛI-Igllume, R 5 \ lai\
gl/Cl/lh!- I,fn i~1 -,\orglw-, 1raclllrle- P <!Iii lIIi /-J(lchère, RfI, \ Il Ii:,·- Igl/allll!-lgl1ll1l7e- \ I(li ,'-.')orghp-)l/chàl!, R 7, ,\ !uù- Igllome-.\!! \11/1/('- IgI/IJII1l!- \/uÎ:I-.1 rael/ide, R,II llurs- Igl/(lIl1e
. III./( hide-lgl/ul/1l'. RI) , \ lai:\-/gnGlnl'-,\ Illi:,-\'()/Xho-\Iéhé-/gl1'/IIIl!, RI ( J \ I(lis-Ignallle-.\ IlIi:I'-.....()/XllO-. Jmchù/e-lg/llIl11el 26
.....................................................
Petit ll1i]
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Ra Re ...•.•.•.•••...•.. Igname
Rb Rf •• •
••• •
Re
-- Rg ................[ Arachide: J
Rd
--
Rh •••••••
Figure 9: Schéma représentatif des rotations rencontrées dans Ics s)"stèmes ùe culture à base d'igname chez les producteurs de Miclebdo au Burkina j-aso
(Ra .!ac1r?re-lgnome- \/a(I-Sorghu-!'efif .\ ril-Jachère, Rb JI/chi!re-Igname-.\ (ai:\-/'",it '\ fil-'/achi'le, Re .lm hel'e- /gl1aflle- '\ lois-Petit 1IIi!- Pelil mil-Jachère, Rd, .Iac1ràe- Igname
'Jail-.\fllls-l'e/itl/il-'/ochè/'f' Re ,lllc!lè,.e-Ignwile -,'I/ai:\-lg/lLi/lle-.\f,rÎI- [',,'ii I/il-ji/chère Rf. J(/chhe-/~II1/11le-.\1l11s-.\I(/is-,<';()"ghrl-h!ti'lfi!-.!fI(here,
Rg Jachèle-lgl1t1l1lc- Iltll,\-
1l'li c' Il ir/e- Pc'" \ li/-.Il1dlf!Jï:', Rh '.Juchère-h:"1wl1e-. II t/L'Mr//,- Pc/il \ [Link];,.e) 17
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Léo
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1. ]5
~
10
0
RI R2 RJ
n R4 R5
Rotations
R6 R7 R8
n n
R9 RIO
Figure 10: Importance des rotations rencontrées chez les producteurs d'igname de Léo au
Burkina Faso
Légende
Rl : Maïs-lgname-Maïs-Arachide-Maïs-lgname
R2 : Maïs-lgname-Mais-Arachide-lgname
R3 : Maïs-lgname-Mais-Niébé-lgname
R4: Maïs-lgname-Mais-lgname
R5 : Mais-lgname-Mais-Sorgho-Arachide-Petit mil-Jachère
R6 : Maïs-lgname-lgname-Mais-Sorgho-Jachère
R 7: Mais-lgname-Sésame-lgname-Mais-Arachide
R8: Mais-lgname-Arachide-lgname
R9 : Mais-lgname-MaiS-Sorgho-Niébé-lgname
R10 : Mais-lgname-Mais-Sorgho-Arachide-lgname
28
50
Midebdo
45
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en
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C
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cr'
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15
10
0 n
Ra Rb Re Rd Re Rf Rg Rh
Rotations
Figure Il : Importance des rotations rencontrées chez les producteurs d'igname de Midebdo
au Burkina Faso
Légende:
Ra : Jachère-Igname-Maïs-Sorgho-Petil Mil-Jachère
Rb : Jachère-Igname-Maïs-Petil Mi/-Jachère
Rg : Jachère-Igname-Maïs-Arachide-Petit Mi/-Jachère
Rh : Jachère-Igname-Arachide-Pelit Mi/-Jachère
29
[Link].2. Associations
A Léo, l'association systématique d'autres cultures à l'igname n-est pas une pratique
courante. Cependant, les buttes où les boutures d'igname n'ont pas germé sont souvent
remplacées par de la patate douce (Ipomoea balalas) (Photo 1). Tous les producteurs de
Midebdo enquêtés associent J'igname au petit mil comme indiqué dans la photo 2.
La fertilisation minérale est très pratiquée à Léo, avec plus de 90% des producteurs qui
utilisent les engrais minéraux NPK (23-10-5) et l'urée (46% N) à des doses qui varient
respectivement de 25 - 185 kg ha- 1 et de 50 - 180 kg ha- I • Le NPK est apporté au moment de
la confection des buttes et l'urée dans les mois de juillet et aout. Par contre à Midebdo,
l'engrais minéral n'est pas ulilis'ur l'igname.
Tous les producteurs de Midebdo enfouissent les débris végétaux au moment de la mise en
place des cultures. Cette pratique est effectuée à Leo à 67,5 % contre 32% qui brulent les
résidus de végétaux. Dans les deux communes où nous avons mené nos travaux, il n'y aucun
apport de fumier ou de compost directement sm les champs d'igname. Cependant. des
déjections d' animaux et du compost sont appliqués sur les précédents culturaux à Léü.
30
[Link]. Itinéraires techniques
La culture de l'igname s'étale sur une année ou plus. Les opérations culturales commencent à
la fin de la saison pluvieuse (année N-I), et se termine à l'année N+I (Annexes 1 & 2).
L'ensemble des opérations culturales peut être regroupé en préparation du sol, plantation,
entretiens des cultures, récolte et stockage.
Les producteurs des deux communes cultivent les deux principales espèces rencontrées en
Afrique de l'Ouest à savoir D. alata et D. rotundata, sur une superficie moyenne de 0,74 ha et
de 1,23 ha, respectivement à Léo et à Midebdo. D. rotundata est l'espèce la plus cultivée dans
les deux communes, avec six variétés à Léo et huit variétés à Midebdo (Tableau II). Une seule
variété de D. alata est cultivée dans les deux communes.
Tableau II: Variétés d'ignames (noms locaux) rencontrées dans les communes de Léo et de
Midebdo au Burkina Faso Focus dans 5 villages de chaque commune.
Site
Léo Midebdo
D. rotundata
Variétés Toula Pouna
Nabia Woko
Pinoumou Djalo
Bassara Kiankian
Pouna Vivan
Sangiwara Panyité
Boukouyo
Tla
D. a/ata
Variétés Folou « Americain» ou F1ado
Les semenceaux utilisés par les producteurs des communes de Léo et de Midebdo sont des
tubercules entiers pour tous les enquêtés (l 00%) (Tableau III). Ces semenceaux ont pour
origine les récoltes précédentes pour 100% et 92,5%, respectivement à Léo et à Midebdo.
Seulement 7,5% des producteurs de Midebdo demandent le matériel de plantation auprès de
parents et amis. Respectivement 70% et 57% des producteurs de Léo et de Midebdo, traitent
31
les semenceaux contre les termites avant la plantation. Les produits utilisés sont la cendre et
les pyréthrinoïdes de synthèse (Adwada nyame) et le caïma rouge (perméthrine (25 g/kg) et la
thirame (250 glkg»
Tableau III: Origine, taille et type de traitement des semenceaux d'ignames à Léo et à
Midebdo au Burkina Faso (enquête auprès de 40 producteurs pas par commune).
Site
Fréquence (%)
Léo Midebdo
Prélèvement dans la récolte
Origine du matériel de 100 92,5
précédente
plantation
Dons des parents et amis o 7,5
Taille des semenceaux Tubercule entier « 500 g) 100 100
Qualité des
Traitement avant semis 70 57,5
semenceaux
Photo 3 : Sol désherbé et buttes prêtes pour la culture de l'igname à Midebdo au Burkina Faso
32
Photo 4 : Labour au tracteur et butte prêtes pour la culture de l'igname à Léo au Burkina Faso
[Link].4. Plantation
Les périodes d plantation s'étalent de décembre à avril à Midebdo et de mars à juin à Léo.
Tous les pmductems (100%) dalls les deux comlllunes plantent l"igname sur des buttes. Les
buttes sont en ligne à Lto, alors qu'elles sont en quinconce il Midcbdo (Photo 5). La
plantation se termine par le paillage des buttes chez les producteurs de Léo.
Les densités de plantation ont varié respectivement entre 4400 - 5900 et 3500 - 4500 buttes
ha'[ dans les communes de Léo et de Midebdo (Tableau 5). Les minimas et les maximas des
coefficients de variations des densités de plantation intra champs ont été de 3,5% et 22,2% à
Léo, et de 4,8% et 16% à Midebdo. Entre les champs, les coefficients de variations ont été de
8,2% à Léo et de 7,5% à Midebdo. Un coefficient de variation de 10,4% a été observé entre
les deux communes pour la densité de plantation.
33
7000
o Léo 0 Midebdo
6000
,
5000
l T 1
.::: T
--
tj 4000
.È
T
.~ 3000
';;
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-.
=
- 2000
1000
0
1 2 3 4 5 6 7 8
Producteurs
Figure 12 : Variation des densités de plantation des ignames dans les communes de Léo et de
Midebdo au Burkina Faso
Photo 5 : Buttes nouvellement confectionnées à Léo (a) et à Midebdo (b) pour la culture de
J'igname au Burkina Faso.
34
[Link].6. Entretiens des cultures
Les opérations d'entretien elTectuées par les producteurs dans 1 deux communes sont
essentiellement le tuteurage (Figure 6) et le sarclage. Cependant, "origine dt:~ tuteul's
dilrèr~nt suivant la commune. A Léo, les producteur:. coupent des branches d'arbres qu'ils
transportent dans les champs pour le tuteurage et chaque butte à un tuteur (Photo 7a). Par
contre à Midebdo, les arbustes laissés dans les parcelles au moment de la défriche sont fumés
(Photo 6) pour servir de tuteur et plusieurs buttes peuvent avoir un même tuteur (Photo 7b).
Un tuteurage complémentaire est souvent réalisé par des branches coupées ailleurs en cas de
nécessité.
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Photo 7: Champ d'igname tuteuré à Léo (a) et à Midebdo Cb) au Burkina Faso
Une multitude de sarclages est souvent nécessaire compte tenu de la pression des adventices
et de la longueur du cycle de la variété cultivée. A Léa, les producteurs font recours à des
herbicides pour le contrôle des mauvaises herbes dans les champs d'igname. C st ainsi que
35
41,7% des produclems ont utilisé l'Alrazine (80 wp). Cel herbicide est utilisé juste après la
confection des buttes ou après le dernier sarclage Quillet-Aout). En plus du traitement
herbicide, des sarclages manuels sont effectués par les producteurs de Léo. Au minimum deux
sarclages sont réalisés (52,6%) dans la commune de Léo. Par contre à Midebdo, aucun
traitement herhicide n"est erlectué dans les champs d'igname. Le contrôle de I"enherbement
se fait essentiellement par le sarclage manuel, avec en moyenne trois (3) sarclages par cycle
d'igname (55%).
Les dégâts de ravageurs et les symptômes de maladies observés sont principalement sur les
tubercules et les feuilles. Ce sont: les dégâts des tennites, des rongeurs et des milles pattes
sur les tubercules (Photo 8) ; les symptômes de nécroses foliaires (Photo 9), de pourritures et
d'infestation de cochenilles sur les tubercules (photo 9).
Photo 8: Dégâts de ravageurs sur les tubercules d'ignames observés: termites (a) ; rongeurs
(b) et Diplopoda (c) à Léa et à Midebdo au Burkina Faso
[Link].8. Récolte
Tout comme la plupart des opérations culturales. la récolte est manuelle et 'étale de
septembre à février pour les producteurs des deux communes. Des récoltes précoces sont
effectuées par les producteurs (septembre-novembre) et cette récolte concerne les variétés de
1" .')pèce D. rotundata encore appelées « igname précoces ou ignames à double récolte ». La
butte est ouverte et le tubercule présent est détaché ù l'aide d'une machette. Durant les mois
de décembre à février, une récolte totale est faite et tous les tubercules sont déterrés. La
récolte totale dite normale intervient généralement apr's sénescence totale de l'appareil
végétati f.
Les ignames issues des premières récoltes sont surtout destinées à la consommation et au
marché, et ne sont par conséquent pas stockées. Lors de cette récolte, les tubercules destinés
au marché sont directement convoyés vers les lieux de ventes, ou sont couverts par des herbes
et feuilles sur le champ en attendant le passage des commerçants au champ. Les modes de
stockage concernent donc les tubercules de la deuxième récolte. Dans les deux communes, le
hangar est le mode de stockage pour tous les producteurs. Le hangar de stockage est construit
avec les bois des tuteurs et des tiges de sorgho (Photo 10). Les tubercules y sont stockés et la
durée de stockage varie de trois (3) à six (6) mois.
Photo 10: Mode de stockage de l'igname chez un producteur de Léo au Burkina Faso
37
3.1.2. Rendements
[Link]. Rendement en tubercules frais
Dans la commune de Léo, le rendement moyen de l'espèce D. rotundata a été de 10,5 t ha- i
avec un coefficient de variation inter champs de 14,5% (Figure 13a). Les coefficients de
variation intra champs se situent entre 24 et 44%.
Le test de Kruskal-Wallis a montré des différences significatives des rendements entre les
producteurs de Léo (p<O,OOOI) et entre les producteurs de Midebdo (p<O,OOI) au seuil de 5%
pour l'espèce D. rotundata. 11 n'y a pas eu de différence significative entre les producteurs de
Midebdo pour l'espèce D. alata.
La moyenne du rendement entre les deux communes a été de 8,8 t ha- 1 pour D. rotudata avec
un coefficient de variation de 19,6%. Le test de Kolmogorov-Smimov a montré des
différences de rendements très hautement significatives (p<O,OOOI) au seuil de 5% entre les
deux communes.
38
a. Léo b. Midebdo o D.l'otundala o [Link]
16 16
14 b 14
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Producteurs Producteurs
Figure 13 : Variations des rendements en tubercules frais des différents producteurs de Léo (a) et de Midebdo (b) au Burkina Faso en fonction
des espèces d'igname
Les barres d'erreurs représentent les écarts types des moyennes intra producteurs
Les valeurs des moyennes des rendements en tubercules frais de chaque espèce d'igname de chaque commune suivies de la même lettre ne sont
pas statisquement différentes au seuil de 5% suivant le test de Kruskal- Wallis.
39
[Link]. Production en matière sèche des tubercules d'igname
La production moyenne de la matière sèche des tubercules (MT) a été calculée en t ha-! pour
chaque producteur et pour chaque commune, et ce, pour les deux espèces. La moyenne des
deux communes a été calculée pour l'espèce D. rotuntata. Tout comme les rendements en
tubercules frais, la matière sèche des tubercules (MT) a varié entre les buttes, entre les
producteurs et entre les communes.
Les rendements de MT chez D. rotundata ont été plus importants dans la commune de Léo.
La moyenne de MT a été de 2,7 t ha -1 avec un coefficient de variation de 12% (Figure 14a).
Les coefficients de variation intra champs de cette commune ont oscillé entre 22 et 27%. La
moyenne de MT de D. rotundata à Midebdo a été de 1,96 t ha-] avec une variabilité de 28,9%
La variabilité a été plus forte à l'intérieur des champs des producteurs (16 - 38%).
D. a/ata a eu la MT la plus élevée par rapport à D. rotundata à Midebdo soit une moyenne de
2 t ha- l (Figure 14b). On a également observé une forte variabilité intra champs (18 - 34%).
Le test de Kruskal-Wallis n'a pas montré de différences significatives entre les producteurs de
Léo pour D. rotundata et pour les producteurs de Midebdo pour D. a/ata au seuil de 5%.
Cependant, il existe des différences significatives entre les producteurs de Midebdo pour
l'espèce D. rotundata au seuil de 5%.
40
b. Midebdo o D. rotundata oD. alata
a. Léo 4
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Producteurs Prol1uctrurs
Figure 14 : Variations de la production de la matière sèche des tubercules des différents producteurs de Léo (a) et de Midebdo (b) au Burkina
Faso en fonction des espèces d'igname
Les barres d'erreurs représentent les écarts types des moyennes intra producteurs
Les valeurs des moyennes des rendements en tubercules frais de chaque espèce d'igname de chaque commune suivies de la même lettre ne sont
pas statisquement différentes au seuil de 5% suivant le test de Kruskal- Wallis.
41
3.2. Discussion
Les travaux menés dans les deux communes ont révélé une diversité de pratiques culturales à
l'échelle des producteurs et des communes. La culture de l'igname est pratiquée suivant une
exploitation familiale sur des superficies faibles, sans apport ou avec peu d'apport d'intrants.
Des pratiques communes ont été recensées pour certains producteurs, mais d'une façon
générale, ces pratiques ont été spécifiques aux communes. Dans la commune de Midebdo,
l'étude a révélé une prédominance de la culture itinérante de l'igname. Une nouvelle jachère
est défrichée, et l'igname est cultivée sans aucun apport extérieur (pas de traitements
herbicides ni de fertilisation). Par contre, dans la commune de Léo, plus de 90% des
producteurs ont fait l'igname sur une parcelle précédemment emblavée en maïs. La culture de
l'igname à la suite du maïs avait été soulignée par Somé et al. (1995) dans la commune de
Léo. Les engrais minéraux (NPK : 23-5-10 et urée 46% N) sont apportés à des doses variables
selon les producteurs. Aussi des traitements herbicides sont utilisés pour la maitrise des
mauvaises herbes. Tandis que chez les producteurs de Léo, l'igname intervient deux fois voire
plus dans les successions, à Midebdo, une seule année de culture d'igname est pratiquée dans
le cycle, et la parcelle est mise en jachère. Ces différences fondamentales rencontrées entre les
deux communes peuvent s'expliquer par la disparition des jachères à Léo. Egalement, la
situation géographique de la commune (Léo fait frontière avec le Ghana) pourrait avoir
favorisé un brassage entre les producteurs d'ignames de la province avec ceux du Ghana et,
par conséquent, l'adoption de nouvelles techniques de production afin de s'adapter au manque
de terres. Nous pensons que le niveau de technicité général des producteurs contribue à
expliquer ces différences. La culture attelée, l'utilisation des tracteurs, la fertilisation, les
traitements phytosanitaires sont devenus des pratiques courantes pour les producteurs de Léo,
contrairement à ceux de Midebdo. La diversité des rotations dans la commune de Léo semble
témoignée de ce niveau de technicité. L'importance des superficies emblavées en igname à
Midebdo par rapport à Léo, témoigne d'une disponibilité de terres dans cette commune. Cette
hypothèse de la disponibilité des terres dans la commune de Midebdo peut être appuyée par la
densité de la population qui est de 38 habitants km- 2 à Midebdo, contre 55 habitants km- 2 à
Léo (INSD, 2008). Floquet et al. (2012) ont souligné qu'en Afrique de l'Ouest, dans les zones
de fortes pressions foncières, les producteurs disposant de peu de main d'œuvre et de peu de
moyens financiers, réduisaient les superficies au profit de l'intensification.
42
Le calendrier cultural de l'igname commence à la fin de la saison pluvieuse (année N-I) pour
finir à l'année suivante (année N+I). Ce même calendrier cultural avait été observé par Somé
et al. (1995) dans la comm une de Léo. Les opérations culturales sont tributaires de la
pluviosité. C'est la raison pour laquelle certaines opérations culturales se chevauchent
(confection des buttes et plantation, sarclage et tuteurage), rendant la culture de l'igname
contraignante. Les plantations ont été précoces à Midebdo (85% entre Décembre-Mars pour
les deux espèces) tandis que dans la commune de Léo, elles ont été soit normales (70% entre
Avril-Mai), soit tardives (20% en Juin). L'étalage de la plantation sur presque huit mois,
semble traduire une certaine llexibilité dans sa conduite. En effet, même semée en décembre,
la germination n'intervient qu'en avril (Craufurd et al., 2000), avec la levée de la dormance.
Ainsi, l'opération de plantation s'est faite en fonction de la disponibilité du producteur. La
diversité des cultures pratiquées dans la commune de Léo pourrait expliquer ces dates de
plantations. La principale culture des producteurs de Léo est le maïs dont le semis intervient
tout comme la plantation de l'igname dès l'installation de la saison pluvieuse. Le tuteurage est
reconnu utile et pratiqué par les producteurs des deux communes. Les principales raisons ont
été la protection des organes végétatifs contre différentes attaques surtout des agents
pathogènes du sol, et l'accroissement du rendement à travers une meilleure exposition des
feuilles au rayonnement et donc une bonne photosynthèse. L'importance du tuteurage
souligné par les producteurs avait été révélée par les études de Dansi (2003). Pour cet auteur,
envisager de cultiver l'igname sans tuteur, sous-entend une baisse de rendement. La pratique
de l'association du petit mil et de l'igname a été caractéristique des producteurs de Midebdo,
et serait une habitude de la zone. Cette pratique a été soulignée auprès des Lobis de la savane
de la Côte d'Ivoire et nous pensons que c'est peut-être le même peuple qui s'est installé dans
les deux zones ou des probables échanges entre les deux peuples expliqueraient cette
assoc iation.
Comme la majorité des opérations, la récolte a été manuelle dans les deux communes, et s'est
faite en deux phases. Aucun système amélioré de stockage des tubercules n'a été noté dans
aucune des communes. Cela témoigne une fois de plus, du caractère traditionnel de la
production de l'igname dans les deux communes.
On a observé une forte variation des rendements en tubercules frais entre les producteurs et
entre les communes. Dans l'ensemble, les rendements en tubercules frais ont été faibles et
largement en dessous aussi bien de la moyenne sous régionale estimée à 12 t ha- l (FAOSTAT,
43
2015), que du rendement potentiel de l'igname. Cette faiblesse générale des rendements peut
s'expliquer par la mauvaise pluviosité observée au cours de la campagne. La campagne s'est
installée tardivement et les pluies se sont arrêtées tôt. Cette faiblesse pourrait aussi être la
conséquence du faible niveau de fertilité des sols des deux communes, aspects non pris en
compte dans notre étude mais révélé par Baumann (2015).
Cette étude a une fois de plus confirmé la forte variabilité du rendement individuel entre les
plants d'ignames. Les coefficients de variation intra producteurs des rendements ont été tous
supérieurs à 30% pour D. rotundata (33% à Léo et 40% à Midebdo), et supérieur à 45% pour
D. alata. La faible variabilité intra champs observée dans la commune de Léo pourrait
s'expliquer par la technique de préparation du sol et de la fertilisation. Le labour et les apports
d'engrais ont contribué à une homogénéisation du milieu et par conséquent, une baisse de la
variabilité. Ces résultats sont conformes à ceux de Cornet (2015) qui a obtenu au Benin des
coefficients de variations supérieurs à 40% pour les deux espèces. Cet auteur a révélé que ces
variations de rendements ne sauraient être imputables à une compétition entre les plants. Il a
noté que pour les densités de plantation traditionnellement observées en Afrique de l'Ouest
(0,7 plant m- 2), les compétitions inter-plants sont négligeables. Les différences des dates de
plantation notamment la date d'émergence, l'hétérogénéité de la préparation du sol, du
matériel de plantation (taille et qualité des semenceaux), de la gestion de la fertilité du sol et
de l'entretien de la culture, pourraient avoir été les principaux facteurs ayant contribué à cette
énorme variabilité des rendements.
Dans les deux communes où l'étude a été conduite, il a été observé une variation des
rendements entre les producteurs et entre les communes. Pour D. rotundata, des coefficients
de variations de 12 et 28% ont été observés respectivement à Léo et à Midebdo. Quant à D.
alata, un coefficient de variation inter champs de 13,5% a été observé entre les producteurs de
Midebdo. Le test de Kruskal-Wallis a montré qu'il existe des différences significatives entre
les producteurs de Léo et de Midebdo pour l'espèce D. rotundata, et celui de Kolmogorov
Smimov a révélé une différence significative entre les deux communes pour D. rotundata.
Ces variations inter producteurs et inter communes observées résultent de la combinaison de
plusieurs facteurs dont les modes de gestion de la fertilité des sols et des itinéraires
techniques. La faible variabilité inter champs de D. alata dans la commune de Midebdo
traduit sa capacité d'adaptation au faible niveau de fertilité du sol (Diby et al., 2009). C'est
44
probablement la raison pour laquelle le test de Kruskal-Wallis n'a pas montré de différences
significatives entre les producteurs pour cette espèce.
Dans la commune de Léo, la plus forte production de MT a été observée chez le producteur
LE_06 (3,27 t ha- l ). Ce dernier pratique une rotation intégrant une céréale fertilisée
(organique et minérale), apporte du NPK (23-5-10) et de l'urée (46% N) en deux phases. Le
producteur LE_06 a enfouit également les résidus végétaux issus du précédent cultural. Nous
pensons que ces manières de gérer la fertilité du sol expliquent l'importance de sa production.
Plusieurs auteurs ont montré dans leurs travaux que la fertilité du sol contribuait fortement à
l'élaboration du rendement de l'igname (Diby et al., 2009; Law-Ogbomo, 2014; O'Sullivan &
Ernest, 200S; O'Sullivan & Jenner, 2006). Cette fertilité concerne aussi bien la fertilité initiale
du sol et les modes de gestion appliqués. Dans la commune de Midebdo, le rendement le plus
important a été observé chez le producteur MI_04 (2,SI t ha- l ) avec la rotation Ra (Jachère
Igname-Maïs-Sorgho-Petit Mil-Jachère) pour D. rotundata et chez MI_OS (1,11 t ha- l ) avec la
rotation Rb (Jachère-Igname-Maïs-Petit Mil-Jachère) pour D. a/ata. Des productions faibles
de MT ont été obtenues avec la rotation Rb (Jachère-Igname-Maïs-Petit Mil-Jachère) chez
MI_07 (1,42 t ha- l ) et MI_OI (0,79 t ha- I ), respectivement pour D. rotundata et D. a/ata. Le
producteur LE_OS chez qui le plus faible rendement de MT a été obtenu (2,37 t ha- l ), et
LE_06, plus haut rendement (3,27 t ha- l ) pratiquent des rotations similaires. C'est donc dire
qu'au-delà du mode de gestion de la fertilité du sol, d'autres pratiques culturales interviennent
dans l'élaboration du rendement de la MT des ignames.
La production de MT a été élevée chez les producteurs ayant planté dans les mois d'Avril et
Mai (période nonnale de plantation de l'igname) dans les communes de Léo et de Midebdo.
Cela atteste de l'effet de la période de plantation sur le rendement de l'igname. Plus la période
végétative est longue, meilleur est le rendement à la suite d'une bonne accumulation de la
matière sèche dans les feuilles et leur migration au niveau des tubercules. C'est cet effet de la
période de plantation qui pourrait expliquer les différences de rendements observées entre les
producteurs LE_06 (3,27 ha- l ) et LE_OS (2,37 t ha- l ). Ils ont presque les mêmes modes de
gestion de la fertilité du sol, mais LE_06 a planté en Mai et LE_OS a planté en fin Juin. Ces
résultats sont similaires à ceux de Cornet (2005) et Marcos et al. (20 Il) qui ont tous souligné
l'effet de la date de plantation sur la croissance, le développement et le rendement final de
l'igname. Cependant, la faiblesse des rendements de MT observés à Midebdo chez les
producteurs ayant planté précocement, pourrait s'expliquer par la saison des pluies qui s'est
45
installée tardivement et par la pression parasitaire observée chez ces derniers. La faible
production de MT chez MI_07 (1,42 t ha- l ) pourrait être due aux maladies et aux dégâts des
ravageurs sur les tubercules d'igname. Ce dernier n'a d'ailleurs apporté aucun traitement sur
les semenceaux avant la plantation.
La densité de plantation, bien que faible en général chez les producteurs des deux communes,
a contribué à expliquer la variation de MT. Son effet est perceptible chez les producteurs
MC02 (2,13 t ha-!) et MC06 (1,47 t ha-') pour D. rotundata. Ils sont caractérisés tous les
deux par une plantation précoce, un enfouissement des débris, un traitement des semenceaux
et des rotations quasi similaires. La densité de plantation qui a été de 4100 buttes ha-! pour
MI_02 et 3500 buttes ha-! pour MI_06 expliquerait les différences de rendements entre ces
deux producteurs. Gurnah (1974) et Law-Ogbomo (2014) ont tous souligné l'effet de la
densité de plantation sur le rendement des ignames. Pour ces auteurs, la densité requise pour
une exploitation rationnelle de l'espace et pour une augmentation du rendement est de 10.000
buttes ha-Jo Les densités de plantation observées chez les producteurs de notre zone d'étude
(4600 buttes ha-!) sont la moitié de cette densité.
Mieux gérer la fertilité du sol pour un bon rendement des ignames, sous-entend une bonne
conduite des différentes opérations culturales. La qualité du matériel de plantation, la période
et la densité de plantation sont quelques éléments de l'itinéraire technique qui influent
fortement sur les rendements finaux en tubercules des ignames.
46
Conclusion générale et recommandations
Cette étude avait pour objectif de décrire le système de culture à base d'igname à travers une
caractérisation des pratiques culturales et une évaluation des rendements en tubercules frais
dans deux (2) régions du Burkina Faso: le Centre-Ouest (Léo) et le Sud-Ouest (Midebdo). A
son terme, il ressort que:
deux espèces d'igname (D. rotundata et D. alata) sont cultivées dans les deux régions
suivant un système traditionnel, sur de petites superficies « 1 ha) sans ou avec peu d'apports
d'intrants;
conformément à notre première hypothèse de recherche, des diversités de pratiques ont
été recensées entre les producteurs d'une même commune et entre les producteurs des deux
communes. Ces pratiques ont cependant été plus typiques des communes. A Midebdo, il
s'agit d'une culture d'igname en association avec le petit mil sur des jachères d'âges variables
sans fertilisation ni traitements phytosanitaires. A Léo, l'igname s'insère dans des successions
culturales intégrant des céréales et des légumineuses, et bénéficie des engrais minéraux (Urée
et NPK). Au total, dix types de rotations ont été recensés dans la commune de Léo, et huit
types de rotations à Midebdo.
tout comme les pratiques culturales, les rendements en tubercules frais ont varié entre
les producteurs et entre les communes, et même à l'échelle des champs.
les modes de gestion de la fertilité du sol (fertilisation, rotation) et les itinéraires
techniques (période de plantation, traitement des semenceaux, densité de plantation) ont
contribué à faire varier les rendements en tubercules frais entre les producteurs de chaque
commune, et entre les communes. Bien que l'igname soit intégrée dans des rotations
culturales avec une possibilité de la faire revenir plus d'une fois, la production en tubercules a
été plus importante chez les producteurs de Léo contrairement à Midebdo où l'igname ne se
cultive que sur une jachère et en un seul cycle. Il est donc possible de sédentariser la culture
de l'igname avec une bonne gestion de la fertilité des sols et une bonne conduite des
itinéraires techniques. Au terme de cette étude, nous recommandons:
aux producteurs de Léo de s'organiser d'avantage et de travailler avec les services
techniques et de la recherche pour un développement de la culture de l'igname;
aux producteurs de Midebdo, de travailler à avoir un cadre d'échange avec ceux de
Léo qui semblent être mieux outillés dans la culture de l'igname afin que certaines pratiques
notamment le brulis des arbres, très dommageables à l'environnement soient abandonnés;
47
au Ministère en charge de l'agriculture et de l'environnement de travailler à mieux
encadrer les agents qui à leur tour vont travailler avec les producteurs pour accroitre la
production de l'igname tout en respectant l'environnement.
Cela se traduirait par un accroissement des rendements et une forte contribution de l'igname
dans l'atteinte de la sécurité alimentaire et de l'amélioration des conditions socio
économiques des producteurs.
Afin de mieux identifier et caractériser les axes de la culture de l'igname sur lesquels
concentrer les efforts, des investigations plus poussées doivent être menées afin de plus
comprendre le système de culture au Burkina Faso. Ces investigations doivent porter sur:
l'étude de l'impact de la variabilité de la fertilité des sols sur la variabilité des
rendements des ignames;
la conduite d'expérimentations afin de mIeux comprendre l'impact des différentes
pratiques culturales sur l'élaboration du rendement de l'igname au Burkina Faso, et cela dans
le but d'encadrer et de conseiller les producteurs;
l'identification des variétés d'ignames les plus appréciées par les différents acteurs, et
la conduite d'essais afin d'adapter ces varié tés aux conditions édaphiques et climatiques du
pays;
la conduite d'une étude socio-économique de la chaine de valeur de l'igname afin que
tous les acteurs comprennent mieux le rôle social et économique de cette culture.
48
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53
ANNEXES
xvi
Annexe 1 : Itinéraire technique de l'igname dans la commune de Léo réalisé lors de la MARP
Année
Année N-l Année N
N+l
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Labour 1
Buttage
Tuteurage
Sarclage
Récolte
xvii
Annexe 2 : Itinéraire technique de l'igname dans la commune de Midebdo réalisé lors de la MARP
Année
Année N-I Année N
N+l
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Désherbage manuel
Semis
Tuteurage de complément
Sarclage
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Récolte totale
xviii
Annexe 3 : Poster de l'lITA utilisé pour '·observation des dégâts des maladies et d,.:';
ravageurs lors des travaux de terrain
p ofYam
Virus dlseases
Dry rot & tuber damage Dry rot & skin flalt ng
GiI"ing & defonned tubera caused by yam nematode caused by yam nematode
byrootknotne~todes
Sca."
Insects
Tuber cracking
caused by yam nematode
...
OFIO:=: DD , -
XIX
Annexe 4: Questionnaire d'identification et de caractérisation des pratiques culturales
actuelles dans les systèmes de cu Itures à base d'igname
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Site:
Village 1Campement:
Superficie de la parcelle:
Espèce et variété
cultivée : .
Période de
plantation: .. , ..
xx
SECTION 1 : DONNEES SUR LE PRODUCTEUR
1. Célibataire
2. Marié
Situation matrimoniale /- /
3. Divorcé
4. Veuf/veuve
1. Chrétienne
2. Musulmane
Religion /- /
3. Animiste
4. Autre
Précisez s'il est
Groupe ethnique - Autochtone
- migrant
1. Aucun
2. Coranique
Niveau d'étude 3. Primaire /- /
4. Secondaire
5. Supérieur
Nombre de personne en charge dans la
/-/-/
cellule familiale?
xxiii
-
Questions Modalités Réponses
XXIV
Questions Modalités Réponses
xxv