Chapitre 2: Champ électrostatique
Introduction
L’interaction électromagnétique est une des quatre interactions fondamentales : ces interactions
régissent à elles seules tous les phénomènes physiques de l’univers.
Les trois autres interactions connues sont la gravitation (qui se manifeste surtout avec des corps
massiques), l’interaction forte (celle qui assure la cohésion des noyaux des atomes) et l’interaction faible
(qui permet notamment les réactions nucléaires).
Interaction faible. Interaction forte Interaction Interaction
électromagnétique gravitationnelle
-8 -15
Echelle d’action 10 m 10 m de 10-15 à 100 m de 100 à 1026 m
Portée Très courte courte infinie infinie
Rôle Radioactivité Cohésion du noyau Cohésion de Cohésion des
l’atome galaxies
L’électromagnétisme consiste en l’étude des phénomènes qui font intervenir des charges en mouvement
(courants électriques, antenne radio, conductimétrie, courants de Foucault,...). On se restreint, pour
l’instant, aux phénomènes indépendants du temps ce qui permet de séparer l’étude des effets magnétiques
et électriques. Ce cours aborde l’électrostatique, c’est-à-dire l’étude du champ électrique produit par des
charges immobiles.
L’électrostatique traite de l’interaction des charges électriques au repos placées dans le vide. Le champ
électrique est appelé champ électrostatique s’il est invariant dans le temps.
I. Loi de Coulomb
1) Charges électriques
Dans tout phénomène physique intervient un « objet » dont la structure confère certaines propriétés à
l’espace qui l’entoure. Dans le cas de la gravitation, l’objet est constitué par une masse. En électrostatique,
l’objet est une charge, mesurée en coulomb (C) dans le système international.
Ainsi, la charge électrique que l’on note ‘‘q’’ est une grandeur qui rend compte des interactions
électromagnétiques entre particules aussi bien que la masse ‘‘m’’ rend compte des interactions
gravitationnelles.
La charge électrique d’un corps représente la quantité d’électricité portée par ce corps. Cette charge est un
multiple de la charge élémentaire.
avec q en coulomb (C) et
Pour un électron q = -e et pour un proton q = +e
a. Charges ponctuelles
C’est un corps électrisé de dimensions assez petites de telle sorte qu’il peut être assimilé à un point dans
l’espace. Dans le cas contraire, on a une distribution continue de charges.
b. Distribution continue de charges
Distribution volumique de charges
On considère un volume τ qui contient toute la charge q.
Un élément de volume dτ contient une portion de la
charge q notée dq.
La densité volumique de charge ρ représente la charge par
unité de volume soit .
La densité volumique s’exprime en C.m-3.
1
Distribution surfacique de charges
Soit une surface S qui porte une charge q, dS un élément
de cette surface porte la charge dq.
La densité surfacique de charge notée et définie par
l’expression ; représente la
charge par unité de surface. La densité surfacique
s’exprime en C.m-2.
Distribution linéique de charges
Considérons une ligne L qui porte la charge q, dl une portion de la ligne porte la charge dq.
La densité linéique ou linéaire de charge notée et définie par
; représente la charge par unité de
longueur. La densité linéique s’exprime en C.m-1.
2) Loi de coulomb, interaction électrostatique
Soient deux charges q1 et q2 placées dans le vide respectivement aux points A1 et A2. Pour un
observateur au repos, la charge q1 exerce sur q2 une force appliquée au point A2, portée par la droite
(A1 A2) et inversement proportionnelle au carrée de la distance qui les sépare.
De même, q2 exerce sur q1 une force appliquée au point A1.
Cette force est attractive si les charges sont de signes contraires et répulsive si elles sont de même signe.
L’expression vectorielle de la loi de Coulomb s’écrit :
(2.1)
avec force exercée par la charge 1 sur la charge 2 en Newton (N)
: constante de Coulomb
: permittivité électrique du vide
q1, q2 : charges électriques en Coulomb ( C)
r: distances entre les deux charges en mètre (m)
vecteur unitaire qui permet de donner la direction de la force d’interaction.
Figure 2.1 : Attraction ou répulsion des charges selon leur signe
Le principe des actions réciproques permet d’écrire:
Le module de la force électrique est donné par l’expression :
2
Remarque : la loi de coulomb est une loi empirique et c’est le principe fondamental de l’électrostatique.
II. Champ électrostatique crée par une charge ponctuelle
La seule présence d’une charge électrique q1 dans une région de l’espace suffit à rayonner un champ
électrostatique dont l’intensité dépend de cette charge.
Si la charge q1 est située en A, elle rayonne en un point M situé à une distance r, le champ
(2.2)
: Champ électrostatique exprimée en volt par mètre (V.m-1)
Vecteur unitaire qui donne la direction du champ électrostatique
Figure 2.2 : Signe de la charge et sens du champ électrostatique
Si la charge source est positive, le champ électrostatique est centrifuge.
Si la charge source est négative, le champ électrostatique est centripète.
Ainsi, si une charge q2 est située en M, elle subit la force électrostatique :
ou (2.3)
Remarque :
- Le champ et la force électrostatiques sont des grandeurs vectorielles définies par quatre caractéristiques :
le point d’application ; la direction ; le sens et le module ou intensité.
III. Champ électrostatique crée par un ensemble de charges ponctuelles (distribution
discrète de charges)
Le principe de superposition dit que le champ électrostatique crée en un point M de l’espace par un
ensemble de n charges ponctuelles placées respectivement aux points Pi est la somme vectorielle des
champs électrostatiques crées par chacune des charges au point M :
avec (2.4)
IV. Champ électrostatique crées par une distribution continue de charges
Pour une distribution continue de charges, un petit élément portant la charge dq crée en un
point M un champ électrostatique élémentaire .
L’intégrale doit être étendue à tout l’espace occupé par la charge.
3
a. Distribution volumique de charges
(2.5)
Figure 2.3 : Distribution volumique de charges
b. Distribution surfacique de charges
(2.6)
Figure 2.4 : Distribution surfacique de charges
c. Distribution linéique de charges
(2.7)
Figure 2.5 : Distribution linéique de charges
V. Lignes de champ électrostatique
De manière générale, la représentation d’un champ vectoriel fait appel à la notion de ligne de champ.
La présence d’un champ électrostatique est difficile à visualiser. Grâce aux lignes de champ, on a une idée
de la cartographie du champ électrostatique dans une région de l’espace.
Une ligne de champ est une ligne orientée dans le sens du champ électrostatique, en chaque point de celle-
ci, le champ électrostatique est tangent.
La valeur du champ électrostatique peut varier le long d’une ligne de champ, les lignes de champ ne
permettent donc que de connaitre la direction du champ.
Cependant, dans une région vide de charge, plus les lignes de champ sont serrées, plus le champ
électrostatique est intense.
4
Figure 2.6 : Lignes de champ pour deux distributions de charges
On observe que le champ est radial et centrifuge si la charge est positive. Evidemment, si l’on inverse le
signe de la charge, les lignes de champ sont radiales et orientées vers la charge.
Le système formé par les deux charges ponctuelles de signe opposé, q et –q, s’appelle un doublet
électrostatique. La cartographie du champ montre que les lignes de champ partent de la charge positive
pour converger vers la charge négative sans jamais se refermer.
VI. Symétries et invariances
La connaissance des symétries et invariances que présentent les sources, permet de déduire certaines
caractéristiques du champ résultant.
Le calcul analytique des champs électrostatiques créés par des distributions de charges n’est pas toujours
aisé et le recours à des considérations de symétrie peut s’avérer incontournable. En effet la cartographie des
lignes de champ reflète la géométrie de la distribution de charges au sein du système. Au préalable à toute
détermination de grandeurs électriques, il convient de procéder à une analyse de la symétrie du système de
charges. Cette approche permet de prévoir la symétrie des champs électrostatiques créés par le système
c’est-à-dire de prévoir que ne dépend pas explicitement de certaines coordonnées du point M et qu’une
ou deux composantes de dans une base appropriée sont nulles.
Comme le paragraphe précédent le montre, il ne semble pas évident de calculer des champs
électrostatiques. En effet, selon la distribution continue de charges qui est à l’origine du champ, apparait
dans le calcul du champ électrostatique des intégrales doubles ou triples.
De plus le champ électrostatique en un point de l’espace possède plusieurs composantes et dépend de
plusieurs paramètres :
- En coordonnées cartésiennes : (2.8)
- En coordonnées cylindriques : (2.9)
- En coordonnées sphériques : (2.10)
La considération des symétries et invariances d’une distribution va permettre de simplifier cette expression
de et donc de simplifier le calcul d’intégrales.
1. Invariances
Les invariances permettent d’éliminer des coordonnées dont dépend le champ électrostatique en un
point M.
Il y a invariance lorsque la vue de la distribution est identique en un point M et un point M’ (M’obtenu par
translation ou rotation depuis M), ou bien si le champ électrostatique calculé en M et en M’est identique.
1.1 Invariance par translation selon un axe
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Si une distribution admet un axe suivant lequel une translation ne change rien physiquement à celle-ci (on
voit depuis un point M et depuis un point M’, image par translation de M, la même distribution), alors le
champ électrostatique ne doit pas non plus subir de changement.
Si cet axe est Oz (système de cordonnées cartésiennes ou polaires), alors les composantes du champ
électrostatique ne dépendront pas de la cordonnée z :
ou (2.11)
1.2 Invariance par rotation autour d’un axe
Si la distribution admet un axe suivant lequel une rotation ne change rien physiquement à celle-ci, alors le
champ électrostatique ne doit pas non plus subir de changement.
Il ne dépendra pas de l’angle de rotation autour de cet axe, les composantes du champ électrostatique ne
dépendront pas de la coordonnées (système de coordonnées cylindriques ou sphériques)
ou (2.12)
Figure 2.7 : Invariance par translation Figure 2.8 : Invariance par rotation
Cas de la sphère
Dans une distribution sphérique, il y a invariance par rotations autour du point O, centre de la sphère, on
s’affranchit des coordonnées et .
Mais cette distribution n’est pas invariante par translation suivant r, car on ne voit pas la même distribution
en se déplaçant suivant un rayon : si on prend un point M à l’intérieur de la sphère, il est entouré de charges
alors qu’un point M’ situé sur le même rayon mais en périphérie de la sphère ne voit que des charges en
dessous de lui.
En dehors de la sphère, le champ électrostatique dépendant de la distance aux charges, celui-ci ne serait pas
le même à proximité de la sphère et très loin d’elle.
2. Symétries et antisymétries
Les symétries et antisymétries permettent d’éliminer des composantes du champ électrostatique.
En effet, un principe appelé principe de Curie dit que les symétries des causes (que sont les charges,
sources de l’électrostatique) doivent se retrouver dans les effets (que sont le champ et le potentiel
électrostatiques): la symétrie de la distribution de charge se retrouvera dans l’expression du champ
électrostatique.
2.1 Plan de symétrie
Cas général
Si la distribution admet un plan de symétrie π alors le champ appartient nécessairement à ce plan.
En effet, l’élément infinitésimal de la distribution situé en P qui porte la charge dq crée en M le champ
et son symétrique par rapport à π, situé en P’ qui porte aussi la charge dq crée en M le champ .
6
La somme de et donne le vecteur contenu dans π. (figure 2.9)
Exemple du fil infini
Le plan π1 est un plan de symétrie pour la distribution (le fil), le champ doit être contenu dans ce plan :
il ne peut donc pas avoir de composante selon
Le plan π2 est lui aussi un plan de symétrie pour la distribution, le champ doit être contenu dans ce
plan : il ne peut donc pas avoir de composantes selon .
Donc le champ n’a qu’une seule composante suivant et s’écrit : (figure 2.10)
Figure 2.9 : Plan de symétrie et champ Figure 2.10 : ¨Plan de symétrie du fil infini
2.2 Plan d’antisymétrie
Cas général
Si la distribution admet un plan d’antisymétrie π ’ alors le champ est nécessairement orthogonal à ce
plan.
En effet, l’élément infinitésimal de la distribution situé en P qui porte la charge dq créé en M le champ
, son symétrique par rapport à π’ , situé en P’ porte lui, la charge –dq, il crée en M le champ .
La somme de et , donne un vecteur orthogonal au plan π’.
Exemple du condensateur
Le plan π’ est un plan d’antisymétrie pour le condensateur car les charges portées par ses deux plaques sont
opposées. Ainsi, l’addition des champs élémentaires créés par une portion de surface de chaque plaque,
donne un champ perpendiculaire à π .
Si on utilise des coordonnées cartésiennes, on élimine avec cette antisymétrie les composantes suivant et
. Le champ s’écrit :
7
Figure 2.11 : Plan d’antisymétrie et champ Figure 2.12 : ¨Antisymétrie et condensateur
VII. Calcul du champ électrostatique par la méthode intégrale : exemple du fil infini
Nous utilisons la première méthode qui permet de calculer le champ électrostatique créé par une
distribution continue de charge. Ce n’est pas la plus simple, mais nous pouvons mener le calcul à son terme
grâce à la détermination préalable des symétries et invariances.
1. Symétries et invariances : le fil infini est la distribution continue la plus simple que l’on peut
rencontrer. On se place dans un repère cylindrique .
- Pour ce qui est des invariances, le fil étant infini, la distribution est invariante si l’on se translate le long
du fil. Le fil étant dirigé suivant Oz, la coordonnée z est éliminée.
Aussi, la distribution est inchangée par rotation autour du fil, la coordonnée est éliminée.
Ainsi :
- Pour ce qui est des symétries (confère VI.2.1), le fil admet deux plans de symétrie, ce qui élimine les
composantes suivant et suivant .
Ainsi :
Nous venons de simplifier considérablement l’expression de notre champ électrostatique.
2. Champ élémentaire : Nous découpons à présent le fil en de multiples segments élémentaires portant
chacun la charge , et cherchons le champ élémentaire créé par chaque portion :
Le fil étant toujours dirigé suivant Oz, on a et . La portion dz créé le champ :
or R=PM et donc (*)
8
Figure 2.13 : Paramétrage du fil
Dans la configuration de la figure 2.13, trois paramètres jouent le même rôle, celui de situer le
point P par rapport à l’origine du repère : nous allons en garder un seul, l’angle .
représente la projection de sur l’axe dirigé par , donc :
On a aussi : et : soit , et
finalement et l’équation (*) devient :
3. Intégration : il suffit à présent de sommer de façon continue tous les champs élémentaires créés par les
éléments infinitésimaux dl du fil infini. Les bornes d’intégration concerneront puisque c’est le
paramètre que nous avons choisi de garder.
Afin de considérer un fil infini, nous devons intégrer de –π ̸ 2 à π ̸ 2. Mais comme la situation est
symétrique de part et d’autre du point O, nous pouvons intégrer entre 0 et π ̸ 2 et multiplier le champ par 2.
Ce qui donne :
soit et
Le champ électrostatique créé par un fil infini s’écrit :
VIII. Théorème de Gauss
Ce théorème permettra un calcul plus aisé à condition que les symétries de la distribution soient suffisantes.
1. Enoncé
Le flux du vecteur champ électrostatique à travers une surface fermée S est proportionnel à la charge
Qint contenue dans le volume que délimite la surface S.
(2.13)
Remarque : la surface S est une surface purement géométrique appelé surface de Gauss. Son choix se fait
arbitrairement mais de façon judicieuse ce qui permet un calcul facile et rapide du champ électrostatique en
tout point de l’espace. La surface passera par le point où l’on souhaite calculer l’expression du champ
électrostatique.
On choisit :
une surface sphérique si le système chargé présente une symétrie sphérique
une surface cylindrique si le système chargé présente une symétrie cylindrique ou s’il est filiforme
9
2. Application du théorème de Gauss au fil infini
1. On commence toujours par simplifier l’expression du champ électrostatique en éliminant les
coordonnées et composantes grâce aux symétries et invariances. Nous avons déjà fait ceci, on a toujours :
2. Pour pouvoir appliquer ce théorème, il faut choisir une surface de Gauss appropriée. Nous allons
prendre un cylindre centré sur le fil (qui présente d’ailleurs les mêmes invariances que la distribution).
Comme la surface doit être finie, il faut attribuer une hauteur h arbitraire à celui-ci.
Le cylindre de Gauss passe par le point M au niveau duquel on veut calculer le champ électrostatique.
3. On doit maintenant calculer le flux du champ électrostatique à travers la surface de Gauss :
Figure 2.14 : Fil et théorème de Gauss
La surface de Gauss choisie est composé de trois portions de surface notées S 1, S2 et S3. Il faut donc
théoriquement calculer trois flux et les additionner :
, et
Mais et sont nuls car :
Il ne nous reste donc plus qu’à calculer :
4. Il faut également calculer la charge contenue à l’intérieur du volume délimité par la surface de Gauss :
Le fil porte la densité linéique de charge , le cylindre est de hauteur h donc la charge contenue dans
celui-ci est
5. Enfin, nous appliquons le théorème de Gauss :
Finalement :
et
On retrouve le même résultat que par la méthode intégrale.
3. Equations locales de l’électrostatique
3.1 Forme différentielle du théorème de Gauss
10
Soit une surface fermée S entourant une distribution continue de charge de densité ρ en un point
quelconque. Soit τ le volume limité par cette surface S.
Le flux du champ à travers cette surface est : .
Le théorème de Green-Ostrogradsky permet d’écrire :
Si Qint est la charge totale intérieure au volume τ avec la densité ρ on a :
Le théorème de Gauss dévient soit
(2.14)
Cette relation signifie que les charges électriques sont les sources du champ électrostatique.
Si les lignes de champ « divergent », par contre si et les lignes de
champ « convergent ».
3.2 Notion d’angle solide
3.3 Forme différentielle de la circulation du champ électrostatique
11
La circulation du champ électrostatique le long d’un contour fermé quelconque est nulle:
Le théorème de Stokes permet d’écrire or soit
(2.15)
Cette relation signifie que les lignes de champ électrostatiques ne se referment pas sur elles même.
3.4 Equation de Poisson
Exprimons en termes de potentiel le théorème de Gauss en coordonnée cartésiennes, soit:
Or selon la relation locale entre champ et potentiel on a :
soit :
; ;
La relation devient ou soit
(2.16) quel que soit le système de coordonnées.
Les charges électriques sont les sources du potentiel électrostatique
Remarque: en l’absence de charge ρ = 0 on a:
c’est l’équation d’isotropie, même propriété du milieu en toute direction en un point
c’est l’équation de Laplace
3.5 Résumé
Les deux équations fondamentales de l’électrostatique dans le vide sont:
Forme locale Forme intégrale
conservatif
Théorème de Gauss pour
IX. Analogie avec le champ de gravitation
1) Rappel: force de gravitation
Soit deux points matériels M1 et M2 de masse respective m1 et m2, l’expression de la force de gravitation
exercée par M1 sur M2 est :
(2.17)
Avec vecteur unitaire orienté de M1 vers M2,
G = 6, 67.10-11N.m2.kg−2 la constante de gravitation universelle.
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Cette force est formellement analogue à la force électrostatique. La seule différence provient du fait qu’une
masse est toujours positive tandis qu’une charge peut être négative ou positive: la force gravitationnelle est
toujours attractive tandis que la force électrostatique est attractive lorsque les charges sont de signe opposé
et répulsive sinon.
2) Champ de gravitation
Comme pour la force électrostatique, on peut donc introduire la notion de champ. Le champ de gravitation
créé en M2 par une masse ponctuelle m1 située en M1 s’écrit donc :
(2.18)
Comme le champ électrostatique, ce champ ne dépend pas de la masse m2 mais uniquement de l’endroit où
elle se trouve.
3) Théorème de Gauss pour le champ gravitationnel
On a explicité l’analogie qui peut être établie entre le champ électrostatique et le champ gravitationnel. On
peut l’utiliser ici et énoncer le théorème de Gauss pour le champ gravitationnel.
Enoncé : Le flux du champ gravitationnel à travers une surface fermée S est égal au produit de la masse
totale contenue à l’intérieur de la surface S par −4π fois la constante de gravitation universelle G:
(2.19)
Remarque : Bien que les phénomènes soient différents, il y a une analogie formelle entre le champ
électrostatique et le champ de gravitation. Nous pourrons appliquer les résultats issus de l’électrostatique
au cas de la gravitation, en respectant les correspondances du tableau:
Electrostatique Gravitation
Champ Champ ( pour le champ terrestre)
Charge q Masse m
Densité volumique de charge ρ Masse volumique ρ
Constante Constante -G
Exercice d’application
Soit un disque R d’épaisseur négligeable portant une densité surfacique de charges σ constante. Calculer le
champ électrostatique créé en un point de l’axe du disque.
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