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Risques d'inondation en France

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MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Les inondations

DOSSIER D’INFORMATION

risques naturels majeurs


LES INONDATIONS
1
Introduction.................................................................................................... 2

Le phénomène inondation
Quelques définitions ..................................................................................... 3
Le processus de formation des crues ........................................................... 6
L’influence des facteurs naturels.................................................................. 6

L’aléa inondation
La période de retour des crues ..................................................................... 7
La hauteur et la durée de submersion......................................................... 7
La vitesse du courant..................................................................................... 8
Le volume de matière transportée............................................................... 8

Le risque inondation
L’influence des facteurs anthropiques......................................................... 9
Les atteintes aux hommes, aux biens et aux activités............................. 10
Les atteintes à l’environnement................................................................. 10
Les événements historiques en France .......................................................11
Votre commune face au risque sur [Link].................................. 11

Actions de prévention et de secours


Les responsabilités....................................................................................... 12
La prévision et la prévention...................................................................... 12
La prévision
La prévention
La prévention du risque dans l’aménagement
L’information préventive
L’alerte et les consignes
La protection et les secours ........................................................................ 18
Les moyens de protection
Les secours
L’indemnisation............................................................................................ 19

Références ....................................................................................................... 20
Organismes de référence, sites internet consultés et bibliographie
Glossaire........................................................................................................... 20

Document d’information édité par


le ministère de l’Écologie et du Développement durable,
direction de la Prévention des pollutions et des risques,
sous-direction de la Prévention des risques majeurs

Conception et réalisation :
Alp’Géorisques [38420 Domène]
Graphies [38240 Meylan]

Août 2004
2
Introduction
Les inondations constituent un risque
majeur sur le territoire national, mais
également en Europe et dans le monde
entier. Au premier rang des catastrophes
naturelles dans le monde, elles font environ
20 000 victimes par an. Certaines résultent de
phénomènes qui se renouvellent chaque an-
née comme la mousson, d’autres sont le fait
de circonstances particulières (cyclones,
typhons, orages violents).
En France, le risque inondation concerne
une commune sur trois à des degrés divers
dont 300 grandes agglomérations. Pour
160 000 km de cours d’eau, une surface de
22 000 km2 est reconnue particulièrement
inondable : deux millions de riverains sont
concernés. Les dégâts causés par les inon-
dations représentent environ 80 % du coût Les communes à risque inondation
des dommages imputables aux risques naturels, soit en moyenne Avec enjeu humain
Enjeu humain non défini
250 M€ par an. La moitié de cette somme relève des activités éco- Sans enjeu humain
nomiques. Deux millions de riverains sont concernés
par le risque d’inondation
En raison de pressions économiques, sociales, foncières ou encore (Source : Recueil national des communes à risques,
MEDD-DPPR-SDPRM, 2004).
politiques, les cours d’eau ont souvent été aménagés, couverts, dé-
viés, augmentant ainsi la vulnérabilité des populations et des biens.
Pour remédier à cette situation, l’amé-
lioration de la prévision et de la pré-
vention des inondations reste l’outil
essentiel de l’État. Une meilleure in- L’aléa
formation des populations exposées et Quelques définitions sont nécessaires
la diminution de la vulnérabilité des à la compréhension de ce document.
L’aléa est la manifestation
biens situés dans les zones inondables d’un phénomène naturel d’occurrence
sont à privilégier. Cependant, si l’État et d’intensité données.
et les communes ont des responsabili- L’enjeu est l’ensemble des personnes
et des biens susceptibles d’être affectés
tés dans ce domaine, chaque citoyen par un phénomène naturel.
doit aussi contribuer à se protéger L’enjeu Le risque majeur est la conséquence
d’un aléa d’origine naturelle ou humaine,
efficacement et diminuer sa propre dont les effets peuvent mettre en jeu
vulnérabilité. un grand nombre de personnes,
occasionnent des dégâts importants
et dépassent les capacités de réaction
des instances directement concernées.
La vulnérabilité exprime et mesure
le niveau de conséquences prévisibles
de l’aléa sur les enjeux.
Le risque Différentes actions peuvent la réduire
en atténuant l’intensité de certains aléas
ou en limitant les dommages
sur les enjeux.
LES INONDATIONS
3
LE PHÉNOMÈNE INONDATION

Quelques définitions
En Asie, la mousson d’été est à l’origine des inon-
dations les plus catastrophiques au niveau mondial.
 L’inondation
Entre avril et octobre, l’air surchauffé des tropiques
s’élève au-dessus de l’Himalaya, créant une dépres-
L’inondation est une submersion, rapide ou lente, d’une zone ha-
sion qui attire l’air de la mer plus humide. En alti- bituellement hors d’eau.
tude, la vapeur d’eau se condense et crée des pluies
durables et abondantes. Le risque d’inondation est la conséquence de deux composantes :
l’eau qui peut sortir de son lit habituel d’écoulement et l’homme
qui s’installe dans l’espace alluvial pour y implanter toutes sortes
de constructions, d’équipements et d’activités.
On distingue trois types d’inondation.
Inondation par remontée de nappe La montée lente des eaux en région de plaine
Les inondations de plaine se produisent lorsque la rivière sort len-
tement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une période
relativement longue. La rivière occupe son lit moyen et éven-
tuellement son lit majeur.
Après une ou plusieurs années pluvieuses, il arrive
que la nappe affleure et qu’une inondation spontanée
se produise : on parle d’inondation par remontée de
nappe phréatique. Ce phénomène concerne particu-
lièrement les terrains bas ou mal drainés. Sa dynamique lente
perdure plusieurs semaines.
La formation rapide de crues torrentielles
Lorsque des précipitations intenses, telles des averses violentes, tom-
bent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent
rapidement dans le cours d’eau, engendrant des crues torrentielles
brutales et violentes. Le cours d’eau transporte de grandes quantités
de sédiments et de flottants (bois morts, etc.), ce qui se traduit par
une forte érosion du lit et un dépôt des matières transportées. Ces
dernières peuvent former des barrages, appelés embâcles, qui, s’ils
viennent à céder, libèrent une énorme vague pouvant être mortelle.

Embâcle
Le ruissellement pluvial
sur un torrent
L’imperméabilisation du sol par les aménagements (bâtiments, voi-
ries, parkings, etc.) et par les pratiques culturales limite l’infiltra-
tion des précipitations et accentue le ruissellement. Ceci occasionne
souvent la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement
des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins
importants et souvent rapides dans les rues.
4
Au sens large, les inondations comprennent également les inonda-
tions par rupture d’ouvrages de protection (brèches dans les digues)
et les inondations dans les estuaires. Ces dernières résultent de la Crue
conjonction de la crue des fleuves, de fortes marées et de situations
dépressionnaires (régime de tempête). Tempête

Un cas particulier : les laves torrentielles


Marée
Les laves torrentielles se forment dans le lit des torrents au cours Inondation
dans un estuaire
d’une crue liquide, lorsqu’une grande quantité de matériaux meu-
bles (éboulis, paquets de terre, etc.) y est mobilisable. Ces écoule-
ments sont composés d’un pourcentage de matériaux solides supé-
rieur à 50 %, de tailles variées, allant des matériaux fins jusqu’à de
très gros blocs.
La lave torrentielle se comporte comme un fluide visqueux très Queue
de la coulée
dense, dans lequel les blocs paraissent flotter dans une pâte boueuse
(mélange d’eau et de fines). Elle a un pouvoir destructeur plus im-
portant qu’une crue torrentielle de débit équivalent, en raison de sa
densité élevée, de la vitesse de déplacement (plusieurs km / h selon
la pente du torrent) et de la quantité de matériaux charriés. Les
blocs transportés peuvent atteindre plusieurs dizaines de tonnes.
Corps
de la coulée
Lorsque la lave torrentielle survient, l’écoulement liquide du torrent
s’arrête. Alternent alors des successions de bouchons (embâcles) et
de coulées boueuses (débâcles) qui déferlent dans le lit du torrent. Bourrelet frontal
constitué des plus gros blocs
Par ailleurs, en raison des quantités de matériaux transportés, le
Structure d’une lave torrentielle
colmatage du lit du torrent peut s’accompagner de divagations dans
les zones urbanisées de fond de vallée, qui occupent les cônes de
déjection torrentiels.

 Le débit de la rivière
La crue
La crue correspond à l’augmentation de la quantité d’eau qui s’écou- Le débit (Q) d’un cours d’eau en un point donné est
le volume d’eau passant en ce point pendant une
le dans la rivière (débit) et peut concerner l’ensemble du lit majeur unité de temps ; il s’exprime en m3 / s ou en l / s.
de la rivière. L’importance de l’inondation dépend de trois paramè-
tres : la hauteur d’eau, la vitesse du courant et la durée de la crue.
Ces paramètres sont conditionnés par les précipitations, l’état Bassin versant
du bassin versant et les caractéristiques du cours d’eau
(profondeur, largeur de la vallée, etc.). Ces caracté- Le bassin versant d’une
rivière est son aire géo-
ristiques naturelles peuvent être aggravées par graphique d’alimentation
la présence d’activités humaines. en eau.
L’exutoire est le point le
L’étiage plus en aval du réseau hydro-
graphique, par lequel passent tou-
Le débit d’étiage est le débit minimum tes les eaux de ruissellement drainées
par le bassin versant.
d’un cours d’eau, observé sur un temps
Exutoire
donné en période de basses eaux.
LES INONDATIONS
5
 Le lit de la rivière
Lit mineur
Le lit mineur
Le lit mineur est constitué par le lit ordinaire du cours d’eau, pour
le débit d’étiage ou pour les crues fréquentes (crues annuelles).
Le lit majeur
Le lit majeur comprend les zones basses situées de part et d’autre
du lit mineur, sur une distance qui va de quelques mètres à plusieurs
kilomètres. Sa limite est celle des crues exceptionnelles.
Lit moyen
On distingue deux types de zones :
- les zones d’écoulement, au voisinage du lit mineur ou des che-
naux de crues, où le courant a une forte vitesse ;
- les zones d’expansion de crues ou de stockage des eaux, où la
vitesse est faible. Ce stockage est fondamental, car il permet le la-
minage de la crue, c’est-à-dire la réduction du débit et de la vitesse
Lit majeur de montée des eaux à l’aval.

Le lit majeur fait partie intégrante de la rivière.


En s’y implantant, on s’installe donc dans la rivière elle-même.

Le lit moyen
Sous certains climats, notamment méditerranéens, on peut identi-
fier un lit moyen. Pour les crues de période de retour de 1 à 10 ans,
La ripisylve est la végétation abondante et variée
qui borde les rivières. On distingue trois étages :
l’inondation submerge les terres bordant la rivière et s’étend dans
- arborescent (frêne, peuplier, saule blanc, etc.), le lit moyen. Il correspond à l’espace fluvial ordinairement occupé
- arbustif (fusain, troène, cornouiller, saules buisson- par la ripisylve, sur lequel s’écoulent les crues moyennes (cf chapi-
nants, etc.),
- herbacé (ortie, « roseaux », etc.).
tre sur la qualification de l’aléa).
6
Le processus de formation des crues
Comprendre ce processus revient à analyser les différents facteurs
concourant à la formation et à l’augmentation temporaire des débits
d’un cours d’eau. En simplifiant, on distingue :
• l’eau mobilisable, constituée de l’eau reçue par le bassin versant ;
• le ruissellement, qui correspond à la part de l’eau qui n’a pu s’in-
filtrer dans le sol. Il dépend de la nature du sol, de son occupation
de surface et de l’intensité de l’épisode pluvieux ;
• le temps de concentration, qui est défini par la durée nécessaire
pour qu’une goutte d’eau partant du point le plus éloigné de l’exu-
toire du bassin versant parvienne jusqu’à celui-ci ;
• la propagation de l’onde de crue, qui est fonction de la structure
du lit et de la vallée alluviale, notamment de la pente et des carac-
téristiques du champ d’inondation.

L’influence des facteurs naturels


De nombreux paramètres influencent l’apparition d’une crue. Tout
d’abord la quantité et surtout la répartition spatiale et temporelle
des pluies, par rapport au bassin versant, sont déterminantes. Il peut
s’agir de pluies répétées et prolongées de régime océanique (celles
affectant par exemple les grands bassins de la Loire ou de la Seine)
ou d’averses intenses de courte durée, qui touchent de petits bassins
versants.
La nature et l’occupation du sol dictent l’évaporation et la consom- L’inondation autour d’Arles, provoquée par la
crue du Rhône en décembre 2003.
mation d’eau par les plantes. L’absorption d’eau par le sol, l’infil- Source : CNES / SERTIT / ESA / SIRA
tration dans le sous-sol ou le ruissellement influencent fortement
le temps de concentration des eaux. Enfin, la topographie du lit, la
pente et la forme du bassin versant jouent également. Ainsi, pour
une même quantité de pluie, une crue apparaîtra ou non.
À ces paramètres s’ajoutent des facteurs naturels aggravants,
comme la fonte des neiges ou la formation et la rupture d’embâcles.
Les matériaux flottants transportés par le courant peuvent en effet
s’accumuler en amont des passages étroits. La rupture éventuelle
de ces embâcles provoque une onde puissante et destructrice en
aval. Concernant la fonte des neiges, il est rare en France que des
crues importantes soient provoquées uniquement par ce phéno-
mène, même s’il demeure un facteur aggravant.
LES INONDATIONS
7

L’ALÉA INONDATION

Quatre paramètres principaux sont nécessaires pour qualifier l’aléa


inondation.

La période de retour de crues


La période de retour est l’inverse de la probabilité On associe souvent à la notion de crue la notion de période de
d’occurrence du phénomène.
retour (crue décennale, centennale, millennale, etc.) : plus cette
Un phénomène ayant une période de retour de cent
ans (phénomène centennal) a une chance sur cent période est grande, plus les débits et l’intensité sont importants.
de se produire ou d’être dépassé chaque année.
Cela est vérifié à condition de considérer une très On distingue par ordre croissant :
longue période. Mais elle peut aussi, sur de courtes
périodes (quelques années, parfois une seule), se
- les crues fréquentes, dont la période de retour est comprise entre
répéter plusieurs fois. un et deux ans ;
Autrement dit, en vingt ans, un individu a une
chance sur cinq de vivre la crue centennale.
- les crues moyennes, dont la période de retour est comprise entre
dix et vingt ans ;
- les crues exceptionnelles, dont la période de retour est de l’ordre
de cent ans ;
- la crue maximale vraisemblable, qui occupe l’intégralité du lit
majeur.
Les événements les plus souvent représentés sur la carte d’aléa sont
la crue décennale (Q10) et la crue centennale (Q100).
L’aléa de référence servant de base à l’élaboration des documents
réglementaires correspond à l’événement centennal ou au plus fort
événement connu, s’il présente une fréquence supérieure à cent ans.

La hauteur et la durée de submersion


La hauteur de submersion peut avoir un impact important sur le
bâti, notamment lorsqu’elle dépasse la cote de référence. La struc-
ture porteuse de l’habitation peut être endommagée et les sols et
murs gorgés d’eau.
Lorsque la durée de submersion est importante (supérieure à 24 h
voire 48 h), des problèmes sanitaires peuvent survenir, l’eau étant
souvent sale, contaminée par les égouts ou parfois le mazout
échappé des cuves.
Pour l’homme, on considère généralement que des hauteurs d’eau
supérieures à 50 cm sont dangereuses. À titre d’exemple, une voi-
ture commence à flotter à partir de 30 cm d’eau.
8
La vitesse du courant
La vitesse d’écoulement est conditionnée par la pente du lit et sa
rugosité. Elle peut atteindre plusieurs mètres par seconde. La dan-
gerosité de l’écoulement dépend du couple hauteur / vitesse.
À titre d’exemple, à partir de 0,50 m / s, la vitesse du courant de-
vient dangereuse pour l’homme, avec un risque d’être emporté par
le cours d’eau ou d’être blessé par des objets charriés à vive allure.

Le volume de matière transportée


Ce volume est communément appelé « transport solide ». Il s’agit
de matériaux (argiles, limons, sables, graviers, galets, blocs, etc.) se
Les alluvions fines Les alluvions grossières
trouvant dans les cours d’eau, et dont le transport peut s’effectuer sont transportées se déplacent sur le fond :
soit par suspension dans l’eau, soit par déplacement sur le fond du en suspension. c’est le charriage.
lit, du fait des forces liées au courant.
Le terme de transport solide
ne comprend pas le transport
des flottants (bois morts...).

Le transport solide

Chacun des trois derniers paramètres a plus ou moins d’importance Morphodynamique : ensemble des paramètres
morphologiques (tracé du cours d’eau, pente en
selon les caractéristiques morphodynamiques de la rivière. Par long, etc.) et dynamiques (vitesse de montée des
exemple, l’aléa inondation d’une rivière, dont la pente en long est eaux, érosion, alluvionnement, etc.) d’une rivière.
faible (inférieure à 0,1 %) sera surtout caractérisé par la hauteur et Pente en long : pente longitudinale d’un cours
d’eau.
la durée de submersion. L’aléa inondation d’une rivière torrentielle
sera essentiellement caractérisé par une vitesse du courant élevée et
un fort transport solide.
LES INONDATIONS
9

LE RISQUE INONDATION

L’influence des facteurs anthropiques


Les facteurs anthropiques constituent des facteurs aggravants et
ont un rôle fondamental dans la formation et l’augmentation des
débits des cours d’eau.
L’urbanisation et l’implantation d’activités
dans les zones inondables
L’imperméabilisation du bassin versant occasion- Elles constituent la première cause d’aggravation du phénomène.
ne une réduction du temps de concentration et une
augmentation du débit de pointe.
En parallèle, l’augmentation du niveau de vie et le développement
Le débit de pointe se définit comme le débit maxi- des réseaux d’infrastructures ont accru dans des proportions nota-
mal instantané, faisant référence à une période de bles la valeur globale des biens et la fragilité des activités exposées
retour donnée.
(vulnérabilité).
Le laminage est le retardement et la diminution
du volume des eaux à l’aval, grâce à un stockage
temporaire naturel (zone d’expansion des crues) La diminution des champs d’expansion des crues
ou artificiel (barrage de rétention). Lorsque cela
n’est pas possible, la végétalisation d’une partie des Consécutive à l’urbanisation et parfois aggravée par l’édification
terrains (bandes enherbées par exemple) permet de de digues ou de remblais, elle a pour conséquence une réduction
freiner le ruissellement et de retenir une partie des
matériaux emportés. de l’effet naturel d’écrêtement des crues, bénéfique aux secteurs
habités en aval des cours d’eau.
L’aménagement parfois hasardeux des cours d’eau
Beaucoup de rivières ont été modifiées localement sans se sou-
cier des conséquences en amont ou en aval. Ces aménagements
Les pratiques agricoles : le sens des cultures joue
(suppression de méandres, endiguement, etc.) peuvent avoir pour
un rôle important dans le phénomène de ruisselle- conséquences préjudiciables l’accélération de crues en aval et l’al-
ment, non seulement du point de vue de la quantité
d’eau ruisselée mais également de la quantité de
tération du milieu naturel.
matériaux emportés. L’idéal est de cultiver dans un
sens parallèle aux lignes de niveau. La défaillance des dispositifs de protection
Le rôle des dispositifs de protection (digues, déversoirs) peut être
limité. Leur mauvaise utilisation et leur manque d’entretien peuvent
parfois exposer davantage la plaine alluviale que si elle n’était pas
protégée.
L’utilisation ou l’occupation des sols
sur les pentes des bassins versants
Toute modification de l’occupation du sol (déboisement,
suppression des haies, pratiques agricoles, imperméabilisa-
tion) empêchant le laminage des crues et la pénétration des
eaux, favorise une augmentation du ruissellement, un écoule-
Labours parallèles ment plus rapide et une concentration des eaux.
aux courbes de niveau :
ruissellement ralenti Labours perpendiculaires
aux courbes de niveau :
ruissellement accéléré, érosion
10
Les atteintes aux hommes, aux biens
et aux activités
La vulnérabilité de la population est provoquée en particulier par
sa localisation en zone inondable. Sa mise en danger survient sur-
tout lorsque les délais d’alerte et d’évacuation sont trop courts ou
inexistants, lors des crues rapides ou torrentielles.
Le danger se traduit par le risque d’être emporté ou noyé, ainsi
que par l’isolement sur des îlots coupés de tout accès. Lors des
inondations du Sud-Est des dix dernières années, plus du tiers des
victimes étaient des automobilistes surpris par la crue.
L’interruption des communications peut gêner, voire empêcher
l’intervention des secours. Par ailleurs, on estime que les dom-
mages indirects (perte d’activité, chômage technique, etc.) sont
souvent plus importants que les dommages directs occasionnés aux
biens mobiliers et immobiliers.

Les atteintes à l’environnement


Les dégâts au milieu naturel sont dus à l’érosion, aux déplacements
du lit ordinaire, aux dépôts de matériaux, etc. Les phénomènes
d’érosion, de charriage, de suspension de matériaux et d’alluvion-
nement participent à l’évolution du milieu naturel dans ses aspects
positifs comme négatifs.
Pour les zones industrielles situées en zone inondable, un risque de
pollution et d’accident technologique est à prendre en compte.
LES INONDATIONS
11

Les événements historiques en France


Les catastrophes de la dernière décennie et de ce début de siècle
montrent à quel point l’ensemble du territoire est vulnérable, qu’il
s’agisse de zones urbaines ou rurales.

Année Localisation Dégâts Victimes


Inondations majeures en France
1910 Paris (débordements de la Seine) 1,07 milliard d’euros Moins de 5 morts
1930 Montauban et Moissac 3 000 maisons détruites, Plus de 200 morts
(Tarn-et-Garonne) 11 grands ponts détruits.
Crue la plus dommageable
du XXe siècle en France.
1940 Pyrénées-Orientales Destructions généralisées 50 morts
1987 Grand Bornand (Haute-Savoie) 23 morts
1988 Nîmes (Gard) 500 millions d’euros 10 morts
1992 Vaucluse (Vaison-la-Romaine), Plus de 500 millions d’euros 47 morts,
mais aussi Ardèche et Drôme dont 34 à Vaison
1995 43 départements touchés 610 millions d’euros 15 morts
(Basse-Normandie, Bretagne,
Champagne-Ardennes,
Pays de la Loire, Île-de-France)
Inondations récentes les plus graves
1999 Crues dans l’Aude, le Tarn, les Pyré- 533 millions d’euros 36 morts
nées-Orientales et l’Aveyron
2001 Somme, Oise et Eure (inondations Pour le département de la
par remontées de nappes) Somme : 1 100 habitants dé-
placés, plus de 3 000 maisons
endommagées ; plus de 150
millions d’euros de dégâts.
Inondation de Paris en 1910, rue Massillon 2002 Gard et départements limitrophes 1,2 milliard d’euros 23 morts
2003 Rhône Plus d’1 milliard d’euros

Votre commune face au risque


sur [Link]
Le ministère de l’Écologie et du Développement durable a créé
un site Internet en-
tièrement dédié à la
Voir : [Link]
macommune/23_face_au_risque.html
prévention des ris-
ques majeurs. On y
trouve notamment
des informations pré-
cises par commune.
12
LES ACTIONS DE PRÉVENTION
ET DE SECOURS

Les responsabilités
Face au risque d’inondation, l’État et les collectivités territoriales
ont un rôle de prévention qui se traduit notamment par des actions
d’information et une politique d’entretien et de gestion des cours
d’eau domaniaux.
De plus, les collectivités territoriales ont à leur charge la prise en
compte du risque dans les documents d’urbanisme et l’État la réa-
lisation des plans de prévention des risques naturels (PPR) pour les
communes les plus menacées.
Cependant, les propriétaires riverains de cours d’eau non domaniaux
ont aussi un rôle essentiel à jouer. Ils ont l’obligation :
- de curer régulièrement le lit, pour rétablir le cours d’eau dans sa
largeur et sa profondeur naturelles ;
- d’entretenir les rives leur appartenant ;
- d’enlever les embâcles et débris, pour maintenir l’écoulement
naturel des eaux et assurer la bonne tenue des berges.

La prévision et la prévention
 La prévision Le centre météo de Toulouse
exploite les observations
L’inondation est un risque prévisible dans son intensité, mais il est du réseau de radars météorologiques Aramis
difficile de connaître le moment où elle se manifestera. Les para- et les mesures des 170 stations météorologiques
du réseau national.
mètres concourant à la formation des crues sont nombreux, cepen-
Exemple théori

dant l’un d’eux est déterminant : la pluie.


La prévision des inondations consiste donc principalement
que

en une observation continue des précipitations. Le centre


météorologique de Toulouse publie quotidiennement une
carte de vigilance à quatre niveaux, diffusée par les médias. Il
est cependant difficile de quantifier avec précision les préci-
pitations et surtout de localiser le ou les petits bassins versants
qui seront concernés.
La surveillance météorologique est complétée par un suivi
des débits dans la plupart des cours d’eau de plaine, à l’aide
d’un réseau de deux cents stations automatiques de collecte de
Un exemple de carte de vigilance
données. Ce réseau est géré par cinquante-deux services d’an- présentée quotidiennement par Météo-France
nonce des crues (SAC) qui seront bientôt remplacés par vingt-trois sur son site [Link]
LES INONDATIONS
13
services de prévision des crues (SPC). Ces services
appartiennent à l’État et assurent la transmission
des informations au préfet, qui décide d’alerter les
maires des localités concernées. Chaque maire alerte
ensuite la population de sa commune et prend les
mesures de protection immédiates. Certaines collec-
tivités mettent en place leur propre service d’annonce
de crue.
Ce système fonctionne pour les rivières possédant un
grand bassin, dont le temps de concentration est supérieur
à la dizaine d’heures. Les cours d’eau à crues brutales
ne peuvent être couverts par un tel service, dont on ne
peut garantir la fiabilité lors d’une montée des eaux
rapide : à chaque citoyen d’être alors vigilant lors-
qu’il se trouve dans une zone soumise à ce risque.
Face à la menace des « orages cévenols » et des crues
torrentielles, le SCHAPI, Service central d’hydro-
météorologie et d’appui à la prévision des inonda-
La réorganisation de la prévision des crues
tions, a été créé en juin 2003. Il réunit des experts en
en 23 services de prévision des crues météorologie et en hydrologie. Ses principales mis-
sions consistent en l’appui aux services de prévision des crues au
niveau national ainsi qu’en une veille hydrométéorologique vingt-
quatre heures sur vingt-quatre localisée sur les bassins rapides. Il
publie la carte de vigilance inondation, document d’information à
destination du public.
L’amélioration de la prévision des crues passe ainsi par :
- la densification du réseau des radars permettant à Météo-France
de mesurer les pluies ;
- la mise en œuvre de modèles performants de prévision
des crues ;
- la mise à disposition des maires d’une information plus compré-
hensible et plus fiable.

 La prévention
Un épisode cévenol se dit d’une situation météo- La prévention regroupe l’ensemble des dispositions à mettre en
rologique durant laquelle soufflent des vents de sud oeuvre pour réduire l’impact d’un phénomène naturel prévisible
chargés d’humidité en provenance de Méditerranée
vers les versants sud du Massif Central (Cévennes). sur les personnes et les biens.
En arrivant sur le continent, l’air chaud rencontre de En matière d’inondation, il est difficile d’empêcher les événements
l’air froid, condition idéale pour que se forment des
orages. De plus, en présence de reliefs, l’air chaud de se produire. De plus, les ouvrages de protection collectifs, com-
est forcé de s’élever en se refroidissant, ce qui ag- me les digues, ne peuvent garantir une protection absolue et pro-
grave considérablement le phénomène orageux. De
fortes quantités d’eau se déversent alors. curent un faux sentiment de sécurité. En conséquence, le meilleur
Par abus de langage, le terme d’épisode cévenol est moyen de prévention contre les risques d’inondation est d’éviter
désormais utilisé pour désigner des épisodes à fortes
pluies sur de petits bassins versants, ou sur des bas- d’urbaniser les zones exposées. Pour autant, de nombreuses habita-
sins versants à fort relief, situés entre la Catalogne tions existent déjà dans ces zones.
et le Piémont italien.
14
Réduire la vulnérabilité
Face à ce constat, il faut agir sur la réduction de la vulnérabilité des en-
jeux, c’est-à-dire sur la limitation des éventuels dommages : on parle
de mitigation. Celle-ci concerne notamment les biens économiques :
les constructions (privées et publiques), les bâtiments industriels et
commerciaux, ceux nécessaires à la gestion de crise, les réseaux de
communication, d’électricité, d’eau, de communication, etc.
La mitigation suppose notamment la formation des divers interve-
nants (architectes, ingénieurs en génie civil, entrepreneurs etc.) en
matière de conception et de prise en compte des phénomènes natu-
rels (climatiques et géologiques), ainsi que la définition de règles
de construction. Leur application doit par ailleurs être garantie par
un contrôle des ouvrages. Cette action sera d’autant plus efficace
quand tous les acteurs concernés, c’est-à-dire également les inter-
médiaires tels que les assureurs et les maîtres d’œuvre, y seront
sensibilisés.
Si l’État et les communes ont des responsabilités dans ce domaine,
les propriétaires, locataires ou plus simples citoyens, peuvent
contribuer à se protéger efficacement et diminuer leur propre
vulnérabilité. Pour cela, il est primordial que chacun connaisse au
préalable le phénomène auquel il est exposé, en s’informant sur sa
description, l’accident possible et les dommages potentiels [voir le
chapitre sur l’information préventive].

Anticiper la crise
Une bonne anticipation de la crise est ensuite nécessaire. La
meilleure réponse permettant de faire face à la gravité d’une inon- Le batardeau
dation en attendant les secours est un plan familial de mise en permet de limiter
la pénétration
sûreté (PFMS). Un tel plan se prépare à l’avance, afin d’éviter la de l’eau
panique au moment de l’événement. Il est recommandé d’y faire dans la maison
(porte, fenêtre, etc.)
figurer des informations sur le signal d’alerte et les consignes de
sécurité, les numéros utiles (urgence, services de l’État, compa-
gnie d’assurance, etc.), les fréquences radio et tout autre élément à
adapter à chaque situation familiale. Le site [Link] donne
des indications pour aider chaque famille à réaliser son PFMS :
[Link]

Pour être efficace, un PFMS doit être testé en famille avant


une inondation, lors d’exercices de simulation. Comment boucher une aération
de façon temporaire

Le PFMS comprend la préparation d’un kit inondation, composé


d’une radio avec ses piles de rechange, d’une lampe de poche,
d’eau potable, des médicaments urgents, des papiers importants,
de vêtements de rechange et de couvertures. Il peut également être Couvercle se clipant
dans l’encadrement
nécessaire de posséder des dispositifs de protection temporaires, Encadrement de la bouche d’aération
LES INONDATIONS
15
comme les batardeaux ou les couvercles de bouche d’aération. Une
réflexion préalable sur les itinéraires d’évacuation, les lieux d’hé-
bergement et les objets à mettre à l’abri en priorité en cas d’inonda-
tion, complètera ce dispositif.
La capacité d’anticipation des maîtres d’ouvrages privés (particu-
liers et entrepreneurs) est primordiale. Pour réduire leur vulnéra-
bilité, de nombreux moyens existent, tant au niveau des matériaux
utilisés que des méthodes de construction. Par exemple des maté-
riaux imputrescibles peuvent être privilégiés pour réaliser les par-
ties des constructions ou les installations situées au-dessous de la
La correction active comprend l’ensemble des
dispositions visant à réduire les transports solides en
cote de référence. La mise en place de dispositifs de mise hors cir-
agissant directement sur les processus d’érosion et cuit automatique permet également de protéger les réseaux électri-
leur cause (exemple : reforestation).
ques situés au-dessous de cette cote. Enfin, toutes les installations
fixes sensibles, telles qu’appareillages électriques et électroniques,
moteurs compresseurs, machineries d’ascenseur, appareils de pro-
duction de chaleur ou d’énergie peuvent être implantés à une cote
supérieure à la cote de référence.
Le but de toutes ces démarches est de rendre le coût de la remise en
état après l’inondation le plus faible possible.
Réduire la gravité des crues torrentielles
La prévention en matière de crues torrentielles consiste à effectuer
des travaux de correction active ou passive pour réduire le trans-
port solide en provenance du lit et du bassin versant [ci-contre].
Enfin, l’entretien des cours d’eau (curage régulier, entretien des ri-
ves et des ouvrages, etc.) est une nécessité pour éviter l’aggravation
des inondations. Cet entretien est à la charge du propriétaire, c’est-
à-dire l’État ou les collectivités territoriales et leurs regroupements
pour les cours d’eau domaniaux et les propriétaires riverains pour
les cours d’eau non domaniaux.
Dans certains cas de carence, la commune peut se substituer aux
La correction passive consiste seulement à se pro-
téger du phénomène en contrôlant le déroulement propriétaires privés. La création d’associations syndicales regrou-
et les conséquences de la crue (exemple : barrage- pant les propriétaires ou de syndicats intercommunaux selon les
seuil, plage de dépôt).
enjeux, est à encourager.

 La prise en compte du risque


dans l’aménagement
La maîtrise de l’urbanisation s’exprime à travers deux documents.
Le document d’urbanisme
Le Code de l’urbanisme impose la prise en compte des risques dans
les documents d’urbanisme. Ainsi, les plans locaux d’urbanisme
(PLU) permettent de refuser ou d’accepter sous certaines conditions
un permis de construire, notamment dans des zones inondables.
16
Le plan de prévention des risques Pour en savoir plus sur les réglementations en vigueur,
se référer au Guide méthodologique « Plan de Préven-
Les plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPR), tion des Risques naturels (PPR), Risques d’inondation »
ou au site Internet :
établis par l’État, définissent des zones d’interdiction et des zones [Link]
de prescription, constructibles sous réserve. Ils peuvent imposer guide_inond/[Link]
d’agir sur l’existant pour réduire la vulnérabilité des biens. La loi
réglemente l’installation d’ouvrages susceptibles de provoquer une
gêne à l’écoulement des eaux en période d’inondation.
L’objectif est double : le contrôle du développement en zone inon-
dable jusqu’au niveau de la crue de référence [voir le chapitre « L’aléa
inondation »], et la préservation des champs d’expansion des crues.

Le PPR s’appuie sur deux cartes : la carte des aléas [voir le chapitre sur la
qualification de l’aléa] et la carte de zonage. Celle-ci définit trois zones :
• la zone rouge où, d’une manière générale, toute construction est
Le plan de communication établi par le maire peut
interdite, soit en raison d’un risque trop fort, soit pour favoriser le comprendre divers supports de communication,
laminage de la crue ; ainsi que des plaquettes et des affiches, conformes
aux modèles arrêtés par les ministères chargés de
• la zone bleue où l’on autorise les constructions sous réserve de l’environnement et de la sécurité civile (arrêté du
respecter certaines prescriptions, par exemple une cote de plancher 27 mai 2003).

à respecter au-dessus du niveau de la crue de référence ;


• la zone blanche, zone non réglementée car non inondable pour la
crue de référence.
Le PPR peut également prescrire ou recommander des disposi-
tions constructives (mise en place de systèmes réduisant la péné-
tration de l’eau, mise hors d’eau des équipements sensibles) ou
des dispositions concernant l’usage du sol (amarrage des citernes
ou stockage des flottants). Ces mesures simples, si elles sont ap-
pliquées, permettent de réduire considérablement les dommages
causés par les crues.

 L’information préventive
La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une infor-
mation sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou
partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les
concernent. Cette partie de la loi a été reprise dans l’article L.125.2
du Code de l’environnement.
Établi sous l’autorité du préfet, le dossier départemental des
risques majeurs (DDRM) recense à l’échelle d’un département
l’ensemble des risques majeurs par commune. Il explique les
phénomènes et présente les mesures de sauvegarde. À partir du Le maire peut imposer ces affiches :
DDRM, le préfet porte à la connaissance du maire les risques dans • dans les locaux accueillant plus de 50 personnes ;
• dans les immeubles regroupant plus de 15 loge-
la commune, au moyen de cartes au 1 : 25 000 et décrit la nature des ments ;
risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d’État • dans les terrains de camping ou de stationnement
de caravanes regroupant plus de 50 personnes.
mises en place. Les propriétaires de terrains ou d’immeubles doi-
vent assurer cet affichage (sous contrôle du maire)
à l’entrée des locaux ou à raison d’une affiche par
5 000 m2 de terrain.
LES INONDATIONS
17
Le maire élabore un document d’information communal sur les
risques majeurs (DICRIM). Ce document présente les mesures de
prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs
de police du maire. Le DICRIM doit être accompagné d’une com-
munication (au moins tous les deux ans si la commune est couverte
par un plan de prévention des risques) et d’une campagne d’affi-
chage. Ces deux documents sont disponibles en mairie.

 L’alerte et les consignes


Le signal d’alerte
Le signal national d’alerte consiste en trois émissions successives
d’une minute chacune et séparées par des intervalles de cinq secon-
Le signal d’alerte peut être écouté sur le site des, d’un son modulé en amplitude ou en fréquence. Des essais ont
Internet de l’Iffo-rme : lieu le premier mercredi de chaque mois à midi.
[Link]
plan_sesam/[Link] Le signal est diffusé par tous les moyens disponibles et notamment
Le signal d’alerte est déclenché sur ordre du Premier par le réseau national d’alerte et les équipements des collectivités
ministre, du ministre chargé de la sécurité civile,
du représentant de l’État dans le département (ou territoriales. Il est relayé par les dispositifs d’alarme et d’avertisse-
dans la région, si plusieurs départements sont con- ment dont sont dotés les établissements recevant du public, et par
cernés) ou du maire en tant qu’autorité de police
compétente. les dispositifs d’alarme et de détection dont sont dotés les immeu-
bles de grande hauteur.
Les messages d’alerte
Les messages d’alerte contiennent des informations relatives à
l’étendue du phénomène (tout ou partie du territoire national) et
indiquent la conduite à tenir. Ils sont diffusés par les radios et les
télévisions 1.
La fin de l’alerte
Le signal de fin d’alerte consiste en une émission continue d’une
durée de trente secondes d’un son à fréquence fixe. La fin de l’alerte
est annoncée sous la forme de messages diffusés par les services de
radiodiffusion sonore et de télévision, dans les mêmes conditions
que pour la diffusion des messages d’alerte.
Si le signal national d’alerte n’a été suivi d’aucun message, la fin de
l’alerte est signifiée à l’aide du même support que celui ayant servi
à émettre ce signal.

1Sociétés nationales de programme Radio France et France Télévisions, Société nationale de


radio-diffusion et de télévision pour l’outre-mer, services autorisés télévision par voie hert-
zienne terrestre desservant une zone dont la population est supérieure à 6 millions d’habitants,
société d’exploitation de la quatrième chaîne.
18
Les consignes CONSIGNES GÉNÉRALES
Prévoir les équipements minimums :

AVANT
Un certain nombre de consignes générales à suivre « Avant, Pen-
• radio portable avec piles ;
dant et Après » une alerte ont été définies. Elles sont complétées par • lampe de poche ;
des consignes spécifiques à chaque risque. • eau potable ;
• papiers personnels ;
• médicaments urgents ;
• couvertures ;
• vêtements de rechange ;

La protection et les secours • matériel de confinement.


S’informer en mairie :
• des risques encourus ;
 Les moyens de protection • des consignes de sauvegarde ;
• du signal d’alerte ;
La protection consiste en l’aménagement du cours d’eau ou du bas- • des plans d’intervention (PPI).
Organiser :
sin versant en vue de contrôler le déroulement et les conséquences
• le groupe dont on est responsable ;
de la crue : on parle de protection passive. Diverses mesures exis- • discuter en famille des mesures à prendre
tent, tels que les enrochements, endiguements, pièges à matériaux, si une catastrophe survient (protection,
évacuation, points de ralliement).
plages de dépôts, etc. Simulations :
Ces protections sont efficaces pour une certaine intensité du phé- • y participer ou les suivre ;
• en tirer les conséquences et enseigne-
nomène, appelée crue de projet. En cas de dépassement de celle-ci, ments.
les protections peuvent être inefficaces, voire dangereuses en cas Évacuer ou se confiner en fonction de la

PENDANT
de rupture. C’est le cas par exemple des digues qui peuvent être nature du risque.
S’informer : écouter la radio. Les premières
submergées ou des barrages écrêteurs sur les grands fleuves, dont consignes seront données par France-Inter
l’efficacité est faible en cas de crue majeure. (1 852 mGO soit 162 kHz ou 87.8 FM).
Informer le groupe dont on est responsable.
Ne pas aller chercher les enfants à l’école.
S’informer : écouter et suivre les consignes
APRÈS

Zone d’expansion libre des crues


données par la radio et les autorités.
Informer les autorités de tout danger
observé.
Apporter une première aide aux voisins ;
penser aux personnes âgées et handicapées.
Se mettre à la disposition des secours.
Évaluer :
• les dégâts ;
Village ancien à l’abri des crues Zone bâtie protégée par une digue • les points dangereux et s’en éloigner.
Ne pas téléphoner.

 Les secours
En cas de dépassement des cotes de pré-alerte et d’alerte, les in-
formations sont d’abord transmises au préfet, qui décide d’alerter
les maires des localités concernées. Chaque maire alerte ensuite
la population de sa commune et prend les mesures de protection
immédiates. Certaines collectivités mettent en place leur propre
service d’annonce de crue.
Au niveau communal, c’est le maire, détenteur des pouvoirs de po-
lice, qui a la charge d’assurer la sécurité de la population dans les
conditions fixées par le code général des collectivités territoriales.
À cette fin, il prend les dispositions lui permettant de gérer la crise
et peut, si nécessaire, faire appel au préfet représentant de l’État
LES INONDATIONS
19
CONSIGNES SPÉCIFIQUES dans le département. Un prochain texte législatif prévoit d’instaurer
Prévoir les gestes essentiels : le plan communal de sauvegarde.
AVANT

• mettre au sec les meubles, objets, matières


et produits ; En cas de catastrophe, lorsque plusieurs communes sont concernées,
• couper l’électricité et le gaz ;
• obturer les entrées d’eau : portes, soupi-
les plans de secours départementaux (par exemple les plans Orsec)
raux, évents ; sont mis en application, conformément à la loi du 22 juillet 1987.
• amarrer les cuves, etc. ;
• garer les véhicules ;
Ils fixent l’organisation de la direction des secours et permettent la
• faire une réserve d’eau potable et de mobilisation des moyens publics et privés nécessaires à l’interven-
produits alimentaires.
tion. Ils prévoient notamment l’organisation des transports, de la
Prévoir les moyens d’évacuation.
circulation, de l’accueil et de la protection des sinistrés ainsi que de
S’informer de la montée des eaux par radio
PENDANT

ou auprès de la mairie. la surveillance contre le pillage. Dans chaque département, c’est le


Dès l’alerte : préfet qui élabore et déclenche les plans de secours ; il est directeur
• couper le courant électrique, actionner les
commutateurs avec précaution ;
des opérations de secours. Lorsqu’elles intéressent le territoire de
• aller sur les points hauts préalablement plusieurs départements, le Premier ministre peut placer le pilotage
repérés (étages des maisons, collines).
des opérations de secours sous la direction du représentant de l’État
N’entreprendre une évacuation que si vous
en recevez l’ordre des autorités ou si vous dans l’un de ces départements ou recourir au préfet de la zone de
êtes forcés par la crue. défense concernée.
Ne pas s’engager sur une route inondée (à
pied ou en voiture) : lors des inondations Il existe une veille permanente assurée par des centres départemen-
du Sud-Est des dix dernières années, plus du
tiers des victimes étaient des automobilistes
taux, inter-régionaux (ce sont les zones de défense) et national.
surpris par la crue. Leur coordination est assurée par la direction de défense et de la
Dans la maison : sécurité civiles du ministère de l’Intérieur.
APRÈS

• aérer ;
• désinfecter à l’eau de javel ;
• chauffer dès que possible ;
• ne rétablir le courant électrique que si
l’installation est sèche.
L’indemnisation
La loi n° 82-600 du 13 juillet 1982 modifiée, relative à l’indem-
nisation des victimes de catastrophes naturelles (art. L.125-1 à
L.125-6 du Code des assurances) a fixé pour objectif d’indemniser
les victimes de catastrophes naturelles en se fondant sur le principe
de solidarité nationale.
Pour que le sinistre soit couvert au titre de la garantie « catastrophes
naturelles », il faut que l’agent naturel en soit la cause directe.
De plus, les victimes doivent avoir souscrit un contrat d’assurance
garantissant les dommages aux biens ainsi que, le cas échéant, les
dommages aux véhicules terrestres à moteur. Cette garantie est
étendue aux pertes d’exploitation, si elles sont couvertes par le
contrat de l’assuré.
L’état de catastrophe naturelle ouvrant droit à la garantie est cons-
taté par un arrêté interministériel (des ministères de l’Intérieur et de
l’Économie et des Finances) qui détermine les zones et les périodes
où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages
couverts par la garantie (article L.125-1 du Code des assurances).
20
Références Glossaire
Anthropique : qui résulte de l’action de l’homme.
Organismes de référence PFMS : plan familial de mise en sûreté.
PLU : plan local d’urbanisme.
• Ministère de l’Écologie et du Développement durable (MEDD) :
SIDPC : Service interministériel de défense et de
[Link] protection civile.
SCHAPI : Service central d’hydrométéorologie et
Sites internet consultés d’appui à la prévision des inondations.
SAC : service d’annonce des crues.
• [Link]
SPC : service de prévision des crues.
Site sur la prévention des risques majeurs.
[Link]
Informations concernant le domaine de l’eau et notamment les inondations.
• [Link]
Définition du risque d’inondation et références des documents de synthèse
existants en matière d’inondations.
• [Link]
Définition du concept de mitigation et liens vers d’autres sites Internet.
• [Link]
Informations sur le phénomène d’inondation.
• [Link]
Informations sur le phénomène de crue torrentielle.

Bibliographie
Ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, DPPR/BICI,
1989, Procerisq, procédures et réglementations applicables aux risques tech-
nologiques et naturels majeurs.
Ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, DPPR/
SDPRM/ CARIAM, 2001, Recueil des textes fondateurs, textes relatifs à la
prévention des risques naturels majeurs, Cellule d’information documentaire
sur les risques majeurs, 154 pages.
Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, direction de la Sécu-
rité civile, 1994, Organisation-prévention et planification, Services de secours,
volume 1 et 2, Journal officiel de la République française, 934 pages.
Guide méthodologique, Plans de prévention des risques naturels (PPR) : Risques
d’inondation - 1999 - 123 pages - Prix 21,50 euros - Éd. La Documentation fran-
çaise. Diffusion : en vente à la Documentation française (29, rue Voltaire, 75344
Paris Cedex 07 - Tél. : 01 40 15 70 00) ou auprès de votre libraire habituel.
Août 2004 - Conception et réalisation : Alp’Géorisques [38420 Domène] et Graphies [38240 Meylan] - Impression : Imprimerie du Pont-de-Claix [38640 Claix]

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