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Em6 CM

Ce chapitre traite du champ magnétique, une composante du champ électromagnétique, en explorant ses effets sur les particules chargées et en introduisant des concepts tels que la force de Lorentz et les champs magnétostatiques. Il présente également la loi de Biot et Savart pour calculer le champ magnétique créé par des courants et discute des symétries et invariances qui simplifient ces calculs. Enfin, le théorème d'Ampère est introduit comme un outil pour déterminer le champ magnétique dans des situations avec des symétries appropriées.

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Ce chapitre traite du champ magnétique, une composante du champ électromagnétique, en explorant ses effets sur les particules chargées et en introduisant des concepts tels que la force de Lorentz et les champs magnétostatiques. Il présente également la loi de Biot et Savart pour calculer le champ magnétique créé par des courants et discute des symétries et invariances qui simplifient ces calculs. Enfin, le théorème d'Ampère est introduit comme un outil pour déterminer le champ magnétique dans des situations avec des symétries appropriées.

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Chapitre 6: Champ magnétique

Introduction
Ce chapitre parle du champ magnétique qui est la deuxième "composante" du champ électromagnétique.
Les premières manifestations de celui-ci viennent des aimants qui, en créant un champ magnétique,
permettent d’attirer des objets à eux.
Nous allons plutôt voir ici que l’existence du champ magnétique peut être prouvée par son effet sur une
particule chargée.
Sinon, nous étudierons dans ce chapitre des champs magnétostatiques, c’est à dire créé par des courants
dont les caractéristiques ne dépendent pas du temps.
Ce chapitre se construit comme celui sur le champ électrostatique, ce parallèle nous permettra
probablement de passer moins de temps sur des notions déjà vu (distributions, invariances, symétries, ...)

I. Action d’un champ électromagnétique sur une particule chargée


1) Force de Lorentz
Une charge q soumise à un champ électromagnétique subit une force constituée de deux parties
- une partie électrique, il s’agit de la force de Coulomb: ;

- Une partie magnétique, qui s’écrit

Figure 1.1 : Force de Lorentz

L’ensemble de ces deux forces constitue la force de Lorentz:


(1.1)

Avec la force de Lorentz (N), q la charge qui subit la force (C), le champ électrique (V.m−1), la
vitesse de la particule (m.s−1) et le champ magnétique en Tesla (T).
Quelques ordres de grandeur de champ magnétique :
- Champ magnétique terrestre: 4,7×10−5 T
- Aimant permanent: 0,1 T
- Electroaimant: 10 T

2) Mouvement d’une particule chargée dans un champ électromagnétique


Cette section a été traitée dans le cours de mécanique (mais il apparaît dans les livres
d’électromagnétisme). Nous allons résumer les résultats essentiels :
- le champ électrique permet d’accélérer uniformément les particules chargées (voir la deuxième loi de
Newton appliquée à une particule): on utilise ceci dans les oscilloscopes analogiques pour accélérer les
électrons qui sortent du canon, ou bien dans les accélérateurs de particules.
Ce champ peut également dévier la trajectoire des particules (trajectoire parabolique), on utilise ceci dans
les oscilloscopes analogiques pour les déviations horizontale et verticale du spot
- le champ magnétique, selon ses conditions d’applications, permet de faire circuler une particule chargée
sur une trajectoire circulaire (la trajectoire la plus générale est une hélice). La vitesse n’est pas modifiée,
car la partie magnétique de la force de Lorentz ne travaille pas (application du théorème de l’énergie
cinétique).
1
II. Calcul du champ magnétique créé par un courant
Après les premières manifestations du champ magnétique dues aux aimants, c’est Oersted qui en 1820 a
montré qu’un fil parcouru par un courant électrique fait dévier l’aiguille d’une boussole ou toute autre
aiguille aimantée placée à proximité.
1) Courant filiforme
Dans ce chapitre, nous étudierons le champ magnétique créé par des courants filiformes, c’est à dire des
courants passant dans des fils conducteurs dont l’épaisseur est négligeable.
Mais il existe aussi des courants surfaciques et des courants volumiques.

2) Loi de Biot et Savart


Biot et Savart sont deux physiciens français du 19ème siècle.
C’est à partir de l’étude des forces exercées entre conducteurs parcourus par des courants que Biot et
Savart ont énoncé (1821) la loi qui porte leur nom et qui permet d’exprimer le champ magnétique créé par
un courant en un point M de l’espace.
Enoncé :
Soit un conducteur filiforme parcouru par un courant I. Soit une portion orientée dans le sens du courant
I qui le parcours. Le champ magnétique élémentaire crée par l’élément de courant en un point M
situé à la distance r est donné par l’expression.

ou encore (1.2)

Figure 1.2 Loi de Biot et Savart

μ0 =4π.10-7 S.I est la perméabilité magnétique du vide. dB s’exprime en tesla (T) ou (Wb.m-2)

Pour obtenir le champ total en un point M il faut ajouter vectoriellement la contribution de tous les
éléments de courant constituant le circuit. On a alors :

(1.3)

Remarque :

- Le champ magnétique en un point est inversement proportionnel à la distance au carré séparant l’élément
de courant et le point considéré :

avec .

- Notons que la loi de Biot et Savart donnant l’expression du champ infinitésimal créé par une portion de
circuit n’est qu’un artifice de calcul: on ne peut pas isoler une portion de circuit parcouru par un courant
(alors qu’on peut isoler des charges électriques dans le cas du champ électrostatique).

2
3) Détermination du sens de

- Le sens de est tel que le trièdre formé par soit direct, c'est-à-dire dans le même sens que
(figure 1.3a)
- Règle des trois doigts de la main droite (figure 1.3b)

Figure 1.3a Figure 1.3b

- Règle du tire-bouchon
Cette loi de Biot et Savart permet de savoir dans quel sens est le champ magnétique. Le trièdre formé des
vecteurs , et doit être direct. C’est la règle du tire-bouchon qui s’applique (on fait tourner le
premier vecteur vers le deuxième, si ce sens de rotation est vers la droite, on visse le tire-bouchon, le
champ magnétique est dans le sens de ce vissage).

III. Lignes de champ magnétique


Comme pour le champ si on trace des lignes orientées suivant le champ magnétique et sur lesquelles

celui-ci est tangent, on obtient les lignes de champ magnétique. On appelle souvent le dessin de ces lignes

un spectre magnétique.

Contrairement au vecteur champ électrique, le vecteur champ magnétique est un pseudo-vecteur, son sens

dépend de l’orientation de l’espace. Ceci provient de l’apparition d’un produit vectoriel notamment dans la

loi de Biot et Savart. Ce produit vectoriel est un produit de deux vrais vecteurs (vecteurs dont la direction

ne dépend pas de l’orientation de l’espace).

3
Figure 1.4 : Spectre magnétique d’un aimant droit

On dit que l’espace est orienté dans le sens direct lorsque les trois vecteurs de sa base sont orientés dans le
sens des trois doigts de la main droite (pouce: , index: , majeur: ).
Ceci a une importance lorsque nous allons aborder les symétries, car un plan de symétrie transforme la base
directe en base indirecte, et le vecteur champ magnétique changera de sens de part et d’autre de ce plan.

IV. Symétries et invariances


Comme pour le champ électrostatique, des réflexions sur les symétries et les invariances permettent de
simplifier la recherche du champ magnétique créé par une distribution de courants.

1) Invariances

Pour considérer celles-ci, on procède de la même manière que pour le champ électrique, on place un point
M qui regarde la distribution, puis on le déplace par translation le long de la distribution ou par rotation
autour d’elle. Si le point M voit la même distribution, il y a invariance et le champ magnétique au point M
ne dépendra pas de la coordonnée qui "produit" l’invariance.

2) Symétries et antisymétries

2.1 Plan de symétrie


Prenons une distribution de courant dont on peut trouver un plan de symétrie et calculons le champ
magnétique en un point M de ce plan. (Figure 1.5)
Si une distribution de courants admet un plan de symétrie, alors le champ est forcément
orthogonal à ce plan.
Cela signifie que l’existence d’un seul plan de symétrie nous permet de trouver la direction du champ
magnétique.

4
Figure 1.5 : Champ magnétique et plan de Figure 1.6 : ¨Champ magnétique antisymétrique avec
symétrie un plan de symétrie

On peut également montrer qu’en deux point M et M’ symétriques par rapport à un plan de symétrie de la
distribution, le champ magnétique en M’ est l’opposé du symétrique du champ en M. (Figure 1.6)

Le champ magnétique change de sens à la traversée du plan de symétrie (on en a parlé dans le paragraphe
III).

2.2 Plan d’antisymétrie


Prenons une distribution de courant dont on peut trouver un plan d’antisymétrie et calculons le champ
magnétique en un point M de ce plan. (Figure 1.7)
Si une distribution de courants admet un plan d’antisymétrie, alors le champ est contenu dans ce
plan.

Figure 1.7 : Champ magnétique et plan Figure 1.8 : ¨Champ magnétique symétrique avec
d’antisymétrie. un plan d’antisymétrie.

On peut également montrer qu’en deux point M et M’ symétriques par rapport à un plan d’antisymétrie de
la distribution, le champ magnétique en M’ est le symétrique du champ en M. (Figure 1.8)

Remarque
Contrairement au champ qui possédait les mêmes symétries que ses sources, le champ est
antisymétrique par rapport à un plan si ce plan est un plan de symétrie pour les courants.

5
V. Calcul du champ magnétique par la méthode intégrale : exemple du fil infini
On considère un fil infiniment long parcouru par un courant d’intensité I. On cherche le champ magnétique
créé en un point M distant de r du fil.
On utilisera les coordonnées cylindriques dans ce problème.

Figure 1.9 : Schéma de situation pour le calcul du champ magnétique créé par un fil infini

1. Symétries et invariances :
Le plan perpendiculaire au fil passant par M est un plan d’antisymétrie de la distribution, le champ
magnétique doit être contenu dans ce plan.
De plus, la règle du tire-bouchon indique que le sens du champ magnétique est le même que celui du
vecteur ( la base est directe).
Il y a invariance par rotation autour du fil et par translation suivant l’axe Oz (fil infini), le champ
magnétique ne dépend que de r.
Finalement :

2. Champ magnétique élémentaire : Comme nous l’avons fait pour le champ électrostatique, nous allons
calculer le champ magnétique créé par un élément infinitésimal de fil, puis nous sommerons sur l’ensemble
du fil infini.
D’après la loi de Biot et Savart, on a :

Exprimons le produit vectoriel de cette expression :


On a : Donc

On a aussi : et : soit , et

finalement et l’expression de la loi de Biot et Savart devient:

3. Intégration : Il suffit à présent de sommer de façon continue tous les champs élémentaires créés par les
éléments infinitésimaux dl du fil infini. Les bornes d’intégration concerneront α puisque c’est le paramètre
que nous avons choisi de garder.
Afin de considérer un fil infini, nous devons intégrer α de −π/2 à π/2. Mais comme la situation est
symétrique de part et d’autre du point O, nous pouvons intégrer entre 0 et π/2 et multiplier le champ obtenu
par 2.

6
soit et

Le champ magnétique créé par un fil infini s’écrit : (1.4)

VI. Théorème d’Ampère


Ce théorème permettra un calcul plus aisé à condition que les symétries de la distribution soient suffisantes.
1) Enoncé

Soit (𝓒) un contour fermé orienté et une surface S s’appuyant sur ce contour. Soit I 1, I2, …, In les courants
enlacés par le contour fermé, la circulation du champ magnétique le long du contour orienté est égale au
produit de la perméabilité μ0 du vide par la somme algébrique des intensités des courants enlacés par le
contour.
(1.5)

avec Iint > 0 s’ils sont dans le même sens que (vecteur normal à la surface S) si non les Iint sont négatifs.

Figure 1.10 Courants enlacés par un contour orienté

Remarque
Le théorème d’Ampère est à la magnétostatique ce que le théorème de Gauss est à la l’électrostatique : un
outil efficace pour obtenir rapidement l’expression du champ magnétique crée par un ou plusieurs courants
lorsque certaines conditions de symétrie sont respectées.

2) Application du théorème d’Ampère au fil infini


1. On commence toujours par simplifier l’expression du champ magnétique en éliminant les coordonnées et
composantes grâce aux symétries et invariances. Nous avons déjà fait ceci, on a toujours :

2. Nature de la courbe d’Ampère : cercle de rayon r et centré sur le fil.


3. Pour calculer le champ magnétique en un point donné, choisir un contour fermé passant par ce point,
pour lequel la direction du champ est tangente et le module de B constant (Figure 1.11)

7
Figure 1.11 : Courbe d’Ampère

4. Circulation du champ magnétique le long de la courbe d’Ampère :

5. Courants intérieurs à la courbe d’Ampère :


6. Enfin, nous appliquons le théorème d’Ampère :

Finalement :

et

On retrouve le même résultat que par la méthode intégrale.


Remarque :
La Figure 1.11 montre que les lignes de champ magnétique sont des lignes fermées.
L’intensité du champ magnétique augmente avec le resserrement des lignes de champ.

3) Forme différentielle du théorème d’Ampère

En exprimant le courant électrique comme le flux de la densité de courant on peut exprimer le

théorème d’Ampère sous la forme:


(S) étant une surface quelconque limitée par le contour fermé (𝓒).
D’après le théorème de Stokes , soit

(1.6)
L’équation (1.6) établi une relation locale entre le champ magnétique en un point et la densité de courant
au même point de l’espace. Les courants électriques sont les sources du champ magnétique.

4) Conservation du flux du champ magnétique

Le champ magnétique élémentaire crée par un élément de courant en un point M situé à la distance r

de l’élément à pour expression :

8
Si le circuit est fermé .

On montre que : soit (6.7)

Le théorème de Green-Ostrogorski permet d’écrire :

(1.8)
Le flux du champ magnétique à travers une surface fermée quelconque est toujours nul. On dit que le
champ magnétique est à flux conservatif.

VII. Equations du champ électromagnétique statique


Electrostatique magnétostatique
Flux à travers une surface Théorème de Gauss
fermée S

Circulation le long d’un Théorème d’Ampère


contour fermé

Exercice d’application
Calculer le champ magnétique crée par un segment parcouru par un courant d’intensité I en un point M
distant du segment de a. On appellera θ1 et θ2 les angles entre la perpendiculaire au fil issue de M et les
droites joignant M aux extremités du segment.
Examiner le cas du fil rectiligne infini.

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