UNIVERSITE AUBE NOUVELLE DE BOBO DIOULASSO
UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE DEPARTEMENT SCIENCES JURIDIQUES
ET POLITIQUES (SJP)
PROTOCOLE DE RECHERCHE :
OPTION : DROIT PUBLIC.
THEME : LE RECOURS DE PLEIN CONTENTIEUX EN DROIT ADMINISTRATIF
BURKINABÈ
DIRECTEUR DE MEMOIRE : Mr ESIAKU Gerson
MEMORANT : TRAORE Cheick Ibrahim Sié Benalahide
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SOMMAIRE
Introduction
CHAPITRE 1 : Les conditions de recevabilité du recours de plein contentieux
Section 1 : Les conditions formelles
Paragraphe 1 : L'existence d'une décision administrative préalable
Paragraphe 2 : L'absence de voie de recours gracieux ou hiérarchique
Section 2 : Les conditions de fonds
Paragraphe 1 : Le respect des délais pour introduire le recours de
plein contentieux
Paragraphe 2 : La qualité et l'intérêt à agir de la personne introduisant
le recours
CHAPITRE 2 : Les procédures préalables au recours de plein contentieux
Section 1 : Procédures administrative
Paragraphe 1 : La notification de la décision administrative contestée
Paragraphe 2 : Les formalités de notification et de motivation de la
décision
Section 2 : procédures judiciaire
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Paragraphe 1 : Les possibilités de recours gracieux ou hiérarchique
Paragraphe 2 : La justification du préjudice subi et des moyens
d'annulation ou de réformation de la décision
Conclusion
Introduction
Le recours de plein contentieux est un instrument juridique fondamental dans
le droit administratif burkinabè, jouant un rôle essentiel dans la protection des
droits des citoyens face aux actions administratives. Ce recours s'inscrit dans
le cadre du contentieux administratif, où le juge administratif est saisi pour
reconnaître l'existence d'un droit personnel, constater une atteinte irrégulière
à ce droit par l'administration, et ordonner une réparation du préjudice subi
par l'allocation de dommages-intérêts. Contrairement au recours pour excès
de pouvoir, qui se limite à l'annulation d'un acte administratif, le recours de
plein contentieux offre au juge des pouvoirs étendus, lui permettant de
modifier ou d'annuler une décision, de reconnaître un droit subjectif au
requérant, et même de substituer son appréciation à celle de l'autorité
administrative.
Ce type de recours est particulièrement pertinent dans des domaines tels que
la responsabilité des personnes publiques, les relations contractuelles, les
litiges fiscaux, et les contentieux électoraux. Il permet aux justiciables de
contester les décisions administratives qui portent atteinte à leurs droits,
contribuant ainsi à l'équilibre des pouvoirs et à la garantie de l'État de droit. En
effet, le recours de plein contentieux est un outil efficace pour garantir que les
actions administratives soient conformes aux principes de légalité, d'égalité
et de justice, qui sont les fondements de tout système juridique démocratique.
Au Burkina Faso, le recours de plein contentieux relève en premier ressort de
la compétence des tribunaux administratifs, avec la possibilité d'appel devant
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le Conseil d'État. Ce mécanisme juridique joue un rôle crucial dans la
protection des droits des citoyens, en leur offrant un cadre juridique pour faire
valoir leurs droits face à l'administration. Il est également un outil de
régulation des relations entre l'administration et les administrés, permettant
de résoudre les conflits de manière équitable et transparente.
Dans ce contexte, cette étude se propose d'explorer en profondeur le recours
de plein contentieux en droit administratif burkinabè, en analysant son impact
sur la relation entre l'administration et les administrés. Nous examinerons
également les défis et les opportunités liés à l'utilisation de ce recours, ainsi
que les perspectives d'évolution du droit administratif burkinabè dans ce
domaine. Enfin, nous évaluerons la manière dont le recours de plein
contentieux contribue à renforcer l'État de droit et à promouvoir la justice
administrative au Burkina Faso.
CHAPITRE 1 : Les conditions de recevabilité du recours de plein contentieux
Section 1 : Les conditions formelles
Le recours de plein contentieux est un instrument juridique fondamental en droit
administratif burkinabè, permettant aux citoyens de contester les décisions
administratives qui leur sont défavorables. Pour que ce recours soit recevable, il est
impératif de respecter certaines conditions formelles. Parmi celles-ci, l'existence
d'une décision administrative préalable est essentielle.
Paragraphe 1 : L'existence d'une décision administrative préalable
L'existence d'une décision administrative préalable est une condition sine qua non à
la recevabilité du recours de plein contentieux. En effet, sans une telle décision, le
juge administratif ne saurait être saisi, car il n'aurait pas de base légale sur laquelle
fonder son intervention. Ce paragraphe se déclinera en deux grandes parties : la
définition et la nature de la décision administrative (Grand A), puis les conséquences
de l'absence d'une décision administrative (Grand B).
Définition et nature de la décision administrative
L'existence d'une décision administrative préalable se réfère à une décision prise par
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une autorité administrative dans l'exercice de ses fonctions. Cette décision peut
revêtir différentes formes, allant de l'acte réglementaire à l'acte individuel.
1. La définition de la décision administrative
En droit administratif burkinabè, la décision administrative est un acte unilatéral pris
par une autorité administrative qui a pour effet de créer, modifier ou éteindre des
droits ou des obligations. Elle se distingue des actes de droit privé par son caractère
public et son origine administrative. Pour qu'une décision soit considérée comme
administrative, elle doit répondre à certains critères, notamment son origine, son
objet et son effet.
La décision administrative peut être définie comme un acte qui émane d'une autorité
investie de prérogatives de puissance publique. Elle peut être prise dans le cadre de
l'exercice de missions de service public, et son contenu doit être conforme aux
normes juridiques en vigueur. Par exemple, une décision de refus de permis de
construire ou une sanction administrative sont des actes qui peuvent faire l'objet
d'un recours de plein contentieux.
2. Les différentes catégories de décisions administratives
Les décisions administratives peuvent être classées en plusieurs catégories,
notamment :
Les actes réglementaires : Ce sont des décisions qui s'appliquent de
manière générale et impersonnelle, comme les décrets ou arrêtés. Ils
établissent des règles de droit qui s'imposent à tous. Par exemple, un
décret fixant les conditions d'accès à un emploi public est un acte
réglementaire qui peut être contesté par les candidats non retenus.
Les actes individuels : Ce sont des décisions qui concernent
spécifiquement une personne ou un groupe de personnes, comme les
décisions de nomination ou de sanction. Ces actes sont souvent
contestés par les administrés, justifiant ainsi le recours de plein
contentieux. Par exemple, une décision de licenciement d'un agent
public peut faire l'objet d'un recours si l'agent estime que la décision
est injustifiée.
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L'existence d'une décision administrative préalable est une condition essentielle
pour la recevabilité du recours de plein contentieux en droit administratif burkinabè.
Cette exigence garantit que le juge administratif intervient dans un cadre légal et
défini, préservant ainsi l'équilibre entre les prérogatives de l'administration et les
droits des administrés. La compréhension de cette condition formelle est cruciale
pour les justiciables souhaitant faire valoir leurs droits devant le juge administratif.
L'absence d'une décision administrative préalable non seulement rend le recours
irrecevable, mais limite également les options de contestation disponibles pour les
administrés. Les conséquences de cette absence sont multiples : elle crée une
insécurité juridique, nuit à la transparence de l'action administrative et peut conduire
à des violations des droits des citoyens. Ainsi, il est impératif pour les justiciables de
s'assurer qu'ils disposent d'une décision administrative claire et précise avant
d'envisager un recours.
Paragraphe 2 : L'absence de voie de recours gracieux ou hiérarchique
L'absence de voie de recours gracieux ou hiérarchique est une problématique
significative dans le cadre du droit administratif burkinabè. Ces voies de recours
sont essentielles pour garantir que les administrés puissent contester les décisions
administratives avant d'introduire un recours de plein contentieux.
A. Définition et nature des recours gracieux et hiérarchiques
Les recours gracieux et hiérarchiques sont des mécanismes de contestation qui
permettent aux administrés de demander la révision d'une décision administrative
sans avoir à saisir immédiatement le juge administratif.
1. Le recours gracieux
Le recours gracieux est une demande adressée à l'autorité qui a pris la décision
contestée, lui permettant de réexaminer sa décision. Ce type de recours est souvent
utilisé lorsque le justiciable estime que la décision est injuste ou mal fondée. Par
exemple, un citoyen peut demander à l'administration de reconsidérer un refus de
permis de construire en fournissant des éléments supplémentaires qui n'avaient pas
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été pris en compte lors de la décision initiale.
2. Le recours hiérarchique
Le recours hiérarchique, quant à lui, permet de saisir une autorité supérieure à celle
qui a pris la décision contestée. Ce type de recours est souvent utilisé lorsque le
justiciable estime que la décision est injuste ou mal fondée et qu'il souhaite qu'une
instance supérieure examine la situation. Par exemple, un agent public peut
contester une sanction disciplinaire en s'adressant à son supérieur hiérarchique.
B. Importance des recours gracieux et hiérarchiques
Les recours gracieux et hiérarchiques jouent un rôle crucial dans le système
juridique burkinabè pour plusieurs raisons.
1. Prévention des conflits
Ces recours permettent de désamorcer les conflits avant qu'ils n'atteignent le stade
contentieux. En effet, ils offrent à l'administration la possibilité de corriger ses
erreurs sans que le justiciable n'ait à engager des frais de justice. Cela favorise un
climat de dialogue entre l'administration et les administrés, renforçant ainsi la
légitimité de l'action administrative.
2. Contrôle interne de l'administration
Les recours hiérarchiques garantissent un contrôle interne au sein de
l'administration. Ils permettent à une autorité supérieure d'examiner les décisions
prises par ses subordonnés, ce qui contribue à la transparence et à la responsabilité
de l'administration. Cela permet également d'assurer que les décisions
administratives sont conformes aux normes juridiques et aux principes de justice.
C. Conséquences de l'absence de voie de recours gracieux ou hiérarchique
L'absence de voie de recours gracieux ou hiérarchique a des conséquences
significatives sur la recevabilité du recours de plein contentieux et sur les droits des
administrés.
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1. Irrecevabilité du recours de plein contentieux
En l'absence de recours gracieux ou hiérarchique, le justiciable peut se retrouver
dans une situation où il ne peut pas contester efficacement une décision
administrative. En effet, le droit administratif burkinabè impose souvent que ces
voies de recours soient épuisées avant d'introduire un recours de plein contentieux.
Cela signifie que si un administré ne peut pas recourir à ces voies, son recours
contentieux peut être déclaré irrecevable.
Par exemple, si un citoyen reçoit une décision de refus d'un service public et qu'il n'a
pas la possibilité de faire un recours gracieux ou hiérarchique, il se trouve dans
l'impossibilité de contester cette décision devant le juge administratif. Cela peut
créer une situation d'injustice, car le justiciable n'a pas eu l'opportunité de faire valoir
ses arguments ou de demander une révision de la décision avant de se tourner vers
le contentieux.
2. Impact sur les droits des administrés
L'absence de voies de recours gracieux ou hiérarchiques peut également avoir des
conséquences sur les droits des administrés. En effet, lorsque les citoyens ne
disposent pas de ces voies de contestation, ils se trouvent souvent dans une
situation de vulnérabilité face à l'administration. Cela peut engendrer un sentiment
d'injustice et d'impuissance, car les administrés n'ont pas la possibilité de faire
entendre leur voix ou de demander des explications sur les décisions qui les
affectent.
De plus, cette absence peut nuire à la transparence et à la responsabilité de
l'administration. Les recours gracieux et hiérarchiques permettent aux citoyens de
demander des éclaircissements sur les décisions administratives, favorisant ainsi un
climat de confiance entre l'administration et les administrés. Sans ces voies,
l'administration peut sembler opaque et inaccessible, ce qui peut nuire à la légitimité
de l'action publique.
En outre, l'absence de recours gracieux ou hiérarchique peut également avoir des
répercussions sur le fonctionnement de l'administration elle-même. Si les citoyens
ne peuvent pas contester les décisions administratives, cela peut conduire à un
manque de contrôle sur l'action administrative, favorisant ainsi des abus de pouvoir
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ou des erreurs dans la prise de décision. Cela peut également créer un climat de
méfiance entre l'administration et les administrés, nuisant à la légitimité de l'action
publique.
L'absence de voie de recours gracieux ou hiérarchique constitue une condition
formelle essentielle qui peut affecter la recevabilité du recours de plein contentieux
en droit administratif burkinabè. Ces voies de recours jouent un rôle crucial dans le
système juridique, permettant aux administrés de contester une décision
administrative avant d'introduire un recours contentieux. Leur absence peut entraîner
l'irrecevabilité du recours de plein contentieux, limitant ainsi les options de
contestation disponibles pour les citoyens.
De plus, l'absence de ces voies de recours peut avoir des conséquences
significatives sur les droits des administrés, nuisant à la transparence et à la
responsabilité de l'administration. Il est donc impératif que les justiciables soient
conscients de l'importance de ces voies de recours et qu'ils les utilisent pour faire
valoir leurs droits avant d'envisager un recours de plein contentieux.
SECTION 2 : Les conditions de fonds
Les conditions de fonds sont essentielles pour la recevabilité du recours de plein
contentieux en droit administratif burkinabè. Elles garantissent que le recours est
non seulement formellement valide, mais également fondé sur des bases juridiques
solides.
Paragraphe 1 : Le respect des délais pour introduire le recours de plein contentieux
Le respect des délais pour introduire un recours de plein contentieux est une
condition fondamentale qui conditionne la recevabilité de ce recours. En effet, le
droit administratif burkinabè impose des délais stricts pour la saisine du juge
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administratif, et le non-respect de ces délais peut entraîner l'irrecevabilité du recours.
Ce paragraphe se déclinera en deux grandes parties : la nature des délais (A) et les
conséquences du non-respect de ces délais (B).
A. La nature des délais
Les délais pour introduire un recours de plein contentieux sont définis par le Code de
justice administrative et peuvent varier en fonction de la nature de la décision
contestée. Ces délais sont cruciaux pour assurer la rapidité et l'efficacité des
procédures administratives.
1. Les délais généraux
En général, le délai pour introduire un recours de plein contentieux est de deux mois
à compter de la notification de la décision administrative contestée. Ce délai est
impératif et doit être respecté scrupuleusement. Par exemple, si un citoyen reçoit
une décision de refus d'un permis de construire le 1er janvier, il doit introduire son
recours au plus tard le 1er mars. Ce délai est conçu pour garantir la rapidité des
procédures administratives et pour éviter que les litiges ne s'éternisent.
Ce délai de deux mois est également justifié par la nécessité de protéger
l'administration contre des contestations tardives qui pourraient compromettre la
sécurité juridique. En effet, si les administrés pouvaient contester des décisions
sans limite de temps, cela pourrait engendrer une insécurité juridique pour
l'administration et pour les tiers concernés par ces décisions. Ainsi, le respect de ce
délai est essentiel pour maintenir l'équilibre entre les droits des administrés et les
prérogatives de l'administration.
2. Les délais spécifiques
En plus des délais généraux, il existe des délais spécifiques qui peuvent s'appliquer à
certaines décisions administratives. Par exemple, pour les décisions relatives aux
marchés publics, le délai pour introduire un recours peut être réduit à 15 jours. De
même, pour les décisions en matière de sanctions administratives, le délai peut
également être différent. Ces délais spécifiques sont souvent prévus par des textes
réglementaires ou des lois particulières et doivent être respectés pour garantir la
recevabilité du recours.
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Il est important de noter que ces délais spécifiques sont souvent justifiés par la
nature urgente des décisions concernées. Par exemple, dans le cadre des marchés
publics, un recours rapide est nécessaire pour garantir la bonne exécution des
contrats et éviter des retards dans la réalisation des projets. De même, dans le cas
de sanctions administratives, un délai court permet de garantir que les mesures
prises par l'administration sont rapidement contestées, ce qui est essentiel pour la
protection des droits des administrés.
B. Les conséquences du non-respect des délais
Le non-respect des délais pour introduire un recours de plein contentieux a des
conséquences significatives sur la recevabilité de ce recours.
1. L'irrecevabilité du recours
Si un justiciable ne respecte pas le délai imparti pour introduire son recours, celui-ci
sera déclaré irrecevable par le juge administratif. Cette règle vise à garantir la
sécurité juridique et à éviter que les décisions administratives ne soient contestées
indéfiniment. Par exemple, si un citoyen introduit son recours trois mois après la
notification de la décision contestée, le juge n'aura d'autre choix que de déclarer le
recours irrecevable, même si le fond du dossier est justifié.
Cette irrecevabilité est souvent perçue comme une sanction pour le non-respect des
règles de procédure. Elle souligne l'importance de la diligence dans la protection des
droits des administrés. En effet, le droit administratif burkinabè, comme dans de
nombreux systèmes juridiques, privilégie la rapidité et l'efficacité des procédures.
Cela signifie que les justiciables doivent être proactifs dans la défense de leurs
droits et veiller à respecter les délais imposés.
2. Les exceptions au principe des délais
Bien que le respect des délais soit une condition impérative, il existe certaines
exceptions qui peuvent permettre de contester la décision même après l'expiration
du délai. Par exemple, si le justiciable peut prouver qu'il n'a pas été informé de la
décision dans les délais impartis, il peut demander la réouverture de son dossier. De
même, des circonstances exceptionnelles, telles que des cas de force majeure,
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peuvent justifier un dépassement du délai.
Cependant, ces exceptions sont rares et doivent être prouvées de manière
convaincante devant le juge. Le justiciable doit démontrer que les circonstances qui
ont conduit au non-respect du délai étaient indépendantes de sa volonté et qu'il a agi
avec diligence dès qu'il a eu connaissance de la décision contestée. Par exemple, si
un administré a été hospitalisé ou a rencontré des difficultés personnelles majeures
qui l'ont empêché de respecter le délai, il peut présenter ces éléments au juge pour
justifier sa demande de réouverture.
Le respect des délais pour introduire un recours de plein contentieux est une
condition essentielle pour la recevabilité de ce recours en droit administratif
burkinabè. Les délais, qu'ils soient généraux ou spécifiques, doivent être
scrupuleusement respectés, sous peine d'irrecevabilité. Bien que des exceptions
existent, elles sont limitées et nécessitent des justifications solides. Ainsi, il est
impératif pour les justiciables d'être conscients de ces délais afin de protéger
efficacement leurs droits devant le juge administratif. La connaissance et le respect
de ces délais sont des éléments clés pour garantir l'accès à la justice et la protection
des droits des administrés.
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Paragraphe 2 : La qualité et l'intérêt à agir de la personne introduisant le recours
La qualité et l'intérêt à agir sont des conditions fondamentales pour la recevabilité
d'un recours de plein contentieux en droit administratif burkinabè. Ces deux
éléments garantissent que seules les personnes ayant un lien direct avec la décision
contestée peuvent saisir le juge administratif.
A. La qualité à agir
La qualité à agir se réfère à la capacité juridique d'une personne à introduire un
recours devant le juge administratif. En d'autres termes, il s'agit de déterminer si la
personne qui introduit le recours est légitimement habilitée à le faire.
1. Les personnes habilitées à agir
En général, la qualité à agir est reconnue aux personnes directement affectées par la
décision administrative contestée. Cela inclut les individus, les personnes morales
(comme les associations ou les entreprises) et, dans certains cas, les représentants
légaux. Par exemple, un citoyen qui reçoit une décision de refus d'un permis de
construire a la qualité à agir pour contester cette décision, car elle affecte
directement ses droits.
Les individus : Les citoyens, en tant qu'individus, ont la capacité d'agir
en justice pour défendre leurs droits. Cela inclut non seulement les
personnes physiques, mais aussi les groupes de personnes qui
peuvent être affectés par une décision administrative. Par exemple, un
groupe de résidents d'un quartier peut contester une décision
d'urbanisme qui affecte leur environnement. La jurisprudence
burkinabè a souvent reconnu que les individus ont le droit de défendre
leurs intérêts légitimes, ce qui renforce leur capacité à agir.
Les personnes morales : Les associations, les entreprises et d'autres
entités juridiques peuvent également avoir la qualité à agir. Par
exemple, une association de défense des droits de l'homme peut
contester une décision administrative qui porte atteinte aux droits de
ses membres. De même, une entreprise peut agir contre une décision
qui entrave son activité commerciale. La reconnaissance de la qualité à
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agir pour les personnes morales est essentielle, car elle permet à des
groupes organisés de défendre des intérêts collectifs, ce qui est
particulièrement pertinent dans des domaines tels que l'environnement
ou les droits sociaux.
Les représentants légaux : Dans certains cas, des représentants
légaux, tels que des tuteurs ou des curateurs, peuvent agir au nom de
personnes incapables, comme les mineurs ou les personnes sous
tutelle. Cela garantit que les droits de ces personnes sont protégés,
même si elles ne peuvent pas agir elles-mêmes. Par exemple, un
parent peut introduire un recours au nom de son enfant mineur pour
contester une décision administrative qui affecte les droits de l'enfant.
2. Les limitations de la qualité à agir
Il existe cependant des limitations à la qualité à agir. Par exemple, les tiers qui ne
sont pas directement affectés par la décision administrative ne peuvent pas
introduire un recours. Cela vise à éviter que des personnes sans lien direct avec la
décision ne perturbent le fonctionnement de l'administration. Par ailleurs, certaines
décisions peuvent être réservées à des catégories spécifiques de personnes,
comme les agents publics qui peuvent contester des décisions les concernant dans
le cadre de leur statut.
Les tiers : Les personnes qui ne sont pas directement affectées par
une décision administrative, comme des voisins d'un projet de
construction qui ne subissent pas de préjudice direct, n'ont pas la
qualité à agir. Cela vise à éviter les abus de droit et à garantir que
seules les personnes ayant un intérêt légitime puissent contester les
décisions administratives. La jurisprudence a souvent précisé que le
lien direct entre la décision et le préjudice allégué est essentiel pour
établir la qualité à agir.
Les règles spécifiques : Certaines décisions peuvent être réservées à
des catégories spécifiques de personnes. Par exemple, dans le cas de
recours contre des actes réglementaires, il peut être exigé que le
requérant démontre un intérêt particulier à agir, au-delà de l'intérêt
général. Cela signifie que même si une personne est affectée par une
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décision, elle doit prouver qu'elle a un intérêt spécifique à contester
cette décision. Cette exigence vise à éviter que des recours soient
introduits par des personnes qui n'ont pas de lien direct avec la
décision contestée.
B. L'intérêt à agir
L'intérêt à agir est une condition complémentaire à la qualité à agir. Il s'agit de la
nécessité pour la personne introduisant le recours de démontrer qu'elle a un intérêt
légitime à contester la décision administrative.
1. La définition de l'intérêt à agir
L'intérêt à agir se définit comme le lien direct entre la décision contestée et les droits
ou les intérêts de la personne qui introduit le recours. Pour qu'un recours soit
recevable, le requérant doit prouver qu'il subit un préjudice ou qu'il risque de subir un
préjudice en raison de la décision administrative. Par exemple, un citoyen qui
conteste un refus de permis de construire doit démontrer que cette décision a un
impact direct sur ses droits, comme la perte d'une opportunité de développement de
son bien immobilier.
Intérêt direct et personnel : L'intérêt à agir doit être direct et personnel.
Cela signifie que le requérant ne peut pas agir au nom d'un intérêt
général ou d'un intérêt collectif, sauf dans des cas spécifiques prévus
par la loi. Par exemple, une association peut agir pour défendre les
intérêts de ses membres, mais elle doit prouver que la décision
contestée affecte directement ces membres. Cette exigence garantit
que le recours est fondé sur des intérêts légitimes et non sur des
considérations abstraites.
Intérêt économique, social ou environnemental : L'intérêt à agir peut
également être de nature économique, sociale ou environnementale. Par exemple,
une entreprise peut avoir un intérêt à agir si une décision administrative entrave son
activité commerciale, ou une association peut agir pour défendre des intérêts
collectifs, comme la protection de l'environnement. Dans ce dernier cas, l'association
doit démontrer que la décision contestée a un impact direct sur l'environnement et,
par conséquent, sur les intérêts de ses membres. Cela souligne l'importance de
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l'intérêt à agir dans le cadre de la protection des droits collectifs.
2. Les conséquences du manque d'intérêt à agir
Si le requérant ne peut pas prouver son intérêt à agir, le recours sera déclaré
irrecevable. Cela souligne l'importance de cette condition dans le cadre du droit
administratif. Par exemple, si une personne introduit un recours contre une décision
qui ne l'affecte pas directement, le juge administratif n'hésitera pas à déclarer le
recours irrecevable. Cela vise à garantir que seules les personnes ayant un intérêt
légitime à contester une décision administrative puissent le faire, préservant ainsi
l'efficacité et la pertinence des procédures judiciaires.
Irrecevabilité du recours : L'irrecevabilité du recours pour manque
d'intérêt à agir est une mesure qui vise à protéger le système judiciaire
contre les abus. En effet, si des personnes sans intérêt légitime
pouvaient contester des décisions administratives, cela pourrait
engendrer une surcharge des tribunaux et nuire à l'efficacité des
procédures. Par conséquent, le juge administratif doit s'assurer que
chaque requérant a un intérêt légitime à agir. Cela permet également
de préserver les ressources judiciaires et de garantir que les affaires
portées devant le tribunal sont pertinentes et justifiées.
Conséquences financières : En outre, le manque d'intérêt à agir peut
également entraîner des conséquences sur le plan des frais de justice.
Un requérant dont le recours est déclaré irrecevable peut être
condamné à payer les frais de justice, ce qui peut dissuader les
personnes de saisir le juge sans avoir un intérêt légitime à agir. Cela
souligne l'importance pour les justiciables de bien évaluer leur situation
avant d'introduire un recours. En effet, le risque de devoir supporter des
frais judiciaires peut inciter les requérants à agir avec prudence et à
s'assurer qu'ils ont un intérêt légitime à contester une décision
administrative.
Impact sur la confiance dans le système judiciaire : Le respect de
l'exigence d'intérêt à agir contribue également à maintenir la confiance
du public dans le système judiciaire. Lorsque les citoyens voient que
seuls ceux qui ont un intérêt légitime peuvent contester des décisions
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administratives, cela renforce la perception que le système judiciaire
est juste et équitable. À l'inverse, des recours abusifs ou infondés
pourraient nuire à la crédibilité des institutions judiciaires et à la
confiance des citoyens dans leur capacité à résoudre les litiges de
manière efficace.
En conclusion, la qualité et l'intérêt à agir sont des conditions essentielles pour la
recevabilité d'un recours de plein contentieux en droit administratif burkinabè. La
qualité à agir garantit que seules les personnes directement affectées par la
décision contestée peuvent saisir le juge administratif, tandis que l'intérêt à agir
assure que le requérant a un lien légitime avec la décision. Ces conditions visent à
préserver l'efficacité des procédures judiciaires et à éviter les abus de droit. Il est
donc crucial pour les justiciables de bien comprendre ces exigences afin de protéger
efficacement leurs droits devant le juge administratif. La connaissance de ces
conditions permet non seulement d'assurer la recevabilité des recours, mais aussi
de renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire, en garantissant
que les décisions administratives sont contestées de manière appropriée et légitime.
Conclusion partielle
Le recours de plein contentieux constitue un outil essentiel dans le cadre du droit
administratif burkinabè, permettant aux citoyens de contester les décisions
administratives qui portent atteinte à leurs droits. Ce chapitre a mis en lumière les
conditions de recevabilité de ce recours, qui sont cruciales pour garantir l'efficacité
et la légitimité des procédures judiciaires.
Nous avons d'abord examiné les conditions formelles, notamment l'existence d'une
décision administrative préalable et l'absence de voies de recours gracieux ou
hiérarchiques. Ces éléments soulignent l'importance d'un cadre procédural clair et
structuré, permettant aux administrés de faire valoir leurs droits tout en préservant
l'ordre public et la sécurité juridique. L'exigence d'épuisement des voies de recours
avant d'introduire un recours de plein contentieux est particulièrement significative,
car elle favorise la résolution amiable des litiges et évite une surcharge des tribunaux.
Ensuite, nous avons abordé les conditions de fonds, en mettant l'accent sur le
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respect des délais pour introduire le recours, ainsi que sur la qualité et l'intérêt à agir
de la personne introduisant le recours. Ces conditions garantissent que seuls les
justiciables ayant un lien direct et légitime avec la décision contestée peuvent saisir
le juge administratif. Cela contribue à la protection des droits des administrés tout
en prévenant les abus de droit et en assurant l'efficacité des procédures judiciaires.
La compréhension et le respect de ces conditions de recevabilité sont essentiels
pour les justiciables souhaitant contester une décision administrative. Ils doivent
être conscients des exigences procédurales et substantielles qui encadrent le
recours de plein contentieux afin de maximiser leurs chances de succès devant le
juge administratif. Ce cadre juridique, en garantissant l'accès à la justice tout en
préservant l'ordre administratif, joue un rôle fondamental dans la protection des
droits des citoyens et dans le renforcement de la confiance dans les institutions
publiques.
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CHAPITRE 2 : Les procédures préalables au recours de plein contentieux
Section 1 : Procédures administratives
Les procédures administratives constituent une étape essentielle avant d'introduire
un recours de plein contentieux. Parmi ces procédures, la notification de la décision
administrative contestée joue un rôle fondamental, car elle marque le point de départ
du délai de recours et informe le justiciable de ses droits. Ce paragraphe se
concentrera sur la notification de la décision administrative contestée, en examinant
sa définition (A), ses modalités (B) et ses conséquences (C).
Paragraphe 1 : La notification de la décision administrative contestée
La notification de la décision administrative est une étape cruciale dans le processus
de contestation d'une décision. Elle permet au justiciable de prendre connaissance
de la décision qui le concerne et de déterminer les actions à entreprendre pour la
contester.
A. Définition de la notification
La notification est l'acte par lequel une décision administrative est portée à la
connaissance d'un administré. Elle est essentielle pour garantir la transparence et
l'équité dans le processus administratif.
1. Nature de la notification
La notification peut être définie comme un acte formel qui informe le destinataire de
la décision prise par l'administration. Elle doit être effectuée de manière à ce que le
justiciable puisse en prendre connaissance et comprendre les implications de cette
décision. La notification est donc un élément clé pour assurer le respect des droits
des administrés.
Acte formel : La notification doit être considérée comme un acte
formel, car elle engage l'administration et le justiciable dans un
processus juridique. Elle doit être effectuée conformément aux règles
établies pour garantir sa validité.
2. Importance de la notification
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La notification est importante car elle marque le début du délai de recours. En effet,
le délai pour introduire un recours de plein contentieux commence à courir à partir de
la date de notification de la décision. Cela signifie que le justiciable doit être informé
de manière claire et précise pour pouvoir exercer ses droits dans les délais impartis.
Délai de recours : La notification est le point de départ du délai de deux
mois accordé au justiciable pour contester la décision. Si la notification
n'est pas effectuée correctement, cela peut avoir des conséquences
sur la recevabilité du recours.
B. Modalités de la notification
Les modalités de notification peuvent varier en fonction de la nature de la décision
administrative et des règles applicables. Il est essentiel que la notification soit
effectuée conformément aux exigences légales pour garantir sa validité.
1. Formes de notification
Notification écrite : La notification peut être effectuée par écrit,
généralement par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette
méthode permet de conserver une preuve de la date de notification et
de la réception par le destinataire. La lettre doit contenir les éléments
essentiels de la décision, y compris les motifs et les voies de recours
possibles.
Exemple : Si un citoyen reçoit une décision de refus d'un permis
de construire, la notification écrite doit inclure les raisons de ce
refus, ainsi que les informations sur la possibilité de contester
cette décision.
Notification par voie électronique : Dans certains cas, la notification
peut être effectuée par voie électronique, notamment lorsque le
justiciable a donné son consentement à recevoir des communications
par ce moyen. Cette méthode est de plus en plus utilisée dans le cadre
de la dématérialisation des procédures administratives.
Exemple : Un administré peut recevoir une notification par
20
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courriel s'il a préalablement accepté de recevoir des
communications électroniques de l'administration. Cela peut
accélérer le processus de notification et faciliter l'accès à
l'information.
2. Contenu de la notification
La notification doit contenir des informations claires et précises sur la décision
administrative, notamment :
L'objet de la décision : Une description succincte de la décision prise
par l'administration. Par exemple, "Refus de permis de construire pour
le projet situé au 123, rue de l'Exemple".
Les motifs de la décision : Les raisons qui ont conduit à la prise de
cette décision, permettant au justiciable de comprendre les
fondements de celle-ci. Par exemple, "Le projet ne respecte pas les
normes d'urbanisme en vigueur".
Les voies de recours : Les informations sur les voies de recours
disponibles, y compris les délais et les procédures à suivre pour
contester la décision. Par exemple, "Vous disposez d'un délai de deux
mois à compter de la date de réception de cette notification pour
introduire un recours de plein contentieux devant le tribunal
administratif".
C. Conséquences de la notification
La notification de la décision administrative a des conséquences importantes pour le
justiciable, tant sur le plan procédural que sur le plan substantiel.
1. Début du délai de recours
La notification marque le début du délai de recours. En général, le justiciable dispose
d'un délai de deux mois à compter de la date de notification pour introduire un
recours de plein contentieux. Ce délai est impératif et doit être respecté pour garantir
la recevabilité du recours. Si le justiciable ne respecte pas ce délai, son recours sera
déclaré irrecevable.
Exemple : Si un citoyen reçoit une notification le 1er janvier, il doit
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introduire son recours au plus tard le 1er mars. Le non-respect de ce
délai entraînera l'irrecevabilité de son recours.
2. Droit à l'information
La notification garantit également le droit à l'information du justiciable. En étant
informé de la décision et des voies de recours, le justiciable peut exercer ses droits
de manière éclairée. Cela contribue à renforcer la transparence et la légitimité de
l'action administrative, en permettant aux citoyens de contester les décisions qui les
affectent.
La notification de la décision administrative contestée est une étape essentielle
dans le processus de recours de plein contentieux. Elle permet d'informer le
justiciable de la décision qui le concerne, de marquer le début du délai de recours et
de garantir le respect de ses droits. Les modalités de notification doivent être
conformes aux exigences légales pour assurer leur validité, et le contenu de la
notification doit être clair et précis. Ainsi, une notification adéquate est cruciale pour
permettre aux administrés de contester efficacement les décisions administratives
qui les affectent. En garantissant une communication transparente et efficace, la
notification contribue à renforcer la légitimité de l'action administrative et à protéger
les droits des citoyens.
Paragraphe 2 : Les formalités de notification et de motivation de la décision
Les formalités de notification et de motivation des décisions administratives sont
des éléments essentiels qui garantissent la transparence, la légitimité et le respect
des droits des administrés. Ces formalités permettent aux justiciables de
comprendre les décisions qui les concernent et de contester celles-ci de manière
éclairée.
A. Définition et importance de la notification
1. Définition de la notification
La notification est l'acte par lequel une décision administrative est portée à la
connaissance d'un administré. Elle est essentielle pour garantir que le justiciable soit
informé de la décision qui le concerne et des conséquences qui en découlent. La
22
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notification doit être effectuée de manière à ce que le destinataire puisse en prendre
connaissance et comprendre les implications de cette décision.
2. Importance de la notification
Point de départ du délai de recours : La notification marque le début
du délai de recours. En effet, le délai pour introduire un recours de plein
contentieux commence à courir à partir de la date de notification de la
décision. Cela signifie que le justiciable doit être informé de manière
claire et précise pour pouvoir exercer ses droits dans les délais
impartis.
Droit à l'information : La notification garantit le droit à l'information du
justiciable. En étant informé de la décision et des voies de recours, le
justiciable peut exercer ses droits de manière éclairée. Cela contribue à
renforcer la transparence et la légitimité de l'action administrative.
B. Modalités de notification
1. Formes de notification
Notification écrite : La notification doit généralement être effectuée
par écrit, souvent par lettre recommandée avec accusé de réception.
Cette méthode permet de conserver une preuve de la date de
notification et de la réception par le destinataire. La lettre doit contenir
les éléments essentiels de la décision, y compris les motifs et les voies
de recours possibles.
Exemple : Si un citoyen reçoit une décision de refus d'un permis
de construire, la notification écrite doit inclure les raisons de ce
refus, ainsi que les informations sur la possibilité de contester
cette décision.
Notification par voie électronique : Dans certains cas, la notification
peut être effectuée par voie électronique, notamment lorsque le
justiciable a donné son consentement à recevoir des communications
par ce moyen. Cette méthode est de plus en plus utilisée dans le cadre
de la dématérialisation des procédures administratives.
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Exemple : Un administré peut recevoir une notification par
courriel s'il a préalablement accepté de recevoir des
communications électroniques de l'administration. Cela peut
accélérer le processus de notification et faciliter l'accès à
l'information.
2. Contenu de la notification
La notification doit contenir des informations claires et précises sur la décision
administrative, notamment :
L'objet de la décision : Une description succincte de la décision prise
par l'administration. Par exemple, "Refus de permis de construire pour
le projet situé au 123, rue de l'Exemple".
Les motifs de la décision : Les raisons qui ont conduit à la prise de
cette décision, permettant au justiciable de comprendre les
fondements de celle-ci. Par exemple, "Le projet ne respecte pas les
normes d'urbanisme en vigueur".
Les voies de recours : Les informations sur les voies de recours
disponibles, y compris les délais et les procédures à suivre pour
contester la décision. Par exemple, "Vous disposez d'un délai de deux
mois à compter de la date de réception de cette notification pour
introduire un recours de plein contentieux devant le tribunal
administratif".
C. Définition et importance de la motivation
1. Définition de la motivation
La motivation de la décision administrative consiste à exposer les raisons qui ont
conduit l'administration à prendre une décision. Cette exigence vise à garantir la
transparence et à permettre au justiciable de comprendre les fondements de la
décision.
2. Importance de la motivation
Transparence et légitimité : La motivation est essentielle pour assurer
la légitimité de l'action administrative. Elle permet au justiciable de
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contester la décision en connaissance de cause et de comprendre les
critères sur lesquels l'administration s'est fondée.
Droit à un recours effectif : Une décision motivée permet au justiciable
d'évaluer les chances de succès d'un éventuel recours. En comprenant
les raisons de la décision, le justiciable peut mieux préparer sa
contestation et argumenter en faveur de sa position.
D. Modalités de motivation
1. Clarté et précision
La motivation doit être claire et précise, exposant les raisons qui ont conduit à la
décision. Elle doit permettre au justiciable de comprendre les fondements de la
décision et d'évaluer les chances de succès d'un éventuel recours.
Exemple : Une décision de refus de permis de construire doit expliquer
en détail les raisons de ce refus, en se référant aux normes
d'urbanisme applicables et en indiquant les éléments qui ont été pris
en compte dans l'évaluation du dossier.
2. Références légales
La motivation doit également inclure des références aux textes législatifs ou
réglementaires sur lesquels l'administration s'appuie pour justifier sa décision. Cela
renforce la légitimité de la décision et permet au justiciable de vérifier la conformité
de la décision avec le cadre juridique applicable.
Exemple : Une décision administrative peut mentionner des articles
spécifiques du Code de l'urbanisme pour justifier un refus de permis de
construire, ce qui permet au justiciable de comprendre le cadre légal
dans lequel la décision a été prise.
E. Conséquences des formalités de notification et de motivation
1. Recevabilité du recours
Le respect des formalités de notification et de motivation a des conséquences
importantes sur la recevabilité du recours. Si la notification n'est pas effectuée
conformément aux exigences légales, le justiciable peut contester la validité de la
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décision sur la base de cette irrégularité.
Exemple : Si un citoyen reçoit une notification incomplète ou mal
formulée, il peut arguer que son droit à l'information a été violé, ce qui
pourrait entraîner l'irrecevabilité de la décision contestée.
2. Droit à un recours effectif
1. Les formalités de notification et de motivation garantissent également le droit
à un recours effectif. En étant informé de manière adéquate des raisons de la
décision, le justiciable peut contester celle-ci de manière éclairée. Cela
contribue à renforcer la confiance des citoyens dans l'administration et à
garantir que les que les décisions sont prises de manière juste et équitable.
Exemple : Si un administré reçoit une décision de refus de permis de
construire avec une motivation claire et précise, il pourra comprendre
les raisons de ce refus et décider s'il souhaite contester cette décision.
Cela lui permet de préparer un recours en connaissance de cause, en
s'appuyant sur les éléments fournis par l'administration.
2. Impact sur la légitimité de l'action administrative
Le respect des formalités de notification et de motivation contribue à la légitimité de
l'action administrative. Lorsque les décisions sont notifiées et motivées de manière
adéquate, cela renforce la perception que l'administration agit de manière
transparente et responsable.
Confiance dans les institutions : Une administration qui respecte ces
formalités est perçue comme plus légitime et digne de confiance. Cela
favorise un climat de coopération entre l'administration et les
administrés, essentiel pour le bon fonctionnement de l'État de droit.
Les formalités de notification et de motivation de la décision administrative sont des
éléments essentiels dans le cadre des procédures judiciaires. Elles garantissent que
les administrés sont informés de manière adéquate des décisions qui les concernent
et qu'ils comprennent les raisons qui sous-tendent ces décisions. Le respect de ces
formalités est crucial pour assurer la recevabilité des recours et garantir le droit à un
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recours effectif. En renforçant la transparence et la légitimité de l'action
administrative, ces formalités contribuent à protéger les droits des citoyens et à
maintenir la confiance dans les institutions publiques. Ainsi, une administration qui
respecte ces exigences contribue à un environnement juridique plus juste et
équitable pour tous.
Section 2 : Procédures judiciaires
Les procédures judiciaires sont essentielles pour garantir le respect des droits des
administrés et permettre la contestation des décisions administratives. Avant
d'introduire un recours de plein contentieux, les justiciables peuvent avoir recours à
des voies de recours gracieux ou hiérarchiques. Ce paragraphe se concentrera sur
ces deux types de recours, en examinant leur définition (A), leurs caractéristiques (B),
et leurs implications pour le justiciable (C).
Paragraphe 1 : Les possibilités de recours gracieux ou hiérarchique
Les recours gracieux et hiérarchiques sont des voies de contestation administratives
qui permettent aux justiciables de demander la révision d'une décision
administrative sans avoir à saisir immédiatement le juge. Ces recours visent à
favoriser la résolution amiable des litiges et à alléger la charge des tribunaux.
A. Définition des recours gracieux et hiérarchiques
1. Recours gracieux
Le recours gracieux est une demande adressée à l'autorité administrative qui a pris
la décision contestée, lui permettant de réexaminer sa position. Ce type de recours
est souvent utilisé lorsque le justiciable estime que la décision est injuste ou mal
fondée.
Exemple : Un citoyen qui reçoit un refus de permis de construire peut
introduire un recours gracieux auprès de l'autorité qui a pris cette
décision, en lui demandant de reconsidérer sa position.
2. Recours hiérarchique
Le recours hiérarchique est une demande adressée à une autorité supérieure à celle
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qui a pris la décision contestée. Ce recours permet à l'administré de demander à une
instance supérieure de réexaminer la décision.
Exemple : Si un fonctionnaire reçoit une sanction disciplinaire de la
part de son supérieur direct, il peut introduire un recours hiérarchique
auprès de l'autorité administrative supérieure pour contester cette
sanction.
B. Caractéristiques des recours gracieux et hiérarchiques
1. Caractéristiques du recours gracieux
Nature non contentieuse : Le recours gracieux est une démarche non
contentieuse, ce qui signifie qu'il ne nécessite pas l'intervention d'un
juge. Il s'agit d'une demande de réexamen qui peut être formulée par
écrit ou oralement, selon les pratiques administratives en vigueur.
Délai de réponse : L'administration est généralement tenue de
répondre dans un délai raisonnable, qui peut varier selon les textes
réglementaires. Ce délai est important pour garantir que le justiciable
ne soit pas laissé dans l'incertitude.
2. Caractéristiques du recours hiérarchique
Lien hiérarchique : Le recours hiérarchique ne peut être introduit que si
un lien hiérarchique existe entre l'autorité qui a pris la décision
contestée et l'autorité à laquelle le recours est adressé. Cela garantit
que la demande est examinée par une instance compétente.
Délai de réponse : Comme pour le recours gracieux, l'autorité
hiérarchique est tenue de répondre dans un délai raisonnable. Cela
permet de s'assurer que le justiciable ne subisse pas de préjudice en
raison d'une attente prolongée.
C. Implications pour le justiciable
1. Avantages des recours gracieux et hiérarchiques
Résolution amiable : Les recours gracieux et hiérarchiques permettent
de résoudre les litiges de manière amiable, sans avoir à recourir à une
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procédure judiciaire. Cela peut être plus rapide et moins coûteux pour
le justiciable.
Possibilité de réexamen : Ces recours offrent à l'administration
l'opportunité de réexaminer sa décision, ce qui peut aboutir à une
annulation ou à une modification de la décision initiale. Cela peut éviter
la nécessité d'un recours contentieux.
2. Limites des recours gracieux et hiérarchiques
Exigence d'épuisement : Les justiciables doivent généralement épuiser
ces voies de recours avant de pouvoir introduire un recours de plein
contentieux. Cela signifie qu'ils doivent d'abord tenter de résoudre le
litige à l'amiable, ce qui peut prolonger le processus.
Absence de garantie de succès : Il n'y a aucune garantie que le recours
gracieux ou hiérarchique aboutisse à une décision favorable. Si
l'administration maintient sa position, le justiciable devra alors
envisager d'introduire un recours contentieux.
Les recours gracieux et hiérarchiques constituent des voies de contestation
administratives importantes qui permettent aux justiciables de demander la révision
d'une décision administrative sans avoir à saisir immédiatement le juge. Ces recours
favorisent la résolution amiable des litiges et offrent aux administrés la possibilité de
faire entendre leur voix. Cependant, ils nécessitent également que les justiciables
épuisent ces voies avant de pouvoir introduire un recours de plein contentieux, ce qui
peut prolonger le processus. En comprenant ces possibilités, les administrés
peuvent mieux naviguer dans le système administratif et protéger leurs droits.
Paragraphe 2 : La justification du préjudice subi et des moyens d'annulation ou de
réformation de la décision
La justification du préjudice subi par le justiciable est une condition préalable à
l'introduction d'un recours de plein contentieux. En outre, les moyens d'annulation ou
de réformation de la décision sont des outils juridiques que le justiciable peut utiliser
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pour contester une décision administrative. Ce paragraphe examinera ces deux
aspects en détail.
A. La justification du préjudice subi
1. Définition du préjudice
Le préjudice se définit comme une atteinte aux droits ou aux intérêts d'un administré
résultant d'une décision administrative. Pour qu'un recours soit recevable, le
justiciable doit démontrer qu'il a subi un préjudice direct et personnel en raison de la
décision contestée.
Exemple : Un citoyen dont la demande de permis de construire a été
refusée peut justifier un préjudice en démontrant qu'il a perdu une
opportunité d'investissement ou que la décision a affecté la valeur de
son bien immobilier. Par exemple, si un entrepreneur a engagé des
frais pour préparer un projet de construction, le refus du permis peut
entraîner des pertes financières directes.
2. Types de préjudice
Préjudice matériel : Il s'agit des pertes financières directes subies par
le justiciable, telles que la perte de revenus ou des frais engagés pour
la préparation d'un projet. Par exemple, un entrepreneur qui a investi
dans des travaux préparatoires pour un projet de construction peut
revendiquer un préjudice matériel si son permis est refusé. Ce type de
préjudice peut être quantifié par des factures, des devis ou des
évaluations de biens.
Préjudice moral : Ce type de préjudice concerne les atteintes à la
dignité, à l'honneur ou à la réputation d'un individu. Par exemple, un
fonctionnaire sanctionné peut revendiquer un préjudice moral si la
décision a porté atteinte à son image professionnelle. La réparation de
ce type de préjudice peut être plus complexe à évaluer, car elle
implique des éléments subjectifs.
3. Démonstration du préjudice
Pour que le recours soit recevable, le justiciable doit fournir des éléments de preuve
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démontrant l'existence et l'ampleur du préjudice. Cela peut inclure des documents,
des témoignages ou des expertises.
Exemple : Dans le cas d'un refus de permis de construire, le justiciable
peut présenter des devis, des contrats ou des évaluations immobilières
pour prouver le préjudice financier subi. De plus, des témoignages
d'experts ou de voisins peuvent renforcer la crédibilité de la demande.
4. Importance de la justification du préjudice
La justification du préjudice est cruciale car elle permet au juge administratif
d'évaluer la légitimité de la demande. Un recours sans justification adéquate du
préjudice peut être déclaré irrecevable. Cela souligne l'importance pour le justiciable
de bien préparer son dossier avant d'introduire un recours.
B. Les moyens d'annulation de la décision
1. Fondements juridiques de l'annulation
L'annulation d'une décision administrative peut être demandée sur plusieurs
fondements juridiques, notamment :
Illégalité de la décision : Si la décision est contraire à la loi ou à un
règlement, elle peut être annulée. Par exemple, une décision prise sans
respecter les procédures légales ou sans motivation adéquate peut
être considérée comme illégale. Cela inclut également les décisions
prises en violation des droits fondamentaux des administrés.
Erreur manifeste d'appréciation : Si l'administration a commis une
erreur manifeste dans l'évaluation des faits ou des circonstances, cela
peut justifier l'annulation de la décision. Par exemple, si une autorité
refuse un permis de construire en se basant sur des informations
erronées, cela peut constituer une erreur manifeste. Le juge
administratif doit alors examiner si l'erreur était évidente et si elle a eu
un impact sur la décision.
2. Procédure d'annulation
Pour demander l'annulation d'une décision, le justiciable doit introduire un recours de
plein contentieux devant le tribunal administratif. Ce recours doit être motivé et
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accompagné des preuves justifiant l'annulation.
Exemple : Un citoyen qui conteste un refus de permis de construire doit
démontrer, par des éléments de preuve, que la décision est illégale ou
qu'elle repose sur une erreur manifeste d'appréciation. Cela peut
inclure des documents prouvant que la décision ne respecte pas les
normes d'urbanisme en vigueur.
3. Effets de l'annulation
Si le tribunal administratif annule la décision, celle-ci est réputée n'avoir jamais
existé. Cela signifie que l'administration doit réexaminer le dossier et prendre une
nouvelle décision, en tenant compte des éléments fournis par le justiciable et des
instructions du tribunal.
Exemple : Si un tribunal annule un refus de permis de construire,
l'administration doit réévaluer la demande en tenant compte des motifs
d'annulation et des nouvelles informations fournies par le requérant.
C. Les moyens de réformation de la décision
1. Définition de la réformation
La réformation consiste à demander au juge administratif de modifier la décision
contestée plutôt que de l'annuler. Cela peut être approprié lorsque la décision est
partiellement fondée ou lorsque des éléments nouveaux justifient une modification.
Exemple : Un administré peut demander la réformation d'une décision
de refus de permis de construire en présentant des éléments
supplémentaires qui montrent que le projet respecte finalement les
normes d'urbanisme. Cela peut inclure des modifications apportées au
projet initial ou des documents supplémentaires.
2. Conditions de la réformation
Pour que la réformation soit acceptée, le justiciable doit démontrer que la
modification de la décision est justifiée par des éléments nouveaux ou par une
appréciation différente des faits.
Exemple : Si un citoyen a initialement omis de fournir des documents
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justificatifs lors de sa demande de permis de construire, il peut
demander la réformation de la décision en présentant ces documents
lors du recours. Le juge examinera alors si ces nouveaux éléments
justifient une modification de la décision initiale.
3. Procédure de réformation
Comme pour l'annulation, la demande de réformation doit être introduite par le biais
d'un recours de plein contentieux. Le justiciable doit exposer clairement les raisons
pour lesquelles il demande une modification de la décision et fournir les preuves
nécessaires.
Exemple : Un administré qui souhaite obtenir la réformation d'une
décision doit soumettre un dossier complet au tribunal, incluant les
nouveaux éléments et une argumentation solide justifiant la nécessité
de la réformation.
4.Effets de la réformation
Si le tribunal administratif accepte la demande de réformation, il peut modifier la
décision contestée en tenant compte des nouveaux éléments présentés par le
justiciable. Cela peut aboutir à une décision favorable pour le requérant, sans
nécessairement annuler complètement la décision initiale.
Exemple : Si un tribunal réformait un refus de permis de construire en raison de
nouvelles informations fournies par le requérant, l'administration pourrait être
contrainte d'accorder le permis sous certaines conditions, ou de modifier les termes
de la décision initiale pour permettre au projet de se conformer aux normes
d'urbanisme.
Conséquences pour l'administration : La réformation d'une décision peut également
obliger l'administration à revoir ses procédures internes et à s'assurer que les
décisions futures sont mieux fondées et motivées, afin d'éviter des recours
similaires.
La justification du préjudice subi et les moyens d'annulation ou de réformation de la
décision sont des éléments essentiels dans le cadre des procédures judiciaires. Le
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justiciable doit démontrer qu'il a subi un préjudice direct et personnel en raison de la
décision contestée, tout en s'appuyant sur des fondements juridiques solides pour
demander l'annulation ou la réformation de la décision. La capacité à prouver le
préjudice et à articuler des arguments juridiques pertinents est cruciale pour la
recevabilité et le succès d'un recours.
Les recours d'annulation et de réformation offrent aux administrés des voies pour
contester les décisions administratives de manière efficace. En comprenant ces
mécanismes, les justiciables peuvent mieux naviguer dans le système administratif
et protéger leurs droits. La possibilité d'annuler ou de réformer une décision
administrative contribue à garantir que l'administration agit de manière juste et
équitable, tout en renforçant la confiance des citoyens dans les institutions
publiques. Ainsi, ces procédures judiciaires jouent un rôle fondamental dans la
protection des droits des administrés et dans le maintien de l'État de droit.
Conclusion Partielle
Notre Chapitre 2 a mis en lumière l'importance des procédures préalables au recours
de plein contentieux en droit administratif burkinabè. Ces procédures, qui incluent
les recours gracieux et hiérarchiques, ainsi que les formalités de notification et de
motivation des décisions administratives, jouent un rôle crucial dans la protection
des droits des administrés et dans la garantie d'une action administrative légitime.
Les recours gracieux et hiérarchiques offrent aux justiciables des voies de
contestation qui permettent de demander la révision d'une décision administrative
sans avoir à recourir immédiatement à la voie judiciaire. Ces démarches favorisent la
résolution amiable des litiges et permettent à l'administration de réévaluer ses
décisions, contribuant ainsi à une meilleure gestion des conflits.
Par ailleurs, les formalités de notification et de motivation sont essentielles pour
assurer la transparence et l'équité dans le processus décisionnel. Une notification
claire et précise, accompagnée d'une motivation adéquate, permet aux administrés
de comprendre les raisons des décisions qui les concernent et de préparer
efficacement leur recours. La justification du préjudice subi et les moyens
d'annulation ou de réformation de la décision sont également des éléments clés qui
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renforcent la légitimité de l'action administrative.
En somme, les procédures préalables au recours de plein contentieux constituent un
cadre indispensable pour garantir que les droits des citoyens soient respectés et que
les décisions administratives soient prises de manière juste et équitable. La
connaissance de ces procédures est essentielle pour les justiciables souhaitant
naviguer efficacement dans le système administratif et défendre leurs droits.
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CONCLUSION FINALE.
Notre document a exploré en profondeur les conditions de recevabilité du recours
de plein contentieux en droit administratif burkinabè, ainsi que les procédures
préalables et judiciaires qui encadrent ce processus. À travers une analyse détaillée
des différentes étapes, des exigences et des mécanismes de contestation, nous
avons mis en lumière l'importance de ces éléments pour garantir le respect des
droits des administrés et la légitimité de l'action administrative.
Les conditions de recevabilité, telles que la qualité et l'intérêt à agir, ainsi que les
délais et les formalités nécessaires, sont essentielles pour assurer que seuls les
justiciables ayant un lien direct et légitime avec la décision contestée puissent saisir
le juge administratif. Cela préserve l'efficacité des procédures judiciaires et évite les
abus de droit.
Les recours gracieux et hiérarchiques, ainsi que les formalités de notification et de
motivation des décisions administratives, jouent un rôle crucial dans la résolution
amiable des litiges. Ils garantissent que les administrés soient informés de manière
adéquate des décisions qui les concernent, tout en leur permettant de contester ces
décisions de manière éclairée. La justification du préjudice subi et les moyens
d'annulation ou de réformation de la décision sont également des aspects
fondamentaux, soulignant l'importance de prouver le préjudice et d'articuler des
arguments juridiques solides pour contester une décision administrative.
En somme, la compréhension des mécanismes de recours en droit administratif est
essentielle pour les justiciables souhaitant défendre leurs droits. Les procédures
administratives et judiciaires offrent des voies de contestation qui permettent de
garantir la transparence, l'équité et la légitimité de l'action publique. En renforçant la
confiance des citoyens dans les institutions, ces mécanismes contribuent à
maintenir l'État de droit et à protéger les droits fondamentaux des administrés.
Ainsi, ce document vise à fournir une base solide pour la compréhension des recours
de plein contentieux en droit administratif burkinabè, tout en soulignant l'importance
d'une administration responsable et respectueuse des droits des citoyens. La
connaissance de ces procédures est indispensable pour naviguer efficacement dans
36
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le système administratif et garantir que les décisions prises par l'administration
soient justes, transparentes et conformes à la législation en vigueur.
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VI. BIBLIOGRAPHIE
Sources d'actualité : Konaré, C. O. (2024, 26 février). Mali / question de droit
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actes administratifs, l’homme de droit démystifie. Maliweb.
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contentieux-des-actes-administratif
s-lhomme-de-droit-demystifie-3055094.html
Sources bibliographiques : Ouedraogo, C. (2000). Les sanctions alternatives
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Bibliographie :
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du recouvrement de
créance et des voies d'exécution dans l'espace OHADA du 25 au 27 octobre
2022 à Ouagadougou,
Burkina Faso.
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-la-federation-algerienne-d
epose-un-recours-pour-protester-contre-le-var-apres-algerie-burkina-faso_AP
-202401200409.html
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