Les provisions
1- PROVISIONS POUR DEPRECIATION DES IMMOBILISATIONS
Seules les immobilisations qui ne se déprécient pas avec le temps, c’est-à-dire les immobilisations non
amortissables :
− les terrains (autres que les terrains d’exploitation),
− le fonds commercial, le droit au bail,
sont concernées par ces provisions.
Exceptionnellement, une immobilisation amortissable peut faire l’objet de provisions pour
dépréciation, lorsque ces dépréciations ne peuvent raisonnablement être enregistrées aux comptes
d’amortissements en raison de leur caractère définitif.
Les provisions pour dépréciation ont pour objet d’enregistrer des moins-values constatées sur les
éléments d’actif non amortissables. Toutefois, contrairement aux amortissements, les dépréciations
couvertes par des provisions ne sont pas irréversibles.
Elles concernent généralement les éléments immobilisés suivants :
Fonds commercial et droit au bail Diminution constante du chiffre d’affaires ou du bénéfice.
Terrains Terrains frappés de servitude...
Prêts Recouvrement douteux
Titres Valeurs d’acquisition inférieure à valeur d’actif net ou cours moyen.
Elles peuvent également couvrir des dépréciations exceptionnelles, subies sur des immobilisations
amortissables lorsque ces dépréciations, en raison de leur caractère non définitif, ne peuvent être
raisonnablement enregistrées à un compte d’amortissement.
Tel est le cas des dépréciations exceptionnelles survenues par suite de circonstances fortuites;
exemple : immeuble endommagé par des inondations.
Lors de la constitution de la provision pour dépréciation ou lors de la variation en augmentation, d’une
provision déjà constituée, le compte « Provisions » concerné est crédité par le débit du compte de
charge 68 Dotations aux amortissements et provisions si elle concerne l’exploitation, du compte de
perte (0) 68 Dotations aux amortissements et provisions hors exploitation ou exceptionnels si elle ne
concerne pas l’exploitation.
Les provisions pour dépréciation sont portées en déduction de la valeur des postes de l’actif du bilan
qu’elles concernent, sous la forme prévue par le mode de bilan découlant du Plan comptable général.
A la date de cession de l’immobilisation, la provision pour dépréciation antérieurement constituée est
soldée par le crédit du compte 78/078.
2- PROVISIONS POUR DEPRECIATION DES STOCKS ET DES « EN- COURS »
Dépréciation lors de l’inventaire
A l’arrêté des comptes, lorsque la valeur actuelle (valeur économique réelle au jour de l’inventaire) est
inférieure au coût déterminé selon l’une des méthodes de valorisation des stocks, l’entreprise doit
constituer une provision pour dépréciation.
Lorsque la valeur actuelle est déterminée par référence à un prix de marché, elle est calculée nette de
frais de distribution et de marge bénéficiaire.
Lorsqu’au jour de l’inventaire, la valeur économique réelle des stocks est inférieure à la valeur
comptable, déterminée conformément aux dispositions précédemment exposées, les entreprises
doivent constituer des provisions pour dépréciation qui expriment les moins-values constatées sur ces
stocks.
Pratiquement, le montant de la provision est déterminé par la différence entre :
d’une part, la valeur comptable (coût d’achat ou de production déterminé conformément à l’une des
méthodes précédemment exposées);
d’autre part, le prix de vente, au cours du jour de l’inventaire, des marchandises, matières ou produits,
diminué d’une décote forfaitaire représentant, au moment de l’inventaire, les frais de distribution et
le bénéfice à prévoir.
A défaut de prix de vente certain, le deuxième terme de la différence est constitué :
− pour les matières, par le prix d’achat au cours du jour de l’inventaire, majoré des frais accessoires
d’achat ;
− pour les produits intermédiaires, par le prix estimé d’après le cours des produits finis ;
− pour les marchandises, matières ou produits détériorés, défraîchis ou démodés, par la valeur
probable de réalisation.
En principe, il n’y a pas lieu de constituer de provisions pour les déchets et rebuts.
Au bilan, les provisions sont portées en déduction de la valeur des postes qu’elles concernent.
3- PROVISIONS POUR DEPRECIATION DES COMPTES DE TIERS
CREATION DE LA PROVISION
Lorsque le recouvrement d’une créance est considéré comme incertain, une provision pour
dépréciation est créée en fin d’exercice par le débit du compte (0)68 et le crédit du compte 49. Le
montant de la provision est égal à celui de la perte prévisible et estimé par le chef d’entreprise sous sa
propre responsabilité.
Lorsque le recouvrement d’une créance paraît notoirement incertain, son montant peut être transféré
du compte 410 au compte 412. Considéré comme un compte d’ordre, son utilisation est facultative.
Lors de l’inventaire, il est important de distinguer les créances irrécouvrables et les créances douteuses
et d’apprécier le risque de non-recouvrement.
En raison du principe de prudence, l’entreprise doit examiner avec soin les risques d’insolvabilité d’un
débiteur et constituer une provision pour dépréciation dès qu’apparaît une perte probable.
L’irrécouvrabilité définitive de la créance ou d’une partie de la créance doit être regardée comme une
perte et inscrite au débit du compte (0)646 Créances irrécouvrables, par le crédit du compte clients. Si
la créance devenue irrécouvrable avait fait l’objet d’une provision pour dépréciation, celle-ci est
reprise dans le compte (0)785 Reprises sur provisions.
AJUSTEMENT DE LA PROVISION
A la fin de chaque exercice, il convient de vérifier si les provisions créées au cours des exercices
précédents correspondent toujours à la perte qu’il est raisonnable d’envisager sur les recouvrements
de la créance douteuse. Des ajustements peuvent être alors enregistrés :
− par le débit du compte (0)68 lorsque la provision doit être augmentée ;
− par le crédit du compte (0)78 lorsque le montant doit être diminué ou annulé.
SORT DE LA PROVISION
Une fois fixé définitivement sur le montant du règlement du client (que ce dernier ait réglé pour solde
de tout compte soit de la totalité soit une partie de sa dette, ou qu’il n’y ait aucun espoir de règlement),
il convient de régulariser la situation en soldant le compte du débiteur ainsi que la provision
correspondante.
4- PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
Evaluées à la clôture de chaque exercice sous la responsabilité des dirigeants de l’entreprise, elles
doivent répondre aux exigences de régularité et de sincérité des comptes. On distingue :
190 Provisions pour risques destinées à couvrir les risques liés à l’activité de l’entreprise, tels que ceux
inhérents aux litiges avec les tiers, aux garanties données aux clients, aux amendes et pénalités, aux
opérations traitées en monnaies étrangères, etc.
194 Provisions pour pensions et obligations similaires affectées à la retraite du personnel en vertu
d’obligations légales ou contractuelles, lorsqu’un service de pension ne peut être assuré par une caisse
de retraite possédant une personnalité juridique distincte de celle de l’entreprise. Ce compte est
susceptible d’être étendu aux charges que peuvent engendrer les obligations contractuelles conférant
au personnel des avantages complémentaires, indemnités de départ, pensions diverses, etc.
195 Provisions pour impôts destinées à faire face à une charge probable d’impôt imputable à l’exercice
mais différée dans le temps et dont la prise en compte définitive dépend généralement des résultats
futurs.
196 Provisions pour renouvellement des immobilisations constituées en application d’obligations
contractuelles par les entreprises concessionnaires en complément de l’amortissement dépréciation,
qui assurent le renouvellement des immobilisations à leur valeur de remplacement.
197 Provisions pour charges à répartir sur plusieurs exercices destinées à faire face à des charges
prévisibles qui ne sauraient être supportées par le seul exercice au cours duquel elles sont engagées.
Il en est ainsi notamment des grosses réparations dont l’importance exceptionnelle justifie, en bonne
administration, l’étalement de la charge dans le temps (réparation de bâtiments, de gros matériel).
TRAITEMENT COMPTABLE
Création de la provision : lorsqu’elle concerne l’activité habituelle de l’entreprise, dans le cadre de son
exploitation normale, elle est enregistrée au débit du compte 68 Dotations aux provisions par le crédit
du compte 19. Par contre, si elle revêt un caractère exceptionnel, comme celle destinée à couvrir une
perte de change ou une amende prévisible, elle est portée au compte (0) 68 Dotations aux provisions
(charges exceptionnelles ou hors exploitation).
Ajustement de la provision : A chaque fin d’exercice, la provision créée antérieurement doit être
ajustée afin que la dette potentielle figurant au passif corresponde à la réalité. Ainsi, lorsque des
événements en cours rendent les risques ou les charges prévisibles plus importants que ceux qui ont
été constatés, un complément de dotation sera enregistré au débit du compte de dotations
correspondant 68 ou (0) 68.
Par contre, si la provision constituée antérieurement s’avère surestimée (ou devient en tout ou en
partie sans objet) il y aura lieu de la réduire (ou de l’annuler) en débitant le compte 19 du montant de
la diminution (ou de l’annulation) en contrepartie du compte (0)78 Reprises sur provisions.
Utilisation de la provision : Lorsque l’événement prévu se réalise, le compte de la classe 6 intéressé est
toujours débité par le crédit d’un compte de tiers ou financier. Corrélativement, lors de l’inventaire, la
provision constituée et correspondant à ce risque ou à cette charge est soldée pour son montant total
par le crédit du compte (0)78 que le risque (ou la charge) soit inférieur, égal ou supérieur à la provision
existante.
Au bilan le montant des provisions concernant les risques ou les charges dont le paiement est
considéré comme probable à court terme doit être distingué sur une ligne ad hoc.
5- DOTATIONS AUX COMPTES D’AMORTISSEMENTS ET DE PROVISIONS
Le compte 68 enregistre les charges «calculées» de la période, qu’il s’agisse de consommations dues à
un amoindrissement de la valeur d’un élément du patrimoine, de couverture de risques, charges ou
pertes à prévoir.
CREATION ET AJUSTEMENT DES PROVISIONS
Les provisions sont créées ou ajustées en hausse en débitant le compte 68 (ou 068 s’il s’agit de
couverture de charges ou risques hors exploitation) en contrepartie du crédit :
− de l’un des postes concernés : 29, 39, 49 ou 59 pour les provisions pour dépréciation des éléments
d’actif ;
− du compte 19 Provisions pour risques et charges pour les provisions devant couvrir des risques, des
charges ou des pertes prévisibles.
Les provisions sont ajustées en baisse en débitant le compte provisions (19, 29, 39, 49 ou 59) constitué
antérieurement par le crédit du compte 78/078 Reprises sur amortissements et provisions.
UTILISATION ET ANNULATION DES PROVISIONS
Lorsqu’un risque ou une charge provisionnée se réalise, le compte de la classe 6 intéressé est toujours
débité par le crédit d’un compte de tiers ou financier.
La provision constituée antérieurement, quel que soit son montant, est soldé par le crédit du compte
78/078 Reprises sur provisions. Ce mode de régularisation est utilisé également en cas d’annulation
pure et simple de la provision (provision devenue sans objet...).