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Arguments

En 2023, l'Afrique a connu une intensification des violences armées, des atteintes aux droits humains et des répressions contre les dissidents, illustrées par des conflits au Soudan, au Burkina Faso et en RDC, entraînant des milliers de victimes civiles. Les violences sexuelles et les discriminations de genre ont persisté, tandis que la liberté d'expression et d'association a été sévèrement restreinte, avec des journalistes et des défenseurs des droits humains ciblés. Les États africains ont souvent échoué à répondre aux appels à la justice et à l'impunité, exacerbant ainsi la crise des droits humains dans la région.

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Arguments

En 2023, l'Afrique a connu une intensification des violences armées, des atteintes aux droits humains et des répressions contre les dissidents, illustrées par des conflits au Soudan, au Burkina Faso et en RDC, entraînant des milliers de victimes civiles. Les violences sexuelles et les discriminations de genre ont persisté, tandis que la liberté d'expression et d'association a été sévèrement restreinte, avec des journalistes et des défenseurs des droits humains ciblés. Les États africains ont souvent échoué à répondre aux appels à la justice et à l'impunité, exacerbant ainsi la crise des droits humains dans la région.

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RÉSUMÉ RÉGIONAL AFRIQUE

©CARMEN ABD ALI / AFP

Retour à Afrique

AFRIQUE 2023

Le regain de violence au Soudan était représentatif de l’immense


souffrance des civil·e·s pris dans des conflits armés dans la région et du
mépris total des parties aux conflits à l’égard du droit international
humanitaire. Les informations faisant état de nombreuses victimes civiles
étaient fréquentes et choquantes, en particulier compte tenu de l’ampleur
des attaques ciblées et aveugles. Cette année encore, les violences
sexuelles ont été un élément caractéristique des conflits armés.

Dans bien des pays d’Afrique, il était dangereux de critiquer les autorités.
Les personnes qui manifestaient contre les abus, les manquements ou la
corruption imputés à leur gouvernement faisaient souvent l’objet d’une
violente répression, qui visait particulièrement les journalistes, les
défenseur·e·s des droits humains, les militant·e·s et les responsables et
membres de l’opposition. En l’espace d’une semaine, les homicides de
l’éminent défenseur des droits humains Thulani Maseko en Eswatini et du
journaliste Martinez Zogo au Cameroun, ainsi que la mort du journaliste
d’investigation rwandais John Williams Ntwali dans des circonstances
suspectes, ont marqué au mois de janvier une période sombre pour le
mouvement des droits humains.
Des facteurs conjugués, tels que l’inflation, la corruption, le changement
climatique et les conflits, ont créé des conditions de vie insoutenables. Des
millions de personnes étaient privées de leurs droits économiques et
sociaux les plus élémentaires. De nombreux pays ont été touchés de
manière disproportionnée par une forte inflation des prix de l’alimentation,
et l’insécurité alimentaire a atteint un niveau effarant.

Des conflits armés et des phénomènes météorologiques extrêmes


incessants ont entraîné le déplacement de millions de personnes. En
outre, les autorités de plusieurs pays se sont soustraites à leur obligation
de protéger les personnes réfugiées ou demandeuses d’asile.

La discrimination et les violences fondées sur le genre à l’égard des


femmes et des filles demeuraient solidement enracinées, tandis que les
attaques homophobes et la répression des droits des personnes LGBTI se
sont intensifiées dans l’ensemble de la région.

Globalement, les États africains sont restés sourds aux appels les incitant
à lutter contre l’impunité, qu’ils ont ainsi laissée prospérer et alimenter le
cercle vicieux des atteintes aux droits humains et du mépris de l’état de
droit. De nombreux États ont sapé les initiatives en faveur de la justice et
de l’obligation de rendre des comptes ou ont ouvertement entravé
l’examen de leur bilan en matière de droits humains par la communauté
internationale.

Attaques et homicides illégaux

Les conflits armés ont continué d’avoir des effets dévastateurs sur les
civil·e·s au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Nigeria, en République
centrafricaine, en République démocratique du Congo (RDC), en Somalie,
au Soudan et ailleurs. Lorsqu’ils n’étaient pas délibérément visés,
notamment dans le cadre d’attaques motivées par des considérations
ethniques, les civil·e·s subissaient de plein fouet des opérations menées
sans discernement, qui pouvaient prendre la forme de frappes aériennes,
de tirs de roquettes ou d’obus de mortier, ou du recours à d’autres armes
explosives à large rayon d’impact. Certaines de ces attaques constituaient
des crimes de guerre.
Au Soudan, plus de 12 000 personnes ont trouvé la mort lorsque des
combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les
Forces d’appui rapide (FAR). Des civil·e·s ont été tués ou blessés dans des
attaques ciblées à de multiples endroits du pays, dont Khartoum, la
capitale, mais plus particulièrement dans le Darfour occidental, ainsi que
par des armes explosives que les FAS et les FAR ont tirées depuis des
quartiers densément peuplés.

Au Burkina Faso, des membres du groupe armé Ansarul Islam ont tué au
moins 60 civil·e·s dans la ville de Partiaga en février, ainsi que 22
personnes à Nohao six mois plus tard. Les forces gouvernementales ont-
elles aussi pris pour cible la population civile. Des militaires accompagnés
de Volontaires pour la défense de la patrie ont tué au moins 147 civil·e·s
dans le village de Karma. En RDC, des groupes armés ont fait au moins
4 000 morts et des milliers de blessés. Dans la province du Nord-Kivu, des
combattants des Forces démocratiques alliées, un groupe armé, ont
massacré quelque 23 personnes à la machette. Dans la province de l’Ituri,
au moins 46 personnes, dont la moitié étaient mineures, ont été tuées par
balle ou à l’arme blanche en une nuit par des combattants de la
Coopérative pour le développement du Congo, un autre groupe armé. Au
Mali, les attaques de l’État islamique au Sahel contre les villages de Gaina
et de Boyna, dans la région de Gao, ont fait 17 morts. Deux mois plus tard,
des membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ont
attaqué les villages de Bodio et de Yarou, dans la région de Bandiagara,
faisant 37 morts parmi la population civile.

Au Nigeria, une frappe de l’armée de l’air a tué au moins 21 civil·e·s dans


l’État du Niger, tandis qu’en Somalie un nouveau conflit entre les forces de
sécurité du Somaliland et des combattants armés a fait 36 morts au sein
de la population civile, principalement à cause du pilonnage aveugle de la
ville de Las Anod par les forces de sécurité du Somaliland.

Les parties aux différents conflits armés doivent protéger la population en


cessant de mener des attaques ciblées ou sans discernement contre des
personnes ou des infrastructures civiles.

Violences sexuelles ou liées au genre dans les contextes de conflit

Cette année encore, des violences sexuelles et des violences fondées sur
le genre ont été perpétrées dans des contextes de conflit, notamment des
viols, des viols en réunion, des enlèvements et de l’esclavage sexuel. De
nombreuses victimes n’ont pas eu accès à l’aide médicale et
psychosociale dont elles avaient besoin. Des membres des forces de
défense érythréennes ont maintenu au moins 15 femmes en captivité
pendant près de trois mois dans un camp militaire de la région du Tigré, en
Éthiopie, et les ont violées à maintes reprises. Au Burkina Faso, des
membres présumés d’Ansarul Islam ont enlevé 66 femmes, filles et bébés
près du village de Liki (région du Sahel). Ces personnes ont été relâchées
au bout de quatre jours à la faveur d’un contrôle routier à Tougouri. Au
Nigeria, des combattants de Boko Haram ont enlevé plus de 40 femmes
dans la zone de gouvernement local de Mafa (État de Borno).

En République centrafricaine, l’ONU a annoncé avoir recueilli des preuves


de viol mettant en cause 11 casques bleus tanzaniens. En RDC, plus de
38 000 cas de violences sexuelles ont été signalés rien que dans la
province du Nord-Kivu au cours du premier trimestre. Au Mali, sur la même
période, l’ONU a recensé 51 cas de violences perpétrées contre des
femmes et des filles dans le cadre du conflit. Au Soudan, des dizaines de
femmes et de filles ont été soumises à des violences sexuelles,
notamment des viols, par des combattants des deux camps, mais
principalement par des membres des FAR et de leurs milices alliées. Des
combattants des FAR ont par exemple enlevé 24 femmes et filles et les ont
séquestrées dans un hôtel de Nyala pendant plusieurs jours dans des
conditions s’apparentant à de l’esclavage sexuel.

Les parties aux différents conflits armés doivent donner à leurs membres
et à leurs forces des ordres clairs interdisant les violences sexuelles ou
fondées sur le genre, et les États doivent veiller à ce que les victimes de
ces violences aient pleinement accès à des soins médicaux et à une aide
psychosociale.

Répression de la dissidence

Liberté de réunion pacifique

Dans toute la région, des manifestant·e·s sont descendus dans la rue pour
faire entendre leurs préoccupations sur une multitude de sujets, dont le
coût élevé de la vie, la mauvaise gouvernance et les violations des droits
humains. Dans de nombreux cas, les forces de sécurité ont dispersé ces
rassemblements au moyen d’une force excessive : des dizaines de
manifestant·e·s et de passant·e·s ont été tués ou blessés, notamment en
Angola, en Éthiopie, au Kenya, au Mali, au Mozambique, au Sénégal et en
Somalie. Au Kenya, la police a tué au moins 57 personnes au cours de
manifestations entre mars et juillet. Au Sénégal, au mois de juin, des
policiers et des hommes armés en civil ont tiré à balles réelles pour
disperser de violentes manifestations à Dakar, la capitale, et à Ziguinchor,
faisant au moins 29 morts.

Dans d’autres cas, des manifestations ont été interdites par avance,
comme en Guinée, au Sénégal, en Sierra Leone et au Tchad. Ces
interdictions ont porté essentiellement sur des rassemblements et des
manifestations organisés par la société civile ou par des partis ou
responsables de l’opposition. Au Tchad, le ministère de la Sécurité
publique a interdit notamment deux événements de protestation organisés
par des partis d’opposition. Le motif affiché était que ces partis n’avaient
pas d’existence légale et ne remplissaient pas les conditions d’autorisation
relatives aux manifestations. En Guinée, l’interdiction générale de tous les
rassemblements politiques imposée depuis mai 2022 était toujours en
vigueur. Néanmoins, plusieurs manifestations de soutien au chef de l’État
ont été autorisées.

Liberté d’expression

Cette année encore, le droit à la liberté d’expression a été menacé.


S’opposer ouvertement aux politiques, aux mesures ou à l’inaction des
pouvoirs publics ou diffuser publiquement des informations jugées
préjudiciables aux autorités pouvait entraîner une arrestation, une
détention arbitraire, voire la mort. En Eswatini, le défenseur des droits
humains Thulani Maseko a été assassiné à son domicile. Au Cameroun, le
journaliste Martinez Zogo a été enlevé dans la banlieue de Yaoundé et son
corps mutilé a été retrouvé cinq jours plus tard. Il travaillait sur la
corruption présumée de personnes proches du gouvernement. John
Williams Ntwali, un journaliste d’investigation qui travaillait sur des
questions en rapport avec les droits humains, est mort dans des
circonstances suspectes au Rwanda. La veille, il avait confié à un confrère
qu’il craignait pour sa sécurité.

Au Soudan du Sud, sept journalistes ont été incarcérés arbitrairement au


centre de détention du Service national de la sûreté à Djouba, la capitale,
en lien avec une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle le
président semblait s’uriner dessus. Ils ont été détenus pendant des durées
variables, allant jusqu’à 10 semaines, avant d’être libérés sans
inculpation. L’un d’eux aurait subi des actes de torture et d’autres
mauvais traitements.

En Somalie, un tribunal a condamné à deux mois d’emprisonnement le


journaliste Abdalle Ahmed Mumin, secrétaire général du Syndicat des
journalistes somaliens, déclaré coupable d’avoir « désobéi aux ordres des
autorités ». Ayant déjà passé plus de deux mois en détention provisoire, il
a été libéré, avant d’être de nouveau arrêté un peu plus d’une semaine
après et enfermé pendant un mois. En Tanzanie, entre les mois de juin et
de décembre, au moins 12 personnes ont été arrêtées pour avoir critiqué
l’accord sur les ports entre la Tanzanie et les Émirats arabes unis, avant
d’être libérées sans condition au bout de quelques jours.

Le harcèlement judiciaire de personnes émettant des critiques était


monnaie courante. Au Burundi, la journaliste Floriane Irangabiye a été
condamnée à 10 ans d’emprisonnement pour « atteinte à l’intégrité du
territoire national ». Sa condamnation, fondée sur des propos tenus lors
d’une émission de radio, a été confirmée en appel. Au Bénin, Virgile
Ahouansè, directeur de l’information d’une station de radio en ligne, a été
condamné à une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis pour «
diffusion de fausses informations ». En 2022, il avait diffusé une enquête
dans le cadre de laquelle des témoins accusaient la police de s’être livrée
à des exécutions extrajudiciaires. Au Niger, Samira Ibrahim a été déclarée
coupable de « production de données de nature à troubler l’ordre public »
après avoir affirmé sur Facebook que l’Algérie ne reconnaissait pas le
régime militaire du Niger.

Plusieurs journalistes, défenseur·e·s des droits humains et militant·e·s,


notamment du Mali, de République centrafricaine, de Tanzanie, du Tchad
et du Togo, ont été contraints à l’exil. Au Togo, Ferdinand Ayité et Isidore
Kowonou, du journal L’Alternative, ont été condamnés à trois ans de prison
et à une lourde amende pour avoir publié un article accusant deux
membres du gouvernement de corruption. Ils ont quitté le pays pour ne
pas avoir à purger leur peine. En République centrafricaine, après avoir
reçu des menaces d’une source inconnue, un journaliste qui avait travaillé
sur des faits de corruption présumés à l’Assemblée nationale a fui le pays.
Au Mali, Aminata Dicko, défenseure des droits humains, a dû s’exiler après
avoir dénoncé devant le Conseil de sécurité de l’ONU les atrocités
commises par les forces armées. À la suite de cette intervention, elle avait
été convoquée par la Gendarmerie nationale, qui l’avait interrogée en lien
avec des accusations de haute trahison et de diffamation.

Au Bénin, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Togo et ailleurs, les


pouvoirs publics ont suspendu des médias, des journaux ou des sites
d’actualités pour des durées plus ou moins longues. Confrontées à une
agitation sociale ou politique, les autorités d’Éthiopie, de Guinée, de
Mauritanie et du Sénégal ont suspendu ou perturbé l’accès à Internet. Au
Nigeria, la Commission nationale de régulation des médias a infligé des
amendes à 25 stations de diffusion en lien avec la façon dont elles avaient
traité les élections générales de 2023. Il leur était reproché d’avoir enfreint
le Code de l’audiovisuel. D’autres autorités sont allées encore plus loin,
notamment au Bénin, où le groupe de presse de La Gazette du Golfe a vu
ses activités suspendues jusqu’à nouvel ordre. Au Burkina Faso, deux
correspondantes étrangères ont été expulsées du pays et, au Niger, le
journal L’Événement a été contraint de fermer ses portes parce qu’il
n’aurait pas payé ses impôts.

Liberté d’association

Les restrictions sévères et injustifiées du droit à la liberté d’association se


sont multipliées. Des partis d’opposition ont été pris pour cible et leurs
possibilités d’organiser et de mener librement leurs activités ont été
limitées. Au Burundi, les autorités ont suspendu presque toutes les
activités du principal parti d’opposition, le Congrès national pour la liberté.
Après le coup d’État de juillet au Niger, l’armée a suspendu jusqu’à nouvel
ordre toutes les activités des partis politiques. En Ouganda, les réunions
de campagne et les autres activités du parti Plateforme de l’unité
nationale ont été suspendues. Sur une note plus positive, la présidente de
la Tanzanie a levé l’interdiction des rassemblements et autres activités
organisés par des partis politiques qui avait été instaurée en 2016.

Les autorités ont continué d’instrumentaliser la législation pour restreindre


les droits humains, notamment le droit à la liberté d’association. En
Angola, le Parlement a adopté le projet de loi sur les ONG, qui risquait,
selon celles-ci, de limiter le droit à la liberté d’association et de donner à
l’exécutif des pouvoirs excessifs lui permettant d’interférer avec leurs
activités.
Arrestations et détentions arbitraires, torture et autres mauvais
traitements

Les arrestations et détentions arbitraires étaient toujours monnaie


courante. Il était fréquent que de nombreuses personnes soient arrêtées et
placées en détention lors de la dispersion de manifestations par les forces
de sécurité ou dans le cadre d’un état d’urgence. En août, à la suite de
combats entre l’armée et la milice Fano dans la région Amhara, le
gouvernement éthiopien a décrété l’état d’urgence pour une durée de six
mois dans l’ensemble du pays. Cet état d’urgence a servi de prétexte à la
détention de centaines de personnes, qui n’ont pas été autorisées à
consulter un·e avocat·e ni à recourir à la justice. Au Sénégal, plus d’un
millier de personnes ont été arrêtées et placées en détention
principalement en raison de leur participation à des manifestations ou de
leur lien présumé avec le parti d’opposition Patriotes africains du Sénégal
pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef).

Dans d’autres pays, dont le Botswana, le Burundi, le Niger et le Zimbabwe,


des personnalités politiques de premier plan ont été arrêtées ou détenues
arbitrairement. Au Botswana, plusieurs responsables du Front patriotique
du Botswana, un parti d’opposition, et deux journalistes ont été arrêtés et
détenus jusqu’à deux jours sans inculpation. À la suite du coup d’État au
Niger, le président, Mohamed Bazoum, et sa famille ont été retenus dans
le palais présidentiel. Plusieurs anciens membres du gouvernement et du
parti au pouvoir ont été détenus sans inculpation. Au Zimbabwe, Jacob
Ngarivhume, dirigeant du parti d’opposition Transform Zimbabwe, a été
mis hors de cause en appel huit mois après avoir été condamné à quatre
ans de prison (dont un avec sursis). Il avait été arrêté en juillet 2020 pour
avoir mené et organisé des manifestations contre la corruption.

Des arrestations et détentions arbitraires ont aussi été signalées, entre


autres, en Guinée équatoriale, au Mali et en RDC.

En outre, la torture et les autres formes de mauvais traitements en


détention suscitaient toujours de graves inquiétudes. Des décès suspects
en garde à vue ont été signalés dans plusieurs pays, dont la Guinée
équatoriale, le Lesotho, la Mauritanie et le Nigeria. En Mauritanie, le
défenseur des droits humains Souvi Ould Jibril Ould Cheine est mort après
un interrogatoire dans un poste de police. Une autopsie officielle a permis
de conclure qu’il avait été tué par strangulation, ce qui contredisait les
affirmations des autorités selon lesquelles il aurait succombé à une crise
cardiaque. Le procureur de la République a ordonné l’arrestation du
commissaire et des policiers impliqués. Au Nigeria, Faiz Abdullahi est mort
en garde à vue dans l’État de Kaduna après avoir été torturé pendant son
interrogatoire, et un lycéen de 17 ans est décédé à l’hôpital après avoir
été torturé pendant son interrogatoire par la police dans l’État d’Adamawa.

Exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées

Dans plusieurs pays, des exécutions extrajudiciaires et d’autres homicides


illégaux, ainsi que des disparitions forcées, ont encore été perpétrés à des
fins de répression. Au Burkina Faso, des personnalités de l’opposition ont
été enlevées ou arrêtées et soumises à une disparition forcée, notamment
le président national d’une organisation représentant les intérêts des
éleveurs nomades. Cette année encore, des disparitions forcées ont été
signalées au Burundi. La majorité des victimes étaient des opposants
politiques, et les auteurs présumés étaient principalement des agents du
Service national de renseignement et des membres des Imbonerakure, la
branche jeunesse du parti au pouvoir. En Érythrée, on ignorait toujours ce
qu’il était advenu de 11 membres du G-15, un groupe de 15 responsables
politiques de haut niveau qui avaient critiqué publiquement le président
en 2001, ainsi que de 16 journalistes accusés d’être liés à ce groupe.

Les États doivent mettre fin au harcèlement et aux actes d’intimidation qui
visent des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains, des
militant·e·s ainsi que des membres et des responsables de l’opposition. Ils
doivent libérer immédiatement et sans condition les personnes détenues
arbitrairement et veiller à ce que la liberté de la presse soit respectée,
notamment en permettant aux médias de fonctionner en toute
indépendance.

Droits économiques et sociaux

Droit à l’alimentation

Beaucoup des pays les plus durement frappés par la forte inflation des prix
alimentaires se trouvaient en Afrique. Le nombre de personnes en
situation d’insécurité alimentaire a atteint un niveau effarant. Le
Programme alimentaire mondial a estimé que, au mois de février, 78 % de
la population de la Sierra Leone se trouvait en situation d’insécurité
alimentaire et 20 % des foyers étaient confrontés à une insécurité
alimentaire grave. Au Soudan du Sud, le Bureau de la coordination des
affaires humanitaires [ONU] recensait en décembre 5,83 millions de
personnes en forte insécurité alimentaire (soit 46 % de la population). En
Namibie, l’insécurité alimentaire aiguë s’est fortement accrue et
concernait 22 % de la population.

Le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes


ont aggravé la crise alimentaire. À Madagascar, l’insécurité alimentaire
s’est accentuée après le passage de deux cyclones, en janvier et février,
qui ont détruit des cultures commerciales et entravé la livraison de l’aide
humanitaire dans les zones sinistrées. En Somalie, la crise alimentaire
touchait cinq millions de personnes, selon les estimations. Le secteur
agricole, dont provenaient jusqu’à 90 % des exportations du pays, a été
dévasté par la sécheresse.

Les conflits armés n’ont fait qu’aggraver la situation. Au Burkina Faso, des
groupes armés ont assiégé au moins 46 villes et villages, les privant
d’accès aux produits de première nécessité, empêchant les habitant·e·s de
se rendre dans leurs champs et sabotant les infrastructures hydriques. Les
organismes internationaux d’assistance ont suspendu pendant six mois
l’aide alimentaire dans la région du Tigré, en Éthiopie, après la découverte
d’éléments indiquant que celle-ci était détournée, semble-t-il, par des
organes gouvernementaux et par l’armée. Plus de quatre millions de
personnes déjà en situation d’insécurité alimentaire ont été touchées par
cette suspension et des centaines en seraient mortes.

Des États ont pris des mesures pour contrer l’inflation et assurer un
approvisionnement alimentaire stable pour le marché intérieur. La Sierra
Leone, par exemple, a établi un programme visant à accroître la
productivité agricole et à progresser vers l’autosuffisance alimentaire et la
Côte d’Ivoire a suspendu ses exportations de riz et de sucre. La réaction
de la communauté internationale a quant à elle été timide. Les fonds
internationaux affectés à la sécurité alimentaire au Tchad s’élevaient à
96,9 millions de dollars des États-Unis en septembre, soit 128,1 millions de
moins que la somme nécessaire. Au Soudan du Sud, compte tenu du
déficit de financement du programme humanitaire de l’ONU, la priorité a
dû être donnée à l’aide alimentaire d’urgence en faveur des personnes les
plus touchées par l’insécurité alimentaire.

Droit à l’éducation
Le droit à l’éducation a été bafoué ou fortement entravé dans les pays en
proie à un conflit, en particulier au Burkina Faso, au Cameroun, au Niger et
en RDC. Au Burkina Faso, au moins 6 549 écoles étaient fermées en
octobre et seules 539 environ ont rouvert au cours de l’année. Ces
fermetures concernaient plus d’un million d’enfants. Au Cameroun, au
moins 13 actes de violence visant des établissements scolaires ont été
signalés entre janvier et juillet dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest, notamment des enlèvements d’élèves et d’enseignant·e·s, et au
moins 2 245 écoles étaient fermées. En RDC, l’instruction d’environ
750 000 enfants a été perturbée dans deux des provinces les plus
touchées par le conflit, dans l’est du pays. Des milliers d’écoles ont été
attaquées, ont dû fermer leurs portes du fait de l’insécurité ou ont été
réquisitionnées pour abriter des personnes déplacées.

Sur une note plus positive, le programme d’enseignement primaire gratuit


en Zambie a débuté en janvier et a donné lieu au recrutement de 4 500
instituteurs et institutrices supplémentaires. En Tanzanie, les taux de
scolarisation et d’alphabétisation ont globalement augmenté et les
facteurs qui limitaient l’accès des enfants à l’école étaient moins
nombreux. Cependant, malgré la levée, en 2022, de l’interdiction imposée
aux filles enceintes et aux mères adolescentes d’assister aux cours dans le
système scolaire ordinaire, celles-ci restaient peu nombreuses à
poursuivre leur scolarité.

Droit à la santé

Dans de nombreux pays, l’accès aux services de santé demeurait difficile.


Les services de santé du Ghana ont révélé en février que, dans la
municipalité de Bawku, 27 femmes enceintes étaient décédées en 2021 et
2022 faute d’avoir pu bénéficier de soins médicaux. En Afrique du Sud,
une grève déclenchée en mars à propos de désaccords sur les salaires a
entravé l’accès aux services de santé et entraîné la mort de quatre
personnes, d’après le ministre de la Santé. Par ailleurs, des épidémies de
shigellose, de choléra, de typhoïde et d’autres maladies ont été signalées
au Congo, au Soudan du Sud et dans d’autres pays.

Expulsions forcées

Des États ont continué de procéder à des expulsions forcées au profit de


projets d’aménagement. Au Bénin, plusieurs milliers de personnes qui
avaient été expulsées de force de leur logement dans le cadre de projets
touristiques le long de la côte, entre les villes de Cotonou et de Ouidah,
ont protesté contre l’absence d’indemnisation convenable. Dans la
province du Lualaba, en RDC, l’expansion de mines industrielles de cobalt
et de cuivre, provoquée par la croissance de la demande mondiale de
minerais servant à la transition énergétique, a donné lieu à des expulsions
forcées qui ont chassé des milliers de personnes de leur logement et de
leurs terres agricoles.

Dans le district de Hoima, en Ouganda, les forces de sécurité ont eu


recours à la violence pour expulser de force près de 500 familles de leurs
terres afin de permettre la construction de l’oléoduc d’Afrique de l’Est. En
Tanzanie, au moins 67 personnes appartenant au peuple autochtone
masaï ont été arrêtées, principalement dans le village d’Endulen, pour
avoir refusé de quitter leurs terres ancestrales dans le cadre de plans de
réinstallation forcée ayant pour objectif de créer une réserve de vie
sauvage dans la zone de conservation de Ngorongoro.

Les États doivent prendre des mesures immédiates pour résoudre les
difficultés socioéconomiques de leur population, en mobilisant les
ressources nécessaires pour qu’elle puisse jouir de ses droits économiques
et sociaux, conformément aux obligations minimales qui leur incombent.

Droits des personnes déplacées, réfugiées ou migrantes

Selon les estimations, la RDC comptait près de sept millions de personnes


déplacées, soit le chiffre le plus élevé du continent. Elle abritait aussi
500 000 personnes réfugiées qui avaient fui un conflit armé ou des
persécutions dans d’autres pays d’Afrique. Entre janvier et août, quelque
45 000 personnes ont quitté la RDC pour trouver asile dans des pays
voisins, dont l’Ouganda, qui accueillait la population réfugiée la plus
importante du continent, soit plus de 1,6 million de personnes.

Au Soudan, plus de 5,8 millions de personnes ont été déplacées depuis le


mois d’avril, ce qui faisait de ce pays le théâtre de la plus grande crise au
monde en matière de déplacements de population. Plus de 4,5 millions
d’entre elles ont été déplacées entre le début du conflit, en avril, et le
mois d’octobre, et près de 1,4 million de Soudanais·es et de personnes
d’autres nationalités ont fui dans des pays voisins. Cependant, certains
pays n’ont pas autorisé les demandeurs et demandeuses d’asile soudanais
à entrer sur leur territoire. Les autorités égyptiennes ont ainsi exigé de
tous les ressortissant·e·s soudanais qu’ils présentent un visa délivré par le
bureau consulaire égyptien au Soudan et ont imposé aux garçons et aux
hommes de 16 à 50 ans d’obtenir un avis favorable préalable attestant
qu’ils ne constituaient pas une menace pour la sécurité.

Au Niger, environ 9 000 réfugié·e·s et migrant·e·s expulsés par les


autorités algériennes sont arrivés à Assamaka, un village frontalier, entre
janvier et avril. Au Malawi, la police a arrêté des centaines de personnes
réfugiées à leur domicile ou sur leur lieu de travail dans la capitale et les a
réinstallées dans le camp de Dzaleka.

Les États doivent remplir leurs obligations de protection des personnes


réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, notamment en respectant le
droit de demander l’asile et le principe de « non-refoulement ».

Discrimination

Femmes et filles

Les effets dévastateurs des mutilations génitales féminines ont une fois de
plus été mis en évidence par la mort d’une fillette de deux ans en Sierra
Leone. Les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages
forcés étaient encore pratiqués dans la région. En Zambie, près de 29 %
des femmes de 20 à 24 ans avaient été mariées avant leurs 18 ans. Au
Niger, le cas de Nazira, 16 ans, qui a mis fin à ses jours pour échapper à
un mariage forcé, a mis en lumière les lourdes conséquences des
mariages précoces.

Il y a cependant eu plusieurs évolutions positives sur le plan législatif. La


RDC a promulgué une loi érigeant en infraction l’intimidation et la
stigmatisation fondées sur le genre. En Sierra Leone, une nouvelle loi a
imposé un quota de 30 % de femmes dans la fonction publique. En Afrique
du Sud, un projet de loi visant à créer un organe chargé de superviser la
mise en œuvre d’un plan stratégique sur les violences liées au genre et les
féminicides a été rendu public pour consultation de la population.

Personnes LGBTI

Plusieurs pays ont mis en place des législations homophobes. Une


augmentation des violences à l’encontre des personnes LGBTI a été
signalée en Ouganda après l’adoption d’une nouvelle loi prévoyant la
peine de mort pour « homosexualité avec circonstances aggravantes ». Au
Kenya, un député a présenté une proposition de loi qui pourrait durcir
encore les dispositions sanctionnant les relations sexuelles consenties
entre personnes de même sexe. Au Ghana, le Parlement a adopté une
proposition de loi homophobe. En Eswatini, les autorités sont allées à
l’encontre d’une décision de justice en refusant d’immatriculer une
organisation LGBTI.

L’arrestation et la détention de personnes LGBTI étaient monnaie


courante. Au Burundi, 24 personnes ont été arrêtées en février à Gitega,
lors d’un atelier sur l’insertion économique. Elles ont été poursuivies pour
« homosexualité » et « incitation à la débauche », ainsi que deux autres
personnes ajoutées ultérieurement au dossier. Sept d’entre elles ont été
déclarées coupables en août et, sur celles qui ont été mises hors de cause,
neuf n’ont pas été libérées immédiatement, dont une qui est morte en
détention. Au Nigeria, 69 hommes ont été inculpés pour avoir organisé un
mariage homosexuel dans l’État du Delta, tandis qu’un groupe constitué
de 59 hommes et 17 femmes a été arrêté dans l’État de Gombe parce qu’il
aurait participé à une fête d’anniversaire « gay ».

Les discours homophobes ont pris de l’ampleur au Botswana, au


Cameroun, en Éthiopie, au Kenya, au Malawi et en Tanzanie. Au Botswana
et au Malawi, des centaines de manifestant·e·s, soutenus par des groupes
religieux et des responsables de l’administration publique, ont protesté
contre la dépénalisation des relations sexuelles consenties entre
personnes de même sexe. Au Cameroun, les autorités ont menacé de
suspendre les médias qui diffuseraient des « programmes faisant la
promotion des pratiques homosexuelles ». En Éthiopie, une campagne
contre les personnes LGBTI a été lancée, en ligne et sous d’autres formes,
par des influenceurs et influenceuses, des responsables religieux et des
artistes en vogue. En Tanzanie, le ministre de l’Éducation a interdit les
livres faisant référence aux personnes LGBTI dans les écoles.

Sur une note plus positive, la Cour suprême de Namibie a jugé qu’il était
possible de régulariser son statut migratoire sur la base d’un mariage
conclu à l’étranger avec une Namibienne ou un Namibien de même sexe,
et la Cour suprême du Kenya a affirmé le droit à la liberté d’association
pour les personnes LGBTI.
Personnes atteintes d’albinisme

Les infractions commises contre des personnes atteintes d’albinisme ont


augmenté au Malawi, où des faits tels que des tentatives d’enlèvement,
des agressions physiques et des profanations de tombes ont été signalés.
En Angola, le Plan d’action et de protection des personnes atteintes
d’albinisme a été adopté.

Les États doivent combattre de toute urgence toutes les formes de


discrimination et de violence fondées sur le genre touchant les femmes et
les filles, notamment en s’attaquant à leurs causes profondes et en
redoublant d’efforts pour éliminer les pratiques préjudiciables. Ils doivent
également renforcer la protection des droits des personnes LGBTI, en
particulier dans la législation, mais aussi en enquêtant efficacement sur
les allégations de violences et en traduisant en justice les responsables
présumés de ces actes.

Droit à un environnement sain

Plusieurs pays ont été touchés par des phénomènes météorologiques


extrêmes, dont l’intensité et la fréquence pourraient être imputables au
changement climatique. Cependant, les États de la région n’étaient pas
suffisamment préparés pour réagir face à ces phénomènes, qu’ils soient à
évolution lente ou rapide. En février et en mars, le cyclone Freddy a frappé
des millions de personnes au Malawi et au Mozambique, où il a fait 679 et
453 morts, respectivement. Les inondations ont fait de nombreuses
victimes dans plusieurs autres pays, notamment en RDC et au Rwanda. En
septembre, le premier Sommet africain sur le climat s’est tenu à Nairobi
pour élaborer une position unifiée des pays africains à l’approche des
négociations de la COP28.

Les États doivent prendre des mesures immédiates pour protéger les
populations des risques et des effets de la crise climatique et mieux se
préparer aux phénomènes météorologiques extrêmes. Ils peuvent
notamment solliciter une aide internationale et un financement auprès des
pays développés afin d’adopter des politiques efficaces en matière
d’atténuation et d’adaptation et de remédier aux pertes et préjudices
subis par les personnes les plus marginalisées.

Droit à la vérité, à la justice et à des réparations


À la suite de la campagne cynique menée par le gouvernement éthiopien
contre les initiatives visant à rendre la justice et à faire respecter
l’obligation de rendre des comptes, la Commission africaine des droits de
l’homme et des peuples a mis fin prématurément au mandat de la
Commission d’enquête sur la situation dans la région du Tigré, sans en
publier les conclusions. Le gouvernement a aussi pris pour cible la
Commission internationale d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie
[ONU]. De ce fait, les États membres du Conseil des droits de l’homme des
Nations unies n’ont pas présenté de résolution pour renouveler le mandat
de cette Commission. De son côté, le Burundi a quitté la séance d’examen
de son bilan par le Comité des droits de l’homme [ONU] en signe de
protestation contre la présence d’un défenseur des droits humains déclaré
coupable par contumace, sur la base de fausses accusations, d’avoir
participé à la tentative de coup d’État de 2015. La Tanzanie, quant à elle, a
empêché une délégation d’établissement des faits de l’UNESCO de se
rendre à Ngorongoro pour enquêter sur des allégations faisant état
d’expulsions forcées violentes de membres du peuple autochtone masaï.

Plusieurs pays ont mis en place ou envisagé de mettre en place un


processus de paix et de réconciliation écartant la possibilité pour les
victimes de crimes de droit international et d’autres graves atteintes aux
droits humains d’obtenir justice et de demander des comptes. Les
autorités de la RDC ont ainsi approuvé un projet de politique nationale de
justice transitionnelle et le gouvernement éthiopien a entamé des
consultations en vue de l’adoption d’une politique similaire.

Au Soudan du Sud, le Conseil des ministres a approuvé deux projets de loi


visant l’établissement de la Commission vérité, réconciliation et
apaisement, d’une part, et de l’Autorité d’indemnisation et de réparation,
d’autre part. Les deux projets devaient ensuite être examinés au
Parlement. Le Conseil des ministres a cependant continué à bloquer la
création du Tribunal mixte pour le Soudan du Sud. En Gambie, les autorités
ont accepté de créer un tribunal hybride pour poursuivre les auteurs
présumés de violations graves des droits humains commises sous la
présidence de Yahya Jammeh.

Plusieurs auteurs présumés de crimes au regard du droit international ont


été arrêtés. En République centrafricaine, la Cour pénale spéciale a
annoncé l’arrestation de quatre hommes accusés de crimes de guerre ou
de crimes contre l’humanité. Des mesures ont été prises pour amener
deux auteurs présumés du génocide rwandais à répondre de leurs actes :
Fulgence Kayishema a été arrêté une fois de plus en application d’un
nouveau mandat qui permettrait de l’extrader vers la Tanzanie pour qu’il
soit jugé par le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions
résiduelles des tribunaux pénaux, et Théoneste Niyongira a quant à lui été
expulsé du Malawi vers le Rwanda.

Les États doivent redoubler d’efforts pour combattre l’impunité en


diligentant sans délai des enquêtes approfondies, indépendantes,
impartiales, efficaces et transparentes sur les crimes de droit international
et les autres graves atteintes aux droits humains, en traduisant en justice
les responsables présumés de ces actes et en veillant à ce que les
victimes aient accès à des recours effectifs.

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