0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
62 vues8 pages

Histoire 4

Le XV-XVIe siècle marque une période de mutations intellectuelles et d'explorations maritimes, impulsées par l'expansion de l'Empire ottoman et des avancées techniques. Les voyages de découverte, notamment ceux de Christophe Colomb et Vasco de Gama, entraînent l'établissement des premiers empires coloniaux et une mondialisation centrée sur les échanges transatlantiques. Cette période est également caractérisée par l'exploitation des ressources américaines et l'essor de la traite atlantique, transformant les dynamiques économiques et commerciales en Europe.

Transféré par

elisabloch09
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
62 vues8 pages

Histoire 4

Le XV-XVIe siècle marque une période de mutations intellectuelles et d'explorations maritimes, impulsées par l'expansion de l'Empire ottoman et des avancées techniques. Les voyages de découverte, notamment ceux de Christophe Colomb et Vasco de Gama, entraînent l'établissement des premiers empires coloniaux et une mondialisation centrée sur les échanges transatlantiques. Cette période est également caractérisée par l'exploitation des ressources américaines et l'essor de la traite atlantique, transformant les dynamiques économiques et commerciales en Europe.

Transféré par

elisabloch09
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

XV-XVIe siècle, un nouveau rapport au monde, un temps de

mutation intellectuelle

I. L’ouverture atlantique : les conséquences de la découverte du « Nouveau


Monde »
A) Un contexte favorable aux voyages d’exploration

1°/ Une nouvelle donne géopolitique : l’expansion de l’Empire ottoman

À retenir

La dynastie ottomane, au pouvoir depuis le XIVe siècle, s’empare progressivement de


l’ensemble des possessions byzantines.

En 1453, les Turcs ottomans, sous l’autorité du sultan Mehmet II, prennent
Constantinople. Fort de la disparition de l’Empire byzantin, ils continuent leur
expansion vers l’Europe de l’Est allant jusqu’à assiéger Vienne en 1529, tandis que
parallèlement ils se rendent maître de la Méditerranée orientale.

Cette nouvelle donne géopolitique rebat les cartes du commerce méditerranéen. Les
routes terrestres permettant d’acheminer la soie et les épices d’Extrême-Orient,
produits très prisés par les chrétiens d’Occident, sont désormais contrôlées par les
Ottomans.

Cette situation nouvelle va pousser les Occidentaux à explorer de nouvelles voies


maritimes vers les Indes.

2°/ Les progrès techniques et scientifiques

À retenir

Les voyages d’exploration entrepris par les Européens pour découvrir de nouvelles
routes maritimes à l’ouest ont bénéficié de progrès techniques mis au point à la fin du
Moyen Age.

Ils assurèrent aux marins une navigation hauturière plus sûre et plus lointaine. C’est le
cas de l’astrolabe, des portulans, de la boussole, outils indispensables pour se repérer.

La mise au point de la caravelle par les Portugais vers 1430 permit d’embarquer un
équipage plus nombreux et un ravitaillement conséquent, conditions sine qua non de
voyages lointains.

Grâce à sa double voilure, latine et carrée, changée selon les circonstances, la


caravelle s’adaptait à tous les types de vent et faisait preuve d’une grande maniabilité.
3°/ Poursuive la mission évangélisatrice

À retenir

La date du 12 octobre 1492, marquant le départ du premier voyage d’exploration de


Christophe Colomb, ne peut se comprendre pleinement que replacée dans son
contexte.

En effet, cet évènement, marqueur de la modernité occidentale, s’inscrit dans un


contexte de reconquête chrétienne menée par les rois d’Espagne.

L’année 1492 vient en effet clore la Reconquista par les rois catholiques avec la
reddition de Grenade, dernière enclave musulmane de la péninsule ibérique.

Pour prendre la ville fortifiée, les Espagnols ont construits un camp militaire lui
faisant face.

Ils l’ont baptisé Santa Fe, la Sainte Foi, et l’ont structuré en suivant un plan en croix,
symbole de la Résurrection.

Ce sont donc autant d’indices de la dimension religieuse de l’entreprise. Le 2 janvier,


Grenade finit par tomber.

La reconquête chrétienne ne vise pas uniquement les musulmans puisque, le 31 mars


1492, les Rois Catholiques publient un décret imposant aux juifs d’Espagne la
conversion au christianisme ou l’exil.

Le premier voyage de Christophe Colomb prend donc place dans ce contexte


d’évangélisation et d’affirmation de la foi chrétienne.

Les missions d’exploration sont ainsi pensées comme un moyen de prolonger les
conquêtes chrétiennes qui se sont achevées dans la péninsule ibérique.

B) L’essor d’une première mondialisation centrée sur les échanges


transatlantiques

1°/ Les voyages d’exploration des Européens

À retenir

Au cours des XVe et XVIe siècles, les Européens, poussés par la nécessité de trouver
de nouvelles routes commerciales et mus par leur volonté d’étendre la foi chrétienne,
se lancent dans des voyages d’exploration.
Les précurseurs en sont les Portugais emmenés par le navigateur Bartolomeu Dias qui
explore les côtes occidentales de l’Afrique entre 1487 et 1488.

Il est le premier européen à contourner le cap de Bonne Espérance. Cette expédition


va permettre aux Portugais de mettre le main sur une partie du commerce de l’or
saharien.

Le voyage de Dias a également prouvé qu’il était possible de passer de l’Atlantique à


l’océan Indien par le sud de l’Afrique.

Cette découverte a ouvert la voie aux futures expéditions, notamment celle de Vasco
de Gama vers l’Inde. Ce dernier arrive en Inde en 1498 après avoir doublé le cap de
Bonne Espérance.

Il commande une seconde expédition en 1501-1503. Nommé vice-roi des Indes, il


fonde le premier comptoir portugais en Asie, Cochin (côte sud-ouest de l’Inde).

A la suite des Portugais, les Espagnols se lancent dans des voyages de découvertes.

Le marin génois Christophe Colomb obtient de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de


Castille le financement d’une première expédition visant à ouvrir une nouvelle route
maritime vers l’ouest pour atteindre les Indes.

Lors de son premier voyage, Colomb atteint les Bahamas, Cuba et Haïti, qu’il baptise
Hispaniola.

Entre 1493 et 1508, il entreprend trois autres voyages explorant les Caraïbes et
l’embouchure de l’Orénoque (fleuve à cheval sur le Venezuela et la Colombie) tout en
restant persuadé que ses terres sont situés en Asie.

Il faut attendre les voyages d’Amerigo Vespucci, marchand et navigateur florentin


dont les expéditions sont financées par les Portugais, pour que les Européens
comprennent que les terres explorées par Colomb appartiennent à un continent jusque
là inconnu d’eux.

En son honneur, ce « Nouveau Monde » a été baptisé « Amérique » sur un planisphère


publié par le cartographe Martin Waldseemüller en 1507.

Les Espagnols n’abandonnent pas leur projet d’ouverture d’une route des Indes en
passant par l’ouest.

En 1519, le marin portugais Fernand de Magellan obtient du roi d’Espagne Charles


Quint le commandement d’une flotte qui effectue le premier voyage de
circumnavigation, traversant l’Atlantique puis le Pacifique jusqu’aux Philippines où il
trouve la mort en 1521.
Un bateau dirigé par Juan Sebastian Elcano parvient à regagner l’Espagne en 1522 en
passant par l’Océan Indien et le cap de Bonne Espérance.

Les autres puissances européennes se lancent plus timidement et tardivement dans


ces expéditions.

Le Français Jacques Cartier, mandaté par le roi de France François Ier, a ainsi atteint
en 1534 le golfe du Saint-Laurent et exploré les territoires alentour, auxquels il a
donné le nom de « Canada », tiré du mot iroquoien “kanata” signifiant “village”. Il a
effectué un second voyage en 1535-1536 et un troisième en 1541-1542.

Le monde connu des Européens s’élargit donc considérablement en un siècle. Cette


nouvelle vision du monde va se diffuser grâce à la cartographie, aux atlas dans
lesquels sont désormais représentés les territoires découverts

2°/ La constitution des premiers empires coloniaux

À retenir

A la suite des premiers voyages d’exploration, les conquistadors espagnols et


portugais font la conquête de nouveaux territoires et fondent des empires coloniaux.

La rivalité entre les deux couronnes est réglée grâce à l’arbitrage du pape, qui
soutient la politique d’évangélisation du « Nouveau Monde ».

En 1494, le traité de Tordesillas trace une ligne de partage entre les sphères
d’influence espagnole et portugaise.

Il est complété en 1529 par le traité de Saragosse qui règle la question des
territoires asiatiques.

L’Espagne étend ainsi sa domination sur l’Amérique centrale et la côte est de


l’Amérique du sud au détriment des civilisations précolombiennes aztèque, maya, inca
et chikhas.

En Asie, elle possède des comptoirs et prend possession en 1565 de l’archipel des
Philippines. Le Portugal a pris possession du Brésil à la suite du voyage d’exploration
de Cabral.

Il dispose d’un vaste réseau de comptoirs disséminés le long des côtes africaines et
asiatiques.

Des expéditions militaires sont ainsi envoyés dans les territoires découverts afin d’en
prendre possession et d’y assoir un ordre colonial.
A partir de 1519, le conquistador Cortès, débarqué avec 600 hommes, s’empare pour
le compte de l’Espagne de l’empire aztèque.
La capitale Tenochtitlan (future Mexico) tombe en 1521. C’est en jouant sur les
rivalités entre Aztèques et Incas, leurs peurs (armes à feu, armures) et croyances
(présage annonçant un châtiment des dieux venus de la mer) puis en recrutant des
combattants parmi les populations indigènes que Cortès a pu s’emparer de cette vaste
cité lacustre de plus de 70 000 habitants.

La Malinche, indigène retenue en esclavage par les Mayas et offerte à Cortès dont
elle fut l’interprète et la conseillère en diplomatie locale, fut également une auxiliaire
précieuse.

La conquête du Pérou est dirigée par Pizarro à partir de 1531. En 1532, il fait
prisonnier l’empereur inca Atahualpa, l’année suivante il l’exécute. La conquête
s’achève en 1539.

Les conquistadors furent secondés dans leur entreprise d’assoir un ordre colonial par
des missionnaires. Très souvent, la population autochtone est convertie de force au
catholicisme.

3°/ La mise en œuvre de différentes formes de domination et d’exploitation

À retenir

A la suite des conquêtes, les populations amérindiennes sont soumises à l’autorité des
colons qui accaparent les meilleures terres et les ressources.

Dans les territoires espagnols, des concessions de terres sont octroyés par le roi à
des colons pour leur exploitation à condition qu’ils évangélisent les peuples indigènes,
c’est ce qu’on appelle l’encomienda.

Afin d’asseoir leur domination et d’éviter les révoltes, les Espagnols cherchent
également à s’appuyer sur les élites locales traditionnelles, les caciques.

Dans les territoires colonisés, les Amérindiens sont soumis au travail forcé et payent
un tribut.

La mita, en vigueur dans l’ancien empire inca, est reprise par l’administration
espagnole et consiste en un travail obligatoire auquel est assujetti tout homme valide
à partir de 18 ans.

Les mines d’argent du Potosi sont exploitées dans ce cadre. Partout dans les
territoires conquis, sont creusées des mines pour extraire de l’or et de l’argent, les
cultures traditionnelles (tabac, café, cacao) sont étendues et deviennent l’objet d’un
commerce avec l’Europe.
Les conditions de travail extrêmement difficiles imposées aux autochtones ont
largement participé à la catastrophe démographique qui les frappa au cours du XVIe
siècle.

4°/ L’économie sucrière et l’esclavage au Brésil / la traite atlantique / les


nouvelles voies commerciales / L’or et l’argent des Amériques en Europe

À retenir

Entre 1500 et 1650, 430 000 Espagnols et 100 000 Portugais s’installent dans les
colonies américaines. Composés de soldats, de marchands, de colons et de
missionnaires, ces migrants européens vont instaurer un ordre colonial visant à
l’exploitation des territoires conquis.

Les Amérindiens étant trop peu nombreux, les Européens se tournent vers l’Afrique
pour trouver une nouvelle source de main d’œuvre servile afin de développer
notamment l’économie sucrière.

C’est dans ce cadre que se développe la traite atlantique. L’économie sucrière, d’abord
développée par les Portugais dans les îles de Madère et de Sao Tomé au large des
côtes africaines, se développent ensuite au Brésil à partir de la seconde moitié du
XVIe siècle, le climat étant favorable à la culture de la canne à sucre.

Dans les plantations, les conditions de travail génèrent une forte mortalité, ce qui
nécessitent un apport constant d’esclaves.

650 000 Africains sont ainsi déportés en Amérique au XVIe siècle sur un total de 13
millions jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les navires négriers portugais disposent du
monopole de vente des esclaves dans l’Amérique espagnole.

C’est ce que l’on appelle l’asiento. Il existait cependant un trafic illégal d’esclaves
pratiqué par des navires contrebandiers anglais et français.

Au XVIe siècle, la traite atlantique prend son essor vers l’Amérique espagnole à
mesure que la population amérindienne décline et que se développent les plantations.

Mais la traite des esclaves vers le Brésil l’emporte rapidement sur celle vers
l’Amérique espagnole.

C’est donc bien l’économie sucrière qui entraîne « l’explosion » de la traite. Une
plantation de canne à sucre, appelée sesmaria, était composée d’un vaste domaine
consacré entièrement à la canne avec en son centre un engenho (un moulin à sucre
avec les bâtiments nécessaires à la transformation de la canne), la demeure du maître,
une chapelle, les maisons des esclaves.
Le sucre produit est transporté par des navires portugais ou étrangers pourvus de
licences royales à partir des ports brésiliens de Pernambouc et Bahia au nord-est du
Brésil, la principale région productrice.

Parvenu à Lisbonne, une partie du sucre est ensuite réexportée par des marchands
hollandais à Amsterdam avant d’être redistribuée dans les pays d’Europe du nord-
ouest à destination du clientèle fortunée, le sucre étant un produit de luxe à l’époque.

Les ressources et les produits venus d’Amérique provoque le basculement du


commerce de la Méditerranée vers l’Atlantique qui se trouve au cœur des nouveaux
flux commerciaux : cargaisons de tissus, d’armes, d’alcool de l’Europe vers l’Afrique,
commerce d’esclaves de l’Afrique vers l’Amérique, exportation de métaux précieux
(or, argent) et de produits exotiques (indigo, tabac, cacao, café, cacao) de l’Amérique
vers l’Europe.

Les navires marchands espagnols, les galions, vont chercher en Amérique les métaux
précieux extraits des mines d’or de Colombie et d’argent de Potosi (Pérou).

Protégés par l’Armada (flotte royale), deux convois font le trajet tous les ans au
XVIe siècle. La totalité des cargaisons est acheminée à Séville et déchargée dans la
Casa de Contratacion, les marchands devant alors s’acquitter du versement au roi
d’1/5ème de la valeur de leurs marchandises.

L’or et l’argent représente 75% des importations d’Amérique en valeur.

Cet afflux provoque une forte augmentation de la masse monétaire en Europe et dans
son sillage une augmentation des prix.

Fort de leurs comptoirs africains et asiatiques, les navires portugais contrôlent le


commerce des épices venus d’Asie et ont un quasi- monopole sur la traite atlantique.

Ils sont alors les seuls à pratiquer un commerce triangulaire.

Leurs navires négriers échangent des biens manufacturés (armes, tissus, alcool)
contres des esclaves du Golfe de Guinée et d’Angola puis ils vont les vendre dans
l’empire espagnol et au Brésil pour s’en retourner à Lisbonne, les calles chargées de
sucre et de produits exotiques.

Chaque métropole entend se réserver le commerce des produits coloniaux par le


système de l’exclusif.

Ce nouveau commerce favorisent l’essor des ports atlantiques et amorcent le déclin


des ports méditerranéens. Séville, Lisbonne mais également Anvers et Amsterdam, qui
redistribuent en Europe du nord-ouest les produits venus des ports ibériques,
deviennent les plaques tournantes de cette première mondialisation.

C) Les répercussion de l’ouverture atlantique

1°/ Dans les sociétés amérindiennes

À retenir

L’arrivée des conquistadors et des colons en Amérique a provoqué d’importants


bouleversements pour les populations autochtones.

Meurtries par les massacres et le travail forcé, elles ont été décimées par le « choc
microbien ».

Les Européens propagent en Amérique des maladies contre lesquelles les peuples
amérindiens ne sont pas immunisés, comme la variole, la rougeole, le typhus.

Les historiens estiment que la population autochtone a diminué de 50 à 95% selon les
régions au cours du XVIe siècle.

De 50 millions d’habitants en 1492, la population d’Amérique latine passe à 8 millions


vers 1650.

Certains peuples comme les Tainos qui peuplaient les Antilles à l’arrivée de Christophe
Colomb ont même complètement disparus.

Les colons européens, qui souvent arrivent seuls, trouvent des femmes parmi la
population locale comme c’est le cas d’Hernan Cortez avec la Malinche. Les populations
se métissent donc progressivement.

L’acculturation est imposée par les colonisateurs qui détruisent la plupart des
symboles des civilisations amérindiennes (temples, œuvres d’art pillées, villes
réaménagées sur le modèle européen). Les populations sont converties de force au
christianisme.

2°/ Dans les sociétés européennes

Controverse de Valladolid
Las casas : plaide pour leur reconnaissance et leur protection
Sepúlveda : légitime leur domination

Vous aimerez peut-être aussi