Chapitre 7 : Variation génétiques et santé :
L’antibiorésistance :
Les bactéries peuvent subir des mutations spontanées ou induites, dont
certaines confèrent des résistances aux antibiotiques : on parle
d’antibiorésistance.
L’application d’un antibiotique sur une population bactérienne agit sur les
bactéries sensibles en les détruisant ou en stoppant leur croissance et
sélectionne les mutants résistants à cet antibiotique, d’où une
augmentation de leur fréquence : c’est une forme de sélection naturelle.
Plus on utilise les antibiotiques, plus on favorise la multiplication des
souches de bactéries résistantes qui possèdent alors un avantage
compétitif par rapport aux souches sensibles.
Milieu sans antibiotique
Bactérie
sensible à un
antibiotique
Bactérie Milieu avec antibiotique
résistante à
1
antibiotique
Mutation
génétique
Choisir le bon antibiotique : antibiogramme
Zone où les
bactéries se
sont
multipliées
Origine de la résistance des bactéries à un antibiotique :
L’observation sur Rastop a montré que l’antibiotique rifampicine est
capable de se fixer à l’ARNpolymérase d’une bactérie sensible au niveau
de l’acide aminé sérine392. Cette position au sein du site actif de l’enzyme
doit empêcher la fixation de l’ADN et donc empêcher la transcription,
provoquant la mort de la bactérie (sensible à antibiotique).
Or, l’ARN polymérase d’une bactérie résistante ne possède pas cette
sérine 392.
→ On peut donc supposer que c’est ce changement de l’acide aminé 392
(Ser → Met) qui doit empêcher la fixation de la rifampicine → ARN
polymérase doit donc rester active → transcription → survie de la bactérie
en présence d’antibiotique : bactérie résistante.
→ C’est donc la mutation du gène codant pour ARN polymérase
(provoquant un changement d’acide aminé) qui a rendu la bactérie
résistante à l’antibiotique.
L’essor de l’antibiorésistance :
Les bactéries mutées peuvent être transmises à l’homme via
l’alimentation, notamment les produits d’origine animale. L’usage excessif
d’antibiotiques en élevage favorise leur résistance, qui se propage par la
viande, l’eau contaminée ou les sols fertilisés avec des excréments
d’animaux traités. Une fois chez l’homme, ces bactéries peuvent ensuite
se transmettre entre individus.
Les maladies génétiques (mucoviscidose) :
Phénotype macroscopique : Infection respiratoires : bronchites /
asthme ; mauvaise digestion graisses → amaigrissement
Phénotype cellulaire → Mucus visqueux, pas d’évacuation des
poussières et bactéries
Phénotype moléculaire → Protéines CFTR modifiées → 1 acide aminé en
moins
Origine génétique → Mutation du gène CFTR
Rappel : Gène/Allèle
Un gène code pour une fonction ou une
caractéristique (ex-couleur des yeux) et un allèle est la version du gène
Dépistage de la mucoviscidose :
Réalisation d’une PCR (amplification en chaîne par polymérase) pour
détecter une mutation du gène CFTR, responsable de la mucoviscidose.
Ensuite, une électrophorèse permet de séparer et visualiser les fragments
d’ADN amplifiés, afin d’identifier si un individu est sain, porteur ou atteint
de la maladie.
Ex-résultat :
Le génotype d’un individu (allèles) s’écrit (A//B) ex : (CFTR+//F508Del)
Phénotype : caractéristiques.
L’exemple du cancer du poumon :
Altération du génome et cancérisation :
Comparaisons de séquences nucléotidiques du gène p53 (saines et
cancéreuses) → les cellules cancéreuses ont perdu leur fonction et gênent
le bon fonctionnement des cellules saines (visible au scanner).
à Le développement d’un cancer est multifactoriel. La connaissance des causes
d’apparition d’un type de cancers permet d’envisager :
- des mesures de protection = prévention (évitement des agents mutagènes : ex : crème
solaire/limiter durée d’exposition aux UV et vaccination (contre virus)) et dépistage
(surveillance régulière en fonction de l’âge : mammographie/frottis…)
- des mesures de traitements : chirurgie/ radiothérapie/chimiothérapie/ immunothérapie,
pouvant aboutir à une guérison.
B- Le diabète de type 2, une maladie multifactorielle :
Le diabète de type 2 est une maladie influencée par de nombreux gènes de
prédisposition mais aussi par des facteurs environnementaux tels que le mode de vie et le
milieu : il s’agit donc d’une maladie multifactorielle.
Les études épidémiologiques montrent en effet que le risque de déclencher un diabète de
type 2 s’accroit fortement avec l’augmentation de l’IMC (indice de masse corporelle =
masse/taille² en kg/m²). L’IMC étant lié au mode de vie (alimentation, sédentarité…),
l’individu peut influer sur ce risque.
C- Généralisation :
La plupart des pathologies d’origine génétique sont dues à l’interaction de nombreux
gènes qui ne sont pas tous connus.
Des études épidémiologiques ont montré que :
- certains allèles de certains gènes rendent plus probable l’apparition d’une pathologie.
Ainsi le fond génétique individuel intervient dans la santé de l’individu : â on parle
de prédisposition génétique.
- mode de vie et conditions de milieu peuvent interagir dans la probabilité d’apparition
d’une pathologie (ex : la sensibilité aux rayonnements solaires).
LEXIQUE-CHAPITRE 7 : Variations génétiques et santé
Antibiotique : substance naturelle (produite par certains microorganismes
de type champignon) ou artificielle qui détruit les bactéries ou qui
bloquent leur croissance. Il n’est efficace que sur les infections
bactériennes. Découvert au début du 20ème siècle.
Antibiorésistance : capacité d’une bactérie à résister à un antibiotique.
Multirésistance : capacité des bactéries à résister à plusieurs antibiotiques.
Mutation : modification de la séquence des nucléotides d’un gène
Allèle : variante/version de la séquence d’un gène présente dans une
population
Allèle récessif : ne s’exprime dans le phénotype que lorsqu’il est présent
en 2 exemplaires
Allèle dominant : s’exprime dans le phénotype même s’il est présent en un
seul exemplaire
Individu homozygote : possède 2 allèles identiques d’un gène
Individu hétérozygote : possède 2 allèles différents d’un gène
Maladie monogénique : déterminée par un seul gène
Maladie autosomale (à transmission autosomique) : gène concerné n’est
pas situé sur la paire de chromosomes sexuels.
Thérapie génique : procédure qui consiste à implanter un allèle dans les
cellules d’un individu malade pour le guérir.
Risque génétique : probabilité pour un individu d’être atteint par une
maladie génétique.
Cohorte : groupe de patients suivis dans le temps lors d’une étude
épidémiologique
Métastases : tumeurs secondaires formées à distance de la tumeur initiale.
Tumeur : amas de cellules cancéreuses.
Dépistage : action permettant de déceler une maladie.
Facteurs de risque d’une maladie : éléments favorisant le développement
de cette maladie mais ne l’entraînant pas systématiquement.
Gènes de prédisposition : gènes non déterminants mais qui, associés à
d’autres facteurs environnementaux, augmentent le risque de développer
la maladie.
Etude épidémiologique : utilise des outils statistiques permettant de
préciser le degré de corrélation entre un facteur de risque et le
développement de la maladie au sein d’un groupe d’individus.