LA REGULATION DE TENSION DE L’ALTERNATEUR
1. PRINCIPE DE LA REGULATION DE TENSION
Pour maintenir constante la tension aux bornes de l’alternateur quels que soient
sa vitesse de rotation et son débit de courant, il faut régler l’intensité du courant d’
excitation et, par conséquent, le flux d’induction magnétique, ce en fonction de la tension
délivrée par l’alternateur, de sorte que cette dernière demeure rigoureusement constante
comme l’illustre la figure 1 :
Figure 1 – Boucle fermée de la régulation de tension de l’alternateur.
2. LE REGULATEUR ELECTRONIQUE BASIQUE
Dans ce paragraphe, il sera question d’associer les
composants électroniques déjà rencontrés (cfr cours
d’électronique de première année) afin d’élaborer un
régulateur de tension élémentaire ; en d’autres termes
nous allons « ouvrir » la boîte noire suivante (figure 2) :
Figure 2 – régulateur de tension monofonction.
Ce régulateur est qualifié de « monofonction » car il
assure uniquement la fonction de régulation de tension ; aussi, il est généralement associé
à un alternateur à pont de sortie double comme le montre le schéma électrique fonctionnel
représenté à la figure 3… .
Philippe Rousseau Régulation de tension 1
Figure 3 –
Alternateur à
pont de sortie
double avec
régulateur de
tension
monofonction.
2.1. Composition du régulateur ( figure 4).
Le régulateur électronique décrit ici comprend :
Deux résistances R1 et R2 formant un pont diviseur de tension
Une diode Zener ZD
Un transistor de commande T1
Un transistor de puissance T2
Une résistance R3 de limitation de courant
Une diode de roue libre D.
Figure 4 – Régulateur
électronique de base.
Philippe Rousseau Régulation de tension 2
2.2. Description de fonctionnement.
Les résistances R1 et R2 forment un pont
diviseur de tension aux bornes duquel est appliqué le
potentiel de l’alternateur, soit VD+ ; comme son nom
l’indique, le rôle du pont diviseur de tension est bien
de diviser la tension d’entrée, plus précisément d’
appliquer un potentiel de sortie VS valant (figure 5) :
VS = VD+ . R2 / ( R1 + R2 )
Figure 5 -
Ce nouveau potentiel VS sert de référence à la tension de claquage UZ de la diode
Zener ZD dont le rôle est donc de détecter le niveau de tension de l’alternateur… .
Deux cas peuvent alors se présenter selon que le niveau de tension ainsi détecté
est inférieur ou bien supérieur à la tension de régulation, ou valeur de consigne.
Prenons comme valeur de consigne une tension de 14 V et étudions ci-après les
deux possibilités envisagées :
Premier cas : VD+ < 14 V → VS < UZ + UBE ( figure 6 )
Dans ce premier cas, la tension Zener UZ n’est pas atteinte et la diode Zener reste
donc bloquante ; il s’ensuit que
T1 est également bloquant. Un
courant IB2 peut donc circuler
vers la base de T2 via la
résistance R3 qui limite l’
intensité de ce dernier, et T2
est passant : le courant
d’excitation est maximum.
Figure 6 – modélisation du
fonctionnement dans le cas où
le potentiel de l’alternateur est
inférieur à la valeur de consigne
– T1 est « bloquant » et T2 est
« passant » .
EXERCICE 1 : représenter la droite de charge sur les caractéristiques de sortie du
transistor T1, y indiquer son point de fonctionnement et les grandeurs correspondantes à
la situation de la figure 6 ; idem pour T2.
Philippe Rousseau Régulation de tension 3
Deuxième cas : VD+ ≥ 14 V → VS ≥ UZ + UBE ( figure 7 )
Dans ce second cas, la
tension de claquage UZ de la
diode Zener est atteinte
permettant la circulation d’un
courant de base sur T1
suffisant pour que ce dernier
commute.
La commutation de T1
entraîne la mise à la masse de
la base de T2 qui devient
aussitôt bloquant : le courant
d’excitation est nul.
Figure 7 – modélisation du fonctionnement dans le cas où le potentiel de l’alternateur est
supérieur à la valeur de consigne – T1 est « passant » et T2 est «bloquant » .
EXERCICE 2 : représenter la droite de charge sur les caractéristiques de sortie du
transistor T1, y indiquer son point de fonctionnement et les grandeurs correspondantes à
la situation de la figure 7 ; idem pour T2.
2.3. Corrigé des exercices 1 et 2 .
Les exercices 1 et 2 seront corrigés en classe… .
3. COMPENSATION THERMIQUE ELECTRONIQUE
A partir de la régulation de base, il convient également de prendre en considération
les propriétés électrochimiques de la batterie lors de sa charge, à savoir que la tension de
charge doit être plus importante par temps froid que par temps chaud.
Un régulateur bien conçu tiendra compte de ce facteur non négligeable et permettra
ainsi une recharge optimale de la batterie quelles que soient les conditions climatiques.
Lors des chaleurs estivales, la tension de régulation doit donc être légèrement plus
faible afin de maintenir la perte de liquide de la batterie dans des limites admissibles ; en
hiver par contre, la batterie nécessite une tension de charge légèrement supérieure, tout
en tenant compte de la longévité des lampes liée à la tension qui leur est appliquée… .
Philippe Rousseau Régulation de tension 4
La compensation thermique est obtenue ici par des diodes particulières D1 et D2
(figure 8), appelées diodes de compensation, montées en série avec la diode Zener.
La particularité de ces diodes
est que leur tension de seuil
varie légèrement en fonction de
la température : elle diminue si
la température augmente et
inversement.
Figure 8 –
D1 et D2 : diodes de
compensation thermique
Concernant la figure 8, la nouvelle condition de basculement des transistors s’écrit :
VS < ou ≥ UD1 + UD2 + UZ + UBE1 où VS = VD+ . R2 / ( R1 + R2 )
La figure 9 indique selon une bande de
tolérance admissible la caractéristique de tension
en fonction de la température de l’air aspiré au
niveau du régulateur, ce pour une tension
d’alternateur de 14 V.
Figure 9 – Source Bosch.
Philippe Rousseau Régulation de tension 5
4. LISSAGE DU COURANT REGULE
Le condensateur incorporé au régulateur (figure 10) a pour rôle d’aplanir la courbe
ondulée de la tension entre D+ et la masse.
Il en va de même pour le courant d’excitation qui, sans cesse coupé puis rétabli, ne
varie pas en « dents de scie », mais se voit « lissé » grâce aux effets conjugués de la
bobine d’excitation qu’il alimente et du condensateur en question.
Notons au passage que
la valeur ohmique de la
résistance R est faible
devant celles de R1 et
R2… .
Figure 10 -
Lissage de la
tension et du
courant régulés.
5. EXERCICE - compléter le tableau ci-dessous :
VD+ Vs Iz VCE1 = IC1 IBE2 VCE2 IC2 =
VBE2 IEXC
13 V
15 V
Données :
R1 = R2 = 2 kohms
R3 = 1 kohm
REXC = 3 ohms
Uz = 6,2 V
T1 , T2 : silicium
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