I.
Proximité entre l'école des relations humaines et l'école classique
Les écoles classiques et des relations humaines partagent certaines finalités communes, bien que leurs
approches diffèrent profondément
A. Finalité commune
Les points de convergence entre ces deux écoles se présentent comme suit:
1. Amélioration de la productivité et de l'efficacité organisationnelle
École classique : L'objectif majeur était d'augmenter l'efficacité du travail par la rationalisation des
tâches et la structuration rigoureuse des rôles au sein des organisations. Cela inclut les théories du
management scientifique de Frederick Taylor (1856-1915), qui visait à améliorer la productivité par
l'optimisation des tâches, et la théorie administrative de Henri Fayol (1841-1925), qui mettait l'accent
sur la gestion et l'organisation des entreprises.
École des relations humaines : Bien que cette école se concentre davantage sur les aspects
psychologiques et sociaux des travailleurs, elle partage la finalité de productivité. Elton Mayo (1880-
1949) et ses expériences à Hawthorne ont montré que des facteurs humains, tels que l'attention portée
aux employés et leur bien-être, peuvent influencer positivement la productivité.
2. Gestion des relations interpersonnelles
École classique : Bien que cette école soit centrée sur la structure et l'efficacité des processus, des
auteurs comme Max Weber (1864-1920) ont mis l'accent sur la rationalisation des relations
hiérarchiques et l'organisation formelle au sein des structures bureaucratiques. Cela visait à assurer une
gestion claire des relations et une hiérarchie rigide.
École des relations humaines : L'accent est mis sur l'amélioration des relations interpersonnelles et la
communication au sein des organisations. Mary Parker Follett (1868-1933) a insisté sur l'importance de
la coopération et de la communication entre les individus pour renforcer l'efficacité organisationnelle,
tout en prenant en compte les besoins psychologiques des travailleurs.
3. Gestion des performances
École classique : Le contrôle des performances était une priorité, avec des principes comme la division
du travail, la spécialisation des tâches et la supervision directe. L'idée était de maximiser la productivité
à travers un contrôle strict des performances des travailleurs.
École des relations humaines : Bien que l'école des relations humaines mette moins l'accent sur le
contrôle direct, elle reconnaît également l'importance de la gestion des performances, mais en
introduisant des dimensions humaines, comme la motivation et la satisfaction des employés. Douglas
McGregor (1906-1964) a introduit les Théories X et Y, soulignant les différentes approches de gestion
pour stimuler la performance des employés.
4. Création de structures organisationnelles adaptées
École classique : Les structures organisationnelles sont conçues pour maximiser l'efficacité. Henri Fayol a
formulé des principes de gestion tels que l'unité de commandement et l'unité de direction, et Max
Weber a défini la bureaucratie comme une structure organisationnelle formelle et rigide pour gérer
efficacement les tâches.
École des relations humaines : Bien que l'accent soit mis sur les aspects humains et sociaux, il existe
aussi une préoccupation pour la création de structures adaptées aux besoins des individus. Les théories
de Chester Barnard (1886-1961) sur la coopération dans les organisations soulignent l'importance de
créer des structures qui favorisent la collaboration et l'engagement des employés.
5. Amélioration du bien-être des employés
École classique : Bien que l'intérêt pour le bien-être des employés ne soit pas un objectif majeur,
certains aspects, comme la rationalisation du travail, visaient à rendre le travail plus efficace et moins
aliénant.
École des relations humaines : Cet aspect est central. Elton Mayo et Abraham Maslow (1908-1970) ont
souligné l'importance des besoins psychologiques des employés et ont proposé que leur satisfaction et
leur bien-être sont essentiels pour améliorer la productivité. La pyramide de Maslow et les recherches
de Mayo sur les effets des relations humaines au travail ont ouvert la voie à une gestion plus humaine
des employés.
Conclusion
Les écoles classiques et des relations humaines convergent dans leur objectif global d'améliorer
l'efficacité organisationnelle, mais leurs méthodes divergent. Les classiques se concentrent
principalement sur l'organisation formelle et le contrôle, tandis que l'école des relations humaines
insiste sur l'importance de l'humain, de la motivation et de la communication dans la gestion des
organisations. Cependant, les deux cherchent à maximiser la productivité, à gérer efficacement les
relations internes et à optimiser les performances des employés.
B. Importance accordée à l'organisation
Les visions sur l'importance de l'organisation dans l'école des relations humaines
et l'école classique se distinguent par leurs approches, mais partagent également
des points communs concernant le rôle central de l'organisation dans l'efficacité
et le bien-être des employés. Voici une énumération des idées principales dans
chaque école de pensée, ainsi que les auteurs associés.
1. L'École Classique
L'école classique se concentre sur l'optimisation de l'organisation à travers une
structure formelle, des hiérarchies clairement définies, et un accent sur la
rationalisation des tâches. L'objectif principal est d'augmenter l'efficacité en
exploitant au mieux les ressources humaines et matérielles disponibles.
Auteurs principaux :
Frederick Taylor : Fondateur du taylorisme, il met l'accent sur l'organisation
scientifique du travail. Selon lui, il est crucial de diviser les tâches, de standardiser
les processus et de former les travailleurs pour augmenter la productivité.
Henri Fayol : Il développe une théorie administrative, en soulignant les fonctions
essentielles de l'organisation (planification, organisation, commandement,
coordination et contrôle) et l'importance d'une structure hiérarchique.
Max Weber : Il théorise le modèle bureaucratique, caractérisé par des règles, une
hiérarchie et une division du travail, pour garantir une gestion efficace et stable.
Vision commune dans l'école classique :
L'organisation doit être structurée et rationalisée pour maximiser la productivité.
La hiérarchie et les règles sont essentielles pour éviter les ambiguïtés et garantir
la clarté des rôles.
2. L'École des Relations Humaines
L'école des relations humaines, quant à elle, s'intéresse davantage aux aspects
sociaux et psychologiques du travail. Elle met l'accent sur l'importance des
relations humaines, du bien-être des employés et de leur motivation pour
améliorer l'efficacité organisationnelle. Elle remet en question la vision
strictement mécanique de l'école classique.
Auteurs principaux :
Elton Mayo : Ses recherches sur l'illumination des usines Hawthorne montrent
l'importance des facteurs sociaux et émotionnels dans la performance des
travailleurs. Il met en avant le rôle des relations interpersonnelles et de la
reconnaissance dans l'augmentation de la motivation et de la productivité.
Chester Barnard : Il développe la théorie de l'organisation comme un système de
coopération humaine. Pour lui, l'efficacité d'une organisation dépend de la
capacité à créer des relations positives entre les employés et la direction.
Douglas McGregor : Il introduit la théorie X et la théorie Y, qui illustrent deux
conceptions opposées du management. La théorie Y (qui se rapproche de l'école
des relations humaines) propose que les employés sont motivés par des besoins
plus élevés et qu'ils peuvent s'auto-gérer si on leur accorde confiance et
autonomie.
Vision commune dans l'école des relations humaines :
L'organisation ne doit pas être perçue uniquement comme une machine, mais
comme un lieu de relations humaines où la motivation et le bien-être des
employés sont des facteurs clés de performance.
Les interactions sociales et la reconnaissance jouent un rôle crucial dans la
productivité et l'engagement des employés.
Comparaison entre les deux écoles :
L'école classique : Privilégie la structure, la hiérarchie, et l'efficacité par la
rationalisation des tâches.
L'école des relations humaines : Met l'accent sur l'importance de la satisfaction et
de la motivation des employés pour améliorer la performance organisationnelle.
En résumé, alors que l'école classique se concentre sur l'efficacité par la structure
et la rationalisation, l'école des relations humaines insiste sur l'importance des
relations sociales et de la motivation dans l'organisation pour garantir la
performance. Les deux écoles ont reconnu l'importance d'une organisation bien
pensée, mais elles ont des approches distinctes pour atteindre cet objectif.
C. Rôle du leadership
Le leadership a été abordé de manière différente dans l’école des relations
humaines et dans l’école classique. Voici une vue d'ensemble des deux approches
et des auteurs qui ont joué un rôle clé dans chaque domaine.
1. L'école des relations humaines
L’école des relations humaines met l'accent sur l’importance des relations
interpersonnelles et de l’humain au sein de l’organisation. Elle considère que le
leadership ne se limite pas à la gestion des tâches, mais implique aussi une prise
en compte des besoins psychologiques, sociaux et émotionnels des individus.
Dans ce cadre, le rôle du leader est perçu comme celui d'un facilitateur, d'un
médiateur et d'un inspirateur qui cherche à améliorer la motivation et la
satisfaction des employés.
Principaux auteurs et contributions :
Elton Mayo : Un des pionniers de cette approche, il a mené des expériences
célèbres à la Western Electric Company (les expériences de Hawthorne), mettant
en évidence l'importance de la reconnaissance sociale et de l’attention portée aux
employés pour améliorer la productivité.
Chester Barnard : Dans son ouvrage The Functions of the Executive (1938), il a
discuté du rôle des dirigeants en tant que "catalyseurs" des relations sociales et
de l’harmonie organisationnelle. Selon lui, un bon leader doit favoriser la
coopération entre les employés.
Douglas McGregor : Il est connu pour ses théories X et Y, qui font référence à des
styles de leadership en fonction des hypothèses sur la nature humaine. La théorie
Y, en particulier, souligne l'importance de la participation et de la
responsabilisation des employés.
Abraham Maslow : Bien qu'il ne soit pas un spécialiste du leadership, sa hiérarchie
des besoins a influencé la pensée sur le leadership en suggérant que les leaders
doivent comprendre et répondre aux besoins fondamentaux des individus pour
maximiser leur efficacité.
2. L'école classique
L’école classique, par contraste, repose sur l'idée que le leadership doit être axé
sur l'organisation, la structure et l'efficacité. Elle est souvent associée à des
théories plus mécanistes et à un leadership autoritaire, où le leader joue un rôle
de commandant, en imposant des règles strictes et en assurant un contrôle
centralisé. La priorité est donnée à l'efficacité des processus et des tâches, plutôt
qu'aux relations humaines.
Principaux auteurs et contributions :
Max Weber : Son modèle de bureaucratie et son concept de leadership
charismatique ont influencé la pensée classique. Selon Weber, le leader doit
exercer une autorité légitime pour garantir l'ordre et la discipline.
Henri Fayol : Il est l'un des plus grands théoriciens de l'école classique. Dans son
ouvrage Administration Industrielle et Générale (1916), Fayol identifie 14
principes de gestion, soulignant que le leader doit avoir une vision claire et savoir
organiser les activités en fonction de l'efficacité.
Frederick Taylor : Fondateur du Taylorisme, qui repose sur l’optimisation des
tâches et la spécialisation. Dans son approche, le leadership est davantage une
gestion scientifique des ressources humaines et des processus, cherchant à
maximiser l’efficacité et la productivité.
Maximilien Weber : Dans le cadre de son approche de la bureaucratie, il a suggéré
que l'autorité légitime, l'obéissance aux règles et la spécialisation des rôles sont
au cœur du leadership efficace.
Synthèse de la vision commune du leadership dans les deux écoles
Dans l'école des relations humaines, le leadership est vu comme un rôle plus
participatif, où le leader agit en fonction des besoins sociaux et psychologiques
des employés pour améliorer leur bien-être et leur productivité.
Dans l'école classique, le leadership est plus autoritaire et axé sur l'organisation et
l'efficacité. Le leader y joue un rôle plus directive, en garantissant la structure et
l’ordre au sein de l’organisation.
Ainsi, bien que ces deux écoles diffèrent par leur approche, elles partagent une
vision commune du leadership comme étant central à la gestion des
organisations, mais avec des méthodes et des objectifs différents.