Cours Protection Sociale Off
Cours Protection Sociale Off
Introduction
1- Notions préliminaires
2- Histoire
3- Fondements et objet
Chap. 2 : La maternité
Chap. 3 : La vieillesse
Bibliographie indicative
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Introduction
1- Notions préliminaires
Ainsi largement entendue, la protection sociale tend à apporter un soutien à la prise en charge
de ces risques par la compensation de la perte de revenus consécutive à la survenance de
l’événement.
Les risques sociaux sont définis de manière précise. Selon la conception de 1’OIT, ils sont liés
à la santé (maladie, accident, invalidité), à la maternité, à la vieillesse et au chômage. La C 102
a retenu 9 branches de risques sociaux : maladie (soins/frais médicaux), maladie (Indemnités)
prestations de chômage, de vieillesse, accidents ou de maladies professionnelles, prestations
familiales, maternité, invalidité, allocations de survivants.
Les Etats ne sont pas tenus de couvrir tous ces risques, seuls trois de ceux-là sont obligatoires
dont au moins le risque accident du travail, maladie professionnelle ou vieillesse et décès,
chômage. Le droit sénégalais de la sécurité sociale ne prend pas en charge ce dernier risque.
La sécurité sociale est le premier niveau mais aussi la pièce maîtresse de la protection sociale
au Sénégal puisque, comme déjà précisé, le régime exclut le chômage et ne couvre pas tous les
secteurs d’activités. Toutefois, une évolution se dessine dans le sens de l’amélioration de la
couverture sociale avec un objectif, la généralisation de la protection sociale.
Avant la seconde GM, la protection était exceptionnellement accordée. Elle était très
minimaliste et surtout discriminatoire, avec une différence de traitement selon l’origine.
Les européens en étaient les principaux bénéficiaires : le personnel africain ne bénéficiait que
de certaines mesures dans le cadre d’une assistance médicale indigène. La femme pouvait
suspendre son contrat pour raison de maternité mais n’avait droit à aucune indemnité. Un
décret de 1932 prévoyait la prise en charge de l’incapacité consécutive à un accident mais ne
couvrait pas la maladie professionnelle, ni l’accident de trajet. Et la population active la plus
importante était exclue, c’est à dire les saisonniers, manœuvres et travailleurs agricoles.
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Après la seconde GM, des progrès ont été enregistrés grâce à la loi Lamine Gueye de 1950 et
au code des TOM de 1952. La discrimination entre indigènes et expatriés était abolie, le risque
maternité était garanti avec la prise en charge des soins et le droit à une indemnité. Un décret
de 1957 est venu compléter le code jusqu’ à l’adoption de l’accord de 1958 instituant 1’IPRAO
(Institution de Prévoyance Retraite de l’Afrique Occidentale) considérée comme l’ancêtre de
1’IPRES.
3- Fondements/ objet
Pourquoi une protection sociale ? Tout individu a besoin de sécurité économique qu’il
recherchera par différents moyens : l’épargne personnelle, la solidarité familiale, l’entraide
sociale, la responsabilité civile lorsqu’ un civilement responsable peut être désigné. Tous ces
moyens ont leurs limites, ce qui obligeait l’Etat à mettre en place un dispositif plus ou moins
large pour :
- Instaurer une solidarité entre les individus (entre actifs et chômeurs, jeunes et vieux,
riches et pauvres etc.) ;
- Assurer une protection universelle c’est à dire couvrir certaines dépenses pour tous les
Individus selon la logique assistancielle, qui s’oppose à la logique assurantielle.
La problématique de la protection sociale est au cœur des droits de l’homme. Elle se justifie
par des considérations de justice sociale et d’égalité. Trois notions sont déterminantes en la
matière : le risque, la vulnérabilité, la justice sociale. Le risque est inhérent à la vie. Sa
définition prend en compte tous les évènements qui sont susceptibles d’intervenir dans la
vie d’un individu (conv 102). La vulnérabilité créé une situation de besoin ; quant à la
justice sociale, elle est le fondement politico philosophique de toute règlementation. Cette
notion est au cœur de la démocratie.
Il existe un droit à la sécurité sociale fondé sur différents textes. Sur le plan international, on
peut invoquer la Déclaration de Philadelphie de 1944, la Déclaration Universelle des droits de
l’homme de 1948, différentes conventions de l’OIT notamment la C 102 ainsi que les Pactes
des nations Unies de 1966 et la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples.
D’ailleurs, la Constitution sénégalaise se fait l’écho de ces différents textes internationaux dans
le Préambule et dans l’art 8 qui fait référence aux droits économiques et sociaux, au droit à la
santé et à un environnement sain. L’art 25 invoque l’assistance et la protection de l’Etat.
Différentes lois nationales ont été adoptées à cet effet.
La question est aussi traitée en rapport avec 1’idée de développement économique et elle est
intégrée aux objectifs du développement durable (ODD). La protection sociale est généralement
jugée faible, insatisfaisante, minimaliste en Afrique pour des raisons économiques et peut être
aussi sociales puisque les sociétés africaines restent encore largement tributaires des valeurs de
solidarité et d'entraide familiale. Les autres procédés de réparation ou prise en charge que
sont l’assurance et la responsabilité civile ont une portée très faible.
Il s’agit pour 1’OIT, de combattre la pauvreté par une amélioration de la redistribution des
revenus. Différents instruments internationaux sont consacrés à la question, notamment la
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recommandation 202 sur les socles de protection sociale. A défaut de pouvoir couvrir tous les
risques, 1’OIT préconise l’adoption d’un dispositif considéré comme un minimum. La sécurité
sociale doit tendre à l’universalité.
La protection sociale est un aspect du travail décent et, elle est ainsi inscrite à l’agenda dédié à
cette nouvelle ambition de l’OIT exprimée en 1999. L’objectif de 1’OIT décliné en 2001,
c’est l’extension de la protection sociale à 1’économie informelle qui constitue d’ailleurs un
objectif du millénaire. Mais l’organisation internationale recommande la mise en place d’un
socle de sécurité qui serait une transition vers la formalisation. Ce socle comprend un accès
aux soins de santé essentiels y compris la maternité, la sécurité élémentaire de revenus pour les
personnes en âge actif, une sécurité élémentaire pour les enfants et les personnes âgées.
Les aspects les plus importants de la protection sociale sont la sécurité sociale et la mutualité.
A côté de ces deux systèmes, il existe l’aide ou l’assistance qui repose sur le devoir de solidarité
à 1’égard des plus démunis. De nombreuses études ont démontré l’impact de la pauvreté sur le
développement. Les exclusions sont alors synonymes d’injustice sociale. On peut citer quelques
exemples d’initiatives fondées sur le devoir d’assistance
- Une assistance médicale aux personnes de plus de 60 ans non bénéficiaires d’une pension
de retraite, et ceci depuis l’adoption en 2006 du plan Sésame. Ce programme assure la
gratuité des soins dans les postes de santé, les centres de santé et les hôpitaux ainsi que la
gratuité des médicaments essentiels.
Le régime applicable aux salariés est distinct de celui applicable aux travailleurs du secteur
public. L’Etat, puissance publique, est son propre assureur. Les agents de 1’Etat relèvent de la
division de la solde pour les allocations de maternité, et du FNR pour la retraite. Pour ce qui est
de la maladie, ils bénéficient d’une prise en charge dans les hôpitaux.
S’agissant de la plupart des risques, c’est la loi du 31 juillet 1973, portant code de la sécurité
sociale qui constitue le principal fondement textuel. La loi du 31 juillet 1973 constitue ainsi la
pierre angulaire de la sécurité sociale au Sénégal.
Le texte prévoit les branches accident, maladies professionnelles, maternité.
Cette loi, modifiée sur certains points en 1997(loi 97-05 du 10 mars, est complétée par une
multitude de règlements (décrets et arrêtés) Mais il faut également se référer au code du travail
et aux conventions collectives notamment la CCNI pour définir tous les aspects de la couverture
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sociale. La sécurité sociale comprend toutes les mesures d’allocations de prestations en nature
ou en espèces pour garantir contre l’absence ou l’insuffisance de revenus suite à la
maladie, l’invalidité, l’accident professionnel, la maternité, le chômage, la vieillesse ou le
décès d’un membre de la famille. Elle tend à compenser également le manque d’accès aux
soins, l’insuffisance du soutien familial ainsi que la pauvreté et l’exclusion sociale.
La sécurité sociale comporte deux aspects : la sécurité du revenu et la disponibilité des soins
médicaux.
La gestion est confiée à deux institutions ayant mission de service public, Il s’agit de la caisse
de sécurité sociale et de l’IPRES qui sont considérées comme des institutions de prévoyance
sociale. La première intervient en matière d’accident, de maladie professionnelle et de
prestations familiales.
L’Etat a mis en place des institutions de prévoyance sociale ayant mission de service public
la caisse de sécurité sociale et l’IPRES. Il a aussi créé le cadre juridique permettant à des
institutions privées, moyennant cotisations, d’effectuer certaines prestations : il s’agit des IPM
et mutuelles.
Cette transformation permettait de soumettre la caisse au régime du droit privé avec une
capacité juridique et une participation des partenaires sociaux qui ont ainsi la qualité de
participants et d’adhérents.
L’administration est assurée par plusieurs organes constitués selon le principe du tripartisme : le
collège des représentants, un conseil d’administration, un bureau et un directeur général.
Le collège des représentants comprend 32 membres répartis entre les employeurs qui sont les
adhérents et les salariés qui sont les participants. Ces représentants sont élus par les organisations
syndicales les plus représentatives sur le plan national. Ils ont un mandat de deux (02) ans.
Ces représentants constituent l’assemblée générale. Ils désignent les membres du conseil
d’administration, approuvent les rapports d’activités et la gestion financière.
Le conseil d’administration comprend des représentants désignés selon le principe du tripartisme
(employeurs – salariés – Etat). Il s’agit d’un organe exécutif. Le conseil assure l’exécution des
décisions du collège des représentants. Le mandat des membres du conseil est de deux (02) ans.
Les décisions sont prises par le conseil d’administration qui donne délégation au bureau pour
l’exécution. Le directeur général assure alors la gestion courante.
Les ressources de la Caisse sont constituées des cotisations patronales, des subventions dons et
legs. Les cotisations sont de 7% des rémunérations pour les prestations familiales, et entre 1 à
5% pour la branche accident et maladies professionnelles, la variation du taux dépendant de la
nature des risques. Les entreprises sont ainsi classées en catégories.
Le non-paiement des cotisations dans le délai imparti est susceptible d’être sanctionné par les
majorations de retard, ou par une amende selon le code de sécurité sociale.
Même en tant que débiteur, ses biens sont protégés. Les ressources de la caisse sont
insaisissables.
La CSS couvre les branches prestations familiales, la réparation et prévention des accidents du
travail et maladies ainsi que toute autre branche ultérieurement instituée.
Il faut souligner que son intervention est aussi préventive. Le volet préventif recoupe
essentiellement les préoccupations de sécurité et d’hygiène dans les milieux professionnels. La
CSS y mène des actions telles que le contrôle, la sensibilisation, le conseil aux employeurs.
Sa mission réparatrice consiste dans la prise en charge de la maladie ou l’accident par des
prestations diverses (indemnités et rente).
La CSS mène aussi des actions sanitaires (campagnes de vaccination), sociales et familiales.
Elle a des agences régionales, des centres de protections maternelles et infantiles, des
cliniques.
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La CSS dispose d’un corps de contrôleurs qui travaillent en étroite collaboration avec Les
inspecteurs du travail. Ils ont la mission de contrôler le respect des textes. Ils ont accès à
l’entreprise et à tout document utile pour effectuer ce contrôle. Ils vérifient notamment
l’exactitude des déclarations faites par les employeurs. Ces derniers doivent se soumettre à la
procédure de contrôle.
Ce contrôle résulte d’une initiative de l’institution ou de demandes provenant des salariés ou des
syndicats. Il peut déboucher sur une mise en demeure de corriger les manquements ou un
procès-verbal d’infraction.
Ce corps de contrôle a aussi une mission d’information et de conseil.
Section 2 : L’IPRES
A l’origine, la retraite était prise en charge sur le fondement d’un accord interprofessionnel et
interétatique : le régime de l’IPRAO. Il s’agissait d’une institution interprofessionnelle et
interétatique fondée sur un accord interprofessionnel conclu en 1958 par des organisations
professionnelles de divers pays africains (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Haute Volta,
Togo, Dahomey, Mauritanie)
Depuis 1975, il faut se référer à la loi 75-50 du 3 avril 1975, relative aux institutions de
prévoyance sociale, et au décret du 24 avril 1975 rendant obligatoire pour tous les employeurs
et tous les travailleurs l’affiliation à un régime de retraite.
L’IPRES est un organisme privé placé sous la tutelle technique et financière de l’Etat.
Son organisation est à peu près identique à celle de la Caisse de Sécurité Sociale.
Administrativement, l’IPRES est composée d’un collège des représentants, d’un conseil
d’administration et du directeur qui exécute les décisions du conseil d’administration.
L’IPRES gère un régime national d’affiliation obligatoire avec un régime de base et un régime
complémentaire cadre.
Elle administre un système de retraite par répartition basé sur la solidarité intergénérationnelle
c’est à dire que les cotisations collectées servent à payer les allocations dues ou à assurer les
prestations. Mais Il faut aussi tenir compte de la loi du 20 février 2008 qui prévoit une
dérogation à 1’application du régime de répartition. Ainsi, grâce à la capitalisation, il peut y
avoir une amélioration des retraites, l’épargne volontaire du futur retraité faisant l’objet de
placements.
L’institution couvre également le risque maladie pour les retraités dans les centres médicaux
sociaux, les infirmeries régionales et hôpitaux. Elle dispose de structures de gériatrie. 11 s’agit
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d’une prise en charge non contributive à vocation éminemment sociale.
Ses règles de fonctionnement sont fixées par les statuts et règlements intérieurs n°s 1 et 2 relatifs
respectivement au régime général et au régime cadre.
L’IPRES a à sa tête un directeur général qui a un pouvoir de gestion courante mais l’institution est
administrée par un collège des représentants et un conseil d’administration. L’Etat y est
représenté. Le ministère des finances assure la tutelle financière et le ministère du travail la
tutelle technique. Ce dernier a un pouvoir d’approbation des décisions relatives aux statuts et
règlements intérieurs.
Le collège des représentants comporte 32 membres désignés par les organisations syndicales les
plus représentatives pour un mandat de 4ans renouvelables. Il est investi des pouvoirs de
l’assemblée générale. Il se prononce sur les rapports d’activités et sur la gestion financière.
Le conseil d’administration est l’organe exécutif. Sa composition est paritaire avec 22 membres élus
pour un mandat de deux ans renouvelables. Il assure l’exécution des décisions du collège des
représentants. Il élit à son tour les membres du bureau qui reçoit délégation de pouvoirs pour
assurer le fonctionnement administratif de 1’institution.
Le financement de la retraite provient des cotisations des membres adhérents (60% à la charge
de l’employeur et 40% à la charge des salariés), des majorations ou pénalités de retard, des
revenus de placement, des subventions dons et legs.
L’institution verse périodiquement des allocations aux retraités, veufs, veuves orphelins à
charge ainsi que des pensions de solidarité.
Toutes les entreprises exerçant leurs activités au Sénégal sont tenues d’affilier leur personnel.
Les employeurs sont les membres adhérents. La non affiliation est passible de sanctions
pénales. Ces sanctions sont édictées par la loi de 1975 relative aux institutions de prévoyance
sociales et par le code pénal. Sont aussi considérées comme une infraction le non reversement
de cotisations au-delà du délai règlementaire et la fausse déclaration en matière de risques
professionnels.
Les cotisations constituent une obligation de l’employeur qui doit garantir aux salariés le
bénéfice d’une pension de retraite. Ces cotisations sont aussi vitales pour l’institution.
L’IPRES a les moyens juridiques de poursuivre les employeurs débiteurs de cotisations.
Elle peut user de la mise en demeure suivie de contrainte susceptible d’exécution grâce à
l’avis à tiers détenteur sur les deniers de l’employeur récalcitrant.
Il s’agit d’une saisie de créance entre les mains d’un tiers débiteur de l’IPRES.
L’organisme de retraite peut aussi faire inscrire une hypothèque légale. Les régimes de
retraite font l’objet de contrôle par l’Inspection du Travail et l’autorité de tutelle.
Les membres participants sont les salariés âgés d’au moins 18 ans et ayant au moins 30 jours de
présence dans l’entreprise. Mais des salariés ayant perdu leur emploi peuvent, à partir de 40ans
se maintenir volontairement dans le système en payant l’intégralité des cotisations.
Les bénéficiaires sont d’abord les salariés eux-mêmes mais aussi leurs conjoints et leurs enfants à
charge en cas de décès. Il s’agit dans ces derniers cas des allocations des veufs, veuves et
orphelins.
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Section 3 : Les IPM et mutuelles
C’est la loi cadre du 03 avril 1975 qui régit ces institutions. Des décrets apportent des précisions
relativement à l’organisation et au fonctionnement. Il s’agit notamment du décret du 7aout
2012.
La loi met à la charge de l’employeur l’obligation de créer une telle institution à partir de 300
salariés. Les entreprises ayant des effectifs moins importants doivent, soit se regrouper pour en
créer une, soit adhérer à une IPM existante.
Pour le décompte des effectifs, on prend en compte les salariés permanents mais aussi les
titulaires de CDD les salariés à l’essai, apprentis et même les journaliers et saisonniers à
certaines conditions c’est à dire une présence de 3 mois dans l’année.
L’IPM est une association et sa création suit une procédure dont les différents aspects sont définis
par les arrêtés.Il existe des modèles types de statuts et règlement intérieur.
Cette création est autorisée par arrêté conjoint du ministre du travail, de la santé et des
finances.
Il faut une assemblée générale constitutive qui doit adopter les statuts et le règlement
intérieur. La demande d’agrément est adressée à l’autorité compétente, c’est-à-dire le
Ministre du Travail.
Dans les entreprises à très faibles effectifs, l’autorité compétente peut recommander la
création d’une IPM interentreprises.
Plusieurs organes permettent de faire fonctionner les IPM : le conseil des représentants le
conseil d’administration et un bureau.
Le conseil des représentants est composé des représentants des participants et des adhérents. Il
statue sur le rapport d’activité, la gestion financière et le vote du budget.
Sont pris en charge partiellement les frais médicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisation pour
les travailleurs participants et leurs conjoints et enfants à charge.
Ces prestations ne sont assurées que pour des actes effectués au Sénégal.
Les textes fixent les prestations assurées et celles exclues. Notamment, les risques déjà couverts par
la sécurité sociale. Il en de même des risques causés volontairement tels que le suicide, les rixes
ou dans le cadre d’une activité sportive.
Les IPM ne couvrent pas non plus les dépenses non essentielles tels que les produits esthétiques, la
gymnastique corrective, les médicaments dits de confort qui n’ont pas une finalité
thérapeutique etc.
Le versement d’une quote part des cotisations reçues dans un compte spécial permet la
constitution d’un fond de garantie qui pourra relayer 1’IPM en cas de difficultés à prendre en
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charge les prestations dues.
Les organes de direction sont tenus de faire des rapports qui permettent au Ministère du
Travail d’effectuer un contrôle afin de garantir la viabilité de l’institution.
Les mutuelles de santé viennent compléter le système et la loi du 4juin 2003 en fixe le régime. La
mutuelle est un groupement de personnes ayant comme finalité l’entraide, l’assistance au profit
de ses membres. Elle vise à faciliter l’accès aux soins et prend en charge tous ou partie des frais
de santé. L’un des principes de la mutualité, c’est la solidarité. Les prestations sont assurées
grâce aux cotisations de ses membres.
Mais la mutuelle peut recevoir des subventions, dons et legs.
Pour la création, les fondateurs doivent après la tenue de l’assemblée générale, déposer leurs
statuts auprès du Ministère de la Santé. C’est ce dernier qui délivre un agrément.
La question de la couverture sanitaire est désormais plus globale et est abordée dans le cadre
d’une stratégie nationale de CMU qui vise à permettre à tout citoyen un accès aux services
sociaux de base surtout les populations les plus défavorisées notamment le secteur informel et le
monde rural. Cette stratégie englobe donc les initiatives antérieures de gratuité (césarienne,
dialyse...) ainsi que l’assurance maladie obligatoire (IPM).
Le ministère de la santé et de l’action sociale a un rôle important, il exerce une tutelle
technique sur l’Agence de la CMU crée en 2015.
La généralisation de la couverture maladie, CMU passe par le développement des mutuelles de
base ou communautaire et l’agence va multiplier les initiatives pour le maillage du territoire.
L’adhésion à une mutuelle est volontaire. Elle ne repose sur aucune considération d’origine ou
d’appartenance socio- professionnelle. Cette adhésion est effective avec le paiement des droits et
cotisations, ce qui permet ainsi d’accéder à des soins de santé dans les postes de santé
(village), centres de santé et hôpitaux.
1- L’accident
L’art. 33 du code de sécurité sociale en donne une définition. Est considéré comme un accident
du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu à un travailleur par le fait ou à
l’occasion du travail, pendant le trajet de sa résidence à son lieu de travail et vice versa dans la
mesure ou le parcours n’a pas été interrompu ou détourné par un motif dicté par l’intérêt
personnel ou indépendant de l’emploi, pendant les voyages et les déplacements dont les frais
sont à la charge de 1’employeur.
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Il faut distinguer l’accident de la maladie. L’accident est un évènement brutal, causé par un
élément extérieur à la personne et qui entraine une lésion ou une atteinte au corps. Lorsque ce
caractère soudain fait défaut, il ne s’agit plus d’un accident mais d’une maladie.
Lorsque 1’évènement a des liens avec le travail, il s’agit d’un accident du travail. Différentes
circonstances permettent de rattacher un accident au travail en lui conférant le caractère
professionnel : le lieu et les moyens du travail, ainsi que la période d’exécution du travail.
C’est ainsi qu’on considère que revêt un caractère professionnel, tout accident qui survient dans le
cadre du travail. On comprend dans cette catégorie les accidents du travail proprement dits c’est
à dire ceux qui surviennent dans l’environnement du travail et les accidents de trajet. Mais i1 doit
s’agir du trajet le plus direct de la résidence du travailleur à son lieu de travail. Il ne faut pas que le
trajet ait été interrompu pour une raison personnelle, c’est-à-dire sans rapport avec le
travail.
Par ailleurs, les accidents survenant lors des missions professionnelles sont aussi des accidents du
travail. Le motif de l’activité du salarié (mission professionnelle) ou de son déplacement (congé)
au moment du dommage est donc tout à fait déterminant. Cela résulte des termes de la loi qui fait
référence au financement du déplacement par l’employeur.
2- La maladie professionnelle
A la différence de l’accident, la maladie n’a pas un caractère brutal. Elle peut même avoir des
manifestions progressives qui rendent difficile son rattachement au travail. La maladie est
professionnelle lorsqu’elle est la conséquence d’une exposition à un agent nuisible, toxique
pendant le temps de travail.
Il existe cependant des métiers et professions à risques. Ainsi, les pouvoirs publics ont
répertorié les affections qui sont considérées comme des maladies professionnelles.
Le code de sécurité sociale définit les maladies professionnelles comme les maladies figurant
dans les tableaux des maladies professionnelles et qui ont été contractées dans les conditions
mentionnées.
Les tableaux sont établis par arrêtés, notamment celui du 24 juillet 1991 qui précise la durée
d’incubation et le délai de prise en charge. Sont ainsi considérées comme maladies
professionnelles
- des manifestations suite à l’exposition au plomb, au charbon ;
- des maladies résultant d’une exposition aux rayons ionisants ;
- des maladies suite à l’exposition au charbon, au ciment ;
- .................................aux inhalations des hydrocarbures, des huiles ;
- ....................... .exposition au bruit, etc...................
Le salarié dont la maladie répond aux conditions énoncées par le texte n’a pas à prouver
l’origine professionnelle de sa maladie.
Mais les tableaux ne sont pas exhaustifs ni toujours actualisés.
Il se pose par exemple la question de la reconnaissance du stress comme maladie professionnelle.
Selon les circonstances, il s’agira du salarié ou de ses ayant droits. Il en est aussi en cas de décès
de l’accidenté.
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Le salarié a droit à des soins et indemnités. Les ayants droits (conjoints et enfants à charge,
ascendants) ne pourront prétendre à une prestation qu’en cas de décès de la victime.
Mais la catégorie de salariés est largement entendue puisque les apprentis et stagiaires sont
compris dans le champ de la protection
1- Procédure
Les premières mesures sont d’ordre médical, le salarié doit être consulté et recevoir
éventuellement les soins d’urgence. C’est à l’employeur de faire assurer ces soins de première
urgence par le médecin de l’entreprise ou tout autre médecin proche. C’est cet examen médical
qui permet d’ailleurs de faire la constatation de la maladie ou 1’accident puisque le salarié sera muni
de son carnet d’accident du travail.
Tout accident du travail ou maladie professionnelle doit être déclaré par l’employeur à
l’inspecteur du travail dans un délai de 48h. La même information doit être donnée à la Caisse
de Sécurité Sociale.
A ce stade, il y a une enquête qui peut être menée à la fois par l’inspection du travail, la CSS et
même par la police judiciaire. En cas d’accident grave susceptible d’entrainer une invalidité ou
le décès, des expertises sont déclenchées.
La CSS exerce un véritable contrôle. Elle peut faire examiner la victime par ses propres
médecins. Le code prévoit en effet que la CSS peut, à tout moment faire procéder à un examen de
la victime par son médecin conseil ou un médecin de son choix et en cas de divergence avec le
médecin traitant, il peut être fait appel à un médecin expert agréé.
L’avis de 1’expert s’impose aux parties.
Ces étapes sont nécessaires car elles déterminent les caractères professionnels, l’étendue du
dommage corporel et éventuellement l’existence d’une faute patronale. En effet, la faute
inexcusable de l’employeur l’expose à une action de la part de la CSS et même de la victime
pour la part du dommage non réparé.
2- Prestations
Au fond La CSS doit payer des sommes de substitution au salaire au salarié ou à ses ayant
droits.
Ces revenus sont des indemnités journalières dues pendant l’invalidité temporaire. Cette
indemnité est payée jusqu’ au moment de la guérison ou de la consolidation.
Elle se situe entre la 1/2 et les 2/3 du salaire.
L’employeur qui verse 1’intégralité du salaire est subrogé dans les droits de la victime contre la
CSS.
En dehors des indemnités, la CSS assure des prestations en nature : soins médicaux de première
urgence et complémentaire, frais funéraires, fourniture d’appareils, rééducation fonctionnelle.
Relativement aux soins, le principe est la gratuité. Le salarié accidenté ou malade accède aux
soins sans avoir à débourser une somme quelconque.
Les frais d’appareillage orthopédique et prothèses sont supportés par la CSS ainsi que la
réadaptation fonctionnelle.
Les ayants droit ne seront indemnisés qu’en cas d’accident ou de maladie ayant entraîné le
décès du salarié. Le conjoint survivant aura droit à une rente viagère qui est de 30% du
salaire annuel tandis que les enfants à charge reçoivent une rente temporaire. Sont aussi
bénéficiaires les ascendants directs de la victime (parents et grands-parents).
Chap. 2 : La maternité
Déjà le droit du travail prévoit des règles protectrices de la femme en grossesse ou en couches.
De manière complémentaire, la sécurité sociale déploie son assistance à travers des prestations
qui compensent les dépenses de soins et les salaires perdus du fait de l’événement.
Tout d’abord, l’art L142 pose des restrictions en matière d’emploi pour les femmes enceintes.
Elles ne peuvent être employées à des activités nuisibles pour leur santé et celle de l’enfant.
Mais il faut signaler la réforme de l’article L142. En effet, l’article L142 Bis interdit
expressément le licenciement de la femme en raison de la grossesse ou pendant le congé de
maternité.
Il faut enfin prendre en compte la Convention 183 de l’OIT. Cette convention incite les Etats à
adopter des mesures protectrices de la mère et de l’enfant.
Par ailleurs, la grossesse étant une cause de suspension, il est interdit à l’employeur de licencier la
femme pendant son congé.
La loi impose à l’employeur 1’obligation de respecter ce droit au repos pour la femme pendant
les semaines qui précèdent et succèdent à l’accouchement.
La suspension du contrat est fixée à 14 semaines consécutives dont 6 avant l’accouchement et 8
et après. La femme perçoit alors son salaire intégralement.
Les prestations sont dues aux travailleurs résidant au Sénégal et ayant donc des enfants à
charge.
Un temps minimum d’activité professionnelle est requis (3mois consécutifs, avec 18 jours
travaillés ou 120 h dans le mois). Il s’agit de la période de stage.
Il existe certaines précisions relativement à la notion d’enfant à charge. Est considérée comme
ayant des enfants à charge, la personne qui s’occupe de manière permanente de loger, nourrir,
habiller et éduquer l’enfant.
Les femmes salariées ne peuvent y prétendre que si le conjoint ne travaille pas. Mais son statut
matrimonial n’est pas pris en compte.
Sont pris en compte les enfants légitimes, les enfants adoptés et les enfants naturels de la mère.
Pour les enfants naturels par le père, l’exclusion est justifiée par les discriminations du code de la
famille.
La CSS assure diverses prestations en espèces et en nature. Certaines prestations sont payées avant
l’accouchement. I1 s’agit d’abord des allocations prénatales. Elles sont dues pendant toute la
grossesse et leur montant est fixé selon chaque étape de cette grossesse. La femme doit faire une
déclaration de son état et suivre des examens médicaux.
Elle perçoit également des indemnités journalières (cf art 143 CT) Cette dernière est plus
conséquente, elle est égale au dernier salaire de la femme. Elle est due par la CSS en raison de la
suspension d contrat de travail avec une limite de 17 semaines. Mais elle doit aussi accomplir
certaines formalités notamment déposer une demande d’indemnités accompagnée de pièces
justificatives (attestation de travail, certificat médical et attestation d’arrêt de travail pour congé de
maternité, bulletin de salaire).
Apres l’accouchement, la femme perçoit des allocations de maternité. Il s’agit d’une assistance
aux soins de l’enfant pendant deux ans. La femme salariée dont le conjoint ne travaille pas, les
femmes non mariées et les conjoints des salariés peuvent y prétendre. Elles sont payées de
manière fractionnée.
La CSS verse aussi des allocations familiales au travailleur pour l’assister dans l’éducation. Ces
sommes sont payées à partir des 2ans de l’enfant jusqu'à ses 15 ans avec une prorogation à 18 ans
pour les enfants en apprentissage et 21 ans s’il est étudiant ou invalide.
Ces allocations sont payées dans la limite de 6 enfants tous les trois mois au travailleur.
Quant aux prestations en nature, elles sont servies par le biais d’un fonds « fonds d’action
sanitaire sociale et familiale ».
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Le fonds gère des services sociaux médicaux. La CSS offre des consultations prénatales, des
consultations aux enfants, des services de vaccination, des services de planification familiale. Il
met également à leur disposition des médicaments à un prix modique.
Chap. 3 : La vieillesse
La retraite est un mode de cessation de la vie professionnelle qui ouvre droit à une pension.
Mais ce droit à une allocation dépend de la déclaration faite par l’employeur à l’embauchage du
salarié. Le salarié non cadre est déclaré au régime général. Le cadre est déclaré à la fois au
régime général et au régime complémentaire des cadres.
Le salarié est ainsi identifié grâce à un matricule qui correspond au compte ouvert à son nom
pour l’inscription de points correspondant aux cotisations versées pour lui.
1- L’allocation de retraite
Elle est due au salarié admis à la retraite, qui a le nombre de points requis et qui a fait la demande de
liquidation. Il doit fournir un dossier comprenant un nombre impressionnant de pièces
justificatives relativement à sa famille et sa carrière.
Elle est définie en fonction du nombre de points c’est à dire l’unité de compte des cotisations.
Ces cotisations qui sont portées à 14% des rémunérations sont supportées par les deux parties
employeurs (8, 4%) et salariés (5,6%).
Le nombre de points peut être majoré en cas d’accident du travail ou invalidité, et en raison des
enfants en charge.
Le salarié doit demander la liquidation de son allocation au moment de son départ à la retraite
fixé aujourd’hui à 60 ans pour la plupart des salariés.
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Une retraite anticipée reste cependant possible.
En deca du nombre de points pouvant donner droit à une pension (200 Pts) l’IPRES procède à
un versement unique, c’est le rachat de l’allocation.
2- L’allocation de réversion
Il s’agit de l’allocation versée au conjoint survivant et aux enfants du salarié décédé avant ou
après la retraite.
Le conjoint survivant a droit à la moitié de l’allocation mais à condition d’être marié depuisau
moins deux ans au défunt.
Il doit prouver le mariage par un acte d’état civil. Il perd ce bénéfice en cas de remariage.
La veuve peut en jouir immédiatement si elle a des enfants mineurs en charge, ou de manière
différée jusqu’ à ses 45 ou 50 ans.
L’allocation des orphelins est de 20% de l’allocation de leur ascendant décédé. Elle ne se
cumule pas avec l’allocation du ou de la veuve.
En cas de décès des deux parents également membre participant, seule la prestation la plus
élevée est servie.
Chaque enfant à charge a droit à cette allocation dans une limite d’âge c’est à dire entre 18 et21
ans. Mais il s’agit des enfants légitimes, légitimés ou adoptés de manière plénière.
3- L’allocation de solidarité
C’est une allocation forfaitaire annuelle payée aux retraités nés avant 1910 et qui ont justifié de
10 années d’activité avec une cotisation d’au moins un (01) an.
Les membres adhérents sont les entreprises et employeurs compris dans le champ des
conventions collectives. L’affiliation à ce régime devient obligatoire pour ces adhérents liés par les
accords collectifs.
Les membres participants sont les salariés cadres ainsi que les cadres en chômage ayant
maintenu volontairement leur affiliation ou les anciens retraités cadres.
Comme pour le régime général, les conjoints survivants et les orphelins peuvent bénéficier
d’une allocation de réversion.
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Les cotisations sont à la charge patronale pour 3,6% et les salariés 2,4%.
L’allocation retraite complémentaire est due lorsque le participant a cotisé au moins un an. Elle
est liquidée en principe à 60 ans. Mais la liquidation anticipée reste possible à partir de 50 ans.
L’allocation forfaitaire annuelle est versée aux cadres retraites en 1974, ayant au moins une
année d’activité en cette qualité et qui n’ont pas bénéficié du régime général.
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ANNEXE – CONVENTION 183 - OIT
PREAMBULE
La Conférence générale de l'Organisation internationale du Travail,
Convoquée à Genève par le Conseil d'administration du Bureau international du Travail, et s'y étant réunie le 30 mai
2000, en sa quatre-vingt-huitième session;
Prenant note de la nécessité de réviser la convention sur la protection de la maternité (révisée), 1952, ainsi que la
recommandation sur la protection de la maternité, 1952, afin de promouvoir davantage l'égalité de toutes les femmes
qui travaillent ainsi que la santé et la sécurité de la mère et de l'enfant, et afin de reconnaître la diversité du
développement économique et social des Membres ainsi que la diversité des entreprises et le développement de la
protection de la maternité dans les législations et les pratiques nationales;
Prenant note des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), de la Convention des
Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979), de la Convention
des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (1989), de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing (1995),
de la Déclaration sur l'égalité de chances et de traitement pour les travailleuses de l'Organisation internationale du
Travail (1975), de la Déclaration de l'Organisation internationale du Travail relative aux principes et droits
fondamentaux au travail et son suivi (1998) ainsi que des conventions et recommandations internationales du travail
qui visent à garantir l'égalité de chances et de traitement aux travailleurs et aux travailleuses, en particulier la
convention sur les travailleurs ayant des responsabilités familiales, 1981;
Tenant compte de la situation des femmes qui travaillent et prenant acte de la nécessité d'assurer la protection de la
grossesse, en tant que responsabilité partagée des pouvoirs publics et de la société;
Après avoir décidé d'adopter diverses propositions relatives à la révision de la convention (révisée) et de la
recommandation sur la protection de la maternité, 1952, question qui constitue le quatrième point à l'ordre du jour de
la session;
Après avoir décidé que ces propositions prendraient la forme d'une convention internationale,
adopte, ce quinzième jour de juin deux mille, la convention ci-après, qui sera dénommée Convention sur la protection
de la maternité, 2000.
CHAMP D’APPLICATION
Article 1
Aux fins de la présente convention, le terme femme s'applique à toute personne du sexe féminin, sans discrimination
quelle qu'elle soit, et le terme enfant à tout enfant, sans discrimination quelle qu'elle soit.
Article 2
▪ 1. La présente convention s'applique à toutes les femmes employées, y compris les femmes qui le sont dans le cadre de
▪ 2. Toutefois, un Membre qui ratifie la convention peut, après consultation des organisations représentatives des
employeurs et des travailleurs intéressées, exclure totalement ou partiellement de son champ d'application des
catégories limitées de travailleurs lorsque son application à ces catégories soulèverait des problèmes spéciaux d'une
importance particulière.
▪ 3. Tout Membre qui se prévaut de la possibilité prévue au paragraphe précédent doit, dans son premier rapport sur
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Travail, indiquer les catégories de travailleurs ainsi exclues et les raisons de leur exclusion. Dans ses rapports
ultérieurs, le Membre doit décrire les mesures prises afin d'étendre progressivement les dispositions de la convention
à ces catégories.
PROTECTION DE LA SANTE
Article 3
Tout Membre doit, après consultation des organisations représentatives des employeurs et des travailleurs, adopter
les mesures nécessaires pour que les femmes enceintes ou qui allaitent ne soient pas contraintes d'accomplir un
travail qui a été déterminé par l'autorité compétente comme préjudiciable à leur santé ou à celle de leur enfant ou
dont il a été établi par une évaluation qu'il comporte un risque significatif pour la santé de la mère ou celle de l'enfant.
CONGE DE MATERNITE
Article 4
▪ 1. Sur présentation d'un certificat médical ou autre attestation appropriée, telle que déterminée par la législation et la
pratique nationales, indiquant la date présumée de son accouchement, toute femme à laquelle la présente convention
▪ 2. La durée du congé mentionnée ci-dessus doit être spécifiée par le Membre dans une déclaration accompagnant la
▪ 3. Tout Membre peut, par la suite, déposer auprès du Directeur général du Bureau international du Travail une
▪ 4. Compte dûment tenu de la protection de la santé de la mère et de l'enfant, le congé de maternité doit comprendre
une période de congé obligatoire de six semaines après l'accouchement, à moins qu'à l'échelon national il n'en soit
▪ 5. La durée du congé de maternité prénatal doit être prolongée par un congé équivalant à la période écoulée entre la
date présumée et la date effective de l'accouchement, sans réduction de la durée de tout congé postnatal obligatoire.
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PRESTATIONS
Article 6
▪ 1. Des prestations en espèces doivent être assurées, conformément à la législation nationale ou de toute autre manière
conforme à la pratique nationale, aux femmes qui s'absentent de leur travail pour cause de congé visé aux articles 4 ou
5.
▪ 2. Les prestations en espèces doivent être établies à un niveau tel que la femme puisse subvenir à son entretien et à
celui de son enfant dans de bonnes conditions de santé et selon un niveau de vie convenable.
▪ 3. Lorsque la législation ou la pratique nationale prévoit que les prestations en espèces, versées au titre du congé visé
à l'article 4, sont déterminées sur la base du gain antérieur, le montant de ces prestations ne doit pas être inférieur
aux deux tiers du gain antérieur de la femme ou du gain tel que pris en compte pour le calcul des prestations.
▪ 4. Lorsque la législation ou la pratique nationale prévoit que les prestations en espèces, versées au titre du congé visé
à l'article 4, sont déterminées par d'autres méthodes, le montant de ces prestations doit être du même ordre de
▪ 5. Tout Membre doit garantir que les conditions requises pour bénéficier des prestations en espèces puissent être
réunies par la grande majorité des femmes auxquelles la présente convention s'applique.
▪ 6. Lorsqu'une femme ne remplit pas les conditions prévues par la législation nationale ou prévues de toute autre
manière qui soit conforme à la pratique nationale pour bénéficier des prestations en espèces, elle a droit à des
prestations appropriées financées par les fonds de l'assistance sociale, sous réserve du contrôle des ressources requis
▪ 7. Des prestations médicales doivent être assurées à la mère et à son enfant, conformément à la législation nationale
ou de toute autre manière conforme à la pratique nationale. Les prestations médicales doivent comprendre les soins
prénatals, les soins liés à l'accouchement, les soins postnatals et l'hospitalisation lorsqu'elle est nécessaire.
▪ 8. Afin de protéger la situation des femmes sur le marché du travail, les prestations afférentes au congé visé aux
articles 4 et 5 doivent être assurées par une assurance sociale obligatoire ou par prélèvement sur des fonds publics ou
d'une manière déterminée par la législation et la pratique nationales. L'employeur ne doit pas être tenu
personnellement responsable du coût direct de toute prestation financière de ce genre, due à une femme qu'il
▪ (a) que cela ait été prévu par la pratique ou par la législation en vigueur dans l'Etat Membre avant l'adoption de
▪ (b) qu'il en soit ainsi convenu ultérieurement au niveau national par le gouvernement et les organisations
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Article 7
▪ 1. Tout Membre dont l'économie et le système de sécurité sociale sont insuffisamment développés est réputé donner
effet à l'article 6, paragraphes 3 et 4, si les prestations en espèces sont d'un taux au moins égal à celui des prestations
▪ 2. Tout Membre qui se prévaut de la possibilité prévue au paragraphe précédent doit en expliquer les raisons et
préciser le taux auquel les prestations en espèces sont versées, dans son premier rapport sur l'application de la
convention présenté en vertu de l'article 22 de la Constitution de l'Organisation internationale du Travail. Dans ses
rapports ultérieurs, le Membre doit décrire les mesures prises en vue de relever progressivement ce taux.
pendant une période suivant son retour de congé à déterminer par la législation nationale, sauf pour des motifs sans
lien avec la grossesse, la naissance de l'enfant et ses suites ou l'allaitement. La charge de prouver que les motifs du
licenciement sont sans rapport avec la grossesse, la naissance de l'enfant et ses suites ou l'allaitement incombe à
l'employeur.
▪ 2. A l'issue du congé de maternité, la femme doit être assurée, lorsqu'elle reprend le travail, de retrouver le même
Article 9
▪ 1. Tout Membre doit adopter des mesures propres à garantir que la maternité ne constitue pas une source de
discrimination en matière d'emploi, y compris d'accès à l'emploi et ce, nonobstant l'article 2, paragraphe 1.
▪ 2. Les mesures auxquelles se réfère le paragraphe précédent comprennent l'interdiction d'exiger d'une femme qui
pose sa candidature à un poste qu'elle se soumette à un test de grossesse ou qu'elle présente un certificat attestant ou
non de l'état de grossesse, sauf lorsque la législation nationale le prévoit pour les travaux qui:
▪ (a) sont interdits, totalement ou partiellement, en vertu de la législation nationale, aux femmes enceintes ou à
21
▪ 2. La période durant laquelle les pauses d'allaitement ou la réduction journalière du temps de travail sont permises, le
nombre et la durée de ces pauses ainsi que les modalités de la réduction journalière du temps du travail doivent être
déterminés par la législation et la pratique nationales. Ces pauses ou la réduction journalière du temps de travail
EXAMEN PERIODIQUE
Article 11
Tout Membre doit examiner périodiquement, en consultation avec les organisations représentatives des employeurs
et des travailleurs, l'opportunité d'étendre la durée du congé prévu à l'article 4 et d'augmenter le montant ou le taux
des prestations en espèces visé à l'article 6.
MISE EN OEUVRE
Article 12
La présente convention doit être mise en œuvre par voie de législation, sauf dans la mesure où il lui serait donné effet
par tout autre moyen tel que conventions collectives, sentences arbitrales, décisions judiciaires, ou de toute autre
manière conforme à la pratique nationale.
DISPOSITIONS FINALES
Article 13
La présente convention révise la convention sur la protection de la maternité (révisée), 1952.
Article 14
Les ratifications formelles de la présente convention seront communiquées au Directeur général du Bureau
international du Travail et par lui enregistrées.
Article 15
▪ 1. La présente convention ne liera que les Membres de l'Organisation internationale du Travail dont la ratification
▪ 2. Elle entrera en vigueur douze mois après que les ratifications de deux Membres auront été enregistrées par le
Directeur général.
▪ 3. Par la suite, cette convention entrera en vigueur pour chaque Membre douze mois après la date où sa ratification
Article 16
▪ 1. Tout Membre ayant ratifié la présente convention peut la dénoncer à l'expiration d'une période de dix années après
la date de la mise en vigueur initiale de la convention, par un acte communiqué au Directeur général du Bureau
international du Travail et par lui enregistré. La dénonciation ne prendra effet qu'une année après avoir été
enregistrée.
▪ 2. Tout Membre ayant ratifié la présente convention qui, dans le délai d'une année après l'expiration de la période de
dix années mentionnée au paragraphe précédent, ne fera pas usage de la faculté de dénonciation prévue par le présent
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article sera lié pour une nouvelle période de dix années et, par la suite, pourra dénoncer la présente convention à
l'expiration de chaque période de dix années dans les conditions prévues au présent article.
Article 17
▪ 1. Le Directeur général du Bureau international du Travail notifiera à tous les Membres de l'Organisation
internationale du Travail l'enregistrement de toutes ratifications et de tous actes de dénonciation qui lui seront
▪ 2. En notifiant aux Membres de l'Organisation l'enregistrement de la deuxième ratification qui lui aura été
communiquée, le Directeur général appellera l'attention des Membres de l'Organisation sur la date à laquelle la
Article 18
Le Directeur général du Bureau international du Travail communiquera au Secrétaire général des Nations Unies, aux
fins d'enregistrement, conformément à l'article 102 de la Charte des Nations Unies, des renseignements complets au
sujet de toutes ratifications et de tous actes de dénonciation qu'il aura enregistrés conformément aux articles
précédents.
Article 19
Chaque fois qu'il le jugera nécessaire, le Conseil d'administration du Bureau international du Travail présentera à la
Conférence générale un rapport sur l'application de la présente convention et examinera s'il y a lieu d'inscrire à l'ordre
du jour de la Conférence la question de sa révision totale ou partielle.
Article 20
▪ 1. Au cas où la Conférence adopterait une nouvelle convention portant révision totale ou partielle de la présente
▪ (a) la ratification par un Membre de la nouvelle convention portant révision entraînerait de plein droit,
nonobstant l'article 16 ci-dessus, dénonciation immédiate de la présente convention, sous réserve que la
▪ (b) à partir de la date de l'entrée en vigueur de la nouvelle convention portant révision, la présente convention
▪ 2. La présente convention demeurerait en tout cas en vigueur dans sa forme et teneur pour les Membres qui l'auraient
Article 21
Les versions française et anglaise du texte de la présente convention font également foi.
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