L'ABEILLE MÉDICALE
REVUE DES JOURNAUX ET DES OUVRAGES
DE MÉDECINE, DE CHIRURGIE, DE PHARMACIE,
DES SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES; TRAVAUX ACADÉMIQUES;
RÉPERTOIRE COMPLET DE THÉRAPEUTIQUE,
D'HYGIÈNE, D'OBSTÉTRIQUE, DE MÉDECINE LÉGALE, DE TOXICOLOGIE, ART VÉTÉRINAIRE, BIBLIOGRAPHIE.
Rédigée par le Docteur COMET,
Chevalier de la Légion-d'Honneur, Membre de plusieurs*Académies et Sociétés savantes.
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PARIS,1
CHEZ LE RÉDACTEUR-PROPRIÉTAIRE, BOULEVARD DES ITALIENS, N° 9.
1844
PREMIÈRE ANNÉE. Quatre francs par An. N° 1.
— JANVIER 1844.
Sue de la Viillève, 10, vis-à-vis la Basique.
REVUEDES JOURNAUX
ET
DES OUVRAGES
L'ABEILLE MÉDICALE. PRIX L'ABONNEMENT
DE :
Pour Paris.'" QUATRE franes.
—Départemens: 1 f. 50 c., en sus.
de Médecine, ùr. Chirurgie, Pour l'Étranger : double port.
des Sciences Physiques, On ne s'abonne que pour un An,
Chimiques et Naturelles. du 1er Janvier de chaque année.
Connaissances utiles,
Mélanges divers. Adresser l'argent, franco, au
Directeur de i'ABEiLLE MÉDICALE,
UNE LIVRAISON PAR MOIS. rue de -la Yrillère, 10, à Par;?.
AUX LECTEURS. L'ABEILLE MÉDICALE sera donc (m répertoire complet du passé et
du présent ; de sorte que nos abonnés y trouveront le moyen de se
mettre au courant des acquisitions faites par la science et l'art, de-
Faire un journal utile à très bon marché, pour avoir puis plusieurs années, sans être obligés d'avoir recours à d'autres
beaucoup d'abonnés.- Avoir beaucoup d'abonnés collections.
,
pour faire un jotiy*nal utile à très bon marché. Nous n'avons pas, néanmoins, la prétention de présenter notre
Nous avons posé ce problème; le public est appelé à le résoudre. journal comme préférable à tous autres; plusieursont acquis, ajuste
Qui pourrait regretter d'avoir consacré QUATRE FRANCS PAR AN à
titre, l'estime dont ils jouissent. Simples annotateurs et reproduc-
teurs, nous ne réclameronsjamais, dans la presse médicale , que la
ce recueil, si dans une des douze livraisons seulement, on a trouvé part que pourra prendre notre recueil, en servant à la diffusion des
l'occasion de connaître ou de se rappeler un moyen de secours pour lumières de la science par la propagation des travaux des hommes
un être souffrant ! habiles et consciencieux. Notre savoir entrera pour fort peu de
chose dans l'accomplissementde notre tâche; elle ne demande qu'un
Le titre de ce journal : Revue des Journaux et des Ouvrages de travail de discernementet d'expérience; ce n'est point une œuvre
Médecine, de Chirurgie, des Sciences physiques, Chimiques et scientifique, c'est un labeur utile; voilà tout.
Naturelles, Connaissances utiles, Mélanges divers, exprime suffi-
samment les engagemens que nous prenons avec nos souscripteurs. Le Docteur COMET,
En disant seulement comment la publication de ce recueil a été Rédacteur-Propriétaire.
conçue, ce sera en faire comprendrel'importance et l'utilité.
Au milieu des nombreuseslectures auxquelles nous nous livrons
chaque mois pour nous mettre bien au courant des progrès des
sciences que nous cultivons, nous avons l'habitude, pour ne pas Sous les titres de MÉDECINE et de CHIRURGIE,nous classerons
perdre le fruit de nos études, de noter tout ce qui nous paraît d'un les articles de PATHOLOGIE interne et externe, de THÉRAPEUTIQUE,
mérite réel ou d'une utilité pratique spéciale, et d'en faire faire des MÉDICALEet CHIRURGICALE, de l'art des ACCOUCBElUEMetd'HYGIÈNE.
extraits. Nous aimons à nous créer ainsi des archives dépouillées Sous le titre de SCIENCESPHYSIQUES, CHIMIQUES ET NATU-
de toutes les spéculations éphémères des esprits novateurs ou su- RELLES, nous classerons les articles de PHYSIQUE et de CHIMIE
perficiels qui encombrent la science et l'art. Nous consultons de
MÉDICALES, de MÉDECINE LÉGALE, de PHARMACIE de MATIÈRE MÉDI-
temps en temps notre recueil en y ajoutant chaque fois nos pro- ,
CALE, de BOTANIQUE, de ZOOLOGIE, ANATOMIE, PHYSIOLOGIE, etc.
pres observations. De cette manière, nous sommes parvenus à
nous procurer un répertoire scientifique d'élite et d'une ressource Le titre de CONNAISSANCES UTILES explique suffisamment
incontestable. Il y a quelques mois, à l'occasion d'une recherche la nature des matières que nous réunirons dans ce groupe. Ces con-
sur un nouveau procédé chirurgical, nous avons communiqué no- naissances seront relatives aux Sciences, aux Arts, à l'Industrie et
tre travail de tous lesmomens de loisir que la pratique nous laisse,
à un professeur éminent.
a l'Economie domestique.
— « Mais vous avez là un véritable jour- Les MÉLANGES DIVERS se composeront d'articles intéressans,
» nal et des plus substantiels, nous dit notre savant et judicieux con-
mais d'une importance secondaire, de nouvelles d'anecdotes et du
» frère; ce serait une excellente publication à faire, qui exciterait
Butin plus ou moins substantiel de notre Abeille.,
j) un intérêt général et aurait une immense influence pour la pro-
« pagation des préceptes, théoriques et pratiques, de toutes les Nous ferons l'analyse et des extraits de toutes les publications de
» branches qui se rattachent à l'art de guérir. S'il était possible de quelque importance. Des comptes-rendus succincts, trouveront
» publier un tel recueil de manière à le livrer à un prix très mo- place sous le titre : BIBLIOGRAPHIE.
» dique, ce serait remplir toutes les conditions d'un grand succès,
» car il faudrait qu'un journal de ce genre pût se trouver entre les
Les ANNONCES d'ouvragesréels seront seules admises.
» mains de tout le monde, dans l'intérêt de l'humanité et du corps Chaque livraison de l'ABEILLE MÉDICALE terminée par une
» médical. » table des articles paraît du 10 au 45 de chaque ,
mois et se com-
Cette observation nous frappa vivement; nous la méditâmes et ,
après avoir pris tous les renseignemens, fait tous les calculs néces-
, pose d'au moins trois feuilles in-4°, formant vingt-quatre pages et
saires, nous avons reconnu qu'il était possible de réaliser le vœu quarante-huitcolonnes compactes. En raison du caractère que nous
du célèbre professeur. Il existe déjà des journaux de médecine à avons adopté, il n'y a pas de journaux qui contiennent autant de
bon marché sans doute, mais qui, cependant, coûtent encore , au
matière. Tous les ans, les abonnés recevront une table générale
moins le double du prix de celui que nous entreprenons. D'ailleurs pour faciliter la recherche des articles qui correspondrontentre eux.
chaque journal de médecine est, pour ainsi dire spécial dans son Le format que nous avons adopté nous a paru préférable parce
,
genre, ou a des opinions particulières qu'il défend et veut faire pré- qu'il n'occasionne pas une perte de papier, comme cela a lieu dans
valoir. Quoi qu'il en soit, les débats n'éclairent pas toujours les les recueils in-8°, à cause des marges multipliées par le nombre
questions qui, le plus souvent, restent insolubles. Ce n'est pas des pages. En outre, il sera facile de réunir la collection de plu-
cela que veut le praticien, absorbé par les exigences d'une nom- sieurs années en un fort volume, où les recherches seront beaucoup
breuse clientèle ; ce sont des faits positifs les lumières de l'ex- plus aisées à faire que si l'on était obligé de feuilleter, il tour de
,
périence qu'il recherche ; la polémique le fatigue et il renonce à rôle, plusieurs tomes. L'expériencejustifiera ce que nous avançons,
lire un journal où il ne trouve rien pour lui faciliter l'exercice de car toutes les combinaisons ont été faites pour procurer à nos abon-
son art. nés le plus grand nombre d'avantages possibles , sans nous mettre
Pour atteindre le but que nous nous proposons non seulement dans le cas de sur-élever le prix de ce journal.
,
nous reproduironsdans ce recueil tout ce qui sera actuellement d'un ( Voir les conditions(i' abonnement au titre du Journal. )
intérêt réel pour les praticiens ; mais encore nous ferons régulière-
ment une Revue rétrospective dans laquelle entrera tout ce qui, bien
que datant d une époque antérieure à notre publication aura un
mérite sanctionné par l'expérience. ,
quente des douleurs spinales dans la fièvre nerveuse et le typhus dit des érysipèles de la face, et ne s'être presque jamais trompé.
abdominal. Les auteurs, dont nous analysons en ce moment le mé- Il n'est donc pas inutile d'être instruit de ce phénomène et d'être
moire, signalent, pendant le cours de la fièvre typhoïde, l'appari- averti que ce gonflement du cou peut exister dans ces circonstan-
tion d'un certain nombre de symptômes, qui leur paraissent recon- ces. On a le double avantage, et de ne pas employer aveuglément
naître pour cause un état morbide de la moelle épinière. telle ou telle médication pour y remédier, et de pouvoir annoncer
Ces phénomènes morbidesconsistent en des douleurs vives de au malade et à ceux qui l'entourent, la prochaine apparition d'un
la nuque, des muscles des régions postérieure et latérales du cou, érysipèle dont on ne voit encore aucune trace ; ce qui augmentera
des régions dorsale et lombaire du rachis, ou enfin en des cngour- infailliblement la confiance que le malade aura dans le médecin.
dissemens de la mâchoire, des bras ou des jambes. Du reste, Comment cette douleur de cou, se demandera-t-on, peut-elle se
MM. Lombard et Fauconnet n'ont point eu l'occasion de faire manifester avant le développement de l'érysipèle? Le point est as-
l'autopsie de malades atteints de pareils accidens; il est donc per- sez obscur et assez difficile. Mais on peut admettre que la cause qui
mis d'élever des doutes sur la réalité d'altérations matérielles de va produire l'érysipèle dans un espace de temps donné, agit d'a-
la moelle, qu'ils supposent exister dans ces circonstances. bord sur les vaisseaux lymphatiques et sur les ganglions, avant d'a-
Le calomel a été employé pour combattre la fièvre typhoïde gir sur la peau elle-même. Ici, comme souvent en médecine, l'ex-
sous diverses formes et dans divers pays, depuis quelques années. plication est la chose secondaire. Le fait est la chose principale.
C'est surtout d'après les faits publiés sur cette médication, en Alle- Le pronostic de l'érysipèle est en général le même que celui des
magne et en Angleterre, que MM. Lombard et Fauconnet furent brûlures, c'est à dire que plus il est étendu, plus il occupe un grand
conduits à employer ce médicament dans les fièvres typhoïdes. espace des tégumens, et plus il est dangereux, plus le pronostic
A l'hôpital, sur quatre-vingt-sept malades traités par ces mé- est grave. Lorsqu'il est borné à une étenduetrès limitée, qu'il n'en-
decins à l'aide du calomel, à l'a dose de 4 grains par jour, 10 ont vahit que successivement, et l'une après l'autre, les différentes ré-
succombé, ce qui donne pour proportion, 11 lj2 sur 100. Sur 44 gions du corps, il ne présente aucun danger, et l'on n'a aucune in-
malades de leur pratique particulière, soumis à la même médica- quiétude à concevoir ; mais quand un grand nombre de points sont
tion, deux seulement ont succombé. En ajoutant ces chiffres aux pris à la fois, la maladie devient dangereuse, le pronostic plus
précédens, on obtient pour résultat général 12 morts sur 151 ma- grave, et la mort peut en être le résultat.
lades, soit une mortalité de 9 sur 100. C'est donc avec confiance Il n'est pas un médecin d'un certain âge et un peu expérimenté
que MM. Lombard et Fauconnet conseillent l'emploi du calomel qui n'ait vu, je puis l'affirmer, quelques cas d'érysipèle de la face
dans le traitement de la fièvre typhoïde. Du reste, ils n'ont pas se terminer par la mort, qu'il y ait ou non propagation de l'inflam-
borné leur tâche à signaler d'une manière générale les bons effets mation des tégumens extérieurs aux méninges et quelquefois au
de cette méthode de traitement, ils en analysentl'influence sur la cerveau lui-même. Depuis quelques années, j'ai eu l'occasion de
marche et les principaux symptômes de la maladie. (Gaz. Mèd.) voir trois cas d'érysipèles de la face se terminer par la mort, et
l'autopsie, faite avec le plus grand soin, ne m'a permis de constater
CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉRYSIPÈLE. (Cliniquede M. CHOMEL.) aucune trace d'inflammation des méninges.
Ce fait ne doit nullement paraître extraordinaire. Le cerveau
—L'érysipèle est une phlegmasie qui se développe à la surface de
peut, en effet, être troublé d'une manière sympathique tout comme
la peau, et le plus souvent d'une manière spontanée, c'est à dire d'une manière idiopathique, et, à ce propos, je crois devoir faire
sans être produite par aucune cause appréciable. C'est l'image, au remarquer que presque toujours c'est en dehors du cerveau lui-
dehors, des inflammations qui se développent dans les organes in- même et des membranes qui lui servent d'enveloppes particulières
ternes du corps humain. C'est la traduction, à l'extérieur, des phé-
nomènes, de la marche des maladies aiguës inflammatoires dont les que vous trouverez les causes de la céphalalgie, du délire et d'au-
tres phénomènes de la même espèce. Il en sera ainsi dans les cas
organes intérieurs sont le siége. L'érysipèle est peut-être, de tou- d'érysipèle, et l'on ne devra point s'en étonner ni le trouver ex-
tes les maladies extérieures, celle qu'il importe le plus au médecin traordinaire, puisque dans la pneumonie, la pleurésie, etc., les mê-
d'étudier avec soin et d'une manière minutieuse, parce que, par ses
mes symptômes peuvent avoir lieu sous l'influence de causes tout-
causes, et sous le rapport de sa marche, de son évolution, il se rap- à-fait étrangères aux centres nerveux eux-mêmes. Pourquoi la
proche de la manière la plus manifeste de ces phlegmasies internes. même chose ne pourrait-elle pas avoir lieu pour l'érysipèle que
Comme pour les maladies inflammatoires des organes internes,
pour les affections que nous venons de citer?
c'est une prédisposition spéciale qui prépare le développement de Notez bien que lorsque je parle des érysipèles graves et qui peu-
l'érysipèle, et les causes extérieures, celles que l'on appelle habi- vent se terminer par la mort, je veux dire seulement ceux qui se
tuellement occasionnelles ou déterminantes, n'ont que peu d'in- développent chez des sujets bien portans d'ailleurs, avant l'invasion
fluence, si tant est même qu'elles en aient une. Presque toujours, de l'affection phlegmasique de la peau. Je n'entends point parler
des points limités qu'elle occupait d'abord, et en cela elle se com- de ces érysipèles qui se développent quelquefois in extremis chez
porte encore comme les affections avec lesquelles nous la compa- des sujets affaiblis par des maladies antérieures ou actuelles et
rons, la maladie s'étend de proche en proche, et ce phénomène est dont l'effet est de rendre plus prompte l'issue funeste. Ce n'est
tellement connu de toute antiquité, que c'est de là que vient l'éty- point de ceux-là que nous entendons qu'il soit ici question. Pour
mologie du mot érysipèle. Presque toujours les phlegmasies in- les érysipèles qui se développent chez des sujets d'ailleurs bien
ternes, du point où elles se sont développées, s'étendent plus ou portans, une médication active est nécessaire, comme nous aurons
moins loin, et l'on peut, à l'aide des méthodes d'observationsnom- occasion de le faire voir plus bas (1).
breuses, les suivre pas à pas. Sous ce rapport, la percussion et
(1) M. Louis a recueilli 60 observations de 1 erysipeie ae la lace
l'auscultation, mais surtout l'auscultation, facilitent singulièrement terminer d'une manière funeste
les observationsdu médecin, et l'on peut, avec leur secours, suivre et n'a jamais vti cette maladie se
chez les individus bien portans au moment de l'invasion. Pour ce
le développement des phlegmasies thoraciques. De même, l'éry- qui est de la délitescence, M. Louis ne l'a jamais observée et ne la
sipèle s'étend de plus en plus, à partir du point où il a pris nais- croit même pas possible. Mais il ne faut pas confondre la rougeur
sance. Il revient quelquefois sur les parties qu'il a abandonnées, et érythémateuse de la peau, avec l'érysipèle qui affecte la peau dans
les envahit une seconde fois. Enfin, nous le répétons, il y a entre sa texture. Nous partageons cette manière de voir, et nous ajoute-
les érysipèles et les affections internes la plus grande analogie. rons que nous considérons l'érysipèle comme opérantdes une action
révulsive qui s'oppose puissamment au développement conges-
Dans l'érysipèle de la face, il y a ceci de particulier que le gon- tions et des inflammations cérébrales. Il n'en est pas de même dans
,tlement des ganglions lymphatiques du cou, préexiste à l'érysipèle les pneumonies et les pleurésies , affections qui entravent 1 héma-
lui-même, et Franck dit avoir pu plusieurs fois, d'après ce seul tose, troublent la circulation, et favorisent la stase du sang dans les
phénomène, duquel il n'avait pu trouver la cause appréciable, pré- vaisseaux encéphaliques. (Note du rédacteur.)
-
internes et externes, en un mot, à tous les moyens perturbateurs SUR LES VOMITIFS ET SUR LE TARTRE STIBIÉ A HAUTE
et empiriques. DOSE. —M. Forget s'est proposé de résoudre cliniquement les
Le remède qui m'a servi à guérir plusieurs cas de céphalalgies problèmes suivans :
violentes, récentes et anciennes, n'est pas nouveau, tant s'en faut; Le tartre stibié purge-t-il plus fréquemment que les vomitifs
il n'est peut-être pas de praticien qui ne l'ait employé plusieurs végétaux ? — Les vomitifs ont-ils pour effet de dissiper les sabur-
fois; c'est l'opium dont je veux parler. res? — La tolérance, après l'administration du tartre stibié à haute
Une céphalalgie peut dépendre ou être occasionnée par tant de dose dans la péripneumonie, est-elle le fait général ou n'est-elle
causes diverses, qu'on ne saurait trop recommander d'en recher- que l'exception? — La guérison est-elle plus sûre et plus prompte
cher toujours la nature. Malheureusement rien n'est plus difficile lorsque le tartre stibié est toléré que lorsqu'il ne l'est pas? — Quelle
que l'appréciationrigoureuse des causes immédiatesdes maladies, est la valeur du phénomène appelé saturation antimoniale dans le
et, bon gré, malgré, le praticien se trouvera long-temps encore traitement de la pneumonie? — Le tartre stibié jouit-il de pro-
dans la nécessité de faire souvent de la médecine symptômatique, priétés spécifiques, indépendantes de ses effets évacuans ou déri-
cet épouvantail méprisable de quelques réformateurs modernes. vatifs?
En présence de certaines céphalées atroces, le praticien, qui M. Forget a résumé son travail dans les propositionssuivantes :
1° Il est démontré que le tartre stibié à dose vomitive
cherche toujours à guérir, que voulez-vous qu'il fasse et qu'il -dise, purge
lorsque l'observation lui a appris que l'opium lui est un moyen très fréquemment;
très efficace? Doit-il, en conscience, se préoccuper plus particu- 2° Il est également démontré que les vomitifs végétaux purgent
lièrement d'autre chose que du fait empirique? assez souvent ;
5° L'effet purgatif des vomitifs paraît être plutôt en rapport avec
Tout les thérapeutistes sont tellement d'accord sur ce point,
les doses et les conditions individuelles, qu'avec la nature même
c'est à dire que le cerveau se congestionne sous l'influence de
l'opium, qu'ils ont inspiré une grande défiance de ce médicament du médicament;
4° La plupart des vomitifs, végétaux aussi bien que minéraux, '
dans les maladies cérébrales. Sans prétendre, car c'est loin de ma
pensée, que l'opium n'ait réellement une influence congestive sur sont irritans; il n'existe à cet égard que des degrés entre eux. Les
le cerveau, je la crois cependant un peu exagérée. Nul plus que propriétés astringentes de l'ipécacuanha sont une chimère.
moi n'est disposé à proclamer la prudence en médecine pratique; 5" Il est faux que les vomitifs aient pour résultat ordinaire de
je suis même le précepte de J. Frank, c'est à dire que je n'ordonne faire disparaître les enduits dits saburraux, qu'ils ont souvent pour
rien à mes malades que je n'osasse prendre moi-même si je me effet d'augmenter. (Dehaën, Stoll.)
trouvais dans leur position; mais, je le répète, l'opium ne me pa- 6° Dans l'administration du tartre stibié à haute dose, la tolé-
raît point avoir une influence, sur l'organe encéphalique, aussi rance d'emblée est l'exception, et les évacuations gastro-intesti-
malfaisante par ses effets congestifs qu'on le prétend générale- nales préliminaires sont le fait général ;
7° Il n'est pas démontré que la tolérance d'emblée exerce un
ment.
effet avantageux sur la marche et la terminaison de la pneumonie;
Lorsque je suis consulté par un malade atteint de céphalalgie
8° La pneumonie guérit au moins aussi sûrement et aussi rapi-
ou de céphalée, que celle-ci ne paraît pas-être symptômatique, ce dement lorsqu'il y a des évacuations intestinales que lorsqu'il n'y
qui est assez difficile à apprécier, j'en conviens, mais que l'ensem-
ble constitutionnel du malade me porte à considérer comme de en a pas;
9° Le phénomène de saturation antimoniale est un pur acci-
nature névropathique, je commence, lors surtout qu'il y a des
symptômes de congestion, par pratiquer une saignée du bras, si dent, sans liaison aucune avec la marche et la terminaison de la
les forces du malade le permettent, ce qui a lieu presque toujours; maladie ;
10° L'action spécifique du tartre stibié dans la pneumonie est
et si le malade n'en retire aucun soulagement, si la céphalalgie,
au contraire, paraît vouloir augmenter d'intensité, ce qui arrive une hypothèse contestable, et qui attend encore la sanction d'ex-
très souvent, j'ordonne alors le chlorhydrate de morphine par périences comparatives;
41° En thèse générale, la saignée doit avoir le pas sur le tartre
quarts de grains toutes les heures, répétant ainsi les doses jusqu'à stibié dans le traitement de la pneumonie;
soulagementréel. C'est ainsi que je suis parvenu, bon nombre de
120 Mais il est des cas où le tartre stibié est seul applicable, et
fois, à guérir des malades dont le mal de tête avait résisté à des d'autres où il peut être appliqué concurremment avec la saignée.
moyens en apparence les plus rationels, et jamais l'administration
de l'opium n'a été suivie d'accidens les plus légers. En suivant
cette pratique, bon nombre de céphalalgies qu'on décore du nom DE L'HÉMORRIÏAGIE UTÉRINE DANS SES RAPPORTS AVEC LA
de migraine ne seront plus un ennemi avec lequel on se résigne à MOBILITÉ NERVEUSE; par M. Max SIMON. — Il n'est nullement rare,
vivre, parce qu'on croit généralement que les secrets de la méde- dit l'auteur, de rencontrer dans la pratique des femmes nerveuses
cine sont impuissans contre lui. Est-ce à dire que lorsque les con- qui sont épuisées à chaque période menstruelle par une perte de
ditions dans lesquelles un malade peut se trouver, que le commé- sang très abondante et très prolongée. Souvent alors, en même
moratif de son encéphalopathie fait redouter quelque inflammation temps qu'il y a hémorrhagie menstruelle, les malades éprouvent
imminente des meninges, ne me feront pas reculer devant l'admi- des douleurs très vives dans les reins et le bas-ventre ; dans un cer-
nistration de l'opium? qu'on ne le croie pas. tain nombre de cas, il est difficile de ne point faire dépendre l'hé-
— Cette thérapeutique est
très rationnelle, et l'expérience nous morrhagie d'un dérangement survenu dans l'innervation locale.
a confirmé son efficacité. Nous ajouterons même que, dans la grande La nature de ce dernier trouble ne saurait rester douteuse en pré-
majorité des cas, on ne doit pas faire de soustraction de sang. La sence des phénomènes par lesquels il se traduit à l'observation.
migraine est une viscéralgie cérébrale qui cède constamment. lors- Les douleurs vives qui sont ressenties dans la profondeur du bas-
qu'on la combat par l'opium à petites doses, mais continuéesjus- sin et qui s'irradient dans les reins, les cuisses, le siège et qui
qu'à cessation du trouble nerveux. Nous administrons de préfé- ,
parfois éveillent même sympathiquementune sensibilité anormale
rence l'extrait d'opium il la dose de : centigrammes, quelquefois dans les seins, l'absence de tout mouvement fébrile et, hors le
plus, selon les circonstances, divisée en huit pilules, simplement temps du travail menstruel, de tout symptôme annonçant quel-
roulées dans du sucre, et administrées de demi-heure en demi- que lésion organique ; l'absence de ces circonstances, disons-nous,
heure. Nous prescrivons en même temps une infusion d'écorce suffit pour établir la nature nerveuse des accidens, ou, pour
par-
d'orange, sucrée, bien chaude. (Noie du Rédacteur.) ler le langage d'Hufeland, l'état éréthique, ou la simple excitation
nerveuse de l'utérus et de ses annexes. Nous savons bien qu'il y a
1
métal submergée. Les fils conducteurs traînent toujours sur le cas où cette transmission était démontrée. Aujourd'hui cette
fond, et l'on a soin en même temps d'avoir deux doigts sur les pôles affreuse maladie se communique à l'homme si fréquemment
qu'on pourrait en citer chaque jour des exemples; dernièrement
de l'appareil. Pendant que la chaloupe exécute ainsi quelques mou- c'était encore un jeune vétérinaire qui a contracté la morve à
vemens sur l'eau, la main reçoit continuellement de légères dé- laquelle il a succombé en fort peu de jours, par la seule olfaction
charges de l'appareil électro-magnétique.Mais dès que les deux fils de la matière qui s'écoulait des naseaux d'un cheval morveux. On
conducteurs qui se traînent comme deux mains intelligentes vien- ne connaît point encore de médication propre à neutraliser l'effet de
nent à toucher un métal, les petites décharges cessent à l'instant cette horrible infection.
même, et l'on est ainsi averti de la présence d'une masse métal-
lique au fond de l'eau. QUESTIONS RELATIVESAU MAGNÉTISME ANIMAL; par M. le
Ce n'est pas tout, il faut déterminer encore la nature du métal- Dr RIDARD. — M. Ridard n'est ni un incrédule systématique, ni un
Pour cela, on descend dans l'eau, à l'aide d'une corde, un aimant croyant enthousiaste. Il pense que les faits magnétiques ne sont
ni impossibles, ni absurdes, et il convie à leur étude les hommes
artificiel qui emprunte son action à une batterie électro-galvanique. sérieux. Seulement, il croit qu'ils ont besoin d'un programme, et
Si cet aimant adhère à la masse immergée, c'est une preuve que voici le sien :
cette masse est de la fonte ou du fer, et on la retire de l'eau au 1" Existe-t-il, en dehors des phénomènes réguliers qui consti-
moyen d'une grue disposée à cet effet sur la chaloupe. Si l'aimant tuent la vie et la santé, d'autres phénomènes assez remarquables,
reste sans attraction, c'est une preuve qu'on a affaire à du cuivre assez exceptionnels pour avoir mérité un nom particulier, celui de
magnétisme animal?
ou à tout autre métal. Un tel procédé est destiné à rendre d'impor. 2° Ces phénomènes sont-ils produits par un homme sur un au-
tans services à la marine. tre , sans intervention d'agens matériels visibles, par l'influence de,
là volonté sur la sensibilité, sur la foi et par l'intermédiaire proba-
FORMULE POUR TEINDRE LES CHEVEUX EN NOIR. — On ble du système nerveux?
a déjà fait connaître les effets dangereux que peuvent occasionner 5° Le somnambulisme magnétique donne-t-il, à celui qui en est
certaines formules destinées à teindre les cheveux en noir et que atteint, la faculté de suppléer aux sens dont l'exercice est suspendu,
l'on débite sous des noms divers. Pour obvier aux inconvéniens par d'autres parties inaptes à de telles fonctions après comme avant
le somnambulisme? Le magnétisé voit-il sans le secours des yeux,
que présente l'usage de ces produits, M. le docteur Haumann, pro-
fesseur à Dresde, propose la formule suivante qu'il a employée par l'occiput, l'épigastre, etc.?
4° Se développe-t-il, sous l'empire du magnétisme, une apti-
chez beaucoup de sujets et toujours avec succès. Le seul reproche tude particulièreà découvrir certains objets ou certains faits plus ou
qui pourrait lui être adressé serait de favoriser la formation de fu- moins éloignés, plus ou moins inconnus, de telle sorte que les dis-
roncles par l'occlusion des folliculesmucipares de la peau. tances ne paraissentplus exister ni pour le temps, ni pour l'espace?
Pr. Litharge porphyrisée, 250 grammes. 5° Cette puissance va-t-elle, chez celui qui nest pas médecin,
Chaux vive porphyrisée, 125 id. jusqu'à découvrir la structure intime de ses organes, à signaler les
lésions dont ils peuvent être atteints, à indiquer les remèdes qui
Poudre à poudrer, 62 id. doivent être appliqués ?
M. et F. S. A. une poudre parfaitement homogène. 6° Le magnétisme animal est-il, entre les mains du médecin qui
Dans la préparation de ce mélange, il faut se garder avec soin sait le diriger, un moyen thérapeutique propre à combattre certai-
délaisser pénétrer quelque particule de poudre dans les yeux, nes maladies?
7° Inconsidérémentou trop long-temps employé, est-il suscep-
parce qu'il en résulterait facilement une ophthalmie. tible d'amener lui-mème ole développement de quelques maladies?
Pour l'employer on en prend une quantité suffisante que l'on C'est dire que Tétude du magnétisme doit être considérée sous le
place dans une soucoupe et que l'on convertit en pâte molle par triple rapport de la physiologie, de la pathologie et de la théra-
l'addition d'une dose convenable d'eau chaude. peutique.
La pâte obtenue est appliquée sur les cheveux, les favoris, etc., Le rédacteur des Annales médico-psychologiques fait suivre ces
à l'aide des doigts, et en ayant soin d'enterrer pour ainsi dire les questions de réflexions fort sensées, et dont tous ceux qui ont
cherché à s'occuper de magnétisme apprécieront la justesse. Nous
cheveux ou les poils jusqu'à la racine. On recouvre ensuite le tout
croyons utile de les reproduire :
avec une feuille de coton ouaté légèrement humectée d'eau, et « Aux questions posées par M. le docteur
Ridard, nous pour-
qu'on maintient en place au moyen d'un linge ployé en plusieurs rions en ajouter un grand nombre d'autres que soulève la science,
doubles. jusqu'ici fort occulte des magnétologistes. Nous devons reconnaître
Cette pâte doit être tenue en place au moins pendant trois heu- toutefois qu'il a mentionné celles dont il faut avoir une solution *
quelconque avant de se décider à devenir un adepte ou à rester
res, ou mieux encore pendant toute la durée de la nuit; car, en tout-à-fait incrédule. A ce point de vue, elles sont donc les plus
effet, la chaleur du lit favorise son action. importantes à résoudre. Mais où sont les élémens de cette solution?
Lorsqu'il s'agit d'enlever cette pâte devenue sèche et dure on Les trouverez-vous dans les recherches d'un ou de plusieurs ob-
,
y parvient aisément, soit en frottant légèrement les cheveux ou servateurs isolés?... Quelque bien conduites que puissent être ces
recherches que pourront faire les corps savans institués pour sol-
les poils entre les doigts, soit en les lavant avec une eau de savon.
liciter et vérifier les découvertes individuelles?... II faut renoncer,
Enfin, si les cheveux sont trop raides par suite de l'action de ce
composé, on leur rend la souplesse voulue en les graissant de pour le moment du moins, à les voir à l'œuvre. Cela est positif.
D'ailleurs, les faits que l'on nous présente sous le titre de Magné-
pommide et les passant au peigne. tisme animal, s'ils sont, en partie du moins, réels et accessibles à
On renouvelle l'application à mesure que les cheveux poussent l'expérience, ne se démontrent pas si aisément, en toute occasion,
et montrent une portion blanche à leur partie inférieure. à toute heure sur tous les individus; ils ne ressemblent en rien
aux faits sur lesquels les commissions académiques sont ordinaire-
,
ment appelées à se prononcer. Que reste-t-il donc à faire? Peut-ort
MELANGES. espérer que les passions donnent leur congé, et avec elles l'enthou-
siasme imperturbable des uns et l'hostilité invincible des autres?
Nous croyons que la science, la véritable science peut attendre que
CORPS FIBREUX DE LA MAMELLE. — La discussion ouverte l'évidence des faits dont elle doit s'enrichir se fasse jour d'elle-
sur la communication faite par M. le professeurCruveilhier se con- même, à l'aide des intérêts et des émotions qui sont mis en jeu.
tinue à l'Académie de médecine; nous résumerons cette discussion Nous croyons, après une étude assez opiniâtre du sujet, que diffé-
lorsque nous pourrons en réunir tous les élémens., rer en pareille matière est le parti le plus sage. »
TRANSMISSION DE LA MORVE DU CHEVAL A L'HOMME. TRANSFUSIONDU SANG PRATIQUÉE AVEC SUCCES. — Le
Il
—r y a
quelques années on doutait de la réalité de cette: transmis- sujet de cette observation est un négociant qui était dans l'habitude
sion ; aucun fait de contagion n'avait encore été observé, et il de voyager pour les affaires de son commerce. Il avait été vigou-
y a quelques mois on. comptait seulement un petit nombre de reux et actif; mais en janvier 1843, il était faible et maladifdepuis