Gestion de La Trésorerie MPRO 1 FICO ACOG 2024 2025
Gestion de La Trésorerie MPRO 1 FICO ACOG 2024 2025
Cours de
Gestion de la Trésorerie
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
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PLAN DU COURS
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
Pour parer au risque d’insolvabilité (rupture du service de caisse, cessation de paiement, etc.),
l’entreprise doit maintenir un certain niveau de trésorerie, car en pratique il est très difficile
d’assurer une parfaite synchronisation entre les encaissements et les décaissements.
La gestion de la trésorerie revient alors, à gérer ses entrées/sorties et à en déduire un solde final
appelé trésorerie. La trésorerie représente l’argent disponible sur le compte bancaire, une fois
les recettes encaissées et les dépenses payées.
Elle peut être excédentaire ou positive : dans ce cas, les recettes dépassent les dépenses et le solde
du compte bancaire est créditeur. Il peut alors être utile d'étudier une formule de placement dit de
« trésorerie ». Elle peut être déficitaire ou négative : dans ce cas, les dépenses dépassent les
recettes et le solde du compte bancaire est débiteur. Il peut alors être nécessaire de mener une
action afin de revenir en situation créditrice ou d'obtenir un financement court terme de votre
partenaire bancaire.
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CHAPITRE 1 : L’ANALYSE DE L’ÉQUILIBRE FINANCIER
Objectifs :
• Déterminer les fonds de roulement, besoins en fonds de roulement et trésorerie ;
• Maîtriser l’analyse de la structure financière par la méthode des ratios.
INTRODUCTION
Pour l’analyse de la structure financière, le document central est le bilan. L’évaluation des
« grandes masses » du bilan et l’étude des relations qui existent entre elles et entre leurs
composantes principales constituent l’analyse de la structure financière. Cette analyse permet de
porter un jugement sur les équilibres financiers fondamentaux.
Le bilan est un document de synthèse dans lequel sont regroupés à une date donnée, l’ensemble
des ressources dont a disposé l’entreprise et l’ensemble des emplois qu’elle en a fait.
Total Total
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1.2) Le classement des postes du bilan
Selon le système comptable OHADA, le classement des postes du bilan correspond à l’optique
économique : investissement et exploitation à l’actif ; financement au passif. D’où le schéma ci-
dessous :
Bilan
Actif Passif
Cycle d’investissement Actif Immobilisé Ressources Stables
Total Total
L’étude du bilan constitue la première étape de l’analyse financière. Deux (02) types de bilan
peuvent être retenus à cet effet :
• Le bilan fonctionnel ;
• Le bilan financier.
Le bilan fonctionnel est un bilan avant répartition du résultat présenté en valeur brute. Il est un
outil d'analyse de l'entreprise. Cette analyse permet de mettre en évidence les notions de fonds de
roulement, de besoin en fonds de roulement et de trésorerie nette à partir desquelles la situation
financière de l’entreprise peut être appréciée.
Le bilan fonctionnel est un bilan comptable retraité dans le but d’expliquer le fonctionnement de
l’entreprise.
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Le bilan fonctionnel condensé se présente de la manière suivante :
Trésorerie – Actif
Trésorerie – Passif
Total actif 100 Total passif 100
Le bilan comptable est un état qui à une date donnée permet de connaître le patrimoine de
l’entreprise. Il est également un document synthétisant l’actif, ce qui est possédé par une
entreprise et du passif, ce dont une entreprise dispose comme ressource.
Actif Passif
Actif immobilisé Capitaux stables * Capitaux propres
* Dettes financières
Ecart de Ecart de
conversion actif conversion passif
On distingue 3 cycles :
• Le cycle d’investissement : qui regroupe les opérations d’acquisition d’immobilisation ou
d’emplois à long terme.
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Autrement dit, c’est un cycle qui s’étend sur plusieurs années. Il est représenté par les
emplois stables (ou durables) de l’entreprise (investissements incorporels, corporels et
financiers) ;
• Le cycle de financement : qui regroupe les ressources à long terme nécessaire au
développement de l’activité de l’entreprise.
Autrement dit, il est représenté par les ressources stables ou durables (capitaux propres,
dettes financières) nécessaires au financement des emplois stables ;
• Le cycle d’exploitation : qui regroupe les opérations liées au cycle d’achat, de stockage,
de production de vente (cycle court).
Autrement dit, le cycle d’exploitation est l’ensemble des opérations allant de l’acquisition
des matières premières et / ou marchandises jusqu’au recouvrement des créances clients.
Le cycle d’exploitation est court pour une entreprise commerciale, plus long pour une
entreprise de production. Il est représenté par : les actifs d’exploitation (besoins du
financement générés par le cycle d’exploitation) ; les dettes d’exploitation (ressources de
financement générées par le cycle d’exploitation).
Les créances clients et les dettes fournisseurs apparaissent dans ce cycle en raison des décalages
de paiement entre les opérations d’achat et leur règlement et les opérations de vente et leur
règlement.
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Présentation du bilan fonctionnel après retraitement
Actif Passif
(besoins de financement) (ressources de financement)
Emplois stables Ressources stables
• Actif immobilisé brut • Capitaux propres
+ Valeur d’origine des équipements ou immobilisations + Amortissements et dépréciations sur actif
financés par crédit-bail + Amortissements des immobilisations financées par
+ Charges à répartir sur plusieurs exercices crédit-bail
+ Ecarts de Conversion–Actif (ECA) sur + Provisions pour risques et charges
immobilisations financières + Avances conditionnées, prêts participatifs et comptes
- Ecarts de Conversion–Passif (ECP) sur courants d’associés bloqués assimilés à des capitaux
immobilisations financières propres
- Intérêts courus non échus (ICNE) sur immobilisations - Capital souscrit-non appelé
financières (Intérêts courus sur prêts)
------------------------------------------------------------ • Dettes financières
Postes à éliminer : + Emprunts auprès des établissements de crédit
Capital souscrit-non appelé + Emprunts et dettes financières divers
Primes de remboursement des obligations + Avances conditionnées, prêts participatifs et comptes
courants d’associés bloqués assimilés à des dettes
+ Valeur nette des équipements ou immobilisations
financés par crédit-bail
- Primes de remboursement des obligations
- Intérêts courus non échus sur emprunts
+ Ecart de conversion–Passif sur emprunts
- Ecart de conversion–Actif sur emprunts
- Découverts bancaires (Concours bancaires courants et
soldes créditeurs banques)
Actif circulant brut Dettes circulantes
• Exploitation • Exploitation
Stocks bruts Avances et acomptes reçus sur commandes
+ Avances et acomptes versés sur commandes + Dettes fournisseurs
+ Créances clients bruts + Dettes fiscales et sociales d’exploitation
+ Autres créances d’exploitation + Autres dettes d’exploitation
+ Effets escomptés non échus + Produits constatés d’avance d’exploitation
+ Charges constatées d’avance d’exploitation + Ecarts de conversion–Passif sur dettes fournisseurs
+ Ecarts de conversion–Actif sur créances clients - Ecarts de conversion–Actif sur dettes fournisseurs
- Ecarts de conversion–Passif sur créances clients
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1.4-) Le bilan financier
Le bilan financier est un document permettant de connaître ce qui est possédé par une entreprise (son
actif) et ce qu’elle doit (son passif). Il reprend les informations fournies par le bilan comptable en les
réorganisant de manière à déterminer la solvabilité de l’entité sur le court terme.
Le bilan financier est obtenu à partir du bilan fonctionnel après retraitement et en tenant compte
de nombreuses informations contenues dans l’annexe.
Le bilan financier tient compte du degré de liquidité et d’exigibilité, alors que le bilan fonctionnel
tient compte du cycle d’exploitation.
Le bilan financier est évalué en valeur nette, alors que le bilan fonctionnel est évalué en valeur
brute.
Le bilan financier est dressé à partir du bilan fonctionnel qui après retraitement présente deux
rubriques tant à l’actif qu’au passif.
• La rubrique regroupant les postes dont l’échéance est à plus d’un an et les capitaux
permanents ;
• La rubrique regroupant les postes dont l’échéance est à moins d’un an.
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Présentation du bilan financier après retraitement
Actif Passif
(degré de liquidité) (degré d’exigibilité)
Actif à plus d’un an Passif à plus d’un an
• Actif immobilisé net (Total I au bilan) • Capitaux propres (Total I au bilan)
+ Plus-values latentes + Plus-values latentes
+ Part de l’actif circulant net à plus d’un an + Comptes courants bloqués
(stock outil, créances…) + Ecart de conversion – Passif
+ Charges constatées d’avance à plus d’un an - Part d’écart de conversion actif non couverte
- Moins-values latentes par une provision
- Part de l’actif immobilisé net à moins d’un an - Impôt latent sur subventions d’investissement
- Capital souscrit–non appelé et provisions réglementées
- Actif fictif net
- Moins-values latentes
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Postes constituant l’actif fictif net à • Dettes à plus d’un an
éliminer : + Provisions pour risques et charges à plus d’un
Frais d’établissement an
Fonds commercial + Impôt latent à plus d’un an sur subventions
Primes de remboursement des obligations d’investissement et provisions réglementées
Charges à répartir + Produits constatés d’avance à plus d’un an
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C’est l’excédent de ressources stables sur les emplois stables (actifs immobilisés). En d’autres
termes, c’est la partie des fonds à long terme qui financent l’actif circulant. Le fonds de roulement
est aussi la partie de l’actif circulant non financée par les dettes à court terme (PC + TP) et qui
par conséquent est financée par les ressources stables.
Ainsi, le FR mesure la quantité des ressources stables disponibles (qui ne sont pas utilisées par
les actifs immobilisés) pour financer les dépenses courantes d’exploitation de l’entreprise.
Le FR constitue une marge de sécurité pour l’entreprise. Cette notion constitue un dépassement
de la règle de l’équilibre financier ou de l’orthodoxie financière selon laquelle un emploi doit
être financé par une ressource de même durée de vie.
L’objectif du FR est de mesurer les ressources dont l’entreprise dispose pour financer son activité.
De ce fait, pour le chef d’entreprise, il s’agit d’un excellent indicateur sur la politique de
financement nécessaire.
Le montant du FR doit permettre de couvrir en partie le besoin en fonds de roulement (BFR) afin
de soutenir et de maintenir le cycle d’exploitation de l’entreprise.
Cela signifie que votre entreprise dispose des ressources pour financer son éventuel besoin. Il
faut ainsi comparer le FR et le BFR pour voir si le premier est suffisant pour couvrir le second.
Cela signifie que votre entreprise ne dispose pas d’assez de ressources pour financer son éventuel
besoin. Elle doit donc se financer par de la trésorerie à court terme. Selon votre situation, il pourra
vous être conseillé de procéder à une augmentation de calcul par exemple.
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• Fonds de roulement nul = votre entreprise peut financer ses investissements mais ne
pourra pas couvrir les dépenses courantes liées à son activité si elle a un besoin.
Actif Passif
ES RS CP
FR …………………………
AC AO
AC AC HAO DF
…………………………
PC PC AO
PC HAO
…………………………
TA TP
Avec :
ES emplois stables ; RS ressources stables ; AC actif circulant ; TA trésorerie actif ; PC passif
circulant ; TP trésorerie passif ; CP capitaux propres ; DF dettes financières ; ACHAO actif
circulant hors activité ordinaire ; ACAO actif circulant activité ordinaire ; PCHAO passif
circulant hors activité ordinaire ; PCAO passif circulant activité ordinaire.
N.B :
ES = AI (Emplois Stables = Actifs Immobilisés) ;
RS = CP (Ressources Stables = Capitaux Permanents).
FR = RS – ES
N.B :
- (AC + TA) constituaient dans le plan comptable OCAM (Organisation Commune Africaine et
Malgache), l’actif circulant ;
- le passif circulant et la trésorerie passif formaient les dettes à court terme.
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➢ Autres variantes du fonds de roulement (FR)
On peut aussi calculer le fonds de roulement propre (FRP), le fonds de roulement total (FRT) et
le fonds de roulement net global (FRNG), le fonds de roulement étranger (FRE), le fonds de
roulement net (FRN), le fonds de roulement financier (FRF), fonds de roulement normatif
(FRNor).
Le fonds de roulement propre (FRP) se distingue du fonds de roulement brut et est donné par la
formule :
FRP = CPr – AI
Le fonds de roulement propre (FRP) est un indicateur qui permet d’apprécier l’autonomie d’une
entreprise par rapport aux financements de ses différents investissements matériels et
immatériels. Autrement dit, il permet d’apprécier le financement de l’actif immobilisé par les
fonds propres.
Le fonds de roulement total (FRT) se distingue du fonds de roulement net et est donné par :
Le FRE est la différence entre le fonds de roulement financier et le fonds de roulement propre.
Le FRE est égal aux dettes à long et moyen terme plus les dettes à court terme.
Le FRE représente toutes les dettes de l’entreprise.
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N.B :
Lorsque le FRN est négatif, cela implique qu’une partie des immobilisations est financée par des
dettes à court terme.
Cette situation entraîne régulièrement des problèmes de liquidité et de trésorerie, et aussi, la
défaillance des entreprises.
Il doit permettre d’assurer une partie du financement du besoin en fonds de roulement d’une
entreprise.
Le FRF est considéré comme plus pertinent que le fonds de roulement net global notamment
lorsqu’il s’agit d’évaluer la liquidité et la solvabilité d’une entreprise.
Remarque :
Le fonds de roulement est une notion d'équité du bilan fonctionnel d'une entreprise. Il existe deux
niveaux de fonds de roulement : le Fonds de Roulement Net Global (FRNG) et le Fonds de
Roulement Financier. Lorsque rien n'est précisé, la notion de « Fonds de Roulement » (FR)
renvoie au fonds de roulement net global (FRNG).
Le fonds de roulement constitue une garantie de liquidité de l’entreprise. Plus il est important,
plus grande est cette garantie.
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Le fonds de roulement net global pris isolement n’a qu’une signification relative. Pour déterminer
si son niveau est satisfaisant, il faut le comparer au besoin en fonds de roulement.
Le BFR correspond à la somme que l’entreprise doit financer pour couvrir le besoin résultant des
décalages de trésorerie entre les entrées et les sorties.
Ce dernier désigne les ressources nécessaires pour couvrir les besoins résultant des décalages
entre les flux de trésorerie correspondant aux paiements des fournisseurs, et l’achat des stocks
face aux encaissements clients.
Une entreprise dont le BFR est supérieur à zéro, est par exemple, une entreprise qui doit payer
ses fournisseurs sous 30 jours et qui a des clients qui paient sous 60 jours.
La majorité des entreprises ont un BFR supérieur à zéro, autrement dit, on besoin de trouver des
fonds pour faire face aux décalages de trésorerie.
A l’inverse, des entreprises qui encaissent avant de décaisser, sont des entreprises qui ont un BFR
inférieur à zéro.
Le BFR représente un solde qui résulte à un moment donné de la différence entre les actifs
d’exploitation et les passifs d’exploitation.
BFR = AC – PC
On peut aussi scinder le BFR en deux parties : le besoin en fonds de roulement d’exploitation
(BFRE) et le besoin en fonds de roulement hors exploitation (BFRHE).
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Le BFRE représente la composante la plus importante du BFR. Supposé directement lié au chiffre
d’affaires, le BFRE est une variable de gestion primordiale. Il est parfois appelé « besoin de
financement du cycle d’exploitation ».
BFRHE = Actif Circulant Hors Exploitation (ACHE) – Dettes Hors Exploitation (DHE)
Composante généralement mineure du BFR, le BFRHE peut être très variable d’un exercice à
l’autre.
Le besoin en fonds de roulement (BFR) doit de préférence être négatif. Il convient de le réduire
au minimum possible, y compris s’il est déjà négatif.
Un BFR négatif signifie que l’entreprise est en bonne santé financière et dispose de suffisamment
d’argent pour être capable d’honorer ses dettes de court terme.
Autrement dit, les fonds disponibles à l’entreprise lui permettent de financer intégralement son
prochain cycle d’exploitation et ses emplois à court terme.
Par exemple pour certaines activités comme la grande distribution, le BFR est toujours négatif.
En effet, les entreprises de grande distribution payent normalement leurs fournisseurs après la
livraison. L’entreprise bénéficie alors d’un flux de trésorerie entrant.
Un BFR indique que les dettes des clients de l’entreprise ne sont pas suffisantes pour couvrir les
actifs à court terme et qu’il sera nécessaire de recourir à des financements externes.
La plupart des entreprises ont un BFR positif, ce qui signifie que les fonds nécessaires pour
financer l’exploitation sont supérieurs aux ressources d’exploitation dont l’entreprise dispose.
Par conséquent, l’entreprise doit trouver des fonds supplémentaires pour financer son cycle
d’exploitation.
On parle de BFR lorsqu’il est question des ressources et emplois circulants, c’est-à-dire à court
terme, ou concernant le cycle d’exploitation.
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On parle de FR lorsqu’il est question des emplois et ressources stables, c’est-à-dire à long terme,
ou plus d’un an.
La trésorerie (appelée parfois trésorerie nette) correspond au montant qu’une entreprise peut
mobiliser rapidement pour payer une dette.
La trésorerie nette est composée d’actifs liquides comme le solde positif du compte bancaire. Son
analyse est un indicateur de la gestion de l’entreprise.
La trésorerie nette représente les liquidités à la disposition d’une entreprise qui sont utilisables à
court terme, c’est-à-dire facilement mobilisables pour payer une dette.
La trésorerie nette est un élément d’analyse financière qui est calculé par les entreprises comme
indicateur de gestion.
La trésorerie nette représente les disponibilités de l’entreprise après le financement du fonds de
roulement (FR) et du besoin en fonds de roulement (BFR).
Indicateur avancé de la bonne santé (ou des difficultés) d’une entreprise, la trésorerie résulte
mécaniquement de la différence entre le fonds de roulement (à savoir les ressources nécessaires
pour financer l’activité) et le besoin en fonds de roulement (BFR).
La trésorerie est la différence entre l’actif de trésorerie et le passif de trésorerie. De plus, la
trésorerie est l’ensemble des sommes d’argent mobilisables à court terme (on parle en outre de
disponibilités à vue). Elle est un indicateur d’appréciation de la santé financière d’une entité.
TN = TA – TP
TN = FR – BFR
Ou encore :
Trésorerie nette = fonds de roulement – besoin en fonds de roulement
Trésorerie nette = disponibilités – dettes financières à court terme
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• Si FR ˃ BFR, le FR finance en totalité le BFR et il existe un excédent de ressources qui se
retrouve en trésorerie (trésorerie positive) ;
• Si FR ˂ BFR, le FR ne finance qu’une partie du BFR. La différence doit alors être financée
par crédit bancaire (trésorerie négative).
Remarque :
Trésorerie et résultat sont deux notions distinctes. La trésorerie est un indicateur de solvabilité de
l’entreprise : combien l’entreprise dispose-t-elle d’argent maintenant ? Le résultat est un
indicateur de rentabilité : l’entreprise crée-t-elle plus de richesse qu’elle n’en consomme ?
Un BFR supérieur au FR est alors financé par une trésorerie passive (découverts bancaires, CBC).
Si ce décalage est stable, peu élevé et négocié avec son banquier (facilité de caisse) cela n'engage
pas la survie de l'entreprise, même si cela est couteux. En revanche, si ce décalage est subi et en
augmentation, cela révèle un déséquilibre de la structure financière qui peut mettre en péril la
survie de l'entreprise.
Un ratio est un rapport significatif entre deux grandeurs. L’analyse financière par les ratios
permet, au responsable financier de suivre le progrès de son entreprise et situer l’image qu’elle
offre aux tiers (actionnaires, banquiers, clients, fournisseurs, etc.).
Il existe une multitude de ratios d’analyse financière à savoir : les ratios de structure ou de
situation (ils mettent en rapport les données du bilan afin d’apprécier les équilibres financiers) ;
les ratios d’activité ou de gestion (ils mettent en rapport des postes du bilan et des postes du
compte de résultat pour analyser l’évolution de l’activité de l’entreprise) et les ratios de rentabilité
(ils mettent en rapport les résultats, le chiffre d’affaires, les capitaux afin de mesurer la rentabilité
économique et financière de l’entreprise).
De plus, pour mener à bien l’analyse des ratios d’une entreprise, il faut tenir compte : de sa nature
juridique ; de sa taille ; de son vécu ; de ses ressources humaines (dirigeants, associés, personnel).
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Le financement des emplois stables L’autonomie financière
Les ratios de rotation sont au nombre de trois. Ils s'expriment généralement en jours.
Il est influencé par la durée du cycle d’exploitation, le secteur
Le délai de rotation d’activité, la saisonnalité des ventes et le caractère périssable
des stocks ou non du produit.
Ces ratios sont essentiels pour l'analyse du besoin en fonds de roulement d'exploitation. Ils
permettent :
❖ d'expliquer l'évolution du besoin en fonds de roulement d'exploitation ;
❖ d’analyser les éléments constitutifs du besoin en fonds de roulement d'exploitation ;
❖ de comprendre l'évolution de l'équilibre financier.
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Durée moyenne de stockage des marchandises / des achats de matières / des produits
Stock moyen
× 360 j
Coût d′ achat des marchandises vendues
ou Coût des achats consommés
ou Coût de production des produits
Dettes fournisseurs
× 360 j
Consommations en provenance des tiers TTC
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2.4.3-) Quelques ratios de structure
Nature Formule Interprétations
Financement des emplois Ressources stables Il mesure la couverture des emplois stables par
stables Emplois stables les ressources stables.
Capacité de Dettes financières L'endettement ne doit pas excéder 3 ou 4 fois la
remboursement Capacité d′autofinancement capacité d'autofinancement.
Autofinancement Autofinancement Il mesure la part de valeur ajoutée consacrée à
Valeur ajoutée l'auto financement.
Couverture de l'actif Fonds de roulement net global Il indique la part du fonds de roulement net global
circulant par le FRNG Actif circulant qui finance l'actif circulant.
Evolution du FRNG Fonds de roulement net global Il mesure la marge de sécurité financière en
× 360 j
Chiffre d′affaires hors taxes nombre de jours de CA.
Evolution du BFRE Besoin en fonds de roulement d′exploitation Il mesure l'importance du besoin en fonds de
× 360 j
Chiffre d′affaires hors taxes roulement d’exploitation en nombre de jours de
CA.
Endettement Dettes financières Il mesure le niveau d’endettement par rapport aux
Capitaux propres fonds propres.
Structure financière Capitaux propres + Dettes financières Il mesure le niveau d’endettement de l’entreprise.
Capitaux propres
Endettement à terme Capitaux propres Il mesure l’autonomie financière de l’entreprise.
Dettes à plus d′ un an
Ratio de liquidité Actif à court terme − stocks + valeurs disponibles Ce ratio doit être proche de 1. Il mesure la
˃1
réduite (restreinte) Dettes à court terme capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
Valeurs réalisables+ valeurs disponibles
˃1 court terme grâce à l’encaissement des
Dettes à court terme créances et de la trésorerie disponible.
Créances à moins d′ un an + Disponibilités
˃1
Dettes à moins d′ un an
Créances à moins d′ un an + Disponibilités
˃1
Passif réel à moins d′ un an
Ratio de liquidité Valeurs disponibles Bien qu’il n’y ait pas de norme stricte pour
immédiate Dettes à court terme l’établir, ce ratio mesure la capacité de
l’entreprise à payer ses dettes à court terme
Disponibilités
en utilisant ses disponibilités.
Dettes à moins d′ un an
Disponibilités
Passif réel à moins d′ un an
Liquidités
Dettes à court terme
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➢ Les ratios de solvabilité
Nature Formule Interprétations
Ratio Ce ratio mesure l’aptitude de l’entreprise à
d'autonomie Capitaux propres
˃1 s’endetter. Plus ce ratio est élevé, moins
Dettes financières
financière l’entreprise est endettée.
Capitaux propres
Capitaux permanents
˃ 0,5 Si le ratio d'autonomie financière est inférieur à
1, les capitaux propres ne couvrent pas
Capitaux propres l'ensemble des dettes contractées auprès des
Total des dettes établissements bancaires. La santé financière de
l'entreprise est alors en danger, l'entreprise est
trop endettée.
Ratio de Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à
solvabilité payer l’ensemble de ses dettes en utilisant
générale Total actif l’ensemble de l’actif. Le ratio de solvabilité
(Dettes à plus d′ un an) + (Dettes à moins d′ un an) générale est un chiffre global qui permet
Total actif
d'estimer la capacité de remboursement à terme
Total des dettes
˃1 d'une entreprise. Il permet une vue globale sur le
développement de l'activité de l'entreprise à la
fois dans le temps et dans l'espace. Il permet
d'évaluer la rentabilité et la solvabilité de
l’entreprise.
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Étude de cas 1 :
Étude de cas 2 :
Le bilan de l’entreprise « α » se présente comme suit :
Actif Passif
Libellés Montants Libellés Montants
Terrain 1230 Capital 1000
Matériel et mobilier 45 Réserves 10
Matériel et outillage 135 Emprunts à long terme 700
Stock de marchandises 200 Fournisseur 325
Clients 150 Effet à payer 195
Effets à recevoir 300 Banque 270
Valeur mobilière de placement 70
Banque 230
Caisse 140
Total 2500 Total 2500
N.B : les valeurs sont en millions d’unités monétaires
1-) Calculer le fonds de roulement de deux façons que vous préciserez
2-) Déterminer le besoin en fonds de roulement
3-) Calculer la trésorerie de cette entreprise en utilisant deux formules différentes
Étude de cas 3 :
Le bilan de l’entreprise « β » au 31 décembre 2010 se présente comme suit :
Actif Passif
Libellés Montants Libellés Montants
Immobilisation 1700 Capitaux propres 1510
Stock de marchandises 800 Dettes financières 800
Clients 310 Fournisseurs 900
Banque 250
Caisse 150
Total 3210 Total 3210
N.B : les chiffres sont exprimés en milliers de francs
1-) Calculer le fonds de roulement net global, le besoin en fonds de roulement et la trésorerie
2-) Apprécier la situation financière de cette entreprise
3-) Déterminer le ratio de liquidité immédiate et interpréter le résultat
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Étude de cas 4 :
Le patrimoine de la SARL MOMO, spécialisée dans la fabrication des produits cosmétiques est
constitué des éléments suivants au 31 décembre 2012.
- Capital : 6 800 000F ; - stocks : 2 000 000F ; - clients : 2 000 000F ; - immobilisations :
7 400 000F ; - fournisseurs : 1 050 000F ; - caisse : 600 000F ; - découvert bancaire :
150 000F ; dettes à long et moyen terme : 4 000 000F.
Étude de cas 5 :
a-) Calculer le fonds de roulement net global (par les deux méthodes)
b-) Déterminer le besoin en fonds de roulement et la trésorerie
c-) Expliquer comment ce besoin en fonds de roulement est financé
d-) Décomposer le besoin en fonds de roulement en BFRE et BFRHE
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Solution
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d-) Décomposition du BFR
BFR = BFR d’exploitation + BFR hors exploitation
BFRE = ACE – DE
BFRHE = 27 – 6
BFRHE = 21
BFRHE = 21 000 F
Vérification : 469 000 + 21 000 = 490 000 = BFR
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CHAPITRE 2 : LA PRÉVISION DE TRÉSORERIE : LE BUDGET DE TRESORERIE
Objectifs :
• Établir la situation prévisionnelle de trésorerie afin de prémunir l’entreprise contre tout
risque de cessation de paiement ;
• Présenter le budget de TVA ;
• Présenter le budget des encaissements, des décaissements et le budget de trésorerie ;
• Équilibrer tout au long de la période concernée les encaissements et les décaissements ;
• Présenter les états financiers prévisionnels (bilan et compte de résultat) ;
• Prévoir le besoin de financement externe à court terme et les ressources de financement
les mieux adaptées pour le couvrir ;
• Prendre des décisions en matière financière.
INTRODUCTION
La gestion de trésorerie est l’ensemble de décisions et de moyens mis en œuvre pour assurer au
moindre coût le maintien de la trésorerie de l’entreprise. La gestion de trésorerie a longtemps été
considérée comme une simple activité d’exécution du budget, sans enjeux particuliers. Arrêtée
essentiellement d’un point de vue comptable, elle est restée jusqu’à une époque récente le
domaine du « caissier », le chef d’entreprise surveillant au seul maintien de l’équilibre financier
traditionnel. A partir des années quatre-vingt, le développement rapide des moyens
informatiques, lié à l’apparition de nouveaux instruments financiers, a profondément modifié
l’approche de ce domaine qui est progressivement devenu une fonction financière à part entière.
A l’heure actuelle, la gestion de trésorerie est devenue un facteur de compétitivité dynamique,
largement impliqué dans la qualité des résultats des entreprises dont elle administre et contrôle
les flux financiers.
SECTION 1 : GENERALITES
Le budget de trésorerie est un outil prévisionnel indispensable pour gérer la trésorerie. Il est aussi
un état prévisionnel des flux de trésorerie (rentrées et sorties de liquidités). Le budget de trésorerie
est le reflet des éléments fournis par les autres budgets de l’entreprise, tels que le budget des
investissements, le budget des ventes, le budget des achats, etc…
Le budget de trésorerie regroupe toutes les informations financières fournis par les autres budgets
de l’entreprise.
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Il permet :
Le budget de trésorerie est élaboré généralement mois par mois pour une période de 12 mois. Son
utilisation est très efficace en période de création d’entreprise et en période de développement
d’activité.
N.B : Les opérations de la période dont les encaissements et les décaissements interviendront lors
des périodes suivantes constituent des créances ou des dettes prévisionnelles qui figureront dans le
bilan prévisionnel.
Pour chaque tableau, les encaissements ou les décaissements peuvent être classés en opérations
d’exploitation et en opérations hors exploitation.
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N.B : La TVA à décaisser fait l’objet d’une attention particulière.
Les principaux éléments constitutifs des trois tableaux sont présentés ci-dessous.
En pratique, il est utile de prévoir pour chaque tableau une dernière colonne destinée aux
prévisions de trésorerie qui seront encaissées ou décaissées au cours de la période ultérieure afin
de faciliter l’établissement du bilan prévisionnel.
29
Il faut exclure du tableau des encaissements les produits calculés et donc non encaissés de la
période (reprises sur dépréciations et provisions…).
N.B : Il ne faut pas confondre les ventes et les encaissements ; ces derniers sont valorisés toutes taxes
❖ Produits
comprises, encaissables
alors que (nondonnées
les ventes sont calculés) et non
hors encaissables (calculés) : quelles différences ?
taxes.
Un produit encaissable est un produit du compte de résultat qui génère un flux de trésorerie positif
pour l’entreprise. Autrement dit, il est à l’origine d’une entrée d’argent. Ce dernier pouvant
provenir des clients, des organismes sociaux, des établissements bancaires ou encore de l’Etat.
Parmi les produits encaissables, se trouvent les ventes de marchandises ou prestations de services,
les subventions d’exploitation, les autres produits de gestion courante, comme les redevances
pour brevets et licences ou les revenus immobiliers ou encore les produits financiers.
Un produit non encaissable est une écriture comptable qui ne donne pas lieu à une entrée d’argent
mais qui est comptabilisée dans un compte de classe 7 et qui vient donc augmenter le résultat. Il
s’agit par exemple de : reprises de provisions et d’amortissements.
Également connu sous le nom de « produit non encaissable », un produit calculé ne s’accompagne
pas d’un flux de trésorerie.
S’il n’est pas à l’origine d’une entrée d’argent dans les caisses, il concourt en revanche à modifier
le résultat puisqu’il apparaît dans la comptabilité de l’entreprise.
S’ils sont peu nombreux, les produits calculés correspondent généralement à une quote-part des
subventions d’investissement ou aux reprises sur amortissements et provisions.
30
N.B :
Les encaissements attendus peuvent résulter des opérations d’exploitation (ventes des
marchandises, de produits ou de services TTC), des opérations en capital (apports en numéraire,
émission de nouveaux emprunts…) ou des opérations exceptionnelles (cessions
d’immobilisations,…).
Ces opérations génératrices des recettes peuvent :
- Avoir été réalisées durant les périodes antérieures. On peut citer, entre autres, le règlement
des créances clients, le remboursement des prêts, des dépôts et cautionnements à
l’entreprise (les montants de ces opérations figurent dans le bilan initial) ;
- Être réalisées durant la période. C’est le cas :
• Des ventes au comptant des marchandises, des produits, des services des immobilisations,
etc…
• De l’augmentation du capital par émission d’actions nouvelles en numéraire libérées
pendent la période ;
• De l’émission des emprunts ;
• De la négociation des effets de commerce.
Le décalage généralement observé entre la date de la réalisation des ventes et la date de leur
règlement conduit très souvent à la conception d’un tableau d’analyse des encaissements des
ventes.
TABLEAU DES ENCAISSEMENTS
Eléments Janvier Février …
RECETTES DES OPERATIONS D’EXPLOITATION
- Ventes au comptant
- Règlements des clients en espèce
- Règlements des clients par chèque
- Règlements des clients par effets escomptables
- Encaissement des effets
- Etc…
RECETTES DES OPERATIONS EN CAPITAL
- Apports en capital
- Emprunts à plus d’un an
- Autres recettes (subventions…)
- Etc…
RECETTES DES OPERATIONS EXCEPTIONNELLES
- Cessions d’éléments d’actif
- Remboursements des prêts
- Remboursements des dépôts et cautionnements à l’entreprise
- Encaissement des dividendes
- Encaissement des produits financiers
- Etc…
TOTAL DES RECETTES
31
Tableau des décaissements
Il faut exclure du tableau des décaissements les charges calculés et donc non décaissés de la
période (dotations aux amortissements dépréciations et provisions…).
Les charges calculées sont des charges qui sont comptablement imputées par l’entreprise sur ses
résultats. Les principales charges calculées sont les dotations aux amortissements et aux
provisions sur actifs immobilisés, les dotations aux provisions pour dépréciation des actifs
circulants, les provisions pour risques et charges et les provisions réglementées.
N.B : Il ne faut pas confondre les achats et les décaissements ; ces derniers sont valorisés toutes taxes
comprises, alors que les achats sont données hors taxes.
32
Important !!!
Qu’est-ce qu’une charge décaissable ?
Une charge décaissable est une charge qui donne lieu à une sortie d’argent et qui a donc un
impact direct sur la trésorerie de l’entreprise.
C’est le cas de la majorité des charges : achats et services extérieurs ; salaires et charges
sociales ; autres charges et gestion courante ; etc.
33
N.B :
Les décaissements prévus proviennent des opérations d’exploitation (achats de marchandises, de
matières, de service TTC, paiement des charges salariales, financières, des impôts et taxes), des
opérations en capital (distribution de dividendes, diminution du capital, remboursement des
emprunts…) ou des opérations exceptionnelles (acquisition des immobilisations, prêts consentis,
placement de fonds…).
Ces opérations engendrant des décaissements peuvent :
• Avoir été réalisées durant les périodes précédentes (paiement des dettes fournisseurs,
paiement des annuités des emprunts, remboursement des dépôts et cautionnements par
l’entreprise, versement des dividendes) ;
• Être réalisées durant la période. Il en est ainsi des achats de marchandises, de matières, de
services, des éléments d’actif ayant fait l’objet d’un règlement, des charges sociales,
fiscales, financières et diverses réglées, des paiements de la TVA due, des prêts consentis,
etc…
La complexité du calcul de la TVA due conduit à l’établissement d’un tableau de calcul de la
TVA à décaisser appelé budget de TVA.
Remarque :
Une attention remarquable doit être portée à certains décaissements, spécifiquement en matière
de taxe sur la valeur ajoutée (TVA), de charges sociales du travailleur non-salariés (TNS) ou
d’impôt sur les sociétés (IS). Assurément, leurs modalités de calcul et de recouvrement sont
spécifiques (versements d’acomptes et dépôt d’une régularisation annuelle) et ces éléments
nécessitent d’être analysés séparément.
34
TABLEAU DES DÉCAISSEMENTS
Eléments Janvier Février …
DÉPENSES DES OPERATIONS D’EXPLOITATION
- Achat au comptant
- Règlements des fournisseurs en espèce
- Règlements des fournisseurs par chèque
- Effets à payer
- Règlements des autres charges d’exploitation (salaires, loyers,
impôts et taxes, services extérieurs, charges financières…)
- Etc…
DÉPENSES DES OPERATIONS EN CAPITAL
- Diminution (remboursement) du capital
- Paiements des dividendes
- Remboursements d’emprunts
- Etc…
DÉPENSES SUR DES OPERATIONS EXCEPTIONNELLES
- Acquisitions des immobilisations
- Prêts consentis
- Dépôts et cautionnements effectués
- Etc…
TOTAL DES DÉPENSES
2 - 3 Solde de la période 4
Le solde prévisionnel à la fin de chaque période devra être comparé au solde réel afin d’évaluer
les écarts, d’en rechercher la cause et de prendre, si nécessaire, les mesures les plus pertinentes.
Afin de déterminer le solde prévisionnel de trésorerie à un instant donné, il convient d’imputer
chaque mouvement de trésorerie à la bonne période et d’effectuer le calcul suivant :
Solde final de trésorerie = Solde de trésorerie de départ + encaissements prévus sur la période
– décaissements prévus sur la période
35
N.B :
Construire un budget de trésorerie exige d’avoir connaissance des variables importantes
suivantes :
▪ Le délai de paiement des fournisseurs (15 jours à compter de la date de facture, 30 jours
fin de mois, etc.) ;
▪ Le délai de règlement des clients ;
▪ Les dates de prélèvements des divers impôts et taxes auxquels l’entreprise est assujettie ;
▪ Les dates de paiement des salaires (fin de mois, le 05 du mois d’après, etc.) et les dates
limites de paiement des charges sociales (fin de mois, fin de trimestre, fin d’année)…
36
N.B :
Dans la plupart des business plan, le budget de trésorerie prend la forme d’un état mensuel de
trésorerie.
L’équilibrage de la trésorerie consiste à résorber les soldes négatifs et à éliminer les soldes trop
excédentaires.
Un solde est négatif lorsque : Recettes ˂ Dépenses. Cela signifie que l’entreprise a un besoin de
financement à court terme. Elle doit dans un premier temps :
Analyser
Augmentation du délai crédit fournisseurs (dans le Réduction du délai crédit clients, mesures incitatives
respect des délais de paiement légaux), réduction des pour règlement comptant de la part des clients
dépenses prévisionnelles… (escomptes…).
puis, si les résultats de la première étude ne sont pas suffisants :
Rechercher
Les moyens de financement à court terme nécessaires pour couvrir les besoins de trésorerie (découvert bancaire,
mobilisation des créances, affacturage…).
Ces moyens de financement engendrent des coûts financiers et des coûts de traitement qu’il faut évaluer et
comparer pour effectuer les choix les plus rationnels dans l’objectif de minimiser les coûts.
Un solde est positif lorsque : Recettes > Dépenses. Cela signifie que l’entreprise n’a aucun
problème de financement à court terme.
Il faudra alors examiner les formes de placement à court terme les mieux adaptées afin de
rentabiliser les capitaux (SICAV, fonds commun de placement…).
37
APPLICATION
Étude de cas :
Ventes :
Les ventes du 4ème trimestre 200N-1 (montant HT) se sont élevées à :
Octobre 200N-1 : 230 000 F HT ;
Novembre 200N-1 : 220 000 F HT ;
Décembre 200N-1 : 180 000 F HT.
Pour le 4ème trimestre 200N, on s’attend à une progression des ventes de 10% par rapport à la
période correspondante de 200N-1. Ces ventes seront soumises au taux de TVA de 19,25%.
En général, les clients règlent 20% au comptant et le solde à 60 jours.
38
Opérations diverses :
Un matériel prix d’acquisition HT 50 000 F (TVA 19,25%) doit être reçu et payé en octobre
200N.
Autres charges :
Les salaires s’élèvent à 25 000 F par mois et sont payés le dernier jour de chaque mois.
Les charges de sécurité sociale et autres s’élèvent à 48% des salaires et sont payées dans les 15
premiers jours du trimestre suivant :
Paiement du 4ème acompte le 15 décembre 200N sachant que le montant de ce 4ème acompte
s’élève à 14 600 F.
Extrait de la balance au 30 septembre 200N :
Fournisseurs 223 440(1)
(2)
Clients 175 930
Sécurité sociale et autres organismes 36 000(3)
Etat, TVA à décaisser 4752(4)
Crédit Lyonnais 246 652
Caisse 8500
(1) Payable en octobre.
(2) Dont 20 698 payables en octobre et 155 232 en novembre.
(3) Montant des cotisations dues au titre du 3ème trimestre.
(4) A payer avant le 24 octobre.
39
CHAPITRE 3 : LES CAUSES DE LA DÉGRADATION DE TRÉSORERIE
Objectifs :
• Maitriser les équilibres financiers ;
• Identifier les sources de dégradation de la trésorerie ;
• Apporter les solutions afin d’améliorer la trésorerie en situation de dégradation.
INTRODUCTION
La trésorerie représente la liquidité disponible dans une entreprise pour honorer ses obligations
financières (paiement des factures, salaires, remboursement des dettes, etc.). Une gestion
rigoureuse de la trésorerie est essentielle pour la pérennité de l'entreprise, car elle permet de
maintenir une situation de liquidité saine et de faire face aux imprévus. Une dégradation de la
trésorerie se produit lorsque les sorties de fonds sont supérieures aux entrées, entraînant des
tensions financières pouvant affecter la capacité de l'entreprise à fonctionner normalement.
La trésorerie est un domaine très sensible à gérer pour chaque entreprise et une bonne gestion de
la trésorerie consiste à assurer la solvabilité de l’entreprise au moindre problème, cela signifie
que l’entreprise doit être en mesure d’honorer (de traiter) ses échéances financières à tout
moment, en maintenant une encaisse minimum. Par ailleurs, elle appelle, ou au contraire
maximise le rendement des placements de ses excédents de trésorerie éventuels. Pour parer au
risque d’insolvabilité (rupture du service de caisse, cessation de paiement, etc.), l’entreprise doit
maintenir un certain niveau de trésorerie, car en pratique il est très difficile d’assurer une parfaite
synchronisation entre les encaissements et les décaissements.
La gestion de trésorerie est l’ensemble de décisions et des moyens mis en œuvre pour assurer au
moindre coût le maintien de la trésorerie de l’entreprise.
La trésorerie permet d’établir l’équilibre financier entre le fonds de roulement net global et le
besoin en fonds de roulement d’après la relation fondamentale :
Trésorerie = Fond de Roulement Net Global (FRNG) – Besoin en Fonds de Roulement (BFR)
40
Il est communément admis que la trésorerie est une composante incontournable de la gestion
d’entreprise. Pour la maintenir en équilibre, il est important de maîtriser certains facteurs parmi
lesquels le Besoin en Fond de Roulement (BFR).
La trésorerie est la résultante de tous les flux financiers que traverse l’entreprise. Chaque
modification du fonds de roulement ou du besoin en fonds de roulement a une incidence sur la
trésorerie.
Les causes de la dégradation de la trésorerie se divisent en causes internes (liées aux choix de
gestion) et en causes externes (influences de l'environnement économique).
A. Causes internes
1. Mauvaise gestion des stocks
o L'accumulation de stocks immobilisé de la trésorerie. Lorsque les niveaux de stock
sont mal ajustés, cela entraîne des coûts de stockage élevés et une immobilisation
des fonds.
o Exemple : Une entreprise qui surévalue la demande et le stock en excédent se
retrouve avec des produits immobilisés, ce qui réduit la trésorerie disponible.
2. Allongement des délais de paiement clients
o Si l'entreprise accorde des délais de paiement trop longs ou ne recouvre pas ses
créances à temps, elle subit un manque de liquidités.
o Exemple : Un client qui paie à 90 jours au lieu de 30 jours impacte directement la
trésorerie de l'entreprise.
3. Augmentation des charges d'exploitation
o Une augmentation des charges courantes (salaires, loyer, coût des matières
premières) réduit le cash-flow disponible.
o Exemple : Si les coûts des matières premières augmentent augmentent, la marge de
l'entreprise diminue et la trésorerie s'érode.
41
4. Investissements excessifs ou inadaptés
o Les investissements lourds, financés uniquement par les liquidités de l'entreprise,
peuvent rapidement épuiser la trésorerie.
o Exemple : Une entreprise qui investit dans des équipements coûteux sans plan de
financement peut rapidement faire face à une crise de liquidité.
5. Mauvaise gestion des dettes à court terme
o Le recours à des crédits à court terme sans planification adéquate peut générer des
coûts financiers importants et affecter la trésorerie.
o Exemple : Une entreprise avec des crédits renouvelables à taux élevé verra ses
charges d'intérêts augmenter, ce qui grèvera sa trésorerie.
B. Causes externes
1. Conditions économiques défavorables
o Un ralentissement économique ou une récession entraîne souvent une baisse des
ventes, impactant les flux de trésorerie entrants.
o Exemple : Lors d'une crise économique, les clients peuvent réduire leurs achats, ce
qui réduit les entrées de trésorerie.
2. Augmentation des taux d'intérêt
o Une hausse des taux rend le coût des emprunts plus élevé, surtout pour les
entreprises endettées.
o Exemple : Si une entreprise a des emprunts à taux variable, une augmentation des
taux d'intérêt augmente ses charges financières et diminue sa trésorerie.
3. Problèmes avec les fournisseurs ou les clients
o Des retards de livraison ou des problèmes de paiement des clients peuvent
également contribuer à la dégradation de la trésorerie.
o Exemple : Si un fournisseur clé ne peut pas fournir les matières premières à temps,
l'entreprise peut être obligée de retarder ses ventes et subir une perte de liquidités.
4. Fluctuation des devises (pour les entreprises opérant à l'international)
o Les variations des taux de change peuvent affecter la trésorerie, surtout si les coûts
sont en devises étrangères.
o Exemple : Si une entreprise européenne achète en dollars mais vend en euros, une
appréciation du dollar peut impacter sa marge et donc sa trésorerie.
42
2.2) Impact de la dégradation de la trésorerie sur l’entreprise
Solution : prendre conscience que des procédures doivent être mises en place et
sensibiliser tous les acteurs concernés ; financer le poste client ou les stocks.
Solution : dans tous les cas, il faut reconstituer les fonds propres par une augmentation
de capital.
La dégradation de la trésorerie est un risque majeur pour toute entreprise, qui doit être anticipée
par une gestion rigoureuse et proactive. Les causes peuvent être internes (mauvaise gestion des
stocks, créances non recouvrées) ou externes (ralentissement économique, hausse des taux
d'intérêt). Comprendre ces causes et leurs impacts est essentiel pour prévenir les tensions de
trésorerie et assurer la stabilité financière de l'entreprise.
APPLICATION
44
CHAPITRE 4 : LES RELATIONS BANCAIRES
Objectifs :
• Analyser les conditions bancaires ;
• Comprendre le rôle des relations bancaires pour les entreprises ;
• Appréhender la notion d’escompte.
INTRODUCTION
La littérature financière met un accent particulier sur la tenue et le suivi des comptes. En effet, le
suivi des comptes du client est une source d'information continue pour la banque. C'est donc le
fait que l'emprunteur soit aussi un déposant qui caractérise véritablement la relation client dans
la banque.
Les relations bancaires regroupent l'ensemble des interactions qu'une entreprise entretient avec
les institutions financières pour satisfaire ses besoins en financement, trésorerie et autres services.
Elles permettent d'accéder aux services bancaires essentiels pour le fonctionnement d'une
entreprise, comme les prêts, les lignes de crédit, les services de paiement et de conseil.
• Accès au financement : Les banques fournissent des fonds pour soutenir la croissance des
entreprises et financer les investissements.
45
• Gestion de la trésorerie : Services permettant de gérer les flux de trésorerie entrants et
sortants.
• Conseil et expertise : Aide à la prise de décision sur des questions financières et
économiques.
• Soutien à l'internationalisation : Services pour accompagner les entreprises dans leurs
transactions à l'international (change, lettres de crédit, garanties).
• Analyse des états financiers : Bilan, compte de résultat et tableau de flux de trésorerie.
• Scoring et rating : Évaluation de la solvabilité et du risque de crédit de l'entreprise.
• Analyse de secteur : Contexte économique et performances des concurrents.
Les banques offrent une variété de produits et services adaptés aux besoins des entreprises, qui
peuvent être regroupés en quatre grandes catégories :
• Prêt à moyen et long terme : Financement pour les investissements et les projets de
développement.
• Crédit-bail : Financement d'équipements par location avec option d'achat à terme.
1
Le découvert bancaire est une facilité de caisse accordée par une banque, permettant à un compte de présenter une solde
négative sur une période courte, pour aider à répondre aux besoins de trésorerie ponctuelles. Autrement dit, la banque autorise
l'entreprise ou le particulier à retirer plus d'argent que ce qui est disponible sur le compte, dans la limite d'un montant défini
au préalable.
46
• Obligations et financement de projet : Solutions plus structurées pour les grandes
entreprises, avec des montages financiers complexes.
C. Services bancaires
• Couverture des risques : Produits dérivés pour couvrir les risques de taux d'intérêt, de
change, et de matières premières.
• Garanties et précautions : Engagement pris par la banque de couvrir certaines dettes de
l'entreprise en cas de défaillance.
• Lettre de crédit : Sécurise les transactions à l'international en garantissant le paiement
sous certaines conditions.
Une bonne relation bancaire repose sur la transparence, la régularité des échanges et une vision
à long terme. Les entreprises doivent donc :
47
1.1.3) La stratégie bancaire de l’entreprise
Chaque entreprise doit définir une stratégie en matière de relations bancaires, prenant en compte
ses besoins actuels et futurs en financement, en gestion de trésorerie et en protection contre les
risques financiers.
Le Taux de base bancaire (TBB) est le taux d'intérêt minimum annuel fixé par les banques et qui
sert de référence à la tarification et pour le calcul du prix des crédits qu'elle consent à ses clients
(TPE, PME, etc.). Ce pourcentage est fixé en fonction du marché monétaire. Chaque banque peut
fixer librement son montant de base pour ses opérations. Cependant, pour les concours bancaires
accordés aux entreprises, le taux est indexé sur le cours du marché monétaire qui est lui-même
basé sur les conditions du marché.
Le taux d’intérêt nominal est le taux d’intérêt décidé par l’emprunteur et l’investisseur lors du
prêt initial. Il est donc payé par l’emprunteur au préteur.
48
• Heure de caisse
L'heure de caisse est l'heure limite à laquelle la banque accepte de traiter une transaction
(opération) pour la journée. Elle marque la fin de la journée bancaire.
Exemple :
Une entreprise effectue une remise de chèque le jeudi 9 mars à 16 h 15. Si l'heure de caisse (de
la remise de chèque) est 16 h 00, la date d’opération (de transaction) est le vendredi 10 mars.
• La date d’opération
C’est la date du jour où une banque enregistre une opération. Autrement dit, c’est le jour où elle
est notifiée que vous avez effectué un virement, un retrait ou un dépôt. Par exemple : la date où
vous réalisez un paiement par virement bancaire depuis votre compte vers celui d’un tiers.
Exemple :
Un chèque remis pour encaissement le 9 mars avant l’heure de caisse a pour date d’opération le
9 mars.
• Jours calendaires
Un jour calendaire correspond à tous les jours du calendrier de l’année, y compris les jours fériés,
c'est-à-dire 365 jours par an. Les jours calendaires sont souvent employés dans le cadre des jours
de valeur pour le débit ou le crédit des opérations.
• La date de traitement
Correspond à la date d’enregistrement de votre opération sur votre compte en banque. Cette date
peut être décalée de la date d’opération dans certains cas comme lors d’un ordre de virement en
ligne le dimanche ou d’un dépôt de chèque dans un automate ou une boite postale de votre agence
bancaire. Dans ces cas l’opération est traitée le lendemain de la date d’opération.
La date de valeur représente la date à laquelle le compte bancaire est effectivement crédité ou
débité. La date de valeur marque donc le moment de la disponibilité ou de l'indisponibilité des
fonds sur le compte afin de pouvoir calculer les intérêts. Les dates de valeur se situent après les
opérations de crédit et avant les opérations de débit.
49
Exemple :
Une banque applique 2 jours de valeur sur les remises de chèques et 1 jour de valeur sur les
chèques émis présentés pour paiement. Une remise de chèque effectuée le 12 avril est effectivement
portée au crédit du compte le 14 avril et un chèque émis est débité en valeur le 23 mai s'il est
présenté par le créancier le 24 mai.
Les jours de valeur sont les jours compris entre deux dates de valeur. Ou encore, les jours de valeur
sont ceux qui séparent deux dates de valeur.
Les jours ouvrables sont les jours qui peuvent être légaux pour le travail (du lundi au samedi), ils
excluent les dimanches et jours fériés. Ou encore, les jours ouvrables correspondent aux jours
calendaires à l’exception des jours fériés et des dimanches. Les jours ouvrables sont au nombre
de six par semaine, du lundi au samedi inclus, et représentent les jours durant lesquels les banques
peuvent être ouvertes.
• Jours de banque
Les jours de banque sont des jours ajoutés par la banque à la durée du crédit pour le calcul des
intérêts.
Exemple :
Une lettre de change à échéance du 31 mai remise à l’escompte le 4 avril fait normalement l’objet
d’un crédit sur 57 jours (30 – 4 + 31), mais les banques appliquent généralement un jour de
banque. La durée retenue pour le calcul des intérêts sera donc de 57 + 1 = 58 jours.
Les jours ouvrés représentent les jours où l'entreprise est réellement en activité (en général du
lundi au vendredi). Ou encore, Les jours ouvrés correspondent aux jours d’ouverture de la banque
et sont au nombre de cinq par semaine, du lundi au vendredi inclus ou du mardi au samedi inclus,
selon les banques et les agences.
50
SECTION 2 : L’ESCOMPTE D’EFFETS DE COMMERCE
Un effet de commerce (lettre de change ou billet à ordre) est un écrit par lequel on s’engage à
payer une certaine somme (valeur nominale) à une certaine date (date d’échéance).
Si l’on a besoin d’argent liquide, on peut négocier un effet de commerce auprès d’un banquier
avant sa date d’échéance ; le banquier retiendra sur la valeur nominale un escompte, et donnera
au client une somme inférieure à la valeur nominale.
Au-delà des taux facturés pour le calcul des intérêts, le trésorier s’intéresse également au taux
effectif, au taux effectif global (TEG), au taux équivalent ou actuariel, au taux proportionnel et
au taux de l’usure.
Le taux effectif (T) pour les intérêts simples précomptés est le taux annuel qui permet d’obtenir
la même somme en faisant une seule capitalisation sur l’année.
𝐭 𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎 × 𝐭
T= 𝐭×𝐧 ou encore T = 𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎 −
𝟏− 𝐭×𝐧
𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎
Le TEG correspond à un taux annuel intégrant l’ensemble des coûts d’un crédit, sauf
commissions de service (intérêts, assurances, commissions, etc.). Ce taux correspond au taux
actuariel d’un emprunt et en détermine ainsi le coût.
Le taux effectif global est égal au taux périodique en intérêts composés (annuels ou mensuels)
multiplié par le nombre de périodes.
51
TEG = Taux périodique en intérêts composés (annuels ou mensuels) × le nombre de périodes
TEG = im × 12 (mensuel)
TEG = it × 4 (trimestre)
Exemple :
Un taux annuel de 8%, donner son taux d’intérêts mensuel équivalent et son TEG
Solution :
(1 + 0,08) 1/12 -1 = im = 0,6434% et TEG = im × 12 = 7,72%
Des taux sont équivalents lorsque des capitaux placés à intérêts composés pendant une même
durée sur des périodes de capitalisation différentes (k) produisent la même valeur acquise.
Ainsi, avec i comme taux annuel et 𝑖𝑘 comme taux k fois plus faible que l’année, on a :
(1 + 𝑖𝑘 )𝑘 = (1 + i) ; d’où : 𝑖𝑘 = (1 + 𝑖)1/𝑘 - 1
En résumé:
ia = (1 + im) 12 - 1
is = (1 + ia) 6/12 - 1 soit (1 + ia) 1/2 - 1
it = (1 + ia) 3/12 - 1 soit (1 + ia) 1/4 - 1
im = (1 + ia) 1/12 - 1
Avec: ia = taux annuel ; is = taux semestriel ; it = taux trimestriel ; im = taux mensuel
Exemple :
Pour un taux annuel de 9,5%, donner son taux équivalent semestriel.
Solution :
is = (1 + ia) 6/12 - 1 = (1,095) 1/2 - 1 = 1,0464422477 – 1 = 0,04642 soit 4,64%.
On appelle taux proportionnel le rapport des taux correspondant au rapport des périodes. Il suffit
de diviser le taux annuel par le nombre de périodes (k) pour obtenir le taux périodique
proportionnel.
52
Exemple :
Un taux annuel de 4 % a pour taux proportionnel mensuel : 4 % / 12 = 0,3333 %.
Le taux de l’usure représente le taux maximum légal pouvant être appliqué par un créancier. Ce
taux ne peut pas dépasser d’un tiers le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de
crédit pendant le trimestre précédent. Différents taux d’usure sont calculés en fonction des types
d’opérations de crédit et de leurs destinataires (entreprises ou particuliers).
La durée de calcul des intérêts est un paramètre essentiel. Le trésorier doit connaître les méthodes
de calcul bancaire et la terminologie propre aux établissements de crédit.
Précisons simplement ici que le jour de la remise n’est pas pris en compte pour le calcul des
intérêts.
Exemple :
Une entreprise effectue la remise d’une traite, à échéance du 30 avril, le jeudi 15 mars à 10 h 35.
La banque applique 1 jour de banque au calcul des intérêts et 3 jours ouvrables de valeur pour les
remises à l’escompte. L’heure de caisse est fixée à 16 h 00.
Le calcul des intérêts est basé sur le nombre de jours suivants :
Mars : 16 jours (31 – 15)
Avril : 30 jours
Jour de banque : 1 jour
Soit un total de 47 jours.
Le compte de l’entreprise sera crédité en valeur le samedi 17 mars car l’heure de caisse du jeudi
n’est pas dépassée et il faut compter 3 jours ouvrables de valeur, c’est-à-dire jeudi ouvré +
vendredi ouvré + samedi ouvrable = samedi 17 mars.
Si l’heure de caisse avait été dépassée, le compte aurait été crédité en valeur le lundi 19 mars.
53
2.3) L’escompte
L’escompte est l’intérêt correspondant au temps compris entre le jour de la négociation et le jour
de l’échéance.
Le capital (C) servant de base au calcul des intérêts est la valeur nominale des effets de commerce
remis à l’escompte. Le taux pratiqué (i) est le TBB qui peut faire l’objet d’une majoration ou
d’une minoration spécifique à l’entreprise. Le nombre de jours (n) est déterminé par différence
entre la date de la remise à l’escompte et celle de l’échéance de la traite + éventuellement 1 ou
plusieurs jours banque.
𝐂×𝐢×𝐧
Escompte =
𝟑𝟔𝟎
Le taux réel de l’escompte, calculé par le trésorier, est déterminé par comparaison avec une
remise à l’encaissement en fonction des agios HT.
Le calcul du taux réel (t') est effectué à partir de la valeur nette de l’effet (a), du total des agios
HT (E) et du nombre de jours (n = date d’échéance – date de remise + jours de banque + jours de
valeur).
La valeur actuelle commerciale d’un effet de commerce est calculée en retranchant les intérêts au
𝐂×𝐭×𝐧
montant nominal de l’effet :
𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎
Pour être exact et obtenir la valeur actuelle commerciale (a) nette des agios, il faut non seulement
retrancher au nominal de l’effet les intérêts, mais aussi les frais HT (car l’entreprise récupère la
TVA). Ainsi, avec E correspondant au total des agios HT, le taux réel de l’escompte (t') est calculé
comme suit :
36 500 × E
Taux réel de l’escompte (t') : t' =
a×n
Cela revient à calculer le taux d’un emprunt qui aurait le même montant, la même durée et le
même coût que l’escompte.
Le montant net est pris dans le calcul car les agios sont précomptés, donc seul le montant net de
l’effet est mis à la disposition de l’entreprise.
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Exemple :
Le 12 avril, la société « LAMDA » escompte une traite de nominal 30 000 FCFA à échéance du
30 juin. Le taux d’escompte est de 8 % et une commission d’endos de 0,50 % l’an est appliquée,
ainsi qu’une commission de manipulation de 4 FCFA HT. La banque applique 1 jour de banque
et 1 jour de valeur à l’escompte.
1. Calculez le montant des agios.
2. Déterminez le coût du crédit obtenu.
3. Déterminez le taux réel de l’escompte, sachant que la date de valeur d’un effet remis à
l’encaissement est la date d’échéance + 4 jours calendaires.
Solution :
1. Montant des agios
Déterminons le nombre de jours pour le calcul de l’escompte :
avril : 18 (30 – 12)
mai : 31
juin : 30
jour de banque : 1
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
80 jours
Intérêt sur escompte : (30 000 × 0,085 × 80)/360 = 566,67 FCFA
Commission de manipulation : 4,00 FCFA
TVA sur commission (19,60 %) : 0,78 FCFA
Agios TTC : 571,45 FCFA TTC
55
t' = 8,53%
36 500 × E
Vérification par la formule : t' =
a×n
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2.4) Le découvert bancaire
Les banques transmettent aux entreprises une échelle d’intérêt trimestrielle permettant de justifier
les agios prélevés par la banque. Ce document se présente de la façon suivante :
Dates Mouvements Mouvements Soldes Soldes Nombre de Nombre Nombres
débiteurs créditeurs débiteurs créditeurs jours (J) débiteurs créditeurs
(SD) (SC) (J) × (SD) (J) × (SC)
On distingue :
- La commission du plus fort découvert (CPFD) : elle est égale à 0,05 % du plus fort découvert
(PFD) de chaque mois du trimestre. Elle est en général plafonnée à la moitié des intérêts débiteurs
du mois. Elle n’est pas soumise à la TVA.
CPFD = 0,05 % × (PFD du 1er mois du trimestre + PFD du second mois du trimestre + PFD
du troisième mois du trimestre).
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Commission de dépassement = Taux appliqué par la banque × (PFD dépassé de chaque
mois du trimestre – Découvert autorisé de chaque mois du trimestre)
Remarque :
Les intérêts sont post-comptés et les agios prélevés à l’issue du découvert.
Une précision est à apporter ici : les banques utilisent la méthode des nombres pour le calcul des
intérêts.
Cette méthode repose sur la formule de calcul des intérêts simples (In).
L’intérêt calculé In est fonction de 3 paramètres :
- Le montant, c’est-à-dire le capital prêté (ou emprunté) noté Co ;
- La durée du prêt ou de l’emprunt notée n ;
- Le taux d’intérêt qui est note i pour une unité monétaire et t pour cent unités monétaires.
On dit également que l’intérêt est proportionnel au capital, au temps et au taux d’où la formule :
𝐂𝐨 × 𝐭 × 𝐧
In = Co × i × n ou In = ; avec n en année et t en pourcentage
𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐨 × 𝐭 × 𝐧 𝐂𝐨 × 𝐢 × 𝐧
Si n est en mois : In = ; In =
𝟏𝟐𝟎𝟎 𝟏𝟐
𝐂𝐨 × 𝐭 × 𝐧 𝐂𝐨 × 𝐢 × 𝐧
Si n est en jour : In = ; In =
𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎 𝟑𝟔𝟎
Le produit du capital C par le nombre de jours n est appelé « nombres » et désigné par N.
36 000/t est le diviseur appelé D.
N 36 000
La formule devient I = avec N = Co × n et D =
D t
Exemple :
Un capital de 15 000F est place à 5% pendant 32 jours. Quel est le montant de l’intérêt en fin de
placement ? (utiliser la méthode des nombres et diviseurs fixes).
Solution :
N = C × n = 15 000 × 32 = 480 000 F
D = 36 000 / t = 36 000 / 5 =7 200 F
D’où : I = N / D = 480 000/ 7 200
I = 66,66 F
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N.B : L’intérêt de cette méthode est de pouvoir faire rapidement le calcul d’intérêt lorsque
plusieurs capitaux sont en jeu.
Exemple :
Au cours du mois de mai, l’entreprise « LAMDA » a obtenu un découvert au taux de 12 %, de
8 000 FCFA sur 4 jours puis de 3 200 FCFA sur 3 jours. Les intérêts ont été calculés par la banque
comme suit :
Capital (C) Jours de découvert (n) C×n=N
8 000 4 32 000
3 200 3 9 600
Total des nombres (N) 41 600
D: 3 000
Intérêts (I) de la période : 13,87 FCFA
La banque a également facturé 10 FCFA HT de frais fixes soumis à TVA. Le ticket d’agios
s’élève ainsi à : 13,87 + 10 + (10 × 19,6 %) = 25,83 FCFA TTC.
Le taux réel du découvert est calculé par le trésorier avec le montant des nombres débiteurs (N)
et le total des agios HT (E) en comptant une année de 365 jours.
36 500 E
Taux réel du découvert (t') : t' =
N
Exemple :
Le trésorier de l’entreprise « LAMDA » calcule le taux réel du découvert obtenu :
36 500 ×23,87
t' = = 20,94%, taux particulièrement élevé dû aux frais fixes rapportés sur une
41 600
période courte.
2.5) L’affacturage
Elle est calculée au prorata temporis entre la date de la cession des créances au factor et son
échéance. Le capital (C) servant de base au calcul des intérêts est la valeur des factures dont le
factor avance le montant à l’adhérent. Le taux pratiqué (i) est le TBB majoré de 2 ou 3 points. Le
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nombre de jours (n) est déterminé par différence entre la date de l’avance (jour de l’avance inclus)
et celle de l’encaissement effectif de la créance + éventuellement 1 ou plusieurs jours appliqué(s)
par le factor.
𝐂× 𝐢 ×𝐧
Commission spéciale de financement =
𝟑𝟔𝟎
Elle s’applique au montant TTC des factures (C) prises en charge par le factor. Elle assure la
rémunération du travail et des risques pris par le factor. Son taux (i) varie selon les sociétés
d’affacturage entre 1,5 % et 2,5 %. Elle est soumise à la TVA.
2.6) L’agio
Le taux réel d’escompte est le taux T qui, appliqué à une valeur nominale d’U.M. précise, pour
une durée donnée, donnera un agio connu.
Ainsi :
𝐕. 𝐓. 𝐧
= Agio
𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎
D’où :
𝐀𝐠𝐢𝐨 . 𝟑𝟔 𝟎𝟎𝟎
T= 𝐕. 𝐧
Les diverses commissions et la TVA ont pour effet de majorer le taux supporté par l’escompteur
auprès de sa banque.
VN = V - agio
Etude de cas 1 :
Un effet de commerce échéant le 25 Juin, est négocié le 28 Mars. Sa valeur nominale est
6 550 000 F. Il est négocié aux conditions suivantes :
- Taux annuel d’escompte : 18%
- Taux annuel d’endos : 0,75%
- Commission de service : 20 000 F H.T
- Commission d’acceptation : 50 000 F H.T.
- T.V.A. : 19,25%.
Etude de cas 2 :
M. Blandin, grossiste en produits cosmétiques, remet à l’escompte à son banquier, le 20 Mai, les
effets suivants : 5 200 000 F échéant le 10 Juin, 10 040 000 F échéant le 30 Juin, 4 030 000 F
échéant le 15 Juillet.
Conditions :
Escompte : 11,7% ; Commission d’endos : 0,6% ; Commission fixe par effet : 25 000 F.H.T.;
T.V.A. : 19,25% .
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Etablir le bordereau d’escompte
Valeur Echéance Nombre de Escompte commission Autres
nominale jours 11,7% d’endos 0,6% commissions
Etude de cas 3 :
Un effet de valeur nominale de 2000 000 FCFA ayant 40 jours à courir est escompte aux
conditions suivantes :
Calculer :
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Interpreting FR and BFR ratios provides insights into an enterprise's financial equilibrium by indicating whether the business can sustain its operations with its existing asset-liability structure. A positive FR suggests an excess of long-term financing over fixed asset investments, symbolizing a sound capacity to manage debts and operational fluctuations. Conversely, a positive BFR indicates a need for external funding, signaling potential liquidity challenges. Thus, the comparison of these ratios is crucial in appraising financial stability and resource sufficiency to support routine business activity without external debt reliance.
The difference between Working Capital (FR) and Working Capital Requirement (BFR) is crucial because it assesses the financial stability of a company. The FR represents the difference between stable resources and the fixed assets they finance, essentially indicating the portion of long-term funds used for current assets. Meanwhile, the BFR measures the cash needed to cover the delay between cash inflows and outflows, i.e., the operating cycle. A positive FR implies excess resources to finance any potential needs, while a positive BFR signals additional funding is necessary to cover operational costs. Thus, comparing FR and BFR reveals if the current resources are sufficient to support ongoing business operations or if additional financing is required.
The BFR influences a company's operational cycle and financing policies by dictating the liquidity required to manage the timing differences between payments to suppliers and receipts from customers. A higher BFR implies that the company needs to augment its operational financing, often seeking external funds to cover the mismatch between cash outflows and inflows. This situation informs financing policies, prompting decisions on short-term borrowing, credit terms, and cash reserves. Hence, BFR significantly affects strategic decisions on managing operational resources efficiently and securing liquidity to foster uninterrupted business operations.
Maintaining a positive balance in Working Capital (FR) is critical for long-term financial stability as it acts as a buffer against financial uncertainties. It highlights the excess of long-term resources over fixed assets, thereby ensuring that a company has sufficient funds to cover unforeseen expenses and invest in growth opportunities without resorting to debt. Positively balanced FR means the company can effectively handle operational demands and potential downturns, maintain supplier relations, and take advantage of market opportunities promptly, which are essential for sustained financial health and growth.
The Financial Working Capital (FRF) plays a pivotal role in assessing a company's liquidity and solvency as it provides a clearer picture of the short-term financial health by comparing assets and liabilities with maturities of less than a year. The FRF is the difference between current assets and short-term liabilities, ensuring that a portion of the company's operations is funded without resorting to short-term debts. It is considered more relevant than net global working capital when assessing liquidity due to its focus on immediate cash flows and obligations, thus serving as an indicator of the ability to meet short-term debts and operational expenses.
Retail businesses often have a negative BFR because they generally receive payments from customers before they need to pay suppliers. This occurs because customers pay cash or through immediate payment methods, while supplier terms allow delayed payment. Such cash flow makes it easier for retail entities to finance their operational activities without requiring additional funding, leading to a negative BFR, which reflects an intrinsically efficient balance between cash inflows and outflows, providing the business with a sustainable cash surplus.
The concept of 'fonds de roulement normatif', or normative working capital, provides structured financial planning by outlining the necessary requirements over an entire operational cycle to achieve projected sales. It establishes standard funding needs, thereby enabling companies to plan their liquidity and financing activities. By aligning funding strategies with operational demands and cyclic fluctuations, businesses can strategically manage resources and mitigate risks associated with cash flow mismatches or unexpected financial demands. This disciplined approach enhances budgetary control and ensures resource availability aligns with business objectives.
A company with a negative BFR is generally in better financial health because it implies that the company can finance its operational cycle from internal resources without needing external funds. This occurs when the cash inflows from operations cover more than the cash outflows, often seen in sectors like retail where payments are received before suppliers are paid. Conversely, a company with a positive BFR requires additional funding to meet its operational requirements, indicating reliance on external resources to maintain its operations, which can be a risk under varying economic conditions.
The Net Global Working Capital (FRNG) is distinct from the Financial Working Capital (FRF) as they measure different aspects of financial performance. FRNG involves long-term financing, making it indicative of a company’s ability to fund both long-term and certain current operations. In contrast, FRF focuses on short-term liquidity, specifically evaluating the balance between current receivables and payables. While FRNG measures overall resource management over a longer term, FRF offers more immediate insights into cash flow management and the company's operational efficiency.
Provisions for risks and charges less than one year are liabilities that need to be accounted for when calculating the Financial Working Capital (FRF), as they represent future expenditures due within the short term. These provisions are subtracted from current assets, highlighting the actual available liquidity and revealing potential immediate cash obligations. This calculation ensures that FRF accurately reflects an enterprise’s short-term financial position, revealing the capacity to withstand near-term operational demands and liabilities.