Mamouni My Ismail
Professeur Agrégé-Docteur
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Soutien Scolaire
Polynômes (Prog. Sup)
Extraits Concours
SESSION 2018
Partie II - Notion de polynôme interpolateur
Soit f : [a, b] → R une fonction continue. On se donne n + 1 points x0 , x1 , . . . , xn dans [a, b], deux à
deux distincts.
On appelle polynôme interpolateur de f aux points xi , un polynôme P ∈ Rn [X] qui coïncide avec f
aux points xi , c’est-à-dire tel que pour tout i ∈ 0, n, P(xi ) = f (xi ).
II.1 - Existence du polynôme interpolateur
Pour tout entier i de 0, n, on définit le polynôme li de Rn [X] par :
n
X − xk
li (X) = .
x − xk
k=0 i
ki
On pose :
n
Ln ( f ) = f (xi )li (X).
i=0
Q7. Démontrer que Ln ( f ) est un polynôme interpolateur de f aux points xi , puis démontrer l’unicité
d’un tel polynôme.
Un tel polynôme est appelé polynôme interpolateur de Lagrange.
II.3 - Expression de l’erreur d’interpolation
On suppose, en plus dans cette partie, que f est de classe C n+1 sur [a, b]. On rappelle que Ln ( f ) est
son unique polynôme interpolateur aux points xi .
On note σ = {x0 , . . . , xn } l’ensemble des points d’interpolations et πσ le polynôme de Rn+1 [X] défini
par :
n
πσ = (X − xi ).
i=0
On veut démontrer pour tout réel x ∈ [a, b], la propriété suivante notée P x :
f (n+1) (c x )
∃c x ∈]a, b[, f (x) − Ln ( f )(x) = πσ (x).
(n + 1)!
Q10. Résultat préliminaire : soit p ∈ N∗ . Démontrer que si φ : [a, b] → R est une fonction p-fois
dérivable qui s’annule p + 1 fois, alors il existe c ∈]a, b[ tel que φ(p) (c) = 0.
Q11. Justifier que pour tout x ∈ σ, la propriété P x est vraie.
On fixe x un réel de [a, b] qui n’est pas dans σ. Soit λ un réel. On définit sur [a, b] une application F
par :
F(t) = f (t) − Ln ( f )(t) − λπσ (t).
Q12. Déterminer un réel λ de sorte que F(x) = 0. On choisira alors λ de cette façon.
Q13. Démontrer que F s’annule n + 2 fois et en déduire que P x est vraie.
Q14. Justifier que la fonction f (n+1) est bornée sur [a, b] et en déduire un réel positif K indépendant
de n tel que :
K n+1 (n+1)
f − Ln ( f )∞ f ∞ .
(n + 1)!
Q15. En déduire que si f est la fonction sinus, la suite (Ln ( f ))n∈N converge uniformément vers f sur
[0, 2π].
1
Q16. On définit f sur [−1, 1] par f (x) = . Démontrer à l’aide d’une série entière que :
1 + x2
∀k ∈ N, f (2k) (2k)!.
∞
Cette dernière inégalité montre que la quantité f (n+1) ∞ peut être grande et cela peut empêcher parfois
la convergence de la suite de polynômes interpolateurs. Ceci est appelé le phénomène de Runge.
CCP MP1 2018
Un corrigé
On en déduit que
n
X
∀k ∈ [[0, n]], Ln (f )(xk ) = f (xi )δi,k = f (xk )
i=0
Ln (f ) interpole donc f aux points x0 , . . . , xn .
Si P est un autre polynôme interpolateur alors P − Ln (f ) ∈ Rn [X] s’annule aux points
x0 , . . . , xn . C’est un polynôme de degré ≤ n ayant au moins n + 1 racines et c’est donc le
polynôme nul.
Ln (f ) est l’unique polynôme interpolateur de f aux points x0 , . . . , xn
2.2 Calcul effectif du polynôme interpolateur de Lagrange
Q.8. Une première fonction l(i,x,a) permet le calcul de li (a) associé aux xk .
def l(i,x,a):
r=1
for k in range(len(x)):
if k!=i:
r=r*(a-x[k])/(x[i]-x[k])
return r
Il reste à calculer la somme définissant Ln associé aux yi .
def lagrange(x,y,a):
s=0
for i in range(len(x)):
s=s+l(i,x,a)*y[i]
return s
Q.9. La matrice cherchée est une matrice de Vandermonde :
xn0
1 x0 . . .
1 x1 . . . xn1
V = . .
..
.. .. .
1 xn . . . xnn
On peut d’ailleurs noter que d’après le cours cette matrice est inversible quand les xi sont deux
à deux distincts ce qui permet de prouver à nouveau l’existence et l’unicité d’un polynôme
interpolateur.
Dans la résolution par méthode de Gauss,
- on cherche un pivot sur la colonne 1 que l’on ramène en position 1 (n opérations) et on fait
appraı̂tre des zéros par n − 1 combinaisons de lignes (O(n2 ) opérations)
- on procède de même avec les colonnes 2, . . . , n + 1 pour à chaque fois O(n2 ) opérations
- on en déduit xn+1 , . . . , x0 en O(1 + 2 + · · · + (n + 1)) = O(n2 ) opérations.
La complexité du calcul est O(n3 )
2.3 Expression de l’erreur d’interpolation
Q.10. Montrons par récurrence (finie) que la propriété : “φ(k) s’annule p + 1 − k fois” est vraie pour
k = 0, . . . , p.
- Le résultat est vrai au rang 0 par hypothèse sur φ.
- Soit k ∈ [[0, p − 1]] tel que le résultat soit vrai au rang k. On note y1 < · · · < yp+1−k
des points d’annulation de φ(k) . Par théorème de Rolle appliqué à φ(k) , φ(k+1) s’annule sur
]yi , yi+1 [ pour i = 1, . . . , p − k. φ(k+1) admet donc au moins p − k annulations et lerésultat
est vrai au rang k + 1.
3
On en déduit en particulier (propriété au rang p) que φ(p) s’annule. Ce zéro est strictement
entre le minimum et le maximum des éléments de σ et donc dans ]a, b[.
si φ : [a, b] → R s’annule p + 1 fois, il existe c ∈]a, b[ tel que φ(p) (c) = 0.
Q.11. f − Ln (f ) ainsi que πσ s’annulent en tout point de σ. Pour x ∈ σ, Px est donc vraie (on peut
choisir pour cx n’importe quel élément de ]a, b[).
pour tout x ∈ σ, la propriété Px est vraie
Q.12. Comme x ∈
/ σ, πσ (x) 6= 0 et on peut donc poser
f (x) − Ln (f )(x) − F (x)
λ=
πσ (x)
et on a alors F (x) = 0.
Q.13. F s’annule (comme f − Ln (f ) et πσ ) en tout point de σ et en x ∈
/ σ. On a donc n + 1 points
d’annulation au moins.
F s’annule n + 2 fois
On en déduit avec Q.10 que F (n+1) s’annule en un point cx ∈]a, b[. Comme Ln (f ) ∈ Rn [X], sa
dérivée n + 1-ième est nulle. Comme πσ est unitaire de degré n + 1, sa dérivée n + 1-ième est
(n+1) (c )
le polynôme constante (n + 1)!. On en déduit que λ = f (n+1)! x
. Comme F (x) = 0, on obtient
Px .
∀x ∈ [a, b], Px est vraie
Q.14. f (n+1) est continue sur le segment [a, b] et donc bornée sur ce segment .
On remarque que
∀x ∈ [a, b], |πσ (x)| ≤ (b − a)n
Avec la propriété Px , on en déduit que
(b−a)n+1 (n+1) k
kf − Ln (f )k∞ ≤ (n+1)! kf ∞
Q.15. On imagine ici que l’on se donne une suite (xk )k∈N d’éléments deux à deux distincts de [0, 2π]
et que l’on considère pour chaque n le polynôme Ln (f ) associé à σn = {x0 , . . . , xn }. On définit
alors une suite de polynômes. Comme sin et toute ses dérivées sont majorées en module par 1
sur R, on en déduit avec la question précédente que
(2π)n+1
kf − Ln (f )k∞,[0,2π] ≤
(n + 1)!
Par croissances comparées, le majorant est de limite nulle et ainsi
(Ln (f ))n∈N converge uniformément vers f sur [0, 2π]
Q.16. On sait que
+∞
X
∀x ∈] − 1, 1[, f (x) = (−1)k x2k
k=0
Quand une fonction est développable en série entière, son développement est nécessairement
celui de Taylor. Ainsi
∀k ∈ N, f (2k) (0) = (−1)k (2k)!
On en déduit que kf (2k) k∞ ≥ |f (0)| ≥ (2k)! (la norme infinie existe puisque f est de classe C ∞
sur le segment [−1, 1]).
∀k ∈ N, kf (2k) k∞ ≥ (2k)!