Lundi 5 février 2018 Lycée du parc des loges, Évry,
MPSI
Concours blanc
Mathématiques 1
Problème 1
Partie I
lnp1 ` xq
Soit ϕ la fonction définie par ϕpxq “ .
x
1. Déterminer l’ensemble de définition, noté D, de ϕ.
2. Justifier que ϕ est dérivable sur D, calculer ϕ1 et étudier le signe de ϕ1 .
3. Déterminer les limites de ϕ aux bornes de D.
4. Montrer que ϕ peut être prolonger par continuité en 0 et que son prolongement est de
classe C 1 sur D.
5. Tracer, avec précision, la courbe représentative de ϕ.
Partie II
Soit f une fonction continue et positive sur r0, π{2s. On considère la fonction g définie par
żπ
2 f ptq
gpxq “ dt.
0 1 ` x sinptq
1. Montrer que g est définie sur s ´ 1, `8r.
2. Dans cette question, on suppose que f ptq “ cosptq. Calculer gpxq.
3. Dans cette question, on suppose que f ptq “ sinp2tq. Calculer gpxq.
4. Soit a Ps ´ 1, `8r. Monter qu’il existe K P R tel que :
|gpxq ´ gpyq| ď K|x ´ y|, @px, yq Psa, `8r2 .
En déduire que la fonction g est continue sur s ´ 1, `8r.
5. Montrer, sans utiliser de dérivée, que g est décroissante sur s ´ 1, `8r.
6. (a) Justifier que la fonction f est majorée sur r0, π{2s.
(b) Soient M un majorant de f sur r0, π{2s et b Ps0, π{2s. Montrer que :
Mπ
gpxq ď M b ` , @x P R˚` .
2p1 ` x sinpbqq
(c) Démontrer que lim gpxq “ 0.
xÑ`8
żu
cosptq
7. En calculant l’intégrale, déterminer lim dt.
uÑ π2 ´ 0 1 ´ sinptq
8. (a) Montrer que g possède une limite L finie ou infinie en ´1.
(b) Donner le tableau de variations de g.
Problème 2
Dans tout le problème, pour P dans RrXs, on identifiera le polynôme P avec sa fonction
polynomiale associée et on notera P 1 le polynôme dérivé de P .
1. Soit P P RrXs.
(a) Démontrer qu’il existe un unique polynôme B de RrXs tel que :
ż1
1
B “ P et Bptqdt “ 0. (1)
0
(b) On note p le degré de P et ap son coefficient dominant. Donner le degré et le coefficient
dominant du polynôme B vérifiant la propriété (1).
2. Soit pBn qnPN la suite de polynômes de RrXs définie par les propriétés suivantes :
$
’
’
’ B0 “ 1,
& 1
Bn “ nBn´1 , @n P N˚ , (2)
’ ż 1
’ ˚
% Bn ptqdt “ 0, @n P N .
’
0
(a) Quel est le degré du polynôme Bn ?
(b) Démontrer que, pour tout n P N, Bn est unitaire.
(c) Justifier que pBn qnPN est l’unique suite vérifiant la propriété (2).
(d) Démontrer que :
Bn pXq “ p´1qn Bn p1 ´ Xq, @n P N. (3)
Indication : on pourra poser Qn pXq “ p´1qn Bn p1 ´ Xq et démontrer que la suite de
polynômes pQn qnPN vérifie la propriété (2).
(e) Démontrer que :
´ ´X ¯ ´ X ` 1 ¯¯
n´1
Bn pXq “ 2 Bn ` Bn (4)
2 2
3. Pour tout n P N, on note bn “ Bn p0q.
(a) Démontrer, par récurrence, la formule suivante :
n ˆ ˙
ÿ n
Bn pXq “ bn´k X k , @n P N.
k“0
k
(b) Donner les polynômes B1 , B2 et B3 et les nombres b1 , b2 et b3 .
(c) Démontrer que b2p`1 “ 0, @p P N˚ .
(d) Démontrer que, pour p ě 2, on a bp “ Bp p1q “ Bp p0q.
2p`2
ÿ ˆ2p ` 2˙
(e) Démontrer que, pour p ě 2, on a b2p`2 “ bk .
k“0
k
2p´2
ÿ ˆ2p ` 2˙
1
(f) En déduire que, pour p ě 2, on a b2p “´ bk .
pp ` 1qp2p ` 1q k“0 k
(g) Calculer la valeur de b4 .
* *
*
Correction du concours blanc 2018 (sujet 1)
Problème 2
1. (a) Comme P est continue sur R, on note A une primitive de P sur R. On cherche une
ż1 ż1 ż1
primitive B de P telle que B “ 0. Cependant, pA ` λq “ 0, donne λ “ ´ A.
ż1 0 0 ż1 0
On pose B “ A ´ A, ainsi B est l’unique primitive de P telle que B “ 0.
0 0
ap
(b) On a deg B “ p ` 1 et le coefficient dominant de B est (en écrivant P “
p`1
ap
ap X P ` ¨ ¨ ¨ ` a0 , on trouve B “ X p`1 ` ¨ ¨ ¨ ` a0 X ` λ).
p`1
2. (a) D’après la question 1.b et par récurrence, on trouve deg Bn “ n, @n P N.
(b) B0 est unitaire. On suppose que Bn´1 est unitaire. On note Bn “ λX n ` ¨ ¨ ¨ , on a
Bn1 “ nλX n´1 ` ¨ ¨ ¨ “ nBn´1 . Comme Bn´1 est unitaire, on trouve λ “ 1, c’est-à-dire
Bn est unitaire. Par récurrence, @n P N, Bn est unitaire.
(c) D’après la question 2.b, les polynômes Bn sont uniques.
(d) On pose Qn pXq “ p´1qn Bn p1 ´ Xq, @n P N. On a Q0 “ B0 . Soit n P N˚ . On a :
Q1n pXq “ p´1qn`1 Bn1 p1 ´ Xq “ np´1qn´1 Bn´1 p1 ´ Xq “ nQn´1 pXq.
De plus, en effectuant le changement de variable t “ 1 ´ x, on trouve :
ż1 ż1 ż0 ż1
n n n
Qn pxqdx “ p´1q Bn p1 ´ xqdx “ ´p´1q Bn ptqdt “ p´1q Bn ptqdt “ 0.
0 0 1 0
Ainsi, pour tout n P N, Qn vérifie la propriété (2). Par unicité de la suite pBn qnPN ,
on a Qn “ Bn , @n P N.
´ `X ˘ ` X ` 1 ˘¯
n´1
(e) De même que pour la question précédente, on pose Qn pXq “ 2 Bn `Bn .
˚
2 2
On a Q0 “ 1. Soit n P N . On obtient :
´ 1 ` X ˘ 1 ` X ` 1 ˘¯ ´ `X ˘ ` X ` 1 ˘¯
Q1n pXq “ 2n´1 Bn1 ` Bn1 “ 2n´2 nBn´1 `nBn´1 “ nQn´1 pXq.
2 2 2 2 2 2
x x`1
De plus, en effectuant les changements de variables t “ et t “ , on trouve :
2 2
ż1 ż1 ż1
`x˘ `x ` 1˘
Qn pxqdx “ 2n´1 Bn dx ` 2n´1 Bn dx
0 0 2 0 2
ż 1 ż1
2
“ 2n´1 Bn ptqdt ` 2n´1 Bn ptqdt
1
0 2
ż1
n´1
“2 Bn ptqdt “ 0
0
Ainsi, pQn qnPN vérifie la propriété (2), donc, par unicité, Qn “ Bn , @n P N.
ˆ ˙
0
3. (a) On a B0 “ 1 “ b0 , car b0 “ 1. Supposons que la formule est vraie au rang n ´ 1.
0
n´1
ÿ ˆn ´ 1˙
On a Bn´1 “ bn´1´k X k . Par conséquent, une primitive est :
k“0
k
n´1 ˆ ˙
ÿ n n´1
Bn “ bn´1´k X k`1 ` λ.
k“0
k ` 1 k
ˆ ˙ ˆ ˙
n n´1 n
De plus, Bn p0q “ bn , d’où λ “ bn et “ . En effectuant un
k`1 k k`1
changement d’indice, on trouve :
n´1
ÿ n ˆn ´ 1˙ n´1
ÿˆ n ˙
k`1
Bn “ bn´1´k X ` bn “ bn´1´k X k`1 ` bn
k“0
k ` 1 k k“0
k ` 1
n ˆ ˙ n ˆ ˙
ÿ n ÿ n
“ bn´k X k ` bn “ bn´k X k
k“1
k k“0
k
Ainsi, la formule est vraie au rang n.
ż1
1
(b) On obtient B1 “ X `c, mais B1 “ 0, d’où c “ ´ . De même, on a B2 “ X 2 ´X `d
ż1 0 2
1 3 1 1
et B2 “ 0 donne d “ . Enfin, on trouve B3 “ X 3 ´ X 2 ` X. Donc b1 “ ´ ,
0 6 2 2 2
1
b2 “ et b3 “ 0.
6
1
(c) Soit p P N˚ . D’après la formule (3), pour X “ et n “ 2p ` 1, on a B2p`1 p1{2q “
2
´B2p`1 p1{2q, d’où B2p`1 p1{2q “ 0. De plus, d’après la formule (4), pour X “ 0 et
n “ 2p ` 1, on trouve B2p`1 p0q “ 22p pB2p`1 p0q ` B2p`1 p1{2qq “ 22p B2p`1 p0q, avec
22p ‰ 1, donc B2p`1 p0q “ b2p`1 “ 0.
(d) Soit p ě 1. D’après la formule (3), pour X “ 0 et n “ 2p, on trouve B2p p0q “ B2p p1q.
De plus, pour X “ 1 et n “ 2p ` 1 dans la formule (4), on obtient B2p`1 p1q “
22p pB2p`1 p1{2q ` B2p`1 p1qq “ 22p B2p`1 p1q, car B2p`1 p1{2q “ 0. Donc B2p`1 p1q “ 0 “
B2p`1 p0q. Dans tous les cas, on a Bn p1q “ Bn p0q, pour n ě 2.
(e) D’après la question précédente, b2p`2 “ B2p`2 p0q “ B2p`2 p1q. Cependant, la formule
2p`2
ÿ ˆ2p ` 2˙
démontrée à la question 3.a permet d’obtenir B2p`2 p1q “ b2p`2´k . De
k“0
k
ˆ ˙ ˆ ˙
2p ` 2 2p ` 2
plus, “ , puis en effectuant le changement d’indice i “ 2p `
k 2p ` 2 ´ k
2 ´ k, on obtient :
2p`2
ÿ ˆ 2p ` 2 ˙ 2p`2
ÿ ˆ2p ` 2˙
b2p`2 “ b2p`2´k “ bi .
k“0
2p ` 2 ´ k i“0
i
(f) En utilisant la relation de Chasles dans la somme précédente et le fait que b2k`1 “ 0,
pour k ě 1, on trouve :
2p´2
ÿ ˆ2p ` 2˙ ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
2p ` 2 2p ` 2 2p ` 2 2p ` 2
b2p“2 “ bk ` b2p´1 ` b2p ` b2p`1 ` b2p`2
k“0
k 2p ´ 1 2p 2p ` 1 2p ` 2
2p´2
ÿ ˆ2p ` 2˙ ˆ ˙
2p ` 2
“ bk ` b2p ` b2p`2
k“0
k 2p
ˆ ˙
2p ` 2
Comme “ pp ` 1qp2p ´ 1q, en simplifiant les b2p`2 dans l’égalité précédente,
2p
2p´2
ÿ ˆ2p ` 2˙
1
on trouve b2p “ ´ bk .
pp ` 1qp2p ` 1q k“0 k
2 ˆ ˙
1 ÿ 6 1` 6 15 ˘ 1
(g) Avec la formule précédente, Il vient b4 “ ´ bk “ ´ 1´ ` “´
15 k“0 k 15 2 6 30