DS3 Correction
DS3 Correction
n−1
Y
∀n > 1, ∀x > 0, Γ(x + n) = Γ(x) (x + k)
k=0
n−1
Y
On note, pour n ∈ N? , Pn : « ∀x > 0, Γ(x + n) = Γ(x) (x + k) ».
k=0
• On vient de montrer P1 ci-dessus.
• Soit n ∈ N? . Suppposons Pn . Montrons Pn+1 . Soit x > 0. On a :
Γ(x + n + 1) = Γ (x + n) + 1
= (x + n)Γ(x + n) d’après la relation (?) appliquée à x + n > 0
n−1
Y
= (x + n) (x + k) d’après Pn
k=0
n
Y
= (x + k),
k=0
d’où Pn+1 .
• On a donc montré le résultat voulu par récurrence.
Z +∞ +∞
Pour x = 1 on obtient, puisque Γ(1) = e−t dt = −e−t 0 = 1, que Γ(n + 1) = n! pour tout n ∈ N?
0
donc finalement :
∀n > 1, Γ(n) = (n − 1)!
−t 2 4
(c) Les fonctions
t7→ e et t 7→ e−t sont bien définies et continues sur R+ et, par croissances comparées, ce
1
sont des o 2 quand t → +∞ donc elles sont intégrables sur R+ :
t
Z +∞ Z +∞
2 4
Les intégrales e−t dt et e−t dt sont bien définies.
0 0
Dans la première intégrale, effectuons le changement de variable u : t 7→ t2 qui réalise une bijection de
classe C 1 strictement croissante de R+ dans R+ . Les deux intégrales ont même nature, donc convergent, et
l’on a :
Z +∞ Z +∞
−t2 −u du 1 1
e dt = e √ = Γ
0 0 2 u 2 2
2. (a) Soient t > 0 et x ∈ [a, b]. Les termes ta et tb étant positifs, on a toujours max(ta , tb ) 6 ta + tb .
De plus, par croissance de l’exponentielle, si t > 1 alors tx = ex ln t 6 eb ln t = tb 6 max(ta , tb ).
De même, si t < 1 alors tx 6 ta 6 max(ta , tb ). Finalement :
(b) Montrons que Γ est de classe C ∞ sur tout segment de R?+ . Soit [a, b] ⊂ R?+ un tel segment.
ex ln t −t
Soit k ∈ N? . Posons γ : [a, b] × R?+ → R+ définie par γ(x, t) = tx−1 e−t = e .
t
• Pour tout t ∈ R?+ , x 7→ tx−1 e−t est de classe C k sur [a, b] et :
∂j γ
∀j ∈ N, ∀x ∈ [a, b], ∀t > 0, (x, t) = (ln t)j tx−1 e−t
∂j x
∂j γ
• Pour tout j ∈ N et tout x ∈ [a, b], t 7→ est continue par morceaux sur R?+ .
∂j x
• Pour tout j ∈ N, on a :
∂j γ a b
j t + t −t
∀x ∈ [a, b], ∀t > 0, (x, t) 6 |ln t| e = ϕj (t)
∂j x t
Les fonctions ϕj sont bien définies et continues sur ]0, +∞[, et l’on a :
1 1
◦ au voisinage de +∞ : ϕj (t) = o 2 et t 7→ 2 est intégrable au voisinage de +∞ (intégrale
t→+∞ t t
de Riemann avec 2 > 1).
|ln t|j
1 1
◦ au voisinage de 0 : ϕj (t) ∼ 1−a = o 1− a (par croissances comparées) et t 7→ 1− a est
+
t→0 t t→0 t 2 t 2
a
intégrable au voisinage de 0 (intégrale de Riemann avec 1 − < 1).
2
Finalement, pour tout j ∈ N, ϕj est intégrable sur R?+ .
∂j γ
Cela montre en même temps que toutes les fonctions sont intégrables sur R?+ et la domination
∂j x
∂kγ
uniforme en x pour voulue.
∂kx
D’après le théorème de dérivation sous le signe intégrale, la fonction Γ de classe C k sur [a, b], et :
Z +∞ k
(k) ∂ γ
∀x ∈ [a, b], Γ (x) = (x, t) dt
0 ∂kx
Ceci est vrai pour tout k ∈ N? , Γ de classe C ∞ sur [a, b].
Ceci étant vrai pour tout segment [a, b] de R?+ , donc vrai sur R?+ tout entier :
Z +∞
∞
Γ est de classe C sur R+ et pour tout k ∈ N et x > 0, Γ (x) =
? ? (k)
(ln t)k tx−1 e−t dt.
0
Z +∞
3. (a) Pour tout x > 0, Γ00 (x) = (ln t)2 tx−1 e−t dt > 0 par croissance de l’intégrale (convergente). De plus,
0
l’intégrande est une fonction positive, continue, non identiquement nulle donc l’intégrale est non nulle. D’où
Γ00 (x) > 0 et Γ0 est une fonction strictement croissante sur R?+ . Elle est de plus continue, donc réalise une
bijection de R sur Γ0 (R). En particulier, elle est injective sur R, et ne peut donc s’annuler qu’une seule fois.
D’autre part, on sait déjà que Γ(1) = 1. De plus, Γ(2) = 1! = 1. La fonction Γ étant continue sur [1, 2],
dérivable sur ]1, 2[, on obtient, d’après le théorème de Rolle, qu’il existe ξ ∈]1, 2[ tel que Γ0 (ξ) = 0.
Finalement :
Il existe un unique réel ξ tel que Γ0 (ξ) = 0. Ce réel vérifie 1 < ξ < 2.
(b) La fonction Γ0 étant (strictement) croissante et s’annulant en ξ elle est négative sur ]0, ξ[ et positive sur
]ξ, +∞[ ce qui montre que Γ est décroissante sur ]0, ξ] et croissante sur [ξ, +∞[.
La fonction Γ est croissante au voisinage de +∞ et non bornée au voisinage de +∞ car
Γ(n + 1) = n! −−−−−→ +∞ donc diverge vers +∞ (théorème de la limite monotone) : lim Γ(x) = +∞
n→+∞ x→+∞
Γ(x + 1) 1
Au voisinage de 0, Γ(x) = ∼ car Γ(x + 1) −−−→ Γ(1) = 1. Donc lim Γ(x) = +∞.
x x x→0 x→0
De Γ(x + 1) = xΓ(x) on déduit Γ0 (x + 1) = Γ(x) + xΓ0 (x). Par continuité de Γ0 en 1 et avec l’équivalent
1
obtenu pour Γ(x) en 0+ on déduit que Γ0 (x) ∼ − 2 , donc Γ0 a pour limite −∞ en 0+ .
x→0 + x
Pour x > ξ on a Γ0 (x) > 0 et par suite Γ0 (x + 1) = Γ(x) + xΓ0 (x) > Γ(x) : on en déduit que Γ0 a pour limite
+∞ en +∞.
On obtient finalement le tableau de variations suivant :
x 0 ξ +∞
Γ0 (x) − 0 +
+∞ +∞
Γ
Γ(ξ) > 0
Soit f : R×]0, +∞[→ C la fonction(à valeurs complexes) définie par f (x, t) = e−t t−3/4 eitx .
• Pour tout t > 0, x 7→ e−t t−3/4 eitx est de classe C ∞ sur R et :
∂kf
∀k ∈ N? , ∀x ∈ R, ∀t > 0, (x, t) = (it)k e−t t−3/4 eitx
∂kx
• Pour tout k ∈ N et tout x ∈ R, t 7→ (it)k e−t t−3/4 eitx est continue par morceaux sur R?+ .
• Pour tout k ∈ N? , on a :
∂kf
∀x ∈ R, ∀t > 0, (x, t) = (it)k e−t t−3/4 eitx = tk−3/4 e−t = ϕk (t)
∂kx
On a déjà vu (cf question 1) que les fonctions ϕk étaient intégrables sur R?+ (et que leur intégrales valent
Γ (k − 3/4)).
D’après le théorème de dérivation sous le signe intégrale, la fonction F de classe C ∞ sur R , et :
+∞ +∞
∂kγ
Z Z
?
∀k ∈ N , ∀x ∈ R, Γ (k)
(x) = (x, t) dt = (it)k e−t t−3/4 eitx dt
0 ∂kx 0
Z +∞
De plus, F (0) = t−3/4 e−t dt = Γ(1/4).
0
n Z +∞
+∞ X
−t −3/4 (ixt)
5. (a) Pour tout n ∈ N et x ∈ R, posons un,x : t 7→ e t de sorte que F (x) = un,x (t) dt.
n! 0 0
Montrons que si |x| < 1, nous pouvons échanger l’intégrale et la somme.
XZ +∞
D’après le théorème d’intégration terme à terme, il suffit de montrer que la série |un,x | converge.
0
Z +∞
Posons In (x) = |un,x (t)| dt. Alors :
0
+∞
(|x| t)n |x|n
Z
In (x) = e−t t−3/4 = cn
0 n! n!
+∞
tn
Z
avec cn = e−t t−3/4
= Γ(n + 1 − 3/4) = Γ(n + 1/4).
0 n!
Pour n > 2, on a n + 1/4 > 2 donc cn 6 Γ(n + 1) = n! par croissance de la fonction Γ sur [2, +∞[. Donc
0X6 In (x) 6 |x|n . Par comparaison avec une série géométrique convergente (car de raison |x| < 1), la série
In (x) converge absolument, donc converge, pour |x| < 1.
+∞
+∞ X +∞ Z +∞ +∞
(ix)n
Z X X
Soit donc |x| < 1. Alors, F (x) = un,x (t) dt = un,x (t) dt = cn .
0 n!
n=0 n=0 0 n=0
n−1
Y
De plus, cn = Γ(n + 1/4) = (n − 1 + 1/4) × · · · × (1 + 1/4) × 1/4 × Γ(1/4) = c0 (k + 1/4). Ainsi :
k=0
+∞ n−1
X (ix)n Y
Pour tout |x| < 1, F (x) = cn avec cn = Γ(n + 1/4) = c0 (k + 1/4).
n!
n=0 k=0
(c) Les coefficients cn étant réels, on a, si |x| < 1 (noter que i2n = (−1)n ) :
+∞ +∞
X x2n X x2n+1
F (x) = (−1)n c2n +i (−1)n c2n+1
(2n)! (2n + 1)!
n=0
| {z } |n=0 {z }
=R(x) =I(x)
x 15x3
5
1 − x2 3
et I(x) = c0 + o x4 .
R(x) = c0 +o x −
x→0 32 x→0 4 128
i 1 1 x−i
En posant A : x 7→ = = , on a obtenu le résultat suivant :
4(−1 + ix) 4(x + i) 4 1 + x2
1 x−i
La fonction F vérifie sur R l’équation différentielle F 0 + AF = 0 avec A : x 7→ × .
4 1 + x2
(b) On a :
1 x−i 1 2x i 1
∀x ∈ R, A(X) = × 2
= × 2
− ×
4 1+x 8 1+x 4 1 + x2
que l’on peut primitiver sur R de la manière suivante :
Z
1 i
A(x) dx = ln(1 + x2 ) − arctan(x) + cste
8 4
Ainsi, la résolution de l’équation différentielle s’écrit de la manière suivante :
1 2 )+ i
∃C ∈ C, ∀x ∈ R, F (X) = Ce− 8 ln(1+x 4
arctan(x)
1
Puisque C = F (0) = Γ , on obtient finalement :
4
i arctan(x)
1 − 1 ln(1+x2 )+ i arctan(x) 1 e4
∀x ∈ R, F (x) = Γ e 8 4 =Γ
4 4 (1 + x2 ) 18
Problème 2 (tiré de E3A MP 2001)
Partie I.
Z t
1.(a) L(f ) est une primitive de f , il existe donc une constante C telle que pour tout t ∈ [a, b] : L(f )(t) = f (u) du+C.
a
Z b Z b Z x
1
La relation L(f )(t) dt = 0 permet de déterminer C = − f (u) du dx
a b−a a a
Z t Z b Z x
1
D’où L(f )(t) = f (u) du − f (u) du dx
a b−a a a
Z t Z b Z x
1
On montre facilement que f 7→ f (u) du − f (u) du dx est une application linéaire de E0 dans
a b−a a a
E0 , donc
L est bien définie, et c’est un endomorphisme de E0 .
1.(b) Soit f ∈ ker L, alors, L(f ) = 0. En dérivant, on obtient f = 0.
ker L = {0}
1.(c) L(f ) est dérivable de dérivée f , donc L(f ) est de classe C 1 :
Im L ⊂ E1
E1 → E1
L’endomorphisme n’est pas surjectif car les éléments de son image sont de classe C 2 .
f 7→ L(f )
La restriction de L à E1 n’est pas un automorphisme de E1 .
2.(a) On repart de la formule trouvée en 1.(a) :
Z t Z b Z x
1
L(f )(t) = f (u) du − f (u) du dx
a b−a a a
Z b Z t Z b Z x
1 1
= f (u) du dx − f (u) du dx
b−a a b−a a
Z b Za t a
1
= f (u) du dx
b−a a x
Z b Z t
1
L(f )(t) = f (u) du dx
b−a a x
2.(b) L(f ) est continue sur le segment [a, b], donc elle est bornée et atteind sa borne inf en un point xi ∈ [a, b] et sa
borne sup en un point xs ∈ [a, b]. Pour tout t ∈ [a, b] : L(f )(xi ) ≤ L(f )(t) ≤ L(f )(xs ).
Z b Z x Z b
2.(c) |x − t| dt = (x − t) dt + (t − x) dt
a a x
a2 + b2
2
= x − (a + b)x + .
2
a2 + b2
L’étude des variations de la fonction x 7→ x2 − (a + b)x + permet de montrer que sa borne supérieure
2
Z b
(b − a)2 (b − a)2
est , donc sup |t − x| dt = .
2 t∈[a,b] a 2
Z b Z t
1
|L(f )(t)| = f (u) du dx
b−a a x
Z b Z t
1
≤ f (u) du dx
b−a a x
Z b
kf k
≤ |x − t| dx
b−a a
b−a
≤ kf k
2
b−a
Donc |L(f )(t)| ≤ kf k
2
b
b−a
Z
a+b
2.(d) L(P0 )(t) = t + C avec (t + C) dt = 0 donc L(P0 )(t) = t − et kL(P0 )k =
a 2 2
b−a b−a
De la relation kL(f )k ≤ kf k, on déduit |||L||| ≤ .
2 2
b−a b−a
De la relation kL(P0 )k = , on déduit |||L||| ≥ .
2 2
b−a
On a donc |||L||| =
2
PARTIE II
x a c b
L(f ) 0
x a c b
L2 (f )
De plus, on sait que la moyenne de L2 (f ) sur [a,b] est nulle, on a nécessairement L2 (a) = L2 (b) > 0 et
L2 (c) < 0, et donc L2 (f ) s’annule donc en deux points que l’on notera d ∈]a, c[ et e ∈]c, b[ (théorème des valeurs
intermédiaires) :
x a d c e b
(L2 (f ))0 (x) − 1 − 0 + 2 +
>0 >0
L2 (f ) 0 0
<0
a+b
(L3 (f ))0 = L2 (f ) ; de plus L3 (f ) s’annule en a, b, et . On en déduit les variations de L3 (f ) :
2
x a d c e b
(L3 (f ))0 (x) + 0 − − 0 +
0
L3 (f ) 0
0