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Sécurité incendie : avantages du béton

Le béton est un matériau incombustible et stable au feu, offrant une excellente protection incendie grâce à ses capacités pare-flammes et coupe-feu. Sa résistance exceptionnelle permet de limiter les dégâts en cas d'incendie, offrant ainsi des heures précieuses pour l'évacuation des occupants. Des exemples comme le Carré d'art à Nîmes illustrent comment le béton contribue à la sécurité des bâtiments tout en respectant les normes de construction.
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Sécurité incendie : avantages du béton

Le béton est un matériau incombustible et stable au feu, offrant une excellente protection incendie grâce à ses capacités pare-flammes et coupe-feu. Sa résistance exceptionnelle permet de limiter les dégâts en cas d'incendie, offrant ainsi des heures précieuses pour l'évacuation des occupants. Des exemples comme le Carré d'art à Nîmes illustrent comment le béton contribue à la sécurité des bâtiments tout en respectant les normes de construction.
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L E S D O S S I E R S V

CIM
SÉCURITÉ - INCENDIE

LE BÉTON :
Peut-on transiger avec la sécurité ?
QUATRE POINTS FORTS
Le rappel de quelques données
INCOMBUSTIBLE techniques essentielles et le point
En tant que matériau, le béton est classé M0 : de vue d'un expert reconnu
totalement incombustible.
Jean-Marc CASSO, sont de nature
STABLE AU FEU à aider responsables et décisionnaires
L’effondrement de la structure d’un bâtiment confrontés à des choix déterminants
constitue le plus grand danger, tant pour les
occupants que pour les sauveteurs. Contraire- lors de la conception et de la
ment à d’autres structures, celles du béton
réalisation d'un projet.
sont d’une excellente stabilité au feu.

ÉTANCHE AU FLAMME
Toute protection incendie efficace (matériau ininflammable), excel-
Le feu se propage non seulement par les repose sur la prise en compte du lentes capacités pare-flammes (PF)
portes, fenêtres et gaines, mais aussi par les risque, tant au niveau de la concep- et coupe-feu (CF) des parois, étan-
parois et les raccords. Le béton est un excel- tion de l'immeuble (structure, chéité à l'air des raccords. Ainsi, un
lent pare-flammes et la solution de continuité dimensionnement et éléments de mur en blocs de béton cellulaire de
qu’il apporte, y compris dans les assemblages, construction, dispositifs de circula- 15 cm d'épaisseur ou un simple mur
assure une étanchéité parfaite. Il est égale- tion de l'air) que des matériaux eux- de blocs creux de 20 cm stopperont
ment un très bon coupe-feu. mêmes, l'objectif étant de stopper et isoleront thermiquement le feu
ou de retarder le plus longtemps durant 4 heures. Un poteau en
possible la progression du feu à ses béton armé correctement dimen-
RÉPARABLE
différentes phases d'évolution. Le sionné demeurera stable au feu
Un incendie dans un ouvrage béton ne cause béton constitue une solution remar- durant 3 ou 4 heures suivant le
pas de dégats irréparables, du fait de la résis- quablement active en sécurité- degré de résistance recherché. Des
tance exceptionnelle du béton au feu. Une incendie pour contrer le développe- heures précieuses qui permettent
économie qui est naturellement loin d’être ment du feu : grande stabilité au feu de sauver des vies et de limiter
négligeable. (SF) des structures et éléments por- considérablement les dégâts causés
teurs, absence de réaction au feu au bâtiment lui-même. ■
L’exemple du Carré d’art très pur, abritant un musée et une rassure quant à la sécurité des per-
à Nîmes médiathèque, présente des espaces sonnes et des biens. Des systèmes
intérieurs généreusement ouverts les de détection incendie et de désen-
Le Carré d’art de Nîmes (architecte : uns par rapport aux autres. De fumage permettent de contenir tout
Sir Norman Foster) est un ERP de pre- grandes parois transparentes offrent phénomène de propagation dans
mière catégorie (recevant + de 1 500 aussi des vues panoramiques sur la une enceinte limitée. Les gaz chauds
personnes). Cet équipement culturel Maison carrée. L’ensemble s’organise dégagés par un début d’incendie
autour d’un vaste atrium central, qui peuvent être évacués rapidement
parcourt verticalement le bâtiment. La grâce à des exutoires de fumées sur
question de la sécurité des utilisateurs a la verrière de l’atrium. Ainsi, la cha-
été soulevée dès la conception. Des leur est canalisée vers l’extérieur et
escaliers de secours assurent, en cas de ne se propage pas latéralement
nécessité, l’évacuation des visiteurs dans les niveaux. Le béton participe
directement à l’extérieur de l’édifice. ici activement à la sécurité. En effet,
Ces issues sont situées dans des tré- même en cas d’élévation locale de la
mies verticales latérales en béton, entiè- température liée à un début d’incen-
rement cloisonnées et isolées. On y die, on sait que la structure en béton
retrouve également les gaines tech- continuera à assurer sa fonction. Les
niques. Invisibles de l’extérieur, ces tré- zones de stockage, situées dans les
mies s’intègrent parfaitement à la fluidi- niveaux en sous-sol, sont très bien
té et à l’architecture des espaces isolées par des parois en béton cou-
intérieurs. La structure est entièrement pe-feu deux heures, qui assurent
réalisée dans un béton qui présente une parfaite protection des œuvres.
une qualité de finition impeccable.
Dans cet édifice, la présence du béton

■ Cloison CF 2 heures (plancher béton)


■ Cloison CF 1 h 30 (plancher et voiles béton)
■ Cloison vitrée PF 1 h 30
■ Cloison vitrée PF 1/2 heure

vous n’avez pas de protection rap- d’effondrement en chaîne de la toi- J.-M. C : Dans la réglementation des
portée sur la structure en béton. ture, aucune résistance au feu ne IGH, la règle consiste à traiter chaque
(Voir exemples justificatifs tirés du sera exigée pour l’ensemble du bâti- niveau comme un compartiment par-
DTU livre classification des maté- ment, y compris la charpente de cou- faitement étanche, qui est séparé des
riaux, courbe de distribution de la verture. En fait, il s’agit là de condi- autres par des planchers et des parois
température dans le béton.) tions spécifiques très clairement présentant un degré coupe-feu de
décrites dans la réglementation. La deux heures. La possibilité de se limi-
C. M. : Dans la première ligne du résistance au feu en fonction de la ter à un degré coupe-feu de deux
tableau, on constate qu’il existe deux hauteur d’un bâtiment est définie heures est admise, parce que la régle-
exigences, stabilité au feu zéro ou dans la réglementation des ERP par mentation a introduit une limitation
une demi-heure, pour les ERP à rez- l’article CO 12, mais il existe des cas du pouvoir calorifique. Le potentiel
de-chaussée ; à quoi cela corres- particuliers définis par les articles calorifique des matériaux entrant
pond-il ? CO 13 et CO 14. Ce dernier article dans l’aménagement des lieux est
J.-M. C : Dans les ERP à rez-de- traite des bâtiments à simple rez-de- limité pour chaque étage d’un IGH.
chaussée, la règle élastique exige une chaussée, pour lesquels il existe les Dans ce type d’ouvrage, je pense qu’il
stabilité au feu d’une demi-heure. conditions que je viens d’évoquer. est plus facile de construire en béton,
Cependant, si les éléments porteurs car il est très aisé d’obtenir, sans
sont construits en matériaux incom- C. M. : Pour les IGH , il existe une aucune protection rapportée, le
bustibles, si la toiture est visible du réglementation particulière. degré coupe-feu de deux heures
sol et s’il n’existe pas de risque Quels en sont les grands principes ? exigé par la réglementation.
sécurité incendie

Une solution naturelle et fiable


au problème de la sécurité-incendie

a sécurité incendie des bâti- Les DTU* permettent d’ores et mise en œuvre fait appel à des tech-
L ments, logements – écoles,
centres de culture et loisirs, cen-
déjà de prévoir, par le calcul, le
comportement au feu des struc-
niques constructives parfaitement
maîtrisées par les entreprises. Il
tres commerciaux... – est une exi- tures, les règles dites FB définissant répond aux exigences légitimes du
gence prioritaire. de manière explicite celles s’appli- public en matière de sécurité, exi-
Des documents réglementaires quant aux structures en béton, gences qui intègrent l’esthétique et
fixent les degrés de résistance au selon le degré de résistance exigée. le confort – le béton étant plus que
feu selon la destination des bâti- Ces documents officiels, ainsi que jamais un matériau architectural
ments. C’est le cas de l’arrêté du 25 les méthodes les plus récentes de souple et modulable, doté d’une
juin 1980 qu vise les dispositions modélisation d’incendie, démon- bonne isolation phonique et ther-
générales s’appliquant aux établis- trent sans ambiguïté les perfor- mique. ■
sements recevant du public (ERP), mances du béton dans ce domaine.
établissements scolaires ou sportifs Il surpasse d’autres matériaux
notamment. La directive euro- nécessitant des solutions com-
péenne Produits de Construction plexes faisant appel à des protec-
fait de la sécurité-incendie l’une des tions rapportées, dont la mise en
six exigences essentielles aux- œuvre et la tenue dans le temps
quelles doivent satisfaire les ouvra- sont d’une fiabilité aléatoire.
ges. Le document interprétatif, en Face au problème de la sécurité
cours de rédaction, précisera les incendie, la solution béton réunit le
critères que doivent satisfaire les maximum d’avantages : efficacité,
matériaux et éléments. économie, fiabilité et simplicité. Sa
* DTU : Document technique unifié, élaboré par une commission d’experts et des représentants des professions
concernées, présentant les règles de l’art.

Sécurité-incendie : objectifs et moyens

Entretien avec jean-marc casso et de l’industrie au parc de la apparaître à tout moment. Quelle
Villette, ministère de l’Économie que soit sa forme – flamme, étin-
Jean-Marc Casso, cofondateur et et des Finances à Bercy, Carré celle, point chaud –, la source
gérant du cabinet casso, gaudin d’art à Nîmes, centre de congres à d’énergie qui va donner naissance à
et cie expert judiciaire près la Tours, etc.). C’est à ce titre que un incendie est présente dans tous
cour d’appel de paris dans la spé- Construction Moderne l’a ren- les ouvrages, mais on ne peut jamais
cialité incendie-explosion, Jean- contré. savoir en quelles circonstances elle
Marc Casso est aussi spécialiste va se manifester. En outre, les deux
Construction Moderne :
de la sécurité des personnes et autres composantes qui participent
Quels sont les facteurs et les circons-
des biens pour les établissements à la combustion d’un feu – le com-
tances qui participent à la naissance
recevant du public. En tant qu’in- bustible (mobilier, matériel, etc.) et
et au développement d’un incendie
génieur-conseil en sécurite-in- le comburant (l’air) – sont présentes
dans un bâtiment ?
cendie, il est l’associé de nom- dans tous les édifices que nous utili-
breuses équipes chargées, en Jean-Marc Casso : Malheureuse- sons, et elles vont permettre le
France, de la réalisation de pro- ment, nous savons que l’énergie développement de l’incendie.
jets importants (Cité des sciences d’activation à l’origine d’un feu peut Exception faite de conditions très
particulières, qui ne relèvent pas des
situations courantes rencontrées en
milieu urbain et dans la plupart des
immeubles, il faut admettre qu’il est
impossible de réduire à zéro le
risque d’un incendie dans un bâti-
ment.

C. M. : lorsqu’un incendie s’est déclaré


dans une construction, pouvez-vous
nous dire comment il se développe et
quelles sont les solutions qui permet-
tent de le contenir ?
J.-M. C : Face au risque toujours pos-
En cas d’incendie, il est important que la structure d’un édifice reste stable.
˛

sible de l’incendie, la réglementation


a pour objectif de faire en sorte C. M. : ainsi, au-delà de son architec- et fonctionnelles, les utilisateurs
qu’une construction soit conçue de ture et de sa fonctionnalité, un édifice attendent d’une construction qu’elle
façon à éviter le développement doit aussi être conçu pour pouvoir faire soit pérenne et sûre. Je ne dis pas
rapide d’un sinistre, en interdisant face au risque de l’incendie ? que le critère de sécurité est domi-
les phénomènes de propagation nant dans l’esprit du grand public.
verticale ou horizontale du feu dans J.-M. C : En effet, en plus de ses Cependant, à titre d’exemple, il faut
le bâtiment. Le phénomène de pro- qualités architecturales, esthétiques savoir qu’en région parisienne, 50 %
pagation verticale est le plus cou-
rant. L’incendie récent du siège du
Crédit Lyonnais, à Paris, en est un La courbe normalisée Elle atteint en effet 735 °C après un
température/temps ISO quart d’heure et 822 °C à une demi-
exemple typique. Sans aucun doute,
heure. Elle devient très rapidement
des gaines, des trémies ou de grands
Dès le début du xixe siècle, le com- asymptotique, puisqu’elle atteint
volumes intérieurs ont permis un
portement des maisons à l’incendie 925 °C à une heure et 1 025 °C à
développement vertical rapide de
fut vérifié expérimentalement. Un deux heures. Elle augmente forte-
l’incendie et ont provoqué l’embra-
bûcher de bois représentant les ment au départ, car elle est calculée
sement de l’édifice. D’une façon
matériaux combustibles était placé pour représenter l’ensemble des
générale, les trémies, les gaines
à l’intérieur de la maison. Lors de sa courbes d’incendie possibles. Il faut
techniques, les gaines d’ascenseur, combustion, il permettait de tester savoir qu’en situation réelle, un feu
les courettes intérieures, sont des le comportement d’ensemble de la croît plus ou moins rapidement
vecteurs de propagation verticale maison ou d’une de ses parois, selon les cas, qu’il atteint ensuite
du feu. Pour éviter cela, il est néces- notamment en durée de vie. Le son apogée, puis décroît au fur et à
saire de contenir le foyer en créant bûcher était normalisé et toujours mesure que les matériaux se consu-
des limites par des parois et des constitué de la même façon. Rapi- ment, pour finalement s’éteindre
planchers coupe-feu ou pare- dement, l’idée se développa de ne quand il n’y a plus rien à brûler. La
flammes en matériaux résistants tels plus constituer des bûchers, mais courbe théorique ISO croît conti-
que le béton. Ainsi, le fait de réaliser de soumettre l’élément de cons- nuellement. Comparativement à un
en béton les trémies d’ascenseur, de truction testé à un feu contrôlé, feu réel, la courbe normalisée est
monte-charge, d’escalier, garantit la produisant des températures iden- plus sévère, conformément à la
non-propagation verticale du feu. En tiques à celles du bûcher. Cette volonté du législateur.
ce qui concerne le phénomène de démarche aboutit à la définition
propagation horizontale, la régle- de la courbe température/temps
mentation exige des recoupements ASTM E119 aux États-Unis et de la 1 200

1 100

tous les 30 m ou tous les 300 m2 par courbe ISO en Europe. 1 000

900

des parois coupe-feu. Plusieurs La courbe normalisée température/ 800

700

textes parlent de ces recoupements temps ISO est reconnue et accep- 600

500

afin d’éviter les phénomènes de pro- tée à l’échelle internationale. Cette 400

300

pagation horizontale. En fait, il s’agit courbe, logarithmique, présente 200

100

de constituer des zones protégées d’abord une croissance très rapide. 1/2 1 1 h 1/2 2 3 4 heures

les unes des autres.


sécurité incendie

des sinistres ont lieu dans des habita- delà de ce qui est possible. Quel que vent. Une des grandes caractéris-
tions. Il n’est donc pas incongru de soit le type de construction, il est tiques de la réglementation actuelle
penser à la sécurité avant de louer ou indispensable de la part des profes- consiste à traiter les problèmes de
d’acheter. En ce qui concerne les sionnels de prendre en compte la prévention en fonction de la hauteur
établissements scolaires, le public, à sécurité-incendie pendant la concep- de l’édifice. Ainsi, pour un simple rez-
travers les associations de parents tion et la réalisation d’un édifice. Je de-chaussée, les conditions de sécu-
d’élèves, montre qu’il est très sen- crois qu’en ce domaine, pour de rité seront moins sévères, parce qu’il
sible à tous les problèmes de sécu- nombreuses personnes, le béton est est plus facile à évacuer. En effet, lors-
rité face à l’incendie. Dans tous les un matériau contemporain syno- qu’une construction est évacuée, l’es-
lieux publics ou privés, il semble nyme de sécurité et de pérennité, sentiel du travail de sauvetage est
inadmissible d’exposer des per- comme le sont aussi des matériaux effectué.
sonnes à un risque important en cas plus traditionnels, telles la pierre et
C. M. : Cela est-il aussi valable pour les
d’incendie. Pour la majorité de la la brique.
bureaux et les bâtiments industriels ?
population, l’incendie est un fléau
C. M. : Quelles sont les grandes carac-
qu’on devrait pouvoir maîtriser faci- J.-M. C : Dans la réglementation, il
téristiques de la réglementation de
lement. Les gens sont toujours sur- existe aujourd’hui une certaine uni-
sécurité-incendie pour les établisse-
pris par l’importance et la dimension formité de la législation, parce que ces
ments recevant du public et pour l’ha-
de certains sinistres. La presse se fait dernières années les textes régissant
bitation ?
d’ailleurs l’écho des questions qui se la sécurité des bâtiments industriels
posent dans ce cas : “Comment cela J.-M. C. : Dans la réglementation de ou des bureaux ont évolué. Ils ont
a-t-il pu brûler ? Comment cela a-t-il sécurité-incendie, le législateur a longtemps été placés sous une législa-
pu arriver, prendre une telle voulu en priorité favoriser l’évacua- tion du Code du travail qui datait de
ampleur ?... Il est indéniable qu’en la tion rapide d’un bâtiment en feu, et le 1913, modifiée en 1939. En ce qui
matière, le sentiment du public va au- sauvetage des personnes qui s’y trou- concerne la prévoyance incendie, le

Exigence de résistance au feu en fonction du type de bâtiment et de sa hauteur

0 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3 et 4 h

RDC ERP(1) ERP Isolement entre


seulement Bureaux ERP et parc
Industries de stationnement
Bureaux ERP ERP
Industries (2e/3e et 4e cat.) 1re cat.
H≤8m Habitation
(2e famille)
ERP ERP
(2e/3e et 4e cat.) 1re cat.
Habitation
8 < H ≤ 28 m (3e famille)
Bureaux
Industries
Habitation IGH W, Isolement IGH/ERP
28 < H ≤ 50 m (4e famille) OR, U, Z et IGH/parc
de stationnement
IGH A Isolement ERP/parc
H > 50 m de stationnement

Béton sans protection particulière Béton avec protection

Le béton satisfait aux exigences de la réglementation pour la grande majorité des constructions sans protec-
tion rapportée particulière.
concerne que les bâtiments d’une que vous venez d’évoquer, sont-ils
hauteur inférieure à 8 m, qu’il s’agisse corroborés par des essais ?
de bureaux ou de locaux industriels. J.-M. C. : En l’occurrence, il me
Pour les établissements recevant du semble que le DTU(1) sur les struc-
public (ERP), cela ne concerne que tures en béton armé est assez par-
ceux qui sont à simple rez-de-chaus- lant. En s’appuyant sur ce DTU, il est
sée. La réglementation est moins aisé de démontrer la possibilité d’ob-
sévère jusqu’à cette hauteur de 8 m, tenir des poteaux, des poutres et des
car d’une part l’évacuation est consi- planchers en béton armé coupe-feu
dérée comme relativement aisée, et deux heures, sans protection rap-
d’autre part les pompiers n’ont pas portée, avec simplement une épais-
besoin d’employer la grande échelle seur de matière un peu plus impor-
pour intervenir. Dans cette limite tante pour protéger les armatures.
des 8 m de hauteur, on peut consta- Par exemple, dans les immeubles
ter qu’une stabilité au feu d’une grande hauteur (IGH), où la régle-
demi-heure est exigée pour les ERP mentation est encore plus sévère,
dès qu’il possèdent un étage ou
deux, et pour les habitations de
Code du travail ne contenait quasi- deuxième famille. Les deux hauteurs
ment rien en matière de stabilité et de Dimensionnement de poteaux et murs porteurs
prises en compte par la réglementa- selon la stabilité au feu et le degré coupe-feu requis.
résistance au feu. Depuis 1992, le tion sont 8 m et 28 m. La première
Code du travail a considérablement correspond à l’échelle à coulisse des Poteaux
évolué et, par un décret du 31 mars pompiers, et la seconde à la grande
1992, il existe pour ces constructions échelle. Au-delà de 28 m, cette der- F* 1/2 h 1 h 1 h 1/2 2 h 3 h 4h
un texte sur la prévention des incen- nière ne peut plus atteindre les Poteau carré 15 20 24 30 36 45
dies qui est tout à fait en osmose avec étages. L’examen global de ce a Poteau carré exposé
la réglementation des établissements 1 face au feu 10 12 14 16 20 26
tableau permet de constater que la
recevant du public. Pour la première Poteau b = 5a 0 12 14 16 20 26
grande majorité des constructions,
fois, la notion de résistance au feu est quelle que soit leur catégorie, se F* : durée coupe-feu ou stabilité au feu (heures)
apparue dans le Code du travail pour situent entre 8 m et 28 m de hauteur, a : dimension (cm) du côté d’un poteau de section carrée ou petite
des bâtiments faisant plus de 8 m de ce qui correspond à une exigence de dimension d’un poteau de section rectangulaire de longueur b = 5a
haut. stabilité au feu d’une heure. Je crois
C. M. : Pouvons-nous revenir plus en que le béton sait répondre à cette Murs porteurs
détail sur cette question que vous exigence sans aucune difficulté, et
Ce tableau s’applique aux éléments porteurs dont la
venez d’évoquer, de la hauteur d’un dans de très bonnes conditions éco-
grande dimension excède de plus de 5 fois la petite
édifice et qui a une influence impor- nomiques. De façon plus générale, dimension (b ≥ 5a).
tante sur les exigences en matière de jusqu’à deux heures de stabilité au Les valeurs sont valables pour un feu d’un ou des
sécurité-incendie ? feu et de degré coupe-feu, le béton deux côtés du mur.
ne nécessite aucune protection rap-
J.-M. C. : Plus un bâtiment est élevé, b
portée particulière. Ainsi, à travers
plus le temps d’évacuation est long. Il a
ce tableau, il apparaît que le béton u
faut donc éviter tout risque d’effon-
colle à la réglementation et couvre
drement par une bonne résistance
les exigences de la législation pour la
au feu. Cela pendant un temps suffi-
grande majorité des bâtiments. Avec
samment long pour garantir une éva-
une quantité relativement faible de
cuation dans de bonnes conditions. U : distance entre l’acier d’armature et le parement (exposé au feu).
matière, il offre une bonne résis-
La réglementation suit cette doc-
tance au feu. Ce matériau convient
trine. Les variations de résistance au F 1/2 h 1 h 1 h 1/2 2 h 3 h 4h
aussi à tout type de construction,
feu exigées en fonction de la hauteur a (cm) : 10 11 13 15 20 25
quels que soient sa hauteur et son
pour les différentes catégories de
usage. u (cm) :
construction peuvent être synthéti- - cas des aciers néant
sées dans un tableau (voir tableau ci- au pourcentage
contre). Ainsi, par exemple, on peut C. M. : La stabilité au feu et le degré - cas des aciers pris en
compte dans les calculs 1 2 3 4 6 7
constater dans ce tableau que la coupe-feu deux heures offerts par le
notion de stabilité au feu zéro ne béton sans protection particulière,
C. M. : En matière d’assurance, quelle un assureur exigera l’installation de personnes, soit pour attaquer le
importance a le niveau de sécurité sprinklers pour un bâtiment en acier, foyer de l’incendie. Pour pouvoir
d’un bâtiment ? alors qu’elle ne sera pas obligatoire pénétrer à l’intérieur d’un édifice en
pour un bâtiment en béton. proie aux flammes dans les meil-
J.-M. C : Pour des bâtiments indus- leures conditions possibles, il faut
triels, la protection des biens (outil C. M. : Peut-on dire que la structure que les sapeurs-pompiers soient
de production, stock, etc.) en cas d’un bâtiment et la façon dont elle sûrs de sa stabilité, afin de ne pas être
d’incendie est prise en considération est construite peuvent faciliter l’in- exposés à des risques d’effondre-
par les compagnies d’assurances. tervention des pompiers ? ment. De ce point de vue, les struc-
Ces dernières auront des exigences J.-M. C. : En cas d’intervention, les tures en béton offrent une grande
plus ou moins importantes selon le sapeurs-pompiers cherchent géné- sécurité et facilitent l’intervention
type de construction. Par exemple, ralement à pénétrer dans un bâti- des sauveteurs. En effet, les cas
ment en feu soit pour sauver des

Les critères de la résistance au feu


La résistance au feu des éléments mesure ainsi le temps pendant combustion du côté non exposé
de construction se mesure en lequel un ouvrage structurel (por- au foyer.
temps selon trois critères : tique, poteau, poutre, voile, etc.)
● La capacité coupe-feu (CF) est
● La stabilité au feu (SF) ; ou un élément de construction,
un critère d’isolation thermique.
soumis à une charge déterminée,
● La capacité pare-flammes (PF) ; Elle indique le temps durant lequel
assurent leurs fonctions sans s’ef-
● La capacité coupe-feu (CF). la face non exposée au feu d’un
fondrer.
élément de construction qui reste
Les éléments de construction sont
● La capacité pare-flammes (PF) stable au feu et pare-flammes,
testés en laboratoire en fonction
est un critère d’étanchéité aux demeure à une température infé-
de ces trois critères, à l’aide de
flammes et aux gaz de combus- rieure à 140 °C en tout point, et
fours qui reproduisent les condi-
tion. Elle indique le temps pendant inférieure à 180 °C en un point
tions d’un feu correspondant à la
lequel l’élément de construction (cas particulier des serrures de
courbe normalisée ISO températu-
considéré (paroi, plancher, porte, porte).
re/ temps.
fenêtre, cloison, etc.) reste stable
● La stabilité au feu (SF) est un cri- au feu tout en interdisant le pas-
tère de résistance mécanique. On sage des flammes et des gaz de

STABILITÉ AU FEU, PARE-FLAMMES, COUPE-FEU

Charge
Charge
Chaleur Chaleur

Flammes Flammes

Gaz infl. Gaz infl.

SF SF + PF SF + PF + CF

SF : stable au feu - PF : pare-flamme - CF : coupe-feu


d’effondrement d’une structure d’une explosion, je crois pouvoir portant que les pompiers rencon-
béton lors d’un incendie sont très affirmer que les structures en béton trent des conditions qui leur per-
rares. Cela peut se produire si, présentent une plus grande sécurité mettent de maîtriser rapidement un
par exemple, une explosion de gaz a pour les sauveteurs qui luttent incendie.
lieu, mais là, de toute façon, rien ne contre le sinistre. Dans nos milieux
résiste. Mis à part le cas particulier urbains, souvent denses, il est im- Propos recueillis par Norbert Laurent

ClMBÉTON informe
par ses publications périodiques
et ses documentations spécifiques sur les applications du ciment et des bétons :

• les acteurs de la construction : maîtres d’ouvrage, prescripteurs, industriels, entreprises ;

• les enseignants et élèves des écoles d’architecture ou d’ingénieurs et des autres filières ;

• les journalistes de la presse générale ou spécialisée.

SYNELOG Paris - Photos : brigade de Sapeurs-pompiers de Paris/nov. 1994

CIM CENTRE D’INFORMATION SUR


LE CIMENT ET SES APPLICATIONS
7, place de la Défense - LA DÉFENSE 4
Tél. : 01 55 23 01 00 - Fax : 01 55 23 01 10 92974 Paris-la-Défense Cedex

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