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Maroc

Le Maroc est un État unitaire régionalisé d'Afrique du Nord, avec une monarchie constitutionnelle semi-parlementaire. Sa population est d'environ 37 millions d'habitants et il couvre une superficie de 446 550 km², incluant le Sahara occidental. Le pays possède une riche culture arabo-berbère et est membre de plusieurs organisations internationales, tout en revendiquant le Sahara occidental comme son territoire.

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Le Maroc est un État unitaire régionalisé d'Afrique du Nord, avec une monarchie constitutionnelle semi-parlementaire. Sa population est d'environ 37 millions d'habitants et il couvre une superficie de 446 550 km², incluant le Sahara occidental. Le pays possède une riche culture arabo-berbère et est membre de plusieurs organisations internationales, tout en revendiquant le Sahara occidental comme son territoire.

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Maroc

Le Maroc /maʁɔk/ (en arabe : ‫ٱْل َم ْغ ِر ب‬, al-Maġrib ; en amazighe : ⵍⵎⵖⵔⵉⴱ, Lmɣrib), en forme
25
longue le royaume du Maroc , autrefois appelé Empire chérifien, est un État unitaire régionalisé situé Royaume du Maroc
en Afrique du Nord. Son régime politique est une monarchie constitutionnelle semi-parlementaire
(ar) ‫ٱْل َم ْم َل َك ة ٱلَم ْغ ِرِب َّي ة‬
unitaire et décentralisée. Sa capitale administrative et politique est Rabat et sa plus grande ville, ainsi que
sa capitale économique, est Casablanca. (ber) ⵜⴰⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵍⵎⵖⵔⵉⴱ

Le Maroc se compose de zones montagneuses ou désertiques, et il est un des seuls pays — avec
l'Espagne et la France — à comporter des rivages sur la mer Méditerranée d'un côté et l'océan Atlantique
26
de l'autre. Sa population est de près de 37 millions d'habitants en 2023 et sa superficie de 446 550 km2
2 2 27, 28
(76,84 hab./km ), ou de 710 850 km en incluant le Sahara occidental — ex-« Sahara espagnol »,
1
considéré comme un territoire non autonome par l'Organisation des Nations unies — dont il administre Drapeau du Maroc
de facto environ 80 % et qu'il revendique dans sa totalité, tout comme le Front Polisario sous le nom de Armoiries du Maroc
République arabe sahraouie démocratique. Sa culture est arabo-berbère depuis plusieurs siècles et s'est
étendue principalement au Maghreb et dans le Sud de l'Espagne.
Devise en arabe : ،‫ ٱْل َو َط ن‬،‫هللا‬
‫ «( ٱْل َم ِل ك‬Dieu, la Patrie,
Le territoire marocain possède les traces d'une présence d'hominidés datant d'environ 700 000 ans et fut le Roi »)
habité dès la préhistoire par des populations diverses. Le premier État marocain, en tant qu'entité
distincte, est fondé en 789 par Idris Ier, bien qu'il ne porte pas encore le nom de Maroc. en amazighe : ⴰⴽⵓⵛ,
ⴰⵎⵓⵔ, ⴰⴳⵍⵍⵉⴷ (« Dieu, la
29 Patrie, le Roi »)
Par ailleurs, il fait partie de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union africaine , de
l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, de l'Organisation internationale Hymne en amazighe : ⵉⵣⵍⵉ
de la francophonie, du Groupe des 77, de l'Union pour la Méditerranée et candidat à l'adhésion à la ⴰⵏⴰⵎⵓⵔ
CEDEAO. en arabe : ‫النشيد الوطني‬
(« Hymne national »)
La constitution royale marocaine définit l'Islam, l'arabité et l'amazighité comme « composantes
fondamentales » de l'identité du peuple marocain. Cette constitution est « forgée par la convergence de
ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, […] nourrie et enrichie de ses affluents
africain, andalou, hébraïque et méditerranéen ». L'Islam y est défini comme religion d'État, État qui Fête nationale 30 juillet
garantit à tous le libre exercice des cultes. Intronisation du roi
· Événement
commémoré Mohammed VI (1999)

Toponymie
Le nom arabe al-Maghrib (en arabe : ‫ )ٱْل َم ْغ ِر ب‬signifie « le
couchant ». Pour les références historiques, les historiens et les
géographes arabes médiévaux ont désigné par Maghrib une aire
géographique plus large, et ont évoqué le Maroc sous le terme al-
Maghrib al-Aqsa (en arabe : ‫المغرب األقصى‬, qui signifie
« l'Occident le plus lointain ») pour le distinguer de régions
historiques voisines appelées al-Maghrib al-Awsat (en arabe :
‫المغرب األوسط‬, ce qui signifie « le Moyen-Ouest ») et al-
Caravane saharienne au sud du
Maroc.
Maghrib al-Adna (en arabe : ‫المغرب األدنى‬, qui signifie
La zone en vert clair désigne le Sahara occidental
« l'Occident le plus proche »). (ex-« Sahara espagnol »), considéré comme un territoire non
1
30 autonome par l'ONU et majoritairement administré de facto
Le mot français « Maroc » est dérivé du nom de Marrakech . Ce dernier est probablement issu du par le Maroc, qui le revendique dans son intégralité, tout
31
berbère *amur n Yakuš, où amur a pour significations « part, lot, promesse, protection » et Yakuš (et ses comme le Front Polisario.
32
variantes Yuš et Akuš) signifie « Dieu » . Le sens original du nom serait donc (le lieu sous la)
33 Administration
« protection de Dieu » .
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
Les prononciations portugaise et espagnole, Marrocos et Marruecos, dérivent également de Marrakech,
semi-parlementaire unitaire
ainsi que les appellations du pays dans plusieurs autres langues indo-européennes (Marocko en suédois, 2
et régionalisée
Morocco en anglais et Marokko en allemand, norvégien et néerlandais). Les Persans emploient
Roi Mohammed VI
directement le nom « Marrakech » pour désigner le Maroc (en persan : ‫)مراکش‬.
Chef du Aziz Akhannouch
Les Turcs l'appellent Fas, qui vient du nom de l'ancienne capitale du Maroc sous les dynasties mérinide, gouvernement
wattasside et alaouite (avant 1912), Fès. Dans l'Antiquité, les Grecs appelaient les habitants de la région Parlement Parlement
les Maurusiens. À partir de cette appellation, la région composée du Maroc et de l'Algérie occidentale fut Chambre haute Chambre des conseillers
connue sous le nom de Maurétanie (à ne pas confondre avec la Mauritanie). La région fut par la suite Chambre basse Chambre des représentants
divisée en deux provinces par les Romains : la Maurétanie tingitane, avec Volubilis pour capitale
Langues officielles Arabe et amazighe
(ancienne cité berbère d'Oulil), et la Maurétanie césarienne, avec Cesarea (Cherchell) pour capitale
Capitale Rabat
(centre et ouest de l'Algérie). Le Maroc était le pays où les Grecs anciens situaient le mythique jardin des
Hespérides. 34° 01′ 31″ N, 6° 50′ 10″ O

Géographie
Le Maroc était connu sous le nom de « royaume de Marrakech » sous les trois dynasties qui avaient cette Plus grande ville Casablanca
34
ville comme capitale , puis sous le nom de « royaume de Fès », sous les dynasties qui résidaient à Fès. Superficie totale 446 550 km2 (hors Sahara
e
Au xix siècle, les cartographes européens mentionnaient toujours un « royaume de Maroc », en occidental)
3, 4

indiquant l'ancienne capitale « Maroc » (pour Marrakech). Sous la dynastie des Alaouites, toujours au 710 850 km2 (Sahara
pouvoir, le pays est passé de l'appellation d'« Empire chérifien » à celle de « royaume du Maroc » en occidental inclus) km2
35
1957 , le sultan Sidi Mohammed ben Youssef en devenant le roi, en tant que Mohammed V. Il peut être (classé 57 ou 39)
aussi surnommé « Royaume chérifien », en référence au souverain alaouite, descendant du prophète de
Superficie en eau 0,05 %
l'islam, Mahomet, qualifié de « chérif ». 5
Fuseau horaire UTC + 1
UTC + 0 (pendant le
6, 7, 8, 9
Ramadan)
Géographie physique
Histoire

Entité précédente Empire chérifien


Localisation, frontières et espaces maritimes
Le Maroc est un pays de l'hémisphère nord situé au nord-ouest de l'Afrique et dont le territoire est
positionné à 32° nord et 5° ouest. Le pays partage des frontières terrestres avec l'Algérie, la Mauritanie,
le Sahara occidental qu'il revendique et contrôle en grande partie et l'Espagne (notamment via Ceuta et
Mellila). Sa superficie s'étend sur 446 550 km2 (hors Sahara occidental) ou 710 850 km2 (Sahara
occidental inclus). Le territoire marocain est aussi bordé par l'océan Atlantique, à l'ouest, et la mer
Méditerranée, au nord. En cela, le cap Spartel (promontoire situé à la limite occidentale du détroit de
Gibraltar) matérialise la jonction entre les littoraux atlantique et méditerranéen. Le pays partage des
frontières maritimes avec l'Algérie, l'Espagne et le Portugal, et sa ZEE s'étend sur 274 577 km2.

Territoires limitrophes
Les distances indiquées séparent entre elles les capitales des pays nommés.

Territoires limitrophes du Maroc


Groenland, Espagne, à Italie, à
à 4 520 km 765 km 1 900 km

États-Unis, Algérie, à
à 6 150 km 950 km

Îles
Mauritanie,
Canaries, à
à 2 000 km
1 050 km

Topographie
Les montagnes occupent plus des deux tiers du territoire marocain et renferment quatre principales Royaume de 400 av. J.-C. - 42
chaînes : le Rif au nord, le Moyen Atlas à l'est, le Haut Atlas et l'Anti-Atlas. Plusieurs sommets Maurétanie
franchissent la barre des 4 000 m. Le djebel Toubkal, culminant à 4 167 m, est le plus haut d'entre eux. Conquête 647
musulmane du
Maghreb
Émirat de Nekor 710 - 1019
Grande révolte 739 - 743
berbère
Royaume de 744 - 1058
Berghouata
10, 11, 12, 13, 14, 15
Carte topographique Carte géologique Fondation du 789
a
du Maroc. du Maroc. premier État
Idrissides 789 - 985
Almoravides 1055 - 1147
Relief Almohades 1121/1147 - 1269
Mérinides 1244 - 1465
Idrissides (branche 1465 - 1471
Montagnes des Joutey)
Quatre grandes chaînes montagneuses composent le territoire marocain : Wattassides 1472 - 1554
Saadiens 1509 - 1659
Le Rif : situé au nord du pays, il borde la mer Méditerranée et culmine à 2 456 m au
djebel Tidirhine ; Alaouites Depuis 1666
Le Moyen Atlas : séparé du Rif par les plaines arides de l'est et fertiles de l'ouest, il en est Traité de Fès 30 mars 1912
dissocié par la fameuse trouée de Taza. Le massif se compose de deux sous-parties dont Fin du Protectorat
l'une, vers l'est, est escarpée et compte des sommets de plus de 3 100 m (Djebel Bou 2 mars 1956 pour le
Naceur ou Bouiblane) tandis que l'autre, vers l'ouest, s'adoucit et laisse place à des reliefs protectorat
plus abordables et quelques petits plateaux ; français
16, 17, 18

Le Haut Atlas : chaîne dont le plus haut sommet culmine à près de 4 167 m (Mont
7 avril 1958 pour le
Toubkal), il ceinture le pays d'est en ouest ;
L'Anti-Atlas : cette chaîne de montagnes est située au sud-ouest du pays et orientée sud- protectorat espagnol
ouest et nord-est sur près de 600 km, entre le Haut Atlas central et du Souss au Tafilalet.
Marche verte 6 novembre 1975
Démographie
Plaines
Gentilé Marocain, Marocaine
Les plaines sont souvent très étendues et s'étirent des montagnes du Rif jusqu'au Moyen Atlas. Le bassin Population totale 37 840 044 hab.
de Sebou (36 000 km2) se compose de bas plateaux, de cours d'eau, de quelques collines et des plaines 19
(2023 ) (classé 40e)
fertiles. La plaine du Gharb (région agricole) se distingue des autres par la présence de la forêt de
Densité 76,84 hab./km2 (hors Sahara
Maâmora (notable pour l'exploitation de chênes-lièges et d'eucalyptus).
occidental)

Au-delà du pays de Zaïr, le plateau des phosphates ainsi que de vastes plaines apparaissent comme 48,27 hab./km2 (Sahara
occidental inclus) hab./km2
Chaouia, Doukkala et plus à l'est, au pied du Moyen Atlas, Tadla, tandis que plus au sud, on retrouve la
plaine du Haouz et celle du Souss (formant un triangle entre océan, Haut Atlas et Anti-Atlas). Enfin, Économie
d'autres plaines et vallées fertiles de moindres tailles sont localisées surtout au nord : Lukos, Nekkor,
PIB nominal (2023) 152,4 milliards de $
Trifa, la vallée des oueds Ouergha, Baht, Inaouen. 20
+ 1,21 % (60e)
PIB (PPA) (2022) 331,542 milliards de $
Désert + 7,44 % (56e)

Dans le sud du pays, l'erg Chebbi est la deuxième plus vaste étendue de pierres et de sable à l'intérieur du PIB nominal par 3 628,641 $
Maroc après l'erg Chigaga. Certaines dunes peuvent atteindre 200 m de hauteur. hab. (2022) + 0,22 % (125e)
PIB (PPA) par hab. 9 041,236 $
(2022) + 6,40 % (115e)
Littoral
Taux de chômage 11,7 % de la pop. active
Le littoral marocain est diversifié par sa nature car composé à la fois de la mer Méditerranée au nord et (2022) - 1,36 %
36
de l'océan Atlantique à l'ouest. Comptabilisant un total de 3 500 km de côtes, le Maroc est le pays au Dette publique Nominale
36
plus grand littoral du continent africain : il comprend 512 km de côtes en Méditerranée et 2 934 km sur brute (2022) 956,242 milliards de DH
36
l'océan Atlantique . + 6,07 %
37 Relative :
Les eaux marocaines sont réputées pour être très poissonneuses . 77,119 % du PIB
+ 1,08 %
Monnaie Dirham marocain (MAD)
Hydrographie
Développement
Les principaux fleuves du Maroc sont : IDH (2022) 0,698
21
(moyen ; 120e)
22
l'Oum Errabiâ ; IDHI (2021) 0,504 (103e)
23
la Moulouya ; le Tensift ; Coefficient de Gini 39,5 %
l'Ouargha ; le Souss ; (2013)
22
le Loukos ; le Drâa ; Indice d'inégalité 0,425 (104e)
le Sebou ; l'Oued Guir. de genre (2021)
24
le Bouregreg ; Indice de 28,4 (160e)
Les grands fleuves tels que le Bouregreg, l'Oum Errabiâ, la Moulouya et le Sebou ont des débits très performance
variables selon les saisons, et aussi d'année en année. Le Drâa est à sec sur les deux tiers aval de son environnementale
cours. Le Guir ne rejoint aucun océan mais se perd dans le Sahara. (2022)
Divers
De nombreux cours d'eau moins importants (les oueds) peuvent même être à sec une partie de l'année (ou
même plusieurs années de suite dans les zones pré-désertiques). Le manque d'eau et la grande variabilité Code ISO 3166-1 MAR, MA
des débits représentent un grand problème pour le Maroc, notamment pour l'agriculture (irriguée ou non). Domaine Internet .ma, ‫المغرب‬.
Par ailleurs, le Maroc est confronté à une situation de crise aiguë du stress hydrique, la consommation de Indicatif +212
sa population dépassant largement la quantité d'eau disponible. Ses ressources en eau par habitant ont été téléphonique
divisées par cinq entre 1960 et 2019, passant de 2 500 m3 par habitant et par an à 500 m3. Le Royaume Organisations ONU
occupe le 23e rang des pays les plus menacés par les pénuries d'eau, selon le World Resources Institute internationales UA
38
(WRI) . UMA
Ligue arabe
OMC
Climat BAD
CEN-SAD
Le climat marocain est principalement de type méditerranéen mais peut toutefois être divisé en sept sous- CD
zones, déterminées par les différentes influences que subit le pays : influences océaniques,
méditerranéennes, montagnardes, continentales et sahariennes.

D'un point de vue général, au niveau des plaines, on observe une influence de courants atlantiques marquée par une
saison sèche et chaude doublée d'une saison froide et humide, la fin de la période chaude étant marquée par les pluies
d'octobre. Les influences maritimes atténuent les écarts de température, tempèrent les saisons et accroissent l'humidité de
l'air (400 à 1 000 mm de pluies sur le littoral). Dans l'intérieur, le climat varie en fonction de l'altitude. Les étés sont
chauds et secs, surtout lorsque souffle le sirocco brûlant ou le chergui, vent d'été venant du Sahara. En cette saison, les
températures moyennes sont de 22 °C à 24 °C. Les hivers sont froids et pluvieux avec gel et neige. La température
moyenne évolue alors de −2 °C à 14 °C et peut descendre jusqu'à −26 °C. Dans les régions montagneuses, les Le massif du Toubkal.
précipitations sont très importantes (plus de 2 000 mm de précipitations au Rif ou encore 1 800 mm au Moyen-Atlas). Le
39
Maroc pré-saharien et saharien a un climat désertique sec .
Précipitations au Maroc :
moyennes annuelles sur la période 1991-2020

Cumul en Cumul en Cumul en Cumul en


Ville Ville Ville Ville
mm/an mm/an mm/an mm/an

Agadir 231 Errachidia 133 Marrakech 221 Safi 366

Al-Hoceima 335 Essaouira 300 Meknès 461 Sidi-Ifni 137


Sidi- Erg Chebbi.
Beni-Mellal 465 Fès 488 Midelt 186 407
Slimane

Bouarfa 163 Ifrane 961 Nouaceur 311 Tanger 671

Casablanca 408 Kenitra 539 Ouarzazate 115 Tan-Tan 101


Dakhla 30 Laayoune 48 Oujda 271 Taza 555

El Jadida 404 Larache 700 Rabat 522 Tétouan 655

Paysage et environnement

Paysage
Le Maroc est un pays avec une grande diversité de paysages : montagnes, désert, plaines, plateaux, oasis… Vue sur les cascades
d'Ouzoud, à 150 km de
Marrakech.

Carte de la répartition des climats


au Maroc.

Environnement
Le Maroc est un pays méditerranéen par excellence, le botaniste français Louis Emberger en parle en 1934 dans la citation suivante : « Réunissant sur son
territoire toutes les formes du climat méditerranéen, le Maroc peut être considéré comme le type phylogéographique méditerranéen au sens systématique du
mot. La végétation des autres pays groupés autour de la Méditerranée pourra être examinée et appréciée en fonction de celle de l'Empire chérifien. Le Maroc
est, à lui seul, une synthèse méditerranéenne. »
40
Depuis 2009, le roi Mohammed VI s'intéresse au développement durable, encourageant les centrales solaires. En 2016, le pays accueille la COP 22 . De
41
même, depuis février 2017, le Maroc s'est doté d'une « police de l'environnement » qui se charge de lutter contre les infractions environnementales .

La police de l’environnement est chargée du contrôle, de l’inspection, de la recherche, de l’investigation, de la constatation des infractions et de la verbalisation
prévus par les dispositions des lois environnementales. Elle met également à la disposition des collectivités territoriales les moyens de répondre aux enjeux du
42
changement climatique et travaillera en étroite collaboration avec la DGSN et le ministère de la Justice .

Faune et flore terrestres

Faune
Entre autres espèces d'animaux, le territoire marocain héberge des oiseaux : l'Échassier, l'Aigrette garzette, la Courvite isabelle, le Flamant rose, le Vautour
percnoptère, l'Aigle royal ; et des mammifères : le Cerf de Barbarie, l'Écureuil de Barbarie, le Dromadaire, le Fennec, le Loup doré, la Hyène rayée (en voie
rapide d'extinction), le Renard de Rüppell (très rare), le Renard roux, le Lynx caracal (menacé d'extinction), le Serval (menacé d'extinction), la Panthère
(menacée d'extinction immédiate), le Guépard (menacé d'extinction, des individus survivraient à la frontière maroco-algérienne), la Gazelles dorcas, la Gazelle
43
de Cuvier (en raréfaction), le Magot (menacé par la mort lente de la cédraie et les captures par les trafiquants) et le Dauphin.
Également, il abrite parmi les reptiles : la sous-espèce du Cobra égyptien (qui s'est considérablement raréfiée et a disparu de régions entières), l'Eryx jaculus
(espèce de tout petit boa fouisseur), de nombreuses couleuvres et quelques vipères. Au Maroc, la majorité des serpents sont inoffensifs (17 espèces sur 25) et les
quelques espèces venimeuses existantes n'attaquent jamais.

Le territoire marocain héberge encore une trentaine d'espèces de scorpions (de nouvelles espèces sont presque chaque année identifiées au Maroc), dont une ou
44
deux seulement sont potentiellement dangereuses pour l'homme (comme Androctonus mauritanicus), notamment pour les petits enfants. Toutefois, un
45
scorpion n'attaque presque jamais, il ne fait que se défendre .

Protection
46
L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) indique que « près de la moitié des espèces d'oiseaux est menacée » au Maroc .

Le lion de l'Atlas a disparu (exterminé) à l'état sauvage, le dernier abattu en 1943. Il en existe encore toutefois, bien que potentiellement mélangés avec des
47
lions d'Afrique subsaharienne (environ 90 dans différents zoos du monde, dont 35 au zoo de Rabat) . Des gravures récemment découvertes dans des grottes
près de Ouarzazate indiquent que des crocodiles, des léopards et des éléphants vivaient dans ces lieux avant leur extinction naturelle ou leur extermination par
l'homme. Les derniers spécimens vivants de crocodiles du Maroc, qui étaient localisés dans des gueltas de Tizgui Remz et de Taffagount, auraient disparu dans
48
les années 1950 . Quant à l'ours de l'Atlas, jadis très présent dans les montagnes marocaines, il se serait éteint au xixe siècle.

En revanche, les oiseaux sont encore relativement très présents avec une grande diversité d'espèces, bien que l'autruche à cou rouge, par exemple, ait été
totalement exterminée, ainsi au Sahara que l'Outarde houbara. Un assez grand nombre d'espèces de serpents (25 dont 17 espèces non dangereuses ; les 8 autres
restantes n'attaquent jamais et sont moins répandues), et de lézards sont présentes au Maroc, dont un pourcentage important d'endémiques.

Toutefois nombreuses sont les espèces menacées. Elles sont victimes de l'ignorance, de la cruauté de la population et de l'irresponsabilité en matière d'écologie.

Flore
Le Maroc possède une flore riche du fait de sa position stratégique. En effet, il possède deux façades maritimes totalisant
plus de 3 500 km, dont 500 en mer Méditerranée. Il reçoit de ce fait les courants chargés de pluie de l'océan qui
s'accumulent contre la barrière montagneuse de l'Atlas, ce qui permet de fortes précipitations à Rabat, Casablanca, Fès et
la formation des neiges à Ifrane et Azrou et dans les hauts sommets de l'Atlas, pendant que le sud et l'est restent arides.

Plus de 4 500 espèces configurent la flore marocaine. Les variations du climat et du relief sont des éléments
fondamentaux pour expliquer une telle richesse florale. L'intérêt botanique du Maroc est intense et on citera seulement
les 2 500 000 hectares de forêt qui contiennent des cèdres, des palmiers, des thuyas, des dattiers, des amandiers, des
Palmeraie de Marrakech.
figuiers, des oliviers, des acacias, des fruitiers, des chênes verts, des chênes-lièges, des pins, l'eucalyptus, des arbousiers,
l'alfa et l'endémique arganier, dont le Maroc est le seul pays au monde à disposer de cette espèce qui est inscrite au
patrimoine mondial de l'Unesco. La forêt représente environ 15 % de la surface totale.

Géographie humaine
Démographie du Maroc
49
Le fuseau horaire passe au GMT pendant le ramadan .
Cédraie, région d'Ifrane.

Villes principales
La capitale administrative et politique du Maroc est Rabat tandis que la capitale économique et la plus grande ville du pays est Casablanca.
Les sept plus grandes villes du Maroc, selon le recensement général de la population 2024, sont dans l'ordre : Casablanca, Tanger, Fès, Marrakech, Salé,
Meknès et Rabat.
Liste des villes ayant plus de 300 000 habitants en 2024
Ville Divers Population (2024)

Capitale économique
Casablanca 1re métropole du Maroc et du Maghreb 3.819.035
Chef-lieu du Casablanca-Settat

1re zone franche


Tanger 1.275.428
Plus grand port de commerce
Chef-lieu du Tanger-Tétouan-Al Hoceima

Capitale spirituelle
Fès Ville impériale 1.256.172
Chef-lieu du Fès-Meknès

1re ville touristique du royaume


Marrakech Ville impériale 1.002.697
Chef-lieu du Marrakech-Safi

Salé Plus grande ville de la région Rabat-Salé-Kénitra 945.101

Capitale agricole
Meknès Capitale ismaélienne 551.503
Ville impériale
Une ville principale de Fès-Meknès

Capitale du royaume
Rabat Ville impériale 509.916
Chef-lieu du Rabat-Salé-Kénitra

Kénitra 3e pôle industriel du pays 507.736

Oujda Ville frontalière 506.224


Chef-lieu de l'Oriental

Ville agricole par excellence


Agadir Plus grand port de pêche 504.768
Chef-lieu du Souss-Massa

Tétouan Perle du Nord 422.757

Plus grand barrage du pays et le deuxième d'Afrique


Taounate Plus grande réserve d'eau du pays 39.114
Chef-lieu de la province de Taounate

Témara 297.098

Safi Important port d'exportation de sardines 323.888

Villes du Sahara occidental contrôlées par le Maroc (provinces du Sud) :

Laâyoune : 217 732 habitants (RGPH 2014) ;


Dakhla : 106 277 habitants ;
Boujdour : 42 651 habitants ;
Es-Semara : 57 035 habitants.
Vue sur Casablanca, Vue sur Marrakech, 1re Agadir. Vue sur la vieille Médina Vue depuis Rabat, capitale
plus grande ville et ville touristique du de Fès, capitale administrative du royaume, sur
capitale économique du royaume. spirituelle du royaume. la marina de Salé.
Maroc.

Vue sur la médina de Meknès, la capitale ismaélienne.

Subdivisions administratives
Le Maroc compte douze régions ayant chacune à sa tête un wali, ainsi qu'un Conseil régional, représentatif des « forces
b
vives » de la région. Ces régions ont le statut de collectivité locale . L'article 101 de la Constitution indique : « Elles
[Les collectivités locales] élisent des assemblées chargées de gérer démocratiquement leurs affaires dans les conditions
déterminées par la loi. Les gouverneurs exécutent les délibérations des assemblées provinciales, préfectorales et
régionales dans les conditions déterminées par la loi. »

1. Tanger-Tétouan-Al Hoceïma ;
2. Oriental ;
3. Fès-Meknès ;
4. Rabat-Salé-Kénitra ;
5. Béni Mellal-Khénifra ;
6. Casablanca-Settat ;
Carte des régions du Maroc depuis
7. Marrakech-Safi ;
le nouveau découpage régional de
8. Drâa-Tafilalet ; 2015.
9. Souss-Massa ;
10. Guelmim-Oued Noun ;
11. Laâyoune-Sakia el Hamra, dont la majeure partie est au Sahara occidental ;
12. Dakhla-Oued Ed-Dahab, dans le Sahara occidental.

Axe de communication et transport


En 2016, le réseau géré par le ministère de l'Équipement, du Transport et de la Logistique totalisait 57 673 km de routes
classées, dont 78,3 % revêtues se répartissant en 1 770 km d'autoroutes, 10 203 km de routes nationales, 9 370 km de
routes régionales et 23 745 km de routes provinciales, 1 093 km des routes étant des voies express.

Routes principales au Maroc.


Les routes nationales marocaines sont des voies importantes ou qui traversent de larges portions du territoire, par opposition aux routes régionales ou
provinciales. S'agissant des routes régionales, celles-ci traversent de larges portions du territoire, par opposition aux routes nationales ou provinciales. Par
ailleurs, leur usage est gratuit et leur accès autorisé à tous types de véhicules.

Transport urbain

Réseau Express Régional


Deux RER circulent au Maroc : l'un à Casablanca et l'autre à Rabat. Deux réseaux de tramway sont en fonction : l'un à
Rabat et l'autre à Casablanca. Un projet de métro de Casablanca est relancé dernièrement.

Taxi collectif
Les taxis collectifs appelés localement Grands taxis constituent un élément indispensable pour le bon fonctionnement du
système de transport urbain et interurbain et un mode de transport populaire grâce à la rapidité des trajets et à la
flexibilité de ce type de transport, ils répondent aux besoins des habitants et pallient partiellement l'insuffisance des
transports privés ou publics, individuels ou collectifs.
Taxis stationnés sur le port de
Tanger.
Transport ferroviaire
Avant de disposer de l’un des réseaux ferroviaires les plus modernes d’Afrique, l'introduction des chemins de fer au
Maroc fut tout d’abord amorcée par les pays colons du royaume, notamment la France et l’Espagne au début du 20e
50
siècle . Par la suite, lors du règne du souverain Hassan II, le premier train navette rapide nommé “Aouita” en éloge au
51
champion d’athlétisme marocain allait jusqu’à 160 km/h et était le train le plus rapide du Maroc . Quelques années plus
tard, en 2018, le Maroc inaugure le premier TGV d’Afrique en présence du président français Emmanuel Macron. Ce
projet, qui fait la fierté de l’ONCF (l’Office national des chemins de fer), représente un investissement de 2,1 milliards
52
d’euros, financé à 51 % par la France, soit 1,1 milliard d’euros . Ce TGV, en plus d'être premier sur le continent
africain, fait un record d'Afrique avec une vitesse enregistrée à 355 km/h lors des tests. Le reste du temps, l'engin roule à La gare TGV de Kénitra.
53
320 km/h sur la ligne à très grande vitesse entre Tanger et Kenitra et entre 160 et 180 km/h sur le reste du trajet . Al
Boraq ambitionne un nouveau trajet du TGV en connectant le trajet initial aux capitales du Sud marocain, Agadir et
54
Marrakech. Ce projet a également permis le développement de nombreuses gares au Maroc comme la gare de Kenitra ou celle de Rabat Agdal .

Ports
Le Maroc dispose de nombreuses infrastructures portuaires de commerce comme : le port de Tanger Med (122 millions de tonnes en 2023), le port de
Casablanca (100,9 millions de tonnes), le port d'El Jadida-Jorf el sfar (35 millions de tonnes) le port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes), le port de Safi
(6,2 millions de tonnes) ou le port d'Agadir (4,2 millions de tonnes).

Parmi les ports passagers, citons ceux de : Tanger Med (environ 3 millions passagers), Tanger ville (1,7 million passagers), Nador Beni Nsar
(450 000 passagers), Al Hoceima (42 000 passagers), Layone (desserte des îles Canaries en 7 heures) et Tarfaya (desserte des îles Canaries en 3 heures,
fermeture temporaire en attente d'agrandissement).

Aéroports
Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures aéroportuaires dont 18 aéroports internationaux, 10 principaux aéroports
nationaux et des petits aéroports à usages touristiques. Le Maroc est desservi par 50 compagnies aériennes, le transport
aérien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) détient presque la moitié du trafic.
Le total de passagers enregistrés au sein des aéroports marocains en 2023 s'élève à 27 millions de passagers. Quelques
compagnies aériennes ont choisi d'installer une base au Maroc.

Compagnies principales :

Royal Air Maroc (8 bases : Casablanca, Marrakech, Agadir, Oujda, Tanger, Rabat, Fes et Beni Mellal)"
Façade de l'aéroport Rabat-Salé.
Air Arabia (6 bases : Casablanca, Tanger, Marrakech, Fes, Agadir, Nador)
Ryanair (6 bases : Fes, Marrakech, Essaouira, Nador, Oujda, Agadir)

Histoire

Préhistoire et protohistoire
Les premières traces d'une présence d'hominidés sur le territoire marocain datent d'environ 700 000 ans. De cette période dite acheuléenne, on a retrouvé un
certain nombre d'outils, notamment dans la plaine de la Chaouïa et plus précisément à proximité immédiate de l'actuelle agglomération casablancaise. Outre
l'outillage, on a découvert un certain nombre de fragments humains notamment dans les carrières Thomas, près de Casablanca (mandibules, maxillaires et
55
fragments crâniens d'Homo erectus) .

De l'époque moustérienne (120 000 à 40 000 ans BP), le site le plus explicite est celui de Jbel Irhoud situé à mi-chemin entre les villes de Marrakech et de Safi
et où ont été découverts deux crânes d'hominidés, des outils associés à l'industrie levalloiso-moustérienne ainsi que d'importants restes d'animaux aujourd'hui
disparus.

56
56
L'époque atérienne (60 à 40 000 ans BP ) a apporté son lot d'outils pédonculés retrouvés dans de nombreuses grottes
57
situées sur le littoral atlantique (Dar Soltane 2) . Néanmoins cette période a surtout été marquée par de profonds
bouleversements climatiques ayant entraîné une désertification sans précédent du territoire marocain ainsi que la
raréfaction voire la disparition d'un grand nombre d'espèces animales et végétales. Cette dynamique a cependant été
contrecarrée par le rempart naturel que constituent les chaînes de l'Atlas et du Rif, que ce soit au Maroc ou dans le reste
du Maghreb.
Extension de la culture
L'arrivée d'Homo sapiens au Maghreb avant l'Épipaléolithique a été démontrée puisque les industries atériennes ne sont ibéromaurisienne.
pas l'œuvre de l'homme de Néandertal, dont l'aire de répartition est exclusivement eurasiatique, mais bel et bien d'Homo
sapiens présentant des caractéristiques archaïques. Les plus anciens restes d'Homo sapiens au monde ont été découverts
58
au Maroc à Djebel Irhoud en juin 2017 et datent de plus de 300 000 ans .

Il y a environ 21 000 ans, la civilisation ibéromaurusienne voit le jour. Elle se caractérise par des rites funéraires plutôt évolués et par un raffinement de
l'outillage utilisé. Néanmoins, il n'est pas encore question d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la région d'Oujda correspond au plus grand gisement de
l'époque. Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble du Maghreb avant de se métisser progressivement vers le neuvième millénaire avant notre
ère avec les populations capsiennes, ancêtres des Berbères modernes. Les premiers éléments découverts correspondant à cette période (Néolithique) datent
d'environ 6 000 ans. Ceux-ci témoignent d'une sédentarisation déjà avancée ainsi que d'une maîtrise relative des techniques agricoles.

Maroc antique

Carte de la Maurétanie Villes de l'Afrique Carte de la province Villes et voies de Table de Peutinger :
et de la Numidie, à la romaine. romaine de Maurétanie circulation en Colonnes d'Hercule.
fin de l'époque de tingitane avec ses Maurétanie tingitane.
Jugurtha. routes et cités
principales.

À partir du IIIe millénaire av. J.-C., se développe au Maroc la culture


campaniforme. Dès lors, le pays entre dans l'âge du bronze et on assiste à la
diffusion d'une céramique noire spécifique dont la présence est attestée dans un
certain nombre de sépultures de la région rifaine.

Au xie siècle av. J.-C., les hardis commerçants puniques de Carthage, atteignent
les côtes marocaines et notamment le littoral atlantique. Ils fondent de nombreux
comptoirs qui serviront de bases à de nombreuses cités romaines puis arabes (dont Ruines de Lixus.
Menhir du cromlech de M'zora,
les principaux furent Tingis et Lixus, actuelles Tanger et Larache), ainsi que
monument mégalithique unique en
Afrique du Nord, dont le tumulus Thymiatéria (Mehdia), Chellah, près de Rabat, Azama et Rusibis, et Cerné,
aurait abrité selon la légende le localisée à Essaouira ou plus au sud à Dakhla. C'est à cette période déjà que l'on date les toutes premières installations de
corps du géant Antée vaincu par populations juives au Maroc.
Hercule. Il s'agirait probablement du
mausolée d'un chef berbère de L'autonomie progressive de Carthage profite aux comptoirs fondés sur les côtes marocaines dans la mesure où ils seront
l'époque de l'âge du cuivre. davantage mis en valeur du fait de la proximité relative avec la nouvelle et première puissance africaine. L'influence de
la civilisation carthaginoise se fait grandement sentir auprès des populations indigènes, dont l'organisation se structure
parallèlement. Ainsi, les tribus berbères se fédèrent progressivement, fondant des
États comme le royaume de Maurétanie (sous le règne de Baga), d'abord confiné au nord
de l'actuel Maroc, et dont les souverains portent le titre d'aguellid, à l'instar des rois du
royaume de Numidie. Le sud du pays est peuplé par les Gétules et les Éthiopiens
occidentaux, l'ouest par les Atlantes et l'est par les Numides du peuple des Massæsyles.
Les Maures sont les héritiers d'une culture très ancienne, atlanto-méditerranéenne, comme
en témoigne le cromlech de M'zora qui peut être mis en relation avec les monuments
mégalithiques comparables comme ceux de Ħaġar Qim à Malte et de Stonehenge en
Grande-Bretagne. La Maurétanie n'est pas inconnue de la mythologie grecque, qui y situe
le fabuleux jardin des Hespérides.

Du fait du soutien apporté par la Maurétanie à l'Empire romain lors de la destruction de Mosaïque romaine de Volubilis
Carthage, il se nouera une étroite amitié entre les deux États (d'où l'éviction du roi numide représentant Cupidon entre
Buste retrouvé à Volubilis à Jugurtha, ennemi des Romains). Le roi Bocchus se voit même décerner le titre d'Ami de Bacchus et Ariane.
l'effigie de Juba II roi de Rome par le Sénat romain et gagne l'estime du consul Caius Marius. Sous le règne de
Maurétanie. Bogud, la Maurétanie devient un royaume vassal rejoignant les troupes de Jules César
contre Juba Ier roi de Numidie. La Maurétanie et la Numidie seront unifiées en 25 av. J.-C. sous commandement de l'empereur
Auguste. À la tête de la Maurétanie unifiée, Juba II siégera comme roi-client, royaume qui sera réputé pour ses exportations de pourpre, de bois de cèdre et de
produits maritimes, assez riche pour produire sa propre monnaie d'or. Une brillante civilisation urbaine se développe, influencée à la fois par l'héritage
carthaginois et par les courants artistiques provenant de la Grèce hellénistique et de l'Égypte lagide. Ces influences du bassin oriental méditerranéen sont sans
doute dues au mécénat de la propre épouse de Juba II, la reine Cléopâtre Séléné, qui est la fille de Marc Antoine et de Cléopâtre VII. Juba, roi érudit, fait
explorer le Haut Atlas ainsi que Madère et les îles Canaries (nommées alors îles
Fortunées), et une partie du Sahara. Il n'hésite pas également à faire remonter sa
généalogie jusqu'au demi-dieu Hercule. L'opulence de la Maurétanie attise
toutefois les convoitises de Rome. Ptolémée, fils et successeur de Juba II, va
tragiquement en subir les conséquences.

Au cours d'un déplacement à Lyon en Gaule romaine, le dernier roi maurétanien Papposilène endormi, sculpture de
est en effet assassiné sur ordre de l'empereur Caligula. Ce meurtre entraîne deux marbre de style gréco-romain de
Temple du Capitole à Volubilis.
années de troubles (résistance menée contre les légions romaines par Aedemon, Volubilis.
un esclave affranchi de Ptolémée), puis une annexion de la Maurétanie (42 ap. J.-
C.) à l'Empire romain que l'on désigne dès lors sous le nom de Maurétanie tingitane pour la partie à l'ouest de la
Moulouya, décrétée officiellement province impériale de rang militaire par Claude, successeur de Caligula. Seul le nord-ouest du Maroc actuel est effectivement
sous domination romaine, le reste du territoire étant contrôlé par des tribus indépendantes, notamment gétules comme celle des Autololes. Les Romains fondent
des colonies prospères à Volubilis (non loin de l'actuelle Meknès), ainsi qu'à Banasa et à Thamusida dans la plaine du Gharb. Néanmoins la capitale
administrative demeure Tingis (future Tanger), siège du procurateur, le gouverneur de la province qui a le statut de chevalier romain. Une grande autonomie est
accordée aux tribus les plus loyales, notamment aux Baquates (comme en témoignent les fameuses tables de Banasa), mais la constante pression des peuplades
méridionales puis les crises internes à l'Empire auront progressivement raison de la Maurétanie tingitane. À la fin du iiie siècle sous le règne de Dioclétien la
province est réduite à la région de Tingis et de Ceuta, à Sala (actuelle Salé) et aux Îles Purpuraires de Mogador, puis rattachée au diocèse d'Hispanie et donc
incluse dans la préfecture des Gaules.

Au cours de la période romaine, les cités, colonies et municipes de droit romain ou latin, se dotent de monuments civiques et utilitaires (temples, forums,
basiliques, arcs de triomphe, thermes, et même théâtres à Lixus et à Zilil), et de résidences privées ornées d'œuvres d'art (sculptures, mosaïques) qui
appartiennent à l'élite romano-africaine. Les plaines cultivées sont partagées par l'aristocratie locale, qui s'enrichit notamment de l'exploitation de l'olivier dont
l'huile extraite est exportée dans les provinces voisines et fait la richesse de la Maurétanie Tingitane. Les terrains de parcours plus lointains sont laissés aux
tribus nomades ou semi-nomades. Les ports de Tingis et de Sala connaissent une intense activité commerciale.

Les autorités impériales recrutent des auxiliaires militaires parmi les Maures, destinés à servir notamment dans la cavalerie. Le plus célèbre d'entre eux, Lusius
Quietus, fils d'un amghar (chef tribal amazigh), réalise une brillante carrière sous le règne de Trajan. Au nom de l'Empire, il combat les Daces et les Parthes, et
conquiert l'Arménie, la Médie et la Babylonie, puis pacifie la Judée en proie aux révoltes anti-romaines. Le prestige de Lusius Quietus devient tel qu'il envisage
de briguer la succession de Trajan avec l'appui d'une partie du Sénat impérial, avant d'être éliminé par Hadrien. Son assassinat entraîne un soulèvement de la
Maurétanie Tingitane, sa province d'origine où sa popularité était grande parmi les tribus locales.

En 429, près de 80 000 Vandales venus de Germanie traversent le détroit de Gibraltar et débarquent à Tingis, mais dans leur course vers Carthage et vers
l'Afrique proconsulaire, ces envahisseurs ne contrôlent que le littoral méditerranéen de la Maurétanie. Un siècle plus tard les Byzantins, commandés par le
général Bélisaire, anéantissent le Royaume vandale et s'emparent d'une partie de l'ancienne province de Tingitane, se heurtant toutefois aux Maures du roi
Garmul, dont le pouvoir s'étend d'Altava jusqu'à Volubilis. Le gouvernement de Constantinople, sous Justinien Ier, crée dans le Nord marocain la province de
Maurétanie Seconde, qui englobe les cités de Tanger, Ceuta, Lixus, ainsi que l'Espagne byzantine, et dépend directement de l'exarchat de Carthage. Cette
occupation byzantine, perpétuellement menacée par les Wisigoths d'Espagne et par les Maures, va cependant subsister jusqu'à la conquête musulmane du
Maghreb au début du viiie siècle.

De la conquête arabo-musulmane aux troubles anomiques


En 649 débute la conquête du Maghreb par les troupes arabes. 35 ans plus tard ces troupes pénètrent véritablement dans le territoire marocain. Les tribus
berbères installées aussi bien dans les contreforts montagneux de l'Atlas et du Rif que dans les fertiles plaines atlantiques soutiendront dans un premier temps
les Byzantins installés sur les côtes méditerranéennes qu'ils préféreront aux Arabes notamment à cause d'erreurs diplomatiques. La destruction des installations
byzantines aux alentours de l'an 700 aura finalement raison de la résistance berbère qui se convertira dès lors à l'islam apporté par les conquérants arabes.

Dès les débuts de la conquête musulmane du Maghreb, les Kharijites originellement basés en Irak envoient des représentants au Maghreb pour tenter de rallier
les populations berbères. Les Berbères accoutumés au système de communauté égalitaire et supportant mal la domination arabe, finissent par trouver dans le
kharijisme un redoutable moyen de contestation politique. En 739, Maysara, mandaté par les populations du Maghreb Al Aqsa, conduit à Damas une délégation
auprès du calife Hicham pour présenter les doléances des Berbères : égalité dans le partage du butin et arrêt de la pratique qui consiste à éventrer les brebis pour
59
obtenir la fourrure des fœtus (le mouton étant un élément essentiel de l'économie pastorale des tribus berbères) .

Les plaintes parviennent au calife omeyyade qui ne donne pas suite, ce qui déclenche une insurrection à Tanger. Maysara s'empare de la ville, tue le gouverneur
Omar Ibn Abdallah et se proclame calife. Il réussit à empêcher le débarquement d'une armée arabe envoyée d'Espagne. Le gouverneur d'Espagne Uqba ibn al-
Hajjaj intervient en personne mais ne parvient pas à reprendre Tanger, tandis que Maysara s'empare du Souss dont il tue le gouverneur. Puis Maysara, se
conduisant comme un tyran, est déposé et tué par les siens, et remplacé par Khalid ibn Hamid al-Zanati. Sous son commandement, les Berbères sont victorieux
60
d'une armée arabe sur les bords du Chelif, au début de 740 .

Les troupes arabes ayant été battues, Hichām envoie des troupes de Syrie dirigées par le général Kulthum ibn Iyad. Elles sont battues par les Berbères sur les
60
rives du Sebou en octobre 741 . Le gouverneur égyptien Handhala Ibn Safwan intervient à son tour et arrête les deux armées kharidjites au cours de deux
batailles à Al-Qarn et à Al-Asnam (actuelle Algérie) malgré leurs efforts les berbères sont donc vaincus en Ifriqiya a la bataille d'Al asnam après avoir échoué à
61
s'emparer de Kairouan . Quand survient la chute des Omeyyades de Syrie (750), l'ouest de l'Empire échappe totalement au pouvoir central damascène.
62
L'Espagne revient aux émirs omeyyades de Cordoue et le Maghreb occidental se fragmente donc en une série de petits États arabo-berbères indépendants
dirigés par des chefs tribaux et des imams kharijites (de 745 à 755).

L'histoire des Idrissides est indissociable de la personne d'Idris Ier, descendant d'Ali et de Fatima, gendre et fille du prophète de l'islam Mahomet, qui fuyant les
massacres dont était victime son entourage et sa famille vint se réfugier dans le Moyen Atlas, à Volubilis, ancienne cité romaine déchue. Obtenant l'aval des
tribus locales, il fonda en 789 la ville de Fès dans la plaine du Saïss dont il fit la capitale de son nouveau royaume proclamé en 791. Après son assassinat par un
envoyé du calife Hâroun ar-Rachîd, son fils Idris II lui succède après une régence. Il étend sa capitale ainsi que son royaume et avance au-delà de Tlemcen, pris
par son père dès 789 et assujettit de nombreuses tribus Zenata. Son successeur Mohammed fera construire la prestigieuse mosquée Quaraouiyine, qui abrite la
plus ancienne université encore en activité dans le monde. À cette période, Fès devient un des principaux centres intellectuels du monde arabe et attire
d'éminents scientifiques et théologiens. Le royaume idrisside étend régulièrement ses frontières mais se retrouve menacé par la
puissante dynastie des Fatimides à l'est. Indiqués califes de Cordoue au début du xe siècle, les Idrissides subiront également au
nord la pression des Omeyyades. En 985, les Fatimides poussent les Idrissides à se réfugier en Al-Andalus.

Dès le milieu du xe siècle, l'affaiblissement des Idrissides du fait non seulement des pressions externes mais surtout des
dissensions internes entraîne un regain d'activité des grandes tribus berbères qui fondent et conquièrent de nombreuses cités. Les
États de Sijilmassa dans le sud et de Nekor dans le nord se maintiennent et gagnent de l'ampleur durant cette période.

Royaume des Berghouata (entre les viiie et xe siècles)


Les Barghawata (ou encore Barghwata ou Berghouata) forment un émirat berbère, appartenant au groupe de l'ethnie des
Masmoudas. Après que les kharijites ont échoué dans leur rébellion au Maroc contre les califes de Damas, ils établissent (744 –
63
1058) un royaume dans la région de Tamesna sur les côtes de l'Atlantique entre Safi et Salé sous l'égide de Tarif al-Matghari .
La particularité de cet État est de créer une religion purement berbère, s'appuyant sur un livre saint inspiré du Coran, et dirigé par
un gouvernement théocratique fixant les rituels d'un nouveau culte empruntant à la fois à l'islam, au judaïsme et aux antiques
croyances locales. Les Barghwata maintiennent leur suprématie dans la région des plaines atlantiques durant quatre siècles, et Hâroun ar-Rachîd, calife
entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec le califat omeyyade de Cordoue qui voit probablement en eux des abbasside de Bagdad,
alliés potentiels contre les Fatimides et leurs alliés zénètes. Il semble que sur les vingt-neuf tribus constitutives de ce royaume, instigateur de l'assassinat
64, 63
douze aient adopté réellement la religion barghwata, les dix-sept autres étant restées fidèles au kharijisme . d'Idris Ier.

Royaume de Sijilmassa (758-1055)


Un émirat fondé par les Zénètes émerge dans la région du Tafilalet à partir de 758. Dirigé par la dynastie des Midrarides (dont le fondateur est Semgou Ibn
Ouassoul), il prend pour capitale la cité de Sijilmassa. Ce royaume professe officiellement le kharidjisme de rite sufrite mais finit par reconnaître à partir de 883
la suprématie religieuse du califat sunnite des Abbassides. Les Midrarides se consacrent cependant à maintenir une alliance avec les autres États kharidjites,
comme le royaume des Rostémides de Tahert, et à établir un fructueux commerce caravanier de l'or avec le royaume du Ghana, à l'époque maître des plus
importants gisements aurifères de l'Afrique de l'Ouest. L'émirat de Sijilmassa atteint ainsi son apogée au ixe siècle grâce à son rôle de plaque tournante du trafic
des métaux précieux, et sa renommée s'étend ainsi jusqu'aux pays méditerranéens et au Moyen-Orient. C'est précisément cette position de débouché de l'or
africain qui excite les convoitises des Omeyyades et des Fatimides qui s'affrontent pour sa domination. Ce sont finalement les Almoravides qui s'emparent du
royaume midraride en 1055. Par la suite, la fondation de Marrakech éclipse définitivement le prestige de Sijilmassa.

Dynastie idrisside (789-985)


L'histoire des Idrissides commence lorsqu'un prince arabe chiite de la famille
d'Ali (quatrième calife de l'islam) et son affranchi Rachid Ben Morched El
Koreichi se réfugient dans le Moyen-Atlas. Fuyant la menace des Abbassides (qui
avaient massacré des Alides et leurs partisans chiites lors de la bataille de Fakh
près de la Mecque), ils séjournent en Égypte avant de s'installer à Walilah
(Volubilis), sous la protection de la tribu berbère des Awerbas. Parvenant à rallier
les tribus à sa cause, Idriss est investi Imam et fonde la ville de Fès en 789 sous le
Carte du royaume idrisside. nom d'Idris Ier. C'est le début de la dynastie des Idrissides.
Mosquée de l'Université Al
Idris Ier est assassiné par un émissaire du calife abbasside Hâroun ar-Rachîd, un Quaraouiyine à Fès fondée sous le
65
certain Sulayman Ibn Jarir Achammakh, qui avait été en fait avisé par le puissant vizir barmécide Yahya ben Khalid . règne des Idrissides.
er
Ne se doutant point que la femme d'Idris I (Kenza al-Awrabiya) est enceinte, les maîtres de Bagdad pensent que la
menace est vaincue. Mais, quelques mois plus tard, naît Idris II. Son éducation a été confiée à l'affranchi de son père,
Rachid.

Après onze années sous la tutelle de Rachid, Idriss II est proclamé Imam des croyants. Au fil des années son sens pour la politique s'affirme nettement et il
réussit à fédérer un plus grand nombre de populations. La puissance du corps militaire (qui se professionnalise et dans lequel s'engagent notamment des
Qaysites issus des tribus du nord de la péninsule Arabique) lui permet de développer et d'étendre le noyau de principauté dont il avait hérité. Le royaume
idrisside englobe ainsi toute la portion de territoire s'étendant de Tlemcen à l'est jusqu'au Souss au sud. Il semble que la dynastie idrisside, du moins à ses
66
débuts, ait professé le chiisme et plus précisément le zaïdisme, réputé être le plus modéré des rites chiites .

Se considérant à l'étroit à Walilah, Idriss II quitte l'antique cité romaine pour Fès, où il fonde le quartier des Kairouanais
(également appelé Al-Alya) sur la rive gauche de l'oued Fès (Idris Ier s'était établi sur la rive droite, le quartier des
Andalous). Les Kairouanais sont issus de familles arabes orientales et arabo-persanes (originaires du Khorassan) établies
en Ifriqiya depuis l'époque abbasside. Elles sont expulsées de Kairouan en raison des persécutions politiques que leur
infligent les Aghlabides et notamment l'émir Ibrahim Ier. Les Andalous qui s'installent à Fès sont quant à eux des
opposants aux Omeyyades, originaires des faubourgs cordouans qui s'étaient révoltés contre l'émir omeyyade d'Al-
Andalus Al-Hakam Ier (notamment du faubourg de Rabed, d'où le nom de Rabedis attribué aux éléments de cette
67
première vague d'immigration andalouse au Maroc) .
Sanctuaire et mausolée d'Idriss Ier
Le royaume idrisside connaît une importante phase d'urbanisation, illustrée par la création de villes nouvelles comme dans la cité sainte de Moulay Driss
Salé, Wazzequr, Tamdoult et Basra, cette dernière inspirée de la Basra irakienne. Ces nouveaux centres sont des foyers de Zerhoun.
68
diffusion de culture arabe et des vecteurs d'islamisation en pays profondément berbère . La fondation de la mosquée Al
Quaraouiyine en 859, qui abrite également une université homonyme, assure à Fès un rayonnement qui fera participer la
cité idrisside à l'Âge d'or de l'Islam des sciences, des arts et des lettres, aux côtés de métropoles aussi prestigieuses que Cordoue, Le Caire et Bagdad.

À cette même époque, les Vikings venus de la lointaine Scandinavie et menés par Hasting et le prince suédois Björn Ironside, attirés par les ressources
69
potentielles de l'Afrique du Nord, se signalent par leurs incursions dévastatrices sur les côtes du Maroc (notamment dans les régions d'Assilah et de Nador) .
L'historien et géographe andalou Al-Bakri désignera les envahisseurs vikings par le terme de Majus et relatera particulièrement leurs exactions contre le
70
70
royaume des Banu Salih de Nekor dans le Rif .

En 985, les Idrissides perdent tout pouvoir politique au Maroc et sont massivement exilés en Al-Andalus. Installés à
Malaga, ils récupèrent peu à peu leur puissance, au point d'engendrer une dynastie pendant l'époque des taïfas, les
Hammudites. Ces derniers vont jusqu'à revendiquer la fonction califale à Cordoue en remplacement des Omeyyades
71
déchus en 1016 .

Sanctuaire abritant le mausolée Les soulèvements zénètes (954-1059)


d'Idriss II à Fès. 72
Vers 954 et selon Ibn Khaldoun, trois grandes confédérations tribales zénètes se
soulèvent et s'emparent de plusieurs villes et régions du Maghreb el Aksa
(appellation arabe du Maroc), à savoir Fès, Oujda (fondée en 994 par le Maghraoui Ziri Ibn Attia), Salé (fondée au cours
du xe siècle par les Banou Ifrens, Sijilmassa), ou encore les régions du Souss et du Haouz, et ce consécutivement à
l'affaiblissement de la dynastie arabe chérifienne des Idrissides.

Pendant la conquête, ces trois confédérations zénètes, les Maghraouas, les Banou Ifrens et les Meknassas, fondèrent
chacune un royaume autour de leur zone d'influence mais assez rapidement, leurs points de vue divergèrent, provoquant
une instabilité sur l'ensemble du territoire. Les diverses tribus maghraouas étaient tantôt alliées aux Omeyyades tantôt Oujda est fondée par les Zénètes de
aux Fatimides. Les Banou Ifrens demeurèrent réfractaires à toute alliance avec les puissances arabes. la tribu des Maghraouas.

Les Fatimides profitent de ces divisions entre les trois confédérations zénètes et envoient les Zirides de l'Ifriqiya pour
conquérir le Maghreb el Aksa (le Maroc actuel). Le Ziride nommé Ziri ibn Menad réussit à conquérir une partie du Maroc actuel. En 971, son fils Bologhine ibn
Ziri affirme sa souveraineté sur la majorité des villes importantes. Durant cette période, les Berghouatas (confédération tribale masmouda et sanhadja) seront
donc attaqués par les Zirides. Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyyades. Ces derniers acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires, en
particulier ceux des Maghraouas de l'ouest du Maghreb. Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant l'armée omeyyade venue d'Al-Andalus par voie
72
maritime et qui s'installe à Ceuta . Par la suite, Ziri Ibn Attia des Maghraouas entre en conflit avec les chefs des Banou Ifrens et des Meknassas. Une lutte au
pouvoir sera acharnée entre les fractions zénètes. Les Banou Ifrens attaquent les Berghouata et prennent plusieurs fois Fès, place forte maghraoua. Ces derniers
72
rétabliront finalement l'équilibre du Maghreb el Aksa . Le règne des trois confédérations zénètes s'achèvera par l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides vers
e 72
le xi siècle en 1059. Les Zénètes seront évincés par les Almoravides du Maghreb el Aksa .

De tout temps, les Zénètes étaient seuls maîtres des routes et du commerce dans la région. Cette période est caractérisée par une certaine prépondérance des
73
pratiques démocratiques tribales, comme ce fut déjà le cas deux siècles auparavant lors des révoltes kharijites . Les Zénètes ont démontré par leur histoire
qu'ils pouvaient négocier avec toutes les tribus au Maghreb. Plusieurs alliances et traités ont été élaborés pendant cette période. La construction s'est développée
74
et plusieurs villes ont connu un véritable essor (construction de mosquée , de kalaâ, ksours, etc.). En 1068, les trois « dynasties » chutent tant à cause du zèle
72
manifeste de certains chefs que du fait de leur détermination à se lancer dans des guerres saintes .

Dynastie almoravide (1055-1147)


Les Almoravides sont issus des tribus berbères sanhadjas des Lamtounas et des Guzzalas qui nomadisaient dans le désert
saharien entre l'Adrar mauritanien et le Tafilalet à l'est du Maroc. Ces tribus guerrières se structurent au sein d'un
puissant mouvement religieux, sous l'impulsion du prédicateur Abdellah ben Yassin. Leur but est d'instaurer l'islam
sunnite de rite malékite dans toute l'étendue de l'Occident musulman (Al-Andalus et Afrique du Nord). Ainsi leur vient
leur nom d'al-Murabitoun, c'est-à-dire les combattants du ribat, une forteresse de la guerre sainte dressée contre leurs
ennemis animistes. Les Almoravides sont victorieux dans leur guerre contre les royaumes noirs du Tekrour et l'empire du
Ghana. Ils s'emparent ainsi du Ghana et de sa capitale Aoudaghost, à la tête d'une grande région productrice et
exportatrice d'or, et parviennent à remonter les pistes caravanières sahariennes jusqu'au Tafilalet dans les années 1050, où
ils mettent fin à l'existence de l'émirat de Sijilmassa sous domination zénète. Les chefs des Almoravides sont
successivement Abou Bakr ben Omar puis Youssef ben Tachfine.

Alors que le « Maroc utile » est en proie aux convoitises des entités politiques voisines ainsi qu'aux déchirements
internes, trois grandes tribus berbères se partagent les régions sahariennes. Les Lemtouna, Massoufa et Goddala (ou
Gadala, lointains descendants des antiques Gétules), tous trois membres de la confédération Sanhadja et islamisés deux Conquêtes almoravides (xie siècle).
siècles et demi plus tôt, guerroient et vagabondent régulièrement en direction du sud où ils menacent l'empire du Ghana
et d'autres États soudano-sahéliens animistes. De la tribu Lemtouna, l'émir Yahya
ben Ibrahim part, vers 1035, accomplir le pèlerinage à La Mecque. Là-bas, il prend
conscience de la nécessité de parfaire l'islam de ses congénères des régions de l'Adrar. En
halte à Kairouan, il tente pour cela d'obtenir un appui logistique de la part d'éminences
religieuses locales, mais sans résultat.

La guerre éclate entre les Almoravides et les Zénètes. Les Banou Ifren et les Maghraouas
perdent alors tout pouvoir après la victoire finale des Almoravides. C'est Youssef ben
Tachfine qui fonde Marrakech en 1062, au départ simple campement nomade destiné à
devenir la capitale d'un empire. Les Almoravides font disparaître dans les régions qu'ils
contrôlent toutes les doctrines qu'ils suspectent d'hérésie. C'est ainsi qu'ils suppriment le
75
chiisme de Taroudant , dernier legs fatimide dans le Souss, et qu'ils détruisent le
royaume berghouata qui prospérait dans les plaines centrales de la Tamesna Coupole almoravide de
Carte du monde connu réalisée par Marrakech.
(correspondant aux actuelles régions de Doukkala et de Chaouia) et du Tadla. Partout les
le géographe Al Idrissi sous le règne
Almoravides imposent le sunnisme malékite le plus strict, tel qu'enseigné par les écoles
des Almoravides.
théologiques de Médine et de Kairouan. Cette unification religieuse se double d'une
unification politique. Les Almoravides étendent ainsi leurs conquêtes jusqu'au Maghreb central, à la limite du royaume
hammadide.
En 1086, Youssef Ibn Tachfin, appelé par les rois des taïfas d'Al-Andalus, franchit
le détroit de Gibraltar à la tête de ses forces sahariennes composées de nomades
Sanhadjas et de guerriers sahéliens du Royaume de Tekrour, et parvient ainsi à
briser l'offensive du roi de Castille Alphonse VI à Zallaqa (bataille de Sagrajas).
Les Almoravides mettent fin au règne des roitelets, exilent l'émir de Séville Al
Mutamid ibn Abbad et celui de Grenade, Abdallah ben Bologhin, à Aghmat près
de Marrakech. Ils unifient ainsi Al-Andalus, qui est incorporée à leur empire à
partir de 1090. Ils ne parviennent cependant à récupérer Tolède tombée aux mains
Tombeau du célèbre prince et poète
des Castillans en 1085. Youssef Ibn Tachfin, qui a pris le titre d'Émir des
Al Mutamid ibn Abbad de Séville, Musulmans (et non celui de calife, considérant ce privilège comme dévolu aux
condamné à finir sa vie dans une seuls Abbassides dont les Almoravides reconnaissent d'ailleurs la prééminence
76
prison d'Aghmat au sud de religieuse) , règne sur un ensemble géopolitique s'étendant du Sénégal jusqu'aux Un chrétien et un musulman
Marrakech. abords des Pyrénées et des côtes atlantiques marocaines jusqu'à Alger. disputant une partie de jeu d'échecs
en Al-Andalus.
Cette domination almoravide se manifeste par une symbiose des identités
andalouse, ouest-maghrébine et saharienne, préparant la voie à l'émergence d'une civilisation hispano-mauresque à
cheval sur la péninsule ibérique et le Maghreb occidental. Les édifices subsistant à Marrakech, Tlemcen et Alger montrent ainsi une forte influence de l'école
artistique cordouane adaptée aux canons esthétiques nord-africains. Dans le domaine économique, l'État almoravide se distingue par sa maîtrise des flux de l'or,
dont il contrôle les zones de production et les voies d'acheminement, du Ghana jusqu'au bassin méditerranéen. Le dinar d'or almoravide, appelé marabotin,
circule sur tous les grands marchés commerciaux comme devise de référence.

Après la mort de Youssef Ibn Tachfin en 1106, son fils Ali ben Youssef lui succède, mais la dynastie est déjà contestée aussi bien en Espagne qu'en Afrique. La
famille régnante prend en effet goût aux plaisirs et aux délices d'une vie de cour raffinée héritée des califes de Cordoue et des émirs taïfas d'Al Andalus. Dans le
même temps, les populations subissent la dictature rigoriste des cadis malékites et les exactions locales des chefs militaires d'origine sanhadja qui s'appuient
parfois sur des milices de mercenaires chrétiens comme celle du chevalier catalan Reverter. Une telle conjoncture politique favorise un mécontentement
généralisé dans l'ensemble de l'empire almoravide gravement affaibli.

Dynastie almohade (1147-1269)


Mohammad Ibn Toumert est le futur Mahdi autoproclamé du mouvement almohade ancien empire marocain et le fils
d'un amghar, chef de village de la tribu des Harga, dans le Haut-Atlas. Très précocement animé par un zèle religieux, il
entreprit dès sa jeunesse de multiples voyages l'amenant à visiter Bagdad, Le Caire et peut-être même Damas où il
découvre toute l'ampleur de la tradition musulmane, et notamment le soufisme. Rapidement, il entretient une profonde
aversion pour l'étroitesse du malikisme régnant en maître en sa patrie. C'est en 1117 qu'il regagne le Maghreb, via
Tripoli, puis Tunis et enfin Béjaïa où ses pieux prêches galvanisent les foules. À Melalla, il se lie d'amitié avec le Zénète
Abd El Moumen. C'est en compagnie de ce dernier qu'Ibn Toumert d'Almohades (d'« Al-Muwahidûn », ‫)الموحدون‬, les
Unitaires.
Empire almohade entre 1147 et
C'est à Tinmel, au cœur de la très isolée vallée du N'fis, qu'il établit sa « capitale ». 1269.

Ses prêches rencontrent un écho considérable et il clame ouvertement son intention de liguer toutes les tribus insoumises
des montagnes contre les Almoravides. Son aura grandissante suscite de jour en jour davantage d'inquiétudes de la part
des Almoravides qui lancent contre lui en 1121 une expédition militaire commandée par le gouverneur du Souss, Abou
Bakr Ben Mohammed El-Lamtouni. L'expédition est littéralement écrasée. À la suite de cette déconvenue, ses désirs
s'estompèrent un temps mais en 1127 (ou 1129), une nouvelle expédition parvint dans les contreforts du Haut Atlas aux
environs d'Aghmat dans l'espoir de frapper un grand coup en pays Hintata, fief de la doctrine « Unitaire ». Mais Abd El
Moumen et El Béchir contrarièrent ce plan et profitant de l'effet de surprise, ils parvinrent même à assiéger
ponctuellement Marrakech, capitale almoravide. Cependant, leurs faiblesses en combat de plaine les poussèrent à se
retrancher en toute hâte. El Béchir mourut suivi quelques mois plus tard, en septembre 1130, par Ibn Toumert.
Drapeau almohade.

Abd El Moumen succéda d'abord secrètement au fondateur de la secte et


privilégia une politique d'alliance avec les tribus de l'Atlas. Pour ce faire, il joua non seulement de ses origines zénètes
mais aussi de ce qui restait de cercles d'initiés qu'avait fondé son prédécesseur. Dès 1140, une intense campagne permet
aux Almohades de s'attirer les faveurs des oasis du sud. Taza puis Tétouan sont les premières grandes cités à tomber. À la
faveur du décès d'Ali ben Youssef en 1143, il s'empare de Melilla et d'Al Hoceïma, faisant ainsi du nord du Maroc sa
véritable base logistique. La mort du redoutable Reverter en 1145, suivie la même année de celle de Tachfine ben Ali,
permet aux Almohades les prises respectives d'Oran, de Tlemcen, d'Oujda et de Guercif. S'ensuit ensuite le long et
Intérieur de la mosquée de Tinmel, éprouvant siège de Fès qui durera neuf mois durant lesquels Abd El Moumen se charge personnellement de prendre
fief originel de la doctrine almohade. Meknès, Salé et Sebta. La conquête du Maroc s'achèvera finalement en mars 1147 par la prise de Marrakech, capitale du
désormais déchu empire almoravide et dont le dernier roi Ishaq ben Ali sera ce jour-là impitoyablement tué. Pour fêter
cette victoire, Abd El Moumen fit bâtir la très célèbre mosquée Koutoubia sur les ruines de l'ancien Dar El Hajar.

De manière assez inédite, les premiers efforts militaires d'Abd El Moumen désormais intronisé comme calife de l'Occident musulman (pour marquer son
indépendance religieuse par rapport aux Abbassides d'Orient) se tournent vers l'est du Maghreb, sous le double péril des Normands de Sicile menés par Roger II
(qui ont pris le contrôle de Djerba et Mahdia et menacent la prospère Béjaïa) et des tribus bédouines (Banu Hilal) envoyées depuis la Haute-Égypte par les
souverains fatimides du Caire, furieux de voir Zirides et Hammadides échapper à leur contrôle. Les opérations lancées s'avèrent largement fructueuses puisque
les Bédouins sont complètement écrasés à Béjaïa puis Sétif en 1152. En 1159, une puissante armée terrestre est levée depuis Salé, secondée par une flotte de
soixante-dix navires, obligeant les Normands à se retrancher sur Sfax et Tripoli. Ainsi l'Empire almohade s'étendait-il à la fin des années 1150 des rivages de
l'océan Atlantique jusqu'au Golfe de Syrte, englobant toute l'Afrique musulmane à l'ouest de l'Égypte.
En Andalousie la fin de la période almoravide a permis la résurgence des reinos de taifas
et un regain de vigueur des Chrétiens. En 1144 les Castillans s'emparent temporairement
de Cordoue. À l'ouest, Lisbonne et Santarem sont prises par les Portugais. Almería est
également prise par les Aragonais pour une décennie entière. Dos au mur, les taifas se
voient obligés de faire de nouveau appel aux maîtres du Maghreb. Ainsi, avant même la
prise de Marrakech par les Almohades, Jerez et Cadix s'offrent à ces derniers. Dans le
sillage de la prise de Marrakech, des corps expéditionnaires permettent la conquête de
tout le sud de la péninsule (Grenade, Séville, Cordoue…) puis de Badajoz. En 1157,
Almería est reprise. Abd El Moumen décédera finalement en 1163 à Salé. Son fils Abu
Yaqub Yusuf lui succède, d'abord reconnu à Séville puis à Marrakech. Il s'efforcera
Dirham d'argent almohade. jusqu'à son décès en 1184 de régner en véritable « despote éclairé », soucieux de desserrer
l'étau d'orthodoxie religieuse pesant sur le Maghreb.

Sous son impulsion fleurissent des arts bien plus épanouis que sous la dynastie précédente. L'architecture en particulier atteint
son apogée, se traduisant par la construction de la Giralda à Séville, fraîchement honorée du statut de capitale andalouse, ainsi
que de la tour Hassan à Rabat (dont le minaret ne fut jamais achevé) et de la Koutoubia à Marrakech, toutes trois bâties sur un Minaret de la mosquée
modèle sensiblement équivalent. Dans d'autres registres, le palais de l'Alhambra est érigé sur les hauteurs de Grenade par les almohade de la Koutoubia à
Nasrides, et les Jardins de l'Agdal sont plantés à Marrakech qui se dote également d'une Casbah califale abritant les palais du Marrakech.

souverain almohade (cf. l'article Art almoravide et almohade). C'est également sous les Almohades que vécut le brillant
philosophe Averroès (de son vrai nom Ibn Rûshd ‫ )ابن رشد‬ainsi que Moïse Maïmonide qui ira néanmoins s'exiler au Caire afin de pouvoir pratiquer librement
sa religion (il était de confession juive). Les intellectuels du califat almohade mettent à l'honneur la philosophie antique comme partout ailleurs dans le monde
musulman, et plus particulièrement celle d'Aristote dont le rationalisme séduit notamment Averroès.

À la mort d'Abu Yaqub Yusuf, les Almoravides demeurés maîtres des Îles Baléares s'en vont porter le glaive là où jadis sévissaient les Normands. Ils arrachent
77
Alger, Miliana, Gafsa et Tripoli aux Almohades et subventionnent des tribus bédouines d'Ifriqiya ainsi que les mercenaires turkmènes Ghuzz , qui s'en iront
mener des razzias dans tout le Maghreb médian et descendront même jusque dans les oasis du Drâa. Matées par les vigilantes milices d'un certain gouverneur
Abu Yusf, les tribus bédouines seront par la suite sédentarisées dans l'Ouest marocain, dans l'ancien pays berghouata où elles contribueront à l'effort
d'arabisation des plaines du Gharb et de la Chaouia. Quant aux Ghuzz, ils sont incorporés dans l'armée almohade pour former des unités d'archers d'élite. Après
la victoire d'Alarcos durant laquelle Alphonse VIII de Castille est battu par le souverain Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, les derniers fauteurs de troubles
almoravides sont écrasés dans le Sud tunisien. C'est l'âge d'or almohade.
78, 79
Muhammad an-Nasir succède à son père en 1199. Le 16 juillet 1212, son armée de 30 000 hommes est mise en
déroute par une coalition de près de 62 000 chrétiens venus de France, d'Aragon, de Catalogne, du Comté de Portugal, de
León et de Castille. C'est la bataille de Las Navas de Tolosa que l'histoire retiendra comme l'évènement charnière de la
Reconquista. Dans le même temps, an-Nasir reçoit une étrange proposition d'allégeance de Jean sans Terre, alors en froid
avec les souverains chrétiens du continent européen, de faire du lointain royaume d'Angleterre un vassal du califat
80
almohade de Marrakech .

L'autorité des Almohades sur leur empire sera durablement affaiblie par cette débâcle, au point que Muhammad an-Nasir
Tour Hassan construite par le calife renoncera à son trône l'année suivante, le cédant à son fils. À 16 ans, Yusuf al-Mustansir accède donc au trône. Dépourvu
almohade Yacoub El Mansour à
d'autorité, il voit rapidement le Maghreb médian lui échapper. Il en va de même en Andalousie où le gouverneur
Rabat.
almohade de Murcie réclame une régence et franchit le détroit pour le faire savoir. À Séville, Al-Mamoun fait
sensiblement de même. Les taïfas renaissent de leurs cendres et imposent le
malikisme. À Marrakech même les cheikhs souhaitent procéder à l'élection d'un
nouveau calife, ne laissant d'autre choix au jeune souverain que la fuite pour un
temps. Son fils, Abd al-Wahid al-Makhlu lui succède en 1223. Il mourra étranglé
l'année même.

Les cheikhs de Marrakech procéderont alors à l'élection d'Abu Muhammad al-


Adil. Les Hafsides, du nom d'Abû Muhammad ben ach-Chaykh Abî Hafs,
autrefois vizir de Muhammad an-Nasir déclarent leur indépendance en 1226, sous
l'impulsion de Abû Zakariyâ Yahyâ. La mort d'Abu Muhammad al-Adil marquera
le début de l'ingérence du royaume de Castille dans les affaires marocaines. Averroès (Ibn Rushd), philosophe,
cadi, mathématicien, médecin
Ferdinand III de Castille soutiendra Abu al-Ala Idris al-Mamun tandis que les
Miniature maroco-andalouse andalou de la Cour almohade, mort
cheikhs soutiendront le fils de Muhammad an-Nasir, Yahya al-Mutasim. C'est le
d'époque almohade illustrant le à Marrakech en 1198.
conte de Bayad et Riyad. premier qui prit pour un temps l'ascendant, parvenant à prendre Marrakech et à
massacrer les cheikhs. Il renia la doctrine religieuse almohade au profit du
malikisme et consentit en paiement de sa dette à construire l'église Notre-Dame de Marrakech en 1230. L'édifice fut
détruit deux ans plus tard.

En 1233, son fils Abd al-Wahid ar-Rachid reprit Marrakech et chassa de Fès les Bani Marin, futurs Mérinides (ces derniers faisaient payer à la ville et à sa
voisine Taza un tribut depuis 1216), permettant de réunifier le Maroc. En Andalousie, Cordoue tombe aux mains de Ferdinand III de Castille dès 1236. Valence
lui emboîtera le pas deux ans plus tard, puis ce sera au tour de Séville en 1248. Entre-temps, Abu al-Hasan as-Saïd al-Mutadid parviendra à rétablir un semblant
d'unité sur le Maroc mais accumulera les échecs face aux Mérinides dont l'avancée est irrésistible sur le Maroc septentrional. Pour une trentaine d'années, les
Almohades survivront, retranchés sur la plaine du Haouz et payant un tribut à leurs voisins septentrionaux. En 1269, Marrakech tombe. En 1276, c'est au tour de
Tinmel. Un siècle et demi plus tard, la boucle almohade est bouclée et la dynastie à l'origine du puissant califat de l'ouest disparaît définitivement.

Au cours des croisades


L'Empire almohade, sous le règne d'Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, établit un partenariat stratégique avec l'Égypte du sultan Saladin. Le point d'orgue de cette
relation est l'ambassade d'Abu Al Harith Abderrahman Ibn Moukid envoyé par Saladin auprès de la Cour califale de Marrakech, qui concrétise l'alliance entre
Almohades et Ayyoubides. Cette mission débouche sur la participation de la flotte almohade aux opérations maritimes contre les Croisés (sur les côtes du
Proche-Orient ainsi qu'en mer Rouge). Après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, une partie de la ville sainte est repeuplée de populations provenant de
81 82, 83
l'Empire almohade qui fonderont et habiteront un quartier spécifique, le Quartier maghrébin , dont l'un des vestiges les plus connus est la Porte des
84
Maghrébins .

Dynastie des Mérinides (1269-1465)


Contrairement aux deux dynasties précédentes, la montée en puissance des Mérinides
n'est pas à mettre sur le compte d'une démarche personnelle associable à un individu
mais plutôt à l'affirmation collective d'une tribu. L'autre rupture que marque l'accession
au pouvoir des Mérinides est l'abandon du leitmotiv de la purification religieuse au
profit d'une conception de la conquête du pouvoir plus classique, plus conforme à
l'identité tribale des protagonistes.

La tribu en question est une tribu zénète dont les


85
origines sont issues des Wassin . Toujours est-il
que les Beni Merin (ou Bani Marin) constituent
tout au long du xiie siècle l'archétype d'une tribu
berbère quelconque, nomadisant entre le bassin Évolution territoriale de l'empire mérinide.
de la Haute-Moulouya à l'ouest (entre Guercif et
Missour) et le Tell algérien, au sud de Sidi Bel
Abbès à l'est. La première occurrence de la tribu des Beni Merin dans l'historiographie marocaine coïncide avec leur
participation en tant que groupe à la bataille d'Alarcos (1196), bataille finalement remportée par le camp almohade. C'est
Une des portes de Fès Jdid, la
capitale des Mérinides à partir de à cette occasion que s'illustre Abd al-Haqq considéré comme le véritable fondateur de la dynastie mérinide. De retour au
1276. pays, la tribu retombe dans un anonymat relatif jusqu'à la cinglante défaite almohade de Las Navas de Tolosa à l'issue de
laquelle les troupes Mérinides iront défaire 10 000 soldats almohades. À la suite de ce succès, les Mérinides s'installent
temporairement dans le Rif, soutenus par des Meknassas sédentarisés au nord de Taza.

Dès 1216, ils se faisaient payer tribut par les cités de Fès et Taza. Les Almohades soucieux de restaurer leur autorité sur tout leur territoire lancent de
nombreuses contre-offensives, le plus souvent vaines. C'est au cours d'une de ces manœuvres que décède Abd al-Haqq. Son fils Uthman ben Abd al-Haqq lui
succède. Dès 1227, toutes les tribus entre le Bouregreg et la Moulouya ont fait allégeance aux Mérinides. En 1240, Uthman ben Abd al-Haqq décède, assassiné
par son esclave chrétien. C'est son frère Muhammad ben Abd al-Haqq qui lui succède, assiégeant avec un succès relatif Meknès. Il décède en 1244, tué par des
milices chrétiennes au service des Almohades. Au milieu de la décennie 1240, les troupes almohades sont mises en déroute à Guercif. Les Mérinides
s'engouffrent alors dans la très stratégique Trouée de Taza, tremplin qui leur permit d'entreprendre le siège de Fès en août 1248 et d'envisager la prise de toute la
moitié nord du Maroc. Mais la moitié sud n'est pas en reste. Abu Yahya ben Abd al-Haqq ayant précédemment succédé joue des amitiés traditionnelles des Beni
Merin avec les Béni-Ouaraïn du Moyen Atlas et d'autres tribus du Tafilalet pour contrôler les oasis et détourner les revenus du commerce transsaharien de
Marrakech vers Fès, désignée comme capitale mérinide.

En 1258, Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq succède à son frère enterré dans l'antique nécropole de Chellah qu'il avait
86
commencé à réhabiliter . Le début de son règne est marqué par une lutte avec son neveu qui réclamait la succession. Ce
dernier parvient à prendre Salé. La situation à l'embouchure du Bouregreg profite à la Castille qui occupera la ville
pendant deux semaines en 1260, sur l'ordre d'Alphonse X. L'ouest du Rif fut également en proie à de nombreuses
insurrections Ghomaras tandis que Ceuta et Tanger étaient alors aux mains d'un sultan indépendant, un dénommé El
Asefi. Rapidement le nouveau souverain exprima son désir d'en découdre rapidement avec les Almohades retranchés
dans le Haouz, l'est des Doukkala et une partie du Souss. Une première tentative en ce sens se solda par un échec en
1262. Les Almohades pressèrent alors les Abdalwadides d'attaquer leurs rivaux Mérinides par surprise. Yaghmoracen Ibn
Drapeau des Mérinides, empire 87
Ziane, célèbre souverain abdalwadide fut défait en 1268. L'année suivante, Marrakech fut définitivement prise .
islamique.

Durant les années qui suivirent, il bouta les Espagnols hors de tous leurs
établissements atlantiques jusqu'à Tanger. En 1276, Fès, la capitale du royaume, se voit augmentée d'un nouveau quartier,
à l'écart de l'ancienne ville, où se côtoient notamment le palais royal et le Mellah (Fès El Jedid). Globalement la ville
connaîtra sous l'ère mérinide un second âge d'or, après celui connu sous les Idrissides. Après la pacification totale du
territoire et la prise de Sijilmassa aux Abdalwadides, le sultan franchit le détroit et tente de reconstituer la grande Al-
Andalus musulmane des Almohades. Les entreprises espagnoles des Mérinides furent complexes mais n'accouchèrent
que de peu de résultats concrets. À la suite du siège de Xérès, un traité de paix stipulant le retour de nombreux
documents et ouvrages d'art andalous (tombés aux mains des chrétiens lors des prises de Séville et Cordoue) vers Fès. En
86 Médersa Attarine de Fès construite
1286, Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq décède à Algésiras. Il est inhumé à Chellah. Son fils Abu Yaqub Yusuf , plus
sous le règne du sultan Abû Saïd
tard dit an-nāsr, lui succède et se voit confronté dès son intronisation à un durcissement des révoltes dans le Drâa et à Uthmân ben Yaqub (1310-1331).
Marrakech et à un désaveu de certains membres de sa famille, s'alliant tantôt avec les Abdalwadides ou les révoltés. Il
rendit Cadix aux Nasrides de Grenade en guise de bonne volonté mais six ans plus tard, en 1291, ces derniers, alliés aux
Castillans dont ils sont les vassaux, entreprennent de bouter définitivement les Mérinides de la péninsule Ibérique. Après quatre mois de siège, Tarifa est prise
par les Castillans. Mais les yeux d'Abu Yaqub Yusuf an-Nasr sont plutôt rivés sur Tlemcen, capitale des éternels rivaux des Beni Merin que sont les
Abdalwadides. Il se dirige vers Tlemcen à la tête d'une armée cosmopolite puisqu'essentiellement composée de mercenaires chrétiens (Castillans et Aragonais
principalement), de Turkmènes et de Kurdes. Le siège durera huit ans et se poursuivra jusqu'à l'assassinat du souverain, des mains d'un des eunuques de son
harem, en 1307.

Jusqu'à l'avènement d'Abu al-Hasan ben Uthman en 1331, la dynastie est marquée par une forme de décadence dont les signes principaux sont la multiplication
des querelles de succession, des révoltes populaires et des soulèvements militaires. En 1331 donc, Abu al-Hasan ben Uthman (surnommé le Sultan noir)
succède à son père, quelques mois seulement après avoir obtenu son pardon. Rapidement, l'obsession de ses aînés pour Tlemcen le rattrape. Il entame un
nouveau siège sur la ville qui s'avèrera vain. Il évince ceux qui dans son entourage familial le jalousent mais sait faire preuve d'une grande dextérité dans sa
gestion des ambitions tribales. Tlemcen tombe enfin en 1337. Abu al-Hasan ben Uthman est auréolé de gloire. Cette victoire lui ouvre la voie du Maghreb
médian mais avant de s'engouffrer dans cette brèche ouverte en direction d'Ifriqiya, le souverain tient à venger la mort de son fils Abu Malik, surpris par les
Castillans après son succès à Gibraltar en 1333. La bataille de Tarifa, le 30 octobre 1340 se solde par une lourde défaite qui signera la fin définitive des
ambitions marocaines en terre espagnole.

Sept années plus tard, le sultan et ses armées parviennent à soumettre l'Ifriqiya. L'année suivante pourtant, les Mérinides essuient une cuisante défaite à
Kairouan. L'écho de la déconvenue est grand, au point que naît et se répand une folle rumeur selon laquelle le Sultan noir serait mort au combat. À Tlemcen,
Abu Inan Faris est alors intronisé. C'est de sa volonté qu'émanera la construction de la médersa Bou Inania de Fès.

Il a d'ailleurs également parachevé la construction de la Medersa Bou Inania de Meknès, entamé par son aîné. Ce dernier tentera un vain retour via Alger puis
Sijilmassa. Il est finalement défait et tué par les armées de son fils sur les rives de Oum Errabiâ. Abu Inan Faris, profondément chagriné par ce décès, tentera
alors de faire asseoir son autorité sur l'ensemble du royaume, de nouveau fragilisé par la recrudescence des volontés insurrectionnelles. Il s'entoure à ces fins
d'Ibn Khaldoun, penseur de génie et véritable précurseur de la sociologie moderne. Son neveu, maître de Fès, est exécuté, mais à l'occasion de ce déplacement
au Maroc, c'est Tlemcen qui se soulève. Une intense campagne permet un certain regain de vigueur des Mérinides mais Abu Inan est étranglé des mains d'un de
ses vizirs, un certain al-Foudoudi, le 3 décembre 1358, neuf ans seulement après son accession au pouvoir.

L'anarchie est alors à son paroxysme. C'est le premier grand déclin de la dynastie. Chaque vizir tente de porter sur le
trône le prétendant le plus faible et manipulable. Les richesses patiemment accumulées par les souverains précédents
sont pillées. Un premier prétendant venu de Castille parvient à se soustraire pour un temps à ce diktat des vizirs. Il
s'appelle Abû Ziyân Muhammad ben Ya`qûb plus simplement appelé Muhammad ben Yaqub. Reconnu et acclamé dans
le nord du Maroc, il règne à partir de 1362 sur un royaume dont seule la moitié nord (de la Tadla aux contreforts
méridionaux du Rif) est demeurée loyale à l'autorité mérinide. Tout au long de son bref règne, il tentera de faire évincer
un à un les vizirs jugés encombrants mais ce sont des mains d'un de ces derniers, le grand vizir Omar, qu'il périra en
1366.
Bab el-Mrissa porte de l'arsenal
Omar désincarcère alors le fils d'Abu l'Hasan, Abu Faris Abd al-Aziz ben Ali ou plus simplement Abd al Aziz. Après
maritime militaire de Salé construit
par les Mérinides à la suite de
avoir réussi le tour de force d'évincer bon nombre de vizirs dont celui qui l'a porté au pouvoir, il parvient à mater le
l'attaque de la flotte du roi pouvoir parallèle en place à Marrakech (pouvoir dit d'Abou l'Fadel, vaincu en 1368). Il parvient à asseoir son autorité en
Alphonse X en 1260. pays Hintata, puis dans le Souss et à Sijilmassa. En 1370, Tlemcen, où s'était reconstitué le pouvoir abdalwadide,
retombe aux mains des Mérinides. Mais deux ans plus tard seulement, il meurt. Le royaume est à nouveau scindé en
deux, les zaouïas prenant le pouvoir à Marrakech. La peste noire provoque de graves ravages.

S'ensuivent 21 années de déclin durant lesquelles se multiplient les intrigues dynastiques, les coups politiques des différents
vizirs, les ingérences nasrides et de vaines tentatives de coups d'éclat militaires face à Tlemcen. Durant les deux périodes de
déclin, la pratique de la piraterie se développe, tant dans le Nord, dans les environs de Tanger et Ceuta, que sur la côte atlantique
(à Anfa notamment, qui sera d'ailleurs détruite en représailles par les Portugais en 1468).

En 1399, alors que le Maroc est en proie à une anarchie des plus totales, le roi Henri III de Castille arme une expédition navale
destinée à annihiler la pratique de la course depuis Tétouan. En fait, la ville est non seulement mise à sac mais également
totalement vidée de sa population (la moitié est déportée en Castille). En 1415, c'est au tour de Ceuta de tomber aux mains des
troupes de Jean Ier, roi du Portugal, lui aussi en croisade contre la course maritime des cités côtières marocaines.
88
La dynastie mérinide connait un tragique déclin . Abû Saïd Uthmân III dit Abu Said succède à Abu Amir Abd Allah dans des
circonstances troubles. Prince taciturne, il se tourne à nouveau vers Tlemcen. Mais le vent a tourné et Abou Malek, souverain
abdalwadide, pétri de haine à l'encontre des maîtres de Fès, parvient à prendre la ville et impose un souverain fantoche. Les
documents concernant cette période sont très flous et se contredisent. Toujours est-il que Abu Muhammad Abd al-Haqq succède Medersa Bou Inania de
Meknès achevée sous le
à Abu Said alors qu'il n'a qu'un an (1421). Cette accession au trône appela bien sûr une régence. Les vizirs wattassides
règne du sultan Abu Inan
s'avéreront incontournables.
Faris.

Dynastie idrisside, branche des Joutey (1465-1471)


Mohammed ibn Ali al-Idrissi al-Amrani al-Joutey (arabe : ‫ )محمد بن علي العمراني الجوطي اإلدريسي‬est le 20e descendant en ligne directe d'Idris Ier. Chef de
file des chorfas de Fès au milieu du xve siècle, il est proclamé sultan du Maroc à la suite de la révolte de 1465 qui aboutit à l'assassinat du sultan mérinide Abd
89
al-Haqq II, mort sans laisser d'héritier . Il ne réussit cependant pas à imposer son autorité bien au-delà de Fès et de sa région.
89
Le règne de Mohammed ibn Ali dure jusqu'en 1471, date à laquelle il est renversé par Mohammed ach-Chaykh, qui fonde la dynastie des Wattassides .

Wattassides (1472-1554)
Les Wattassides, Ouattassides ou Banû Watâs, sont une tribu de Berbères zénètes comme les Mérinides. Cette tribu, qui serait initialement originaire de
l'actuelle Libye, était établie dans le Rif, au bord de la Méditerranée. De leur forteresse de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Wattas ont peu à peu
étendu leur puissance aux dépens de la famille régnante mérinide (voir l'article détaillé sur les Wattassides).

Ces deux familles étant apparentées, les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides s'imposent peu à peu au pouvoir.
Le dernier sultan mérinide est détrôné en 1465. Il s'ensuit une période de confusion qui dure jusqu'en 1472. Le Maroc se trouve coupé en deux, avec à
Marrakech les émirs Hintata auxquels succède la dynastie arabe émergente des Saadiens, et à Fès le sultanat wattasside déclinant. Plus au nord, à Tétouan et à
Chaouen, apparaît une principauté à dominante andalouse peuplée par les réfugiés du royaume de Grenade (conquis par les Espagnols catholiques en 1492) et
90
dirigée par une femme nommée Sayyida al-Hurra . Sayyida al-Hurra (ou Sitt al-Hurra) mène une lutte implacable contre les Portugais qui occupent Ceuta
depuis 1415, et contracte une alliance matrimoniale avec les Wattassides en épousant le sultan Abu al-Abbas Ahmad ben Muhammad. Sur le plan stratégique
elle joint ses forces à celles de l'amiral turc Arudj Barberousse qui lutte contre les Espagnols en Méditerranée occidentale.

En 1472, les sultans wattassides ont perdu tous leurs territoires d'importance et ne contrôlent plus la rive marocaine du détroit de Gibraltar. Les Portugais
prennent possession de Tanger en 1471 puis cèdent la ville à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II
d'Angleterre.
Durant la domination portugaise (1471-1661, avec un intermède espagnol entre 1580 et
1640), Tanger constitue la capitale de l'Algarve d'Afrique, car il existe alors deux
Algarves, celle d'Europe et celle d'Afrique, toutes deux considérées comme territoires
relevant personnellement de la dynastie d'Aviz puis de la dynastie de Bragance (le roi du
Portugal porte aussi le titre de roi des Algarves). Durant la domination anglaise, Tanger
est une place forte stratégique, dotée d'un statut spécial et élisant des représentants à la
Chambre des communes à Londres, mais l'entretien d'une garnison importante se relève
91
trop coûteux aux yeux de l'opinion anglaise . Cela pousse Charles II à faire évacuer la
place, qui est prise par les troupes marocaines du sultan Moulay Ismail en 1684.

Sous les règnes successifs d'Alphonse V, Jean II et Manuel Ier (période marquant l'apogée
de l'expansion portugaise) l'Algarve africaine englobe presque tout le littoral atlantique
marocain, à l'exception de Rabat et de Salé. Les Portugais contrôlent la portion côtière Le Maroc au début du xvie siècle :
Le sultan wattasside Ahmad s'étendant de Ceuta à Agadir et à Boujdour, avec pour points de jalon les places fortes de en rouge, le domaine des
ben Muhammad al Wattassi Wattasides ; en rose, les vassaux
Tanger, Assilah, Larache, Azemmour, Mazagan, Safi et Castelo Real de Mogador. Ces
(1526-1549). des Wattassides.
possessions forment des fronteiras, équivalent portugais des presidios espagnols, et sont
utilisées comme escales sur les routes maritimes du Brésil et de l'Inde portugaise.
Néanmoins la plus grande partie du Maroc portugais est reconquise par les
Saadiens en 1541. La dernière fronteira de la Couronne lusitane est Mazagan,
récupérée par les Marocains en 1769. Les Espagnols pour leur part s'attribuent la
côte méditerranéenne avec les présides de Melilla et le rocher de Vélez de la
Gomera, ainsi que la région de Tarfaya faisant face aux îles Canaries. Ils prennent
également le contrôle de Ceuta à l'issue de la débâcle portugaise à la Bataille des
Trois Rois qui se solde par l'Union ibérique (1580).

De cette époque, émerge la figure étonnante de Mustapha Zemmouri, plus connu


Citerne aux voûtes gothiques, Vue de Safi au xvie siècle.
construite par les Portugais à El sous le nom d'Estevanico (ou Esteban le Maure), Marocain natif d'Azemmour
Jadida (Mazagan) en 1514. revendu par les Portugais comme esclave à Andrés Dorantes de Carranza, et qui
92
s'illustre par son exploration de l'Amérique du Nord dans les rangs des conquistadors espagnols au début du xvie siècle .

Les Wattassides affaiblis donnent finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant d'une origine arabe chérifienne (les Saadiens) en 1554.

Liens avec Al-Andalus


En 1492, sept siècles après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, le
dernier royaume musulman en Espagne, Grenade, est reconquis par les rois
catholiques.

Dès le début des succès de la Reconquista au xiie siècle, certains Andalous avaient
commencé à se replier vers le Maroc ; mais la majorité d'entre eux a été contrainte
de quitter l'Espagne principalement en deux temps : à la chute de Grenade en
1492, et en 1609 avec l'expulsion des Morisques. Par ailleurs les ultimes
La ville de Chefchaouen dans le
descendants de la dynastie nasride menés par Boabdil se réfugièrent à Fès après la
« Cour des Lions » de l'Alhambra à nord du Maroc fut peuplée par des
Grenade, le palais des sultans chute du dernier royaume musulman andalou de Grenade. populations andalouses fuyant la
nasrides qui eurent d'étroites disparition du royaume de Grenade
relations avec les Mérinides. L'exode de ce peuple, que le pays devra intégrer dans ses tissus sociaux et en 1492.
économiques, va marquer un nouveau tournant dans la culture, la philosophie, les
arts et la politique. L'immigration andalouse sera plus délicate dans certaines
villes marocaines. Les Andalous vont soit habiter dans d'anciennes cités, soit en construire de nouvelles ; néanmoins, ils s'installeront surtout dans le nord du
pays, notamment à Tanger, Tétouan, Oujda, Chefchaouen, mais aussi à Rabat, Salé et Fès.

Les Morisques installés à Rabat (dite Salé-le-Neuf) et Salé (aussi dite Salé-le-Vieil) formèrent une république corsaire inspirée des Régences barbaresques
d'Alger et de Tunis, vivant de courses commerciales fructueuses qui les emmenèrent à négocier avec de nombreux États (Espagne, Portugal, France, Angleterre,
Hollande).

Dynastie des Saadiens (1554-1659)


93
Les Saadiens, appelés parfois Zaydanides , constituent une dynastie arabe chérifienne originaire de la vallée du Drâa.
Elle arrive au pouvoir en 1511 avec le sultan Muhammad al-Mahdi al-Qaim bi-Amr Allah et choisit Marrakech pour
capitale définitive après Taroudant. À partir de 1554 elle contrôle entièrement le Maroc, alors que le Maghreb central et
oriental est sous la domination des Ottomans. Mohammed ech-Cheikh est un adversaire résolu du sultan-calife ottoman
Soliman le Magnifique.

Pour conjurer la menace exercée par les gouverneurs turcs d'Alger, le sultan saadien n'hésite pas à chercher l'alliance des
Espagnols qui occupent Oran et lui permettent de s'emparer de la région de Tlemcen.

Cependant en 1554 les troupes turques de Salah Raïs bousculent le dispositif saadien établi autour de Tlemcen, et
poussent l'offensive jusqu'à Fès avec l'intention d'occuper la moitié nord du Maroc et de l'incorporer à l'Empire
94 L'Empire saadien à son extension
ottoman . Alors que l'armée commandée par le pacha d'Alger s'apprête à pénétrer dans la vallée du Sebou, une sortie
maximale (fin du xvie siècle).
des forces espagnoles du comte d'Alcaudete, gouverneur d'Oran, oblige les Ottomans à évacuer précipitamment leur
éphémère conquête marocaine et à revenir défendre l'Ouest algérien menacé par les Espagnols. Ce retrait turc est profitable aux
Saadiens qui récupèrent ainsi Fès et les marches orientales du nord-est marocain. Charles Quint a également évité de voir les
95
Ottomans atteindre la rive sud du détroit de Gibraltar et devenir ainsi des voisins directs de l'Espagne .

L'alliance stratégique hispano-saadienne a montré ainsi son efficacité. Mais la diplomatie pro-espagnole de Mohammed ech-
Cheikh lui vaut l'inimitié tenace de la Sublime Porte. En effet, en 1557 des assassins à la solde du beylerbey d'Alger Hassan
Pacha décapitent le sultan marocain et envoient sa tête en trophée à Constantinople, où Soliman la fera accrocher aux remparts
de la forteresse d'Europe sur les bords du Bosphore. Ce meurtre n'a cependant pas d'incidence sur le front militaire et consolide
même les assises de la dynastie saadienne.
96
L'influence ottomane qui caractérise pourtant ensuite l'évolution de l'État saadien s'explique par
l'exil des princes Abu Marwan Abd al-Malik et Ahmed (futur Ahmed al-Mansour) à Alger et à
Constantinople durant le règne de leur demi-frère Abdallah el-Ghalib qui avait voulu les éliminer
afin d'être l'unique représentant de la dynastie. Le soutien du sultan ottoman Mourad III aux
Tombeau des sultans prétentions des deux princes saadiens peut paraître paradoxal en raison des conflits permanents
saadiens à Marrakech. entre Marocains et Turcs, mais Abd al-Malik puis son frère savent exploiter intelligemment cet
appui pour récupérer le trône, prendre Fès avec l'aide des forces ottomanes commandées par Caïd
Ramdan, et éliminer leur neveu Muhammad al-Mutawakkil (fils d'al-Ghalib) qui de son côté
s'était allié au Portugal. La mort de Murad III en 1595 met fin par ailleurs aux appétits
97
hégémoniques de la Sublime Porte et renforce ainsi l'indépendance marocaine .
Le sultan Ahmed al-
Si les Turcs sont surtout présents dans l'état-major et dans l'artillerie, l'essentiel de l'armée
Mansour, dont le règne
saadienne est composé de renégats d'origine européenne et de tribus militaires arabes Cheragas
(1578-1603) marque
ainsi que de contingents du Souss (les Ehl el-Souss, constituant l'ossature militaire de la l'apogée de la dynastie
98 99
dynastie) . Cette force considérable, estimée à 40 000 hommes par l'historien Henri Terrasse , saadienne.
fait du sultan Ahmed al-Mansur le plus puissant chef politique et militaire de cette partie de
l'Afrique. Il le prouve en lançant un de ses plus brillants officiers, le général Djoudar Pacha, à la
conquête de l'Empire songhaï du Mali qui devient après la bataille de Tondibi et la défaite des
Songhaï, le pachalik marocain de Tombouctou et du Bilad as-Sûdan (le Soudan occidental situé
autour du fleuve Niger, par opposition au Soudan oriental où coule le Nil), incluant les
prestigieuses cités de Gao et de Djenné. Sur le plan religieux, la primauté du califat saadien est
Le sultan ottoman Mourad 100
reconnue jusqu'au Tchad par Idrīs Alaoma, roi du Kanem et du Bornou . Cette allégeance
III, qui aida les princes
spirituelle marque une victoire indéniable pour le sultan al-Mansur sur la scène africaine au
saadiens Abd al-Malik et
Ahmed (futur al-Mansour) à
détriment de l'Empire ottoman qui entendait user également de son statut de puissance religieuse
reconquérir le trône du califale auprès des royaumes musulmans du Sahel.
Maroc contre Muhammad
al-Mutawakkil en 1576 Marrakech retrouve une partie de sa gloire de l'époque almohade. Les sultans font bâtir des
(miniature ottomane extraite médersas (la célèbre médersa Ben Youssef), des mosquées, réaménagent les jardins (comme celui
du Livre du Bonheur, 1582). de la Ménara), mais c'est surtout le fabuleux palais El Badi, réalisé en matériaux précieux, qui La mosquée Djingareyber à
contribue au rayonnement de la capitale saadienne et à la réputation fastueuse de la dynastie. Tombouctou, grande cité
des Songhaï conquise par
L'attrait culturel pour le Maroc s'exprime jusqu'en Europe avec les écrits de Théodore
101 les Saadiens, capitale du
Agrippa d'Aubigné et ceux de Michel de Montaigne , mais aussi avec William
pachalik du Soudan
Shakespeare et son Othello. Ahmed al-Mansur, qui maîtrise parfaitement l'italien (appris marocain à partir de 1591.
au cours de son exil de jeunesse à Alger), entretient une correspondance avec Élisabeth Ire
d'Angleterre, Henri III et Henri IV, et se montre fort intéressé par les avancées techniques
de la Renaissance occidentale, ainsi que par la découverte du Nouveau Monde (il proposera même aux Anglais une
102
offensive conjointe anglo-marocaine contre les colonies espagnoles d'Amérique) . Le prestige des Saadiens auprès des
chancelleries européennes remonte à la Bataille des Trois Rois à Ksar El Kébir le 4 août 1578, au cours de laquelle
l'armée du sultan Abdelmalik met en déroute la croisade du roi Sébastien Ier du Portugal, marquant ainsi la fin définitive
Pavillon saadien des jardins de la
Ménara à Marrakech.
de l'hégémonie portugaise sur la façade atlantique du Maghreb.

La dynastie s'achève avec le règne du dernier sultan El Abbas tué en 1659 dans une lutte de pouvoir au sein de son
propre entourage mené par Kerroum al-Hajj de la tribu Chebânat qui s'empare alors de Marrakech.

Dynastie des Alaouites (1666-présent)


Les Alaouites (al-Alaouiyoune, à ne pas confondre avec les Alaouites de Syrie), sont au pouvoir au Maroc depuis le
e
xvii siècle. D'après la légende, les Alaouites descendent de Mohamed Nefs Zakiya (« Âme Pure »), lui-même fils de

Abdallah El-Kamil, fils de Hassan El-Mouthanna, fils de Hassan Sibt, fils aîné d'Ali ibn Abi Talib, gendre et cousin du
prophète de l'islam, Mahomet. Mohamed Nefs Zakya fut proclamé Mahdi en 737 et tué au combat en 762. Théologien
éminent, il a laissé la réputation d'un saint homme et vécut sous le règne du calife Al-Mansour.

Les Chérifs alaouites se disent originaires de Yanboâ an-Nakhil, une oasis située dans la péninsule Arabique, appelés à
venir au Maroc par de nobles pèlerins berbères du Tafilalet au xiiie siècle : Hassan Dakhil, se réclamant 21e descendant
du prophète Mahomet, 17e descendant de Nefs Zakya, se serait installé alors en 1266 à Sijilmassa. Son 5e descendant,
Moulay Mohamed ben Cherif, est le père du premier sultan de la dynastie alaouite, Moulay Rachid ben Chérif.

Lointains descendants d'Ali, gendre du prophète Mahomet, les Alaouites gouvernent aujourd'hui encore le royaume du
Empire chérifien alaouite vers 1700. Maroc. Originaire du Tafilalet, le fondateur de leur dynastie n'est autre que Moulay Ali Cherif qui, en 1631 règne comme
émir indépendant sur sa région natale. Après sa mort prématurée en 1636, son successeur Moulay Mohammed Ier décide
de reprendre les rênes et continue ce que son père avait commencé. Organisateur méticuleux et fin stratège, il va prendre graduellement le pouvoir aux Saadiens
en plein déclin depuis la mort d'al-Mansur en 1603. Son frère, Moulay Rachid, va l'aider dans cette tâche en s'emparant du Rif, de Taza et de Fès, puis de la
république des corsaires de Salé. Les rivaux potentiels, comme la puissante zaouïa de
Dila dans le Tadla, et le royaume soufi du Tazeroualt dirigé par les Semlalides, États
locaux à base théocratique et tribale, sont vaincus et soumis. Moulay Rachid devient
sultan du Maroc en 1666 et écrase les révoltes qui sévissent encore à Marrakech. Une
chute de cheval qui lui est fatale projette son successeur, Moulay Ismail, à la tête du
sultanat en 1672.

Cette date rime avec autorité, le nouveau sultan purge à coups de sévères répressions
toute forme d'opposition à son régime. Ce qui permettra enfin à l'Empire chérifien
d'accéder à la puissance, à la sécurité et à la crédibilité auprès de ses partenaires et de ses Entrée de Dar el-makhzen, palais
royal de Meknès construit sous le
adversaires étrangers. Moulay Ismaïl forme une grande armée composée essentiellement
règne de Moulay Ismail.
d'esclaves-soldats noirs originaires d'Afrique de l'Ouest, (les Abid al-Bukhari ou
Le sultan Moulay Ismail Bouakhers, équivalent marocain des janissaires et des mamelouks de l'Empire ottoman) et
(1672-1727) représenté sur de soldats issus de tribus militaires arabes (tribus guich) comme les Oudayas. Des unités
une gravure française du sont également levées parmi les Rifains, réputés pour leurs qualités guerrières, pour
e
xvii siècle. 103 104
former le Jaysh al-Rifi .Grâce à cette force dont l'effectif atteint 150 000 hommes
Ismaïl mène une guerre continuelle contre les tribus rebelles du Moyen et du Haut-Atlas
(qu'il finit par soumettre) mais aussi contre les ennemis extérieurs : les Espagnols qui occupent Larache et Assilah, les
Anglais de la colonie britannique de Tanger jusqu'en 1684, ainsi que les Turcs de la Régence d'Alger qui convoitent
Oujda et les provinces orientales. Le sultan étend l'autorité chérifienne sur la Mauritanie jusqu'au fleuve Sénégal grâce au
concours des émirs maures et hassanis de l'Adrar, du Trarza, du Tagant et du Brakna, réaffirmant la souveraineté du
makhzen sur le pays de Bilad Chenguitt. À l'est, les oasis du Touat reconnaissent l'autorité du pouvoir central de Meknès.
Durant les années 1700, Ismaïl livre également des campagnes militaires contre quelques-uns de ses propres fils désireux
de se tailler des principautés dans le Souss, à Marrakech et dans l'Oriental.
Abdellah Benaïcha ambassadeur du
Maroc auprès de Louis XIV, à Paris
De 1727 à 1757, le Maroc connaît une grave crise dynastique au cours de laquelle les Bouakhers font et défont les
en 1699.
sultans, tandis que les tribus guich se soulèvent et razzient les villes impériales. Les autres tribus profitent de l'anarchie
pour entrer en dissidence (siba). De cette période troublée émerge la personnalité du sultan Abdallah ben Ismaïl, renversé
et rétabli à plusieurs reprises entre 1729 et 1745. Sa mère la sultane douairière Khnata bent Bakkar, veuve de Moulay Ismail issue de l'une des plus prestigieuses
105
tribus des provinces sahariennes, joue alors un rôle prédominant de régente et tente de préserver les institutions fondamentales de l'Empire chérifien .

Abdallah doit subir les sécessions de ses demi-frères qui fondent des quasi-royaumes dans chacune des provinces qu'ils contrôlent (Gharb, Fès, Marrakech,
Tafilalt), avec l'appui des différentes factions armées des Bouakhers ou des guich. Les habitants de Salé et de Rabat renouent avec l'autonomisme corsaire,
tandis que dans le Nord les pachas de la famille Rifi établissent une véritable dynastie qui contrôle Tanger et Tétouan. Les puissantes confédérations tribales
berbères naguère soumises au makhzen ismailien, comme les Aït Idrassen et les Guerrouanes, participent à la dissidence politique et s'emparent du trafic
caravanier qui relie les centres commerciaux au nord de l'Atlas aux oasis sahariennes et au Soudan marocain. Les gouverneurs de Tombouctou se comportent
également en princes indépendants, et font reculer l'autorité marocaine dans la région de la boucle du Niger en traitant séparément avec les Touaregs et les
Peuls.

L'ordre est rétabli par Mohammed III (1757-1790) qui restaure l'unité du sultanat
et l'autorité du makhzen. La politique de Mohammed III se caractérise par
l'ouverture diplomatique et commerciale de l'État marocain qui entend percevoir
106
les taxes douanières afin d'alléger la pression fiscale intérieure . Des traités sont
conclus avec les principales puissances européennes (royaume de France,
royaume de Grande-Bretagne, royaume d'Espagne, royaume de Naples,
république de Venise, Suède, Autriche), qui entretiennent des consulats et des
compagnies de commerce dans les ports marocains fondés par Mohammed III.
Bombardement de Larache par la
L'exemple le plus connu des nouvelles places économiques est Mogador
flotte française en 1765.
(Essaouira), entièrement crée et conçue par l'ingénieur français Théodore Cornut
pour le compte du souverain chérifien. Les ports d'Anfa (Casablanca) et de Fédala Traité de paix et de commerce
(Mohammédia) sont également aménagés et symbolisent le développement du littoral atlantique, libéré de toute franco-marocain de 1767.
occupation étrangère après la reconquête de Mazagan qui marque la fin définitive du Maroc portugais en 1769.
Mohammed III est également le premier chef d'État à reconnaître l'indépendance des États-Unis en 1777. Le sultan
107
établit une amitié épistolaire avec George Washington , ce qui vaut aux États-Unis, en vertu de la « politique de la
porte ouverte », de conclure avec le Maroc un traité de paix, d'amitié et de commerce le 16 juillet 1786 (pour une durée
108
de cinquante ans, renouvelé par le traité de Meknès de 1836) .

Moulay Slimane (1792-1822) mène une politique isolationniste, à l'inverse de Mohammed III. Le sultan ferme le pays au
commerce étranger, notamment européen, et supprime les postes de douane créés par son père. Sur le plan interne, ses
dahirs d'inspiration ouvertement salafiste provoquent des révoltes tribales et urbaines, liées à sa décision d'interdire les
moussems et le soufisme militant des zaouïas très influentes dans certaines régions. Les Berbères du Moyen Atlas,
notamment les Aït Oumalou, se regroupent sous la direction du chef de guerre Boubker Amhaouch et forment une grande Lettre de George Washington
109
coalition tribale à laquelle se joignent même les Rifains et la puissante zaouïa d'Ouezzane . Durant les années 1810, adressée à Mohammed III à
l'armée makhzen essuie ainsi de lourdes défaites entraînant la chute de Fès et le repli du sultan sur les provinces de l'occasion du traité de paix et
l'ouest qui lui sont restées loyales. Les tribus insurgées et la ville de Fès vont jusqu'à essayer d'imposer les princes d'amitié maroco-américain signé à
Moulay Ibrahim et Moulay Saïd, fils de l'ancien sultan Yazid et neveux de Sulayman sur le trône chérifien, mais finissent Marrakech en 1787.
110
par échouer dans leur tentative de changement du pouvoir .

Sur le plan extérieur, le sultan parvient à écarter les velléités de pression exercées par Napoléon Ier et par son frère Joseph Bonaparte intronisé roi d'Espagne à
Madrid, proches voisins de l'Empire chérifien depuis l'occupation de la péninsule Ibérique par les troupes françaises en 1808, et affiche une neutralité
bienveillante à l'égard des Britanniques qui occupent les présides espagnols du Maroc depuis 1808. Sulayman noue des relations diplomatiques avec Saoud ben
111
Abdelaziz, prince de l'Émirat saoudien du Najd en Arabie, manifestant un intérêt certain pour le salafisme wahhabite en pleine progression . Ce
rapprochement stratégique s'explique par les affinités anti-ottomanes que partagent le sultan alaouite et l'émir saoudien, ainsi que
112
par les sensibilités salafistes du chérif . Profitant de sa campagne militaire contre la Régence d'Alger, Moulay Sulayman
parvient à expulser définitivement les troupes ottomanes du bey d'Oran qui occupaient l'est du Maroc et à rétablir ainsi son
pouvoir sur le Touat et les autres oasis du Sahara oriental, en y nommant des caïds représentants du makhzen.

Le sultan finit néanmoins par abdiquer en 1822 au profit de son neveu Abderrahmane ben Hicham, après la lourde défaite
113
infligée à l'armée makhzen par la zaouïa Cherradia près de Marrakech . Moulay Abd ar-Rahman (1822-1859) essaie de sortir
l'Empire chérifien de son isolement extérieur, mais ses volontés sont contrecarrées par les premières agressions du colonialisme
européen moderne. Le règne de ce sultan correspond en effet à la conquête de l'Algérie par la France, dans laquelle le Maroc se
trouve impliqué en apportant son soutien à l'émir Abdelkader ibn Muhieddine mais se retrouve défait à la bataille d'Isly
(campagne militaire française du Maroc de 1844). La fin du règne est également assombrie par la guerre hispano-marocaine de
1859-1860, suscitée par des incidents entre la garnison de Ceuta et la tribu des Anjra, et qui s'achève par l'occupation espagnole
de Tétouan jusqu'en 1862.
Mosquée de Sidi Ahmed
Tijani construite à Fès sous À la suite de ce conflit catastrophique pour le makhzen, qui doit payer aux Espagnols une indemnité de guerre de plusieurs
le règne du sultan Moulay millions de livres sterling empruntés auprès des banques britanniques, Mohammed IV (1859-1873) successeur de Moulay Abd
Slimane (1792-1822). al-Rahman amorce une politique de modernisation de l'Empire chérifien. L'armée est le premier champ de ces réformes
structurelles. Le système des tribus guich est aboli et remplacé par un recrutement au sein de toutes les tribus nouaïbs (soumises
à l'impôt régulier) qui sont tenues de fournir des tabors (unités) d'askars (soldats). Leur formation est confiée à des
conseillers militaires turcs puis européens, à l'instar de l'Écossais Harry Mac-Lean (nommé caïd pour avoir créé un
114
régiment d'élite sur le modèle britannique ), et l'armement est acheté auprès d'entreprises étrangères telles que la firme
115
Krupp (ce qui marque le début de l'ingérence allemande dans les affaires marocaines), quand il n'est pas fabriqué
localement. En 1871 le sultan envisage de demander la protection politique et militaire des États-Unis du président
116
Ulysses S. Grant sortis de leur guerre de Sécession, afin de se soustraire aux pressions anglo-espagnoles .

Parallèlement à cette modernisation de l'armée, des industries sont créées, comme l'arsenal de Dar al-Makina fondé à Fès
117
par des Italiens , des progrès techniques sont enregistrés comme l'installation de la première imprimerie arabe du
Maroc, également à Fès depuis 1865. Mais cette politique entraîne de considérables dépenses qui nécessitent
d'importants financements. Le makhzen, ruiné par les conséquences de la guerre de 1860 contre l'Espagne et par les
emprunts bancaires contractés auprès des Anglais, se voit donc contraint de lever des taxes supplémentaires non
Abderrahmane ben Hicham, sultan conformes à la Loi islamique, rapidement impopulaires et désapprouvées par les oulémas et l'ensemble des corps sociaux
de l'Empire chérifien, devant son et professionnels. Les tensions liées à cette décision éclatent au lendemain de la mort de Mohammed IV et à l'avènement
palais de Meknès par Eugène de son successeur Hassan ben Mohammed en 1873. Elles prennent dans les villes la forme d'émeutes sociales
118
Delacroix (1845). violemment réprimées, dont la révolte des tanneurs de Fès est un exemple illustratif . Le règne de Hassan Ier
correspond à la volonté du sultan de concilier les exigences d'une modernisation de l'État aux complexités sociales et
politiques du Maroc. Ce règne s'inscrit de plus dans la perspective des rivalités
impérialistes européennes qui deviennent plus pressantes encore à la suite de la
Conférence de Madrid de 1880, qui préfigure le futur partage de l'Empire chérifien sur
l'échiquier international. À l'instar de la Turquie, de l'Iran ou de la Chine de cette époque,
le Maroc devient un homme malade selon l'expression consacrée dans les milieux
119
colonialistes et expansionnistes européens du xixe siècle .

Par le biais des concessions économiques et du système des emprunts bancaires, chacune
Combats entre cavaliers espagnols
des puissances européennes intéressées, notamment la France, l'Espagne, le Royaume-
et marocains durant la guerre de Uni puis l'Allemagne, espère préparer la voie à une conquête totale du pays. L'habileté du
1860. makhzen est de savoir tenir à distance les convoitises conjuguées de l'impérialisme
européen et de jouer des rivalités entre les puissances. Mais le décès de Hassan Ier,
survenu au cours d'une expédition dans le Tadla en 1894, laisse le pouvoir au très jeune
120 Hassan ben Mohammed,
Abdelaziz ben Hassan, fils d'une favorite circassienne du harem sultanien du nom de Reqiya et originaire de Constantinople ,
121 sultan de 1873 à 1894.
qui par ses intrigues et son influence, favorise l'ascension du grand vizir Ahmed ben Moussa dit Bahmad .

Une véritable régence est alors exercée jusqu'en 1900 par le grand vizir Bahmad ben
Moussa, issu de l'ancienne corporation des Abid al-Bukhari du Palais impérial. Le
grand-vizir sait continuer intelligemment la politique pragmatique de Hassan Ier, mais
sa disparition entraîne une aggravation de l'anarchie et des pressions étrangères, de
même qu'une rivalité entre Moulay Abdelaziz et son frère Moulay Abdelhafid, khalifa
du sultan à Marrakech, rivalité qui finit par générer une guerre de course au pouvoir.

Après la victoire d'Abdelhafid sur Abdelaziz (qui est exilé sous la protection des
troupes françaises qui occupent Casablanca et sa région depuis 1907), des
Une ambassade marocaine en
partance à Berlin, vers 1890 ou intellectuels réformateurs influencés par la révolution des Jeunes-Turcs dans l'Empire
1900. ottoman et par la Nahda venue d'Égypte et du Levant, et dont les idées sont exprimées
par le journal tangérois Lisan Al-Maghrib, tentent de soumettre au nouveau sultan un
122
projet de Constitution chérifienne le 11 octobre 1908 . Cependant la crise profonde Abdelaziz, sultan de 1894 à
des institutions du sultanat et la pression de l'impérialisme européen rendent impossible l'aboutissement du projet 1908.
constitutionnel.

La faiblesse du makhzen permet en outre à un aventurier du nom de Jilali Ben Driss plus connu comme étant le rogui Bou Hmara de se faire passer pour un fils
de Hassan Ier, de se faire reconnaître comme sultan dans l'ensemble du nord-est du pays et de mettre en déroute l'armée chérifienne pendant quelques années
avant d'être finalement capturé et exécuté à Fès en 1909.
Un autre rebelle, el-Raisuni, établit son fief dans la région des Jebalas et provoque par ses enlèvements de ressortissants
américains l'intervention du président des États-Unis Theodore Roosevelt qui menace le makhzen d'envoyer des navires
123
de l'US Navy débarquer des troupes pour occuper Tanger . La libération des otages évite une invasion américaine,
dans un contexte international tendu marqué par la rivalité entre la France et l'Allemagne au sujet de l'avenir du Maroc.

Protectorat franco-espagnol (1912-1956)


Jusqu'en 1912, c'est un empire militaro-théocratique aux marges mouvantes,
124
multiethnique et multiconfessionnel .

En 1906, la Conférence d'Algésiras place le Maroc sous contrôle international et accorde


125
à la France des droits spéciaux . Ces droits sont néanmoins contestés par l'Allemagne
de Guillaume II, qui convoite l'Empire chérifien et se heurte aux appétits français :
affaires marocaines de la crise de Tanger et du coup d'Agadir en 1905 et 1911 : à Tanger
le Kaiser vient prononcer un discours orienté contre la France, tandis qu'à Agadir la
marine impériale allemande est sur le point de débarquer des troupes, ce qui provoque Jilali Ben Driss Zerhouni, alias Bou
126 Hamara (1903).
l'émoi dans toute l'Europe .

À la suite du traité conclu entre la France et le Maroc le 30 mars 1912, pour l'organisation
du Protectorat français dans l'Empire chérifien, le Nord et le Rio de Oro sont attribués à
Abdication du sultan l'Espagne, tandis que les régions centrales avec leurs villes principales et la côte
Abdelhafid qui avait signé le atlantique où se situent les grands ports reviennent à la France. Dans le système de
traité de protectorat avec la protectorat, le sultan et le makhzen traditionnel sont maintenus, mais le pouvoir
France en 1912.
appartient en réalité au résident général et au haut-commissaire, qui représentent
respectivement la puissance de tutelle française à Rabat et espagnole à Tétouan. La ville
de Tanger constitue une zone internationale gouvernée par une commission où siègent les États-Unis et les pays
européens possédant des intérêts dans l'Empire chérifien. Ce système est contesté par le mouvement national marocain à
partir des années 1930, et surtout à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs, l'ensemble du territoire marocain
n'est soumis aux puissances coloniales qu'à l'issue d'une longue guerre de conquête, dite pacification du Maroc, qui
Carte du Maroc après le Traité de
s'échelonne de 1907 à 1934. De 1921 à 1926 la guerre du Rif menée par Abdelkrim el-Khattabi contre l'Espagne et la
Fès de 1912, l'Empire chérifien est
France connaît un retentissement planétaire. divisé en plusieurs zones de
domination, française, espagnole et
En 1943, après le débarquement des forces américaines en Afrique du Nord, internationale.
Casablanca abrite une grande conférence alliée qui décide d'obtenir la reddition
inconditionnelle de l'Axe Rome-Berlin-Tokyo et d'ouvrir de nouveaux fronts en
Europe occidentale pour soulager l'Union soviétique de la pression militaire nazie.

Le Maroc accède officiellement à l'indépendance en 1956, après les sursauts d'une lutte de plus en plus rude entre les
autorités coloniales et le mouvement national. La tension est très forte dès la fin de l'année 1952, qui voit se dérouler les
127, 128
émeutes des 7 et 8 décembre 1952 à Casablanca, causant de cent à trois cents morts selon les historiens .
Immeuble de la période du
protectorat français à Casablanca.
L'armée de libération nationale et la guerre d'indépendance
L'Armée de libération nationale (Maroc) fondée d'après une idée d'Abdelkrim el-Khattabi (Comité de Libération du Maghreb) est issue au départ de l'Istiqlal et
chapeautée politiquement par le comité de Tétouan. Elle viendra se greffer sur un début de révolte de la tribu Igzenayen consécutif à la non signature par ses
chefs (sur ordre de Mohand ben Messaoud Ababou) des pétitions lancées par les Caïds de l'atlas, visant à déposer le sultan Mohammed Ben Youssef (futur M5)
129, 130, 131, 132
au profit de Mohammed ben Arafa, imposé par la France et le Glaoui .À partir de 1953 et la nomination du capitaine Taddi à Boured, la tribu
133
connaitra une période d'extrême tension entre ses chefs et les autorités françaises .

Profitant de la proximité de la zone espagnole et de la protection de Cheikh Messaoud Ababou, membre du comité de Tétouan qui la chapeaute
134
politiquement , l'ALN sera en mesure de s'entrainer en pleins territoire des Asht Assem des Igzenayen de 1954 à son premier, coup d'éclat, l'attaque
simultanée de trois bureaux indigènes (Boured, Tizi ouasli, Imouzzer Marmoucha) dont la principale à Boured le 2 octobre 1955. Ce fut le commencement de la
135, 136
guerre d'indépendance aussi appelé " La deuxième guerre du Rif " . Les combats, d'une rare intensité et mobilisant 15 000 soldats français dureront
jusqu'au mois de mars 1956, principalement sur le territoire des Igzenayen (le front rifain étant le seul à se développer), et au retour du Roi puis à la
129, 130, 131
proclamation de l'indépendance à travers les accords d'Aix-les-Bains en 1955 .

L'ALN a été fondée politiquement par des gens de tout le Maroc (Abbas, Khatib etc.), le Chef des opérations était Hassan Zkriti (Igzenayen), le chef militaire
Mohamed Ghabouchi (Igzennayen) et le coordinateur front nord (principalement depuis Nador) était Abbas Mesaaâdi cependant l'immense majorité de ses
troupes combattantes et de ses commandants (Mohamed Ghabbouchi, Hassan Zkriti, Massoud Akjoud, Akoudad etc.) étaient issus de Igzennayen, Ait Ammart
129, 130, 131 137
et dans une moindre mesure Ait Ouriaghel .À son plus fort elle est composée de prêt de 5 000 hommes .

Le 29 mars 1956, à la suite de l'appel au calme du sultan Sidi Mohammed ben Youssef après l'annonce de l'indépendance du Maroc, le haut commandement de
l'ALN en accord avec le Mouvement de la Résistance annonce dans un tract la cessation provisoire des opérations militaires notamment dans le Rif, tout gardant
138
ses positions jusqu'à ce que la souveraineté marocaine soit entièrement libérée sans condition ni réserve .Le 31 mars, le sultan reçoit trente chefs de l'ALN,
venant des secteurs du Rif, du Maroc oriental, de l'Atlas et des confins algéro-marocains, confirmant leur allégeance et obéissance à la monarchie et l'ALN est
138
intégrée officiellement au Far le 14 mai 1958 , elle est alors composée des effectifs de l'ALN et l'ALN sud (ALNS).

Maroc indépendant (depuis 1956)


Le Maroc accède à son indépendance le 2 mars 1956 et se trouve confronté dès lors à de nombreux enjeux d'ordre politique, économique et social
(parachèvement de l'intégrité territoriale et stabilisation de la situation intérieure). En 1961, le décès de Mohammed V, qui a été le dernier sultan de l'Empire
chérifien et le premier roi du Maroc moderne (le titre de roi remplace celui de sultan en 1957), laisse le trône à son fils Hassan II qui doit relever dès lors un
ensemble de défis, consolider son pouvoir et assurer la place du Maroc dans le contexte mondial de la guerre froide et de la décolonisation.
En 1963, lors de la guerre des Sables, le Maroc et l'Algérie nouvellement indépendante s'opposent pour le contrôle des
régions des confins situées entre Figuig et Tindouf. Le pays est marqué en 1965 par les émeutes de Casablanca, et par la
disparition du chef de l'opposition de gauche et chef de file du tiers-mondisme Mehdi Ben Barka (enlevé à Paris en
collaboration entre le pouvoir monarchique marocain et les services secrets français), ce qui conduit à la proclamation de
l'état d'exception jusqu'en 1970. Les deux ans qui suivent connaissent l'échec de deux coups d'État militaires — dits « de
Skhirat » (lieutenant-colonel Ababou et général Medbouh le 10 juillet 1971), et « des aviateurs » (Général Oufkir 16 août
1972) —, entre lesquels la Constitution a été modifiée. En novembre 1975, l'ensemble des partis politiques joignent leurs
efforts avec le souverain dans son projet de la Marche verte pour la récupération des Provinces du Sud dans l'ancien
Sahara espagnol. Au fil du temps, le royaume retrouve sa stabilité politique. Durant les deux dernières décennies du Le roi Hassan II à Marrakech en
e
xx siècle, une succession d'années de sécheresses ainsi que le plan d'ajustement structurel imposé par le Fonds 1967.
monétaire international entraînent une crise économique et sociale très profonde.

À partir des années 1990, une opération de grande envergure pour la privatisation des entreprises publiques est menée par le roi et André Azoulay, le conseiller
économique de la monarchie. Le groupe français Accor a ainsi pu acquérir six hôtels de la chaîne marocaine Moussafir et la gestion du palais Jamaï de Fès.
Cette opération de privatisation permet d'une part aux notables marocains proches du pouvoir de contrôler les entreprises publiques les plus en vue, et, d'autre
139
part, aux sociétés françaises d'opérer un retour en force dans l'économie du pays. La famille royale acquiert notamment le groupe minier Monagem .

Un gouvernement d'alternance, dominé par la Koutla et mené par Abderrahman Youssoufi de l'USFP, est formé à la suite des élections législatives de 1997.
Après le décès de Hassan II en juillet 1999, Mohammed VI accède au trône.

En 2011, douze années après le début du règne, le Maroc est touché par les remous du Printemps arabe et connaît une série de manifestations populaires. Le roi
fait alors approuver une nouvelle Constitution par référendum. Les élections législatives qui s'ensuivent sont remportées par les islamistes modérés du PJD, qui
forment un gouvernement de coalition avec d'autres partis politiques, mené par Abdel-Ilah Benkiran.
140
Le PJD remporte à nouveau les élections législatives en 2016. Cette année-là, le Maroc opère un virage stratégique en direction de la Russie et de la
141 142
Chine . En outre le royaume réintègre l'Union africaine en 2017 , et a fait une demande d'adhésion à la Communauté économique des États de l'Afrique de
143
l'Ouest .

Armoiries
Les armes du Maroc se blasonnent ainsi : « de gueules, avec en chef un soleil naissant à quinze rayons d'or sur champ
azur, soutenu d'une fasce divisée voûtée de sinople, fuselée d'or et d'argent ; le tout surchargé d'un pentalpha de sinople.
L'écu est timbré de la couronne royale marocaine d'or, ornée de perles de gueules et de sinople alternées et surmontée
d'une étoile (pentalpha) d'or ; il est bordé de lambrequins d'or soutenus de deux cornes d'abondance et supporté par lions
au naturel : celui de dextre étant de profil et celui de senestre est léopardé, et pour devise, sur un listel d'or : (Arabe : ‫إن‬
‫ )تنصروا الله ينصركم‬Si vous glorifiez Allah, il vous donnera la gloire (le verset 7 de la sourate XLVII du Coran) ».

Économie
Le Maroc est la cinquième puissance économique en Afrique en étant classé onzième pays africain en nombre d'habitants
et 25e en superficie. Il est certes la troisième puissance économique d'Afrique du Nord, derrière l'Égypte et l'Algérie, Armes du Maroc (1957).
classées respectivement troisième et huitième populations africaines et douzième et premier pays plus vastes du
144
continent, néanmoins, le royaume chérifien devient deuxième pays investisseur sur son propre continent. L'évolution
de l'économie marocaine a manifesté un degré de résilience remarquable au sein de son environnement régional : le
Maroc a enregistré un rythme de croissance parmi les plus élevés de la zone MENA, région ayant, relativement bien
surmonté la crise mondiale en réalisant une croissance moyenne supérieure à la zone euro, les PECO et l'Amérique
145
latine. Ainsi, le Maroc a réalisé une croissance annuelle moyenne de 4,3 % durant la période 2008-2013 contre 4 %
pour la zone MENA, -0,3 % dans la zone euro, 2,3 % dans les PECO et 3,2 % dans l'Amérique latine et Caraïbes. Cette
performance est le résultat de la hausse de 9,2 % par an de la valeur ajoutée du secteur primaire et de la bonne tenue du
secteur non agricole, grâce, notamment, aux performances du secteur tertiaire. De 2004 à 2014 le PIB marocain est passé
de 56 à 107 milliards de dollars avec une inflation bien maîtrisée se situant à une moyenne annuelle de 1,8 %. Selon le Évolution du PIB réel par habitant
146
ministère de l'économie le Maroc a enregistré en 2015 une inflation de 1,6 % et une croissance de 4,8 % tirée par une de Maroc.
bonne année agricole, un chiffre supérieur aux prévisions de la loi de finances 2015 qui tablait sur une croissance de
147
4,4 %. En 2024, le Maroc est classé en 66e position pour l'indice mondial de l'innovation .
148
En 2014 la valeur ajoutée du secteur tertiaire atteint 55,8 % du PIB suivie de 29,6 % pour l'industrie et 13,6 % pour
l'agriculture. L'industrie manufacturière est dominée par le textile, les articles de cuir, la transformation des aliments, du
raffinage de pétrole et du montage électronique. De nouveaux secteurs offrent un potentiel de croissance élevé et
diminuent la dépendance du royaume à son secteur agricole : chimie, équipement automobile, informatique, électronique
et industrie aéronautique.

En 2019, le Maroc « reste le pays le plus inégalitaire du nord de l'Afrique et dans la moitié la plus inégalitaire des pays
de la planète, En 2018, les trois milliardaires marocains les plus riches détenaient à eux seuls 4,5 milliards de dollars, soit Répartition de l'économie marocaine
44 milliards de dirhams. L'augmentation de leur fortune en un an représente autant que la consommation de 375 000 en 2014.
149
Marocains parmi les plus pauvres sur la même période », souligne un rapport de l'ONG Oxfam .

Le Maroc progresse régulièrement au classement Doing Business — ou « indice de facilité de faire des affaires » — établit chaque année par la Banque
mondiale. En 2020, il occupe la 53e place, ce qui représente un progrès de sept rangs par rapport à l'année précédente. Néanmoins, les investissements ne
profitent qu'à une faible portion de la population. L'indice de développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations unies pour le développement
(PNUD) place en 2021 le royaume à la 123e place, loin derrière l'Algérie (91e) et la Tunisie (97e). L'économiste Taïeb Aisse, conseiller du gouvernement
150
marocain, « remarque qu'il y a 10 % de citoyens en situation de pauvreté extrême, totale ; c'est-à-dire qu'ils n'ont rien, aucun revenu ; c'est très dangereux . »
151
Sources : Fonds monétaire international
Indicateur 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015

Produit intérieur brut en milliards de dollars US 65,64 74,41 85,21 91,41 90,80 99,17 100,35 105,50 107 112*
152 146
Croissance du PIB (prix constants) 7,8 % 2,7 % 6,5 % 5,5 % 3,6 % 4,2 % 3,1 % 4,1 % 2,4 % 4,8 %

PIB par habitant en dollars US 2 151* 2 422* 2 901* 2 868 2 823* 3 044* 2 900* 3 095* 3 140* 3 275*
146
Taux d'inflation1 3,3 % 2,0 % 3,7 % 1,0 % 1,0 % 0,9 % 1,3 % 1,9 % 0,4 % 1,6 %

(*) Donnée estimée (1) Banque mondiale

PIB par région

Ancien découpage régional

Rang Régions La part du PIB total PIB régionalisé (million de $)/équivalent


1 Grand Casablanca 18,8 % 16 709 Bahreïn

2 Souss-Massa-Drâa 12,2 % 10 843 Sénégal

3 Rabat-Salé-Zemmour-Zaër 9,8 % 8 710 Cambodge


4 Marrakech-Tensift-Al Haouz 8,2 % 7 288 Macédoine
Twin Center, Casablanca.
5 Tanger-Tétouan 7,4 % 6 577 Mali

6 L'Oriental 7,1 % 6 310 Malte


7 Gharb-Chrarda-Beni Hssen 6,9 % 6 132 Haïti

8 Doukkala-Abda 5,4 % 4 799 Nicaragua


9 Chaouia-Ouardigha 5,2 % 4 621 Guinée

10 Drâa-Tafilalet 4,9 % 4 355 Moldavie

11 Fès-Boulemane 4,2 % 3 732 Mongolie


12 Tadla-Azilal 4,2 % 3 732 Tadjikistan

13 Provinces du Sud 3,0 % 2 666 Mauritanie Centre des affaires de Rabat.

14 Taza-Al Hoceïma-Taounate 2,7 % 2 399 Togo

153
Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF)

Le nouveau découpage territorial marocain comporte douze régions ; le Maroc dans sa nouvelle constitution adoptée en
2011 donne une grande autonomie et responsabilité aux régions afin d'agir pour le développement économique local. Aéroport de Marrakech Ménara.
L'objectif du nouveau découpage est de former des régions assez grandes en vue d'une meilleure complémentarité
économique et sociale, contrairement à plusieurs pays européens qui ont eu une expérience plus avancée en organisations
territoriales qui spécifient des langues locales à introduire dans l'enseignement public par régions, au Maroc deux
langues officielles sont retenues (l'arabe, et l'amazigh) et qui sont enseignées dans toutes les régions. Afin de mieux
organiser les départs en vacances un calendrier de vacances scolaires décalées selon les régions est en cours
d'élaboration.

Les aménagements futurs du territoire seront calqués sur ce découpage régional actuel à savoir les nouvelles zones
d'activités économiques, les zones logistiques, les nouveaux aéroports, les nouvelles autoroutes pour relier les régions,
les voies express, les lignes ferroviaires et les nouveaux ports. Mis à part les trois régions centrales qui n'ont pas accès à Gare ONCF de Tanger ville.
la mer toutes les autres régions qui n'ont pas de port commercial seront dotées chacune d'un port en eau profonde, la
région 6 quant à elle, hérite de deux grands ports avec le nouveau découpage, le port de Casablanca et le port de Jorfsfar.
Rabat qui n'avait pas de port dans l'ancien découpage aura à disposition le futur grand port Kénitra Atlantique, le grand
port de Safi en construction sera baptisé le port de Marrakech sa capitale de région (région 7), pour les régions qui n'ont
pas accès à la mer un arc d'autoroute de 900 km reliera les régions 7, 5, 3 et 1 sous forme d'une nouvelle autoroute Safi -
Marrakech - Beni Mellal - Fès - Tanger. La région 11 détient un grand port commercial à Laâyoune, la région 12 voisine
sera dotée d'un port en eau profonde (Dakhla Atlantique), ces deux régions seront reliées aux régions 9 et 10 par une voie
154
express de 1 200 km partant de Agadir - Tiznit - Laâyoune - Dakhla .

Baie d'Agadir (2011).

Ifrane en hiver.
155
Nouveau découpage (depuis janvier 2015 )
Rang Régions Part du PIB total Population PIB/Habitant (en $)/équivalent

1 Casablanca-Settat 24,5 % 6 085 000 4 369 Tunisie

2 Rabat-Salé-Kénitra 15,8 % 4 272 901 4 025 Paraguay


3 Marrakech-Safi 11 % 4 108 000 2 870 Philippines

4 Souss-Massa 10,5 % 2 475 143 4 681 Jordanie

5 Fes-Meknes 9% 4 022 128 2 407 Honduras


6 BeniMellal-khenifra 8,1 % 2 611 499 3 333 Eswatini

7 Oriental-Rif 7,6 % 2 434 870 3 127 Sri Lanka

8 Tanger-Tétouan 7,2 % 2 830 101 2 751 Vanuatu


9 Drâa‐Tafilalet 3,3 % 1 392 501 2 716 Bolivie

10 Laâyoune‐Saguia al Hamra 1,4 % 364 000 4 993 Jamaïque Carte des nouvelles régions (depuis 2015).

11 Guelmim‐Oued Noun 1,2 % 428 857 3 210 Égypte

12 Ed Dakhla‐Oued ed Dahab 0,3 % 152 000 2 140 Moldavie

Croissance commerciale
Le Maroc dispose d'un produit intérieur brut relativement fort au regard de la moyenne africaine. La population
marocaine constitue 2,5 % du continent africain, en 2008 avec ses 85,2 milliards de dollars son produit intérieur brut
contribuait à hauteur de 9 % du PIB global du continent, fin 2013 après que le baril de pétrole dépassa 100 dollars ce
ratio s'est rétrécie à 5 %. Le Maroc est appelé à consolider ce point puisque malgré une croissance relativement rapide
depuis l'accession au trône du souverain Mohammed VI en 1999, cette dernière demeure variable et volatile car tributaire
des résultats de plusieurs facteurs internes et externes. La proximité du Maroc avec le continent européen a favorisé
Accords de libre échange :
l'économie nationale dans la mesure où cette dernière a très largement bénéficié des nombreuses délocalisations
effectuées par les entreprises européennes. Maroc

Accord de libre échange Maroc -


Depuis le début des années 2000, le Maroc a mis en place une politique fiscale attractive en matière de délocalisation, à
États Unis
tel point que l'OCDE plaçait en 2008 le royaume en troisième position dans la progression des emplois créés par le
156 Accord de libre échange Maroc -
secteur de l'offshoring, derrière l'Estonie et la Chine . L'exemple le plus typique en la matière est celui des centres Union Européenne
d'appel. On peut aussi évoquer l'exemple aéronautique.
Accord d'Agadir

Longtemps repoussée au second plan sous le règne de Hassan II, la façade méditerranéenne marocaine a souvent été Accord de libre échange Maroc -
Turquie
retardée malgré le potentiel immense qu'offre cette route maritime, preuve de l'incompétence des anciens responsables du
secteur maritime marocain avant les deux dernières décennies. Ces derniers voulaient ériger le nouveau port tangérois Accord de libre échange Maroc -
157 Émirats arabes unis
sur la côte atlantique . Replacé sur la route majeure du trafic de conteneurs, la construction du port de Tanger Med a
constitué un tournant majeur pour le transport maritime marocain. Lancé en 2004 à 22 km à l'est de l'ancien port de Accord de libre échange Maroc -
EFTA
Tanger ville sur l a côte méditerranéenne à 15 km des côtes sud espagnoles, le nouveau port tangerois est inauguré en
158 159
2007 . En 2014, ce complexe portuaire a pu totaliser le traitement de 3 millions de conteneurs. Deux autres
tranches, Tanger Med 2 et Tanger Med 3 sont prévues afin d'atteindre une capacité maximale de 8,5 millions de
conteneurs, ce qui ferait de lui le plus grand port africain en matière de transport de marchandises. La construction de
160
Tanger Med 2 a été confiée en 2009 au groupe Bouygues, le même concepteur que Tanger Med 1 qui a prouvé son
efficience. L'infrastructure portuaire est à présent terminée depuis janvier 2015 et livrée aux gestionnaires des terminaux
pour finaliser les équipements portuaires. La zone franche adjacente accueille entre autres la nouvelle usine Renault
depuis 2012.

Le Maroc est par ailleurs le troisième producteur mondial de phosphates avec ses 26,40 millions de tonnes produites en
2013, soit 12 % du total de la production mondiale, estimée à 220 millions de tonnes derrière la Chine, premier
producteur mondial (100 millions de tonnes) et les États-Unis (27,10 millions de tonnes). Le phosphate est une ressource
minière nécessaire à la fabrication d'engrais, et ses cours ont fortement augmenté avant la crise mondiale de 2008, pour
atteindre 400 dollars la tonne quand cette ressource constituait presque 5 % du PIB marocain. Le phosphate a déjà baissé Carte synthétique des nouvelles
de plus de 60 % et intervient pour moins de 3,5 % du PIB face à la montée en puissance de la production chinoise industries de Tanger Med : Tanger
Tech, Tanger Automotive City, et les
assurant leur autosuffisance, et au dumping de l'Arabie saoudite, détentrice de gisements quasiment en surface et qui a
principales voies de transport : voie
raflé une bonne partie des marchés d'Asie et d'Afrique de l'Est. La baisse du prix du phosphate est donnée comme
161 rapide ferroviaire Tanger-
irréversible et devrait atteindre 75 dollars la tonne en 2025 . Cependant, cela semble ne pas être en mesure de Casablanca, aéroports et port de
provoquer de maladie hollandaise au Maroc, à l'instar des autres pays mono-exportateurs africains qui s'appuient sur un Tanger-Med.
PIB issu à 90 % d'une seule richesse minière. À la suite du dumping de l'Arabie saoudite, beaucoup de mines de
phosphates à travers le monde, notamment au Sénégal, en Tunisie, en Jordanie et en Égypte sont redevenues déficitaires,
et les mines marocaines ont perdu en rentabilité. Près du gisement d'Ouled Abdoun dans la province de Khouribga, à 120 km au sud-est de Casablanca, se
trouve le premier centre minier de phosphate au monde, exporté par le biais des ports de Casablanca et de Jorf Lasfar, un nouveau port construit en 1982 à
proximité d'El Jadida. Le transfert vers Jorf Lasfar est assuré par convois ferroviaires. Deux autres sites phosphatiers sont exploités au nord de Marrakech à Ben
Guerir (Gantour) et à Chichaoua (Meskala), et leurs produits transportés par train vers le port de Safi. L'Office chérifien des phosphates est la première
162
entreprise publique du pays. En 2014 les exportations de phosphates sont détrônées par le secteur agricole et l'industrie automobile . Une partie des réserves
se trouve à Bocraa au Sahara, mise en production par Phosbocraa, une filiale de l'OCP. Le front Polisario considère cette activité comme un pillage de richesses,
163
bien que le groupe OCP affirme que cette mine a toujours été déficitaire, de 1976 à 2008 . Selon l'OCP, les sites de Meskala et Bocraa ont constamment été
déficitaires et vivent aux dépens des mines de Khouribga et de Ben Guerir. En conséquence, la mine de Skala est fermée temporairement à l'heure actuelle, par
contre le site de Bocraa continue son activité afin de pérenniser les 3 000 emplois de cette filiale. Le phosphate produit est acheminé par bande transporteuse sur
150 km jusqu'au port de Laâyoune. Étant donné la volatilité des prix du phosphate, l'OCP a mis en place en 2014 un minéroduc entre Khouribga et le port de
Jorf Lasfar et projette d'ériger un deuxième pipeline également entre Ben Guerir et le port de Safi afin de minimiser les coûts de transport. L'OCP souhaite ainsi
164
rester compétitif face aux groupes asiatiques qui commencent à acheter les compagnies africaines déficitaires afin de produire du phosphate pour garantir
leur future autosuffisance alimentaire.

Malgré les récentes contre-performances consécutives à la crise financière de 2008, la bourse des valeurs de Casablanca a temporairement consolidé son statut
de deuxième place boursière africaine, derrière celle de Johannesbourg et devant celle du Caire, avant que le Printemps arabe n'affecte négativement les deux
places financières nord africaines qui restent au coude à coude tout en étant devancées par l'émergence de la bourse de Lagos.

Marché de l'emploi
Le Maroc n'ayant jamais été affecté par un système à économie dirigée, beaucoup d'habitants des régions rurales
ont constitué des entreprises familiales dans le domaine de la pêche et de l'agriculture de telle manière à assurer
une autonomie alimentaire et exporter les surplus de la production. À la suite de sécheresses importantes survenues
à partir des années 1980, les populations rurales migrent en masse vers les villes et provoquent plusieurs crises
induites entraînant le développement de bidonvilles, du chômage et de l'insécurité. La réponse des autorités fut
relativement tardive mais cela a permis de stopper l'hémorragie : le roi Hassan II dans un de ses célèbres discours
promet d'irriguer un million d'hectares à l'horizon de l'an 2000. Un programme de construction de barrages est
lancé, des canalisations d'eau sont érigées, des milliers d'écoles rurales construites et les crédits bancaires furent
Emploi par secteur de l'économie en 2014.
facilités pour les agriculteurs. Cependant, le manque de développement routier constituait encore un grand fardeau
dans les zones rurales marocaines, l'exode rural continuant et augmentant le taux de chômage en ville.

Le taux de chômage au Maroc, comme dans tous les autres pays d'Afrique du Nord, est assez approximatif. Il varie entre 9 et 10 % selon les chiffres officiels
(HCP, ministère du Travail), mais quelques organisations marocaines non gouvernementales tablent sur des chiffres plus élevés. Dernièrement, le gouvernement
a mis en place une allocation en cas de perte d'emploi et se penche sur l'éventualité de créer une allocation pour les nouveaux diplômés.

Comme tous les pays du tiers-monde, l'économie informelle est toujours présente au Maroc dans plusieurs secteurs et empêche des centaines de milliers de
travailleurs d'avoir accès à une couverture sociale. Durant la dernière décennie, [Quand ?] les autorités ont lancé un programme de couverture sociale et
165
d'assurance maladie obligatoires pour les petits artisans et les différents secteurs d'activité. Fin 2014 la CNSS couvre 3 millions d'affiliés sur une population
active de 12 millions. Malgré les différentes incitations gouvernementales, la croissance moyenne de la couverture sociale tourne autour de 7 % par an depuis
2009. Les mentalités des couches marocaines aisées sont souvent de tendance libérale, relativement semblables à la société américaine, l'ironie du sort étant
qu'une grande partie des non-inscrits à la CNSS sont les indépendants qui bénéficient d'un revenu assez confortable (médecins, architectes, cadres) qui ne
souhaitent pas cotiser et exprimer leur devoir de solidarité avec les autres couches sociales. Concernant l'Assurance Maladie Obligatoire gérée elle aussi par la
CNSS, le nombre d'employés couvert atteint 4,9 millions.

Pour les demandeurs d'emploi et les indépendants dans des secteurs précaires, l'État marocain a développé un programme baptisé Régime d'assistance médicale
166
(RAMED) qui englobe 9 millions de bénéficiaires à bas revenus, venant s'ajouter aux 288 000 étudiants et 20 000 immigrants, soit 64 % de la population
167
totale couverte. L'objectif à court terme est d'atteindre un taux de 95 % de la population, et un projet de loi a été adopté en ce sens. Afin d'anticiper les
déficits de la caisse de retraites une loi a été adoptée afin de passer l'âge de la retraite de 60 à 63 ans et de relever le minimum des pensions de retraites à 1 500
167
dirhams par mois à partir de 2018 , Si cette somme peut sembler dérisoire comparé aux retraites appliquées dans les pays membres de l'OCDE (équivalente à
160 $), cette allocation correspond aux salaires minimums des autres pays d'Afrique du Nord et au double de la moyenne des salaires minimums des pays
d'Afrique subsaharienne.

La situation de l'emploi a souffert pendant les années 1970-1980 d'événements internes et externes : la hausse de la natalité, les chocs pétroliers, la baisse de la
parité du dirham, le plan d'ajustement structurel, sont des circonstances qui ont porté atteinte aux équilibres financiers de l'État et entraîné la baisse des dépenses
d'investissement et de promotion de l'emploi. Les émeutes sociales des années 1981, 1984 et 1990 s'inscrivent dans cette logique d'ensemble.

Les besoins énormes en main-d'œuvre de l'Europe occidentale afin d'assurer la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale ont été comblés en faisant
appel à des vagues successives de travailleurs issus du Maghreb et de l'Europe du Sud durant les Trente Glorieuses. Les populations berbères marocaines et
algériennes persécutées par les années de plomb sous les pouvoirs autoritaires de Hassan II et de Boumédiène constituèrent les premières vagues d'émigration.
Depuis son indépendance, le Maroc n'a jamais été gouverné par un parti unique, et son modèle politique se caractérise par son multipartisme et son aspect
libéral. Il en résulte que la plus grande partie des réformes a été conduite par des gouvernements libéraux moins protecteurs des acquis sociaux, excepté dans le
secteur public. Le salaire minimal (SMIG) au Maroc est de 3 000 dirhams (300 $) dans le secteur public. Le gouvernement a souhaité appliquer le même
minimum salarial au privé, mais les organisations patronales s'y sont fermement opposées. Un accord a été trouvé sur une augmentation effective de 10 % des
salaires pour atteindre un SMIG de 2 567 dirhams (265 $). En conséquence, bien que le royaume chérifien ne détienne aucune richesse minière de valeur, le
SMIG appliqué au Maroc est de loin le plus élevé du continent africain, y compris au sein des quatre puissances économiques africaines riches en ressources
minières et énergétiques :

Pays Salaire minimum interprofessionnel garanti


Maroc 265 $

Afrique du Sud 175 $

Algérie 165 $
Égypte 155 $

Nigeria 90 $

Les SMIG au sein des 5 premiers PIB africains (Source : [Link])

Il existe presque autant de partis politiques marocains qu'il existe de syndicats leur étant fidèles. Pendant les années 1970, de grandes luttes ouvrières eurent
168
lieu, à la suite desquelles le roi Hassan II eut recours à l'armée pour faire conduire les trains et les bus publics. Depuis lors, la plus grande partie des
transports a été privatisée, mais cela n'a pas empêché le premier ministre Abdelilah Benkirane de faire appel à l'armée pour assurer un service minimum dans le
168 169
transport ferroviaire durant la journée de grève générale du 24 février 2016 , une grève organisée par les syndicats contre le projet de réforme des retraites
en cours.
Pendant longtemps les différents gouvernements successifs marocains embauchaient d'office une grande partie des
jeunes diplômés dans les administrations ou les entreprises publiques par clientélisme voire par corruption. Les
entreprises publiques, à la masse salariale élevée, avaient une productivité très faible. Après de vastes programmes de
privatisations partielles ou totales d'entreprises publiques, les derniers gouvernements ont supprimé les recrutements
automatiques de diplômés chômeurs. Les postes à pourvoir sont accessibles selon les besoins et par un concours, aussi de
grands plans de départs volontaires ont eu lieu. Grâce à ces réformes les entreprises marocaines sont aujourd'hui à
l'échelle continentale largement en tête en matière de compétitivité, seul le Kenya a été capable de mener des réformes
Manifestation pour l'obtention de
aussi audacieuses et réussies. La baisse des recrutements dans la fonction publique engendra des manifestations énormes réformes devant engager les partis
de jeunes diplômés devant le parlement. et les syndicats (2011).

Depuis l'alternance politique en 1997, l'économie marocaine s'est ouverte progressivement avec le démantèlement des
droits de douane, les privatisations, la réforme du secteur bancaire, la réforme du code de travail, la création de zones industrielles, la promotion fiscale, les
grands chantiers, dynamisant ainsi quelque peu le marché de l'emploi. Depuis le début du millénaire, la situation de l'emploi a connu une nette amélioration par
rapport aux années 1990, mais l'offre n'arrive pas à couvrir toutes les catégories, et ne touche pas certaines régions pauvres et enclavées du royaume.

La mise en place récente des agences nationales pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) ainsi que l'instauration d'une assurance maladie
obligatoire (AMO) couvrant les affiliés de la CNSS et leurs familles, démontre une prise en compte et une sensibilité améliorée aux sujets sociaux.
170 171
Début 2014, le taux de chômage au Maroc grimpe à 10,2 % avant de repasser légèrement sous la barre de 10 % en 2015 . Le taux de chômage des jeunes
172
serait de 42,8 % en 2017. Environ 80 % des emplois sont informels et les écarts de revenus très élevés .

Depuis les années 1970, les autorités ont fait le choix de tout miser sur l'économie de marché et sur le secteur privé, largement subventionné par l'État, avec
l'idée qu'il allait s'autonomiser et devenir le principal investisseur. Cette politique a pourtant abouti à un échec patent. Outre qu'il investit faiblement, le privé ne
salarie que 10 % de la population active. D'autre part, au sein de ces 12 millions de personnes actives, 2 millions sont recensées comme telles, mais ne sont pas
rémunérées, constituant la catégorie dite des « travailleurs fantômes ». Figurent notamment dans cette catégorie les ouvriers agricoles employés au sein de
150
l'exploitation familiale ou les jeunes travaillant dans l'artisanat .

Secteur primaire

Pêche et pisciculture
Doté d'une double façade maritime, atlantique et méditerranéenne, le Maroc dispose d'une zone de pêche exclusive de
3 500 km de côtes riches et variées tant par leur biodiversité que par la spécificité de leurs écosystèmes. Les côtes
marocaines, constituées d'une zone économique exclusive (ZEE) de plus d'un million de km2 sont réputées parmi les plus
poissonneuses au monde ; selon la FAO, le Maroc occupe le rang de 1er producteur de poissons en Afrique et est 18e à
l'échelle mondiale.

En 2014, le secteur de la pêche maritime a généré huit milliards de dirhams soit environ 2 % du PIB national. Pour ce qui
est des emplois, la filière pêche crée plus de 170 000 emplois directs, soit 1,5 % de la population active, et près de
500 000 emplois indirects. En 2009, le Maroc a lancé un programme baptisé « Halieutis » visant à créer 115 000 Port de pêche d'Agadir.
nouveaux emplois dans le secteur et à générer trois milliards de dollars à l'export.

Agriculture
Depuis son indépendance, le Maroc a déployé d'importants efforts pour le développement agricole, aussi bien des zones
irriguées par la mobilisation des ressources hydrauliques et l'aménagement de grands périmètres irrigués, que des zones
bour [Quoi ?] par des opérations de grande envergure, des mesures d'incitation, d'encadrement et de soutien des prix; en
plus de la formation des cadres, composante essentielle à la conception et la mise en œuvre des programmes de Agriculture marocaine.
développement. En dépit des moyens humains et financiers mis en œuvre, les projets et programmes de développement
retenus n'ont pas toujours réalisé les objectifs escomptés aussi bien en matière de sécurité alimentaire qu'en matière
d'amélioration des conditions de vie et de production des exploitants agricoles.

Le secteur de la culture maraîchère, largement dominé par des petits agriculteurs, a moins souffert de variations cycliques de productions grâce à l'irrigation et à
la persévérance des propriétaires locaux, en revanche quelques domaines agricoles ont été gérés d'une manière désastreuse par des compagnies publiques sous
forme de grands kolkhozes d'une gouvernance qui laisse à désirer. Les compagnies publiques SODEA et SOGETA sont deux exemples de cette mauvaise
gestion, ces deux dernières ont provoqué un retard criant de leurs domaines respectifs en laissant derrière elles une ardoise monstre prouvant encore une fois
l'incompétence du capitalisme d'État dans ce secteur économique précis qui nécessite beaucoup d'attention et d'innovation. Cependant, les employés se sont
toujours opposés à la privatisation de ces deux entreprises, Il a fallu attendre le début des années 2000 pour commencer la privatisation de ces deux compagnies
agricoles. [non neutre]

En 2008, le plan « Maroc Vert » est lancé afin de dynamiser l'agriculture marocaine, doté d'un budget de 174 milliards de dirhams (16,1 milliards d'euros), le
Plan Maroc Vert entend moderniser le secteur et le rendre plus concurrentiel à l'échelle internationale, tout en proposant des aides ciblées aux petits exploitants
pour une croissance plus inclusive dans les zones rurales. Ce plan devrait permettre la création de quelque 1,15 million d'emplois dans le secteur d'ici 2020 et
multiplier par trois les revenus de trois millions de ruraux. Le secteur agricole, conforté par une valeur ajoutée qui a augmenté de 50 % depuis 2008, connait une
progression soutenue comme en témoignent les indicateurs qui affichent une croissance des exportations agricoles de 34 %. La valeur ajoutée agricole a
augmenté de 70 MMDH en 2008 à 105 milliards de DH en 2014, ce qui montre qu'elle progresse plus rapidement que celle du reste de l'économie. Ces chiffres
signifient que le revenu/tête a progressé de 48 % dans le monde rural depuis 2008. La hausse des exportations agricoles a été accompagnée d'une intensification
des investissements dans l'économie agricole, en progression de 170 % entre 2008 et 2014, et cela particulièrement en amont. La part des investissements
destinés à l'amont de la filière a permis de renforcer les systèmes de production contre l'aléa climatique.

173
173
Le secteur agricole marocain a eu une haute récolte céréalière en 2015 : onze millions de tonnes . Le secteur agricole,
173
représente 15 à 20 % du PIB et fournit des emplois directs à plus de quatre millions de personnes . À l'international,
depuis 2008 et selon les précipitations, les importations agricoles marocaines représentent entre 14 et 24 % des
importations globales, quant aux exportations agricoles, elles représentent entre 15 et 21 % du total des exportations. En
174
2015, le Maroc a produit 5,6 millions de tonnes de blé tendre et 2,4 de blé dur . Avant la moisson 2020, les stocks sont
174, 175
d'un peu plus de 3 millions de tonnes .

Mines
Le sol du sud-est marocain est riche en précieux minerais : manganèse, barytine, fer oligiste, cobalt, sel, zinc, plomb,
pyrophyllite, argent et or. La région de Drâa-Tafilalet représente à elle seule 40 % des permis d'exploitation de mines au
176
Maroc .

Les conditions de travail des mineurs sont souvent très dures. La législation est peu protectrice et les entreprises du
secteur multiplient les subterfuges pour se dérober aux dispositions favorables aux ouvriers. La législation marocaine a
176
ainsi été critiquée par l'Organisation internationale du travail . Application de produits ecoSan
(digestat) à Dayet Ifrah.
De nombreux sous-traitants sont employés sur un même site minier. D'autre part, pour éviter de prendre en charge les
maladies professionnelles de leurs salariés, les sociétés de sous-traitance peuvent recourir à des licenciements. Les
176
syndicats et les mineurs grévistes peuvent être exposés à des pressions .

Secteur secondaire

Industrie
Pendant longtemps l'économie du Maroc était basée principalement sur l'agriculture et la pêche maritime, ceci fut le cas
Cristaux d'érythrite et de quartz
notamment au siècle dernier quand les populations rurales dépassaient la moitié de la démographie du pays. L'industrie issus des mines d'Aghbar de
marocaine contribuait à 16 % du PIB et employait 12 % de la population active, l'industrie lourde fut relativement Tazenakht, région du Souss-Massa-
négligée aux dépens des activités pressenties nécessaires à l'autosuffisance alimentaire et vestimentaire. Cela a eu comme Draâ.
conséquence de développer l'industrie textile et agroalimentaire pour la consommation locale et l'export : jusqu'à 2002
presque trois quarts des exportations marocaines de produits manufacturés étaient constituées d'articles de cuir, textile et
d'aliments transformés.
177
En 2005, le ministère de l'industrie marocain a engagé le cabinet McKinsey afin d'élaborer une étude sur les modalités
de stimulation de l'industrie. L'étude est intégrée dans un programme d'ensemble baptisé Plan National Emergence I
(PNE I) ayant comme objectif de créer 250 000 emplois. Ce dernier programme est loin de réaliser les objectifs
escomptés.

En 2009, un nouveau programme Plan National Emergence II (PNE II) est mis en place avec des objectifs clairs et des Teinture du cuir au Maroc. Janvier
secteurs bien définis et baptisés les Métiers Mondiaux du Maroc que seront : 2017.

1. Offshoring : Positionnement sur le nearshore francophone et hispanophone – Ambitions : +


100 000 emplois - + 15 Mds DH en VA ;
2. Automobile : Création d'une base industrielle autour d'un tissu d'équipementiers – Ambitions : + 70-80 000 emplois - +10 Mds DH en VA ;
3. Électronique : Focalisation sur l'électronique de spécialité et intégré – Ambitions : + 10 000 emplois - +5 Mds DH en VA ;
4. Halieutique : Valorisation industrielle et commerciale des pélagiques et développement des produits congelés – Ambitions : 35 000 emplois -
+ 3 Mds DH en VA ;
5. Aéronautique : Offre intégrée – Ambitions : + 10 000 emplois - +3 Mds DH en VA ;
6. Textile et cuir : Repositionnement sur le fast fashion et co-traitance – Ambitions : 50 000 emplois - + 5 Mds DH en VA ;
7. Agroalimentaire : Développement de 8 à 10 filières à fort potentiel autour de projets intégrés – Ambitions : 6 000 emplois - + 5 Mds DH en VA.
Ainsi, ces sept secteurs considérés comme stratégiques et porteurs ont été ciblés. Orientés vers l'export, ces moteurs de croissance ambitionnent de représenter
70 % de la croissance industrielle au Maroc à partir de 2015, doper la croissance annuelle du PIB de 1,6 % (soit 90 Mds DH additionnels) et créer
400 000 emplois. Afin de parer au manque de résultats réalisés par le premier programme Emergence I, plusieurs mesures ont été prises dont :

La mise à niveau des infrastructures de transport par la création de zones et plateformes industrielles dédiées ;
un cadre fiscal attrayant pour les investissements industriels ;
un programme de formation intégré, spécialement conçus pour accélérer le développement de ces branches.
L'analyse globale des sept dernières filières motrices à l'export permet de relater la fragilité du secteur textile face à la concurrence asiatique. Cependant,
l'offshoring, l'aéronautique et l'industrie automobile ont relativement bien progressé. L'offshoring a permis au Maroc de jouer la carte linguistique et la
proximité en fuseau horaire par rapport aux principaux marchés émetteurs, cette forme de nearshoring a même poussé quelques professionnels de pays
178 179
concurrents comme l'Inde et l'Égypte à installer leurs antennes au Maroc.

Concernant l'aéronautique et l'automobile ces deux secteurs ont largement évolué au Maroc passant d'à peine quelques rares sociétés opérant dans chacun de ces
180 181
deux domaines à 150 équipementiers automobiles et 120 autres groupes opérant dans l'aéronautique installés au Maroc fin 2015, dont les derniers
implantés sont Hexcel, Stélia, Bombardier et Latécoère. Sans compter la valeur produite pour le marché interne, en 2015 le secteur automobile a généré
182
68,50 milliards de dirhams en croissance de 20 % par rapport à 2014 comprenant 48,60 milliards de dirhams en voitures et composants automobiles destinés
182 182
aux usines européennes et 19,90 milliards de câblage. Le secteur aéronautique a exporté environ 15 milliards de dirhams (7,20 milliards en pièces et
182
7,70 milliards en électronique).
En 2014, une nouvelle feuille de route baptisée « Plan d'accélération industrielle 2014-2020 » est mise en place pour dynamiser l'industrie, un budget de
20 milliards de dirhams est réservé pour mener à bien ce projet qui vise à accueillir une centaine d'équipementiers aéronautiques supplémentaires et plusieurs
usines automobiles afin de doubler les capacités de productions actuelles qui sont de 400 000 voitures.

Secteur tertiaire

Bancassurance
183
Malgré la faible population du Maroc, son marché d'assurance s'est hissé en 2014 à la deuxième place à l'échelle continentale et au 45e rang mondial en
gagnant deux places par rapport à l'année 2013. Sur ce secteur comme sur le secteur bancaire depuis ces dernières années les groupes marocains et les sud-
africains sont les seuls acteurs actifs sur la scène africaine. Quatre groupes d'assurances marocains sont partis à la conquête de l'Afrique pour atteindre la moitié
des pays du continent : Wafa Assurances, RMA, Atlanta et Saham qui a été le plus agressif dans sa prolifération. Ayant été convoité par le géant mondial
184 185
Axa , Saham a préféré s'associer à un groupe d'assurances sud-africain (Sanlam) en lui cédant 30 % de ses actions. L'accord s'inscrit dans un cadre gagnant
gagnant qui permettra à Saham de s'appuyer sur son associé sud africain Sanlam afin d'étoffer son marché qui comprenait 20 implantations africaines en
s'introduisant dans les pays d'Afrique de l'est et d'Afrique australe. En échange, le groupe sud africain, grâce à cette même participation, intégrera le juteux
c
marché de l'assurance des pays de la zone MENA en se basant sur son partenaire marocain déjà présent au Moyen-Orient. Étant donné l'immense potentiel du
marché saoudien de l'assurance automobile où jusqu'à très récemment, les femmes furent interdites de conduire et où l'assurance de véhicules ne fut pas
obligatoire, l'assureur sud-africain Sanlam frappe un grand coup en s'associant à Saham. D'autre part, le géant mondial de l'assurance Axa réalise de bonnes
performances sur le marché marocain, il décrocha en 2014 une licence au sein du hub financier Casablanca Finance City (CFC) afin d'y centrer ses activités
africaines.

Le secteur bancaire marocain est le fruit d'une politique libérale qui a fait ses preuves face à des modèles à économie dirigée. Alors que même en Europe
d
occidentale il existe plusieurs banques détenues totalement ou partiellement par des États, toutes les grandes banques marocaines sont privées . Fin 2015 il
186
existe 29 banques accréditées auprès de la Banque centrale marocaine, dont 11 banques régionales et 18 banques opérant à l'échelle nationale. Les banques
régionales marocaines ont pour objectif de participer au développement inclusif des régions grâce au financement des projets de proximité, elles sont en ce sens
un complément au crédit agricole marocain et à Al Barid Bank qui sont relativement axés sur l'accompagnement des couches sociales les plus modestes,
respectivement en milieu rural et urbain.

La fusion de deux banques privées Wafa Bank et Attijari Bank en 2003 a donné naissance à un grand groupe
bancaire marocain baptisé Attijariwafa Bank (AWB) qui a pu avoir les moyens de partir à la conquête du continent,
pendant ces dix dernières années ce dernier a été rejoint par les deux banques marocaines Banque populaire (BP)
187
et BMCE Bank . Depuis 2012 sur les 29 banques accréditées, les trois dernières banques constituent deux tiers
de parts de marché au Maroc. Elles sont également présentes en Afrique où elles représentent un précieux atout
dans le financement des petites et moyennes entreprises africaines, notamment avec des produits adaptés aux
populations locales semblables aux régions marocaines. Le modèle des microcrédits aux petits agriculteurs au
Maroc a été transféré avec succès aux pays subsahariens. Les banques marocaines éditent depuis longtemps des
cartes de crédit prépayées à leurs clients afin de limiter les incidents bancaires et les pénalités, aussi les guichets
des banques marocaines permettent le transfert d'argent des expatriés avec des frais réduits à partir de leurs Parts de marché des banques marocaines
agences situées en Europe vers leurs propres agences ouvertes aussi bien en Afrique du Nord qu'en Afrique en 2012.

subsaharienne. Depuis 2006 les banques marocaines ont ouvert plus d'agences en zone UEMOA que l'ensemble
188
des autres groupes bancaires locaux .

Casablanca Finance City


Casablanca Finance City (CFC) est une plateforme financière régionale marocaine lancée en 2010 et qui ambitionne de nouer des partenariats avec les
principales places financières mondiales afin d'ouvrir les flux financiers vers le continent africain. L'objectif fixé dès le début de ce projet fut d'atteindre un
background de 100 groupes mondiaux qui souhaiteraient investir en Afrique et profiter de la croissance de ce continent. En pleine crise financière mondiale, le
départ fut poussif et le bouclage des entreprises certifiées CFC a mis plus de temps que prévu. Néanmoins, fin 2015, Casablanca Finance City réussit à attirer
189
101 groupes financiers différents. En mars 2015, CFC s'est classée 42e place financière mondiale selon le GFCI (en), gagnant 20 places en un an et prenant
la seconde place continentale, derrière Johannesburg, un an plus tard le 4 avril 2016 selon le même indice la place financière de Casablanca détrône son
190 191
homologue sud-africaine et se hisse au premier rang africain et à la 33e place mondiale .
192
Le 15 mars 2016 Bank of China s'installe au CFC pour accompagner le développement des entreprises chinoises sur le continent africain . L'arrivée de Bank
Of China arrive à peine un an après l'installation de la première banque chinoise Exim Bank Of China au Maroc. Exim Bank ambitionne de couvrir 26 pays
193
africains à partir du Maroc .

Monétique, billets de banque, biométrie


Fin 2014, le Maroc compte onze millions de cartes bancaires en circulation, au sein d'un continent où le taux de
bancarisation reste encore en dessous de 10 % de la population. Le Maroc est leader à l'échelle continentale avec un taux
de 64 % de bancarisation, suivi par l'Afrique du Sud avec 52 %, un pays qui souffre encore des séquelles de l'apartheid
envers sa population noire. Alors que la majeure partie des pays africains n'ont pas encore usage des cartes bancaires 3D
secure, les premières banques marocaines ont commencé à utiliser cette technologie depuis plusieurs années, et la
Banque nationale a demandé aux banques restantes de passer obligatoirement à cette technologie à partir de la fin 2013,
afin de promouvoir le commerce électronique. Néanmoins, la technologie NFC commence à peine à faire son
194
apparition .
Bureaux de la Banque Populaire du
Les cartes et les systèmes sécurisés de paiement sont assurés par trois entreprises marocaines de pointes (HPS, M2M Maroc à Fès el-Bali.
group et S2M) qui opèrent dans plusieurs pays à travers le monde. L'adoption précoce des cartes bancaires à puces a
conféré une assez large avance aux sociétés monétiques marocaines face à leurs rivales sud-africaines qui utilisaient des
195
cartes bancaires magnétiques. Les spécialistes monétiques M2M et HPS sont leaders à l'échelle du continent , HPS ayant une longueur d'avance grâce à sa
196
196
solution HPS Powercard, classée par le cabinet Gartner depuis 2008 dans le top 5 mondial des meilleures solutions de paiement électronique . En 2008, HPS
197 198
voulait s'offrir 100 % de sa rivale S2M, mais cette tentative d'achat s'est avérée infructueuse en raison de la crise mondiale. En 2011, la banque française
196
Crédit agricole choisit la solution PowerCard de HPS pour sa filiale CEDICAM . En 2015, HPS est présent dans 85 pays sur les 5 continents et compte parmi
199
ses clients quelques-unes des 100 plus grandes institutions financières mondiales, son dernier grand client en date étant la banque sud-africaine FNB Bank .

S2M est entré en Bourse à la suite de son rachat avorté, et le groupe est aujourd'hui présent dans 35 pays dont 20 en Afrique. Au Maroc, il est émetteur de 70 %
des cartes bancaires en circulation, et en Afrique subsaharienne où les distributeurs automatiques de billets sont encore rares, S2M y implante des solutions de
M-Banking. Malgré l'instabilité de la Syrie, la Libye et l'Iran (à cause des conflits et des sanctions internationales), trois pays où est présent S2M, le groupe a
relativement bien consolidé son chiffre d'affaires. Afin de minimiser les risques d'investissement, notamment à cause de la loi 49/51, le groupe monétique S2M
200
a préféré sélectionner un intégrateur local (CACM) pour le marché algérien . Le 9 décembre 2015, S2M émet la première carte bancaire NFC au Maroc en
201
faveur de AttijariWafa Bank .

M2M Group est plus présent sur le segment de la biométrie, des documents officiels sécurisés et des titres de transport, bien qu'il gère également les solutions
de paiement de la plus grande institution émettrice de cartes bancaires en Algérie, Algérie poste. M2M, après avoir déployé avec succès sa solution MX de
202
cartes multiservices sans contacts aux 100 000 étudiants du campus de Dakar , M2M Group a décroché un contrat pour équiper les quinze universités
marocaines de ce système, permettant aux étudiants de recevoir leurs allocations d'études sur leurs cartes, d'emprunter des livres, retirer de l'argent, régler les
photocopies, le restaurant universitaire, accéder aux espaces protégés, etc. Grâce à la dernière génération de sa solution MX Payment de transactions
203
électroniques sécurisées, M2M Group a accompagné la fusion de deux banques mauriciennes, MPCB et NCB . La nouvelle plateforme implémentée est
opérationnelle depuis janvier 2016. Le Maroc est actuellement parmi les pays leaders à l'échelle continentale en matière de biométrie, toutes les cartes d'identité
et documents de voyages sont biométriques, ainsi que les cartes grises et permis de conduire.

Concernant les titres bancaires, depuis 1987 le royaume chérifien inaugura son propre hôtel des monnaies baptisé Dar As-Sikkah et fabrique sa propre monnaie
et ses propres billets de banque ainsi que les billets de banque de plusieurs autres pays [réf. souhaitée] ; à titre d'exemple, à peine quelques mois avant les
printemps arabes, les billets de banque syriens furent imprimés à Dar As-Sikkah [réf. souhaitée]. En effet, l'Iran l'allié majeur de la Syrie en zone MENA ne
disposant pas de matériel à la pointe à cause de l'embargo occidental. Le 25 novembre 2014, la Banque centrale du Maroc conclut avec le groupe américain
Crane Currency, un partenariat stratégique dans la fabrication des billets de banque pour le marché international [réf. souhaitée]. Si cette alliance est bénéfique
pour le fabricant mondial de produits fiduciaires depuis plus de 200 ans, en lui permettant « de soutenir l’expansion de son activité fiduciaire à l’échelle
mondiale », elle l’est surtout pour Dar As-Sikkah qui profitera désormais des commandes de Crane Currency via les contrats que ce dernier passera pour chacun
des projets de fabrication de billets au profit des clients à l’international [réf. souhaitée]. Le groupe américain dispose d'un réseau de plus de 50 banques centrales
qui lui ont fait confiance pour la conception et la fabrication de leurs billets de banque nationaux. Du pain bénit donc pour Dar As-Sikkah [style à revoir]. « Le
partenariat stratégique entre Bank Al Maghrib et le Groupe Crane vise à se positionner, ensemble, sur le marché international, pour réaliser des projets de
fabrication de billets au profit de différents clients potentiels, se trouvant sur tous les continents, avec une préférence naturelle pour le marché africain »,
explique une source officielle à Bank Al Maghrib [réf. souhaitée].

Grande distribution
Le Maroc, du fait de sa démographie, constitue un petit marché comparé à d'autres pays du continent africain, l'ensemble
du commerce intérieur y est inférieur à 10 milliards de dollars soit environ 10 % du PIB. Le commerce emploie 13 % de
204
la population . La grande distribution est apparue au Maroc à partir du début des années 1990, depuis, la croissance
moyenne annuelle des GMS durant les cinq dernières années est de 15 % et de 600 % de 2002 à 2012, où le secteur
représente 2,5 milliards de dollars pour un nombre de 250 GMS, correspondant en majeure partie aux chiffres des Supermarché du groupe Marjane.
hypermarchés et supermarchés des groupes Inna, SNI et Hyper SA. Les statistiques du hard discounter turc qui détient à
lui seul 258 points de vente ne figurent pas dans ces chiffres car ses supérettes sont généralement inférieures à 1 000 m2
et ne peuvent donc être qualifiées de moyenne surface. Le groupe Inna ne possède pas de formule supermarché, il exploite 13 hypermarchés sous l'appellation
commerciale Aswak Assalam de 5 000 m2 de surface moyenne. Les groupes SNI et Hyper SA exploitent des points de vente sous forme de supermarchés de
2 000 m2 à 3 000 m2 de surfaces moyennes et des hypermarchés de surfaces plus grandes.

En 2012 les parts de marché des différents acteurs sont comme suit :
205
Groupe SNI (38 hypermarchés Marjane / 24 Electroplanet / 40 supermarchés Marjane Market) : 65 % ;
Groupe Hyper SA (6 hypermarchés Carrefour / 12 hypermarchés Atacadao / 41 supermarchés Labelvie) : 28 % ;
Groupe Inna (13 hypermarchés Aswak Salam) : 7 %.
Ces chiffres correspondent à 2012 quand le groupe hard discounter turc BIM détenait 200 points de vente et réalisait 70 millions de dollars de chiffre d'affaires.
BIM envisage d'ouvrir 1 000 supérettes d'ici 2020. Cependant, malgré la prolifération rapide des points de vente du hard discounter BIM le marché de la grande
distribution est toujours largement dominé par les holdings SNI et Hyper SA avec 260 000 m2 et 152 000 m2 de surface de vente et respectivement 13 milliards
de dirhams (1,30 milliard de dollars) et 6 milliards de dirhams (600 millions de dollars) de chiffres d'affaires réalisés en 2014.

À la fin 2012, le Maroc dispose de cinq malls composés de 4 000 points de vente issus de 584 franchises différentes dont, parmi les plus connues, Galeries
Lafayette et la Fnac. En 2008, le ministère du commerce a conçu un plan baptisé « Rawaj » en vue de moderniser le commerce intérieur grâce à l'élaboration de
15 nouveaux malls, 50 hypermarchés et 600 supermarchés en 2020 ; l'objectif est de générer 106 000 emplois et de porter la part du commerce de 10 à 15 % du
204
PIB en 2020 .

Les supermarchés Marjane et Labelvie avaient annoncé à leur tour qu'ils s'apprêtent à s'installer dans cinq pays africains. Afin de préparer son entrée en Côte
206
d'Ivoire, Labelvie se retrouve en compétition avec son partenaire Carrefour sur le sol marocain . On ignore si les deux groupes vont s'associer pour attaquer
ensemble le marché de la CEDEAO, comprenant le Nigeria. Outre l'alimentaire, les grandes surfaces spécialisées sont encore moins développées au Maroc, les
plus répandues sont actives dans le prêt-à-porter ou les matériaux comme Bricoma (12 magasins), Mr Bricolage (4 magasins), Decathlon (4 magasins), etc.

Concernant les meubles, l'activité au Maroc recèle tout un art de vivre avec une compétition constante en zone MENA entre les produits types salons marocains
et salons turcs, hérités des deux anciens empires du monde musulman, d'autant plus que ces deux derniers pays sont soumis à un accord de libre-échange
commercial. Autrefois concentré dans les zones spéciales réservées aux artisans des villes impériales, le secteur de la construction des meubles constituait une
activité ancestrale au Maroc, depuis environ un demi-siècle ce secteur s'est enrichi grâce à deux groupes marocains qui prospèrent dans ce domaine :

207 208
207 208
Richbond et Dolidol qui réalisent de bons résultats en interne et à l'export. Plus tard Kitea (22 magasins) est venu agrandir l'offre avec des meubles
209
modernes, Le groupe Kitea a commencé depuis 20 ans avant qu'il soit rejoint par un autre groupe marocain, Mobilia qui totalise 23 points de vente, puis par
le géant turc Istikbal avec dix magasins et le français Atlas avec cinq magasins. Le groupe suédois Ikea a construit un premier hypermarché de meubles et
210
projette d'ouvrir à terme cinq points de vente . Affecté par la rude concurrence sur le marché marocain, Kitea s'est associé avec le groupe belge Casa à qui il a
rebaptisé ses petits magasins au nom de la marque belge. Kitea s'est aussi installé dans sept autres pays d'Afrique (Angola, Burkina, Guinée, RDC, Centrafrique
et Congo).

Côté culture, il existe un seul magasin FNAC au Morocco Mall de Casablanca, cependant, alors que Virgin Megastore ferme son activité en France, cette
211
dernière enseigne disposait quatre magasins au Maroc et prévoit d'en ouvrir quatre autres. L'enseigne Megarama a ouvert trois complexes
cinématographiques à Fès, Marrakech et Casablanca et a mis en chantier trois autres complexes à Agadir, Rabat et Tanger. La date d'ouverture du Megarama de
212
Tanger est programmée pour mars 2016 simultanément avec l'inauguration du Mall Tanger City Center .

Cafés-restaurants
Le secteur des enseignes de cafés modernes et de restauration rapide est relativement récent au Maroc et constitue un
grand potentiel mais se confronte à la difficulté de trouver du foncier pour une expansion rapide. McDonald's qui détient
une relative grande force de frappe a pu décrocher beaucoup d'emplacements privilégiés sur des corniches avec vue sur
mer. Actuellement la chaîne américaine totalise 35 restaurants et un premier McCafé inauguré en 2014 à la Gare de Casa-
Port. L'enseigne de restauration rapide américaine se voit en compétition avec la belge Quick comme nouvel arrivant et
le groupe Burger King qui comprend cinq restaurants. À défaut d'avoir les mêmes moyens que son concurrent pour une
213
prolifération rapide, Burger King a réussi à trouver un partenariat avec le groupe pétrolier Shell afin d'équiper ses
aires de repos autoroutières de points de restauration estampillées Burger King.
Restaurant Argana sur la place
Djeema el-Fna de Marrakech
Une autre manière d'accélérer l'expansion des enseignes de restauration est le système des aires de restauration qui est
(2010).
relativement nouveau au Maroc. Elles sont disponibles dans les premiers centres commerciaux ouverts ainsi qu'au sein
de l'aéroport de Casablanca. L'enseigne franco-belge Quick inaugure son premier restaurant à Rabat le 11 février
214
2016 , deux autres restaurants en travaux seront livrés à Marrakech et Casablanca courant du premier semestre 2016.
214
Quick projette d'atteindre 15 restaurants au Maroc dans les cinq ans à venir . Pizza Hut et KFC sont présents avec
respectivement 35 et 12 restaurants, Pomme de Pain dispose de sept points de vente, l'enseigne bretonne Brioche dorée
trois restaurants, Paul, présent dans 35 pays différents détient sept boulangeries actuellement au Maroc parmi lesquelles
215
sa boulangerie casablancaise de la villa Zévaco où elle réalise le cinquième plus grand chiffre d'affaires à l'échelle
mondiale ces dernières années. La prestigieuse marque de boulangerie française a implanté son site de production à
Mohammédia et expérimente des produits adaptés aux habitudes alimentaires locales. Elle ambitionne de décrocher des
partenariats avec l'ONCF et l'ONDA pour servir les passagers des gares et des aéroports marocains.

À côté des ténors de la restauration rapide, plusieurs enseignes de cafés modernes ont fait leur apparition au Maroc, mais
il est difficile de leur assurer une expansion aussi rapide que la restauration moderne. En effet, la consommation du thé
au Maroc est toute une institution, notamment du fait que ce pays maghrébin n'a pas été colonisé par l'empire ottoman
qui a propagé la consommation du café dans toutes ses anciennes colonies et à travers ses exportations vers l'Europe
continentale. Généralement la consommation du café est largement inférieure à la consommation du thé au Maroc, L'art de servir le thé au restaurant
cependant, cela n'a pas empêché plusieurs enseignes internationales de s'installer au royaume chérifien, à commencer par Dar Naji de Rabat.
le numéro un mondial Starbucks qui démarre avec six cafés, du britannique et numéro deux mondial Costa Coffee, de
l'enseigne française Columbus Café, et des deux marques prestigieuses, l'émirati Rotana Cafe et l'allemand Cafe
extrablatt (de), qui ont mis un grand accent sur la qualité de leurs décors, aussi originaux que somptueux.

Il n'existe pas à ce jour de grande enseigne de café marocaine, néanmoins, dans un pays où il fait souvent plus de 30
degrés à l'ombre, un glacier marocain, Venezia Ice, a le vent en poupe ces dernières années. Il détient 13 glaceries dans
plusieurs villes différentes, et est confronté à plusieurs enseignes européennes dont le dernier arrivant est la marque
216
française Amorino qui projette d'ouvrir 10 points de vente en cinq ans.

Commerce en ligne
Le secteur du commerce en ligne est comparativement assez en retard en Afrique en général et assez récent au Maroc en « Café Maroc » par Constantin
particulier. À l'échelle continentale, sans doute plusieurs facteurs entravent ce mode de consommation, à savoir la Westchiloff (av. 1945).

sécurité informatique, le taux de bancarisation, l'émergence de classes moyennes, etc. Au Maroc le commerce
électronique serait certes affecté par la qualité de la logistique, cependant, ce secteur connait une croissance rapide ces
dernières années, la Fédération Nationale du E-commerce au Maroc (FNEM) comptabilise à ce jour 500 sites de commerce électronique. Les premiers sites à
voir le jour furent des sites de vente de produits high tech à l'instar de [Link], [Link], suivis de sites de ventes de différentes marchandises allant
de produits frais avec [Link], de discounter comme [Link] jusqu'au prêt-à-porter avec [Link].

Offshoring
Le secteur de l'offshoring (délocalisation) a connu une croissance soutenue de 2003 à 2013, année où le secteur a connu sa première stagnation pour se stabiliser
à un chiffre d'affaires de 7,30 milliards de dirhams. Onze sociétés principales réalisent la majeure partie des revenus du secteur dont le groupe marocain Intelcia
217
qui ambitionne de franchir la barre d'un milliard de dirhams de chiffre d'affaires en 2016. Intelcia possède plusieurs sites au Maroc et a également investi en
France où le groupe marocain réalise 40 % de son chiffre d'affaires. Afin de rester compétitif Intelcia s'apprête à ouvrir des sites en Afrique subsaharienne

217
217
francophone dont la première ouverture sera réalisée au Cameroun avec un investissement de 18 millions de dirhams et un recrutement de 500 collaborateurs
camerounais. Le Maroc ambitionne d'atteindre 15 milliards de dirhams en valeur ajoutée et une masse salariale de 100 000 employés en offshoring à l'horizon
de l'an 2020.

Tourisme
Le tourisme occupe une bonne partie de l'économie marocaine, le nombre d'arrivées de touristes est passé de 4,4 millions en
2001 à 9,3 millions en 2010 avec une croissance des revenus touristiques passant de 31 milliards de dirhams à près de
60 milliards de dirhams à la veille du printemps arabe. La progression du secteur touristique au Maroc a été accompagnée
par un plan stratégique dit vision 2010 d'un objectif de 10 millions de touristes vers l'année 2010, un plan enclenché le 10
218
janvier 2001 à Marrakech .

Le Maroc lance le 30 novembre 2010 le nouveau programme baptisé vision 2020


ambitionnant d'atteindre 20 millions de touristes horizon 2020. La crise économique
des principaux marchés émetteurs ainsi que les instabilités post printemps arabe ont
beaucoup affecté le tourisme marocain qui a stagné depuis 2010. En 2015, le nombre
d'arrivées touristiques au Maroc a même subi une baisse de 0,2 % totalisant
10,25 millions contre 10,28 millions en 2014. Cependant, malgré cette baisse, le Maroc conserve la première place à
219
l'échelle continentale en nombre d'arrivées de touristes depuis 2013 .

Afin de remédier aux baisses de tourisme sur ses marchés classiques le Maroc se prépare à développer les marchés Vue panoramique de la Médina de
Fès.
émergents de Russie, Brésil, Asie, Europe de l'Est et des Amériques. Dans ce même objectif l'ouverture de 57
171
nouvelles lignes aériennes est projetée afin de cibler les touristes issus des marchés émergents, et notamment capter
une bonne partie de touristes russes boycottant l'Égypte, la Turquie et les pays européens à cause des crises syrienne et
ukrainienne. Le fait marquant dans cette création de lignes consiste à assurer des dessertes directes des villes de
Marrakech et d'Agadir via des lignes long courrier vers la Russie, les Amériques et le Moyen-Orient, ce qui sera en soi
une première. Néanmoins, concernant l'Asie, la compagnie nationale RAM ne disposant pas d'une flotte d'avions long-
courriers conséquente vendra des vols long-courriers vers plusieurs destinations asiatiques en partage de code avec Qatar
Airways.
Oasis de Figuig.
A la fin des années 2000, des propositions tentent de déterminer la juste place du tourisme durable dans la stratégie de
développement de ce secteur d'activité, qui est l'un des tout premiers pour l'économie du pays. Ce fut le cas aussi à la fin
de la décennie précédente dans le sillage de la crise financière des "subprime": le Maroc a en particulier observé en 2008
220
que les touristes voyagent "moins loin", en visant un meilleur rapport qualité-prix" ,ce qui avait renforcé la volonté de
220
"construire un tourisme durable et solide", selon le ministre marocain du Tourisme . Selon lui, "plus de 65% des
220
touristes" au Maroc arrivaient de France et d'Espagne et la même proportion allaient nulle part ailleurs que Marrakech
220
et Agadir . Le pays avait alors annoncé un plan pour mobiliser auprès des banques marocaines environ 50 milliards de
dirhams (4,5 milliards d'euros) sur cinq ans de prêts au secteur touristique, afin de favoriser une diversification
220
touristique au Maroc et d'accueillir 10 millions de touristes en 2010 contre 8 millions de touristes en 2008 , objectif
qui ne sera finalement atteint que trois ans plus tard, en 2013.
Village du Haut Atlas.
219
Nombre de touristes par an (millions)

Pays 2010 2011 2012 2013 2014


Maroc 9,29 9,34 9,38 10,05 10,28

Égypte 14,05 9,50 11,20 9,17 9,63

Afrique du Sud 8,07 8,34 9,19 9,54 9,55


Tunisie 6,90 4,79 5,95 6,27 6,07

Algérie 2,07 2,40 2,63 2,73 N.C.

219
Tourisme au sein des 5 premières destinations africaines (Source : [Link] )

Le Maroc a accueilli en 2014 un total de 10,28 millions de touristes, en hausse de 2 % par rapport à 2013
(10,05 millions) générant 57,4 milliards de dirhams de recettes en baisse de 4,3 % par rapport aux 60 milliards de
221
dirhams réalisées en 2013, ci-dessous les statistiques du tourisme pour l'année 2014 :

arrivées aux postes frontières : 10 282 944 touristes ;


nuitées dans les établissements classés : 19 633 475 nuitées ;
capacité d'hébergement (en lits) : 216 386 lits ;
taux d'occupation des chambres : 30 % ;
Aït-ben-Haddou.
recettes voyages (en dirham MOR) : 57 400 milliards MAD.
La ville de Marrakech est la première ville touristique du Maroc. En 2014, la ville possédait une capacité d'hébergement
équivalente à 65 640 lits devant Agadir avec 34 773 lits et Casablanca avec 16 529 lits.

En 2001, le Fonds mondial pour la Nature (WWF) avait exhorté les professionnels du tourisme réunis à Londres à
développer dans les pays de la Méditerranée un tourisme durable, en estimant qu'au cours des vingt prochaines années,
un groupe de pays méditerranéens comme le Maroc, la Tunisie, la Grèce, la Turquie et la Croatie, subiront une montée du
222
tourisme étranger, totalisant environ 350 millions de visiteurs par an, avec de plus en plus de constructions sauvages
222
et non concertées d'hôtels, stations balnéaires et villages de vacances . Il avait appelé l'industrie du tourisme à adopter
222
et encourager des pratiques plus responsables afin de renverser la vapeur en défendant des programmes de Jamea el Fna de Marrakech.
222
développement écologiques et en sensibilisant la clientèle au respect de l'environnement .
Le Maroc est le 2e pays le plus touristique d'Afrique et le 29e à l'échelle mondiale. Le programme baptisé vision 2020 ambitionnait de placer le Maroc en tant
que 20e destination touristique mondiale, les efforts en matière de construction d'hôtel haut de gamme n'ont pas manqué en plus des destinations classiques
comme Marrakech et Agadir qui totalisaient à elles seules 45 % des capacités classées. D'autres complexes luxueux ont été construits à Mazagan, Tanger, Saidia
et Casablanca sauf que la crise économique conjoncturelle a lourdement affecté les budgets des touristes habituels de la destination Maroc. Cela se traduit par
un faible taux de remplissage des hôtels classés, le taux global de remplissage passe de 44 % en 2008 à 30 % en 2014. Afin de financer les campagnes de
communication de l'Office du tourisme le gouvernement marocain adopte une taxe aéroportuaire sur les vols internationaux, une taxe que l'Association
223
internationale du transport aérien jugeait comme pouvant avoir l'effet inverse. Ladite taxe de 100 dirhams est certes relativement supportable pour les classes
économiques, cependant elle s'élève à 400 dirhams pour les vols premières classes ce qui aurait pu affecter le tourisme de luxe.

Ci-dessous la répartition des capacités d'hébergement (en nombre de lits) en 2014


224
:

Marrakech : 65 640 lits


Agadir : 34 773 lits
Casablanca : 16 529 lits
Tanger : 9 706 lits
Fès : 9 266 lits
Ouarzazate : 8 686 lits
Tétouan : 6 116 lits
Rabat : 5 842 lits Logo de la Fédération nationale du
Essaouira : 5 333 lits tourisme du Maroc.
Meknès : 4 286 lits
Autres : 50 209 lits
Total : 216 386 lits
225
En 2017, le Maroc est le pays le plus visité en Afrique avec 11,35 millions de touristes .

Transport

Transport routier
L'apparition de la voiture, et sa propagation, coïncide avec l'incidence de l'impérialisme français dans le Maghreb
au début du xxe siècle. Le Maroc tout comme la Tunisie furent considérés comme des territoires sous protectorat,
contrairement à l'Algérie qui fut considérée comme un département français et par voie de conséquence, soumis
aux mêmes obligations d'aménagement du territoire que les autres régions françaises. Il en résulte qu'à
l'indépendance le Maroc et la Tunisie héritent d'un réseau routier d'à peine environ une dizaine de milliers de
kilomètres bitumés chacun contre approximativement une centaine de milliers de kilomètres de routes érigées en
Algérie pendant la même période (grâce aux populations autochtones via le Code de l'Indigénat)

Après l'indépendance, le Maroc central, anciennement sous protectorat français, découvre d'abord l'état encore plus
délabré des infrastructures routières dans le Rif, anciennement sous protectorat espagnol. Dans la foulée, la Autoroute A3 Rabat-Casablanca en 2008.
première route lancée par le roi Mohammed V, baptisée Tariq el Wahda (route de l'union), fut la route reliant Fès à
Al Hoceïma, traversant des régions très montagneuses. Une fois achevée, le Maroc lance la première étude du
schéma routier national en 1969 afin d'étendre le réseau routier existant. En 1972, une autre étude fut lancée pointant l'insuffisance des infrastructures routières
autour de Casablanca, notamment vers le nord malgré les trois routes existantes qui reliaient cette ville à Rabat. Il fut décidé de convertir la route principale
entre ces deux villes en autoroute. Dès 1975, année marquant le début de ce projet autoroutier, l'Espagne se retire du Sahara occidental et le Maroc se retrouve
en pleine guerre ouverte contre le front Polisario, massivement appuyé par un soutien technique des pays du bloc soviétique et par un généreux soutien financier
des mannes pétrolières des leaders révolutionnaires Boumédiène et Khadafi à partir du sol algérien. Le Maroc se trouve lâché par les Américains, occupés par le
développement du marxisme sur leur propre continent, et le seul soutien symbolique au Maroc émanait de la France, qui le considérait comme allié contre
l'avancée des Soviétiques en Afrique. Le soutien de la France a été déterminant pour infléchir le rôle de la Mauritanie et la rendre neutre dans ce conflit. Pendant
toute la durée de ce conflit, et notamment les premières années où le choc pétrolier a alourdi la facture du Maroc tout en permettant à Khadafi d'accorder des
ressources importantes au Polisario, le développement des infrastructures de transport au Maroc était quasi-nul. Ainsi, au lieu de lancer l'autoroute Casablanca -
Rabat, le projet initial a été converti en un simple doublement partiel de la route principale sur 40 km de Casablanca vers le nord. Ce doublement est lancé en
226
1975 et achevé en 1978 . Parallèlement à ce doublement routier partiel, et afin de limiter les importations de pétrole, les autorités marocaines ont lancé un
chantier unique en son genre à cette époque en Afrique : le doublement des voies de chemin de fer électrique pour le trafic des passagers entre Rabat et
Casablanca. Ce projet est inauguré par un train rapide en 1984, soit 25 ans avant le Gautrain qui a vu le jour à la veille de la Coupe du monde de football en
227
Afrique du Sud en 2010, sur une portion de 20 km de Johannesburg à son aéroport .

La mise en service du Train navette rapide a laissé un peu de répit aux autorités de tutelle pour imaginer un schéma
global de réseau autoroutier. Plusieurs études complémentaires ont été effectuées durant les années 1980 et ont mis
en exergue la croissance du trafic routier de 6 % par an et la nécessité de se doter à l'horizon 2010 d'une armature
autoroutière nationale de 1 500 km. La société ADM est créée afin d'étendre le réseau vers Kénitra et Larache au
nord, puis Settat vers le sud de Casablanca. Par la suite plusieurs autoroutes viennent se greffer à ce réseau initial,
notamment vers l'Oriental, et la consolidation du réseau autoroutier s'est vue considérée comme une priorité
nationale. Géré par la Société nationale des autoroutes du Maroc, le réseau autoroutier marocain est à ce jour un A3 Rabat-Casablanca après triplement en
des plus denses en Afrique avec 1 588 km ouverts à la circulation, et il dessert toutes les villes de plus de 2013.
200 000 habitants, à savoir entre autres Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Larache, Oujda, El Jadida, Marrakech,
Agadir et Béni Mellal. À l'horizon 2015, il devrait compter 1 804 km et desservir les villes de Oualidia et de Safi.
Le développement des infrastructures routières au Maroc devrait aussi passer par le renforcement du réseau de voies express, alternatives intéressantes aux
autoroutes puisque moins coûteuses. En 2013, le réseau comporte 730 km de voies en service et devrait être étendu à plus de 1 600 km d'ici 2016.

Le Maroc comptait en 2007 68 550 kilomètres de routes dont 69 % étaient goudronnées. Le réseau routier est généralement considéré comme de qualité
228, 229
satisfaisante et l'un des meilleurs d'Afrique . Le deuxième Programme National des Routes Rurales (PNRR2) envisage la construction de 15 500
230
kilomètres de routes rurales supplémentaires à l'horizon 2015 afin de faire passer le taux de désenclavement rural de 54 % à 80 % à cette même échéance .
231
Toutefois, 22 % des localités demeurent injoignables en véhicule et 35 % sont difficiles d'accès .

Transport ferroviaire
A contrario, le chemin de fer a longtemps pâti au Maroc du manque de volontarisme de la part des pouvoirs publics. L'ONCF, entreprise publique chargée de
l'exploitation du réseau ferroviaire marocain semble cependant avoir repris les choses en main. L'opérateur marocain a misé avant tout sur la qualité et semble a
priori réussir son pari : selon le dernier classement du Forum économique mondial, le Maroc se classe premier en Afrique et 34e à l'échelle mondiale en ce qui
232
concerne la qualité du réseau ferroviaire . En matière de ferroviaire, l'héritage colonial, notamment concernant les parties du territoire sous protectorat
espagnol, a fait du Maroc un des pays les moins équipés d'Afrique au regard de sa population au moment de l'indépendance. La ligne de chemin de fer
233
Marrakech - Agadir a été projetée durant les années 1970 , mais stoppée par la guerre du Sahara. Cependant, durant les deux dernières décennies, le Maroc a
234
beaucoup modernisé son réseau, notamment concernant l'électrification. En 2013, l'ONCF dispose de 3 657 km de voies ferroviaires à écartement standard
235
UIC, dont 2 238 km de voies électrifiées, ce qui représente plus que l'ensemble de tous les pays du continent africain réunis. Les 3 657 km de voies ferrées
sont gérées par l'ONCF comme opérateur unique, y compris les embranchements particuliers vers ses clients cimentiers, ports, sidérurgistes, industriels,
agricoles, miniers, etc. Autrefois l'OCP gérait ses propres lignes minières, mais il a confié depuis la fin du siècle dernier la gestion et la maintenance de ses
embranchements miniers à l'ONCF. Au premier janvier 2014, le réseau marocain de voies ferrées est composé comme suit :

3 657 km de voies ferroviaires en activité (dont 2 238 km électrifiées) ;


2 921 km de voies de circulation principales ;
736 km d'embranchements particuliers, de voies de service et de traitement logistique ;
2 110 km de lignes principales à écartement UIC exploité pour le transport de fret et passagers ;
1 965 km de ces lignes sont en Long Rail Soudé (LRS) (93 % du réseau principal) ;
1 300 km de lignes électrifiées (60 % du réseau principal) ;
640 km de lignes à double voies (30 % du réseau principal).
Le réseau de l'ONCF s'étend sur 2 110 km en 2014. Il est certes d'un linéaire assez modeste (8e réseau en Afrique), cependant, malgré sa taille restreinte il est de
loin le réseau qui totalise le plus de passagers à l'échelle continentale. En effet, les pays anglophones africains introduisent les chiffres des passagers du métro et
des trains de banlieue alors que le transport passagers longue distance est quasiment réduit à néant depuis l'arrivée des autoroutes. Le réseau actuel marocain est
à écartement uniforme UIC et relativement bien entretenu : 93 % du rail marocain est renouvelé et transformé en Long Rail Soudé (LRS) ce qui confère un bon
confort d'usage pour le trafic passager, notamment pour les trains couchettes. L'axe le plus sollicité du réseau est situé entre Casablanca et Tanger (~400 km). Il
est en cours de triplement grâce à une nouvelle ligne à grande vitesse Tanger - Kénitra et un triplement de lignes classiques Kénitra - Casablanca. Le taux
d'électrification (actuellement de 60 %) est censé atteindre 90 % en 2018 avec la mise en service de la LGV Kénitra - Tanger et l'électrification de la ligne Fès -
Oujda.

Les infrastructures ferroviaires actuelles devraient être augmentées de deux lignes de TGV :

la Ligne Atlantique reliant les villes de Tanger et d'Agadir via Kénitra, Rabat, Casablanca et Marrakech, et ce, à l'horizon 2035 (Tanger -
Casablanca sera effective d'ici fin 2017) ;
la Ligne Maghrébine reliant les villes de Rabat et Oujda en desservant l'axe Fès - Meknès (à l'horizon 2035). L'ONCF a lancé l'étude
236
concernant le premier tronçon de cette ligne qui commencera de Rabat à Meknès .
La première LGV Tanger - Kénitra a été contractée de gré à gré sans appel d'offres. Il en résulte que l'Allemagne s'est
opposée à un financement auprès de la banque européenne. Afin de finaliser le marché la France a financé une bonne
partie de ce contrat, d'autres pays du Golfe sont venus à la rescousse in extremis afin de sauver ce projet qui paraissait
237
hors de portée des moyens de l'ONCF . In fine même si l'État marocain n'a eu à financer que 30 % du coût de cette
LGV, beaucoup d'opposants au TGV se sont manifestés pour réclamer son annulation et réaliser à la place plus de
linéaires de lignes classiques.

L'ONCF a procédé à la rénovation de plusieurs gares, à l'achat de nouvelles rames, a étendu son réseau vers deux ports
méditerranéens (Tanger Med et Nador en 2009) et envisage de relier d'autres villes telles qu'Essaouira, Béni Mellal,
238 Gare de train de Casablanca Port.
Tétouan, Laâyoune et Dakhla , et d'étendre son réseau classique de 2 700 km parallèlement à la mise en place du
réseau LGV pour le même prix (10 milliards de dollars). En attendant cette échéance, les réalisations accomplies en 2009
faisaient partie d'un contrat-programme 2005-2009 ayant coûté 18 milliards de dirhams (1,5 milliard d'euros) et ayant
permis l'optimisation des dessertes aussi bien fret que pour les passagers comme suit :

Création de 209 km de nouvelles voies pour le fret (117 km Taourirt vers Nador port, 47 km Sidi Yahya
vers Belciri et 45 km Tanger vers Tanger Med) ;
Électrification de 302 km de voies existantes (255 km de Sidi Kacem vers Tanger Med et 47 km de Sidi
Yahya à Belciri) ;
Doublement de voies sur 258 km (115 km de Sidi Kacem vers Fès + 143 km de Casablanca vers El
239 Gare de Marrakech.
Jadida et vers Sidi Aïdi) ;
240
Augmentation des dessertes de 110 trains par jour en 2005 à 228 trains par jour en 2010 ;
Raccourcissement des temps de trajet d'une heure sur l'axe Rabat - Tanger ainsi que Rabat - Fès ;
Passage de 18,5 millions de passagers en 2005 à 30 millions en 2010 ;
Augmentation du trafic fret de 4 millions de tonnes en 2005 à 9 millions en 2010 ;
Électrification de toute la ligne atlantique et ses ramifications permettant d'utiliser du matériel roulant performant et moderne, les rares
locomotives Diesel sont écartées vers la partie non encore électrifiée à l'est du pays.
À l'issue du contrat-programme 2005-2009, l'ONCF a porté le montant de ses investissements à 33 milliards de dirhams dans son nouveau contrat programme
2010-2015 signé avec l'État. Ce programme est baptisé Rihane 50 par la compagnie, faisant allusion à son ambition initiale d'atteindre 50 millions de passagers
et 50 millions de fret en 2015. 20 milliards de ce budget sont alloués à la grande vitesse et 13 milliards restant à la modernisation du réseau classique.

Le projet Rihane 50 démarrant en même temps que le printemps arabe, il a connu du retard dans son développement, la ligne LGV Tanger - Kénitra initialement
prévue pour 2015 étant repoussée à 2018, et l'électrification de la ligne Fès - Oujda tardant également à se concrétiser. En 2014 l'ONCF réalise 39 millions de
transports de passagers et 35 millions de transports de marchandises. Il sera vraisemblablement peu probable d'atteindre 50 millions de tonnes fret et de
voyageurs à court terme. En attendant le parachèvement des phases du dernier contrat-programme, l'ONCF est en cours d'élaboration de trois plans simultanés
complémentaires : Stratégie 2025, Plan Maroc Rail 2040 et Plan Dessertes Régionales (PDR). Le premier programme décennal porte principalement sur le
renouvellement des gares et du matériel roulant, le Plan Maroc Rail 2040 (PMR-2040) est un projet à long terme portant sur l'extension du réseau ferré de
1 500 km de LGV et de 2 700 km de lignes conventionnelles pour atteindre un réseau ferroviaire de 6 300 km en 2040. Quant au programme dessertes
régionales, ce dernier vise à promouvoir le transport ferroviaire régional, l'idée principale est de réserver toutes les dessertes longues distances au TGV et garder
les trajets inférieurs à 200 km aux trains classiques.

Transport maritime
Le Maroc occupe une assez large façade maritime sur la Méditerranée et l'Atlantique, son secteur maritime est doté de 38
ports répartis comme suit :

13 ports de commerce international ;


6 ports passagers ou de plaisance ;
19 ports de pêche ou d'export de produits halieutiques.
Après le succès des zones franches du port de Tanger Med, le Maroc projette de construire trois nouveaux ports
similaires : Nador West Med, Kénitra Atlantique et Dakhla Atlantique. Vue aérienne du complexe portuaire
Tanger Med.
Au terme de l'année 2014, l'activité des ports marocains a atteint un nouveau record, avec un volume de 115 millions de
241
tonnes, marquant ainsi une augmentation exceptionnelle de 14,3 % par rapport à l'année précédente . Cette hausse est
tirée par la bonne orientation aussi bien du trafic domestique (Import Export) que du trafic de transbordement des conteneurs au port de Tanger Med, ayant
marqué une consolidation du positionnement du Maroc sur ce segment avec une amélioration des volumes manipulés.

Principaux ports de commerce :

Tanger Med (122 millions de tonnes [Quand ?]) ;


Port de Casablanca (25 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de El Jadida-Jorf el sfar (22 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Safi (6,2 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Agadir (4,2 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Layoune (3,2 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Autres ports (0,5 million de tonnes [Quand ?]).

Transport aérien
Si de tous les modes de transports actuels l'aérien est le plus récent, la position géographique du Maroc lui a permis dès
le départ de jouer un rôle essentiel dans ce domaine : la première ligne aérienne intercontinentale fut la ligne postale
242 243
aérienne Toulouse - Rabat qui a commencé le 1er septembre 1919 suivie d'un service passagers un an plus tard . Par
la suite, cette ligne a été prolongée à Dakar puis jusqu'en Amérique latine. Cette ligne fut exploitée par le groupe privé
Latécoère. Par la suite et devant le manque d'aérodromes au début du siècle dernier, les premiers avions passagers furent
des hydravions afin de pouvoir atterrir dans les villes côtières ainsi que pour réaliser plus facilement des atterrissages
d'urgence en mer. Là encore, le Maroc et le Sénégal ont joué un rôle essentiel grâce à l'étendue de leurs façades Lignes aériennes Latécoère, c.1918.
maritimes. On ne dispose pas avec exactitude des chiffres de passagers transportés les premières années, ce service
restant assez exceptionnel et onéreux. Cependant, concernant le transport du courrier une convention a été signée entre
244
les postes marocaines et françaises le 10 mars 1919, à partir de début septembre à fin décembre de la même année, 9 124 lettres ont été acheminées par voie
aérienne au Maroc.

La crise économique de 1929 et la Seconde Guerre mondiale ont lourdement handicapé le secteur aérien civil. Il aura fallu attendre 1946 pour voir la première
ligne aérienne marocaine (Air Atlas), suivie par la création de la compagnie Air Maroc en 1948. En 1951 le gouvernement marocain décide par décret royal de
concéder l'exclusivité du transport public à Air Atlas en la rebaptisant Compagnie Chérifienne de Transport Aérien Air Atlas (CCTA) avec un capital partagé
entre l'État marocain, Air France et la compagnie Air Maroc qui s'est spécialisée dans la maintenance. La fin du protectorat survint le 2 mars 1956, cependant, la
245
totalité des pilotes de la CCTA étaient européens, en majorité français. L'incident du détournement de l'avion des chefs du FLN a beaucoup marqué le roi
Mohammed V. Selon quelques sources, il aurait proposé aux autorités françaises d'échanger son fils le prince Hassan II contre les chefs de la résistance
algérienne [réf. nécessaire]. Mohammed V demanda la création d'une école de formation de pilotes pour éviter de tels incidents. Le 1er juillet 1957 les compagnies
CCTA et Air Maroc ont fusionné sous le nom de Royal Air Maroc qui démarra avec huit avions (trois DC3, quatre DC-4 et un L749 Constellation). Le Centre
de formation professionnelle (CFP) arrive en 1958 et le premier pilote marocain formé fut Mohammed Kabbaj qui débuta ses services en 1964.

Le Maroc est actuellement connecté à 51 pays et 113 aéroports étrangers via des lignes régulières contre 29 pays et 43 aéroports une décennie plus tôt. Le trafic
aérien au Maroc a presque triplé en passant de 7 millions de passagers en 2004 à plus de 17 millions en 2014. Lors de la 7e conférence World Connect qui s'est
246
tenue à Marrakech en octobre 2015 le ministre des transports marocain annonce l'objectif d'atteindre 70 millions de passagers en 2030 . Vu le nombre de
touristes escompté à cette date, il paraît difficile d'atteindre ce chiffre sans développer le trafic aérien interne, qui reste encore assez onéreux et restreint. Le
Maroc est desservi par 50 compagnies aériennes, le transport aérien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) détient 45 %
du trafic à la suite de l'entrée des compagnies low-cost européennes. Avant l'OpenSky, la compagnie marocaine atteignait 62 % du trafic aérien. Le nombre total
de passagers enregistrés au sein des aéroports marocains en 2014 s'élève à 17,3 millions ( 4,8 %).

La compagnie nationale Royal Air Maroc est l'une des premières compagnies africaines pour le trafic voyageur, elle a
transporté en 2014 plus de 6 millions de passagers juste devant Ethiopian Airlines et derrière EgyptAir et South African
247
Airlines (SAA) ayant tous deux transporté 7 millions de passagers . Malgré une population marocaine assez modeste
comparée à ces trois derniers pays et en dépit du fait que la Royal Air Maroc est la seule compagnie africaine soumise à
la concurrence féroce des compagnies low-cost, la compagnie marocaine est en pleine croissance tout comme sa rivale
éthiopienne. Ces deux compagnies qui sont au coude à coude rêvent de profiter des grandes contre-performances
actuelles d'Egypt Air et de la SAA pour devenir leader à l'échelle continentale. La RAM détient le plus de trafic
international comparé au reste des compagnies africaines. En effet, les trois autres compagnies aériennes africaines
majeures réalisent le gros de leurs trafics sur des lignes internes à cause de la décadence ou de l'arrêt de leur transport Boeing 787 de Royal Air Maroc.
ferroviaire interurbain.

Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures aéroportuaires dont 18 aéroports internationaux, 10 principaux aéroports
nationaux et des petits aéroports à usage touristique, militaire ou de sports aériens. Le dernier aéroport construit est
l'aéroport de Béni Mellal. La stratégie du transport arien actuelle au Maroc porte sur l'agrandissement de plusieurs
aéroports dont une bonne partie est en cours mais aussi sur la construction de 3 grands aéroports nouveaux : un nouvel
aéroport passager à Marrakech, un aéroport spécial fret à Casablanca-Ben Slimane et un nouvel aéroport mixte à Tanger-
248
Tétouan . En 2014, l'aéroport Mohammed-V de Casablanca avoisine 8 millions de passagers soit 45 % du total du
trafic aérien suivi de Marrakech avec 4 millions de passagers. Un événement majeur est survenu en 2013 lorsque
249
l'aéroport de Casablanca a détrôné Londres comme porte d'entrée et sortie du continent africain . À ce jour, le premier
Vue de l'aéroport international
hub aéroportuaire africain est paradoxalement toujours Paris-Charles-de-Gaulle, un aéroport non-africain, suivi de
Mohammed V de Casablanca.
l'aéroport de Casablanca, et la première compagnie de transport d'Europe vers l'Afrique est Air France avec une
croissance de 3 % suivie de Royal Air Maroc avec une croissance à deux chiffres. Air France bénéficie d'une longueur
d'avance avec ses lignes Paris - Tunis et Paris - Alger encore relativement rentables car non soumises à la compétition des compagnies low-cost, cependant,
250
cette dernière compagnie projette de créer un hub à Abidjan afin de servir tous les aéroports des pays de la CEDEAO.

Le transport aérien de marchandises est très limité au Maroc, étant donné la proximité avec l'Europe, la plus grande partie des marchandises exportées du Maroc
est des produits frais acheminés par transport TIR frigorifié vers le réseau autoroutier européen. La RAM possède un seul avion spécial fret, et un avion mixte
modulable. La messagerie express et les colis à haute valeur ajoutée donnent de l'activité aux avions de DHL et FedEx.

Internet et Télécoms
* Chiffres fin 2013, sur les 28,5 milliards de dirhams, Maroc Telecom réalise 8 milliards à l'international. Opérateur Chiffres d'affaires Effectif Fibre optique (km)
Maroc Telecom 28,5 milliards de Dh * 11 500 35 000
En raison du fort pourcentage de la population rurale au Maroc durant le siècle dernier,
Inwi 6,2 milliards de Dh 1 195 4 500
l'accès à la téléphonie fixe était assez faible pendant cette période. Cependant,
l'opérateur national a démarré la numérisation de son réseau longtemps avant ses Orange Maroc 5,5 milliards de Dh 1 160 4 000
homologues sur le continent, dès le milieu des années 1980 l'ensemble du réseau
téléphonique interurbain marocain était enfui sous terre et numérisé. L'objectif de ce programme était de se préparer à
profiter au maximum du juteux marché des communications fixes. Par la suite, cette numérisation s'est avérée aussi
rentable quant au marché d'Internet et d'appels mobiles.

Au Maroc comme dans le reste des pays africains francophones, l'apparition d'Internet est survenue relativement tard, le
premier pays africain à être connecté à la toile mondiale fut l'Afrique du Sud dès 1991, cependant, le retard de la
numérisation du réseau téléphonique dans ce pays y a longtemps limité la propagation rapide de l'usage d'Internet. La
proximité des pays nord-africains avec l'Europe a aussi permis aux opérateurs de ces derniers de passer des câbles de
fibre optique sous-marins peu onéreux depuis l'Europe et offrir ainsi une assez confortable bande passante bon marché à Bureau du Télégraphe, Poste et
leurs clients. Internet est apparu au Maroc en 1995, ce dernier est à présent connecté à plusieurs câbles de fibre optiques Téléphone à Rabat.
intercontinentaux même si les données Internet passent par les câbles de ses propres opérateurs, à savoir un câble sous-
marin de Meditel vers l'Espagne, deux câbles sous-marins de Maroc Telecom (un vers Marseille, l'autre vers l'Espagne)
et un câble international terrestre de Maroc Telecom vers plusieurs pays du Sahel. Fin 2013, les backbones de fibre optique des opérateurs marocains sont de
251 252
35 000 km pour Maroc Telecom, 5 500 km pour Inwi et 4 000 km pour Meditel. L'ensemble des trois opérateurs commercialisent des forfaits 3G/4G,
l'opérateur historique Maroc Télécom propose depuis plusieurs années des offres dual play et triple play en ADSL2+ allant jusqu'à 20 Mbit/s, à partir de fin
2015 les deux opérateurs alternatifs ont lancé leurs propres offres ADSL dual play Internet et téléphone illimités à prix plus compétitifs.

Avant l'avènement de la 4G et de la mise en place du dégroupage total, le plus gros du trafic Internet marocain transitait par les serveurs de Maroc Telecom
grâce à ses forfaits ADSL allant de 4 à 20 Mbit/s, les deux opérateurs alternatifs ne voyaient pas d'urgence à investir dans un point d'échange Internet (IXP). À
253
la suite du lancement de leurs offres ADSL dégroupées, un IXP est lancé en février 2016 au Maroc afin d'optimiser les trafics de données inter-opérateurs
marocains et d'améliorer les pings des usagers, aussi depuis le 5 mars 2016 le Maroc s'est doté d'une copie du serveur racine du DNS afin d'améliorer les
254
requêtes de résolutions des noms de domaines Internet et d'accélérer ainsi le chargement des pages web . Le Maroc rejoint de ce fait le Kenya et l'Afrique du
Sud, les deux seuls pays africains à héberger des copies de serveurs racine DNS du réseau Internet mondial.
171
Concernant la bande passante Internet internationale, le Maroc est leader à l'échelle de son continent avec une bande passante internationale de 412 Gbit/s fin
255
2013 , suivi de l'Afrique du Sud bénéficiant de 200 Gbit/s et de l'Égypte, l'Algérie et la Tunisie qui sont dotées d'une bande passante allant de 100 à
256
200 Gbit/s . La bande passante Internet internationale marocaine a été multipliée par 5,5 de 2010 à 2014 passant de 75 Gbit/s en 2010 à 266 Gbit/s en 2012
171
puis à 412 Gbit/s fin 2013 . L'accroissement de cette bande passante internationale et la concurrence féroce entre les trois opérateurs Télécoms ont permis de
baisser les prix et d'augmenter le nombre d'usagers ainsi que leurs bandes passantes effectives. Il en résulte que le Maroc détenait fin 2013 le plus fort

257
257
pourcentage d'utilisateurs d'Internet en Afrique avec 56 % de la population devant l'Égypte, l'Afrique du Sud et la Tunisie détenant tous trois un taux
d'internautes inférieur à la moitié de leurs populations respectives. Fin juin 2015, le nombre d'internautes au Maroc progresse à 60,60 % (soit 20,2 millions) et
258
se voit devancé par le Kenya qui atteint 63,60 % puis l'île Maurice à 60 % et l'Égypte à 54,6 %.

Au 30 septembre 2015, les chiffres d'Internet et téléphone sont :

Nombre d'utilisateurs d'Internet : 20,5 millions ;


259
Nombre d'abonnements Internet : 13,9 millions 23,5 % :
Internet mobile : 12,8 millions (92,2 %) 21,5 %
Internet ADSL : 1,1 million (7,9 %) 2 %
259
Téléphonie mobile : 44,45 millions (taux de pénétration de 131,32 %) 3,34 % :
IAM : 41,8 %
Meditel : 31,8 %
Inwi : 26,5 %
Téléphonie fixe : 2,3 millions 1,7 % :
IAM : 1,73 million (75 %)
Inwi : 0,57 million (25 %).

Offres illimitées
Si Maroc Telecom (IAM) profite encore de l'étendue de son réseau et de sa plus forte couverture pour recruter ou garder ses clients, de l'autre côté une
concurrence féroce est constatée entre les deux opérateurs alternatifs Inwi et Meditel qui ont recruté deux managers français expérimentés (F. Debord et M.
Paulain) afin de prendre des parts de marché à l'opérateur historique [réf. souhaitée]. Début septembre 2014, Inwi lance pour la première fois au Maroc un forfait
260 261
mobile illimité , un mois plus tard Maroc Telecom riposte . Les deux derniers forfaits illimités n'ayant pas eu le succès escompté à cause de leur prix élevé,
entre-temps Meditel multipliait les offres promotionnelles à ses abonnés prépayés pour les garder et constatant l'échec des offres illimitées à 499 dirhams lance
262
à son tour son forfait illimité data et voix à 199 dirhams (20 $) sans engagement. Pour les clients ayant besoin d'appeler en Europe, Meditel lance une option
Europe limitée à 17 contacts pour un forfait global à 399 dirhams soit 100 dirhams de moins que ses concurrents. Orange détenait 40 % de Meditel et venait de
passer à 49 %. Orange étant présente sur plusieurs pays en Europe, le coût des appels fixe vers le vieux continent ne lui coûterait sans doute pas grand-chose, et
surtout avec une limitation à 17 contacts, Michel Paulin, DG de Meditel, prenait donc moins de risque. De son côté l'offre lancée par Fréderic Debord, DG de
Inwi, s'est avérée être un échec total, d'autant plus que ce dernier est le seul opérateur marocain qui ne détient pas sa propre fibre optique sous-marine. À peine
263
quelques mois plus tard, Debord est remplacé à la tête d'Inwi.

Partage des infrastructures


Pendant longtemps Maroc Telecom a essayé de garder son monopole sur le fixe et retarder le lancement de la 4G qu'elle considérait être une grande menace à
son ADSL, tout en s'activant dans le déploiement de son réseau de fibre optique pour les particuliers. Les tractations ont duré longtemps entre Maroc Telecom et
l'ANRT qui stipulait dans le cahier des charges d'obtention de la licence 4G le partage obligatoire de ses infrastructures avec ses concurrents ainsi que
264
l'ouverture de son réseau de boucle locale (le dégroupage) à ces derniers avec des tarifs convenables.
265
Après un appel d'offres 4G publié en novembre 2014, les trois opérateurs mobile décrochent leur licence en mars 2015 . Meditel lance le premier son offre
4G le 8 juin 2015 suivi par Inwi et Maroc Telecom deux mois plus tard. À l'heure actuelle le partage des infrastructures 4G n'est toujours pas effectif, les deux
opérateurs mobiles alternatifs bénéficient donc d'une couverture 4G dans les villes mais en zones rurales leurs abonnés basculent en 3G.

Après avoir publié des offres de dégroupage de la boucle locale jugées onéreuses en 2014 Maroc Telecom a été sommé par l'ANRT de publier des offres moins
onéreuses au plus tard le 15 octobre 2015. Aussitôt que ce fut fait les opérateurs alternatifs Meditel et Inwi lancent leurs offres ADSL double play phone fixe et
266 267
Internet respectivement le 23 octobre 2015 et le 24 novembre 2015 , les deux au prix de 249 Ddrhams (25 $) appels fixe et Internet illimité sans quota
avec portabilité du numéro.

Internet 4G LTE
Malgré l'obligation faite par l'ANRT aux opérateurs de partager leurs infrastructures de communication 4G les modalités d'application ne sont pas encore fixées
et début 2016 chaque opérateur utilise toujours ses propres bornes 4G. À peine 6 mois après l'introduction de la 4G LTE au Maroc les opérateurs marocains
réalisent de très bonnes performances en matière de bande passante avec 16 Mbit/s de moyenne en classant le royaume chérifien premier en Afrique et 26e
268
mondial selon le cabinet britannique OpenSignal , suivi de l'Afrique du Sud 59e mondial avec 8 Mbit/s. La couverture 4G atteint 66 % avec Maroc
269
Telecom , 62 % pour Inwi et 42 % de la population pour Meditel selon le même cabinet. En définitive, le lancement de la 4G LTE au Maroc ayant pris plus
de temps que prévu pour redistribuer le spectre de fréquence entre les télécoms, la télévision TNT et les fréquences GSM-R ferroviaires, les trois opérateurs
avaient déjà anticipé le déploiement de leurs antennes 4G avec des équipements plus modernes. C'est sans doute ce facteur ou la faible proportion d'abonnés qui
partagent la bande passante au Maroc qui placerait ce pays devant des pays pionniers en nouvelles technologies comme l'Allemagne classée 34e mondial selon
la même étude, le Brésil (42e), le Japon (44e) ou encore Hong Kong (48e), des pays qui ont déployé leur 4G LTE depuis plusieurs années et avec des
équipements d'anciennes générations.

Internet par satellite


270
En 2000 l'opérateur norvégien Telenor a créé au Maroc une filiale spécialisée dans la connexion Internet par satellite baptisée Nortis . Au début l'activité de
cette société se concentrait sur les entreprises agricoles et les écoles rurales. Depuis 2014, Nortis est acheté par le groupe espagnol Quantis qui l'a ouvert aux
271
particuliers et aux artisans pêcheurs. En 2019, Nortis totalise 5 000 établissements scolaires connectés par satellite au Maroc .

Fibre optique
La connexion Internet par fibre optique est assez rare en Afrique en général et au Maroc en particulier, même si depuis
plusieurs années Maroc Telecom fournissait la fibre optique à ses clients professionnels et institutionnels. En 2004,
Maroc Telecom assurait un réseau de recherche scientifique baptisé Marwan 2 connectant les universités marocaines à
une bande passante de 155 Mbit/s. En 2009 l'appel d'offres pour la nouvelle version Marwan 3 est remporté par Meditel
272
qui fournit un débit de 300 Mbit/s à la communauté scientifique marocaine . Depuis le début des années 2000, les
deux opérateurs s'activent pour équiper les locaux des entreprises en fibre optique. La fibre optique pour les particuliers
(FFTH) a démarré depuis 2014 avec Maroc Telecom grâce à des offres 50 et 100 Mbit/s commercialisées respectivement
273
à 600 et 1 000 dirhams (60 et 100 $) .
Lignes de fibre optique terrestre de
Maroc Telecom (2013).
Énergies
Le Maroc produit un peu de pétrole et de gaz, mais dépend tout de même des importations.

Énergie électrique
Le Maroc est l'une des grandes économies africaines qui est parmi les plus dépendantes des importations d'énergie, avec
95 % de sa consommation importée. La production d'électricité n'échappe pas à cette règle. Conscient de ce handicap le
royaume chérifien a été le seul pays africain à adopter un modèle MARKAL clair et intégré à son espace régional
Le Maroc produit un peu de pétrole
notamment les pays ibériques. Le modèle marocain consiste à diversifier son mix énergétique par étapes avec une
276 277 et de gaz, ainsi que de l'électricité
ambition de 42 % d'énergies renouvelables en 2020, 52 % en 2030 et de l'énergie nucléaire au-delà de 2030 . 274
éolienne et hydraulique .
Longtemps le Maroc a bénéficié d'un bon ratio d'énergie propre grâce à la production d'énergie hydraulique des barrages
au siècle dernier. L'électrification rapide des zones rurales et l'augmentation de l'industrie ont créé une si forte demande
sur l'énergie électrique qu'il a fallu satisfaire la demande aussi rapidement que possible et d'une façon peu onéreuse. Le
moyen le plus compétitif trouvé fut le charbon qui constituait 48 % à lui seul de la production nationale en 2010. La
même année l'électricité hydraulique s'est rétrécie à 16 %, l'apparition de l'éolien assurait 3 % de la production, le reste
étant assuré par les centrales à gaz et à pétrole. En 2007 le Maroc avait lancé un programme afin d'installer 2 000 MW de
moyen de production d'électricité solaire, et 2 000 MW d'éolien pour atteindre 42 % d'énergie renouvelable en 2020. Afin
278
d'optimiser son réseau de distribution l'ONE projette de déployer la technologie des smart grid . L'ONE est en cours de
déploiement d'une nouvelle solution de l'ERP allemand SAP afin d'optimiser les coûts de gestion de sa clientèle. En Le Maroc consomme
milieu rural, afin d'éviter les impayés et les frais de justice l'ONE a mis en place un modèle de compteur électrique essentiellement du pétrole (importé
fonctionnant avec une carte à puce prépayée. C'est le même modèle que ce dernier utilise dans quelques pays d'Afrique en grande partie) ainsi que du
charbon et du gaz pour son
subsaharienne et qui donne entièrement satisfaction dans la mesure où cela évite les soupçons de fraudes et de 275
électricité .
raccordements sauvages de la part des voisins.

Du fait de sa position stratégique le Maroc joue un rôle primordial dans les plans d'interconnexions électriques. Il relie à
ce jour le continent africain à l'Europe par deux câbles à haute tension sous le détroit de Gibraltar. À terme le Maroc projette de rajouter une troisième
279
interconnexion avec l'Espagne et une nouvelle interconnexion de 1 000 MW avec le Portugal . D'autre part, à long terme le Maroc ambitionne d'exporter son
279
énergie électrique vers l'Afrique subsaharienne via la Mauritanie où l'ONE possède déjà des concessions dans plusieurs pays sur le continent. En effet,
280
depuis la dernière décennie l'ONE investit en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, au Niger, en Libye, au Sierra Leone et au Tchad en participant à la
construction des centrales et des réseaux, à l'assistance technique et au transport. En 2006, l'ONE avait décroché des concessions de production de 7 MW à
Nouadhibou en Mauritanie, ou encore une production de 15 MW à Freetown, au Sierra Leone. Cette politique de coopération régionale ferait du Maroc un
carrefour énergétique entre l'Europe, le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.

Énergies renouvelables
Le Maroc s'est engagé dans une démarche volontariste en matière de développement de ses ressources renouvelables.

Énergie solaire
281
Le Maroc dispose d'un potentiel solaire important (environ 3 000 heures d'ensoleillement par an). Le royaume est particulièrement bien doté en termes
282
d'ensoleillement direct (utile pour la technologie CSP - Concentrated Solar Power). Ce potentiel solaire est évalué à 20 000 MW .

À travers le développement de projets solaires multi-technologiques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine
283
solaire .
284
Aussi, ces projets devraient permettre d'éviter l'émission d'au moins 3,7 millions de tCO2 .

Le Maroc explore les technologies solaires les plus matures pour répondre aux besoins de consommation électrique du pays et aux spécificités de chaque site
solaire.
285
Jusqu'en 2018, le royaume a recours aux deux principales technologies solaires : le CSP (Concentrated Solar Power) et le PV (photovoltaïque).
286
286
La solution hybride CSP-PV retenue par Masen pour la centrale Noor Midelt I a permis, en 2019, de réduire considérablement le prix du kilowatt-heure.
287
Plusieurs autres sous-technologies solaires sont testées au niveau de la plateforme R&D de Ouarzazate : notamment la technologie du photovoltaïque
concentré (CPV), la technologie Fresnel, ou encore le démonstrateur CSP dish stiring.
288
Fin 2019 , on compte au Maroc 700 MW installés dans le solaire et pas moins de 2 700 MW engagés.

État des lieux des projets solaires fin 2019 :

Capacité
Projets solaires
installée
289
Noor Ouarzazate 582 MW
290
Projets en Noor Laâyoune I 85 MW
exploitation Noor Boujdour I 20 MW
290

291
Ain Beni Mathar 20 MW
292
Noor Midelt I 800 MW

400 à
Noor Midelt II 293
800 MW
294
Noor Tafilalet (à travers 3 centrales prévues à Arfoud 40 MW, Zagoura 40 MW et Missour 40 MW) 120 MW
Projets engagés
Noor PV II (à travers les 9 centrales prévues à Laâyoune, Boujdour, Taroudant, Kelaa Sraghna, Khouribga, Lhajeb, Guercif, Sidi
Bennour et Jerada) 295
800 MW

296
Noor Atlas (à travers 7 centrales prévues à Tantan, Tata, Outat El Haj, Ain Beni Mathar, Boudnib, Bouanane, Enjil) 200 MW

Énergie éolienne
297
Au Maroc, le potentiel éolien est évalué à 25 000 MW pour l'onshore et 250 000 MW pour l'offshore .

Dans le cadre du plan éolien lancé en 2010, le Maroc à travers le développement de projets éoliens répartis aux quatre
298
coins du pays vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine éolienne .

L'éolien onshore (technologie qui consiste à installer les éoliennes sur une terre ferme pour convertir la force motrice du
vent en électricité) est la technologie utilisée par les projets éoliens marocains.
288
Fin 2019 , le Maroc dispose d'une capacité installée de 1 207 MW et d'une capacité engagée de 1 320 MW.

État des lieux des projets éoliens fin 2019 :


Parc éolien Khalladi.
Capacité
Projets éoliens
installée
299
Abdelkhalek Torres (Koudia El Baida) 50 MW
300
Amougdoul (Essaouira) 60 MW
301
Tanger I 140 MW
Projets en 302
Tarfaya 300 MW
exploitation
Projets privés *: Akhfenir I & II, Foum Al Oued, Haouma, Aftissat, Jbal Khalladi, Cimar,
Lafarge 303
657 MW

304
Koudia El Baida (projet de Repowering) 120 MW
Programme éolien intégré (PEI) : Jbel Hdid 200 MW, Tiskrad 100 MW, Tanger II 70 MW, 305
850 MW
Projets engagés Midelt 180 MW, Boujdour 300 MW
306
Aftissat II* 200 MW
307
Projet éolien intégré Taza I et II 150 MW

*Ces projets s'inscrivent dans le cadre de la loi 13-09 adoptée depuis 2010.

Pour faire monter en compétence les entreprises locales, et faire du Plan éolien un levier durable de développement industriel, le Maroc favorise l'intégration
308
industrielle des projets éoliens . Le PEI 850 MW (Projet éolien intégré) est de ce point de vue un cas d'intégration industrielle réussi (65 % pour la phase de
309
construction) permettant par ailleurs la création de plus de 600 emplois directs .

Énergie hydraulique
310
Dès les années 1960, le Maroc se lance dans une politique des barrages qui intègre la production d'électricité propre .
311
148 barrages ont été édifiés, dont plus de 24 hydroélectriques et 1 STEP .
283
À travers le développement de projets hydrauliques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine hydraulique .

Le Maroc a recours à deux technologies de production d'électricité d'origine hydraulique :


La technologie « à réservoir » qui permet le stockage pendant de longues périodes particulièrement utile
pour répondre au pic de consommation ;
La technologie « STEP » (Station de Transfert d'Énergie par Pompage), est une technologie efficace de
stockage qui contribue à maintenir l'équilibre entre production et consommation sur le réseau électrique.
Fin 2019, le Maroc dispose d'une capacité installée de près de 1 770 MW d'origine hydraulique.
312
Par ailleurs une STEP de 350 MW est en cours de construction .

Projets hydrauliques Capacité installée Évolution du nombre de grands


barrages au Maroc.
Barrages hydroélectriques 1 305 MW
Projets en exploitation
STEP avec stockage 464 MW
312
Projets en construction STEP Abdelmoumen 350 MW

Accès à l'eau et à l'électricité


Au Maroc l'ensemble des habitants en milieu urbain sont raccordés aux commodités, et il n'existe pas de raccordements
sauvages ni de coupures intempestives d'électricité ou d'eau courante, contrairement à une grande partie des pays
africains, y compris au Nigeria, Afrique du Sud, Algérie ou Égypte [réf. nécessaire], où les coupures d'eau et d'électricité
313
sont assez fréquentes . L'accès à l'eau potable, à l'électricité et, dans une moindre mesure, à l'assainissement, a
314
augmenté de manière significative au Maroc depuis 1990 .

Concernant l'électricité, il existe toujours un seul distributeur pour les particuliers. La loi a été amendée pour permettre la
libéralisation du marché, néanmoins, seulement quelques grandes entreprises ont demandé une licence pour produire leur
propre électricité, souvent éolienne. La nouvelle loi oblige l'Office National d'Électricité (ONE) à acheter l'électricité Nouveau projet américain de
d'opérateurs privés produisant de l'électricité non issue d'énergies fossiles. À l'heure actuelle, le plus grand fournisseur l'USAID permettant à des
315
d'électricité de ce type est l'entreprise Nareva . associations humanitaires d'aider le
Maroc rural à bénéficier de
En outre, concernant la distribution d'eau potable, plusieurs communes ont lancé un appel d'offres et ont délégué ce subventions pour l'accès à l'eau
service à des opérateurs privés, notamment à Casablanca, Mohammédia, Rabat, Salé, Témara, Bouznika, Tanger, potable et l'assainissement (2011).
Tétouan…, tandis qu'elle est encore assurée par des régies municipales dans 13 autres villes, et par l'Office national de
l'électricité et de l'eau potable (ONEP) dans 500 communes intermédiaires et rurales.

Le pays connait depuis 2015 des mouvements sociaux liés à l'eau, d'abord à Tanger, puis dans le Rif en 2017 et à Zagora en 2018. En 2019 encore, de nouvelles
manifestations ont eu lieu dans la région de Tanger. Les coupures de plusieurs semaines ne sont pas rares. Le système de gestion de l'eau marocain est jugé
complexe et hybride : distribution privatisée à Casablanca ou à Tanger, publique à Marrakech ou dans le Sud, où les entreprises mandatées ne respectent pas
toujours le cahier des charges. Pour l'économiste Nejib Akesbi, « les entreprises étrangères qui ont obtenu des concessions n'ont apporté aucune valeur ajoutée
ni expertise en comparaison de ce qu'offraient déjà les opérateurs publics marocains ». Surtout, le Maroc subit une inquiétante crise environnementale. « La
situation de pénurie hydrique au Maroc est alarmante puisque ses ressources en eau sont évaluées à moins de 650 m3/habitant/an, contre 2 500 m3 en 1960, et
devraient baisser en deçà de 500 m3 à l'horizon de 2030 » relève le Conseil économique social et environnemental (CESE) en appelant le gouvernement à
316
« entreprendre des mesures urgentes » .
172
Si la quasi-totalité des urbains sont rattachés à un réseau d'eau potable, cette proportion tombe à 64 % dans les zones rurales .

Santé et enseignement
Le système de santé marocain est composé d'un secteur public et d'un secteur privé (incluant des prestataires à but lucratif et non lucratif). Le secteur public
comprend 2 689 centres de soins de santé primaires et 144 hôpitaux à différents niveaux : local, provincial, régional et tertiaire. Le nombre total de lits
hospitalier est de 22 146. Le secteur privé est composé de 6 763 cabinets privés et de 439 cliniques, concentrées dans les zones urbaines et dans le nord de la
côte Atlantique. Le Maroc a fait des progrès significatifs dans la réduction de la prévalence des maladies infectieuses, et a éradiqué la polio, le paludisme, grâce
à une variété de programmes de sensibilisation sur la façon de traiter et de prévenir les maladies transmissibles, en plus des campagnes de vaccination élargies
et de l'introduction de nouveaux médicaments sur le marché. Bien que largement sous contrôle, des maladies telles que l'hépatite sont encore répandues et des
efforts sont en cours pour réduire le nombre de patients affectés.

Les maladies non transmissibles constituent une priorité encore plus grande pour le secteur. Selon une étude récente menée par le ministère de la Santé (MS),
les maladies non transmissibles sont à l'origine de 75 % des décès, comme les maladies cardiovasculaires (34 %), le diabète (12 %) et le cancer (11 %).

Le budget du Ministère de la Santé représente 6,9% du budget de l'État en 2021 soit moins que la norme de 10 % recommandée par l'OMS. En 2021, plus de
317
60 % des dépenses de santé sont payées directement par les familles marocaines, de plus il reste perfectible notamment en milieu rural .

Au niveau de la scolarité, le Maroc a consenti d'importants efforts pour généraliser I'accès au primaire. Un taux de déperdition important est enregistré d'un
cycle à l'autre ramenant la moyenne nationale de scolarisation à 87,6 % au collège et a 61,1 % au lycée. L'enseignement scolaire au Maroc est obligatoire pour
les enfants âgés de 6 à 15 ans depuis 1963. Depuis 1989, la langue d'enseignement dans les écoles est l'arabe. Depuis 2015, certaines écoles primaires ont
commencé à offrir un enseignement en tamazight. L'enseignement primaire dure 6 ans pour les enfants de 6 à 12 ans et se termine par le certificat d'études
primaires. L'enseignement secondaire de trois ans, appelé enseignement secondaire collégial, est offert aux enfants de 13 à 15 ans. Cette phase se termine par
l'attribution du brevet d'enseignement collégial. Le programme de développement et de généralisation du préscolaire a été lancé en 2018, avec pour objectif
318
d'atteindre 100 % de taux de scolarisation en 2028 .

Politique
Le Maroc a pour régime politique une monarchie constitutionnelle dont le souverain actuel est le roi Mohammed VI, de la dynastie alaouite, établie depuis 1666
et l'une des plus anciennes du monde contemporain.

Le Maroc est membre de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union du Grand Maghreb, de la Francophonie, de l'Organisation de la
coopération islamique, du Groupe des 77, de l'Union pour la Méditerranée et de la Communauté des États sahélo-sahariens.
319
Le Maroc est le seul pays africain à ne pas faire partie de l'Union africaine jusqu'au 30 janvier 2017 où il finit par la réintégrer . En 1987, le Maroc a tenté,
320
sans succès, d'adhérer à la CEE, et s'est vu octroyer en 2008 un « statut avancé » auprès de l'UE . Le 15 mai 2009, il a rejoint le Centre Nord-Sud du Conseil
321 322
de l'Europe . En juin 2004, le Maroc est désigné en tant qu'allié majeur non-membre de l'OTAN par les États-Unis .

Selon l'historien Bernard Lugan, c'est entre autres l'attrait des richesses provenant du commerce du Sud (Sahara) vers le Nord (l'Occident) qui va attirer les
convoitises de diverses tribus avec pour ville carrefour Marrakech qui deviendra naturellement la capitale de diverses dynasties, en particulier celles venant du
Sud (Almoravides, Almohades, Saadiens) ; toute l'histoire du Maroc (des Idrissides aux Alaouites) est ainsi marquée par le commerce des richesses du Sud vers
323
le Nord. L'histoire du Maroc fut partiellement marquée par des liens commerciaux avec le Sahara .

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle. Sa constitution est celle proposée par le roi Mohammed VI et votée par
référendum en 2011, augmentant les pouvoirs du parlement bien que ceux-ci restent toujours limités sur certains points.

La première constitution a été promulguée par Hassan II en 1962. Elle avait été modifiée et enrichie en 1970, 1972, 1992 et
1996.

En effet, l'essentiel du pouvoir est concentré entre les mains du roi, monarque héréditaire. Actuellement, le pouvoir exécutif est
exercé par le gouvernement sous la direction du roi. Le pouvoir législatif, bicaméral, est exercé par la Chambre des représentants
composée de 395 membres élus tous les cinq ans au suffrage universel, et la Chambre des conseillers qui comprend entre 90 et
120 membres renouvelés par tiers tous les trois ans, ainsi que par le roi qui peut légiférer par décret [réf. nécessaire].
Carte des principales
La justice est le troisième pouvoir. Ce pouvoir est en forte mutation depuis quelques années, grâce à la création de nouvelles localités du Maroc incluant
juridictions spécialisées (tribunaux administratifs, tribunaux de commerce). le Sahara occidental
contesté.
À l'international, le roi Mohammed VI s'est construit au cours de son règne, rappelle la chercheuse en relations internationales
Khadija Mohsen-Finan, « une image de meilleur allié de l'Occident dans le monde arabe. Sa coopération est jugée précieuse,
puisqu'il surveille le détroit de Gibraltar, autorise le survol de son territoire en cas de guerre, et joue un rôle important dans la gestion des flux migratoires, en
324
empêchant l'immigration africaine de passer en Europe . »

Droits de l'homme
Le Maroc a fait des progrès considérables depuis la fin des « années de plomb » du règne du roi Hassan II (1961-1999). Néanmoins, malgré la modernisation
apportée par son fils le roi Mohammed VI, le respect du droit international sur ce point n'est pas encore complet. En 2011, une nouvelle constitution, approuvée
325
par référendum, réserve une place importante aux droits de l'homme, tant politiques, sociaux, économiques que civils . Malgré cette nouvelle constitution, les
gouvernements n'ont depuis pas procédé à la mise en place législative de l'abrogation des lois sanctionnant ces droits, devenues inconstitutionnelles. Sous
326
l'impulsion du ministre de la Justice et des Libertés El Mostafa Ramid en 2015, un projet de Code pénal aggravant les sanctions est retiré en 2016 sous la
327
pression populaire .

En 2019, l'Association marocaine des droits humains déplore une « escalade des violations des droits humains et des libertés publiques et individuelles » au
Maroc, l'État « se soustrayant à ses engagements internationaux et ignorant recommandations et rapports » sur le sujet. L'ONG fait notamment état « d'actes de
torture ou de traitements cruels ou dégradants » en détention, en particulier à la suite du mouvement de protestation Hirak. En 2018, l'ONG souligne déjà
328
l'augmentation du nombre de prisonniers politiques dans le royaume .

En juin 2022, environ 2 000 migrants et réfugiés d'Afrique subsaharienne tentent de rejoindre l'Espagne depuis le Maroc par la frontière de Melilla, résultant
329
dans la mort d'au moins 37 personnes et la disparition d'au moins 76 autres .

Droit des femmes


Depuis l'accession au trône de Mohammed VI, des réformes sur la condition de la femme ont été adoptées. À la suite des luttes du mouvement féminin et du
mouvement démocratique et malgré la farouche résistance opposée par le mouvement intégriste et les conservateurs, le roi Mohammed VI a joué un rôle
d'arbitre en sa qualité de commandeur des croyants qui lui est conféré par la constitution marocaine. Il constitua une commission consultative royale chargée de
répondre aux attentes des militantes féministes qui avaient dénoncé toutes les injustices endurées par les femmes marocaines. Après des concertations de plus de
trente mois avec toutes les parties concernées, le roi a tranché en présentant devant le parlement, le 10 octobre 2003, le nouveau projet de code de la famille,
appelé Moudawana, discuté, amendé et adopté à l'unanimité par toutes les forces représentées au parlement en janvier 2004.

Le nouveau code de la famille est fondé sur l'égalité entre les sexes et abolit la tutelle exercée sur les femmes. La notion de « chef de famille » est abolie et
remplacée par la coresponsabilité entre les époux.

Le mariage d'une jeune femme n'était possible qu'en présence de son père en tant que tuteur, seules les filles ayant perdu leur père pouvaient se marier sans
tutelle. Désormais, une femme peut se marier en toute liberté, que son père soit vivant ou décédé. L'âge légal de mariage pour la jeune femme a été revu à la
hausse : il est maintenant de dix-huit ans pour les filles et les garçons au lieu de quinze ans auparavant pour les filles. Enfin, et cela représente une grande
avancée, la femme mariée a le droit d'obtenir le divorce de son mari sans être obligée comme c'était le cas auparavant de fournir des preuves et des témoignages
330
pour justifier les raisons de sa demande .

En 2006, un nouveau chapitre ajouté au code de la Famille rend possible pour la mère marocaine de transmettre la nationalité marocaine de plein droit et
331
automatiquement à ses enfants nés de père étranger, dans le cadre d'un mariage .

Le mariage de la Marocaine musulmane n'est légal qu'avec un époux musulman, et un Marocain musulman ne peut se marier avec une non-musulmane, sauf si
sa religion est monothéiste.
332
Les Marocains de confession juive sont soumis aux règles du statut personnel hébraïque marocain .

Analphabétisme
333
En 2010, le pays compte un taux d'analphabétisme à l'échelle nationale de 30 % plus élevé chez les femmes et en milieu rural. Le taux d'activité s'élève à
334
86,9 % chez les hommes contre 47,9 % chez les femmes .

Agressions sexuelles
En dépit de ces progrès législatifs, les agressions sexuelles envers les femmes seraient selon le quotidien Le Monde de plus en plus fréquentes et resteraient
impunies. Dans ce climat de violence, le port du voile deviendrait un moyen pour se protéger des agressions. Le journal avance que ces agressions sont la
335
plupart du temps ignorées par les autorités .

Organisations internationales et régionales


Le Maroc est membre fondateur de l'Organisation de l'unité africaine (OUA devenue Union africaine) mais s'en est retiré en 1984 pour protester contre
336
l'admission de la « République arabe sahraouie démocratique » ; et du comité Al Qods dont la présidence est assurée par le roi marocain. L'organisation
337
décide de réintégrer le Maroc le 30 janvier 2017 .

À l'échelle régionale, le Maroc est également membre de l'Union du Maghreb arabe, qui réunit au sein d'une même entité régionale les pays du Maghreb tel
qu'on le conçoit traditionnellement (Maroc, Algérie et Tunisie) ainsi que la Libye et la Mauritanie. Fondée à Marrakech en 1989, l'Union du Maghreb arabe a dû
revoir au fil des années ses ambitions à la baisse au vu des dissensions persistantes qui existent entre les deux principales puissances régionales, à savoir le
royaume du Maroc et l'Algérie. Le siège actuel de l'organisation se trouve à Rabat.

Le Maroc est également membre de l'Union pour la Méditerranée, fondée à Paris le 13 juillet 2008. Le royaume a en outre fait savoir dans un premier temps
qu'il comptait abriter le siège de l'UPM. Rabat (ou Tanger pour certains) est donc en lice aux côtés de La Valette, Marseille, Barcelone et Tunis. Il fait aussi
partie de différentes organisations internationales, dont la Banque africaine de développement, l'Organisation des Nations unies, l'Organisation internationale de
la francophonie, l'Organisation mondiale de la santé, l'Organisation mondiale du commerce et entretient des liens étroits avec l'OCDE et l'OTAN.

Rangs internationaux
338
L'indice de développement humain du Maroc en 2024 (0,698, catégorie « moyen ») le classe à la 120e place sur 193 .

Standard & Poor's (S&P) a revu à la hausse la cote financière du Maroc en haussant la note de sa dette de BB à BB+ en 2005. Depuis le 23 mars 2010, Standard
& Poor's a rehaussé la note du Maroc du crédit souverain de la dette à long terme en devises de « BB+ » à « BBB- » et de la dette en monnaie locale à long
339
terme de « BBB » à « BBB+ » avec des perspectives stables. Attribuant ainsi au Maroc la note « Investment grade », alors que Fitch Ratings a attribué le
19 avril 2007 l'Investment grade au royaume du Maroc. Selon cette agence, la cote attribuée au Maroc reflète les progrès remarquables accomplis aussi bien sur
le plan politique, économique que social au cours des dernières années, ce qui s'est traduit par des améliorations sensibles du niveau de vie.

Dans le contexte régional et conjoncturel, plusieurs pays africains sont d'un écosystème économique tellement fragile qu'ils ne sont notés par aucun des trois
cabinets de notation. Cependant, la Coface permet d'avoir une estimation de risque concernant tous les pays du continent africain. Le 19 juin 2015, la Coface
établit la notation A4/A4 à perspective stable concernant le Maroc, une notation à nouveau confirmée en janvier 2016. Sur la même période, la Coface place
sous surveillance négative les deux derniers pays du top 10 des économies africaines à avoir été noté A4 en risque pays, avant de les rétrograder à B en janvier
340
2016 en pleine dégringolade du cours des matières premières.
22
En 2021, le Maroc est 123e sur 191 pays au classement mondial de l'indice de développement humain (IDH), derrière l'Algérie (91e) et la Tunisie (97e) . Il est
172
le pays le plus inégalitaire d'Afrique du Nord selon l'ONG Oxfam .
Notations Coface en janvier 2023 des cinq premières économies
africaines
Pays Risque pays Environnement des affaires

Maroc B A4

Afrique du Sud C A4
Égypte C B

Tunisie C B

Algérie C C
Nigeria D D

Libye E E

Zimbabwe E E
(1) Pays rétrogradés de A4 à B depuis le 26 janvier 2016

Défis de l'indépendance à l'époque moderne

Intégrité territoriale
Les différends territoriaux entre le Maroc et deux de ses voisins, l'Algérie et l'Espagne, sont nombreux et sont le résultat direct
de la décolonisation franco-espagnole [réf. nécessaire]. Le Maroc revendique et contrôle majoritairement le Sahara occidental, mais
sa souveraineté sur ce territoire n'est pas reconnue internationalement. Il y est confronté à un mouvement indépendantiste, le
Front Polisario, soutenu par l'Algérie du fait de son propre héritage révolutionnaire.

Le Maroc compte comme soutien la quasi-totalité des pays membres de la Ligue Arabe ainsi qu'une grande partie de l'Afrique
341, 342
subsaharienne , d'autres soutiennent les revendications du Polisario mais plusieurs de ces derniers commencent à revoir
343
leur position, à l'image de l'Éthiopie qui auparavant était un fervant soutien de la RASD , cependant la plupart ne prennent pas
344, 345, 346
parti .
Espace géographique
Le Maroc réclame toutes les positions espagnoles sur ses côtes nord : Ceuta, Melilla, les îles Chafarinas, l'île Alborán, l'Îlot communément revendiqué
347 par les tenants de la thèse
Persil et le rocher Vélez de la Gomera . Des tensions naissent également entre l'Espagne et le Maroc quant à la fixation des
du Grand Maroc.
limites des eaux par le Maroc. Ce dernier considérant le Sahara occidental comme légitimement marocain, il fixe les limites
348, 349
aquatiques selon cette idée et étend sa zone exclusive économique (ZEE) plus au sud .

Étapes de construction du mur des


sables.

Terrorisme
Le Maroc est confronté depuis plusieurs années au terrorisme islamiste, malgré une présence accrue des autorités sur le terrain de la lutte antiterroriste : l'une
des principales cellules islamistes est le Groupe islamique des combattants marocains (GICM).

Les attentats de Casablanca du 16 mai 2003, qui visent en particulier la communauté juive (un centre social, un cimetière et une pizzeria casher) font
350 350
45 morts et une centaine de blessés. Fin décembre 2006, deux islamistes marocains sont condamnés à mort par le tribunal antiterroriste de Salé pour
« préparation d'actes terroristes au Maroc ».

En 2007, plusieurs attentats-suicides touchent Casablanca, dans un cybercafé le 11 mars à Sidi Moumen et trois autres dans le quartier El Farah le 10 avril.
Deux policiers sont blessés lors de la deuxième explosion, un succombe à ses blessures lors de son transfert à l'hôpital, l'autre a des blessures moins lourdes et
351
survit .

Le samedi 14 avril 2007, un terroriste s'est fait exploser devant le Centre américain de langue, alors qu'un autre s'est fait exploser quelques secondes après à une
centaine de mètres de lui. Ces explosions n'ont fait aucun mort sauf les kamikazes eux-mêmes. La police a réussi dans la journée à arrêter le chef de la cellule
352
terroriste ainsi que son adjoint, et a pu localiser leur laboratoire où ils fabriquaient les explosifs .

Les attentats de 2007 ont été perpétrés à l'aide d'explosifs artisanaux de très faible puissance. Aucun lien entre ces derniers attentats et le terrorisme islamiste
international n'a pu être établi de façon certaine, contrairement aux attentats de 2003.
353
Le jeudi 28 avril 2011, au centre de Marrakech, a lieu un attentat dans le café Argana tuant 17 personnes dont plusieurs touristes .
Le dimanche 11 janvier 2015, au lendemain des attentats perpétrés en France par des islamistes radicaux, le Maroc a dépêché son ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération Salaheddine Mezouar pour représenter le royaume. Le ministre marocain a été le seul à poser des conditions basées sur des
considérations religieuses à sa participation à la marche multiconfessionnelle pour dénoncer les attentats. Le Maroc a été le seul pays représenté officiellement à
354, 355
ne pas participer à la marche de solidarité .

Démographie
D'après le recensement de la population légale de 2014, le Maroc comptait alors environ 33,84 millions d'habitants, dont
356
86 206 étrangers .

Le pays a connu tout au long du xxe siècle une forte croissance démographique qui a multiplié par 6 sa population depuis
1912. Durant la même période, la proportion de citadins a augmenté constamment atteignant 55 % en 2005 : le pays
compte aujourd'hui une trentaine de villes de plus de 100 000 habitants (alors qu'il n'en existait aucune un siècle
auparavant) ; trois agglomérations comptent plus d'un million d'habitants : Casablanca, Rabat-Salé et Fès.
Évolution de la démographie entre
Le Maroc est un des premiers pays d'Afrique après la Tunisie et l'Algérie à avoir entamé sa transition démographique : 1961 et 2003 (chiffres de la FAO,
357
l'indice de fécondité synthétique a chuté de 7,2 à 2,5 entre 1962 et 2004 . En 2023, il est de 2,05, c'est-à-dire en deçà 2005). Populations données en
358 milliers d'habitants.
du seuil de remplacement (2,1) .

Évolution démographique
Année 1912 1936 1952 1960 1971 1982 1994 2004 2014
Population totale 5 7 9,1 11,6 15,4 20,4 26,1 29,9 33,8
Population urbaine 0,4 1,4 2,4 3,4 5,4 8,7 13,4 16,5 20,4
Pourcentage 8 % 20 % 26 % 29 % 35 % 43 % 51 % 55 % 60,3 %
359
Source 2005

Ethnies

Arabes, Berbères et Noirs


La population marocaine est principalement de souche berbère (berbérophones et Berbères arabisés), arabe et juive. Les principales ethnies berbères sont les
Chleuhs, les Rifains et les Zayanes. Une partie des arabophones des plaines atlantiques et du Sahara descend des Banu Hilal et des Banu Maqil venus sous le
360 361
règne des Almohades et des Mérinides. La traite des Noirs, probablement présente dès le viie siècle et qui ne s'achève qu'au début du xxe siècle a
362
également contribué à un certain métissage de la population .

À partir de la fin du xve siècle et jusqu'au début du xvii


e
siècle, le Maroc accueille des populations fuyant la chute d'Al-Andalus : Andalous principalement
arabophones, Juifs megorachim et enfin Morisques.

Le xxe siècle voit le bouleversement des structures sociales et démographiques marocaines, marqué par l'exode juif vers Israël, l'Europe et l'Amérique du Nord,
les mouvements de migration internes dus à l'exode rural, ainsi que l'installation de communautés européennes à partir de la première moitié du xxe siècle puis
africaines subsahariennes à partir du début du xxie siècle.

Turcs, convertis et Jenkanes


On trouve aussi plus rarement des éléments d'origine turque ou kouloughlis, témoins d'échanges historiques entre le Maroc et l'Empire ottoman, et qui sont
363, 364
établis dans certaines villes comme Oujda, Tétouan et Rabat , et d'autres éléments, d'ascendance européenne, liés à la présence multiséculaire de renégats
365
occidentaux convertis à l'islam (parmi les renégats les plus connus de l'histoire marocaine figurent l'Espagnol Jawdar Pacha, le Néerlandais Murad Reis,
l'Anglais Ahmed El Inglizi et la Corse Dawia Franceschini).
366
Par ailleurs, le Maroc aurait également accueilli une population de Gitans nommés les Jenkanes et probablement apparentés aux Doms.

Juifs
367
La présence juive au Maroc est attestée dès le iie siècle av. J.-C.. les Juifs connaissent ensuite la période romaine de la Maurétanie tingitane , la période pré-
368, 369, 370
islamique des Vandales et des Byzantins puis la conquête musulmane du pays , pour devenir durant des siècles des sujets tolérés dans leur statut de
dhimmis, payant l'impôt de capitation (la djizia) mais subissant toujours une rigueur et une discrimination religieuses et sociales faites de persécutions
371
antijudaïques ou antisémites, selon les historiens , qui humilient, maltraitent, appauvrissent, massacrent ou assimilent de force une grande partie de cette
372, 373
communauté, à coups d'abus de pouvoir et d'arbitraire . Ainsi, certaines familles fassies descendent de juifs islamisés à l'époque des Almohades et sont
374
nommées les Beldiyin .

Leur condition varie « avec des degrés de gravité plus ou moins différents selon le contexte politique, la conjoncture économique et la localisation
372
géographique » au Maroc .

Traditionnellement, les juifs citadins devaient résider dans des quartiers nommés mellahs et situés dans les villes principales dans le voisinage des palais du
372
sultan et porter des vêtements qui les discriminent .

La communauté juive était généralement bilingue voire polyglotte et employait outre le français (depuis le début du xxe siècle), le dialecte judéo-marocain, le
judéo-espagnol local (haketiya), la darija marocaine ou l'une des différentes langues amazighes en fonction de son origine géographique et culturelle (séfarade
andalouse avec les Megorachim ou berbère autochtone avec les Tochavim) ; l'hébreu étant alors exclusivement réservé à la liturgie religieuse et à l'étude des
textes de la Torah et du Talmud.
Après la création de l'État d'Israël, suivie des émeutes antijuives de Oujda et
375
Jérada en 1948 , celle de Petit-Jean (Sidi Kacem) en 1955 (et malgré les paroles
376
rassurantes de Mohammed V dans son discours du Trône) , après les
persécutions antijuives des années 1960 par les Oulémas, l'Istiqlal ou le ministre
377, 378, 379
Allal El Fassi , et après les différentes guerres israélo-arabes qui
suscitent de nouveaux troubles, l'essentiel de la minorité juive marocaine (forte de
380, 381, 382
plus de 350 000 personnes au moment de l'indépendance en 1956)
377, 378
quitte le pays avec difficulté, en raison de l'opposition des autorités . De nos
383
Inscription funéraire au nom en grec
jours, il reste moins de 3 000 juifs vivant à Casablanca et dans les grandes
384
de Caecilianus, qualifié de chef de villes marocaines mais les petites communautés rurales juives berbérophones
la communauté juive de Volubilis et (notamment de l'Atlas, la vallée du Draa et l'Anti-Atlas) ont totalement disparu.
fondateur sa synagogue (iiie siècle).
385
Depuis 1997, Casablanca abrite le musée du Judaïsme marocain et depuis
2016, son annexe le musée El Mellah.

Exécution d'une juive au Maroc (Sol


Étrangers Hachuel) par Dehodencq (1860).
La plupart des étrangers vivant au Maroc sont des Français, des Algériens et des Espagnols, auxquels s'ajoutent des
386 387
Africains subsahariens, des Indiens (communauté établie depuis les années 1930 ), des Chinois et des Syriens
réfugiés fuyant la guerre qui ravage leur pays. De plus en plus de retraités européens viennent vivre au Maroc, en
particulier à Marrakech et à Agadir.

Religion

Islam
La religion la plus représentée est l'islam, qui regroupe 99,9 % des croyants. L'islam est la religion officielle, mais la Ruines du mellah de Mogador.
coexistence avec les autres religions est effective (la pratique des autres religions révélées est d'ailleurs garantie par la
Constitution).

La journée est rythmée par cinq appels à la prière. La vie religieuse suit le calendrier musulman. Il débute en 622, l'année
où le prophète Mahomet quitta La Mecque pour s'établir à Médine où il avait beaucoup plus d'adeptes. L'année
hégirienne, année lunaire, se compose de douze mois, mais est plus courte que l'année solaire. Le mois de Ramadan et
les grandes fêtes religieuses varient par rapport au calendrier grégorien.

La vie civile est régie par le calendrier grégorien. À la différence d'autres pays musulmans, le week-end se compose du
samedi et du dimanche. Le vendredi n'est pas férié mais administrations et services publics allongent leur pause-déjeuner
388
pour permettre aux fidèles de se rendre à la prière . Célébration de l'Aïd el-Fitr au
Maroc.
Judaïsme, christianisme, bahaïsme
Le judaïsme et le christianisme (ce dernier reste principalement représenté par les résidents européens et par un certain
26
nombre de ressortissants subsahariens) suivent avec respectivement 0,01 % et 0,2 % de la population .
381
Sur les 265 000 Juifs qui vivaient au Maroc il y a une cinquantaine d'années , 35 000 Juifs émigrèrent en Israël avant
1954, 33 000 après 1956 ; la majorité de ceux qui restaient quittèrent le pays lors de la guerre du Kippour (1973),
372
craignant l'antisémitisme ou que le Maroc ne rejoigne ce conflit . Seulement environ 3 000 en 2013, et environ 2 200
389, 383
en 2017 vivent au Maroc à l'heure actuelle , où ils sont devenus des citoyens à part entière. En tout, les deux tiers
390
des anciens Juifs marocains se sont expatriés sur le territoire israélien et les autres notamment au Canada, en France Jeunes juifs lors des festivités de
391, 372 Pourim à Demnate (1955).
voire en Espagne .

Divers dirigeants chrétiens locaux estiment qu'entre 2005 et 2010, il y a 5 000 citoyens marocains convertis au
christianisme (principalement protestantisme évangélique) qui fréquentent régulièrement les églises de maison et vivent
392
principalement dans le sud . Certains dirigeants chrétiens marocains estiment qu'il pourrait y avoir jusqu'à 8 000
chrétiens dans tout le pays, mais nombre d'entre eux ne se réuniraient pas régulièrement par crainte de la surveillance du
393
gouvernement et de la persécution sociale . Le nombre de Marocains convertis au christianisme (la plupart gardent
394, 395, 396, 397
leur foi secrète pour ne pas être persécutés) est estimé entre 8 000 et 50 000 .
393
La communauté baha'ie, située dans les zones urbaines, compte 350 à 400 personnes .

Cimetière chrétien à Oujda.


Langues
398
Les langues officielles du Maroc sont le berbère et l'arabe classique qui se décline lui-même en plusieurs dialectes
parlés selon les régions, comme les parlers hilaliens dans les plaines occidentales par exemple.

Le pays considère comme autres langues culturelles le français et l'espagnol (au Sahara occidental).

Arabe

Littéraire
La langue enseignée dans les écoles publiques et employée à l'écrit, dans les discours formels et les médias est l'arabe littéraire.
Elle n'est bien maîtrisée que par la population la plus éduquée.

Dialectal
Par un phénomène de diglossie, le dialecte arabe couramment parlé dans la rue et la vie quotidienne est la darija, ou arabe marocain, langue maternelle des
399
Marocains arabophones (environ 60 % de la population ) et pratiquée également par les berbérophones dans leur grande majorité (bien que beaucoup
d'hommes et de femmes, surtout en milieu rural, ne parlent que le berbère). La darija diffère peu des autres dialectes du Maghreb mais est incompréhensible
pour les locuteurs du Machrek, contrairement à l'arabe littéraire qui sert alors de lingua franca.

Le hassanya, dialecte arabe utilisé dans le Sahara et les régions du sud (Guelmim, Assa, Tarfaya, M'Hamid El Ghizlane), est cité lui aussi dans la Constitution,
398
après l'arabe et l'amazighe .

Amazighe (berbère)
399 400
Environ 40 % de la population parle l'amazighe . La reconnaissance de l'amazighe est une revendication ancienne
des mouvements berbères qui s'estiment culturellement opprimés par la politique d'arabisation menée après
401
l'indépendance. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI a créé l'Institut royal de la culture amazighe , régi par le
o
dahir royal n 1-01-299 et qui a pour vocation de donner avis « sur les mesures de nature à sauvegarder et à promouvoir
la langue et la culture amazighes dans toutes ses formes et expressions ».
402
Le 1er juillet 2011, la Constitution approuvée par référendum à plus de 98 % , fait de l'amazighe une langue officielle
du Maroc, après l'arabe, et institue un Conseil national des langues et de la culture marocaine « chargé notamment de la
protection et du développement des langues arabe et amazighe ». Cette mesure, considérée comme une défaite par
403
certains arabophones , ne satisfait pas pleinement les amazighophones qui notent que seul l'arabe, dans la Constitution,
bénéficie de la protection et des efforts de développement de la part de l'État.
Signalisation routière bilingue à
Étant une langue de tradition principalement orale, la langue berbère présente de nombreuses variantes régionales ou Nador, en tifinagh, apparue le
locales dans toute l'Afrique du Nord. Pour ce qui concerne le Maroc, les linguistes ont coutume de distinguer trois 29 avril 2003.
404
principaux parlers, le rifain au Nord, le tachelhit au Sud et le « tamazight du Maroc central » , en plus de dialectes
405
parlés par un nombre plus restreint de locuteurs comme le chleuh de Figuig à l'est, le ghomari au nord et le sanhadji
405
de Srayr dans le sud du Rif. Cependant cette classification reste très théorique, la transition entre ces différentes variantes étant progressive ; de plus, les
mouvements de population et notamment l'émigration vers les villes modifient la répartition traditionnelle.

L'amazighe développé par l'IRCAM se veut une langue commune à toutes les régions du royaume, empruntant un peu à tous les dialectes et réinventant
l'alphabet tifinagh, au risque de créer un sabir incompréhensible pour tous.

Français
Le français est la langue de l'économie, des études supérieures scientifiques et techniques, et la langue de travail de
plusieurs ministères. Il est enseigné dans les écoles primaires, collèges et lycées, dans toutes les universités et dans les
écoles supérieures. Le français intervient également de facto comme langue administrative à côté de l'arabe. La forte
persistance du français dans la vie administrative est en partie due au règne du roi Hassan II (1961-1999), monarque
notoirement connu pour sa maîtrise de cette langue et ayant effectué l'intégralité de ses études en France.

L'enseignement dans les écoles publiques ayant été arabisé puis islamisé dans les années 1980, les familles issues de
l'élite marocaine préfèrent scolariser leurs enfants dans le privé afin de leur donner une meilleure maîtrise du français et Institut français de Rabat.
une meilleure ouverture sur le monde.
406
Selon une enquête publiée en 2010 , le français est très largement maîtrisé au Maroc : 10 366 000 personnes sont considérées comme francophones (sachant
le lire et l'écrire), soit 32 % de la population totale ou 39 % de la population âgée de 10 ans et plus. Ceci n'inclut pas les personnes sachant parler le français
mais qui ne savent pas l'écrire ou le lire. Le français est bien plus parlé en ville qu'en milieu rural.
407
Plusieurs régions marocaines sont membres de l'Association internationale des régions francophones et le Maroc fait partie de l'Assemblée parlementaire de
la francophonie.

Autres langues
L'espagnol reste pratiqué dans le nord du pays et dans le Sahara, du fait de l'ancienne présence espagnole.

L'anglais, l'allemand et l'italien sont aussi très pratiqués dans le secteur touristique.

Éducation supérieure
150

Une étude de la Revue internationale d'éducation de Sèvres juge « vitale une réforme radicale qui permettra au système éducatif marocain de progresser et de
150
remplir ses missions ». Une classe peut ainsi comprendre une cinquantaine d'élèves .
Il existe au Maroc une quinzaine d'universités publiques comprenant 230 000 étudiants, et plusieurs universités privées
dont l'université Al Akhawayn à Ifrane et l'Université internationale de Rabat. Le Maroc compte aussi un grand nombre
de grandes écoles d'ingénieurs et de commerce telles que l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile,
l'EHTP, l'EMI, l'ISCAE et l'ENCG.

Émigration

Université Al Akhawayn, Ifrane.


Immigration
Il existe au Maroc une importante communauté algérienne issue notamment des vagues d'exil datant de la période
coloniale (ces vagues concernent aussi la Tunisie). Le Maroc accueillait également en 2007 une communauté d'expatriés français de l'ordre de
408
42 644 individus . Enfin, les divers protocoles d'accords culturels signés avec de nombreux pays africains et portant notamment sur l'octroi de bourses
d'études ont permis au Maroc d'accueillir en 2007 une communauté de 9 500 étudiants subsahariens (chiffre représentant 70 % de l'ensemble de la communauté
409
estudiantine étrangère) .
410
Par ailleurs une communauté chinoise commence à se constituer à Casablanca, notamment au sein du quartier commerçant de Derb Omar . Signe de relations
386
anciennes avec l'Asie, le Maroc abritait déjà une communauté indienne historique établie depuis les années 1930 . Depuis le déclenchement de la guerre
civile syrienne en 2011, le Maroc accueille également des réfugiés originaires de Syrie. Une importante communauté belge existe aussi au Maroc. En février
411
2016, 4 000 Belges résident au Maroc et sont inscrits au consulat belge, et entre 20 000 et 40 000 Belges y séjournent l'essentiel de l'année .

Armée et police
Les différents corps d'autorité ayant un pouvoir de police sont la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN — police urbaine à statut civil), la
Gendarmerie royale (police rurale à statut militaire), les Forces auxiliaires (garde nationale et territoriale — rurale, urbaine, aux frontières — à statut militaire),
la Direction générale des affaires intérieures (police préfectorale et provinciale, avec contrôle administratif et territorial par les moqqademns, chioukhs, caïds,
préfets, walis), la Douane (police fiscale), la Protection civile (sapeurs-pompiers de protection), la Brigade des eaux et forêts (police des eaux et forêts).

Parmi ces différents corps, seules la DGA, la Protection civile et la Brigade des eaux et forêts ne sont pas armés. Certains corps sont régis comme paramilitaires
(Gendarmerie royale, Forces auxiliaires, Protection civile).

La fonction d'autorité est attribuée à tous ces corps. La fonction de police est attribuée à la DGSN, à la Gendarmerie royale, aux Forces auxiliaires et à la DGA.
Quant à la fonction militaire de défense, elle est attribuée à la Gendarmerie, aux Forces auxiliaires et bien sûr aux Forces armées.

Les armées marocaines se composent de :

une armée régulière professionnelle de 256 000 hommes, les Forces armées royales, dépendant de l'Administration de la défense
nationale (ADN) ;
une garde nationale de 45 000 militaires, les Forces auxiliaires, qui dépendent du ministère de l'Intérieur ;
une réserve de 250 000 militaires.
Soit 301 000 militaires professionnels et 250 000 militaires réservistes, au total environ 550 000 soldats.

En effectif, l'armée marocaine est la deuxième armée d'Afrique, derrière l'armée égyptienne, et la 21e armée au monde [réf. souhaitée].

En août 2018, le gouvernement marocain adopte un projet de loi rétablissant le service militaire obligatoire dans le royaume, où la conscription avait été abolie
412
depuis 2006 .

Forces armées royales


Les Forces armées royales sont un ensemble de cinq armées dépendant de l'Administration de la défense nationale. Le
roi du Maroc porte le titre de « chef suprême et chef d'état-major général des Forces armées royales ». Celles-ci ont été
créées le 14 mars 1956, à la fin du régime du Protectorat (la Marine royale a seulement été fondée en 1960). Elles ont
combattu lors de la guerre des Sables en 1963, puis sur le front du Golan en 1973, contribué à sauver le régime zaïrois en
1977 lors des guerres du Shaba, se sont illustrées lors des affrontements avec le Polisario pour le contrôle du Sahara
occidental, surveillent le mur marocain et ont participé en 1991 à la guerre du Golfe. Elles sont également intervenues en
Somalie en 1993 et au Kosovo en 1999.

Le 14 juillet 1999, elles ont défilé sur les Champs-Élysées, ce qui était alors exceptionnel pour une armée non française,
413
à l'invitation du président de la République française de l'époque : Jacques Chirac .

Aujourd'hui, elles participent aux missions de paix (MONUC, ONUCI, EUFOR, KFOR…). Elles sont très bien Drapeau des Forces armées
entraînées et considérées comme l'une des meilleures armées africaines. De nombreux généraux, mais aussi officiers et royales.
sous-officiers africains, sont formés à l'école militaire de Rabat où l'ancien souverain Hassan II a été formé. Mais
également, les Forces armées royales (FAR) sont impliqués depuis 2020 dans les combats face au Front Polisario, avec
l'incident d'El-Guerguerat qui a relancé les hostilités entre les indépendantistes sahraouis et le Maroc.

Composition
Les FAR sont des armées régulières et comprennent cinq armées :

l'Armée royale, ou l'Armée de terre, avec 180 000 hommes ;


la Marine royale, avec 9 000 hommes ;
les Forces royales air, avec 13 000 hommes ;
la Garde royale, avec 5 000 hommes ;
la Gendarmerie royale, avec 50 000 hommes.
414 Plaque d'immatriculation des
Elles disposent aussi d'une réserve de 150 000 militaires .
voitures de l'Armée royale du
Maroc.
Les FAR sont composés ainsi de près de 250 000 soldats militaires professionnels et 150 000 militaires réservistes, soit
415
au total 400 000 soldats .

Garde royale
La Garde royale marocaine est un corps d'armée chargé de la sécurité du roi et des palais royaux. Elle a aussi une
fonction protocolaire.

Elle est composée aujourd'hui de plus de 5 000 hommes répartis en quatre bataillons d'infanterie et services, et deux
groupes d'escadrons à cheval.

La Garde royale puise ses origines dans la prestigieuse Garde noire qui fut créée en 1088 par l'Émir almoravide Youssef
Ibn Tachfine pour assurer sa protection. Elle doit ce nom de garde noire à l'origine de ses troupes, traditionnellement
recrutées aux confins méridionaux des territoires du sultan, dans la région du fleuve Sénégal et sur l'ancien territoire de
l'Empire songhaï du Mali, appelé alors Soudan marocain, ainsi qu'en Guinée.

Gendarmerie royale Drapeau de la garde royale


marocaine.
À l'indépendance du Maroc, la Gendarmerie royale marocaine fut créée par le décret-loi (Dahir) du 29 avril 1957 et prit
la relève de la légion de gendarmerie française du Maroc. Elle se compose aujourd'hui de 23 000 hommes. Le décret-loi
reprend très largement le décret organique français du 20 mai 1903 et prolonge ainsi l'organisation, les principes d'action
et les missions de l'ex-légion dissoute. Depuis octobre 1999, la gendarmerie royale est membre de l'Association
internationale de gendarmeries et forces de police à statut militaire (FIEP).

La gendarmerie fait partie intégrante de l'Administration de la défense nationale, notamment en sa qualité de Police
militaire judiciaire. Il s'agit d'une armée dans l'armée, tant cette gendarmerie concentre des pouvoirs et moyens
(financiers et militaires) très importants (Gendarmerie marine, de l'air, de terre, de police administrative, de police
judiciaire, de police militaire judiciaire, mobile, d'intervention (GIGR), de sécurité royale, et la fameuse élite de
gendarmerie qui constitue le corps de la Garde royale). Ainsi l'on voit que la gendarmerie royale est l'élite des forces
armées marocaines.

Elle est rattachée pour emploi au roi, chef suprême et chef de l'état-major général des forces armées royales, et pour Drapeau de la gendarmerie royale
administration et gestion au Secrétariat général pour l'administration de la défense nationale qui reçoit délégation du marocaine.
Premier ministre. Elle assure d'ailleurs la sécurité du souverain.

La gendarmerie relève également du ministre de la Justice, pour l'exercice de la police judiciaire, et du ministre de l'Intérieur pour l'exercice de la police
administrative.

Les principes d'action sur le service de la gendarmerie royale sont contenus dans le Dahir du 14 : la gendarmerie royale assure des missions de police judiciaire
(à la campagne), administrative, militaire (en temps de paix ou en temps de guerre), de service d'ordre, de maintien de l'ordre…

Forces auxiliaires marocaines


Les Forces auxiliaires marocaines sont des forces paramilitaires non armées qui « concourent avec les autres forces de police » et que l'on retrouve auprès des
différents corps d'autorité du Maroc. Les agents des Forces auxiliaires sont anciennement nommés Mkhaznis ou Mrouds. Autrefois présents partout y compris en
ville pour disperser les manifestations, les attroupements de hooligans les jours de match, assurer les couvre-feux après minuit jusqu'à 1985, et garder des
bâtiments publics, voire des banques privées. Aujourd'hui tous les établissements publics ont été forcés de faire appel à des sociétés de sécurité privées, excepté
les tribunaux et les prisons qui sont gardées par des policiers. À cause de leurs rôles comme forces antiémeutes pendant les années 1980, les éléments des
Forces auxiliaires ont été pendant longtemps méprisés par la société marocaine, même une fois déployés en zones rurales où ils apportent un grand soutien à la
prévention des feux de forêts, participent aussi à éteindre les feux avec les pompiers, aident les populations rurales en cas de sinistres. Les FA sont aussi postées
sur les rives maritimes, protègent les randonneurs et surveillent les zones de baignade dangereuse, gardent les côtes contre les trafics d'armes, de drogues,
d'émigration clandestine et de vol de sable en zone fragile.

Malgré leur disponibilité, ces derniers sont les premiers à intervenir en cas d'inondation par exemple. Les Marocains, notamment les jeunes, gardaient encore
une relative haine envers les FA ; cependant, depuis un triste événement survenu en 2010 où pendant une de leurs interventions à Gdeim Izik dans une zone
rurale à une dizaine de kilomètres de Laâyoune pour disperser un campement sauvage d'activistes Sahraouis, les FA ont perdu onze de leurs membres
416
assassinés par des jeunes militants Sahraouis pro-Polisario. Une partie de ces onze membres assassinés ont été égorgés par les militants indépendantistes
sahraouis, filmés et postés sur YouTube. Depuis cet incident les Forces auxiliaires bénéficient d'un grand élan de sympathie de la part de la population
marocaine, un élan qui a été exploité par quelques membres de ces Forces qui postaient anonymement sur internet la situation précaire de leurs revenus. À la
suite de cela, des collectes de dons en faveur des enfants des membres de FA assassinées et plusieurs pétitions ont eu lieu pour réclamer la mise à niveau de
417 418
leurs salaires, chose qui a été accomplie en 2011 puis en 2014 . La réévaluation des salaires des Forces auxiliaires fut compliquée. Tout d'abord du fait que
le Maroc est une démocratie et donc contrairement aux nombreuses dictatures militaires du tiers-monde où les seuls fonctionnaires bien entretenus sont les
militaires, au Maroc généralement pour le même niveau d'études, un civil est mieux rétribué qu'un militaire. Les FA ont un statut militaire mais dépendent du
ministère de l'intérieur, cependant le revenu des forces auxiliaires relève du budget du ministère de la Défense. Alors qu'au ministère de l'Intérieur les plus bas
échelons de rémunération des policiers dépassaient 3 000 dirhams ou 4 000 s'ils sont mariés, le revenu des forces auxiliaires avant 2011 était dérisoire (à peine
1 400 dirhams) quoiqu'ils officiaient souvent en zones rurales et bénéficiaient d'un logement de fonction. Depuis 2011 au moins trois augmentations majeures
ont eu lieu les concernant mais on ne connaît toujours pas leur salaire actuel.

417
417
Les Forces auxiliaires se composent de 47 000 hommes et constituent l'un des six corps des Forces armées du Maroc, à côté de la Gendarmerie, de l'Armée
de terre, de l'aviation, de la marine et de la Garde royale. Les FA sont en très grande majorité des unités paramilitaires non armées, elles ne portent que des
matraques en caoutchouc. Cependant, les unités servant de gardes-côtes et assistant à la surveillance des frontières sont armées. Comme armement, elles
possèdent des MAS 36, des AK-47, des MAG et des véhicules blindés Thyssen Henschel UR-416, Panhard AML.

Protestations sociales
De 2011 à 2013, le Maroc a connu une grande vague de protestations sociales sans précédent où des centaines de
manifestations immenses ont eu lieu dans tout le pays ; dans les villes la sécurité des cortèges a été assurée par des
policiers afin d'éviter les pillages de magasins et les échauffourées. Dans les petits villages et en zone rurale ce sont les
forces auxiliaires qui ont joué le rôle d'unités antiémeutes.

Alors qu'on a dénombré des morts assassinés par les forces de l'ordre par
centaines voire par milliers dans la plupart des pays lors du printemps arabe, au
Maroc les manifestants descendirent dans la rue chaque dernier dimanche du mois
Manifestation réclamant des
par millions sans qu'aucune victime ne soit à déplorer dans aucune manifestation.
réformes et plus de démocratie
Les forces auxiliaires qui sont souvent d'un âge très avancé qui les empêche de
(février 2011).
communiquer avec les jeunes semblaient avoir bien pris conscience que ce furent
ces mêmes jeunes qui ont réussi à leur obtenir leur augmentation salariale grâce à
leurs pétitions Facebook, les jeunes manifestants distribuaient parfois des fleurs aux forces antiémeutes. Le chef de file 35 arrestations et des dizaines de
blessés lors d'une manifestation à
du mouvement du 20 février qui fut à l'origine de ces grandes manifestations est fils d'un policier au plus bas de l'échelle,
Casablanca (22 mai 2011).
que sa hiérarchie harcelait et avait tout fait pour qu'il change l'avis de son fils qui habitait encore sous son toit.

Sûreté nationale
La Sûreté nationale est un corps d'autorité et de police nationale à statut civil, agissant dans les communes urbaines et dépendant du ministère de l'Intérieur.

Avec près de 60 000 policiers, la Sûreté nationale est divisée en plusieurs services :

police judiciaire ;
sécurité publique ;
systèmes d'information, de la communication et du diagnostic ;
renseignements généraux ;
ressources humaines ;
équipement et budget.
L'importance des services et attributions de la Sûreté nationale font d'elle un puissant corps d'autorité, à statut civil mais rival de la Gendarmerie.

Services de renseignements marocains

Sous la tutelle du ministère de l'Intérieur

Renseignements généraux marocains (RG)


Service autonome de renseignement des Forces auxiliaires marocaines (FA)
Direction générale de la surveillance du territoire du Maroc (DGST)
Direction générale des affaires intérieures (DGAI)

Sous la tutelle du ministère de la Défense

Direction générale des études et de la documentation (DGED)


2e Bureau (2B)
5e Bureau (5B)
Service de renseignement de la Gendarmerie royale marocaine

Culture
Même si la grande majorité de sa population est musulmane avec un fond ethnique berbère prédominant, le Maroc se veut un pays multiculturel du fait de ses
contacts multiples et plus ou moins importants tout au long de son histoire, notamment avec les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Vikings, les Arabes,
419, 420, 421
les Juifs, les Portugais, les Ottomans, les Africains subsahariens, les Espagnols et les Français .

L'état civil marocain n'autorise pas de nombreux prénoms que des parents marocains souhaitent donner à leurs enfants pour des raisons de « rupture avec
422
l'identité marocaine » . Alors que cette mesure concernait surtout les prénoms berbères, elle « est de plus en plus élargie aux appellations d’origine arabe, liés
422
à l'islam ou parfois inspirés des célébrités de cinéma . »

Artisanat
La région est réputée pour ses tapis de campagne, ses paniers et ses différents autres objets de grande utilité. Le tissage de tapis modernes et la broderie sont très
prospères surtout dans les complexes artisanaux.

D'autres objets de grande utilité sont fabriqués par les artisans de la région, tels que les tajines, les jarres, etc.
Les artisans marocains sont également réputés pour avoir le sens de la ligne et de la couleur dont témoignent les objets
en tout genre qu'ils fabriquent et ornementent. « Les plaques de métal martelées repoussées ciselées sont populaires au
Maroc. Le damasquinage, qui consiste à enchâsser un fil de cuivre, d'or ou d'argent sur une surface de fer ou d'acier, se
retrouve dans l'ornementation des armes, sabres et fusils. Les lanternes ajourées, aux verres multicolores et aux cuivres
423
découpés, sont d'un art délicat et fragile » . En poterie, faïences, céramiques, les Marocains révèlent tout leur art dans
la décoration des amphores, des terrines, des grands plats…

Caftan marocain
Les caftans du Maroc sont des vêtements originaires de l'Andalousie mauresque (Al-Andalus) où les élites arabo-
musulmanes de l'Empire omeyyade (dont Zyriab, le père de la musique arabo-andalouse) ont apporté à partir du ixe siècle
les caftans empruntés aux Perses.

Entre le IXe et le xve siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont progressivement
donné aux caftans leurs touches civilisationnelles, alors que l'Andalousie mauresque des Omeyyades de Cordoue s'est
construite en opposition vis-à-vis de l'Empire abbasside de Bagdad. Cette divergence va se traduire entre autres par la
divergence des tenues vestimentaires.
Chromo vantant l'artisanat marocain
(1937).

Caftan marocain du
e
xix siècle.

Tajines in a pottery shop in


Morocco.

Fantasia
Au vu des diverses archives actuelles, il est clair que cette tradition est bien inscrite dans le patrimoine séculaire équestre
marocain.

Au Maroc, pays fortement agricole et resté longtemps tribal (et cela même après l'indépendance en 1956 du pays), cette
démonstration de fantasia va perdurer en devenant une tradition tribale, rurale et religieuse : les tribus guerrières rurales
l'associeront, avec la collaboration active de la population, aux Moussem (fête des semailles, de la moisson) et à la fête
d'un saint de la tribu (ou reconnu par la tribu) et cela de façon annuelle et séculaire. La fête des saints a été instaurée au La célèbre fantasia marocaine.
e 424
xv siècle par les Mérinides .

Musées
Le Maroc abrite une variété de musées qui reflètent son histoire, sa culture et son art:

1. Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat: Ce musée présente des œuvres d’art moderne et contemporain du Maroc et
d’ailleurs. Il est situé dans le quartier de l’Océan à Rabat.
2. Maison de la Photographie à Marrakech : Ce musée expose des collections de photos historiques du Maroc.
3. Musée Dar Si Saïd à Marrakech : Situé dans un ancien palais, ce musée met en valeur l’artisanat marocain, notamment la céramique, les
tapis et les bijoux.
4. Musée Nejjarîn des Arts et Métiers du bois à Fès, musée Art D’Argile, Dar Batha Museum, Musée des armes : Situé dans le fort Borj Nord, ce
musée abrite une collection d’armes marocaines, allant de la préhistoire au XXe siècle.
5. Musée du Palais Dar Jamaï à Meknès : Ce musée abrite des collections d’art islamique, d’archéologie et d’ethnographie.
6. Musée de l'histoire et des civilisations de Rabat : Ce musée présente des artefacts et des découvertes archéologiques du Maroc, remontant
à la préhistoire et à la période antique.
7. Musée des Oudayas à Rabat : Situé dans la médina de Rabat, ce musée offre un aperçu de la vie traditionnelle marocaine.
8. Musée National de la Céramique à Safi : Il expose des pièces de céramique traditionnelle et contemporaine.
9. Musée Bab El Oqla à Tétouan : Ce musée est consacré à l’histoire et à la culture de la région de Tétouan.
10. Le musée de la Kasbah à Tanger, Le musée de la légation américaine, Le Musée d'art contemporain, Le Dar el Makhzen, Le Musée
Municipal de Tanger, Le Musée des Cultures Méditerranéennes, Le musée Forbes, Le Musée des Antiquités.
385
11. Depuis 1997, Casablanca abrite le musée du Judaïsme marocain , avec son annexe le musée El Mellah également à Casablanca et
inauguré en 2016.

Autres lectures

Médias
Le premier journal à apparaître au Maroc était un hebdomadaire anglophone appelé « Maghreb Al Aksa », en 1877. De telles publications n'étaient
généralement pas disponibles dans les villes marocaines jusqu'en 1908.

Pendant le protectorat français, à partir de 1920, commença l'apparition des publications françaises comme L'Écho du Maroc et La Vigie marocaine. Elle fut
suivie par le lancement d'un groupe de presse appelé Mas, qui publia Farmhouse ainsi que les quotidiens Le Petit Marocain et L'Écho du Maroc, bien que ces
derniers continuèrent à s'adresser principalement aux étrangers.

Ensuite, les nationalistes marocains tels que Mohamed Hassan Ouazzani commencèrent leurs propres publications. En 1933, ce dernier fonda « L'Action du
peuple », un hebdomadaire francophone. Plus tard, Abdelkhalek Torres et Mohamed Bennouna, à Tétouan, publièrent en arabe, respectivement deux
publications : « Al Salam » et « Al-Hayat ». Ces journaux donnèrent aux nationalistes une plateforme pour exprimer leurs revendications indépendantistes vis-à-
vis de la France et de l'Espagne. De plus en plus de journaux étrangers furent publiés au Maroc.
425
Plus tard, le Maroc édita un « code de la presse », le 15 novembre 1958 .

Actuellement
Le gouvernement marocain dispose de nombreux moyens audiovisuels comme la radio et la télévision marocaine (2M, Arriyada).

L'agence de presse marocaine Maghreb Arabe Presse et un quotidien en langue arabe Al-Anbaa sont des organes officiels du gouvernement. Des organes semi-
officiels sont les suivants : le quotidien Assahra Al Maghribia, le quotidien de langue française Le Matin du Sahara et du Maghreb.

Les Marocains ont à leur disposition environ 2 000 publications locales ou étrangères [réf. souhaitée].

Chaînes et radios

Presse

Gastronomie
La cuisine marocaine traditionnelle est extrêmement riche, elle tient un rang élevé
426
dans le classement international des meilleures gastronomies .

Le couscous et le tajine sont considérés comme des spécialités classiques et


constituent les plats de résistance des repas qui commencent par des assortiments
de salades variées (composées de tomates, poivrons, oignons, carottes, etc.). Ils
sont préparés avec du mouton, du bœuf, (voire du dromadaire, principalement
dans le Sud), de la volaille ou du poisson, accompagnés de légumes ou de fruits
secs. Le tajine de khlii aux œufs, la bissara, les grillades de brochettes, les fritures
Pastilla au poisson. Couscous.
de poissons et de fruits de mer, les sandwichs de type bocadillo (héritage de
l'influence espagnole dans le Nord), constituent les mets populaires par
excellence, ainsi que les escargots vendus par les marchands ambulants et servis dans un bouillon aromatisé. Durant
les fêtes, on mange d'autres plats plus raffinés : les pastillas, le tajine d'agneau au miel et pruneaux, le tajine de
poulet aux olives et citron confit, la mrouzia, la seffa, la rfissa, le couscous tfaya, les briouates salées farcies de kefta
(viande hachée et épicée) et assez proches des samoussas, le méchoui. Les soupes, comme la harira ou la hssoua,
occupent une place importante, notamment pendant les repas de rupture du jeûne de ramadan.

Le cumin, le safran, le ras el-hanout, le gingembre ou la cannelle agrémentent tous ces plats pour leur donner des
colorations et des saveurs particulières.
le Tajine.
Les pâtisseries traditionnelles, souvent à base d'amandes, sont également très diverses, et incluent par exemple les
célèbres cornes de gazelle, les chebakias, ou les sablés comme les ghoribas. Les beignets sfenj sont en outre
largement consommés pour accompagner le thé à la menthe, de même que les crêpes msemmen et baghrir.

Danse
Le ahidou est une danse collective traditionnelle, typique des Berbères du Moyen Atlas. Un demi-cercle se forme : hommes et femmes se croisent et se tiennent
la main. Au milieu, un ou plusieurs chefs de troupe mènent la danse au son du bendir, un grand tambourin.
Cette danse symbolise l'unité de la communauté et un moyen pour résoudre des
conflits quelquefois meurtriers qui se déroulaient autrefois au sein des tribus,
comme le rappellent les pacifiques joutes poétiques (abraz) mais aussi les sabres,
fusils, bâtons, utilisés par les danseurs.

Ahidous au Maroc.
Musique
La musique au Maroc est très diversifiée et se compose de quatre grands groupes
ou familles de musique : la musique berbère (amazigh), la musique africaine, la
Etals de pâtisseries marocaines
musique internationale, la musique hassanie des régions du sud et la musique (souk de Marrakech).
arabe.

Chaque groupe est lui-même constitué de sous-groupes. Ainsi la musique arabe au


Maroc est-elle constituée de musique arabe moderne influencée par la musique
arabe contemporaine du reste du monde arabe (Égypte, Liban, Syrie, Émirats
arabes unis, etc.), la musique arabe du terroir (populaire) propre à chaque région
Magasin vendant des instruments du Maroc, généralement chantée en arabe dialectal de chaque région, la musique
de musique marocains à Marrakech. « classique » arabo-andalouse, elle-même composée de sous-groupes de Fès,
Rabat, Salé, Tétouan, Oujda (gharnati). Le Rif et les Béni Snassen constituent le
berceau de la musique folklorique aarfa qui est la source de plusieurs genres de
musique guerrière comme reggada, allaoui, nâari. Il y a aussi le raï de la région d'Oujda trouvant sa source à proximité de
la frontière algérienne (Oran, Tlemcen, Saïda). La musique berbère du Souss se distingue par son système pentatonique,
ce qui la rapproche de la musique éthiopienne ou encore de la musique asiatique.
La chanteuse marocaine Oum, en
Enfin, il existe une nouvelle génération de jeunes, qui crée une musique qui synthétise l'esprit marocain aux influences concert à Rabat.
venues du monde entier (blues, rock, metal, reggae, rap marocain, etc.), soit une musique fusion. Un des évènements les
plus importants de cette scène « underground », est le festival du Boulevard des jeunes musiciens qui a lieu tous les ans à
Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même événement culturel.

Le Festival Mawazine-Rythmes du Monde est un festival de musique organisé chaque année aux mois de mai et juin, à Rabat et Salé depuis 2001. Selon un
classement de la chaine MTV, Mawazine est le deuxième plus grand festival de musique dans le monde en 2013. La musique amazighe (berbère) est, elle aussi,
divisée en sous-groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhite, tarifite, etc. Cette musique est aussi divisée en « moderne » et
« traditionnelle ».

La musique afro-marocaine, connue sous le nom de Gnaoua est propre à la région de Marrakech, Essaouira ainsi que le sud du Maroc, les paroles sont soit en
arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.

Cinéma
Le cinéma marocain regroupe à la fois les films, téléfilms et les productions cinématographiques produites au Maroc.

À l'opposé d'autres cinémas d'Europe ou du Maghreb, l'État marocain a longtemps laissé son cinéma trouver par lui-
même les moyens nécessaires à sa survie et son épanouissement national et international, créant ainsi un déséquilibre
entre cinéma commercial (souvent médiocre) et cinéma esthétisant à public essentiellement élitiste.

Le Protectorat français du Maroc (1912-1956) avait établi une commission de censure ayant survécu à l'indépendance.
Cet organisme de réglementation s'est occupé jusqu'aux années soixante-dix surtout de contrôler la distribution des films
427
étrangers en raison d'une production nationale encore faible comparée à celle des pays francophones voisins . De ce
« Cinéma indigène » à Fès (1918).
fait, le Maroc a laissé le champ libre à d'autres cinémas concurrents qui se sont affirmés aisément auprès du public
marocain ; aujourd'hui, il doit lui faire face avec plusieurs années de retard. Il en est de même pour d'autres secteurs
artistiques tel que la musique par exemple.

Récemment, la politique culturelle du pays a changé (en particulier sous l'impulsion du Festival international du film de
Marrakech) et le Maroc vient de se doter d'une toute neuve industrie du film (voir infra). À ce jour, le cinéma marocain
progresse et les nombreuses perspectives d'évolution semblent prometteuses ; le cinéma marocain est de plus en plus
sélectionné et/ou primé dans des festivals arabes, africains et occidentaux, ce qui encourage de plus en plus de jeunes à
se lancer dans une carrière dans le 7e art (voir infra). Ce progrès sert également de référence au cinéma africain.

Les cas de censures religieuses malgré la constitution de 2011 sont de plus en plus nombreux. Le film Exodus : Gods and
Festival de musique de Casablanca
Kings de Ridley Scott (évoquant l'exode hors d'Égypte des Hébreux) a tout d'abord obtenu son visa d'exploitation par le mettant à l'honneur les étudiants du
428
Centre cinématographique marocain, visa retiré quelques heures avant la projection pour « raisons religieuses » avant cinéma (2011).
d'être à nouveau autorisé après la censure de certaines scènes.

En mai 2015, alors qu'il était présenté devant un parterre de professionnels lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, le film Much Loved de Nabil Ayouch
a été sévèrement critiqué au Maroc au travers de quatre bandes-annonces mises à disposition du Festival de Cannes. Le film, qui traite la réalité de la
prostitution (féminine et masculine) au Maroc, et en particulier à Marrakech, a déplu aux intégristes religieux et au gouvernement qui a décidé pour raison
politique et religieuse une censure totale avant même que la demande de visa d'exploitation ne soit déposée, prétextant avoir visionné le film (alors qu'il n'a pas
encore été diffusé ailleurs qu'à Cannes). Les motifs invoqués sont de montrer la pure réalité de la prostitution, contrairement à l'idéologie forcenée prônée par le
gouvernement islamiste et les intégristes religieux qu'il n'y a ni prostitution ni homosexualité au Maroc, et surtout à
Marrakech. Pourtant, un précédent film de 2012 du même Nabil Ayouch, Les Chevaux de Dieu (évoquant les attentats-
suicides de Casablanca de 2003), plusieurs fois primé, montre une scène de viol d'un garçonnet de 10 ans par un autre de
14 ans, situation qui a alors semblé « normale » aux institutions.

Littérature

Fronton du cinéma Teatro Español à


Sport Tétouan (2019).

Le Maroc s'illustre dans de nombreux sports au niveau continental et mondial et constitue la locomotive du
développement du sport du continent africain et du monde arabe. À titre d'exemple, l'augmentation à cinq du nombre de
pays africains à représenter l'Afrique à la Coupe du monde de football est en partie due aux bonnes prestations que le Maroc
réalise ces trois dernières décennies dans ce sport. Il s'illustre également dans d'autres compétitions internationales telles que
l'athlétisme, la motomarine, le taekwondo, la boxe thaïe, la pétanque, etc. Voici quelques sportifs et équipes ayant marqué le
sport marocain :

Athlétisme

Soufiane El Bakkali décroche la médaille d'or sur 3 000 m Steeple lors des Jeux olympiques de Tokyo 2021
et Championnats du monde d'athlétisme 2022 en réalisant un temps de 8 min 8 s 90 et 8 min 25 s 13,
brisant la domination kényane dans cette discipline.
Hicham El Guerrouj est double médaillé d'or des Jeux olympiques de 2004 sur 1 500 m et 5 000 m et détenteur du record du monde du
429
1 500 m en 3 min 26 s .
Saïd Aouita réussit à battre les records du monde du 1 500 m et du 5 000 m en 1985. Ancien détenteur du record olympique sur 5 000 m.
Nawal El Moutawakel, la première femme arabe et africaine à se hisser à ce niveau de compétition et par la même occasion casser tous
les tabous dans les pays émergents, elle est vice-présidente du Comité international olympique.
Khalid Skah, Nezha Bidouane, Hasna Benhassi et Jaouad Gharib s'illustrent dans des courses de fond ou de demi-fond.

Football

La sélection nationale participe aux Coupes du monde en 1970, 1986, 1994, 1998, 2018 et 2022. En 1986, le Maroc se qualifie en
huitièmes de finale. C'est le premier pays arabe et africain à atteindre ce stade de la compétition et pour la première fois de son histoire, le
430
Maroc est le premier pays africain et arabe à se qualifier pour les demi-finales de la Coupe du Monde 2022 en battant le Portugal .
Le Maroc remporte la Coupe d'Afrique des nations de football en 1976 et a été finaliste en 2004.
Le Maroc se classe 4e à la Coupe du monde de football des moins de 20 ans 2005 organisés aux Pays-Bas.
L'équipe olympique se qualifie sept fois aux Jeux olympiques.
Le Raja Club Athletic est le premier club arabe et africain à se qualifier à la Coupe du monde des clubs en 2000 et le premier club arabe à
atteindre la finale de cette compétition en 2013. Il est aussi le club marocain plus titré en compétitions internationales (reconnues par la
FIFA) avec, entre autres, trois Ligues des champions de la CAF. Le Wydad Athletic Club est le club marocain le plus titré au niveau national
avec 20 titres en championnat et un total de 40 titres nationaux et internationaux. Les AS FAR de Rabat est le plus titré en Coupe du Trône.
Les clubs du Maghreb de Fès, FUS de Rabat, KAC de Kénitra et Kawkab de Marrakech ont gagné à plusieurs reprises des compétitions
continentales et régionales tels que la Coupe arabe des clubs champions, la Coupe de la CAF (anciennement Coupe d'Afrique des
vainqueurs de coupe de football), la Supercoupe de la CAF, la Coupe afro-asiatique des clubs de football (abandonnée après la création de
la Coupe du monde des clubs de la FIFA)…

Tennis

Younès El Aynaoui est quart de finaliste de l'Open d'Australie en 2000 et 2003 puis à l'US Open en 2002, 2003. Son meilleur classement
est la 13e place mondiale qu'il atteint le 3 novembre 2003 après sa victoire au tournoi de Doha. Il est considéré comme le meilleur
tennisman marocain de l'histoire.
Hicham Arazi est classé 22e meilleur joueur mondial le 5 novembre 2001 tandis que Karim Alami est 25e le 15 mai 2000.

Sports de combat

Mustapha Lakhsem, 8 fois champion du monde de kick-boxing et de full-contact.


Badr Hari, un des plus grands kickboxeurs de l'histoire, est 6 fois champion du monde.
Mohamed Rabii, champion du monde de boxe en 2015 et médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio 2016.

Pétanque
Le Maroc est champion du monde de pétanque à quatre reprises.

Galerie

Saïd Aouita, athlète, Nawal El Moutawakel, Hicham El Guerrouj, Badr Hari, parmi les
ancien détenteur des 1re femme arabe, double champion plus importants
records du monde du africaine et olympique et kickboxeurs au monde.
1 500 m, 2 000 m, musulmane à quadruple champion
3 000 m et 5 000 m. remporter une médaille du monde.
d'or aux Jeux
olympiques.

Hicham Arazi, Younès El Aynaoui, Mehdi Benatia,


tennisman surnommé tennisman classé footballeur ayant
« le péon des courts ». 14e mondial en 2003. notamment joué au
Bayern Munich et à la
Juventus.

Patrimoine national

Patrimoine naturel
La conscience sur le patrimoine naturel du Maroc est faible. Le film documentaire Le Fil vert aborde en 2010 le problème de la conservation de l'environnement
et la biodiversité.

Patrimoine culturel

Monuments et sites remarquables du Maroc

Des chalets à Ifrane La Kasbah des La tour Bab Bou Thermes romains au site Plage de la côte
dans le Moyen Atlas. Oudayas à Rabat. Hassan à Jeloud à archéologique de Volubilis. méditerranéenne
Rabat. Fès. (Al Hoceïma).

Palais royal à Tétouan. Bab Mansour el Aleuj. Dunes de Merzouga. Plage d'Essaouira sur Place Jemaa el-Fna.
l'océan Atlantique.
Bab Agnaou à Marrakech. La Ménara. Parc de la Ligue arabe à La mosquée Koutoubia. Massif du Toubkal dans Rues
Casablanca. le Haut Atlas, point d'Assilah.
culminant de l'Afrique
du Nord à 4 167 mètres.

Montagnes du Rif dans le nord Rues de Chefchaouen. Paysage à proximité de Médina d'El Jadida. Vol en montgolfière à
du Maroc. Ouarzazate. Marrakech.

Phare du cap Spartel à La lagune de Dakhla. Vue sur la médina


l'entrée du détroit de d'Essaouira.
Gibraltar.

Notes et références

Notes
a. Bien que le pays ne soit pas encore nommé Maroc
b. Conformément à l’article 100 de la Constitution.
c. Saham est déjà présent en Égypte, au Liban et en Arabie Saoudite.
d. Excepté le Crédit agricole qui a vocation à soutenir les agriculteurs.

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united the Berbers and Arabs under his rule, creating the first Moroccan state. He founded the Idrisid dynasty that reigned for almost two
hundred years. »
13. Ch.-A. Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, de la conquête arabe à 1830 - Tome II, p. 44 (éd. Payot, 1961) : « Idriss Il n'était pas seulement un
fondateur de villes, il fut le fondateur du premier État marocain. »
14. « tradition (…) reaches back to the origins of the modern Moroccan state in the ninth century Idrisid dynasty which founded the venerable city
of Fes. » (G Joffe, « Morocco: Monarchy, legitimacy and succession », in : Third World Quarterly, 1988.)
15. « The Idrisids, the founder dynasty of Fas and, ideally at least, of the modern Moroccan state (…). » (« Moroccan dynastic shurfa’‐hood in two
historical contexts: idrisid cult and ‘Alawid power », The Journal of North African Studies, volume 6, no 2, 2001 [1] ([Link]
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Voir aussi

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Articles connexes
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Villes impériales du Maroc
Grand Maroc
Diaspora marocaine
Droits de l'homme au Maroc
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Santé au Maroc
Droits LGBT au Maroc

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