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Rapport Sénat

Le rapport du Sénat examine une proposition de loi visant à renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur agroalimentaire, soulignant que les lois Egalim restent mal appliquées et insuffisamment évaluées. Dans un contexte de tensions commerciales et de décrochage de la ferme France, la commission recommande de prolonger le SRP+10 et de renforcer l'encadrement des promotions. Des amendements ont été adoptés pour recentrer la proposition de loi sur ces enjeux, tout en précisant les sanctions en cas d'infraction.

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Rapport Sénat

Le rapport du Sénat examine une proposition de loi visant à renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur agroalimentaire, soulignant que les lois Egalim restent mal appliquées et insuffisamment évaluées. Dans un contexte de tensions commerciales et de décrochage de la ferme France, la commission recommande de prolonger le SRP+10 et de renforcer l'encadrement des promotions. Des amendements ont été adoptés pour recentrer la proposition de loi sur ces enjeux, tout en précisant les sanctions en cas d'infraction.

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N° 484

SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2024-2025

Enregistré à la Présidence du Sénat le 26 mars 2025

RAPPORT
FAIT

au nom de la commission des affaires économiques (1) sur la proposition de loi,


adoptée par l’Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée,
visant à renforcer la stabilité économique et la compétitivité
du secteur agroalimentaire,

Par M. Daniel GREMILLET et Mme Anne-Catherine LOISIER,

Sénateur et Sénatrice

(1) Cette commission est composée de : Mme Dominique Estrosi Sassone, présidente ; MM. Alain Chatillon,
Daniel Gremillet, Mme Viviane Artigalas, MM. Franck Montaugé, Franck Menonville, Bernard Buis, Fabien Gay,
Pierre Médevielle, Mme Antoinette Guhl, M. Philippe Grosvalet, vice-présidents ; MM. Laurent Duplomb, Daniel Laurent,
Mme Sylviane Noël, M. Rémi Cardon, Mme Anne-Catherine Loisier, secrétaires ; Mme Martine Berthet, MM. Yves Bleunven,
Michel Bonnus, Denis Bouad, Jean-Marc Boyer, Jean-Luc Brault, Frédéric Buval, Henri Cabanel, Alain Cadec, Guislain Cambier,
Mme Anne Chain-Larché, MM. Patrick Chaize, Patrick Chauvet, Pierre Cuypers, Éric Dumoulin, Daniel Fargeot, Gilbert Favreau,
Mmes Amel Gacquerre, Marie-Lise Housseau, Brigitte Hybert, Annick Jacquemet, Micheline Jacques, MM. Yannick Jadot,
Gérard Lahellec, Vincent Louault, Mme Marianne Margaté, MM. Serge Mérillou, Jean-Jacques Michau, Sebastien Pla,
Christian Redon-Sarrazy, Mme Évelyne Renaud-Garabedian, MM. Olivier Rietmann, Daniel Salmon, Lucien Stanzione,
Jean-Claude Tissot.
Voir les numéros :

Assemblée nationale (17ème législ.) : 954, 1104 et T.A. 74

Sénat : 451 et 485 (2024-2025)


-3-

SOMMAIRE

Pages

L’ESSENTIEL.......................................................................................................................... 5

I. DANS UN CONTEXTE TENDU QUI EXIGE PLUS DE STABILITÉ, LES LOIS


EGALIM RESTENT MAL APPLIQUÉES ET INSUFFISAMMENT ÉVALUÉES ........ 5

A. L’ÉTAT PRÉOCCUPANT DES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES ET PLUS


GÉNÉRALEMENT DE LA FILIÈRE AGROALIMENTAIRE FRANÇAISE .................... 5
1. Des négociations commerciales encore plus difficiles que les années précédentes ................. 5
2. Le décrochage de la ferme France en dépit des lois Egalim ................................................... 6

B. DES LOIS EGALIM PEU APPLIQUÉES ET CONTOURNÉES ......................................... 6


1. Les exemples de la contractualisation et des indicateurs de référence................................... 6
2. Des centrales d’achat internationales pour contourner les lois Egalim ................................ 7

C. POUR UNE MEILLEURE ÉVALUATION ET UN CADRE JURIDIQUE STABLE ......... 7


1. Un besoin de stabilité, y compris pour le SRP+10 et l’encadrement des promotions, deux
dispositions censées favoriser la marche en avant des prix agricoles .................................... 7
2. Le SRP+10 et l’encadrement des promotions forment un ensemble de dispositions qui
doivent faire l’objet d’évaluations plus approfondies ........................................................... 8

II. LES APPORTS DE LA PROPOSITION DE LOI DOIVENT ÊTRE AJUSTÉS ............ 9

A. UNE PPL INITIALEMENT BRÈVE POUR PROROGER LE SRP+10 ET


ABANDONNER L’ENCADREMENT DES PROMOTIONS SUR LES PRODUITS
DPH MAIS DONT LE CONTENU A ÉTÉ ENRICHI ....................................................... 9
1. Prolonger le SRP+10 jusqu’au 15 avril 2028 : une nécessité consensuelle .......................... 9
2. La fin de l’encadrement des promotions en DPH : un « cadeau » sans contrepartie à la
distribution, remis en cause lors les débats à l’Assemblée nationale .................................... 9
3. Un texte court enrichi de nombreuses dispositions lors de l’examen en commission et en
séance à l’Assemblée nationale ........................................................................................... 9

B. LES APPORTS DE LA COMMISSION .............................................................................10


1. Le recentrage de la PPL autour de la prolongation du SRP+10 ..........................................10
2. Des sanctions renforcées mais de manière proportionnée ...................................................10

EXAMEN DES ARTICLES ...................................................................................................11


• Article 1er Prolongation du relèvement du seuil de revente à perte et de
l’encadrement des promotions.............................................................................................11
• Article 1er bis Encadrement des marges dans le secteur agroalimentaire ...................18
• Article 2 Application de l’interdiction de revente à perte à la vente des produits
vendus sous marque de distributeur ..................................................................................24
• Article 3 Remise d’un rapport sur les marges brutes réelles des distributeurs ........29

TRAVAUX EN COMMISSION ...........................................................................................31


• Désignation de rapporteurs (Mercredi 19 février 2025) .................................................31
• Examen en commission (Mercredi 26 mars 2025) ...........................................................31
-4-

RÈGLES RELATIVES À L’APPLICATION DE L’ARTICLE 45 DE LA


CONSTITUTION ET DE L’ARTICLE 44 BIS DU RÈGLEMENT DU SÉNAT ................33

LISTE DES PERSONNES ENTENDUES ............................................................................35

LA LOI EN CONSTRUCTION ............................................................................................37


-5-

L’ESSENTIEL

Les députés Stéphane Travert et Julien Dive ont déposé le 13 février


2025 une proposition de loi visant à renforcer la stabilité économique et la
compétitivité du secteur agroalimentaire qui s’inscrit dans la continuité des
lois Egalim de 2018, 2021 et 2023. Alors que notre filière agroalimentaire est
fragilisée par une guerre des prix au détriment des producteurs, que la ferme
France décroche dans les rayons et que le cycle des négociations commerciales
2025 a été particulièrement dur, la commission poursuit l’objectif d’un cadre
le plus stable possible pour les acteurs. C’est pourquoi bien que réservée sur
le SRP+10, elle juge nécessaire de le prolonger sachant qu’il viendrait sinon à
expiration le 15 avril 2025. Elle est également favorable à la poursuite de
l’expérimentation de l’encadrement des promotions.
Réunie le 26 mars 2025, elle a ainsi adopté plusieurs amendements
visant à recentrer la proposition de loi autour de la prolongation du SRP+10 ;
à harmoniser les durées d’expérimentation des dispositifs jusqu’au 15 avril
2028, qu’il s’agisse du SRP+10 comme de l’encadrement des produits de
grande consommation, denrées alimentaires comme produits DPH ; et à
préciser les sanctions applicables en cas d’infraction au SRP ou d’absence de
remontées d’informations.

I. DANS UN CONTEXTE TENDU QUI EXIGE PLUS DE STABILITÉ, LES


LOIS EGALIM RESTENT MAL APPLIQUÉES ET INSUFFISAMMENT
ÉVALUÉES

A. L’ÉTAT PRÉOCCUPANT DES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES ET


PLUS GÉNÉRALEMENT DE LA FILIÈRE AGROALIMENTAIRE FRANÇAISE

1. Des négociations commerciales encore plus difficiles que les


années précédentes

Les spécificités du contexte – cycle de négociations 2025 très dur, crise


agricole, sortie d’une période de forte inflation, tensions persistantes sur le
pouvoir d’achat et concentrations dans le secteur de la grande distribution –
ont rendu encore plus délicat le respect de la logique des lois Egalim qui
visent un prix « marche en avant » afin de préserver la rémunération de
l’amont agricole. Tous les acteurs auditionnés ont dressé le constat d’un
climat de négociations particulièrement dégradé au cours du cycle
2024-2025, caractérisé par des rapports de force encore plus tendus que les
années précédentes, déjà difficiles.
-6-

2. Le décrochage de la ferme France en dépit des lois Egalim

Le décrochage de la ferme France, souligné dans le rapport du


groupe de suivi des lois Egalim, est préoccupant : outre notre balance
commerciale, il se matérialise par une progression des produits dont la
matière première agricole est d’origine étrangère, notamment pour les
produits sous marque de distributeur (MDD).

-3,5 %

Part de produits de grande Part de produits premiers Recul des produits de dont évolution dont évolution Évolution des volumes
consommation MDD prix dans grande consommation des volumes vendus sous des volumes vendus des produits
dans la grande distribution la grande distribution en volume en 2023 marque nationale sous MDD premiers prix
en valeur en 2023 en valeur en 2023

Après des années de retrait, la part des MDD a augmenté et s’élève à


34 % en valeur. Le recul de la consommation a plus fortement impacté les
marques nationales que les MDD, notamment sous l’effet d’une décorrélation
entre la hausse du tarif consentie à l’industriel et celle du prix de vente en
rayon des marques nationales, compensée par la baisse des prix des MDD. La
progression des MDD impacte l’origine des matières premières, chaque
fournisseur étant libre de répondre aux appels d’offres internationaux des
distributeurs. Cette guerre des prix au détriment de la matière première
agricole française confirme les doutes formulés par le Sénat dès l’examen de
la première loi Egalim sur la stratégie de « montée en gamme » de
l’agriculture française par rapport à cette tendance lourde de la distribution
et aux tensions sur le pouvoir d’achat.

B. DES LOIS EGALIM PEU APPLIQUÉES ET CONTOURNÉES

1. Les exemples de la contractualisation et des indicateurs de


référence

La contractualisation écrite, bien que généralisée par


Egalim 2, reste faiblement appliquée. Au sein des filières
soumises à l’obligation, c’est-à-dire la quasi-totalité des
productions animales, la contractualisation est peu
Taux de développée - hormis dans la filière laitière pour des raisons
contractualisation dans la
filière bovine historiques. Dans la filière bovine, où elle a été généralisée à
partir de 2022, le taux de contractualisation est passé de seulement 17 % en
2022 à 25 % fin 2023. De plus, de nombreuses filières sont exemptées, par voie
règlementaire, de l’obligation de contractualisation écrite : productions
végétales, fruits et légumes, vins, apiculture... Par ailleurs, bien que
fournissant une base de discussion ainsi qu’un référentiel fiable et objectif de
-7-

nombreux indicateurs de référence ne sont pas publiés par les


interprofessions.

2. Des centrales d’achat internationales pour contourner les lois


Egalim

Au-delà d’un objectif de mutualisation des achats, les centrales


d’achat basées à l’étranger sont un moyen de contourner les lois Egalim.
Environ 20 % en valeur ou jusqu’à 50 % en volume des produits
commercialisés par la grande distribution en France pourraient être négociés
à l’étranger. Les industriels sont de plus en plus nombreux à être convoqués
par ces structures internationales qui ne se limitent plus aux multinationales,
mais touchent aussi des PME et ETI. À ces centrales internationales d’achat
s’ajoutent des centrales de services commerciaux, qui se superposent à des
services déjà payés au niveau national et peuvent s’apparenter à un droit
d’entrée en négociations sans contrepartie économique réelle.

C. POUR UNE MEILLEURE ÉVALUATION ET UN CADRE JURIDIQUE


STABLE

1. Un besoin de stabilité, y compris pour le SRP+10 et


l’encadrement des promotions, deux dispositions censées
favoriser la marche en avant des prix agricoles

Il est contradictoire d’instruire le procès en inefficacité des lois


Egalim et de vouloir sans cesse en élargir les dispositions : les acteurs
demeurent en phase d’appréhension des nombreux dispositifs votés et
aspirent à un cadre juridique le plus stable possible, c’est pourquoi il vaut
mieux renforcer l’application des lois Egalim et en améliorer l’évaluation que
modifier chaque année les dispositifs et leurs paramètres. Le droit des
relations commerciales a connu 13 réformes en moins de 40 ans, dont six ces
dix dernières années !
Introduit à titre expérimental par la loi Egalim 1 en 2018 et prorogé en
2020, le SRP+10 arrive à échéance le 15 avril 2025. Il vise des conditions de
négociation plus favorables aux fournisseurs par une meilleure péréquation
entre produits, c’est-à-dire une limitation des écarts de prix entre produits
d’appel et produits aux prix plus élevés. Ces prix plus élevés conduisent à des
marges plus grandes pour les distributeurs mais ils sont défavorables aux
fournisseurs (agriculteurs et industriels) en termes de pénétration des marchés
et aux consommateurs en termes de pouvoir d’achat. À l’exception du groupe
Leclerc, tous les acteurs auditionnés soulignent la nécessité de prolonger ce
dispositif, la disparition du SRP+10 conduirait en effet à un nouvel épisode
de la guerre des prix.
-8-

2. Le SRP+10 et l’encadrement des promotions forment un


ensemble de dispositions qui doivent faire l’objet d’évaluations
plus approfondies

Si le Sénat s’est montré circonspect sur ce dispositif inflationniste dès


2018, les rapports d’évaluation de 2020 et 2022 ont relativisé ses défauts : le
relèvement du SRP et l’encadrement des promotions n’ont eu qu’un très faible
effet inflationniste sur les produits alimentaires (+0,17 % entre mars 2019 et
février 2020 par exemple). N’ayant pas démontré son impact bénéfique sur la
rémunération des producteurs, le SRP+10 devra faire l’objet d’évaluations
plus approfondies, surtout que le rapport d’évaluation remis par le
Gouvernement en mai 2024 ne fait que constater l’impossibilité pour les
distributeurs de rendre compte de l’usage de leur surplus de chiffre d’affaires
à ce titre depuis 2019. Pour mémoire, la loi Egalim 3 ou Descrozaille prévoit
en effet que chaque distributeur communique au Gouvernement des
informations à ce sujet. Depuis 2023, l’ensemble des distributeurs font part de
leur difficulté à répondre à cette obligation déclarative et dénoncent l’absence
de méthodologie commune produite par la DGCCRF.
Pendant du SRP+10, l’expérimentation de l’encadrement des
promotions a été prolongée jusqu’en 2026, avec un taux de remise en valeur
plafonné à 34 % et un volume concerné limité à 25 %. Son extension il y a un
an à tous les produits de grande consommation (PGC), dont les produits de
droguerie, parfumerie et hygiène (DPH), en mars 2024, visait à prévenir le
risque d’effets de bord sur les produits alimentaires. Bien qu’une évaluation
rigoureuse fasse défaut, cet encadrement des promotions n’a pas engendré de
hausse des prix et a même permis une hausse du nombre de références en
promotion ainsi que la facilitation du lancement de nouveaux produits. En
matière de DPH, il permet de protéger le tissu industriel national, notamment
nos PME et a suscité une réduction des prix (– 2,1 % sur les prix DPH en fond
de rayon entre mars et novembre 2024 selon Circana). Il est faux de dire qu’il
a conduit à un effondrement des volumes de DPH en grandes surfaces,
puisque le décrochage des DPH par rapport aux ventes totales des PGC
s’observe depuis plus d’une décennie et a été particulièrement spectaculaire
en 2021 et 2023, soit avant l’entrée en vigueur du dispositif. La prolongation
de l’expérimentation au-delà de 2026 serait donc bienvenue, même si le
développement du cagnottage en alternative aux promotions limite sa portée.
-9-

II. LES APPORTS DE LA PROPOSITION DE LOI DOIVENT ÊTRE


AJUSTÉS

A. UNE PPL INITIALEMENT BRÈVE POUR PROROGER LE SRP+10 ET


ABANDONNER L’ENCADREMENT DES PROMOTIONS SUR LES
PRODUITS DPH MAIS DONT LE CONTENU A ÉTÉ ENRICHI

1. Prolonger le SRP+10 jusqu’au 15 avril 2028 : une nécessité


consensuelle

Alors que la loi ASAP de 2020 a prorogé le SRP+10 jusqu’au


15 avril 2025, l’imminence de cette échéance plaide pour l’adoption en
urgence d’un vecteur législatif permettant de prolonger ce dispositif
expérimental. La poursuite de l’expérimentation fait consensus et cette
proposition de loi devait quasiment avoir pour seule fonction de répondre à
cet enjeu, c’est pourquoi l’Assemblée nationale a adopté le texte sans remettre
en cause ce point.

2. La fin de l’encadrement des promotions en DPH : un « cadeau »


sans contrepartie à la distribution, remis en cause lors les débats
à l’Assemblée nationale

Abandonner l’encadrement des promotions des produits DPH est


présenté dans l’exposé des motifs de la proposition de loi comme une mesure
visant à donner « une plus grande liberté commerciale » aux distributeurs. Ce
« cadeau » sans contrepartie à la distribution a fort heureusement été remis
en cause lors les débats à l’Assemblée nationale : à l’initiative du rapporteur,
la commission a conservé l’expérimentation jusqu’au 15 avril 2026, puis en
séance deux amendements contradictoires ont été adoptés : l’un portant le
taux de remise en valeur à 40 % jusqu’en 2028 et l’autre ramenant toutes les
expérimentations, SRP+10 comme encadrement des promotions, à 2026.

3. Un texte court enrichi de nombreuses dispositions lors de


l’examen en commission et en séance à l’Assemblée nationale

D’un article unique, le texte est passé à quatre articles. Comme il a


été vu, les expérimentations (SRP+10 et encadrement des promotions) ne sont
reconduites que jusqu’en 2026.
L’Assemblée nationale a surtout voté un encadrement des marges
dans le secteur agroalimentaire, filière par filière, à travers des coefficients
multiplicateurs entre prix d’achat et prix de revente. En vue d’assurer la
remontée effective des données sur l’utilisation des surplus de marges
résultant du SRP+10 par les distributeurs et désormais aussi les fournisseurs,
les sanctions en cas de non-transmission des informations sont portées à un
- 10 -

plafond de 1 % du chiffre d’affaires (chiffre d’affaires inférieur à 350 millions


d’euros) ou de 4 % du chiffre d’affaires (chiffre d’affaires supérieur à 350
millions d’euros) et ces données, qui ne pouvaient pas être rendues publiques
jusqu’ici, pourraient désormais l’être. De même la sanction pour
manquement au SRP passerait de 75 000 € à un plafond de 1 % du chiffre
d’affaires. Les marges brutes et nettes de chaque fournisseur et distributeur
feraient l’objet d’une publication trimestrielle avec des sanctions allant
jusqu’à 1 % de leur chiffre d’affaires si les entreprises ne transmettent pas les
informations nécessaires. L’Assemblée nationale a également prévu
l’extension du SRP+10 aux produits vendus sous MDD et un assouplissement
de l’encadrement des promotions avec un taux de promotion en valeur porté
de 34 à 40 %.

B. LES APPORTS DE LA COMMISSION

1. Le recentrage de la PPL autour de la prolongation du SRP+10

La commission juge indispensable de poursuivre l’expérimentation


du SRP+10 en dépit de ses réserves initiales et rejoint donc à ce titre
l’Assemblée nationale Elle est également favorable à la poursuite de
l’expérimentation de l’encadrement des promotions. C’est pourquoi elle a
recentré la proposition de loi autour de la prolongation du SRP+10 en prenant
le soin d’harmoniser les durées d’expérimentation jusqu’au 15 avril 2028,
qu’il s’agisse donc du SRP+10 comme de l’encadrement des promotions, pour
lesquelles il est préférable de conserver les taux en vigueur en valeur et en
volume (34 % et 25 %). La commission a, par conséquent, supprimé les autres
dispositions envisagées par l’Assemblée nationale en séance publique, sauf un
nouveau rapport sur les marges demandé à l’article 3.

2. Des sanctions renforcées mais de manière proportionnée

Si les sanctions applicables aujourd’hui en cas d’infraction au SRP


ou d’absence de remontées d’informations sont insuffisantes, celles issues du
vote de l’Assemblée nationale sont disproportionnées, c’est pourquoi les
sanctions applicables en cas d’infraction au SRP ou d’absence de remontées
d’informations (exigées des seuls distributeurs) pourront aller jusqu’à 100 000
€ pour une personne physique et 500 000 € pour une personne morale.
- 11 -

EXAMEN DES ARTICLES

Article 1er

Prolongation du relèvement du seuil de revente à perte et de


l’encadrement des promotions

Cet article vise à prolonger jusqu’au 15 avril 2026 le relèvement du seuil


de revente à perte (SRP+10) et l’encadrement des promotions, dont les produits
de droguerie, parfumerie et hygiène (DPH). La rédaction initiale consistait à
proroger ce relèvement jusqu’en 2028 et à ne pas poursuivre l’encadrement des
promotions en DPH au-delà de 2025 mais l’Assemblée nationale a modifié le texte
sur ces deux points. Elle a également voté d’autres amendements, visant :
- à porter la sanction pour non-transmission des informations sur
l’utilisation par les distributeurs des surplus de marges résultant du SRP+10 à un
plafond de 1 % du chiffre d’affaires (pour les entreprises dont le chiffre d’affaires
est inférieur à 350 millions d’euros) ou de 4 % du chiffre d’affaires (chiffre
d’affaires supérieur à 350 millions d’euros) ;
- à étendre aux fournisseurs l’obligation de transmission de données sur
l’utilisation des surplus de marges résultant du SRP+10 et à prévoir un régime de
sanctions similaire à celui des distributeurs ;
- à préciser que, dans les documents remis chaque année par les
distributeurs pour documenter l’usage qu’ils font du SRP+10, devront figurer les
taux de marge brut et le taux de marge brut spécifique pour les produits bio ;
- à exiger une publication trimestrielle - par l’Observatoire de la
formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) - des niveaux
de marges brutes et de marges nettes réalisés individuellement par chaque
fournisseur et distributeur dont le chiffre d’affaires est supérieur à 350 millions
d’euros. Si les entreprises ne transmettent pas les informations nécessaires à ce
rapport de l’OFPM, les sanctions peuvent aller jusqu’à 1 % de leur chiffre
d’affaires.
La commission a pour sa part adopté un amendement visant à :
- recentrer l’article autour de la prolongation du SRP+10 ;
- harmoniser les durées d’expérimentation des dispositifs jusqu’au 15
avril 2028, qu’il s’agisse du SRP+10 comme de l’encadrement des produits de
grande consommation, denrées alimentaires et produits DPH ;
- préciser que les sanctions applicables en cas d’absence de remontées
d’informations (qui restent exigées des seuls distributeurs) peuvent aller jusqu’à
100 000 € pour une personne physique et 500 000 € pour une personne morale.
La commission a adopté l’article ainsi modifié.
- 12 -

I. La situation actuelle – le relèvement du seuil de revente à perte,


dit « SRP + 10 », arrive à échéance le 15 avril 2025
A. Le principe de l’interdiction de la revente à perte et le
relèvement du seuil de revente à perte introduit par la loi Egalim 1
L’interdiction de la revente à perte est un principe fondamental du
droit français de la concurrence et du commerce. Créée en 1963 1, cette
interdiction poursuivait deux objectifs.
Le premier objectif poursuivi par le législateur était alors de protéger
les petits commerces face à l’émergence de la grande distribution, suivant
l’idée que la revente à perte constituait une pratique de concurrence déloyale,
dans la mesure où seules les enseignes de grande distribution pouvaient, en
raison de leur taille, se permettre de vendre à perte certains produits d’appel
afin d’attirer des clients.
De plus, l’interdiction de revente à perte visait aussi à protéger les
consommateurs, dès lors que la perte causée par ces reventes était susceptible
d’inciter le distributeur à « rattraper » ses marges sur d’autres produits.
Aujourd’hui, cette interdiction est prévue par le I de l’article L. 442-5
du code de commerce, dont il résulte que le fait, pour tout commerçant, de
revendre ou d’annoncer la revente d’un produit en l’état à un prix inférieur à
son prix d’achat effectif est puni de 75 000 € d’amende 2. Le prix d’achat effectif
est le prix unitaire net figurant sur la facture d’achat, minoré du montant de
l’ensemble des avantages financiers consentis par le vendeur exprimé en
pourcentage du prix unitaire net du produit et majoré des taxes sur le chiffre
d’affaires, des taxes spécifiques afférentes à la revente et du prix du transport.
S’agissant des denrées alimentaires et des produits destinés à l’alimentation
des animaux de compagnie, ce prix d’achat effectif a été affecté d’un
coefficient de 1,10 afin de forcer les distributeurs à réaliser au moins 10 % de
marge sur de tels produits.
Le II du même article prévoit en outre sept cas où l’interdiction de la
revente à perte ne s’applique pas 3. Il n’est pas prévu expressément que les

1 Article 1er de la loi de finances n° 63-628 du 2 juillet 1963 rectificative pour 1963 portant maintien
de la stabilité économique et financière.
2 Cette amende peut être portée à la moitié des dépenses de publicité dans le cas où une annonce

publicitaire, quel qu’en soit le support, fait état d’un prix inférieur au prix d’achat effectif. Lorsqu’une
personne morale est déclarée pénalement responsable de l’infraction de revente à perte, le juge peut
décider l’affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci soit par la presse écrite, soit par
tout moyen de communication au public par voie électronique. En cas d’annonce de revente à perte, la
cessation de l’annonce publicitaire peut être ordonnée s’il s’agit d’une pratique commerciale trompeuse
au sens de l’article L. 121-3 du code de la consommation.
3 Ventes volontaires ou forcées motivées par la cessation ou le changement d’une activité commerciale ;

fins de saisons ou période comprise entre deux saisons de vente ; obsolescence technique ou produits
démodés ; réapprovisionnement à la baisse ; alignement sur un prix plus bas légalement pratiqué dans
la même zone d’activité par les magasins dont la surface de vente n’excède pas 300 m2 pour les produits
alimentaires et 1000 m2 pour les produits non alimentaires ; produits périssables menacés d’altération
rapide ; produits soldés mentionnés à l’article L. 310-3 du code de commerce.
- 13 -

produits vendus sous marque de distributeur soient inclus ou bien exclus du


champ d’application de l’interdiction de la revente à perte.
Le coefficient de 1,10, qui est un relèvement du seuil de revente à perte
(d’où le nom de « SRP+10 »), a été introduit à titre expérimental par la loi
Egalim 1 1 à la suite des États généraux de l’alimentation organisés en 2017 : il
vise des conditions de négociation plus favorables aux fournisseurs par une
meilleure péréquation entre produits, c’est-à-dire une limitation des écarts de
prix entre produits d’appel et produits aux prix plus élevés. Ces prix plus
élevés conduisent à des marges plus grandes pour les distributeurs mais ils
sont défavorables aux fournisseurs (agriculteurs et industriels) en termes de
pénétration des marchés et aux consommateurs en termes de pouvoir d’achat.
En effet, l’article 15 de la loi Egalim 1, a habilité le Gouvernement à
légiférer pour relever le seuil de revente à perte. Ainsi, par son article 2,
l’ordonnance n° 2018-1128 du 12 décembre 2018 relative au relèvement du
seuil de revente à perte et à l’encadrement des promotions pour les denrées et
certains produits alimentaires a prévu que, pour une durée de deux ans, « le
prix d’achat effectif défini au deuxième alinéa du I de l’article L. 442-5 du code de
commerce est affecté d’un coefficient de 1,10 pour les denrées alimentaires et les
produits destinés à l’alimentation des animaux de compagnie revendus en l’état au
consommateur ». En 2020, cette disposition a été prorogée jusqu’en 2025 2, et
c’est le fait que le SRP + 10 arrive à échéance le 15 avril prochain qui justifie le
présent article.
Il convient d’observer que le SRP+10 devait en tant
qu’expérimentation faire l’objet d’une évaluation régulière, mais les rapports
rendus par le Gouvernement sont peu nombreux et particulièrement
indigents.
Si le Sénat s’est montré circonspect sur ce dispositif inflationniste dès
2018, les deux premiers rapports d’évaluation remis au Parlement en octobre
2020 et 2022, ont relativisé ses défauts : le relèvement du SRP et l’encadrement
des promotions n’ont eu qu’un très faible effet inflationniste sur les produits
alimentaires (+0,17 % entre mars 2019 et février 2020 par exemple).
N’ayant pas démontré son impact bénéfique sur la rémunération des
producteurs, le SRP+10 continue de devoir faire l’objet d’évaluations plus
approfondies, surtout que le 3e rapport d’évaluation remis par le
Gouvernement en mai 2024 ne fait que constater l’impossibilité pour les
distributeurs de rendre compte de l’usage de leur surplus de chiffre
d’affaires à ce titre depuis 2019. Pour mémoire, la loi Egalim 3 ou Descrozaille
prévoit en effet que chaque distributeur communique au Gouvernement des
informations à ce sujet. Depuis 2023, l’ensemble des distributeurs font part de

1 Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur
agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, couramment appelée loi
Egalim 1.
2 Article 125 de la loi n° 2020-1525 du 7 décembre 2020 d’accélération et de simplification de l’action

publique dite « ASAP ».


- 14 -

leur difficulté à répondre à cette obligation déclarative et dénoncent l’absence


de méthodologie commune produite par la DGCCRF.
B. Le double encadrement des promotions en valeur et en
volume : des produits alimentaires aux produits de droguerie, de
parfumerie et d’hygiène (DPH)
L’ordonnance du 12 décembre 2018 précitée a également prévu un
encadrement, pour une durée de deux ans, des promotions pour les denrées
alimentaires et les produits destinés à l’alimentation des animaux de
compagnie : il s’agit d’un double encadrement en valeur et en volume. En
valeur, le prix de vente au consommateur ne peut être réduit que jusqu’à 34 %
et, en volume, les promotions ne peuvent porter que sur des produits qui ne
représentent pas plus de 25 % du volume d’affaires convenu entre le
fournisseur et le distributeur.
Comme pour le SRP + 10, ce dispositif d’encadrement des promotions
a été prorogé. Jusqu’au 15 avril 2023 par l’article 125 de la loi d’accélération et
de simplification de l’action publique dite « ASAP », puis jusqu’au 15 avril
2026 par la loi Egalim 3 dite Descrozaille du 30 mars 2023.
C’est ce même vecteur législatif qui a conduit, à partir du 1er mars
2024, à élargir l’encadrement des promotions en valeur et en volume à tous les
produits de grande consommation, y compris donc les produits de droguerie,
parfumerie et hygiène (DPH).

II. Le dispositif prévu par la rédaction initiale de l’article -


Prolonger le SRP+10 et abandonner l’encadrement des promotions pour les
produits DPH
A. Prolonger le SRP+10 jusqu’au 15 avril 2028
Comme il a été vu, la loi ASAP de 2020 a prorogé le SRP+10 jusqu’au
15 avril 2025, or l’imminence de cette échéance plaide pour l’adoption en
urgence d’un vecteur législatif permettant de prolonger ce dispositif
expérimental jusqu’au 15 avril 2028 . La poursuite de l’expérimentation fait
consensus et l’article unique de cette proposition de loi avait quasiment pour
seule fonction de répondre à cet enjeu.
B. La fin de l’encadrement des promotions pour les produits DPH
Présenté dans l’exposé des motifs de la proposition de loi comme une
mesure visant à donner « une plus grande liberté commerciale » aux distributeurs,
le présent article visait aussi dans sa rédaction initiale l’abandon de
l’encadrement des promotions des produits DPH.
- 15 -

III. Les modifications introduites par l’Assemblée nationale – Un


article enrichi de nombreuses dispositions
A. Les amendements adoptés en commission
Lors de l’examen du présent article par la commission des Affaires
économiques de l’Assemblée nationale, plusieurs amendements ont été
adoptés.
Voici les apports les plus importants de la commission :
- l’amendement CE6 précise que le rapport d’évaluation du SRP+10
relatif à la construction des prix de vente doit être réalisé sur la base des
documents fournis par les entreprises présentant leur choix d’utilisation des
surplus de marges ;
- l’amendement CE30 vise à assurer la remontée effective des données
sur l’utilisation des surplus de marges résultant du SRP+10 par les
distributeurs à l’aide d’un régime de sanctions dissuasif, le niveau de sanction
pour ces manquements à l’obligation de transparence en matière
d’utilisation des surplus de marges étant le même que celui résultant du
non-respect de la règle sur le SRP soit 75 000 € pour une personne physique
et 375 000 € pour une personne morale. Il vise aussi à ce que ces données, qui
ne pouvaient pas être rendues publiques, pourront désormais l’être ;
- l’amendement CE5 étend l’obligation de transmission de données
sur l’utilisation des surplus de marges résultant du SRP+10 aux
fournisseurs ;
- l’amendement CE45 prévoit, pour les industriels, un régime de
sanctions similaire à celui des distributeurs en cas de manquements à
l’obligation de transparence en matière d’utilisation des surplus de marges
résultant du SRP+10 ;
- enfin, les amendements CE28 et CE42, identiques, visent à repousser
au 15 avril 2026 la suppression de l’encadrement des promotions pour les
produits DPH, soit un an de plus que la rédaction initiale de l’article et deux
ans de moins que l’expérimentation dans le secteur alimentaire, soit le 15 avril
2028 pour mémoire.
B. Les amendements adoptés lors de l’examen en séance publique
Lors de l’examen du présent article en séance publique, une dizaine
d’amendements a été adoptée par l’Assemblée nationale, dont trois
amendements rédactionnels du rapporteur.
Les amendements les plus importants, dont la plupart ont été adoptés
contre l’avis du rapporteur et du Gouvernement, sont rappelés ci-après :
- l’amendement n° 16, seul amendement de fond adopté avec un avis
favorable du rapporteur et du Gouvernement, proroge l’encadrement des
promotions jusqu’en 2028, avec un taux de promotion en valeur porté de 34
à 40 % ;
- 16 -

- l’amendement n° 24 précise que dans les documents remis chaque


année par les distributeurs pour documenter l’usage qu’ils font du SRP+10,
devront figurer les taux de marge brut et le taux de marge brut spécifique
pour les produits bio ;
- l’amendement n° 28 porte les sanctions en cas de non-transmission
des informations par les distributeurs et les fournisseurs à un plafond de
1 % de leur chiffre d’affaires si leur chiffre d’affaires est inférieur à
350 millions d’euros et de 4 % de leur chiffre d’affaires si leur chiffre d’affaires
est supérieur à 350 millions d’euros ;
- l’amendement n° 33 exige une publication trimestrielle - par
l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits
alimentaires (OFPM) - des niveaux de marges brutes et de marges nettes
réalisés individuellement par chaque fournisseur et distributeur dont le
chiffre d’affaires est supérieur à 350 millions d’euros. Si les entreprises ne
transmettent pas les informations nécessaires à ce rapport de l’OFPM, les
sanctions peuvent aller jusqu’à 1 % de leur chiffre d’affaires ;
- enfin, l’amendement n° 9 ne proroge le SRP+10 et l’encadrement
des promotions que jusqu’au 15 avril 2026.

IV. La position de la commission – La nécessité d’un recentrage de


l’article
A. Une prolongation du SRP+10 comme de l’encadrement des
produits de grande consommation jusqu’au 15 avril 2028
Il convient de recentrer l’article autour de la prolongation du
SRP+10, disposition d’une urgence absolue, et, dans une logique de
rationalisation, d’harmoniser les durées d’expérimentation des dispositifs
en retenant la date unique du 15 avril 2028, qu’il s’agisse du SRP+10 comme
de l’encadrement des produits de grande consommation, denrées alimentaires
et produits DPH inclus.
À cette fin de recentrage, il est proposé de supprimer les autres
dispositions introduites par l’Assemblée nationale lors de l’examen du
présent article. Elles méritent mieux qu’une adoption rapide dans les
circonstances d’un débat placé sous le signe de l’urgence : il convient de
prendre le temps de préparer ces réformes, d’expertiser les dispositifs 1 et,
surtout, d’échanger avec toutes les parties prenantes dans une logique de

1 Ainsi, compte-tenu de la fin de la confidentialité des données recueillies tout comme du caractère
sensible de ces données (marges brutes et nettes des distributeurs et de leurs fournisseurs au niveau
individuel), un dispositif d’une telle ampleur doit être analysé au regard du respect de plusieurs
grands principes du droit national (liberté d’entreprendre, liberté du commerce et de l’industrie, liberté
contractuelle…) ainsi que du droit de l’Union européenne : les mesures proposées devraient être
précédées d’une analyse plus approfondie, notamment par le Gouvernement et l’Autorité de la
Concurrence, voire accompagnées d’une saisine préalable de la Commission européenne, afin de
garantir leur constitutionnalité, leur respect du droit européen et leur faisabilité.
- 17 -

concertation. L’examen d’un futur projet de loi Egalim 4 pourrait par exemple,
constituer une séquence plus adaptée.
B. Des sanctions renforcées mais de manière plus proportionnée
Dans la mesure où les sanctions applicables aujourd’hui en cas
d’absence de remontées d’informations sont insuffisantes, mais que les
niveaux votés par l’Assemblée nationale sont excessifs, il convient de préciser
que ces sanctions peuvent aller jusqu’à 100 000 € pour une personne physique
et 500 000 € pour une personne morale. Une telle mesure est bien plus
proportionnée.
Les obligations en matière de transmission de données sur
l’utilisation des surplus de marges ne continueront bien évidemment de ne
peser que sur les seuls distributeurs.

La commission a adopté l’article ainsi modifié.


- 18 -

Article 1er bis


Encadrement des marges dans le secteur agroalimentaire

Cet article vise à encadrer les marges des acteurs de la chaîne


agroalimentaire de l’amont à l’aval par l’institution de coefficients
multiplicateurs maximum par filière applicables aux contrats conclus au
sein de cette chaîne.
Le dispositif envisagé pose de nombreuses difficultés parmi
lesquelles des effets incertains et une mise en œuvre excessivement
complexe. Son caractère inabouti plaide pour l’abandon de ces dispositions.
La commission a donc supprimé l’article.

I. La situation actuelle – Des prix librement fixés, sous réserve des


limites prévues par le droit national et le droit européen
A. Un principe de liberté des prix encadrée par la loi
La République française a pour premier principe la liberté, qui aux
termes de l’article 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de
1789 « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». La liberté du
commerce et de l'industrie découle de cet article et a été consacrée en 1791 par
le décret d'Allarde puis confirmée par la loi Le Chapelier. Avec la liberté
d'entreprendre, elles forment deux principes à valeur constitutionnelle.
Si la liberté des prix des biens et services est aujourd’hui garantie par
la loi, en particulier par l’article L. 410-2 du code de commerce, tel n’a pas
toujours été le cas. En effet, l’ordonnance n° 45-1483 du 30 juin 1945 relative
aux prix prévoyait un système où les « prix de tous produits et services 1 » étaient
définis par arrêtés interministériels du ministre chargé de l'économie
nationale et du ministre responsable pour les produits et services dont la liste
était fixée par décret et par arrêté ministériel pour les autres produits et
services 2, et ce après avis du Comité national des prix.
Par ailleurs, l’ordonnance prévoyait, par son article 3, la possibilité
pour les autorités compétentes de fixer des prix minimums. Des blocages de
prix étaient aussi prévus par les articles 16 et suivants de l’ordonnance.
Toutefois, l’ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la
liberté des prix et de la concurrence est venue mettre fin à ce système

1 Cette référence à « tous produits et services » ne doit pas être lue littéralement. Certains produits, et
notamment services, tels que les services correspondant à l'activité dont les huissiers de justice ont le
monopole étaient exclus du champ d’application de cette ordonnance, à raison même de l’existence de
ce monopole (CE, Ass., 21 oct. 1994, n°103018, publié au recueil Lebon)
2 Cette compétence pouvait être déléguée dans les conditions prévues notamment par l’article 1 er de

ladite ordonnance.
- 19 -

d’administration des prix, en abrogeant l’intégralité de l’ordonnance du


30 juin 1945.
Ainsi, les prix n’étaient, en principe, plus contrôlés mais « librement
déterminés par le jeu de la concurrence ». Ce principe est aujourd’hui repris
par l’article L. 410-2 du code de commerce.
Pour autant, cette liberté n’est pas absolue pour les commerçants.
Outre les dispositions propres à certains secteurs 1, sont prohibées les offres
ou pratiques de prix de vente aux consommateurs abusivement bas, dès lors
que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet
d'éliminer d'un marché ou d'empêcher d'accéder à un marché une entreprise
ou l'un de ses produits 2.
De même, afin de protéger la concurrence et les consommateurs, la
revente à perte est également prohibée de longue date 3.
En outre, certaines mesures visent à limiter les hausses abusives de
prix. Ainsi, dans les secteurs ou zones où la concurrence par les prix est limitée
en raison de situations de monopole ou de difficultés durables
d'approvisionnement, un décret en Conseil d'État peut réglementer les prix
après consultation de l'Autorité de la concurrence 4. C’est notamment sur ce
fondement que le prix de certaines marchandises est règlementé en Guyane, à
La Réunion, en Guadeloupe, Martinique et à Saint-Pierre-et-Miquelon 5.
Le Gouvernement peut arrêter, contre des hausses ou des baisses
excessives de prix, des mesures temporaires motivées par une situation de
crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une
situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé 6.
C’est sur ce fondement qu’a été encadré le prix de vente du gel
hydroalcoolique, pendant la pandémie de Covid-19 7.
Enfin, un prix excessivement haut peut être constitutif d’un abus de
position dominante prohibé par l’article 102 du Traité sur le fonctionnement
de l’Union européenne 8 et l’article L. 420-2 du code de commerce 9. Toutefois,
la caractérisation d’une telle infraction suppose un objet ou un effet
anticoncurrentiel. Ainsi, la fixation d’un prix par un fournisseur ou un

1 Des dispositions spécifiques régissent, par exemple, le prix du livre (loi n° 81-766 du 10 août 1981
relative au prix du livre).
2 Article L. 420-5 du code de commerce (c. com).
3 Art. L. 442-5 c. com., cf. le commentaire de l’article 1 er à ce sujet.
4 Art. L. 410-2, al. 2, c. com.
5 Décrets n° 88-1044 ; n° 88-1045 ; n° 88-1046 ; n° 88-1047 et n° 88-1048 du 17 novembre 1988.
6 Article L. 410-3, al. 3, c. com.
7 Décret n° 2020-396 du 4 avril 2020.
8 CJCE, 16 juill. 2009, Der Grüne Punkt, C-385/07 P.
9 Pour un fabricant de boules de pétanques condamné pour abus de position dominante après avoir

diffusé très largement les prix de revente souhaités, surveillé et sanctionné les distributeurs qui ne
respectaient pas ces prix : v. la décision 17-D-02 de l’Autorité de la concurrence du 1er février 2017.
- 20 -

distributeur qui lui assurerait une marge très importante n’est pas, en soi,
prohibée puisqu’elle ne présente pas d’objet ou d’effet anticoncurrentiel.
B. Une libre détermination des prix des produits agricoles
garantie par le droit de l’Union européenne
Si la liberté des prix est protégée au niveau national par notre
tradition constitutionnelle et par le code de commerce, elle est aussi protégée
par le droit de l’Union européenne, et particulièrement par le règlement du
17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés (OCM) de
produits agricoles 1. Cette disposition concerne avant tout la vente des
produits agricoles. Là aussi cependant, cette liberté n’est pas absolue.
Selon la Cour de justice de l’Union européenne, en présence d’un
règlement portant OCM dans un domaine déterminé, les États membres sont
tenus de s’abstenir de prendre toute mesure qui serait de nature à y déroger
ou à y porter atteinte. Sont également incompatibles avec une OCM les
réglementations qui font obstacle à son bon fonctionnement, même si la
matière en question n’a pas été réglée de façon exhaustive par cette OCM 2. À
cet égard, la Cour juge que la libre détermination des prix de vente sur la base
du libre jeu de la concurrence est une composante du règlement « OCM » et
constitue l’expression du principe de la libre circulation des marchandises
dans des conditions de concurrence effective 3. Ce principe s’applique dans les
relations entre agriculteurs et acheteurs de produits agricoles 4 mais aussi à
la détermination du prix de vente au consommateur par le distributeur 5.
Pour autant, l’établissement d’une OCM n’empêche pas les États
membres d’appliquer des règles nationales qui poursuivent un objectif
d’intérêt général autre que ceux couverts par cette OCM, même si ces règles
sont susceptibles d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché
intérieur dans le secteur concerné 6.
À ce propos, la Cour de justice de l’Union européenne a déjà pu juger
que le règlement OCM dans son ensemble ne couvrait pas les objectifs de lutte
contre l’inflation et de protection des consommateurs défavorisés. Ainsi, un
État membre peut invoquer l’objectif de lutte contre l’inflation ou la protection
des consommateurs afin de justifier des mesures qui portent atteinte au
système de détermination des prix dans des conditions de concurrence
effective.

1 Règlement (UE) No 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant


organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) no
922/72, (CEE) no 234/79, (CE) no 1037/2001 et (CE) no 1234/2007 du Conseil.
2 Même arrêt, pt 29.
3 CJUE, 23 déc. 2015, Scotch Whisky Association et a., C-333/14, pt 20 ; CJUE, 11 mars 2021,

Commission c/Hongrie, C-400/19, pt 36.


4 CJUE, 13 nov. 2019, Lietuvos Respublikos Seimo narių grupė, C-2/18.
5 Même arrêt.
6 Même arrêt, pts 30 et 56.
- 21 -

Dans tous les cas, ces règles permettant de déroger à l’OCM doivent
être propres à garantir la réalisation de l’objectif poursuivi et ne peuvent aller
au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif 1.

II. Le dispositif envisagé – Un encadrement des marges par


l’institution d’un coefficient multiplicateur maximal
L’article 1er bis, introduit en séance par l’amendement n° 37 d’André
Chassaigne et ses collègues du groupe « Gauche Démocrate et Républicaine »,
avec un avis défavorable du rapporteur et du Gouvernement, vise un
encadrement des marges dans le secteur agroalimentaire, filière par filière, à
travers la définition, chaque année par les ministres chargés de l’agriculture
et de l’économie d’un coefficient multiplicateur maximum entre le niveau
minimal de prix d’achat et le prix de revente pour les produits agricoles et
alimentaires (soit entre l’agriculteur et son acheteur), ainsi que la définition
d’un coefficient multiplicateur maximum entre le prix d’achat et le prix de
revente au public (soit entre le fournisseur et le distributeur).
Le premier coefficient multiplicateur s’appliquerait en effet :
- aux contrats de vente de produits agricoles livrés sur le territoire
français, mentionnés à l’article L. 631-24 du code rural et de la pêche maritime
(CRPM) ;
- aux acheteurs qui revendent des produits agricoles ou des produits
alimentaires mentionnés à l’article L. 631-24-1 du CRPM ;
- aux entreprises dont le chiffre d’affaires hors taxes, le cas échéant
consolidé ou combiné en application de l’article L. 233-16 du code de
commerce, réalisé au cours du dernier exercice clos, est supérieur ou égal à
350 millions d’euros.
Concrètement, ce coefficient qui ne saurait être supérieur à un taux
recommandé de marges par filière, défini par l’Observatoire de la formation
des prix et des marges des produits alimentaires, s’appliquerait donc aux
industries agroalimentaires qui cèdent leurs produits aux distributeurs, mais
aussi aux producteurs de produits agricoles eux-mêmes dès lors qu’ils cèdent
leurs produits, puisqu’il est expressément fait référence à l’article L. 631-24 du
CRPM.
Ensuite, le deuxième coefficient multiplicateur serait appliqué entre
le prix des fournisseurs de produits agricoles ou des produits alimentaires
comportant un ou plusieurs produits agricoles, et le prix de vente final des
denrées alimentaires ou produits agricoles vendus dans le commerce de détail
et de gros à prédominance alimentaire. Le champ d’application de ce
coefficient serait plus large mais reste incertain puisqu’il est seulement précisé
qu’il n’est pas applicable aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel ou

1 CJUE, 12 sept. 2024, SPAR Magyarország Kft, C-557/23, pts 40 à 48.


- 22 -

le bilan réalisé au cours du dernier exercice est inférieur à deux millions


d’euros ou qui emploient moins de dix salariés.
Enfin, sont prévues des sanctions en cas de manquements aux
dispositions de cet article ainsi qu’un renvoi à un décret en Conseil d’État
pour la définition de ses modalités d’application.

III. La position de la commission – Un dispositif excessivement


complexe et inabouti dont les effets sont incertains
Tout d’abord, l’évaluation des effets du dispositif est très insuffisante.
En effet, la réduction des marges causée par le dispositif proposé sur certains
produits pourrait conduire à un rattrapage sur d’autres produits, et
notamment sur des produits où les marges sont habituellement plus faibles,
notamment ceux consommés par les ménages les plus modestes. Ainsi, alors
que le présent dispositif entend protéger les consommateurs, il pourrait avoir
un effet inflationniste en sens inverse. Et l’absence d’étude d’impact ou
d’analyse prospective du dispositif ne permet pas de trancher avec certitude
dans tel ou tel sens. Les conséquences de l’encadrement des marges envisagé
sont donc très incertaines en réalité.
De même, il n’est pas démontré que le présent article contribuera à
atteindre l’objectif de protection des consommateurs qu’il entend poursuivre
et il n’est pas plus démontré qu’il ne va pas au-delà de ce qui est nécessaire
pour atteindre un tel objectif.
Plus fondamentalement, le dispositif envisagé pose la question de sa
compatibilité avec plusieurs grands principes du droit national (liberté
d’entreprendre, liberté du commerce et de l’industrie, liberté contractuelle…)
ainsi qu’avec le droit de l’Union européenne : les mesures proposées
devraient être précédées d’une analyse plus approfondie, notamment par le
Gouvernement et l’Autorité de la Concurrence, voire accompagnées d’une
saisine préalable de la Commission européenne, afin de garantir leur
constitutionalité et leur faisabilité.
Ensuite, les conditions de définition du taux recommandé de marge
par filière ne sont pas, même sommairement, définies, alors que les acteurs
économiques – agriculteurs, industriels et distributeurs - ont tous besoin de
plus de stabilité normative et de visibilité dans la conduite de leurs activités.
Il faut ajouter que le dispositif sera excessivement complexe à mettre
en œuvre puisque la définition de deux coefficients pour chacune des filières
conduira en pratique à l’adoption de très nombreux coefficients et devrait
générer de sérieuses difficultés pour l’Observatoire de la formation des prix
et des marges des produits alimentaires dans l’exercice de ses missions
concrètes.
Par ailleurs, la définition annuelle d’un coefficient ne répond pas à la
problématique des cas de variations infra-annuelles. Le présent article ne
- 23 -

prévoit pas le risque de perturbations conjoncturelles des marchés, qui


pourrait rendre le coefficient totalement inadapté.
En outre, le champ d’application de ce coefficient pose un certain
nombre de difficultés également.
Il est d’abord difficile de comprendre pourquoi le coefficient
multiplicateur maximal entre le niveau minimal de prix d’achat et le prix de
revente des produits agricoles ou des produits alimentaires devrait
s’appliquer à la seule vente de produits agricoles.
De plus, le champ d’application du coefficient multiplicateur
maximum par filière, entre le prix des fournisseurs, et le prix de vente final
des denrées alimentaires ou produits agricoles vendus dans le commerce est
assez incertain puisque le 2° de l’article se borne à indiquer qu’il n’est pas
applicable aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel ou le total de bilan
réalisé au cours du dernier exercice clos est inférieur à deux millions d’euros
ou qui emploient moins de dix salariés… sans préciser toutefois ni à quoi ni à
qui il serait applicable.
Au total, pour toutes les raisons évoquées, le dispositif proposé est
trop inabouti pour pouvoir être soutenu.

La commission a donc supprimé l’article.


- 24 -

Article 2
Application de l’interdiction de revente à perte à la vente des produits
vendus sous marque de distributeur

Cet article vise à clarifier le champ d’application de l’interdiction


de revente à perte en prévoyant expressément qu’une telle interdiction,
prévue au I de l’article L. 442-5 du code de commerce, est applicable aux
produits vendus sous marque de distributeur (MDD) acquis dans les
conditions prévues à l’article L. 441-7 du même code. Cette évolution
préciserait ainsi que le SRP+10 s’applique aux produits concernés vendus
sous MDD.
L’article vise, par ailleurs, à renforcer les sanctions encourues en cas
de méconnaissance de l’interdiction de revente à perte. Au lieu d’une
amende de 75 000 euros, l’auteur d’un manquement au SRP s’exposerait à
une amende dont le montant peut atteindre 1 % du chiffre d’affaires hors
taxes réalisé en France lors du dernier exercice clos.
Sur le premier point, alors que les effets attendus du SRP+10 n’ont
pas été démontrés, l’opportunité d’étendre cette majoration aux produits
vendus sous MDD n’est pas apparue aux rapporteurs, surtout que les effets
inflationnistes sont quant à eux certains.
Sur le second point, le renforcement des sanctions proposé est
excessif, porter l’amende encourue jusqu’à 100 000 € d’amende pour une
personne physique et 500 000 € d’amende pour une personne morale paraît
bien plus proportionné.
La commission a adopté l’article ainsi modifié.

I. La situation actuelle – L’interdiction de la revente à perte et le


relèvement du seuil (SRP+10) face à la problématique spécifique des
produits vendus sous marque de distributeur (MDD)
A. Le principe de l’interdiction de la revente à perte et le
relèvement du seuil de revente à perte introduit par la loi Egalim 1
L’interdiction de la revente à perte est un principe fondamental en
droit français dont l’histoire, les objectifs, les principes et les régimes de
sanctions ont déjà été présentés 1. Comme il a été vu, il existe un relèvement
du seuil de revente à perte (SRP) qui a été introduit en 2018 par la loi Egalim 1 :
s’agissant des denrées alimentaires et des produits destinés à l'alimentation
des animaux de compagnie, le prix d’achat effectif est affecté d'un coefficient
de 1,10, afin de forcer les distributeurs à réaliser au moins 10% de marge sur
de tels produits (d’où le nom de « SRP+10 »).

1 Cf. le commentaire de l’article 1er à ce sujet.


- 25 -

B. Le régime juridique applicable à la production de produits


vendus sous marque de distributeur
La définition du produit vendu sous marque de distributeur (MDD)
est aujourd’hui prévue à l’article R 12-47 du code de la consommation, aux
termes duquel « est considéré comme produit vendu sous marque de distributeur le
produit dont les caractéristiques ont été définies par l’entreprise ou le groupe
d’entreprises qui en assure la vente au détail et qui est le propriétaire de la marque
sous laquelle il est vendu ». Les produits sous MDD ne suivent pas la procédure
classique d'achat-revente puisqu’ils sont fabriqués sur demande, selon un cahier des
charges établi par le distributeur. Deux cas doivent alors être distingués.
D’abord, le distributeur peut vendre des produits qu’il a lui-même
fabriqués, sous une marque dont il est propriétaire.
Sinon, ce qui constitue le cas le plus fréquent, le distributeur confie à
un fournisseur, selon une logique de sous-traitance, le soin de fabriquer les
produits avant de les commercialiser sous sa propre marque.
La nature juridique des relations contractuelles liant le fournisseur et
le distributeur qui vend des produits fabriqués par le fournisseur sous MDD
n’est alors pas évidente. Un tel contrat peut, a priori, être regardé comme un
contrat de vente 1 dès lors que le fournisseur vend un produit au distributeur.
Toutefois, un tel contrat, dès lors que les caractéristiques du produit
ensuite vendu sous MDD sont définies par le distributeur, ne doit pas être
regardé comme un contrat de vente, mais comme un « contrat d’entreprise » 2.
En effet, la chambre commerciale de la Cour de cassation a déjà pu
juger que le contrat par lequel une entreprise fabrique des barres de céréales
à partir de spécifications techniques fournies par le donneur d’ordre sur du
matériel et en partie grâce à des produits fournis par ce dernier doit être
qualifié de contrat d’entreprise et non de contrat de vente 3. De manière
générale, dès lors que le produit est fabriqué selon les modalités prévues par
le cahier des charges imposé par le distributeur, le contrat portant sur un
produit ensuite vendu sous MDD doit être regardé comme un contrat
d’entreprise et non comme un contrat de vente 4.

1 La vente est une convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose, et l'autre à la payer
(art. 1582 du code civil).
2 Le contrat d'entreprise est le contrat par lequel une personne charge une autre personne d'exécuter,

en toute indépendance, un ouvrage (Cass. civ. 1e, 19 févr. 1968, n° 64-14.315, Bull. civ. I n°69).
3 Cass. com., 3 janvier 1995, 92-20.735, bull. civ. IV n°2
4 V. notamment en ce sens la position de la Commission d’examen des pratiques commerciales : CEPC,

29 juin 2022, recommandation n°22-1, §§ 27 et suiv.


- 26 -

C. La question de l’application de l’interdiction de la revente à


perte aux produits vendus sous MDD
La vente au consommateur, par un distributeur, de produits sous
MDD, pourrait ne pas être regardée comme soumise aux dispositions de
l’article L. 442-5 du code de commerce qui interdisent la seule revente à perte
et non la vente à perte. En effet, dès lors que le produit vendu sous MDD n’a
pas initialement fait l’objet d’un contrat de vente entre le distributeur et le
fournisseur, il paraît, à première vue, difficile de considérer que le distributeur
revende ce même produit au consommateur.
Toutefois, à ce stade, la Cour de cassation n’a jamais pris parti en
faveur d’une telle solution. Surtout, elle ne peut être regardée comme
parfaitement certaine dès lors que la notion de « revente » n’est pas définie
par la loi. De plus, selon la chambre criminelle de la Cour de cassation, la
notion de revente n’implique pas nécessairement un « achat puis une revente »,
de sorte que l’interprétation de cette notion peut s’avérer difficile à manier en
pratique. À titre d’illustration, il peut être relevé qu’un distributeur a pu être
condamné pour avoir vendu du fuel domestique à un prix inférieur au prix
auquel elle l’a ensuite acheté. La société avait tenté de se défendre en avançant
précisément devant la chambre criminelle de la Cour de cassation que « la
revente s'inscrit dans une chaîne de ventes successives, et suppose d'être précédée
d'une première vente portant sur le même bien, le revendeur ayant au préalable acquis
le bien qu'il entend revendre » mais la chambre criminelle n’a pas retenu cette
argumentation et rejeté le pourvoi, jugeant que le délit de revente à perte
pouvait être caractérisé sans que l’absence d’un premier contrat de vente avant
la « revente » n’y fasse obstacle 1.
Ainsi, quand bien même le contrat liant le fournisseur et le
distributeur vendant des produits sous MDD est un contrat d’entreprise selon
la chambre commerciale de la Cour de cassation, une telle circonstance ne
suffit pas à établir que le juge pénal refuserait de qualifier la vente au
consommateur comme une « revente ». Par suite, le risque de condamnation
pour revente à perte d’un distributeur qui vend des produits sous MDD acquis
auprès d’un fournisseur en vertu d’un contrat d’entreprise reste incertain.
Au cours des auditions, certains acteurs auditionnés ont pu expliquer
que l’interdiction de revente à perte ne s’appliquait pas, selon eux, aux
produits vendus sous MDD, mais d’autres ont aussi pu indiquer qu’ils avaient
choisi d’appliquer le SRP+10 à leurs produits sous MDD.

1 Cass. crim., 6 déc. 2006, no 06-81.947, Bull. crim. n°307


- 27 -

II. Le dispositif introduit par l’Assemblée nationale – Un


renforcement de l’interdiction de revente à perte par une extension aux
produits vendus sous MDD et par un renforcement des sanctions
A. Une extension du champ d’application de l’interdiction de
revente à perte aux produits vendus sous MDD
Issu d’un amendement adopté en commission (CE3 déposé par
M. Richard Ramos), l’article vient d’abord étendre le champ d’application de
l’interdiction de revente à perte prévue à l’article L. 442-5 du code de
commerce, en prévoyant que cette infraction est aussi applicable aux produits
vendus sous marque de distributeur (MDD) acquis dans les conditions
prévues à l’article L. 441-7 du même code.
Par suite, les distributeurs ne pourraient revendre des produits sous
MDD à un prix inférieur au prix d'achat effectif auprès du fournisseur, quand
bien même le fournisseur fabriquerait le produit en question selon les
modalités définies par le distributeur.
S’agissant des denrées alimentaires et des produits destinés à
l'alimentation des animaux de compagnie vendus sous MDD, les distributeurs
seront de plus soumis au seuil de revente à perte majorée de 10 % (SRP+10),
comme pour la vente de marques nationales 1.
Ainsi, l’article 2 vise à clarifier le champ d’application de
l’interdiction de revente à perte.
Surtout, cet article a pour objectif d’harmoniser les règles applicables
aux produits vendus sous marques nationales et sous MDD en prévoyant
qu’ils seront tous soumis au SRP+10.
B. Un renforcement considérable des sanctions applicables
En séance, l’Assemblée nationale a également adopté, avec un avis
défavorable du rapporteur et du Gouvernement, un amendement n° 12
déposé par le groupe Socialistes et apparentés, visant à renforcer les sanctions
applicables en cas de méconnaissance de l’interdiction de revente à perte.
Au lieu d’une amende de 75 000 euros, l’auteur s’exposerait à une
amende d’un montant équivalent à 1 % du chiffre d’affaires hors taxes réalisé
en France lors du dernier exercice clos. Un sous-amendement n° 63 du même
groupe précise que ce montant est un plafond.

1En effet, l’article 2 de la loi prévoit expressément que les dispositions du I de l’article L. 442-5 du
code de commerce sont applicables aux produits vendus sous MDD et l’article 125 de loi ASAP vise
expressément ce même I de l’article L. 442-5.
- 28 -

III. La position de la commission – Revenir sur l’extension du SRP+10


aux MDD mais renforcer les sanctions tout en assurant leur proportionnalité
A. Une extension peu opportune aux produits vendus sous MDD
Alors que les effets attendus du SRP+10 n’ont pas été démontrés,
l’opportunité d’étendre cette majoration aux produits vendus sous MDD
n’apparaît pas comme une évidence. Vos rapporteurs, déjà critiques à l’égard
du SRP+10, comprennent que pour plusieurs acteurs le cadre législatif en la
matière gagnerait à être clarifié mais ils jugent surtout assez sévèrement
l’extension du dispositif, surtout que les effets inflationnistes pour les
produits en MDD se feront rapidement sentir pour les consommateurs,
notamment les plus modestes. Ils s’interrogent de plus sur l’intérêt de l’appliquer
aux productions internes et aux cas de prestation de service, qui ne sont pas des
« ventes » au sens classique du terme. La revente à perte suppose en règle
générale l’existence d’un contrat de vente en bonne et due forme. La mesure
proposée réouvrirait un débat sur la nature juridique du contrat de fabrication
de produits sous MDD qui n’est pas de nature à apaiser le cadre des relations
commerciales, déjà particulièrement tendues depuis le début de l’année 2025.
Il n’est pas non plus certain que cette extension du dispositif aux MDD
permette de rééquilibrer les marges sur l’ensemble des produits alimentaires,
alors que le nombre de produits concerné par cette extension restera limité dans
la mesure où les distributeurs appliquent déjà dans de nombreux cas des marges
d’au moins 10 % sur les MDD.
L’extension du SRP+10 n’est donc pas opportune et le dispositif proposé
a été supprimé par la commission.
B. Un renforcement excessif des sanctions qui doivent rester
proportionnées
Sur le second dispositif introduit par l’article, les rapporteurs partagent
l’objectif d’un renforcement des sanctions à l’égard des distributeurs pratiquant
la revente à perte, d’autant plus que ce montant n’a pas été révisé depuis 2002 1.
Pour autant, une amende dont le montant pourrait atteindre 1 % du chiffre
d’affaires hors taxes réalisé en France lors du dernier exercice clos leur paraît
toutefois excessive.
Ainsi, la commission a adopté un amendement portant le montant de
l’amende encourue à un plafond de 100 000 € pour une personne physique et
500 000 € pour une personne morale, ce qui paraît bien plus proportionné.

La commission a adopté l’article ainsi modifié.

1 Le montant de l’amende avait été porté de 50 000 francs à 75 000 euros par l’ordonnance n° 2000-916
du 19 septembre 2000 portant adaptation de la valeur en euros de certains montants exprimés en
francs dans les textes législatifs
- 29 -

Article 3
Remise d’un rapport sur les marges brutes réelles des distributeurs

Cet article additionnel est issu de l’adoption en séance, à


l’Assemblée nationale, d’un amendement du groupe Socialistes et
apparentés. Il prévoit la remise d’un rapport du Gouvernement au
Parlement sur les marges brutes réelles des distributeurs.
La commission a souhaité maintenir ce rapport qui va dans le sens
d’une plus grande transparence.
La commission a donc adopté l’article sans modification.

I. Le dispositif adopté par l’Assemblée nationale – Un rapport sur


les marges brutes réelles des distributeurs
Le dispositif fait suite à l’adoption en séance, à l’Assemblée nationale,
d’un amendement n° 47 du groupe Socialistes et apparentés prévoyant la
remise d’un rapport du Gouvernement au Parlement sur les marges brutes
réelles des distributeurs. Un sous-amendement n° 62 a précisé que le rapport
n’est pas annuel, mais unique.
Ce rapport, détaillé par catégorie de produits alimentaires, devra
rendre compte des « systèmes de péréquation des marges mis en place par les
distributeurs », précisera « les évolutions des marges commerciales réalisées par les
enseignes de la grande distribution missions » et indiquera « les marges
commerciales de ces acteurs par type de produits, les tendances d’évolution sur les dix
dernières années, la corrélation avec les effets d’inflation des coûts des matières
premières et de l’énergie ».

II. La position de la commission – Un rapport qui favorisera une


plus grande transparence
La commission a estimé que cet article additionnel ne posait pas de
difficultés, ce rapport allant dans le sens d’une plus grande transparence
alors que la question des marges des distributeurs continue de faire l’objet
d’une certaine opacité.
Ce rapport devrait être confié à l’Inspection générale des Finances
(IGF) alors que l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM)
présente dans ses rapports des chiffres qui ne reflètent pas la réalité des
marges dégagées par les distributeurs. En effet, les résultats de l’Observatoire
paraissent sous-estimer les niveaux de rentabilité dans la grande distribution
car certains revenus tirés des ventes en rayon ne sont pas pris en compte et
les distributeurs optimisent leur rentabilité à travers un système de
péréquation des marges selon les produits qui masque les réalités
économiques.
- 30 -

Des données plus solides sur les marges brutes réelles des
distributeurs doivent permettre des retours en valeur plus élevés pour les
industriels et les producteurs, en particulier les agriculteurs.

La commission a adopté l’article sans modification.


- 31 -

TRAVAUX EN COMMISSION

Désignation de rapporteurs
(Mercredi 19 février 2025)

La commission désigne M. Daniel Gremillet et Mme Anne-Catherine


Loisier rapporteurs sur la proposition de loi n° 954 (A.N., XVIIe lég.) visant à
renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur
agroalimentaire, sous réserve de sa transmission.

Examen en commission
(Mercredi 26 mars 2025)
Ce compte rendu sera publié ultérieurement.
- 33 -

RÈGLES RELATIVES À L’APPLICATION DE L’ARTICLE 45


DE LA CONSTITUTION ET DE L’ARTICLE 44 BIS DU
RÈGLEMENT DU SÉNAT

Si le premier alinéa de l’article 45 de la Constitution, depuis la


révision du 23 juillet 2008, dispose que « tout amendement est recevable en
première lecture dès lors qu’il présente un lien, même indirect, avec le texte déposé ou
transmis », le Conseil constitutionnel estime que cette mention a eu pour effet
de consolider, dans la Constitution, sa jurisprudence antérieure, reposant en
particulier sur « la nécessité pour un amendement de ne pas être dépourvu de tout
lien avec l’objet du texte déposé sur le bureau de la première assemblée saisie » 1.
De jurisprudence constante et en dépit de la mention du texte
« transmis » dans la Constitution, le Conseil constitutionnel apprécie ainsi
l’existence du lien par rapport au contenu précis des dispositions du texte
initial, déposé sur le bureau de la première assemblée saisie 2. Pour les lois
ordinaires, le seul critère d’analyse est le lien matériel entre le texte initial et
l’amendement, la modification de l’intitulé au cours de la navette restant sans
effet sur la présence de « cavaliers » dans le texte 3. Pour les lois organiques, le
Conseil constitutionnel ajoute un second critère : il considère comme un
« cavalier » toute disposition organique prise sur un fondement
constitutionnel différent de celui sur lequel a été pris le texte initial 4.
En application des articles 17 bis et 44 bis du Règlement du Sénat, il
revient à la commission saisie au fond de se prononcer sur les irrecevabilités
résultant de l’article 45 de la Constitution, étant précisé que le Conseil
constitutionnel les soulève d’office lorsqu’il est saisi d’un texte de loi avant sa
promulgation.
En application du vademecum sur l’application des irrecevabilités au
titre de l’article 45 de la Constitution, adopté par la Conférence des Présidents,
la commission des affaires économiques a arrêté, lors de sa réunion du mercredi
26 mars 2025, le périmètre indicatif de la proposition de loi n° 451 (2024-2025
visant à renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur

1 Cf. commentaire de la décision n° 2010-617 DC du 9 novembre 2010 - Loi portant réforme des
retraites.
2 Cf. par exemple les décisions n° 2015-719 DC du 13 août 2015 - Loi portant adaptation de la

procédure pénale au droit de l’Union européenne et n° 2016-738 DC du 10 novembre 2016 - Loi visant
à renforcer la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias.
3 Décision n° 2007-546 DC du 25 janvier 2007 - Loi ratifiant l’ordonnance n° 2005-1040 du

26 août 2005 relative à l’organisation de certaines professions de santé et à la répression de


l’usurpation de titres et de l’exercice illégal de ces professions et modifiant le code de la santé publique.
4 Décision n° 2020-802 DC du 30 juillet 2020 - Loi organique portant report de l’élection de six

sénateurs représentant les Français établis hors de France et des élections partielles pour les députés
et les sénateurs représentant les Français établis hors de France.
- 34 -

agroalimentaire. Sont susceptibles de présenter un lien, même indirect, avec le


texte déposé, les dispositions relatives :
- au relèvement du seuil de revente à perte ;
- à la communication d’informations relatives à l’utilisation du
relèvement du seuil de revente à perte ;
- à l’encadrement des promotions des produits de grande
consommation, soit les denrées alimentaires et les produits de droguerie,
parfumerie et hygiène (DPH).

Les amendements figurant dans le tableau ci-après ont été déclarés


irrecevables par la commission des affaires économiques sur le fondement de
l’article 45 de la Constitution et de l’article 44 bis du Règlement du Sénat

Numéro Place Auteur Objet


Plancher d’amende en cas de non
COM-6 Art add. après article 3 M. DUPLOMB respect de la date butoir du calendrier
légal des négociations commerciales
- 35 -

LISTE DES PERSONNES ENTENDUES

Mercredi 5 mars 2025


- Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes (DGCCRF) : M. Thomas PILLOT, chef du service
Protection des consommateurs et régulation des marchés, Mme Carla
DEVEILLE-FONTINHA, sous-directrice Droit de la concurrence, droit de la
consommation et affaires juridiques et M. Laurent JACQUIER, chef du
bureau Commerce et relations commerciales.
Mardi 11 mars 2025
- Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire (Masa) :
MM. Aurélien DE LA NOUE, conseiller économie, industries
agro-alimentaires, Egalim, foncier et outremer, Pierre REBEYROL, adjoint au
sous-directeur compétitivité à la DGPE et Thierry DAHAN, médiateur des
relations commerciales agricoles.
- La Coopération agricole : MM. Dominique CHARGÉ, président et
Thibault BUSSONNIÈRE, directeur adjoint de la communication et des
relations extérieures en charge des affaires publiques.
- Fédération nationale des industries laitières (Fnil) : M. François-Xavier
HUARD, président-directeur général.
- Association nationale des industries alimentaires (Ania) : M. Maxime
COSTILHES, directeur général, Mme Marie BUISSON, directrice juridique,
MM. Miloud BENAOUDA, vice-président de la commission Commerce de
l’Ania et président de Barilla Europe de l’ouest et Simon FOUCAULT,
directeur des affaires publiques.
- Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF) :
M. Léonard PRUNIER, président et Mme Diane AUBERT, directrice des
affaires publiques.
- Institut de liaison des entreprises de consommation (Ilec) : MM. Nicolas
FACON, président-directeur général, Daniel DIOT, secrétaire général et Tom
PINHO, chargé des affaires publiques.
- Fédération du commerce et de la distribution (FCD) :
Mmes Layla RAHHOU, directrice des affaires publiques et Julie FRAYSSE,
responsable des affaires publiques.
- Audition commune Fédération des entreprises de la beauté (Febea) et
Fédération de l’hygiène et de l’entretien responsable (FHER) : MM. Éric RENARD,
fondateur/dirigeant de la Phocéenne des cosmétiques (Le Petit Olivier),
Richard LEROSEY, fondateur/directeur général d’Héritage, Mme Marie
AUDREN, responsable des affaires publiques (Febea), M. Xavier GUEANT,
directeur juridique (Febea) et Mme Khristelle ROBIC, représentante de la
FHER.
- 36 -

Mercredi 12 mars 2025


- Mouvement E. Leclerc : M. Philippe MICHAUD, co-président,
Mme Marie DE LAMBERTERIE, secrétaire général et M. Alexis
BÉVILLARD, directeur des affaires publiques.
Jeudi 13 mars 2025
- Groupement Les Mousquetaires : M. Nicolas RAYNAL, directeur des
affaires publiques territoriales.
- Essity France : Mmes Marie-Laure MAHÉ, directrice générale et
Arletta BIALEK, directrice des affaires publiques.
Mardi 18 mars 2025
- UFC - Que Choisir : MM. Olivier ANDRAULT, chargé d’études
alimentation et nutrition et Benjamin RECHER, chargé de mission relations
institutionnelles.
- Autorité de la concurrence : MM. Thibaud VERGÉ, vice-président et
Erwann KERGUELEN, rapporteur général adjoint.
Mercredi 19 mars 2025
- Ministère délégué chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et
Moyennes entreprises et de l'Économie sociale et solidaire : M. Laurent Béteille,
conseiller spécial Commerce-consommation.
- 37 -

LA LOI EN CONSTRUCTION

Pour naviguer dans les rédactions successives du texte, visualiser les


apports de chaque assemblée, comprendre les impacts sur le droit en vigueur,
le tableau synoptique de la loi en construction est disponible sur le site du
Sénat à l’adresse suivante :
[Link]

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