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Mécanisme des cellules photovoltaïques organiques

Le document traite des cellules photovoltaïques organiques, une technologie émergente dans le domaine des énergies renouvelables, qui convertit la lumière solaire en électricité à l'aide de matériaux à base de carbone. Il décrit le mécanisme de conversion photovoltaïque, la structure des cellules, ainsi que les avantages et inconvénients associés, tout en explorant les applications et les perspectives d'avenir de cette technologie. L'étude met en lumière les défis et les innovations récentes visant à améliorer l'efficacité et la stabilité des cellules photovoltaïques organiques.

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Saïd Badarou
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Mécanisme des cellules photovoltaïques organiques

Le document traite des cellules photovoltaïques organiques, une technologie émergente dans le domaine des énergies renouvelables, qui convertit la lumière solaire en électricité à l'aide de matériaux à base de carbone. Il décrit le mécanisme de conversion photovoltaïque, la structure des cellules, ainsi que les avantages et inconvénients associés, tout en explorant les applications et les perspectives d'avenir de cette technologie. L'étude met en lumière les défis et les innovations récentes visant à améliorer l'efficacité et la stabilité des cellules photovoltaïques organiques.

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REPUBLIQUE DU BENIN

*****************

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE (MESRS)
*************
Université Africaine de Technologie et de Management
(UATM)GASA-FORMATION
***********
Filière: Genie Electrique OPTION: Système Industriel

THEME :
Mécanisme de conversion photovoltaïque dans les
cellules organiques

Réaliser par : Sous la supervision de :


ASSANI-BADAROU Zaïd Mr TOKPASSI D. Placide
ODJOUMANI Ezin Appolinaire

Année scolaire :
2024-2025
0
PLAN
I-Introduction général
II-Présentation du concept de conversion photovoltaïque
III- Structure des cellules photovoltaïques organiques
IV- Mécanisme de conversion photovoltaïque
V- Types de cellules photovoltaïques organiques
VI-Avantages et inconvénients des cellules
photovoltaïques organiques
VII- Applications et perspectives d'avenir
VIII- Conclusion général

1
I-INTRODUCTION GENERAL

Les cellules photovoltaïques organiques représentent une technologie


émergente dans le domaine des énergies renouvelables, visant à
convertir la lumière solaire en électricité de manière efficace et
durable. Contrairement aux cellules photovoltaïques traditionnelles en
silicium, les cellules organiques sont constituées de matériaux à base
de carbone, tels que des polymères et des petites molécules
organiques, offrant ainsi des avantages significatifs, notamment une
flexibilité mécanique, des coûts de production réduits et la possibilité
de fabrication sur de grandes surfaces par des techniques
d'impression.
Le mécanisme de conversion photovoltaïque dans ces cellules repose
sur des principes physiques et chimiques spécifiques qui diffèrent de
ceux des cellules inorganiques. Ce processus commence par
l'absorption de la lumière, suivie de la génération d'excitons (paires
électron-trou liées), puis de leur dissociation aux interfaces entre les
matériaux donneurs et accepteurs, et enfin du transport des charges
générées jusqu'aux électrodes pour produire un courant électrique.
Cet exposé se propose de détailler ces différentes étapes du
mécanisme de conversion photovoltaïque dans les cellules organiques,
en mettant en lumière les défis et les progrès réalisés dans ce
domaine. Nous explorerons les aspects fondamentaux de la
conception des matériaux, les processus de transfert de charge, ainsi
que les innovations récentes qui améliorent l'efficacité et la stabilité
des cellules photovoltaïques organiques.

2
II-Présentation du concept de conversion photovoltaïques
La conversion de l'énergie solaire est une opération qui consiste à transformer en
énergie électrique l'énergie des photons provenant du soleil sous forme d'ondes
électromagnétiques. Pour obtenir cette opération, il est nécessaire de mettre en
œuvre des dispositifs optoélectroniques appropriés appelés « cellules solaires »
ou « photopiles solaires ». Dans ce chapitre nous allons tout d’abord montrer les
principales caractéristiques du spectre solaire, pour présenter ensuite l'idée
principale de la conversion photovoltaïque. Pour cela, le principe de la conversion
photovoltaïque est rappelé. Ensuite, nous abordons la modélisation électrique
d’une cellule photovoltaïque. Puis nous énumérons les principaux paramètres
caractérisant une cellule photovoltaïque. Enfin nous terminons ce chapitre par
l’état de l’art en technologies photovoltaïque, en passant en revue les différentes
filières technologiques pour la fabrication des cellules solaires.
[Link] solaire
II.1.1- Qu’est-ce que la lumière ?
Un faisceau lumineux est un déplacement de petits corps porteurs d’énergie, ou
photons, comme l’a décrit Einstein en 1905, pour expliquer l’effet
photoélectrique. Depuis l’équivalence onde-corpuscule mise en évidence par
Louis de Broglie en 1924, la lumière est décrite également comme une onde
électromagnétique, comme les rayons X ou les ondes radiofréquences. Tout est
une question de longueur d’onde, ou de fréquence, pour ces oscillations qui
traversent l’espace et parfois la matière. Chaque photon porte une quantité
d’énergie directement liée à sa longueur d’onde. Le Soleil émet un rayonnement
de type électromagnétique. La lumière blanche nous parvient en très peu de temps
(elle met en moyenne environ 8 minutes et 19 secondes à nous parvenir) car il se
déplace à la vitesse de la lumière, soit 299 792 458 m/s. Ce rayonnement constitue
un spectre continu allant des ultra-violets à l'infra-rouge en passant par le visible
ou il émet avec le maximum d'intensité. Cependant, en traversant la
chromosphère du Soleil et l'atmosphère de la Terre, les atomes qui les composent
absorbent certains photons. Le spectre alors observable depuis la surface de la
Terre est donc un spectre de raies d'absorptions. Ainsi, à la surface de la Terre le
rayonnement solaire comprend : 5% d'ultra-violet, 40% de lumière visible et 55%
d'infra-rouge, les IR étant porteurs de l'essentiel de l'énergie thermique. Le
rayonnement ultra-violet émis par le Soleil est classé en 3 types d'ultra-violet : les
UV-A ayant une longueur d'onde de 380 (cette valeur peut varier légèrement selon
la source) à 315nanomètres (1nm=1×10-9mètre), les UV-B dont la longueur
d'onde est comprise entre 315 et 280 nm ainsi que les UV-C qui ont une longueur

3
d'onde allant de 280 à 200 nm. Cependant seuls les UV-A et une petite partie des
UV-B parviennent jusqu'à la surface de la Terre car en traversant l'atmosphère la
totalité des UV-C et la majeure partie des UV-B sont soit absorbées, soit
réfléchies. Ainsi le rayonnement solaire que nous recevons comprend seulement
5% d'ultra-violet, ces 5% étant composés à 95% d'UV-A et à 5% d'UV-B. Le
rayonnement solaire peut être considéré comme un ensemble de photons,
particules transportant chacune une quantité d'énergie appelée "quantum
d'énergie" et notée "∆E ".L'énergie d'un photon de fréquence υ (en hertz), dont la
longueur d'onde λ (en mètre) est égale à la célérité divisée par υ , est exprimée
par la relation
∆E= h×υ = (h×c) / λ (I-1)
h étant la constante de Planck c'est-à-dire 6,63*10-34 Joules par seconde.
Ainsi, les photons composant le rayonnement ultraviolet, du fait de leur longueur
d'onde, transportent un quantum d'énergie plus important que les photons
composant le rayonnement infrarouge. L'énergie que transmet le Soleil à la
surface de l'atmosphère par rayonnement est égale à 1 350 Watts/m² (c'est la
constante solaire). Cependant, en traversant l'atmosphère, des parties de ce
rayonnement sont réfléchies, absorbées ou diffusées, ce qui diminue
significativement cette valeur. Cette diminution est d'autant plus forte que la
couche d'atmosphère est importante. Ainsi, l'énergie que nous transmet le Soleil
dépend de plusieurs facteurs comme l'épaisseur de l'atmosphère où l'on se trouve
ou encore la position du Soleil et sa valeur atteint dans les meilleures conditions
900 à 1000 Watts/m².
II.1.2- Couleur et longueur d’onde
La longueur d’onde d’un faisceau lumineux caractérise sa couleur, telle que la
perçoit notre œil. Bien sûr, tous les rayonnements ne sont pas perceptibles par
l’œil, mais ils ont aussi leur longueur d’onde, qui dépend de leur fréquence :
fréquences radio, microondes… Puisque la photopile a pour vocation de fournir
de l’électricité dans le monde où nous vivons, elle est conçue pour convertir les
longueurs d’onde disponibles dans notre environnement, et propres au
développement de la vie. Regardons de quoi se compose le rayonnement du soleil
parvenant à la surface de la terre : l’infrarouge procure de la chaleur, le visible est
nécessaire à la croissance des plantes et des animaux (dont nous faisons partie,
s’il est besoin de le préciser), et l’ultraviolet brunit la peau et tue les bactéries. Le
spectre du soleil s’étend de 200 nm à 3 μm (= 3000 nm). Quoi de plus naturel
pour les physiciens du siècle dernier que de nommer «Ultraviolette» la lumière
plus bleue que le bleu-violet perceptible par l’œil, et « infrarouge » la lumière

4
moins rouge que celle que notre œil détecte ? En effet, la perception oculaire
moyenne de l’homme s’étend du bleu (longueur d’onde 380 nm) au rouge
(longueur d’onde 780 nm), en passant par les couleurs que l’arc-en-ciel nous
dévoile lorsque les gouttes de pluie décomposent la lumière blanche. On réalise
lamême décomposition avec un prisme (figure I-1). On appelle spectre, ou
répartition spectrale, d’une source de lumière l’ensemble des couleurs, ou
longueurs d’onde, qui la constituent. Une lumière rouge est une portion de
lumière blanche, de même qu’une lumière bleue ou orange. Les lampes
artificielles les plus courantes, quoique blanches à l’œil, diffèrent par leur spectre

Tableau II-1 : Principales ondes connues avec leurs longueurs d’onde, leurs
fréquences et leurs usages

II.1.3-Fonctionnement photovoltaïque

5
Une cellule PV est formée d’une jonction p-n qui permet de séparer spatialement
l’électron et le trou photo générés grâce à la variation du potentiel
électrochimique au sein de la structure. Une paire électron-trou phot générée dans
la zone de charge d’espace (ZCE) est immédiatement dissociée par le champ
électrique : les trous sont accélérés vers la zone p et les électrons vers la zone N,
(voir Figure I.4). On a une photo courant de génération. Dans les zones n ou p,
les porteuses minoritaires photos générés diffusent et ceux qui atteignent la ZCE
(dépendant de la longueur de diffusion LD de ces porteurs) sont propulsés vers la
région dans laquelle ils deviennent majoritaires, où ils peuvent être collectés par
les contacts ohmiques. On a un photo courant de diffusion. Ces deux contributions
s’ajoutent pour donner le photo courant résultant Iph. C’est un courant de porteurs
minoritaires proportionnel à l’intensité lumineuse. Ce courant s’oppose au
courant de diode, appelé courant d’obscurité Iobs, qui résulte de la polarisation
du composant. Le courant résultant I

est :
I =Iobs- Iph
𝑞𝑣
( )
Avec : Iobs = I0(𝑒 𝑛𝐾𝑇 − 1)

Où : q : charge élémentaire (q = 1.6.10-19 C)

K : constante de Boltzmann (k = 1.38.10-23 J.K-1)

T : température (K°)

V : tension aux bornes de la jonction (Volt)

I0 : est le courant de saturation en inverse de la diode. Le coefficient n est le


facteur d’idéalité de la diode, fonction de la qualité de la jonction (égal à 1 si la
diode est idéale et égal à 2 si la diode est entièrement gouvernée par la génération
/ recombinaison)

6
Figure II.2 : L’effet photovoltaïque

III-Structure des cellules solaires organiques :

1. Composants des cellules organiques

1.1. MATÉRIAUX PHOTOVOLTAÏQUES

A. Exigences

Le matériau photovoltaïque doit avoir un coefficient d'absorption important pour


diminuer l'épaisseur de la couche active et contribuer ainsi à réduire le prix de
revient du convertisseur. Il doit aussi posséder un gap direct pour favoriser les
transitions radiatives dans le but d'avoir une conversion photovoltaïque efficace.

B. Matériaux utilisés

1) Silicium

Le matériau le plus utilisé est le silicium, car il es abondant, non toxique,


technologie maitrisée et aussi pour la qualité de son oxyde

2) Tellurure de cadmium

Ce matériau permet de fabrique des cellules avec un rendement qui peut atteindre
18 % au laboratoire. Son avantage principal

est le prix réduit, car on peut produire un panneau en 2h30 avec de pertes de
matière première estimées à seulement 2 %. Son inconvénient principal est la
présence du cadmium nocif à l'environnement et la rareté du tellure .

3) Matériaux composés

On utilise ces derniers temps les composés CIGS [7] et CZTS [8] comme
matériaux absorbeurs. Les rendements atteints avec ces matériaux sont de l'ordre
20 % pour CIGS et 12% pour CZTS. Les principaux inconvénients sont la rareté
de l'indium pour CIGS et la présence de phase secondaires pour les deux cas.

4) Matériaux pérovskites

Ces matériaux sont de la forme (CH3NH3 M X3 avec M=Pb ou Sn et X=Cl, Br


ou I). Un exemple typique est CH3NH3 PbI3.
7
Leurs principaux avantages sont le bon rendement, de l'ordre de 19 % au
laboratoire, un gap typique (1.5-1.6 eV), modes de synthèse faciles et à bas coût
et les éléments chimiques sont abondants. Cependant, il reste quelques problèmes
à résoudre tels que le remplacement du Pb par Sn, amélioration de la stabilité et
trouver la technologie de dépôt la plus appropriée.

5) Matériaux Organiques

On utilise des matériaux à base de colorants ou de polymères. le rendement atteint


avec ces matériaux est de l'ordre de 10 % pour les cellules au laboratoire mais ne
dépasse pas les 5% pour les modules en service. Le principal inconvénient de ces
matériau est l'instabilité à long terme.

a- structure monocouche (jonction Schottky) :

Ces structures sont formées d’un polymère conjugué unique déposé entre
deux électrodes : un métal et un semi-conducteur transparent ou TCO (transparent
conducting oxide).Le schéma de ce type de structure est représenté à la figure I-
5. Un des contacts métal/ matériau organique présente un comportement
ohmique, l’autre un comportement rectifiant. Le champ électrique généré à
l’interface bloquante, forme une barrière de potentiel qui est responsable de la
dissociation des excitons. Des travaux ont d’abord été menés sur le polythiophène
et ses dérivés , sans grand succès (rendements inférieurs à 0,001 %). L’intérêt
s’est ensuite orienté vers le poly(p-phenylène vinylène) avec des structures
ITO/PPV/Al présentant une tension de circuit ouvert de 1,3 V. Cependant, les
performances de ce type de cellules restent très faibles. En effet, l’hétérogénéité
de la distribution des dopants et leur accumulation à l’interface métal/polymère
contribue à la décroissance du rendement. Enfin, si l’exciton est créé près de
l’interface ohmique, il doit traverser toute l’épaisseur du matériau pour atteindre
le site de dissociation.

8
FigureI1I-1: exemple de structure d’une cellule solaire organique type Schottky

et son diagramme de bandes d’énergie.

Pour augmenter l’efficacité des cellules photovoltaïques monocouches, on


fait appel au dopage de la couche active afin d’améliorer sa conductivité et par
conséquent l’augmentation du rendement de la cellule.

b - Structures bicouches (jonction p-n) :

Cette structure est composée de deux matériaux de natures différentes


(donneur et accepteur d’électrons) mis en contact entre deux électrodes (Figure
I-6). Dans ce cas, les interfaces donneur/anode et accepteur/cathode sont
ohmiques, donc la dissociation des excitons peut être attribuée à l’interface
donneur/accepteur. Ces structures ont été développées au début des années 1990
par plusieurs équipes, dont celle de A.J. Heeger à Santa Barbara et les études
menées ont démontré l’existence d’un processus de transfert d’électrons
photoinduits ultra-rapide entre un polymère conjugué et le C60 . Ces travaux
portaient sur la structure MEH-PPV/C60 avec des rendements très faibles de
l’ordre de 0,05%. Ces structures ont ensuite été étudiées en modifiant la nature
du donneur et de l’accepteur, et des rendements de l’ordre de 1,5 % ont été
obtenus [22,23]. Un des inconvénients de cette structure bicouche est que seuls
les 10-20 nm de l’interface participent à la conversion photovoltaïque. Une
grande partie des photons absorbés ne conduit pas à la création de porteurs libres
à cause d’une distance de diffusion des excitons limitée. Le mélange du donneur

9
et de l’accepteur a donc ensuite été envisagé pour essayer d’optimiser ces
paramètres.
L’équipe de Forrest a notamment développée des cellules à base de CuPc
et de C60 atteignant un rendement record de 5,7 % pour ce type de cellules.

Figure III-2- exemple de structure d’une cellule solaire organique type

bicouche et son diagramme de bandes d’énergie.

Pour améliorer les rendements des structures bicouches, on se doit


augmenter les épaisseurs des régions actives en utilisant des matériaux de plus
grande pureté et de concevoir de nouvelles structures de cellules.

c- Structure de type hétérojonction en volume


Dans cette structure, la couche active est constituée d’un mélange physique
entre le donneur et l’accepteur d’électrons (Figure III-2). Ce type de cellules
permet de multiplier les zones interfaciales entre le matériau donneur et le
matériau accepteur et de réduire ainsi les problèmes de pertes par recombinaison
des excitons générés loin de l’interface. Cette structure a été développée
parallèlement par les équipes de A. Heeger et R. Friend en 1995, qui ont utilisé
comme couche active un mélange de MEH-PPV comme donneur et du CN-PPV
comme accepteur avec un rendement énergétique de 0,9%. Par la suite, en
utilisant le copolymère M3EH-PPV comme donneur et le CN-Ether-PPV comme
accepteur, Breeze et al. ont obtenu un rendement énergétique de 0,6 % mais ont
multiplié par cinq le rendement quantique externe maximal avec une valeur de
2,4 %. D’autres études sur le même système ont montré des rendements de

10
conversion énergétique de 1,7 % après optimisation par recuit thermique ce qui
constitue le record pour des cellules à base de mélanges polymère-polymère.

A partir de 1995, de nombreux travaux ont porté sur le mélange de dérivés


du PPV avec du C60 comme accepteur mais ce n’est qu’en 2001 qu’un rendement
de 2,5 % a été obtenu à Linz (Autriche) dans le groupe de N. Sariciftci. En
remplaçant le C60 par un de ses dérivés appelé PCBM, présentant une meilleure
solubilité et formant de plus petites cristallites, les rendements ont
progressivement augmenté pour atteindre 3 % en 2003 avec le système MDMO-
PPV/PCBM .
D’autre part, l’équipe de [Link] en Suède a montré, à la fin des années
1990, l’intérêt des mélanges polythiophène/C60. En effet le polythiophène a la
capacité d’absorber plus de photons dans l’infrarouge que les dérivés du PPV.
Depuis, le mélange de poly(3-hexylthiophène) régiorégulier comme donneur et
de PCBM comme accepteur a été la base de très nombreuses études. Une très
grande importance a été accordée au contrôle de la morphologie des films, en
jouant notamment sur le choix des solvants et les recuits thermiques. Un
rendement de l’ordre de 5 % a été obtenu par l’équipe de A. Heeger en 2005 avec
une cellule de structure ITO/PEDOT-PSS/P3HT:PCBM/Al, ce qui constitue un
record pour les structures à hétérojonction en volume. Depuis, les rendements
stagnent et peinent à dépasser ou même reproduire la valeur 5 %, ceci étant dû
notamment aux tensions de circuit ouvert (Vco) qui plafonnent à 0,7 V. Pourtant,
une étude assez récente a démontré que le système P3HT : PCBM avait un
potentiel de 10 % en termes de rendement à condition de pouvoir adapter les
niveaux énergétiques des espèces tout en conservant leurs propriétés
électroniques. Pour contourner ces problèmes, des travaux rapportent le
remplacement du PCBM par d’autres accepteurs d’électrons mais les meilleurs
rendements obtenus sont de l’ordre de 0,45 %. L’autre facteur limitant pour le
système P3HT : PCBM est la faible absorption du P3HT dans l’infrarouge, qui a
11
pour conséquence la perte d’une partie du rayonnement solaire. Des copolymères
de bande interdite de faible énergie, dits « low band-gap » ont été testés comme
substituant du P3HT mais les rendements sont jusqu’à présent décevants avec un
maximum de 3,2 % pour un mélange PCPDTBT/PCBM.

Figure I1I-3 : exemple de structure d’une cellule solaire organique à


réseau interpénétré.

2-Etat de l’art

2-1-les cellules à base de petites molécules :

Les phtalocyanines ont été largement utilisées dans la réalisation des cellules
PV. A l’état oxydé, elles sont des transporteurs de trous indépendamment de la
nature de l’ion métallique inséré (M=Mg, Zn, Cu, Al, Cl). Les phtalocyanines
(Pc) ont un fort coefficient d’absorption (105 cm- 1) dans une large région du
domaine visible. Des films de quelques dizaines de manomètre d’épaisseur
absorbent 50 à 70 % de la lumière incidente. La figure I-8 présente la structure
chimique des phtalocyanines et de mérocyanine.

12
Figure III-4: structure chimique des phtalocyanines et de mérocyanine.

[Link] et al. ont réalisé une cellule monocouche Al / MgPc / Ag dont


le rendement de conversion est d’environ 0.01% sous une incidence
monochromatique (690 nm). Le phtalocyanine de magnésium a ensuite été
remplacé par la merocyanine et une nette augmentation du rendement a été
enregistré (1%). Cette même couche est par la suite remplacée par phtalocyanines
de zinc et de chloroaluminium, ceci donne des rendements de conversion très
faibles compris entre 10- 2 % et 10- 3 %.

Dans ce type de cellules, le rendement de conversion est généralement


inférieur à 0.1%.

Des études sont principalement consacrées aux couples Pc:C60 en réseau


interpénétré. Un film composite de ZnPc :C60 avec une proportion en masse 1
:1 a été inséré entre le donneur (ZnPc) et l’accepteur (MPP) dans la structure
ITO/MPP/ZnPc/Au afin d’accroître l’efficacité de la zone active pour la
dissociation des excitons. Un rendement de 1.05 % a été obtenu.

Un rendement de 2.4% est publié par Peunans et Forrest à partir de la


structure ITO/PEDOT/CuPc /PTCBI/BcP/Al.

En substituant le PEDOT par le C60, le rendement est amélioré à 3.6%.

2-2-Les cellules solaires à base de polymères :

13
Les trois familles de polymères utilisés pour l’application photovoltaïque sont :
les PPV poly(p-phényléne vinylène), PT (le poly-thiophène) et PF (le poly
fluorène).

a- Le poly (p-phénylène vinylène) PPV :

En raison de ses propriétés de fluorescence, le PPV a été d’abord utilisé


dans les diodes organiques électroluminescentes. Par la suite, des études de
cellules photovoltaïques de structure ITO/PPV/Al ont montré un rendement de
conversion de 0,1 %. Cette cellule a été aussi caractérisée pour de faibles
intensités lumineuses. Sous un éclairement de 0,23 mW/cm2, en tenant compte de
la réflexion, un rendement de conversion de 0,07 % a été obtenu.

Les faibles performances obtenues avec la structure ITO/PPV/Al sont


principalement dues à la faible mobilité des trous dans le PPV.

La découverte du transfert de charges entre le polymère conjugué et le C60


a permis d’élaborer et d’étudier des cellules photovoltaïques basées sur ces deux
matériaux suivant différentes configurations.

Une cellule avec la structure ITO/MEH-PPV/C60/Au a été réalisée et


caractérisée par N.S. Sariciftci et [Link] !!!l. Un rendement de conversion de 0,04
% sous illumination monochromatique à 514 nm avec une intensité de 1 mW/cm2
a été obtenu.

La configuration hétérojonction en volume, appelée aussi réseau


interpénétré, a été introduite par G. Yu en 1995. Une cellule photovoltaïque a
ainsi été réalisée à partir d’un mélange de MEH-PPV et de C60. Cette cellule a
fourni un rendement de conversion très significatif de 2,9 % sous un éclairement
monochromatique d’intensité 20 mW/cm 2.

Une étude similaire a été faite en substituant le C60 par son dérivé PCBM,
dont la solubilité est meilleure. Cependant, le rendement de conversion obtenu
est médiocre (de l’ordre de 10- 3 %).

14
Les cellules à base du réseau interpénétré MDMO-PPV : PCBM ont fait
l’objet de nombreux travaux. Le rendement de conversion maximal obtenu avec
cette structure est de l’ordre de 2,5 % sous illumination AM 1,5.

D’autres accepteurs ont été testés avec le MEH-PPV dans la configuration


hétérojonction en volume, tels que CN-PPV et PPEI. Les performances obtenues
sont peu significatives, le rendement étant inférieur à 10- 3 %.

Le poly (p-phénylène vinylène) ou PPV a été à l'origine utilisé comme film


actif dans les diodes organiques électroluminescentes. Ce polymère conjugué
(Figure I-9), présente également un caractère photoconducteur s'il forme un
contact rectifiant avec l'une des électrodes métalliques.

Figure III- 5: structure chimique du poly(p-phénylène vinylène) ou PPV.

Des structures ITO/PPV/Al pour lesquelles le contact rectifiant se situe à


l'interface Al/PPV ont été réalisées par [Link]. Le rendement de conversion
donné tient compte des pertes de lumière liées à la réflexion et il est estimé à 0,1
%.

Cette cellule a également été caractérisée par H. Antoniadis pour de faibles


intensités lumineuses. Sous un éclairement de 0,23 mW .cm2, tenant compte de
la réflexion, un rendement de conversion de 0,07 % a été obtenu.

Les principales limitations de cette configuration sont la recombinaison des


charges est la conduction d'une seule des deux espèces électroniques. Comme la
majorité des polymères, le PPV est de type p et transporte les trous.

15
La cellule ITO/PPV/Al a donc été modifiée pour palier ces défauts. Une
solution, mise en oeuvre, consiste à mélanger deux espèces de caractère différent.
Le MEH-PPV joue le rôle de donneur et le fullerène C60, ou l'un de ses dérivés
fonctionnalisés pour être plus solubles, celui de l'accepteur. Leur structure est
schématisée par la Figure I 10

Figure III-6: structure chimique de MEH-PPV et du fullerène C60

Le film composite favorise la proximité des deux éléments et multiplie les


interfaces entre donneurs et accepteurs. Les charges générées sont ainsi très
proches d'un site de séparation. Le transfert est donc près de 1000 fois plus rapide
que tout autre phénomène concurrent comme la recombinaison, qu'elle soit
radiative ou non.

La continuité des deux réseaux assure ensuite le transport des électrons et


des trous vers les électrodes. Pour une longueur d'onde de 430 nm et un
éclairement de 20 mW.cm2, un rendement de collection de 29 %
(électrons/photons) et un rendement de conversion de 2,9 % ont été mesurés avec
une cellule Ca/MEH-PPV : [6,6] PCBM (1 : 4)/ITO. Le PCBM est un dérivé du
C60 plus soluble. Dans les mêmes conditions, le rendement de conversion d'une
structure ne contenant que du MEH-PPV ne dépasse

16
pas 3x10-2 %.
Cette structure dite de type réseaux interpénétrés a été reprise avec d'autres
composés organiques de type n comme le CN-PPV qui est un PPV sur lequel ont
été ajoutés des groupes cyanos CN. Sous une élimination de 20 [Link] 2 à 430
nm, le rendement de conversion photovoltaïque est égal à 0, 25 %.

b- Les polythiophènes :

Les dérivés du polythiophènes PT ont été aussi largement utilisés dans les
dispositifs photovoltaïques avec différentes configurations. La figure I-11 donne
la structure de certains matériaux à base de PT utilisés dans les cellules PV.

Figure III-7 : Structures chimiques de quelques dérivés du polythiophène.

Les polythiophènes sont largement utilisés pour les cellules solaires


organiques. La fonctionnalisation des monomères qui constituent les chaines
polymères conditionne ses propriétés finales telles que sa largeur de la bande
interdite et sa solubilité, par conséquent une large variété de dérivés de
polythiophènes sont synthétisées et utilisés comme couches actives pour les
cellules photovoltaïques organiques (OPV).
Un rendement de 3,85% est, depuis, obtenu pour une cellule constituée
d’un mélange de poly (3-hexylthiophène) P3HT comme matériau donneur
d’électrons et une drivée de fullerène (C60) comme accepteur. Un rendement de
3,5% est aussi publié par Padinguer et al [49] pour une même structure.
La première raison pour l’utilisation des mélanges des dérivées des
polythiophènes et fullerènes P3AT : PCBM pour les OPV est le transfert

17
ultrarapide des électrons photoinduits du P3AT au PCBM découvert d’abords par
Sacricitci.
En 2003, les chercheurs de Linz ont montré que le rendement de cellules
composées d'un mélange interpénétré de poly (3-hexyl-thiophene) (P3HT) et de
PCBM dépasse les rendements des cellules composées d'un dérivé de
polyphénylvinylène et de PCBM. Dès lors l'utilisation du P3HT en tant que
polymère conjugué donneur dans les mélanges interpénétrés va se généraliser
dans la communauté sur les cellules photovoltaïques organiques.
La recherche sur les mélanges interpénétrés continue et F. Padinger a montré qu'il
est possible d'augmenter le rendement jusqu'à 3,5% en combinant des cycles de
recuits et l'application d'une polarisation électrique sur les couches de mélanges
interpénétrés P3HT:PCBM. Par la suite, de nombreux travaux concernant
l'optimisation de la morphologie des mélanges interpénétrés P3HT:PCBM vont
être réalisés. Ces travaux montrent que les paramètres les plus importants sont le
recuit thermique, le choix du solvant et le rapport massique. Nous citerons en
particulier des travaux datant de 2005 effectués par des chercheurs de l'université
de Californie à Los Angeles (UCLA) et de l'Université de Californie à Santa
Barbara (UCSB) qui ont annoncé des rendements de conversion externes de 5%
et aussi ceux des chercheurs de l'université de Wake Forest qui ont atteint les 6%
en 2007 avec des mélanges interpénétré P3HT:PCBM. Par ailleurs, les travaux
des chercheurs de l'Imperial College London ont montré que la régiorégularité du
P3HT pouvait améliorer les propriétés de transport de charges dans les mélanges
interpénétrés P3HT:PCBM.

IV-Mécanisme de conversion photovoltaïque


Le mécanisme de conversion photovoltaïque est le processus par lequel l'énergie
solaire est transformée en électricité. Ce phénomène se produit dans les cellules
photovoltaïques, qui sont généralement fabriquées à partir de matériaux semi-
conducteurs comme le silicium. Lorsque la lumière du soleil frappe la surface
d'une cellule photovoltaïque, les photons (particules de lumière) transfèrent leur
énergie aux électrons du matériau semi-conducteur. Cette énergie excède l'énergie
de liaison des électrons, les libérant ainsi de leurs atomes d'origine et créant des
paires électron-trou.
Ces électrons libres se déplacent alors sous l'influence d'un champ électrique
interne généré par la structure de la cellule photovoltaïque, produisant ainsi un

18
courant électrique. Ce courant continu est ensuite collecté et peut être converti en
courant alternatif à l'aide d'un onduleur pour être utilisé dans les réseaux
électriques ou les appareils domestiques. L'efficacité du processus de conversion
dépend de nombreux facteurs, notamment la qualité du matériau semi-
conducteur, l'intensité de la lumière solaire et les conditions environnementales.
IV-A-CONVERSION PHOTOVOLTAÏQUE

On entend par l'expression "conversion photovoltaïque" les mécanismes


impliqués dans la transformation de l’énergie solaire en énergie électrique. Les
mécanismes mis en jeu sont
• Absorption, par le matériau, des photons dont
h>Eg ;
• Création des paires électron/trou;
• Collecte des porteurs créés en les séparant par le champ interne du dispositif
(champ jonction ou
hétérojonction);
• Circulation des porteurs dans le circuit externe pour alimenter la charge.

Figure IV-1. Mécanismes impliqués dans la conversion


photovoltaïque
1- Absorption d’un photon :
Quand la lumière traverse la couche active de la cellule photovoltaïque, un photon
peut

19
être absorbé par cette couche produisant une paire électron-trou nommée exciton.
La formation
de l’exciton se traduit par la transition d’un électron du niveau HOMO d’une
molécule vers son
niveau LUMO, grâce à l’apport en énergie du photon absorbé. Dans cet état
excité, la molécule
possède donc un électron dans sa LUMO et un trou (une lacune électronique)
dans son niveau
HOMO qui demeure lié par attraction Coulombienne à l'électron de LUMO, ce
qui maintient
la neutralité de l’ensemble de la molécule. Ce qui veut dire que l'excitation
provoquée par
l'absorption de la lumière ne conduit pas de manière directe à la création de
porteurs de charges
électriques libres. Ces effets sont pris en compte par l’intermédiaire d’un taux de
génération Gχ
des excitons dans la couche active, provenant essentiellement d’une modélisation
optique de la
cellule . Notons aussi que ces excitons peuvent être de type Frenkel ou de type
Mott-
Wannier.

2-Diffusion de l’exciton :
Dans les semi-conducteurs inorganiques, la dissociation de l’électron et du trou
est
immédiate. En effet, la permittivité de ces derniers étant élevée, donc l’énergie de
liaison
coulombienne entre les deux porteurs de charges est faible et largement inférieure
à l’énergie
thermique à température ambiante.
Cela donne une délocalisation importante de l’exciton sur plusieurs unités
cristallographiques

20
(exciton de type Mott-Wannier).
Le cas des matériaux organiques est plus complexe. Leur permittivité diélectrique
est
généralement largement inférieure à celle des matériaux inorganiques. Ceci
entraîne une
dissociation de la paire électron-trou très difficile, l’énergie thermique (quelques
meV) ne
suffisant plus à briser l’énergie de liaison de l’exciton, comprise entre 0,1 et 1,4
eV . La
probabilité de recombinaison dans les matériaux organiques est donc
extrêmement importante.
La solution pour cela est que les excitons doivent atteindre un site de dissociation
pour les
Séparer en porteursde charges puisles
[Link]éàatteindrelesitededissociation
est caractérisée par la longueur de diffusion de l’exciton ?? . La distance entre le
lieu de création
d’un exciton et son lieu de dissociation ne doit pas dépasser ?? car il y aurait alors
recombinaison. Cette grandeur varie d’un matériau à l’autre et elle est comprise
entre 5 et 20
nm dans les matériaux organiques .
3 - Dissociation de l’exciton
La dissociation des excitons dans les matériaux organiques est très difficile ; ce
problème peut néanmoins être résolu en utilisant deux composés avec des niveaux
énergétiques
HOMO/LUMO différents. En effet cette différence des niveaux énergétiques à
l’interface entre
les deux composés permet la formation d’un champ électrique fort capable
d’assurer la
dissociation des porteurs de charges.

21
Donc l’efficacité de la dissociation d épend de la différence d’énergie entre le
niveau LUMO du
donneur d’électrons (matériau possédant le niveau HOMO le plus haut des deux
composés) et
le niveau LUMO de l’accepteur d’électrons (matériau possédant le niveau
HOMO le plus faible
des deux composés). Si la différence entre ces deux niveaux n’est pas d’au moins
0,3 eV, la
dissociation est peu probable. En revanche ; au-delà de cette valeur, le transfert
de charge
s’effectue normalement et l’exciton est dissocié.

Figure IV-2 : Dissociation de l’exciton à l’interface entre donneur accepteur


Dans cette figure l’exciton se trouvant à l’interface (créé ici dans le matériau
donneur
d’électron) se dissocie car la différence d’énergie ELUMO accepteur - EHOMO
donneur est inférieure à l’énergie de l’exciton, le transfert résulte alors en une
perte globale d’énergie pour les deux
particules.

4- Transport et collecte des porteurs de charges


Le transport des porteurs de charges :
Ce transport est assuré par le donneur d’électrons (pour les trous) et par
l’accepteur

22
d’électrons (pour les électrons). Différencier les matrices (matériaux) de
transports permet
d’éviter les phénomènes de recombinaison. Si ces derniers sont très importants,
ils peuvent
entrainer des performances médiocres. La mobilité des trous dans le matériau
donneur
d’électrons et la mobilité des électrons dans le matériau accepteur d’électrons
doivent être les
plus grandes possibles afin d’assurer le transport des porteurs de charge au mieux.
Elles doivent
aussi être proches afin d’assurer une bonne balance des charges. Une plus grande
organisation
moléculaire est souvent facteur de bonnes mobilités, ces dernières peuvent être
influencées
négativement par les impuretés qui jouent le rôle de piège (centre de
recombinaisons).

• Collecte des porteurs de charges :


Le choix des électrodes chargées de collecter les porteurs de charges est
primordial pour obtenir
de bonnes performances photovoltaïques. En effet, les travaux de sortie de ces
électrodes
doivent permettre un contact ohmique pour les électrons à l’interface
accepteur/cathode et pour
les trous à l’interface donneur/anode.
Ces électrodes doivent de plus être bloquantes pour les porteurs de charges
opposés à ceux
qu’elles doivent collecter (électron pour l’anode et trou pour la cathode). Il faut
aussi qu’une
des deux électrodes soit transparente pour pouvoir laisser passer la lumière
jusqu’à la couche
active.

23
✓ La collecte des trous : La collecte des trous se fait au niveau de l’anode.
L’ITO (oxyde d’indium e t d’étain) est un oxyde métallique qui, non
seulement conduit
lecourant, mais offre lapropriétéd’êtrerelativement transparente àpartirde 350
nm. Son travail de sortie de l'ordre de 4,9 eV en fait un excellent candidat pour
collecter les trous. L'ITO est déposé par pulvérisation cathodique, et cela sur
n’importe quel substrat, y compris souple. L'ITO est le matériau le plus
couramment utilisé pour collecter les trous dans les OPV. Cependant l’ITO
présente l’inconvénient d'être cassant.
✓ Collecte des électrons : La collecte des électrons se fait au niveau de
la cathode.
L’aluminium, l’argent ou encore le calcium ont des travaux de sortie
faibles de
l'ordre de 4,28 ; 4,26 ; 2,87 eV respectivement, ce qui permet d’assurer une
bonne ohmicité et les désignent comme collecteurs d’électrons. Mais ils
présentent l’inconvénient d’être opaques.
I- Types de cellules photovoltaïques organiques
V-A Structure monocouche (jonction Schottky) :
C’est la plus simple des cellules photovoltaïques organiques. Il s’agit d’une
simple
couche de polymère semi-conducteur déposée entre deux électrodes. Une
première électrode
offre un contact ohmique avec le polymère, tandis que la seconde électrode doit
offrir des
propriétés rectifiantes (redressement du courant). C’est le champ électrique
généré à la surface
bloquante qui permet la dissociation des excitons en formant une barrière de
potentiel.
Différents polymères ont ainsi été testés sans résultat probant (rendement
inférieur à 0,1%) .

24
Cette s tructure possède de grandes faiblesses, vu l’application visée. L’exciton
créé doit pouvoir
rejoindre l’interface métal/organique rectifiante, ce qui signifie que l’épaisseur de
la couche ne
doit pas dépasser la longueur de diffusion de l’exciton. Celle-ci étant comprise
entre 5 et 20 nm
dans les polymères semi-conducteurs, ces cellules présentent en général des
absorptions très
limitées. Les mobilités des porteurs sont généralement faibles dans de tels
matériaux, ce qui a
tendance à augmenter la valeur de la résistance série. Enfin, l’hétérogénéité de la
distribution
des porteurs de charge et leur accumulation à l’interface nuisent aux
performances globales des
cellules.

Figure V- 1 : Structure monocouche (Schottky) [29].


V-A Structures bicouches (jonction p-n) :
Cette structure utilise deux matériaux semi-conducteurs organiques. L’un d’entre
eux est un accepteur d’électrons tandis que l’autre est un donneur d’électrons avec
des niveaux HOMO et LUMO adaptés au transfert e t au transport de charges.
Ces deux couches organiques sont mises en contact entre deux électrodes
présentant des contacts ohmiques à l’interface avec les matériaux organiques.
L’anode est en contact avec le donneur d’électrons et la cathode avec l’accepteur
d’électrons. L’exciton sera dissocié par le champ électrique présent à l’interface
entre les deux semi-conducteurs.

25
✓ On peut donc espérer doubler l’épaisseur de la couche active par rapport à une
jonction Schottky, améliorant ainsi l’absorption des photons.
✓ Ces cellules souffrent néanmoins d’une faible absorption dans le cas de
couches dont l’épaisseur est de l’ordre de grandeur de la longueur de diffusion de
l’exciton. Dans le cas où ces couches sont plus épaisses et absorbent mieux, il
n’en reste pas moins que seule l’interface entre les deux matériaux permet la
conversion photovoltaïque. Ainsi de nombreuses recombinaisons peuvent avoir
lieu.

Figure V-2 : Structure bicouche


V-B Structures à hétérojonction en volume :
Une autre configuration de cellules solaires est possible, c’est
l’hétérojonction en volume (bulk-heterojunction BHJ). Dans cette structure, la
couche active est constituée d’un mélange physique entre le donneur et
l’accepteur d’électrons. Ce type de cellules permet de multiplierleszones
interfaciales entrelematériau donneuret lematériau accepteur et de réduire
ainsi les problèmes de pertes par recombinaison des excitons générés loin de
l’interface. Les
performances des cellules photovoltaïques à base de polymères ont été
grandement améliorées grâce à l'introduction du concept BHJ car l’épaisseur de
la couche active n’est plus limitée à 20 nm comme pour les cellules bicouches,
mais peut atteindre 100 nm ou plus, permettant ainsi une meilleure absorption des
photons. Ce type de réseaux interpénétrés a été tout d’abord préparé par co-
évaporation sous vide [30], puis par dépôt en voie liquide [31] ; mais cette
nouvelle structure nécessite le contrôle de la morphologie de la couche active afin
d’avoir des domaines continus car cela assure le transport des charges aux
électrodes et conserve une surface de contact très élevée

26
Figure V-3 : à gauche structure BHJ idéal, à droite structure typique BHJ
Cette structure a été développée parallèlement par les équipes d’A. Heeger ; elles
ont utilisé comme couche active un mélange de MEH-PPV comme donneur et du
CN-PPV comme accepteur, avec un rendement énergétique de 0,9%. Depuis,
plusieurs équipes de recherche se sont intéressées à cette dernière afin d’améliorer
ses performances ; en effet, Yin et al. ont suggéré un autre arrangement de la BHJ
qui a conduit à de meilleures performances. Des domaines donneurs et accepteurs
hautement ordonnés assureront un excellent transport de charges. Il a été
démontré qu'une largeur de domaine égale à 2 fois la longueur de diffusion de
l'exciton permet de générer simultanément une charge efficace. Cette
morphologie à nano-motifs est très difficile à préparer et la fabrication du
dispositif repose fréquemment sur la séparation de phase des matériaux donneur
et accepteur lors de la formation du film absorbant. Moulé et al. ont utilisé un
matériau P3HT possédant une mobilité plus élevée par rapport à OC1C10-PPV
et ont obtenu un rendement maximal lorsque l'épaisseur de la couche active
dépassait 100 nm. Une série de dispositifs P3HT: PCBM et OC1C10-PPV:
PCBM avec différentes épaisseurs de couche active allant de 50 nm à 300 nm et
avec différents rapports de concentration donneur-accepteur ont été fait pour
observer l'effet d’épaisseur de la couche active et des rapports de concentration
du dispositif sur le courant de court-circuit (Isc) et les différents rendements de la
cellule. Dans leurs travaux, Gao et al. ont décrit une stratégie de conception d’une
structure visant à réduire le taux de recombinaison dans des dispositifs à semi-
conducteurs organiques. Ils ont ainsi pu extraire des quantités importantes de
charge jusqu’à une heure après la photoexcitation. Il est évident que de nombreux
efforts ont été déployés pour améliorer les performances des BHJ, mais quelles
que soient les améliorations récentes, l'efficacité de tels dispositifs n'est pas
suffisamment élevée pour être commercialement viable.
V- C-Structure tandem :
L’amélioration des performances des cellules photovoltaïques organiques passe
27
directement par l’absorption de la plus grande partie du spectre solaire ; pour
atteindre cet objectif une nouvelle structure dite « tandem » a vu le jour depuis
2006. C’est un empilement de deux cellules déposées l’une sur l’autre. Ces deux
cellules sont mises en série grâce à une couche de recombinaison des porteurs de
charges. La tension de circuit ouvert du dispositif est donc la somme des tensions
de circuit ouvert des cellules si elles étaient prises seules, et le courant de court-
circuit est le plus faible des deux cellules. Cette structure offre l’avantage de
pouvoir utiliser deux matériaux avec des bandes interdites différentes. Ainsi elle
est donc en mesure d’absorber la somme des deux spectres. Les couches actives
peuvent être composées de mélanges polymère/fullerène ou de petites molécules.
On peut par ailleurs utiliser différents types de matériaux dans les deux couches.
La première des cellules tandem était composée d’une couche de petites
molécules évaporées, et d’une couche polymère déposé en voie humide pour la
seconde . Par la suite, plusieurs cellules tandem utilisant différents matériaux et
plusieurs jonctions ont été testées. Actuellement, des cellules à double et triple
jonction ont été
réalisées. Ces dernières présentent des rendements supérieurs à 13% mais leur
fabrication est nettement plus complexe de par le dépôt de près d’une quinzaine
de couches dans certains cas. Cependant, cette structure reste jusqu’à présent
l’une des meilleurs compromis entre augmentation des performances et facilité
de fabrication.

Figure V-4 : Structure tandem

V-D Principe de fonctionnement d’une cellule photovoltaïque organique

28
La conversion de l'énergie solaire en électrique dans les cellules solaire est basée
sur
l'effet photovoltaïque qui consiste en l’apparition d’une différence de potentiel
due à la
génération de charges électriques suite à une excitation du matériau semi-
conducteur,
engendrée par l'absorption de photons. Les charges photo-générées diffusent
ensuite du
matériau vers un circuit électrique extérieur par le biais d’électrodes. Les
différentes étapes de
la conversion photovoltaïque dans une OPV sont résumées dans la figure suivante
:

29
Cathode
Anode
Création d`excitations
Absorption de la lumière

Cathode
Relaxation non

Anode
Diffusion des excitations
radiative

Transfert des électrons à un


Recombinaison

Cathode
Anode

Complexe du transfert de couplée des


Charge charges

Séparation électron dans Recombinaison

Cathode
Anode

des charges
le champs induit

Cathode

Transport de charge vers les


Anode

électrodes
Cathode

Transport de charge vers les


Anode

électrodes

Figure : Les différentes étapes de la conversion photovoltaïque dans une


CSO

30
VI-Avantages et inconvénients des cellules photovoltaïques organiques

1- Avantage :
Les cellules solaires possèdent certains avantages très intéressants :
-D'abord, une haute fiabilité elle ne comporte pas de pièces mobiles - qui la
rendent
particulièrement appropriée aux régions isolées. C'est la raison de son utilisation
sur les engins
spatiaux.
-Ensuite, le caractère modulaire des panneaux photovoltaïques permet un
montage simple et
adaptable à des besoins énergétiques divers. Les systèmes peuvent être
dimensionnés pour des
applications de puissances allant du mW au MW.
Leurs coûts de fonctionnement sont très faibles vu les entretiens réduits et ils ne
nécessitent ni
combustible, ni transport, ni personnel hautement spécialisé.
-Enfin, la technologie photovoltaïque présente des qualités sur le plan écologique
car le produit
fini est non polluant, silencieux et n'entraîne aucune perturbation du milieu, si ce
n'est par
l'occupation de l'espace pour les installations de grandes dimensions. [1].

2- Inconvénients :
Le système photovoltaïque présente toutefois des inconvénients.
-La fabrication du module photovoltaïque relève de la haute technologique et
requiert des

31
investissements d'un coût élevé.
Le rendement réel de conversion d'un module est faible (la limite théorique pour
une cellule au
silicium cristallin est de 28%).
-Les générateurs photovoltaïques ne sont compétitifs par rapport aux générateurs
Diesel que
pour des faibles demandes d'énergie en région isolée.
-Enfin, lorsque le stockage de l'énergie électrique sous forme chimique (batterie)
est nécessaire,
le coût du générateur photovoltaïque est accru. La fiabilité et les performances du
système restent
cependant équivalentes pour autant que la batterie et les composants de
régulations associés soient
judicieusement choisis.

VII.-Les applications et les perspectives des mécanismes de


conversion photovoltaïque dans les cellules photovoltaïques
organiques :

VII.1- Applications des cellules photovoltaïques organiques

VII.1.1- Énergie solaire décentralisée :


- Les cellules photovoltaïques organiques, grâce à leur légèreté et leur
flexibilité, peuvent être intégrées dans des systèmes d'énergie solaire
décentralisée, permettant de produire de l'électricité dans des zones rurales ou
éloignées où les infrastructures électriques sont limitées.

VII.1.2- Intégration dans les bâtiments (BIPV) :


- Les OPV peuvent être intégrées dans les fenêtres, les façades et les toits des
bâtiments, offrant une solution esthétique et fonctionnelle. Leur transparence
partielle permet d’allier production d’énergie et design architectural.

32
VII.1.3- Appareils électroniques portables :
Les cellules photovoltaïques organiques sont idéales pour alimenter des appareils
électroniques portables tels que les téléphones, les montres intelligentes et
d'autres dispositifs qui nécessitent une source d'énergie légère et flexible.

VII.1.4- Systèmes de recharge :


Elles peuvent être utilisées dans des systèmes de recharge pour des équipements
électroniques, offrant une solution de recharge durable lors de déplacements en
extérieur, comme lors de randonnées ou de camping.

VII.1. 5- Applications spécifiques :


Les OPV peuvent également trouver des applications dans des domaines
spécialisés, tels que les capteurs autonomes, les dispositifs médicaux portables et
d'autres technologies nécessitant une énergie à faible consommation.

VII.1.2- Perspectives des cellules photovoltaïques organiques

VII.1.2.1- Amélioration de l'efficacité :


Les recherches se concentrent sur l'amélioration de l'efficacité de conversion
des cellules photovoltaïques organiques, avec des objectifs d'atteindre des
niveaux comparables à ceux des cellules en silicium. Des innovations dans les
matériaux et les architectures de cellules sont en cours pour optimiser cette
performance.

VII.1.2.2-Durabilité et longévité :
- Le développement de nouveaux matériaux et de techniques de protection
visent à augmenter la durabilité des OPV face aux conditions environnementales.
La recherche se penche sur des stratégies pour minimiser la dégradation causée
par la lumière, l'humidité et l'oxygène.

33
VII.1.2.3- Réduction des coûts :
- L'optimisation des processus de fabrication, comme l'impression par jet
d'encre ou d'autres techniques de dépôt, pourrait permettre de réduire les coûts de
production des cellules photovoltaïques organiques, rendant cette technologie
plus compétitive sur le marché.

VII.1.2.4- Applications hybrides :


Les cellules photovoltaïques organiques peuvent être intégrées avec d'autres
technologies de conversion d'énergie, comme les cellules solaires à base de
silicium ou les systèmes de stockage d'énergie, pour créer des solutions
énergétiques hybrides plus efficaces.

VII.1.2.5- Sustainable Development Goals (SDGs) :


Les OPV peuvent jouer un rôle clé dans la réalisation des objectifs de
développement durable, en fournissant une source d'énergie renouvelable et en
réduisant les émissions de gaz à effet de serre, notamment dans les pays en
développement.

34
VIII-Conclusion générale

De tout ce qui précède, le mécanisme de conversion photovoltaïque dans les


cellules organiques repose sur des processus complexes mais fascinants, où la
lumière solaire est convertie en énergie électrique à travers des matériaux
organiques. Contrairement aux cellules photovoltaïques traditionnelles à base de
silicium, les cellules organiques utilisent des matériaux semi-conducteurs
organiques, qui offrent des avantages tels que la flexibilité, la légèreté et des coûts
de production potentiellement plus faibles. Bien que leur efficacité soit encore
inférieure à celle des cellules inorganiques, les progrès constants en recherche et
développement ouvrent des perspectives prometteuses pour améliorer leurs
performances et leur durabilité. À terme, les cellules photovoltaïques organiques
pourraient jouer un rôle clé dans la transition énergétique en rendant l'énergie
solaire plus accessible et en répondant à la demande croissante d'énergies
renouvelables propres et durables.
Pour l'avenir, les efforts de recherche devraient se concentrer sur l'amélioration
de l'efficacité des matériaux organiques, en particulier en optimisant leur structure
moléculaire et en développant de nouveaux polymères à haute mobilité
électronique. L'intégration de nanomatériaux, comme les points quantiques et les
matériaux bidimensionnels, pourrait également offrir des perspectives
prometteuses pour surmonter les limitations actuelles et augmenter la stabilité et
l'efficacité des cellules organiques.
De plus, des progrès dans la compréhension fondamentale des processus de
transfert de charge et de recombinaison dans ces cellules permettront de
développer des dispositifs photovoltaïques organiques plus performants et
durables. La recherche collaborative et les innovations technologiques sont donc
essentielles pour rendre les cellules photovoltaïques organiques une solution
viable et compétitive dans le domaine de l'énergie solaire à long terme.

35
DEBAT OUVERT……

36

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